Journal onirique 3

L’omniprésent ignore l’unilatéralité et la lourdeur de ce qui n’est que réel – cela qui se borne à tantôt enchaîner l’homme, tantôt le repousser et tantôt l’abandonner, le livrant chaque fois aux distorsions du hasardeux.

Heidegger, Wie wenn am Feiertage… / Comme au jour de fête

Journal onirique. Période : janvier 2020.

Suivi de trois poèmes inédits.

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Giallo. Sur l’idée de la vendetta contre le genre humain ou la société, comme dans le film Lo squartatore di New York (L’éventreur de New York) de Lucio Fulci, c’est ici le général en chef de l’armée nationale qui entreprend de plonger la planète dans le chaos, sous couvert de secret-défense, pour venger l’accident qui a fait de son fils unique un légume. L’opacité entourant les milieux militaires, accoutumés, du fait de la doctrine dite réaliste des relations internationales, à agir en dehors de tout cadre légal, et les hautes sphères dirigeantes en général, rend malheureusement impossible à l’opinion publique de comprendre que ce haut responsable agit non pas en vue du mandat officiel qu’il a reçu mais entièrement mû par sa folie privée.

Étant l’une des rares personnes à connaître l’existence du légume, que son père enferme chez lui gardé par une vieille femme, je commence à comprendre, et j’essaie d’alerter la presse indépendante sur ce qui est en train de se passer et que personne ne parvient à expliquer de façon satisfaisante.

Le mot giallo, qui veut dire « jaune » en italien, désigne les films noirs de ce pays, films dont la facture est unique et inimitable. Certains noms parmi les plus grands du cinéma italien se sont illustrés dans le genre, tels que Dario Argento, Mario Bava, Sergio Martino, Umberto Lenzi, Lucio Fulci. Le film de ce dernier que je cite dans la description du rêve entre indéniablement dans le genre mais, par son plasticisme borgien, est tout particulièrement apprécié des amateurs de films d’horreur.

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La scientifique en blouse blanche me conduit auprès de l’un de ses petits protégés, un enfant surdoué, au cours d’un rendez-vous que j’ai sollicité pour qu’elle me présente la méthode pédagogique nouvelle qu’elle a mise au point et développée en vue de servir ces superintelligences précoces et de prévenir les dysfonctionnements qui les guettent dans un monde tellement inférieur à leurs capacités. Mis en présence du petit garçon, je ressens immédiatement une sourde hostilité de classe : voilà un rejeton de la grande bourgeoisie qui, après son passage dans ce jardin d’enfants aux allures de laboratoire du MIT et au terme de son éducation qui sera sans aucun doute du même tonneau, avec des prix Nobel pour précepteurs particuliers, ira tout naturellement occuper la place dirigeante qui lui revient dans l’infernal système d’exploitation de la classe à laquelle je m’identifie.

J’observe la méthode d’apprentissage de la scientifique en blouse blanche. Quand l’enfant dysfonctionne sur l’exercice multitâches qui lui est assigné, la scientifique lui sort immédiatement d’une boîte en plastique (qui ressemble à un aspirateur sans tuyau) une panoplie de jouets éducatifs auxquels il se met à jouer simultanément, comme un maître des échecs se mesurant à plusieurs adversaires. Le petit garçon commente en même temps ses différentes parties, et sa manière de s’exprimer est très au-dessus de son âge. Je cherche dans son activité les signes prémonitoires d’un échec futur, mais je dois me rendre à l’évidence… Même la pensée que le contact des jouets en plastique le voue à une existence artificielle ne me console pas.

Comme il me voit l’observer avec une attention soutenue, il me sourit. Je lui souris en retour ; du fait de mon animosité, je doute de pouvoir lui renvoyer un sourire Duchesne, c’est-à-dire un sourire authentique (avec les yeux et pas seulement les zygomatiques), mais il paraît satisfait. Il me semble d’ailleurs que mon hostilité s’est changée en bienveillance pendant le bref laps de temps que je lui souriais, et c’est peut-être son propre sourire Duchesne qui, par l’activation de mes neurones miroirs, a suscité chez moi un sourire Duchesne en retour, et de la bienveillance. Il faut donc croire qu’il ne rencontrera aucun obstacle insurmontable dans l’exploitation infernale de ma classe, tant qu’il sourira. Le salut de cette classe est dans son inconscience et sa frivolité.

[Comme, selon certaines théories, le simple fait d’activer volontairement ses muscles zygomatiques produit l’effet qui conduit autrement à sourire de manière involontaire, c’est-à-dire l’un ou l’autre d’un éventail de sentiments agréables et bienveillants, la question est aussi de savoir comment il peut arriver qu’un sourire ne soit pas un sourire Duchesne.]

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Je me trouve dans la chambre de la maison où j’ai grandi. Attiré à la fenêtre par un vacarme de chantier, j’assiste à une scène imprévue : chez nos voisins de gauche, une énorme pelleteuse creuse dans le petit jardin, juste à la frontière avec le nôtre. Ces travaux provoquent soudain un enfoncement de notre maison, ce qui me conduit précipitamment au dehors. Sous le hangar ouvert qui sert de garage, je retrouve B. (♂), qui me vend un sachet (plastique Zip) de cannabis. Nous sommes rejoints par H. et A., deux amis délurées que, dans la réalité, j’ai perdues de vue depuis longtemps ; à mon réveil j’oublie la conversation qui s’est conclue par une accolade affectueuse avec A.

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Dans la petite ville typique du Sud profond américain (Deep South) nommée Ch. (j’oublie le nom exact à mon réveil [désolé !] mais je le crois formé sur le modèle de Chattanooga, dans le Tennessee), les gens du cru me parlent du Jack Boy. C’est une espèce de monument qui surplombe la ville depuis une colline adjacente et que j’aperçois. D’où je suis, cela ressemble à une sorte de pagode chinoise ou japonaise. Les autochtones emploient l’expression « écrire au Jack Boy » pour désigner leur pratique immémoriale de suspendre à la toiture de cette construction des lettres rédigées de leur main dans lesquelles ils demandent telle ou telle bénédiction – des lettres votives, en somme. Bien que cette pratique païenne détonne dans ce Sud profond, le Jack Boy fait face à un autre problème. Le portrait du Jack Boy, gravé dans le bois, est en effet une représentation jugée offensante d’un Noir, et le Jack Boy doit bientôt subir le même sort que les autres monuments confédérés : être démantelé.

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Je prends des cours d’indonésien à la Harvard Summer School. Pendant l’un de ces cours, nous assistons à la projection d’un film dans une caverne. À la fin du film, la professeure se sépare de ses étudiants avec les mots « Horé béchama », ce qui ressemble à de l’indonésien mais, pour autant que je connaisse cette langue, n’en est pas. La suite du rêve est une méditation sur le sens de ces paroles. Horé existe bien : c’est « hourra » (un emprunt au néerlandais, selon le dictionnaire de Pierre Labrousse). Quand à béchama, qui devrait s’écrire, pour obtenir avec la graphie indonésienne la prononciation que j’ai entendue, bekhama, ou, pour une prononciation proche, becama (prononcer bétchama) ou bejama (prononcer bédjama), le mot ne semble pas exister, sous aucune de ces formes. Le plus proche que je trouve (à mon réveil) est bejana, qui veut dire « vase » (le mot vient du sanskrit). « Hore bejana » se traduirait donc pas « hourra le vase » ; curieuse façon de dire au revoir. Or hore ressemble à sore (prononcer soré), soir, soirée (le mot vient-il du français via le néerlandais ? je l’ignore mais cela m’a toujours intrigué), que l’on trouve par exemple dans la salutation « selamat sore », bonsoir (en fait à partir de quinze heures). Ma conclusion est que « horé béchama » est une façon de dire au revoir qui signifie littéralement « (c’est) l’heure du pyjama », l’heure de mettre son pyjama, donc l’heure de se coucher, et par conséquent veut dire « bonne nuit ». En effet, horé est proche du mot « heure », comme soré est proche de « soirée », et béchama est proche de pyjama. « Horé béchama » est donc l’heure du pyjama (littéralement « heure pyjama » : une simple apposition peut servir à construire un complément du nom en indonésien, qui par ailleurs se passe de l’article défini).

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Avec trois autres lycéens (je rêve que je suis lycéen alors que je ne le suis plus depuis longtemps), deux garçons et une fille, je me rends après les cours dans un petit commerce en libre service près du lycée, où l’on peut acheter snacks et boissons, faire des photocopies, etc.  L’un des garçons, un peu simplet, porte une dague sur lui ce jour-là. Ce que voyant, l’autre garçon s’en saisit et la sort de son fourreau. Il en menace la fille, moitié par plaisanterie moitié par réelle hostilité, et la lui plante dans le visage, juste au dessous du nez. Je crois alors qu’il l’a assassinée mais j’apprends qu’une dague plantée à cet endroit précis n’atteint aucun organe vital et ne provoque même aucune lésion. Après s’être ôtée la dague du visage, la fille, qui n’entend pas laisser passer un tel affront, sort un mini katana, et un duel s’engage entre les deux. Au terme de ce combat, elle se retrouve étendue morte, bel et bien poignardée par la dague cette fois-ci ; pourtant sa mort est accidentelle (c’est un fait incontestable).

Bien qu’il s’agisse d’un accident, le garçon décide de quitter les lieux sans attendre la police, de crainte d’être inculpé par erreur. L’autre, le simplet, finit par faire de même malgré mes tentatives pour l’en dissuader : il craint que sa dague ne l’inculpe. Sur ces entrefaites, d’autres lycéens arrivent en foule. J’explique ce qui s’est passé, les commentaires vont bon train. Je finis par dire que, plutôt que d’attendre la police, je vais aller la prévenir. L’idée est discutée. On commence par vouloir m’en dissuader, en invoquant la personnalité de la morte. Un camarade me raconte une anecdote à ce sujet : il a entendu dire par un autre ami commun qu’un jour ce dernier avait approché le visage de la poitrine de la fille pour l’examiner de plus près, en faisant semblant (autant que possible) de ramasser un stylo, et qu’elle avait bougé sa poitrine de telle manière qu’à travers le pull blanc elle en caressa le visage du garçon. C’est moi qui conclus l’anecdote en disant qu’elle satisfaisait ainsi un penchant (je retiens le mot « lubrique »), ce que le narrateur de l’anecdote confirme en hochant la tête. Je réplique que cela ne change rien à l’affaire, que, même si je n’allais pas à la police, celle-ci finirait bien par tout découvrir. On me dit alors qu’allant d’y aller il faudrait peut-être modifier la position du corps de façon à rendre plus évidente la cause accidentelle de la mort, sa position actuelle pouvant laisser place au doute dans l’esprit des enquêteurs. L’idée fait alors l’objet d’une discussion animée (à laquelle j’assiste sans y prendre part).

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Nous étions trois amis. La première scène a lieu pendant notre adolescence et décrit comment nous avons découvert notre amitié. Une fête nocturne aux lampions est organisée dans un bois automnal par les jeunes d’un même établissement au retour des fêtes de fin d’année (donc en plein hiver). C’est en échangeant des vœux de bonne année avec ces deux-là que je prends conscience du lien qui nous unit. Dans ce rêve, les garçons échangent des vœux entre eux en se faisant la bise.

La deuxième scène représente notre adolescente amitié. Nous sommes dans la chambre de l’un des trois, fumant, discutant, racontant des histoires. Je sors de son paquet une cigarette au papier doré (nous sommes une jeunesse dorée). En la tapotant sur le bureau pour compacter le tabac, je dois – c’est une hypothèse – l’avoir mise en contact avec des cendres encore chaudes car elle commence à se consumer par le filtre – un filtre blanc. Alors je la pose sur le bord d’un cendrier, où j’observe se consumer à vive allure la cigarette au papier doré.

La troisième scène se passe des années plus tard. L’un de nous, J., entretemps a quitté notre trio pour se ranger, car nous étions selon lui des représentants de la bourgeoisie décadente. Dans cette troisième et dernière scène, j’appelle dans le salon G. – nous vivons ensemble pour la commodité de notre vie d’orgies décadente. G. me trouve assis au piano en robe de chambre, pianotant sur quelques touches, devant un invité debout qui a gardé son manteau, et qui est joué par Robert De Niro. C’est J. J’explique à G. que J. est venu nous demander de lui prêter de l’argent car il a été condamné à une amende de 6.000 (la monnaie n’est pas précisée). Je prends un malin plaisir à faire répéter à J. la raison de sa condamnation : « Pour ? » « Pour attentat à la pudeur », répond-il en butant sur les mots, trahissant son embarras et sa honte. Or G. et moi devons nous acquitter régulièrement d’amendes de 50.000 et plus, et cela ne nous appauvrit jamais.

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Deux policiers noirs quittent la police à cause du racisme qu’ils y subissent et se mettent au service d’un riche magnat blanc de l’industrie (que je connais dans la réalité comme employé de bureau mal noté), en tant que gardes du corps. Ce magnat est à la fois homosexuel et amateur de femmes noires. Il connaît le secret pour éviter de contracter la chaude-pisse : le coït avec une femme (apparemment seules les femmes transmettent la chaude-pisse) ne doit jamais dépasser un certain temps, qu’il précise, une durée plutôt courte – autrement dit, il ne faut pas chercher à satisfaire les femmes qui ne peuvent être satisfaites dans ce laps de temps. Ce secret est conservé dans une banale expression idiomatique anglaise, dont je n’aurais jamais su qu’elle parlait de chaude-pisse s’il ne l’avait pas décryptée pour moi. Le magnat fait la fortune des deux gardes du corps noirs.

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Dans une ferme en Australie (avant les incendies, quand il y avait encore des fermes), avec d’autres Européens je suis un stage pour apprendre des techniques agricoles aborigènes. On nous donne un outil griffu pour retourner la terre, chacun sur un bout de parcelle. Les autres sont déjà passés à autre chose que je continue de retourner la terre, car mon zèle me pousse à travailler au-delà de la parcelle qui m’a été confiée. Un responsable blanc de la ferme vient constater que la terre n’est pas bien retournée là où j’ai travaillé. Tandis qu’il me donne des conseils, nous entendons un appel au secours depuis un petit local maçonné au bord du champ. Dans l’obscurité, nous y trouvons un enfant ou adolescent aborigène juché sur des poutres en hauteur, où il a grimpé pour boire de l’alcool en cachette et ne sait maintenant plus comment redescendre. Le responsable, une sorte de contremaître, le tire de là et le conduit dans un hangar où il le fait asseoir à côté d’un autre Aborigène pris lui aussi en flagrant délit de manquement à l’une quelconque des règles de la ferme.

Tous les travailleurs blancs de la ferme sont présents dans le hangar, debout le long des murs ; chacun a été convié à participer à la punition des deux Aborigènes, à savoir leur passage à tabac. En tant que dernier venu parmi les travailleurs blancs, c’est à moi qu’il revient de commencer le tabassage. C’est un autre contremaître, métis de Blanc et de Noir ou Aborigène, aux yeux hallucinés, qui m’explique tout ça. Devant ma surprise et mon malaise, il insiste sur le fait que c’est une pratique nécessaire au bon fonctionnement de l’exploitation (le terme est approprié) et que, si je refusais devant les travailleurs blancs de châtier les délinquants, je compromettrais l’avenir même de la ferme. Je ne peux cependant m’empêcher de trouver cette punition complètement barbare et je réfléchis à une excuse, j’imagine de remplacer ma contribution obligatoire au tabassage des deux malheureux par une lettre que je leur écrirais pour les remettre sur le droit chemin en les adjurant de renoncer à l’avenir à leurs conduites coupables – car je suis un littéraire. Las ! me doutant qu’ils ne savent pas lire, je me réveille pour ne pas avoir à les rouer de coups.

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Dialogue social R-conditionné.

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Dans une Italie sous-développée, je prends le train. Pour les plus pauvres, il existe des places spéciales sur le côté du train, où les passagers s’asseoient les jambes pendantes à l’extérieur. En me penchant par la fenêtre, j’en observe deux : je ne vois que leur giron et leurs jambes. Ce sont deux femmes portant des robes de crépon. Quand le train passe sur une flaque de boue, il la fait gicler, et elle retombe sur ces passagères pauvres.

Arrivé à la gare, je me dissimule à quatre pattes derrière un distributeur de snacks et boissons, d’où j’ai un excellent poste d’observation sur un déjeuner de Mme X entourée d’hommes. Au bout de quelques instants, Mme X s’aperçoit que je l’espionne ; elle n’en fait rien paraître aux personnes qui l’entourent mais je remarque sa satisfaction de se savoir espionnée par un soupirant. Son mari, jusque-là caché par elle (depuis mon poste), recule brusquement sa chaise de la table et regarde dans ma direction par-dessus l’épaule de sa femme, comme s’il s’était tout à coup douté de ma présence. Nos regards se croisent au moment où je replace ma tête derrière la machine (d’où elle dépassait forcément pour que je fusse en mesure d’observer).

La question que je me pose est la suivante : nos regards s’étant croisés, est-il possible qu’il ne m’ait pas vu, ou, au moins, qu’il ne sache pas ce qu’il a vu ?

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Charligone. (Irrégulier.)

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Sans doute à cause d’une grève des transports, je dois traverser une grande partie de la ville à pied. Au passage piéton, je m’engage sur la chaussée, suivant les deux personnes près de moi, et nous manquons de peu de nous faire écraser par une voiture roulant à vive allure. Les deux personnes que j’ai suivies, deux touristes étrangères, qui n’ont pas traversé au bon moment ni regardé du bon côté, me signifient leur frayeur, également en manière d’excuses car c’est en les suivant que j’ai moi aussi failli me faire écraser (bien qu’elles n’eussent aucunement eu à s’excuser puisqu’elles n’étaient pas responsables de la négligence par laquelle je calquai ma conduite sur la leur sans m’assurer par moi-même des circonstances qui nous entouraient). Quand le feu pour piétons passe enfin au vert, la foule traverse.

De l’autre côté, m’apercevant qu’un de mes lacets de chaussure s’est défait, je quitte le trottoir pour un espace un peu surélevé qui le jouxte et qui semble fait exprès à l’attention de ceux qui doivent refaire leurs lacets et ne veulent point déranger les autres piétons. L’endroit étant couvert, il y fait un peu sombre. Alors que je suis accroupi, trois inconnus déboulent dans cet espace, m’y ayant aperçu : un loubard en blouson noir s’accote contre le mur devant moi, les deux autres, des filles miséreuses aux jupes quasiment en loques, l’air de camées, s’interposent entre le trottoir et moi. L’une des filles m’explique que ses frais de stage viennent d’être augmentés de manière unilatérale et injuste et qu’elle a besoin d’argent pour poursuivre ses études. Je dis « non » encore accroupi. Puis, comme j’ai terminé, je me lève pour continuer mon chemin, tout en me doutant que ces gens-là trouveraient à redire. Je parviens sur le trottoir mais le loubard m’y bloque le chemin et m’adresse la parole d’un air menaçant : « Qu’est-ce que tu réponds ? » Je dis : « Je n’ai pas d’argent à vous donner. »

Le dilemme est double.

Tout d’abord, il ne m’a pas été demandé « une petite pièce pour manger », comme le font la plupart des mendiants, mais de l’argent pour payer des études (où je vois du reste une ruse grossière de la fille pour se présenter comme quelqu’un qui veut « s’en sortir » alors qu’il s’agit certainement d’acheter de la drogue). Donner une petite pièce pour me tirer d’embarras semble donc exclu ; la piécette serait refusée, la sollicitation deviendrait plus pressante encore, une fois mon portefeuille sorti, si même le loubard n’en profitait pas tout bonnement pour me l’arracher des mains.

Le second dilemme consiste à respecter l’impératif kantien de ne jamais mentir. Cela exige de ne pas répondre « Je n’ai pas d’argent (sur moi) », car j’en ai (sur moi). Or, quand je dis « Je n’ai pas d’argent à vous donner », cela peut se comprendre de deux manières, soit comme « Je n’ai pas d’argent sur moi » soit comme « Je veux garder tout mon argent pour moi, merci de votre compréhension ». La seconde interprétation est la seule correcte, même si c’est l’autre message que j’espère faire passer de manière convaincante, comme le plus à même de me tirer rapidement d’embarras.

Quoi qu’il en soit, je me retrouve libre en train de courir dans la rue ; j’ai donc échappé à mes agresseurs (en trouvant un moyen de fuir, sans aucun doute, ce qu’atteste un certain sentiment de honte). Sur mon chemin je trouve une batte de baseball cloutée dont je m’empare aussitôt, en cas de nouvelle agression. La saisir m’inonde d’une envie sauvage d’en découdre, je frappe contre les murs avec, tout en ressentant que le véritable plaisir serait de frapper une matière plus molle, comme un visage humain. Plus loin, voyant, dans un renfoncement du trottoir provoqué par l’usure, un paquet de cigarettes vide, je frappe dessus à coups redoublés avec la batte, tout en tenant mon visage près du paquet, et l’écrasement de cette matière molle me provoque une grande satisfaction.

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En Iran, dans un passé proche, mon ambassadeur et moi, second de l’ambassade, sommes invités à déjeuner à l’ambassade britannique avec l’ambassadeur du Royaume-Uni et son second. Il se trouve que nous conduisons dans cette ambassade une opération d’espionnage de grande ampleur et dans la durée. Le jour même, après le repas, mon ambassadeur demande à rester seul quelques instants, sous un prétexte étudié, pour photographier des documents à l’aide d’un appareil miniaturisé dans la bague qu’il porte.

Au cours de la conversation postprandiale que nous avons pendant ce temps, je relève qu’une remarque de mon ambassadeur pendant le repas a éveillé la suspicion de nos hôtes : il a laissé entendre qu’il savait quelque chose qu’il ne devait pas savoir. Je me rends compte que l’entretien, tout en gardant la même cordialité que ci-devant, a pris la forme d’un interrogatoire dissimulé. Je réponds de la manière la plus détachée possible, comme si rien n’était changé.

Lorsque mon ambassadeur finit par nous rejoindre, il ne tarde pas à comprendre à son tour et je perçois, sous des dehors inchangés, une inquiétude grandissante de sa part. Nous continuons ce jeu de fausses mondanités, puis mon ambassadeur est saisi d’un malaise, qu’il met sur le compte d’une indigestion due à la fatigue, et se fait raccompagner. Le second de l’ambassade britannique me fait alors comprendre qu’il voit dans ce malaise l’aveu qu’il attendait car il m’annonce, entouré de soldats, que je vais être conduit devant une personne qui nous démasquera définitivement. Le rêve se termine sur ces paroles, tandis qu’il me pousse devant lui d’un geste brutal mettant fin à toute politesse diplomatique. Je suis leur prisonnier.

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À trois heures du matin, dans mon lit, à la lumière d’une lampe de chevet, je consulte la carte des mets qui peuvent m’être livrés (ou simplement servis depuis les cuisines de la résidence, si je demeure en résidence-services, ce qui n’est pas entièrement clair). Tout ce qui peut être commandé à cette heure est pré-préparé et ne demande aucun travail en cuisine, sauf une chose : une crêpe au chocolat fondu en verrine, qui requiert de faire fondre le chocolat, lequel, une fois fondu, sera versé dans la verrine, où l’on plongera ensuite la crêpe artistement. C’est ce que je décide de commander, non sans un certain sentiment de culpabilité, et sans aucune certitude d’être servi car peut-être que personne n’acceptera de travailler en cuisine à trois heures du matin.

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L’inventeur du « bleu Jol », un cyan cramé, a également inventé un jeu de société. Il se lamente du succès de son jeu auprès du public car ce succès risque de le faire déréférencer du Gault et Millau des jeux, le Games & Armours. Il explique ou tente d’expliquer les raisons de ce paradoxe.

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3 poèmes inédits

Pour le numéro 178 de la revue de poésie Florilège, j’ai envoyé quatre poèmes inédits (de 2019) dont un a été retenu (et paraîtra donc dans la revue en mars 2020). Je publie ici les trois autres.

Indignement condamné je
suis sans beaucoup d’égards jeté
depuis la plateforme du vaisseau-pénitentiaire
sur ou plutôt dans la planète gazeuse des supplices
convexe Cénote
où mon corps missile plonge
et disparaît
après avoir troué l’horizon de nuages échevelés

Dans cette aveugle sphère

après un milliard de décharges électriques
je crève les turbulences au point symétrique
(non sans quelques fourmillements dans les membres)
car entendez-moi rien

ne put dévier ma chute

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J’invoque ton nom

J’invoque ton nom
qui se prononce
comme
Comment t’appelles-tu ?

Oui
Comantapeltu
Roi des faibles
je suis de tes sujets !

Et alors ?
Je te fais honte
Je fais honte même au Roi des Rois
des faibles !

Tu es tellement faible que tu as honte pour tes sujets
Tu ne peux régner c’est-à-dire les exploiter
tellement leur faiblesse te fait honte
et tellement tu es ainsi faible
et tellement ta faiblesse leur fait honte

Pourtant ils sont faibles

Autant que toi

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L’histoire nous apprend

L’histoire nous apprend
Que le bien et le mal
Sont bien et mal
C’est-à-dire le bien bien et le mal mal
(Et non chacun des deux les deux
ce qui n’aurait aucun sens)
Mais parfois
Le bien d’autrui vaut mieux que deux tu l’auras
On est d’accord

Les belles lettres forment un bel esprit
– Ce que Kant appelle un singe

Et Schopenhauer s’étonnait
Que Kant eût si bien pu parler du beau
Sans avoir jamais vu la moindre œuvre d’art
(à Königsberg en Prusse orientale)
Schopenhauer conclut que Kant parlait du beau comme un aveugle
Mais bien

Twit27 L’art de la décapitation symbolique

Anthologie Twitter Dec 2019-Jan 2020 FR-EN

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Un humoriste était poursuivi pour injure pour avoir traité une politicienne de « conne ». « Le tribunal a jugé que cela relevait du débat et de la polémique normale en démocratie », donc relaxe. « Con » n’est pas une injure ? Personne n’y comprend rien, à vos lois !

Guy Bedos, l’humoriste en question, a traité Nadine Morano de « conne », de « salope » et de « connasse ». Il a été relaxé en première instance, relaxé en appel et relaxé en cassation (en 2017). À bon entendeur salut.

Merci à Nadine Morano d’avoir, par sa détermination sans faille, permis aux Français de s’ôter le doute, après trois relaxes contre sa plainte, quant au fait que « con/conne », « salaud/salope », « connard/connasse » ne sont pas des injures aux termes de la loi française.

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Delevoye Gate (Suite : Pour la 1e partie, voyez ici)

Les services du Premier ministre auraient dit (selon le journal Le Point) : « C’était à lui [Delevoye] de nous informer et de demander s’il pouvait cumuler salaire privé/public, il ne l’a pas fait. On ne peut pas présumer que les gens vont tricher. Nous ne sommes pas la police. » Incroyable… aveu. Si les services ne rappellent pas aux nouveaux venus les règles, en particulier les plus sensibles comme celles relatives aux conflits d’intérêts, qui peuvent d’ailleurs être d’interprétation difficile, il ne faut pas s’étonner des conséquences… À peu près n’importe qui peut être nommé ministre ; vous croyez qu’un joueur de rugby, par exemple, connaît sur le bout des doigts, en arrivant, la législation sur les conflits d’intérêts ? Non, les services sont là pour rappeler les règles et travailler aux régularisations nécessaires.

ii / La mission de police constitutionnelle

Delevoye ne peut être seul en cause dans une affaire de manquement constitutionnel (à savoir, de manquement à l’article 23 de la Constitution). Avant tout, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) n’est pas constitutionnalisée mais les incompatibilités entre poste ministériel et certaines fonctions le sont : la HATVP n’est donc pas gardienne de l’article 23.

Or ; là où il y a des règles, il y a ceux à qui elles s’appliquent et ceux qui en vérifient la bonne application. Delevoye était celui à qui s’appliquait l’article 23. Qui sont ceux qui vérifient l’application ? Pas Delevoye lui-même. Ni la HATVP, qui n’est pas constitutionnalisée. Les gardiens de l’article 23, c’est le gouvernement lui-même, quand il accueille un nouveau ministre, c’est-à-dire ceux qui disent aujourd’hui : « On ne peut pas présumer que les gens vont tricher. Nous ne sommes pas la police. » Or ils sont la police de l’article 23, eux et personne d’autre.

Le gouvernement est co-responsable du respect de la Constitution par les ministres. Il n’est pas responsable de leurs agissements pénaux mais de leurs agissements constitutionnels, donc, ici, des manquements constitutionnels de Delevoye.

La police judiciaire (PJ) n’a pas dans ses attributions d’enquêter sur des manquements constitutionnels. Au sujet des infractions pénales de Delevoye, le gouvernement peut certes dire « Nous ne sommes pas la police » mais au sujet de la violation de l’article 23 de la Constitution il est la police.

La police judiciaire et le parquet n’ont pas dans leurs attributions d’enquêter sur les manquements constitutionnels. La police de l’article 23 enfreint par Delevoye échappe à la PJ ; c’est une police constitutionnelle et non judiciaire. « Nous ne sommes pas la police » est donc inexact de la part des services du Premier ministre ; certes, ils ne sont pas la PJ, mais ce sont les seuls à exercer la police constitutionnelle de la prévention des infractions à l’article 23.

La « police constitutionnelle » 😂 😂 😂 (AffreuxD)

Sur le modèle de la police administrative, chargée de la prévention des troubles à l’ordre public, il va de soi que les organes constitutionnels ont un pouvoir de police constitutionnelle visant à prévenir les violations de la Constitution.

Indépendamment de toute infraction pénale, M. Delevoye a démissionné pour non-respect de l’article 23 de la Constitution. En cas d’infraction pénale, selon la jurisprudence dite Bérégovoy-Balladur un ministre est tenu de démissionner quand il est mis en examen. M. Delevoye n’était pas mis en examen quand il a démissionné. Sa démission est purement la conséquence d’un manquement constitutionnel.

La police judiciaire et le parquet sont hors de cause tant dans le manquement constitutionnel que, en tout état de cause, dans le fait que de possibles infractions pénales n’ont pas été prévenues (la prévention relève de la police administrative).

Même si l’on ne veut pas parler de police constitutionnelle pour le manquement constitutionnel, qui donc doit exercer la police administrative en veillant à prévenir les prises illégales d’intérêts (en tant qu’infraction pénale) par un membre du gouvernement, sinon les services du Premier ministre ?

Delevoye n’avait pas à démissionner pour une infraction pénale puisqu’il n’était pas mis en examen. Il a démissionné pour un manquement constitutionnel, dont les sanctions ne relèvent pas de la loi, dans la hiérarchie des normes. La HATVP n’étant pas constitutionnalisée, elle ne connaît pas des manquements constitutionnels. Le manquement étant caractérisé, la responsabilité des organes constitutionnels, sur le modèle de la responsabilité de l’État dans les défaillances de police administrative, est engagée.

« La HATVP n’étant pas constitutionnalisée, ne connaît pas des manquements constitutionnels. » Ça n’a aucun sens. Un tribunal administratif lambda n’est pas « constitionnalisé » et pourtant passe son temps à vérifier la conformité du règlement à la Constitution… (Ibid.)

Le Conseil d’Etat étant constitutionnalisé, par exemple à l’article 61-1 de la Constitution, c’est toute la juridiction administrative qui l’est. La HATVP ne peut servir à l’exécutif à se défausser de sa responsabilité. En admettant Delevoye parmi ses membres, il a fait preuve de négligence.

La mission de police administrative engage la responsabilité de l’État, y compris sans faute (réparation des blessures par arme dangereuse aux tiers à des opérations de police, indemnisation des victimes d’attentats terroristes, indemnisation des commerces ayant subi des dommages à la suite d’attroupements sur la voie publique, etc). Or il existe une mission de « veiller au respect de la Constitution », qui est également préventive.

Toute définition d’une infraction et d’une sanction relève de la loi, c’est l’article 34 de la Constitution. Par ailleurs, la règle constitutionnelle violée est son article 23, qui renvoie explicitement à la loi organique pour définir sa mise en œuvre. (Ibid.)

Si le gouvernement passe outre par exemple l’article 35 de la Constitution (envoi de troupes à l’étranger après information du Parlement), c’est une infraction dont nulle juridiction ne connaît (théorie des actes de gouvernement). Si la loi organique de l’article 23 est muette ou n’existe pas, idem.

Elle n’est pas muette mais effectivement assez sibylline. Après il appartient à la loi pénale de créer une peine pour sanctionner la violation ; en l’espèce ça ressemble à de la prise illégale d’intérêts. (Ibid.)

Le cas pénal de Delevoye n’est pas le sujet puisqu’il a démissionné avant toute mise en examen. Il s’agit du cas d’un exécutif qui a failli dans sa mission de « veiller au respect de la Constitution », et des réparations que le peuple français est en droit d’exiger et d’obtenir.

Tout comme l’article 432-12 du code pénal (prise illégale d’intérêts) et tout comme la loi organique prise en application de l’article 23, l’article 23 lui-même est une norme juridique. Cette norme exige que le gouvernement ne nomme aucun membre qui ne la respecte pas. L’exécutif a failli.

Si vous lisez l’ordonnance organique en question : « Pour chaque membre du Gouvernement, les incompatibilités établies à l’article 23 de la Constitution prennent effet à l’expiration d’un délai d’un mois à compter de sa nomination. » La faute n’était pas la nomination, c’est l’absence de démission de Delevoye de ses fonctions dans le délai imparti. Après ce que je comprends de votre argumentaire c’est qu’il y aurait eu une carence du pouvoir exécutif (au titre de ses pouvoirs de police) dès lors qu’il n’a pas édicté de norme règlementaire ayant permis d’éviter que Delevoye fraude, c’est bien ça ? (Ibid.)

Non, la faute est de nommer une personne ministre (qui peut être n’importe qui, un joueur de rugby, par exemple) en croyant qu’elle connaît déjà sur le bout des doigts les règles s’appliquant aux membres du gouvernement et que nul au gouvernement n’avait donc à la « briefer ». Quand un joueur de rugby ou de ping-pong est nommé ministre, il y a forcément quelqu’un qui vient lui parler de l’article 23 de la Constitution et de quelques autres subtilités juridiques. Qui est cette personne dans les actuels services du gouvernement ?

La préparation de le composition du gouvernement est coordonnée par le SGG [Secrétariat général du Gouvernement]. Mais, un mois après la nomination, un ministre dispose d’un cabinet assez large, d’un SG et généralement de plusieurs directions générales d’administration centrale pouvant lui donner tout conseil utile. (Ibid.)

[L’échange se clôt sur cette parole de mon contradicteur, à qui je laisse le dernier mot sans rien changer à mon opinion.]

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On est en train de confier la liberté d’expression à des algorithmes ! (Lucille Rouet, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, 19.12.2019, sur la proposition de loi Avia « contre la haine sur Internet »)

C’était la couche suivante. La couche en-dessous dans les sables mouvants. Aux États-Unis on pense, en France on se demande ce qu’on a le droit de penser.

« La plateforme peut être sanctionnée si elle ne réagit pas ou pas assez vite. En revanche aucune peine n’est prévue en cas de retrait abusif. Résultat : on encourage les plateformes à censurer à titre préventif. » « On encourage » est une litote : c’est une véritable pression.

« La question est traitée d’abord par les plateformes, ensuite par le CSA et enfin par un observatoire. Le juge n’occupe plus qu’une place anecdotique. » Repose en paix, loi de 1881.

1881 : « D’un système préventif à un système répressif où seuls les délits sont réprimés, sans possibilité de censure a priori. » Le système redevient préventif, avec censure a priori par l’autorité administrative (avant tout jugement). – D’un autre côté… il ne peut pas y avoir de délit de presse quand il y a censure a priori !

En réalité, une collectivité qui accepte de punir de peines privatives des « délits de presse » (qui seraient mieux nommés délits de parole – à l’attention de ceux qui ne sont pas familiers avec ces dénominations abusivement trompeuses) peut difficilement argumenter contre la censure a priori.

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Je me demandais quel ministre se ferait choper en vacances au soleil pendant que le pays est en proie à une colère grandissante. Que ce soit la ministre des transports est inespéré. (Bruno Gaccio)

Il devrait être interdit aux ministres en exercice de partir en vacances à l’étranger, où ils sont forcément l’objet de pressions des autorités étrangères, de lobbying d’intérêts étrangers, en l’occurrence ici de la monarchie marocaine.

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#RégimesSpéciaux En capitalisme, les inégalités entre travailleurs sont choquantes (il faut donc une réforme des retraites) mais les inégalités entre travailleurs et capitalistes ne sont pas choquantes. À bas les inégalités entre travailleurs ! 😂

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New Zealand man jailed for 21 months for sharing Christchurch shooting video. (BBC News, June 2019)

Making it a crime to possess a shooting video is a violation of freedom of speech. It amounts to claiming that the government must be the only source of truth. The only source of truth will be at the same time the agency that restricts access to evidence.

Under a constitutional regime the government can make no claim to being an authority as to what the truth is. Hence, by restricting access to evidence it overrides its constitutional function and mocks constitutional liberties.

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Arrêtez vos ghosneries

« Je n’ai pas fui la justice, je me suis libéré (…) de la persécution politique » : Carlos Ghosn confirme dans un communiqué avoir fui le Japon pour le Liban. (Europe 1)

S’il vous plaît, Amnesty France, faites quelque chose pour cette personne persécutée en raison de ses idées… 🙄

ii

X-Or vs Carlos Ghost alias Fantômas

Moshi-moshi, Carlos, ici Tokyo : le Shérif de l’espace vient te chercher ! 😘 🇯🇵

宇宙刑事ギャバン

iii

#Parodie Les voeux du Père Zi Dent: Carlos Ghosn a droit à l’aide consulaire de la France. Certes, il existe sans doute des accords d’entraide judiciaire entre la France et le Japon mais rappelez-vous quand même de quel côté étaient les yakitori pendant la guerre…

Post-scriptum. Le kwassa-kwassa amène du Comorien, c’est différent.

iv

Le Liban a reçu d’Interpol un mandat d’arrêt international visant l’ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn (Reuters). (Brèves de presse)

« Une notice rouge consiste à demander aux services chargés de l’application de la loi du monde entier de localiser et de procéder à l’arrestation provisoire d’une personne dans l’attente de son extradition, de sa remise ou de toute autre procédure judiciaire. » (Site Interpol)

Verrons-nous bientôt la figure de Ghosn sur le tableau d’Interpol à côté de Lugo, Elmer, Ivan, José-Daniel et compagnie ?

La demande d’arrestation de Carlos Ghosn déposée par Interpol est faite dans le but de l’extrader vers le Japon ou de le soumettre à une juridiction. Or le Liban n’a pas d’accord d’extradition avec le Japon et Carlos Ghosn n’est nullement poursuivi au Liban. (El Gary)

Le Liban est membre d’Interpol, ce qui signifie qu’il a des obligations envers l’organisation et les autres États membres, dont le Japon. Ce qu’est censé faire le Liban, membre d’Interpol, qui a sur son territoire un fugitif recherché par l’organisation, il me semble que cela va de soi…

S’il ne faisait rien, le Liban romprait ses engagements auprès d’Interpol. Il doit donc arrêter Ghosn et le livrer à qui de droit au titre de son engagement multilatéral (dans Interpol), même en l’absence d’accord bilatéral avec le Japon.

L’absence d’accord bilatéral ne doit pas empêcher une extradition, qui serait un acte de gouvernement démontrant de bonnes relations diplomatique entre le Liban et le Japon. (Si c’est impossible, l’extradition peut à la rigueur passer par un État tiers ayant convention avec le Japon.) Les deux États devraient pouvoir régler la question au niveau diplomatique même en l’absence d’accord bilatéral préalable, puisque Interpol, dont le Liban est membre, va dans le même sens que le Japon.

v

Lebanese lawyers want Ghosn prosecuted over Israel trip. (France 24, 2.1.2020)

Ghosn pourrait être inquiété au Liban pour avoir enfreint en 2008 la loi libanaise (“for the crime of having entered an enemy country and violated the boycott law“). Un rapport vient d’être remis au parquet libanais.

vi

Médias français : « Rien n’oblige le Liban à arrêter Carlos Ghosn. » Rien ne l’y oblige si ce n’est sa signature au bas de l’acte de ratification de la charte d’Interpol par lequel l’État libanais s’oblige vis-à-vis de l’organisation. Si le Liban n’arrête pas Ghosn après la notice rouge d’Interpol, ce pays doit être exclu de l’organisation internationale.

vii

Ghosn lawyer feels betrayed over tycoon’s Japan escape (tribune.net.ph)

« L’avocat de Carlos Ghosn se sent trahi par l’évasion du tycon. » Personne ne se demande si Ghosn a bien payé tous ses honoraires à son avocat japonais avant de s’enfuir du Japon.

Carlos Ghosn a-t-il payé ce qu’il doit à son avocat japonais ? L’avocat de Ghosn devait contractuellement recevoir des honoraires jusqu’au terme de la procédure. En s’enfuyant, Carlos Ghosn a, me semble-t-il, rompu le contrat de manière unilatérale.

viii

L’affaire Carlos Ghosn selon la bourgeoisie nihiliste : « Il y aura un film. »

ix

‘Pretty much everybody prosecuted gets convicted:’ Carlos Ghosn exposes Japan to new scrutiny. (finance.yahoo.com)

‘Pretty much everybody prosecuted gets convicted.’ This may mean that Japanese prosecutors are cautious before sending people before a court, unlike French prosecutors who send almost anybody and there is no compensation for the damages caused by their rash decisions. Ghosn thinks ‘Pretty much everybody prosecuted gets convicted’ is an indictment of Japan’s judiciary and thus a point in his defense, but it may be a virtue rather than a vice.

Let’s assume with Carlos Ghosn that nearly 100% of people prosecuted in Japan are convicted [it is a fact, see below]: That says nothing about the rate of judicial miscarriage in this country. On the other hand, a rate of, say, 50% would show a tendency to prosecution-mindedness that must result in miscarriage. As a matter of fact, it’s either ‘Pretty much everybody prosecuted gets convicted’ or ‘Many prosecuted people are found innocent.’ The latter hints at either prosecution-mindedness or defective investigation skills or both, and thus at miscarriage of justice. Furthermore, when ‘Many prosecuted people are found innocent,’ those innocent and yet prosecuted citizens are subjected to appalling ordeals for which they will never be properly compensated (when they escape miscarriage of justice to begin with).

Japan’s measures of precaution are not in the interest of the people it claims to protect. Those measures are designed to ensure the Prosecution gets a conviction that will never reach appelate court. That’s why nine in ten convictions rely on confessions. (Th. H., posting an Al Jazeera documentary about Japan’s judicial system, dealing at length with a resounding case of judicial error)

Judicial errors are appalling in every country, no matter the ‘‘logic’’ by which they occur. “Various studies estimate that in the U.S. between 2.3 and 5% of all prisoners are innocent.” (Wkpd Miscarriage of Justice) Still Carlos Ghosn has no right (that I know of) to forum-shopping for the “best” criminal court.

There is no reliable statistic for Japan on such numbers because their Judiciary refuses to say they have been wrong. (Ibid.)

The Japanese system has been studied: Mark Ramseyer (Harvard) & Eric Rasmusen, 2000, I find confirm my opinion: “In the matter relating to Japanese prosecutors being extremely cautious, the paper found ample evidence for it.” (Wkpd Criminal justice system of Japan and for the paper itself here) & “Japan’s prosecutors only bring the most obviously guilty defendants to trial, and do not file indictments in cases in which they are not certain they can win.” & “The prosecutors may decide, for example, not to prosecute someone even if there is sufficient evidence to win at trial, because of the circumstances of the crime or accused. Article 248 of the Japanese Code of Criminal Procedure states: ‘Where prosecution is deemed unnecessary owing to the character, age, environment, gravity of the offense, circumstances or situation after the offense, prosecution need not be instituted.’#Wisdom

Those words aren’t worth the paper they’re written upon. (…) And “character”? My, what a weasel word that is. What is the legal precedence that defines character? Or is this written in Japan’s legal code of “how to be a human being, or else”? (Th. H.)

Were it not for the results: “For a summary of the literature suggesting a high accuracy rate in the Japanese judiciary, see Johnson, supra” (Ramseyer & Rasmusen, footnote 53) “Johnson” is footnote 3: “The parallel between Japanese confessions & U.S. plea bargains is made explicitly in David Ted Johnson, The Japanese Way of Justice: Prosecuting Crime in Japan ch. 7 (PhD Dissertation, Univ of California, Berkeley, 1996)” [Thus, Th. H.’s argument regarding confessions in the Japanese judicial system could serve as an argument against plea bargains in America, or, conversely, serves no purpose at all.]

x

‘Pretty much everybody prosecuted gets convicted’: Carlos Ghosn explains he jumped bail and fled from Japan because the country has one of the best judicial systems in the world!

Ramseyer & Rasmusen, 2000: “Are Japanese courts convicting the guilty and innocent alike, or are prosecutors merely choosing the guiltiest defendants to try? Absent independent evidence of the guilt of the accused, one cannot directly tell. In this article we pursue indirect evidence on point.

If prosecutors in Japan prosecute a higher percentage of guilty defendants than in the US, higher conviction rates will result under unbiased adjudication. We ask whether the Japanese judicial bureaucracy does reward unbiased accuracy, or instead rewards convictions.

The conclusions are detailed in Ramseyer & Rasmusen, Why Is the Japanese Conviction Rate So High? This scholarly work wrecks Ghosn’s self-justification.

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Israel is about to use an old British Mandate-era emergency act to impose a nighttime curfew on Palestinians living in East Jerusalem. (Sarah Wilkinson)

Israel has been applying a state of emergency (giving extra powers to the government and curtailing basic rights) since 1948. With its 70-year-long state of emergency, that state is a gibe at the essence of constitutional thinking.

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Une annonce inquiétante mais passée presque inaperçue : Macron annonce qu’il prendra « de nouvelles décisions » contre « les forces qui minent l’unité nationale » dès les semaines qui viennent. (Nantes Révoltée)

Ce ne sont pas des vœux, ce sont des menaces…

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L’histoire du mentaliste qui n’avait jamais compris que sa femme simulait…

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For a belief to be protected under the Equality Act 2010, it must meet a series of tests including being worthy of respect in a democratic society. (The Independent, UK)

You call that freedom? It’s always the government tells what is worthy of respect when the law says things must be worthy of respect.

As I hear of a League Against Cruel Sports (‘‘Campaigning to expose and end cruelty to animals in the name of ‘sport’’’), cruelty to animals (in the name of sports) must be worthy of respect in a democratic society as an NGO campaigns for ending it and so far the legislator, the government, the police, the judiciary haven’t been aware that it is unworthy of respect.

Thus an employee with a “philosophical belief” in the benefits of cruelty to animals (in the name of sports) is protected by Equality Act 2010 while protection is restricted to beliefs “worthy of respect in a democratic society.” And yet again Equality Act is apt to stifle all kinds of dissent.

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Est justifiée l’hospitalisation sous contrainte de celle qui « reste convaincue d’idées bizarres concernant la survenue prochaine d’une apocalypse et d’une troisième guerre mondiale ». Cour d’appel de Colmar, 23 mai 2016. (Curiosités Juridiques)

C’est officiel : la Troisième Guerre mondiale n’aura pas lieu…

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A Deep-State Hatred

In 2011, Trump believed Obama would start a war with Iran to help win an election. (NowThis, Jan 3)

If all U.S. presidents nowadays show signs of wanting a war with Iran, is there a Deep State after all?

ii

You are outraged an Iranian murderous maniac is dead? Why? (C. Kirk, ‘’Chairman of Trump Students,’’ to Rep. Ilhan Omar)

Lynch Law mentality applied to international relations… No surprise from a country – the USA – that always refused to be part of the International Criminal Court.

[To be sure, Iran is in the same relationship to the ICC as the US.]

iii

Officials presented the president with options. The Pentagon tacked on the choice of targeting Suleimani mainly to make other options seem reasonable. They didn’t think he would take it. When Mr. Trump chose the option, military officials, flabbergasted, were alarmed. (NY Times)

I’m not sure what that says about who is the most unwise: Potus or the Pentagon. I guess the Pentagon. (Just saying in case this pretty story is made up to cover the Deep State.)

iv

Soleimani had a hand in: —The attack on Benghazi —The attack on the US Embassy in Iraq —Transmitting 9/11 terrorists through Afghanistan —Failed assassination attempts of foreign leaders on US soil —The killing on 600+ Americans. THIS is who Democrats are defending? (C. Kirk)

Not to mention “the death of millions of people” (Trump’s tweet of Jan 3)

Transcript: “General Qassem Soleimani has killed or badly wounded thousands of Americans over an extended period of time, and was plotting to kill many more… but got caught! He was directly and indirectly responsible for the death of millions of people, including the recent large number of PROTESTERS killed in Iran itself. &c

v

#IranPlaneCrash

When a Boeing plane crashes in Iran during a crisis between this country and the U.S., one easily forgets that Boeing CEO Muilenburg had just resigned after two #Boeingcrash’es elsewhere, Boeing planes being hazardous… What’s more likely, then?

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Le policier reconnaît un tir de LBD blessant un lycéen, le parquet le blanchit. (Mediapart)

Quand les forces de l’ordre sont en cause, il ne faut pas saisir le juge pénal (qui se base sur des enquêtes de police) mais le juge administratif (JA). Pour le JA, le LBD est une « arme dangereuse » dont l’utilisation déclenche le régime de responsabilité sans faute de l’État.

Je ne suis pas un professionnel du droit mais quand je vois toutes les personnes blessées et mutilées par les forces de l’ordre qui saisissent le juge répressif en y croyant, et ignorent complètement le JA, je me dis que les avocats de ce pays sont des parasites.

(Et les journalistes ne valent pas mieux puisque même ceux qui sont spécialisés dans le droit semblent ignorer le fonctionnement des juridictions, à savoir qu’il existe un juge administratif qui juge la responsabilité de l’État.)

« Les affaires de Flash-Ball devant la juridiction administrative ne sont pas légion. La voie devant le juge pénal étant systématiquement empruntée, les requérants ont rarement actionné le juge administratif. » (Lien : La responsabilité de l’État du fait de l’utilisation d’un Flash-Ball) Le plaignant, dans l’arrêt CAA 2018, reçoit 86.400 euros en appel.

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Une idée répandue est qu’aider les gens les rendrait paresseux et les encouragerait à profiter du système. Nos expériences montrent le contraire : plus on aide les gens, plus ils sont capables de sortir de la pauvreté dans laquelle ils étaient enfermés. (Esther Duflo, Prix Nobel d’économie)

Pourquoi les riches voudraient-ils que leur argent, via l’impôt, permette à des pauvres de les concurrencer en sortant de la pauvreté ?

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Xénopsychologie judiciaire

Est justifiée l’hospitalisation sous contrainte de celui qui attend toute une nuit dans un champ les soucoupes volantes pour l’amener sur Vénus. CA Aix-en-Provence, 8 juillet 2015 (Curiosités Juridiques)

Je commence à suspecter vos présentations. Ce tweet ne devrait-il pas être rédigé comme suit : « Est justifiée l’hospitalisation sous contrainte de celui qui parmi d’autres éléments de son bilan psychiatrique attend toute une nuit dans un champ etc » ? C’est un bilan général qui peut justifier une hospitalisation sous contrainte et non des éléments qui, pris isolément, relèvent des opinions des personnes et ne regardent qu’elles. On a le droit dans une société pluraliste de croire aux ovnis et aux rencontres du troisième type.

The SETI Institute’s senior astronomer, Seth Shostak, estimates that there are between ten thousands and one million planets in the Milky Way containing a radio-broadcasting [intelligent] civilization. Carl Sagan estimated around a million in the galaxy, and Drake estimated around ten thousand.” (Ray Kurzweil, The Singularity Is Near, 2005)

La NASA a déjà pris des décisions fondées sur la détection d’ovnis [au moins une décision] : « Le retour de la navette sur Terre devait avoir lieu le 19 septembre, mais il fut retardé d’environ 24 heures car plusieurs objets non identifiés se trouvaient dans les hautes couches de l’atmosphère, rendant la rentrée de la navette risquée. » (Wkpd STS-115)

ii

Pas super malin TPMP d’avoir diffusé la vidéo de Stefanyshyn-Piper en disant qu’elle s’était évanouie à cause des UFO. Ça s’appelle de la désinformation et c’est dangereux. Elle subissait juste la transition de l’impesanteur (sic) à la gravité terrestre à son retour de mission. (TheWiseRafiki, oct. 2019)

La NASA explique que les évanouissements sont fréquents au retour des astronautes sur terre mais ne dit pas pourquoi, alors que des conférences de presse au retour sur terre ont toujours lieu, les astronautes ne s’évanouissent pas en général ; cela s’est produit seulement avec Heidemarie Stefanyshyn-Piper.

La seule astronaute connue à s’être évanouie lors d’une conférence de presse au retour sur terre, ce fut au moment où elle disait : « Nous avons vu quelque chose… que nous n’avions jamais vu avant. Et quand j’ai ouvert la porte, il y avait aussi quelque chose de différent… »

Le seul évanouissement filmé en conférence de presse a donc eu lieu quand l’astronaute allait parler d’une chose « jamais vue avant » et après un report de l’atterrissage par la NASA en raisons d’objets non identifiés.

La NASA dit que ces choses qui ont retardé l’atterrissage et que l’astronautes dit n’avoir « jamais vu avant » étaient… des « débris spatiaux » (Wkpd STS-115). Tout s’explique 🙄

En réalité, la conclusion qui s’impose, suite aux explications des événements par la NASA, est que leurs astronautes sont susceptibles de confondre des débris spatiaux avec quelque chose de « jamais vu » ou d’avoir des hallucinations alors qu’ils sont censés être triés sur le volet…

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#AustralianFires The Solid State Entity (or Intelligence) SSE/SSI needs a dry planet whence all organic life (water bodies) has disappeared, as water/humidity is corrosive to It.

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Finlande : vers une semaine de travail de quatre jours, six heures par jour ? (Journal Fakir)

Dans un pays riche, on peut vivre mieux. Mais la France n’a pas le niveau de la Finlande… (Marmelade-Actu)

En termes de PIB par habitant (en parité de pouvoir d’achat), la Finlande et la France se talonnent. Pour le FMI (2017), la Finlande est au 27e rang, la France au 29e. Pour le CIA Factbook (2017), la Finlande est au 37e rang, la France au 39e. Pour la Banque mondiale (2016), FL 27e, FR 31e. [Chiffres de la page Wkpd Liste de pays par PIB (PPA)] La page Wkpd en anglais a des chiffres plus récents. La Finlande et la France se sont encore rapprochées (FMI 2018 : 24e et 25e). Elles sont grosso modo au même niveau pour le PIB per capita, un indice du niveau de vie.

Un vrai bon indice du niveau de vie serait un indice synthétique du PIB par tête et du coefficient de Gini (qui mesure les inégalités de revenus). La Finlande a une répartition sensiblement plus égalitaire (Gini 26,8) que la France (37,2). Puisque la Finlande a un PIB par tête comparable à celui de la France (très légèrement supérieur) et en même temps un Gini bien plus égalitaire, chez eux la semaine de 24 heures (payée 35) aura un effet moins égalisateur qu’elle ne l’aurait chez nous, car ils partent de plus loin dans l’égalité.

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En France, on est libre de ne pas avoir de papiers d’identité sur soi et la police est libre de vous embarquer si vous n’avez pas de papiers sur vous. Tout le monde est libre, quoi.

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L’enquête déterminera si Rémi Chouviat [décédé à la suite d’un plaquage ventral par la police] avait une faiblesse cardiaque. (Un représentant syndical policier)

Le plaquage ventral est interdit dans de nombreux pays car il peut être fatal même pour des personnes sans faiblesse cardiaque. (« Cette pratique demeure interdite dans de nombreux pays en raison de sa dangerosité », selon la Ligue des droits de l’homme)

Par ailleurs, comment une faiblesse cardiaque disculperait-elle les auteurs d’un plaquage meurtrier qui savaient que si la personne avait une faiblesse cardiaque elle mourrait et ne se sont pas enquis de l’état cardiaque de la personne ?

En 2007, notre pays a été condamné par la Cour européenne des droits de l’homme après la mort d’un homme interpellé suite à cette technique. (BFMTV)

En France, la technique est même interdite pour la police aux frontières. Wkpd : « La mise en décubitus ventral est autorisée en France, à l’exception des forces de la police aux frontières, depuis un décès en 2003. » Qu’est-ce qui justifie le distinguo ? Notre pays doit interdire cette pratique complètement puisqu’elle l’interdit déjà pour sa police aux frontières et qu’une différence de traitement ne paraît pas justifiée.

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L’art de la décapitation symbolique

Décapitation de Macron: non-lieu pour tous les gilets jaunes poursuivis. (Camille Polloni, journaliste) #Angoulême

Une excellente nouvelle au terme de cette procédure indigne. Il faut rappeler que, quand cette décapitation symbolique a eu lieu, la médiatique Kathy Griffith, aux États-Unis, venait de décapiter Donald Trump et que la vidéo et/ou les photos étaient devenues virales, mais pas de justice saisie dans ce pays libre.

J’encourage ces Gilets Jaunes et leurs avocats à poursuivre les auteurs de la plainte abusive à leur encontre. [Il est malheureusement à craindre que leurs modestes moyens financiers les en dissuadent.]

ii

C’était du lawfare contre l’expression de l’opposition. Ce non-lieu ne doit pas être la fin de l’histoire. Des citoyens libres ne doivent pas être inquiétés pour l’expression de leur opposition politique ; ces Gilets Jaunes ont droit à réparation du préjudice.

Ces personnes n’auraient jamais dû se retrouver sur un banc de justice. Qui réparera le préjudice qu’elles ont subi ? L’un d’eux « a été placé sous contrôle judiciaire pendant plus de six mois, interdit de rencontrer les deux autres mis en cause et de se présenter sur les ronds-points occupés par les gilets jaunes. Sans compter les pointages hebdomadaires au commissariat. » (francebleu. fr 8.1.2020) Réparation !

Le Premier ministre avait appelé à des poursuites sur Twitter : « Il est hors de question de banaliser de tels gestes qui doivent faire l’objet d’une condamnation unanime et de sanctions pénales. » Ces propos doivent faire l’objet de sanctions. Cette diffamation, cette provocation à la haine envers des citoyens qui exerçaient pacifiquement leur droit d’expression et d’opposition politique, doit faire l’objet d’une condamnation unanime. La décapitation d’un mannequin leur a valu [à valu tout du moins à l’un d’entre eux], à cause d’un parquet aux ordres de l’exécutif, six mois de contrôle judiciaire avec pointage hebdomadaire obligatoire, avant un non-lieu judiciaire total. Il est hors de question de banaliser de telles paroles et pratiques gouvernementales incendiaires, autoritaristes et liberticides, qui doivent faire l’objet d’une condamnation unanime et même de sanctions pénales. Ces Gilets Jaunes doivent en outre recevoir réparation pour les tribulations qui leur ont été infligées par un parquet à la botte de l’exécutif. Prenons exemple sur le Japon, qui sait fait preuve de circonspection avant de poursuivre des citoyens libres.

« Ces gestes doivent faire l’objet de sanctions pénales. » Le gouvernement se prend en boomerang sa grossière pression sur l’autorité judiciaire, son mépris de la séparation des pouvoirs : dire aux juges ce qu’ils doivent faire ! (Le parquet, lui, s’est soumis. Sans surprise.)

iii

Ce gouvernement a inventé le lynchage gouvernemental. Il s’est servi des réseaux sociaux pour lyncher de libres citoyens innocents (non-lieu sur toutes les charges) qui avaient exercé pacifiquemt leur liberté d’expression.

Et il a mobilisé le parquet pour les persécuter.

iv

NON-LIEU ✌️✊😘

[La nouvelle m’a particulièrement réjoui car j’avais pris position au sujet de cette procédure judiciaire sur ce blog : voyez ici Décapitation symbolique.]

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The Fazio Test: Make It Compulsory

Sunday Read: “Racist and anti-immigrant sentiment should have no place in politics in Ireland. The spread of racism can only lead to division between workers.” (SIPTU ‘‘Ireland’s largest trade union’’)

“The spread of racism can only lead to division between workers.” International exchange rates too. With income in euros, a Polish immigrant has a house built in Poland after 10 years. Meanwhile a French worker will never have a house built in France. So? You teach him Polish?

Union bureaucracy…

Racism  in any form has no bearing in modern society. We are all fellow sisters and brothers irrespective of race, creed and color. (Martin C.)

My answer: “Fazio et al. (1995) demonstrated that even though some participants’ automatically activated attitudes toward Blacks were negative, their explicitly reported attitudes toward Blacks as assessed by the Modern Racism Scale (MRS) were highly positive.” (Melissa J. Ferguson, in Social Psychology and the Unconscious, John A. Bargh ed., 2007) Did you take a Fazio test? 😘

I think you should take the Fazio test. Your bot-like, machine-like tweet is highly suspicious to me on a psychological level.

[Martin’s tweet elicited this harsh response because the differences I mention in the situations of workers of various backgrounds, namely between locals and migrants, are grounded in an objective condition which is the combination of international exchange rates and migration. No antiracist mantra or abracadabra can be of any help in case of objective infrastructural differences among workers on one and the same market.

We shall have to deal with inane SJWs (social justice warriors) by using some kind of what I here call a Fazio test, in order to dismiss those whose obsessions are the result of severe inner conflict. Because when, for instance, one stresses the structural differences created between workers by exchange rates and migration combined, these neurotic justice warriors would repress such analysises as racism or a source of hostility between workers, failing to acknowledge the facts because of their neurotic blindness. On the other hand, die-hard capitalists raise the same criticism, the same allegation of racism to prevent the structural problem being ever addressed, and a compulsory Fazio test would make it clear that defining the problem as I am doing has nothing to do with racial or anti-immigrants qua foreigners bias.

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So that’s what you’ve got from your “Sunday Read”… I guess that makes you a Sunday antiracist, like Sunday drivers and Sunday painters.

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This Sunday Read is courtesy of the all-white union. (Picture is their Twitter header: Click to enlarge)

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Un Président dit à un Français : « Vous patachonnez dans la tête. »

#Patachonner Exemple : « Je patachonne dans la tête. »

« En jargon cheminot un patachon était un train de marchandise non prioritaire. » (Wkpd Patachon) Il y a comme une grève qui ne lui sort pas de la tête…

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Le sage dit : « Quand tu ne sais pas quoi dire, invente des mots. »

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Le Père Zi Dent : « Violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit. » Ce n’est pas parce que c’est interdit (dans un État de droit) que ça n’a jamais lieu. Sinon le mot « assassinat » serait lui aussi inacceptable. Patacciono ma non troppo, per favore.

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« Réponse du président : ‘Monsieur, je suis gentil, moi. Vous êtes là, vous criez à partie et vous n’êtes pas sympathique, ni respectueux.’

Hé les médias, patachonner c’est bien, mais crier à partie n’est pas mal non plus dans le genre.

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Voltaire et les autres devaient écrire de la fiction pour critiquer, car ils ne pouvaient le faire sans détours. À cet égard rien n’a changé. (On écrit de la fiction, ou sous anonymat.)

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Food is now so over processed it’s too delicious for us to put down, making us fat and wreaking havoc on our brain chemistry. (@WLSA_Psych)

The underlying mechanism could be the following. Each species needs its own proportion of proteins, fats and carbohydrates, and satiation occurs when each component gets its proper share from nutrition.

Testing drastically unbalanced food with ants (food that lacks almost all of one or two components), ants eat till they die [eat themselves to death]. (The experiment is described with due information in Audrey Dussutour, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blob sans jamais oser le demander, 2017)

If (As?) companies noticed that people consume more unbalanced vs balanced food (because satiation occurs later with unbalanced food) their financial incentive is to use hyperpalability techniques with unbalanced food anyway. – Whereas hyperpalatable balanced food would be all right.

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« Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. » (Alinéa 7 du préambule de la Constitution) « Dans le cadre des lois qui le réglementent »… Ne serait-ce pas là du droit bavard ? Quels droits s’exercent en dehors du cadre des lois ?

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« Enculé » est-il une injure homophobe ? Oui ? Non ? Ça dépend ?

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Quel est ce film, déjà, ce classique du cinéma en noir et blanc où un pédophile anglais ou américain, en Grèce sous-développée, finit par se faire lyncher par une foule de gamins autochtones ? Je pense que ça veut dire que les gamins aimaient beaucoup le monsieur. #Ironie

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La mise en cause par des militants et dirigeants politiques du statut de journaliste de certains journalistes est évidemment liée à la volonté de violer la liberté de la presse.

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Après la comparution du journaliste Taha Bouhafs : Pas de mise en examen. Encore un innocent inquiété par un parquet aux ordres de l’exécutif. Et sur les réseaux sociaux les bots et militants se déchaînent, appellent à punir un innocent : cf. hashtag #TahaBouhafsEnPrison

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On ne peut pas continuer avec un système judiciaire malade qui envoie à tour de bras devant le juge des citoyens libres qui n’ont rien à y faire !

Même les mises en examen ne donnent lieu à condamnation que dans 81 % des cas, ce qui signifie que de nombreux innocents (19 % des mis en examen) vivent l’enfer d’un procès pénal en étant innocents. Au Canada le taux est de 97 %, au Japon de 99 %+, en Russie de 99 %+, aux US de 93 %, au Royaume-Uni de 85 %. (Wkpd Conviction Rate, qui montre que la Chine, 99 %+, et Isral, 93 %, ont aussi des taux meilleurs, et que seule l’Inde fait moins bien que la France dans cette liste, mais avec un taux tellement bas que ça ne peut même pas compter… Je cherche les chiffres d’autres pays.)

Ces chiffres indiquent que nous avons un parquet obsédé par les poursuites, qui envoie des gens devant le juge sans y regarder de près ou sur la foi de rapports de police bâclés ou malveillants ou les deux. Ça suffit !

La France, bien qu’elle ait un taux de condamnation bas (81 %), semble condamner plus que les pays qui ont un taux de condamnation pénale plus élevé ! Comparaison France (8,5 pour 1.000 habitants) vs OTAN (dont États-Unis, Canada, Royaume-Uni) (6,17). (Source)

La France a donc à la fois un chiffre absolu de condamnations pénales élevé et un taux de condamnation bas. Ce qui veut dire que son chiffre absolu d’innocents subissant l’enfer d’un procès pénal est très élevé. Ça suffit !