Des fjords blanchis de brume où la mer est de glace, Des monts abrupts plongeant dans l’océan gelé, Des hauts-fonds où la nuit irise la nef lasse, Dans le vent fustigeant le front échevelé, Il arriva, pêcheur des abîmes polaires ; Et son œil d’eau guettant les altiers stercoraires Un jour vit se dresser les tours à l’occident. Baluchon sur l’épaule, en bas, dans l’ombre épaisse Du port cyclopéen, où son vaisseau le laisse, Il s’engouffre, d’un pas massif, indépendant.
II
Le grimpeur des haubans sous les vagues énormes, Dans les vents acharnés à démonter les mâts, Menaçant de réduire en squelettes informes Les vaisseaux ballottés, le grimpeur des frimas, Des ouragans hurleurs, des éclairs des tempêtes, À présent dans le ciel marche sur les arêtes En métal dont on fait les ninivites tours. Et, dressés sur le sol, ces échafauds ogresques, Pour l’écheleur des mers hautes, funambulesques, Sont comme des parquets et le pavé des cours.
III
Un jour c’est l’accident – à terre ! – un pied broyé Par la chute d’un ais, le travail impossible, Ce grand corps jamais plus ne peut être employé, Et ses droits incertains, dans un monde impassible Qui de lui se détourne, en peu ne sont plus rien. On vit donc ce boiteux, aboyé par un chien, Entrer dans un taudis, par une nuit sans lune, De Red Hook, où finit le débris des vieux fjords. Quand d’autres d’un commun ancêtre sont mylords Du dollar, investis maîtres de la fortune.
IV
Et puis l’on a rasé les taudis, fait en dur Des maisons où bientôt s’entasse une autre lie, Tout ce que l’univers engendre de moins pur Emplit ces murs, grouillant de haine et de folie, Avide, méprisable, à l’air libre un égout Donnant à Lovecraft y passant du dégoût. Et le rugueux marin des abîmes polaires, Le géant bâtisseur des Woodworth colossaux, Qui n’est plus qu’un fantôme aviné des ruisseaux, Meurt sous les coups de pied de gueux patibulaires.
Aletta Clémence Beaujon (1933-2001) est une poétesse née à Curaçao, dans les Antilles néerlandophones. Elle a écrit de la poésie en néerlandais, anglais et papiamento, le créole d’Aruba, Bonaire et Curaçao. C’était la nièce de l’écrivain Nicolaas « Cola » Debrot, qui a laissé son nom au grand prix littéraire de Curaçao. Elle publia son premier et seul recueil, Gedichten aan de baai en elders (Poèmes au bord de la baie et ailleurs) comportant principalement des poèmes en néerlandais et quelques poèmes en anglais, d’abord dans la revue Antilliaanse Cahiers lancée à Curaçao par Debrot (consultable en ligne sur le site DBNL Digitale bibliotheek voor de Nederlandse letteren). Les autres poèmes publiés de son vivant parurent en revue seulement. Du côté paternel, son grand-père Otto Beaujon fut gouverneur d’Aruba de 1911 à 1920. Cola Debrot fut quant à lui gouverneur des Indes néerlandaises de 1962 à 1970.
Psychologue de formation, Aletta exerça son métier, à Amsterdam et dans les Antilles, auprès de la jeunesse.
Ses poèmes réunis ont été publiés de manière posthume en 2009 dans un volume intitulé De schoonheid van blauw – The Beauty of Blue. Le critique littéraire Michiel van Kempen raconte une anecdote à ce sujet, dans un article de 2010, « 3 x Aletta Beaujon, of de treurnis van het Nederlandse bibliotheekwezen » (Trois exemplaires d’Aletta Beaujon, ou Misère des bibliothèques néerlandaises). Van Kempen, une autorité en matière de littérature ultramarine de langue néerlandaise, considère Aletta Beaujon comme un des cinq grands poètes des Antilles néerlandophones. Il rapporte que, lorsque l’organisme Biblion, chargé de rédiger à destination des bibliothèques publiques des présentations de livres nouvellement parus, envoya une note concernant la sortie des poésies complètes d’Aletta aux 1.100 bibliothèques des Pays-Bas, cela suscita en tout et pour tout la commande de trois exemplaires. Ce dont il se montre indigné.
Les poèmes qui suivent, dans une traduction française par nos soins, sont tirés du recueil cité d’Aletta Beaujon publié de son vivant. Nous n’avons pas retenu les textes en anglais, quelle que puisse être leur valeur : nous n’avons souhaité travailler que sur le néerlandais. Ces traductions complètent nos travaux d’introduction à la poésie des Antilles néerlandophones ici.
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Gedichten aan de baai en elders Antilliaanse Cahiers. Jaargang 1-2 (1955-1956)
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Slagbaai
Ndt. Nom de lieu.
Quand l’après-midi le soleil fut moins intense nous sommes allés nager dans l’étincelante eau salée au-dessus de récifs rouges et de sable blanc
Ce n’est qu’à la tombée du soir que nous sommes allés nous laver sous la pompe entre les deux maisons au souffle de l’alizé déjà frais
Nous nous sommes assis dehors les cheveux encore mouillés et la brise du soir était une fraîche caresse incroyablement suave après la chaleur salée de la journée
Je me sens comme Orphée dans un délire de volupté au-delà même des étoiles à des années-lumière
La mer murmure continûment en rimes rythmiques Elle a dans l’après-midi finissant couvert la plage de grandes vagues d’écume et de sable
Quand on bouge la chaise crisse sur le gravier blanc qui entoure la maison Nous comprenons ce moment infini de notre union à travers d’innombrables instants d’être et de devenir
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Squelette (Geraamte)
Squelette de ma maison tourmenté par le vent ne succombe pas à la colère frénétique à la gémissante douleur et à la danse orgiastique des vagues devant ta porte
Squelette de ma vie de mon corps mon savoir ne brise pas l’harmonie de sa chair contre ma chair
Squelette de ma maison sur les rochers follement suppliants j’ai la nostalgie de la cadence et du rythme de la houle dans ton giron
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Exil (Balling)
Le silence timide de la grande plaine baptisa les alentours de mes rêves une seconde fois la chaude solitude salée d’une imagination d’enfant
La nostalgie insensée et un trio non rassasié rendirent les hommes pour les dieux de ce pays essentiellement funestes
La chaleur étouffante d’un soleil de plomb me chassa de cette extravagante et pieuse Atlantide où je me prélassais souvent avec mes rêves plus d’une fois vécus
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Blessure (Verwonding)
Une poupée malade roule contre les marches de pierre jaillit toujours plus loin et a déjà changé de forme quand approchent des pas
Du papier et l’illusion ombres de ma pensée ont provoqué la fusion sombre de l’être et de la maladie poids de la vie parfois sans couleur comme cette vieille rose
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Jeu (Spel)
Je parlai de vagues désirs de papillons qui nous effleurent étonnés tremblants laissant glisser leurs ailes le long de fleurs
Alors je jouais avec la pensée quand je voyais des fleurs rougir
J’ai caressé la simplicité du premier rêve
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Aurores (Vroege morgen)
J’ai vu là de nombreux matins libres à l’aurore monter depuis les arbres humides sur les rochers
Dans les vagues en désordre sur le sable j’appelais des poissons au loin qui venaient jouer le matin avec les petits et tardifs enfants de pierre de la plage
C’étaient des branches en éventail des touffes de fleurs tropicales dans le flux de l’hiver et du vent ballottant doucement dans la douce mer entre mes orteils
Et je n’eus pas le courage de pleurer en l’instant cruel qui vint y mettre fin
Je ne fends plus à présent les vagues au matin je me réveille la nuit avec des rêves moins beaux et je suis nostalgique du sable joueur coulant sur mes jambes des brumeuses algues sirènes brassées de cheveux venues du bleu sombre et profond un folâtrement innocent de chaos ensoleillé dans un peu d’eau
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Rêve de midi (Middagdroom)
La lointaine lumière solitaire du matin soufflait sur les rivages de mon rêve et s’y réduisait en cendre le soleil de midi reposait dans les arbres au bord des baies avant de disparaître
Le rythme des champs d’ombre sales dans les lacs bleus des nuages le soir éveille la nostalgie des douces religieuses mais le cœur ici ne peut se défendre et je me suis réveillée dans les sources de l’enfer
Chaudes douces misères dans le sommeil dissimulées sous les draps trempés sourde léthargie du rêve et l’aujourd’hui glacé s’apaise par un triste ennui jamais conscient
Dans la lutte contre les actes sombres un passé cruel ne s’éclaircit pas mais rampe au fond du cœur et dans les eaux profondes jusqu’à ce que l’on soit captif de la douleur de ne plus jamais vouloir se réveiller
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Le poète (De dichter)
Le poète n’est pas enfant des hommes il a reçu son cœur en enfer pour y être humain creusant de ses écrits un purgatoire d’enfant des dieux qui crie les poings serrés cherchant le bien
Le poète un jour lavera le mal en lui né avec lui c’est à quoi tend sa pensée divine et elle l’aide à de nouveau savoir et vouloir de nouveau
Sa tâche est difficile souvent il n’y parvient pas et plus d’un petit poète s’effondre pour ne jamais se relever du sol où rampe le danger du serpent
Les poètes savent créer des paroles avec leur force et tentent aussi par-là de trouver leur salut d’abattre le mal en ne voulant pas penser avec leur temps
Il ne mûrit jamais non plus et n’aidera pas les hommes mais les engloutira dans la lourde nostalgie de son âme ils cracheront des mots peints en noir les tristes poètes traînés dans une colère de larmes et jamais répandue sur les tabernacles des dieux et de cruels déserts et des pères vertébrés l’ont fertilisé de haine
Plus tard il fera des baumes avec amour pour les faibles qui ne vivent pas eux-mêmes mais savent pourtant se défendre des paroles du poète ils ne savent pas ce qu’ils font pardonnez aux poètes
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Froid et brillant (Koud en helder)
Ndt. Évocation d’Amsterdam aux fameux canaux, les grachten.
Quand dehors il fait bien froid que le vent souffle et babille sur les canaux les maisons en face ont de brillants habits d’étincelles
Gemmes chatoyantes des plus belles femmes du bal arrivées un peu tard
Champagne frais écumant dans les longues flûtes au bord de l’eau
Joyaux bras verres scintillent dans cette douce illumination en mille reflets
L’eau joue avec les lumières les renvoie et les reprend badine en éclats tintant dans la brise
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L’eau sombre (Het donkere water)
Tel un étranger dans son propre pays d’eau profond et sombre l’animal de néon joue avec les désirs humains en bas où il fait noir sous les vagues brillantes de la nuit
Quand je marche le long des froids canaux hurlants la bête rampe derrière moi sous le miroir des lampadaires dans le ciel sans lune
Ma pensée entre dans l’eau et parle à des animaux d’ombre en bas où la lumière n’atteint pas mais nous est rendue dans l’écrit de chaque être
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Le jeune poète (De jonge dichter)
Le monde a vu en toi seulement de nouvelles paroles qui assassinent les légendes de la vie et font oublier plus qu’elles ne donnent de joie
Les douleurs sont mieux rendues par les mythes que tu n’es prêt à poétiser
La vue dans l’espace est diluée pourtant par les mots et pardonnez-nous nos offenses que nous apportons en règles pleines d’impatience
Tu veux régner hautainement avec tes écrits et penses avoir vu le vrai avec les yeux de ta pensée
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Cactus (Cactus)
Les arbres ici sont des danses persanes dans la nuit des misères vertes Arbres qui accumulent la sève et poussent des épines
Croix cruelles où un chrétien souffre bien plus dans la vague du péché tremblant sous un ciel clair blette existence d’images dans le vent
La chair rugueuse est pour les gens et la sève pour les animaux des solitudes ces arbres n’offrent aucune ombre au Samaritain du désert vinrent les piliers de Samson qu’il ne peut abattre ils continuent de vivre en autrui
La sève verte glisse le long des flancs vers le sol l’animal se déplace dans le vent des rats crient dans le vent sur ses gonds s’ouvre grand une porte dans la lune
C’est le bruit du cactus nu dans le vent
Voici l’arbre du serpent de la tristesse
Un oiseau solitaire y chante sa dernière chanson dans la nuit et dans la haute blancheur méridienne du soleil
Les rochers nourrissent l’arbre de larmes et il dure mord dans le vent mille fois dans le désert
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Le figuier (De vijgeboom)
Les feuilles chantantes du figuier où Nérée engendra les nymphes tremblent sur les pas d’Adam étranger qui dérange le secret de l’arbre le secret du créateur de mythes
Les fleurs chantantes du figuier couleurs silencieuses du secret de l’arbre le secret du créateur de mythes
Les fruits chantants du figuier induisent l’homme en tentation quand il renie les nymphes et veut connaître le secret de l’arbre le secret du créateur de mythes
La graine chantante du figuier le secret de l’arbre le secret du créateur de mythes
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L’humanité (De mens)
L’humanité est forte quand elle ne cherche à connaître sa force et qu’elle voit les couleurs de l’arbre comme une chose excellente que Zeus créa pour les femmes et oublia quand le père de tous les hommes-dieux fit peindre et profaner ses temples
Pourquoi le faible Zeus se venge-t-il et ne crée-t-il à nouveau de grandes couleurs dans l’arc-en-ciel pour les hommes qui de lui firent un Abel et de leur dieu un Caïn pourquoi ne danse-t-on pas en groupes jusqu’à la fin dans la tradition étouffée vers ce père unique de tous ?
Et les rêveries des poètes ne sont plus le Verbe la création est la crucifixion de son propre Enfant une souffrance indicible la vengeance de Zeus
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Sa fenêtre (Haar venster)
Elle vivait à sa fenêtre familière amicale elle contemplait les oiseaux de l’autre côté les moineaux s’accouplaient et chantaient la joie de chanter la terre tournait et elle tournait avec
La vie depuis sa fenêtre lui paraissait familière amicale et elle tournait avec la terre avec tous les hommes et moineaux qui dehors s’accouplaient et chantaient la joie de chanter
La vie à sa fenêtre s’écoulait sans incidents familière amicale au long des siècles et des événements des hommes et des moineaux qui s’accouplent et chantent la joie de chanter et elle tournait avec la rotation de la terre
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Des pas dans l’allée (Stappen in de steeg)
Les pas étrangers dans l’allée en bas montent jusqu’à ma croisée dans la nuit
Je suis couchée dans mon lit à regarder dans le vide et je pense à celui qui au milieu de la nuit marche dehors dans l’allée
Il avance prudemment sa peur est humaine seul dans la nuit où les fenêtres sont les oreilles de gens couchés dans leur lit qui ne dorment pas et regardent dans le vide et marchent avec lui dans la nuit en bas dans l’allée
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Pluie et soleil (Regen en zon)
Ici nous avons peur de la pluie si familiers du tyran soleil des montagnes l’eau descend laissant des plantes vertes derrière elle et tout se met à supplier les champs de lave sont fertilisés
Nous marchons dans le sable rouge tout est brûlé redevient cendre cavernes dans les rochers où les grands poissons vont et viennent nous sommes les champs de couleurs dans ce cristal de sel blanc séché
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Monades (Monaden)
J’ai lu des choses à ce sujet et plus tôt hier les ai vécues tout ce que disent les poètes n’as-tu pas remarqué que le connaître dans sa vie nous économise des forces pour rien
Je te l’ai dit et rien de plus dans les bulles de l’air nous éclatons sans fin mais nous pouvons regarder une bulle dans ce fluide n’est jamais complètement finie c’est là que je suis vois-tu et toi aussi
L’eau bout à présent vois comme nous nous précipitons tous tu n’arriveras pas là-haut pourtant pauvre fou une goutte dans l’air était d’abord une bulle dans l’eau est-ce ta vie après la mort c’est quelque chose de très différent ton âme s’est refroidie tu en savais trop et tu montas trop vite
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Dunes (Duinen)
Sur la plage le soir je voyais des fleurs fanées à l’horizon les nuages étaient des pages blanches surprises dans le feu du soleil sur les grandes mers plates
Mon souffle est salin et plein de suie de poêles de mansarde mais l’air marin est trop fort et j’ai vu ici d’autres plages où je suis presque restée
Je ne reviendrai jamais dans les dunes froides où il fait noir et si près de la mer
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Brandaris
Ndt. L’auteur ou l’éditeur précise que Brandaris est le « sommet le plus élevé de Bonaire » (hoogste top van Bonaire).
Le murmure des plantes au vent aride dans une vallée haut au-dessus de la mer une solitude immobile de pierres et de nuages dont j’ai tant rêvé existe là-haut Je n’y ai pas joué j’étais seulement assise tout flottait et je pensais à la difficulté de redescendre vers la mer Je n’avais pas ma place ici mais je sentais bien que je voulais rester passer la nuit près de la lune être la première à m’éveiller dans le soleil Quand plus tard je redescends les pierres roulent vers le fond je suis si lasse et j’ai si peur d’aller plus avant pourquoi ne puis-je rester aucun autre lieu n’est aussi calme le vent vrombit contre le sommet des rochers m’apporte de temps à autre le cri des oiseaux dans les arbres en bas le coup de feu d’un chasseur un écho devient un soupir dans la montagne Je voudrais connaître le moindre lieu de ces distances