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Americanismos 6: Bantuismos

Afin de compléter notre lexique d’Americanismos (I-V) (rendez vous en Table des matières, Onomasticon [x], pour consulter les travaux précédents), nous avons eu recours au Diccionario de bantuismos en el español de América (SIAL Ediciones/Casa de África, Madrid, 2013) de la chercheuse cubaine Gema Valdés Acosta. Nous avons recueilli dans ce dictionnaire de « bantouismes », c’est-à-dire de mots d’origine bantoue, un certain nombre de termes nous paraissant intéressants pour la connaissance de la culture latino-américaine. Les définitions ont été traduites en français.

Beaucoup de termes retenus ont un rapport avec la religion afrocubaine, en particulier avec le palo monte d’origine bantoue, tandis que l’autre religion afrocubaine majeure, la santería, est quant à elle d’origine yoruba. (Le vaudou haïtien quant à lui est originaire de l’ancien royaume du Dahomey, aujourd’hui Bénin –pays où a d’ailleurs été instituée une Journée nationale du Vodoun, le 10 janvier– et Togo, dont la capitale Lomé comporte un célèbre marché des féticheurs.)

Il est important de souligner d’emblée que les mots d’origine bantoue ne sont qu’une partie des mots d’origine africaine dans la langue espagnole d’Amérique. Un titre tel que Americanismos 6 : Bantuismos, peut d’ailleurs paraître équivoque dans la mesure où l’on semble ainsi donner aux mêmes mots une origine à la fois américaine et africaine ; or il s’agit de voir que ces bantouismes ont été introduits dans l’usage de la langue espagnole via les populations africaines d’Amérique, et que ce sont donc à proprement parler des américanismes d’origine africaine (et bantoue). C’est bien ainsi que l’entend Francisco Santamaría dont l’important Diccionario de americanismos est l’origine du présent travail.

Les américanismes d’origine bantoue déjà référencés sur ce blog sont : Bilongo (Americanismos III) et Calimba (II). Les autres africanismes, d’origine non bantoue, déjà référencés sont : Babul (Americanismos III), Baní (III), Calungo (I) (selon G. Valdés Acosta, l’étymologie de calungo est différente de celle du terme calunga ici repris, mais selon Santamaría le terme calungo est bien un africanisme, sans qu’il précise son origine exacte), Mandinga (III), Ñáñigo (I) (et tout le vocabulaire propre à cette société secrète afrocubaine), Yolof (III).

Sauf indication contraire, les présents américanismes sont propres à l’espagnol de Cuba ; dans la mesure où une grande partie de ce vocabulaire dérive du palo monte, dans le contexte duquel il est au premier chef employé, il est évident que ce même vocabulaire doit se retrouver dans toutes les communautés hispanophones de cette religion, en particulier dans l’ensemble des Caraïbes. Les principales exceptions à l’origine cubaine concernent la culture afrocolombienne.

Le Brésil étant un autre pays fortement marqué par le développement endogène d’une culture afroaméricaine, j’ai cherché si les termes retenus existaient en portugais (du Brésil). Les résultats de ces recherches dans le dictionnaire Michaelis en ligne ont été ajoutés aux définitions et traduites (ces définitions sont indiquées par la mention BR). Enfin, lorsque le terme est référencé par le Dictionnaire de l’Académie royale espagnole –et c’est à vrai dire l’exception plutôt que la règle–, j’ai de même ajouté cette définition et l’ai traduite (elles sont marquées par les initiales DLE, pour Diccionario de la lengua española).

Les principales abréviations sont : m. substantif masculin, f. substantif féminin, s. substantif, vt. verbe transitif, et Col. Colombie. Mes remarques sont entre crochets [ ].

En ce qui concerne l’étymologie des termes, que nous avons reprise chaque fois qu’elle nous semblait présenter un intérêt particulier, Valdés Acosta recourt principalement au Dictionnaire kikongo-français (1936) du missionnaire luthérien suédois Karl Laman (Karl Edvard Laman), et au Dictionnaire kikongo et kituba-français (1973) du père jésuite Pierre Swartenbroeckx. Ces deux références sont respectivement marquées dans le présent glossaire par les initiales KL et PS. (Le recours au français pour ces dictionnaires s’explique par la colonisation française et belge de la plus grande partie des régions d’Afrique peuplées par les Bantous.)

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Ambilar (vt). Col. Técnica de pesquería consistente en deslumbrar con una tea (ambil) a los peces que duermen en la orilla.

Technique de pêche consistant à éblouir avec une torche (un ambil) les poissons qui dorment au bord de la rive.

Bombofinda (m). Elefante. KL bombokoto, bomboló, grandeza, de gran tamaño; mfinda, monte, bosque. Empacasa (m). relig. Elefante. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica mpakasa.)

Éléphant. L’étymologie en est : « grandeur », ou « de grande taille », et « forêt », servant, donc, à désigner le grand habitant des forêts du Congo. Empacasa. Éléphant (dans le contexte religieux du palo monte). (Les pratiquants cubains préfèrent la forme orthographique mpakasa.) [C’est-à-dire une forme moins castillanisée du mot. Cette remarque se répète pour nombre d’entrées de ce lexique mais ne sera pas traduite pour les entrées suivantes.]

Bularia (f). Col. Bruja joven que vuela.

Jeune sorcière capable de voler dans les airs.

Calunga (f). 1 Mar, océano ; Mama Calunga, nombre de una divinidad conga del mar. 2 Col. muñeca negra.

Mère, océan ; Mama Calunga, nom d’une divinité kongo de la mer. 2 Poupée de couleur noire.

Calunga (f) Entidade espiritual que, nos cultos e entre a população de origem banta, representa a força da natureza, especialmente o mar, a morte ou o inferno. 2 Qualquer uma das divindades secundárias dos cultos de origem banta que, nos cultos de umbanda popular, representa um dos elementos integrantes da linha de Iemanjá, associada ao mar e à água. 3 Imagem de uma dessas divindades. 4 Cada um dos bonecos usados no maracatu, representando Dom Henrique e Dona Clara e que são carregados pelas dançantes enquanto arrecadam dinheiro do público. (BR)

Entité spirituelle qui, dans les cultes et parmi les populations d’origine bantoue, représente la force de la nature, et notamment la mer, la mort ou l’enfer. 2 L’une ou l’autre des divinités secondaires des cultes d’origine bantoue, qui, dans les croyances populaires de l’umbanda [religion afrobrésilienne d’origine bantoue], appartiennent à la lignée de Iemanja [déesse des eaux et mère des dieux], associée à la mer et à l’eau. 3 Image d’une de ces divinités. 4 Chacune des poupées utilisées dans le Maracatu [certaine procession dansée de la religion afrobrésilienne], Don Henrique et Dona Clara, et portées par les danseurs quand ils font la quête auprès du public. [Il ne semble pas que ces figures soient toujours Don Henrique et Dona Clara, puisque par exemple la calunga de Recife sculptée en 1909 s’appelle Dona Joventina. Il se pourrait par ailleurs que cette forme d’expression culturelle afrobrésilienne se confonde avec d’autres, telles que les congadas –à titre de (mauvaise) traduction : « congolaiseries »–, qui mettent en scène des personnages plus ou moins légendaires du passé africain, comme le roi Cariongo (ou Henrique) et la reine Ginga (ou Clara ?) (dont le modèle est clairement Njinga o Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba, dans l’actuel Angola, de 1626 à 1663, qui donna du fil à retordre aux Portugais), personnages parfois incarnés également dans les maracatu (voyez Lubolo).]

Calunga Dona Joventina du Maracatu Nação Estrela Brilhante de Recife, ici exposée au Museum do Homem do Nordeste. Source: leiaja.com

Chamalongo (m). Nombre de una deidad conga. 2 Sistema adivinatorio del Palo Monte. 3 Cementerio. ([Entre las posibles etimologías] PS longo, rito de circuncisión o de iniciación en sectas secretas.)

Nom d’une divinité kongo. 2 Système de divination du palo monte. 3 Cimetière. Parmi les possible étymologies rapportées par G. Valdés Acosta : rite de circoncision ou d’initiation des sociétés secrètes.

Chimbumbe (m). Col. Diablo. 2 Ser mitológico local.

Diable. 2 Créture légendaire locale.

Empanda (f). Brujería muy mala. KL vanda mpandu, practicar la magia, la necromancia. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica mpanda.)

Sorcellerie hautement maléfique. Étym. Pratiquer la magie, la nécromancie.

Embanda (f). Guia espiritual ou assessor religioso da umbanda. (BR)

Guide spirituel ou diacre de l’umbanda. [Je place les deux termes ensemble en raison de leur similitude, qui pourrait indiquer une origine commune, bien que leurs sens, tout en relevant d’un contexte a priori commun, ne se confondent pas.]

Encuyo (m). Receptáculo o ‘prenda’ de pequeño tamaño con poderes mágicos usado en la religión Palo Monte. KL nkuyu, espíritu del muerto. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica nkuyo.)

Réceptacle de petite taille possédant des pouvoirs magiques et employé dans le palo monte. Étym. L’esprit d’un mort. [Voyez Enganga, le « chaudron », pour le « réceptacle » de plus grande taille qui représente le véritable instrument mystique du palo monte.]

Endimbo (m). relig. Mezcla que contiene jabón de lavar, dulce de guayaba y cenizas. Esta mezcla se aplica sobre el tambor mayor para dar mayor sonoridad. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ndimbo.)

Mélange de savon, compote de goyave et cendres que l’on applique sur le tambour principal des cérémonies du palo monte afin de lui conférer une plus grande sonorité.

Endongo (m). Brujo del sistema religioso del Palo Monte. KL ndongo, gran jefe. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ndongo.)

Sorcier dans le palo monte. Étym. grand chef.

Endoqui (m). Espíritu de persona fallecida. 2 Brujo. 3 Diablo, demonio, espíritu maligno. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ndoki.)

Esprit d’une personne défunte. 2 Sorcier. 3 Diable, démon, esprit maléfique.

Enfula (f). Pólvora, generalmente utilizada con fines mágicos. KL mfula, pólvora, polvos mágicos. (Los creyentes cubanos prefieren las formas ortográficas mfula y nfula.)

Poudre généralement utilisée à des fins magiques. Étym. Poudre, poussières magiques.

Enfumbi (m). Muerto. 2 Espíritu. 3 Médium en el sistema religioso del Palo Monte. (Los creyentes cubanos prefieren las formas ortográficas mfumbi y nfumbi.)

Un mort. 2 Esprit. 3 Médium dans le palo monte.

Vumbe (m). Morto ou o espírito de pessoa morta. Tirar a mão de vumbe, realizar cerimônia religiosa para que o espírito da felicidade se desprenda das coisas materiais e encontre seu caminho para o mundo espiritual. (BR)

Un mort ou l’esprit d’une personne morte. « Prendre la main du ~ », conduire une cérémonie religieuse pour que l’esprit de la félicité [?] se détache des choses matérielles et trouve son chemin vers le monde spirituel.

Enganga (f). Receptáculo donde se concentran las fuerzas mágicas de las creencias del Palo Monte, también llamada ‘caldero’ y ‘prenda’. Tata Enganga (m), persona de alta jerarquía que ejerce la religión palera. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica nganga.)

Réceptacle où sont concentrées les forces magiques dans les croyances du palo monte, également appelé « chaudron » ou « gage ». Tata Enganga, personnage haut placé dans la hiérarchie du palo monte.

Nganga (enganga) de palo monte. Source: Pinterest.

Ganga (m). Sacerdote gentio no Congo. 2 Em Angola, feiticeiro que, segundo a crença local, é capaz de adivinhar e nomear o responsável por um assassinato. 3 Termo que, no Brasil, os escravos usavam como equivalente a senhor. (BR)

Prêtre païen du Congo. 2 En Angola, sorcier qui, selon les croyances locales, est capable de deviner et nommer le responsable d’un crime. 3 Terme que les esclaves du Brésil utilisaient comme un équivalent de « monsieur ».

Engombe (m). Ganado vacuno. 2 Médium de los espíritus en el sistema religiose del Palo Monte. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ngombe.) Engombo (m). Brujo adivino. 2 Médium de los espíritus en el sistema religioso del Palo Monte. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ngombo.)

Animal bovin. 2 Médium des esprits dans le palo monte. Engombo. Devin. 2 Médium des esprits dans le palo monte.

Enquisi (f). Brujería, generalmente sobre pequeña escultura humana; hechizo. 2 Suelo, tierra. Tata Enquisi, sacerdote del Palo Monte de menor jerarquía. KL nkisi, fetiche, sortilegio, encantamiento, fuerza mágica, delirio causado por brujería (kikóongo). (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica nkisi.)

Sorcellerie, en général pratiquée sur une statuette de forme humaine ; sortilège. 2 Sol, terre. Tata Enquisi, prêtre mineur dans le palo monte. Étym. Fétiche, sortilège, enchantement, force magique, délire causé par un sortilège (langue kikongo).

Ensembe (m). Paño que se utiliza para cargar en la espalda a los niños mientras la madre trabaja, cargador.

Bande d’étoffe servant à porter les enfants sur le dos pendant que la mère travaille.

Ensó (m). Casa. Muna ensó, pequeño cuarto donde se realizan las ofrendas ceremonias rituales en la religión Palo Monte, lit. ‘hacia la casa’. Ensó fua, cementerio, lit. ‘casa del muerto’. (Los creyentes cubanos prefieren las formas ortográficas nso y nzo.) Entoto (m). Tierra. 2 Cementerio.

Muna ensó, petite salle où sont pratiquées les offrandes, dans la religion du palo monte, littéralement « vers la maison ». Ensó fua, cimetière, litt. « maison du mort ». Entoto. Terre. 2 Cimetière.

Lombe (f). Mujer bonita. KL nlombé, marca de distinción de las mujeres del rey Nsundi.

Belle femme. Étym. Marque de distinction des femmes du roi Sundi. [Les Sundi sont un peuple bantou d’Afrique centrale.]

Lombanfula (m). Expresión religiosa de origen bantú que utiliza el agua en sus ritos, se diferencia del Palo Monte en que no tiene en su religión la enganga. Sus últimos creyentes se localizan en la región central de Cuba (Placetas, Sagua la Grande y Remedios). KL lomba, demandar, preguntar a un oráculo, interrogar; mfula, pólvora mágica.

Forme religieuse d’origine bantoue qui utilise l’eau dans ses rites et se différencie du palo monte en que sa religion ne possède pas d’enganga (voyez ce mot). Ses derniers fidèles se trouvent dans la région centrale de Cuba (Placetas, Sagua la Grande et Remedios). [Cette allusion aux « derniers fidèles » semble indiquer un déclin.]

Lubolo (m). Cuba, Arg., Ur. Denominación de grupe étnico de origen bantú. 2 Ur. Blancos pintados de negros en el carnaval de Montevideo.

Nom d’un groupe ethnique d’origine bantoue (Cuba, Argentine et Uruguay). 2 En Uruguay, nom donné à des Blancs peints en noir lors du carnaval de Montevideo.

DLE (adj.) Ur. Perteneciente o relativo a una agrupación de carnaval compuesta por personas de raza negra y por personas de raza blanca pintadas de negro, que actúan al compás de tamboriles. (m y f) Integrante de una agrupación lubola.

(adj.) Relatif à un ensemble carnavalesque composé par des personnes de race noire et par des personnes de race blanche peintes en noir, défilant au son de tambourins. (m/f) Membre d’un tel ensemble.

[Le fait de se peindre le visage en noir se retrouve également dans le maracatu cearense, de la province de Ceará au Brésil, où il a peut-être à voir avec le fait que les calungas (voyez ce mot) ou poupées tutélaires de ces processions, sont noires. Les Brésiliens insistent sur le fait que ce maquillage, le negrume, n’a pas les connotations du blackface (blackface minstrelsy) aux États-Unis.]

Blackface Queen, Maracatu Cearense. Source: GGN

Maracuta Vozes da África. Source: Diário do Nordeste.

Lucancasi (m). Diablo. KL nkasi, crueldad; nluka, centro donde brotan las innombrables fuerzas de Dios en todas direcciones.

Diable. Étym. « Cruauté », et le centre d’où jaillissent les innombrables charismes de Dieu dans toutes les directions.

Macatú (m). Col. Danza dedicada a Calunga. KL maka, ver un espíritu, espectro, cosa maravillosa.

Danse dédiée à Calunga. Étym. Voir un esprit, un spectre ou une chose surnaturelle. [Cette danse semble donc liée à l’origine à des phénomènes visionnaires.]

Macuto (m). 1 relig. Pequeña bolsa con poderes mágicos. 2 Bolsa, bulto, paquete pesado.

Petite bourse aux pouvoirs magiques. 2 Bourse, ballot.

DLE (m). Mochila, especialmente la del soldado.

Sac, en particulier celui du soldat (havresac).

Macuta, Macuca (f). Antiga moeda de cobre que circulava entre os nativos de Angola. (BR)

Ancienne monnaie de cuivre en circulation chez les peuples natifs d’Angola. [J’ignore si l’étymologie est commune entre le terme espagnol et ce terme brasilo-portugais ressemblant. Je note toutefois une parenté conceptuelle entre la monnaie (le contenu) et une bourse (le contenant). L’existence d’une ancienne monnaie métallique, d’origine apparemment locale, en Afrique subsaharienne attire par ailleurs mon attention.]

Mambo (m). 1 Palabra, discurso ritual. 2 Canto o frase rítmica que en los ritos del Palo Monte se vincula a las transes. 3 Género bailable de mediados del siglo XX de origen cubano que contiene partes cantadas. (Valdés Bernal opina, siguiendo a Dalgish, que procede del vocablo yoruba mambo, ‘hablar’.)

Parole, discours rituel. 2 Chant ou phrase rythmique associée à la transe dans le palo monte. 3 Musique du milieu du vingtième siècle d’origine cubaine, avec des parties chantées ; danse accompagnée par cette musique. [Le mambo, comme genre musical et comme danse, est évidemment bien connu puisqu’il a été popularisé internationalement par des disques ainsi que des films de grande diffusion ; l’origine de son nom l’est beaucoup moins.]

Maranguango (m). Col. Mezcla de líquidos para un maleficio; veneno. KL malangua, lugar donde se guardan las botellas del malafo (vino de palma).

Mélange de liquides servant à un maléfice ; poison. Étym. Lieu où sont gardées les bouteilles de vin de palme.

Maso (m). Persona que tiene un santo o espíritu en su cabeza. PS mazowa, iniciación religiosa.

Personne possédant un saint ou un esprit dans la tête. Étym. Initiation religieuse. [Les religions autochtones d’Afrique subsaharienne ont une forte composante initiatique.]

Matari (f). Piedra. 2 Piedra con poderes mágicos de los rituales congos en Cuba.

Pierre. 2 Pierre dotée de pouvoirs magiques, dans les rituels kongo à Cuba.

Mayombe (m). Sacerdote con jerarquía y vastos conocimientos del sistema religioso Palo Monte. Palo Mayombe, variante del Palo Monte que trabaja el mal. 2 Tercer momento de consagración a Ensambi. 3 Denominación étnica de esclavos de origen bantú. KL mayombe, jefe supremo, príncipe, gobernador, título honorífico.

Grand prêtre, aux connaissances étendues, dans le palo monte. Palo mayombe, variante du palo monte dédiée à la magie noire. [La distinction ne semble pas toujours faite de cette manière entre le palo monte et le palo mayombe ; par exemple, la page Wikipédia française donne les deux appellations comme synonymes.] 2 Troisième moment de la consécration à Ensambi [Dieu]. 3 Nom ethnique d’esclaves d’origine bantoue. Étym. Chef suprême, prince, gouverneur, titre honorifique.

DLE (m). Culto afrocubano de origen bantú.

Culte afrocubain d’origine bantoue.

Mayumba (). Fetiche contra la locura. KL ma-yumba, enquisi que causa la tristeza, la locura.

Fétiche contre la folie. Étym. Fétiche cause de tristesse, de folie.

Quini-quini (m). Talla de madera con poderes mágicos. KL kiini, talla en forma humana de los espíritus, hecha para actos rituales. PS kini, talla de ídolo del espíritu de los muertos.

Statue de bois taillé dotée de pouvoirs magiques. Étym. (selon Laman) statue taillée en forme humaine représentant les esprits, sculptée en vue des actes rituels ; (selon Swartenbroeckx) idole de l’esprit des morts.

Quiñumba (m). Brujo; brujería. 2 Muerto; fantasma. 3 Cabeza; calavera. 4 Variante para hacer el mal en los sistemas religiosos de origen bantú en Cuba. KL quinyumba, espíritu, fantasma, malos espíritus, espíritu de un muerto.

Sorcier ; sorcellerie. 2 Un mort ; un fantôme. 3 Tête ; crâne. 4 Variante consacrée à la magie noire dans les systèmes religieux d’origine bantoue à Cuba. Étym. Esprit, fantôme, mauvais esprits, esprit d’un mort.

Quimbanda (m). Sacerdote do culto angola-congo, ao mesmo tempo com função de curandeiro. (f) Linha da umbanda, denominada popularmente umbanda de linha negra, por incluir em suas práticas o culto aos exus e supostos malefícios encomendados a pessoas, animais e objetos. 2 Por ext. o conjunto das práticas e rituais desse culto. (BR)

Quimbanda. (m) Prêtre du culte angolano-congolais, qui exerce en même temps une activité de guérisseur. (f) Branche de l’umbanda, dénommée populairement umbanda du versant noir en raison du fait qu’elle inclut dans ses pratiques le culte aux exu (intercesseurs) et de supposés maléfices envers personnes, animaux et objets. 2 Par extension, l’ensemble des pratiques et rituels de ce culte.

Yimbi (s). Iniciado en el sistema religioso de Palo Monte. KL nkimba, sociedad secreta, persona iniciada en sus misterios.

Personne initiée au système religieux du palo monte. Étym. Société secrète, personne initiée à ses mystères.

Yimbibula (f). Fiesta religiosa.

Fête religieuse.

Americanismos V: Guaraní

Nous poursuivons notre onomasticon d’americanismos en langue espagnole par la présente série tirée du Gran Diccionario de lengua guaraní (1987) du philologue paraguayen Máximo Ricardo Dacunda Díaz (décédé en 2006), ci-après DD.

Certaines des entrées qui suivent figurent déjà dans nos séries précédentes, et c’est pourquoi nous renvoyons à plusieurs reprises à tel ou tel numéro, car le DD, un dictionnaire à la fois guarani-espagnol et espagnol-guarani (assorti d’une grammaire et d’une partie documentaire sur la culture guarani : céramique, artisanat, numération, connaissances astronomiques…), s’étend assez peu, dans la partie lexicale, sur les considérations ethnographies et historiques, au contraire du Diccionario general de americanismos (1942) du Mexicain Francisco J. Santamaría (ci-après FS) dont nous nous sommes servis presque exclusivement jusque-là. Le guarani a au Paraguay le statut de langue officielle au même titre que l’espagnol, et un dictionnaire espagnol-guarani a donc dans ce pays une finalité pratique immédiate.

Dans le même esprit que les précédentes séries (I-IV) (voir Index), le choix des mots retenus est largement idiosyncratique et n’est motivé ni par la fréquence ou l’importance culturelle ni par quelque autre considération de méthode que ce soit, mais par la recherche de ce que j’appellerais une typicité extraordinaire des « objets » considérés, dans une optique de collectionneur, presque de cabinet de curiosités, poétique et philosophique.

De même que précédemment, je complèterai ces entrées, dans la mesure du possible, par des exemples tirés de la littérature, quand j’en rencontrerai lors de mes lectures.

Ce qui me conduit à la troisième source de cette série, le Diciónario brasileiro da língua portuguesa en ligne de la maison d’édition Michaelis (ci-après BR). En l’occurrence, cela s’imposait car le nombre d’americanismos d’origine guarani, ou tupi-guarani, en portugais du Brésil est significatif.

La seule source pour l’extraction des mots a été le DD et, quand j’ai pu trouver le terme dans le FS et/ou le BR, j’ai ajouté les définitions de ces derniers, qui apportent souvent un complément utile.

Les définitions espagnoles et portugaises sont traduites par moi-même, avec mes commentaires entre crochets [ ].

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Aarú. Bolo alimenticio preparado con carne triturada de tatú mezclada con fariña de mandioca, tribu Nambiguá, Brasil.

Pâte alimentaire à base de chair de tatou triturée et mélangée à de la farine de manioc, chez les Nambikwara du Brésil.

Aaru (m). Espécie de bolo de origem indígena, característico do povo nhambiquara, feito com tatu moqueado, inteiramente socado no pilão e ao qual se mistura massa de farinha de mandioca. (BR)

Espèce de gâteau d’origine indigène, caractéristique du peuple Nambikwara, fait de tatou grillé et haché au pilon, mêlé à une pâte de farine de manioc.

Abaré. Hombre diferente. Entre los tupis brasileros significa misionero, sacerdote.

« Homme différent », nom donné aux missionnaires chrétiens par les Tupis du Brésil.

Abaré, Avaré ou Abaruna (m). Designação dada pelos indígenas do Brasil ao sacerdote cristão: missionário, padre, em especial, os jesuítas. (BR)

Nom donné par les Indiens du Brésil au prêtre chrétien ; missionnaire, père, en particulier jésuite.

Ängá-pîtá. Luz mala en la noche.

Feu-follet (« lumière mauvaise ») dans la nuit.

Anguaî o Ibîrá Payé. Árbol del bálsamo; árbol mágico, curativo.

Arbre du baume ; arbre magique aux vertus médicinales.

Angurú. Fantasma.

Fantôme.

Añá. (adj) malo; (s) diablo, demonio. [Véase Aña: Americanismos III]

(Adj.) mauvais ; (subst.) diable, démon.

Añangá. Espíritu del mal.

L’esprit du mal.

Anhangá ou Anhanga (m). Espírito ou gênio que, segundo os indígenas brasileiros, protege os animais, tomando a forma de qualquer deles, para assustar o caçador ou pescador. 2 Fantasma, espectro ou visagem de gente, animal da terra, água ou ar, que amaldiçoa aquele que o vê. 3 Diabo. (BR)

«Muita gente dizia que aquilo era obra do vento, mas eu tenho a certeza que foi mesmo Anhanga, que é um não sei que diga muito miserável. Só vendo o fragoido que ele fazia na mata. –Mas você não o viu? –Deus me defenda de uma desgraça dessas, seu doutor! A gente fica estragado para o resto da vida. Dizem que ele é um homão de mais de três metros, mal empernado de cara, com a pele curtida e uns cabelos duros e torados que nem caraca de carnaúba. O pior é que ele encandeia pelos olhos e a gente fica peado na sua frente como qualquer mocó diante da sucurijú.» (Gastão Cruls, A Amazónia misteriosa)

Esprit ou génie qui, selon les Indiens du Brésil, protège les animaux, pouvant prendre la forme de n’importe lequel d’entre eux dans le but d’effrayer le chasseur ou le pêcheur. 2 Fantôme ou spectre d’une personne, d’un animal terrestre, marin ou aérien, dont l’apparition fait peser une malédiction sur celui qui la voit. 3 Diable.

Añá-ratá. Fuego del diablo.

Feu du diable.

Añangagüéra. Diablo viejo. 2 Apodo dado a los conquistadores portugueses en el Brasil.

Vieux diable. 2 Sobriquet donné aux conquistadores portugais du Brésil.

Aosó. Mitología: Ser de la fecundidad.

Dans la mythologie guarani, l’être de la fécondité.

Arabú. Comida que se hace con huevos de tortuga, fariña y azúcar, por los guaraníes del Brasil.

Plat à base d’œufs de tortue, de farine de manioc et de sucre chez les Guaranis du Brésil.

Arabu ou Abunã (m). Iguaria amazonense, feita como pirão, com ovos de tartaruga, tracajá ou outro quelônio; leva farinha de mandioca e, muitas vezes, açúcar. (BR)

Un mets amazonien, semblable à la bouillie de manioc, à base d’œufs de tortue ou d’autres quéloniens, de farine de manioc et souvent de sucre.

Ararambói. Ofidio de coloración verde y líneas amarillas, que vive trepado a los árboles. Se alimenta de pájaros pequeños.

Ophidien à la peau verte veinée de jaune, qui vit suspendu dans les arbres. Il se nourrit de petits oiseaux. [Connu en français sous le nom de boa émeraude ou boa canin.]

Ararambói, araramboia, cobra-papagaio

Araramboia (f). Cobra-papagaio; serpente (Corallus caninus) da família dos boídeos, cujo dorso verde apresenta listras transversais amareladas e partes inferiores esbranquiçadas; araboia, arauemboia, jiboia-verde, periquitamboia.

« Cobra-perroquet », type de boa dont le corps est vert et présente des lignes transversales jaunes sur le dos et dont la partie inférieure est de couleur blanchâtre.

Ayacuá. Diablo pequeño con arco y flecha. [Véase Americanismos I]

Diablotin armé d’arc et de flèches. [Voir le mot dans Americanismos I, où ce faunesque génie est décrit un peu plus en détail.]

Caarö. (Español Caaró) Reducción Jesuítica de Guaraníes en el Oriente del Río Uruguay, donde fue muerto su fundador Padre Roque González de Santa Cruz en 15-11-1628, a manos de los Caciques Carupé y Aregoatí, de los aborígenes rebeldes Maraguá y Caburé, instigados por el Cacique Hechicero Ñezú, y éste influenciado por el diabólico Cacique Potivará. El padre Roque había fundado la Reducción de Caaró el 1° de noviembre de ese mismo año; y anteriormente otras importantes reducciones de guaraníes, como Yapeyú, San Francisco Javier de Tabatí, Candelaria de Caázapá Miní y otras. Según la historia de esta tragedia, Carupé arrancó el corazón del Padre mártir Roque González de Santa Cruz, y lo atravesó con una flecha, arrojándolo después al fuego. El corazón no se quemó, y actualmente se conserva en Asunción, Paraguay, su ciudad natal.

Nom d’une réduction de Guaranis fondée par les Jésuites à l’est du fleuve Uruguay et où fut mis à mort son fondateur, le père Roque Gonzalez de Santa Cruz, le 15 novembre 1628, aux mains des caciques Carupé et Aregoati des tribus rebelles Maragua et Caburé, subverties par le cacique sorcier Niezu, celui-ci sous l’influence du diabolique cacique Potivara. Le père Roque avait fondé la réduction de Caaro le 1er novembre de la même année, et d’autres importantes réductions guaranies auparavant, telles que Yapeyu, Saint François Xavier de Tabati, Candelaria de Caazapa Mini, et d’autres. Selon le récit qui est fait de cette tragédie, le chef Carupé arracha le cœur du père martyr et le transperça d’une flèche, avant de le jeter au feu. Le cœur ne se consuma point dans les flammes et il est actuellement conservé à Asuncion, au Paraguay, la ville natale du père Roque.

Caapí. [Planta] De ramas largas, de flores rosadas, del cual se extrae un alcaloide. Los hechiceros de las tribus lo utilizaron mucho en acciones curativas y en sesiones espirituales religiosas.

Plante aux longues lianes et aux fleurs roses, dont on extrait un certain alcaloïde. Les magiciens des tribus l’utilisaient fréquemment dans un but curatif ainsi qu’au cours de séances spirituelles religieuses. [C’est un autre nom de l’ayahuasca, un hallucinogène puissant : voir ce mot dans Americanismos I.]

Caapi (m). Planta lenhosa (Banisteriopsis caapi), da família das malpighiáceas, nativa da região amazônica, de folhas ovaladas e flores róseas em panículas, da qual se extrai a banistera, alcaloide com propriedades alucinógenas; cipó-jagube. (BR)

Plante ligneuse de la famille des malpighiacées, native de la région amazonienne, aux feuilles ovales et aux fleurs roses en panicules, de laquelle on extrait la « banistera », un alcaloïde hallucinogène.

Caá Póra. El Dueño-Fantasma del Bosque. Según el hechicero, cada vez que uno se interne en el bosque, debe solicitar permiso al Caá Póra. En la mitología tupí, Caá Póra se presentaba en forma de una mujer con una sola pierna y que caminaba dando saltos; o a veces se presentaba como un niño con cabeza muy grande.

Génie des forêts. Selon les magiciens, chaque fois que quelqu’un pénétre dans la forêt, il doit en demander la permission à Caa Pora. Dans la mythologie tupi, Caa Pora avait l’apparence d’une femme unijambiste qui chemine en sautillant ; ou bien il prenait autrement l’aspect d’un enfant pourvu d’une tête énorme.

Caapora ou Caipora (m o f). Ente fantástico originário da crença tupi, derivado do curupira, muito conhecido popularmente e que, conforme a região, é representado ora como uma mulher unípede, que anda aos saltos, ora como uma criança de cabeça enorme, ora como um caboclinho encantado, ora ainda como um duende sertanejo, cujos pés têm calcanhares para a frente e os dedos para trás e que anda montado em um porco selvagem e protege as caças, matas e florestas. Em todas essas versões da crendice popular, é, entretanto, associado à má sorte e à morte. (BR)

Être fantastique très connu des croyances tupi, dérivé du Curupira, et qui, selon les régions, est représenté sous l’aspect d’une femme unijambiste qui avance en sautillant ou bien comme un enfant à la tête énorme, un oiseau enchanté ou encore un génie agreste dont les pieds ont les talons devant et les doigts derrière, monté sur un cochon sauvage et protecteur de la faune et de la flore. Dans ces croyances populaires variées, il est toutefois toujours associé au mauvais sort et à la mort.

Caá-Yarîi. Mitología guaraní de Misiones, Arg. Dueña, patrona, abuela de la Yerba Mate. No ostante ser abuela, se la describe como una mujer joven y rubia, y es protectora de los yerbales.

«Y fue posible, entonces, lo imposible: / que Caa-Yarí, la diosa legendaria, / tomó la forma fragil y sensible / de una joven mujer de nuestra raza. … Eva Perón, es Caa-Yarí despierta. / Ya es realidad, lo que en leyenda estuvo.» (Luis Horacio Velásquez, en su poema El regreso de la diosa Caa-Yarí)

Dans la région de Misiones, en Argentine, la patronne ou grande-mère de l’herbe maté. Bien qu’on parle de grand-mère, elle est décrite comme une jeune femme blonde [très atypique des Amérindiens en général] et elle est la protectrice des prairies de maté.

Caátorî. Hierba de la alegría.

Herbe de la joie. [Un narcotique ?]

Caba tatú. Avispa productora de miel. Tiene el nombre de tatú por la similitud de su nido con la caparazón del tatú.

Une certaine guêpe productrice de miel, dont le nom de « guêpe-tatou » vient de la ressemblance de son nid avec la carapace du tatou.

Caba tatú, cabatatu, vespa-tatu, maribondo-tatu, tatucaba

Cabatatu (f). Vespa social (Synoeca cyanea) de coloração azul-metálica, com a cabeça avermelhada, que constrói ninhos em árvores com a forma de carapaça de tatu; maribondo-tatu, tatu, tatucaba, tatucaua, vespa-tatu. (BR)

Guêpe sociale de couleur bleue métallique et dont la tête tire sur le rouge, qui construit dans les arbres des nids en forme de carapace de tatou.

Caburé. Nombre vernáculo guaraní de un pequeño buho, del tamaño del puño. Caburé-í. Caburé de menor tamaño (Glaucidium nanum). En Corrientes y Misiones existe la creencia del Payé de Caburé-í. El Abá Payé (hombre hechicero) o Cuñá Payé (mujer hechicera) preparan el Payé, una pequeña bolsita que contiene plumas del Caburé-í, untada con particulas de sesos y con bermellón. Además del amor, la pluma de Caburé-í trae a su poseedor mucha suerte, en negocios y juegos de azar. [Véase Payé en Americanismos I.] (FS caburé, caburey)

Nom vernaculaire guarani d’une petite chouette de la grosseur du poing. Caburé-í. Il en existe une variété plus petite encore, qui donne son nom à une pratique magique par laquelle le magicien ou la magicienne prépare une petite bourse contenant des plumes de cet animal et ointe avec des particules de la cervelle de l’oiseau et du vermillon. Cette amulette est supposée apporter à son possesseur amour, succès dans les affaires, chance aux jeux de hasard…

Caburé (m). Glaucidium brasilianum. 2 Glaucidium minutissimum. 3 Vaso usado em rituais de feitiçaria. 4 Uma das figuras do bumba meu boi, representando essa ave com a cabeça exageradamente grande, característica que, durante as apresentações, assusta as crianças. (BR)

3 Vase utilisé dans les rituels de magie. [Il s’agit sans doute, à l’origine, de la bourse dont il est question dans DD.] 4 Un des personnages du bumba-meu-boi [un carnaval populaire dont le personnage principal est un bœuf (boi) qui meurt et ressuscite], représenté sous la forme de cet oiseau avec une tête exagérément grande, une caractéristique qui a le don, lors des représentations, de faire peur aux enfants.

Camboatá o Îbîrá Corpus. Con los gajos de este árbol los Padres Jesuitas adornaban las calles y llevaban a modo de palmas en las procesiones, en días de festividades religiosas. (FS camboata; BR camboatá, fruta-de-pombo)

Avec les branches de cet arbre les pères jésuites ornaient les rues, et ils les portaient également en guise de palmes dans les processions, les jours de fête religieuse.

Caraí Pîrahé. Mitología: Señor de la Noche. Fantasma de la Noche. Pombero. [Véase Pombero: Americanismos III]

Le seigneur de la nuit. L’esprit de la nuit. Le Pombero. [Voir ce mot dans Americanismos III.]

Categuara. Antiguo puerto en la Costa del Pacífico, en el Perú, que figura en el Mapa de Ptolomeo.

Ancien port de la côte du Pacifique, au Pérou, qui figure sur la mappemonde de Ptolémée. [Je rappelle que Ptolémée a vécu au IIe siècle. Le professeur Dacunda Diaz appartient ainsi à ces chercheurs pour qui l’Amérique n’était pas une complète terra ignota avant Colomb. Pour quelques données et réflexions à ce sujet, voir mon essai.]

Cumacú. Árbol con propiedad mágicas para preservar la libertad.

Un certain arbre aux propriétés magiques préservant la liberté.

Curundú. Amuleto con virtudes sobrenaturales. A quien lo posee, en peleas y duelos criollos desvía las balas y el lanzaso, defendiéndolo.

Amulette dotée de pouvoirs surnaturels qui dévie les balles et les coups de lance pour défendre son possesseur, dans les rixes ou les fameux « duels créoles » des gauchos.

Curupá. Narcótico vegetal que los guaraníes empleaban para adormecer a los peces y pescarlos. [Véase Curupa en Americanismos IV.]

Narcotique végétal que les Guaranis employaient pour endormir les poissons pendant la pêche.

Curupí. Fantasma que habita en los bosques. Es un aborigen corpulento de color rojizo, impresionante, que camina con los talones de los piés hacia adelante, y los dedos para atrás. Cuando el Curupí aparecía a los aba guaraní, esos enloquecían, arrojándose a algún río o atropellando espinas y ramas del bosque, matándose.

Génie des forêts. C’est un Indien corpulent de couleur rubiconde, qui a les doigts de pied à l’arrière et les talons devant. Quand le Curupi apparaissait aux Guaranis, ils devenaient fous, se jetaient dans une rivière ou contre des arbustes pleins d’épines pour se tuer.

Curupira ou Currupira (m). Ente fantástico que habita as matas, considerado um dos mitos mais antigos do Brasil. É representado por um garoto de baixa altura, cabelos cor de fogo, e pés com os calcanhares para a frente e os dedos para trás, a fim de enganar os caçadores. É o protetor das árvores e da caça. (BR)

Créature fantastique habitant les forêts, considéré comme l’un des mythes les plus anciens du Brésil. Il est représenté comme un garçonnet de petite taille aux cheveux couleur de feu et les pieds talons devant et doigts derrière pour induire les chasseurs en erreur. Il est le protecteur des arbres et des animaux.

Garapé. Zanja Jesuítica antigua, del siglo XVII, que unía el río Aguapey con el río Paraná.

Ancien canal (littéralement, en espagnol, « tranchée ou fossé jésuite ») qui, au dix-septième siècle, unissait le Rio Aguapey et le Rio Parana. [La topographie de la région connaît encore les noms propres de Zanja Garapé et Zanja Jesuitica.]

Güirapurú. Mitología: Ave hechicera. Guirapuru o Uirapuru (m) (Pipra) (BR)

Dans la mythologie guarani, un oiseau magicien. [Il s’agit, selon le dictionnaire brésilien, d’un oiseau du genre Pipra, mais il ne mentionne pas les croyances relatives à cet oiseau.]

Î Póra o Y Yára. Mitología: Señora dueña de las aguas.

La reine des eaux. [J’ai eu l’occasion de l’évoquer dans mon essai Ingeborg, A Viking Girl on the Blue Lagoon.]

Iara ou Mãe-d’água (f). Ente fantástico, espécie de sereia, meio mulher, meio peixe, que habita rios e lagoas; aiuara-aiuara, uiara.

Iara ou « la Mère des eaux », créature fantastique, espèce de sirène, mi-femme mi-poisson, qui vit dans les rivières et les lacs.

Irasëma. Mitología: Diosa o dueña de los cantares. I: agua; rasé: murmullo, llanto; ma: ya. Murmullo del agua al correr o caer.

Déesse ou reine des chansons. Son nom signifie « le murmure de l’eau (qui court ou tombe) ».

Itá. Piedra. 2 Ornatos de piedra pulida que se encuentran en las urnas funerarias de los antiguos pueblos guaraníticos como los del Delta del Paraná, Buenos Aires.

Pierre. 2 Ornements de pierre polie trouvés dans les urnes funéraires de anciennes populations guaranies, telles que celles du delta du Parana, dans la région de Buenos Aires.

Itã (f). Ornato de pedra, típico das urnas funerárias dos antigos povos aborígines; intã. (BR) [Cf. Muiraquitã: pedra das amazonas.]

Ornement de pierre typique des urnes funéraires des anciens peuples indigènes.

Lampalagua o Curiyú. Ofidio de gran tamaño que habita en la laguna de Yberá. Devora y traga zorros, vizcachas, ciervos y otros animales. [Véase Ampalagua: Americanismos I.]

Serpent colossal habitant la lagune d’Ybera. Il dévore et engloutit renards, viscaches, cerfs et autres animaux.

Ampalágua (f) ou Curudiú (m). Sucuri-amarela. (BR) « Boa jaune »

Lobizón o Luisón. Superstición adoptada. El séptimo hijo varón consecutivo que se convierte en perro o en lobo grande. Realiza sus salidas nocturnas semanales en días viernes. No es carnívoro y se alimenta de excrementos de los gallineros. [Véase Americanismos III.]

Dans cette supersticion empruntée à d’autres par les Guaranis, il s’agit du septième fils consécutif d’un même lit, qui se transforme en chien ou en loup. Il réalise ses sorties nocturnes hebdomadaires le vendredi. Il n’est pas carnivore mais se nourrit de la fiente des poulaillers.

Mainumbî. Picaflor or colibrí. La superstición popular le atribuye a su presencia buena noticia o grata visita.

Colibri. Les croyances populaires affirment que sa présence augure d’une bonne nouvelle ou d’une visite agréable.

Moñái. Mitología: Uno de los siete Entes del mal.

Selon la légende, une des sept entités du mal. [DD omet de dire quelles sont les six autres.]

Ñacurutú. Impresionante y majestuosa ave de rapiña de toda la América Meridional (Bubo virginianus ñacurutu). De vida nocturna. Los guaraníes creían que su canto impresionante significa : Añá-ñeé-ngurú-pitü, es decir, «El diablo habla en la oscuridad entre dientes»; y que su contacto contagiaba al hombre pereza.

Un oiseau de proie impressionnant et majestueux dont l’habitat recouvre l’ensemble de l’Amérique méridionale. De mœurs nocturnes. Les Guaranis croyaient que son chant impressionnant disait « Le diable parle entre ses dents dans l’obscurité », et que son contact rendait l’homme paresseux.

Ñandá. Mitología de Guarayos. Creían y adoraban a un animal sagrado, parecido al mulo.

Les Indiens de la province de Guarayos vénéraient un certain animal sacré de ce nom et imaginaire, semblable au mulet.

Ñandú Tatá. Mitología. Ñandú: avestruz; tatá: fuego. Según la creencia, es el fuego o luz mala que camina de noche, o corre como el ñandú.

« L’autruche de feu » est, dans les croyances populaires, un feu-follet ou « lumière mauvaise » qui sort la nuit et court comme l’autruche appelée ñandú.

Ñandutí. Tejido fino como tela de araña, con hilos muy finos. Se teje en el Paraguay. [Véase Americanismos III.]

Un tissu fin comme de la toile d’araignée, tissé au Paraguay. [Le terme est composé à partir du nom d’une araignée, ñandú (comme l’autruche), également appelée araña chata (araignée plate).

Ñasaindî. Luz de la luna llena. Añá-hesä-hendî significa: Añá: diablo; hesä: ojo; hendî: encendido. Como es de noche, «es el ojo encendido del diablo que mira la tierra», en su polisíntesis la palabra ñasaindî.

La lumière de la pleine lune. Le nom signifie « l’œil brillant du diable qui regarde le monde ».

Ombú. Árbol grande de buen follaje, típico del habitat guaraní (Phytolacca dioica). Su ceniza contiene potasa y sirve para hacer jabón. Folc. La superstición lo relaciona con los «entierros» y «tesoros escondidos» debajo de sus raíces, acompañados de «luces malas». Además que las aves nunca anidan en su follaje y es dañoso dormir debajo del árbol.

Grand arbre de bon feuillage, typique du milieu guarani. Sa cendre, qui contient de la potasse, permet de fabriquer du savon. Folk. La supersticion l’associe aux trésors cachés, entre ses racines, ainsi qu’aux « lumières mauvaises » (feux-follets) ; de même, les oiseaux ne nicheraient jamais dans ses branches, et dormir sous l’arbre serait néfaste.

Ombú (m). … Crece aislado en medio de la pampa, y no ofrece otra utilidad que la sombra o el pasajero abrigo que presta contra la lluvia o el viento, pues no da fruto, ni su madera esponjosa puede ser empleada en carpintería ni para calefacción, porque no arde. Muy común también en los cementerios, en Argentina. (FS)

«En este patio, en este irremediablemente / perdido patio nuestro, / estuvo Eva Perón. Allí… Aquí… / junto al ombú y al álamo. Estas / piedras se irán. Pero no se irá / lo que las piedras sustentaron.» (Alfonso Solá González, en su poema Elegía)

L’ombú pousse isolé au milieu de la pampa et n’est d’aucune utilité, si ce n’est pour l’ombre ou l’abri temporaire qu’il offre contre la pluie ou le vent, vu qu’il n’a pas de fruits et que son bois spongieux ne peut servir ni en charpenterie ni pour le chauffage, dans la mesure où il ne prend pas feu. On le trouve également souvent dans les cimetières, en Argentine. [Il est curieux que l’arbre soit dit ici ne pas brûler, alors que l’on a vu plus haut que sa cendre sert à faire du savon ; mais ces deux sources ont près de cinquante ans d’écart.]

Paná paná. Migración de golondrinas en cierta época del año.

Migration d’hirondelles à une certaine époque de l’année. [DD semble là se fourvoyer complètement : il ne s’agit pas d’hirondelles, dont les migrations sont bien connues de nos climats, mais d’essaims entiers de papillons, selon la définition du BR qui suit.]

Panapaná (m). Borboleta. 2 Grande quantidade de borboletas em migração; panamá, panapanã. 3 Bando de borboletas que sugam sais minerais de terra úmida, à beira de rios. (BR)

Panapaná azul

Papillon. 2 Grande quantité de papillons en migration. 3 Essaim de papillons lorsqu’ils sont en train de sucer les minéraux de la terre humide, au bord des rivières.

Pichaí. Cabello de negro.

Les cheveux d’une personne de race noire.

Pirá Guacupá. Pez de los ríos Paraná y Uruguay, de un palmo a lo largo, de cuerpo con escamas plateadas brillantes. En la cabeza el guacupá tiene dos piedras. El jesuita Domingo de Torres descubrió en estas piedras propiedades medicinales contra el mal de piedras: «Se muelen dos piedrecillas, y su polvo mezclar con vino tinto tibio o agua algo caliente: agregar tres granos de trigo reducidos también a polvo… todo esto contra las piedras y el mal de orina.»

Poisson des Rios Parana et Uruguay, de vingt à trente centimètres de long et couvert de brillantes écailles argentées. Son crâne contient deux pierres [des bézoars], auxquelles le jésuite Domingo de Torres découvrit des vertus contre les calculs urinaires : « Moudre les deux petites pierres et mélanger leur poudre avec du vin rouge tiède ou de l’eau chaude : ajouter trois grains de blé également réduits en poudre… contre les calculs et le mal des urines. »

Pirá Cururú. Pez sapo. Pez feo parecido al sapo.

Poisson-crapaud, un poisson d’aspect rébarbatif ressemblant au crapaud.

Cururu (m). Pacamão, peixe-sapo. (Lophiosilurus alexandri) (BR)

Piranú. Mitología. Monstruo protector de los peces en Misiones, Arg. «Pez grande y negro, con ojos grandes y cabeza de caballo, que echaba a pique las canoas de los pescadores.»

Monstre protecteur des poissons, dans la région de Misiones, en Argentine. « C’est un grand poisson noir, avec de grands yeux et une tête de cheval, qui coulait par le fond les pirogues des pêcheurs. » [DD n’indique pas l’origine de cette citation.]

Póra cî. Fantasma: Madre de la belleza.

Un certain génie : la Mère de la beauté.

Quimbaya. Familia aborigen de la costa de Ecuador. Eran muy hábiles en trabajos de oro. Los ídolos de oro hechos por ellos, conocidos como el «Tesoro de los Quimbayas», se encuentran en el Museo Nacional Arqueológico de Madrid, España.

Peuple d’Indiens de la côte de l’Écuateur. Ils étaient très habiles dans le travail de l’or. Des idoles en or connues sous le nom de « trésor des Quimbayas » font partie de la collection du Musée national d’archéologie de Madrid.

Tesoro de los Quimbayas

Quimbayas (mpl). Indios que vivían encajonados entre la cordillera y el río Cauca, entre los ríos Tucurumbi y Zegues, en Colombia, donde constituían la provincia llamada de Quimbaya. Los quimbayas eran unas de las seiscientas tribus que pobablan el territorio colombiano al llegar allá los conquistadores en 1549; la región que ocupaban, corresponde actualmente al departemento de Cauca. Parece que provenían de la gran familia andina de los indígenas colombianos; fueron famosos principalmente por sus artefactos de oro. (FS)

Indiens qui vivaient entre la cordillère et le Rio Cauca, entre les Rios Tucurumbi et Zegues, en Colombie, où ils constituaient la province dite de Quimbaya. Ils étaient une des 600 tribus peuplant le territoire colombien à l’arrivée des Espagnols dans la région en 1549 ; la contrée où ils vivaient correspond à l’actuel département de Cauca. Il semble qu’ils provenaient de la grande famille andinne des Indiens de Colombie. Ils sont renommés principalement pour leur travail de l’or.

Quîvú quîvú. Hormiga que camina hacia atrás.

Fourmi qui avance à reculons.

Saperé. Mitología: Duende, hijo del fantasma Curupí.

Selon la légende, cette créature est le fils du génie Curupi.

Suiñandî. Ceibo. Arbusto de las costas de los ríos con bella flor roja. Flor nacional de la Argentina. Una hermosa leyenda expresa que la flor representa a la guaraní llamada Anahí, de voz dulce, pero fea, inmolada, salvando su raza.

Arbuste du bord des fleuves ayant une belle fleur rouge, la fleur nationale de l’Argentine. Une belle légende raconte que la fleur représente la jeune Guaranie Anahi, laide mais à la voix douce, qui se sacrifia pour sauver son peuple.

Sananduí (m). Erythrina crista-galli. Seibo, sanandu, mulungu, canivete, sapatinho-de-judeu, bico-de-papagaio (Erythrina falcata); flor-de-coral (Erythrina corallodendron). (BR)

Entre autres noms de cette fleur, ou d’autres proches et pas toujours bien distinguées dans le langage vernaculaire, en portugais du Brésil, on trouve « godasse de juif », « bec de perroquet », « fleur de corail ».

Sumé o Tumé. Santo Tomás. Sacerdote que enseñó a los guaraníes a cultivar la tierra.

Saint Thomas. Prêtre qui enseigna aux Guaranis la culture de la terre. [DD reprend à son compte la thèse – qui fait partie du folklore guarani – selon laquelle l’apôtre Thomas aurait fait de grands voyages à travers le monde, selon les uns en Inde, selon les autres, à l’instar du polymathe mexicain Carlos de Sigüenza y Gongora (mort en 1700), aux Indes, c’est-à-dire en Amérique.]

Sumé (m). Personagem mítica e lendária que teria aparecido e ensinado aos indígenas a agricultura e, por desgosto com os homens, teria desaparecido misteriosamente. (BR)

Personnage mythique et légendaire qui serait venu aux Indiens et leur aurait enseigné l’agriculture puis, par dégoût des hommes, aurait disparu mystérieusement.

Tambú. Larva comestible. [Véase Americanismos I.]

Larve comestible.

Tambu (m). Bicho de pau podre. (BR)

Larve du hanneton [dont le nom portugais est « le vermicule du bois pourri », en raison de sa vie passée sous les troncs morts des arbres tombés.]

Tananá. Insecto ortóptero del norte, que con estridencia emite su nombre, que es onomatopéyico.

Insecte orthoptère du nord qui émet son nom onomatopéique de manière stridente.

Tananá (m). Pequeno ortóptero (Thliboscelus camellifolius) da família dos tetigoniídeos, encontrado na Amazônia, de cor verde-folha, muito conhecido por emitir um som intenso e característico ao friccionar a base de uma das asas contra o lado oposto. As asas desse inseto são abauladas e formam uma câmara de ressonância, que amplia o som emitido. (BR)

Petit insecte orthoptère d’Amazonie, de couleur vert-feuille, très connu pour le son intense et caractéristique qu’il émet en frottant la base de chacune de ses ailes l’une contre l’autre. Ses ailes arquées forment une caisse de résonance qui amplifie le son émis.

Tapirichú. Gusano del mboyacá (coco).

Ver de la noix de coco.

Taú. Fantasma con la encarnación del mal.

Génie qui est l’incarnation du mal.

Tereré. Crujir de árboles en el bosque. 2 Infusión de yerba mate, fría o helada, que se bebe en el verano.

Grincement des arbres dans la forêt. 2 Infusion d’herbe maté servie glacée au printemps.

Terere (m). En el Paraguay y Bolivia, la yerba del mate puesta en maceración en agua fría, de lo cual resulta una bebida muy agradable. (FS)

Au Paraguay et en Bolivie, herbe maté que l’on fait macérer dans de l’eau fraîche et dont il résulte une boisson très désaltérante.

Tipói. Vestido simple sin mangas ni cuello, de las mujeres guaraníes, usado después de la Conquista.

Vêtement simple, sans manches ni col, des femmes guaranies, entré en usage après la Conquête.

Tipoy (m). En los países del Plata, especia de camisa larga y sin mangas, túnica desceñida, semejante al huipil, que constituye el vestido típico de las indias civilizadas y de las mujeres campesinas. (FS)

Dans les pays du Rio de la Plata, espèce de chemise ample et sans manches, tunique sans ceinture semblable au huipil, et qui est le vêtement typique des Indiennes civilisées et des femmes de la campagne.

Tipói (m) ou Tipoia (f). Vestido em forma de camisola sem manga. (BR)

Tupichuá. Demonio que trata con una persona.

Démon qui traite avec une personne.

Uatapú. Bocina y sonido que los guaraníes obtenían soplando el bucio de caracol, para atraer a los peces y cazarlos.

«Los guaraníes conocieron el minvy chué, especie de flauta muy parecida a la quena peruana; el minvy guasú, similar a la anterior pero más grande; el yandú’pu’á, trompa de guerra para la que se usaba la caparazón del tatú; el uatapú, bocina a la cual atribuían los indios la virtud de atraer a los peces; el minvy tara’rá, gruesa bocina de guerra; el turú, trompeta de tacuara, que después de la introducción del ganado por los europeos se hacía de los cuernos.» (Juan Natalicio González, Ideología guaraní, 1958)

Conque de mollusque dont les Guaranis se servaient pour, avec le son produit en soufflant dedans, attirer les poissons lors de la pêche.

Uatapu (m). Búzio. 2 Trombeta feita de concha usada pelos indígenas.

Mollusque gastropode pourvu d’une conque. 2 L’instrument que font de cette conque les Indiens.

Yarîi. Mitología: Duende protector.

Esprit protecteur.

Yateré. Fantasma que proviene de la luna (Yacy): Yacy Yateré. [Véase Ñacanendi: Americanismos II.]

Esprit originaire de la lune. [Voir Ñacanendi, dans Americanismos II, quelques autres détails au sujet de cette croyance.]

Yayurú. Loro de pico grande.

Un perroquet au long bec [qui ne semble toutefois pas être le toucan.]

Septembre 2017

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