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Dans le dictionnaire thaï du révérend père Pallegoix (1854)

Indra et Erawan,
Wat Devaraj Kunchon à Bangkok.

Le père Jean-Baptiste Pallegoix (1805-1862) était un prêtre catholique français formé au séminaire de la Société des missions étrangères. Il exerça l’essentiel de son sacerdoce en Thaïlande, alors connue sous le nom de royaume de Siam, dont il fut le vicaire apostolique. Il joua un rôle important dans les relations franco-siamoises : c’est, par exemple, sous son impulsion que Napoléon III établit une ambassade au Siam en 1856. À sa mort dans le pays où il servait, le roi Rama IV lui fit rendre un hommage national.

Il est l’auteur d’un dictionnaire de la langue thaïe, le Dictionarium linguæ thai sive siamensis, interpretatione latina, gallica et anglica (Dictionnaire de la langue thaïe ou siamoise, avec définitions en latin, français et anglais) publié à Paris en 1854.

Le présent lexique, servant de complément à notre glossaire sur « L’occulte thaï » ici, présente des entrées du dictionnaire intéressantes au point de vue de la religion et de la culture en Thaïlande, avec leurs définitions latines et françaises par le père Pallegoix. Nous reproduisons le contenu du dictionnaire avec quelques commentaires de notre plume entre [ ]. Nous complèterons nos observations par la suite, dans la partie des « Commentaires » à ce billet, comme pour notre glossaire de l’occulte.

Quelques remarques introductives. (A) Nous ne suivons pas la transcription du père Pallegoix des termes thaïs en alphabet latin. Nous continuons de rendre les termes thaïs dans la transcription employée dans notre glossaire, transcription qui nous est propre et personnelle, et qui nous paraît le plus phonétique possible du point de vue d’un lecteur francophone, abstraction faite des tons de la langue thaïe qui ne sont tout simplement pas rendus, pas plus qu’ils ne le sont dans les transcriptions courantes. (Voyez à ce sujet l’introduction au précédent glossaire). Ce choix de simplification ne rend pas la diversité phonétique de la langue thaïe, mais, pour un lecteur qui ne connaît pas cette langue, les bp, les dt, les th, les ph (ceci est un « p » tandis que pour nous « ph » se prononce f), les kh, les « orn » (qui se prononcent en réalité « onn »), les « arn » (qui se prononcent « ann ») etc. des transcriptions habituelles, d’origine anglo-saxonne et qui visent à distinguer dans la langue de destination diverses consonnes d’origine, sont d’une médiocre utilité pour se faire une idée de la prononciation desdites voyelles et consonnes. Dans notre transcription, les consonnes redoublées sont nombreuses car c’est le moyen le plus simple que nous ayons à disposition en français pour (1) changer un phonème nasalisé en phonème dénasalisé (« an » est nasalisé en français : « ann » indique un phonème non nasalisé) et (2) indiquer que la console finale se prononce (dans le mot « chat », en français, le t final est muet, mais en lisant un mot tel que « chatt » on comprend qu’il convient de prononcer un t final). Pour ce qui est, enfin, de la coupure ou non des mots, par un trait d’union, elle n’est pas une indication linguistique rigoureuse de mots composés, c’est dans bien des cas le résultat de notre appréciation subjective de la physionomie du terme tel que retranscrit ; pour un lecteur non familier de la langue thaïe, c’est de peu d’importance. Les termes apparaissent dans l’ordre alphabétique tel qu’il résulte de notre transcription. Certains termes sont regroupés en raison de leur liaison thématique.

(B) L’orthographe thaïe à l’époque du père Pallegoix n’était pas encore bien standardisée. La réforme radicale de 1942, qui supprimait notamment de multiples consonnes historiques, a certes été abandonnée en 1944 dans ses grandes lignes, mais un travail plus lent et plus durable de standardisation s’est produit sur le temps long. Pour ce qui nous intéresse ici particulièrement, il faut souligner que certains termes relatifs au bouddhisme sont une transcription vernaculaire depuis le pali des textes sacrés. Cette transcription linguistique a sa propre histoire. À l’époque de Pallegoix, qui travaillait beaucoup avec des moines bouddhistes, les mots palis étaient transcrits en thaï avec une abondance de voyelles écrites, que l’usage et la standardisation ont plus ou moins réduite (un peu comme en arabe où certaines voyelles ne sont le plus souvent pas écrites, sauf dans certains textes). Comme nous donnons l’orthographe thaïe de Pallegoix, il convient de faire remarquer que certains termes ci-dessous n’existent plus sous cette forme aujourd’hui. Par exemple, une appellation du Nirvana en pali est agata ou akata (selon les transcriptions, la lettre en question étant un k « doux »), qui signifie « l’incréé » en pali : Pallegoix le transcrit / อะกะตะ / avec toutes les voyelles. Or, en thaï vernaculaire, ce terme se trouve aujourd’hui sous la forme / อกตะ /, voire / อกต /, avec économie de voyelles écrites, parmi d’autres appellations possibles du Nirvana, telles que assangkata / อสังขตะ /, « l’inconditionné », et amata / อมตะ /, « l’immortel », elles-mêmes transcriptions du pali avec économie de voyelles vernaculaires.

De même, Pallegoix marque les mots composés en séparant leurs composants par un blanc, par exemple baï-si : / ใบ ศรี /. Ceci est pédagogique (la structure de la composition est ainsi indiquée) et ne reflète pas l’orthographe usuelle, qui supprime les blancs, y compris entre les mots d’une même phrase, où l’espace ou blanc sert de ponctuation.

(C) L’emploi fréquent par le père Pallegoix des termes « superstition », « superstitieux », s’agissant des croyances et pratiques religieuses en Thaïlande, ne doit pas étonner de la part d’un prêtre catholique missionnaire. Il convient du reste de remarquer qu’un moine bouddhiste thaïlandais emploierait sans doute lui-même ces termes devant certaines croyances et pratiques non canoniques. Le grand conseil du Sangha bouddhiste thaïlandais a d’ailleurs publié en début d’année 2026 une directive appelant la communauté bouddhiste nationale à se purger de certaines pratiques, notamment relatives aux amulettes, expressément qualifiées de « superstitieuses », répandues dans le pays.

Cela ne concerne pas, il convient de le souligner, les emprunts anciens aux légendes d’origine indienne, par exemple au Ramayana (sous la forme nationale du Ramakien) et qui jouent un rôle dans le bouddhisme thaïlandais. La mythologie hindouiste du temps de la vie du Bouddha Gautama est intégrée dans le bouddhisme theravada : ces mondes mythiques sont inclus dans le vaste domaine du samsara, leurs habitants vivent et meurent à leur manière, et les habitants de chacun de ces mondes se réincarnent dans les uns ou les autres mondes en fonction de leurs mérites et de leurs péchés.

(D) Le terme « talapoin », en latin talapuinus, désigne spécifiquement un bonze siamois ou birman dans la littérature française. Le terme vient du portugais talapão, formé à partir du birman. (Les Portugais sont les premiers Européens à avoir fréquenté cette partie du monde et en avoir rendu compte.) Enfin, le terme « mandarin », en latin mandarinus, ne fait pas référence aux lettrés chinois ; le père Pallegoix se sert de ce terme, lui aussi d’origine portugaise (mandarim), pour désigner les hauts fonctionnaires, qui formaient une noblesse de service (la noblesse au sens européen n’existait pas en Asie).

*

A

Abaï / อะบาย, อาบาย / Tormenta inferorum, infortunium. / Les tourments des enfers, infortune. => Abaïpoum / อาบายภูม / Varii loci inferorum. / Les différents lieux des enfers. => Tjatourabaï / จตุราบาย / Quatuor gradus inferorum. / Les quatre degrés des enfers.

[Il s’agit, pour abaïpoum comme pour tjatourabaï, des quatre destinations de tourment, dont les enfers sont à proprement parler la première. La seconde est le monde des prétt, le troisième celui des assoura, la quatrième est le monde des animaux. Voyez notre glossaire de l’occulte thaï, dont le lien se trouve dans l’introduction, à Abaïpoum.]

Aboutsabok / อบุศะบก / Thronus regius; umbrella fimbriata pro idolis aut pro rege. / Trône royal ; parasol à franges pour les idoles ou pour le roi.

[Le thaï contemporain ne semble connaître que la forme boutsabok / บุศบก /.]

Agappiyang / อกับปียัง / Quod est inconveniens statui religioso, id est bonziis. / Ce qui est inconvenant à l’état religieux, c’est-à-dire aux bonzes.

Agata / อะกะตะ / Niphan, ubi jam non est renascendum. / Niphan, où l’on ne doit plus renaître.

[Voyez (B) dans notre introduction.]

Aï-teu / ไอ้ ตื้ (? doute sur la voyelle, longue ou courte, de teu) / Ignes missiles cum grandi strepitu erumpentes ex arundinibus. / Feux d’artifice sortant avec grand bruit des bambous.

Aïyara / ไอยะรา / Aïyarét / ไอยะเรศ / Elephas eximii generis, elephas nobilis. / Éléphant de bonne race, éléphant noble. => Aïyarawan / ไอยะราวัณ / Elephas mirabilis Phra:In, seu dei Indræ. / Éléphant admirable de Phra:In, ou du dieu Indra. = Erawan / เอราวัณ / Erawanno / เอราวัณโณ /

Akarèt / อัคะ เรศ / Prima ex concubinis regiis; mulier præstans aliis. / La première des concubines du roi ; femme supérieure aux autres. = Ekanong / เอกะนงศ / (dans le 1e sens)

Akatéwa / อัคะ เทวา / Archangelus, angelus præstans. / Archange, ange supérieur.

Akki-nakaratt / อักคี นาคราธ / Serpens vomens ignes; rex Nakharum. / Serpent vomissant des flammes ; le roi des Nagas. => Assoukri / อสุกรี / Nagæ, fabulosi serpentes qui certis temporibus dicuntur assumere formam humanam. / Nagas, serpents fabuleux que l’on dit prendre à certains temps la forme humaine. Wassoukri / วาศุกรี / Tao-wassoukri / ท้าว วาศุกรี / Paya-soukri / พญา สุกรี / Rex Nagharum. / Roi des Naghas. => Poutchong / ภุชงค์ / Rex regionis subterraneæ, rex serpentum. / Roi de la contrée souterraine, roi des serpents.

[Les rois des Nagas sont au nombre de neuf. Paya Pouchong Nakaratt / พญาภุชงค์นาคราช /, ici nommé, est le troisième. Le plus souvent représenté avec sept têtes, parfois neuf, il a le corps de couleur gris argenté, sa poitrine et ses têtes étant rouges. C’est le Naga du dieu Shiva. Le premier de ces rois est Paya Anannta Nakaratt / พญาอนันตนาคราช /, blanc à mille têtes dorées, Naga du dieu Vichnou, et le deuxième est Paya Moutjalinn Nakaratt / พญามุจลินท์นาคราช /, doré à sept têtes, ou parfois gris argenté à têtes dorées, protecteur du Bouddha Gautama. Pour quelques détails sur les Nagas, voyez notre glossaire et les commentaires.

Nous parlons, à l’entrée Kouwéwouratt ci-dessous, d’un dieu Tao-Wiroupak qui règne sur les nagas. Ce dernier est dit régner sur les nagas célestes, tandis que Paya Ananta, ici, règne sur les nagas souterrains. Car il existe des nagas divins et des nagas semi-divins. Dans certaines versions, Paya Ananta est le gendre de Tao-Wiroupak.]

Akom / อาคม / Formulæ superstitiosæ, magicæ; formulæ repetitæ e libris sacris. / Formules superstitieuses, magiques ; formules tirées des livres sacrés.

Alak-tjann / อาลักษณ จาน / Qui scribit stylo ferreo supra folia palmarum. / Celui qui écrit sur des feuilles de palmier avec un stylet de fer.

Alampaï / อลำไภ / Magus celebris incantans serpentes. / Magicien célèbre qui enchantait les serpents.

Alawok / อาละวก / Nomen gigantis celebris. / Nom d’un géant célèbre.

[Un soutra bouddhiste porte son nom, le soutra d’Alavaka (forme sanskrite du nom thaï vernaculaire) : en thaï alawokka-soutt / อาฬวกสูตร /. Dans ce soutra, le Bouddha convertit le géant.]

Alatchi / อาลัดชี / Bonzius procax, protervus, non servans regulas. / Bonze effronté, impudent, n’observant pas les règles.

Amarapoura / อะมะระปุระ / Amarawadi / อะมะระวะดี / Civitas dei Indræ, in cacumine montis Meru. / La ville du dieu Indra, sur le sommet du mont Méru.

[Aujourd’hui, par économie de voyelles écrites (voyez notre introduction), / อมรปุระ /, la « cité immortelle ».]

Ammara / อำมรา / Rex angelorum nomine Phra:In. / Le roi des anges nommé Phra:In.

Ampawaï / อำพะวาย / Species ludi superstitiosi super libratilem funem. / Espèce de jeu superstitieux sur une corde qu’on balance.

Anima / อะนิมะ / Superhumanæ facultates; angelus. / Facultés au-dessus de l’homme ; ange.

Antéwassik / อันเตวาสิก / Ministri talapuinorum qui serviunt intùs. / Ministres des talapoins qui les servent dans les temples.

[Au temps de Pallegoix, ainsi qu’il le raconte dans sa Description du royaume de Siam, de 1854, les grandes pagodes royales comptaient « quatre ou cinq cents talapoins avec un millier d’enfants [novices] pour les servir ». Il y en avait onze dans l’enceinte de Bangkok et une vingtaine en dehors.]

Apsonn / อับษร / Angela, nympha cœlestis. / Ange femelle, nymphe céleste.

[Ce sont les apsaras, dont l’origine est dans la mythologie hindouiste.]

Assom / อาศรม / Assombott / อาศรม บท / Cellula heremitæ in sylvis. / Cellule d’ermite dans les forêts.

[Écrit a-s-r-m : c’est l’ashram sanskrit.]

Assadoratitsaka / อัษฎรทิศคะ / Elephantes stantes ad octo ventos. / Les éléphants se tenant aux huit vents.

[Les « huit vents » sont les quatre directions cardinales, nord, sud, est, ouest, et leurs diagonales, chacun des points de cet octogone étant protégé par un éléphant auspicieux, dont Erawann (cf. supra) est le plus connu. Voici les noms de ces huit proboscidiens sacrés : Erawann à l’est, Bountarik / บุณฑริก / au sud-est, Prahomlohitt / พราหมณ์โลหิต / au sud, Kramoutt / กระมุท / au sud-ouest, Anyatchann / อัญชัน / à l’ouest, Boutsapatann / บุษปทันต์ / au nord-ouest, Saowapom / เสาวโภม /au nord, et Soupraditt / สุประดิษฐ์ / au nord-est. Les éléphantes compagnes de chacun d’eux sont également connues sous leur propre nom.]

Assadi-leung / อัศะดี ลึงค / Volucris carnivora; vultur monstruosus quem dicunt habere proboscidem sicut elephas. / Oiseau carnassier ; vautour monstrueux qui, à ce que l’on dit, a une trompe comme l’éléphant. = Hatsadileung

Atalatt / อัตะหลัด / Pannus rubens aureis floribus distinctus. / Étoffe rouge enrichie de fleurs d’or.

Atana / อะตะนา / Nomen dæmonum. / Nom des démons. => Ying atana / ยิง อะตะนา / Explodere tormenta contra dæmones, ad finem mensis quarti. / Tirer des coups de canon contre les démons, à la fin du quatrième mois.

Atjelok / อาเจลก / Bonzii nudi, non utentes vestibus, secta maledicta. / Bonzes nus, ne se servant pas d’habits, secte maudite.

Attjutang / อัจจุตัง / Immortalitas; Niphan, species cœli ubi non est ampliùs animarum transmigratio; nomen Vishnou. / Immortalité ; Niphan, espèce de ciel où la transmigration des âmes n’a plus lieu ; nom de Vishnou.

Attann / อัดถัน / Columnæ lapidæ, termini civitatis; res superstitiosæ sepultæ ad limites pagi vel civitatis, ad arcenda mala. (Aliquando trucidant et sepeliunt hominem ad hoc.) / Colonnes de pierre, bornes de la ville ; choses superstitieuses enterrées aux limites d’un village ou d’une ville pour éloigner les maux. (Quelquefois, pour cela, on tue et on enterre un homme.)

Awatann / อะวะตาน / Vichnu, deus Indorum quadrimanus. / Vichnu, dieu des Indiens, qui a quatre mains.

B

Baï-si / ใบ ศรี / Ornamenta superstitiosa ex foliis bananæ, continentis oblationes pro geniis. / Ornements superstitieux de feuilles de bananier, contenant des offrandes pour les génies.

Balaïkann / บไล กัลป์ / Destructio periodica mundi. / Destruction périodique du monde. => Faï-pralaïkann / ไฟ ประไลย กัลป์ / Faï-pralaïlok / ไฟ ประไลย โลก / Ignis ultimi excidii orbis. / Feu de la dernière destruction du monde.

[Le kann / กัลป์ / en question (k-l-p) est le kalpa ou cycle cosmique en sanskrit. Le feu destructeur d’un kalpa apparaît spontanément par la force du karma collectif des êtres, et le ravage qu’il provoque introduit la « phase vide » entre deux cycles, le nouveau monde se recréant par l’action de la « grande nuée » (voyez l’entrée Mahamék).]

Bana-sala / บัณะ สาลา / Domus foliis tecta, aperta viatoribus in sylvis apud heremitas. / Maison couverte de feuilles, ouverte aux voyageurs dans les forêts par les ermites.

Barohitt / บะโรหิต / Augur, divinator, magus. / Augure, devin, magicien. => Barohit-atjann / บะโรหิต อาจารย์ / Magius regius, magister inter magos. / Mage du roi, maître entre les mages. => Hora / โหรา / Magi regii. / Mages du roi [astrologues].

Bataboritja-rika / บาทะบริจาริกา / Uxor genibus nixa marito serviens. / Épouse servant son mari à genoux.

Bawa / บาหวา / Folium ex auro vel argento velans pudenda puellarum. / Feuille d’or ou d’argent couvrant les parties honteuses des jeunes filles. = Tjaping

Béntja / เบญ จา / Umbella decorata et gradata quâ in cæremoniis utuntur. / Parasol orné et à étages pour les cérémonies. => Bengyarong / เบงญะ รง / Chattbengya / ฉัตร เบงญะ / Multicolor; umbella quinque gradibus. / De plusieurs couleurs ; parasol à cinq étages. => Ekatchatt / เอกะฉัตร / Umbella regia. / Parasol du roi. => Kampouchatt / กำภูฉัตร / Umbella regia septem gradibus fimbriatis. / Parasol du roi à sept étages avec franges. => Krott / กรธ / Umbella talapuinorum. / Parasol des talapoins.

Bennapatt / เบณณะพาษ / Gradus ad ascendendum supra elephantem regium. / Estrade pour monter sur l’éléphant du roi.

Boriwatsakam / บอริวาสกรรม / De talapuinis qui versantur per agros ad expianda peccata. / Des talapoins qui demeurent dans les campagnes pour expier leurs fautes.

Boromakott / บรมโกด / Urna aurea in quâ asservantur reliquiæ regis defuncti; ipse rex defunctus. / Urne d’or dans laquelle on conserve les restes du roi défunt ; le roi défunt lui-même

Borott trok / บอรอด ตรอก / = Borott krok / / Desiccare cadaver per hydrargyrum antequam comburatur. / Dessécher un cadavre avec le vif-argent avant de le brûler.

Boua-ging / บัว กิ่ง / Flores nymphææ quos manu tenent in cæremoniis. / Fleurs de nymphéa qu’on tient à la main dans les cérémonies.

Bounya-pak / บุญะ ภาค / Portio meriti quod Siamenses sibi invicem largiuntur. / Portion de mérite que les Siamois se donnent mutuellement.

Boworayann / บวระ ญาณ / Scientia excellens et perfecta omnium rerum. / Science excellente et parfaite de toutes choses.

C

Chang-boutt / ช้าง บุด / Elephas caudâ longiore. / Éléphant à longue queue.

Chang-pra-tinang / ช้าง พระ ธินั่ง / Elephas cui rex insidet. / Éléphant que monte le roi. => Katcha / คะชะ / Katchinn / คชิน / Katchinn-tonn / คชิน ธร / Elephas regius. / Éléphant du roi. => Akatchéntonn / อัคะ เชนธร / Elephas cui rex insidet, elephas nobilis. / Éléphant que monte le roi ; éléphant noble.

Chattann / ฉัดทัน / Paya-chattann / พญา ฉัดทัน / Rex elephantum alborum. / Roi des éléphants blancs.

D

Dabotsani / ดาบษนี / Dabotsini / ดาบษินี / Mulier heremiticam vitam degens. / Femme qui mène la vie d’un ermite.

Dapa-narok / ดาปะ นรก / Unus ex inferis. / Un des enfers. [De dap, chaleur intense : l’enfer de chaleur intense.]

Dessatt / เดศาจ / Pi-dessatt / ผี เดศาจ / Genii malevoli, diaboli. / Génies malfaisants, diables. = Dissat / ดีศาจ /

Deungsakan / ดึงษาการ / Triginta duo partes corporis humani secundum Siamenses. / Les trente-deux parties du corps humain selon les Siamois.

DiDi seuaDi leuam / ดี, ดีเสือ, ดีงูเหลือม / Fel, fel tigridis, fel serpentis boa. / Fiel, fiel de tigre, fiel de serpent boa.

[Pour un certain usage ? La médecine chinoise est largement responsable de l’extermination des tigres en Extrême-Orient par l’usage qu’elle fait des parties du corps de l’animal : voyez à ce sujet les travaux du conservationniste suisse Karl Ammann.]

Dinn tanam / ดิน ถนำ / Terra mirabilis, aureo colore, quam dicunt cadere de cœlo, et virtutibus eximiis instruere comedentes eam. / Terre admirable, de couleur d’or, que l’on dit tombée du ciel et douée de vertus excellentes pour ceux qui la mangent. => Dinn tanam / ดิน ถนัม / Terra miris virtutibus pollens quam credunt e cœlis identidem afferri. / Terre douée de vertus merveilleuses ; on croit qu’elle est apportée de temps en temps du ciel.

Do kro / เดาะ เคราะ / Sacrificare geniis ad advertenda mala imminentia. / Sacrifier aux génies pour détourner les maux qui menacent.

H

Hatsadinn / หศะดินท์ / Rex elephantum. / Le roi des éléphants.

Hémaratt / เหมะ ราช / Rex cycnorum quem dicunt habere plumas ex auro puro. / Le roi des cygnes qui a, dit-on, des ailes d’or pur. = Paya-hong / พญา หงษ / Souwann-hong / สุวรรณ หงษ /

I

I / อิ / Ad vocandum aut designandum mulieres viles, v.g. servas aut puellulas; aliter est verbum contemptûs. / Pour appeler ou désigner les femmes viles, comme les esclaves ou les petites filles ; autrement c’est un terme de mépris.

Imott / อี่มท / Pythonissa, saga, venefica. / Pythonisse, magicienne, empoisonneuse. = Itao / อี่ท้าว / Mè-mott / แม่ มท / Mott / มท /

Ina boripok / อิณะ บอริโภก / Comedere æs alienum (dicitur de malis talapuinis qui accipiunt quidem elecmonysas, sed non orant pro his qui largiuntur illas). / Manger le bien d’autrui (cela se dit des mauvais talapoins qui reçoivent les aumônes, mais ne prient pas pour ceux qui les leur font).

Innprom / อินท พรหม / Cœtus superiores angelorum. / Chœurs supérieurs des anges.

Innsouan / อินท ศวร / Siva brachmanarum. / Siva [Shiva] des brahmanes.

Inntani / อินทนิ / Uxor dei Indræ; nomen gemmæ. / Épouse du dieu Indra ; nom d’une pierre précieuse.

Iri / อิริ / Brachmanæ holocausta offerentes. / Secte des brahmanes qui brûlent des victimes.

Issoun / อิสูร / Gigantes fabulosi et potentes facie equinâ. / Géants fabuleux et puissants à tête de cheval. => Issouraponn / อิสูระพล / Turba gigantum. / Troupe de [ces] géants.

K

Kahang / กหัง / Malefici aut dæmones qui vorant viscera infirmorum. / Méchants ou démons qui dévorent les entrailles des malades.

Kakrong / คา กรอง / Habitus eremitæ. / Habillement d’ermite.

Kalampok / กะลัมภอก / Capsa cylindrica continens coronam angelicam quæ ad processiones adhibetur. / Boîte cylindrique contenant une couronne d’ange pour les processions. Kralampok / กระลำภอก / Pileus conicus et acutus quo utuntur in cæremoniis. / Chapeau conique et pointu pour les cérémonies. => Lampok / ลำพอก / Pileus conicus quo utuntur in cæremoniis aut comœdiis. / Chapeau conique pour les cérémonies ou les comédies.

[Cette coiffe traditionnelle est utilisée dans les cérémonies avec processions : c’est une manière conventionnelle pour indiquer que celui ou celle qui la porte représente un ange, une déité céleste. Elle remplit la même fonction dans le théâtre classique.]

Kamapreuk / กามะพฤกษ / Tonn-kamapreuk / ต้น กามะพฤกษ / Arbor cœlestis proferens omni abona ad voluntatem. / Arbre céleste qui produit tous les biens au gré de chacun.

Kanntjiak / กันเจียก / Aures fictitiæ et longæ comœdorum. / Longues oreilles postiches des comédiens.

Kapann / กพัน / Amuleta a vulneribus tuentia. / Amulettes qui préservent des blessures.

Kapoun / กพุ่น / Tapoun / ตพุ่น / Damnatus ad metendum herbas elephantibus regiis. / Condamné à faucher l’herbe pour les éléphants du roi.

[Dans sa Description du royaume de Siam (1854), le père Pallegoix explique que les talapoins coupables de fautes graves, en particulier l’adultère, étaient condamnés à vie à cette peine de travaux forcés. Les éléphants étaient précieux et leur entretien exigeant.]

Kassoun / กะสุน / Arcus ad jaciendum globulos terreos. / Arc pour lancer des balles de terre.

Katawoutt / กาถา วุทธ / Formulæ potentes sicut arma. / Formules puissantes comme des armes.

Katchiat / กะเชียด / Species amuleti. / Espèce d’amulette.

Katroutt / กตรุด / Amuletum circa renes, fila superstitiosa ad pugnum. / Talisman autour des reins, fils superstitieux autour du poignet.

Kawén / กเวน / Publica malefactorum vinctorum exhibitio et processio. / Exposition publique et procession des malfaiteurs enchaînés.

Kémanang / เขมานัง / Cœlum angelorum. / Ciel des anges.

Kinaï / ขินาย / Poutta-kinaï / พุทธะ ขินาย / Deus brachmanarum. / Dieu des brahmes.

[Ce sont des noms du dieu-éléphant Ganesha, particulièrement vénéré et invoqué par les brahmanes de la cour royale thaïlandaise. Les brahmanes de la cour existent toujours. Ils sont actuellement une quinzaine, ayant l’exclusivité de la conduite de certaines cérémonies royales.]

Kini / คีนี / Kinimann / คีนี มาร / Nomen gigantis fœminæ. / Nom d’un géant femelle.

Klonn / โขลน / Dominæ palatii. / Les dames du palais. => Klon-tja / โขลน จ่า / Domina quæ curam gerit de concubiniis regiis. / Dame qui prend soin des concubines du roi. => Chao-mè / ขาว แม่ / Dominæ palatii, custodes concubinarum regis. / Dames du palais, gardiennes des concubines du roi.

Konnlahok / กลหก / Mulier infedilis viro, moliens necem viri. / Femme infidèle à son mari, qui cherche à le faire mourir.

Konnsong / คล ทรง / Maleficus qui deputat dæmones ad alios. / Sorcier qui envoie des démons aux autres.

Kott-tang-ha / โกด ทั้ง ห้า / Quinque ligna medicinalis, scilicet : (énumération en thaï). / Cinq sortes de bois utilisés en médecine.

Kouann / ขัวน / Angelus residens in capite. / Ange qui réside dans la tête.

Kounpétt / ขุน เพ็ด / Ligna quæ offerunt angelo loci super altare parvum. / Bois que l’on offre à l’ange du lieu sur un petit autel.

Koukou / กุกุ / Pra-koukou / พระ กุกุ / Ornamenta et insignia regia. / Ornements et insignes de la royauté.

Koukoula-narok / กุกุละ นรก / Infernus cinerum ferventium. / Enfer de cendres brûlantes.

Koumpann / กุมพันท์ / Koumpannta-yak / กุมพันทยักษ์ / Quoddam genus gigantum aut angelorum. / Espèce de géants ou d’anges. => Koumpannto / กุมพันโท / Angeli custodes orbis; quoddam genus gigantum aut angelorum. / Anges gardiens de l’univers ; espèce de géants ou d’anges.

[Cf. koumpannta-prét, dans notre glossaire de l’occulte thaï (lien en introduction).]

Koutta-narok / คูธะ นรก / Nomen unius inferi. / Nom d’un enfer. [De koutta, excréments : l’enfer d’excréments.]

Kouwérouratt / กุเวรุราช / Quidam rex gigantum. / Certain roi des géants.

[C’est un des quatre « grands rois » affectés aux quatre directions cardinales, celui qui règne sur le premier, c’est-à-dire le moins élevé, des six paradis du samsara. Pour ces six paradis, voyez notre glossaire à Chagamapatjonn. Le premier paradis en question s’appelle Tjatoumaharatchika / จาตุมหาราชิกา /. Les quatre rois sont :  à l’est, Tao-Tatarott / ท้าวธตรฐ /, régnant sur les gandharvas, époux des apsaras ; au sud, Tao-Wirounlahok / ท้าววิรุฬหก /, régnant sur les koumpann (voyez ce terme : entrée précédente) ; à l’ouest, Tao-Wiroupak / ท้าววิรูปักษ์ /, régnant sur les nagas ; au nord, Tao-Wétsouwann / ท้าวเวสสุวรรณ /, encore nommé Kouwérouratt ou Tao-Kouwén / ท้าวกุเวร /, régnant sur les yaks ou yakshas, et considéré comme le plus souverain des quatre.]

Kroma-chang / กรมะ ช้าง / Minister elephantum. / Ministre des éléphants.

L

Lakapétt / ลักะเภท / Bonzius ementitius. / Faux bonze.

[Ces imposteurs sont condamnés, comme les talapoins auteurs des fautes les plus graves, au kapoun : voyez cette entrée.]

Lao-tcha / เหล่า ชา / Clandestina societas. / Société secrète. => Toua-hia / ตัว เหี่ย / Rebellis, societas secreta rebellium. / Rebelle, société secrète de rebelles. [Ce nom vient, selon Pallegoix, de hia / เหี่ย / « Frater major (vox sinensis) / Frère aîné (mot chinois) ».]

[Pour des détails sur les sociétés secrètes ang-yi d’origine chinoise, voyez notre glossaire et la partie des commentaires sous le billet. Compte tenu de l’étymologie chinoise du terme toua-hia, les deux mots, ang-yi et toua-hia, désignent soit la même chose soit des types différents de sociétés secrètes chinoises. La raison pour laquelle Pallegoix parle de « sociétés secrètes de rebelles » a à voir avec ce que nous expliquons dans la partie des commentaires de notre glossaire, à savoir que ces sociétés étaient combattues par les autorités siamoises.]

Lilitt / ลิลิต / Modulatus; versus quinque, aliquandô septem et undecim syllabis constans. / Harmonieux ; vers composé de cinq, quelquefois de sept et de onze syllabes.

Loha-koumpi / โลหะ กุมภี / Cacabus ferreus inferni in quo comburuntur damnati. / Chaudière de fer de l’enfer dans laquelle brûlent les damnés.

Lokann / โลกันต์ / Mahalokann / มหาโลกันต์ / Infernus permanens ex aquâ corrosivâ. / Enfer permanent d’eau corrosive. => Nam-krott / น้ำ กรษ / Aqui maximè corrosiva cujusdam inferni; acidum nitricum, sulfuricum et alia hujusmodi. / Eau très corrosive d’un certain enfer ; acide nitrique, sulfurique et autres de cette espèce. => Wétarani-narok / เวตะรนี นรก / Nomen inferni. / Nom d’un enfer. [De wétarani, eau corrosive.]

Long pi / ลง ผี / Maleficium quo dæmonium immittitur in aliquem. / Maléfice par lequel on envoie un démon dans le corps de quelqu’un.

Long rak / ลง รัก / Resinâ nigrâ linire quod volunt deaurare. / Enduire de résine noire ce qu’on veut dorer.

Louk-nimitt / ลูก นิมิตร / Primarium lapis fani, sub quo thesaurum recondunt inchoando fanum. / Première pierre d’une pagode, sous laquelle on cache un trésor en commençant une pagode.

Louk-sakott / ลูก สะกด / Globuli consecrati (amuletum præservans a malis). / Grains consacrés (amulette qui préserve des maux).

M

Mahamék / มหา เมฆ / Nubes maxima reconstruendo orbi idonea. / Nuée très grande propre à reconstruire le monde.

[Dans la cosmologie bouddhiste, la destruction du monde est suivie d’une phase vide, à la fin de laquelle apparaît cette grande nuée dont la pluie corrosive élimine les poussières de l’ancien monde ; en se retirant, l’eau fait place à une nouvelle terre. Ce processus est régi par le karma des êtres voués à vivre dans le monde nouveau. Voyez l’entrée Balaïkann.]

Mahamaya / มหา มายา / Nomen matris Phra:Khôdom. / Nom de la mère de Phra:Khôdom.

[Phra (ce « Phra » est la transcription classique d’origine anglo-saxonne d’un p de l’alphabet thaï : il ne se prononce pas f comme le « ph » français) Khôdom est le nom vernaculaire thaï de Gautama (Phra ou Pra étant une appellation révérencieuse).]

Mahaprom / มหา พรหม / Angeli superiores. / Anges supérieurs. => Akanitt-mahaprom / อัคะนิฐ มหาพรหม / Primus ex quatuor choris angelorum. / Le premier des quatre chœurs des anges. => Solott-mahaprom / โสฬศ มหา พรหม / Sedecim gradus angelorum superiorum. / Les seize degrés des anges supérieurs.

Mak-ponn / มัค บล / Mak-si-ponn-si / มัค สี่ บล สี่ / Octo gradus sanctificationis. / Les huit degrés de sainteté.

Makayann / มัคะ ญาณ / Scientia proveniens ex sanctitate. / Science provenant de la sainteté.

Mangkou / มังกุ / Nomen animalis fabulosi. / Nom d’un animal fabuleux.

[Il s’agit d’une espèce de dragon nommé dans la littérature classique thaïe, en particulier l’épopée Inao / อิเหนา / adaptée de légendes javanaises, notamment des Cerita Panji.]

Manora / มโนรา / Nymphæ sylvarum. / Nymphes des bois. => Moutjalinn / มุจลินธ / Nympha sylvarum. / Nymphe des bois.

Marong / มโรง / Draco major. / Grand dragon. => Masseng / มเสง / Draco minor. / Petit dragon.

[Les deux entrées évoquent deux signes du zodiaque chinois sur les douze de ce calendrier, à savoir le dragon et le serpent : l’année (chinoise) du dragon est en thaï pi-marong et l’année du serpent, pi-masseng.]

Mayouratchatt / มะยุระ ฉัตร / Umbella ornata pennis pavonis. / Parasol orné de plumes de paon. [De mayoura : paon.]

Meun-tja / หมื่น จ่า / Mandarinus qui causas dijudicat. / Mandarin qui juge les procès.

Mékalang / เมขลัง / Monile quo mulieres cingunt ubera. / Collier que les femmes mettent autour de leur sein.

Métanidonn / เมทนิ ดน / Superficies terræ, angela terræ. / Surface de la terre, ange femelle de la terre.

Ming-kouann / มิ่ง ขัวน / Genius tutelaris puerorum. / Génie tutélaire des enfants. => Riak ming-kouann / เรียก มิ่ง ขัวน / Superstitiosa revocatio genii tutelaris quem supponunt fugrer quandò puer fuit terrore perculsus. / Rappel superstitieux du génie tutélaire qu’on suppose s’être enfui lorsque l’enfant a été frappé de terreur.

[Ces ming-kouann sont manifestement les mè-seu de notre glossaire de l’occulte thaï.]

Monntatip / มนทา ทิพย์ / Flos cœlestis mirabiles virtutes habens. / Fleur céleste qui a des vertus merveilleuses.

[De monnta (orthographe contemporaine / มณฑา / : un certain arbuste, Magnolia liliifera, qui donne de très belles fleurs. Monnta-tip est, étymologiquement, cette fleur telle qu’elle croît dans le ciel des anges.]

Mo-sakott / หมอ สะกด / Incantator maleficus. / Enchanteur malfaisant.

N

Nam-ammareuk / น้ำ อำมฤค / Nectar; aqua mirabilis, cœlestis, resuscitans mortuos et prolongans vitam. / Nectar ; eau admirable, céleste, ressuscitant les morts et prolongeant la vie.

Nam-souramaritt / น้ำ สุรามฤท / Aqua mirifica angelorum. / Eau merveilleuse des anges.

Nang mékhala / นาง เมฆหลา / Angela præsidens nubibus. / Ange femelle qui préside aux nuages.

Nang possop / นาง โพศภ / Mè possop / แม่ โพศภ / Pra possop / พระ โพศภ / Dea præsidens orizæ. / Déesse qui préside au riz.

Narakann / นารกานต์ / Fundus inferorum. / Le fond des enfers.

Ngang / งั่ง / Effigies metallica superstitiosa per quam alchymistæ faciunt aurum et argentum. / Figures de métal superstitieuses avec laquelle les alchimistes font l’or et l’argent.

[Comparez cette définition avec celle de notre glossaire de l’occulte thaï.]

Ngeuak / เงือก / Animal fabulosum, fluviale aut marinum. / Animal fabuleux qui habite les fleuves ou la mer. => Ngeuak-nam / เงือก น้ำ / Sirena fabulosa cujus pars superior est mulieris et inferior piscis. / Sirène fabuleuse dont la partie supérieure est comme la femme et la partie inférieure comme un poisson. => Ngeuak-ngou / เงือก งู / Idem animal habens formam serpentis. / Le même animal qui a la forme d’un serpent. => Nok-ngeuak / นก เงือก / Quædam avis fabulosa. / Certain oiseau fabuleux.

Ngiou / งิ้ว / Comœdia sinensis. / Comédie chinoise.

Ngouann-dinn / งว้น ดิน / Materia alba efflorescens in superficie terræ, post ejus combustionem, secundum systema buddhistarum. / Matière blanche en efflorescence sur la surface de la terre après sa combustion, selon le système des bouddhistes.

Nok-garawék / นก การะเวก / Nok-garawik / นก กะรวิก / Avis fabulosa. / Oiseau fabuleux.

[Comparez cette définition avec celle de notre glossaire, où il s’agit du paradisier et non d’un oiseau fabuleux. Le paradisier, ou oiseau de paradis, semble avoir été nommé d’après cet oiseau fabuleux vivant dans la forêt Himmapan autour du mont Mérou. Comme c’est aussi le nom d’une montagne secondaire entourant le même mont, on peut supposer que le nom de la montagne est emprunté à l’oiseau ou vice-versa, cette montagne couverte de forêt étant ainsi (par supposition) l’habitat principal de l’oiseau.]

Nok-innsi / นก อินทรี / Aquila, aquila immanis et fabulosa. / Aigle, aigle énorme et fabuleux.

[Comme l’entrée précédente, il s’agit à la fois d’un oiseau fabuleux de la forêt Himmapan et du nom d’un oiseau naturel, à savoir l’aigle, en thaï.]

Niriya / นิริยะ / Infernus, inferni. / Enfer, les enfers.

[Un nom générique, également niraya / นิรยะ /, comme dans lokantarika-niraya, les « enfers interstitiels », de ténébreuses crevasses entre les mondes, qui servent à leur tour aux supplices infernaux, par l’obscurité totale, l’isolement, la sensation d’étouffement.]

O

Ong-karakott / อง ครกษ / Genius malevolus quem invocant in maleficiis. / Génie malfaisant qu’on invoque dans les maléfices.

Oussouta-narok / อุสุทธนรก / Nomen cujusdam inferni. / Nom d’un certain enfer.

[Ce nom, précisément, est donné aux 128 enfers attachés, quatre pour chaque point cardinal, aux huit enfers principaux. Ils comportent des tourments « spécialisés » en lien avec l’enfer principal auquel chacun d’eux se rattache.]

P

Palahok / พะลาหก / Genius præsidens pluviæ, clamoribus et cantilenis suis producens pluviam. / Génie qui préside à la pluie et qui la produit par ses cris et ses chansons. => Watsawalahok / วัศวะลาหก / Genii qui cantibus suis adducunt pluvias. / Génies qui, par leurs chants, amènent les pluies. => Waroun / วรุณ / Wiroun / วิรุณ / Angelus præsidens pluviæ. / Ange qui préside à la pluie.

Panati / ผานาที / Numeri, computationes superstitiosæ astrologorum. / Nombres, computations superstitieuses des astrologues.

Pannarangsi / พรรณรังสี / Radii coruscantes, radiatus orbis sanctorum. / Rayons lumineux, auréole des saints.

Panouak / พนวก / Chronologia, liber magorum. / Chronologie, livre des mages. [Traité à l’usage des astrologues.]

Patakap / พัทะกัลป / Ævum hodiernum, ævum in quo florent successivè quinque Buddha. / L’âge d’aujourd’hui, âge dans lequel fleurissent successivement cinq Bouddhas.

[Gautama (Phra Khôdom dans le Pallegoix) est le quatrième, il sera suivi par Maïtreya. La liste est la suivante, par ordre d’ancienneté : Kakusanda, Konagamana, Kassapa, Gautama, Maitreya. Kakusanda est le vingt-cinquième, par ordre d’ancienneté, des Bouddhas nommés dans la Chronique des Bouddhas, le Buddhavamsa.]

Patimok / ปัติโมกข์ / Pra patimok / พระ ปัติโมกข์ / Liber continens regulas a talapuinis observandas. / Livre qui contient les règles que les talapoins doivent observer. => Sinn song roï yi sip tjét / ศีล สอง ร้อย ยี่ สิบ เจ็ด / Ducentæ septem et viginti regulæ talapuinorum. / Les deux cent vingt-sept règles des talapoins. => Abatt / อาบัต / Peccatum contra regulas bonziorum et pœna subsequens; casus. / Péché contre les règles des bonzes et le châtiment correspondant ; chute. => Baratchik / บาราชิก / Talapuinus qui peccavit peccato irremissibili, ideòque debet exuere talapuinatum. / Talapoin qui a commis un péché irrémissible et qui doit pour cela cesser d’être talapoin.

[Le patimok fait partie de la « corbeille de la discipline », une des trois parties du Tripitaka ou canon bouddhiste theravada. Pour les moines ordonnés, il comporte 227 règles. Ce corpus est commun à tous les Sanghas du bouddhisme theravada. Les interprétations, dans les commentaires post-canoniques, peuvent différer d’un Sangha à l’autre sur l’application des règles. Les moines thaïlandais, par exemple, ne reçoivent pas d’objets de la part de femmes sans un tissu les réceptionnant (pa-tawaï / ผ้าถวาย / tissu d’offrande) ou sans intermédiaire. Les lignées de nonnes ont par ailleurs disparu du Sangha thaïlandais, où il existe toutefois des mè-tchi / แม่ชี / qui ne suivent que quelques-unes des règles imposées aux nonnes par le canon. En outre, certaines lignées de moines, comme les moines dits de la forêt en Thaïlande, s’imposent des contraintes surérogatoires, sur la nourriture ou les contacts avec les laïcs, par exemple. Les peines applicables aux personnes ayant le statut de bonzes en dehors de la discipline monastique relèvent des autorités étatiques nationales de chaque pays (voyez l’entrée kapoun du présent lexique, par exemple).]

Parittotok / ปาริตโตทก / Aqua benedicta superstitiosa. / Eau bénite superstitieuse.

Paya-krèk / พญา แขรก / Rex celebris. / Roi célèbre. => Pom paya krèk / ผอมพญาแขรก / Macer sicut Phaja khrèk. / Maigre comme Phaja khrèk.

Pi-ammann / ผี อำมาน / Lemures. / Fantômes.

Pi-dip / ผี ดิบ / Cadavera non combusta sed sepulta propter repentinam mortem. / Cadavres non brûlés mais ensevelis à cause d’une mort subite.

[Comparez avec notre glossaire et voyez le commentaire, sous le billet, à koumann-tong sur les cérémonies liées aux « nettoyages » de cimetière, ainsi que les raisons pour lesquelles il existe des cimetières dans des pays de culture bouddhiste où la crémation des corps est la règle.]

Pimann / ภิมาน / Cœlum, sedes angelorum vel geniorum. / Ciel, séjour des anges ou des génies. => Pimann-tong / ภิมาน ทอง / Cœlum aureum. / Ciel d’or.

[Pimann ou wimann (on trouve les deux) vient du sanskrit vimana, qui décrit dans la culture hindouiste des châteaux volants des dieux, qui sont à la fois des résidences et des moyens de transport. Dans la littérature thaïe classique, comme la poésie inspirée du Traïpoum-pra-ruang cosmologique, le terme peut reprendre cette acception ou bien servir de métaphore pour les royaumes célestes. Un « ciel d’or » est ainsi soit un palais céleste en or, soit un firmament doré, splendide, selon les contextes.]

Pipék / พิเพก / Nomen gigantum. / Nom de géants.

[Un personnage du Ramakien (orthographe standard / พิเภก /) : Vibhishana dans le Ramayana. Dans le théâtre khon, il est représenté avec un masque vert, « aux yeux de crocodile, portant une couronne en forme de gourde (légume) ».]

Pi-tchamop / ผี ชมพ / Dæmonia quæ comedunt excrementa. / Démons qui mangent les excréments. => Pi-tjakla / ผี จะกละ / Dæmonia quæ comedunt excrementa. / Démons qui mangent les excréments.

Pla-anonn / ปลา อะนน / Piscis enormis qui movendo se facit tremere terram; indè terræ motus. / Poisson énorme qui en se remuant fait trembler la terre, de là les tremblements de terre.

Pla-mahi / ปลา มหิ / Piscis enormis, fabulosus. / Poisson énorme, fabuleux.

[De mahi, terre, monde ; grand.]

Potaïtibatt / โพไทธิบาท / Nomen libri sacri, liber astrologicus. / Nom d’un livre sacré, livre d’astrologie.

[Livre ancien d’origine môn, pas « sacré » dans le bouddhisme mais encore employé par certains astrologues pour leurs computations. L’astrologie continue de jouer un rôle à la cour royale de Thaïlande : lors du couronnement du roi actuel, en 2019, un horoscope officiel a été tiré et gravé sur des plaques d’or, lors d’une cérémonie au temple du Bouddha d’émeraude. Si le livre cité ici par monseigneur Pallegoix fait partie du corpus classique de l’astrologie thaïlandaise, il n’est en revanche pas nommé en tant que tel comme source de l’astrologie royale contemporaine.]

Pra-baramatt / พระ บาระมัท / Liber philosophicus inter biblia Siamensium. / Livre de philosophie chez les Siamois.

[C’est un nom thaï de la troisième des trois « corbeilles » du canon pali ou Tripitaka, à savoir l’Abhidharma, également Pra-apitam / พระอภิธรรม / en thaï, « corbeille des commentaires ».]

Pra-kassop / พระ กะศบ / Unus e sanctis priorum ævorum. / Un des saints des premiers âges.

[Le Bouddha Kassapa est le Bouddha ayant précédé Gautama. Il est le vingt-septième des vingt-huit (vingt-neuf en comptant le futur Maïtreya) nommés dans la Chronique des Bouddhas.]

Pralokannriou / ประโลกันต์ริย / Infernus maximus. / Le plus grand des enfers.

Pra-malaï / พระ มาไล / Nomen talapuini celebris, nomen libri narrantis hujus talapuini ascensum in cœlum et descensum in infernum. / Nom d’un talapoin célèbre, nom d’un livre qui raconte l’ascension de ce talapoin au ciel et sa descente aux enfers.

[Pra-Malaï / พระมาลัย / était un bonze arahant de Ceylan. Le livre dont il s’agit n’appartient pas au canon bouddhiste, c’est une œuvre post-canonique renommée, qui contient des descriptions détaillées des enfers ainsi que des dialogues aux cieux avec le futur Bouddha Maïtreya (entrée suivante). Le prince Thammathibet, un des grands poètes de langue thaïe, en a composé une version en 1737.]

Pra-métraï / พระ เมไตร / Nomen sancti doctoris venturi post expleta quinque millia annorum regni Phra:Khôdom. / Nom d’un saint docteur qui doit venir cinq mille ans après le règne de Phra:Khôdom. => Métraïyo / เมไตรโย / Nomen Buddhæ venturi. / Nom du Bouddha futur [Maïtreya].

Pra-paï / พระ พาย / Angelus præsidens vento, ventus. / Ange qui préside au vent, vent. = Payou / พายุ / Pra-poui / พระ ภุย / Téwo / เทโว / Walahok (mais aussi à la pluie, pour celui-ci) / วลาหก /

Pra-pleung / พระ เพิลง (เพลิง) / Genius præsidens igni, ignis. / Génie qui préside au feu, feu.

Prott / พรศ / Rex agens vitam asceticam in loco solitario. / Roi qui mène une vie ascétique dans la solitude.

R

Raksott / รากโสษ / Quoddam genus dæmoniorum. / Une espèce de démons.

Ramassoun / รามสูญ / Gigas armatus securi prodigiosâ. / Géant armé d’une hache prodigieuse.

Ranapak / รณะภักตร / Nomen quorundam geniorum. / Nom de certains génies.

[Un personnage du Ramakien (orthographe standard / รณพักตร์ /) : le même qu’Indrajit et le nom de celui-ci avant d’avoir triomphé d’Indra en combat singulier grâce à ses armes magiques, dont les nak-batt / นาคบาศ /, des flèches se transformant en serpents. Au théâtre khon, le masque et le costume sont un peu différents selon qu’on parle de Ranapak ou d’Indrajit.]

Ratchaniponn / ราชนีพนธ์ / Carmina a rege composita. / Vers composés par le roi.

Ratchassap / ราชสับท์ / Voces palatii (titulus libri). / Termes du palais (titre d’un livre).

[Le ratchassap est le langage de la cour, codifié dans des traités.]

Ratt / รัตน์ / Vitta gemmis ornata ad cingendum caput principis fœminæ. / Bandelette ornée de pierreries pour ceindre la tête d’une princesse.

Rorouwa-narok / โรรุวะ นรก / Nomen unius inferni. / Nom d’un enfer.

[L’enfer des hurlements ou des cris, l’un des huit enfers principaux, ainsi appelé car les damnés y crient à la recherche d’abris, qui s’avèrent toujours des pièges, des fournaises se refermant sur eux.]

Roukkapimann / รุขภิมาน / Sedes geniorum in arboribus. / Séjour des génies dans les arbres. => Roukkatéwada / รุกขเทวดา / Genii in arboribus commorantes. / Génies qui habitent les arbres. => Roukkatida / รุกขธิดา / Nymphæ arborum. / Nymphes des arbres.

Roukkaratt / รุกขราช / Rex arborum. / Roi des arbres.

S

Sadeu-talé / สะดื ทเล / Vorago quam supponunt existere in medio mari. / Gouffre (EN whirlpool) que l’on suppose exister au milieu de la mer.

[Ce sadeu-talé / สะดือทะเล / ou « nombril de la mer » est une notion dérivée de la cosmologie du mont Mérou. Celui-ci est entouré de mers concentriques séparant les continents (voyez Tawip-tang-si) et d’un grand océan extérieur s’étendant jusqu’aux limites du monde. Dans le festival thaïlandais Loï-kratong, les plateaux d’offrandes flottants sont censés dériver jusqu’à ce nombril de la mer, dans le grand océan extérieur, où ils sont reçus par des Nagas. Il s’agit d’un ajout populaire à la cosmologie classique. Les offrandes sont également reçues par Pra-Oupakoutt / พระอุปคุต /, un bonze arahant qui médite au fond de ce gouffre.]

Sadom / สะดม / Maleficium occidens vel sopiens. / Maléfice qui tue ou qui endort. => Sakott sadom / สกด สะดม / Incantare, sopire habitantes ad diripiendam domum. / Enchanter, endormir les habitants pour piller une maison.

Sakanann-chang / สะขนาน ช้าง / Festum civile inchoationis agriculturæ. / Fête civile pour le commencement de la culture des champs.

Sak na / สัก หน้า / Caracteres infamiæ imprimere vultui reorum. / Marquer les criminels au visage avec des caractères infamants.

Sakouna-kraïssonn / สะกุณะ ไกรษร / Avis fabulosa facie leoninâ. / Oiseau fabuleux à visage de lion.

Samsam / สำสาม / Maledicta in aliquem congerere. / Charger quelqu’un de malédictions.

Sanndott / สัน โดด / Heremita vagabundus; ire solus per sylvas et deserta. / Ermite vagabond ; aller seul à travers les forêts et les déserts.

Sangkata-narok / สังฆตะ นรก / Nomen unius inferi. / Nom d’un enfer. [Selon Pallegoix, de sangkata, couvert de boue, sale.]

Sanntchip-narok / สันชีพ นรก / Unus ex inferi. / Un des enfers.

[Un des huit grands enfers, le plus petit et celui qui se trouve le plus près de la surface du monde, le moins profond. Les damnés y sont torturés à mort avant de renaître aussitôt sous l’action d’un vent karmique pour être à nouveau torturés. Comme nous avons parlé de la taille de cet enfer, il convient d’indiquer que le monde repose sur huit grands enfers étagés en pyramide.]

Sara-anodatt / สระ อโณดาต / Locus ex quo provenit pluvia; situs est in monte Krailat. / Lac d’où provient la pluie ; il est situé sur le mont Krailat. => Sara-bokkarani / สระ โบกขรนี / Stagnum nymphæis plantatum; nomen lacûs celebris ex quo dicunt provenire pluviam. / Étang planté de nymphéas ; nom d’un lac célèbre d’où la pluie provient, à ce que l’on dit. => Bokkarapatt / โบกขรพัท / Pluvia proveniens ex lacu prædicto. / Pluie provenant du lac cité ci-dessus.

Sarabann / สาระบาล / Titulus libri (quod præservat res ab omni malo). / Titre d’un livre (qui préserve les choses de tout mal).

Séma / เสมา / Baï-séma / ใบ เสมา / Séma-bott / เสมา โบถ / Lapides superstitiosi circa fana, termini. / Pierres superstitieuses autour des pagodes, bornes. => Patasséma / พัทะเสมา / Octo lapides sacri plantati circum fanum. / Huit pierres sacrées plantées autour d’une pagode.

Singkali / สิงคาลี / Nomen gigantis feminæ celebris. / Nom d’un géant femelle célèbre.

Solottsanakonn / โสฬศนคร / Meuang-solott / เมืองโสฬศ / Sedecim regna Indiæ celeberrimus. / Les seize royaumes très célèbres de l’Inde.

Sonndok / ซ้อน ดอก / Mulier pluribus viris conjugata et vice versâ. / Femme qui a plusieurs maris et vice-versa.

Soubann / สุบัณ / Aquila monstruosa et fabulosa vorans homines. / Aigle monstrueux et fabuleux qui dévore les hommes. = Soupanna

Soulalaï / สุลาไลย / Sedes angelorum, cœlum dei Indræ. / Demeure des anges, ciel du dieu Indra. = Souralaï / สุราไลย /

Soumtoum / สุม ทุม / Lucus, nemus, hortus umbrosus. / Bois sacré, forêt, jardin ombragé.

Souwanna-mali / สุวรรณะ มาลี / Flores aurei ad homagium præstandum regi. / Fleurs d’or pour prêter hommage au roi.

Souwann-téwètt / สุวรรณ เทเวท / Angeli corpore aureo præditi. / Anges doués de corps d’or.

T

Tabong-lék / ตะบอง เหล็ก / Vectis ferrea quâ utuntur satellites inferorum. / Barre de fer dont se servent les satellites des enfers.

Talapatt-chèk / ตลปัต แฉก / Flabellum virgulatum abbatis monasterii. / Éventail rayé pour un abbé d’un monastère.

Tammawinaï / ธรรมะ วิไนย / Regulæ ad reprimandas cupiditates. / Règles pour réprimer les passions.

Tanawa / ทานวา / Nomen unius ordinis geniorum. / Nom d’un ordre des génies.

Tawétt / ตะเว็ด / Figura rudis ex ligno oblata geniis. / Figure grossière de bois offerte aux génies.

Tawip-tang-si / ทวีป ทั้ง สี่ / Quatuor magnæ insulæ ad quatuor angulos Meru. / Les quatre grandes îles aux quatre angles de Meru. => Amarako / อะมรโค / Amarakoyani / อะมรโค ยานี / Unus ex quatuor orbibus vel insulis magnis. / Un des quatre mondes ou des grandes îles. [à l’ouest : les humains qui y vivent ont une espérance de vie de 500 ans mais sont peu portés vers la spiritualité] ; Boupawité / บุพะวิเท / [à l’est : l’espérance de vie y est de 300 ans] ; Tjoumpou-Tawip / จุมภู ทวีบ [b final ici mais bp à tawip-tang-si] / [au sud, notre monde et le seul où puisse apparaître un Bouddha, monde nommé d’après le jambosier, chompou / ชมพู /.] [Outarakourou / อุตรกุรุ / au nord, où l’espérance de vie est la plus longue, 1000 ans, et l’abondance la plus grande, mais où les conditions de vie paradisiaques nuisent à la pratique du dharma.]

Tjak-krott / จักร กรด / Rota exterminans, telum fabulosum angelorum, heroum, etc. / Roue exterminatrice, arme fabuleuse des anges, des héros, etc.

Tjakla / จะกละ / Chamop-tjakla / ชมพ จะกละ / Magus, veneficus. / Magicien, empoisonneur.

Tjamawassi / จามวาศรี / Indutus pellibus; secta heremitarum pellibus tigridis indutorum. / Vêtu de peaux ; secte d’ermites vêtus de peaux de tigres.

Tjamonn / จามอน / Flabellum regium, quo aliquis ventilat regem. / Éventail royal, avec lequel on évente le roi.

Tjanghann / จังหัน / Cibus talapuinorum. / Nourriture des talapoins.

Tjanuann / จนวน / Saï tjanuann / สาย จนวน / Leno, corruptor juventutis. / Corrupteur de la jeunesse.

Tjao-bia / เจ้า เบี้ย / Dominus servorum. / Maître des esclaves. = Tjao-ngeun / เจ้า เงิน / (qui veut dire aussi creditor, créancier)

Tjaopaya-bodinn-détcho / จ้าวพญาบอดินธ์เดโช / Primus mandarinus regni. / Premier mandarin du royaume.

Tjaopaya-tjakri / จ้าวพญาจกรี / Primus mandarinus, minister belli. / Le premier mandarin, ministre de la guerre.

Tjap yam / จับ ยาม / Prædicere horam quâ res eveniet. / Prédire l’heure à laquelle une chose arrivera.

Tjatoudom / จตุ ดม / Tjatoussadom / จตุสะ ดม / Quatuor magni mandarini. / Les quatre grands mandarins.

Tjediyatann / เจฎียถาน / Pyramis in vertice montis Meru, ad quem confluunt angeli ex sexdecim ordinibus cœlestibus. / Pyramide sur le sommet du mont Meru, vers laquelle affluent les anges des seize ordres célestes.

[Les « seize ordres célestes » sont les seize brahmaloka ou dévaloka du monde de la forme, au-dessus du monde humain, monde dont le mont Mérou est le centre. Le chedi (c’est le tjedi de notre transcription / เจฎี /) au sommet de ce monde est le centre où se rassemble la dévotion de tous ces êtres. Les chedis bouddhistes de forme pyramidale symbolisent le mont Mérou ou ce chedi suprême lui-même.]

Tjiat / เจียด / Pra-tjiat / พระ เจียด / Fascia frontalis munita litteris superstitiosis ad avertenda mala. / Bandelette que l’on met sur le front, et qui est chargée de lettres superstitieuses pour détourner les maux.

Tjidawannang / จิดาวันนัง / Hortus cœlestis reginæ angelorum, uxoris Indræ. / Jardin céleste de la reine des anges, épouse d’Indra.

Tjoula-sakaratt / จุละ สักราช / Parva æra, æra actualis Siamensium. (Dicitur parva in comparationem æræ sacræ Phra:Khôdom.) / Ère petite, ère actuelle des Siamois. (On l’appelle petite en comparaison de l’ère sacrée de Phra:Khôdom.)

Tonn-karapreuk / ต้น กะระพฤกษ / Arbor cui affixa sunt citrea pecuniam continentia quæ projiciunt populo in festis. / Arbre auquel sont attachés des citrons renfermant de l’argent et que l’on jette au peuple dans les fêtes. => Louk-karapreuk / ลูก กะระพฤกษ / Citrea in quibus recondita est pecunia. / Citrons dans lesquels est renfermé de l’argent.

Toua-beung / ตัว บึง / Species araneæ quam comedunt. / Espèce d’araignée que l’on mange. = Kabeung / กะบึ้ง / Kabeung-mo / กะบึ้ง ม่อ /

Toungka / ตุ้งก่า / Instrumentum ad fumum cannabis hauriendum. / Instrument pour aspirer la fumée du chanvre.

W

Watakarok / วาตะ กะโรค / Morbus pestilens ob flatum serpentis. / Maladie pestilentielle à cause du souffle d’un serpent.

Wayou-boutt / วายุ บุตร / Quidam simius, filius venti. / Certain singe, fils du vent.

[Ce Vayuputra, si nous redéployons le wayou-boutt vernaculaire en sa source linguistique sanskrite, littéralement « fils du vent », n’est autre que le dieu-singe Hanuman, un des principaux personnages du Ramakien avec Rama.]

Wayou-wék / วายุ เวก / Nomen cujusdam volucris fabulosæ. / Nom d’un oiseau fabuleux.

[Autre personnage du Ramakien, Vayuvega, littéralement « vitesse du vent », n’est pas exactement un oiseau mais un yak ou yaksa, un ogre ou géant, affublé de ce nom en raison de sa vitesse.]

Wéhappala / เวหับผลา / Nomen unius ordinis angelorum superiorum. / Nom d’un ordre des anges supérieurs.

Wéntaï / เวนตัย / Aquila fabulosa. / Aigle fabuleux.

[C’est le nom de Garuda dans plusieurs légendes siamoises indépendantes du Ramakien, comme dans l’histoire de la princesse Nang Kaki. Le nom en sanskrit signifie « fils de Vinata ».]

Wétji / เวจี / Nomen inferni. / Nom d’un enfer. [Awétji dans notre glossaire.]

Y

Ya-lom / ยา ลม / Medicina contra ventum. (Porrò putant ferè omnes morbos a vento provenire.) / Médecine contre le vent. (On pense que presque toutes les maladies proviennent du vent.)

Yakka / ยักขา / Angeli, gigantes, quatuor angeli mundo invigilantes. / Anges, géants, les quatre anges qui veillent sur le monde.

Yakkini / ยักคีนี / Gigas fœmina, vorans homines. / Géant femelle qui dévore les hommes. = Yaksi / ยัักษี /

Yanang / หญ้านาง / Angela custos cymbarum et navium. / Ange femelle qui veille sur les barques et sur les vaisseaux.

Yani / ญาณี / Species versûs constans quinque syllabis. / Espèce de vers composé de cinq syllabes. => Bot-yani / บท ญาณี / Carmina hujus metri. / Poèmes de cette mesure.

Yanoumatt / ยานุมาศ / Stella gestatoria, splendida quâ ad cæremonias utuntur. / Litière magnifique pour les cérémonies.

[Aujourd’hui yannmatt / ยานมาศ /, et pour le palanquin royal pra-yannmatt / พระยานมาศ /.]

Ya-sakott / ยา สะกด / Maleficium, incantatum. / Maléfice, enchantement.

Yokawatjonn / โยคาวจร / Asceticus, patiens; bonzius errans per sylvas. / Ascétique, patient ; bonze errant dans les forêts. = Yoki, Toudong

Yom-pabann / ยม พบาล / Yomabann / ยมะบาล / Satellites regis inferorum, tortores inferorum. / Satellites du roi des enfers, bourreaux des enfers.

Yommaloki / ยมะโลกี / Nomen unius inferi. / Nom d’un des enfers.

[Les royaumes de Yom, c’est-à-dire du Yama sanskrit, Paya Yom Ratt / พญายมราช / : c’est plus précisément une catégorie d’enfers périphériques, plus extérieurs que les oussouta-narok, et au nombre de dix pour chaque point cardinal des grands enfers, soit 320, servant pour les « restes de karma ».]

Glossaire de l’occulte thaï (reboot)

Le présent glossaire est une fusion des listes successives de ce blog Glossaire de l’occulte thaï (I) et Thai Mysteries (II-V). Pour le plus grand nombre de ces entrées, elles sont ici pour la première fois en français.

Il n’existe pas de transcription unique du thaï. Je recours à une transcription personnelle simplifiée, le plus phonétique possible pour le lecteur francophone. Ainsi, « eu » se lira comme dans « feu » en français, « ou » comme dans « fou ». Le w est toujours liquide : « wa » se lit « oua ». Le r est roulé. Le tj est censé rendre une consonne particulière : « tjo » se lit à peu près comme « tchio ».

Les entrées sont classées selon l’ordre alphabétique de cette transcription.

Je donne pour chaque entrée le terme original en thaï, notamment parce que des recherches d’image sur internet ne peuvent donner de bons résultats avec la transcription que j’emploie (et le résultat ne peut d’ailleurs être qu’à peine meilleur pour un grand nombre de ces termes dans des transcriptions plus courantes) : il faut recourir au thaï pour avoir accès aux banques d’images, et c’est une recherche que je ne peux qu’encourager pour bien s’imprégner de l’imaginaire thaïlandais.

Glossaire

Abaïpoum (อบายภูมิ). Les mondes abandonnés, c’est-à-dire a/ les huit plans de l’enfer, b/ le monde des prétt, c/ le monde des asuras et d/ le monde des bêtes.

Les prétt (du sanskrit preta) sont également connus sous le nom de fantômes affamés ; on les représente le plus souvent sous l’aspect de grandes carcasses maigres avec une bouche fine comme une aiguille et un ventre bedonnant qu’en raison de l’étroitesse de leur bouche ils ne peuvent jamais remplir. Les asuras sont quant à eux des démons bien connus de la mythologie hindouiste et bouddhiste.

Aksonn-kom (อักษรขอม). « Écriture khmère » : l’écriture khmère était utilisée jusqu’à la fin du dix-neuvième en Thaïlande pour la littérature bouddhiste (par exemple pour la traduction du canon pali du bouddhisme théravada, le Tripitaka). La réforme du roi Rama V, et notamment la publication en thaï du Tripitaka, fut combattue par les segments conservateurs du Sangha (les bonzes) en raison des propriétés magiques attribuées à l’écriture khmère. Aujourd’hui, l’écriture khmère (qui diffère cependant du khmer actuel) est toujours employée dans le contexte des pratiques occultes, et apparaît sur les amulettes, les tatouages magiques, les diagrammes mystiques, etc. Chaque fois que le mot yantra, qui désigne un symbole ou ensemble de symboles (diagramme) magiques, apparaît dans le présent glossaire, il faut comprendre que cette symbologie est véhiculée par ladite écriture khmère (aksonn-kom-thaï).

Ampoutchini (อัมพุชินี). Étang aux lotus.

Anantriyakam (อนันตริยกรรม). Les cinq péchés capitaux : 1 tuer son père ; 2 tuer sa mère ; 3 tuer un saint (arahant) ; 4 infliger une blessure à un Bouddha ; 5 faire renoncer un moine à ses vœux.

Ang-yi (อั้งยี่). Société secrète chinoise.

Anoussaï (อนุสัย). Les sept tares enracinées dans la nature humaine : 1 l’appétit pour le plaisir sexuel ; 2 l’irritabilité ; 3 les vues erronées ; 4 le doute, l’hésitation ; 5 l’arrogance ; 6 la préoccupation pour le monde et les buts mondains ; 7 la connaissance imparfaite ou l’ignorance.

Apapa (อพพะ). Nombre de valeur élevée, égal à dix millions à la puissance onze. Aksaohini (อักเษาหิณี). Nombre élevé : un suivi de quarante-deux zéros.

Ce sont deux exemples des connaissances numériques héritées de l’antique culture sanskrite par les civilisations du bouddhisme théravada. Les nombres élevés permettaient notamment de computer la valeur des cycles du temps. Selon Mircea Eliade, la durée de vie du dieu Brahma est de 311.000.000.000.000 d’années (veille et sommeil), ce qui est encore peu relativement à la valeur d’aksaohini.

Apinya (อภิญญา). Les six formes de sagesse les plus élevées : 1 l’acquisition de pouvoirs magiques ; 2 la clairaudience (audition surnaturelle) ; 3 la connaissance des intentions d’autrui ; 4 le souvenir de ses vies antérieures ; 5 la clairvoyance (vision surnaturelle) ; 6 le dépassement du désir.

Ariya (อริยะ). (Du mot sanskrit pour « Aryen ») Dans le bouddhisme, ceux qui réalisent le glorieux dharma : illumination, mérite, cessation de la souffrance, etc. Exemple : ariya-sangha, ceux qui, moïnes ou laïcs, pratiquent le dharma avec diligence, méthode et maîtrise.

Aroupapatjonn (อรูปาพจร, อรูปาวจร). Un dieu Brahma incorporel possédant les quatre jhanas/dhyanas, ou états, sans forme de non-esprit.

Dans le bouddhisme, les Brahmas sont des dieux et non un dieu. Ils vivent dans deux mondes distincts, l’un pour les Brahmas corporels et l’autre pour les Brahmas sans forme (incorporels). Ces deux mondes sont des subdivisions du Brahmaloka ou monde de Brahma ou des Brahmas ; le dieu Brahma en tant que tel (Prom), représenté avec quatre visages, est le seigneur du Brahmaloka.

On appelle « posséder » un jhana la pratique méditative de l’état correspondant, à savoir, pour les quatre états sans forme : l’espace infini (dépassement de la notion d’objet), la conscience infinie (dépassement de la notion d’espace), le néant (dépassement de la conscience), l’état ni perceptif ni non-perceptif.

Aroupapop (อรูปภพ) or Arupapoum (อรูปภูมิ). Le monde de ceux qui ont acquis les quatre arupa-jhanas (ou arupa-dyanas) ou états sans forme de non-esprit.

Aroupaprom (อรูปพรหม). (Sanskrit a-rupa-Brahma) Une classe de dieux du Brahmaloka (monde des Brahmas) dans la doctrine bouddhiste : un Brahma incorporel. Ils n’ont ni corps ni apparence. Il en existe quatre sous-classes.

Au contraire des rupaprom (voir ce mot) ou Brahmas corporels, les arupaprom sont une particularité du bouddhisme. Ce sont d’anciens ascètes ayant acquis des pouvoirs de méditation (voyez Arupapop et Arupapatjon).

Atsadayoutt (อัษฎายุธ) ou Atsadawoutt (อัษฎาวุธ). « Les huit armes » : la lance de diamant, l’épée-éléphant (longue épée utilisée pour frapper depuis le dos d’un éléphant), le trident, le chakra (arme de jet sous forme de disque denté), l’épée avec bouclier, l’arc, la faux de guerre, et un certain type de mousquet ancien. Ces armes sont présentées au nouveau roi durant la cérémonie de couronnement.

Atsatamongkonn (อัษฎมงคล, อัษฏมงคล). (Du sanskrit Ashtamangala) « Les huit objets auspicieux », à savoir : le krop-na (un ornement frontal en forme de kratiang, motif artistique thaï consistant en feuilles s’ouvrant en deux bras), le sceptre, la conque marine, la roue chakra, le drapeau triangulaire tongsamchaï, le croc de cornac (conducteur d’éléphant), la vache albinos (en hommage à Nandi, vache de Shiva), et le chauffe-eau.

Ceci est la version théravada thaïlandaise d’une liste de symboles auspicieux de l’hindouisme. Dans le bouddhisme, ces objets sont considérés auspicieux car ils furent offerts par les dévas au Bouddha lors de sa naissance.

Attabann (อัฐบาน). « Les huit jus », les jus de fruit qu’un moine est autorisé à boire l’après-midi (à titre d’exception à l’interdiction pour les moines de toute intussusception après l’heure de midi). Ces jus sont le jus de mangue, le jus du fruit du jamelonier ou le jus de pomme-rose (jambosier), le jus de banane (deux sortes de banane), le jus de madhuca (Madhuca pierrei), le jus du fruit de l’Aglaia silvestris ou le jus de raisin, le jus de rhizome de lotus, enfin le jus de Bouea burmanica ou le jus de litchi.

Ces huit jus sont nommés dans le Vinaya (partie du canon pali relative aux régulations monacales) et sont donc connus à partir d’une source en langue pali. Dans le processus de traduction en thaï, il semblerait que des incertitudes se soient présentées, car trois de ces jus peuvent être de tel ou tel fruit (par exemple, « le jus du fruit du jamelonier ou le jus de pomme-rose », qui sont deux fruits différents). Du fait de cette traduction, prise littéralement, les « huit jus » sont en réalité au nombre de onze. Certains considèrent d’ailleurs que l’exception est valable pour tous les jus de fruit, mais l’étymologie du mot attaban contredit a priori cette opinion (atta=huit).

Awétchi (อเวจี). La plus profonde fosse de l’enfer, où reçoivent leur châtiment les plus grands pécheurs, et où l’expiation est la plus longue (339.738.624×1010 années). C’est un cube de 300.000 kilomètres de côté. Ceux qui s’y trouvent ont commis un des cinq crimes capitaux (voyez Anantriyakam).

Badann (บาดาล). (Du sanskrit Patala) Le monde souterrain des nagas.

Les nagas – nak en thaï – sont les fameux serpents, divinités chtoniennes des mythes d’Asie du Sud, trop connus pour que j’y consacre une entrée.

En langue thaïe, un novice bouddhiste est appelé du même nom qu’un naga (nak) et, si l’on croit Éveline Porée-Maspero (1951), cela n’est en rien dû au hasard : selon cette chercheuse, dans certaines formes traditionnelles d’ordination des novices, les nagas sont explicitement appelés à prendre possession du corps du candidat.

Baï-miang (ใบเมี่ยง). 1 Tissu enveloppant un cadavre dans une urne mortuaire. 2 Arrangement de feuilles (de bayteul et autres plantes) utilisé dans la cuisine thaïlandaise pour les mets enveloppés dans des feuilles.

Baïpattassima (ใบพัธสีมา), Baïssima (ใบสีมา) ou Baïsséma (ใบเสมา). Stèle dont le sommet est en forme de lotus, marquant les limites du terrain d’un temple bouddhiste.

Bangsoukoun (บังสุกุล). Nom de la robe portée par un moine ; elle a préalablement été étendue sur le cadavre d’une personne.

Beua (เบื้อ). Animal ayant une apparence semblable à celle d’un homme, à ceci près qu’il n’a pas de rotules et est couvert de poils comme un singe. Il ne parle pas. On le rencontre dans les forêts du nord-est de la Thaïlande. (Les adeptes de cryptozoologie ont-ils répertorié, et recherchent-ils, cette variété tropicale du Yéti ?)

Beuk-maï (เบิกไม้). Conduire une cérémonie pour les esprits de la forêt avant d’abattre un arbre.

Bia-kè (เบี้ยแก้). Coquillage (Mauritia mauritiana) utilisé pour produire des médicaments ou comme amulette.

Boripann (บริภัณฑ์). Le nom collectif des montagnes qui entourent le mont Mérou en sept chaînes concentriques est : les sept montagnes de Boripann.

Les noms de ces chaînes de la plus proche à la plus éloignée sont Yukonton (ยุคนธร), Issinton (อิสินธร), Garawik (กรวิก), Soutassana (สุทัสนะ), Néminton (เนมินธร), Wintaka (วินตกะ) et Atsakan (อัสกัณ). Ces chaînes de montagne sont séparées entre elles, et le mont Mérou de la chaîne Yukonton, par des mers appelées Sitandon (สีทันดร).

Bouppé-niwassa-noutsatiyann (บุพเพนิวาสานุสติญาณ). Connaissance de ce que l’on a été et où l’on a vécu dans ses vies antérieures, connaissance de ses vies antérieures. Ce qui se traduit parfois par rétrocognition.

Bouppé-sanniwatt (บุพเพสันนิวาส). Le fait de s’être aimés, d’avoir été unis dans une vie antérieure.

Chagamapatjonn (ฉกามาพจร) ou Chagamawatjonn (ฉกามาวจร). Nom collectif des six Paradis : Tjatoumaharatchika (จาตุมหาราชิกา), Daowadeung (ดาวดึงส์), Yama (ยามา), Doussitt (ดุสิต), Nimmanaradi (นิมมานรดี) et Paranimitawatt-sawatdi (ปรนิมมิตวสวัตดี).

Chaque paradis a ses propres habitants : les quatre Grands Rois, gardiens des quatre directions cardinales, et leurs cours à Tjatoumaharatchika ; Indra et sa cour à Daowadeung ; les dévas Soumaya à Yama, qui volent dans les airs dans des aéronefs appelés vimanas ; les dévas Sandoussitt (ainsi que Maïtreya, le prochain Bouddha) à Doussitt, etc (avec des dévas dont la vie se mesure en milliards d’années humaines). Le Paranimitawat-sawatdi est l’état le plus raffiné dans lequel on puisse naître au sein du Samsara (étant entendu que tous ces paradis font partie du Samsara ou cycle des réincarnations).

Chaï-koun-chonn (ชยกุญชร). Éléphant de guerre. Les éléphants de guerre nous sont connus par les récits de Quinte-Curce et d’autres sur les conquêtes d’Alexandre et ses batailles contre les armées de l’Inde. Ils sont un élément familier de l’histoire de l’Asie du Sud-Est.

Chaléo (เฉลว). Symbole produit à l’aide de lanières de bambou croisées entre elles en forme d’étoile à cinq branches. Il est placé au-dessus de chaudrons où sont en train de bouillir des remèdes, sur des marchandises, comme indication de lieu, comme talisman contre la possession par les esprits, etc.

C’est la même chose que le pentagramme ou pentacle occidental (Drudenfuß en allemand, c’est-à-dire le pied d’un esprit malfaisant appelé Drude, qui était dit posséder des pieds comme ceux d’une oie), et il en partage les propriétés et usages mystiques et apotropaïques.

Chamop (ฉมบ, ชมบ) ou Tamop (ทมบ). Fantôme d’une femme morte en forêt et qui hante les environs du lieu de sa mort. Son apparence est floue, relativement indistincte.

Chang-nam (ช้างน้ำ). « Éléphant des eaux », animal ayant le corps d’un éléphant, une trompe et des défenses comme celles de l’éléphant, et une queue de poisson.

Chang-niam (ช้างเนียม). Éléphant possédant trois qualités distinctives : la peau noire, des ongles noirs et des défenses en forme de banane.

Chang-samkann (ช้างสำคัญ). Éléphant possédant les sept signes auspicieux qui en font de droit un éléphant royal, à savoir : des yeux blancs, un palais blanc, des ongles blancs, des poils corporels blancs, une peau blanche ou de couleur argileuse, les poils de la queue blancs, et un scrotum (étui pénien) blanc ou de couleur argileuse.

Chappana-rangsi (ฉัพพรรณรังสี). Lumière composée de six couleurs, à savoir : le bleu de la fleur d’aloès (pois bleu), le jaune de l’orpiment, le rouge du soleil au crépuscule, le blanc d’une assiette d’argent, l’orange d’une patte d’oie, et la brillance du cristal. Telle est la lumière du halo émanant du corps du Bouddha. Le tong-chappana-rangsi, ou drapeau de la lumière des six couleurs, est le drapeau de la religion bouddhiste. (Ces couleurs sont sur le drapeau au nombre de cinq et se répètent chacune une seconde fois dans la bande verticale à l’extrémité droite du drapeau, car cette sixième couleur est en fait la combinaison des cinq autres, et le chappana-rangsi en tant que tel est donc lui-même une seconde combinaison.)

Chappayapoutta (ฉัพพยาปุตตะ). Naga arc-en-ciel.

Relativement à la couleur des écailles, il existe trois autres espèces de naga : les nagas dorés, les nagas verts et les nagas noirs. Les nagas arc-en-ciel sont extrêmement beaux.

Chinabanchon (ชินบัญชร). Un certain paritt (voir ce mot) ou récitation auspicieuse et protectrice particulièrement répandue en Thaïlande, rédigée sous sa forme actuelle par le bonze Somdet To (†1872). Le mot vient du sanskrit et signifie « armure du vainqueur », c’est-à-dire armure du Bouddha, et la formule est décrite allégoriquement en thaï comme créant une armure de diamant autour de celui qui la récite.

Dao-tjonn (ดาวโจร). En astrologie, étoile faisant de la personne née sous son influence un voleur. D’où l’expression Yati-dao-tjonn : personnes à qui l’on ne peut se fier.

Dok-doua (ดอกดั้ว). Corne d’animal révérée comme un objet magique (protégeant la maison de son possesseur de l’incendie), par exemple la corne de diverses espèces de buffle ou, dans les textes anciens, la corne d’une vache sacrée.

Fang-kém (ฝังเข็ม). 1 Planter une aiguille enduite d’« huile-mantra » (voyez Nam-mann-monn) dans un membre du corps en récitant des incantations afin d’accorder l’invulnérabilité. 2 Acupuncture chinoise.

Gajasih (คชสีห์). Éléphant-singha, animal légendaire qui a le corps d’un lion singha (lion légendaire souvent représenté dans l’art thaïlandais) et une trompe d’éléphant.

Galawaga (กาฬาวก). Une des dix familles d’éléphant, qui sont les suivantes : 1 Galawaga-Hati (éléphant noir) ; 2 Kangkaï-Hati (à la couleur « comme celle de l’eau d’un ruisseau ») ; 3 Pantara-Hati (blanc argenté) ; 4 Tamop-Hati (cuivré) ; 5 Pingkon-Hati (doré clair, comme les yeux de chat) ; 6 Kanta-Hati (couleur de calambac ou bois d’aloès, et l’éléphant dégage une odeur suave) ; 7 Mongkon-Hati (couleur de pois bleu, et les mouvements de l’éléphant sont gracieux) ; 8 Hem-Hati (jaune comme l’or) ; 9 Ubosot-Hati (doré) ; 10 Chattan-Hati (blanc comme l’argent fondu, avec la bouche et les ongles rouges). Selon la cosmologie thaïlandaise exposée dans le livre connu sous le nom de Traïpoum-Pra-Ruang (Les Trois Terres, 1345), ces éléphants vivent dans la forêt d’Himmapan entourant le mont sacré Mérou au centre du monde (tiré de la mythologie hindoue). Cette forêt est dite exister dans l’Himalaya.

Ganpirom (กรรภิรมย์). Ombrelle à cinq étages en tissu blanc marquée de symboles magiques (yantras) dorés, avec un manche également doré. Elle est portée devant les troupes lors de défilés et dans les processions d’éléphants. On voit ainsi l’importance des yantras au plus haut niveau de l’État thaïlandais.

Garawik (กรวิก). 1 L’oiseau de paradis (Paradisaeidae). 2 Nom de la troisième chaîne de montagnes parmi les sept qui entourent le mont Mérou. Voyez Boripann : ces chaînes de montagne entourent l’axe du monde de manière concentrique.

Gasak (กาสัก). Un oiseau magique qui reste invisible quand il vole. Si quelqu’un parvient à s’emparer d’une ou plusieurs de ses plumes, il acquiert le pouvoir de se rendre invisible.

Gramouatt (กระหมวด). Le nerf supérieur de la tête d’un éléphant ; c’est un organe important figurant parmi les critères utilisés pour caractériser un éléphant royal, c’est-à-dire un éléphant blanc (albinos), ces critères ayant en effet à voir avec la dépigmentation de diverses parties du corps de l’animal. (Cet organe n’apparaît pas dans la liste de critères présentés sous Chang-samkann [voir ce mot]… Je ne fais que le remarquer, sans pouvoir pour le moment l’expliquer.)

La découverte d’un éléphant blanc dans la forêt est, en raison d’une histoire de la vie du Bouddha narrant sa rencontre avec l’éléphant blanc Palilaï dans la forêt du même nom, considérée auspicieuse, et c’est pourquoi le roi de Thaïlande est leur protecteur, d’où le statut d’éléphants royaux de ces éléphants. Le nom thaï utilisé pour décrire un éléphant blanc est chang peuak, littéralement « éléphant taro », du nom d’une plante comestible (Colocosia esculenta) dont la chair est d’un blanc éclatant.

Héra (เหรา). Animal légendaire mi-naga mi-dragon (mangkonn).

Ho (เหาแ). L’art magique de voler dans les airs.

Hong (หงส์). Un oiseau légendaire de noble descendance, son chant est mélodieux et il sert de monture à Brahma. La langue thaïe se sert également de ce nom pour désigner le cygne.

Hong-praï (โหงพราย). Esprit qu’un sorcier conjure pour en être obéi. C’est un koumann-tong (voir ce mot) féminin.

Hongronn-mangkonram (หงส์ร่อนมังกรรำ). « Le cygne qui plane, le dragon qui danse » : cérémonies magiques accomplies par une femme pour rendre un homme follement amoureux et timide avec les autres femmes. Le « cygne qui plane » consiste principalement à couvrir de son entre-jambes la marmitte où cuit le repas avant de servir le contenu à l’homme en question. Le « dragon qui danse » se sert de l’eau du bain qu’a pris la femme, qu’elle utilise ensuite pour préparer à manger.

Houn-payonn (หุ่นพยนต์). Figure ou figurine à laquelle ont donné vie des incantations et qui sert de protecteur mystique à son possesseur.

On peut en acquérir auprès de bonzes. Le houn-payon que je possède, de quelque 5 cm de hauteur, est composé d’un fragment d’os humain constituant le ventre de la figurine et enveloppé dans le fragment d’un linceul, des cheveux d’homme ont été placés sur la tête, laquelle est une turquoise taillée en forme de crâne, et des takroutt, c’est-à-dire ici de petits cylindres métalliques renfermant des parchemins de formules magiques, forment le corps et les membres (douze au total) ; la figurine est enfermée dans une châsse en plastique, où elle est plongée dans de l’« huile d’exorcisme » rouge jusqu’à hauteur du bassin. Ce talisman a été fabriqué par le bonze Luang Po Somchat du temple Wat Huay Bong (province de Lopburi). Son possesseur est supposé l’« activer » par des incantations spéciales sur un papier joint par le bonze à la figurine.

Itti-patihann (อิทธิปาฏิหาริย์). Pouvoirs au-delà des limites communes de la nature humaine, tels que le pouvoir de se rendre invisible, le pouvoir de voler, etc. Ces pouvoirs sont un des trois patihann ou « miracles », avec atétsana-patihann, le pouvoir de lire dans la pensée d’autrui, et anusatsana-patihann, la doctrine (permettant de persuader autrui de croire et d’admirer).

Kaliyoukka-sakaratt (กลียุคศักราช). Le Kali Yuga, l’ère de 2.558 années précédant l’ère bouddhiste (qui commence avec l’entrée du Bouddha Gautama dans le Nirvana).

Kampop (กามภพ). Lieu de naissance de ceux qui sont restés attachés au désir sexuel (kama) ; les mondes de ceux qui restent dépendants de la sensibilité, à savoir les quatre abaïpoum (voir ce mot) – les plans de l’enfer et les mondes respectifs des bêtes, des prétt et des asuras –, le monde humain et les six paradis.

Kantakouti (คันธกุฎี). « Cellule parfumée » : nom de la cellule qui fut construite pour servir de résidence au Bouddha à Jétavana (Inde).

Kantamatt (คันธมาทน์). En tant qu’adjectif, le mot veut dire : enivrer (des animaux) de parfums. En tant que nom, il désigne « la montagne parfumée » qui se trouve dans la forêt d’Himmapan. Son parfum provient de diverses plantes et essences de bois. On y trouve des grottes : la grotte d’or, la grotte de cristal et la grotte d’argent. Elle est le lieu de résidence des Pratyékabouddhas, qui devinrent des Bouddhas en dehors de la direction du Bouddha Gautama.

Kaopao (ข้าวเภา). Riz mêlé à des pigments jaunes et rouges et utilisé lors des cérémonies d’admission d’éléphants royaux (éléphants blancs) conduites par les brahmanes preutibatt, c’est-à-dire la classe des brahmanes dédiés aux cérémonies relatives aux éléphants.

Les « brahmanes » ont continué et continuent de jouer un rôle à la cour royale de Thaïlande et dans la société thaïlandaise même après l’introduction du bouddhisme, mais ils ne sont pas reconnus comme faisant partie de la communauté internationale de l’hindouisme, qui inclut les communautés religieuses traditionnelles de l’Inde, du Népal et de Bali (en Indonésie). Ces prêtres thaïlandais sont souvent associés aux moines bouddhistes lors de cérémonies importantes comme les mariages.

Voici un témoignage intéressant du chercheur Pierre Lefèvre-Pontalis (Notes sur des amulettes siamoises, 1926) :

« Comme au Cambodge, il y a encore de nos jours, à la cour des rois de Siam, des Brahmes qui président à certaines cérémonies officielles, tirent les horoscopes, désignent les jours et les heures favorables. Ceux qui desservent à Bangkok le temple brahmanique sont originaires de Ligor dans la péninsule malaise. Sous la direction de Raja Khrou Vamathib, qui accompagne le souverain dans tous ses déplacements, ils ont atteint le degré de complaisance et de scepticisme nécessaire en une cour bouddhiste, où, si l’on ne croit pas à la divinité du maître, on ne saurait cependant admettre qu’aucun dieu lui soit supérieur dans la hiérarchie céleste. ‘Si l’on en croit les textes, a dit M. Foucher, Çakyamuni lui-même n’aurait toujours nié qu’il fût un dieu que parce qu’il était bien davantage.’

Le chef des Brahmes de Bangkok lui-même a bien de la peine à distinguer les divinités dont il a la garde. Pénétré de l’idée officielle que Bouddha est supérieur à toutes, il ne reconnaît comme images orthodoxes de Siva (Phra In Suen en siamois) que celles où le plus grand des dieux porte un Bouddha assis dans sa chevelure. Visnu lui aussi n’est admis qu’en qualité de Narâyana (Phra Naraï des Siamois), dieu complexe qui procède directement de l’hindouisme. »

Kaotok-dokmaï (ข้าวตอกดอกไม้). Une offrande religieuse (courante) de riz grillé et de fleurs.

Ka-Si-Nassop (ขษีณาศรพ). Une personne au-delà du désir (parvenue à l’éveil) ; un saint bouddhique.

Kassinn (กสิณ). Forme de méditation utilisant la concentration sur un objet ou un élément (terre, air, eau, feu) ; par exemple, quand il y a du vent, se concentrer sur la sensation du vent. Cette méditation permet notamment d’acquérir des pouvoirs magiques relatifs aux éléments et objets considérés dans la méditation, quand celle-ci est suffisamment maîtrisée.

Kèow-Sanpatt-Neuk (แก้วสารพัดนึก). Cristal magique qui assure à son possesseur la réalisation de ses vœux.

Kiao-kèo (เขี้ยวแก้ว). « Dent de verre ». 1 Les dents du Bouddha sont connues sous le nom de Pra-kiao-kèo. 2 Les dents du dieu singe Hanuman. 3 Crochets d’un serpent venimeux.

Kiatmouk (เกียรติมุข). Un être non-humain de la cour du dieu Shiva. Leur visage ricanant, mi-ogre (yaksa) mi-lion (singha), n’a pas de menton apparent. Ils ne possèdent ni corps ni membres. Ce sont des dieux gardiens des seuils, chassant le mal. On les trouve souvent gravés sur les portails monumentaux anciens.

Kinari (กินรี). Un kinnon femelle. Selon certaines définitions, kinonn serait le nom générique, kinari le nom de la femelle et kingbouroutt celui du mâle. (Voir ces mots)

Kingbouroutt (กิงบุรุษ). Un animal légendaire ayant le corps d’un cheval et une tête d’homme. Dans le folklore thaï, cependant, il s’agit d’une créature mi-homme mi-oiseau (la partie antérieure humaine et la partie postérieure aviaire) vivant dans la forêt d’Himmapan entourant le mont Mérou au centre du monde.

Kingka-yak (กิ้งก่ายักษ์). Ce mot, qui signifie littéralement « lézard géant » ou « dragon géant » (ou bien encore dragon-yaksa) et qui a été donné à un type de reptile existant, peut aussi servir à désigner les dinosaures.

La langue islandaise recourt à un système comparable : risaeðla veut dire « lézard géant ». Il s’agit dans les deux cas, plutôt que de recourir au grec (« lézard terrible »), de créer le terme à partir du lexique national.

En thaï, on a procédé de cette manière à partir du sanskrit/pali pour toute une série d’inventions occidentales ; de même que « téléphone », « microscope » etc. sont des mots communs aux langues européennes qui dérivent du grec, leurs équivalents dérivant du sanskrit/pali sont communs à plusieurs langues d’Asie du Sud-Est, le thaï, le khmer, sans doute d’autres. Cette méthode est tombée en désuétude à la fois en Europe et en Asie du Sud-Est. L’usage de l’anglais s’est banalisé, et le terme le plus courant aujourd’hui pour désigner en thaï un dinosaure, peut-être aussi en raison de l’autre sens de king-ka-yak signalé plus haut, est la pure et simple transcription du mot anglais : « daïnossao ».

Kinonn (กินนร). Créature légendaire dont il existe deux espèces, l’une mi-homme mi-oiseau (la partie antérieure humaine et la partie postérieure aviaire), l’autre ayant une apparence humaine mais possédant des ailes et une queue, et capable de voler.

Kok (ก๊ก). Réseau, connections d’une société secrète. Boonyapaluk (auteur d’un dictionnaire thaï-français) donne de ce mot les définitions suivantes : « association, bande, cabale, clan, clan chinois, clique ».

Komott (โขมด). Fantôme de la forêt qui apparaît sous l’aspect d’une vive lumière dans la nuit ; feu-follet.

Kong-koï (กองกอย). Fantôme vampirique n’ayant qu’un pied et pas de rotule si bien qu’il doit marcher sur la pointe de son pied unique. Il a l’habitude de sucer le sang de ceux qui passent la nuit en forêt, par le gros orteil.

Konntann (คนธรรพ์). Les ghandarvas (sanskrit), une classe d’habitants des demeures du ciel, considérés comme des dieux mineurs. Ils constituent la cour de Déva Tatarott, l’un des quatre Rois du premier paradis, et ce sont des musiciens et chanteurs. Leurs épouses sont les apsaras.

Kott (คด). Objet dur comme une pierre trouvé à l’intérieur de certains animaux et certaines plantes, et utilisé comme amulette. C’est un bézoard, un genre d’objet considéré comme ayant des propriétés magiques dans de nombreuses traditions du monde, si ce n’est dans toutes.

Krabi-krabong (กระบี่กระบอง). Art martial traditionnel pratiqué avec des épées et des bâtons.

Krabong-deng (กระบองแดง) : « La baguette rouge », une baguette passée au tour, au manche doré, dont le corps est peint en rouge vermillon, la pointe dorée également et sculptée en forme de laitue d’eau (Pistia stratiotes). L’objet est remis au médecin royal lors de son investiture et symbolise le privilège de la collecte des herbes et plantes médicinales dans le royaume.

Krasseu (กระสือ). Fantôme qui prend possession du corps d’une femme et aime à se repaître d’immondices. Elle fait la paire avec le krahang, qui prend le corps d’un homme. Quand elle sort la nuit pour se nourrir, elle a l’aspect d’une tête volante d’où pendent les viscères ; les autres parties de son corps restent où elle réside. Elle prend parfois aussi l’apparence d’une boule de feu de couleur verte.

Krata-tongdeng (กระทะทองแดง). Grandes poêles brûlantes où les damnés sont mis à frire dans les fosses infernales.

Kring (กริ่ง). Petite amulette creuse dans laquelle est enchâssé un objet sacré. Quand on secoue l’amulette, elle produit le son kring kring, d’où son nom (pra-kring, le préfixe pra étant généralement accolé aux amulettes ainsi qu’aux personnes et images sacrées).

Krouti (ครุฑี). Garuda (krout) femelle. Les garudas sont les créatures ressemblant à des oiseaux qui servent d’emblème héraldique à la Thaïlande. Garuda est dans la mythologie hindouiste la monture du dieu Vishnou.

Koumann-tong (กุมารทอง). Esprit qu’un sorcier conjure pour en être obéi. Autrefois, cela passait par un fœtus mort dans le ventre de sa mère (et pour cela par la mort de la mère), fœtus que le sorcier mettait à rôtir et couvrait ensuite de feuilles d’or. En pratiquant certaines offrandes et d’autres rites en présence de l’effigie ainsi produite, le sorcier s’acquérait un démon familier. La pratique se survit sous la forme d’amulettes et d’effigies artificielles.

Koumpannta-prétt (กุมภัณฑเปรต). Un démon prétt (du sanskrit preta) ayant d’énormes testicules.

Les prétt sont une sorte d’êtres surnaturels ou démons vivant dans un monde à eux guère différent d’un plan des enfers (voyez Abaïpoum). Il arrive toutefois qu’ils entrent en contact avec les hommes, dans certaines circonstances. Il existe différentes typologies de ces démons, dont l’une comporte le présent kumpanntaprétt, prétt éléphantiaque, pour ainsi dire.

Lék-laï (เหล็กไหล). Type de métal susceptible de fondre à la flamme d’une bougie. La définition est un peu sommaire et pourrait désigner un vulgaire alliage de plomb. Il s’agit en fait d’un métal magique dont les bonzes font des amulettes. Cette pratique est si répandue qu’un film est sorti, il n’y a pas longtemps, sur L’homme lék-laï, un super-héros tout ce qu’il y a de moderne qui bénéficie des pouvoirs de ce métal (titre anglais du film : Mercury Man).

On notera que, dans les pratiques occultes malaises, la science de l’invulnérabilité (kebal) est dite reposer sur une injection magique de mercure dans le corps de la personne, c’est-à-dire que le film thaï évoqué ci-dessus emprunte aussi à cette conception.

Lék-yann (เลขยันต์). (Du sanskrit lekka-yantra). Symbole dessiné sur un yantra (diagramme magique).

Louk-chang (ลูกช้าง). Le pronom « je » quand l’orateur s’adresse à un esprit des forêts ou un esprit des montagnes (marque de déférence).

Louk-kèo (ลูกแก้ว). 1 Bille de verre ; plus spécifiquement, désigne les billes de verre utilisées par les shamans pour prédire l’avenir. 2 Enfant qui s’est rasé la tête comme prescrit pour devenir novice (c’est-à-dire pour appliquer, en tant qu’enfant, certaines régulations monacales du bouddhisme).

Long-kong (ลองของ). Tester une amulette pour déterminer si ses pouvoirs magiques sont effectifs.

Louk-krok (ลูกกรอก). Fœtus humain ou animal, notamment de chat, mort dans le ventre de sa mère. Le corps est complet mais de petite taille. On croit qu’il porte bonheur à celui qui le possède et peut servir d’amulette. (Voyez Koumann-tong)

Louk-nimitt (ลูกนิมิต). Boules de pierre, de la taille de deux bols à aumône approximativement, posées à même la terre pour délimiter les limites d’un sanctuaire bouddhiste.

Louk-om (ลูกอม). Bille pouvant être composée de matériaux divers et qui, placée dans la bouche, sert d’amulette.

Mahalalouaï (มหาละลวย). Formule magique pour rendre les gens amoureux.

Mahaoutt (มหาอุจ). En astrologie, planète qui confère des bénéfices éminents et rend faste le destin de la personne née sous ses auspices.

Mahatatt (มหาธาตุ). Une relique du Bouddha. Les temples (wat) qui renferment une de ces reliques sont appelés de ce fait wat-mahatatt.

Makkaliponn (มักกะลีผล). Nom d’un arbre de la forêt d’Himmapan qui porte des fruits ayant l’apparence de jeunes femmes nues, pendant de ses branches. Au bout de sept jours, ces fruits tombent au sol et pourrissent.

Makorakountonn (มกรกุณฑล). Pendentifs d’oreille en forme de dragons.

Mekkapatt (เมฆพัด). Nom d’un alliage métallique noir brillant émettant des reflets scintillants de couleur verte à la manière du bupestre (scarabée). Il s’obtient en fondant ensemble du plomb et du cuivre et en ajoutant du soufre (c’est la recette courte). Les amulettes composées dans cet alliage alchimique s’appellent pra-mekkapatt.

Mèo-wichian-matt (แมววิเชียรมาศ). Le chat siamois est le « chat diamant (wichian) et or (matt) », l’or et le diamant étant désignés, qui plus est, par leurs noms poétiques et non par leurs noms courants. Un beau nom pour un bel animal.

Mérou-Pra-Boup-Po (เมรุพระบุพโพ). Crématoire de petite taille servant à brûler la lymphe du corps (« eau jaune » en thaï), employé surtout dans les temples aux reliques. C’est un terme réservé aux cérémonies royales (et donc, assurément, cet objet n’est employé que pour les personnes de sang royal).

Mè-seu (แม่ซื้) ou Mè-wi (แม่วี). Une divinité ou un esprit féminin réputé protéger les nouveau-nés pendant les premiers jours de leur vie.

Selon le jour de la semaine où l’enfant est né, ce dernier a un ange gardien différent. Les mé-seu sont donc au nombre de sept. Le dimanche, c’est Witjitoramawann, rouge avec une tête de lionesse singha ; lundi, Wanongkrann, blanche avec une tête de jument ; mardi, Yaksaborisoutt (« Yaksa/ogresse pure »), rose avec une tête de buffle ; mercredi, Samonlatatt, verte avec une tête d’éléphante ; jeudi, Galotouk, jaune clair avec une tête de biche ; vendredi, Yaknongyao (« belle Yaksa/ogresse »), bleue avec une tête de vache, et samedi, Ekalaï, noire avec une tête de tigresse. Elles portent toutes des vêtements de fil d’or.

(Les yaksas sont des ogres ou des géants mais il ne faut pas prendre l’appellation en mauvaise part ; ces créatures sont en effet souvent représentées dans les temples bouddhistes où ils servent à repousser les mauvais esprits par leur aspect peu engageant.)

Les mé-seu ne doivent pas être confondues avec les sept déesses de Songkran, filles de Brahma et concubines d’Indra, liées au festival annuel de Songkran, et qui sont elles aussi associées chacune à un jour de la semaine et à un animal (qui leur sert de monture).

Ming-mia (มิ่งเมีย). Une femme auspicieuse à son mari et à sa famille.

Mitt-mo (มีดหมอ). Couteau magique employé entre autres dans les exorcismes.

Moranapap (มรณภาพ). Mourir, ou la mort (terme réservé aux bonzes). Exemple de phrase employant le terme : « Les Thaïlandais croient qu’un bonze qui meurt (moranapap) revêtu de sa robe se réincarne en esprit protecteur (pra-poum) », c’est-à-dire en esprit auquel un foyer thaï, en principe, dresse une maison miniature (sann-pra-poum) et fait des offrandes quotidiennes. Ces esprits protègent les humains des mauvais esprits ou fantômes (pi, dont le présent glossaire présente quelques variétés, notamment aux mots commençant par pi-).

Mo-tao (หมอเฒ่า). Personne versée dans la connaissance des éléphants (un champ d’étude à part entière nommé kok-satt) et experte dans le domaine de leur capture (pour domestication).

Il existe une littérature rituelle adressée aux éléphants ainsi capturés, par laquelle on s’excuse, dans des poèmes, de les éloigner de leur forêt natale, tout en dépeignant les avantages et les douceurs de la vie au milieu des hommes. (Les éléphants de guerre n’existent plus.)

Nakbatt (นาคบาศ). « Nœud des nagas », nom d’une arme de jet du héros Indrajit (dans le Ramakien, version thaïlandaise du Ramayana). Dans les légendes, les chasseurs se servent de cette arme pour chasser les kinari (voyez ce mot).

Il existe dans le bouddhisme théravada une tradition d’interprétation du sens ésotérique du Ramakien, où les différents épisodes représentent des étapes initiatiques et d’élévation spirituelle.

Par ailleurs, on trouve en Thaïlande des amulettes appelées nakbatt, en forme de nagas enroulés sur eux-mêmes.

Nakprok (นาคปรก). Nom d’une position des statues ou images du Bouddha, où le Bouddha est assis les jambes croisées (position samadhi) avec les mains l’une sur l’autre la paume vers le haut contre le bassin, tandis que les coiffes (capuchons) dilatées de nagas l’ombragent. Il en existe deux modèles : l’un où les anneaux circulaires des nagas servent au Bouddha de siège et l’autre où le Bouddha est assis à l’intérieur du cercle des anneaux.

Nam-mann-monn (น้ำมันมนตร์). « Huile-mantra » : huile de noix de coco activée par des formules magiques et utilisée comme onguent ou huile de massage en vue de traiter douleurs, courbatures, foulures, etc, ou pour conférer des bénédictions ou pouvoirs spéciaux (voyez Fang-kèm).

Nam-mann-praï (น้ำมันพราย). Une huile recueillie au cours de sa crémation sur le corps d’une femme morte pendant sa grossesse. Quand on asperge une femme de cette huile, elle tombe amoureuse.

Nam-monn (น้ำมนต์, น้ำมนตร์). « Eau mantra » : eau consacrée ou bénite, pour s’y baigner, boire, ou en asperger des personnes ou des objets.

Nang-kwak (นางกวัก). « La jeune fille au salut », image sainte sculptée en forme de femme assise et saluant de la main, considérée comme porte-bonheur, de façon générale ou dans les affaires.

Nang-maï (นางไม้). Esprit féminin qui réside dans les arbres. C’est un roukkatéwada (voir ce mot), c’est-à-dire une apsara, une nymphe.

Nèng (แหนง). Cérémonie de magie noire destinée à empêcher une femme de se marier.

Ngang (งั่ง). 1 Statue ou statuette fondue avec du métal destiné à des statues du Bouddha, assise en position samadhi, avec la poitrine non couverte, n’ayant ni robe ni châle (deux des trois éléments du vêtement monacal bouddhiste : voyez Traï-tjiwonn), avec seulement une guirlande autour du cou. Étant fondue avec une bien plus grande quantité de cuivre que les autres statues, on l’appelle pra-ngang (pra-« cuivre »). 2 Nom d’une statue du Bouddha qui n’a pas encore reçu la touche finale, à savoir la complétion des yeux (qui réclame une cérémonie particulière).

Ngasann (งาสาน) ou Pat-ngasann (พัดงาสาน). (Dans le passé) éventail honorifique en ivoire, emblème de la secte de moines Aranyawasi, qui vivaient dans la forêt.

Nopsoun (นภศูล, นพศูล). (Du sanskrit naba shula, « lance céleste ») Ornement du toit des pagodes, en métal et en forme de lance, pourvu de branches en forme d’épées pointées vers les quatre points cardinaux.

Un autre ornement caractéristique du toit des temples bouddhistes thaïlandais est le cho-fa (ช่อฟ้า), posé aux angles de la toiture, et qui représente assez souvent des garudas ou des nagas.

Oppatika (โอปปาติกะ). Créatures nées sans progéniteurs et n’ayant pas de karma. Le nom est appliqué aux dévas, aux Brahmas, aux créatures infernales, aux démons malfaisants et aux asuras. Parmi les dévas sont inclus les garudas et nagas, mais pas tous, seulement certaines variétés de ces derniers naissant oppatika.

Ounalom (อุณาโลม). Symbole auspicieux ressemblant au chiffre thaï 9 et au symbole du « troisième œil » du Bouddha, souvent inscrit sur des diagrammes magiques pour prévenir le danger ou sur le front des novices durant la cérémonie tam-kwann-nak (au cours de laquelle on leur rappelle d’être reconnaissants envers leurs parents).

Païsatji (ไปศาจี). Le langage des fantômes.

Pakawam (ภควัม). Amulette représentant un personnage dont les neuf ouvertures corporelles, à savoir les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, l’anus et l’urètre, sont bouchés. (Ce qui donne le plus souvent un personnage se cachant le visage dans les mains, avec parfois d’autres bras et mains pour boucher le reste.) Elle sert de talisman pour prévenir les blessures physiques.

Palatt-kik (ปลัดขิก) ou Kik (ขิก). Image de phallus en bois servant d’amulette. Tong-pra-koun (ทองพระขุน) ou Koun-pétt (ขุนเพ็ด) ou Ay-kik (อ้ายขิก). Image taillée de l’organe génital masculin, servant d’amulette. (J’ignore les distinctions, s’il en y a, entre ces différentes appellations de la même amulette phallique.)

On trouve aussi, au-delà de la définition qui précède, des amulettes phalliques en métal, mais encore des amulettes ithyphalliques (comme le Priape romain) de toutes sortes, avec des animaux, des personnages légendaires ou des créatures mythologiques, ou des phallus anthromorphisés, comme un personnage dont la tête est un gland de phallus saluant auspicieusement à la manière de la figure nang-kwak (voir ce mot), ou des phallus ithyphalliques. Les représentations d’accouplement ainsi que la bestialité ne sont pas non plus rares sur les amulettes censées maintenir ou renforcer la puissance sexuelle de l’homme.

Palilaï (ปาลิไลยก์). 1 Nom d’une forêt où le Bouddha passa la saison des pluies. 2 Nom d’un éléphant vivant dans cette forêt. 3 Nom d’une position des images et statues du Bouddha où le Bouddha est représenté assis sur un rocher, les pieds reposant sur une fleur de lotus, les deux mains sur ses genoux, tandis qu’un éléphant accroupi lui tend une jarre d’eau avec sa trompe et un singe un rayon de miel.

Paritt (ปริตร). Récitation de versets des écritures pali pour prévenir le danger et les maux.

Pi-dip (ผีดิบ). 1 Un cadavre qui n’a pas subi la crémation. 2 Fantôme d’un mort resté sans crémation ; mort-vivant.

Pi-nang-ram (ผีนางรำ). Fantôme d’une danseuse traditionnelle thaïe (nangram).

Pi-pong (ผีโพง) ou Pong (โพง). Fantôme qui se nourrit de viande crue.

Pi-pop (ผีปอบ) ou Pop (ปอบ). Fantôme qui entre dans le corps des gens pour leur dévorer les entrailles. Quand il ne reste rien à manger, il quitte le cadavre.

Pirott (พิรอด). Anneau en tissu marqué de symboles magiques ou en coton bénit (voyez Saï-sin) utilisé comme amulette.

Quand il est en coton, il est découpé dans le fil qui relie tous les participants à la cérémonie considérée ; ce fil, qui sert de lien entre tous les participants en prière, accumule des vertus mystiques au cours de la cérémonie.

Pitsamonn (พิสมร). Une amulette en forme de triangle ou de carré, faite de fil. Elle peut être attachée à un takroutt.

Plouk-Pi (ปลุกผี). « Appeler le fantôme », c’est-à-dire réciter des incantations jusqu’à ce qu’un fantôme se matérialise et agisse conformément aux souhaits de qui l’invoque. L’expression désigne également la pratique consistant à recueillir du corps d’une femme morte en couches, pendant sa crémation, des graisses fondues en vue de composer une huile qui sera utilisée comme philtre pour rendre les femmes amoureuses (nam-maan-praï).

Plouk-Pra (ปลุกพระ). « Appeler le saint », c’est-à-dire réciter des incantations sur une amulette afin d’en activer les pouvoirs magiques.

Pouttangonn (พุทธันดร). La durée temporelle entre un Bouddha vivant et la naissance du Bouddha suivant.

Pouttankoun (พุทธังกูร). Un Bouddha enfant, c’est-à-dire qui deviendra Bouddha.

Pouttapissek (พุทธาภิเษก). Cérémonie durant laquelle des incantations sont chantées devant une statue du Bouddha ou un objet sacré par un groupe de moines assis, appelés en la circonstance kanaprok (voir ce mot), qui se concentrent de cette manière afin d’insuffler les vertus du Triple Joyau (Bouddha, Dharma [loi bouddhiste], Sangha [communauté bouddhiste]) dans la statue ou l’objet et lui conférer des propriétés magiques.

Praï-krassip (พรายกระซิบ). Un esprit familier qui murmure (krassip) à l’oreille de son possesseur pour lui révéler la cause des événements.

Un praï-krassip peut s’acquérir de la même manière qu’un houn-payonn, autre type d’esprit servant, comme celui que j’ai acquis en Thaïlande.

Praï-tani (พรายตานี). Fantôme de femme qui hante les bananiers sauvages.

Pra-Pom (พระผอม) ou Luang-Po-Pom (หลวงพ่อผอม). Le Bouddha émacié, une image ou statue du Bouddha le représentant dans sa période de mortification ascétique.

Pra-pong (พระผง). Amulette réalisée à partir d’une poudre ou d’un mélange de poudres bénites par des incantations (mantras) ou parce que les matériaux réduits en poudre étaient inscrits de symboles magiques ou de mantras, et compactées en forme de Bouddha ou autre.

Pra-tiatt (ประเจียด). Pièce de tissu marquée de yantras (symboles et diagrammes mystiques) considérée comme un talisman contre le danger et les blessures. Il est porté autour du cou, du biceps, etc.

Prayatékroua (พระยาเทครัว). Homme marié à la fois avec la mère et la fille, ou avec deux sœurs. (La polygamie est légalement interdite en Thaïlande depuis 1935 mais…)

Prok (ปรก). (Du verbe « couvrir ») Le nom donné aux moines en prière durant une cérémonie de consécration d’une image du Bouddha ou d’un objet sacré est kana-prok (le collectif de couverture).

Pour un autre usage du terme prok, voyez Nakprok.

Prouatt (ปรวด). Médecin pour éléphants.

Rak-yom (รักยม). Amulette ayant l’apparence d’un petit enfant à deux têtes, ou de deux petits enfants enchâssés dans une même capsule, en bois d’arbre à laque et de groseillier à maquereau, et qui a le pouvoir de faire aimer passionnément celui qui la porte.

Je subodore un ou plusieurs jeux de mots dans l’affaire. Le nom de l’arbre à laque est maï-rak, c’est-à-dire « bois d’amour ». Le groseillier à maquereau se nomme maï-mayom. On trouve dans le nom de l’amulette, en plus de rak (amour), yom, qui peut signifier jumeau, d’où la dualité de la figurine (cette dualité représentant entre autres l’union de deux personnes dans l’amour). Il existe aussi un bois maï-yom.

Raleuk-Chatt (ระลึกชาติ). Le souvenir de ses vies antérieures.

Rang-kwann (รังควาน). 1. Fantôme malfaisant qui peut entrer dans le corps des gens. 2 Esprit attaché à un éléphant sauvage – d’où, je pense, certaines connaissances occultes exigées, à l’origine, du mo-tao (voir supra) comme l’indique déjà son nom, qui comporte le terme หมอ mo, souvent traduit par « guérisseur » et qui s’emploie en général pour toute personne disposant de pouvoirs occultes : astrologue/mo-dou, exorciste/mo-pi

Reussi (ฤๅษี). (Du sanskrit rishi). Ermite. La tradition shamanistique toujours vivante en Thaïlande fait fond sur les pratiques érémitiques de l’Inde védique. Les shamans sont requis pour différentes fonctions telles que les tatouages sak-yann (voir ce mot) ou la consécration de maisons des esprits (sann-pra-poum) dans les foyers thaïs. Autant le tatouage est pratiqué aussi bien par les shamans que par les bonzes, autant la consécration de maisons aux esprits, en dépit du fait qu’elle soit un élément caractéristique de la culture thaïe, ne fait pas intervenir de bonzes du Sangha, seulement des shamans.

Roukkamoulika-toudong (รุกขมูลิกธุดงค์). L’une des treize observances toudong qu’un moine pratique pour obtenir des mérites : celle-ci consiste à vivre au pied d’un arbre.

C’est le neuvième toudong du canon pali. D’autres observances sont nommées dans les entrées correspondantes du présent lexique.

Roukkatéwada (รุกขเทวดา). Un esprit hantant les arbres.

Ces esprits sont des gandharvas ou, dans le cas d’esprits féminins, leurs conjointes les apsaras (ici, donc, de véritables nymphes des forêts). Les habitants du premier paradis, le plus proche de notre monde, voyagent en permanence entre l’un et l’autre.

Roupaprom (รูปพรหม). Une sous-classe de dieux Brahmas (les Brahmas, au pluriel, sont en effet, dans le bouddhisme théravada, une classe de dieux) ayant un corps apparent et vivant dans seize domaines célestes du Brahmaloka (monde des Brahmas).

Saï-sin (สายสิญจน์). Fil de coton blanc utilisé dans différentes cérémonies religieuses, par exemple quand les moines prient en commun pour consacrer un objet religieux (le fil est alors tendu de l’un à l’autre, reposant sur leurs mains et formant un lien entre eux) ou pour entourer une maison afin de rendre le terrain auspicieux lors d’une cérémonie de bénédiction.

Sak-yann (สักยันต์). Tatouage de symboles magiques (yann, du sanskrit yantra) pour bénéficier de leur protection. Certains bonzes sont des maîtres-tatoueurs réputés.

L’encre elle-même n’est pas ordinaire, c’est un mélange d’encre de Chine avec d’autres substances, par exemple corporelles, comme, dans le passé, des fluides d’un ennemi particulièrement courageux, ou de particules exfoliées de la peau d’un bonze, ce qui rend la personne tatouée digne de respect de ce fait, étant désormais « vêtue d’une peau de bonze ».

Salap (สะลาบ). Petites pelures métalliques qui jaillissent hors du moule d’une amulette lorsque la chaleur décroît brutalement.

Salika (สาลิกา). Type d’amulette : takroutt de petite taille conservé dans la bouche et servant à faire tomber amoureux de son possesseur.

Saming (สมิง). Tigre dont on pense qu’il a été un habile magicien ayant le pouvoir de se transformer en cet animal ; ou encore, tigre ayant dévoré de nombreux hommes, dont les esprits viennent alors le hanter de sorte qu’il devient capable de prendre une apparence humaine.

Satou-kann (สาธุการ). Musique cérémonielle très importante jouée pour appeler la propitiation des Trois Joyaux (Bouddha-Dharma-Sangha), des divinités, des objets sacrés, exprimant envers ceux-ci une salutation polie et déférente.

On peut en écouter sur YouTube (copier/coller le mot thaï ci-dessus), et c’est plutôt rébarbatif. Mais comme dit Rousseau : « Les plus beaux chants, à notre gré, toucheront toujours médiocrement une oreille qui n’y sera point accoutumée ; c’est une langue dont il faut avoir le dictionnaire. » (Essai sur l’origine des langues)

Sék-Pao (เสกเป่า). « Souffler la magie », c’est-à-dire consacrer quelque chose en soufflant dessus après avoir récité des formules religieuses.

Siamsi (เซียมซี). (Du chinois) Système de divination pratiqué dans les sanctuaires et temples chinois. Des bâtonnets en bambou marqués avec des nombres sont placés dans des cylindres que la personne secoue jusqu’à ce qu’un ou plusieurs bâtonnets en tombent ; les chiffres sont alors interprétés à l’aide d’une affiche. (Voir aussi Tiou)

Sini (สินี). Une femme à la peau blanche (claire) ; une belle femme.

Il convient de noter que l’adjectif fair en anglais présente exactement la même polysémie.

Siraprapa (ศิรประภา). Halo de rayons irradiant de la tête d’une personne sainte ou d’une statue du Bouddha.

Sompong (สมพงศ์). 1 Calcul astrologique consistant à déterminer si un homme et une femme qui souhaitent se marier ont des destins compatibles. 2 Examen astrologique des dates de naissance des futurs époux en vue de déterminer si leur mariage sera heureux.

Sompoutt (สมผุส) ou Sampoutt (สัมผุส). Calcul astrologique évaluant la conjonction de la terre et des étoiles. Les bonzes le pratiquent.

Sossanika (โสสานิกะ). 1 Un vêtement laissé dans un cimetière (comme acte commémoratoire ou offrande). 2 Une personne vivant dans un cimetière (par exemple, un bonze, bhiksu-sossanika : c’est la onzième observance toudong du canon pali).

Soubann (สุบรรณ). « Les merveilleux », un nom des garudas.

Il existe cinq sortes de garudas en ce qui concerne l’apparence, à savoir : ceux qui ont l’apparence entièrement humaine si ce n’est qu’ils possèdent des ailes, ceux qui ont un corps humain et une tête d’oiseau, ceux qui ont un corps humain et une tête et des ailes d’oiseau, ceux qui ont un corps d’oiseau et une tête humaine, et enfin ceux qui sont complètement comme des oiseaux. Les garudas vivent dans le premier paradis. Ils mangent les mêmes nourritures divines que les dévas mais aussi des fruits et de la viande, et même des nagas.

Soutassini (สุธาสินี). Qui se nourrit d’aliments surnaturels, c’est-à-dire les dévas. Vient de suta, qui désigne une sorte de nectar (au sens surnaturel).

Takroutt (ตะกรุด). Amulette cylindrique en métal ou en parchemin inscrite de formules magiques.

Taksa (ทักษา). Nom collectif des huit planètes en astrologie thaïe, à savoir le soleil (dont la localisation permanente est le nord-est et qui est représenté par le chiffre 1), la lune (est 2), Mars (sud-est 3), Mercure (sud 4), Saturne (sud-ouest 7), Jupiter (ouest 5), Rahu (nord-ouest 8) et Vénus (nord 6).

Les personnes familières avec l’astrologie védique auront reconnu les Navagraha (« neuf demeures »), dont l’un, Ketu, est ici absent. Ketu est considéré comme un corps immatériel et fait la paire avec l’autre planète immatérielle Rahu (ici numéro 8).

Talapatt (ตาลปัตร) or Talipatt (ตาลิปัตร). Un éventail au long manche fait d’une feuille de palmier ou de soie, utilisé par les bonzes lors de différentes cérémonies.

Tammakaï (ธรรมกาย). « Corps du dharma ». Forme de méditation consistant à visualiser au centre du corps une boule de cristal lumineuse qui devient progressivement un corps de Bouddha méditant en cristal (on parle d’embryologie mystique), en vue de parvenir à la révélation de son « être vrai ».

Tang-Naï (ทางใน). « La voie du dedans », c’est-à-dire la capacité de prévoir les choses à venir par l’effort mental. Au sens figuré, ou laïcisé, le mot désigne une conjecture correcte.

Tantima (ทัณฑิมา). Un oiseau de la forêt d’Himmapan ayant l’apparence d’un garuda tenant une masse (arme ou objet de cérémonie). Selon d’autres définitions, cet oiseau a le corps d’un garuda et la tête d’un oiseau, et tient une masse. (ce qui signifie que le garuda n’a pas la tête d’un oiseau, mais on a vu plus haut (cf. Soubann) qu’il existe plusieurs classes de garudas selon l’apparence.

Tapa (ตบะ). « Pénitence », à savoir, la suppression du désir par la mortification physique. Dans la religion bouddhiste, cela signifie l’évacuation du désir hors de l’esprit par la pratique des préceptes religieux, la méditation, la patience, le toudong (la voie de l’acquisition des mérites et autres pratiques monacales)…

Tiang-seu (เจียงซือ). (Du chinois) Fantôme maléfique sautillant les bras tendus, sortant la nuit à la recherche de victimes. Également appelé pi-dip-tjin ou pi-dip chinois (voyez pi-dip).

Tié-to-pariya-yann (เจโตปริยญาณ). Connaissance des pensées et intentions d’autrui.

Le témoignage d’un cas de lecture mentale de pensées par un bonze, d’origine occidentale, vivant en Thaïlande est donné par l’écrivain italien Arnaldo Fraccaroli dans son récit de voyage Le Bouddha d’émeraude (Il Budda di smeraldo, 1935, p. 215). (Le Bouddha d’émeraude est le palladium de la nation thaïlandaise.) En l’occurrence, ce bonze put connaître mentalement et dire le nom de son interlocuteur dont il n’avait jamais entendu parler et qu’il voyait pour la première fois. Interrogé sur la manière dont cela pouvait être possible, il répondit que ce nom lui était venu à l’esprit spontanément, dans un éclair d’inspiration.

Tioï (จ๊อย). Unité d’opium, valant 1,6 kilogramme.

Tiom-tap (โจมทัพ). Bataillon d’éléphants de guerre, dont la fonction était de charger contre l’ennemi.

Tiou (ติ้ว). (Du chinois) Bâtonnets la plupart du temps en bambou, de 25 à 50 cm de long, utilisés pour marquer des points ou, si des symboles ou des chiffres sont inscrits dessus, pratiquer la divination (voyez Siamsi) ou jouer à la loterie.

Tipitakadara (ติปิฏกธร). « En Birmanie de nos jours, vivent plusieurs moines auxquels a été conféré le titre de Tipitakadara ou ‘véhicule du canon pali’ pour leur connaissance mot à mot du canon (les écritures saintes du bouddhisme théravada en langue pali), qui, dans sa version thaïe, compte plus de 22.000 pages. » (Bikkhu P. A. Payutto, Dhamma Bilingualized : ‘In Myanmar nowadays we can find living examples in several monks on whom the title Tipitakadhara ‘bearer of the Pali Canon,’ has been conferred, who are word-perfect in reciting the entire Pali Canon, which, according to the printed version in Thai script, is well over 22,000 pages in length.’)

Tjakarawonn (จักรวาล). (Sanskrit chakravala) 1 Les trois divisions de l’univers selon la foi bouddhiste, à savoir : a/ les mondes de la sensualité, b/ les mondes des Brahmas corporels, et c/ les mondes des Brahmas sans forme (incorporels). Sur ces notions, voyez Rupaprom et Arupaprom. Ces Brahmas ne sont pas les prêtres (brahmanes) mais des dieux. 2/ Une chaîne de montagnes entourant le monde comme un mur, démarcation entre la lumière et les ténèbres qui se trouvent au-delà.

Tjaturapoum (จตุรภูมิ). Les quatre niveaux de l’esprit, à savoir : a/ la réalité de ceux qui voyagent dans le kampop ou monde des sens, b/ la réalité de ceux qui voyagent dans le rupapop, c/ la réalité des voyageurs de l’arupaprop, (voir ces trois mots) et enfin d/ le Lokoutarapoum, le monde détaché du monde.

Tjinteng (จีนเต็ง). Patron chinois d’une fumerie d’opium ou d’une maison de jeu clandestine.

Tjoulamani (จุฬามณี). 1 Épingle ornementale du chignon des personnes de haut rang. 2 Nom du chignon du Bouddha. 3 Pagode bâtie par Indra dans le deuxième paradis (Daowadeung ou paradis d’Indra) pour y conserver le chignon du Bouddha.

Traï-tjiwonn (ไตรจีวร). Vêtements que le Vinaya, la partie du canon pali consacrée au monachisme et à ses règles, autorise un moine à porter, à savoir, l’antarawassok, qui couvre le bassin et les jambes, l’outarassang, la robe elle-même, et le sangkati ou châle pour les épaules et la poitrine.

Le port de ces seules trois pièces de vêtement est la deuxième observance toudong du canon pali.

Tripop (ตรีภพ), Tripoum (ครีภูมิ), ou Tripouwa (ตรีภูวะ). Les trois mondes, à savoir : le monde des sens, le monde des Brahmas corporels et le monde des Brahmas incorporels. Dans la foi populaire, les cieux (les paradis), le monde des hommes, et les enfers. Également Triloka.

Wanapa (วนัปติ). 1 Un grand arbre ; le banyan, littéralement « le roi des arbres ». 2 Un esprit de la forêt.

Wétann (เวตาล). (Du sanskrit vetala) Fantôme qui hante les cimetières. Les sages qui meurent sans avoir transmis leur savoir deviennent des fantômes de ce type.

Ya-fètt (ยาแฝด). Plat qu’une femme sert à manger à un homme afin d’en être aimée à l’exclusion de toute autre femme, préparée en accomplissant à cette fin certains rites magiques.

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La présente liste est également disponible en format PDF sur le site de la Scénariothèque, où je l’ai déposée à titre d’aide de jeux pour rôlistes (ici).