Tagged: sorcellerie

Quelques curiosités du moyen âge révélées par les mots du vieux français

Trouvées dans le Glossaire de la langue romane de Jean-Baptiste Roquefort (M DCCC VIII, 1808)

Lexique pour philosophes, poètes, historiens, linguistes, étymologistes, amateurs de reconstitutions historiques, rôlistes et curieux, complétant mon Cabinet de curiosités.

L’original est en noir, mes remarques en indigo (un commerce florissant au moyen âge).

*

A

Abace, abaco, abacon, abaque : Buffet de service, petite table carrée qui servait, dans un festin, à mettre les pots et les verres, d’abacus. Ces mots étaient aussi employés pour désigner une table sur laquelle on traçait des figures et des nombres d’arithmétique. Cette petite table ou ais, se nommait table de Pythagore ; de là vient que dans quelques auteurs anciens, abaco signifie arithmétique.

Le mot latin abacus, du grec abax, dont dérivent ces termes n’existe plus, en français, contrairement à l’anglais, que dans le sens historique de « Sorte de sceptre, long d’une toise, que portait le grand maître des templiers ». S’agissant de cette dernière définition, il n’est pas évident de comprendre comment on est passé d’un objet du type planche, tablette ou table, l’abax grec et l’abacus latin, à un objet du type bâton (sceptre).

Le mot français moderne abaque tout comme le mot anglais abacus ont acquis le sens de boulier quand ce dernier objet a été introduit en Europe depuis la Chine, supplantant les systèmes qui le précédaient, dans certains usages tels que le commerce.

Abacot : Ancien chapeau royal des rois d’Angleterre.

Le terme existe en effet en anglais, en tant que, selon le Merriam-Webster, variante du mot bycoket, qui est, selon telle autre définition en ligne, le nom du chapeau de Robin des Bois, alors même que le nom original du personnage est Robin Hood, c’est-à-dire Robin au capuchon et non Robin à l’abacot… D’autre part, le chapeau de Robin des Bois est dit par cette dernière définition correspondre au « chapeau à bec » en français, mais une troisième définition du bycoket lui donne une forme « en double couronne » (The upper part was in the form of a double crown), ce qui ne semble pas du tout correspondre au chapeau à bec, et c’est pourtant cette définition qui parle d’une coiffe des rois d’Angleterre. Bref, il existe autour de ces termes anglais une certaine confusion que je ne peux débrouiller.

Voyez la photo en fin de lexique pour l’abacot du type Robin des Bois, c’est-à-dire du chapeau à bec.

Abbéesse : Supérieure d’un couvent de religieuses. Ce mot désigne aussi une femme qui préside aux lieux de prostitution ; d’abbattissa.

C’est, en français moderne, le mot abbesse, qui semble avoir perdu le second sens ici présenté.

Accides : Nom d’un peuple, employé dans les Chroniques de S. Denis, pour désigner les sujets du vieil (sic) de la Montagne, roi des Accides ; occidentes. Hakesins, hactasis, hassassis, héissessins : Assassins ; nom de peuple, sujets du Vieux de la Montagne ; d’occidentes, selon MM. Sainte-Palaye et Meuchet. « Li Vious de la Montagne oï / Dire que li Rois erst croisiés : / Deux siens hakesins apiela, / Et deux coutiaus si leur bailla, / Et coumanda mer à passer / Por le Roi Loeys tuer. » (Philippe Mouskes, fol. 709) (Ce que je traduis par : « Le Vieux de la Montagne entendant dire que le Roi des Francs s’était croisé, il appela deux de ses Assassins et, leur tendant deux poignards, leur commanda de traverser la mer pour aller tuer Saint Louis. » Chronique rimée de Philippe Mouskes, 13e siècle)

Parmi les diverses étymologies proposées pour le nom de cette secte ismaélienne, nous avons donc celle, latine, d’occidentes, du verde occido, qui a donné le vieux verbe français « occire ».

Achrême, achroume : Vieillard qui tousse habituellement ; peut-être n’est-ce qu’une allusion au nom de Chrémès, personnage d’un vieillard de Térence.

Acorer : Arracher le cœur, les entrailles, faire mourir ; de cor.

Acoupaudir : Débaucher la femme d’un autre.

Affourcher : Se mettre à cheval sur un bâton pour aller au sabbat, comme on le supposait aux sorcières.

Alamandine, alabandine : espèce de rubis moins précieux que le rubis d’Orient, [nom] formé d’Alabande, ville de Carie dans l’Asie mineur, d’où Pline dit qu’on tirait cette espèce de rubis.

Alapite, alapiste : Farceurs qui se donnaient des soufflets pour amuser le peuple.

Altargues : Offres faites en argent, pour avoir part aux prières de l’église.

Ancon, ancone, angon : Pique dont les fantassins se servaient, on la nommait autrement francisque ; d’uncus, croc.

C’est manifestement une erreur si l’ancon est bien une pique, car la francisque est une sorte de hache ; au mot francisque, Roquefort décrit d’ailleurs celle-ci comme une hache et non comme une pique. Il est tout de même étonnant que ce que les auteurs s’accordent à décrire comme un javelot, et qui se lancait, dérive du mot « croc, crochet », étymologie qui pourrait bien faire penser davantage à une hache qu’à un trait. Une définition anglaise impute à ce javelot une « pointe barbelée » (A type of javelin with a barbed tip), ce qui semble encore peu satisfaisant, même si c’était le cas, pour rendre compte de l’étymologie ci-dessus.

Androm, androme, androne : Salle de compagnie au rez-de-chaussée, galerie, lieu d’assemblée pour des hommes ; c’est aussi une très petite ruelle entre deux maisons, dans laquelle on jette les eaux ; en Provençal et en Languedocien modernes, il signifie un cloaque, un égout, un cul-de-sac.

S’agissant de la deuxième partie de la définition, c’est sans doute une indication qu’il faut corriger un peu notre perception des villes au moyen âge si l’on perçoit celles-ci comme un lieu où chacun, faute d’égouts, jetait ses « eaux » (notamment le contenu des latrines) devant chez lui, quelle que circulation qui s’y trouvât. Une telle indifférence aux contingences extérieures semble tout de même extraordinaire, quand on y réfléchit deux secondes, et me paraît donc être davantage un préjugé envers le passé qu’autre chose. Il se pourrait en réalité que ce soient surtout les andromes, c’est-à-dire de « très petites ruelles », des interstices entre maisons, de nul passage ou presque, qui servissent à ce genre de vidange nécessaire. Peut-être la seule circulation (honnête) qu’on trouvait dans ces andromes était celle de personnes préposées à leur nettoyage. Le sens de « cul-de-sac » dont Roquefort dit qu’il est resté en Languedocien moderne semble confirmer que ces ruelles étaient peu empruntées.

Angerin : Homme de basse extraction, qui épouse une Damoiselle.

Aquereau : Machine de guerre.

Sans plus amples informations. Les différents noms de machines de guerre appelleraient un lexique à part entière. J’en cite quelques-unes, qui ne sont même pas la totalité de celles nommées dans le Roquefort (car j’en ai laissé passer) : arganette, batefou, bedondaine ou dondaine, bible, boso, briche, calabre, carcamousse, chat, chauffault, chijers, coillart ou couillard ou coullart, escorpion, espringale, fandofle, fondelle, hélépole, lance à feu, lide ou clide, macefonde, mangonneau, martinet, mouton, onagre, passavant, perdriau, perrier, ribaudequin, tortorelle ou tortue, trébuchet, triquoise, truie ou truhie, tumeriau, veuclaire ou vuglaire. Certaines semblent être de simples variétés de catapulte, si même plusieurs de ces noms ne désignent pas tout simplement la même machine.

Archegaye, arsegaye : Bâton ferré par les deux bouts que portaient les Stradiots, cavaliers Albanais, qui servaient en France sous les règnes de Charles III et de Louis XII. Commines, dans ses Mémoires, traitant de la guerre d’Italie, parle des Stradiots.

Archerot : Petit archet, épithète donnée à Cupidon.

Ariole, auriole : Devin, sorcier ; ariolus.

Arquelier, harquelier : Homme gagé par un religieux pour le mener faire la quête ; ce mot a signifié aussi un vagabond, un vaurien, un batteur de pavé.

Asseyner, assenier, assinier : Mettre des signes ou des marques sur les vêtements ; assignare. Les filles publiques de Toulouse étaient obligées de mettre des marques pour se distinguer des honnêtes femmes.

Atre, atrie : Cimetière ; d’atrium.

Auferrant : Cheval de bataille.

Une autre définition, trouvée en ligne, donne simplement « cheval » tandis qu’une autre encore évoque un « cheval de bataille d’une certaine qualité ».

Axinomancie : Sorte de divination, manière de prédire l’avenir par le moyen d’une hache ou d’une cognée, qu’on faisait rougir et qu’on posait sur une agate ; du grec άξίνη, hache, et de μαντεία, divination.

Les différentes formes de divination que j’ai relevées dans le présent lexique sont plus anciennes que le moyen âge et remontent à l’antiquité. Certaines ont pu subsister au-delà de l’antiquité, d’autres se sont sans doute éteintes avec elle.

B

Balcanifer : L’étendard et le porte-étendard des templiers.

Selon d’autres, l’étendard lui-même était appelé balcanum. Le radical latin -fer- va dans le sens d’une telle distinction.

Barbillon : Fer qu’on mettait au bout d’une flèche ou d’un dard, et qui était barbu ; de sorte qu’une fois entré en chair, on ne pouvait l’en retirer qu’en déchirant les parties environnantes.

Dans le même genre, voyez l’arme dénommée barbole, dans mon Cabinet de curiosités.

Barbute : Homme d’armes, ainsi appelé à cause de l’habillement de tête, ayant une mentonnière ; espèce de couverture dont on se garantissait la tête dans les combats ; barbuta.

Il est difficile de se faire une idée précise à partir de ces définitions. Il se pourrai, en ce qui concerne la première, que Roquefort commette un contre-sens. La barbute semble être, de l’avis plus ou moins général, un casque plus ouvert et moins couvrant que le heaume, de sorte que son nom ne viendrait pas de la mentonnière (pièce d’armure couvrant le menton) évoquée par Roquefort mais du fait contraire que la barbe naturelle de ceux qui la portent était visible (barbuta, which in Italian literally means ‘bearded’, possibly because the beard of a wearer would be visible). Mais cette définition anglaise n’est pas non catégorique (« possibly »). Quant à ce que pourrait être une « couverture » pour se garantir la tête dans les combats, j’avoue ma perplexité si ce n’est pas un casque ; il est indiqué ici et là que les barbutes pouvaient être ornées de crêtes de plumes ou couvertes de tissus peut-être plus ou moins flottants.

Becquoysel : Sorte d’arme qui ressemblait à un bec d’oiseau.

Ce ne serait pas le bec-de-corbin, sorte de marteau d’armes ou marteau de guerre, mais un « couteau en forme de bec d’oiseau », définition trouvée en ligne pour l’orthographe becoisel.

Behaignon : Bohémien, sorcier, devin.

Belin : Sorcier, enchanteur ; au figuré, un sot ; et un mouton ou bélier franc. Beliner : Tromper, attraper quelqu’un.

Il est vraisemblable que le sens figuré sot vienne du sens premier de mouton plutôt que du sens premier de sorcier, a fortiori quand beliner veut dire « tromper quelqu’un » (ce qui n’est pas à la portée d’un sot).

Bibloteur : Ouvrier en os et en ivoire.

C’est-à-dire qui travaille l’os et l’ivoire (pour ceux qui ne sont pas familiers avec le français quelque peu archaïsant de Roquefort).

Bierre (bière) : Nom générique de toutes sortes de bières, dites boires bouillis, qui étaient la goudale, le hambours, le houppes, le brisemars, la quieute, la cervoise et le haquebart. On mettait aussi au nombre des boires bouillis, la bière faite avec du jus de cerise.

Bloi : Blond, jaune, bleu et blanc. Blondir : User d’art pour paraître blond ou blanc.

Bougerie : Crime de bestialité ; de bulgaria ; d’où bougeronner, commettre le péché de sodomie.

Braon : Le gras des fesses, le derrière.

Braconage : Droit qu’avait un seigneur sur les filles de ses vassaux lorsqu’elles se mariaient.

Ce qui semble donc être un autre nom du droit de jambage ou de cuissage ou deculage. Voyez culage. Voyez également despucellement.

C

Caborde : Petite loge de pierres sans mortier, qu’on fait dans les vignes.

Cachenez : Petit masque de velours ou d’étoffe fine, que les dames portaient pour conserver leur teint.

L’orthographe moderne est bien sûr cache-nez, qui désigne aujourd’hui une écharpe. Alors que bien des mots du vieux français ont disparu de notre vocabulaire quand bien même ils y seraient encore utiles selon moi (j’en donne dans ce lexique quelques exemples : fongineux, mérétrical…), le mot cache-nez semble complètement superflu pour désigner une écharpe dont on peut se couvrir le bas du visage en cas de froid : y aurait-il des écharpes dont on ne peut pas se couvrir le bas du visage ?

Pour ce mot, comme pour gimple, peploum, touret et wiart, qui masquent le visage de la femme et sont donc des variétés de voile intégral, voyez mon essai Le voile intégral des femmes dans l’histoire de l’Occident (ici).

Cagarier, cagarieur : Visage ou grimace d’un constipé.

Je donne cette intéressante définition de Roquefort pour sa précision et son originalité, tout en pensant comme d’autres, dont au moins un linguiste ancien (Lacombe, 1766), que ces mots sont en réalité synonymes de « chieur », quelqu’un qui chie.

Cagoule : Soutane, froc de moine.

Cakehan, cakehen, caquehein, casquehein : Cabale, conspiration, projet de révolte. Le cakehan désignait le soulèvement de tous les ouvriers d’un ou de plusieurs métiers qui s’assemblaient et refusaient de travailler pour un motif quelconque.

Les esprits réactionnaires ont tort de considérer que les relations du travail étaient plus satisfaisantes à l’époque des corporations de l’ère préindustrielle : le mot caquehein leur montre que ces relations pouvaient déjà déboucher sur des piquets de grève. Curieusement, je n’ai jamais non plus trouvé ce mot dans la littérature prolétarienne. Cette dernière adopte à certains égards le même point de vue que les réactionnaires sur la condition du travailleur à l’ère préindustrielle, non, toutefois, pour préconiser un retour aux formes dépassées de l’économie mais pour souligner la violence de l’économie capitaliste industrielle. Je fais mienne l’analyse de ces auteurs prolétariens sur le caractère sans précédent de la violence des conditions de travail dans les grandes usines des premiers temps de l’ère industrielle, notamment pour les enfants.

Camelin, cameline : Sorte d’étoffe de couleur brune faite de poil de chameau. Les manufacture d’Amiens et de Cambray au XIIIe siècle, étaient fort renommées pour la fabrication de cette étoffe que portaient les gens riches.

Fréquent dans les œuvres littéraires évoquant le moyen âge, et donc relativement connu, ce terme, il convient de le souligner, atteste de l’ouverture des économies au moyen âge, puisque, tout comme les épices, le camelin ne pouvait être qu’un produit d’importation depuis les régions extra-européennes.

Canterme : Sorte de sortilège, de maléfice.

Caraie, caraude, caraux : Espèce de sortilège ; billet écrit en caractères magiques. Caraudesse : Sorcière, qui a le visage défiguré ; de cara, visage ; en Lang. carëto, un masque.

L’étymologie du visage et du masque semble indiquer qu’une sorcière est souvent identifiée par sa grimace, et que, si elle a parfois le pouvoir d’apparaître sous les traits d’une belle jeune femme, c’est en réalité un « visage défiguré ». Voyez masque plus bas. Je remarque également que le terme latin pour un masque, larva, désigne par ailleurs, au pluriel, une sorte de fantômes, les « larves » à l’apparence hideuse.

Carme : Charme, sortilège ; de carmen.

Carnon : Ancienne arme des Français.

Carvane : Association, assemblée, réunion de plusieurs personnes pour voyager, pour aller en marchandise, en pèlerinage, ou pour quelqu’autre sujet que ce soit. Mot dérivé de l’arabe, ou des langues de l’Asie. En basse latinité caravana et carvana.

Choule, choulle : Boule de bois que l’on pousse avec une crosse ; sorte de jeu de mail. Plus anciennement, on désignait par choule les jeux de ballon, de paume, et de longue paume. D’où chouleve (choulève), joueur de ballon et de paume.

Chrapoudine : Sorte de pierre précieuse, qu’on croyait se trouver dans la tête d’un vieux crapaud.

En français moderne, crapaudine. Une des nombreuses sortes de bézoards réputés magiques dans les anciens temps.

Cibole : Tête d’une massue.

Claver : Imprimer un fer rouge sur la tête d’un animal pour le préserver de la rage.

Clunagiter : Remuer les fesses.

Colre-russe : Bile noire, épanchement, dégorgement de bile ; cholera rufa.

Cette bile noire n’est autre que la mélancolie dans la théorie des humeurs d’Aristote, qui y voit « un fluide d’une essence subtile, supérieure aux quatre éléments terrestres et analogue au principe des astres, qui ont un caractère divin ; elle est de la nature de l’éther, ce cinquième élément ou quintessence d’origine céleste » (Robert Flacelière, Devins et oracles grecs, 1961)

Coninetter : Onomatopée du chant du merle, lorsque cet oiseau est en amour.

Contretenant : Champion qui, dans un tournoi, entrait en lice pour combattre celui qui était le tenant.

Conventicule : Assemblée secrète d’une partie des moines d’un couvent ; conventiculum.

Le terme désigne de nos jours une « assemblée secrète et illicite » (Littré).

Couers : Mari qui souffre et qui favorise les infidélités de sa femme.

Crochet : Sorte de boîte d’artifice que l’on tirait lors des réjouissances publiques.

Ancienneté de l’usage des feux d’artifice, connus du moyen âge depuis les voyages de Marco Polo, qui de retour de Chine fit connaître à ses compatriotes et la poudre à canon et les feux d’artifice qui s’en servent.

Crouste : Église souterraine ; de crypta.

Culage, cullage, culiage : Droit que certains seigneurs s’attribuaient, de coucher la première nuit des noces avec l’épousée ; c’était aussi le nom du présent que l’époux était obligé de faire à ses amis le premier jour des noces, pour qu’ils le laissassent coucher avec sa femme.

D

Défectif : Se dit encore dans quelques provinces en parlant d’un chat subtil et voleur.

Défourmé : Bâtard, adultérin ; et un homme laid, mal bâti ; deformis.

Despucellement : Ancien droit seigneurial.

Détranchés : Souliers d’une longueur extraordinaire, qui furent longtemps de mode, surtout dans le XIVe siècle. Plus la qualité de celui qui les portait était éminente, et plus les souliers étaient longs. Ceux d’un prince avaient deux pieds, et ceux d’un chevalier un pied et demi ; c’est sans doute de là qu’est venu le proverbe : Il est sur un grand pied dans le monde, pour dire, considéré, d’un grand état, d’une grande fortune.

Plus connus sous leur nom de souliers à la poulaine.

Discrétoire : Lieu d’assemblée des mères discrètes [religieuses qui entrent dans le conseil de la Supérieure d’une communauté] dans les couvents de femmes ; discretorium.

Le terme est tiré du sens aujourd’hui caduc de discret « qui a du discernement, du jugement ».

Dominical : Voile blanc sans lequel les femmes ne pouvaient approcher de la sainte Table ; dominicale.

Dorbus : Excréments pulvérisés.

Contexte ? Roquefort tire le mot d’un dictionnaire plus ancien (Lacombe 1776), guère plus explicite avec la définition « merde pulvérisée ».

Dorsal : Tapisserie ou autre étoffe suspendue à un mur ; de dorsalis.

Druydes, druyndes : Prêtres ou devins des anciens Gaulois ; druidæ ; du Grec drus, chêne, arbre consacré à leurs cérémonies ; leurs prophétesses s’appelaient dryades.

Très intéressant emploi du mot dryade qui désigne les nymphes des forêts et des arbres. Les dryades sont, dit-on, particulièrement associées au chêne, qui était par ailleurs l’arbre sacré des druides. Le contexte des dryades-nymphes et des druides est donc tout semblable, et il se pourrait que le mythe des dryades soit né chez les Grecs du personnage des druides.

Dusiens : Prétendus démons qu’on nommait incubes. On supposait qu’ils avaient commerce avec les femmes qu’ils conduisaient au sabbat ; de dux, conducteur, guide. S. Augustin, Cité de Dieu, liv. 15, chap. 23, les appelle dusii ; dans S. Isidore, dusius ; en bas Bret. deuz.

E

Échippe : Espèce d’estrapade, de laquelle on jetait les coupables dans une eau boueuse, d’où le bourreau ne les tirait que pour les fustiger, et les chasser ignominieusement de la ville ; de scopa.

Emplumer : Plaisanterie dont on punissait un homme surpris en état d’adultère.

Voyez le mot emplumement dans mon Cabinet de curiosités. C’est le supplice du « goudron et des plumes » qui, comme on le sait, a perduré bien au-delà du moyen âge.

Encluse : Fille dévote qui vivait dans une église où elle entretenait la propreté, parait les autels, etc.

Enfanmentère : Fantôme, esprit, lutin, revenant.

Envulter, envoulter : Faire une effigie en cire pour s’en servir à des sortilèges.

En français moderne, envoûter. Voyez le mot veu ci-dessous.

Escoillié : Eunuqe ; de colus.

Escouberette : Jeune servante qui balaie ; de scoparius.

Il semble évident que c’est de ce mot que vient notre soubrette, qui désigne une servante de comédie, et que l’étymologie de plusieurs autres, qui la répètent, comme le Robert (et le dictionnaire étymologique d’Alain Rey), à savoir que ce mot de théâtre viendrait du provençal pour « affecté, qui fait le précieux », a peu de sens. D’une part, la soubrette ne présente pas un trait stéréotypique d’affectation ou préciosité. D’autre part, elle est au bas de l’échelle sociale y compris parmi la nombreuse domesticité des intérieurs nobles ou bourgeois de l’époque, avec sa hiérarchie ; c’est là qu’elle doit se placer pour le sel de la comédie, et l’on est donc naturellement allé cherché la soubrette parmi les servantes affectées aux plus humbles tâches, comme l’escoubement à l’escoube (balai) par l’escouberette, ou scouberette, ou soubrette.

Escoufle : Cerf-volant.

Escouvettes : Grands manches à balai, avec lesquels on supposait que les sorciers ou prétendus tels allaient aux sabbats, en se mettant à cheval dessus ; de scopa.

Essoriller : Couper, arracher les oreilles, c’était le supplice auquel on condamnait les voleurs ; d’exauriculare.

Quand on ne leur coupait pas la main ou le pied.

Estrie : Fantôme, spectre, sorcière, loup-garou.

Apparemment la même chose que stryge ou strige, du Grec στρίγξ strix.

F

Fachil, fachignier, fachinier, facinier, fatilié : Sorcier, enchanteur, devin, diseur de bonne aventure ; fatidicus.

Faicturerie : Art magique, sorcellerie, sortilège ; factura. Faiturier : Sorcier, qui fait des maléfices et des sortilèges.

Le mot faiturier me semble se retrouver dans l’italien fattucchiero, masculin, rare, de fattucchiera : « donna che esercita, o si cree che eserciti, le arte magiche, compiendo malie e stregonerie ». La racine en est dans tous les cas le verbe « faire ».

Faide : Droit qu’avaient les parents ou amis d’un assassiné de venger sa mort sur son meurtrier ; en bas lat. faida.

Faisnieur : Gardien des corps morts.

Faitila, faitilia : Poison, charmes magiques, enchantements.

Falcaire : Épée en forme de faux ; falcaria.

Famulaires : Sorte de caleçons que portaient les moines.

Flambart : Feux volants ou follets, qui paraissent sur les eaux à la fin de l’automne, autrement dit le feu de S. Elme.

Forcesainte : Boucle, agrafe de ceinture, ou coffret à reliques.

Foungineux : Terrein rempli de champignons ; funginus.

Je revendique l’utilité de ce terme, sous la forme modernisée fongineux : une clairière fongineuse où viennent danser les fées sous la lune.

Fourcilles : Petites fourches patibulaires placées sur les grands chemins pour effrayer les malfaiteurs.

Franche-dogue : Terme d’injure d’un Anglais à un Français, comme chien de Français. « Franche-dogue dist un Anglois, / Vous ne faites que boire vin ; / Si faisons bien, dist li François, Mais vous buvez le lienequin, / Roux estes comme pel de mastin. » (Eust. Deschamps, fol. 224) (Ma traduction : Chien de Français, dit un Anglais, vous ne faites que boire du vin ; Certes, dit le Français, mais vous buvez de la bière et vous êtes roux comme une peau de mâtin. »)

C’est évidemment de « French dogs » qu’il s’agit.

Franchiman : Français qui habite par-delà la Loire, et qui parle naturellement bon français, sans accent désagréable.

Il me paraît curieux, surtout après la précédente entrée, de trouver cette définition toute positive, de ce qui me paraît n’être autre chose qu’un Frenchman.

Fresaude : Sorcière, enchanteresse, magicienne.

Furelique, furrelique : Petite monnaie noire.

Mes recherches sur internet montrent que Roquefort s’est contenté de reprendre cette définition à d’autres dictionnaires plus anciens, sans y rien ajouter. Je suis perplexe devant une monnaie « noire » car un métal noir n’existe pas à l’état naturel et il ne devait guère être simple d’en produire à l’époque. S’agit-il, dès lors, d’une monnaie non métallique ? Cela se pourrait car, selon d’autres sources, cette monnaie, également appelée poitevine, était de très faible valeur (et, pour cette raison, interdite en Normandie) (Revue numismatique, vol. 13, 1848)

Certaines amulettes thaïlandaises réputées particulièrement puissantes sont produites dans un alliage métallique noir aux reflets iridescents, le lek-laï.

Fusée : Sorte de bâton de défense, ainsi nommé à cause de sa forme.

À cause de sa forme en fuseau.

Fy : Espèce de lèpre, maladie des bœufs ; terme d’aversion et de mépris.

Ce terme de mépris est devenu fi, comme dans « fi donc ! », lui-même tombé en désuétude.

Fyfi (mestre) : Vidangeur, cureur de latrines.

G

Galbanoner : Terme des vitriers qui nettoient les vitres sans les déplacer.

Galonner sa barbe : Selon Borel, c’était la peigner, y mettre de petits glands au bout de chaque floquet, comme font les Dames de leurs cheveux. On faisait cela aussi avec du fil d’or, ou bien on couvrait la barbe de paillettes ou de limaille d’or ; et si on était jeune et sans barbe, on s’en mettait une fausse de fil d’or ; mais cela ne se pratiquait qu’aux enterrements des grands, pour rendre la cérémonie plus majestueuse ; car la barbe a toujours marqué vénération.

Voyez blondir. Ce dernier mot, comme la coutume ci-dessus décrite, comme le mot loriot plus bas, semblent témoigner d’une certaine attirance pour le blond au moyen âge (tendance qui semble également attestée par quelques usages de l’antiquité). Cette préférence pour le blond est évoquée dans ma série de « psychologie évolutionniste » (The Science of Sex I-VI : voyez la table des matières de ce blog), certains auteurs dans ce domaine affirmant qu’une telle préférence est biologiquement déterminée. Je suis aujourd’hui moins convaincu par leurs arguments. Selon eux, la blondeur attirerait comme un signe indubitable de jeunesse et donc de fertilité, car les personnes blondes le sont de moins en moins à mesure qu’elles avancent en âge. Or, quelle que soit la couleur des cheveux, les cheveux sont plus beaux quand la personne est jeune et saine que quand elle vieillit, et si les cheveux plus pigmentés ne se distinguent pas à travers les âges de la vie par des variations de coloris aussi prononcées que les cheveux dépigmentés, ils varient par d’autres qualités, de brillant et autre…, sans doute tout aussi perceptibles, c’est-à-dire que de beaux cheveux noirs et brillants sont tout aussi manifestement un signe de jeunesse et de fertilité que des cheveux très blonds.

S’agissant de la coutume ci-dessus, on pourrait par ailleurs l’expliquer par les origines germaniques de la noblesse et des dynasties royales au moyen âge (Francs etc.), ou encore, éventuellement, par un goût pour l’apparence de l’or, la blondeur étant ce qui rappelle le plus l’or : le goût naturel pour l’apparence des métaux précieux et des gemmes est, sur un autre registre, expliqué par Aldous Huxley dans son essai Heaven and Hell sur les expériences mystiques et psychédéliques.

Gamologie : Traité sur les noces.

Littré, qui connaît ce mot, parle de traité sur le mariage, ce qui semble plus approprié et corrige ce que peut avoir d’incongru un traité sur les noces, qui sont une cérémonie ponctuelle qui n’appellent pas forcément un traité, au-delà de quelques conseils pratiques. Un « traité sur les noces » (Roquefort), au sens moderne, peut difficilement passer pour un traité de la vie dans le mariage, ce que je suppose être un « traité sur le mariage » (Littré).

Garancie : Couleur de cerf.

Sauf à se perdre en conjectures, il ne s’agit donc pas de la même chose que la garance, plante utilisée en teinturerie et qui donne un rouge vif. Mais le brun de la peau de cerf peut aussi être un roux très intense…

Gare : Cave, souterrain.

Garelax : Loup garrou (sic).

Gargariton (dit) : Jargon des médecins.

Garou : Sorcier ; gerulphus.

Le gerulphus est le loup-garou lui-même, en bas latin.

Gaset : Jeune chat.

Gastos : Savant, sage, selon Borel ; d’où, dit-il, viennent les noms des anciens Gaulois, Wisogastus, Husegastus, Salegastus et Losogastus, qui écrivirent la loi salique.

Je n’ai pas d’informations particulières à ce sujet mais je m’étonne que des Gaulois soient auteurs de la loi des Francs. Je trouve en ligne mention de « quatre grands du royaume des Francs, Visogast, Arogast, Salegast, Windogast ».

Gelasins : Les fossettes des joues ; de gelasinus.

Genéaux, genaux : Astrologues, tireurs d’horoscopes ; de genethliaci.

Geneschier, genicier : Sorcier, enchanteur.

Généthliaque : Tireur d’horoscope, devin, astrologue ; de genethliacus, du Grec γενέθλη. Généthliologie : Espèce de divination astrologique, par laquelle on prétendait connaître par l’état du ciel, à la naissance de quelqu’un, ce qui devait lui arriver pendant le cours de sa vie ; du Grec γενεθλιαλογία.

Genoche : Sorcière, selon Borel, qui cite la loi salique. Guenoche, guenuche : Sorcière, enchanteresse.

Gessine : La cérémonie et le festin des relevailles.

Gimple, guimple : Guimpe, partie de l’habillement d’une femme, espèce de voile qui cachait le visage.

Gladiatoire (main) : Main meurtrière, terrible dans les combats.

Glager : Répandre des fleurs ou des herbes odoriférantes sur un chemin, comme on faisait dans ces derniers temps le jour de la Fête-Dieu.

Cette pratique de joncher de fleurs et de parfums le chemin des processions religieuses est encore vivace en Inde. J’en ai trouvé une trace en Amérique latine au vingtième siècle, avec le mot chagrillo : voyez mes Americanismos.

Glap, glatissement : Aboiement d’un chien.

Glop : Boiteux ; claudus.

Gnac : Coup de dents.

Gobbin : Petit bossu ; de gibbus.

Gohine : Nom fabuleux d’une princesse d’Angleterre, que le roman de Tristan de Léonois, dépeint comme une femme extrêmement méchante, et dont le nom paraît avoir formé le mot gouine, femme de mauvaise vie, de basses mœurs, femme méchante.

Gomorant : Habitant de Sodome et de Gomorrhe ; sectateur des vices qui leur étaient reprochés.

Le Liber Gomorrhianus de Pierre Damien a consacré cet usage du nom des habitants de Gomorrhe pour désigner les pratiques aujourd’hui plus connues sous le nom de leurs voisins de Sodome. Plus particulièrement, ce livre décrit comment la confession mutuelle permet aux « sectateurs » en question, membres du clergé, de s’absoudre mutuellement. Il me paraît certain que c’est à ce livre, datant du 11e siècle, qu’il faut imputer l’inscription au nombre des « délits graves », susceptibles d’excommunication, en droit canonique, de « l’absolution du complice dans un péché contre le sixième commandement de Dieu (canon 1378, § 1), c’est-à-dire en matière de chasteté » (Le Tourneau, 1988).

Gourmancien : Nécromancien, devin, astrologue.

Groules, grolles, groulles : Savates, pantoufles.

Les grolles désignent aujourd’hui tout type de chaussures en argot.

Guestiere (guestière), geneschiere (geneschière) : Sorcière.

Gyromantie (gyromancie) : Sorte de divination qui se pratiquait en tournant autour d’un cercle sur la circonférence duquel on avait marqué des lettres ou d’autres caractères significatifs.

L’ancêtre des pratiques de spiritisme, où la gyromancie est effectuée non par le mouvement des corps autour d’un cercle mais, par exemple, le mouvement d’un verre sur lequel les participants, assis autour d’une table, ont chacun posé un ou plusieurs doigts.

H

Ham, hamel, hamelet : Village, hameau bâti au milieu des champs ; de l’arabe khan, khanih.

L’un des plus célèbres personnages de la littérature occidentale, Hamlet, a donc un nom d’origine arabe.

Handuiteur : Espèce de professeur dans une académie de jeux de hasard et d’adresse, tels que dés, cartes, trictrac, boules, quilles, etc.

Haneprie : Toute espèce de hanap d’orfèvrerie ou de cuivre doré, et l’art de les faire et de les fabriquer.

Hec, heche (hèche) : Porte coupée en deux parties, dont celle d’en bas ne passe point l’estomac, porte qui clôt le bas de la baie, pour empêcher les bestiaux d’entrer dans les maisons ou en d’autres lieux.

Hellequin : Lutin, esprit follet, fée, fantômes imaginaires de chevaliers qui combattaient dans les airs.

L’Arlequin de la Commedia dell’Arte a des origines plus inquiétantes que ses tours sur scène, puisqu’il n’est autre que Hellequin, conducteur des démons de la Mesnie Hellequin, chasse sauvage ou chasse aérienne héritée du wotanisme des Scandinaves.

Voyez le tableau du peintre norvégien Peter Nicolai Arbo en bas de ce lexique.

Herbelée : Potion médicinale faite de jus d’herbes ; herbilis, herbile.

Herbeline : Brebis maigre et éclopée, qu’on fait paître à part dans de bons pâturages.

Hercotectonique : Art de l’architecture militaire.

Hiraux : Ceux qui récitaient publiquement des fables et des romans.

Hoguinelle : Troupe de mendiants.

Hottu : Courbé, voûté par l’habitude de porter la hotte.

I

Ignise : Purgation par le feu, épreuve faite par le feu ou par un fer chaud.

Issorba : Aveugler, rendre aveugle ; supplice en usage aux X et XIe siècles.

L

Lampian : Épée, flamberge dont la lame est bien luisante, bien polie.

Langoiement : Action d’examiner la langue d’un porc, pour vérifier s’il n’est point attaqué de ladrerie.

Lecticaire : Fossoyeur, porteur de corps morts ; lecticarius.

Leu-wasté : Loup-garou.

Lisme : Tribut que payaient aux nations Barbaresques les Souverains qui voulaient commercer avec elles.

Loriot : Ornement de tête, tresses de cheveux blonds.

Luiton, luthon : Esprit follet, lutin.

Pour « esprit follet », également : Folot, Foletéour.

Lumerette : Feu follet qui paraît la nuit.

M

Manies : Figures de cire dont nos pères se servaient pour les sortilèges ; manducus, ou du Grec μαντεία.

Maou-bos : Forêt dangereuse, bois rempli de brigands ; malus boscus.

Mare : Espèce de monstre.

C’est exactement le mare de la langue anglaise, qui a donné le mot nightmare, le mare de la nuit.

Marisson : Petit marais.

Marramas, mattabas : Espèce de drap d’or.

Masque : Sorcière, diseuse de bonne aventure.

Le mot est féminin et vient du latin masca, qui désigne une stryge (stria, striga) ou une lamie (lamia), sortes de monstres. Le terme masque au féminin existe encore dans le dictionnaire français : « terme familier d’injure dont on se sert quelquefois pour qualifier une jeune fille, une femme, et lui reprocher sa laideur ou sa malice ; sorcière (languedoc. masco, sorcière, du bas-latin masca) » (Grand Robert).

Maubuisson : Buisson près duquel il est dangereux de passer.

J’ignore si ce buisson est dangereux en raison de quelque magie ou pour toute autre raison.

Mauron : Rond de malheur, cercle tracé par un magicien.

Meretrical (mérétrical) : Qui appartient à une prostituée.

Dans le sens « Relatif à ou qui appartient à ». Mot du vieux français dont il n’existe pas d’équivalent en français moderne, sans qu’il y ait de raison valable à une telle disparition, qui oblige le locuteur contemporain à des périphrases, des circonlocutions alambiquées.

Mesel, meséau : Lépreux ; malheureux, infortuné. Ducange, dans ses Observations sur l’Histoire de S. Louis, dit que ladre et mesel sont synonymes et signifient lépreux ; Barbazan prétend qu’il faut en faire en la distinction (…) pour moi, je crois que la mesellerie a été, dans l’origine, une maladie différente de la ladrerie, que par suite on les a confondues, et qu’elles ont servi à désigner un mal affreux, que l’on réputait le plus dangereux de tous ; il paraît certain que les meséaux étaient traités moins sévèrement que les ladres.

Miséricorde (épée de) : Poignard très pointu, sorte d’épée fort courte qui faisait partie de l’armement des anciens chevaliers ; ces poignards étaient ainsi nommés, de ce que les chevaliers qui avaient terrassé leurs ennemis, s’en servaient pour les tuer s’ils ne criaient miséricorde. On disait aussi dague de miséricorde.

« Terrasser » est ici entendu au sens strict de faire tomber à terre. Comme le montre bien le film Excalibur (1981), un chevalier en armure qui tombe à terre est comme une tortue sur le dos. Son ennemi peut le mettre à mort en lui enfonçant une lame par les jointures de l’armure, le plus souvent au niveau de la gorge. En revanche, le film ne montre pas l’ennemi de l’adversaire terrassé changer d’arme, prendre une dague de miséricorde plus fine et plus pointue que l’épée dont il se sert pour combattre, laquelle, si elle était suffisamment longue et large, devait être difficile à employer pour ce genre de mise à mort.

Monaul, monaut : Qui n’a qu’une oreille, qui en a perdu une ; de monoculus.

Monocle : Qui n’a qu’un œil, borgne ; monoculus.

Mouard, mouarde : singe, guenon. Mounin, mounette, mounine : Singe mâle et femelle.

N

Narquin, narquois : Mendiant, voleur, coupeur de bourses, fourbe, trompeur ; l’argot, langage des gueux, langue composée de mots énigmatiques, de mots remplis de ruse et de finesse.

Néette : Eau, mare où l’on met rouir le chanvre. Nais : Rutoir pour le chanvre. Rutoir : Lieu où l’on fait rouir le lin et le chanvre.

Neule : Pâtisserie fort déliée, connue encore dans quelques provinces du Nord, sous le nom de noules, noudles, espèces d’oublies.

Les noudles font immédiatement penser au mot anglais noodles (nouilles), où des linguistes anglophones croient voir une origine hollandaise. S’agissant d’une pâtisserie fort déliée, il y a lieu de croire que c’était une sorte de pâte, de pasta en somme, donc de nouilles. Le mot qui désigne nos nouilles (à côté de celui qui désigne nos pâtes et est d’origine italienne) pourrait donc bien être la forme moderne de ces noules.

Nomance, nomancie : L’art de deviner ce qui peut arriver d’heureux ou de malheureux à une personne, en examinant les lettres de son nom de baptême ; onomancia.

Nouement de l’aiguillette : Impuissance accidentelle, espèce de maléfice qu’on attribuait aux prétendus sorciers.

O

Oblie, oublie : Sorte de pâtisserie légère et fort déliée, que nous appelons plaisirs ; en bas lat. oblia ; c’était aussi le nom d’une cérémonie qui se pratiquait dans les églises le jour de la Pentecôte, et qui consistait à jeter du haut de la nef, des étoupes enflammées.

Ottruchier, ottrucher : Homme qui élevait et dressait les oiseaux de proie, en général.

Quant à l’autruche, on l’appelait struction.

P

Pacolet (cheval de) : Cheval de bois imaginaire qui allait dans les airs, et qui se conduisait au moyen d’une cheville. Quelques poètes anciens ont donné le nom de pacolet au cheval Pégase.

Cet aéronef apparaîtrait entre autres dans le roman de chevalerie Valentin et Orson, dont la plus ancienne version remonte au 13e siècle (la version française imprimée date de 1489). Il s’agit d’un aéronef, à la manière de Jules Verne, c’est-à-dire d’une technologie imaginaire plutôt que d’un animal imaginaire, vu que Pacolet est en bois et se conduit « au moyen d’une cheville », ce qui me fait penser au manche de pilotage d’un avion.

Paléoc, paletot, paltoc : Tulipe bigarrée, et coupée par différentes couleurs. Mais à Paltoc, paltoque : La tulipe, fleur bulbeuse.

Passaire : Potion médicinale passée à la chausse.

Cette mystérieuse chausse doit être la « chausse d’Hippocrate » ou « chausse à hypocras », « utilisée en pharmacie » selon le Grand Robert, et qui était une sorte de « filtre, entonnoir en étoffe ».

Pegomancie (pégomancie) : Divination païenne qui se faisait en jetant des espèces de dés dans les fontaines ; lorsqu’ils allaient au fond, on en tirait un heureux présage ; mais quand ils s’arrêtaient à la surface, c’était mauvais signe ; pegomantia.

Peploum, peplum : Voile, coiffure de femme en usage au XIIe siècle ; elle enveloppait la tête et le menton, et remontait jusqu’au nez.

Petteur, pettour (péteur) : Nom de celui qui, à raison de l’office de la sergenterie qu’il possédait en fief, avait le droit singulier de se présenter tous les ans, le jour de Noël, devant le Roi d’Angleterre, et de faire un pet devant lui.

Piement, pieument, pigment, piment : Liqueur composée de miel, de vin, et de différentes épices ; pigmentum. Pour Pigment : également, « vin rouge, vin haut en couleur, vin rosé ». Pour Pieument et Piment : également, « mélisse, citronnelle ».

Pimpeloré (drap) : Drap qui est à feuilles de pimprenelle, autrefois pimpinelle.

L’expression « drap à feuilles de pimprenelle » n’est pas des plus explicites. Selon un autre ancien dictionnaire (le Godefroy), le mot, avec l’orthographe pinpeloré, signifie « orné de diverses couleurs » et ne renvoie pas à la primprenelle mais est une variant de pintelé, pinteloré. Selon le Dictionnaire de l’Académie française de 1839, le mot signifie « orné d’une broderie qui imite les feuilles de la pimprenelle ».

Pimpousaie, pimpousée : Femme qui fait la délicate, la précieuse.

Pitouns : Devins, sorciers.

Polincteur : Homme qui embaume les morts ; de pollinctor.

Le terme latin pollinctor est connu en anglais, où il a le sens de « undertaker; a person who prepared corpses for a funeral » ou bien « one who prepares materials for embalming the dead; a kind of undertaker ». Le sens anglais pourrait laisser penser que polincteur ne décrit pas seulement une fonction relative à l’embaumement des momies dans l’Égypte ancienne, dont les manuscrits du moyen âge pouvaient avoir à parler, mais aussi une certaine fonction funèbre au moyen âge, qui reste cependant assez floue.

Posoera : Sorcière, femme débauchée.

Poussaille, pousse : Gardes, archers, gens destinés à saisir et chasser les vagabonds et les voleurs.

Proelingant : Qui goûte le premier aux plats.

Q

Questron : Bâtard, enfant d’une prostituée.

R

Rabat : Esprit follet, lutin.

Ramassières : Sorcières, qui s’imaginaient aller au sabbat sur un ramon, ou balai.

Rancoulli : Eunuque.

Relique à pierres : Reliquaire garni de pierreries.

Renvoisons : Prières pour les biens de la terre.

Rodondon : Espèce de manteau, ainsi nommé à cause de sa rondeur.

Roffée : Gale, teigne, croûte de gale.

S

Sacards : Ceux qui, sous le prétexte d’ensevelir les pestiférés, volent leurs maisons ; gens de sac et de corde.

Sacs : Certains religieux, ainsi nommés de ce qu’ils étaient vêtus d’un habit grossier comme un sac.

Sagane : Sorcière.

Saphistrin : Saphir d’Allemagne.

Sarviciau : Garde de femme en couche.

Satyriau : Petit satyre.

Sauterai : Nom que les gens de campagne donnent à un prétendu génie familier, qu’ils croient ou supposent s’attacher à quelques chevaux d’une écurie, et en prendre un soin particulier.

Ressemble au drolle de mon Cabinet de curiosités.

Sauvage (chevalier) : Chevalier errant, inconnu.

Séjour (beste de) : Cavale ou vache qui a mis bas, et qu’il faut laisser reposer.

Sorceron : Breuvage fait par sortilège.

Sore, soré : Jaune, doré, de couleur blonde. Cette épithète a été employée pour châtain clair.

Sourclave : Fausse clef.

Pour quoi faire ?

Squenancie : Parfum de racines de jonc.

T

Tiersaige : La troisième partie des biens d’un défunt, que le curé de sa paroisse exigeait en certains lieux, pour lui donner la sépulture : ce droit fut réduit à la neuvième partie, et ensuite entièrement aboli.

Thoilette, toilette : Batiste, toile fine de lin.

Touret : Masque que les dames portaient, et qui ne cachait que le nez ; de là on le nommait touret de nez ; on l’agrandit depuis, et alors on l’appela loup. On appelait encore ainsi un petit oreiller, ou bien un petit coussin qui servait à cacher les défauts de la taille.

Tragelaphe : Animal qui tient du cerf et du bouc.

Le tragélaphe est une antilope africaine, par exemple dans Chateaubriand. Je trouve également cette définition : « Le tragélaphe est un cerf dont le tête est une tête de bouc ou une tête humaine. Il est représenté combattant avec un lion, dans la symbolique chrétienne du moyen âge. » (Meubliz, le meuble de A à Z)

Traquenard : Piège à prendre des souris et des rats.

Triaclieur, triaclier : Marchand d’orviétan qui court les places et les rues, vendeur de thériarque.

Trilingues : Nom qu’on donnait aux Marseillais, parce qu’ils parlaient trois langues, le Latin, le Grec et le Gaulois.

Troève : Essaim d’abeilles trouvé dans un bois. Aboilage, abollage : Droit qu’ont les seigneurs de prendre les abeilles qui se trouvent sur leurs dépendances. Aurilleur : Fermier qui jouit du droit d’aboilage ou d’abeille.

S’agissant de troève, l’emploi du mot « trouvé » semble indiquer que l’essaim d’abeilles devient la propriété de celui qui le trouve ; il ne s’agit pas seulement d’un essaim « rencontré » dans un bois. Les deux mots suivants servent à confirmer cette interprétation : le seigneur, ou un fermier, peut « prendre » les abeilles qu’il trouve sur son domaine.

Troiche : Bouquet de fleurs, de perles, ou de pierres précieuses.

Truiettes : Marques rouges qui sont sur les jambes de ceux qui s’approchent trop du feu.

V

Vautrier : Chasser le sanglier.

Vert-may : Branches de verdure dont on parait les rues dans les jours de processions.

J’imagine qu’on parait les rues en les jonchant de branches de verdure, et cela nous renvoie donc aux pratiques décrites par le verbe glager (voyez supra).

Veu, vœu, voult, vout : Figure de cire qui représentait celui qu’on désirait blesser ou tuer en la piquant ; de vultus.

Vulsenade : Meurtre que le mari fait à l’instant même où il surprend sa femme en adultère ; de vulnerari.

W

Wain, wayn : Spectre, fantôme.

Wairon, vairon : Loup-garou.

Wiart, wite : Voile dont les femmes se couvrent le visage.

Z

Zahorie : Vue perçante.

Le mot existe en espagnol, avec un sens de pouvoir spécial qui doit être contenu dans la définition laconique du Roquefort : zahorí, zaorí «persona a quien el vulgo atribuye la propriedad de ver lo que está oculto, especialmente veneros de agua subterránea y yacimientos minerales».

*

Sainte Hélène portant un chapeau à bec (abacot) par Agnolo Gaddi (14e siècle)

Åsgårdsreien (1872) par Peter Nicolai Arbo

Glossaire de l’occulte malais II / Logat Ghaib Melayu

Le présent travail complète le premier Glossaire de l’occulte malais publié sur ce site (voir ici). Alors que celui-ci s’intéresse aux seules apparitions et créatures surnaturelles enregistrées dans la langue malaise, le présent travail aborde un plus large éventail de phénomènes. Il n’est nullement exhaustif et a vocation à être complété.

Chaque entrée comporte en premier lieu une définition en malais, tirée du Kamus Besar Bahasa Indonesia (KBBI), dictionnaire indonésien, ou du Kamus Bahasa Melayu (KBM), dictionnaire malaisien, ou bien des deux. Quand les deux définitions ont été retenues, parce qu’elles se complètent plutôt qu’elles ne se répètent, elles sont séparées par le signe /. Lorsque j’ai pu trouver l’équivalent en écriture jawi, dans le Daftar Rumi-Jawi, je l’ai ajouté entre parenthèses à côté de chaque entrée. Les définitions sont suivies de leurs traductions en français, auxquelles j’ajoute, entre crochets [], des commentaires personnels ou des précisions. Certaines entrées sont placées ensemble, sans considération de l’ordre alphabétique, quand elles renvoient à un même phénomène ou à des réalités identiques ou semblables.

Les abréviations utilisées sont les suivantes : Ar arabe, Cn chinois, Jk Jakarta, Jw Java, Mk Minangkabau.

…………….LOGAT GHAIB MELAYU

Alawar. Ar anak setan yang tugasnya menyebabkan zina dan perbuatan mesum sehingga manusia tidak malu melakukannya.

Alawar. genre de diable dont la fonction est de provoquer l’adultère et les actes ignobles jusqu’à ce que l’homme n’éprouve plus aucune honte de sa conduite.

Asmaragama. ilmu atau seni bersanggama. Ajigineng. Jw pengetahuan mengenai teknik bersanggama.

Asmaragama. la science ou l’art de l’accouplement sexuel. Ajigineng. le savoir relatif à la technique de l’accouplement. [Le terme asmaragama est un composé de deux mots issus du sanskrit, asmara (jawi اسمارا, sanskrit स्मर smara), l’amour et en particulier, en sanskrit, l’amour sexuel, et agama (اݢام, आगम), qui veut dire religion en malais, mais désigne en sanskrit une doctrine ou un précepte traditionnel, ou encore un recueil de ces doctrines, et peut servir à désigner les Védas. Le terme asmaragama est donc un précepte traditionnel, ou un recueil de préceptes, concernant l’amour sexuel, sur le modèle du Kamasutra indien. Le terme ajigineng peut également s’écrire aji gineng, ou ajian gineng, car il s’agit également d’un composé, avec le mot aji, qui désigne un charme ou une incantation magique, en d’autres termes un savoir occulte.]

Badi (بادي). pengaruh buruk (dari orang mati, binatang yang terbunuh, pohon keramat, dsb) 2 kelakuan yang luar biasa (mirip hewan dsb) yang diperoleh pada saat dilahirkan 3 zat yang menularkan penyakit.

Badi. influence mauvaise (d’une personne décédée, d’un animal qui a été abattu, d’un arbre surnaturel, etc.). 2 comportement anormal (par exemple, semblable à celui d’un animal) adopté par un individu depuis le moment où il a été mis au monde. 3 substance pathogène.

Baureksa, Bahureksa. Jw roh penjaga dan pelindung.

Baureksa. esprit gardien protecteur, génie tutélaire. [Provient du sanskrit : bahu (बहु) et raksa (राक्ष), grand démon, ou démon puissant.]

Bidadari (بيداداري). putri atau dewi dari kayangan. 2 perempuan yang elok. Haur (هور), Hauri (هوري). Ar bidadari = hauri bidadari. Haur uljanati. bidadari surga.

Bidadari. 1 femme ou déesse du paradis. 2 belle femme. [Le terme bidadari vient du sanskrit vidhyadhari (विद्याधरी), qui désigne certaines déités féminines du paradis d’Indra. Le terme haur, ou hauri, est le nom des vierges du paradis du Coran, les houris. L’expression haur uljanati n’est autre que l’arabe pour « houri du paradis » (حور الجنة). Dans les dictionnaires indonésiens et malaisiens, l’un de ces noms, sanskrit ou arabe, sert à définir l’autre.]

Bisa Kawi. kekuatan gaib (tulah dsb) yang menimpa orang karena melanggar adat dsb.

Bisa Kawi. pouvoir surnaturel (malédiction, etc.) frappant une personne à la suite d’une transgression de la coutume.

Bomoh (بوموه). tabib yang mengubati orang sakit dengan menggunakan ubat tradisional atau cara kampung dan jampi-jampi. = Balian (بليان)

Bomoh. guérisseur qui traite les malades avec des remèdes traditionnels ou, à la manière du passé, des formules magiques.

Brata. tindakan pengendalian diri: ada tiga brata yang mesti dilakukan berkaitan dengan Syiwaratri, yaitu tidak tidur selama 36 jam, berpuasa selama 24 jam, dan tafakur memusatkan pikiran pada Syiwa. Tapa Brata. bertarak; menahan hawa nafsu, berpantang, dsb.

Brata. pratique du contrôle de soi : trois formes de brata doivent être pratiquées en liaison avec le festival de Syiwaratri, à savoir veiller pendant trente-six heures, jeûner pendant vingt-quatre heures, et méditer en concentrant ses pensées sur le dieu Shiva (Syiwa). Tapa Brata. ascèse ; maîtrise des passions, refus de céder à la tentation de l’interdit, etc. [Du sanskrit vrata (व्रत), un acte de pieuse observance ou d’austérité, comme le fait de se nourrir seulement de lait ou d’une autre sorte d’aliment unique, mais aussi un vœu solennel, notamment de se consacrer à l’étude des Védas. La définition ici donnée de tapa brata ne rend pas le caractère superlatif de cette pratique, définie dans le dictionnaire indonésien-anglais d’Echols comme « the highest form of asceticism », à savoir le sanskrit tapovrata (तपोव्रात) – une multitude d’austérités –, combinaison de tapas (तपस्), ascétisme, et de vrata.]

Buluh Perindu. 1 alat bunyi-bunyian yang menghasilkan bunyi jika ditiup, terbuat dari bambu tipis. 2 buluh yang dapat menimbulkan bunyi sedih dan sayu jika tertiup angin.

Buluh Perindu. 1 instrument de musique à vent, en bambou mince. 2 bambou rendant un son triste et mélancolique quand le vent le fait bruisser. [Ces définitions n’évoquent pas un aspect magique de ce bambou, lequel est pourtant apparent dans son nom scientifique, Bambusa magica. Echols donne la définition suivante : « Mythical kind of bamboo used to make flutes that produce melodies irresistible to women. » Selon d’autres versions, si une personne garde un morceau de l’écorce de ce bambou dans la bouche, sa voix devient irrésistible.]

Candradimuka. kawah di kayangan (dalam pewayangan).

Candradimuka. nom d’un cratère du paradis (dans les légendes). [Plus exactement, dans le théâtre wayang reprenant les récits du Mahabharata. Candradimuka est le cratère du mont Jamurdipa, d’où, selon Echols, les enfants émergent adultes.]

Cenayang (چنايڠ). dukun (pawang) yang dapat berhubungan dengan makhluk halus. Prewangan. Jw penghubung dengan dunia roh. / bomoh yang boleh menghubungi semangat = Dukun prewangan.

Cenayang. sorcier capable d’entrer en contact avec les esprits, chaman. Prewangan. chaman capable d’entrer en contact avec les esprits.

Cenduai (چندواي). guna-guna (mantra) untuk memikat hati wanita. Minyak cenduai. minyak pengasih (guna-guna) untuk memikat hati wanita. Pelet (ڤليت). getah untuk menangkap burung. 2 minyak (dari ikan duyung) untuk memikat hati orang.

Cenduai. sortilège (incantation) pour rendre une femme amoureuse. Minyak cenduai. « huile ~ », philtre d’amour, pour rendre une femme amoureuse. Pelet. 1 résine, gomme servant à attraper les oiseaux. 2 huile (tirée du lamantin, autrement connu sous le nom de dugong, d’après le malais) pour rendre une personne amoureuse.

Cindaku (چينداکو), Cendaku (چنداکو). Mk orang yang boleh menjadi harimau jadi-jadian (utk « harimau jadi-jadian » di sini).

Cindaku. tigre-garou, personne capable de se transformer en tigre magique.

Combong (چومبوڠ). Jk pisau (sikin) yang berlubang pada bilahnya (dianggap bertuah).

Combong. couteau (poignard) à lame percée (considéré comme magique).

Cuca (چوچا). mantra (jampi) untuk menawar bisa, mengobati luka, mengebalkan tubuh, dsb.

Cuca. incantation (formule magique) pour neutraliser l’effet du poison, guérir les blessures, rendre le corps invulnérable, etc.

Dajal (دجال). Ar setan yang datang ke dunia apabila kiamat sudah dekat (berupa raksasa). / makhluk yang akan muncul untuk menyesatkan manusia sebelum terjadi kiamat, tetapi akhirnya dapat dibunuh oleh Nabi Isa a.s.

Dajal. diable qui doit apparaître dans le monde à l’approche du jour du jugement dernier (et ayant l’apparence d’un démon/rakshasa). / créature qui apparaîtra avant le jour du jugement dernier dans le but de tromper les hommes, mais qui sera finalement tuée par le Prophète Jésus. [C’est l’Antéchrist, dans le contexte islamique.]

Denah (دينه), Denah Jahat (دينه جاهت). hantu yang menyebabkan kaki menjadi bengkak.

Denah. fantôme qui provoque l’enflure des jambes.

Darusalam (IN), Darussalam (MA) (دارالسلام). Ar 1 alam kesejahteraan (akhirat) 2 alam atau negeri yang aman. Cf. Darul harab. negeri yang rakyatnya belum memeluk agama Islam, lawan Darussalam (harab = perang). 3 surga ketujuh.

Darusalam. 1 monde de la félicité (dans l’au-delà). 2 contrée ou pays en sûreté, par opposition au darul harab, les pays dont les peuples n’ont pas encore embrassé l’islam (harab = guerre). 3 le septième ciel.

Gelang Bajang. gelang dari benang hitam (dipakai di tangan) untuk penangkal bencana.

Gelang Bajang. bracelet de fil noir (porté au poignet), servant d’amulette.

Geliga (ݢليݢ), Guliga (ݢوليݢ). batu yang terdapat di tubuh binatang (ular, landak, dsb) yang mempunyai khasiat untuk menawarkan bisa dsb. = mestika hewan. Kemala (کمالا), Kumala (کومالا), Gemala. batu yang indah dan bercahaya (berasal dari binatang), banyak khasiatnya dan mengandung kesaktian: kemala hikmat (کمالا هکمت).

Geliga. pierre que l’on trouve dans le corps d’animaux (serpent, porc-épic, etc.) et qui possède entre autres des vertus curatives. Kemala. belle pierre brillante (que l’on trouve dans le corps d’animaux) aux multiples propriétés et dotée de pouvoirs magiques. [C’est ce qu’on appelle un bézoard, et ces pierres étaient réputés en Occident aussi avoir des pouvoirs surnaturels. La crapaudine, par exemple, était censée se trouver dans la tête du crapaud.]

Gendam. mantra atau guna-guna yang dapat membuat orang menjadi terpesona.

Gendam. formule magique d’envoûtement.

Halimunan (هليمونن). tidak kelihatan. Orang halimunan. orang halus (siluman, orang bunian) (di sini). Doa (Ilmu) halimunan. mantra atau ilmu yang dapat menjadikan badan tidak kelihatan.

Halimunan. invisible. Orang ~. esprit (siluman, orang bunian) (voir ici). Doa (prière) / Ilmu (science) ~. science de l’invisibilité.

Hantu Jerangkung. hantu orang mati.

Hantu Jerangkung. revenant [lit. « fantôme squelette », car il a l’apparence d’un squelette humain.]

Jelangkung, Jailangkung. Cn boneka (orang-orangan, yang dilengkapi alat tulis di tangan, digunakan untuk memanggil arwah, dan jika arwah itu telah masuk ke dalam boneka tersebut diadakan tanya jawab, jawaban sang arwah diberikan melalui tulisan tangan boneka itu).

Jelangkung. figurine de forme humaine ayant un crayon à la main, employée pour invoquer les esprits des morts ; quand un esprit est entré dans la poupée, et qu’on lui pose des questions, il est dit qu’il répond à ces questions en écrivant par le biais de la figurine.

Jinjang (جينجڠ). pemimpin atau ketua (golongan, hantu, dsb). 2 dukun yang menguasai hantu. 3 badan atau orang yg kemasukan setan. 4 orang yang menemani utusan raja.

Jinjang. 1 chef (d’un groupe, de fantômes, etc.) 2 sorcier ayant le pouvoir sur les fantômes. 3 corps ou personne possédée par un diable. 4 personne accompagnant un envoyé du prince.

Julung (جولوڠ). Jw (orang yang) mempunyai nasib yang buruk sejak lahir lagi (seperti akan dibunuh dll).

Julung. personne frappée du mauvais sort depuis sa naissance (et qui, par exemple, est destinée à mourir assassinée).

Kahin (کاهين). Ar 1 ahli (tukang) sihir. 2 ahli nujum. Nujum (نجوم). Ar 1 perbintangan untuk meramalkan (mengetahui) nasib orang. 2 bintang-bintang.

Kahin. 1 magicien. 2 astrologue. Nujum. 1 divination par les astres afin de connaître le destin d’une personne. 2 les étoiles. [De l’arabe kahin (كاهن), devin, oracle, prêtre, sacrificateur. Nujum est le pluriel arabe de najm (نجوم / نجم), corps céleste, étoile, planète.]

Karang (کارڠ). Ilmu karang (علمو کارڠ). ilmu kebal. Kebal (کبل). tidak mempan senjata; tidak dapat terlukai oleh senjata. Ilmu kebal. ilmu yang membuat seseorang itu tidak luka oleh senjata tajam dan tidak dapat ditembusi peluru. Kebal penimbul. kebal kerana telah dimasukkan raksa ke dalam badan (dengan dijampi). Ilmu penimbul (علمو ڤنيمبول). ilmu yang mengebalkan orang (dengan menggosokkan raksa pada badan). Kebal simpul. kebal kerana tidak pecah tembuni ketika dilahirkan.

Karang. Ilmu karang. la science de l’invulnérabilité. Kebal. invulnérable aux armes ; qui ne peut être blessé par une arme. Ilmu kebal. science qui permet de protéger celui qui la pratique des blessures par armes blanches ainsi que des projectiles. Kebal penimbul. (personne) invulnérable en raison du fait que du mercure a été introduit par magie dans son corps. Ilmu penimbul. science de l’invulnérabilité (par l’introduction magique de mercure dans le corps). Kebal simpul. invulnérable pour être né sans avoir déchiré le placenta. [Au sujet de cette dernière définition, la chose n’est pas sans rappeler une tradition comparable en Occident, celle des enfants « nés coiffés », c’est-à-dire avec la tête couverte par la poche de liquide amniotique, et qui étaient censés connaître un grand succès dans la vie. David Copperfield, le personnage éponyme du roman de Charles Dickens, naquit coiffé (born with a caul) et son « casque » fut vendu comme talisman.]

Kebaji (کباجي). Mk guna-guna yang membuat suami istri saling berbantah sehingga bercerai.

Kebaji. sortilège par lequel une femme et son époux sont conduits à se quereller jusqu’à la séparation.

Khamzab. Ar anak setan yang bertugas mengecaukan orang yang sedang melakukan salat.

Khamzab. genre de diable dont la fonction est de distraire les gens en train de prier.

Lampor. Jw makhluk halus yang berarak.

Lampor. fantôme marchant en procession.

Maweda. upacara keagamaan di Bali yang dilakukan oleh para pedanda, yang dengan mengucapkan mantra menyebabkan Syiwa turun ke dalam tubuhnya sehingga dewa itu dapat mengubah air menjadi air suci.

Maweda. cérémonie propre à la religion balinaise, au cours de laquelle le prêtre, par des invocations, fait descendre Shiva (Syiwa) dans son corps, de façon que le dieu puisse par son entremise transformer de l’eau en eau bénite. [La religion balinaise, Agama Hindu Bali, est l’hindouisme – un hindouisme autocéphale – et l’Indonésie est ainsi, avec l’Inde et le Népal, le seul pays à posséder une communauté hindouiste séculaire.]

Miswat. Ar setan yang tugasnya menyiarkan desas-desus, fitnah, kabar angin, dan pidato dusta sehingga masyarakat kacau dan berita bohong menjadi tolok ukur.

Miswat. genre de diable dont la fonction est de répandre les rumeurs, les calomnies, les faux bruits et les discours mensongers, afin que la société soit plongée dans la confusion et que le faux passe pour le vrai.

Pakpui, Pakpue. Cn 1 ramalan tentang nasib (peruntungan), terdapat dalam kelenteng 2 tukang ramal Cina.

Pakpui. 1 divination pratiquée dans les temples chinois. 2 devin chinois.

Pancasona (ڤنچاسونا). mantra yang menyebabkan seseorang yang telah mati dapat hidup kembali.

Pancasona. formule magique par laquelle une personne décédée est rappelée à la vie.

Pangkah (ڤڠکه). tanda silang atau coretan, msl pada dahi untuk penangkal roh jahat.

Pangkah. symbole en forme de croix ou de lignes, en particulier sur le front, et servant de talisman contre les esprits malfaisants.

Pawang (ڤاوڠ). orang yang mempunyai keahlian istimewa yang berkaitan dengan ilmu gaib, seperti dukun, mualim perahu, pemburu buaya, penjinak ular. Pawang buaya. orang yang pandai menangkap atau menjinakkan buaya. Pawang gajah. orang yang pandai menangkap atau menjinakkan gajah. Pawang hujan. orang yang pandai menolak hujan. Pawang lebah. orang yang dapat menjinakkan lebah dan kebal terhadap sengatannya; orang yang ahli tentang lebah; juru cari madu.

Pawang. personne douée de connaissances spéciales liées à un savoir occulte, à l’instar d’un chaman, d’un capitaine de navire, d’un dresseur de crocodiles, d’un charmeur de serpents. Pawang buaya. personne experte dans l’art d’attraper ou de dresser les crocodiles. Pawang gajah. personne experte dans l’art d’attraper ou de dresser les éléphants. Pawang hujan. personne capable de chasser la pluie. Pawang lebah. personne capable de domestiquer les abeilles et qui est immunisée contre leur piqûre ; personne experte en matière d’abeilles ; personne habile à trouver du miel.

Pelak (ڤلق), Pilak (ڤيلق). hantu jahat (dipakai juga untuk memaki).

Pelak. esprit malfaisant (est aussi utilisé comme terme d’insulte).

Pelintuh (ڤلينتوه), Pelintoh. guna-guna (mantra) untuk melemahkan (semangat) lawan.

Pelintuh. formule magique servant à affaiblir (l’esprit de) son adversaire.

Peruang (ڤرواڠ). mantra yang menyebabkan dapat tahan lama menyelam di dalam air (dengan menjadikan ruang udara di sekeliling badan): ilmu peruang. 2 siksaan atau hukuman dengan mengikatkan si terhukum pada tiang, kemudian kepalanya disiram dengan minyak babi yang mendidih hingga terhukum meninggal dunia.

Peruang. 1 formule magique permettant de rester longtemps sous l’eau (en créant une bulle d’air tout autour du corps). 2 [Dans un autre registre] châtiment par lequel le condamné est attaché à un poteau et sa tête aspergée de saindoux bouillant jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Pestaka (ڤستاک). kitab primbon (yang berisi ramalan, mantra, dsb) 2 pengaruh baik atau buruk (yang ada pada suatu benda dsb): pestaka keris. Pustaka (ڤوستاک). kitab; buku 2 buku primbon.

Pestaka. 1 grimoire magique (comportant des recueils de prédictions, des formules magiques, etc.) 2 influence surnaturelle bonne ou mauvaise (attachée, par exemple, à un objet, comme un kriss). Pustaka. 1 livre. 2 grimoire magique. [Du sanskrit pustaka (पुस्तक), livre.]

Primbon (ڤريمبون). kitab yang berisikan ramalan (perhitungan hari baik, hari nahas, dsb); buku yang menghimpun berbagai pengetahuan kejawaan, berisi rumus ilmu gaib (rajah, mantra, doa, tafsir mimpi); sistem bilangan yang pelik untuk menghitung hari mujur untuk mengadakan selamatan, mendirikan rumah, memulai perjalanan dan mengurus segala macam kegiatan yang penting, baik bagi perorangan maupun masyarakat.

Primbon. recueil de prédictions (permettant notamment d’établir les jours fastes et néfastes) ; livre réunissant diverses connaissances occultes javanaises (diagrammes, prières, incantations, interprétation des rêves) ; système numérique compliqué permettant de calculer les jour propices pour faire des offrandes, construire une maison, entamer un voyage et arranger toutes sortes d’affaires importantes pour l’individu ou la société.

Pripih (ڤريڤيه). Jw sejenis azimat (tangkal).

Pripih. sorte de talisman javanais (de protection).

Pukau (ڤوکاو). tepung (dari biji kecubung dsb) yang dipakai untuk memabukkan atau menyebabkan orang tidur nyenyak (dipakai oleh pencuri). 2 jampi yang dapat membuat orang lupa atau tidak sedar akan keadaan yang sebenarnya. Sirep (سيرڤ). mantra untuk membuat orang tertidur.

Pukau. 1 poudre produite à partir de graines de datura (Datura fastuosa) et utilisée par les voleurs pour faire perdre à quelqu’un ses esprits ou le plonger dans un sommeil profond. 2 formule magique visant à faire perdre à quelqu’un la mémoire ou bien à altérer son état de conscience. Sirep. incantation visant à plonger une personne dans le sommeil.

Rajah (راجه). suratan (gambaran, tanda, dsb) yang dipakai sebagai azimat (untuk penolak penyakit dsb). 2 garis pada tapak tangan. 3 coreng-coreng (cacahan) pada tubuh yang dibuat dengan barang tajam; tato.

Rajah. 1 dessin (image, symbole) employé comme talisman (par exemple pour prévenir les maladies). 2 lignes de la main. 3 tatouage.

Raksasa (رقساس). makhluk yang menyerupai manusia, konon berbadan tinggi besar; gergasi (ݢرݢاسي); buta/bota (بوتا). a besar sekali (melebihi ukuran biasa). Laba-laba raksasa: tarantula.

Raksasa. 1 créature ayant forme humaine, mais de plus grande taille ; ogre (rakshasa). 2 adj de grande taille (dépassant la mesure ordinaire) : araignée rakshasa, mygale. [Du sanskrit raksasa (राक्षस), démon.]

Rejang (رجڠ). perhitungan baik buruk untuk tiap hari bulan, biasanya dilambangkan dengan binatang (seperti tanggal 1 dilambangkan dengan kuda, 2 hari bulan oleh kijang, 3 hari bulan oleh harimau, dll); perhitungan nujum. Candrasengkala, Candrasangkala. Jw rumusan tahun dengan kata-kata, yang setiap kata melambangkan angka, dibaca dari depan dan ditafsirkan dari belakang; kronogram Jawa yang memakai sistem perhitungan bulan.

Rejang. calcul des jours fastes et néfastes pour chaque jour du mois, recourant en général à un symbolisme animalier (le premier jour est symbolisé par le cheval, le deuxième par le muntjac de Java, Muntiakus muntjak, le troisième par le tigre, etc.) ; calcul astrologique. Candrasengkala. Mise de l’année en formules par des mots dont chacun symbolise un chiffre, qui se lisent dans le sens normal de la lecture et s’interprètent dans l’autre sens ; chronogramme javanais servant de système de calcul astrologique.

Sambang (سامبڠ). beberapa macam penyakit yang kononnya disebabkan oleh sesuatu kuasa ghaib.

Sambang. diverses sortes de maladies prétendument causées par des forces surnaturelles.

Santung (سانتوڠ), Sentung (سنتوڠ). Mk erat, rapat. Santung/Sentung Pelalai. guna-guna yang menyebabkan gadis tidak dapat menemukan jodoh atau tidak mau menika. Pelalai (ڤلالاي). jampi atau ubat untuk melalaikan atau untuk melekakan.

Santung Pelalai. sortilège par lequel une femme est empêchée de trouver l’âme sœur ou de se marier. Pelalai. formule magique ou substance rendant distrait ou bien complètement absorbé, passionné.

Semberani (سمبراني), Sembrani. Kuda semberani. kuda yang bersayap (dapat terbang). Beraksa (برقسا). kuda yang dapat terbang; kuda semberani (dalam cerita): kuda beraksa.

Semberani. Cheval ailé.

Sijundai (سيجونداي). Mk sihir untuk membuat orang menjadi gila (orang yang kena sihir itu beryanyi-nyanyi).

Sijundai. sortilège pour rendre une personne folle (la victime se met à chanter à tue-tête).

Suluk (سلوک). Ar jalan mencapai kesempurnaan batin (dengan mengasingkan diri, beramal ibadat dan berzikir): ahlul suluk, ahlulsuluk. Ilmu suluk. Ilmu tasawuf (تصوف).

Suluk. la voie de la perfection spirituelle (par la réclusion, la prière, la pratique religieuse, la litanie mystique) : ahlulsuluk, les gens suivant cette voie, les mystiques.

Susuk (سوسوق). jarum emas, intan, dsb yang dimasukkan ke dalam kulit, bibir, dahi, dsb disertai mantra agar tampak menjadi cantik, menarik, manis, dsb.

Susuk. aiguille d’or, de diamant ou d’une autre matière, introduite dans la peau, les lèvres, le front ou ailleurs, avec accompagnement de formules magiques, afin de rendre la femme plus belle et désirable.

Tapa Sungsang. bertapa di atas pohon dengan kaki di atas dan kepala di bawah untuk memperoleh tingkat spiritual tertentu.

Tapa Sungsang. forme d’ascèse par laquelle la personne se suspend à un arbre les pieds en haut la tête en bas, afin de parvenir à un certain degré spirituel.

Teluh. ilmu hitam untuk mencelakakan orang lain.

Teluh. magie noire visant à causer le malheur d’autrui.

Tenung (تنوڠ). kepandaian untuk mengetahui (meramalkan) sesuatu yang gaib (seperti meramalkan nasib, mencari orang hilang). 2 (= teluh) ilmu hitam untuk mencelakakan orang lain.

Tenung. 1 habileté dans les voies de la connaissance occulte (par exemple pour prédire le destin, retrouver les personnes perdues, etc.) 2 (= teluh) magie noire visant à causer le malheur d’autrui.

Tinggam (تيڠݢم). Mk guna-guna untuk membuat sakit (bengkak-bengkak dsb) dengan menusuk-nusukkan duri ekor ikan pari pada gambar orang.

Tinggam. pratique magique en vue de rendre autrui malade (enflures, etc.) au moyen d’une arête de raie piquée et repiquée dans une image de la personne visée.

Tuju (توجو). mantera (jampi, sihir dll) untuk membuat orang supaya sakit atau mati.

Tuju. pratique magique en vue de rendre une personne malade ou de la tuer.

Tulah (توله). kemalangan yang disebabkan oleh kutuk, karena perbuatan yang kurang baik terhadap orang tua (orang suci dsb), atau karena perbuatan melanggar larangan. = Kualat (کوالت), Walat

Tulah. malheur et malédiction que l’individu appelle sur lui à cause du manque de respect envers un ancien (un saint homme, etc.), ou bien de la transgression d’un interdit.

Wangsit. pesan (amanat) gaib.

Wangsit. message (ordre) surnaturel.

Wasitah (واسطه). Ar 1 wasit perempuan 2 perempuan yang dapat berhubungan dengan orang halus. 3 perantara (dalam perkawinan dsb).

Wasitah. 1 femme arbitre. 2 femme capable d’entrer en contact avec les esprits. 3 intermédiaire (par exemple pour un mariage).

    Masjid Kristal (Kuala Terengganu)

                 Masjid Kristal (Kuala Terengganu)

Octobre 2015