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LIII Aurillac Space Cake

Feng Shui Cool

En lisant, grâce à une amie, un livre sur le feng shui, je découvris que j’avais appliqué chez moi, sans le savoir, des principes feng shui, éprouvant une insatisfaction durable devant au moins deux dispositions de mon appartement.

Tout d’abord, je fermai ma cuisine américaine, moins feng shui qu’une cuisine indépendante, avec un paravent. Car il faut maintenir séparés les différents espaces dédiés.

Ensuite, je plaçai un rideau de perles entre le vestibule et le salon pour couper une ligne droite beaucoup trop longue (allant jusqu’à la salle de bain). Cette dernière disposition est décrite dans le livre comme particulièrement mauvaise, car le chi s’engouffre dans ce tunnel comme un tourbillon impétueux.

À l’époque où je fumais du haschich, j’étais, sous l’effet de cette substance, particulièrement sensible à certaines choses, et je comprends aujourd’hui que c’étaient les « flèches empoisonnées » du feng shui. Ainsi, je me souviens parfaitement (et c’était il y a plus de vingt ans) de la véritable souffrance que me causèrent les lignes et les angles d’une commode trop massive, dans la chambre où j’avais un lit chez un ami. Cette souffrance était démesurément amplifiée par un sentiment de faiblesse, voire de débilité profonde causé par le fait d’éprouver du malaise devant un simple meuble.

Si j’avais eu ce livre entre les mains dès l’installation dans mon nouvel appartement, ou si j’avais continué de fumer du cannabis, j’aurais pu mieux aménager mon intérieur il y a longtemps ! Au lieu de quoi, j’ai vécu dans un piège à chi fatal pendant des années.

Et si j’avais lu ce livre quand j’étais un haschichin, j’aurais évité quelques mauvais trips à l’époque.

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Joli, joli petit Français…

Kant dit que les Anglais sont plus familiers avec le sublime et les Français plus familiers avec le joli – le joli plutôt que le beau, car le beau se rapproche davantage du sublime que du joli, d’où je traduirais différemment le titre de son essai Beobachtungen über das Gefühl des Schönen und Erhabenen, par Observations sur le sentiment du joli et du sublime.

L’emploi du mot Schön en allemand me donne raison : on lance un « Schön ! » comme, chez nous, un « Joli ! » Et les passages de l’essai de Kant qui parlent des Français montrent d’ailleurs bien qu’il n’est pas question du beau mais du joli. Eh oui, messieurs les traducteurs et professeurs de France…

(Pour être tout à fait précis, Kant oppose, d’un côté, Anglais, Allemands et Espagnols et, de l’autre côté, Français et Italiens.)

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Aurillac Space Cake

Je me souviens d’Anglaises au camping du festival d’Aurillac, festival du spectacle de rue, camping hippie : complètement délurées mais complètement supérieures, à déambuler pieds nus avec un air émancipé que je n’ai jamais vu nulle part ailleurs. À les voir, j’avais honte de moi, je me faisais l’effet d’être en toc.

Les Anglais, au rassemblement hippie d’Aurillac, étaient impressionnants. Ils arrivaient avec leurs caravanes comme des bohémiens, si ce n’est qu’au lieu de visages méridionaux on voyait des enchanteresses blondes comme les blés. Je me souviens de l’une d’elles en particulier, de seize ou dix-sept ans, assise devant sa caravane, pieds nus, non loin d’un grand gars qui lui ressemblait, et comme je passais avec un compagnon devant sa caravane elle nous adressa cette douce parole : « Space cake ! » Comme une harengère aurait dit : « Le bon poisson frais ! » À défaut de lui acheter un cake au cannabis, ce pour quoi je regrette d’ailleurs de m’être montré pusillanime en la circonstance, craignant peut-être que sa recette serait trop forte pour les projets immédiats que j’avais, ou plus simplement parce que j’étais déjà défoncé jusqu’aux yeux, je lui souris, et elle me sourit, et le grand gars avait l’air content, et je n’ai pas oublié.

Mais l’impression d’être en toc était bien là…

(D’ailleurs, ceux dont je parle n’étaient pas forcément tous Anglais, car ils pouvaient aussi bien être Allemands, Néerlandais, voire Scandinaves…, et je ne sais pas pourquoi ce sont dans mon souvenir des Anglais, ou plutôt des Anglaises.)

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Le fait que Kant soit une cible privilégiée des attaques du Cercle de Berlin, pro-Einstein, est la preuve, ou du moins un indice intéressant, que j’ai vu juste en écrivant les « fragments » Kantism & Astronomy (ici), qui datent de 2005. Kantisme, en l’occurrence l’esthétique transcendantale de la Critique de la raison pure, et relativité sont incompatibles : c’est la conclusion de mes fragments.

La possibilité d’une compatibilité entre les deux n’est toutefois pas complètement exclue. Si la masse n’a guère plus de réalité « en soi » que l’espace « en soi » (c’est-à-dire hors de nos perceptions), il est peut-être possible d’envisager que la masse torde l’espace. Apparemment, ce n’est pas l’optique du Cercle de Berlin, pour qui kantisme et relativité sont bel et bien incompatibles, ce qui signe selon eux la fin du kantisme, tandis qu’une telle incompatibilité signe selon moi la fin de la relativité.

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Les femmes intelligentes ont, selon Helmuth Nyborg (Hormones, Sex, and Society, 1997), plus de testostérone que les autres, et par conséquent un plus grand appétit sexuel. En revanche, la testostérone inhiberait les capacités intellectuelles chez l’homme. Cette lecture m’a fait du mal, car j’ai toujours pensé que j’étais à la fois intelligent et viril.

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J’aurais été un pirate heureux, et, quand je serais devenu trop vieux pour aborder les galions espagnols, je me serais retiré dans une belle malouinière avec une bow window sur la mer et une lattice window sur un jardin.

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Quand j’étais en Amérique, je suis parfois passé, à Cambridge, Massachusetts, non loin de l’Université d’Harvard, devant une église swedenborgienne posée au milieu de son boulingrin d’herbe planté d’arbres.

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Je voudrais faire quelque chose dont je sois absolument certain que ce n’est pas une distraction de l’essentiel, qui se trouve je ne sais où. « A man of too many hobbies », c’est ainsi que Thomas Hardy décrit l’un de ses personnages, et c’est peut-être une limitation plus grave encore que la spécialisation, forcément technique, qui régit la vie intellectuelle de tant d’hommes aujourd’hui.

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Si je vends mon appartement, je n’en rachèterai pas un autre : je vivrai libre pendant une douzaine d’années. Cela ne vaut-il pas le coup ? Comme Rolla qui flambe son héritage en quelques années puis se tire une balle. Douze ans de liberté ne valent-ils pas mieux qu’une vie de servitude ?

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Vous rappelez-vous cette parole de D’Ormesson, qu’il avait peur d’un hommage funèbre par Hollande ? Il vient d’être décoré par ce dernier. C’est arrivé hier, le 26 novembre 2014. Le pauvre…

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Dans un livre de 1989, Wilson Bryan Key donne le chiffre d’une exposition moyenne de 1.000 messages publicitaires par jour pour une personne.

Dans la présentation Amazon du livre Neuromarketing de Morin et Renvoisé (fondateurs de la société SalesBrain), livre publié en 2007, on lit : « People are inundated daily by an average of 10,000 sales messages. »

Une multiplication par dix en trente ans.

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Média cool

Mon blog compte actuellement (mars 2015) 26 billets dans la catégorie « Pensées ». Cela fait entre 50 et 60 pages Word, soit plus d’une centaine de pages d’imprimerie. C’est du super-concentré d’idées. Si je développe les concepts, j’ai un bouquin de 400 ou 500 pages. C’est ce produit qui pourrait présenter ma pensée avec le plus de précision et de clarté, pour répondre à certaines attentes. Mais il n’est pas envisageable de déposer un pavé de 500 pages sur un blog internet, média cool.

Chaque concept qui devrait être présenté et explicité dans un livre comporte virtuellement, sur un blog, un méta-lien vers sa définition quelque part dans le Web. Par exemple, quand j’écris « média cool », c’est comme si l’on pouvait cliquer sur ce binôme pour faire apparaître une nouvelle fenêtre sur l’écran avec plusieurs lignes ou plusieurs pages de définition. Celui qui a besoin de cliquer clique, celui qui n’en a pas besoin ne clique pas.

Comme on trouve tout sur le Web, les spécifications sont virtuellement superflues. Le style, la langue deviennent aphoristiques, comme l’avait anticipé Marshall McLuhan. C’est véritablement un média cool.

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Une introduction
à mes recherches (en anglais) sur la publicité subliminale
(voyez Index: Subliminals Series)

Notre cerveau se compose de différentes parties, correspondant aux différentes périodes de notre évolution. La partie la plus archaïque est ce qu’on appelle le « cerveau reptilien » (commun aux reptiles et aux oiseaux), les deux autres parties sont le cerveau limbique (siège des émotions) et le néocortex (siège des pensées). La distinction entre le cerveau reptilien et le cerveau limbique est moins saillante que celle entre le cerveau limbique et le néocortex, c’est pourquoi on se contente parfois de distinguer un cerveau ancien (reptilien+limbique) et un cerveau nouveau (néocortex).

Le cerveau reptilien est l’organe de la survie : dans les conditions primitives d’existence, c’est lui qui scanne en permanence le milieu, notamment pour détecter les menaces. Chez les primates et chez l’homme, il est surtout visuel. Des recherches ont montré qu’il visualise les choses avant que celles-ci entrent dans notre champ de conscience.

Le principe des images subliminales est qu’elles sont visualisées par le cerveau reptilien sans entrer dans notre champ de conscience. Les publicitaires croient que cela peut avoir un effet sur les comportements d’achat, et ils s’appuient en cela sur l’« effet Poetzl », du nom du psychologue qui l’a découvert. Certains, à commencer par W.B. Key, théorisent ces phénomènes en termes d’inconscient freudien.

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La façon dont certains « r » sont prononcés dans la chanson Hadir de la chanteuse malaisienne Nadia ne laisse pas de m’étonner, car ils semblent être prononcés à l’anglaise.

Ainsi, dans le premier couplet, « Biarlah air mata, Biarpun merah hati luka Terhapus segalanya Impian kasih yang berlumpur », j’entends les « r » de biarlah, air mata, biarpun et berlumpur prononcés normalement mais les « r » de merah et de terhapus prononcés comme des « r » anglais (un son qui n’existe à ma connaissance dans aucune autre langue que l’anglais). C’est particulièrement frappant dans le mot merah et d’autres de la chanson.

À défaut de chanter en anglais, elle chanterait en prononçant à l’anglaise !

Or j’ai remarqué le même phénomène dans certaines chansons de pop thaïlandaise. Cette anglicisation de la prononciation dans la musique pop serait-elle un nouvel avatar de la domination culturelle anglo-saxonne ?

Voici la réponse, très pertinente, de la présidente de l’Association franco-indonésienne Pasar Malam à ces remarques, que je lui avais envoyées :

Je ne connais pas du tout la chanson malaisienne, aussi je n’ai aucune idée sur les ‘r’ prononcés à l’anglaise, si ce n’est que la question que je me suis posée sur les origines de la chanteuse que vous citez. Est-elle d’origine chinoise ? Le ‘r’ en mandarin (?) se prononce comme une consonne rétroflexe, comme en américain, me semble-t-il. (juillet 2015)

J’ignore si la chanteuse Nadia est d’origine chinoise. Même si elle l’est, je n’ai pas perçu ce phénomène de prononciation dans toutes celles de ses chansons que j’ai écoutées. Qui plus est, dans Hadir, la logique de cette prononciation m’échappe : ce n’est pas une question de position du ‘r’ entre deux voyelles ou entre une consonne et une voyelle. De plus, dans un même couplet répété deux fois, j’entends seterusnya prononcé normalement la première fois et à l’anglaise/américaine la seconde…

Le mystère reste donc complet. Il se peut qu’une telle prononciation sans cohérence dans des chansons de pop malaisienne mais aussi thaïlandaise (par exemple dans คนพิเศษ de la chanteuse Mint มิ้นท์ อรรถวดี) rappelle, sciemment ou non, des origines chinoises, la communauté chinoise étant nombreuse en Asie du Sud-Est et particulièrement bien implantée dans le commerce en général.

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La biologie a réhabilité le vaudeville ; ceux qui le dénigraient pour son invraisemblance en sont pour leurs frais. Dans le monde anglo-saxon, les divorces et autres joies de la séparation conjugale ne se font plus sans qu’on administre force tests de paternité (pour des histoires de sous), et les résultats, à savoir les chiffres de ces pères qui ne le sont pas, sont éloquents.

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Selon P.N. Oak, essayiste et militant hindouiste, le Taj Mahal serait à l’origine un temple hindou, converti en palais, puis en mausolée, par les « maraudeurs » musulmans. Toute son oeuvre porte sur le thème d’une « guerre de mille ans » entre Arabes et Hindous dans la péninsule indienne, et elle a été jugée anticonstitutionnelle en Inde (la Constitution indienne repose sur le concept de « communalisme »).

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Aldous Huxley devotes a chapter of his book Brave New World Revisited (1958) to subliminals. A fact which I think escaped W. B. Key’s notice.

Among other things, Huxley writes that “in Britain … the process of manipulating minds below the level of consciousness is known as ‘strobonic injection’.” & “Poetzl was one of the portents which, when writing ‘Brave New World’, I somehow overlooked. There is no reference in my fable to subliminal projection. It is a mistake of omission which, if I were to rewrite the book today, I should most certainly correct.

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John qui ?

À mon éditeur et sa femme, les très gioniens Michel et Nicole Lombard

Octobre 2015. J’ai cru que j’allais voir au Palais de Tokyo une exposition sur Jean Giono pour touristes américains. C’était en fait une installation modern art sur le poète beat américain John Giorno… Ah, on ne m’y reprendra plus !

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À mon éditeur et sa femme

Venant de lire la Brève Relation de la Destruction des Indes par Bartolomé de Las Casas, le cœur brisé, je me demande comment j’ai pu rester sourd si longtemps au message de ce saint homme, et publier des poèmes ignorant sa voix. L’insuccès de mes recueils est mérité. Las Casas a jeté sur les conquistadores une malédiction éternelle. Après lui, je veux les maudire à mon tour, et expier mes fautes en servant jusqu’à la fin de mes jours les humbles descendants de ces hommes et femmes victimes innocentes de leurs atroces iniquités. Je suis désolé de vous avoir rendus complices de mon injustice.

La belle réponse de Nicole Lombard :

Cher Florent,

Vous n’êtes pas le seul poète à vous être laissé fasciner par l’image des conquistadores, cruels, hélas, pire que cruels, mais aventureux et, il faut le dire, courageux. Il fallait l’être, rien que pour mettre le pied à bord de ces caravelles. « Ivres d’un rêve héroïque et brutal », cela dit bien ce que cela veut dire. Il fallait le génie et pour tout dire la sainteté de Bartolomé de Las Casas pour voir, dès cette époque, l’envers de ce que vous êtes tout à fait pardonnable d’avoir considéré comme une épopée. La Controverse de Valladolid est un grand moment de l’aventure humaine, la seule qui compte, celle du cœur et de l’esprit. Plutôt que de vous morfondre, pourquoi ne pas écrire maintenant ce que vous inspire cette malédiction ? Ce peut être très beau. Vous voilà maintenant comme saint Paul sur le chemin de Damas. Est-ce qu’il s’est tu ?

Et pourquoi, aussi, chanter des louanges à Marie-Antoinette ?

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Mon révolutionnaire mexicain (x) ! Avec ses cartouchières croisées sur la poitrine, par-dessus son poncho de toile rude, il se sert de son fusil comme d’un bâton pour parer un coup de sabre ! Et son chapeau de sorcier !…

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Te conduzcan tus sueños al país encantado de las hadas con belleza y candiles mágicos.

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Tal vez necesitaría ser turista toda su vida para llegar a disfrutar su lugar de vida propiamente.

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I am no jessamine. I am an old, old tree with owls in its hollows, and my friends the squirrels are warm in the labyrinth behind my rind. They’re happy when it’s moon time, feeling so safe. I’m old, old, very old.

Oh squirrel friend, I’ll never let you leave my boughs!

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After trying to feel emotions for religion and nationality which I never had, I realized I could get none at all and stopped telling myself stories. What remains is a disgust for politicians and an opposition to the increasing accumulation of wealth and power in increasingly fewer hands. I am with the down and trodden, ¡los de abajo!

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1

L’adaptation cinématographique par Jack Clayton du Tour d’écrou trahit Henry James. J’allais développer, mais j’ai vu sur Wikipédia l’affiche du film « You’ll get the shock of your life! » Tout est dit : avec une réclame aussi vulgaire, il ne fallait pas s’attendre à du Henry James.

Juste un point sur la scène finale, un pur contresens. Dans le film, le petit Miles crie : « Quint, où es-tu, démon ? » et meurt. Ce qui signifie qu’il ne voit rien, aucun fantôme, et que la gouvernante est donc une frustrée (pour ne pas dire une mal baisée) qui hallucine. C’est l’interprétation à laquelle il faut s’attendre pour servir le plat à un public de porcs. Dans la nouvelle, les derniers mots du petit Miles sont « Quint, you devil! » mais l’insulte est adressée à la gouvernante et veut dire : « Oui, je vois Quint, espèce de diable (arrête de me torturer) ! » et il meurt.

Il faut dire que, si ce n’est pas une hallucination de la gouvernante, l’interprétation préalable de la présence des fantômes rend le film excessivement sulfureux puisqu’il s’agirait d’un cas de possession (et non seulement de visualisation ou quelque soit le terme technique en exorcisme) par lequel les deux amants morts cherchent à s’étreindre de nouveau. Ce qui nous conduit à l’inceste entre un frère et une sœur prépubères. Là encore, rien d’étonnant de la part d’Hollywood (même en noir et blanc), pour qui l’épaisseur glauque du cas social est l’élément, et jamais la psychologie transcendantale.

Je comprends mieux la préface savante et universitaire à la nouvelle, dans mon livre de poche, dont l’interprétation me semblait complètement tirée par les cheveux : c’est une critique du film et non de la nouvelle !

2

La critique du Tour d’écrou s’est essentiellement concentrée sur la question de savoir s’il s’agit d’un récit fantastique. La « Nouvelle Critique » a beaucoup glosé sur ce qu’elle ne peut voir que comme des hallucinations de la narratrice. C’est le genre de débat qui me confirme dans l’idée que, bien que littéraire jusqu’au squelette, j’aurais peu goûté des études littéraires. Je ne peux tout simplement pas lire de critiques littéraires – sauf celles d’Oscar Wilde. A fortiori, impossible d’ouvrir un supplément littéraire. Comme le répondait le même Oscar Wilde à un journaliste qui voulait que l’on brulât son Dorian Gray, aux époques éclairées on ne jette plus les livres au feu, seulement les journaux.

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Gouverner, c’est prévoir. Aucun gouvernant n’a vu le Brexit venir. Ils n’en voulaient pas, donc ne pouvaient y croire, croyant que toutes leurs paroles ont la vertu des prédictions auto-réalisatrices, donc ne pouvaient prévoir, donc ne sont pas en mesure de gouverner.

Les Anglais se sont couchés sûrs et certains que le Brexit avait fait pschitt. Au réveil, ils n’étaient plus en Europe. C’est énaurme.

De même, personne ne croyait que Donald Trump gagnerait la primaire de son camp.

Les médias sont attristés, leur pouvoir résidait justement dans ce pouvoir de prédiction auto-réalisatrice. Maintenant, le plus sûr, pour prédire, c’est de chercher ce que les médias condamnent. Pour savoir ce qui va l’emporter.

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Un ami américain m’a demandé ce que je pensais des élections présidentielles aux États-Unis. J’ai répondu que j’ai toujours « voté » Républicain comme Kerouac.

Mais là je ne peux plus.

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Retour de Prague. Il y a deux musées d’art contemporain à Prague, l’un pour l’art moderne et contemporain, l’autre pour l’art contemporain. Les deux un peu excentrés. Le premier, le musée du Pelejrni Palac, sur quatre étages, le plus visité, comporte notamment la série de vingt tableaux monumentaux de Mucha L’Épopée slave. Le second, le DOX, se trouve dans un quartier assez miteux. Tu sors de la station de métro et te retrouves immédiatement sur un rebord d’autoroute, avec des autoroutes qui se croisent par des ponts. L’angoisse. J’avais seulement pris la mauvaise sortie. Un jeune homme qui passait par là eut la gentillesse de me conduire à bon port, par des tunnels souterrains.

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Of Joyce I only read Ulysses, but I read it twice (in French), at 16 and 23. It occupies a special place in my memories. There is a rather long sequence about a lame girl on a beach that is deeply moving, and beautiful. Then, there is the final unpuctuated soliloquy, which each time as much captivated as it incensed me. Once, long ago, I was talking about the novel with a friend; she had not read it but she said a boy of her acquaintance had told her about the finale: “This is Woman’s mind.” I said “No,” trying to remain cool, but really ‘twas a protest from me. That a boy, the boy of her acquaintance, dared say such a thing – was not what gave me a surge, not that alone… Now all we’ve got is lost baggages.

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Le silence
Que je n’entends pas
Acouphènes

Subliminal XII: Transmarginal Advertising

Back to our Subliminal Junk series! (Go to Index for previous issues.)

For an explanation of the title “Transmarginal Advertising,” go to Complements, after Cases 88-95 below.

……………Case 88 Tyrannosaurus Toyota

An advert from the Italian weekly L’Espresso (1st October 2015).

Is it possible to miss the ferocious look of the car, with its headlights designed as brutish eyes and the bumper as the mouth of a furious animal ready to attack? It seems possible, yes, because who would admit, even to themselves, that they buy a car that looks frightful – a car that takes one back to some fantasy prehistoric times when cavemen would be riding dinosaurs to raid on their enemies and exterminate them to the last man?

Here you get an illustration to some scholarly conclusions I find thus expressed: “It is well-known that staring eyes can elicit fear in humans and other nonhuman species (Eibl-Eibesfeldt 1989; Aiken 1998) because such patterns are associated with ambushing predators and aggressive conspecifics (Coss 2003). Eyespots are exploited by certain organisms to ward off potential predators and sometimes they are even present in art, architecture, and design (Joye 2007). For example, some car brands seem to tap into these arousing effects by designing vehicles whose headlights are similar to frowning and threatening ‘eyes,’ which can give them a conspicuously aggressive look (Coss 2003; Joye 2007). Recent research by Aggarwal and McGill (2007) indeed confirms that car fronts are perceived as face-like and can express different types of emotions.” (“Evolutionary Store Atmospherics” – Designing with Evolution in Mind, Yannick Joye, Karolien Poels, and Kim Willems, in Evolutionary Psychology in the Business Sciences, G. Saad ed., 2011)

The “seem” in the next to last sentence (“some car brands seem to tap”) is superfluous: They do tap into these effects.

In the last sentence the authors cite some research that tends to show people are conscious of their perception of car fronts as being face-like. No doubt you can, in a psychology lab, draw the attention of people on the fact, but I suggest the perception is not conscious during purchase decision, for a man who would acknowledge he is buying a car because of its threatening and aggressive look would by the same token admit to himself either that he needs to compensate for some deficiencies in his life or that he is a public danger. Besides, if the same man is conscious of the ferocious look of his car, then certainly he can reflect that others will be conscious of it too and that they may make inferences from his choice of such a car to the kind of man he is, namely a man in need of compensation for deficiencies or an outright antisocial person, or both. Therefore, I think the ferocious aspect of the car as pictured in the advert remains largely subliminal. If perceived at conscious level, it will be explained away as unintentional, when it is in reality that sick mind of his that manufacturers and advertisers are tapping.

Case 88

Case 88

88-2

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……………Case 89 El Corte Inglès SEX

Cases 89 to 92 are taken from the Spanish magazine ¡Hola! (30 September 2015).

El Corte Inglès is a local store chain. I specify it because nothing in the ad would tell you. On this ad you only see a model leaning against the frame of what seems to be a huge mirror. Or maybe it’s just an empty frame, because you see no reflection; instead it’s the same whitish, empty wall inside and outside the frame. And the model is leaning against it. The copy, in Spanish, says “Inspiras otoño,” or “breathe the autumn.” The local store chain advertises its autumn fashion collection.

Yet this is not all. The back of the model’s left hand is in contact with some gilded pattern of the frame. This adornment is an erect penis, of which I have outlined the testes, the shaft and the glans (picture 89-3). What would make you overlook that it is an erect penis is not only the downward direction of the penis but also the somewhat warped proportions of the shaft and glans. No matter how realistic the curvature of the shaft, it tapers at the junction with the glans, which makes the latter look extremely big.

The model is caressing it with the back of her hand. Moreover, the index finger is pointing to the model’s mouth, which may be telling you she is intent on putting the penis in her mouth.

Case 89

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…………….Case 90 Jo Malone (London) SEX

The copy says that the combination of mimosa and cardamom is “sensual, warm and enveloping.” Fine. Now, strangely, part of the tablecloth is hooked to, I don’t know for sure, either a branch of mimosa or the model’s ankle just behind it (more likely the branch, however). This, in my opinion, is completely crazy. How could the advertisers overlook such a blunder? Couldn’t they just disentangle the tablecloth from the plant or the model’s ankle bracelet before taking the picture? How much were these incompetent fools paid for that shot?

Yet, when you look more carefully at the tablecloth, you see that the fold it is making due to its being entangled with the mimosa looks like an erect penis. It’s not that they needed the hooking to make the fold, because most of the picture seems to have been airbrushed and they could have airbrushed any type of fold they wanted, but they needed a dissonant element to draw your subconscious attention to the subliminal sexual depiction. From the tip of the penis, sperm, drawn as white irregular blots, is spurting (sluggishly). This ejaculation happens on the same spot where the copy’s word “sensual” is written.

Further on the right of the penis, you can see a spectral face on the cloth. The model herself has something eerie about her too. She may be described as been completely thoughtless and emotionless, as if zombified.

Case 90

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…………….Case 91 Travelkids SEX

Travelkids organizes travels and sojourns “for the family.” Yet, in case you would find it a bit trite, they suggest you may find more excitement than just that. I am not talking about the meeting with Santa Claus, which is the copy line, but of the subliminal embed in the background. A woman is laid with two men. One man is actually lying beneath her; you can see his face, looking at you, between her right thigh and her right breast. The other man’s face is against her face. I have also outlined what seem to be a stretched arm and a hand resting on the woman’s head, hinting at the possible presence of a third man. The man beneath the woman is penetrating her in the anus (picture 91-3). The vaginal slit may be stuffed with a penis too, if you look carefully, but I have not outlined this because I’m not so sure there.

Case 91

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…………….Case 92 Rabat (Barcelona Madrid Valencia) SEX

The bust shows almost only naked parts, uncovered skin. The pattern of the few centimeters of dress that you can see looks like spermatozoa.

Under her eyes, in the shady area, have been embedded a couple of SEXes which I leave to you to spot.

What I have concentrated on is the subliminal presence, in the background, of a woman wearing only a dark shirt or blouse wide open on her naked breast. The blouse has fallen down her shoulders, slightly, so the shoulders too are largely uncovered. Her left hand is on her vagina. The inclination of the head hints at a moment of abandon. That subliminal woman is masturbating.

Case 92

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…………….Case 93 Gucci SEX

Cases 93 to 95 are from Cosmopolitan UK Edition, October 2015.

On the left page of this two-page advert for perfume, you can see, beside the name of the brand and the copy (“Underneath it all she wears Gucci Bamboo” – this by itself is eroticism, isn’t it?), a Japanese-like ink print, complete with birds in bamboo trees and grass by a river. The river stream and grass stand for a moist, oozing vaginal slit with pubic hair.

The model on the right page, wearing a risqué evening dress, is looking at you intensely. You too are on the picture, mind you, because albeit you may think the shadow on the wall is hers, whose shadow is it that is on her? There is only one shadow and that’s the shadow of a man with erect penis (outlined on picture 93-2). This is whom the woman is looking at.

Case 93

Case 93

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…………….Case 94 Pantene SEX

Are words necessary? I don’t know how to tell you, but there’s not even a façade of propriety in your world. You talk like a person of worth and dignity, and yet that’s the kind of stuff your guests will find in your living room, on the sofa or under the coffee table – depictions of fellatio.

Please take a look at what I wrote on Case 72 (here), where I already discussed the “blow dry” copy. The present advert confirms that I am right. For, yes, it’s a fellatio that you’re seeing just now. And it’s a fellatio that was intended, with that hairdryer and that wide-open mouth. Had it not been intended, there would have been some guy in the staff telling the others: “Shouldn’t we do something to make the picture look less like a fellatio?” And someone would have replied: “Oh yes, it’s true some people will think of a fellatio there! Let’s do something about it.” No, they wanted it that way.

Case 94

Case 94

……………Case 95 Fiat SEX

A female hand is about to apply lipstick to a car rear light. Because, as the copy goes, the rear light is as glossy as lipstick. On the other hand, the stick is about to penetrate the dark space between the red glossy “lining” of the rear light. It’s just another sexual representation.

Why do women put on lipstick in the first place? According to evolutionary psychologists, it’s a way to simulate sexual arousal, since her lips tend to redden and shine when a woman is aroused; such a state of arousal being in its turn sexually arousing for men, lipstick makes women more attractive. It’s like swollen genitals during estrus among certain primate species. Among species with visible estrus, a female can take no rest at these periods because all males want to copulate with her, and even if she’s monopolized by one dominant male he won’t stop copulate with her, in case she would be inseminated by another male despite all his vigilance (and he wants to counter the other male’s semen with his own: this is called sperm competition, see my Science of Sex series).

In echo with Case 88 (Tyrannosaurus Toyota), even though the ad is obviously aimed at women, its copy intends to be alluring to aggressiveness: “The Icon Reloaded. Change the Fiat 500? That’s crazy talk. So we set out to subtly style-up the little beauty. Take a look at the red hot halo-style rear lights with body coloured inserts. Just one of many ferociously fashionable (author’s emphasis) touches that make the new Fiat 500 even glossier. Shine baby, shine.”

Being fashionable is not enough, one has to be “ferociously” fashionable. Many a psychologist (even among evolutionary psychologists) will tell you women are not aggressive… They don’t live in the same world as us, seemingly. Women are aggressive and when they mean business they know how to use men as weapons.

“Icon” can apply both to the car and the customer, that is, the female ad viewer. If the latter needs “reloading,” and that can mean something very organic such as vagina-loading (this is consistent with the whole seduction line of the ad), she’d better reach out for the car.

Case 95

Case 95

…………….Complements

Have I the right to make use of all these adverts (95 so far, folks!) without asking permission to no one? I have read several scholarly books dealing (more or less competently) with advertising and they all thank the companies for their kind permission to let them use their material.

On one occasion, when Kentucky Fried Chicken faced a viral campaign on the Web because of a racist ad, first they hinted somewhat ominously at unpermitted use of their advert by the people who launched the campaign. Then they pulled the ad like good boys.

Still, I find it would be strange that the companies that otherwise pay for an advertisement to be made for one of their products and also pay for that advert to appear in various media, object to another medium showing the same material without even asking money for it. To be sure, I take the liberty of making comments on that material, which the other media never do (they take the money and shut up – that’s what they call informing the public). This is why I add here the following excerpt from Eric McLuhan’s introduction to the 2014 edition of Marshall McLuhan’s book Culture Is Our Business (1970):

Many have wondered at the lack of acknowledged permissions for using the ads in both books [The Mechanical Bride and Culture Is Our Business]. The reason is that permissions were unnecessary: the ads were available for free. Editors at Vanguard had found a curious legal fiction. Advertisers were being given huge tax breaks on the grounds that they were engaged in a sort of educational enterprise, “educating the public” about products so that it might better make informed choices. The upshot is that anyone can make use of the (government-supported) ads for free providing they were not being used as ads, but as educational materials, for educative purposes. Needless to say, the agencies were reluctant to let these matters become known to the public.

And, on behalf of advertisers, thank you for the tax breaks.

Whether this legal provision applies to my case or not, I haven’t the slightest clue (under which jurisdiction lies this blog is unknown to me), but I guess that if multinationals want to crush me they have the means. But I, on my side, have nothing to lose. (They perhaps have the means to buy me, as an alternative, who knows?)

I’ve got nothing to lose and besides I’m not alone; there is at least one living dead with me, namely Aldous Huxley, whose book Brave New World Revisited (1958), written about 25 years after Brave New World was published, I urge you to read, especially, regarding the present topic, its chapter IX “Subconscious Persuasion,” which I quote:

Poetzl was one of the portents which, when writing Brave New World, I somehow overlooked. There is no reference in my fable to subliminal projection. It is a mistake of omission which, if I were to rewrite the book today, I should most certainly correct.

Last but not least, a quote from William James on his views about the “transmarginal field of consciousness,” in The Varieties of Religious Experience (1902):

Such rapid abolition of ancient impulses and propensities [by religious conversion] reminds us so strongly of what has been observed as the result of hypnotic suggestion that it is difficult not to believe that subliminal influences play the decisive part in these abrupt changes of heart, just as they do in hypnotism. Suggestive therapeutics abound in records of cure, after a few sittings, of inveterate bad habits with which the patient, left to ordinary moral and physical influences, had struggled in vain. Both drunkenness and sexual vice have been cured in this way, action through the subliminal seeming thus in many individuals to have the prerogative of inducing relatively stable change (author’s emphasis). If the grace of God miraculously operates, it probably operates through the subliminal door, then.

and

Incursions from beyond the transmarginal region have a peculiar power to increase conviction.”

And the money-grubbers would deem it below their dignity to make use of such a powerful tool at their disposal?…

July 2016