Category: Onomasticon

Dans le dictionnaire thaï du révérend père Pallegoix (1854)

Indra et Erawan,
Wat Devaraj Kunchon à Bangkok.

Le père Jean-Baptiste Pallegoix (1805-1862) était un prêtre catholique français formé au séminaire de la Société des missions étrangères. Il exerça l’essentiel de son sacerdoce en Thaïlande, alors connue sous le nom de royaume de Siam, dont il fut le vicaire apostolique. Il joua un rôle important dans les relations franco-siamoises : c’est, par exemple, sous son impulsion que Napoléon III établit une ambassade au Siam en 1856. À sa mort dans le pays où il servait, le roi Rama IV lui fit rendre un hommage national.

Il est l’auteur d’un dictionnaire de la langue thaïe, le Dictionarium linguæ thai sive siamensis, interpretatione latina, gallica et anglica (Dictionnaire de la langue thaïe ou siamoise, avec définitions en latin, français et anglais) publié à Paris en 1854.

Le présent lexique, servant de complément à notre glossaire sur « L’occulte thaï » ici, présente des entrées du dictionnaire intéressantes au point de vue de la religion et de la culture en Thaïlande, avec leurs définitions latines et françaises par le père Pallegoix. Nous reproduisons le contenu du dictionnaire avec quelques commentaires de notre plume entre [ ]. Nous complèterons nos observations par la suite, dans la partie des « Commentaires » à ce billet, comme pour notre glossaire de l’occulte.

Quelques remarques introductives. (A) Nous ne suivons pas la transcription du père Pallegoix des termes thaïs en alphabet latin. Nous continuons de rendre les termes thaïs dans la transcription employée dans notre glossaire, transcription qui nous est propre et personnelle, et qui nous paraît le plus phonétique possible du point de vue d’un lecteur francophone, abstraction faite des tons de la langue thaïe qui ne sont tout simplement pas rendus, pas plus qu’ils ne le sont dans les transcriptions courantes. (Voyez à ce sujet l’introduction au précédent glossaire). Ce choix de simplification ne rend pas la diversité phonétique de la langue thaïe, mais, pour un lecteur qui ne connaît pas cette langue, les bp, les dt, les th, les ph (ceci est un « p » tandis que pour nous « ph » se prononce f), les kh, les « orn » (qui se prononcent en réalité « onn »), les « arn » (qui se prononcent « ann ») etc. des transcriptions habituelles, d’origine anglo-saxonne et qui visent à distinguer dans la langue de destination diverses consonnes d’origine, sont d’une médiocre utilité pour se faire une idée de la prononciation desdites voyelles et consonnes. Dans notre transcription, les consonnes redoublées sont nombreuses car c’est le moyen le plus simple que nous ayons à disposition en français pour (1) changer un phonème nasalisé en phonème dénasalisé (« an » est nasalisé en français : « ann » indique un phonème non nasalisé) et (2) indiquer que la console finale se prononce (dans le mot « chat », en français, le t final est muet, mais en lisant un mot tel que « chatt » on comprend qu’il convient de prononcer un t final). Pour ce qui est, enfin, de la coupure ou non des mots, par un trait d’union, elle n’est pas une indication linguistique rigoureuse de mots composés, c’est dans bien des cas le résultat de notre appréciation subjective de la physionomie du terme tel que retranscrit ; pour un lecteur non familier de la langue thaïe, c’est de peu d’importance. Les termes apparaissent dans l’ordre alphabétique tel qu’il résulte de notre transcription. Certains termes sont regroupés en raison de leur liaison thématique.

(B) L’orthographe thaïe à l’époque du père Pallegoix n’était pas encore bien standardisée. La réforme radicale de 1942, qui supprimait notamment de multiples consonnes historiques, a certes été abandonnée en 1944 dans ses grandes lignes, mais un travail plus lent et plus durable de standardisation s’est produit sur le temps long. Pour ce qui nous intéresse ici particulièrement, il faut souligner que certains termes relatifs au bouddhisme sont une transcription vernaculaire depuis le pali des textes sacrés. Cette transcription linguistique a sa propre histoire. À l’époque de Pallegoix, qui travaillait beaucoup avec des moines bouddhistes, les mots palis étaient transcrits en thaï avec une abondance de voyelles écrites, que l’usage et la standardisation ont plus ou moins réduite (un peu comme en arabe où certaines voyelles ne sont le plus souvent pas écrites, sauf dans certains textes). Comme nous donnons l’orthographe thaïe de Pallegoix, il convient de faire remarquer que certains termes ci-dessous n’existent plus sous cette forme aujourd’hui. Par exemple, une appellation du Nirvana en pali est agata ou akata (selon les transcriptions, la lettre en question étant un k « doux »), qui signifie « l’incréé » en pali : Pallegoix le transcrit / อะกะตะ / avec toutes les voyelles. Or, en thaï vernaculaire, ce terme se trouve aujourd’hui sous la forme / อกตะ /, voire / อกต /, avec économie de voyelles écrites, parmi d’autres appellations possibles du Nirvana, telles que assangkata / อสังขตะ /, « l’inconditionné », et amata / อมตะ /, « l’immortel », elles-mêmes transcriptions du pali avec économie de voyelles vernaculaires.

De même, Pallegoix marque les mots composés en séparant leurs composants par un blanc, par exemple baï-si : / ใบ ศรี /. Ceci est pédagogique (la structure de la composition est ainsi indiquée) et ne reflète pas l’orthographe usuelle, qui supprime les blancs, y compris entre les mots d’une même phrase, où l’espace ou blanc sert de ponctuation.

(C) L’emploi fréquent par le père Pallegoix des termes « superstition », « superstitieux », s’agissant des croyances et pratiques religieuses en Thaïlande, ne doit pas étonner de la part d’un prêtre catholique missionnaire. Il convient du reste de remarquer qu’un moine bouddhiste thaïlandais emploierait sans doute lui-même ces termes devant certaines croyances et pratiques non canoniques. Le grand conseil du Sangha bouddhiste thaïlandais a d’ailleurs publié en début d’année 2026 une directive appelant la communauté bouddhiste nationale à se purger de certaines pratiques, notamment relatives aux amulettes, expressément qualifiées de « superstitieuses », répandues dans le pays.

Cela ne concerne pas, il convient de le souligner, les emprunts anciens aux légendes d’origine indienne, par exemple au Ramayana (sous la forme nationale du Ramakien) et qui jouent un rôle dans le bouddhisme thaïlandais. La mythologie hindouiste du temps de la vie du Bouddha Gautama est intégrée dans le bouddhisme theravada : ces mondes mythiques sont inclus dans le vaste domaine du samsara, leurs habitants vivent et meurent à leur manière, et les habitants de chacun de ces mondes se réincarnent dans les uns ou les autres mondes en fonction de leurs mérites et de leurs péchés.

(D) Le terme « talapoin », en latin talapuinus, désigne spécifiquement un bonze siamois ou birman dans la littérature française. Le terme vient du portugais talapão, formé à partir du birman. (Les Portugais sont les premiers Européens à avoir fréquenté cette partie du monde et en avoir rendu compte.) Enfin, le terme « mandarin », en latin mandarinus, ne fait pas référence aux lettrés chinois ; le père Pallegoix se sert de ce terme, lui aussi d’origine portugaise (mandarim), pour désigner les hauts fonctionnaires, qui formaient une noblesse de service (la noblesse au sens européen n’existait pas en Asie).

*

A

Abaï / อะบาย, อาบาย / Tormenta inferorum, infortunium. / Les tourments des enfers, infortune. => Abaïpoum / อาบายภูม / Varii loci inferorum. / Les différents lieux des enfers. => Tjatourabaï / จตุราบาย / Quatuor gradus inferorum. / Les quatre degrés des enfers.

[Il s’agit, pour abaïpoum comme pour tjatourabaï, des quatre destinations de tourment, dont les enfers sont à proprement parler la première. La seconde est le monde des prétt, le troisième celui des assoura, la quatrième est le monde des animaux. Voyez notre glossaire de l’occulte thaï, dont le lien se trouve dans l’introduction, à Abaïpoum.]

Aboutsabok / อบุศะบก / Thronus regius; umbrella fimbriata pro idolis aut pro rege. / Trône royal ; parasol à franges pour les idoles ou pour le roi.

[Le thaï contemporain ne semble connaître que la forme boutsabok / บุศบก /.]

Agappiyang / อกับปียัง / Quod est inconveniens statui religioso, id est bonziis. / Ce qui est inconvenant à l’état religieux, c’est-à-dire aux bonzes.

Agata / อะกะตะ / Niphan, ubi jam non est renascendum. / Niphan, où l’on ne doit plus renaître.

[Voyez (B) dans notre introduction.]

Aï-teu / ไอ้ ตื้ (? doute sur la voyelle, longue ou courte, de teu) / Ignes missiles cum grandi strepitu erumpentes ex arundinibus. / Feux d’artifice sortant avec grand bruit des bambous.

Aïyara / ไอยะรา / Aïyarét / ไอยะเรศ / Elephas eximii generis, elephas nobilis. / Éléphant de bonne race, éléphant noble. => Aïyarawan / ไอยะราวัณ / Elephas mirabilis Phra:In, seu dei Indræ. / Éléphant admirable de Phra:In, ou du dieu Indra. = Erawan / เอราวัณ / Erawanno / เอราวัณโณ /

Akarèt / อัคะ เรศ / Prima ex concubinis regiis; mulier præstans aliis. / La première des concubines du roi ; femme supérieure aux autres. = Ekanong / เอกะนงศ / (dans le 1e sens)

Akatéwa / อัคะ เทวา / Archangelus, angelus præstans. / Archange, ange supérieur.

Akki-nakaratt / อักคี นาคราธ / Serpens vomens ignes; rex Nakharum. / Serpent vomissant des flammes ; le roi des Nagas. => Assoukri / อสุกรี / Nagæ, fabulosi serpentes qui certis temporibus dicuntur assumere formam humanam. / Nagas, serpents fabuleux que l’on dit prendre à certains temps la forme humaine. Wassoukri / วาศุกรี / Tao-wassoukri / ท้าว วาศุกรี / Paya-soukri / พญา สุกรี / Rex Nagharum. / Roi des Naghas. => Poutchong / ภุชงค์ / Rex regionis subterraneæ, rex serpentum. / Roi de la contrée souterraine, roi des serpents.

[Les rois des Nagas sont au nombre de neuf. Paya Pouchong Nakaratt / พญาภุชงค์นาคราช /, ici nommé, est le troisième. Le plus souvent représenté avec sept têtes, parfois neuf, il a le corps de couleur gris argenté, sa poitrine et ses têtes étant rouges. C’est le Naga du dieu Shiva. Le premier de ces rois est Paya Anannta Nakaratt / พญาอนันตนาคราช /, blanc à mille têtes dorées, Naga du dieu Vichnou, et le deuxième est Paya Moutjalinn Nakaratt / พญามุจลินท์นาคราช /, doré à sept têtes, ou parfois gris argenté à têtes dorées, protecteur du Bouddha Gautama. Pour quelques détails sur les Nagas, voyez notre glossaire et les commentaires.

Nous parlons, à l’entrée Kouwéwouratt ci-dessous, d’un dieu Tao-Wiroupak qui règne sur les nagas. Ce dernier est dit régner sur les nagas célestes, tandis que Paya Ananta, ici, règne sur les nagas souterrains. Car il existe des nagas divins et des nagas semi-divins. Dans certaines versions, Paya Ananta est le gendre de Tao-Wiroupak.]

Akom / อาคม / Formulæ superstitiosæ, magicæ; formulæ repetitæ e libris sacris. / Formules superstitieuses, magiques ; formules tirées des livres sacrés.

Alak-tjann / อาลักษณ จาน / Qui scribit stylo ferreo supra folia palmarum. / Celui qui écrit sur des feuilles de palmier avec un stylet de fer.

Alampaï / อลำไภ / Magus celebris incantans serpentes. / Magicien célèbre qui enchantait les serpents.

Alawok / อาละวก / Nomen gigantis celebris. / Nom d’un géant célèbre.

[Un soutra bouddhiste porte son nom, le soutra d’Alavaka (forme sanskrite du nom thaï vernaculaire) : en thaï alawokka-soutt / อาฬวกสูตร /. Dans ce soutra, le Bouddha convertit le géant.]

Alatchi / อาลัดชี / Bonzius procax, protervus, non servans regulas. / Bonze effronté, impudent, n’observant pas les règles.

Amarapoura / อะมะระปุระ / Amarawadi / อะมะระวะดี / Civitas dei Indræ, in cacumine montis Meru. / La ville du dieu Indra, sur le sommet du mont Méru.

[Aujourd’hui, par économie de voyelles écrites (voyez notre introduction), / อมรปุระ /, la « cité immortelle ».]

Ammara / อำมรา / Rex angelorum nomine Phra:In. / Le roi des anges nommé Phra:In.

Ampawaï / อำพะวาย / Species ludi superstitiosi super libratilem funem. / Espèce de jeu superstitieux sur une corde qu’on balance.

Anima / อะนิมะ / Superhumanæ facultates; angelus. / Facultés au-dessus de l’homme ; ange.

Antéwassik / อันเตวาสิก / Ministri talapuinorum qui serviunt intùs. / Ministres des talapoins qui les servent dans les temples.

[Au temps de Pallegoix, ainsi qu’il le raconte dans sa Description du royaume de Siam, de 1854, les grandes pagodes royales comptaient « quatre ou cinq cents talapoins avec un millier d’enfants [novices] pour les servir ». Il y en avait onze dans l’enceinte de Bangkok et une vingtaine en dehors.]

Apsonn / อับษร / Angela, nympha cœlestis. / Ange femelle, nymphe céleste.

[Ce sont les apsaras, dont l’origine est dans la mythologie hindouiste.]

Assom / อาศรม / Assombott / อาศรม บท / Cellula heremitæ in sylvis. / Cellule d’ermite dans les forêts.

[Écrit a-s-r-m : c’est l’ashram sanskrit.]

Assadoratitsaka / อัษฎรทิศคะ / Elephantes stantes ad octo ventos. / Les éléphants se tenant aux huit vents.

[Les « huit vents » sont les quatre directions cardinales, nord, sud, est, ouest, et leurs diagonales, chacun des points de cet octogone étant protégé par un éléphant auspicieux, dont Erawann (cf. supra) est le plus connu. Voici les noms de ces huit proboscidiens sacrés : Erawann à l’est, Bountarik / บุณฑริก / au sud-est, Prahomlohitt / พราหมณ์โลหิต / au sud, Kramoutt / กระมุท / au sud-ouest, Anyatchann / อัญชัน / à l’ouest, Boutsapatann / บุษปทันต์ / au nord-ouest, Saowapom / เสาวโภม /au nord, et Soupraditt / สุประดิษฐ์ / au nord-est. Les éléphantes compagnes de chacun d’eux sont également connues sous leur propre nom.]

Assadi-leung / อัศะดี ลึงค / Volucris carnivora; vultur monstruosus quem dicunt habere proboscidem sicut elephas. / Oiseau carnassier ; vautour monstrueux qui, à ce que l’on dit, a une trompe comme l’éléphant. = Hatsadileung

Atalatt / อัตะหลัด / Pannus rubens aureis floribus distinctus. / Étoffe rouge enrichie de fleurs d’or.

Atana / อะตะนา / Nomen dæmonum. / Nom des démons. => Ying atana / ยิง อะตะนา / Explodere tormenta contra dæmones, ad finem mensis quarti. / Tirer des coups de canon contre les démons, à la fin du quatrième mois.

Atjelok / อาเจลก / Bonzii nudi, non utentes vestibus, secta maledicta. / Bonzes nus, ne se servant pas d’habits, secte maudite.

Attjutang / อัจจุตัง / Immortalitas; Niphan, species cœli ubi non est ampliùs animarum transmigratio; nomen Vishnou. / Immortalité ; Niphan, espèce de ciel où la transmigration des âmes n’a plus lieu ; nom de Vishnou.

Attann / อัดถัน / Columnæ lapidæ, termini civitatis; res superstitiosæ sepultæ ad limites pagi vel civitatis, ad arcenda mala. (Aliquando trucidant et sepeliunt hominem ad hoc.) / Colonnes de pierre, bornes de la ville ; choses superstitieuses enterrées aux limites d’un village ou d’une ville pour éloigner les maux. (Quelquefois, pour cela, on tue et on enterre un homme.)

Awatann / อะวะตาน / Vichnu, deus Indorum quadrimanus. / Vichnu, dieu des Indiens, qui a quatre mains.

B

Baï-si / ใบ ศรี / Ornamenta superstitiosa ex foliis bananæ, continentis oblationes pro geniis. / Ornements superstitieux de feuilles de bananier, contenant des offrandes pour les génies.

Balaïkann / บไล กัลป์ / Destructio periodica mundi. / Destruction périodique du monde. => Faï-pralaïkann / ไฟ ประไลย กัลป์ / Faï-pralaïlok / ไฟ ประไลย โลก / Ignis ultimi excidii orbis. / Feu de la dernière destruction du monde.

[Le kann / กัลป์ / en question (k-l-p) est le kalpa ou cycle cosmique en sanskrit. Le feu destructeur d’un kalpa apparaît spontanément par la force du karma collectif des êtres, et le ravage qu’il provoque introduit la « phase vide » entre deux cycles, le nouveau monde se recréant par l’action de la « grande nuée » (voyez l’entrée Mahamék).]

Bana-sala / บัณะ สาลา / Domus foliis tecta, aperta viatoribus in sylvis apud heremitas. / Maison couverte de feuilles, ouverte aux voyageurs dans les forêts par les ermites.

Barohitt / บะโรหิต / Augur, divinator, magus. / Augure, devin, magicien. => Barohit-atjann / บะโรหิต อาจารย์ / Magius regius, magister inter magos. / Mage du roi, maître entre les mages. => Hora / โหรา / Magi regii. / Mages du roi [astrologues].

Bataboritja-rika / บาทะบริจาริกา / Uxor genibus nixa marito serviens. / Épouse servant son mari à genoux.

Bawa / บาหวา / Folium ex auro vel argento velans pudenda puellarum. / Feuille d’or ou d’argent couvrant les parties honteuses des jeunes filles. = Tjaping

Béntja / เบญ จา / Umbella decorata et gradata quâ in cæremoniis utuntur. / Parasol orné et à étages pour les cérémonies. => Bengyarong / เบงญะ รง / Chattbengya / ฉัตร เบงญะ / Multicolor; umbella quinque gradibus. / De plusieurs couleurs ; parasol à cinq étages. => Ekatchatt / เอกะฉัตร / Umbella regia. / Parasol du roi. => Kampouchatt / กำภูฉัตร / Umbella regia septem gradibus fimbriatis. / Parasol du roi à sept étages avec franges. => Krott / กรธ / Umbella talapuinorum. / Parasol des talapoins.

Bennapatt / เบณณะพาษ / Gradus ad ascendendum supra elephantem regium. / Estrade pour monter sur l’éléphant du roi.

Boriwatsakam / บอริวาสกรรม / De talapuinis qui versantur per agros ad expianda peccata. / Des talapoins qui demeurent dans les campagnes pour expier leurs fautes.

Boromakott / บรมโกด / Urna aurea in quâ asservantur reliquiæ regis defuncti; ipse rex defunctus. / Urne d’or dans laquelle on conserve les restes du roi défunt ; le roi défunt lui-même

Borott trok / บอรอด ตรอก / = Borott krok / / Desiccare cadaver per hydrargyrum antequam comburatur. / Dessécher un cadavre avec le vif-argent avant de le brûler.

Boua-ging / บัว กิ่ง / Flores nymphææ quos manu tenent in cæremoniis. / Fleurs de nymphéa qu’on tient à la main dans les cérémonies.

Bounya-pak / บุญะ ภาค / Portio meriti quod Siamenses sibi invicem largiuntur. / Portion de mérite que les Siamois se donnent mutuellement.

Boworayann / บวระ ญาณ / Scientia excellens et perfecta omnium rerum. / Science excellente et parfaite de toutes choses.

C

Chang-boutt / ช้าง บุด / Elephas caudâ longiore. / Éléphant à longue queue.

Chang-pra-tinang / ช้าง พระ ธินั่ง / Elephas cui rex insidet. / Éléphant que monte le roi. => Katcha / คะชะ / Katchinn / คชิน / Katchinn-tonn / คชิน ธร / Elephas regius. / Éléphant du roi. => Akatchéntonn / อัคะ เชนธร / Elephas cui rex insidet, elephas nobilis. / Éléphant que monte le roi ; éléphant noble.

Chattann / ฉัดทัน / Paya-chattann / พญา ฉัดทัน / Rex elephantum alborum. / Roi des éléphants blancs.

D

Dabotsani / ดาบษนี / Dabotsini / ดาบษินี / Mulier heremiticam vitam degens. / Femme qui mène la vie d’un ermite.

Dapa-narok / ดาปะ นรก / Unus ex inferis. / Un des enfers. [De dap, chaleur intense : l’enfer de chaleur intense.]

Dessatt / เดศาจ / Pi-dessatt / ผี เดศาจ / Genii malevoli, diaboli. / Génies malfaisants, diables. = Dissat / ดีศาจ /

Deungsakan / ดึงษาการ / Triginta duo partes corporis humani secundum Siamenses. / Les trente-deux parties du corps humain selon les Siamois.

DiDi seuaDi leuam / ดี, ดีเสือ, ดีงูเหลือม / Fel, fel tigridis, fel serpentis boa. / Fiel, fiel de tigre, fiel de serpent boa.

[Pour un certain usage ? La médecine chinoise est largement responsable de l’extermination des tigres en Extrême-Orient par l’usage qu’elle fait des parties du corps de l’animal : voyez à ce sujet les travaux du conservationniste suisse Karl Ammann.]

Dinn tanam / ดิน ถนำ / Terra mirabilis, aureo colore, quam dicunt cadere de cœlo, et virtutibus eximiis instruere comedentes eam. / Terre admirable, de couleur d’or, que l’on dit tombée du ciel et douée de vertus excellentes pour ceux qui la mangent. => Dinn tanam / ดิน ถนัม / Terra miris virtutibus pollens quam credunt e cœlis identidem afferri. / Terre douée de vertus merveilleuses ; on croit qu’elle est apportée de temps en temps du ciel.

Do kro / เดาะ เคราะ / Sacrificare geniis ad advertenda mala imminentia. / Sacrifier aux génies pour détourner les maux qui menacent.

H

Hatsadinn / หศะดินท์ / Rex elephantum. / Le roi des éléphants.

Hémaratt / เหมะ ราช / Rex cycnorum quem dicunt habere plumas ex auro puro. / Le roi des cygnes qui a, dit-on, des ailes d’or pur. = Paya-hong / พญา หงษ / Souwann-hong / สุวรรณ หงษ /

I

I / อิ / Ad vocandum aut designandum mulieres viles, v.g. servas aut puellulas; aliter est verbum contemptûs. / Pour appeler ou désigner les femmes viles, comme les esclaves ou les petites filles ; autrement c’est un terme de mépris.

Imott / อี่มท / Pythonissa, saga, venefica. / Pythonisse, magicienne, empoisonneuse. = Itao / อี่ท้าว / Mè-mott / แม่ มท / Mott / มท /

Ina boripok / อิณะ บอริโภก / Comedere æs alienum (dicitur de malis talapuinis qui accipiunt quidem elecmonysas, sed non orant pro his qui largiuntur illas). / Manger le bien d’autrui (cela se dit des mauvais talapoins qui reçoivent les aumônes, mais ne prient pas pour ceux qui les leur font).

Innprom / อินท พรหม / Cœtus superiores angelorum. / Chœurs supérieurs des anges.

Innsouan / อินท ศวร / Siva brachmanarum. / Siva [Shiva] des brahmanes.

Inntani / อินทนิ / Uxor dei Indræ; nomen gemmæ. / Épouse du dieu Indra ; nom d’une pierre précieuse.

Iri / อิริ / Brachmanæ holocausta offerentes. / Secte des brahmanes qui brûlent des victimes.

Issoun / อิสูร / Gigantes fabulosi et potentes facie equinâ. / Géants fabuleux et puissants à tête de cheval. => Issouraponn / อิสูระพล / Turba gigantum. / Troupe de [ces] géants.

K

Kahang / กหัง / Malefici aut dæmones qui vorant viscera infirmorum. / Méchants ou démons qui dévorent les entrailles des malades.

Kakrong / คา กรอง / Habitus eremitæ. / Habillement d’ermite.

Kalampok / กะลัมภอก / Capsa cylindrica continens coronam angelicam quæ ad processiones adhibetur. / Boîte cylindrique contenant une couronne d’ange pour les processions. Kralampok / กระลำภอก / Pileus conicus et acutus quo utuntur in cæremoniis. / Chapeau conique et pointu pour les cérémonies. => Lampok / ลำพอก / Pileus conicus quo utuntur in cæremoniis aut comœdiis. / Chapeau conique pour les cérémonies ou les comédies.

[Cette coiffe traditionnelle est utilisée dans les cérémonies avec processions : c’est une manière conventionnelle pour indiquer que celui ou celle qui la porte représente un ange, une déité céleste. Elle remplit la même fonction dans le théâtre classique.]

Kamapreuk / กามะพฤกษ / Tonn-kamapreuk / ต้น กามะพฤกษ / Arbor cœlestis proferens omni abona ad voluntatem. / Arbre céleste qui produit tous les biens au gré de chacun.

Kanntjiak / กันเจียก / Aures fictitiæ et longæ comœdorum. / Longues oreilles postiches des comédiens.

Kapann / กพัน / Amuleta a vulneribus tuentia. / Amulettes qui préservent des blessures.

Kapoun / กพุ่น / Tapoun / ตพุ่น / Damnatus ad metendum herbas elephantibus regiis. / Condamné à faucher l’herbe pour les éléphants du roi.

[Dans sa Description du royaume de Siam (1854), le père Pallegoix explique que les talapoins coupables de fautes graves, en particulier l’adultère, étaient condamnés à vie à cette peine de travaux forcés. Les éléphants étaient précieux et leur entretien exigeant.]

Kassoun / กะสุน / Arcus ad jaciendum globulos terreos. / Arc pour lancer des balles de terre.

Katawoutt / กาถา วุทธ / Formulæ potentes sicut arma. / Formules puissantes comme des armes.

Katchiat / กะเชียด / Species amuleti. / Espèce d’amulette.

Katroutt / กตรุด / Amuletum circa renes, fila superstitiosa ad pugnum. / Talisman autour des reins, fils superstitieux autour du poignet.

Kawén / กเวน / Publica malefactorum vinctorum exhibitio et processio. / Exposition publique et procession des malfaiteurs enchaînés.

Kémanang / เขมานัง / Cœlum angelorum. / Ciel des anges.

Kinaï / ขินาย / Poutta-kinaï / พุทธะ ขินาย / Deus brachmanarum. / Dieu des brahmes.

[Ce sont des noms du dieu-éléphant Ganesha, particulièrement vénéré et invoqué par les brahmanes de la cour royale thaïlandaise. Les brahmanes de la cour existent toujours. Ils sont actuellement une quinzaine, ayant l’exclusivité de la conduite de certaines cérémonies royales.]

Kini / คีนี / Kinimann / คีนี มาร / Nomen gigantis fœminæ. / Nom d’un géant femelle.

Klonn / โขลน / Dominæ palatii. / Les dames du palais. => Klon-tja / โขลน จ่า / Domina quæ curam gerit de concubiniis regiis. / Dame qui prend soin des concubines du roi. => Chao-mè / ขาว แม่ / Dominæ palatii, custodes concubinarum regis. / Dames du palais, gardiennes des concubines du roi.

Konnlahok / กลหก / Mulier infedilis viro, moliens necem viri. / Femme infidèle à son mari, qui cherche à le faire mourir.

Konnsong / คล ทรง / Maleficus qui deputat dæmones ad alios. / Sorcier qui envoie des démons aux autres.

Kott-tang-ha / โกด ทั้ง ห้า / Quinque ligna medicinalis, scilicet : (énumération en thaï). / Cinq sortes de bois utilisés en médecine.

Kouann / ขัวน / Angelus residens in capite. / Ange qui réside dans la tête.

Kounpétt / ขุน เพ็ด / Ligna quæ offerunt angelo loci super altare parvum. / Bois que l’on offre à l’ange du lieu sur un petit autel.

Koukou / กุกุ / Pra-koukou / พระ กุกุ / Ornamenta et insignia regia. / Ornements et insignes de la royauté.

Koukoula-narok / กุกุละ นรก / Infernus cinerum ferventium. / Enfer de cendres brûlantes.

Koumpann / กุมพันท์ / Koumpannta-yak / กุมพันทยักษ์ / Quoddam genus gigantum aut angelorum. / Espèce de géants ou d’anges. => Koumpannto / กุมพันโท / Angeli custodes orbis; quoddam genus gigantum aut angelorum. / Anges gardiens de l’univers ; espèce de géants ou d’anges.

[Cf. koumpannta-prét, dans notre glossaire de l’occulte thaï (lien en introduction).]

Koutta-narok / คูธะ นรก / Nomen unius inferi. / Nom d’un enfer. [De koutta, excréments : l’enfer d’excréments.]

Kouwérouratt / กุเวรุราช / Quidam rex gigantum. / Certain roi des géants.

[C’est un des quatre « grands rois » affectés aux quatre directions cardinales, celui qui règne sur le premier, c’est-à-dire le moins élevé, des six paradis du samsara. Pour ces six paradis, voyez notre glossaire à Chagamapatjonn. Le premier paradis en question s’appelle Tjatoumaharatchika / จาตุมหาราชิกา /. Les quatre rois sont :  à l’est, Tao-Tatarott / ท้าวธตรฐ /, régnant sur les gandharvas, époux des apsaras ; au sud, Tao-Wirounlahok / ท้าววิรุฬหก /, régnant sur les koumpann (voyez ce terme : entrée précédente) ; à l’ouest, Tao-Wiroupak / ท้าววิรูปักษ์ /, régnant sur les nagas ; au nord, Tao-Wétsouwann / ท้าวเวสสุวรรณ /, encore nommé Kouwérouratt ou Tao-Kouwén / ท้าวกุเวร /, régnant sur les yaks ou yakshas, et considéré comme le plus souverain des quatre.]

Kroma-chang / กรมะ ช้าง / Minister elephantum. / Ministre des éléphants.

L

Lakapétt / ลักะเภท / Bonzius ementitius. / Faux bonze.

[Ces imposteurs sont condamnés, comme les talapoins auteurs des fautes les plus graves, au kapoun : voyez cette entrée.]

Lao-tcha / เหล่า ชา / Clandestina societas. / Société secrète. => Toua-hia / ตัว เหี่ย / Rebellis, societas secreta rebellium. / Rebelle, société secrète de rebelles. [Ce nom vient, selon Pallegoix, de hia / เหี่ย / « Frater major (vox sinensis) / Frère aîné (mot chinois) ».]

[Pour des détails sur les sociétés secrètes ang-yi d’origine chinoise, voyez notre glossaire et la partie des commentaires sous le billet. Compte tenu de l’étymologie chinoise du terme toua-hia, les deux mots, ang-yi et toua-hia, désignent soit la même chose soit des types différents de sociétés secrètes chinoises. La raison pour laquelle Pallegoix parle de « sociétés secrètes de rebelles » a à voir avec ce que nous expliquons dans la partie des commentaires de notre glossaire, à savoir que ces sociétés étaient combattues par les autorités siamoises.]

Lilitt / ลิลิต / Modulatus; versus quinque, aliquandô septem et undecim syllabis constans. / Harmonieux ; vers composé de cinq, quelquefois de sept et de onze syllabes.

Loha-koumpi / โลหะ กุมภี / Cacabus ferreus inferni in quo comburuntur damnati. / Chaudière de fer de l’enfer dans laquelle brûlent les damnés.

Lokann / โลกันต์ / Mahalokann / มหาโลกันต์ / Infernus permanens ex aquâ corrosivâ. / Enfer permanent d’eau corrosive. => Nam-krott / น้ำ กรษ / Aqui maximè corrosiva cujusdam inferni; acidum nitricum, sulfuricum et alia hujusmodi. / Eau très corrosive d’un certain enfer ; acide nitrique, sulfurique et autres de cette espèce. => Wétarani-narok / เวตะรนี นรก / Nomen inferni. / Nom d’un enfer. [De wétarani, eau corrosive.]

Long pi / ลง ผี / Maleficium quo dæmonium immittitur in aliquem. / Maléfice par lequel on envoie un démon dans le corps de quelqu’un.

Long rak / ลง รัก / Resinâ nigrâ linire quod volunt deaurare. / Enduire de résine noire ce qu’on veut dorer.

Louk-nimitt / ลูก นิมิตร / Primarium lapis fani, sub quo thesaurum recondunt inchoando fanum. / Première pierre d’une pagode, sous laquelle on cache un trésor en commençant une pagode.

Louk-sakott / ลูก สะกด / Globuli consecrati (amuletum præservans a malis). / Grains consacrés (amulette qui préserve des maux).

M

Mahamék / มหา เมฆ / Nubes maxima reconstruendo orbi idonea. / Nuée très grande propre à reconstruire le monde.

[Dans la cosmologie bouddhiste, la destruction du monde est suivie d’une phase vide, à la fin de laquelle apparaît cette grande nuée dont la pluie corrosive élimine les poussières de l’ancien monde ; en se retirant, l’eau fait place à une nouvelle terre. Ce processus est régi par le karma des êtres voués à vivre dans le monde nouveau. Voyez l’entrée Balaïkann.]

Mahamaya / มหา มายา / Nomen matris Phra:Khôdom. / Nom de la mère de Phra:Khôdom.

[Phra (ce « Phra » est la transcription classique d’origine anglo-saxonne d’un p de l’alphabet thaï : il ne se prononce pas f comme le « ph » français) Khôdom est le nom vernaculaire thaï de Gautama (Phra ou Pra étant une appellation révérencieuse).]

Mahaprom / มหา พรหม / Angeli superiores. / Anges supérieurs. => Akanitt-mahaprom / อัคะนิฐ มหาพรหม / Primus ex quatuor choris angelorum. / Le premier des quatre chœurs des anges. => Solott-mahaprom / โสฬศ มหา พรหม / Sedecim gradus angelorum superiorum. / Les seize degrés des anges supérieurs.

Mak-ponn / มัค บล / Mak-si-ponn-si / มัค สี่ บล สี่ / Octo gradus sanctificationis. / Les huit degrés de sainteté.

Makayann / มัคะ ญาณ / Scientia proveniens ex sanctitate. / Science provenant de la sainteté.

Mangkou / มังกุ / Nomen animalis fabulosi. / Nom d’un animal fabuleux.

[Il s’agit d’une espèce de dragon nommé dans la littérature classique thaïe, en particulier l’épopée Inao / อิเหนา / adaptée de légendes javanaises, notamment des Cerita Panji.]

Manora / มโนรา / Nymphæ sylvarum. / Nymphes des bois. => Moutjalinn / มุจลินธ / Nympha sylvarum. / Nymphe des bois.

Marong / มโรง / Draco major. / Grand dragon. => Masseng / มเสง / Draco minor. / Petit dragon.

[Les deux entrées évoquent deux signes du zodiaque chinois sur les douze de ce calendrier, à savoir le dragon et le serpent : l’année (chinoise) du dragon est en thaï pi-marong et l’année du serpent, pi-masseng.]

Mayouratchatt / มะยุระ ฉัตร / Umbella ornata pennis pavonis. / Parasol orné de plumes de paon. [De mayoura : paon.]

Meun-tja / หมื่น จ่า / Mandarinus qui causas dijudicat. / Mandarin qui juge les procès.

Mékalang / เมขลัง / Monile quo mulieres cingunt ubera. / Collier que les femmes mettent autour de leur sein.

Métanidonn / เมทนิ ดน / Superficies terræ, angela terræ. / Surface de la terre, ange femelle de la terre.

Ming-kouann / มิ่ง ขัวน / Genius tutelaris puerorum. / Génie tutélaire des enfants. => Riak ming-kouann / เรียก มิ่ง ขัวน / Superstitiosa revocatio genii tutelaris quem supponunt fugrer quandò puer fuit terrore perculsus. / Rappel superstitieux du génie tutélaire qu’on suppose s’être enfui lorsque l’enfant a été frappé de terreur.

[Ces ming-kouann sont manifestement les mè-seu de notre glossaire de l’occulte thaï.]

Monntatip / มนทา ทิพย์ / Flos cœlestis mirabiles virtutes habens. / Fleur céleste qui a des vertus merveilleuses.

[De monnta (orthographe contemporaine / มณฑา / : un certain arbuste, Magnolia liliifera, qui donne de très belles fleurs. Monnta-tip est, étymologiquement, cette fleur telle qu’elle croît dans le ciel des anges.]

Mo-sakott / หมอ สะกด / Incantator maleficus. / Enchanteur malfaisant.

N

Nam-ammareuk / น้ำ อำมฤค / Nectar; aqua mirabilis, cœlestis, resuscitans mortuos et prolongans vitam. / Nectar ; eau admirable, céleste, ressuscitant les morts et prolongeant la vie.

Nam-souramaritt / น้ำ สุรามฤท / Aqua mirifica angelorum. / Eau merveilleuse des anges.

Nang mékhala / นาง เมฆหลา / Angela præsidens nubibus. / Ange femelle qui préside aux nuages.

Nang possop / นาง โพศภ / Mè possop / แม่ โพศภ / Pra possop / พระ โพศภ / Dea præsidens orizæ. / Déesse qui préside au riz.

Narakann / นารกานต์ / Fundus inferorum. / Le fond des enfers.

Ngang / งั่ง / Effigies metallica superstitiosa per quam alchymistæ faciunt aurum et argentum. / Figures de métal superstitieuses avec laquelle les alchimistes font l’or et l’argent.

[Comparez cette définition avec celle de notre glossaire de l’occulte thaï.]

Ngeuak / เงือก / Animal fabulosum, fluviale aut marinum. / Animal fabuleux qui habite les fleuves ou la mer. => Ngeuak-nam / เงือก น้ำ / Sirena fabulosa cujus pars superior est mulieris et inferior piscis. / Sirène fabuleuse dont la partie supérieure est comme la femme et la partie inférieure comme un poisson. => Ngeuak-ngou / เงือก งู / Idem animal habens formam serpentis. / Le même animal qui a la forme d’un serpent. => Nok-ngeuak / นก เงือก / Quædam avis fabulosa. / Certain oiseau fabuleux.

Ngiou / งิ้ว / Comœdia sinensis. / Comédie chinoise.

Ngouann-dinn / งว้น ดิน / Materia alba efflorescens in superficie terræ, post ejus combustionem, secundum systema buddhistarum. / Matière blanche en efflorescence sur la surface de la terre après sa combustion, selon le système des bouddhistes.

Nok-garawék / นก การะเวก / Nok-garawik / นก กะรวิก / Avis fabulosa. / Oiseau fabuleux.

[Comparez cette définition avec celle de notre glossaire, où il s’agit du paradisier et non d’un oiseau fabuleux. Le paradisier, ou oiseau de paradis, semble avoir été nommé d’après cet oiseau fabuleux vivant dans la forêt Himmapan autour du mont Mérou. Comme c’est aussi le nom d’une montagne secondaire entourant le même mont, on peut supposer que le nom de la montagne est emprunté à l’oiseau ou vice-versa, cette montagne couverte de forêt étant ainsi (par supposition) l’habitat principal de l’oiseau.]

Nok-innsi / นก อินทรี / Aquila, aquila immanis et fabulosa. / Aigle, aigle énorme et fabuleux.

[Comme l’entrée précédente, il s’agit à la fois d’un oiseau fabuleux de la forêt Himmapan et du nom d’un oiseau naturel, à savoir l’aigle, en thaï.]

Niriya / นิริยะ / Infernus, inferni. / Enfer, les enfers.

[Un nom générique, également niraya / นิรยะ /, comme dans lokantarika-niraya, les « enfers interstitiels », de ténébreuses crevasses entre les mondes, qui servent à leur tour aux supplices infernaux, par l’obscurité totale, l’isolement, la sensation d’étouffement.]

O

Ong-karakott / อง ครกษ / Genius malevolus quem invocant in maleficiis. / Génie malfaisant qu’on invoque dans les maléfices.

Oussouta-narok / อุสุทธนรก / Nomen cujusdam inferni. / Nom d’un certain enfer.

[Ce nom, précisément, est donné aux 128 enfers attachés, quatre pour chaque point cardinal, aux huit enfers principaux. Ils comportent des tourments « spécialisés » en lien avec l’enfer principal auquel chacun d’eux se rattache.]

P

Palahok / พะลาหก / Genius præsidens pluviæ, clamoribus et cantilenis suis producens pluviam. / Génie qui préside à la pluie et qui la produit par ses cris et ses chansons. => Watsawalahok / วัศวะลาหก / Genii qui cantibus suis adducunt pluvias. / Génies qui, par leurs chants, amènent les pluies. => Waroun / วรุณ / Wiroun / วิรุณ / Angelus præsidens pluviæ. / Ange qui préside à la pluie.

Panati / ผานาที / Numeri, computationes superstitiosæ astrologorum. / Nombres, computations superstitieuses des astrologues.

Pannarangsi / พรรณรังสี / Radii coruscantes, radiatus orbis sanctorum. / Rayons lumineux, auréole des saints.

Panouak / พนวก / Chronologia, liber magorum. / Chronologie, livre des mages. [Traité à l’usage des astrologues.]

Patakap / พัทะกัลป / Ævum hodiernum, ævum in quo florent successivè quinque Buddha. / L’âge d’aujourd’hui, âge dans lequel fleurissent successivement cinq Bouddhas.

[Gautama (Phra Khôdom dans le Pallegoix) est le quatrième, il sera suivi par Maïtreya. La liste est la suivante, par ordre d’ancienneté : Kakusanda, Konagamana, Kassapa, Gautama, Maitreya. Kakusanda est le vingt-cinquième, par ordre d’ancienneté, des Bouddhas nommés dans la Chronique des Bouddhas, le Buddhavamsa.]

Patimok / ปัติโมกข์ / Pra patimok / พระ ปัติโมกข์ / Liber continens regulas a talapuinis observandas. / Livre qui contient les règles que les talapoins doivent observer. => Sinn song roï yi sip tjét / ศีล สอง ร้อย ยี่ สิบ เจ็ด / Ducentæ septem et viginti regulæ talapuinorum. / Les deux cent vingt-sept règles des talapoins. => Abatt / อาบัต / Peccatum contra regulas bonziorum et pœna subsequens; casus. / Péché contre les règles des bonzes et le châtiment correspondant ; chute. => Baratchik / บาราชิก / Talapuinus qui peccavit peccato irremissibili, ideòque debet exuere talapuinatum. / Talapoin qui a commis un péché irrémissible et qui doit pour cela cesser d’être talapoin.

[Le patimok fait partie de la « corbeille de la discipline », une des trois parties du Tripitaka ou canon bouddhiste theravada. Pour les moines ordonnés, il comporte 227 règles. Ce corpus est commun à tous les Sanghas du bouddhisme theravada. Les interprétations, dans les commentaires post-canoniques, peuvent différer d’un Sangha à l’autre sur l’application des règles. Les moines thaïlandais, par exemple, ne reçoivent pas d’objets de la part de femmes sans un tissu les réceptionnant (pa-tawaï / ผ้าถวาย / tissu d’offrande) ou sans intermédiaire. Les lignées de nonnes ont par ailleurs disparu du Sangha thaïlandais, où il existe toutefois des mè-tchi / แม่ชี / qui ne suivent que quelques-unes des règles imposées aux nonnes par le canon. En outre, certaines lignées de moines, comme les moines dits de la forêt en Thaïlande, s’imposent des contraintes surérogatoires, sur la nourriture ou les contacts avec les laïcs, par exemple. Les peines applicables aux personnes ayant le statut de bonzes en dehors de la discipline monastique relèvent des autorités étatiques nationales de chaque pays (voyez l’entrée kapoun du présent lexique, par exemple).]

Parittotok / ปาริตโตทก / Aqua benedicta superstitiosa. / Eau bénite superstitieuse.

Paya-krèk / พญา แขรก / Rex celebris. / Roi célèbre. => Pom paya krèk / ผอมพญาแขรก / Macer sicut Phaja khrèk. / Maigre comme Phaja khrèk.

Pi-ammann / ผี อำมาน / Lemures. / Fantômes.

Pi-dip / ผี ดิบ / Cadavera non combusta sed sepulta propter repentinam mortem. / Cadavres non brûlés mais ensevelis à cause d’une mort subite.

[Comparez avec notre glossaire et voyez le commentaire, sous le billet, à koumann-tong sur les cérémonies liées aux « nettoyages » de cimetière, ainsi que les raisons pour lesquelles il existe des cimetières dans des pays de culture bouddhiste où la crémation des corps est la règle.]

Pimann / ภิมาน / Cœlum, sedes angelorum vel geniorum. / Ciel, séjour des anges ou des génies. => Pimann-tong / ภิมาน ทอง / Cœlum aureum. / Ciel d’or.

[Pimann ou wimann (on trouve les deux) vient du sanskrit vimana, qui décrit dans la culture hindouiste des châteaux volants des dieux, qui sont à la fois des résidences et des moyens de transport. Dans la littérature thaïe classique, comme la poésie inspirée du Traïpoum-pra-ruang cosmologique, le terme peut reprendre cette acception ou bien servir de métaphore pour les royaumes célestes. Un « ciel d’or » est ainsi soit un palais céleste en or, soit un firmament doré, splendide, selon les contextes.]

Pipék / พิเพก / Nomen gigantum. / Nom de géants.

[Un personnage du Ramakien (orthographe standard / พิเภก /) : Vibhishana dans le Ramayana. Dans le théâtre khon, il est représenté avec un masque vert, « aux yeux de crocodile, portant une couronne en forme de gourde (légume) ».]

Pi-tchamop / ผี ชมพ / Dæmonia quæ comedunt excrementa. / Démons qui mangent les excréments. => Pi-tjakla / ผี จะกละ / Dæmonia quæ comedunt excrementa. / Démons qui mangent les excréments.

Pla-anonn / ปลา อะนน / Piscis enormis qui movendo se facit tremere terram; indè terræ motus. / Poisson énorme qui en se remuant fait trembler la terre, de là les tremblements de terre.

Pla-mahi / ปลา มหิ / Piscis enormis, fabulosus. / Poisson énorme, fabuleux.

[De mahi, terre, monde ; grand.]

Potaïtibatt / โพไทธิบาท / Nomen libri sacri, liber astrologicus. / Nom d’un livre sacré, livre d’astrologie.

[Livre ancien d’origine môn, pas « sacré » dans le bouddhisme mais encore employé par certains astrologues pour leurs computations. L’astrologie continue de jouer un rôle à la cour royale de Thaïlande : lors du couronnement du roi actuel, en 2019, un horoscope officiel a été tiré et gravé sur des plaques d’or, lors d’une cérémonie au temple du Bouddha d’émeraude. Si le livre cité ici par monseigneur Pallegoix fait partie du corpus classique de l’astrologie thaïlandaise, il n’est en revanche pas nommé en tant que tel comme source de l’astrologie royale contemporaine.]

Pra-baramatt / พระ บาระมัท / Liber philosophicus inter biblia Siamensium. / Livre de philosophie chez les Siamois.

[C’est un nom thaï de la troisième des trois « corbeilles » du canon pali ou Tripitaka, à savoir l’Abhidharma, également Pra-apitam / พระอภิธรรม / en thaï, « corbeille des commentaires ».]

Pra-kassop / พระ กะศบ / Unus e sanctis priorum ævorum. / Un des saints des premiers âges.

[Le Bouddha Kassapa est le Bouddha ayant précédé Gautama. Il est le vingt-septième des vingt-huit (vingt-neuf en comptant le futur Maïtreya) nommés dans la Chronique des Bouddhas.]

Pralokannriou / ประโลกันต์ริย / Infernus maximus. / Le plus grand des enfers.

Pra-malaï / พระ มาไล / Nomen talapuini celebris, nomen libri narrantis hujus talapuini ascensum in cœlum et descensum in infernum. / Nom d’un talapoin célèbre, nom d’un livre qui raconte l’ascension de ce talapoin au ciel et sa descente aux enfers.

[Pra-Malaï / พระมาลัย / était un bonze arahant de Ceylan. Le livre dont il s’agit n’appartient pas au canon bouddhiste, c’est une œuvre post-canonique renommée, qui contient des descriptions détaillées des enfers ainsi que des dialogues aux cieux avec le futur Bouddha Maïtreya (entrée suivante). Le prince Thammathibet, un des grands poètes de langue thaïe, en a composé une version en 1737.]

Pra-métraï / พระ เมไตร / Nomen sancti doctoris venturi post expleta quinque millia annorum regni Phra:Khôdom. / Nom d’un saint docteur qui doit venir cinq mille ans après le règne de Phra:Khôdom. => Métraïyo / เมไตรโย / Nomen Buddhæ venturi. / Nom du Bouddha futur [Maïtreya].

Pra-paï / พระ พาย / Angelus præsidens vento, ventus. / Ange qui préside au vent, vent. = Payou / พายุ / Pra-poui / พระ ภุย / Téwo / เทโว / Walahok (mais aussi à la pluie, pour celui-ci) / วลาหก /

Pra-pleung / พระ เพิลง (เพลิง) / Genius præsidens igni, ignis. / Génie qui préside au feu, feu.

Prott / พรศ / Rex agens vitam asceticam in loco solitario. / Roi qui mène une vie ascétique dans la solitude.

R

Raksott / รากโสษ / Quoddam genus dæmoniorum. / Une espèce de démons.

Ramassoun / รามสูญ / Gigas armatus securi prodigiosâ. / Géant armé d’une hache prodigieuse.

Ranapak / รณะภักตร / Nomen quorundam geniorum. / Nom de certains génies.

[Un personnage du Ramakien (orthographe standard / รณพักตร์ /) : le même qu’Indrajit et le nom de celui-ci avant d’avoir triomphé d’Indra en combat singulier grâce à ses armes magiques, dont les nak-batt / นาคบาศ /, des flèches se transformant en serpents. Au théâtre khon, le masque et le costume sont un peu différents selon qu’on parle de Ranapak ou d’Indrajit.]

Ratchaniponn / ราชนีพนธ์ / Carmina a rege composita. / Vers composés par le roi.

Ratchassap / ราชสับท์ / Voces palatii (titulus libri). / Termes du palais (titre d’un livre).

[Le ratchassap est le langage de la cour, codifié dans des traités.]

Ratt / รัตน์ / Vitta gemmis ornata ad cingendum caput principis fœminæ. / Bandelette ornée de pierreries pour ceindre la tête d’une princesse.

Rorouwa-narok / โรรุวะ นรก / Nomen unius inferni. / Nom d’un enfer.

[L’enfer des hurlements ou des cris, l’un des huit enfers principaux, ainsi appelé car les damnés y crient à la recherche d’abris, qui s’avèrent toujours des pièges, des fournaises se refermant sur eux.]

Roukkapimann / รุขภิมาน / Sedes geniorum in arboribus. / Séjour des génies dans les arbres. => Roukkatéwada / รุกขเทวดา / Genii in arboribus commorantes. / Génies qui habitent les arbres. => Roukkatida / รุกขธิดา / Nymphæ arborum. / Nymphes des arbres.

Roukkaratt / รุกขราช / Rex arborum. / Roi des arbres.

S

Sadeu-talé / สะดื ทเล / Vorago quam supponunt existere in medio mari. / Gouffre (EN whirlpool) que l’on suppose exister au milieu de la mer.

[Ce sadeu-talé / สะดือทะเล / ou « nombril de la mer » est une notion dérivée de la cosmologie du mont Mérou. Celui-ci est entouré de mers concentriques séparant les continents (voyez Tawip-tang-si) et d’un grand océan extérieur s’étendant jusqu’aux limites du monde. Dans le festival thaïlandais Loï-kratong, les plateaux d’offrandes flottants sont censés dériver jusqu’à ce nombril de la mer, dans le grand océan extérieur, où ils sont reçus par des Nagas. Il s’agit d’un ajout populaire à la cosmologie classique. Les offrandes sont également reçues par Pra-Oupakoutt / พระอุปคุต /, un bonze arahant qui médite au fond de ce gouffre.]

Sadom / สะดม / Maleficium occidens vel sopiens. / Maléfice qui tue ou qui endort. => Sakott sadom / สกด สะดม / Incantare, sopire habitantes ad diripiendam domum. / Enchanter, endormir les habitants pour piller une maison.

Sakanann-chang / สะขนาน ช้าง / Festum civile inchoationis agriculturæ. / Fête civile pour le commencement de la culture des champs.

Sak na / สัก หน้า / Caracteres infamiæ imprimere vultui reorum. / Marquer les criminels au visage avec des caractères infamants.

Sakouna-kraïssonn / สะกุณะ ไกรษร / Avis fabulosa facie leoninâ. / Oiseau fabuleux à visage de lion.

Samsam / สำสาม / Maledicta in aliquem congerere. / Charger quelqu’un de malédictions.

Sanndott / สัน โดด / Heremita vagabundus; ire solus per sylvas et deserta. / Ermite vagabond ; aller seul à travers les forêts et les déserts.

Sangkata-narok / สังฆตะ นรก / Nomen unius inferi. / Nom d’un enfer. [Selon Pallegoix, de sangkata, couvert de boue, sale.]

Sanntchip-narok / สันชีพ นรก / Unus ex inferi. / Un des enfers.

[Un des huit grands enfers, le plus petit et celui qui se trouve le plus près de la surface du monde, le moins profond. Les damnés y sont torturés à mort avant de renaître aussitôt sous l’action d’un vent karmique pour être à nouveau torturés. Comme nous avons parlé de la taille de cet enfer, il convient d’indiquer que le monde repose sur huit grands enfers étagés en pyramide.]

Sara-anodatt / สระ อโณดาต / Locus ex quo provenit pluvia; situs est in monte Krailat. / Lac d’où provient la pluie ; il est situé sur le mont Krailat. => Sara-bokkarani / สระ โบกขรนี / Stagnum nymphæis plantatum; nomen lacûs celebris ex quo dicunt provenire pluviam. / Étang planté de nymphéas ; nom d’un lac célèbre d’où la pluie provient, à ce que l’on dit. => Bokkarapatt / โบกขรพัท / Pluvia proveniens ex lacu prædicto. / Pluie provenant du lac cité ci-dessus.

Sarabann / สาระบาล / Titulus libri (quod præservat res ab omni malo). / Titre d’un livre (qui préserve les choses de tout mal).

Séma / เสมา / Baï-séma / ใบ เสมา / Séma-bott / เสมา โบถ / Lapides superstitiosi circa fana, termini. / Pierres superstitieuses autour des pagodes, bornes. => Patasséma / พัทะเสมา / Octo lapides sacri plantati circum fanum. / Huit pierres sacrées plantées autour d’une pagode.

Singkali / สิงคาลี / Nomen gigantis feminæ celebris. / Nom d’un géant femelle célèbre.

Solottsanakonn / โสฬศนคร / Meuang-solott / เมืองโสฬศ / Sedecim regna Indiæ celeberrimus. / Les seize royaumes très célèbres de l’Inde.

Sonndok / ซ้อน ดอก / Mulier pluribus viris conjugata et vice versâ. / Femme qui a plusieurs maris et vice-versa.

Soubann / สุบัณ / Aquila monstruosa et fabulosa vorans homines. / Aigle monstrueux et fabuleux qui dévore les hommes. = Soupanna

Soulalaï / สุลาไลย / Sedes angelorum, cœlum dei Indræ. / Demeure des anges, ciel du dieu Indra. = Souralaï / สุราไลย /

Soumtoum / สุม ทุม / Lucus, nemus, hortus umbrosus. / Bois sacré, forêt, jardin ombragé.

Souwanna-mali / สุวรรณะ มาลี / Flores aurei ad homagium præstandum regi. / Fleurs d’or pour prêter hommage au roi.

Souwann-téwètt / สุวรรณ เทเวท / Angeli corpore aureo præditi. / Anges doués de corps d’or.

T

Tabong-lék / ตะบอง เหล็ก / Vectis ferrea quâ utuntur satellites inferorum. / Barre de fer dont se servent les satellites des enfers.

Talapatt-chèk / ตลปัต แฉก / Flabellum virgulatum abbatis monasterii. / Éventail rayé pour un abbé d’un monastère.

Tammawinaï / ธรรมะ วิไนย / Regulæ ad reprimandas cupiditates. / Règles pour réprimer les passions.

Tanawa / ทานวา / Nomen unius ordinis geniorum. / Nom d’un ordre des génies.

Tawétt / ตะเว็ด / Figura rudis ex ligno oblata geniis. / Figure grossière de bois offerte aux génies.

Tawip-tang-si / ทวีป ทั้ง สี่ / Quatuor magnæ insulæ ad quatuor angulos Meru. / Les quatre grandes îles aux quatre angles de Meru. => Amarako / อะมรโค / Amarakoyani / อะมรโค ยานี / Unus ex quatuor orbibus vel insulis magnis. / Un des quatre mondes ou des grandes îles. [à l’ouest : les humains qui y vivent ont une espérance de vie de 500 ans mais sont peu portés vers la spiritualité] ; Boupawité / บุพะวิเท / [à l’est : l’espérance de vie y est de 300 ans] ; Tjoumpou-Tawip / จุมภู ทวีบ [b final ici mais bp à tawip-tang-si] / [au sud, notre monde et le seul où puisse apparaître un Bouddha, monde nommé d’après le jambosier, chompou / ชมพู /.] [Outarakourou / อุตรกุรุ / au nord, où l’espérance de vie est la plus longue, 1000 ans, et l’abondance la plus grande, mais où les conditions de vie paradisiaques nuisent à la pratique du dharma.]

Tjak-krott / จักร กรด / Rota exterminans, telum fabulosum angelorum, heroum, etc. / Roue exterminatrice, arme fabuleuse des anges, des héros, etc.

Tjakla / จะกละ / Chamop-tjakla / ชมพ จะกละ / Magus, veneficus. / Magicien, empoisonneur.

Tjamawassi / จามวาศรี / Indutus pellibus; secta heremitarum pellibus tigridis indutorum. / Vêtu de peaux ; secte d’ermites vêtus de peaux de tigres.

Tjamonn / จามอน / Flabellum regium, quo aliquis ventilat regem. / Éventail royal, avec lequel on évente le roi.

Tjanghann / จังหัน / Cibus talapuinorum. / Nourriture des talapoins.

Tjanuann / จนวน / Saï tjanuann / สาย จนวน / Leno, corruptor juventutis. / Corrupteur de la jeunesse.

Tjao-bia / เจ้า เบี้ย / Dominus servorum. / Maître des esclaves. = Tjao-ngeun / เจ้า เงิน / (qui veut dire aussi creditor, créancier)

Tjaopaya-bodinn-détcho / จ้าวพญาบอดินธ์เดโช / Primus mandarinus regni. / Premier mandarin du royaume.

Tjaopaya-tjakri / จ้าวพญาจกรี / Primus mandarinus, minister belli. / Le premier mandarin, ministre de la guerre.

Tjap yam / จับ ยาม / Prædicere horam quâ res eveniet. / Prédire l’heure à laquelle une chose arrivera.

Tjatoudom / จตุ ดม / Tjatoussadom / จตุสะ ดม / Quatuor magni mandarini. / Les quatre grands mandarins.

Tjediyatann / เจฎียถาน / Pyramis in vertice montis Meru, ad quem confluunt angeli ex sexdecim ordinibus cœlestibus. / Pyramide sur le sommet du mont Meru, vers laquelle affluent les anges des seize ordres célestes.

[Les « seize ordres célestes » sont les seize brahmaloka ou dévaloka du monde de la forme, au-dessus du monde humain, monde dont le mont Mérou est le centre. Le chedi (c’est le tjedi de notre transcription / เจฎี /) au sommet de ce monde est le centre où se rassemble la dévotion de tous ces êtres. Les chedis bouddhistes de forme pyramidale symbolisent le mont Mérou ou ce chedi suprême lui-même.]

Tjiat / เจียด / Pra-tjiat / พระ เจียด / Fascia frontalis munita litteris superstitiosis ad avertenda mala. / Bandelette que l’on met sur le front, et qui est chargée de lettres superstitieuses pour détourner les maux.

Tjidawannang / จิดาวันนัง / Hortus cœlestis reginæ angelorum, uxoris Indræ. / Jardin céleste de la reine des anges, épouse d’Indra.

Tjoula-sakaratt / จุละ สักราช / Parva æra, æra actualis Siamensium. (Dicitur parva in comparationem æræ sacræ Phra:Khôdom.) / Ère petite, ère actuelle des Siamois. (On l’appelle petite en comparaison de l’ère sacrée de Phra:Khôdom.)

Tonn-karapreuk / ต้น กะระพฤกษ / Arbor cui affixa sunt citrea pecuniam continentia quæ projiciunt populo in festis. / Arbre auquel sont attachés des citrons renfermant de l’argent et que l’on jette au peuple dans les fêtes. => Louk-karapreuk / ลูก กะระพฤกษ / Citrea in quibus recondita est pecunia. / Citrons dans lesquels est renfermé de l’argent.

Toua-beung / ตัว บึง / Species araneæ quam comedunt. / Espèce d’araignée que l’on mange. = Kabeung / กะบึ้ง / Kabeung-mo / กะบึ้ง ม่อ /

Toungka / ตุ้งก่า / Instrumentum ad fumum cannabis hauriendum. / Instrument pour aspirer la fumée du chanvre.

W

Watakarok / วาตะ กะโรค / Morbus pestilens ob flatum serpentis. / Maladie pestilentielle à cause du souffle d’un serpent.

Wayou-boutt / วายุ บุตร / Quidam simius, filius venti. / Certain singe, fils du vent.

[Ce Vayuputra, si nous redéployons le wayou-boutt vernaculaire en sa source linguistique sanskrite, littéralement « fils du vent », n’est autre que le dieu-singe Hanuman, un des principaux personnages du Ramakien avec Rama.]

Wayou-wék / วายุ เวก / Nomen cujusdam volucris fabulosæ. / Nom d’un oiseau fabuleux.

[Autre personnage du Ramakien, Vayuvega, littéralement « vitesse du vent », n’est pas exactement un oiseau mais un yak ou yaksa, un ogre ou géant, affublé de ce nom en raison de sa vitesse.]

Wéhappala / เวหับผลา / Nomen unius ordinis angelorum superiorum. / Nom d’un ordre des anges supérieurs.

Wéntaï / เวนตัย / Aquila fabulosa. / Aigle fabuleux.

[C’est le nom de Garuda dans plusieurs légendes siamoises indépendantes du Ramakien, comme dans l’histoire de la princesse Nang Kaki. Le nom en sanskrit signifie « fils de Vinata ».]

Wétji / เวจี / Nomen inferni. / Nom d’un enfer. [Awétji dans notre glossaire.]

Y

Ya-lom / ยา ลม / Medicina contra ventum. (Porrò putant ferè omnes morbos a vento provenire.) / Médecine contre le vent. (On pense que presque toutes les maladies proviennent du vent.)

Yakka / ยักขา / Angeli, gigantes, quatuor angeli mundo invigilantes. / Anges, géants, les quatre anges qui veillent sur le monde.

Yakkini / ยักคีนี / Gigas fœmina, vorans homines. / Géant femelle qui dévore les hommes. = Yaksi / ยัักษี /

Yanang / หญ้านาง / Angela custos cymbarum et navium. / Ange femelle qui veille sur les barques et sur les vaisseaux.

Yani / ญาณี / Species versûs constans quinque syllabis. / Espèce de vers composé de cinq syllabes. => Bot-yani / บท ญาณี / Carmina hujus metri. / Poèmes de cette mesure.

Yanoumatt / ยานุมาศ / Stella gestatoria, splendida quâ ad cæremonias utuntur. / Litière magnifique pour les cérémonies.

[Aujourd’hui yannmatt / ยานมาศ /, et pour le palanquin royal pra-yannmatt / พระยานมาศ /.]

Ya-sakott / ยา สะกด / Maleficium, incantatum. / Maléfice, enchantement.

Yokawatjonn / โยคาวจร / Asceticus, patiens; bonzius errans per sylvas. / Ascétique, patient ; bonze errant dans les forêts. = Yoki, Toudong

Yom-pabann / ยม พบาล / Yomabann / ยมะบาล / Satellites regis inferorum, tortores inferorum. / Satellites du roi des enfers, bourreaux des enfers.

Yommaloki / ยมะโลกี / Nomen unius inferi. / Nom d’un des enfers.

[Les royaumes de Yom, c’est-à-dire du Yama sanskrit, Paya Yom Ratt / พญายมราช / : c’est plus précisément une catégorie d’enfers périphériques, plus extérieurs que les oussouta-narok, et au nombre de dix pour chaque point cardinal des grands enfers, soit 320, servant pour les « restes de karma ».]

Americanismos : Compléments via le Dictionnaire de l’Association des Académies de la langue espagnole

L’Association internationale des Académies de la langue espagnole (Asociaciόn de Academias de la Lengua Española, ASALE) a mis en ligne, en 2013, son dictionnaire d’américanismes.

https://www.asale.org/damer/

Nous en profitons pour compléter notre glossaire. Le dictionnaire de l’ASALE ne connaît pas toutes les entrées du dictionnaire de Francisco J. Santamaría (3 vol., 1942) dont nous nous sommes servis, et avec ses descriptions dans l’ensemble sommaires il est relativement dépourvu de bien des éléments qui rendent le Santamaría particulièrement intéressant aux plans ethnographique et culturel. Pour un nom d’animal, par exemple, le dictionnaire de l’ASALE fournira le nom scientifique de manière mieux établie ainsi qu’une description anatomique en deux lignes, tandis que Santamaría apporte assez souvent des éléments relatifs à l’éthologie de l’animal, voire à ses interactions avec les hommes, ce qui constitue une lecture extrêmement intéressante du point de vue des milieux, en particulier du milieu humain, caractéristiques des différentes régions d’Amérique latine. De ce point de vue, le dictionnaire de Santamaría est une véritable encyclopédie et il ne nous paraît pas que ce travail remarquable, malgré quelques erreurs et insuffisances ponctuelles, ait été surpassé à ce jour. Il est vrai que, le milieu humain s’étant de plus en plus détaché de tout rapport direct avec la nature en raison de l’urbanisation croissante des sociétés, bien des éléments apportés par Santamaría ne sont tout simplement plus des objets d’expérience vécue pour une grande partie des populations d’aujourd’hui.

On peut relever à cet égard que, parmi les américanismes de notre glossaire sur ce site complétés dans le présent billet avec l’apport du dictionnaire de l’ASALE, ce dernier précise, le cas échéant, qu’un terme est d’emploi « rural » (par l’abrégé rur.). Nous contestons cette approche et n’avons pas reproduit cette mention dans les définitions ci-dessous. D’une part, il nous paraît que la définition est le plus souvent suffisante en elle-même pour que le lecteur comprenne que les milieux urbains ont peu de rapport avec la réalité en question. Il est néanmoins évident que les gens des villes peuvent aussi décrire les campagnes environnantes et donc se servir des mêmes termes, tout comme les gens de la campagne peuvent parler du métro alors qu’il n’y en a pas à la campagne. En Amérique latine, celles des populations amérindiennes qui ont préservé leurs particularismes tant culturels qu’ethniques continuent en majorité de vivre à l’écart des villes (parfois dans des conditions ayant à peine évolué depuis les temps de la Conquête espagnole, car telle est leur philosophie), et il est donc certain que les américanismes, qui sont souvent des mots tirés des langues indigènes, abondent dans ces zones, où l’usage des langues indigènes s’est maintenu plus vigoureusement. D’autre part, l’étiquette « rural » accolé à un lexème a quelque chose de troublant ; ce genre d’étiquettes, dans les dictionnaires, indique en général un domaine spécialisé (médecine, métallurgie…), mais il n’existe pas une spécialisation qui serait la ruralité par rapport à un domaine général qui serait le mode de vie urbain. Cela n’a guère de sens et prête par conséquent le flanc à la critique, relativement à une forme de distanciation, marquée en même temps que voilée. De ce point de vue, les formules qu’on trouve parfois dans le Santamaría, telles que « le vulgaire », ne sont pas aussi choquantes, en raison de l’intérêt dont l’encyclopédiste témoigne pour des réalités qu’il décrit souvent, nous l’avons dit, avec une admirable minutie.

Il n’empêche que le dictionnaire de l’ASALE permet dans certains cas quelques compléments utiles aux définitions de notre glossaire. Sur certains termes relatifs aux mythologies amérindiennes, le Santamaría est parfois vague, ce qui tient sans doute au positivisme académique dont l’époque était fortement marquée (tout comme Larousse ne pouvait s’empêcher de témoigner son mépris pour les superstitions populaires qu’il décrivait pour son dictionnaire ; mais ce mépris positiviste est moins flagrant chez Santamaría que chez Larousse, parce que le Mexicain continuait de revendiquer en face de l’ancienne métropole, l’Espagne, une forme d’indépendance culturelle et que la mise en valeur des cultures indigènes se prêtait à cette revendication). Pour certains mots, l’ajout est une simple variante orthographique possible, ce qui reste pertinent dans la mesure où il y a des chances que cette variante soit plus conforme à l’usage actuel.

Nous classons ci-dessous les termes non par ordre alphabétique général mais dans l’ordre où ils ont paru dans les différents billets de blog qui constituent notre glossaire. Le lecteur est prié de se reporter aux pages correspondantes (en cliquant sur les liens) pour connaître la définition originale et la comparer avec l’apport fait ici à partir du dictionnaire de l’Association des Académies de la langue espagnole. Il convient de préciser que les aztéquismes ont dans un premier temps été distingués par une liste spécifique, mais qu’ils ont ensuite, à partir de Americanismos III, été fondus avec les autres (nous procéderons à une refonte rationalisée de la structure du glossaire en cas de publication papier). La dernière section, « Abya Yala Occulta », se rapporte au lexique relatif à « l’occulte », c’est-à-dire aux croyances surnaturelles, que nous avons tiré du glossaire général en y ajoutant des termes qui ne se trouvaient pas dans les entrées précédentes.

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Aztequismos I

Ahuizote. Agüizote. Mx. p.u. Persona que tiene poderes para hacer llover. Ho. p.u. Persona que adivina o predice el futuro. (Agüizote).

(Mexique ; peu usité) Personne possédant le pouvoir de faire pleuvoir. (Au Honduras ; peu usité) Personne capable de prédire l’avenir.

Cacalosúchil. Cacalichuche: Se utiliza en la medicina tradicional.

S’emploie en médecine traditionnelle. [En revanche, le dictionnaire de l’ASALE ne dit rien d’un usage culinaire de cette plante, contrairement au Santamaría.]

Calpul. Gu. En comunidades indígenas, persona importante por su autoridad o sabiduría.

(Au Guatemala) Dans les communautés indigènes, personne importante pour son autorité ou son savoir.

Cegua. En la tradición popular, figura legendaria que vaga en las noches por caminos solitarios y se presenta a los hombres como una hermosa mujer que, de repente, cambia su rostro por el de un caballo.

Dans les traditions populaires, figure légendaire qui marche la nuit sur des chemins isolés et se présente aux gens sous l’apparence d’une belle femme dont tout à coup la tête se change en celle d’un cheval. [Description plus précise que celle de Santamaría.]

Copal. Ho. Recipiente de barro, a modo de incensario, para quemar resina de copal.

(Au Honduras) Récipient de terre cuite servant d’encensoir pour brûler la résine de copal. [Par extension du sens original, donc.]

Chilocuil. Se consumen tostados, o machacados para hacer con ellos una salsa de tomate.

Ils se consomment [ces vers] frits ou bien réduits en poudre pour faire de la sauce tomate.

Chintlatlahua. Chintatlahua: Mx. metáf. Prostituta.

(Au Mexique ; sens figuré) Prostituée. [On rappelle que le sens premier est celui, entomologique, de veuve noire.]

Chípil. Mx. 1 Referido a un niño, que está molesto por hallarse embarazada la mujer que lo cría. 2 Referido a un niño, que siente malestar en los dientes. 3 adj. Referido a persona, melindrosa.

(Au Mexique) 1 Décrit l’enfant qui se trouve mal en raison du fait la femme que qui l’allaite est enceinte. [Cette définition précise celle de Santamaría, plus suggestive, que d’aucuns comprenaient sans doute telle quelle mais qui, pour ce qui nous concerne, a nécessité celle, dans le même Santamaría, de chipilanza, où il est question de la gravidité de la mère allaitante, qui est la cause des maux du nourrisson allaité.] 2 Décrit l’enfant qui a mal aux dents. 3 (Personne) sensible.

Jilosúchil. Chicocuchi.

Masacoate. Mazacuata.

Ololiuque. Ololiuqui, Ixtabentún, Xtabentún.

Papaquis. Papaqui: Mx. Música bulliciosa y alegre que suena en algunas celebraciones del carnaval.

(Au Mexique) Musique animée et joyeuse que l’on joue dans certaines célébrations de carnaval. [Plutôt que cette festivité, le carnaval lui-même, selon cette définition.]

Peyote. Mx. Bebida alucinógena elaborada de la cocción en agua de la raíz y el tallo secos del peyote. Ni. Pequeña cantidad de cocaína.

(Au Mexique) Boisson hallucinogène élaborée à partir de la décoction de la racine et de la tige séchées du peyotl dans l’eau. [Cette définition est sous-entendue dans le Santamaría.] (Au Nicaragua) Petite quantité de cocaïne. [Le nom du séculaire psychotrope sert ainsi à nommer une forme de drogue plus récente (et dépourvue du moindre usage rituel).]

Pilguanejo. ES, Ni. p.u. Niño harapiento.

(Au Nicaragua et El Salvador; peu usité) Enfant en guenilles.

Pipil. Ho, ES, Ni. Relativo a El Salvador.

(Au Honduras, El Salvador et Nicaragua) Relatif à El Salvador. [Le pays est donc désigné par le nom d’une ethnie amérindienne.]

Tapalcúa. Tapaculo: Gu. Lombriz que, según la creencia popular, se puede introducir en el ano de una persona cuando defeca.

Tapaculo [littéralement, « bouche-cul » du verbe boucher, fermer et du nom cul]. (Au Guatemala) Ver de terre qui, selon la croyance populaire, peut s’introduire dans l’anus d’une personne lorsque celle-ci défèque. [Deux observations. 1/ Ladite « croyance populaire » est, selon Santamaría, imputable au chroniqueur Fuentes y Guzmán (1643-1700), dont la chronique évoquait d’ailleurs non pas un ver mais un serpent. 2/ Le mot tapalcúa est censé être un aztéquisme et ne saurait donc dériver du tapaculo ou « bouche-cul » ici donné comme synonyme ; c’est bien plutôt ce dernier qui doit dériver de l’aztéquisme, en s’appuyant peut-être sur la sonorité proche d’un mot-valise espagnol conforme au sens concret de ladite croyance.] 

Temascal. Ec. Baño de vapor que se toma en un temascal, y que constituye cierta especie de rito.

(En Équateur) Bain de vapeur que l’on prend dans un temascal et qui constitue une espèce de rite.

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Americanismos I

Abora / Gozque. Co. Perro que es mezcla de razas. Calungo. Co. Referido a animal, especialmente a un cerdo o a un perro, flaco o desnutrido. Pa. Referido a animal, que no tiene pelo.

(En Colombie) Chien issu d’un mélange de races. Calungo. (En Colombie) Se dit d’un animal, en particulier un porc ou un chien, maigre, mal nourri. (Au Panama) Se dit d’un animal qui n’a pas de poils [alors, sans doute, qu’il devrait en avoir]. [Pour ces deux définitions, le sens original donné par Santamaría est complètement occulté ou bien oublié ; Santamaría fournit en quelque sorte l’étymologie de termes dont l’usage actuel ne retient plus qu’un dérivé plus ou moins lointain.]

Abosadura. Cu. Enfrentamiento de un gallo de pelea con otro sin dejar que se toquen, para excitarlos antes de la pelea.

(À Cuba) Moment d’un combat de coqs où l’on ne laisse pas les adversaires se toucher, afin de les exciter avant la lutte véritable. [Les deux définitions diffèrent.]

Achachilla est inconnu du dictionnaire de l’ASALE, qui a cependant : Achachila. En la cultura aimara, 1 hombre de edad avanzada que tiene autoridad por su experiencia 2 antepasado, progenie mítica del ser humano 3 deidad tutelar de las montañas o de una determinada región.

Dans la culture aymara, 1 homme d’âge avancé faisant autorité en raison de son expérience 2 ancêtre, ascendance mythique de l’humanité 3 déité tutélaire des montagnes ou d’une région déterminée.

Cadejo. Gu, Ho, ES, Ni, Pa. Animal mítico mesoamericano, con apariencia de perro lanudo y ojos como tizones, que arrastra una cadena y asusta a borrachos u hombres trasnochadores.

En Amérique centrale, animal mythique à l’apparence de chien laineux ayant les yeux comme des braises, qui traîne une chaîne et effraye les ivrognes ou les noctambules.

Callana. Ch. p.u. Mancha oscura en la zona del cóccix que tienen los descendientes de indígenas americanos al nacer y que al crecer desaparece. Pedurría. Ho. Mancha azulada o de color café que tienen la mayoría de los niños mestizos al nacer en la nalga, en la cintura o en la espalda, a la altura del riñón.

(Au Chili ; peu usité) Tache sombre dans la zone du coccyx que présentent les descendants d’indigènes américains à la naissance et qui disparaît avec la croissance. Pedurría. (Au Honduras) Tache bleuâtre ou couleur café que présentent la majorité des enfants métissés à la naissance, sur les fesses, l’aine ou le dos au niveau des reins. [Il s’agit en fait dans les deux cas de la même chose, comme nous l’avons montré dans le billet « Americanismos (Complément) », à savoir la tache mongolique, dont la fréquence varie grandement chez les ethnies noires (de 50 à 75 %) et surtout chez les ethnies jaunes amérindiennes (de 17 à 80 %), tandis qu’elle est fréquente chez les ethnies jaunes d’Asie. Nous n’avons en revanche pas trouvé dans la littérature scientifique de traces distinctives à cet égard pour les enfants issus de croisements ; certains métis doivent évidemment avoir hérité de la tache mongolique si un ou plusieurs de leurs ascendants l’avaient eux-mêmes.]

Camahueto. En la mitología chilote, especie de ternero con un cuerno en la frente.

Dans les légendes de l’île de Chiloé, espèce de veau ayant une corne sur le front. [Les deux définitions diffèrent, si elles se rapportent toutes les deux au même contexte culturel mapuche.]

Cipe. Ho, Ni. Referido a un niño, encanijado durante la lactancia por embarazo de la madre.

En parlant d’un enfant : devenu malingre au cours de l’allaitement à cause de la gravidité de la mère. [Aucune des définitions données par l’ASALE sous ce terme ne correspond à la nôtre. Cependant, la présente a le même sens exactement qu’un autre terme de notre glossaire, chípil (Aztequismos I), et en dérive sans doute (chípilcipe).]

Colocolo. Ch. gato del pajonal.

(Au Chili) Chat des pampas.

Chinchintor. Chinchintora: Gu, Ho, ES. Serpiente muy agresiva, similar al tamagás, que se mantiene en ramas y copas de los árboles. (Colubridae; Coluber jaculatrix). Gu, Ho. metáf. Persona muy enojada.

(Au Guatemala, Honduras et El Salvador) Serpent très agressif, similaire au tamagás, qui vit dans la cime des arbres. Au sens figuré (Guatemala et Honduras), personne très énervée. [Il ne s’agit donc pas du tout d’une espèce de serpent volant, dont nous avions déjà fait remarquer que ces espèces ne vivent qu’en Asie du Sud-Est. L’habitat arboricole du présent serpent peut toutefois laisser penser que l’animal se déplace d’arbre en arbre, en se laissant tomber ou glisser, et ce mouvement pourrait correspondre à ce que décrit Santamaría. Par ailleurs, il existe une croyance populaire selon laquelle le serpent en question possède dans le corps un bézoard magique, une pierre bleue qui conférerait des pouvoirs surnaturels.]

Chulpa / Tola. Ec. Montículo funerario de la época precolombina que señalaba el lugar donde se hallaban enterrados restos humanos y ciertos objetos, como adornos, utensilios domésticos diversos y armas.

(En Équateur) Tumulus funéraire de l’époque précolombienne qui indiquait le lieu où se trouvaient enterrés des restes humains ainsi que certains objets tels que des ornements, divers ustensiles domestiques et des armes.

Imbunche. En la tradición popular mapuche, brujo o ser maléfico, deforme y contrahecho, que lleva la cara vuelta hacia la espalda y anda sobre una pierna por tener la otra pegada a la nuca y que roba a los niños para convertirlos en imbunches.

Selon la tradition populaire mapuche, sorcier ou être maléfique, difforme et contrefait, dont la tête est tournée de façon qu’elle regarde dans le dos, qui marche sur une seule jambe, l’autre étant attachée à la nuque, et qui kidnappe les enfants afin de les transformer en créatures comme lui. [La jambe attachée au corps rappelle le vuta de notre glossaire (Americanismos I), une créature légendaire également d’origine mapuche. L’ASALE ne connaît pas le vuta et le Santamaría est quant à lui peu spécifique au sujet de l’imbunche ; il se pourrait que les deux soient une seule et même chose. Signalons que nous avons traduit « cara torcida » (torcido : tordu ou de travers) par « visage déformé » alors qu’il s’agit d’une allusion à la tête tournée à 180° (« cara vuelta hacia la espalda »), ce qui ne se laissait pas facilement deviner à partir de la définition sommaire de Santamaría, dont il n’est pas certain qu’il se faisait une image très exacte du monstre. La tête tournée à 180° rappelle quant à elle le trauco selon Santamaría : voyez ci-dessous.]

Mabuya. Maboya, Maboiá. PR. Fantasma nocturno que, según las creencias indígenas, buscaba a las mujeres para cohabitar con ellas, que se defendían con amuletos.

(À Puerto Rico) Fantôme nocturne qui, selon les croyances indigènes, recherchait les femmes pour avoir avec elles des rapports sexuels, et dont elles se défendaient avec des amulettes.

Madremonte. Co. Fantasma con figura de mujer que, según la creencia popular, habita los bosques y ejerce una influencia negativa sobre los fenómenos naturales.

(En Colombie) Fantôme ayant l’apparence d’une femme et qui, selon la croyance populaire, habite les forêts et exerce une influence négative sur les phénomènes naturels.

Maqueche. Rien sous cette forme, mais Maquech : Mx. Escarabajo sin alas que se lleva vivo sobre la ropa, atado con una cadena, como si fuera un broche o prendedor de adorno.

(Au Mexique) Scarabée sans ailes qui se porte vivant sur les vêtements, attaché avec une chaînette, comme si c’était une broche ou une barrette ornementale. [Les deux définitions diffèrent quelque peu : on a ici le fait, très singulier en soi, que l’insecte est porté vivant, tandis qu’on a chez Santamaría le fait qu’il s’agit non pas d’un ornement mais d’une amulette, ce qui ne veut d’ailleurs pas dire que l’insecte ne pourrait pas servir vivant d’amulette, tandis qu’il pourrait, semble-t-il, tout aussi bien servir mort d’ornement. / On trouve sur internet la définition suivante, précisant la localisation géographique de cet usage ainsi que l’insecte : « Makech. Bijou d’insectes vivants du Yucatán, plus particulièrement une broche fabriquée à partir d’un coléoptère du genre Zopheridae, l’espèce Zopherus chilensis. »]

Maqueches de la Smithsonian Institution. Le scarabée est serti de pierres pour servir de bijou. La continuation de cet usage, en tant qu’il s’agit d’un bijou vivant, est dénoncée par les associations de protection des animaux.

Ñáñigo. 1 RD, PR. obsol. Persona de raza negra cuya forma de hablar resulta incomprensible. Cu. Miembro de la sociedad Abakuá, de origen africano, formada exclusivamente por hombres.

1 (En République dominicaine et à Puerto Rico ; désuet) Personne de race noire font la façon de parler est incompréhensible. 2 (À Cuba) Membre de la société Abakua, d’origine africaine, formée exclusivement par des hommes.

Pampaco. Bo, Ar. Colmena de la guanota; guanota, abeja. Talnete. 1 Ho, ES, Ni. Abeja que fabrica su panal bajo tierra, pero no en termiteros; miel de talnete. 2 Gu, Ni. Abeja que anida en el suelo, a cierta profundidad, y que produce una miel con propiedades medicinales.

(En Bolivie et Argentine) Ruche de l’abeille guanota ; ladite abeille. Talnete. 1 (Au Honduras, El Salvador et Nicaragua) Abeille qui produit son miel sous la terre, mais non dans des termitières ; miel de cette abeille. 2 (Au Guatemala et Nicaragua) Abeille qui vit dans le sol, à une certaine profondeur, et produit un miel aux vertus médicinales.

Salamanca. Bo, Ur, Ar, Ch. Cueva natural que hay en algunos cerros. Ar. En la tradición popular, salamandra con poderes maléficos que habita en las cuevas.

(Dans le Cône Sud) Grotte naturelle que l’on trouve dans certaines montagnes. (En Argentine) Dans la tradition populaire, salamandre aux pouvoirs maléfiques vivant dans les cavernes. [Il est bien question de cavernes chez Santamaría mais non de salamandres.]

Trauco. En la mitología popular de Chiloé, ser dotado de un poder cautivador, que atrae a las mujeres vírgenes y las deshonra.

Dans la mythologie populaire de Chiloé, être doué d’un pouvoir d’attraction, qui séduit les femmes et les déshonore.

Ulpada. Ullpada: Ar. Alimento preparado con harina tostada, agua fría y azúcar, que suele tomarse como refresco.

(En Argentine) Aliment préparé avec de la farine grillée, de l’eau froide et du sucre, et que l’on boit comme rafraîchissement. [D’un côté, donc, une boisson rafraîchissante et, de l’autre, un remède (cataplasme ?) à base d’excrément…]

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Americanismos II

Bullarengue. Cu. Cosa fingida.

(À Cuba) Chose fallacieuse, apparence trompeuse. [Le « faux cul » vestimentaire (qui s’appelait, entre parenthèses, « cul de Paris » en allemand) a disparu de la définition de l’ASALE, laquelle ne garde plus que l’usage actuel qui en dérive par voie de généralisation.]

Candileja. Aparición fantástica en figura de mujer, que con un candil en la mano persigue por las noches a los malhechores, según la leyenda.

Apparition fantastique en forme de femme qui, la nuit, une lanterne à la main, hante les malfaiteurs, selon la légende. [L’élément relatif au caractère de malfaiteurs des personnes hantées n’apparaît pas dans le Santamaría.]

Chiro. Ec. En la tradición popular, monstruo que rapta mujeres y se las lleva a los montes.

(En Équateur) Dans la tradition populaire, monstre qui enlève les femmes pour les emmener dans la forêt. [Définition plus spécifique quant aux pratiques de cette créature.]

Llicta / Acullico. 1 Pe, Bo, Ar. Pequeña bola hecha con hojas de coca, a veces mezcladas con cenizas de quinua o cal y papa hervida, que se masca para extraer un jugo de efecto estimulante. 2 Ar. Protuberancia que se forma en la parte externa del carrillo por mascar coca.

1 (Au Pérou, en Bolivie et Argentine) Petite boule faite de feuilles de coca, parfois mélangées à de la cendre de quinoa ou de la chaux avec de la pomme de terre bouillie, que les gens mâchent pour en extraire un jus aux effets stimulants. [Pour couper la faim, selon Santamaría.] 2 (En Argentine) Protubérance qui se forme sur la partie externe de la joue à force de mâcher de la coca.

Ñachi. Ñache. Ch. Guiso preparado con sangre cruda y coagulada de animal y hierbas, aliñada con condimentos picantes y sal; se sirve en trozos.

(Au Chili) Plat à base de sang animal cru et coagulé relevé avec des herbes, du sel et des condiments piquants ; il se mange en morceaux. [Paraît similaire, y compris pour ce qui est d’être mangé « en morceaux » (en trozos), au biltong des Afrikaners d’Afrique australe.]

Ojagua / Viracocha. Pe. Persona de raza blanca. Bo. Se usa para dirigirse de forma respetuosa a un hombre.

(Au Pérou) Personne de race blanche. (En Bolivie) Terme d’appellation respectueuse envers un homme. [On rappelle que Viracocha était le nom du dieu suprême des Incas.]

Tulivieja. Personaje mítico mesoamericano en forma de bella mujer que atrae a los hombres por la noche para luego espantarlos con su cara de calavera.

Créature mythique d’Amérique centrale ayant l’apparence d’une belle femme qui attire les hommes la nuit pour ensuite les épouvanter avec sa face de squelette.

Ucumar n’est pas connu de l’ASALE mais Ucumari : 1 Pe, Bo, Ch. Oso de anteojos. 2 Ar. En la tradición popular andina, ser fantástico que es hijo de una joven y un oso y presenta el cuerpo cubierto de pelo.

1 (Au Pérou, Chili et Bolivie) Nom de l’ours à lunettes. 2 (En Argentine) Selon la tradition populaire andine, être fantastique né d’une femme et d’un ours et qui a le corps couvert de poils.

Uturunco. Otoronco. Ar. En la creencia popular, personaje con figura de tigre feroz bicéfalo.

(En Argentine) Selon la croyance populaire, créature féroce ayant la forme d’un jaguar à deux têtes.

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Aztequismos II

Escamol. Escamole.

Ijillo. Lejillo, Hijillo, Hijío, Ijío. 1 Ho, ES. Emanación que se desprende de los cadáveres de las personas. 2 Ho. En la medicina tradicional de los campesinos, enfermedad que contraen algunas personas de salud débil, durante un velatorio, por los vapores que despide el cuerpo del difunto. 3 ES. Inflamación de los ganglios.

1 (En Amérique centrale, et particulièrement au Honduras) Émanation que dégage le cadavre d’une personne. 2 (Au Honduras) Selon la médecine traditionnelle pratiquée dans les campagnes, maladie que contractent certaines personnes de faible constitution pendant une veille mortuaire en raison des vapeurs dégagées par le corps du mort. [La définition du Santamaría paraît fautive quand elle parle de « mourant » (moribundo) plutôt que de cadavre, car le tabou relatif aux cadavres est quelque chose de répandu de par le monde (et je ne trouve nulle part le mot moribundo au sens de mort plutôt que de mourant). Santamaría parle en outre du dommage causé aux plantes par les personnes ayant été en contact avec un « mourant » (où il faut sans doute entendre un mort) ; il n’est pas du tout impossible que le concept recouvre l’ensemble de ces faits : la personne malade par émanation d’un cadavre peut également être supposée dangereuse pour les organismes végétaux qu’elle touche, selon ces croyances.] 3 (En Amérique centrale) Inflammation des ganglions.

Nenepile. Nenepil. Mx. 1 Intestino delgado guisado de res o de otros animales. 2 Guiso a base de chanfaina, nana y buche porcinos.

(Au Mexique) 1 Intestin grêle de bœuf ou d’autres animaux en préparation culinaire. 2 Plat à base de poumon, matrice et mamelle de truie.

Petacoate. Note personnelle : L’expression française « nœud de vipères » dérive des mœurs sexuelles de certains serpents décrites par le présent aztéquisme.

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Americanismos III

Achiqué. Pe. Mujer que, según la creencia popular, tiene pacto con el diablo y, por ello, poderes extraordinarios.

(Au Pérou) Femme qui, selon la croyance populaire, a conclu un pacte avec le diable et pour cette raison possède des pouvoirs extraordinaires.

Amarú n’est pas connu de l’ASALE mais Amaru : Var. Amaro. Pe. Divinidad mitológica indígena en forma de serpiente.

(Au Pérou) Divinité mythologique indigène en forme de serpent. [Il semble peu pertinent d’indiquer que ce vocable ne s’emploie qu’au Pérou, alors que, d’origine aymara, il doit avoir la même extension que cette langue, qui s’étend au-delà des frontières du seul Pérou ; il n’est que de voir la popularité du personnage de Tupac-Amaru pour comprendre que le terme est connu dans tout la cordillière des Andes.]

Bilongo. En las religiones afrocubanas, maleficio, hechizo.

Dans les religions afrocubaines, maléfice, sortilège.

Camile. Pe. Curandero de algunos pueblos que utiliza hierbas y amuletos para sanar.

(Au Pérou) Guérisseur de certains villages, qui utilise des herbes (on disait en français, dans le temps, des « simples ») et des amulettes pour soigner les gens.

Charada. Cu. Sistema de signos en el que se asocia un significado con un número, del uno al cien, y que sustenta un juego de lotería.

(À Cuba) Système de signes dans lequel des significations sont associées à des numéros de 1 à 100, et qui est employé dans un jeu de loterie.

Chichiliano. Mx. p.u. Referido a persona, que tiene el pelo rojizo.

(Au Mexique ; peu usité) Se dit d’une personne aux cheveux roux.

Chitra. Pa. Jején.

[« Chitra » est donc, au Panama selon l’ASALE, et dans toute l’Amérique centrale pour Santamaría, un nom vernaculaire du phlébotome (jején), diptère proche du moustique.]

Itacayo. Ho. Personaje mítico que, según la creencia popular, tiene forma de mono, camina con los pies hacia atrás, rapta mujeres, se alimenta de frutas silvestres y ceniza de las cocinas y vive en las montañas.

(Au Honduras) Personnage mythique qui, selon la croyance populaire, a la forme d’un singe les pieds tournés en sens contraire, enlève les femmes, se nourrit de fruits sylvestres et de la cendre des cuisines, et vit dans les montagnes. [Également appelé sisimite, dont la femelle est la sisimita. Variantes : zizimite, sisimico. Ce nom semble dériver de celui des déités aztèques tzitzimime, démons qui doivent envahir la terre à la fin des temps.]

Luisόn, Lobisόn. Py, Ar. En la creencia popular, séptimo hijo varón consecutivo de una familia, que en las noches de luna llena se transforma en lobo o en un animal monstruoso.

(Au Paraguay et en Argentine) Selon les croyances populaires, septième enfant consécutif d’une famille, qui, les nuits de pleine lune, se transforme en loup ou en animal monstrueux.

Mohán. Co. Personaje de la mitología indígena que habita en los ríos acechando a niños, lavanderas y pescadores nocturnos.

(En Colombie) Personnage de la mythologie indigène qui vit dans les rivières, guettant les enfants, les lavandières et les pêcheurs, la nuit.

Pombero. Py, Ar. En la creencia popular, duende que puede ser amigo o enemigo del hombre según la conducta de este.

(Au Paraguay et en Argentine) Dans les croyances populaires, sorte de lutin qui peut être ami ou ennemi de l’homme en fonction de la conduite de celui-ci.

Pusana. Ve. Brebaje de efectos afrodisíacos, preparado por los indígenas del Estado Bolívar.

Boisson aux effets aphrodisiaques, préparé par les indigènes de l’État de Bolívar au Venezuela. [L’ASALE est plus précis quant à la localisation géographique de l’usage de ce breuvage.]

Taya. Pe. Amuleto de piedra, diente, uña o tubérculo usado para pescar.

(Au Pérou) Amulette de pierre, dent, griffe ou tubercule utilisée pour pêcher.

Yori. Mx. Entre los indígenas yaquis, persona que no es de su raza.

(Au Mexique) Chez les indiens yaquis, désigne une personne qui n’est pas de leur race. [Pour Santamaría, désigne un Blanc.]

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Americanismos IV

Atarra. L’ASALE écrit Atarrá. CR 1 Arragre; panal. 2 Cabellera crespa, abundante y, por lo general, descuidada.

(Au Costa Rica) 1 Nom de l’abeille autrement connue en Amérique sous le nom d’arragre (de l’espèce Trigona) ; nom également donné à ses rayons caractéristiques. 2 Chevelure bouclée abondante et généralement non peignée. [Nous relevons ici le sens n° 2 car le Dictionnaire de l’Académie royale espagnole (DRAE) connaît également l’abeille atarrá et la décrit de la manière suivante, quelque peu étrange : « Avispa negra que tiene la característica de enredarse en el pelo », c’est-à-dire « Abeille noire qui a la particularité de se prendre dans les cheveux [des gens] ». Cette définition mêle l’abeille de la définition 1 de l’ASALE et les cheveux de la définition 2, en une seule et même définition que nous disons étrange parce qu’on a du mal à voir pourquoi tel type d’abeille se prendrait dans les cheveux des gens plus que les autres. Ou bien une telle particularité de cette abeille a conduit, au Costa Rica, à donner son nom à certains types de chevelures, ou bien l’Académie espagnole extrapole plusieurs choses dans sa définition de l’abeille.]

Capiango. Ar. 1 Tigre, jaguar. 2 Hombre al que la creencia popular atribuye la facultad de convertirse en jaguar.

(En Argentine) 1 Jaguar. 2 Homme à qui les croyances populaires attribuent la faculté de se transformer en jaguar.

Chalchihuite. 1 Mx, Gu, Ho. Jade o jadeíta. 2 Mx. Cualquier piedra preciosa. 3 Gu, ES. Collar de pequeños adornos que llevan los indígenas. 4 Gu, ES. Baratija.

1 (Au Mexique, Guatemala et Honduras) Jade ou jadéite. [Santamaría décrit certes la pierre mais ne va pas jusqu’à dire de quelle variété il s’agit. À noter que la jadéite est l’une des variétés du jade.] 2 (Mexique) Toute pierre précieuse. 3 (Amérique centrale, en particulier au Guatemala) Collier de breloques porté par les indigènes ; et, par extension, petit objet de peu de valeur.

Llampo. Pe. Arena que contiene oro.

(Au Pérou) Sable contenant de l’or.

Lliclla. Var. Llijlla.

Pinto. Mx. Enfermedad de la piel provocada por un herpes que produce manchas en la cara y en el cuerpo de color blanco, café o morado.

(Au Mexique) Maladie de la peau provoquée par un herpès produisant des taches sur le visage et le corps, de couleur blanche, café ou violette. [Ajoute quelques détails sur les manifestations de la maladie.]

Tunjo. Co. 1 Figura antropomorfa, de la época precolombina, que representa a alguna divinidad chibcha. 2 Colgante con esta forma.

(En Colombie) 1 Figurine anthropomorphe, de l’époque précolombienne, représentant l’une des divinités chibcha. 2 Pendentif ayant cette forme.

Tunjo de la collection du Brooklyn Museum

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Americanismos V : Guaraní

Lampalagua. Ch. Criatura fabulosa en forma de serpiente o de lagarto que traga y engulle todo lo que encuentra a su paso.

(Au Chili) Créature légendaire en forme de serpent ou de lézard qui avale, engloutit tout sur son passage.

Ñandutí. Encaje muy fino y delicado que imita el tejido de una telaraña.

Dentelle très fine et délicate imitant la structure d’une toile d’araignée.

Ñandutí du Paraguay (par Artemanos). Ce modèle montre assez bien qu’une toile d’araignée peut être la source d’inspiration. Il en existe de plus élaborés et en fils de couleur.

Tereré. Bebida preparada con yerba mate y agua fría, que en algunos lugares se mezcla con hierbas medicinales.

Boisson préparée avec de l’herbe maté et de l’eau froide, que, dans certaines localités, on mélange avec des herbes médicinales.

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Americanismos VI : Bantuismos

Maranguango. Co. Bebida a la que se atribuye la virtud de causar maleficios o de cautivar o embelesar a quien la toma.

(En Colombie) Boisson à laquelle on attribue le pouvoir de causer des maléfices ou d’ensorceler celui qui la boit.

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Abya Yala Occulta

Apu. Pe. 1 Espíritu tutelar de una comunidad. 2 Tratamiento respetuoso que se da al líder de una comunidad indígena.

(Au Pérou) 1 Esprit tutélaire d’une communauté. 2 Appellation respectueuse adressée au chef d’une communauté indigène.

Ciguapa. RD. 1 Personaje fantástico con forma de bella mujer de larga y espesa cabellera, con los pies al revés, que vive en el fondo de los lagos y ríos. 2 Fantasma en forma de mujer vieja.

(En République dominicaine) 1 Personnage fantastique ayant l’apparence d’une belle femme à la longue chevelure épaisse, les pieds à l’envers (talons devant, orteils derrière), vivant au fond des lacs et des rivières. 2 Fantôme ayant l’apparence d’une vieille femme. [Notre citation, dans le glossaire, tirée d’un roman de Gérard d’Houville se passant à Cuba montre que le terme et le mythe ne sont pas cantonnés à la seule République dominicaine.]

Chac Mool. Chacmool.

Chaneque. Mx. Ser fantástico con aspecto de niño.

(Au Mexique) Être fantastique ayant l’apparence d’un enfant.

Chuzalongo. Ec. En la tradición mítica popular, enano de pene enorme que ataca en el campo a las mujeres.

Selon la tradition mythique populaire, nain au pénis énorme qui attaque les femmes dans les champs.

Jarjacha. Pe. Criatura fabulosa mitad ser humano mitad llama que, según la creencia popular, es fruto de una relación incestuosa.

(Au Pérou) Créature fantastique mi-homme mi-lama qui, selon les croyances populaires, est le fruit d’une relation incestueuse. [Dans notre glossaire, il est dit plutôt qu’il s’agit d’une personne qui a commis l’inceste et qui, après sa mort et en manière de punition, a été transformée en cette créature. Nous ne savons plus quelle source en ligne nous avons utilisée mais une nouvelle recherche sur internet confirme, par les sources qui se présentent, cette interprétation plutôt que celle du dictionnaire de l’ASALE, où « fruto de una relación incestuosa » semble vouloir dire qu’il s’agit d’une créature née à la suite de l’inceste de ses géniteurs.]

Pishtaco. Pe. Delincuente de la serranía que se dedica a asaltar y asolar las aldeas de la zona o a los viajeros, a los que degüella.

(Au Pérou) Malfaiteur des montagnes qui attaque et ravage les villages de la région ou les voyageurs, qu’il égorge.

Valichú n’est pas connu de l’ASALE tandis que l’est la var. Gualicho. Ec, Bo, Ar, Ur. 1 Hechizo, particularmente el que se realiza con fines amorosos. 2 Objeto que se utiliza para realizar este hechizo; amuleto o talismán. 3 Diablo, príncipe de los ángeles rebelados.

(Dans le Cône Sud) 1 Sortilège, principalement quand il sert à des fins amoureuses. 2 Objet utilisé pour réaliser ce sortilège ; amulette ou talisman. 3 Diable, prince des anges rebelles.