Tagged: Cour européenne des droits de l’homme

Par-delà le rien et le banal

La femme de ménage polonaise de C. retourne finalement en Pologne où, avec son compagnon resté là-bas, elle a fait construire une maison. La maison vient des euros de son salaire de femme de ménage en France plus que des zlotys de son compagnon. Voilà le genre de projet de vie qu’un Gilet jaune minablement franco-français ne pourra jamais avoir. Même les Népalais au Qatar font de tels projets de carrière courte, et les réalisent, quand ils ne tombent pas d’un échafaudage de gratte-ciel entre-temps. Qui est le plus à plaindre ?

ii

Les pays du Golfe emploient, on le sait, beaucoup de main-d’œuvre étrangère, principalement en provenance du sous-continent indien. Dans bien des cas, ces travailleurs migrants optent pour une stratégie de carrières courtes, avant de retourner s’établir définitivement dans leur pays d’origine au bout de quelques années (10-15 ans), car les revenus en riyals ou autres monnaies du Golfe leur permettent, en raison des différences internationales de pouvoir d’achat, d’acheter un petit commerce chez eux et d’en vivre.

Les capitalistes des économies d’accueil sont bénéficiaires, les travailleurs migrants également, profitant des différences internationales de pouvoir d’achat, mais pas les travailleurs des pays d’accueil. Car ces migrants servent aux capitalistes de main-d’œuvre à bas coût.

Les syndicats (là où ils existent, ce qui n’est pas le cas dans les monarchies du Golfe) essayent de faire en sorte que les travailleurs migrants ne soient pas autant exploités, non seulement pour ces travailleurs eux-mêmes (bien que ce soit en réalité le prix à payer pour une carrière courte avec forte rémunération dans les termes de l’économie d’origine qui est à la fois le point de départ et le point d’arrivée) mais aussi pour l’ensemble des travailleurs du pays d’accueil, car tout travailleur qui accepte des conditions de travail indignes fait ainsi pression sur ses camarades pour qu’ils acceptent à leur tour de telles conditions s’ils ne veulent pas être évincés du marché du travail.

*

Dans l’affaire Steve, noyé dans la Loire à Nantes, la police cherche à se disculper. Quatorze personnes du même rassemblement festif sont tombées dans le fleuve à cause de la charge de police, et les porte-paroles de la police sont en train de nous expliquer que le seul qui ne peut plus dire ce qui lui est arrivé serait tombé, lui, pour une autre cause. Et les médias considèrent hypocritement qu’il n’y a pas lieu de présumer que Steve est tombé dans le fleuve par la même cause que les autres.

*

La France est un des pays du Conseil de l’Europe les plus mal classés en matière de liberté d’expression, l’un des plus condamnés dans ce domaine par la Cour européenne des droits de l’homme, avec la Russie et la Turquie. Et ce depuis des années. Notre droit en la matière, c’est la loi de 1881 sur la presse, mais aménagée par les « lois scélérates » quelques années plus tard, à la suite des attentats anarchistes. Depuis lors, on n’a fait que suivre la pente des lois scélérates chaque fois que nos élus ont cru bon par là de satisfaire tel ou tel lobby ou parce que cela les met eux-mêmes à l’abri des critiques. La prochaine étape, actuellement discutée par un comité Théodule à la demande de la garde des sceaux, est de sortir des pans entiers du droit de la presse pour les verser au droit pénal commun, ce qui veut dire mandats d’arrêt, gardes à vue, perquisitions, comparutions immédiates, etc, pour des propos ou des écrits (cela a déjà été fait pour l’« apologie de terrorisme »). Ainsi, un auteur sera jugé par le juge habitué à envoyer au mitard délinquants et criminels de droit commun.

Une autre étape sera –c’est demandé par certains– de criminaliser le « complotisme », si bien que la ligne officielle du gouvernement ou de l’administration sur n’importe quel sujet ne pourra plus être contestée. D’ailleurs, un préfet de police vient, illégalement à mon sens, de refuser la prolongation du permis de séjour d’un Marocain en raison de messages « complotistes » publiés sur Facebook. Une loi suivra, c’est certain.

Les États-Unis ont raison de se dire le pays le plus libre du monde. Le droit américain de la liberté d’expression (First Amendment) est un monument de la raison humaine. Il reste quelques reliques du passé, comme l’Espionage Act de 1917 qui permet aujourd’hui de harceler judiciairement Julian Assange, mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. D’ailleurs, une cour fédérale américaine vient de rejeter une plainte contre Wikileaks en indiquant que la publication des documents par Wikileaks était protégée par le Premier Amendement. J’avais bon espoir que ce fût le cas et j’ai eu l’occasion de publier des tweets avec de la jurisprudence de la Cour suprême américaine qui pouvait s’appliquer au cas d’Assange dans le sens d’un abandon des poursuites ou d’une relaxe. Ce n’est pas encore le fin mot de l’histoire mais c’est une belle bataille de gagnée.

*

La France figure dans le peloton de tête des pays du Conseil de l’Europe en ce qui concerne les condamnations pour violation de la liberté d’expression par la Cour EDH, c’est-à-dire que la 17e chambre correctionnelle spécialisée en « droit de la presse » (sic) est connue pour être particulièrement répressive si on la compare, non à la Corée du Nord ou à l’antiquité, mais à nos voisins (sans même parler des États-Unis : cf supra).

Il y a pourtant des avocats qui vous soutiennent mordicus que la 17e chambre n’est pas répressive ! Comme dans les autres milieux, la majorité des juristes français ne connaissent rien au-delà des Pyrénées (comme disait Pascal).

*

On me demande : « Pourquoi avoir tweeté ci ? pourquoi avoir tweeté ça ? pourquoi ? pourquoi ? » Quand j’étais aux États-Unis, mon amie Kate me dit un jour un adage de là-bas : « If you’ve got them, flaunt them », « Si vous les avez, montrez que vous les avez » (en sachant que flaunt est un mot fort qui indique l’ostentation : montrer ostentatoirement, faire parade de…) Elle parlait des seins d’une femme (elle n’ayant pas de poitrine). Je trouve amusant que ce soit une femme élevée dans un milieu mennonite (les Mennonites sont des anabaptistes, dont une des branches les plus radicalisées sont les célèbres Amish) qui m’ait sorti cela. Elle voulait dire que les Américaines plantureuses mettent volontiers leur poitrine en valeur par leur façon de se vêtir. J’étais prêt à adopter telle quelle cette maxime comme devise pour moi, bien que ce fût, comme je le découvris entre-temps, une version un peu aménagée de l’adage réel, qui va au-delà des fortes poitrines : « If you’ve got it, flaunt it » (Si vous l’avez, montrez que vous l’avez). Un talent, une qualité quelconque ne doivent pas rester cachés. C’est ma réponse désormais : quand on a de l’esprit, on le montre, c’est pourquoi je tweete les traits d’esprit qui me viennent. C’est certes une entorse à la modestie que de se dire plein d’esprit, mais il est des cas, par exemple s’il s’agit d’un moyen de défense judiciaire, où l’immodestie est excusée.

*

J’ai enfin trouvé un Boucharel célèbre. Et même deux : Jean et Henri, père et fils, anarchistes. Ici

Jean Boucharel et son fils Henri furent des militants anarchistes et syndicalistes ; le père, qui fut secrétaire du syndicat de l’Habillement, collabora au journal La Voix libertaire, organe de l’Association des fédéralistes anarchistes, dont le premier numéro parut en mai 1928 et le n° 394, le dernier, en juillet 1939. Il figurait comme « militant dangereux pour l’ordre public » sur la liste des anarchistes de Haute-Vienne établie le 1er juin 1935.

Son fils Henri, qui mourut à Limoges en novembre 1966, était libre-penseur, pacifiste, coopérateur ; il fut secrétaire du syndicat de l’Habillement affilié à la CGT-SR, membre en 1935 de la Commission administrative de l’UL-CGTSR ; il fit partie du Comité de grève du bâtiment de Limoges en 1936 et de la délégation ouvrière chargée de négocier avec le patronat et fonda la société coopérative de production « Le Meuble ».

Hommage à Jean Maitron (1910-1987).

*

« Le pape François prend position contre l’utilisation des procédures judiciaires dans les processus politiques et sociaux. Il dénonce les opérations multimédiatiques qui accompagnent ces persécutions. Il déclare que ces pratiques mettent en danger les démocraties. » (Tweet de Jean-Luc Mélenchon)

Et le pape cite le néologisme lawfare, le warfare par l’appareil judiciaire.

La pseudo-indépendance du pouvoir judiciaire tellement évidente en France (« spécificité française » du ministère public) place celle-ci aux premiers rangs des démocraties en danger – et en réalité des pseudo-démocraties. « Dans les pays anglo-saxons, le troisième pouvoir est confié à des organes absolument indépendants aussi bien des gouvernants que des gouvernés, de façon à réaliser une justice aussi exacte que possible. En France, malgré toutes les doctrines officielles, les tribunaux sont considérés en fait depuis Napoléon comme une branche particulière de l’Administration, et le pouvoir juridictionnel est, au point de vue politique, une partie spéciale du pouvoir exécutif. » (Maurice Duverger, Les régimes politiques, 1965) Une réforme de la justice a-t-elle démenti ces paroles entre-temps ? Non.

Or l’utilisation des procédures judiciaires dans les processus politiques et sociaux est possible surtout grâce à la pénalisation de la parole : de fait, une telle pénalisation est prima facie une interférence illégitime dans les processus politiques et sociaux (voir la jurisprudence de la Cour suprême américaine).

*

Ne pas attaquer la jurisprudence nationale dans un recours contre l’administration française est impossible pour quelqu’un qui doit dès le début annoncer qu’il a l’intention de saisir la Cour européenne des droits de l’homme le cas échéant. Car il devra la saisir en invoquant des défaillances du droit national et de son exercice en matière de droits de l’homme et de libertés fondamentales. Autrement dit, il doit arriver devant le juge national en le regardant droit dans les yeux et en lui disant : « Je vous conteste. » Si c’est de nature (pour des raisons psychologiques plutôt que juridiques) à faire échec à la requête au plan national, c’est un argument sérieux contre le juge national, mais cela conduit aussi à contester la procédure CEDH elle-même, à savoir le nécessaire épuisement des voies de recours internes et l’introduction d’un moyen CEDH devant le juge national dès le début de la procédure. Une telle organisation est la moins favorable possible au plein développement des dispositions de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. En réalité, le droit des libertés fondamentales en Europe passe nécessairement par une Cour européenne des droits de l’homme qui exerce son contrôle de conventionnalité du droit national en pouvant être saisie à tout moment par les parties à un procès.

*

Les journaux satiriques bénéficient en France d’une « immunité prétorienne » (Bernard Beignier), tout comme les paparazzi. Quand on a des capitaux derrière soi, la justice ne se mêle de rien.

*

Les partis politiques sont, comme le disait Duverger, les grands oubliés du droit constitutionnel. C’est pourtant là que tout se passe, comme le même le disait encore. C’est là que les bons postes sont distribués, les immunités légales et celles de fait des positions électives – immunités « de fait » car on peut toujours faire porter le chapeau à un fonctionnaire.

*

En Nouvelle-Zélande, le nombre de locuteurs du maori est nettement inférieur à la population maorie du pays (3,7 % contre 15 %), ce qui traduit une forte déculturation de la population maorie. Les populations indigènes d’Amérique latine n’ont pas subi quant à elles, en ce qui concerne la langue, une telle déculturation : chaque groupe continue de parler sa langue, en plus de l’espagnol (et même il est rare que tous les individus d’un groupe connaissent l’espagnol).

*

La démocratie étant une idée qui ne peut se contredire elle-même, on ne peut pas dire que les hate speech laws sont démocratiques et ne le sont pas. Pour la Cour suprême américaine, elles ne sont pas démocratiques, elles sont donc inconstitutionnelles. De ce point de vue, la France n’est pas une démocratie.

Si la Cour suprême des États-Unis casse systématiquement (déclare inconstitutionnelles) les hate speech laws, c’est pour de bonnes raisons démocratiquement correctes. Et c’est parce que, chez nous, le pouvoir judiciaire est faible (on peut même dire, dès lors qu’il n’est pas indépendant, qu’il est inexistant en tant que pouvoir constitutionnel) que la parole est corsetée.

*

La philosophie (et la jurisprudence) de la Cour européenne des droits de l’homme est à l’exact opposé de celle de la loi française en matière d’outrages, injures et diffamations, qui a donc vocation à exploser. En France, et c’est complètement stupide, les élus, en tant que dépositaires de l’autorité publique, sont plus protégés que les particuliers, tandis que pour la Cour EDH ils doivent de toute nécessité se montrer plus tolérants vis-à-vis de propos les concernant, eu égard aux impératifs du débat démocratique, et c’est la sagesse même.

Ce qui signifie concrètement que toute personne condamnée pour injure ou diffamation en France peut (et selon moi doit) porter son affaire devant la Cour EDH et la faire juger à l’aune d’une saine jurisprudence plutôt qu’à celle d’une loi scélérate.

*

Les deux auteurs d’un Que sais-je ? se lamentent sur le fait que la Cour pénale internationale soit venue porter un coup au « dogme » (ils se vantent de défendre un dogme !) de l’immunité parlementaire. Comme si cette dernière existait encore, alors qu’un député qui écrit des choses outrageuses ou autres dans un rapport parlementaire en bénéficie tandis que, s’il veut faire un compte rendu loyal de son rapport diffamatoire dans les médias, il sera poursuivi en justice. Il est absurde de prétendre que l’immunité existe encore dans ces conditions. Le « cadre précis » –c’est encore une expression des auteurs– de l’activité d’un député n’est pas cet espace topologique qui s’appelle le Palais-Bourbon ! C’est là du pur fétichisme, comme pour les églises, refuges des criminels au moyen-âge.

*

Quand j’en parle, tout le monde semble ignorer qu’un pétomane est un artiste qui fait de la musique en pétant, alors que le plus grand pétomane au monde est le Marseillais Joseph Pujol, qui se produisait au Moulin-Rouge, et qu’il s’agit donc d’un art français par excellence.

*

Si, lecteur, tu veux t’intéresser à l’anthropologie raciale, sache que la recherche n’a pas pris fin avec la Seconde Guerre mondiale. Sans même parler de l’anthropologie raciale explicitement revendiquée en tant que telle (Carleton Coon etc.), la sociobiologie puis, aujourd’hui, la psychologie évolutionniste (Evolutionary Psychology, EP), qui en est l’héritière, comportent des recherches sur le sujet. C’est une littérature académique, essentiellement anglo-saxonne, pas forcément facile d’accès et qui comporte rarement, voire jamais, le mot race dans le titre, mais c’est aussi de cela qu’il s’agit.

*

Le laissez-faire en matière raciale n’implique pas forcément l’horizon plus ou moins lointain de la totale fusion des races. Les travaux de psychologie anglo-saxons contemporains montrent les racines biologiques du racisme, dont un réflexe de défense immunitaire, issus de l’environnement évolutionniste d’adaptation (environment of evolutionary adaptedness EEA). Les femmes enceintes présentent ainsi un (surcroît de) rejet xénophobe inconscient, attesté expérimentalement, par rapport à leur personnalité en temps ordinaire, et ce pour des raisons biologiques et immunitaires liées à la protection du fétus (même si le milieu de vie contemporain a probablement effacé une partie de la variabilité immunologique des habitants de différentes races d’une même ville, non par fusion raciale mais par cohabitation prolongée).

Reste que la fusion des races implique une question en quelque sorte morale, s’agissant des caractères récessifs, voués à la disparition en cas de fusion. Cela dit, le sujet semble encore assez mal connu, la définition même de caractère dominant/récessif ayant subi des révisions.

*

À l’exposition Géométries Sud de la Fondation Cartier sur l’art abstrait contemporain d’Amérique latine (novembre 2018), j’ai eu l’honneur de voir le monochrome blanc le plus monochrome et blanc que j’ai jamais vu. Tlon, une œuvre de l’Argentin Cesar Paternosto de 1969.

Rien à dire : c’est suprêmement monochrome et blanc.

ii

Mais quel ignorant je suis ! Je viens de faire une recherche sur internet et il paraît, c’est du moins ce que je crois comprendre, que l’artiste a peint sur une ou plusieurs tranches du tableau… Là où personne ne regarde.

Quant au titre, Tlon, le peintre étant Argentin, c’est sans nul doute une référence à la nouvelle de Borges, Tlön, Uqbar, Orbis Tertius, avec omission du tréma, par erreur (?), sur l’étiquette à la Fondation Cartier (Tlon au lieu de Tlön). J’ai trouvé cette présentation de la nouvelle [que je ne retrouve plus] : « L’histoire est celle de la découverte par l’auteur du mystérieux et apparemment fictif monde de Tlön, dont les habitants croient en une forme d’idéalisme subjectif, niant la réalité du monde, et parlent une langue dépourvue de noms. » La réalité n’est donc pas la toile du tableau représentant le monde objectif mais la pensée subjective représentée par la tranche ?

*

Ceux qui, perdant un emploi, décrochent socialement et sombrent, y sont souvent aidés par la bouteille, un penchant que je ne me connais pas, tandis que je suis favorable à la légalisation des autres formes de drogue, ne serait-ce que pour que l’État français se mette en conformité avec le principe de laïcité qui implique la liberté de culte et donc l’usage rituel de substances psychoactives par les religions qui voient les choses de cette manière (shamanisme amérindien, rastafarisme…). Mais la France pays des droits de l’homme est connue par ses voisins (à défaut de se connaître elle-même) comme un État particulièrement discriminatoire et répressif, comme cela vient d’être rappelé par un comité des Nations Unies qui dénonce notre fameuse loi sur le voile islamique. (Ce comité rend des avis que l’État français n’est pas obligé de suivre mais dont je ne sais plus quelle sommité magistraturale française a fait savoir il y a quelques années qu’elle tiendrait compte, ce qui promet des contentieux bien embrouillés.)

*

Rêve-contact ?

Dans les jeux de rôle de mon enfance et adolescence, un coup porté faisait perdre des points de vie et c’est tout, c’est-à-dire que la blessure rapprochait le personnage de la mort (zéro point de vie) d’un certain degré selon sa gravité.

En réalité, une blessure ouverte continue de faire perdre d’elle-même des « points de vie » jusqu’à ce qu’elle soit traitée (fermeture de la plaie). Sans même parler des blessures qui occasionnent la perte d’un membre, une blessure fait aussi perdre de la force, de l’adresse, de l’attention…, bref diminue les capacités du personnage, jusqu’au rétablissement de celui-ci.

Dès lors, entrer dans un donjon pour affronter monstre sur monstre, en recevant quelques blessures à chaque combat, est en fait une idée complètement irréaliste.

C’est ce dont j’ai rêvé cette nuit. Avec l’idée qu’un nouveau jeu de rôle devrait définir un tableau de corrélation entre perte de points de vie et diminution effective des capacités du personnage.

ii

Dans la réalité, blessure = hors service. Les livres-jeux et JDR (jeux de rôle), bon nombre de films et romans aussi, reposent sur le fait de passer outre ce principe.

Il y a aussi la façon de traiter l’armure. Deux approches existent. Dans Donjons et Dragons (D&D), on tire les dés pour savoir si l’armure joue son rôle : plus elle est protectrice et plus la probabilité est grande que le coup ne porte pas, c’est-à-dire que l’armure amortisse complètement le coup. Dans L’Œil noir, on soustrait à une quantité de coup une quantité d’armure pour déterminer la perte de points de vie occasionnée par le coup.

Dans D&D, on applique donc le système du coup à la jointure : si le coup porte, l’armure n’a pas joué son rôle, le coup porte donc sur un point non protégé. Dans L’Œil noir, c’est le système du blindage : si le coup porte, l’armure joue son rôle d’amortissement et les dégâts dépendent du rapport des quantités. Un système réaliste devrait pouvoir combiner les deux.

iii

Porter une armure lourde n’est pas sans effet sur la vitesse de mouvement, donc sur la dextérité. L’idée d’entrer dans un donjon avec une armure de chevalier est complètement délirante, en réalité, car cette armure sert au combat à cheval. Le cheval est, contrairement au chevalier, suffisamment puissant pour ne pas être gêné par le poids de l’armure du chevalier. L’armure protège l’ensemble du corps du chevalier, sur lequel les armes traditionnelles ne peuvent rien, en tout cas ne peuvent provoquer de blessure directe ; elles peuvent toutefois provoquer une secousse qui désarçonne le chevalier. Il faut, comme dans le film Excalibur, passer sa lame dans une jointure de l’armure du chevalier à terre (une réalité qui m’avait choqué en tant que rôliste ayant un culte pour la fameuse armure de plates de D&D). Et le chevalier se retrouvant comme une tortue sur le dos, incapable de se relever et encore moins de se défendre (dextérité zéro), était le plus choquant de tout.

(Voyez dans mon lexique de vieux français la dague de miséricorde, ou miséricorde tout court, qui confirme ce déroulement des combats de chevaliers en armure.)

*

Once, as a child, I was introduced to a girl of my age named Klytaimnestra (in fact, Clytemnestre, the French version of it). When I heard her name my mouth gaped and I remained dumb. Seeing it, the girl gave me the evil eye. I knew Clytemnestre was some Greek character and all that, but I couldn’t make up my mind as to what kind of madness it was that led parents to give a child such an impossible name, which begins like clit (clitoris).

*

In villages people know each other and gossip about each other. In cities people drop bad comments on passers-by. Same pestilence everywhere.

*

I find hijabs a pleasanter look than Western fashion. And the best look of all, according to me, is when all women wear black abayas, like in the Gulf States, which I have come to see as the summum of beauty in a crowd. Otherwise I find crowds ugly. Please note this is solely a judgment on how crowds look like.

*

Je ne connaissais pas ce « fossile vivant », l’argonaute. Voir la femelle nager m’a fait penser à une tête de Marianne avec son bonnet phrygien. Il faudrait donc en faire un symbole de notre république, elle aussi un fossile vivant, avec des fossiles vivants, les politiciens, qui nous prennent pour des moules.

*

La littérature prolétarienne est unanime pour dire que jamais la vie ne fut aussi horrible pour l’humanité travailleuse que pendant les premières décennies, les cent premières années de la révolution industrielle. Jack London compare le travailleur anglais des premières années du vingtième siècle aux Eskimos d’Alaska : ces derniers souffrent de disettes périodiques, les premiers de malnutrition permanente. Le peuple de l’abîme.

Penses-tu que tu penses?

Those who make sexual pursuits too conspicuous a life goal are considered base. I’m not saying they are base, only that they are considered base, including by me.

*

The very concept of meritocracy is abhorrent. You can’t expect somebody to accept his low status as being the result of his low merit as a humain being. Merit in meritocracy is world wisdom (Klugheit) and may go hand in hand with utter despicability as a person.

*

Religion struggles against passions with passions. It will be superseded like everything passionate. Self-salvation is immaterial to selfless intelligence.

*

Man is the animal that can’t take science seriously.

*

Having being a child when personal computers and video gaming were in their infancy, makes the difference.

Vasarely (filtre Neo)

Penses-tu que tu penses ?

*

La distinction faite dans les années trente par Ernst Robert Curtius entre Leistungswert allemande et Seinswert française ressemble fortement aux valeurs matérialistes et post-matérialistes de Ronald Inglehart dans les années soixante-dix. Il faut être un idiot d’Allemand pour faire l’éloge des Français.

*

En Espagne, le SETSI est le secrétariat d’État aux télécommunications et à la société de l’information (Secretaria de Estado de Telecomunicaciones y para la Sociedad de la Información). Que fait-il pour organiser la fin du travail qui caractérise la société de l’information selon l’inventeur du concept, le Japonais Yoneji Masuda ?

*

Un rapport de l’OCDE a mis en cause la politique de plein emploi (en raison de la courbe dite de Phillips censée montrer que le plein emploi est incompatible avec la stabilité des prix). Ainsi, ce rapport préconisait le chômage de masse comme instrument anti-inflationniste ! C’est tellement rassurant…

*

Selon le systémisme, il existe des effets émergents et le tout est plus que la somme des parties. Les expériences de laboratoire, qui permettent de déterminer des causalités en sciences sociales à partir de corrélations, en éliminant méthodologiquement les tierces variables, appréhendent-elles autre chose que des parties au sein des systèmes ?

*

Selon des études conduites à ce sujet, les publicitaires ne savent pas ce qu’est un message subliminal – alors que 62 % des Américains croient à l’existence de la publicité subliminale. On s’attendrait à ce que, visés par de telles suspicions, les publicitaires connaissent le sujet, mais non.

*

Des gens que cela ne choque pas de travailler dans un palais de justice ont forcément la haine du progrès.
– Ce n’est qu’un mot, voyons !
– Oui, et qu’évoque le mot palais ?

*

Avec notre législation sur les contenus haineux, nous sommes parvenus à créer un contentieux de masse sans victimes.

*

Il est connu que nos codes juridiques comportent des incohérences fondamentales qu’il semble impossible de corriger sans modifications en profondeur de nos institutions et de notre société. Par exemple, la législation sur les accidents du travail s’oppose au principe selon lequel la réparation d’un dommage implique une faute ; de même, les conventions collectives s’opposent au principe selon lequel un contrat n’a d’effet que pour les parties contractantes, etc. Comment ces incohérences sont-elles à leur tour compatibles avec l’idée de sécurité juridique ? Il n’existe pas de sécurité juridique quand le droit dit en même temps une chose et son contraire.

*

Les inégalités ethno-raciales enregistrées dans une société, avec stratification raciale en termes de richesse et d’éducation, sont une cause suffisante et purement sociale ou sociologique de racisme, puisque la pauvreté suscite une bonne part de délinquance attentatoire aux biens et aux personnes. (Les minorités qui s’en tirent mieux que les autres dans le partage des richesses, par exemple les Chinois, ne suscitent pas les mêmes réactions racistes.) Il n’est donc pas besoin de faire l’hypothèse d’un fondement biologique du racisme pour comprendre que le racisme peut avoir une base solide dans les inégalités sociales elles-mêmes. Dès lors, est voué à l’échec le message simpliste de la race comme « construit social », qui consiste de fait à dire aux groupes plus favorisés que leur état émotionnel vis-à-vis des groupes moins favorisés est irrationnel, alors que ces groupes racialement identifiables menacent objectivement leurs biens et leurs personnes vu que la délinquance est corrélée à la pauvreté.

*

Tout comme les ouvriers français ont une espérance de vie inférieure aux cadres français, l’espérance de vie des Noirs américains est inférieure à celle des Blancs. Si les États-Unis avaient un système de retraite collectivisé comme le nôtre, les Noirs pauvres paieraient les retraites des Blancs riches. (Pour bien le comprendre, voyez mes « Mathématiques des retraites » x)

*

Il existe un « droit » bureaucratique, en partie lié au dirigisme économique. Les administrations créent du droit par le biais de circulaires, instructions, etc, que les agents économiques ne peuvent, d’une part, ignorer ni, d’autre part, contester car ces « normes » ne sont pas opposables juridiquement.

*

Le droit français est le dévoiement napoléonien, autoritaire et militariste, de la révolution française des droits de l’homme inspirée des Constitutions des États américains.

Par sa révolution de 1789, la France avait vocation à devenir un système de common law. La codification napoléonienne est revenue sur les réformes révolutionnaires qui allaient en ce sens pour ramener le droit français dans les ornières romanistes de la monarchie absolue.

Sachant que le droit romaniste sous sa forme napoléonienne est la forme qui a prévalu grosso modo dans l’ensemble de l’Europe continentale, il convient de distinguer en Occident (mais aussi dans les autres parties du monde où l’influence occidentale s’est exercée) deux formes de société : l’une appliquant la common law, l’autre le droit napoléonien. Or, les deux formes affirmant obéir, sous l’empire de la raison, aux mêmes principes suprêmes, à savoir le respect des droits de l’homme et l’émancipation de l’humanité, et l’une de ces formes, le droit continental, n’étant à cet égard que le dévoiement de l’autre, il s’ensuit que le droit romaniste napoléonien doit être démantelé complètement, et réduit au néant à tout jamais.

*

Énorme : la règle de l’épuisement des voies de recours internes (pour saisir la Cour européenne des droits de l’homme) est interprétée comme signifiant que la juridiction internationale saisie après l’épuisement est « subsidiaire » ! Au contraire, malgré la lettre de ses statuts, la Cour EDH est clairement une juridiction suprême, et c’est bien ce qu’elle doit être.

*

« Hannah Arendt a mis lumineusement en lumière… » (Danièle Lochak)

*

Les immunités parlementaires protègent le représentant contre l’abus de la procédure judiciaire. C’est une suspicion de principe à l’égard du magistrat.

*

Je ne suis pas obligé d’applaudir au procès de Socrate.

*

Donner la plénitude des libertés (opinion, expression…) à des corporations seulement (journalistes, syndicalistes… dépendants d’une organisation) est de nature à favoriser les ententes et les pactes de corruption, pour ne pas dire de nature à les rendre tout bonnement possibles. Les premiers « chiens de garde » de la démocratie sont les citoyens eux-mêmes : le peuple. – En termes castoriadiens, la bureaucratie nie au peuple les libertés qu’elle proclame et ne défend que pour elle-même.

*

La possibilité de poursuites judiciaires a un effet plus dissuasif sur la liberté d’expression dans un système romaniste, où le droit est régalien, que dans un système de common law, où le droit est contentieux.

*

En 1937, un chirurgien et son patient sont jugés pour une opération de stérilisation effectuée après accord entre les deux. « L’intention de blesser existe dans cette résection des canaux, et cela suffit », déclare le juge. En quoi ce raisonnement obtus du juge est-il utile à la société ? La défense répond que la circoncision est également une « intention de blesser » et qu’elle est cependant admise. « Comparaison n’est pas raison », réplique le juge, qui voit dans la circoncision un « rite destiné à favoriser la fécondation » (!) tandis que la vasectomie est tout le contraire… Est-ce de porter une robe comme une femme qui le fait rêver de fécondité ? Mais surtout, quelle loi, quel article du code lui demande de favoriser la fécondité plutôt que le contraire ? Enfin, cette réponse est l’admission que, contrairement à ce que le juge a tout d’abord prétendu, l’intention de blesser ne suffit pas, puisqu’il y faut en outre l’absence d’un rite de fécondation… (Tiré de Le droit pénal, 1990, de Jean Larguier)

Sachant que nos concitoyens lisent et entendent ce genre d’histoires véridiques, il ne faut pas s’étonner que le plus innocent puisse manifester des signes de trouble et d’inquiétude devant un tribunal : cela ne provient pas forcément de la culpabilité de la personne, c’est peut-être plutôt qu’elle se doute de qui elle a affaire.

*

Un juge, en France, a condamné le propriétaire d’une voiture volée pour l’accident provoqué par le voleur. Il faut s’attendre à tout.

*

Je lis un précis sur le droit constitutionnel en vigueur à Singapour. Vu que l’auteur (le Singapourien Kevin YL Tan) ne fait pas remonter l’histoire du droit à Singapour au-delà de la colonisation britannique, il semble bien que les Anglais aient à juste titre déclaré le territoire, en y posant le pied, terra nullius, comme l’Australie !

*

Marketing pédocentré : les gens demandent à leurs enfants pour qui voter : « Regarde la télé et dis-nous qui tu préfères. » Les politiciens le savent. Cela n’explique-t-il pas bien des choses ?

*

L’idée que le scrutin proportionnel est plus juste que le scrutin majoritaire, idée que « pratiquement personne ne met en cause » (Robert Dahl), repose sur une illusion. C’est la même, dans l’esprit de Dahl, que celle qui voudrait qu’un régime multipartisan soit plus démocratique qu’un régime bipartisan. Qu’en est-il en réalité ? Tout d’abord, dans un régime multipartisan les partis qui entrent au Parlement n’appliquent pas leur programme électoral mais un pacte ou accord de coalition négocié immédiatement après les élections (par exemple, qu’est-ce que le PC allié au PS sinon un PS bis ?). Ensuite, il n’y a pas de différence fondamentale que le débat ait lieu entre une pluralité de partis plutôt qu’au sein de deux partis : la diversité des plateformes électorales dans un régime multipartisan est l’équivalent de la diversité des courants au sein des deux partis qui débouche sur deux plateformes électorales dans un régime bipartisan, dès lors que les deux partis fonctionnent démocratiquement, avec des primaires.

Ainsi, le régime bipartisan (où le scrutin proportionnel n’a pas vocation à exister), loin d’être moins juste, moins démocratique que le régime multipartisan (qui fonctionne naturellement avec le scrutin proportionnel, mais pas en France, régime que je qualifierais plus volontiers de bâtard que de mixte), est le seul véritablement démocratique, puisque c’est le seul qui, dans tous les cas, engage un parti élu sur sa plateforme électorale plutôt que sur un pacte de coalition indépendant du choix des électeurs. Dans un régime multipartisan, le seul cas où le choix des électeurs peut être véritablement respecté par le parti au pouvoir est quand celui-ci obtient, parmi les multiples partis se présentant aux élections, une majorité absolue, et c’est plutôt l’exception que la règle. Quand, au contraire, les élections n’opposent que deux partis, l’un obtient forcément la majorité absolue.

Le mépris de l’électeur va si loin dans les régimes multipartisans que, bien que les coalitions soient en réalité souvent déjà déterminées avant l’élection, ce qui se traduit par une répartition concertée entre plusieurs partis des circonscriptions où les uns et les autres présentent des candidats, chaque parti continue de défendre son propre programme plutôt qu’un accord de coalition qui déterminera véritablement la politique conduite au terme des élections.

Cette logique existe en France, régime multipartisan avec scrutin majoritaire. La disposition constitutionnelle selon laquelle « tout mandat impératif est nul » prend dès lors une coloration ironique puisque, de fait, sauf cas de majorité absolue d’un parti (plus de 50 % des voix à lui seul), le mandat impératif est impossible : un candidat ne peut appliquer le programme pour lequel il a été élu, il doit appliquer le pacte conclu par son groupe parlementaire avec les autres groupes pour dégager une majorité absolue des voix au Parlement, pacte conclu sur la base de négociations échappant au processus électoral. Ce que devraient donc dire aux électeurs les partis, dans les régimes multipartisans, c’est qu’ils soumettent à leur choix tout au plus des propositions à soumettre à la négociation entre partis représentés au Parlement en vue d’une coalition majoritaire – et non un programme à proprement parler. Ce serait de la plus élémentaire honnêteté intellectuelle ; et les électeurs comprendraient qu’un régime bipartisan est préférable.

*

Je n’ai aucune idée de ce qui se trouve dans la tête du Français moyen.

*

Si le travail était humain, le Loto n’existerait pas.

*

Vivre et laisser vivre, c’est tellement difficile aux esclaves.

*

Il n’y a pas de bonnes excuses sous de mauvaises lois.

(On ne peut pas s’excuser d’avoir enfreint une mauvaise loi et on ne peut pas non plus s’excuser d’avoir obéi à une loi, même mauvaise.)

*

L’intelligence (Klugheit) n’empêche pas toujours d’être un sale c…

*

Le psychanalyste refuse prétendument de tenir les pratiques des peuples premiers pour absurdes, car il leur trouve, dit-il, une explication psychologique. Comme si trouver une explication psychologique cachée à une coutume qui met en avant de tout autres motivations n’était pas la qualifier d’absurde par le fait même !

*

Le wergeld synallagmatique est conforme à l’anarchie proudhonienne, fondée sur le droit contractuel. L’émergence de la conception du fait pénal comme trouble à l’ordre public est le moment totalitaire par excellence.

*

La real property anglaise ne connaît pas les pleins pouvoirs de l’usus, fructus et abusus de la propriété romaniste, seulement un estate (real estate), un intérêt sur le bien. Ainsi la propriété n’est-elle pas forcément le vol, selon la célèbre formule de Proudhon dans Qu’est-ce que la propriété ?, qui est une critique de la conception romaniste. L’estate du droit anglais n’est pas le vol, jusqu’à preuve du contraire. – L’Angleterre est pourtant le pays de la révolution industrielle et de la grande misère du prolétariat.

*

La doctrine Monroe est bien implantée dans la tête des Français.

*

Marie-toi si tu veux manger de la purée.

*

La justice américaine est cette justice qui a condamné pour fraude fiscale Al Capone, le plus grand criminel de son temps. – Il n’est pas démontré que les autres pays aient fait mieux.

*

« Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, ce qui importe c’est de le transformer. » (Marx). Simpliste. Comme si les philosophes, en couchant leurs idées sur le papier, n’étaient pas convaincus du pouvoir révolutionnaire de la vérité qu’ils dévoilent au monde.

*

Personne n’a besoin d’un traité de logique pour penser, s’il en est capable. Et s’il n’en est pas capable, un traité de logique ne peut pas l’aider.

*

– Vous reprenez les arguments de l’extrême-droite.
– Si l’extrême-droite n’avait que de mauvais arguments, il y a longtemps qu’elle n’existerait plus.

*

Rien ne peut racheter un homme d’esprit aux yeux des sots.

*

Le malade droit.

*

Avec leur bonheur, je serais malheureux.

*

Il ne suffit pas d’être intelligent, quand les amis suffisent.

*

Le bureaucrate est une personne qui se tient à l’écart du débat d’idées, car ses convictions sont inavouables.

*

La laideur de tout ce que je traverse par contrainte…

*

Toute personne qui n’est pas une personnalité publique est anonyme sur Twitter. Et vive la liberté d’expression.

*

Lionel Jospin a été battu par Jean-Marie Le Pen aux élections après avoir parlé de « sentiment d’insécurité » (plutôt que d’une insécurité réelle), alors qu’en tant que socialiste il aurait dû savoir que le capitalisme crée l’insécurité.

Mais c’était un socialiste « gestionnaire », et donc il ne savait rien.

*

Mierdas de todos colores.

*

Les capitaux occidentaux se sont désinvestis des colonies au moment de la décolonisation car les investisseurs ne veulent pas prendre de risques (Frantz Fanon). Cf. « le capitaliste, celui qui prend des risques »…

*

Rêve-contact 3

Nuit du 8 août 2018. Un ordinateur surpuissant, qui n’est désigné que par « Elle », répond à toutes les questions de l’humanité et doit, croit-on, faire son bonheur. J’ai un doute à ce sujet et cherche à l’exprimer : « Elle connaît tout puisqu’elle a toutes les données du monde en mémoire, qu’elle traite à l’aide de ses capacités colossales ; elle connaît tout sauf elle-même, elle ne se connaît pas, c’est-à-dire elle ne peut s’intégrer dans ses réponses. Ce qui conduira nécessairement à des erreurs. » Ce raisonnement ne me paraissant pas pleinement satisfaisant, je continue de chercher et parviens à : « Elle errera nécessairement à cause des contradictions qui sont dans le monde. »

(Voyez 1 et 2)