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LIII Aurillac Space Cake

Feng Shui Cool

En lisant, grâce à une amie, un livre sur le feng shui, je découvris que j’avais appliqué chez moi, sans le savoir, des principes feng shui, éprouvant une insatisfaction durable devant au moins deux dispositions de mon appartement.

Tout d’abord, je fermai ma cuisine américaine, moins feng shui qu’une cuisine indépendante, avec un paravent. Car il faut maintenir séparés les différents espaces dédiés.

Ensuite, je plaçai un rideau de perles entre le vestibule et le salon pour couper une ligne droite beaucoup trop longue (allant jusqu’à la salle de bain). Cette dernière disposition est décrite dans le livre comme particulièrement mauvaise, car le chi s’engouffre dans ce tunnel comme un tourbillon impétueux.

À l’époque où je fumais du haschich, j’étais, sous l’effet de cette substance, particulièrement sensible à certaines choses, et je comprends aujourd’hui que c’étaient les « flèches empoisonnées » du feng shui. Ainsi, je me souviens parfaitement (et c’était il y a plus de vingt ans) de la véritable souffrance que me causèrent les lignes et les angles d’une commode trop massive, dans la chambre où j’avais un lit chez un ami. Cette souffrance était démesurément amplifiée par un sentiment de faiblesse, voire de débilité profonde causé par le fait d’éprouver du malaise devant un simple meuble.

Si j’avais eu ce livre entre les mains dès l’installation dans mon nouvel appartement, ou si j’avais continué de fumer du cannabis, j’aurais pu mieux aménager mon intérieur il y a longtemps ! Au lieu de quoi, j’ai vécu dans un piège à chi fatal pendant des années.

Et si j’avais lu ce livre quand j’étais un haschichin, j’aurais évité quelques mauvais trips à l’époque.

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Joli, joli petit Français…

Kant dit que les Anglais sont plus familiers avec le sublime et les Français plus familiers avec le joli – le joli plutôt que le beau, car le beau se rapproche davantage du sublime que du joli, d’où je traduirais différemment le titre de son essai Beobachtungen über das Gefühl des Schönen und Erhabenen, par Observations sur le sentiment du joli et du sublime.

L’emploi du mot Schön en allemand me donne raison : on lance un « Schön ! » comme, chez nous, un « Joli ! » Et les passages de l’essai de Kant qui parlent des Français montrent d’ailleurs bien qu’il n’est pas question du beau mais du joli. Eh oui, messieurs les traducteurs et professeurs de France…

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Je me souviens d’Anglaises au camping du festival d’Aurillac, festival du spectacle de rue, camping hippie : complètement délurées mais complètement supérieures, à déambuler pieds nus avec un air émancipé que je n’ai jamais vu nulle part ailleurs. À les voir, j’avais honte de moi, je me faisais l’effet d’être en toc.

Les Anglais, au rassemblement hippie d’Aurillac, étaient impressionnants. Ils arrivaient avec leurs caravanes comme des bohémiens, si ce n’est qu’au lieu de visages méridionaux on voyait des enchanteresses blondes comme les blés. Je me souviens de l’une d’elles en particulier, de seize ou dix-sept ans, assise devant sa caravane, pieds nus, non loin d’un grand gars qui lui ressemblait, et comme je passais avec un compagnon devant sa caravane elle nous adressa cette douce parole : « Space cake ! » Comme une harengère aurait dit : « Le bon poisson frais ! » À défaut de lui acheter un cake au cannabis, ce pour quoi je regrette d’ailleurs de m’être montré pusillanime en la circonstance, craignant peut-être que sa recette serait trop forte pour les projets immédiats que j’avais, ou plus simplement parce que j’étais déjà défoncé jusqu’aux yeux, je lui souris, et elle me sourit, et le grand gars avait l’air content, et je n’ai pas oublié.

Mais l’impression d’être en toc était bien là…

(D’ailleurs, ceux dont je parle n’étaient pas forcément tous Anglais, car ils pouvaient aussi bien être Allemands, Néerlandais, voire Scandinaves…, et je ne sais pas pourquoi ce sont dans mon souvenir des Anglais, ou plutôt des Anglaises.)

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Le fait que Kant soit une cible privilégiée des attaques du Cercle de Berlin, pro-Einstein, est la preuve, ou du moins un indice intéressant, que j’ai vu juste en écrivant les « fragments » Kantism & Astronomy (ici), qui datent de 2005. Kantisme, en l’occurrence l’esthétique transcendantale de la Critique de la raison pure, et relativité sont incompatibles : c’est la conclusion de mes fragments.

La possibilité d’une compatibilité entre les deux n’est toutefois pas complètement exclue. Si la masse n’a guère plus de réalité « en soi » que l’espace « en soi » (c’est-à-dire hors de nos perceptions), il est peut-être possible d’envisager que la masse torde l’espace. Apparemment, ce n’est pas l’optique du Cercle de Berlin, pour qui kantisme et relativité sont bel et bien incompatibles, ce qui signe selon eux la fin du kantisme, tandis qu’une telle incompatibilité signe selon moi la fin de la relativité.

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Les femmes intelligentes ont, selon Helmuth Nyborg (Hormones, Sex, and Society, 1997), plus de testostérone que les autres, et par conséquent un plus grand appétit sexuel. En revanche, la testostérone inhiberait les capacités intellectuelles chez l’homme. Cette lecture m’a fait du mal, car j’ai toujours pensé que j’étais à la fois intelligent et viril.

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J’aurais été un pirate heureux, et, quand je serais devenu trop vieux pour aborder les galions espagnols, je me serais retiré dans une belle malouinière avec une bow window sur la mer et une lattice window sur un jardin.

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Quand j’étais en Amérique, je suis parfois passé, à Cambridge, Massachusetts, non loin de l’Université d’Harvard, devant une église swedenborgienne posée au milieu de son boulingrin d’herbe planté d’arbres.

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Je voudrais faire quelque chose dont je sois absolument certain que ce n’est pas une distraction de l’essentiel, qui se trouve je ne sais où. « A man of too many hobbies », c’est ainsi que Thomas Hardy décrit l’un de ses personnages, et c’est peut-être une limitation plus grave encore que la spécialisation, forcément technique, qui régit la vie intellectuelle de tant d’hommes aujourd’hui.

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Si je vends mon appartement, je n’en rachèterai pas un autre : je vivrai libre pendant une douzaine d’années. Cela ne vaut-il pas le coup ? Comme Rolla qui flambe son héritage en quelques années puis se tire une balle. Douze ans de liberté ne valent-ils pas mieux qu’une vie de servitude ?

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Vous rappelez-vous cette parole de D’Ormesson, qu’il avait peur d’un hommage funèbre par Hollande ? Il vient d’être décoré par ce dernier. C’est arrivé hier, le 26 novembre 2014. Le pauvre…

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Dans un livre de 1989, Wilson Bryan Key donne le chiffre d’une exposition moyenne de 1.000 messages publicitaires par jour pour une personne.

Dans la présentation Amazon du livre Neuromarketing de Morin et Renvoisé (fondateurs de la société SalesBrain), livre publié en 2007, on lit : « People are inundated daily by an average of 10,000 sales messages. »

Une multiplication par dix en trente ans.

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Média cool

Mon blog compte actuellement (mars 2015) 26 billets dans la catégorie « Pensées ». Cela fait entre 50 et 60 pages Word, soit plus d’une centaine de pages d’imprimerie. C’est du super-concentré d’idées. Si je développe les concepts, j’ai un bouquin de 400 ou 500 pages. C’est ce produit qui pourrait présenter ma pensée avec le plus de précision et de clarté, pour répondre à certaines attentes. Mais il n’est pas envisageable de déposer un pavé de 500 pages sur un blog internet, média cool.

Chaque concept qui devrait être présenté et explicité dans un livre comporte virtuellement, sur un blog, un méta-lien vers sa définition quelque part dans le Web. Par exemple, quand j’écris « média cool », c’est comme si l’on pouvait cliquer sur ce binôme pour faire apparaître une nouvelle fenêtre sur l’écran avec plusieurs lignes ou plusieurs pages de définition. Celui qui a besoin de cliquer clique, celui qui n’en a pas besoin ne clique pas.

Comme on trouve tout sur le Web, les spécifications sont virtuellement superflues. Le style, la langue deviennent aphoristiques, comme l’avait anticipé Marshall McLuhan. C’est véritablement un média cool.

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Une introduction en français
à mes recherches (en anglais) sur la publicité subliminale
(voyez Index: Subliminals Series)

Notre cerveau se compose de différentes parties, correspondant aux différentes périodes de notre évolution. La partie la plus archaïque est ce qu’on appelle le « cerveau reptilien » (commun aux reptiles et aux oiseaux), les deux autres parties sont le cerveau limbique (siège des émotions) et le néocortex (siège des pensées). La distinction entre le cerveau reptilien et le cerveau limbique est moins saillante que celle entre le cerveau limbique et le néocortex, c’est pourquoi on se contente parfois de distinguer un cerveau ancien (reptilien+limbique) et un cerveau nouveau (néocortex).

Le cerveau reptilien est l’organe de la survie : dans les conditions primitives d’existence, c’est lui qui scanne en permanence le milieu, notamment pour détecter les menaces. Chez les primates et chez l’homme, il est surtout visuel. Des recherches ont montré qu’il visualise les choses avant que celles-ci entrent dans notre champ de conscience.

Le principe des images subliminales est qu’elles sont visualisées par le cerveau reptilien sans entrer dans notre champ de conscience. Les publicitaires croient que cela peut avoir un effet sur les comportements d’achat, et ils s’appuient en cela sur l’« effet Poetzl », du nom du psychologue qui l’a découvert. Certains, à commencer par W.B. Key, théorisent ces phénomènes en termes d’inconscient freudien.

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La façon dont certains « r » sont prononcés dans la chanson Hadir de la chanteuse malaisienne Nadia ne laisse pas de m’étonner, car ils semblent être prononcés à l’anglaise.

Ainsi, dans le premier couplet, « Biarlah air mata, Biarpun merah hati luka Terhapus segalanya Impian kasih yang berlumpur », j’entends les « r » de biarlah, air mata, biarpun et berlumpur prononcés normalement mais les « r » de merah et de terhapus prononcés comme des « r » anglais (un son qui n’existe à ma connaissance dans aucune autre langue que l’anglais). C’est particulièrement frappant dans le mot merah et d’autres de la chanson.

À défaut de chanter en anglais, elle chanterait en prononçant à l’anglaise !

Or j’ai remarqué le même phénomène dans certaines chansons de pop thaïlandaise. Cette anglicisation de la prononciation dans la musique pop serait-elle un nouvel avatar de la domination culturelle anglo-saxonne ?

Voici la réponse, très pertinente, de la présidente de l’Association franco-indonésienne Pasar Malam à ces remarques, que je lui avais envoyées :

Je ne connais pas du tout la chanson malaisienne, aussi je n’ai aucune idée sur les ‘r’ prononcés à l’anglaise, si ce n’est que la question que je me suis posée sur les origines de la chanteuse que vous citez. Est-elle d’origine chinoise ? Le ‘r’ en mandarin (?) se prononce comme une consonne rétroflexe, comme en américain, me semble-t-il. (juillet 2015)

J’ignore si la chanteuse Nadia est d’origine chinoise. Même si elle l’est, je n’ai pas perçu ce phénomène de prononciation dans toutes celles de ses chansons que j’ai écoutées. Qui plus est, dans Hadir, la logique de cette prononciation m’échappe : ce n’est pas une question de position du ‘r’ entre deux voyelles ou entre une consonne et une voyelle. De plus, dans un même couplet répété deux fois, j’entends seterusnya prononcé normalement la première fois et à l’anglaise/américaine la seconde…

Le mystère reste donc complet. Il se peut qu’une telle prononciation sans cohérence dans des chansons de pop malaisienne mais aussi thaïlandaise (par exemple dans คนพิเศษ de la chanteuse Mint มิ้นท์ อรรถวดี) rappelle, sciemment ou non, des origines chinoises, la communauté chinoise étant nombreuse en Asie du Sud-Est et particulièrement bien implantée dans le commerce en général.

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La biologie a réhabilité le vaudeville ; ceux qui le dénigraient pour son invraisemblance en sont pour leurs frais. Dans le monde anglo-saxon, les divorces et autres joies de la séparation conjugale ne se font plus sans qu’on administre force tests de paternité (pour des histoires de sous), et les résultats, à savoir les chiffres de ces pères qui ne le sont pas, sont éloquents.

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Selon P.N. Oak, essayiste et militant hindouiste, le Taj Mahal serait à l’origine un temple hindou, converti en palais, puis en mausolée, par les « maraudeurs » musulmans. Toute son oeuvre porte sur le thème d’une « guerre de mille ans » entre Arabes et Hindous dans la péninsule indienne, et elle a été jugée anticonstitutionnelle en Inde (la Constitution indienne repose sur le concept de « communalisme »).

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Aldous Huxley devotes a chapter of his book Brave New World Revisited (1958) to subliminals. A fact which I think escaped W. B. Key’s notice.

Among other things, Huxley writes that “in Britain … the process of manipulating minds below the level of consciousness is known as ‘strobonic injection’.” & “Poetzl was one of the portents which, when writing ‘Brave New World’, I somehow overlooked. There is no reference in my fable to subliminal projection. It is a mistake of omission which, if I were to rewrite the book today, I should most certainly correct.

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John qui ?

À mon éditeur et sa femme, les très gioniens Michel et Nicole Lombard

Octobre 2015. J’ai cru que j’allais voir au Palais de Tokyo une exposition sur Jean Giono pour touristes américains. C’était en fait une installation modern art sur le poète beat américain John Giorno… Ah, on ne m’y reprendra plus !

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À mon éditeur et sa femme

Venant de lire la Brève Relation de la Destruction des Indes par Bartolomé de Las Casas, le cœur brisé, je me demande comment j’ai pu rester sourd si longtemps au message de ce saint homme, et publier des poèmes ignorant sa voix. L’insuccès de mes recueils est mérité. Las Casas a jeté sur les conquistadores une malédiction éternelle. Après lui, je veux les maudire à mon tour, et expier mes fautes en servant jusqu’à la fin de mes jours les humbles descendants de ces hommes et femmes victimes innocentes de leurs atroces iniquités. Je suis désolé de vous avoir rendus complices de mon injustice.

La belle réponse de Nicole Lombard :

Cher Florent,

Vous n’êtes pas le seul poète à vous être laissé fasciner par l’image des conquistadores, cruels, hélas, pire que cruels, mais aventureux et, il faut le dire, courageux. Il fallait l’être, rien que pour mettre le pied à bord de ces caravelles. « Ivres d’un rêve héroïque et brutal », cela dit bien ce que cela veut dire. Il fallait le génie et pour tout dire la sainteté de Bartolomé de Las Casas pour voir, dès cette époque, l’envers de ce que vous êtes tout à fait pardonnable d’avoir considéré comme une épopée. La Controverse de Valladolid est un grand moment de l’aventure humaine, la seule qui compte, celle du cœur et de l’esprit. Plutôt que de vous morfondre, pourquoi ne pas écrire maintenant ce que vous inspire cette malédiction ? Ce peut être très beau. Vous voilà maintenant comme saint Paul sur le chemin de Damas. Est-ce qu’il s’est tu ?

Et pourquoi, aussi, chanter des louanges à Marie-Antoinette ?

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Mon révolutionnaire mexicain (x) ! Avec ses cartouchières croisées sur la poitrine, par-dessus son poncho de toile rude, il se sert de son fusil comme d’un bâton pour parer un coup de sabre ! Et son chapeau de sorcier !…

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Te conduzcan tus sueños al país encantado de las hadas con belleza y candiles mágicos.

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Tal vez necesitaría ser turista toda su vida para llegar a disfrutar su lugar de vida propiamente.

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I am no jessamine. I am an old, old tree with owls in its hollows, and my friends the squirrels are warm in the labyrinth behind my rind. They’re happy when it’s moon time, feeling so safe. I’m old, old, very old.

Oh squirrel friend, I’ll never let you leave my boughs!

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After trying to feel emotions for religion and nationality which I never had, I realized I could get none at all and stopped telling myself stories. What remains is a disgust for politicians and an opposition to the increasing accumulation of wealth and power in increasingly fewer hands. I am with the down and trodden, ¡los de abajo!

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L’adaptation cinématographique par Jack Clayton du Tour d’écrou trahit Henry James. J’allais développer, mais j’ai vu sur Wikipédia l’affiche du film « You’ll get the shock of your life! » Tout est dit : avec une réclame aussi vulgaire, il ne fallait pas s’attendre à du Henry James.

Juste un point sur la scène finale, un pur contresens. Dans le film, le petit Miles crie : « Quint, où es-tu, démon ? » et meurt. Ce qui signifie qu’il ne voit rien, aucun fantôme, et que la gouvernante est donc une frustrée (pour ne pas dire une mal baisée) qui hallucine. C’est l’interprétation à laquelle il faut s’attendre pour servir le plat à un public de porcs. Dans la nouvelle, les derniers mots du petit Miles sont « Quint, you devil! » mais l’insulte est adressée à la gouvernante et veut dire : « Oui, je vois Quint, espèce de diable (arrête de me torturer) ! » et il meurt.

Il faut dire que, si ce n’est pas une hallucination de la gouvernante, l’interprétation préalable de la présence des fantômes rend le film excessivement sulfureux puisqu’il s’agirait d’un cas de possession (et non seulement de visualisation ou quelque soit le terme technique en exorcisme) par lequel les deux amants morts cherchent à s’étreindre de nouveau. Ce qui nous conduit à l’inceste entre un frère et une sœur prépubères. Là encore, rien d’étonnant de la part d’Hollywood (même en noir et blanc), pour qui l’épaisseur glauque du cas social est l’élément, et jamais la psychologie transcendantale.

Je comprends mieux la préface savante et universitaire à la nouvelle, dans mon livre de poche, dont l’interprétation me semblait complètement tirée par les cheveux : c’est une critique du film et non de la nouvelle !

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La critique du Tour d’écrou s’est essentiellement concentrée sur la question de savoir s’il s’agit d’un récit fantastique. La « Nouvelle Critique » a beaucoup glosé sur ce qu’elle ne peut voir que comme des hallucinations de la narratrice. C’est le genre de débat qui me confirme dans l’idée que, bien que littéraire jusqu’au squelette, j’aurais peu goûté des études littéraires. Je ne peux tout simplement pas lire de critiques littéraires – sauf celles d’Oscar Wilde. A fortiori, impossible d’ouvrir un supplément littéraire. Comme le répondait le même Oscar Wilde à un journaliste qui voulait que l’on brulât son Dorian Gray, aux époques éclairées on ne jette plus les livres au feu, seulement les journaux.

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Gouverner, c’est prévoir. Aucun gouvernant n’a vu le Brexit venir. Ils n’en voulaient pas, donc ne pouvaient y croire, croyant que toutes leurs paroles ont la vertu des prédictions auto-réalisatrices, donc ne pouvaient prévoir, donc ne sont pas en mesure de gouverner.

Les Anglais se sont couchés sûrs et certains que le Brexit avait fait pschitt. Au réveil, ils n’étaient plus en Europe. C’est énaurme.

De même, personne ne croyait que Donald Trump gagnerait la primaire de son camp.

Les médias sont attristés, leur pouvoir résidait justement dans ce pouvoir de prédiction auto-réalisatrice. Maintenant, le plus sûr, pour prédire, c’est de chercher ce que les médias condamnent. Pour savoir ce qui va l’emporter.

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Un ami américain m’a demandé ce que je pensais des élections présidentielles aux États-Unis. J’ai répondu que j’ai toujours « voté » Républicain comme Kerouac.

Mais là je ne peux plus.

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Retour de Prague. Il y a deux musées d’art contemporain à Prague, l’un pour l’art moderne et contemporain, l’autre pour l’art contemporain. Les deux un peu excentrés. Le premier, le musée du Pelejrni Palac, sur quatre étages, le plus visité, comporte notamment la série de vingt tableaux monumentaux de Mucha L’Épopée slave. Le second, le DOX, se trouve dans un quartier assez miteux. Tu sors de la station de métro et te retrouves immédiatement sur un rebord d’autoroute, avec des autoroutes qui se croisent par des ponts. L’angoisse. J’avais seulement pris la mauvaise sortie. Un jeune homme qui passait par là eut la gentillesse de me conduire à bon port, par des tunnels souterrains.

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Of Joyce I only read Ulysses, but I read it twice (in French), at 16 and 23. It occupies a special place in my memories. There is a rather long sequence about a lame girl on a beach that is deeply moving, and beautiful. Then, there is the final unpuctuated soliloquy, which each time as much captivated as it incensed me. Once, long ago, I was talking about the novel with a friend; she had not read it but she said a boy of her acquaintance had told her about the finale: “This is Woman’s mind.” I said “No,” trying to remain cool, but really ‘twas a protest from me. That a boy, the boy of her acquaintance, dared say such a thing – was not what gave me a surge, not that alone… Now all we’ve got is lost baggages.

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Le silence
Que je n’entends pas
Acouphènes

Feyspook Anthology

First thing first, retweet if you think that Mister Cocaine-Mountain ought to be jailed for appropriating the Global Village.

The following are excerpts from my Feyspook correspondence since June 2015, some in English (first part), others in French (second part).

ENGLISH

Yesterday I was told the following by an acquaintance:

“X. talked to me about one of my female friends, telling me he objected very strongly to my having made friends with her, given her ideas.

Why bother? I said. I take no heed of my female friends’ ideas. It’s just a pity they have any.

– Still, she has some, he added after a moment.

– She will change her ideas before you change your spectacles.

– How do you know? he asked.

– An idea is like everything else in this world: After a while it’s boring and one feels like having a change. Besides, if my friends had to share my ideas, I would have none.”

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(To some friends who liked my top picture, Red Alert by artist Hito Steyerl) You are connoisseurs and you appreciate this work of art. I appreciate it too and as long as it makes the women hot I will keep showing it.

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Let me add a few comments to sustain our appreciation of this work of the monochrome genre. We have here a three-panelled work not on canvass but on screens. There is some electronics involved, which produces a halo effect both coarser than the halo effect produced by oil-paint monochromatic works (I’ll explain what a coarse halo is some other day) and measurably closer to alpha wavelengths – alpha waves being, as you may already know, the waves induced in the brain by watching television along with a hypnoid state (and increased suggestibility as a result). It is speculated among the finest connoisseurs that watching this monochrome long enough while thinking it is a television set will lead one’s mind into a condition of irreversible hypnosis.

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THE GOOD NEWS AND THE BAD NEWS ABOUT TV VIEWING

THE GOOD NEWS

“Although W.J. Potter did uncover a negative relationship between TV viewing and academic achievement (as viewing increased, achievement decreased), the relationship did not appear to kick in until TV viewing had reached at least 10 hours per week.” [Note that 10 hours per week is roughly 1 hour and 25 mn per day.]

THE BAD NEWS

“One recent large-scale survey of media use was reported by the Kaiser Family Foundation. … On average, children and adolescents in this age range [up to 18] watch nearly 4.5 hour of TV each day.” [Three times (3.2) the above figure.]

From G.G. Sparks, Media Effects Research, 2015 (pp. 91 & 87 resp.). My own comments in [].

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Love is composed of a single soul inhabiting two bodies!

Okay, sweetheart, let’s dispense with your soul!

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Friedrich Engels on Irish Immigration

From The Condition of the Working Class in England, 1844.

“The Englishman who is still somewhat civilized needs more than the Irishman who goes in rags, eats potatoes, and sleeps in a pig-sty. But that does not hinder the Irishman’s competing with the Englishman, and gradually forcing the rate of wages, and with it the Englishman’s level of civilization, down to the Irishman’s level.”

“Even if the Irish … should become more civilized, enough of the old habits would cling to them to have a strong degrading influence upon their English companions in toil, especially in view of the general effect of being surrounded by the Irish. For when, in almost every great city, a fifth or a quarter of the workers are Irish, or children of Irish parents, who have grown up amid Irish filth, no one can wonder if the life, habits, intelligence, moral status – in short, the whole character of the working class, assimilates a great part of the Irish characteristics. On the contrary, it is easy to understand how the degrading position of the English workers, engendered by our modern history, and its immediate consequences, has been still more degraded by the presence of Irish competition.”

This is the final struggle, la la la la la…

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Have you seen the film The Thin Red Line (1998) on the Guadalcanal battle in WW2? Although not a bad film, the psychology is grossly inaccurate.

Men scared out of their minds, nervous breakdowns, endless tears… It looks more humane than other war films, truer, then, to our humanity, but it’s the contrary: Even though fear is always present in war, pride prevents its easy manifestation. Men can so easily become good little soldiers when flocked together because of their pride. And if the contemporary public does not understand, or feel, this any more, then it must be that they have lost their pride – and with it all sense of shame. (On pride, read Mandeville’s Fable of the Bees.)

Moreover, in the film one  soldier receives a letter from his wife at home asking for divorce as she has found another man. I’m sure such things did not happen. A woman divorcing from a drafted soldier on duty in war time would have been eyed as a traitor by her neighbors, her act as akin to high treason, as disloyalty not only to her man but also to her country. I am confident that research on this particular point would prove me right – but that says nothing on women’s faithfulness.

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Brexit is a big shame… on all experts, who saw nothing coming. They now are silent on their resounding failure to deliver any insight whatever.

The analysts in question, about the whole caste of them, ironically are the very persons responsible for Brexit. Many people who would have voted against it did not go to the polls as they were convinced Brexit would not pass and they could make a better use of their time. Similarly, many people who voted for Brexit in order to send a signal of anger to Cameron but did not mean Brexit, felt justified in doing so as they were convinced Brexit would not pass. This I learnt from French politologist Olivier Duhamel, who, however, came short of drawing the obvious conclusion. For whence came such a firm conviction in people if not from the steamroller of expert forecasts predicting that Brexit would not pass, i.e. true brainwashing?

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Commentators insist on the fact that that financial hub, London, voted against Brexit – but is that surprising? How did Oxford and Cambridge vote?

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(A YouTube Video posted after one of the debates for the American presidential election:) STRANGE YELLOWISH FILTER ON BACKGROUND OF HILLARY CLINTON FRAME…

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The filter (or whatever contrivance is used) makes the image more attractive, with shiny golden lettering as opposed to dull lettering in the background. The brain will tend to demand the “starlit” background, so when it’s Trump speaking the brain says: “Oh, not that dull image again, bring the shiny one back.” By the brain is the paleocortex meant, and the effect is especially pronounced in the alpha state induced by TV viewing.

The video has generated many comments on YouTube. A man who presents himself as a technician says there’s no filter but rather it’s automatic camera correction, adapting to the color of the candidates’ clothes. Whatever the technicalities, if the effect I have described above is true (and this is elementary psychology), then there is a bias, and if both candidates were not equally informed of the effects of their clothes and of the lighting and of any other effect of the set-up, then the debate(s) was/were rigged.

That dull vs. bright picture (even if only the background) is not without psychological effect is ascertained by the plain cigarette pack policy (Australia &c). Certainly the idea is intuitive. Both words dull and bright have figurative, value-loaded meanings: dull is negatively loaded, bright is positively loaded. But more importantly the intuition is confirmed by neuromarketing, if needed be. For decades packaging has made use of such psychological notions. “Glossy” gives you the idea. Clearly, if a media set-up, by any of its contrivances, automatic or otherwise, creates “gloss” for one candidate and “dullness” for the other, then that set-up biases the debate, as much as a plain pack is perceived as unattractive compared to a glossy pack and the difference influences the purchase decision. The designers of the presidential debate(s) either contrived their set-up in order to advantage one candidate or they overlooked an elementary notion of their business to the detriment of the fair treatement of both candidates. In any case I think the Supreme Court should look into this, because this is serious.

Some people think it cannot be an intentional trick played against Trump inasmuch as we are talking about conservative Fox News, but Fox News is hardly pro-Trump as this quote from Trump may help you figure out:

Most people don’t know that the co-owner of Fox News is Prince Al-Waleed of Saudi Arabia.

It must have been a pleasure for Prince Al-Waleed of Saudi Arabia to participate in the organization and overseeing of the debates for the American presidential election.

FRENCH (or something)

Un jour, je suis allé à Gibert et j’ai vendu tous mes disques. Je me disais : “J’arrête les pétards et j’écoute du classique.” Aujourd’hui, je passe mon temps sur YouTube à écouter les chansons des disques que j’ai revendus. Vous savez s’ils reprennent les disques classiques à Gibert ?

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CHACUN SA PHILOSOPHIE (certaines vous paraîtront peut-être recuites, d’autres sont plus originales)

D’Archibald : “J’ai pas de bagnole, j’ai pas de gonzesse et j’ai malheureusement un boulot.”

De Mireille, en réponse à une question : “La vie a-t-elle un sens ? Ça dépend des jours.”

De Stéph : “Le chien est le meilleur ami de l’homme, et pourtant l’homme ne l’a pas mérité.”

De Raoula : “Personne ne sait ce qu’aimer veut dire avant de s’être fait plaquer.”

De Jean-Robert : “Trois choses comptent dans la vie: l’argent, l’argent, et le Loto.”

De X. : “L’argent, c’est ce qui reste quand on a perdu toute sa culture.”

De Josiane : “Ma vie de bureau n’est pas des plus palpitantes mais au moins je m’emm… comme un homme.”

De René : “Elle dit que son père était un pauvre type qui ne s’intéressait qu’aux femmes, mais pourquoi ? Ce n’est pas un sujet intéressant ?”

De Jordy : “Je m’appelle Jordy, j’ai quatre ans et les gens sont méchants : ils m’ont sifflé.”

A suivre…

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Je donne une place pour Le Grand bleu au Grand Palais ce dimanche 21.

C’est généreux, David. Tu la donnes à qui ?

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Si vous pensez qu’il y a du Big Brother dans Feyspook, soyez tranquilles : vous avez entièrement raison. Comme l’a fait remarquer Marshall McLuhan, les médias électroniques nous ont fait entrer dans le “village mondial”. Et chacun sait que, dans un village, il n’y a pas de vie privée.

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Quien trabaja pierde su tiempo. (proverbe espagnol)

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If you think adventure is dangerous, try routine, it’s lethal… (Pensée du jour par Nathalie)

ENTER THE MAZE, Nathalie ! Signé : Le Minotaure.

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ANNONCE. Le nombre maximum d’amis sur Facebook est de 5.000. Le premier de mes amis qui arrive à 5.000 amis a droit à ma photo dédicacée.

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Liberté, Liberté, qu’est-ce que ça peut me faire si je n’ai pas de temps libre ?

Toi, je t’ai !

N’est-ce pas ?… Allo ?… Allo, Liberté ?…

(Rideau) (C’était l’histoire d’un vrai cocu.)

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L’existence d’une classe politique est un scandale. Personne n’a le droit de quitter son boulot de m… pour aller jacasser comme un perroquet tant qu’un seul Français devra gagner sa vie en travaillant.

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DÉBECTUDE. n. f. Sentiment qu’inspirent les politiciens. Ex. Mon médecin m’a conseillé d’éteindre la télé car j’ai atteint des niveaux de débectude dangereux pour ma santé.

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Nous sommes sous la quatorzième législature de la cinquième République. Sous cette législature, qui a commencé en juillet 2012, il y a trois ans et demi, 299 lois ont déjà été adoptées (source : site de l’Assemblée nationale), ce qui nous fait (365.3+182)/299 = 4,27, soit une nouvelle loi tous les quatre jours ! “Nul n’est censé ignorer la loi.” Bon courage !

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Achtung, si vous cliquez sur ce lien [mon essai The Science of Porn], Facebook va vous envoyer de la pub pour des sites de rencontre. Mais je ne vois pas le rapport.

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Ce n’est pas parce que vous aimez le sexe qu’il faut dégoûter les autres du porno !

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Ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire le jour même, surtout quand la date limite est aujourd’hui.

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(Une vidéo postée sur YouTube par une association des Amis de Jane Goodall, montrant le lâchage d’un chimpanzé dans la forêt)

Une vidéo très émouvante mais, si j’en crois les connaissances les plus récentes en primatologie (et je ne sais pas de quand date cette vidéo), les chances de survie d’un chimpanzé relâché dans la forêt sont minimes, et il risque au contraire de subir une mort atroce ! Les chimpanzés vivent en hordes qui défendent chacune un territoire. Les chimpanzés qui s’isolent de leur horde courent le risque de mourir assassinés par des chimpanzés d’autres hordes, et ce d’autant plus que des groupes de chimpanzés partent régulièrement en maraude pour voir s’il n’y a pas des chimpanzés isolés à tuer. A l’époque où Jane Goodall conduisait ses observations, l’idée de singes tueurs était rejetée par pratiquement tous les biologistes, car le comportement n’avait jamais été observé ailleurs que dans des zoos et on l’imputait alors aux conditions de vie anormales de ces animaux. Ce n’est que dans les années quatre-vingt-dix que le comportement a commencé à être observé dans des conditions naturelles. Les chimpanzés sont une des rares espèces animales à pratiquer l’assassinat (autre que l’infanticide, beaucoup plus fréquent, les mâles de nombreuses espèces tuant les enfants des femelles avec lesquelles ils veulent s’accoupler). Sur les singes tueurs, voir Demonic Males de Wrangham et Peterson (1996).

Cette vidéo m’intrigue et m’inquiète. Si le chimpanzé est une femelle, c’est sans doute moins grave, car les femelles quittent leur groupe de naissance pour aller s’accoupler dans un autre groupe, mais, selon Wrangham et Peterson, les femelles isolées ne seraient quand même pas toujours épargnées par les assassins, surtout, peut-être, si elles ont la charge d’un petit. D’un autre côté, si la vidéo est ancienne, je ne pointe pas Goodall du doigt car on ignorait ces faits à l’époque ; le phénomène de l’assassinat (intraspécifique adulte) est rare dans le monde animal, et il était sans doute crédible de nier la pertinence de généraliser les cas d’assassinat observés dans des zoos. Mais je reproche alors à l’association de continuer de diffuser des vidéos anciennes, pour émouvoir le public et recueillir des fonds, alors que la réalité est ce qu’elle est, et que, certainement, on ne relâche plus des chimpanzés dans la nature s’ils doivent mourir assassinés !

Pourquoi est-ce que les chimpanzés tuent ? La réponse, en anglais technique : “They maximize their fitness.” Les frontières des territoires des groupes ne sont pas gravées dans le marbre. Si, pour une raison ou une autre, la population d’un groupe diminue, cela donne l’opportunité aux groupes voisins d’étendre leur territoire. Le territoire étant ce qui assure la subsistance du groupe, plus il est grand et plus le groupe peut être grand. Plus le groupe est grand, plus il attire de femelles et donc plus les mâles ont d’opportunités de se reproduire. En tuant, quand l’occasion se présente, des individus d’un groupe voisin, les chimpanzés accroissent l’importance relative de leur propre groupe.

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Que peut faire Nuit Debout face aux politicards ? Que peut-on faire face à un torrent debout ?

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Campagne d’affiches pour l’apprentissage, à Paris : “Un jeune sur trois n’a pas de travail.”

Alors tuez-les avant qu’ils ne vous tuent, parce que ce n’est pas demain qu’ils vont en avoir.

Il y a une autre possibilité. La corrélation entre chômage et criminalité est positive pour les jeunes hommes, pas pour les jeunes femmes. Les femmes au chômage deviennent boulimiques ou rejoignent des sectes, elles ne sont pas dangereuses pour autrui. Nous pourrions donc aussi décider de sortir les femmes du travail, pour notre sécurité à tous.

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Candide Aziz au pays de Flanby : “Alors l’Euro 2016, c’est donc le Ramadan des kafirs ?”

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Au pays de Flanby, il y a des méchants et des pourris la la la la la…

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(Post-Brexit)

Ce que je préfère, dans le couple franco-allemand, c’est l’Angleterre.

Il faut voir le bon côté des choses. Le départ de l’Angleterre libère de la place pour l’entrée de la Turquie.

Le départ de l’Angleterre ne va pas empêcher les autres de négocier en anglais lors des sommets européens. Aucun problème.

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(Post-Euro 2016)

La France battue par le Portugal. Fête de klaxons dans Paris jusqu’à trois heures du matin.

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Coup d’Etat raté en Turquie. Erdogan a envoyé un SMS A TOUS LES TURCS. Ça donne des idées à Flanby, qui voudrait bien nous envoyer des SMS tous les matins à notre réveil : “Coucou, mes chers compatriotes, c’est votre Président préféré. Il fera beau aujourd’hui, avec quelques nuages sur la Bretagne cependant. Si vous voyez un kamikaze suspect, n’oubliez pas de le dénoncer à la police. Bisous. Flanby” (le 16.7.16)

SMS du 17.7.16 : “Coucou, mes chers compatriotes et compatriotesses, c’est votre Président bien-aimé. Vous connaissez Julie Gayet ? C’est la plus grande actrice depuis Zara Bernard, hein ?”

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Les robots livreurs arrivent (article de presse). L’argument est intéressant : les clients veulent éviter le contact humain. Ça fait longtemps que je le dis. Les gens prennent leur voiture pour faire 100 mètres plutôt que de marcher, non pas tant par paresse (car en plus ils savent qu’ils ont besoin d’exercice) que parce qu’ils ne veulent pas croiser des gens dans la rue.

Parfois, les gens font en voiture les 150 mètres qui les séparent de leur salle de sport.

Les gens veulent en général éviter deux types de contact humain : le contact pour des relations purement fonctionnelles (p. ex., payer un achat) et le contact avec des inconnus dans la rue. Si vous ne comprenez pas bien ce dernier point, il suffit de savoir que 37 % des homicides ont pour origine une “altercation triviale” (Kenrick & Griskevicius, The Rational Animal, 2013), typiquement deux inconnus (abrutis) qui se croisent dans la rue. (Et je fais partie des abrutis car j’ai déjà eu une altercation dans… un bureau de poste, avec intervention de la police et convocation au tribunal, mon dos ayant malencontreusement brisé une vitrine contre laquelle j’avais été poussé. Ça se passait à Chaville, qui n’est pas considéré, à ma connaissance, comme une banlieue chaude.)

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La polémique bidon de la semaine. Melania Trump aurait plagié Michelle Obama. Juste un truc : passez au logiciel d’analyse textuelle les discours politiques (ou publics), n’importe lesquels, en France ou aux U.S., droite et gauche. Vous verrez que tout est plagiat, c’est-à-dire que tout est pareil (le logiciel vous donnera le pourcentage exact). J’ai parlé des robots livreurs, mais le prochain boulot qui va disparaître, c’est celui de rédacteur de discours politiques. Franchement, je vous fais le logiciel quand vous voulez ; on n’aura même pas le droit d’appeler ça de “l’intelligence” artificielle.

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Carrefour wahhabisé.

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Ça y est, j’ai posté ça et maintenant j’ai droit aux pubs de Carrefour. C’est comme de dire “m…” et d’en recevoir un seau sur la tête…

Ça n’arrête plus… Je suis carrefourisé… Dites du mal de Carrefour sur Feyspook et vous serez punis par un déversement de pub !

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Si je suis élu, j’instaurerai une cérémonie de salut au drapeau en chantant la Marseillaise. (F. Copé)

Puisque Tartuffe-Pavlov ressort le salut au drapeau, je tiens à dire que le drapeau français est minable. Prenez l’Union Jack, le Stars & Stripes : là, vous avez de l’art ! Mais entre un grossier bleu-blanc-rouge et le magnifique drapeau du Zimbabwe, il y a toute la différence entre la barbarie et la civilisation.

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Cette photo est une oeuvre unique. Prise de vue de Red Movement in Space III de Milan Dobes. Les reflets rouges sont uniques en raison de la distance et de l’angle d’où la photo a été prise. Pour une copie dédicacée par moi, me contacter (prix 3.999€).

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Il y a une coquille sur le prix. C’est 39.999€, bien sûr.

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Quel est l’inverse de quatre-vingt ? Vingt-quatre.

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THE KILLER FLANBY. Il avoue avoir ordonné des assassinats ciblés, interdits par les conventions internationales ratifiées par la France. Ça plus des opérations militaires partout. Fallait pas l’appeler Flanby… (Ça l’a énervé.)

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J’aimerais lancer un débat calme et serein : faut-il rétablir la peine de mort pour les patrons de bar et de restaurant qui mettent des télés dans leurs établissements ? (Stéphane Bouzon)

La peine de mort est appliquée par Flanby. Sans procès.

N’importe quel Arabe que lui désigne le général Duchnoque, Flanby le dézingue. Mais de là à dire que c’est parce qu’il a trop regardé la télé…

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