Journal onirique 2

Les idées viennent en dormant.

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Deux couples d’amis participent à une émission de télé-réalité du type Koh-Lanta, sur une île déserte. L’un des couples saisit cette opportunité pour assassiner l’autre couple, pour une histoire d’argent. Quand la voix off de l’émission détaille les heureuses conséquences financières de la mort des deux participants pour leurs assassins, la femme, qui entend elle aussi la voix off, laisse éclater sa joie.

Le couple assassin a mis à profit l’isolement de l’île déserte pour commettre son crime – comme si cet isolement était réel et non une mise en scène de télé-« réalité » : on peut penser que les deux couples étaient seuls sur l’île avec une petite équipe de tournage et que l’isolement était donc en partie réalisé.

Une idée alternative est que les producteurs de l’émission étaient de mèche avec le couple assassin : les amis de ces derniers croyaient participer à une émission de télé-réalité mais ont été victimes d’un snuff. Par conséquent, l’intérêt, pour les spectateurs, est aussi – mais cela ne m’apparaît, en tant qu’onironaute spectateur de cette émission, que progressivement – d’observer comment les assassins s’y prennent pour commettre leur crime.

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Il peut arriver que l’on se fasse connaître de la police à son insu par des e-mails que la police a trouvés et lus dans le smartphone d’une personne interpellée. C’est ce sur quoi ce rêve attire mon attention.

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Je déjeune avec C. (♀), membre des Brahma Kumaris, et le député Georges F., ancien directeur de la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Il est question du Homard Gate. Je fais remarquer que toute considération d’économie était absente des dîners en question et qu’au contraire les grands moyens ont été employés pour que ces dîners soient les plus chers possible. Le député élabore alors une théorie sur ce que pourrait être le « coût décent » d’un dîner officiel, en se basant sur ce que coûte une bouteille de vin dans les cantines des ministères, voire, compte tenu de son intérêt pour les questions pénitentiaires également, dans les prisons (sans doute les cantines du personnel).

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Me rendant à un cinéma « d’art et d’essai » dont je suis, dans ce rêve, familier, je découvre après avoir acheté mon ticket qu’il ne s’agit pas cette fois-ci de la projection d’un film mais d’une exposition en présence de l’artiste, qui explique son travail au public au cours d’une visite guidée. Cela se passe au cinéma parce que certaines des œuvres exposées sont des vidéos (un support courant dans l’art contemporain). Une de ces vidéos est le film d’un tableau abstrait de l’artiste accroché à un mur et tournant sur lui-même dans le sens des aiguilles d’une montre – à moins que ce ne soit l’écran vidéo qui tourne sur lui-même.

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La pensée est plus rapide que la lumière.

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En classe de mathématiques (avec pour professeur l’économiste et politicien indien Subramanian Swamy, qui fut dans la réalité mon professeur d’économie à la Harvard Summer School de 2004), je ne prends que des notes superficielles, ce qui me fait anticiper mon échec à l’épreuve de mathématiques du baccalauréat. Cette anticipation inquiète n’est cependant pas de nature à me faire prendre des notes plus détaillées ; je persiste à ne relever que les éléments du cours qui contribuent à la connaissance du kantisme. Certains résultats mathématiques sont en effet le fruit des efforts de mathématiciens pour confirmer ou récuser la pensée de Kant. Un de ces résultats, dans le sens d’une confirmation, est particulièrement séduisant ; malheureusement, je l’oublie à mon réveil.

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En classe, à Harvard, la professeure nous informe que, selon l’administration de l’université, un étudiant du cours n’est pas régulièrement inscrit et que sa présence risque donc de n’apparaître dans aucun fichier de l’université. La professeure se tourne alors vers moi, confirmant mes craintes que je pourrais bien être cet étudiant. Elle me demande de vérifier le statut de mon inscription. Je google alors sur mon iPhone mais la recherche ne donne rien ; il faut dire que j’ai oublié de googler mon nom parmi les mots clés de la recherche. Mon voisin me suggère donc de googler « Boucharel-harvard.com ».

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Le président de la République est présent à un carnaval, dans ce qui semble être une église, pour rencontrer l’opposition. Il n’est pas déguisé, porte un costume cravate. Je me fais passer pour un de ses partisans et, quand, lors de la prise de parole d’un opposant, il s’exclame « Que chie que chaud ! », je pousse un « Oh ! » de surprise et ris bruyamment. Devant ce succès, le président adopte cette interjection pour larder systématiquement les prises de parole de ses opposants.

Il s’agit d’une expression désuète, dont le sens n’est pas très éloigné de « peu me chaut » et dont le mot « chie », peut-être du verbe « chier », en trouble plus d’un dans l’audience, ce qui semble être l’effet visé par le président.

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Avec d’autres militants, je grimpe une échelle qui conduit à un pont suspendu très haut (à hauteur de gratte-ciel) au-dessus du fleuve et de la ville. C’est un pont étroit d’où l’on peut facilement tomber, mais je ne ressens aucun vertige jusqu’à ce que des militants entonnent le chant de manifestation « Et tout – le monde – détest-e la police ! – Et tout – le monde… » car alors j’anticipe une charge des forces de l’ordre sur le pont, et le vertige me saisit. Je réussis cependant à le surmonter et parviens au bout du pont, à l’étage supérieur d’un centre commercial. En me retournant, je vois que les militants chanteurs, lourdement armés, forment une véritable milice paramilitaire. Certains militants tièdes se disent entre eux, en descendant les escaliers vers les galeries du centre commercial, qu’une telle milice est une curieuse manière de lutter pour les libertés, que de cette façon la force ne peut être remplacée que par la force, mais je ne suis pas de leur avis (je ne suis pas un tiède).

[Note. Les mots milice et militant ont la même étymologie.]

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Devant moi, mon ami B., duquel je ne me fais pas remarquer, se voit refouler à l’entrée de l’université par les portiers alors qu’il venait demander une bourse d’études. Il se fait refouler à cause de ses cheveux longs, me dis-je. Je décide pour ma part de ne rien demander aux portiers, pensant demander mon chemin seulement une fois à l’intérieur, et je traverse les portiques avec un passe. Après être entré et avoir traversé le hall, je demande le chemin du bureau des bourses à une étudiante assise au comptoir d’une buvette. Elle me montre une porte non loin de là : « Après cette porte, tout droit puis à droite. » En ouvrant la porte, je suis surpris, alors que je m’attendais à un couloir, de trouver un amphithéâtre. Sur l’estrade en contrebas, la professeure ne fait pas cours mais tente de répondre à la contestation des étudiants présents : je tombe en plein mouvement étudiant. Si je veux suivre les indications qui m’ont été données à la buvette, il me faut descendre jusqu’à l’estrade, devant la professeure, puis prendre une porte à ma droite. C’est ce que je fais, le plus discrètement qu’il m’est possible. Cette fois, la porte donne sur un dédale de cavernes, dont je peux apercevoir l’ampleur par quelques dégagements, me trouvant à son niveau supérieur. Bien que j’aperçoive une étudiante, puis une autre, aller leur chemin vers les profondeurs de ces grottes, je décide de ne pas les suivre car je n’arrive pas à me convaincre que je trouverai le bureau des bourses au bout de cet improbable chemin. Je retourne donc dans l’amphithéâtre, où j’apprends que les deux étudiantes que je viens d’apercevoir sont l’objet d’une horrible machination : elles pensent rejoindre le lieu où leur sera remis un prix de reine de beauté fictif qu’elles croient avoir gagné mais se rendent en réalité à la cérémonie de sacrifice humain dont elles doivent être victimes. La contestation étudiante n’était elle-même qu’un simulacre.

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[Il s’agit d’un rêve éveillé, au moment d’une sieste, avant de m’endormir tout à fait ; c’est du moins ce qu’il m’a semblé rétrospectivement.]

L’étreinte de la femme-araignée. Sa morsure, quand elle a encore forme de femme, paralyse et rigidifie le corps de son amant ; le pénis est mis en état d’érection. Les mouvements matriciels autour du pénis introduit produisent l’éjaculation. L’accouplement a lieu pendant que la femme-araignée est sous forme arachnéenne et couvre sa victime. Plus tard, la mise-bas a lieu pendant qu’elle a forme humaine : des araignées lui sortent de la matrice.

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Dans une grande entreprise de média, le personnel a des séances quotidiennes d’aérobique. Un jour, à la demande de la directrice, la coach d’aérobique explique que les séances comprendront désormais des attouchements entre collègues ; devant l’incrédulité de certains, elle précise qu’il faut que le personnel entre de plain-pied dans son temps. Plusieurs collègues hommes me mettent la main aux fesses pendant la séance. Les effets de cette nouvelle philosophie aérobique ne se font pas attendre à l’échelle de l’entreprise. Une collègue explique dans un couloir à la directrice, en fumant une cigarette, que cela a profondément changé ses relations avec son père, avec qui elle a maintenant des rapports sexuels, et elle en remercie la directrice. Un nouveau-venu dans l’entreprise, qui ne supportait pas ce nouvel état d’esprit, part quant à lui en laissant à une collègue âgée un emballage de bébé poupée dans lequel on voit, à travers le plastique transparent, un sandwich baguette garni avec la cervelle d’un autre collègue dont il ne pouvait souffrir les attouchements. Une autre collègue décide désormais de travailler nue. Un autre demande à un collègue de venir partager son bureau avec lui ; quand le second refuse, le premier s’énerve et remet son pénis dans son pantalon, ce qui fait voir aux tiers qu’il avait fait cette invitation le pénis à l’air. La collègue nue décroche le téléphone : c’est sa mère, avec qui elle a une conversation en italien. Elle lui demande de parler plus lentement, lui rappelant qu’elle ne parle plus très bien cette langue, étant de la deuxième génération d’Italo-Américains.

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L’Afrique n’exporte pas de produits manufacturés mais nous envoie une image subliminale. Malheureusement pour elle, les guerres interethniques brouillent cette image.

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À Paris, devant une porte cochère, trois petites filles asiatiques  m’abordent en souriant avec les mots « thaï, thaï » quand je passe et repasse. Plus tard, je franchis cette porte (les fillettes ne s’y trouvent plus à ce moment-là) et répète les mots « thaï, thaï » à la gardienne asiatique que je trouve sous le porche. Elle fait alors descendre deux des petites filles, qui m’accompagnent dans des escaliers conduisant à un lobby où nous devons prendre un ascenseur pour monter à une chambre dans les étages. Tandis que nous attendons l’ascenseur, l’une des fillettes dit qu’elles savent faire toutes sortes de choses et me demande si je souhaite faire ces choses avec l’une d’elles, et alors laquelle, ou bien avec les deux. Quand je réponds « avec les deux », un homme portant lunettes et moustache, d’aspect débonnaire, m’appelle par mon prénom, bien que je ne le connaisse pas, et demande à me parler quelques instants à l’écart. Je comprends qu’il s’agit d’un officier de police qui vient de me prendre en quelque sorte en flagrant délit dans une sordide affaire de prostitution de mineures. Tout en le suivant vers le lieu où je suppose qu’il va m’interroger, je réfléchis à ce que je vais lui dire : j’ai l’intention d’affirmer que j’ignorais qu’il s’agissait de prostituées, que rien dans les quelques échanges que nous avons eus elles et moi devant l’ascenseur et qu’il a dû entendre ne me permettait de supposer qu’elles se prostituaient, et d’expliquer que les distractions auxquelles je pensais étaient parfaitement innocentes. Pressentant que mes explications ne le convaincront pas, je me réveille.

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Des individus cherchent à faire passer de la drogue de Mongolie en République populaire de Chine par avion. Le plan qu’ils mettent au point consiste à cacher la drogue dans un couffin car ils imaginent que cet objet, supposément occupé par un bébé, n’attirera pas l’attention des douanes et de la police. Il leur reste à trouver comment prêter vie à ce bébé fictif pour que le couffin paraisse réellement occupé par un bébé. L’idée qu’un enregistrement audio de pleurs et babillages puisse tromper la crédulité des gens me laisse sceptique.

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La civilisation de corail.

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L’hombrologie (science de l’homme, hombre) se distingue de l’ostéopathie en ce qu’elle n’interdit pas de péter.

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Une personne de ma connaissance, vieille fille vers la fin d’une carrière de pigiste obscure, me montre de manière inattendue, en me tendant une liasse de dessins, qu’elle a une activité artistique. De façon plus inattendue encore, ces dessins ne sont pas complètement mauvais, leur originalité m’étonne. L’un d’eux en particulier retient mon attention : c’est un dessin abstrait où dominent les couleurs rouge et rose fuschia, et où se distinguent également deux yeux de verre bleus, l’un et l’autre placés sans ordre dans le dessin pour mieux ressortir. Les reflets du verre et l’intensité de l’iris sont saisissants. Toutefois, je demande à l’artiste d’encrer les traits qu’elle a laissés au crayon à papier, comme le contour des yeux de verre, et de même, pour ces contours en forme de globe, d’utiliser un compas, avant que je publie son dessin sur mon blog.

Ensuite, j’initie plusieurs personnes au jeu de plateau que vient d’inventer mon ami M., un jeu à la manière de Talisman, bien que je l’aie testé en solo et l’aie trouvé ennuyeux. Comme il fallait s’y attendre, les joueurs s’ennuient, et, à l’instigation d’une joueuse, interrompent la partie. Je prends donc la décision de ne pas les initier à un autre jeu inventé par M. qui est la suite de celui-ci et que, le testant en solo, j’ai également trouvé ennuyeux.

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Je prends en filature une lycéenne dans la rue. Elle est de petite taille, porte un jeans et un blouson noir, mais bien que le blouson la désigne à l’attention de la police, elle donne plutôt l’impression d’être bon chic bon genre. Derrière elle, je franchis la grille de l’enceinte extérieure du lycée et continue la filature dans la cour, où elle rejoint un groupe de lycéens mâles occupés à discuter. L’un d’eux attire particulièrement mon attention par son look post-hippie : c’est un blondinet avec un vague chignon sur la tête et des poils follets au menton. Ma filature quitte le groupe pour entrer dans le hall du lycée, où je continue de la suivre. Là, dans la foule, elle est avisée par le proviseur, qui l’appelle, souhaitant parler avec elle de ses nombreuses absences injustifiées : « Suivez-moi dans mon bureau, Rothschild ! » Rothschild est le nom de ma filature, un cas de petite délinquance juvénile au sein de la grande bourgeoisie.

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À l’intérieur d’un hôpital futuriste, un match de football est organisé dans un couloir. Le public se tient debout de part et d’autre du couloir, avec, contre le mur en face de moi, des officiels parmi lesquels je reconnais le président russe Vladimir Poutine. Il semble que les spectateurs, se faisant face à si peu de distance, passent plus de temps à se regarder les uns les autres qu’à suivre le match lui-même. Quand le match se termine, je n’en ai aucun souvenir. Poutine serre des mains et je m’approche ; quand vient mon tour, je ne peux lui offrir que le bout de mes doigts car j’ai la main engourdie, et je note dans son regard un furtif étonnement de ne pas recevoir une poignée de main franche. Je me perds ensuite dans l’hôpital, ses couloirs obscurs, son ascenseur qui, quand les portes s’ouvrent, s’ouvrent en fait sur un escalier s’enfonçant à perte de vue dans les profondeurs.

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Les maisons de retraite ont de petits chiens blancs pelucheux pour le bien-être des pensionnaires mais qui servent aussi pour être mangés par les politiciens et leurs invités. C’est une collaboratrice de la maison de retraite que je suis en train de visiter qui me l’apprend, au moment où je m’applique à donner une caresse à chaque petit chien alors qu’ils se tiennent immobiles, entassés les uns contre les autres sur des chariots de cantine le long des couloirs de l’établissement, inquiets, frissonnant comme s’ils venaient de vivre un tremblement de terre. Ils sont peints comme des gâteaux car ils doivent être servis au déjeuner organisé pour la visite d’une ministre. Croisant celle-ci dans un couloir, alors qu’elle se rend avec d’autres personnes au réfectoire où doit avoir lieu le déjeuner, je la pousse brutalement, irrité par la coutume barbare dont on vient de m’apprendre l’existence. La ministre tombe au sol mais ne fait pas de scandale. Dehors, entre le bâtiment principal et le réfectoire, je suis présenté à des collaborateurs politiques de la ministre, dont deux sont investis de missions de sécurité bien qu’à la différence des gorilles exerçant habituellement ce genre de fonctions ils soient grêles et efféminés (des assassins plutôt que des gardes du corps). Ils me prennent pour cible de leurs plaisanteries et intimidations ; l’un d’eux fait mine de me pousser du doigt, comme s’il voulait m’écarter d’une pichenette. Je pressens que l’on va me faire payer mon geste contre la ministre ; je suis prêt à en découdre, mais cela ne se produit pas. Au moment d’entrer dans le réfectoire, je suis séparé de la fonctionnaire et lanceuse d’alerte avec qui je me trouvais (celle qui m’expliqua le double rôle des petits chiens) car les pensionnaires et fonctionnaires mangent à part des politiciens (et collaborateurs politiques) et de leurs invités, dont je suis ; au milieu des gens massés à l’entrée pour passer le contrôle de sécurité, je m’exclame : « Ils ne veulent pas mélanger les serviettes et les torchons ! » Un autre invité répond : « Ou l’inverse ! »

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Je retrouve une vieille photo de classe, où je regarde d’abord tendrement la belle S., à côté de moi sur la photo et avec qui, dans le rêve, je suis resté en termes d’affection. Puis je remarque qu’une élève assise au premier rang exhibe ses parties intimes. Par ailleurs, une autre élève non loin de celle-ci fait une fellation au garçon derrière elle. Je me demande comment j’ai pu ne pas voir ces choses à l’époque, et comment cette photo a pu être distribuée aux uns et aux autres sans faire scandale.

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En rentrant chez moi après une absence prolongée, je découvre que mon appartement est occupé par un inconnu qui en a fait sa résidence et se trouve au lit avec deux femmes de petite vertu. Je lui demande de quitter immédiatement les lieux mais il refuse. Vêtu d’un simple caleçon, il me menace physiquement : l’empoignade qui s’ensuit me montre que sa force est supérieure à la mienne. Je l’avertis que je vais appeler la police, à quoi il réplique qu’il ne craint rien, qu’il a la police dans sa poche, parce qu’il est député (ce que je sais être faux). Dans le bureau, où doit se trouver le téléphone, celui-ci n’y est plus, et je n’ai pas non plus mon téléphone portable. Je cherche en vain le téléphone dans plusieurs autres pièces. L’ami qui m’accompagne me dit alors qu’il l’a vu dans la chambre, où je dois donc retourner malgré le risque d’être agressé par le squatteur. Le téléphone s’y trouve en effet, à côté du lit, là où dormait l’une des femmes. J’appelle la police tout en luttant contre le squatteur qui cherche à me faire raccrocher. Après que j’ai expliqué mon problème à la policière au bout du fil, celle-ci me demande quand je souhaite que la police intervienne. Je réponds : « Le plus tôt possible. » La policière m’annonce alors que ce ne sera pas avant cinq jours. Interloqué, j’essaie de plaider pour une intervention immédiate, mais c’est en vain. Je raccroche et parviens au bout du compte à jeter le squatteur hors de chez moi, dans les escaliers, où nous croisons un écrivain pédophile connu qui engage la conversation avec moi.

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Je déjeune au restaurant thaïlandais qui est mon favori dans la réalité, sauf que cette fois cela se passe au bord de l’eau et de la façon suivante : je suis le seul client et assis à même le sol, tandis que les deux jeunes propriétaires du restaurant, dans le rêve un homme français et une femme thaïlandaise, sont également à ma table, elle face à moi, lui à ma gauche, tous deux sur des tabourets et me surplombant. Tandis que je suis là, je me rends compte que je n’ai pas commandé l’un de mes plats préférés, la soupe lac xa (dans la réalité cette soupe n’est pas servie au restaurant thaïlandais auquel je pense mais l’était dans un restaurant chinois à Chaville, dont les propriétaires, en partant après plusieurs décennies d’activité, ont emporté avec eux leur recette inimitable de cette soupe par ailleurs bien connue). Je commence donc à me lamenter bruyamment sur cet oubli de ma part, afin de faire accepter que je puisse commander une soupe lac xa à emporter malgré l’heure. Ma demande est acceptée. Pendant cet échange mon repas est devenu froid, alors la patronne le place sur un réchaud devant moi mais, en réchauffant la nourriture, elle la carbonise complètement, la réduisant à une petite boule blanche. (Comme ces perles mystérieuses que laisse la crémation de certains saints bouddhiques et qui sont vénérées en tant que reliques).

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Je rêve que les flashs lumineux que je vois en appuyant sur mes yeux fermés forment une montagne russe sur laquelle je me trouve lancé à grande vitesse. Après quelques instants, cette montagne russe s’avère être une rampe de lancement qui me projette dans l’espace, traversant des constellations d’étoiles (et l’effet 3D, absent dans la réalité de ce genre d’« images » les yeux fermés, ou bien présent seulement par un vague effet de profondeur, est ici saisissant).

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Membre d’une société savante, après avoir assisté déchaussé, comme les autres présents, à une conférence, j’oublie de remettre mes chaussures en sortant, alors que nous nous rendons tous ensemble au restaurant. Bien qu’embarrassant, cet oubli ne m’empêche finalement pas d’entrer dans le restaurant avec les autres, parce qu’en mangeant on a les pieds sous la table et que personne ne pourra donc voir que je n’ai pas de chaussures, moi y compris. Au cours du repas, je demande à un convive de bien vouloir me servir du vin. Il me passe la bouteille en simulant l’ivresse, pour égayer la compagnie. Alors que je me fais la réflexion que cette petite comédie n’est pas drôle, je commets une faute grossière : au lieu de verser le vin dans mon verre, je bois à même la bouteille, comme si je venais d’ouvrir le frigidaire de mon appartement de célibataire et que j’en avais tiré une bouteille de jus de fruit ou de soda pour y boire au goulot. Les convives sont consternés. Je prends conscience que mes habitudes érémitiques me rendent inapte à toute forme de sociabilité. On continue toutefois de se servir du vin à la bouteille après mon geste, comme si rien ne s’était passé : on fait en somme comme si l’on n’avait rien vu.

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Bangkok, Thaïlande, la nuit. Un tremblement de terre se produit. Les édifices sont secoués mais aucun ne s’effondre. Il semble que ce soit ce qui se passe habituellement car de nombreux immeubles sont entourés de filets au-dessus du sol pour recevoir les personnes que les secousses jettent de leurs terrasses ou de leurs fenêtres. Cependant, nombre de personnes qui tombent sur ces filets rebondissent dessus et finissent tout de même par s’écraser au sol. Dans certains cas, l’effet de ces filets est celui d’un véritable trampoline : les personnes rebondissent plusieurs fois sur le filet avant d’être projetées dans le vide et donc de poursuivre leur chute mortelle.

Twit26 Descartes Re-Animator

Twitter Anthology Nov-Dec 2019 FR-EN

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Rassurez-moi, l’urgence climatique, ce n’est pas comme le sida proclamé grand fléau du siècle jour après jour pendant des années jusqu’au moment où plus personne n’en parle comme si l’on avait trouvé le vaccin et que ça n’existait plus ?

Pour résumer le sida :

1 Tout le monde, pendant des années, était convaincu que c’était le fléau du siècle ;
2 Quasiment plus personne n’en parle ;
3 Personne ne sait ce qui s’est passé entre 1 et 2 (pas un vaccin en tout cas).

Ce qui s’est passé entre 1 (urgence fléau sida ☠) et 2 (silence radio), si ce n’est pas un vaccin, c’est peut-être que les gens ont renoncé aux rapports charnels ? ou que les bébés naissent avec des préservatifs sur le zizi ?

[C’est l’occasion de rappeler mes calculs sur l’épidémie du sida (Sida : Le Big Buzz x). Les autorités publiques, les médias en ont fait des tonnes, alors que la vérité (telle que les recoupements le montraient clairement), c’est que les héroïnomanes adeptes de la piquouze avaient des probabilités extraordinairement élevées de mourir du sida, les homosexuels venaient derrière mais déjà loin derrière (il se trouve de surcroît que la proportion d’héroïnomanes est chez eux plus importante que dans la population générale), et les hétérosexuels encore bien plus loin derrière, à vrai dire à des années lumière derrière ! Des campagnes grand public, qui ne cessaient d’être produites dans ces années-là, n’auraient par conséquent eu de sens que si elles avaient identifié les risques à leur véritable hauteur, mais ç’aurait sans doute été stigmatisant…

Les prostituées sont une population à risque bien connue et ne peuvent servir d’argument pour considérer que tout le monde est logé de fait à la même enseigne : les prostituées sont à la fois lesbiennes (bi) et toxicomanes dans des proportions bien plus importantes que la population générale, si bien que l’on est en droit de conjecturer que l’épidémie s’est répandue chez elles par ce biais plutôt que par leur activité tarifée (hétérosexuelle). Leur cas tend donc à confirmer mon analyse.

Par ailleurs, je n’ai pas osé l’ajouter sur mon blog à l’époque mais, parmi les hétérosexuels, il fallait de surcroît distinguer entre hétérosexuels blancs et hétérosexuels noirs, compte tenu des chiffres du sida en Afrique, mais il est vrai qu’il y avait là une extrapolation de la situation africaine à la situation de la population d’origine africaine sur le sol européen, extrapolation que, faute d’avoir les chiffres spécifiques de la population d’origine africaine en Europe, je ne pouvais justifier bien qu’elle eût la nature d’une hypothèse probable.

Les trithérapies font que les personnes séropositives ont aujourd’hui, paraît-il, une espérance de vie à peine moins grande que les autres ; c’est sans doute ce qui fait que le battage est retombé, et avec elle la promotion du préservatif, en plus des résistances diverses et variées à l’encontre de son utilisation, celles bien connues de l’Église catholique, et d’autres moins connues, telles que : « En tant qu’homosexuel, il est hors de question que je broute du caoutchouc quand je taille des pipes », citation très exacte d’un obscur écrivain français en blouson noir invité sur un plateau télé à une heure de grande écoute dans les années quatre-vingt. Et citation qui est restée gravée dans ma mémoire. Si je me rappelle aussi nettement cette phrase, applaudie par le public présent sur le plateau, si je me rappelle encore la véritable indignation de cet écrivain contre le condom (il présentait son dernier roman, qui était peut-être aussi le premier – à vérifier –, donc son premier et peut-être son dernier car je n’ai plus jamais entendu parler de lui ; ce roman s’appelait Pack, je crois, cet anglicisme ou un autre désignant un sachet de cocaïne), ce n’est pas seulement en raison de son étonnante crudité pour un garçon d’une dizaine d’années (moi), mais aussi pour toutes les implications qu’elle comportait. En effet, si le sexe oral fait partie d’une relation sexuelle normale (même d’une nuit), alors, puisque le sida peut se transmettre par voie de sexe oral, le préservatif ne sert à rien, sauf à faire brouter du caoutchouc à sa partenaire (mais la réaction de l’écrivain indiquait assez que ce ne serait pas une demande admissible) ou à se mettre un préservatif sur la langue au moment de rendre la pareille. Le préservatif ne sert à rien car, même s’il protège de l’infection au cours du coït, l’infection se produira par la voie des « préliminaires » ou des à-côté dont les sexologues, à cette époque également, ne semblaient pouvoir, dans les émissions à caractère familial,  insister assez sur l’extrême nécessité pour une relation pleinement satisfaisante.

Mais pourquoi parler encore de ce sujet alors que Trump vient d’annoncer que les États-Unis allaient complètement éradiquer le sida avant dix ans ? Le fléau du siècle est une affaire pliée. Donc, la réponse à ma question « Comment a-t-on pu passer du ‘fléau du siècle’ au silence radio ? » c’est simplement – je suis bête de n’y avoir pas pensé plus tôt – que nous avons changé de siècle.]

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Descartes Re-Animator

LES CADAVRES DE LA HONTE. Jamais je n’aurais pensé que, dans mon pays, certains soi-disant médecins, avec l’éthique que ça requiert, puissent traiter des défunts de cette façon. Défunts qui ont cédé leurs corps à la science. À même le sol, mangés par des rats. (Stéphane ty breizh)

Si des cadavres sont laissés à même le sol, c’est, il faut croire, qu’il n’y a pas assez de brancards. Et si les rats les mangent, c’est que les moyens ne sont pas à la hauteur pour l’hygiène. Et si la faculté en vend [à qui ???], c’est qu’elle a vraiment besoin d’argent. À part ça, la recherche française se porte très bien…

P.S. Quand je dis que la recherche française « se porte très bien », après avoir parlé de cadavres laissés sur le sol et mangés par les rats, cela veut dire que la recherche française va très mal. C’est la misère à Paris-Descartes.

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#Parodie Le super-discount offert sur les cadavres par la faculté de médecine Paris-Descartes pour le #BlackFriday2019 n’a pas relancé les ventes. Un client témoigne : « Les cadavres, à Descartes, ne sont pas frais. »

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La RATP a formé une cinquantaine de ses cadres pour qu’ils puissent prendre le relais des conducteurs de métro et de RER en grève. (BFMTV, 29 nov.)

#Parodie Alain, cadre comptable à la RATP, a été licencié après avoir fait dérailler un RER. Il raconte : « J’ai voulu m’étirer les bras pour prévenir les troubles musculo-squelettiques, comme au bureau, mais il fallait freiner à ce moment-là. » Quand Halloween tombe un 5 décembre [jour annoncé par les syndicats pour la grève générale]…

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À Clermont dans l’Oise, des parents d’élèves ont saisi l’inspection académique après avoir découvert que l’institutrice de leurs enfants fait du catch sur son temps libre. (France 3 Régions) [Il s’agit de la catcheuse de haut niveau, Amale Dib. Des enseignants ont vivement réagi à cette saisine, proclamant des libertés pourtant inexistantes en droit français.]

Si les enseignants étaient convaincus que l’administration (qui peut être alertée par les parents d’élèves) n’a aucun droit de regard sur leurs « activités personnelles », ne twitteraient-ils pas moins souvent sous anonymat ? Nous savons tous ce qu’est le droit administratif français. Le devoir de réserve et tout le reste, devoir de dignité etc., servent justement à donner à l’administration un droit de regard sur la vie privée du fonctionnaire, à faire de cette vie privée un élément de l’appréciation hiérarchique et disciplinaire. L’administration exige que le fonctionnaire, même dans sa vie privée, « ne jette pas le discrédit sur la réputation de l’administration »… Si l’administration estime qu’être championne de catch jette un tel discrédit sur l’éducation nationale, elle sanctionnera l’enseignante, voire la licenciera pour faute. L’enseignante aura la possibilité de contester la décision devant le juge administratif, par exemple en expliquant que faire du catch n’est pas une entorse à ses devoirs. Le très conservateur juge administratif lui donnera tort. Sans doute.

(Ce qui est de nature à jeter « la déconsidération sur l’administration » dépend de l’appréciation du gouvernement, qui dirige l’administration. Le « juge administratif » fait lui-même partie de l’administration, la France ayant inventé cet oxymore.)

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Si les régimes spéciaux des forces de l’ordre, policiers et militaires, sont exemptés de la réforme des retraites, c’est pour qu’ils cassent de la tête de cheminot gréviste sans se poser de questions. Mais ensuite il ne restera que leurs régimes spéciaux et ce sera très facile de les leur supprimer parce que, quand ils voudront à leur tour manifester pour le maintien de ces avantages, on enverra leur casser la tête des agents de sécurité privés qui font le même boulot qu’eux sans avoir les avantages de leurs régimes spéciaux. (Cf. la société privée de mercenaires Black Water.)

ii

Un employé de la RATP sous régime spécial, c’est mal car des chauffeurs privés n’ont pas de régime spécial. Un policier sous régime spécial, c’est bien même si les agents de sécurité privés n’ont pas de régime spécial. (P.S. Un convoyeur de fonds risque aussi sa vie.)

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Starbucks fires employee who gave police officer coffee labeled “PIG.” (The Hill)

In continental Europe the employee would be fired and prosecuted, and yet it’s called the ‘free world’ too…

There the employee is fired and it makes news. Here he would be fired and prosecuted and that would never make news. Americans shouldn’t include Europe in ‘the free world’: It isn’t fair for Europeans, who suffer under police states.

You: Europe is a Police state!
Hong Kong: OMG that’s so cute! (Brissie Bubba)

I gave the facts: In US the employee is fired and that makes news. In Europe he would be fired and prosecuted and that would not make news. What do you say to that? But you tacitly ask me to be more specific, so let it be known that in France an “outrage à agent” [I have no idea how this oddity could be translated in English] is punishable with 6 months imprisonment and a 7.500 euros fine. And let it be known, as you talk of China, that France and China, unlike the U.S., share a crime of desecrating the national flag (and other national symbols), which in France is liable to 6 months imprisonment and a 7.500 euros fine (same as outrage à agent).

Then don’t burn your flag. Pretty simple. (Ibid.)

I don’t burn my flag but I question the relevance of such a prohibition, am calling for its repeal and will support every political action and movement to that end and to the ending of the police state.

A demand to repeal a law that prohibits flag burning being no less disrespectful to the flag than the burning itself, and yet being immune to prosecution as no law can be passed that precludes its future cancellation, the very prohibition is absurd, and I demand its cancellation.

And of course I call all convictions grounded on those bills vile police state persecution, which any individual should be entitled to appeal to the courts of the United States of America, which have consistently struck down all attempts at passing such nefarious bills. #GodBlessAmerica

(Mainstream media France Info even made headlines on the business it is for French police to fine people for outrage à agent (April 2019). Police state to the core.)

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En pratique, si vous avez avoué les faits sur procès-verbal, quelles qu’en soient les raisons, vous n’aurez par la suite quasiment plus aucune chance d’être cru par le juge ou le procureur, si vous revenez sur vos aveux. (Extrait du Guide du manifestant arrêté par le Syndicat de la magistrature)

C’est paradoxal puisque

« Il peut arriver que des policiers vous conseillent instamment d’avouer les faits afin d’obtenir une décision plus avantageuse ou pour être plus rapidement remis en liberté. » (Autre extrait du même Guide)

S’il est connu que cela peut arriver, cette forme de pression ne peut pas être légitimement ignorée.

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Dans un régime autoritaire, Mediapart n’existerait pas. (Une députée française anti-Mediapart)

Dans ce régime autoritaire, Mediapart subit les pressions et intimidations d’une justice aux ordres (procureur non indépendant) pour révéler ses sources, en violation de la Convention européenne des droits de l’homme.

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Quand les anarchistes disent « Ni Dieu ni maître », cela signifie-t-il qu’ils refusent les services d’avocats (qui se font appeler « maître » ?)

Pourquoi la justice reste-t-elle attachée à des usages si contraires à l’esprit d’égalité ?

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Boules de feu contre pompiers

Quel est ce projectile ?! 😮 Ce n’est pas parce que ce sont des pompiers qu’il faut leur envoyer des boules de feu dessus ! [Ce sont les pompiers qui manifestaient ce jour-là contre la politique du gouvernement.]

Les grenades [lacrymogènes] s’enflamment pour dégager le gaz. (Resdix)

C’est dangereux, merci. Je voudrais bien savoir si le juge administratif peut maintenir sa jurisprudence des années cinquante sur les grenades lacrymogènes qui ne seraient pas des « armes dangereuses » (déclenchant le régime de responsabilité sans faute de l’État) en voyant ces images de boules de feu.

Il sait très bien comment ça fonctionne, donc ça ne servirait à rien. (Ibid.)

Il peut le savoir comme vous et moi mais s’il n’est pas saisi de la question, il ne se prononce pas. Les grenades GLI-F4 sont utilisées depuis 2011. La jurisprudence (purement technique) sur les grenades lacrymogènes date des années cinquante ! La page Wkpd sur les GLI-F4 indique qu’elles contiennent « une charge explosive constituée de 26 grammes de TNT » et que « la France est le seul pays européen à utiliser des munitions explosives en opérations de maintien de l’ordre ». En outre, en juillet 2018, le LBD 40 a été déclaré « arme dangereuse » par la juridiction administrative en appel. Le dossier « GLI-F4 arme dangereuse » tient donc parfaitement la route si une personne blessée demande une indemnisation devant le juge administratif.

Il y a déjà eu des blessés… (Ibid.)

Oui mais ils portent plainte au pénal, évidemment sans connaître le tireur ! Les avocats de droit pénal ne connaissent pas le droit administratif. Il faut saisir le juge administratif (JA) d’une action en responsabilité de l’État. Je ne suis pas professionnel du droit et ne peux donc faire plus que dire ce que je sais. La dualité du droit français rend les choses complexes, les avocats se spécialisent et ignorent l’autre versant. À mon avis, il serait moins compliqué de se faire indemniser par le JA pour responsabilité sans faute de l’État du fait de l’usage de GLI-F4 (même si la vieille jurisprudence est aujourd’hui contraire) que d’obtenir des dommages-intérêts au pénal sans connaître le tireur… (Pour la simple et bonne raison que, comme vous avez été blessé par la police, l’enquête de police ne débouchera sur rien – cf. le hashtag #SelonlIGPN (selon l’IGPN) –, tandis que le juge administratif se fera son opinion sur la responsabilité de l’État tout seul et sans enquête de police.)

Les avocats de droit administratif ne vont pas proposer leurs services à des Gilets Jaunes éborgnés, ils préfèrent cibler les commerçants qui ont des vitrines brisées lors de manifestations (et qui se font indemniser ces dégâts par le JA).

Si l’État doit indemniser des blessures en cas de faute, comme dans la récente jurisprudence LBD (où le tireur n’était peut-être pas identifié au contentieux) [le LBD a été reconnu arme dangereuse mais, dans le cas d’espèce, le régime de responsabilité sans faute ne s’est tout de même pas appliqué, car il faut plusieurs conditions cumulatives ; le régime de responsabilité pour faute a cependant été retenu et la victime indemnisée sur ce fondement], l’État peut engager une action récursoire contre l’agent, et là, je pense, il le trouve toujours. Au pénal, il ne le trouve jamais ! Au pénal, on montre la vidéo du tabassage dans le Burger King mais personne ne reconnaît les tabasseurs. Mais si l’État était condamné par le JA à cause des tabasseurs, tous leurs collègues les reconnaîtraient, et l’action récursoire pourrait s’engager. Oui, chef.

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« Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption » n’est pas du tout percutant, car être corrompu est suffisamment grave pour que, s’il existe une différence entre être corrompu et être la corruption, elle soit à peine significative.

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Le procès d’@odile31 présidente de l’association Handi Social, c’est à 14h au TGI de Toulouse. On l’accuse d’avoir utilisé son fauteuil roulant comme une « arme par destination » lors d’une manifestation Gilets Jaunes. (Rapports de force)

#Parodie Procureur : Arme par destination, oui trois fois oui ! « Arme » car un fauteuil c’est ARMchair. « Destination » car cet ARMchair est roulant, donc va vers une destination. « Par destination » car ça fait bien jargonnant, comme « à raison de » au lieu de « en raison de » !

[Retweeté par Handi Social.]

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Une crèche de Noël « présente un caractère religieux » mais peut être dénuée de « signification religieuse particulière ». Conseil d’État, ass., 9/11/16 (Curiosités juridiques)

#Parodie « Pas de signification religieuse particulière, seulement une signification politique d’appel à la Reconquista des quartiers occupés par les immigrés arabo-musulmans adeptes du Grand Remplacement. L’interdiction de la crèche est donc illégale. » 🤓 #Béziers

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Logique vs Psychologie

[Commentant une vidéo où un policier verse le contenu d’une petite bouteille en plastique à l’intérieur d’une voiture stationnée dans laquelle est entrée, en brisant la vitre arrière, une grenade lacrymogène tirée par les forces de l’ordre au cours d’une manifestation.] Merci au policier qui a essayé d’éteindre la grenade lacrymogène tombée par inadvertance dans une voiture, avec sa petite bouteille d’eau réglementaire à moitié vide, même si ça n’a eu aucun effet. C’est l’intention qui compte.

À moitié pleine. (tito turf)

L’idée que l’expression employée serait un indice de l’état psychologique du locuteur n’est pas toujours vraie, cela dépend en réalité souvent du contexte objectif. La bouteille est ici à moitié vide car c’est cette description qui permet de souligner la vacuité de la tentative. Si j’avais écrit « à moitié pleine », il y aurait eu incohérence interne compte tenu du contexte, même si les deux expressions sont logiquement équivalentes en soi (et seulement en soi) ; « à moitié vide » est appelé, requis par le contexte objectif et non par un état psychologique subjectif. Les deux expressions sont équivalentes et pourtant il serait moins logique de dire « Il a cherché à éteindre le feu avec sa bouteille à moitié pleine », car c’était en vain du fait qu’il n’y avait pas assez d’eau (ce manque étant signalé par le vide).

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La publication d’une caricature représentant une religieuse gonflant un Christ en croix avec une pompe à bicyclette n’est pas une provocation à la haine religieuse. Cass, crim, du 7 décembre 1993 (Curiosités juridiques, avec la couverture du journal Fluide Glacial en cause)

Les « journaux satiriques », dont supposément Fluide Glacial, jouissent de ce que certains juristes appellent une « immunité prétorienne » dans différents litiges. Un twittos lambda ne peut donc même pas en prendre exemple. (Mais quand c’est la religion catholique, il y a de toute façon peu de risque…)

Les hate speech laws françaises ne distinguent pas entre minorités et majorité, tous les « groupes de personnes à raison de » sont logés à la même enseigne (articles 32, 33, 41 de la loi de 1881). Toute autre considération est donc extrajuridique et ce « contentieux de masse » traduit de fait un recul du droit.

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All parties to the conflict in Syria admit that the YPG which the US and European countries have been helping is a PKK subgroup and yet the PKK is banned as a terror organization both in the US and the EU. No European citizen [I am not sure what the consequences are in the US] has a right to support the PKK but their governments have… Turns out these governments are above the law. Their advertised commitment to the rule of law notwithstanding.

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Freedom of speech isn’t something somebody else gives you. That’s something you give to yourself. (Quote from author Kurt Vonnegut)

You can hardly fight for free speech where anti-free speech laws exist (e.g. France), because exercizing one’s free speech against anti-free speech laws (i.e. demanding their repeal) is, albeit not illegal per se, ‘illegal’ by implication. See what I mean?

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Aides à la presse 2017

(Source : ministère de la culture x)

Le grand vainqueur est

Aujourd’hui en France (Le Parisien) 8.323.627€ (total des aides 2017)

Suivi de

Libération 5.913.419€
Le Figaro 5.699.521€
Le Monde 5.081.476€
La Croix 4.624.765€
Ouest France 4.476.986€
L’Humanité 4.191.650€ (La lutte finale se porte bien)

(Un peu surpris de voir le New York Times, pour 175.630€. Avec cette précision : « Diffusion annuelle France seulement » mais quand même…)

La Croix, c’est près de 5 millions d’euros par an, mais si vous cherchez Le Croissant, il n’y a rien… #Laïcité ? #Islamophobie

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1.000 euros métaphysiques

On nous dit : « Personne ne percevra de retraite inférieure à 1.000 euros [à condition d’avoir droit à une retraite à taux plein]. » Mais dans dix ans, avec 1.000€ tu pourras t’acheter autant qu’avec 700€ aujourd’hui. Dans quinze ans, autant que 500€ d’aujourd’hui. Etc. #Inflation

Quand quelqu’un te dit qu’il va te lâcher 1.000€ dans vingt ans, (en dehors du fait que dans vingt ans il ne sera plus là) ça veut dire 500€ – un pouvoir d’achat de 500€ actuels.

ii

1.000€ métaphysiques. Si le temps n’existait pas, 1.000€ ce serait la chose en soi (Ding an sich) dont l’évidence est apodictique (apodiktisch selbstverständlich). Mais le Dasein de 1.000€ dans l’Ouverture du temps (Sein und Zeit) c peanuts. #retraites #Kant #Heidegger

Phénoménologie des 1.000€, ou la politique du doigt tendu : La thèse est 1.000€ qui, dans la dialectique de son essence dans l’En-soi, devient l’antithèse –1.000€ dont la résolution par l’Esprit en et pour Soi (Der Geist an und für Sich) est la synthèse : ZÉRO. #Hegel #réformesdesretraites

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Réforme des retraites

« Travailler plus longtemps puisqu’on vit plus longtemps. »

La transition démographique a été marquée par un allongement de la durée de vie du fait d’une baisse de la mortalité infantile : ceux qui ne mouraient pas en bas âge ne vivaient donc pas moins vieux qu’aujourd’hui. Autrement dit, la durée de vie des travailleurs n’a pas augmenté puisque l’allongement de la durée de vie n’est qu’une conséquence mathématique de la diminution de la mortalité en bas âge. Le raisonnement du gouvernement est par conséquent sans fondement. Qui peut démontrer le contraire ?

On me dira qu’il n’y avait pas autant de vieux auparavant ? Même si c’est vrai (et c’est à démontrer), la raison n’en serait pas l’allongement de la durée de vie mais la diminution de la fertilité après le baby boom.

On ne vit pas plus longtemps (autrement que par une mauvaise interprétation statistique). Mais la réforme des retraites va quant à elle diminuer l’espérance de vie des travailleurs par l’usure et la pénibilité.

Par ailleurs, elle va augmenter l’immigration car la liste des métiers pénibles qui ne recrutent que par immigration (c’est un fait) va s’étendre avec l’allongement de la durée du travail. Ces métiers ne sont pris que par des immigrés ou des saisonniers étrangers, du fait des « carrières courtes » rendues possibles par les taux de change internationaux. Ce sont ces métiers parmi les plus pénibles qui ne permettent pas de se construire une maison en France au bout de 40 ans mais permettent d’en construire une en Pologne et d’y retourner vivre au bout de 15-20 ans, du fait d’un pouvoir d’achat de l’euro cinq à six fois plus élevé que celui du zloty.

Nos pseudo-intellectuels ont toujours expliqué ce rejet par les nationaux des métiers les plus pénibles par le prétendu succès de notre système d’éducation. Mais en réalité plus le métier est pénible et plus la durée de cotisation est dissuasive, et, pour un même niveau de qualification (ou plutôt de non-qualification), certains métiers sont plus pénibles que d’autres. Ainsi, un métier qui demande à un national 35 années de cotisation, ne pourra être occupé que par un étranger qui peut épargner et cotiser pendant 20 ans avec un pied dans chaque pays. Augmenter la durée de cotisation allongera la liste des métiers rejetés par les nationaux.

[On peut également évoquer l’accroissement mécanique, du fait de l’allongement de la durée de cotisation, de l’inégalité invisible de notre système de retraites, où les pauvres payent pour les retraites de riches : voyez mes Mathématiques des retraites ici.]

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Delevoye Gate

Les manquements à l’article 23 de la Constitution (« Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à caractère national et de tout emploi public ou de toute activité professionnelle. ») ne sont pas assortis d’une peine de prison ni d’une condamnation pénale quelconque. Les prohibitions constitutionnelles n’ont pas besoin de sanctions car on n’a affaire à ce niveau qu’à des gens de la plus grande intégrité…

ii

« Bonjour monsieur Delevoye, je suis Henri Choupin, Conseiller du Président. Comme le Président vous a proposé un poste ministériel, il est important que vous connaissiez les règles constitutionnelles visant à prévenir les conflits d’intérêts au sein du gouvernement. Prenez 24 heures pour dresser la liste de vos fonctions actuelles afin de déterminer, si besoin avec notre aide, celles qui nécessitent que vous y renonciez pendant que vous occuperez ce poste. »

Où sont les Henri Choupin de ce gouvernement ? Où sont les hauts fonctionnaires ? Ils ont tous démissionné ?

iii

L’inadmissible maintien en poste de J.-L. Delevoye. Dix « oublis » dans sa déclaration d’intérêt. Jusqu’à quand le gouvernement, qui ne pouvait ignorer la situation, va-t-il accepter de couvrir une illégalité pouvant donner lieu à des poursuites pénales ? (Mediapart)

Je ne sais pas quel est votre argument pour des poursuites pénales [n’étant pas abonné à Mediapart, je n’ai pas accès aux articles dans leur intégralité ; j’ai lu entre-temps que l’association Anticor avait saisi le procureur de la République d’une possible infraction pénale par le ministre], mais en tout cas ce n’est pas sur le fondement de l’article 23 de la Constitution que le ministre a enfreint mais qui n’est assorti d’aucune sanction judiciaire.

De même, le gouvernement n’est pas poursuivi en justice s’il n’informe pas le Parlement de l’emploi des forces armées à l’étranger (article 35), etc., etc. : les dispositions constitutionnelles sont dépourvues de sanctions judiciaires, qui feraient du juge répressif un juge constitutionnel.

Ce n’est donc pas en raison de possibles poursuites pénales que le maintien en fonction du ministre est « inadmissible » mais en raison de manquements constitutionnels dépourvus de sanction pénale. Si des poursuites pénales sont possibles, la jurisprudence dite « Bérégovoy-Balladur » s’applique. Autrement dit, votre article tire à côté. Si des poursuites pénales sont possibles, et si c’est ça le sujet, il faut en tout équité attendre une mise en examen pour que le ministre soit contraint de démissionner.

Si le sujet, c’est que la conduite du ministre était interdite par une autre disposition que l’article 23 de la Constitution et susceptible d’être poursuivie pénalement, alors le ministre n’est pas « contraint » de démissionner tant qu’il n’est pas mis en examen. D’ailleurs, ni dans un cas ni dans l’autre un ministre n’est en fait contraint de démissionner, au sens d’une contrainte judiciaire. Ce sont des usages qui font consensus dans un esprit constitutionnel et visent la nécessaire confiance envers les personnes au pouvoir. Ignorer ces usages serait une violence de nature à laisser des cicatrices indélébiles car, contrairement à une condamnation pénale, ici il n’y a pas d’erreur (ou de persécution) judiciaire possible, seulement l’aveu qu’on s’essuie le derrière avec la Constitution.

iv

Le gouvernement souhaite clore l’affaire en disant que le ministre a remboursé le trop-perçu. Mais il n’existe aucune instance prévue pour contrôler le remboursement dû car il n’est pas prévu qu’un manquement constitutionnel se règle à coups de remboursement.

De plus, un remboursement ne peut pas être une réparation satisfaisante d’une infraction à une règle (constitutionnelle ou non) de prévention des conflits d’intérêts. Le problème n’est en effet pas seulement, et même pas principalement, les rémunérations perçues de manière indue.

Mais sur le remboursement lui-même, qui a la preuve que Delevoye a remboursé le trop-perçu, et ce au niveau dû ? Personne ! Car personne n’est chargé par la Constitution de contrôler et apurer un tel remboursement.

v

06h51 sur BFMTV : Delevoye doit-il démissionner ? Christophe Barbier [journaliste et commentateur politique, propos du 16.12.2019] : « Non ! Il va quitter le gouvernement mais pas tout de suite. Il partira quand le texte sera terminé et transmis le 22 janvier. » 12h39 : Delevoye démissionne. (Balance Ton Média)

(Citation exacte de Barbier : « Delevoye partira quand le texte sera terminé et transmis au Conseil des ministres. C’est prévu le 22 janvier. J.-P. Delevoye ne pourra pas porter ce texte devant le Parlement. »)

Christophe Barbier n’a certes pas prévu une démission express mais il annonçait un départ de Delevoye du gouvernement après le dépôt du projet de loi de réforme des retraites le 22 janvier, alors que les ministres invités à la télé disaient, en mode gardien de la paix, « Circulez y a rien à voir »…

Barbier avait donc « compris » qu’il y avait un problème qui ne permettait pas à Delevoye de rester au gouvernement, et il « supposait » qu’on l’avait aussi compris au gouvernement (qui cherchait donc seulement à temporiser). Or aucune prise de parole ministérielle ne laissait entendre une telle chose. Pour les ministres entendus à la télé, au contraire, il n’y avait pas de problème Delevoye, qui était de bonne foi, avait remboursé (ou allait rembourser), etc. Comment Barbier pouvait-il donc dire de telles choses ? C’est lui, le porte-parole du gouvernement ?

Oui, Christophe Barbier est le véritable porte-parole du gouvernement car il avait annoncé la démission de Delevoye au 22 janvier (certes ce fut plus rapide) quand toutes les déclarations publiques de ministres laissaient entendre qu’il n’y avait pas de problème Delevoye. Les déclarations des ministres donnaient à croire que Delevoye ne démissionnerait jamais, tandis que Barbier savait que Delevoye démissionnerait ; il savait que, pour le Président ou le Premier ministre, il y avait un problème Delevoye.

Le Président et le Premier ministre se sont donc confiés à Christophe Barbier mais pas à leurs ministres, en particulier pas à la ministre qui est en même temps porte-parole du gouvernement. Barbier savait qu’il y aurait démission quand les ministres pensaient que Delevoye resterait.

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Un ami amateur de polars me dit que les jeunes policiers à la retraite écrivent des polars. Il y a quelques jours, il était à un festival du polar à Paris. Il s’y est tenu une table ronde sur « Les Français détestent la police mais sont friands de romans policiers, comment t’expliques ? » J’ai fait une recherche. Les héros des grands polars ne sont pas policiers, mais détectives privés (Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Philip Marlow, Nestor Burma, Mike Hammer…), journalistes (Rouletabille), avocats (Perry Mason) ou autre (Miss Marple). Les exceptions (Maigret) confirment la règle. Il n’y a donc pas de paradoxe dans le fait que les Français détestent leur police et sont friands de polars, car les héros de romans policiers en général ne sont pas policiers.

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Andrew Yang Says He’s ‘Very Open’ To Legalizing Magic Mushrooms. (Inquisitr)

As a therapy or rather as a nightmare: Every person taking mushrooms will be on the record as a sickly critter in need of treatment, including Natives who already have a licence to use them (and/or peyote) as a religious rite. – You just can’t take the mystic out of it.

Can’t you just follow on the Dutch steps? Legalize it because repression is bad as a rule, and without pretending you’re making the world so much better for the sick (as Big Pharma Brother told you).

Legalize it because you’re for freedom, not as quacks. When shrooms smell of hospitals, they’re bad.

A religious rite is a right. As a medication, it won’t even be a right: It’s what your disease, your ailment, your substandard condition requires, not even that, it’s what society requires you to take in order to keep you afloat with economic output requirements.

ii

A veteran in Davenport told me that psilocybin mushrooms were the only treatment he found effective for his depression after returning home. We should explore making psilocybin mushrooms legal for medical and therapeutic use particularly for veterans. (Andrew Yang)

Legalize it because you’re for freedom, not as quacks.

And by the way, a veteran who has opened his eyes on the atrocities of war is a therapeutic case?

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Dans l’arrêt Lohé Issa Konaté c/ Burkina Faso, du 5 déembre 2014, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples demande l’abrogation des peines privatives pour les actes de diffamation. Le droit africain est donc plus favorable aux libertés que le droit français et européen.

[Il est à supposer que ces actes de diffamation sont une appellation générique pour les délits dits « de presse » les plus courants. La Cour demande cette abrogation en s’appuyant sur des instruments juridiques régionaux, la Charte africaine des droits de l’homme (article 9) et le traité de la CEDEAO, mais aussi sur le Pacte international des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques (dont la France est signataire) à son article 19. Cet article 19 relatif à la liberté d’expression ne prévoit pas expressément – c’est dommage – l’abrogation des peines privatives pour les délits de parole, et son interprétation par la Cour africaine dans le sens d’une abrogation de ces peines est donc à noter.]