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Tw30 Descartes Re-Animator 2

Anthologie Twitter Mars-Mai 2020 FR-EN-ES

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L’eugénisme au temps du coronavirus

Dans un document interne que Mediapart s’est procuré, le centre hospitalier de Perpignan donne les consignes pour « trier » les patients à sauver en cas de saturation.  « 4 catégories » : les « morts inévitables », « évitables », « acceptables », « inacceptables ». (Mediapart)

Vous avez dit « trier » ? Article 214-1 du code pénal : « Le fait de mettre en oeuvre une pratique eugénique tendant à l’organisation de la sélection des personnes est puni de trente ans de réclusion criminelle et de 7.500.000 euros d’amende. »

La pandémie n’a pas suspendu l’application du code pénal et de son article 214-1 sur l’eugénisme. Les familles de victimes pourront porter plainte, et les peines sont sévères.

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From the @TheUBINewsHub: The $1,200 coronavirus checks, explained. (Scott Santens)

Pour les Français de l’âge paléolithique (2020), un peu d’anglais en cette période de confinement. Stimulus check : un chèque envoyé aux contribuables par le gouvernement américain. Allez, bonne semaine de 60 heures !

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L’offense au chef de l’État a été abrogée après la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme. C’était une inculpation qui ne laissait aucun moyen de défense à l’accusé. Abrogée en 2013 seulement : trop récent pour que certains aient eu le temps de s’adapter.

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La chloroquine c’est bon on peut en prendre maintenant ? Avec une prescription ? Qu’est-ce qui a changé depuis deux jours ? (gaccio bruno)

Les demandes de gel vaseline à la chloroquine avaient explosé du fait d’une mystérieuse « présence thaumaturgescente »…

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« Fasciste, une injure [pénalement condamnable] ? Non. Et oui. » (titre d’un article de L’Opinion du 10 avril 2014)

Oui mais non mais oui : c’est comme ça pour tout ! Le seul critère : Tu es Gabriel Matzneff, pas de délit. Tu es un quidam (quoi, et pauvre en plus !), délit.

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La nuit des masques 2

(Série de tweets des 27-28 mars, quand on venait tout juste de se dire, en France, que les masques ne servaient peut-être pas à rien, ce que je suggérais depuis quelque temps déjà, comme le savent les lecteurs de mon compte Twitter et de ce blog.)

Sur le port du masque, certains opposent une culture asiatique collectiviste-autoritaire (favorisant le port du masque) à une culture occidentale individualiste-libertaire (faisant obstacle au port du masque). Or rien de plus faux. En temps ordinaire, à Taïwan, en Corée du Sud, au Japon, les gens sont libres de porter le masque ou non ; en France, il est interdit de se couvrir le visage dans l’espace public. La culture autoritaire est celle de la France, pas celle de l’Asie !

La loi d’interdiction du visage dans l’espace public de 2010 précise : « L’interdiction ne s’applique pas si [un masque] est justifié par des raisons de santé », mais le masque sanitaire était dit jusque là par les autorités françaises « ne servir à rien », peut-être parce que, s’il était reconnu pouvoir servir, cette loi est inapplicable.

Ce n’est pas notre supposé individualisme qui a freiné l’usage de masques face au covid-19 mais au contraire une idéologie sécuritaire.

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Il y a deux deux lois : celle de 2018 pour prévenir les violences en manifestation (avec des peines lourdes) et la loi de 2010 qui instaure une interdiction générale de dissimulation du visage dans l’espace public (avec une peine d’amende). Cette dernière connaît certes une exception pour raisons de santé mais jusqu’à présent le masque n’était pas prescrit en France pour la grippe. Ainsi, rien dans la loi de 2010 ne justifie un traitement particulier pour le port de masques filtrants, même avec l’exception pour raison de santé compte tenu du fait qu’une raison de santé s’atteste par un justificatif (et si l’on est libre d’acheter des masques il faut la signature d’un médecin pour un justificatif en bonne et due forme). Les personnes qui portent le masque de façon préventive ne peuvent avoir aucune attestation puisqu’elles ne sont pas malades.

Je n’ai jamais entendu de touristes chinois [qui ont l’habitude de porter des masques filtrants] rapporter des problèmes avec les forces de l’ordre. Il faudrait être bien bête pour se plaindre d’un policier qui agit intelligemment. (A.F.)

Il y a sans doute des consignes internes à la police pour ne pas appliquer la loi sur la dissimulation du visage avec les touristes chinois et d’autres pays d’Asie. Mais cette consigne est parfaitement illégale (même si vous la trouvez de bon sens). La loi pose une interdiction générale de dissimulation du visage. Même quand une loi est stupide, un policier doit l’appliquer : c’est l’État de droit. Autoriser la police à décider à qui et comment elle applique la loi, c’est lui donner les pleins pouvoirs ; ce n’est pas l’État de droit.

À vous suivre, l’État de droit devrait donc verbaliser les travailleurs désamianteurs sur la voie publique ? Ainsi que les ouvriers du BTP masqués ? (‘‘)

Non car l’exception est prévue par la loi : « justifiée par des motifs professionnels ». L’entreprise peut attester qu’elle est autorisée à réaliser des travaux sur la voie publique, et, si les ouvriers ont besoin de porter des masques en la circonstance, cette dissimulation du visage fait partie des exceptions admises par la loi.

La pandémie démontre l’erreur de cette loi, la chose à faire conformément à l’État de droit est d’abroger la loi, non de laisser la police choisir à qui et quand elle l’applique, car alors l’arbitraire policier se substitue à l’État de droit.

La loi de 2010 est une interdiction générale de dissimulation du visage dont les touristes chinois portant des masques n’ont aucune raison valable d’être exemptés. C’est peut-être en raison de corruption dans la police qu’ils ne sont pas verbalisés.

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Municipales : Faut-il imposer un casier judiciaire vierge aux élus ? Juridiquement, le texte voté en 2017 est en attente au Sénat  et pourrait facilement être inscrit à l’ordre du jour. (Anticor)

À rejeter totalement en France, où la justice n’est pas pleinement indépendante et où le nombre de condamnations par la Cour européenne des droits de l’homme pour violations de la liberté d’expression (c’est-à-dire pour des créations de casier judiciaire illégitimes, abusives) est un des plus élevés du Conseil de l’Europe.

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Les médecins cubains face à la bureaucratie française

#Parodie Cernée par des médecins cubains en Italie et en Andorre, la France est obligée d’accepter des médecins cubains dans ses outre-mer.

[Le décret du 31 mars 2020 permet aux médecins étrangers de voir leurs titres reconnus selon une procédure simplifiée pour exercer dans les outre-mer français : la presse a commenté la mesure en disant que la France « acceptait » des médecins cubains, qui prêtent déjà main forte aux autorités sanitaires nationales de plusieurs pays, dont l’Italie et l’Andorre voisins, contre le covid-19. Au jour où je publie la présente anthologie, le 6 mai 2020, aucun médecin cubain n’est arrivé dans nos outre-mer malgré la procédure simplifiée.]

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Les formalités accomplies, plusieurs délégations de professionnels de la santé en provenance de La Havane seront intégrées dans les hôpitaux de nos territoires. (Martinique la 1ère, 3 avril 2020)

Il y a urgence sanitaire mais les formalités sont les formalités… La France plus bureaucratique que l’URSS !

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Descartes Re-Animator 2

Est illégal le fait d’exposer de véritables corps humains dépecés à des fins commerciales. Cass. 1ère civ., 16 septembre 2010, n°09-67.456 (Curiosités juridiques)

Je vois là un cas particulier de l’interdiction générale française très problématique de diffuser des images de victimes (au nom de je ne sais plus quel respect), qui donne à la police un monopole de la connaissance des corpus et locus delicti, dont elle ne peut qu’être portée à abuser.

Du reste, outre la question de l’exposition de momies, leur exhumation elle-même est de la pure et simple profanation de sépulture, l’article 225-17 CP ne prévoyant aucune exception pour les travaux archéologiques, tous passibles de la loi par conséquent. (Dans notre droit, une exception doit être écrite.)

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Dans l’affaire des corps donnés par les personnes de leur vivant à la science et laissés à l’abandon dans les locaux de l’Université Paris-Descartes, à même le sol, mangés par les rats, quand ils n’étaient pas vendus (!) (voyez mon Descartes Re-Animator ici), les familles des morts pourraient vouloir et demander la diffusion d’images, pour alerter sur ces faits choquants.

Mais ça reviendrait à la jurisprudence Erignac : pas de diffusion d’image des corps car atteinte à la dignité des défunts. Mais il dépendra si les corps sont clairement identifiables… Aussi voir si une publication au grand public ne serait pas perçue comme trop choquante. (Angel)

C’est justement cette jurisprudence Erignac que je mets en cause. Dans cette jurisprudence, je suspecte que ce n’est pas tant l’humanité que la « préfectoralité » de la victime qui a été l’élément déterminant (inavoué), vu l’étatisme morbide des institutions françaises. Or nous continuons de voir des images de charnier.

Nos magistrats, contaminés par le parquet, sont solidaires de cet étatisme. J’ose affirmer qu’on ne sait pas ce qu’est un juge en France, car ils se voient en fonctionnaires, un segment de la branche exécutive, plutôt qu’en branche judiciaire du pouvoir.

En outre, les images de charniers diffusées par exemple par l’éducation nationale rendent la remarque « voir si une publication au grand public ne serait pas perçue comme trop choquante » sans fondement. Même choquantes, des images de ce genre ne sont pas forcément interdites ; au contraire, un contenu choquant peut même servir de matériel pédagogique. Quand l’État diffuse de telles images, il ne considère pas que c’est une atteinte à la dignité des personnes (en invoquant, j’imagine, le prétexte que ces personnes ne seraient pas identifiées ; or elles sont au moins identifiées collectivement).

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P.S. Les archives de Paris Descartes ont été « cambriolées » fin janvier. Sans doute un effacement opportun de preuves.

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Pourquoi certains se font-ils payer pour insulter les politiciens quand d’autres, qui le font gratuitement, passent en correctionnelle ?

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Assuming with Jainism that karma is some matter that clogs the soul, and being matter is ponderous, then at death the soul must be attracted toward the center of the earth by mere gravity, that is, must fall into the fire, whereas a soul without karma rises to the sky.

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Amis maliens, bonjour. L’article 12 de la Constitution du Mali dispose : « Toute personne persécutée en raison de ses convictions politiques ou religieuses, de son appartenance ethnique, peut bénéficier du droit d’asile en République du Mali. » Ma question est donc la suivante : Si un Français persécuté par l’État français pour ses écrits demande l’asile au Mali, le Mali peut-il garantir à ce réfugié que les autorités du pays ne céderont pas aux autorités françaises qui leur réclameraient le réfugié ?

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Aux abrutis qui écrivent anonymement  à leur voisins soignants : est une violence avec préméditation le fait d’envoyer des écrits anonymes dans le but de menacer ou impressionner quelqu’un = 18 mois d’emprisonnement. Cass. crim., 13 juin 1991, n°90-84.103 (Curiosités juridiques)

De deux choses l’une, ou bien les soignants sont des héros et alors ils le sont parce qu’ils se mettent en danger et, ce danger étant la contamination au covid-19, ils deviennent dangereux, alors la peur de leurs voisins n’étant pas irrationnelle, elle est excusable. Ou bien ce ne sont pas des héros.

Ensuite, mettre sur le même plan une menace de violence avec la violence elle-même est de la théologie : « Haïr en son cœur est la même chose que tuer » (leçon de Matthieu 5,22 d’après Kant, La religion dans les limites de la simple raison, Doctrine, IVe partie, 1e section, I). Il serait temps que la séparation de l’Église et de l’État prenne effet, 115 ans plus tard.

La bible précise aussi que tuer quelqu’un est mal, doit-on donc laisser les gens tuer pour bien séparer l’église et l’état ? (Eliot)

Quand on sépare l’État de l’Église qui s’appuie sur la Bible, il faut aussi séparer ce qui se trouve dans la Bible à titre spécifique de ce qui ne lui est pas spécifique car tout est dans tout et il ne s’agit pas de séparer l’État de tout. « Haïr en son cœur etc » est spécifique.

b/

La peur peut être mauvaise conseillère mais il est un peu facile de traiter les gens d’abrutis alors qu’ils ont des raisons de craindre que les soignants, héroïques parce qu’exposés à la contamination, puissent les contaminer à leur tour en prenant le même ascenseur.

Je n’ai vu aucune menace dans les lettres que j’ai lues sur Twitter, et l’on peut par ailleurs se demander comment l’État, qui appelle à saluer, parce qu’ils risquent d’être contaminés, les soignants chaque soir depuis un balcon, ose les laisse prendre les transports en commun et rentrer chez eux comme si de rien n’était.

Vous n’avez pas vu non plus de menaces car vous précisez « menacer ou impressionner ». Mais que veut dire impressionner ? Ne puis-je chercher à impressionner quelqu’un par mes qualités ? Ça ne veut rien dire, c’est juste le travers de vouloir étendre la portée de toutes les lois répressives.

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C’est tellement beau, le progrès scientifique ! On se croirait revenus aux confinements des périodes de peste au Moyen Âge…

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Suède [4 avril] : 5.466 cas de covid-19, 282 morts, pas de confinement.

« The face of Sweden’s response has been Anders Tegnell, the state epidemiologist, who has held daily press conferences. Politicians have taken a back seat. » (stuff.co.nz)

Le gouvernement suédois fait d’un expert médical (the state épidemiologist) son unique porte-parole en cette période de pandémie. Cela n’est-il pas plus rationnel que de faire tourner en boucle des politiciens en qui seuls leurs militants politiques ont encore confiance ?

Où est le « state epidemiologist » français ? Qui est le porte-parole scientifique de notre gouvernement ? À quoi notre haute administration pléthorique sert-elle, si c’est pour se retrouver avec un organigramme de l’expertise publique vide ?

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Le prélèvement grippal de l’économie

Le bilan du covid-19 en France à ce jour (6 avril : 8.000 morts) n’est pas encore à hauteur du bilan annuel de la grippe saisonnière : « En France la grippe provoque environ 10.000 morts chaque hiver. » (Wkpd grippe)

Idem pour le bilan mondial :

–covid-19 à ce jour : 70.000 ;
–grippe saisonnière : « de 290.000 à 650.000 décès par an » (Wkpd)

Pourtant, le vaccin contre la grippe existe et c’est le succès du vaccin contre la grippe qui expliquerait qu’on ne confine pas les populations contre la grippe… Tout est très clair. L

Ce chiffre de 10.000 morts de la grippe chaque année en France, on peut l’appeler le « prélèvement grippal de l’économie » sur la population. Car si on faisait un confinement chaque hiver contre la grippe, nous aurions seulement, disons, 200-300 morts. Mais l’économie serait suspendue. Notre société a donc fait le choix (on ne m’a d’ailleurs rien demandé, ni à vous, je présume) de sacrifier 10.000 –ou entre 9.500 et 10.000– individus tous les ans à l’économie plutôt que de confiner la population chaque hiver pendant la grippe.

Or, selon certains experts, le covid-19 peut devenir saisonnier. Quand on aura un vaccin, on ne confinera plus et, tous les ans, à la place, il y aura des campagnes de vaccination contre le covid-19 mais tout de même, disons, 20.000 morts par an. Soit, avec la grippe, 30.000 morts.

Mais trêve d’anticipation, il est évident que l’actuel prélèvement grippal de 10.000 porte sur des gens immunodéficients, donc les personnes âgées et les personnes souffrant déjà de certaines pathologies. À part ça, le code pénal interdit l’eugénisme (article 214-1) ! (Mais le code pénal est fait pour les pauvres.)

J’accuse l’État français, en laissant mourir de grippe 10.000 personnes par an par absence de confinement, ces 10.000 étant par nécessité surtout des personnes âgées, de pratiquer « l’organisation de la sélection des personnes » (art. 214-1 CP eugénisme) dans un sacrifice macabre à l’économie.

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Renta básica universal

L’Espagne instaure le revenu universel pour contrer le confinement. Revenu universel qui devrait continuer après l’épidémie. (Nicolas Grégoire, écrivain)

Je pressens une entourloupe avec le revenu universel espagnol (ingreso mínimo vital, décrit par certains comme un revenu universel, renta básica, ce qu’il n’est du reste, et malheureusement, que de manière très approximative) s’ils le maintiennent au-delà de la pandémie : c’est que je ne pourrai pas en bénéficier, alors que je devrais pouvoir aller m’établir en Espagne. La citoyenneté européenne, c’est pour les chiens ?

Si toute personne présente sur le territoire pouvait bénéficier du revenu universel, on ne parlerait pas d’appel d’air mais de cyclone… C’est pourquoi les auteurs précisent toujours que le RU est forcément réservé.

(Une preuve que le RN est à l’ouest, c’est qu’il ne proposent pas le revenu universel depuis longtemps. Car toute la littérature sur le sujet souligne que la mesure n’est possible qu’avec la préférence nationale – ou, selon moi, européenne.)

Yo, ciudadano francés, quiero aprovechar del ingreso mínimo vital español como ciudadano europeo. Quiero irme de Francia para vivir en España de la renta básica española. Hagan las cosas bien por favor. Gracias por su atención.

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L’être frigide et le néant

Sartre ou #MeToo, il faut choisir car L’être et le néant 1e partie ch.1 II « Les conduites de mauvaise foi » peut se résumer ainsi : Est de mauvaise foi la femme qui n’a pas voulu voir qu’elle allait être violée (par l’homme qui lui disait à quel point il l’admire).

Citation : « elle se réalise comme n’étant pas son propre corps et elle le contemple de haut comme un objet passif auquel des événements peuvent arriver, mais qui ne saurait ni les provoquer ni les éviter, parce que tous ses possibles sont hors de lui ».

Un passage faisant immédiatement suite à une discussion très louche (quant au contenu) de la frigidité féminine : « Si la femme frigide distrait ainsi sa conscience du plaisir qu’elle éprouve, ce n’est point cyniquement et en accord avec elle-même : c’est pour se prouver qu’elle est frigide ».

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L’être et le néant :

« Fuyant par le ‘non-être-ce-qu’on-est’ l’en-soi que je ne suis pas sur le mode d’être ce qu’on n’est pas, la mauvaise foi, qui se renie comme mauvaise foi, vise l’en-soi que je ne suis pas sur le mode du ‘n’être-pas-ce-qu’on-n’est-pas’.Et l’origine de ce risque, c’est que la conscience, à la fois et dans son être, est ce qu’elle n’est pas et n’est pas ce qu’elle est. À la lumière (sic !) de ces remarques, nous pouvons aborder à présent… »

Tetris (source: giphy.com)

(Je suis en train de préparer pour ce blog un billet sur L’être et le néant de Sartre. Le passage inexcusable qui précède n’est pas tout à fait représentatif de l’œuvre dans son ensemble.)

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« Condamné à être libre » (Sartre), un fou doit être tenu pour responsable de ses actes. (Nerd face)

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« Les révolutionnaires sont sérieux … Marx a posé le dogme premier du sérieux lorsqu’il a affirmé la priorité de l’objet sur le sujet et l’homme est sérieux quand il se prend pour un objet. » (Sartre, L’être et le néant, 1943 ; comment s’étonner que le PCF le traite de fasciste, après ?)

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Je ne sais pas si je vais être compris mais le fascisme n’a pas inventé les atteintes aux libertés (ni n’en a le monopole).

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L’euthanasie au temps du coronavirus

La loi Leonetti de février 2016 a instauré un droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, afin de soulager les souffrances inutiles mais l’euthanasie reste interdite en France. (AFP)

Typique du droit français : se payer de mots. Une « sédation profonde et continue » jusqu’à la mort n’est pas de l’euthanasie.

Donc empêcher une personne de se nourrir (en la maintenant sous sédatif), ce n’est pas la tuer. CQFD.

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#Parodie « Allez en dictature [ceux qui disent que la France est une dictature], allez en dictature, où ils pratiquent l’euthanasie alors qu’ils pourraient pratiquer la ‘sédation profonde et continue’ jusqu’à ce que mort s’ensuive ! »

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Coronavirus : La police à Mayotte débordée sur tous les fronts. (Mayotte la 1ère)

#Parodie L’Élysée annonce des mesures : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent. »

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L’interdiction (sauf rares exceptions « très contrôlées ») des statistiques ethniques en France n’a d’autre but que d’occulter les pratiques discriminatoires de l’État français. Les vraies démocraties publient des statistiques ethniques officielles.

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The US has struck again, robbing the Cayman Islands of ventilators and masks that were being shipped to the country according to Premier Alden McLaughlin. Barbados was the first Caribbean country to suffer this fate. Canada, Germany and France have all had the same complaint. (Dareece Polo, Tele SUR)

U.S. authorities are preventing some goods from leaving the country, although governments purchased that material from private businesses. So the U.S. has set up a non-stated policy of impeding trade. #WorldTradeOrganization

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Vous les avez élus, puis ils se sont fait acheter. #corruption

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According to the evidence, the activity of CCP China users on social media like Twitter is 100% Wumao i.e. polit prop. Real people from mainland China are allowed to use the state-controlled Weibo platform only.

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#Parodie Dix médecins cubains à Mexico. Le Pentagone affolé prépare les bombardiers nucléaires. Au cas où.

(« Ya están en México los médicos cubanos para apoyar emergencia por Covid-19. … Un total de 10 profesionales de la salud arribaron este lunes, con el propósito de apoyar a la Secretaría de Salud con recomendaciones y actualizaciones en materia de enfermedades respiratorias. » sinlinea.mx)

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L’être français, ou le néant

Si le racisme est un délit, traiter quelqu’un de raciste est un délit, comme de l’accuser de vol ou de braquage (diffamation), donc si la parole raciste est condamnée par la loi personne ne peut se défendre de la parole raciste sans passer par la justice car se défendre par la parole en dénonçant une parole que l’on juge raciste c’est s’exposer à des poursuites pour diffamation.

(Du reste, porter plainte est également susceptible, en fonction du jugement, de vous valoir des poursuites pour dénonciation calomnieuse.)

Toute prohibition légale de paroles (« contenus ») soustrait la discussion du sujet au débat de la place publique pour le transférer aux plaidoiries de tribunal. Car, je le répète, si un type de contenu est illégal, accuser quelqu’un de véhiculer ce type de contenu est illégal. – C’est illégal si ce n’est pas fondé, bien sûr (exceptio veritatis), mais c’est au seul juge d’en décider. Le temps qu’il se prononce, un avocat vous aura ruiné. Toute prohibition de la parole est une éviction classiste des pauvres du débat public.

Les personnes peuvent se faire représenter, il est vrai, par des associations  (antiracistes etc) subventionnées par l’administration (pouvoir exécutif), qui prennent en charge les frais de justice. Mais ces associations dépendent de l’exécutif, qui doit lui-même pouvoir être mis en cause dans le débat démocratique. Au final, puisque, en réalité, on ne peut dire ni même insinuer sans risque judiciaire, et donc sans frais financiers, que quelqu’un est raciste, sauf en passant par une association antiraciste subventionnée par l’administration, c’est l’exécutif qui contrôle le débat. Pitoyable caricature de démocratie.

En outre, si demain le juge décide – et, selon l’expression consacrée, il est souverain – que le contenu « les (ethnie x) sont séparatistes et terroristes » n’est pas du racisme, personne ne pourra contester ce jugement, ne pourra contester cette « vérité », sans d’inlassables poursuites en diffamation (et les vexations policières qui vont avec). Il y faudra une loi qui dise le contraire de ce qu’a dit le juge.

Mais allez demander à un politicien français de comprendre les institutions, le droit, au-delà de « Le racisme c’est mal » : ce sont eux qui ont voté ces atroces lois d’esclavage intellectuel, avec un filet de bave à la commissure. (La preuve : vous êtes anonymes.) Que des politiciens ignares se soient érigés en arbitres des choses de l’esprit les place au-dessous du clergé d’Ancien Régime (qui, eux au moins, étaient docteurs en théologie).

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Il n’y a pas de discussion possible entre un Américain relevant du Premier Amendement de sa Constitution et un Français relevant de la sienne, car le premier est libre de ses propos et l’autre ne l’est pas. Le World Wide Web aggrave l’enfermement psychique de ce peuple.

On peut appeler ça de la paperasse corticale : le cortex bureaucratisé du Français est englué dans des liasses poisseuses de législation anti-haineuse et anti-diffamatoire et, dès qu’il ouvre la bouche, il croit parler à la police ou à des juges à son procès. Ça lui donne un air bouffon.

Le seul moyen psychologique accessible au Français pour recouvrer à ses propres yeux sa dignité conchiée est d’assumer l’asservissement comme sa propre demande, une expression de sa liberté. Ce qui l’oblige cependant à nier que des pays libres puissent exister, donc à s’enfermer. C’est pourquoi le Français, bien que sa culture, parce qu’il est intrinsèquement vide, évidé par son asservissement légal, lui vienne aujourd’hui entièrement des États-Unis, n’a jamais vu les États-Unis. Car voir la liberté anéantirait sa posture.

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Spoiler : Bientôt la France sera le dernier pays développé à maintenir l’interdiction du cannabis. Les irréductibles etc… (ou « Les irréductibles et c… »)

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Une distance de deux mètres entre personnes, ce n’est pas de la distanciation sociale mais de la distanciation physique. La distanciation sociale, c’est que, même côte à côte, un bourgeois et un prolétaire sont dans deux mondes différents.

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All across America… Endless lines of cars at food banks … people line up for miles to get essentials from food banks. (G. Gordon)

Given the tenets of Capitalism, wouldn’t one be justified to speak of “dole-out mentality” seeing these images? Don’t these tenets expect that people, instead of lining in cars at food banks, ought to sell their cars and buy a bike and food with the money? I had no idea the aim of food banks was to allow people to keep their cars.

Concept: Food banks as subsidies to the car industry.

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Les Américains ont-ils une mentalité d’assistés ? Au lieu de revendre leur voiture et d’acheter un scooter, ils font la queue dans leur voiture pour de la nourriture gratuite.

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Le néofascisme selon la bureaucratie soviétique : les groupes Kiss et AC/DC ainsi que Julio Iglesias (entre autres.)

From ‘True Colors of Communism’ (Click to enlarge)

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When the Martian core was active (ablaze), and it must have been active at some juncture, given the presence today of polar ice caps there inevitably was liquid water –from underground springs– on the planet in spite of icy exterior temperatures.

Two factors must favor faster life-thriving in the periphery of a circumstellar habitable zone (CHZ) (i.e. on Mars rather than the Earth): 1/ greater environmental pressure & 2/ lesser microparasitic load (which is an expenditure load on metabolism).

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‘Hegel wrote so abominably that I cannot understand him’’ (William James, Some Problems of Philosophy)

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“Do not give him the gift of infamy.” PM Trudeau asks for media to not name or show photos of the gunman in the Nova Scotia Shooting [aka Gabriel Wortman].

Is there a Canadian law prohibiting to show photos? If not, why would Canadian citizens pay attention to the gentleman? Isn’t Canada a rule-of-law country?

Providing there’s a law, the gentleman reminds Canadians of the law. Fine. But if no law exists, there’s nothing he can do but have a law passed in Parliament; meanwhile the gentleman is unwarranted to tell Canadians what to do, as he is not the law.

To be more precise, in my book when a member of the executive (like the head of the executive) tells citizens to not do what the law allows them to do, this is a ground for impeachment.

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Thank you, Justin Trudeau, for asking the media to refrain from posting and publishing the shooter’s name and photograph. There’s no need to give him the gift of infamy. (Darren Fisher, MP for Dartmouth-Cole Harbour)

Is there a Canadian law forbidding media (social media, you mean?) to post photos of the shooter? If not, is it the role of an MP to congratulate the executive for giving oral commands to the citizenry outside the rule of law? The executive calls it ‘giving him the gift of infamy’; that’s its own interpretation, but the reasons for publishing photos may be many and as long as it is not forbidden it is up to citizens to do as they see fit. #RuleOfLaw

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J’ai un dictionnaire français-touareg en 2 volumes. Les Touaregs, comme on sait, sont assez présents dans plusieurs pays d’Afrique francophone. Ce dictionnaire est une oeuvre de l’Allemand Karl-Gottfried Prasse et a été publié à Copenhague (2003). C’est, semble-t-il, l’ouvrage de référence en la matière actuellement. Je ne sais quelles conclusions en tirer.

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Cette photo [d’un homme en uniforme portant un turban] montre un policier australien. Vous ne verrez pas une telle photo de la police en France, pays où il y a pourtant des Sikhs. L’un de ces pays est un pays libre : sauras-tu dire lequel ?

Un pays de tolérance où les gardiens de la tolérance (le Parlement, le Conseil d’État…) ne peuvent supporter de voir une personne avec un turban sur la tête (« Pas d’chez nous ! »)…

Les raisons de sécurité pour justifier l’interdiction du turban sikh sont un pur prétexte. Comme si les démocraties qui autorisaient le turban souffraient d’une plus grande insécurité de ce fait ! La farce a assez duré, non ?

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À l’attention des fous de la GAV : « Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique, d’ordonner ou d’accomplir arbitrairement un acte attentatoire à la liberté individuelle est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100.000 euros d’amende. » (art. 432-4 code pénal)

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Pour régler les problèmes systémiques, les petits actes de consommateurs ne suffisent pas. Il faut changer les lois. Et pour changer les lois il faut voter. Si personne ne vous convient, lancez-vous ! (SuperCitoyenne)

On ne peut pas se lancer tout seul : il faut avoir avec soi les services juridiques et les avocats d’un parti politique subventionné pour pouvoir ouvrir la bouche dans ce pays. Pour les autres, c’est l’anonymat sur les réseaux sociaux point barre.

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The world is on lockdown. So where are all the carbon emissions coming from? (grist.org)

Figures don’t add up. If “transportation makes up a little over 20%” of emissions (28% in U.S.), assuming all other sources keep going, lockdown should imply an emissions decrease of about 20%, not the 5.5% allegedly measured, and certainly not a spread of 14.5. No lockdown here.

Assuming other sources (utilities and industry) remain at the same level (instead of increasing their emissions during lockdown, of which the article says nothing), transportation at 72.5% of its normal emissions sounds odd†, like transportation emissions come not from cars…

†(The more so as industry emissions must have decreased too, even though utilities emissions might have increased a bit due to people staying at home.)

Traffic in my city is way under 72.5% of usual traffic (in fact it has almost stopped for weeks now), so if there’s any correlation between city traffic and transportation emissions the latter’s level cannot be at 72.5% of the pre-lockdown level.

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« La longévité est plus élevée qu’au moment où on a fixé l’âge de la retraite, donc il faut maintenant allonger la durée de cotisation. » Il n’y a que la longévité qui a augmenté – et pas la richesse ? Je croyais qu’en travaillant on créait des richesses.

Si c’est vrai qu’il est nécessaire d’allonger la durée de cotisation parce qu’on vit plus vieux, alors le travail, dans notre modèle, ne crée pas de richesses, car si le travail créait des richesses nous ne perdrions pas notre niveau de vie en payant des retraites plus longues.

A Love Affair of the Baron of Saxy-Beaulieu

As I carried on with sorting the papers of the late Lord of Saxy-Beaulieu, my distant relative from the Isles, I found a few sheets with writings addressed to one woman who is only named by the initial letter R. It seems the Baron kept these sheets as copies of letters to her. Or was he writing an epistolary novel? I have no idea –nor do any of our other relatives– who that lady might be, who appears to be a songstress by whom he found himself enthralled past his young years, as a middle-aged man, when it had become obvious to his relatives that he would remain a bachelor. It is a secret the Lord of Saxy-Beaulieu took with him in the grave. The lady does not appear to have requited his sentiments in any discernable way.

Given the interest my readership has shown for the writings of the late Lord, I took the decision to publish his love letters to R.

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Dear R.,

To my great dismay and confusion, I missed the two concerts you have just given in France, where I am currently residing. I have discovered your music only this year – and I am about your age. Such beauty blows my mind. As a young man I used to listen to people such as …, how could … pass me by unnoticed at that time is beyond my understanding. Listening to your music has been a shock, and as I learned you would be this year in France on a special tour, I said to myself I must go and hear you sing, even though it had been many years since I last went to such a jollification.

It was May. You were to sing in P. However I had no idea how I would come back from the infamous Parc de la V. after the concert, having no car and guessing there would be no more trains at that hour (not even taxis, due to the place). So I decided I would go to S. in August instead. And I went to S. Coming straight from a sojourn in the South of France, the weather was a shock, and then I heard about the heaps of mud on the spot, severe irregularities in the shuttle bus schedules, and a few other things that discouraged me. It was a lack of faith, I own, a lack of courage, it’s as if I were stuck to my slippers at this juncture of my life. Please do come back soon. I shall be there. Prepared, equipped, mentally-trained. I was taken by surprise this time. Give me another chance. (Aug. 16)

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Dear R.,

Yes, such beauty, such unendurable beauty (to hear it is like looking at the sun), blew my mind, made me feel sad for the life I live, and I can even say, broke my heart. But I think it’s going to be all right because I have bought a ticket for Dec. 20, L. (Aug. 24)

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Dear R.,

Sorry to obtrude once again, but as I made a blunder I should think I ought to apologize, oughtn’t I? So please let me apologize, and then you’ll hear from me no more (except my anonymous applause, in a few months) — unless, of course, I make another blunder in the present process of apologizing, in which case I would have to apologize for the new blunder, at the risk of blundering again and of having to apologize again, in such a way that it would keep going on from blunders to apologies, from blundering apologies to apologizing blunders, until the end of time.

The blunder was to remind a woman of her age, and I’ll be hanged if I ever forgive myself for being such a bear. That’s it. If you find in this apology any blunder likely to have escaped my ursine exertions, please not to hesitate and call my attention upon it. Best wishes.

Lost Kine. You’re lost little cow, you’re lost, tell me moo are you.” (Aug. 27)

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Dear R.,

Is it so certain that I should call my writing you obtrusive? Am I to justify myself for praising one who has made herself conspicuous in the arts? or rather is it not the most matter-of-fact thing in the world that a conspicuous artist receives the praise she deserves, and how can I help it if I feel that my praise of you should be a little longer than one word or two? But then, will you say, why don’t I make it public? I intended it to be public, ’tis you kept it private, for whatever reason, all possible reasons being cogent indeed.

Before I listened to your music — pray remember it blew my mind — I would say the genre is slightly at odds with the kind of art I intended at a past-the-prime juncture of my life to deal with. I fear the prim audience I envision would object, did it exist in any real world, that I were going to the dogs if I started dabbling in that genre. However, as a point for you against such audience –were this needed, which is not–, I don’t see just now what be noble or highbrow in arts subsidized by bureaucrats. But such considerations are quite remote from my present purpose, which is to tell you I must apologize for the blunders made while intending to praise, and laud, and extol, and incense you. I will apologize, to be sure, if you allow me. And, since it has been private thus far, by your own will, not mine, ’tis your own will I shall follow. (Aug. 30)

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the cruelty of lust and the fragility of love (Thomas Hardy)

Dear R.,

‘Tis broken-hearted that I write you that I like you very much. “Love” I cannot write, because I read in a novel (a French one: yellow literature) that you only love once in your life (so be sure you don’t let your love pass by), and I had my share of it a few years ago with a married woman who who would smile at me but could not face the consequences. But was it love after all? How can I tell? So many occurrences were there before.

On second thoughts, love may still come to me, I believe. (Alas, a philosopher would say, grimly, if it’s on second thoughts, then one will have it second-hand!)

I like you very much for I think we have many things in common. I, too, bloody love gin. I love the one gin which you have laid upon my way, catching me with it. As you are not likely, so conspicuous are you, to open the contrivance and free me again, I shall be carrying the gin with me, or at me, in this world, not a little hindered but not a little proud. And the sharp teeth of the trap are bloody indeed — glossy from my flesh and blood. ‘Tis the heartbreakingliness o’t, and how I happen to make an awkward figure in this world.

Break my heart it did (and one leg no better), the bloody gin. I talked of the music, warped fiddles and fuzzy dulcimers, but I haven’t of the images yet, have I? Yet images there were. Have you any idea what I allude to? which images my missive is about? or are you shy and perplexed a living stone of precious womanliness enough to have difficulties in finding out my meaning? Mind-blowing images of sprightly softness and fairylike tenderness, in an iridescent aura of lustrous warmheartedness: does it help?

One scheme would be the following. Your beaming at life — My writing to you — Your beaming at me (as part of life).

Another. Let me hate beauty or else let beauty be my doom, so commonplace and dull is the world.

Break my heart you did (or at the very least the ice of it, which is no less wonderful) with your Wessex native garden fairies also — I’m sure it is you had the idea — and with your long lost friend the coastline too. It occurs to me that we were friends long ago, so much long ago that we have quite forgotten it, or even — if this is too bold, pray accept my apologies — that, maybe in the shape of emerald and ruby lovebirds, we were lovers in a previous life. (Sep. 21)

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Dear R.,

The images give me pictorial knowledge of some of the places which Thomas Hardy describes in his stories. I imagine the yellow dale in which you are frolicking so playfully to be a Wessex† heathland and the yellow blooms, heather. And there is the coastline, of which the novelist also speaks in A Pair of Blue Eyes and The Pursuit of the Well-Beloved.

As I said (the first thing I said) I didn’t see your concert in S…, but I discovered that place, and found there the bow-windows I have always so much liked in pictures, never seeing one for real before, and I from now on will be dreaming that I be dreaming on a window seat looking at the Brittany coastline and saying to myself: ‘At the horizon is standing she’; and that I cross the sea some time and come stealthily by night, concealed by the moving shadows of trees, to a glimmering oriel behind which you be sitting in a multicoloured light, each and every small-paned lattice being of a different colour, and I: ‘Here’s the Shrine.’ (Sep. 29)

†There are the Wessex, or West Saxons, the Essex, or East Saxons, the Sussex, or South Saxons, and finally there are the Nossex.

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Dear R.,

I confess that yes I’m of the Isles, where I saw many bow-windows, and as far as I remember I didn’t give a dee about bow-windows or any other kinds of windows then, so when I said ‘bow-windows I have always so much liked in pictures, never seeing one for real before,’ yes it’s nothing but stuff. The saddest thing is that I was certainly believing it the moment I wrote it down, so eager was I to give the narrative of my life some dramatic intensity with such words as always and never before. So the passage in fact should read as follows: Bow-windows I have always so much liked since I first found I liked them six months ago, never seeing one for real before during these last six months. I don’t want to be a low trickster in your eyes, dear R.; I envision bigger and higher and grander tricks as regards you. (Sep. 30)

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Dear R.,

When the press critics were calling you the likes of so and so, you had already made history. I wonder if it is the embitterment that such criticism must not have failed to provoke that drove you, under a different name, in a decidedly different road, a road on which some cursory listening makes me feel you were not as lucky as before.

The alleged reasons I read why the press critics have not paid due credit to your music at the time, namely that you would have been off the fashion of the day, strikes me as ex post facto rationalizing. Straightforward remarks on the nincompoop way of classifying artists, though received with collected miens, might nevertheless have been resented by the trash among journalists.

These might have instilled gnawing doubt in your minds, misleading you into labyrinthine experiments in evincing originality, with your losing spontaneity in a embittered attempt to assert genuineness demonstratively.

After the maze, you needed the desert for purification ceremonies, and you found it in Colorado or Arizona, and you needed practising roots music, meaning thereby to find yourselves again.†

It may not be unusual that after reaching a high peak at an early stage a depressed period ensues, after which however a pristine pure creativity rises again at a more mature time, as accomplished genius. (Oct. 5)

†I certainly find pleasure in these more recent images, insofar as they highlight your physical advantages, and I do appreciate the music, but the decadent overtone reminiscent of stuffy Blue Velvet makes me long for a Wessex heathland caressed by marine breeze.

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Dear R.,

My failure to conquer you has been heavy on my mind, and I have come back to my nonconformism (talking of my denomination, not of an attitude or outlook, sorry) because I have found that it has all been FLESH in the guise of fuzzy fiddles and lemon-yellow heathlands, and TEMPTATION in the guise of SHE. (I adjure you to take it off: Only the naked truth is worth one’s attention!) So (I have no real choice, have I) the virtuous ways of my fathers shall be mine.

Besides, I feel I was too severe in my previous missive. Although the name itself is one of the biggest failures in the history of music, because one of the most irrelevant on all accounts — I don’t blame you for trying the tricks of an egghead, on the contrary the experiment was grand, and it confirms my opinion regarding some people and their obnoxious awkwardness — despite the name, I say, there are gorgeous and delightful songs. So you will find, I am sure, in another twenty years hence, that you have also been the primary source of inspiration for crooners and femmes fatales that were to come, or poets and spiritual guides. (Nov. 13)

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Dear R.,

My last missile was silly, don’t you think? How can one expect to conquer by writing? One thing I learnt in French novels (yellow literature) is that it is the goofiest thing in the world – for had the writing any effect at all, the writer would not be there to take advantage of it. Let’s imagine he concludes a long, passionate missive with the words “And won’t you fall into my arms,” then even if the lady were inclined to comply she would, perhaps, fall in one person near at hands’ arms, but certainly not in the writer’s, a goofy miles away. It was so silly and awkward and — did I believe my writing could have any effect, which, luckily for my plans, I do not — such a boon for free riders. (Free riders. I know a girl, her lover wanted her no more, so she would go out with the creepiest nerd in the place as a vengeance: a vengeance against the whole world, you would swear, it gave everybody the chills. She was very much hurt, I think. I also know another guy, a real cool badass, all the girls wanted to be his sweethearts, true, and they all went out with his friends, who had all the good time. He became very misanthropic. Once, he spoke angrily to one of these so-called friends about the girl he was in love with, poor fellow, and who was the plaything of the friend (so-called), he told him he was grieved, and the latter scorned him: “Why, you only make her laugh!”)

As to my calling people “eggheads”… I am an egghead myself. I have been planning for years an anthropology work called Wonder Dropouts: The Theory of the Leisure Underclass. It’s supposed to be about young pop bands that become known all over the world and then retire early in obscure private life, thenceforth having, presumably (as I heard of some), to toil like anybody else. But maybe I’m mistaken and the guys work because they want to keep doing something, not because they have to, as they could deservedly make a living from their worldwide achievements. The field work for my research is still embryonic, in fact. (Nov. 21)

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Dear R.,

Once again, I told things as they are not. Two things.

First, as regards the badass in the story, he was not in love with the girl. He was only annoyed that the girls would date the other boys instead of him, notwithstanding the fact that he was, thought he, the objective “rouser” in the group. In other words he was grieved not so much in his heart as in his pride. He thought the girls were fond of him, and as far as I can judge many of them were, but he disliked the idea of dating a girl without being fond of her too (this was, admittedly, a major flaw in his badassness) and thus he was bound to be unequal to their expectations, and the other boys took advantage of the situation as much as they could. He was angry because such developments would tend to belittle him compared to the others, as inferior in experience, according to the old law (instinctual) “one conquest more” (as a prize) or in their case (they were all in their teens) “one conquest at last.” He was in jeopardy to fall into the nerds category, which he feared very much. Had he loved one of those girls, I think he may have found his peace of mind. I’ve been told he actually loved someone, but he couldn’t manage it either. — This is, to the best of my knowledge, the true story of the badass from the time I was acquainted with him.

The second distorsion of truth concerns my anthropology project. I have not been thinking of it “for years,” only for a couple of weeks. You remember the bow windows, do you… I can’t tell why I said so (except that it would be a way to define myself as a failed egghead), especially considering that it could make you think I had tried to break the ice having this project in mind, i.e. in order primarily to use you as a source of information, whereas I never considered such a topic before I began to think, and feel, about you. (Nov. 23)

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Dear R.,

I wish I had sent the present missile sooner, in case you were anxious to receive a feedback from me, but certain technical obstacles made it impossible to send it through the usual channel earlier.

I was at …, L., on the night of Dec. 20, and I really enjoyed myself.

At first, two or three days before, I experienced sharp angst, so I decided to take the underground in the morning in order to reconnoitre the place. The neighbourhood, inconspicuous and just a little derelict, seemed okay; there were touches in it that I found reminiscent of stuff familiar to me and that made me optimistic. I said to myself: “I can feel at home here,’’ or “I feel at home.’’ A peculiar thought, by the way. Before this reconnaissance I had not been sure yet I would show up at all (because of the angst).

Back in B., I kept secluded in my room until 6:20pm. I could not eat anything. I tried to read but it did no good. I could do nothing but wait. I had tried a little walking but the wind, same as in S. (ominous sign!), was chilly. At 6:30pm I took the underground anew, following like an automaton the same way as previously earlier in the day. At K. station, noticing a few easy-going youngsters, and one easy-going white-haired glasses-wearing elderly, taking the same direction as I, I felt comforted; from some of these people at least I felt sure I would not meet with rampant hostility.

Once inside the venue I thought with some satisfaction: “I am malking it.’’ After the warming up by …, I found myself a place not too far from the stage on the right-hand side (looking at the stage). I had had a couple of drinks and had already gone twice to the toilets. It was the stress accumulated during the last hours, you see. When you showed up on the stage I soon felt, much to my dismay, the need to go to the toilets again. I knew it would be a fatal retreat because I would not dare scramble my way through the crowd to find as good a location again. So I started to undulate a little at the sound of music, and I realized it did me good, the pressure on the bladder became less acute. Maybe I could stand it through the whole performance this way! It worked, I soon forgot the inconvenience completely, I did not feel it anymore, and I was banging my head and having a great time. It was necessary to get rid of all restraint, otherwise I would have have to retreat. It turned out to feel so good I did not think of my inconvenience until I was back in my room in B. (and that is quite an amazing thing per se).

I could have banged my head much more wildly, and a couple of limbs too, was it not for the immobility of my immediate neighbours, who were more demure. They must have more control on their bladders. I don’t think they had such a great time as I, though (some had and it was nice taking a glance at them once in a while), but I hope I didn’t make a fool of myself; for a moment I thought afterwards that you might feel contempt for me if you knew I had banged my head, that you might consider banging one’s head right for the others but not for me, as if you said to some confidante: “Of course the public has to bang their heads, to feedback the stage, but think of this ass making a fool of himself in that way: I’ll never forgive him for lowering my consideration.’’ So uncertain is men’s mind on heart affairs… At least you know the circumstances.

In overcoming natural restraint, I found the recollection of the badass useful, because he would be quite at ease in such situations. Once we both went to a party where the lioness of the block, Carine, was also present, with her boyfriend, a boy older than the others. The badass hated the boyfriend, who dared date girls not intended for him, as he said, considering he was taking advantage of his age superiority. At this party the badass had a nice surprise, because the boyfriend, in spite of his vantage situation as the favourite and intimate of the lioness (or because of it, who knows?), among (even if not quite openly) hostile boys behaved with much unease, whereas the badass and a few others were all spiritedness, so much so that this turn of events infuriated the lioness, but wait, she was incensed against none other than her boyfriend, and a rumour soon delighted the whole party that she was abusing the poor fellow behind his back, raging that he had “a stick in the ass.’’ That’s how she broke with this one (and this time I do not exaggerate the story in the least). We’ve never heard of the boy anymore. (He didn’t take his life, don’t worry, he had just fallen in the deepest insignificance conceivable, worse than death itself, one might say.)

Apart from that, the badass was a guy with ideas, but his were always strange. Once he asked me to buy a bass guitar to play in a band he wanted to start, and that was fine with me, but in his idea the band would be called So You Think You Like It, and no one could make him change his mind on that point. He also said the band would launch a new artistic movement in the world, which he called “socktrade.’’ He tried to explain me why it had to be such a stupid name as that, but his reasons were so confused, or elaborate, that I can’t remember them, if they meant anything at all. However, he ended the whole business saying success would only benefit free riders, that free riders had the upper hand in the world. With such views as these I guess he must have been doing sweet Fanny Adams of his life.

Sorry for the digression. A word on the performance. Although the sound seemed a little fuzzy-magmatic to me compared to studio sound, and the different instruments not always much distinguishable, when I was, let’s call it dancing, I thought I was high, I thought I was flying (and I had taken only a few light drinks). So you may like to try something in the future: By expanding the length  of passages like the finale in …, you could make more people fly, couldn’t you? As far as I’m concerned you would only need to repeat the same lines again and again. Perhaps it can’t be the same on record, time is different there.

I was delighted to see you in flesh and bones, but at such distance, however short I tried to make it, I could not appreciate your numerous charms in as much detail as on pictures. Pictures from Dec. 19, for instance, reveal lovely intricate knee bones, and this is what I call fine beaming.

I am just coming back from my stay in L. Except for the concert, this time I did not enjoy the stay as much as previous ones, because it was vacation time and people that work all their lives were then free for a while to do things (serious things, I mean). I found them everywhere I went. Why should they have vacations at all, by the way, since it is hopeless they enjoyed it decently? One has to train for one’s leisure, one has to be used to it, and they are so obviously not, this office fellowship, ‘tis a pity.

Then, also, everything closed for a few days, so it wasn’t a good idea to stay that long.

Ending on such a topic as common people (in England most of these common people have to be English, I fear, but this is merely a chance circumstance; there were a good deal of tourists too) is rather bad form, sorry, but I really wanted to let you know the reason I didn’t write sooner after the concert, and that is because of my being in L. still. As I said, I wish I had written sooner. Hopefully you didn’t get too nervous in the meanwhile and had a merry Christmas. (Dec. 26)

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Have you ever felt like living among jerks, dear R.? The answer seems obvious to me. After pondering it a long time, in no way will I read “love gin” otherwise than meaning “You are all jerks.”†

Besides, what’s the relevance of such a quote as “Judging a person does not define who they are. It defines who you are”? Quoting this rather vacuous piece of wisdom is indeed meaningful: It says that people have been judging you and that you have been suffering from it. However, you should not advance thus unmasked, it’s blunting your blade. I want to see them at your feet and pay for what they’ve done to you, whatever it be. So, for the sake of me, please hide that dagger.

Order and you shall be obeyed.

I wish you a happy new year. (I was prevented by my not being home to send these wishes as soon as I wanted: all apologies for that.) (Jan. 5)

†A jerk is the kind of person who will say you are “still” pretty and think he has paid a nice little compliment. Well, before you fling me out of the window, I have this to say: You have never been so pretty as you are now. (As the philosopher says, what doesn’t kill you makes you sexier.)

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Dear R.,

It appears that the “love gin” is going to be a bone of contention between us, especially since you will throw me no other bone. I can’t understand it, so many are the reasons you ought to drop that nonsense. I know I ought not to talk to you like that, but then won’t you admit I’ve been open-hearted?

I know I’ve had your ear, because recently you told journalists things that reminded me of what I had written you, so I thought you wouldn’t feel as if I was trying to impose things on you. The reasons are so many, let me state only two more. Everybody knows (I love when people say “everybody this and that,’’ knowing they only talk of themselves) everybody knows the Greek poet has said: “No songs can please nor yet live long that are written by those who drink water’’; but one is not supposed to congratulate oneself, even in indirect ways, are they? Then you say “by the sea,’’ and somewhere also “in a garden’’: yet the poets who sing the pleasures of being by the sea, in a garden, didn’t drink water, presumably, but somehow they felt it would be odd to acknowledge both kinds of pleasure, Natura and Bacchus, in the same breath. (Jan. 26)

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I realize you won’t marry me and that makes me melancholy and sad. (Jan. 31)