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Americanismos 6: Bantuismos

Afin de compléter notre lexique d’Americanismos (I-V) (rendez vous en Table des matières, Onomasticon [x], pour consulter les travaux précédents), nous avons eu recours au Diccionario de bantuismos en el español de América (SIAL Ediciones/Casa de África, Madrid, 2013) de la chercheuse cubaine Gema Valdés Acosta. Nous avons recueilli dans ce dictionnaire de « bantouismes », c’est-à-dire de mots d’origine bantoue, un certain nombre de termes nous paraissant intéressants pour la connaissance de la culture latino-américaine. Les définitions ont été traduites en français.

Beaucoup de termes retenus ont un rapport avec la religion afrocubaine, en particulier avec le palo monte d’origine bantoue, tandis que l’autre religion afrocubaine majeure, la santería, est quant à elle d’origine yoruba. (Le vaudou haïtien quant à lui est originaire de l’ancien royaume du Dahomey, aujourd’hui Bénin –pays où a d’ailleurs été instituée une Journée nationale du Vodoun, le 10 janvier– et Togo, dont la capitale Lomé comporte un célèbre marché des féticheurs.)

Il est important de souligner d’emblée que les mots d’origine bantoue ne sont qu’une partie des mots d’origine africaine dans la langue espagnole d’Amérique. Un titre tel que Americanismos 6 : Bantuismos, peut d’ailleurs paraître équivoque dans la mesure où l’on semble ainsi donner aux mêmes mots une origine à la fois américaine et africaine ; or il s’agit de voir que ces bantouismes ont été introduits dans l’usage de la langue espagnole via les populations africaines d’Amérique, et que ce sont donc à proprement parler des américanismes d’origine africaine (et bantoue). C’est bien ainsi que l’entend Francisco Santamaría dont l’important Diccionario de americanismos est l’origine du présent travail.

Les américanismes d’origine bantoue déjà référencés sur ce blog sont : Bilongo (Americanismos III) et Calimba (II). Les autres africanismes, d’origine non bantoue, déjà référencés sont : Babul (Americanismos III), Baní (III), Calungo (I) (selon G. Valdés Acosta, l’étymologie de calungo est différente de celle du terme calunga ici repris, mais selon Santamaría le terme calungo est bien un africanisme, sans qu’il précise son origine exacte), Mandinga (III), Ñáñigo (I) (et tout le vocabulaire propre à cette société secrète afrocubaine), Yolof (III).

Sauf indication contraire, les présents américanismes sont propres à l’espagnol de Cuba ; dans la mesure où une grande partie de ce vocabulaire dérive du palo monte, dans le contexte duquel il est au premier chef employé, il est évident que ce même vocabulaire doit se retrouver dans toutes les communautés hispanophones de cette religion, en particulier dans l’ensemble des Caraïbes. Les principales exceptions à l’origine cubaine concernent la culture afrocolombienne.

Le Brésil étant un autre pays fortement marqué par le développement endogène d’une culture afroaméricaine, j’ai cherché si les termes retenus existaient en portugais (du Brésil). Les résultats de ces recherches dans le dictionnaire Michaelis en ligne ont été ajoutés aux définitions et traduites (ces définitions sont indiquées par la mention BR). Enfin, lorsque le terme est référencé par le Dictionnaire de l’Académie royale espagnole –et c’est à vrai dire l’exception plutôt que la règle–, j’ai de même ajouté cette définition et l’ai traduite (elles sont marquées par les initiales DLE, pour Diccionario de la lengua española).

Les principales abréviations sont : m. substantif masculin, f. substantif féminin, s. substantif, vt. verbe transitif, et Col. Colombie. Mes remarques sont entre crochets [ ].

En ce qui concerne l’étymologie des termes, que nous avons reprise chaque fois qu’elle nous semblait présenter un intérêt particulier, Valdés Acosta recourt principalement au Dictionnaire kikongo-français (1936) du missionnaire luthérien suédois Karl Laman (Karl Edvard Laman), et au Dictionnaire kikongo et kituba-français (1973) du père jésuite Pierre Swartenbroeckx. Ces deux références sont respectivement marquées dans le présent glossaire par les initiales KL et PS. (Le recours au français pour ces dictionnaires s’explique par la colonisation française et belge de la plus grande partie des régions d’Afrique peuplées par les Bantous.)

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Ambilar (vt). Col. Técnica de pesquería consistente en deslumbrar con una tea (ambil) a los peces que duermen en la orilla.

Technique de pêche consistant à éblouir avec une torche (un ambil) les poissons qui dorment au bord de la rive.

Bombofinda (m). Elefante. KL bombokoto, bomboló, grandeza, de gran tamaño; mfinda, monte, bosque. Empacasa (m). relig. Elefante. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica mpakasa.)

Éléphant. L’étymologie en est : « grandeur », ou « de grande taille », et « forêt », servant, donc, à désigner le grand habitant des forêts du Congo. Empacasa. Éléphant (dans le contexte religieux du palo monte). (Les pratiquants cubains préfèrent la forme orthographique mpakasa.) [C’est-à-dire une forme moins castillanisée du mot. Cette remarque se répète pour nombre d’entrées de ce lexique mais ne sera pas traduite pour les entrées suivantes.]

Bularia (f). Col. Bruja joven que vuela.

Jeune sorcière capable de voler dans les airs.

Calunga (f). 1 Mar, océano ; Mama Calunga, nombre de una divinidad conga del mar. 2 Col. muñeca negra.

Mère, océan ; Mama Calunga, nom d’une divinité kongo de la mer. 2 Poupée de couleur noire.

Calunga (f) Entidade espiritual que, nos cultos e entre a população de origem banta, representa a força da natureza, especialmente o mar, a morte ou o inferno. 2 Qualquer uma das divindades secundárias dos cultos de origem banta que, nos cultos de umbanda popular, representa um dos elementos integrantes da linha de Iemanjá, associada ao mar e à água. 3 Imagem de uma dessas divindades. 4 Cada um dos bonecos usados no maracatu, representando Dom Henrique e Dona Clara e que são carregados pelas dançantes enquanto arrecadam dinheiro do público. (BR)

Entité spirituelle qui, dans les cultes et parmi les populations d’origine bantoue, représente la force de la nature, et notamment la mer, la mort ou l’enfer. 2 L’une ou l’autre des divinités secondaires des cultes d’origine bantoue, qui, dans les croyances populaires de l’umbanda [religion afrobrésilienne d’origine bantoue], appartiennent à la lignée de Iemanja [déesse des eaux et mère des dieux], associée à la mer et à l’eau. 3 Image d’une de ces divinités. 4 Chacune des poupées utilisées dans le Maracatu [certaine procession dansée de la religion afrobrésilienne], Don Henrique et Dona Clara, et portées par les danseurs quand ils font la quête auprès du public. [Il ne semble pas que ces figures soient toujours Don Henrique et Dona Clara, puisque par exemple la calunga de Recife sculptée en 1909 s’appelle Dona Joventina. Il se pourrait par ailleurs que cette forme d’expression culturelle afrobrésilienne se confonde avec d’autres, telles que les congadas –à titre de (mauvaise) traduction : « congolaiseries »–, qui mettent en scène des personnages plus ou moins légendaires du passé africain, comme le roi Cariongo (ou Henrique) et la reine Ginga (ou Clara ?) (dont le modèle est clairement Njinga o Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba, dans l’actuel Angola, de 1626 à 1663, qui donna du fil à retordre aux Portugais), personnages parfois incarnés également dans les maracatu (voyez Lubolo).]

Calunga Dona Joventina du Maracatu Nação Estrela Brilhante de Recife, ici exposée au Museum do Homem do Nordeste. Source: leiaja.com

Chamalongo (m). Nombre de una deidad conga. 2 Sistema adivinatorio del Palo Monte. 3 Cementerio. ([Entre las posibles etimologías] PS longo, rito de circuncisión o de iniciación en sectas secretas.)

Nom d’une divinité kongo. 2 Système de divination du palo monte. 3 Cimetière. Parmi les possible étymologies rapportées par G. Valdés Acosta : rite de circoncision ou d’initiation des sociétés secrètes.

Chimbumbe (m). Col. Diablo. 2 Ser mitológico local.

Diable. 2 Créture légendaire locale.

Empanda (f). Brujería muy mala. KL vanda mpandu, practicar la magia, la necromancia. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica mpanda.)

Sorcellerie hautement maléfique. Étym. Pratiquer la magie, la nécromancie.

Embanda (f). Guia espiritual ou assessor religioso da umbanda. (BR)

Guide spirituel ou diacre de l’umbanda. [Je place les deux termes ensemble en raison de leur similitude, qui pourrait indiquer une origine commune, bien que leurs sens, tout en relevant d’un contexte a priori commun, ne se confondent pas.]

Encuyo (m). Receptáculo o ‘prenda’ de pequeño tamaño con poderes mágicos usado en la religión Palo Monte. KL nkuyu, espíritu del muerto. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica nkuyo.)

Réceptacle de petite taille possédant des pouvoirs magiques et employé dans le palo monte. Étym. L’esprit d’un mort. [Voyez Enganga, le « chaudron », pour le « réceptacle » de plus grande taille qui représente le véritable instrument mystique du palo monte.]

Endimbo (m). relig. Mezcla que contiene jabón de lavar, dulce de guayaba y cenizas. Esta mezcla se aplica sobre el tambor mayor para dar mayor sonoridad. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ndimbo.)

Mélange de savon, compote de goyave et cendres que l’on applique sur le tambour principal des cérémonies du palo monte afin de lui conférer une plus grande sonorité.

Endongo (m). Brujo del sistema religioso del Palo Monte. KL ndongo, gran jefe. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ndongo.)

Sorcier dans le palo monte. Étym. grand chef.

Endoqui (m). Espíritu de persona fallecida. 2 Brujo. 3 Diablo, demonio, espíritu maligno. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ndoki.)

Esprit d’une personne défunte. 2 Sorcier. 3 Diable, démon, esprit maléfique.

Enfula (f). Pólvora, generalmente utilizada con fines mágicos. KL mfula, pólvora, polvos mágicos. (Los creyentes cubanos prefieren las formas ortográficas mfula y nfula.)

Poudre généralement utilisée à des fins magiques. Étym. Poudre, poussières magiques.

Enfumbi (m). Muerto. 2 Espíritu. 3 Médium en el sistema religioso del Palo Monte. (Los creyentes cubanos prefieren las formas ortográficas mfumbi y nfumbi.)

Un mort. 2 Esprit. 3 Médium dans le palo monte.

Vumbe (m). Morto ou o espírito de pessoa morta. Tirar a mão de vumbe, realizar cerimônia religiosa para que o espírito da felicidade se desprenda das coisas materiais e encontre seu caminho para o mundo espiritual. (BR)

Un mort ou l’esprit d’une personne morte. « Prendre la main du ~ », conduire une cérémonie religieuse pour que l’esprit de la félicité [?] se détache des choses matérielles et trouve son chemin vers le monde spirituel.

Enganga (f). Receptáculo donde se concentran las fuerzas mágicas de las creencias del Palo Monte, también llamada ‘caldero’ y ‘prenda’. Tata Enganga (m), persona de alta jerarquía que ejerce la religión palera. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica nganga.)

Réceptacle où sont concentrées les forces magiques dans les croyances du palo monte, également appelé « chaudron » ou « gage ». Tata Enganga, personnage haut placé dans la hiérarchie du palo monte.

Nganga (enganga) de palo monte. Source: Pinterest.

Ganga (m). Sacerdote gentio no Congo. 2 Em Angola, feiticeiro que, segundo a crença local, é capaz de adivinhar e nomear o responsável por um assassinato. 3 Termo que, no Brasil, os escravos usavam como equivalente a senhor. (BR)

Prêtre païen du Congo. 2 En Angola, sorcier qui, selon les croyances locales, est capable de deviner et nommer le responsable d’un crime. 3 Terme que les esclaves du Brésil utilisaient comme un équivalent de « monsieur ».

Engombe (m). Ganado vacuno. 2 Médium de los espíritus en el sistema religiose del Palo Monte. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ngombe.) Engombo (m). Brujo adivino. 2 Médium de los espíritus en el sistema religioso del Palo Monte. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ngombo.)

Animal bovin. 2 Médium des esprits dans le palo monte. Engombo. Devin. 2 Médium des esprits dans le palo monte.

Enquisi (f). Brujería, generalmente sobre pequeña escultura humana; hechizo. 2 Suelo, tierra. Tata Enquisi, sacerdote del Palo Monte de menor jerarquía. KL nkisi, fetiche, sortilegio, encantamiento, fuerza mágica, delirio causado por brujería (kikóongo). (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica nkisi.)

Sorcellerie, en général pratiquée sur une statuette de forme humaine ; sortilège. 2 Sol, terre. Tata Enquisi, prêtre mineur dans le palo monte. Étym. Fétiche, sortilège, enchantement, force magique, délire causé par un sortilège (langue kikongo).

Ensembe (m). Paño que se utiliza para cargar en la espalda a los niños mientras la madre trabaja, cargador.

Bande d’étoffe servant à porter les enfants sur le dos pendant que la mère travaille.

Ensó (m). Casa. Muna ensó, pequeño cuarto donde se realizan las ofrendas ceremonias rituales en la religión Palo Monte, lit. ‘hacia la casa’. Ensó fua, cementerio, lit. ‘casa del muerto’. (Los creyentes cubanos prefieren las formas ortográficas nso y nzo.) Entoto (m). Tierra. 2 Cementerio.

Muna ensó, petite salle où sont pratiquées les offrandes, dans la religion du palo monte, littéralement « vers la maison ». Ensó fua, cimetière, litt. « maison du mort ». Entoto. Terre. 2 Cimetière.

Lombe (f). Mujer bonita. KL nlombé, marca de distinción de las mujeres del rey Nsundi.

Belle femme. Étym. Marque de distinction des femmes du roi Sundi. [Les Sundi sont un peuple bantou d’Afrique centrale.]

Lombanfula (m). Expresión religiosa de origen bantú que utiliza el agua en sus ritos, se diferencia del Palo Monte en que no tiene en su religión la enganga. Sus últimos creyentes se localizan en la región central de Cuba (Placetas, Sagua la Grande y Remedios). KL lomba, demandar, preguntar a un oráculo, interrogar; mfula, pólvora mágica.

Forme religieuse d’origine bantoue qui utilise l’eau dans ses rites et se différencie du palo monte en que sa religion ne possède pas d’enganga (voyez ce mot). Ses derniers fidèles se trouvent dans la région centrale de Cuba (Placetas, Sagua la Grande et Remedios). [Cette allusion aux « derniers fidèles » semble indiquer un déclin.]

Lubolo (m). Cuba, Arg., Ur. Denominación de grupe étnico de origen bantú. 2 Ur. Blancos pintados de negros en el carnaval de Montevideo.

Nom d’un groupe ethnique d’origine bantoue (Cuba, Argentine et Uruguay). 2 En Uruguay, nom donné à des Blancs peints en noir lors du carnaval de Montevideo.

DLE (adj.) Ur. Perteneciente o relativo a una agrupación de carnaval compuesta por personas de raza negra y por personas de raza blanca pintadas de negro, que actúan al compás de tamboriles. (m y f) Integrante de una agrupación lubola.

(adj.) Relatif à un ensemble carnavalesque composé par des personnes de race noire et par des personnes de race blanche peintes en noir, défilant au son de tambourins. (m/f) Membre d’un tel ensemble.

[Le fait de se peindre le visage en noir se retrouve également dans le maracatu cearense, de la province de Ceará au Brésil, où il a peut-être à voir avec le fait que les calungas (voyez ce mot) ou poupées tutélaires de ces processions, sont noires. Les Brésiliens insistent sur le fait que ce maquillage, le negrume, n’a pas les connotations du blackface (blackface minstrelsy) aux États-Unis.]

Blackface Queen, Maracatu Cearense. Source: GGN

Maracuta Vozes da África. Source: Diário do Nordeste.

Lucancasi (m). Diablo. KL nkasi, crueldad; nluka, centro donde brotan las innombrables fuerzas de Dios en todas direcciones.

Diable. Étym. « Cruauté », et le centre d’où jaillissent les innombrables charismes de Dieu dans toutes les directions.

Macatú (m). Col. Danza dedicada a Calunga. KL maka, ver un espíritu, espectro, cosa maravillosa.

Danse dédiée à Calunga. Étym. Voir un esprit, un spectre ou une chose surnaturelle. [Cette danse semble donc liée à l’origine à des phénomènes visionnaires.]

Macuto (m). 1 relig. Pequeña bolsa con poderes mágicos. 2 Bolsa, bulto, paquete pesado.

Petite bourse aux pouvoirs magiques. 2 Bourse, ballot.

DLE (m). Mochila, especialmente la del soldado.

Sac, en particulier celui du soldat (havresac).

Macuta, Macuca (f). Antiga moeda de cobre que circulava entre os nativos de Angola. (BR)

Ancienne monnaie de cuivre en circulation chez les peuples natifs d’Angola. [J’ignore si l’étymologie est commune entre le terme espagnol et ce terme brasilo-portugais ressemblant. Je note toutefois une parenté conceptuelle entre la monnaie (le contenu) et une bourse (le contenant). L’existence d’une ancienne monnaie métallique, d’origine apparemment locale, en Afrique subsaharienne attire par ailleurs mon attention.]

Mambo (m). 1 Palabra, discurso ritual. 2 Canto o frase rítmica que en los ritos del Palo Monte se vincula a las transes. 3 Género bailable de mediados del siglo XX de origen cubano que contiene partes cantadas. (Valdés Bernal opina, siguiendo a Dalgish, que procede del vocablo yoruba mambo, ‘hablar’.)

Parole, discours rituel. 2 Chant ou phrase rythmique associée à la transe dans le palo monte. 3 Musique du milieu du vingtième siècle d’origine cubaine, avec des parties chantées ; danse accompagnée par cette musique. [Le mambo, comme genre musical et comme danse, est évidemment bien connu puisqu’il a été popularisé internationalement par des disques ainsi que des films de grande diffusion ; l’origine de son nom l’est beaucoup moins.]

Maranguango (m). Col. Mezcla de líquidos para un maleficio; veneno. KL malangua, lugar donde se guardan las botellas del malafo (vino de palma).

Mélange de liquides servant à un maléfice ; poison. Étym. Lieu où sont gardées les bouteilles de vin de palme.

Maso (m). Persona que tiene un santo o espíritu en su cabeza. PS mazowa, iniciación religiosa.

Personne possédant un saint ou un esprit dans la tête. Étym. Initiation religieuse. [Les religions autochtones d’Afrique subsaharienne ont une forte composante initiatique.]

Matari (f). Piedra. 2 Piedra con poderes mágicos de los rituales congos en Cuba.

Pierre. 2 Pierre dotée de pouvoirs magiques, dans les rituels kongo à Cuba.

Mayombe (m). Sacerdote con jerarquía y vastos conocimientos del sistema religioso Palo Monte. Palo Mayombe, variante del Palo Monte que trabaja el mal. 2 Tercer momento de consagración a Ensambi. 3 Denominación étnica de esclavos de origen bantú. KL mayombe, jefe supremo, príncipe, gobernador, título honorífico.

Grand prêtre, aux connaissances étendues, dans le palo monte. Palo mayombe, variante du palo monte dédiée à la magie noire. [La distinction ne semble pas toujours faite de cette manière entre le palo monte et le palo mayombe ; par exemple, la page Wikipédia française donne les deux appellations comme synonymes.] 2 Troisième moment de la consécration à Ensambi [Dieu]. 3 Nom ethnique d’esclaves d’origine bantoue. Étym. Chef suprême, prince, gouverneur, titre honorifique.

DLE (m). Culto afrocubano de origen bantú.

Culte afrocubain d’origine bantoue.

Mayumba (). Fetiche contra la locura. KL ma-yumba, enquisi que causa la tristeza, la locura.

Fétiche contre la folie. Étym. Fétiche cause de tristesse, de folie.

Quini-quini (m). Talla de madera con poderes mágicos. KL kiini, talla en forma humana de los espíritus, hecha para actos rituales. PS kini, talla de ídolo del espíritu de los muertos.

Statue de bois taillé dotée de pouvoirs magiques. Étym. (selon Laman) statue taillée en forme humaine représentant les esprits, sculptée en vue des actes rituels ; (selon Swartenbroeckx) idole de l’esprit des morts.

Quiñumba (m). Brujo; brujería. 2 Muerto; fantasma. 3 Cabeza; calavera. 4 Variante para hacer el mal en los sistemas religiosos de origen bantú en Cuba. KL quinyumba, espíritu, fantasma, malos espíritus, espíritu de un muerto.

Sorcier ; sorcellerie. 2 Un mort ; un fantôme. 3 Tête ; crâne. 4 Variante consacrée à la magie noire dans les systèmes religieux d’origine bantoue à Cuba. Étym. Esprit, fantôme, mauvais esprits, esprit d’un mort.

Quimbanda (m). Sacerdote do culto angola-congo, ao mesmo tempo com função de curandeiro. (f) Linha da umbanda, denominada popularmente umbanda de linha negra, por incluir em suas práticas o culto aos exus e supostos malefícios encomendados a pessoas, animais e objetos. 2 Por ext. o conjunto das práticas e rituais desse culto. (BR)

Quimbanda. (m) Prêtre du culte angolano-congolais, qui exerce en même temps une activité de guérisseur. (f) Branche de l’umbanda, dénommée populairement umbanda du versant noir en raison du fait qu’elle inclut dans ses pratiques le culte aux exu (intercesseurs) et de supposés maléfices envers personnes, animaux et objets. 2 Par extension, l’ensemble des pratiques et rituels de ce culte.

Yimbi (s). Iniciado en el sistema religioso de Palo Monte. KL nkimba, sociedad secreta, persona iniciada en sus misterios.

Personne initiée au système religieux du palo monte. Étym. Société secrète, personne initiée à ses mystères.

Yimbibula (f). Fiesta religiosa.

Fête religieuse.

La Chute des Arabes du Congo: Poème historique

Ce poème, publié dans le recueil La lune chryséléphantine (Les Éditions du Bon Albert, 2013) et relativement imprégné de l’esprit de sa source, nommée en exergue du poème, comme par les lectures héroïques et impériales des romans classiques d’aventure pour la jeunesse, est un adieu rétrospectif et crépusculaire à mon enfance.

Le jeune Français qui s’éveille à la culture continue de rêver à l’épopée impériale de son pays notamment en Afrique noire, laquelle devient, dans le récit des explorateurs et des conquérants, dans les romans tels que L’étonnante aventure de la mission Barsac de Jules Verne (terminé par son fils Michel Verne) ou Allan Quatermain et She de Henry Ridder Hagard, le symbole de l’inconnu qu’il a devant lui et qui n’est autre que son propre avenir.

Puis, vient la notion que les faits et gestes de ses pères, dont il a reçu l’héritage et le sang, blessaient la loi morale, la justice. Mais, même chez un auteur comme Jack London, peut-être le dernier grand maître du roman d’aventure, malgré son socialisme et son réalisme qui le place aux côtés du Joseph Conrad d’Au cœur des ténèbres, on trouve ce désir brûlant de conquérir l’inconnu, cette soif d’aventure qui tend à fermer les yeux sur les turpitudes d’une vie de conquérant et de dominateur. Même après avoir dit que l’homme occidental a été plus barbare que les peuples « barbares » qu’il a conquis et que c’est la raison pour laquelle il a pu les conquérir, une part en Jack London restait émerveillée par l’impérialisme de sa race anglo-saxonne, sinon de sa nation, et cherchait à le disculper en distinguant ses sacrifices et ses vertus du mercantilisme exploiteur qu’il préparait.

Qu’il y ait eu chez les descubridores et conquistadores des siècles passés, à côté d’iniquités sans nom, maints sacrifices et héroïsmes est peu contestable et le récit de leurs aventures transporte l’esprit, de même que la description par Las Casas de l’envers de l’épopée émeut aux larmes.

C’est pourquoi, après avoir à mon tour loué la bravoure des conquistadores puis pleuré sur le sort de leurs victimes, des peuples entiers, après avoir écrit ce poème sur la guerre au Congo entre Européens et Arabes (ou Arabo-Swahilis, guerre de 1892-1894), j’ai donné la parole aux libérateurs de leur continent dans des traductions de poésie africaine lusophone et anglophone (voir l’index de ce blog).

La chute du poème, qui fait l’objet d’une note, est une allusion à la flamme qui ne peut être entièrement éteinte et que j’ai appelée « le désir brûlant de conquérir l’inconnu ». L’Afrique s’est libérée du colonialisme et continue de lutter pour s’émanciper totalement du néo-colonialisme économique. L’âge des « grandes découvertes » et de l’exploration du monde est révolu mais certains, comme Bernard Heuvelmans (1916-2001), cherchent encore des « bêtes ignorées », des cryptides. Peut-être existent-elles, ces bêtes ignorées, peut-être les forêts humides du Congo et d’autres pays sont-elles encore suffisamment vastes et impénétrables pour les y cacher, mais pour combien de temps, alors qu’en Amazonie et ailleurs les bulldozers rasent chaque jour d’immenses surfaces de forêt vierge ?

Nous avons besoin d’explorer l’inconnu et, notre planète étant désormais le « village mondial » anticipé par le visionnaire Marshall McLuhan, notre âme d’explorateurs se tourne vers l’espace infini qui entoure ce village et dont nous savons si peu de choses encore.

Le poème est suivi d’une note « Comment lire un alexandrin » inédite.

Forêt du Congo

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La Chute des Arabes du Congo

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D’après The Fall of the Congo Arabs (1897), par Sidney Langford Hinde, capitaine dans l’« État indépendant du Congo », chevalier de l’Ordre royal du Lion.

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I

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L’Afrique, promontoire enveloppé de nuit,
Territoire inconnu, l’Afrique inexplorée,
Ainsi qu’un feu-follet sous la lune, qui luit
Et silencieux danse une chasse enfiévrée,

Tremblant, trouble mirage, Éden enseveli
Dans d’épaisses vapeurs, des brumes d’eaux profondes,
L’Afrique immense et vierge en sa gangue d’oubli,
Couvrant de ses forêts des gouffres et des mondes,

Tel était le Congo que je vais évoquer !
Et l’on verra comment l’énigmatique terre,
Que nul profanateur n’avait pu bien marquer,
Au temps prescrit devint un théâtre de guerre ;

On verra Léopold, fulminant souverain,
Affronter, au milieu de débauches tribales,
Le glaive du Prophète entre des doigts d’airain,
Et les morts destinés aux rites cannibales.

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II

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Depuis longtemps déjà, l’Islam, à Zanzibar,
Sur la mer possédait une imprenable enceinte,
Où l’imam, gravissant le rituel minbar,
Commentant la Sunnah, prêchait la guerre sainte.

De cette forteresse à l’abri du démon
Les Arabes d’Oman pénétraient en Afrique,
Attirés par l’ivoire et l’ébène, ce nom
Que celui qui les vend aux esclaves applique.

Les Bédouins, peu à peu se mêlant aux Bantous,
Fondèrent au Congo d’ardentes dynasties,
Sans rompre tout à fait, mais sûrs de leurs atouts,
Créant sur plusieurs points épars des colonies.

Qui dira ce qu’étaient ces farouches sultans ?
Peut-être rêvaient-ils de Bagdads magnifiques,
D’Alhambras embaumés, au miroir des étangs
Qu’infestent les essaims de mouches pétrifiques ?

Dans de géants harems, les eunuques huileux
Ourdissaient-ils des plans infâmes de traîtrise ?
Qui disait la doctrine aux peuples nébuleux ?
Cet islam avait-il la pureté requise ?

Quoi qu’il en soit, on sait qu’une prospérité
Relative avait cours dans leurs vastes domaines.
Plus qu’un puzzle de fiefs, c’était en vérité
Un État déployant ses forces souveraines.

Or, au même moment, Al-Mahdi, l’Inspiré,
S’emparant de Khartoum, érigeait un empire :
Le Turc anéanti, le Soudan délivré
Du clanisme ancestral, l’Anglais qui se retire,

Par le glaive et la foi voyait ainsi le jour
Un califat arabe altéré de conquêtes.
Eussions-nous au Congo vu de même, quel tour
Aurait pris le combat pour les cœurs et les têtes ?

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III

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Peut-être dans le but d’imiter le Mahdi,
Les sultans du Bassin voulurent mettre un terme
À la présence belge et par un coup hardi
Fonder leur ascendant de manière plus ferme.

Ils lancèrent alors une brusque razzia
Contre les peu nombreux officiers à demeure,
Ennemis de la pure et sainte Sharia ;
Pour l’un ou l’autre camp avait donc sonné l’heure.

Léopold répondit immédiatement.
D’un côté, Séfou Tip, fils de Tippo ; de l’autre,
Francis Ernest Dhanis au haut-commandement.
Au-delà des fusils, Prophète contre Apôtre.

Si Dhanis dirigeait quelques combattants blancs,
Sa troupe était de fait une armée indigène.
Gongo, son allié, chef d’hommes violents,
Résidait à N’Gandu, capitale et géhenne.

Car c’était, entouré par un rempart en bois
Que des têtes de mort couronnaient, inquiètes,
Un vrai donjon, avec gardes en tapinois,
Tunnels en cul-de-sac et pavés de squelettes !

Ses habitants, confie un Blanc qui put entrer,
Donnaient un sentiment de vigueur, de jeunesse ;
Ils avaient, poursuit-il, le pli de dévorer
Ceux des leurs un peu vieux ou bien pris de faiblesse.

Du reste, mécréants, ne craignant point la mort,
Ni les esprits du mal, ni rien, l’âme sereine,
Ils avouaient priser – sans y voir aucun tort –
Bonne sans condiments, tendre, la chair humaine.

Avec cet allié, le Belge aventureux
Avait à parcourir d’immenses forêts vierges
Pour dérouter le Maure et, sous ce dais ombreux,
Tenter de retrouver le bord fangeux des berges ;

Dans un silence lourd, quasi surnaturel,
Qu’il était long d’ouvrir à sa petite armée
Un chemin difficile et superficiel,
Craignant à chaque instant les flèches du Pygmée !

Ce peuple solitaire, elfes de la forêt,
N’aime point qu’impromptu le pas d’autrui résonne.
Ceux qui passent chez eux n’y marquent point l’arrêt :
Leurs traits empoisonnés n’épargneraient personne.

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IV

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Ce que fut la clameur des luttes corps à corps,
Avec quelle rudesse on s’y jetait en foule,
Et quels festins s’offraient les guerriers les plus forts,
Ne sera point perdu dans le temps qui s’écoule.

Quelque deux ans après le début des combats,
L’ultime coup porté contre les citadelles
De Nangwé, d’Ujiji, les dernières casbahs
Des Maures du Congo, vainquent les infidèles !

Un peu plus tard encore, au Soudan, Kitchener
Sous le feu des canons écrasait les Mahdistes.
(Marchand s’en retournait, tremblant du revolver,
Rendre compte à ses chefs : un Parlement d’artistes.)

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V

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J’ai raconté ces faits nûment, sans passion,
Parce qu’un parti-pris est karmique et funeste.
Des Arabes, des Blancs hantent la région ;
Ces diables sont passés, le Chipékoué* reste.

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*Chipékoué : Animal « cryptozoologique », monstre amphibie des immenses marais du Congo, non répertorié à ce jour. Peut-être un dinosaurien : voir B. Heuvelmans, Sur la piste des bêtes ignorées (1955) :

« S’étant livré à une enquête approfondie auprès des Noirs, Hughes a recueilli nombre de témoignages à propos du chipekwe. Le plus intéressant est sans contexte celui qui provient du grand chef de la tribu des Wa-Ushi, dont le grand-père avait assisté en personne, sinon participé, à la mise à mort d’un de ces monstres dans les eaux profondes de la Luapula, qui relie le lac Bangwéolo au lac Moëro : ‘Une excellente description de la chasse a été transmise par voie de tradition, écrit J.E. Hughes. Cela prit toute la journée à bien des meilleurs chasseurs de transpercer l’animal au moyen de leurs grands harpons Viwingo – les mêmes dont ils se servent aujourd’hui pour chasser l’hippopotame. On l’a décrit comme ayant un corps sombre et lisse, sans crins, et armé d’une seule corne blanche et unie, disposée comme la corne d’un rhinocéros mais faite d’un ivoire blanc et lisse, très fortement poli. Il est dommage que les Noirs ne l’aient pas conservée, car j’aurais donné n’importe quoi pour l’avoir.’ … L’aurai-je assez répété au long de cet ouvrage : il ne suffit pas de bonne volonté pour découvrir une bête même énorme dans un habitat qui garantit son incognito. Croire que l’on pourrait repérer à coup sûr un diplodocus dans un marais ou un lac couvrant des milliers de kilomètres carrés, c’est caresser l’espoir insensé de retrouver la classique aiguille dans un Gaourisankar de foin. »

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Comment lire un alexandrin

La diction des acteurs de théâtre, quand ils jouent une pièce écrite en alexandrins, ne donne pas franchement à entendre qu’ils récitent autre chose que de la prose, et sans doute le public contemporain, relativement peu familier avec la versification, et ce d’autant plus que sont éloignées ses années de collège et lycée, ne pourrait-il sans impatience entendre une pièce versifiée si les acteurs scandaient les vers comme il se doit.

Or la versification n’a que peu d’intérêt si l’on ne scande par les vers, c’est-à-dire si l’on ne donne pas à entendre leur rythme régulier, rehaussé par la rime, le rythme et la rime étant les deux éléments de régularité propres à charmer l’oreille au milieu de la diversité des tons, des vitesses d’élocution et d’intensité de la voix qu’appelle le fond du texte récité.

La scansion implique de savoir compter les syllabes d’un vers. Un alexandrin compte douze syllabes. Dans un poème en alexandrins, comme le présent poème, la rime intervient donc toutes les douze syllabes. Ici les rimes sont dites « croisées », c’est-à-dire que chaque quatrain (ensemble de quatre vers) compte deux rimes selon le schéma A-B-A-B.

Le comptage des syllabes ne poserait pas de difficultés si le modèle de versification que je suis était entièrement conforme à notre façon actuelle de prononcer le français. Or il se trouve qu’un certain nombre de mots, s’ils sont prononcés « naturellement », c’est-à-dire comme dans la langue parlée, rendent l’alexandrin boiteux, et la régularité de la scansion n’est plus respectée.

Par exemple, si la phrase « je ne sais pas » compte, dans un alexandrin, quatre syllabes, il n’est pas douteux qu’en la lisant dans d’autres contextes ou plus simplement en la prononçant soi-même on dira plutôt « je n’sais pas » ou « je sais pas », trois syllabes, voire « j’sais pas », deux syllabes. Par conséquent, quand un poète écrit l’alexandrin « je ne vois pas du tout de quoi vous me parlez », il s’attend à ce qu’on lise chaque syllabe distinctement, pour que les douze syllabes assurent la régularité de la scansion, tandis que cette régularité serait brisée si on lisait « j’vois pas du tout d’quoi vous m’parlez » car on ne prononce alors que huit syllabes ; et ainsi de suite pendant tout le poème.

C’est une règle facile à retenir : il faut prononcer distinctement chaque syllabe.

Mais il y a des cas plus difficiles, à l’intérieur de mêmes mots, notamment tout ce qui a trait à la diérèse ou découplement de deux voyelles successives, rarement prononcée dans la langue parlée mais fréquente en versification classique. Par exemple, au dernier vers du poème ici, le nom du « Chipékoué » sera articulé par la plupart en trois syllabes Chi-pé-koué (et c’est d’ailleurs conforme à la graphie originale Chipekwé), mais je l’ai écrit de cette manière pour rendre par diérèse le mot long de quatre syllabes, à savoir qu’il faut lire Chi-pé-kou-é. Alors le vers a douze syllabes et est un alexandrin :

1Ces-2dia-3bles-4sont-5par-6tis-7le-8Chi-9pé-10kou-11é-12reste

(En fin de vers, « reste » n’a qu’une syllabe ; s’il était à l’intérieur d’un vers devant un mot commençant par une consonne, il prendrait deux syllabes, par exemple « res-te-là »)

Dans le même alexandrin, « dia », dans le mot « diable », est prononcé une syllabe, comme ça se prononce, et non deux, « di-a ». C’est comme ça. Les règles, qui ont été codifiées dans les traités de versification, échappent parfois à toute logique ; à l’époque, elles devaient plus ou moins se conformer à la langue parlée. C’est devenu de moins en moins vrai. Certains, parmi les rares auteurs qui continuent à écrire de la poésie versifiée, ont renoncé à ces règles codifiées pour se rapprocher de la langue parlée actuelle. Je n’ai pas suivi cette voie dans ma propre poésie versifiée car il s’agit de toute façon d’un compromis plus ou moins boiteux ; personne n’écrira un vers où « je ne sais pas » sera lu trois, voire deux syllabes, et pourtant je sais que je ne prononce jamais, en parlant, « je ne sais pas » quatre syllabes et que, quand j’entends quelqu’un articuler de cette manière, je tique et pense : « Voilà un précieux ! »

Je fais donc suivre une liste de quelques mots où j’appelle l’attention du lecteur sur une diérèse (ou une autre particularité de prononciation) qu’il est censé connaître pour bien scander les alexandrins de ce poème. Par ordre d’apparition :

si-len-ci-eux (4)

fon-dè-rent-au-Con-go (6) (la liaison doit être audible : il ne faut pas prononcer « fondère au Congo » (5) mais « fondère-tau-Congo »)

Sha-ri-a (3) (mais, dans le même quatrain, ra-zzia [2] et non ra-zzi-a)

im-mé-di-a-te-ment (6)

vi-o-lents (3)

in-qui-ètes (3)

a-vou-aient (3)

a-lli-é (3)

su-per-fi-ci-el (5)

pa-ssi-on (3)

ré-gi-on (3)

Chi-pé-kou-é (4)