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LIII Aurillac Space Cake

Feng Shui Cool

En lisant, grâce à une amie, un livre sur le feng shui, je découvris que j’avais appliqué chez moi, sans le savoir, des principes feng shui, éprouvant une insatisfaction durable devant au moins deux dispositions de mon appartement.

Tout d’abord, je fermai ma cuisine américaine, moins feng shui qu’une cuisine indépendante, avec un paravent. Car il faut maintenir séparés les différents espaces dédiés.

Ensuite, je plaçai un rideau de perles entre le vestibule et le salon pour couper une ligne droite beaucoup trop longue (allant jusqu’à la salle de bain). Cette dernière disposition est décrite dans le livre comme particulièrement mauvaise, car le chi s’engouffre dans ce tunnel comme un tourbillon impétueux.

À l’époque où je fumais du haschich, j’étais, sous l’effet de cette substance, particulièrement sensible à certaines choses, et je comprends aujourd’hui que c’étaient les « flèches empoisonnées » du feng shui. Ainsi, je me souviens parfaitement (et c’était il y a plus de vingt ans) de la véritable souffrance que me causèrent les lignes et les angles d’une commode trop massive, dans la chambre où j’avais un lit chez un ami. Cette souffrance était démesurément amplifiée par un sentiment de faiblesse, voire de débilité profonde causé par le fait d’éprouver du malaise devant un simple meuble.

Si j’avais eu ce livre entre les mains dès l’installation dans mon nouvel appartement, ou si j’avais continué de fumer du cannabis, j’aurais pu mieux aménager mon intérieur il y a longtemps ! Au lieu de quoi, j’ai vécu dans un piège à chi fatal pendant des années.

Et si j’avais lu ce livre quand j’étais un haschichin, j’aurais évité quelques mauvais trips à l’époque.

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Joli, joli petit Français…

Kant dit que les Anglais sont plus familiers avec le sublime et les Français plus familiers avec le joli – le joli plutôt que le beau, car le beau se rapproche davantage du sublime que du joli, d’où je traduirais différemment le titre de son essai Beobachtungen über das Gefühl des Schönen und Erhabenen, par Observations sur le sentiment du joli et du sublime.

L’emploi du mot Schön en allemand me donne raison : on lance un « Schön ! » comme, chez nous, un « Joli ! » Et les passages de l’essai de Kant qui parlent des Français montrent d’ailleurs bien qu’il n’est pas question du beau mais du joli. Eh oui, messieurs les traducteurs et professeurs de France…

(Pour être tout à fait précis, Kant oppose, d’un côté, Anglais, Allemands et Espagnols et, de l’autre côté, Français et Italiens.)

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Aurillac Space Cake

Je me souviens d’Anglaises au camping du festival d’Aurillac, festival du spectacle de rue, camping hippie : complètement délurées mais complètement supérieures, à déambuler pieds nus avec un air émancipé que je n’ai jamais vu nulle part ailleurs. À les voir, j’avais honte de moi, je me faisais l’effet d’être en toc.

Les Anglais, au rassemblement hippie d’Aurillac, étaient impressionnants. Ils arrivaient avec leurs caravanes comme des bohémiens, si ce n’est qu’au lieu de visages méridionaux on voyait des enchanteresses blondes comme les blés. Je me souviens de l’une d’elles en particulier, de seize ou dix-sept ans, assise devant sa caravane, pieds nus, non loin d’un grand gars qui lui ressemblait, et comme je passais avec un compagnon devant sa caravane elle nous adressa cette douce parole : « Space cake ! » Comme une harengère aurait dit : « Le bon poisson frais ! » À défaut de lui acheter un cake au cannabis, ce pour quoi je regrette d’ailleurs de m’être montré pusillanime en la circonstance, craignant peut-être que sa recette serait trop forte pour les projets immédiats que j’avais, ou plus simplement parce que j’étais déjà défoncé jusqu’aux yeux, je lui souris, et elle me sourit, et le grand gars avait l’air content, et je n’ai pas oublié.

Mais l’impression d’être en toc était bien là…

(D’ailleurs, ceux dont je parle n’étaient pas forcément tous Anglais, car ils pouvaient aussi bien être Allemands, Néerlandais, voire Scandinaves…, et je ne sais pas pourquoi ce sont dans mon souvenir des Anglais, ou plutôt des Anglaises.)

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Le fait que Kant soit une cible privilégiée des attaques du Cercle de Berlin, pro-Einstein, est la preuve, ou du moins un indice intéressant, que j’ai vu juste en écrivant les « fragments » Kantism & Astronomy (ici), qui datent de 2005. Kantisme, en l’occurrence l’esthétique transcendantale de la Critique de la raison pure, et relativité sont incompatibles : c’est la conclusion de mes fragments.

La possibilité d’une compatibilité entre les deux n’est toutefois pas complètement exclue. Si la masse n’a guère plus de réalité « en soi » que l’espace « en soi » (c’est-à-dire hors de nos perceptions), il est peut-être possible d’envisager que la masse torde l’espace. Apparemment, ce n’est pas l’optique du Cercle de Berlin, pour qui kantisme et relativité sont bel et bien incompatibles, ce qui signe selon eux la fin du kantisme, tandis qu’une telle incompatibilité signe selon moi la fin de la relativité.

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Les femmes intelligentes ont, selon Helmuth Nyborg (Hormones, Sex, and Society, 1997), plus de testostérone que les autres, et par conséquent un plus grand appétit sexuel. En revanche, la testostérone inhiberait les capacités intellectuelles chez l’homme. Cette lecture m’a fait du mal, car j’ai toujours pensé que j’étais à la fois intelligent et viril.

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J’aurais été un pirate heureux, et, quand je serais devenu trop vieux pour aborder les galions espagnols, je me serais retiré dans une belle malouinière avec une bow window sur la mer et une lattice window sur un jardin.

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Quand j’étais en Amérique, je suis parfois passé, à Cambridge, Massachusetts, non loin de l’Université d’Harvard, devant une église swedenborgienne posée au milieu de son boulingrin d’herbe planté d’arbres.

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Je voudrais faire quelque chose dont je sois absolument certain que ce n’est pas une distraction de l’essentiel, qui se trouve je ne sais où. « A man of too many hobbies », c’est ainsi que Thomas Hardy décrit l’un de ses personnages, et c’est peut-être une limitation plus grave encore que la spécialisation, forcément technique, qui régit la vie intellectuelle de tant d’hommes aujourd’hui.

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Si je vends mon appartement, je n’en rachèterai pas un autre : je vivrai libre pendant une douzaine d’années. Cela ne vaut-il pas le coup ? Comme Rolla qui flambe son héritage en quelques années puis se tire une balle. Douze ans de liberté ne valent-ils pas mieux qu’une vie de servitude ?

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Vous rappelez-vous cette parole de D’Ormesson, qu’il avait peur d’un hommage funèbre par Hollande ? Il vient d’être décoré par ce dernier. C’est arrivé hier, le 26 novembre 2014. Le pauvre…

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Dans un livre de 1989, Wilson Bryan Key donne le chiffre d’une exposition moyenne de 1.000 messages publicitaires par jour pour une personne.

Dans la présentation Amazon du livre Neuromarketing de Morin et Renvoisé (fondateurs de la société SalesBrain), livre publié en 2007, on lit : « People are inundated daily by an average of 10,000 sales messages. »

Une multiplication par dix en trente ans.

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Média cool

Mon blog compte actuellement (mars 2015) 26 billets dans la catégorie « Pensées ». Cela fait entre 50 et 60 pages Word, soit plus d’une centaine de pages d’imprimerie. C’est du super-concentré d’idées. Si je développe les concepts, j’ai un bouquin de 400 ou 500 pages. C’est ce produit qui pourrait présenter ma pensée avec le plus de précision et de clarté, pour répondre à certaines attentes. Mais il n’est pas envisageable de déposer un pavé de 500 pages sur un blog internet, média cool.

Chaque concept qui devrait être présenté et explicité dans un livre comporte virtuellement, sur un blog, un méta-lien vers sa définition quelque part dans le Web. Par exemple, quand j’écris « média cool », c’est comme si l’on pouvait cliquer sur ce binôme pour faire apparaître une nouvelle fenêtre sur l’écran avec plusieurs lignes ou plusieurs pages de définition. Celui qui a besoin de cliquer clique, celui qui n’en a pas besoin ne clique pas.

Comme on trouve tout sur le Web, les spécifications sont virtuellement superflues. Le style, la langue deviennent aphoristiques, comme l’avait anticipé Marshall McLuhan. C’est véritablement un média cool.

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Une introduction
à mes recherches (en anglais) sur la publicité subliminale
(voyez Index: Subliminals Series)

Notre cerveau se compose de différentes parties, correspondant aux différentes périodes de notre évolution. La partie la plus archaïque est ce qu’on appelle le « cerveau reptilien » (commun aux reptiles et aux oiseaux), les deux autres parties sont le cerveau limbique (siège des émotions) et le néocortex (siège des pensées). La distinction entre le cerveau reptilien et le cerveau limbique est moins saillante que celle entre le cerveau limbique et le néocortex, c’est pourquoi on se contente parfois de distinguer un cerveau ancien (reptilien+limbique) et un cerveau nouveau (néocortex).

Le cerveau reptilien est l’organe de la survie : dans les conditions primitives d’existence, c’est lui qui scanne en permanence le milieu, notamment pour détecter les menaces. Chez les primates et chez l’homme, il est surtout visuel. Des recherches ont montré qu’il visualise les choses avant que celles-ci entrent dans notre champ de conscience.

Le principe des images subliminales est qu’elles sont visualisées par le cerveau reptilien sans entrer dans notre champ de conscience. Les publicitaires croient que cela peut avoir un effet sur les comportements d’achat, et ils s’appuient en cela sur l’« effet Poetzl », du nom du psychologue qui l’a découvert. Certains, à commencer par W.B. Key, théorisent ces phénomènes en termes d’inconscient freudien.

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La façon dont certains « r » sont prononcés dans la chanson Hadir de la chanteuse malaisienne Nadia ne laisse pas de m’étonner, car ils semblent être prononcés à l’anglaise.

Ainsi, dans le premier couplet, « Biarlah air mata, Biarpun merah hati luka Terhapus segalanya Impian kasih yang berlumpur », j’entends les « r » de biarlah, air mata, biarpun et berlumpur prononcés normalement mais les « r » de merah et de terhapus prononcés comme des « r » anglais (un son qui n’existe à ma connaissance dans aucune autre langue que l’anglais). C’est particulièrement frappant dans le mot merah et d’autres de la chanson.

À défaut de chanter en anglais, elle chanterait en prononçant à l’anglaise !

Or j’ai remarqué le même phénomène dans certaines chansons de pop thaïlandaise. Cette anglicisation de la prononciation dans la musique pop serait-elle un nouvel avatar de la domination culturelle anglo-saxonne ?

Voici la réponse, très pertinente, de la présidente de l’Association franco-indonésienne Pasar Malam à ces remarques, que je lui avais envoyées :

Je ne connais pas du tout la chanson malaisienne, aussi je n’ai aucune idée sur les ‘r’ prononcés à l’anglaise, si ce n’est que la question que je me suis posée sur les origines de la chanteuse que vous citez. Est-elle d’origine chinoise ? Le ‘r’ en mandarin (?) se prononce comme une consonne rétroflexe, comme en américain, me semble-t-il. (juillet 2015)

J’ignore si la chanteuse Nadia est d’origine chinoise. Même si elle l’est, je n’ai pas perçu ce phénomène de prononciation dans toutes celles de ses chansons que j’ai écoutées. Qui plus est, dans Hadir, la logique de cette prononciation m’échappe : ce n’est pas une question de position du ‘r’ entre deux voyelles ou entre une consonne et une voyelle. De plus, dans un même couplet répété deux fois, j’entends seterusnya prononcé normalement la première fois et à l’anglaise/américaine la seconde…

Le mystère reste donc complet. Il se peut qu’une telle prononciation sans cohérence dans des chansons de pop malaisienne mais aussi thaïlandaise (par exemple dans คนพิเศษ de la chanteuse Mint มิ้นท์ อรรถวดี) rappelle, sciemment ou non, des origines chinoises, la communauté chinoise étant nombreuse en Asie du Sud-Est et particulièrement bien implantée dans le commerce en général.

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La biologie a réhabilité le vaudeville ; ceux qui le dénigraient pour son invraisemblance en sont pour leurs frais. Dans le monde anglo-saxon, les divorces et autres joies de la séparation conjugale ne se font plus sans qu’on administre force tests de paternité (pour des histoires de sous), et les résultats, à savoir les chiffres de ces pères qui ne le sont pas, sont éloquents.

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Selon P.N. Oak, essayiste et militant hindouiste, le Taj Mahal serait à l’origine un temple hindou, converti en palais, puis en mausolée, par les « maraudeurs » musulmans. Toute son oeuvre porte sur le thème d’une « guerre de mille ans » entre Arabes et Hindous dans la péninsule indienne, et elle a été jugée anticonstitutionnelle en Inde (la Constitution indienne repose sur le concept de « communalisme »).

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Aldous Huxley devotes a chapter of his book Brave New World Revisited (1958) to subliminals. A fact which I think escaped W. B. Key’s notice.

Among other things, Huxley writes that “in Britain … the process of manipulating minds below the level of consciousness is known as ‘strobonic injection’.” & “Poetzl was one of the portents which, when writing ‘Brave New World’, I somehow overlooked. There is no reference in my fable to subliminal projection. It is a mistake of omission which, if I were to rewrite the book today, I should most certainly correct.

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John qui ?

À mon éditeur et sa femme, les très gioniens Michel et Nicole Lombard

Octobre 2015. J’ai cru que j’allais voir au Palais de Tokyo une exposition sur Jean Giono pour touristes américains. C’était en fait une installation modern art sur le poète beat américain John Giorno… Ah, on ne m’y reprendra plus !

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À mon éditeur et sa femme

Venant de lire la Brève Relation de la Destruction des Indes par Bartolomé de Las Casas, le cœur brisé, je me demande comment j’ai pu rester sourd si longtemps au message de ce saint homme, et publier des poèmes ignorant sa voix. L’insuccès de mes recueils est mérité. Las Casas a jeté sur les conquistadores une malédiction éternelle. Après lui, je veux les maudire à mon tour, et expier mes fautes en servant jusqu’à la fin de mes jours les humbles descendants de ces hommes et femmes victimes innocentes de leurs atroces iniquités. Je suis désolé de vous avoir rendus complices de mon injustice.

La belle réponse de Nicole Lombard :

Cher Florent,

Vous n’êtes pas le seul poète à vous être laissé fasciner par l’image des conquistadores, cruels, hélas, pire que cruels, mais aventureux et, il faut le dire, courageux. Il fallait l’être, rien que pour mettre le pied à bord de ces caravelles. « Ivres d’un rêve héroïque et brutal », cela dit bien ce que cela veut dire. Il fallait le génie et pour tout dire la sainteté de Bartolomé de Las Casas pour voir, dès cette époque, l’envers de ce que vous êtes tout à fait pardonnable d’avoir considéré comme une épopée. La Controverse de Valladolid est un grand moment de l’aventure humaine, la seule qui compte, celle du cœur et de l’esprit. Plutôt que de vous morfondre, pourquoi ne pas écrire maintenant ce que vous inspire cette malédiction ? Ce peut être très beau. Vous voilà maintenant comme saint Paul sur le chemin de Damas. Est-ce qu’il s’est tu ?

Et pourquoi, aussi, chanter des louanges à Marie-Antoinette ?

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Mon révolutionnaire mexicain (x) ! Avec ses cartouchières croisées sur la poitrine, par-dessus son poncho de toile rude, il se sert de son fusil comme d’un bâton pour parer un coup de sabre ! Et son chapeau de sorcier !…

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Te conduzcan tus sueños al país encantado de las hadas con belleza y candiles mágicos.

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Tal vez necesitaría ser turista toda su vida para llegar a disfrutar su lugar de vida propiamente.

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I am no jessamine. I am an old, old tree with owls in its hollows, and my friends the squirrels are warm in the labyrinth behind my rind. They’re happy when it’s moon time, feeling so safe. I’m old, old, very old.

Oh squirrel friend, I’ll never let you leave my boughs!

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After trying to feel emotions for religion and nationality which I never had, I realized I could get none at all and stopped telling myself stories. What remains is a disgust for politicians and an opposition to the increasing accumulation of wealth and power in increasingly fewer hands. I am with the down and trodden, ¡los de abajo!

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1

L’adaptation cinématographique par Jack Clayton du Tour d’écrou trahit Henry James. J’allais développer, mais j’ai vu sur Wikipédia l’affiche du film « You’ll get the shock of your life! » Tout est dit : avec une réclame aussi vulgaire, il ne fallait pas s’attendre à du Henry James.

Juste un point sur la scène finale, un pur contresens. Dans le film, le petit Miles crie : « Quint, où es-tu, démon ? » et meurt. Ce qui signifie qu’il ne voit rien, aucun fantôme, et que la gouvernante est donc une frustrée (pour ne pas dire une mal baisée) qui hallucine. C’est l’interprétation à laquelle il faut s’attendre pour servir le plat à un public de porcs. Dans la nouvelle, les derniers mots du petit Miles sont « Quint, you devil! » mais l’insulte est adressée à la gouvernante et veut dire : « Oui, je vois Quint, espèce de diable (arrête de me torturer) ! » et il meurt.

Il faut dire que, si ce n’est pas une hallucination de la gouvernante, l’interprétation préalable de la présence des fantômes rend le film excessivement sulfureux puisqu’il s’agirait d’un cas de possession (et non seulement de visualisation ou quelque soit le terme technique en exorcisme) par lequel les deux amants morts cherchent à s’étreindre de nouveau. Ce qui nous conduit à l’inceste entre un frère et une sœur prépubères. Là encore, rien d’étonnant de la part d’Hollywood (même en noir et blanc), pour qui l’épaisseur glauque du cas social est l’élément, et jamais la psychologie transcendantale.

Je comprends mieux la préface savante et universitaire à la nouvelle, dans mon livre de poche, dont l’interprétation me semblait complètement tirée par les cheveux : c’est une critique du film et non de la nouvelle !

2

La critique du Tour d’écrou s’est essentiellement concentrée sur la question de savoir s’il s’agit d’un récit fantastique. La « Nouvelle Critique » a beaucoup glosé sur ce qu’elle ne peut voir que comme des hallucinations de la narratrice. C’est le genre de débat qui me confirme dans l’idée que, bien que littéraire jusqu’au squelette, j’aurais peu goûté des études littéraires. Je ne peux tout simplement pas lire de critiques littéraires – sauf celles d’Oscar Wilde. A fortiori, impossible d’ouvrir un supplément littéraire. Comme le répondait le même Oscar Wilde à un journaliste qui voulait que l’on brulât son Dorian Gray, aux époques éclairées on ne jette plus les livres au feu, seulement les journaux.

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Gouverner, c’est prévoir. Aucun gouvernant n’a vu le Brexit venir. Ils n’en voulaient pas, donc ne pouvaient y croire, croyant que toutes leurs paroles ont la vertu des prédictions auto-réalisatrices, donc ne pouvaient prévoir, donc ne sont pas en mesure de gouverner.

Les Anglais se sont couchés sûrs et certains que le Brexit avait fait pschitt. Au réveil, ils n’étaient plus en Europe. C’est énaurme.

De même, personne ne croyait que Donald Trump gagnerait la primaire de son camp.

Les médias sont attristés, leur pouvoir résidait justement dans ce pouvoir de prédiction auto-réalisatrice. Maintenant, le plus sûr, pour prédire, c’est de chercher ce que les médias condamnent. Pour savoir ce qui va l’emporter.

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Un ami américain m’a demandé ce que je pensais des élections présidentielles aux États-Unis. J’ai répondu que j’ai toujours « voté » Républicain comme Kerouac.

Mais là je ne peux plus.

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Retour de Prague. Il y a deux musées d’art contemporain à Prague, l’un pour l’art moderne et contemporain, l’autre pour l’art contemporain. Les deux un peu excentrés. Le premier, le musée du Pelejrni Palac, sur quatre étages, le plus visité, comporte notamment la série de vingt tableaux monumentaux de Mucha L’Épopée slave. Le second, le DOX, se trouve dans un quartier assez miteux. Tu sors de la station de métro et te retrouves immédiatement sur un rebord d’autoroute, avec des autoroutes qui se croisent par des ponts. L’angoisse. J’avais seulement pris la mauvaise sortie. Un jeune homme qui passait par là eut la gentillesse de me conduire à bon port, par des tunnels souterrains.

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Of Joyce I only read Ulysses, but I read it twice (in French), at 16 and 23. It occupies a special place in my memories. There is a rather long sequence about a lame girl on a beach that is deeply moving, and beautiful. Then, there is the final unpuctuated soliloquy, which each time as much captivated as it incensed me. Once, long ago, I was talking about the novel with a friend; she had not read it but she said a boy of her acquaintance had told her about the finale: “This is Woman’s mind.” I said “No,” trying to remain cool, but really ‘twas a protest from me. That a boy, the boy of her acquaintance, dared say such a thing – was not what gave me a surge, not that alone… Now all we’ve got is lost baggages.

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Le silence
Que je n’entends pas
Acouphènes

Subliminals XVII: Harvard Business Redux

Tell the men of the East to look out for the men of the West. The irrepressible Yank is knocking at the doors of their temples and he will want to sell ‘em carpet-sweepers for their harems and electric light plants for their temple shrines.” (Frank Norris, The Octopus)

After you read this new essay on subliminal advertising, I am confident that you will be aware the connection between the above quote and the essay is at best flimsy. In this the quote does no differ in the least from the usage in the publishing market, where publishing houses remunerate editing staff specialized in irrelevant and shallow quotations – the shallower the better. But the above quote also differs from the usual practice inasmuch as it is largely irrelevant but not at all shallow.

That quotation business reminds me of some author’s 6-page (!) Acknowledgments at the end of his book. He does not acknowledge his editors’ quotation job (there are no chapter-heading quotations in that one) but he is so frank and scrupulous in his thankyous to his “ghostwriter,” his “editor,” his “senior editor,” his “researchers,” to Mr so-and-so for the title of the book, and for such and such idea in the book, and for the very idea of the book, and so on and so forth, that one realizes after perusing this that the author’s contribution is at most that single acknowledgments section, and his name on the cover.

Yet I have got another quote for you, which will reverberate with the former one over these intercalary considerations of mine.

James Joyce’s book [Finnegans Wake] is about the electrical retribalization of the West and the West’s effect on the East: The West shall shake the East awake. …while ye have the night for morn … Joyce’s title refers directly to the Orientalization of the West by electric technology and to the meeting of East and West.” (Marshall McLuhan, War and Peace in the Global Village)

Harem or, more precisely, Purdah: A man who wants to see the world with his own eyes needs baggage consignment.

Cases 109 to 113 are taken once again from Harvard Business Review (for previous HBR cases see here). The issue is October 2016. It is extremely important to deal with cerebral material because, as you know, zombies must be shot in the head. (“Cerebral” refers to “Harvard,” of course, not to “Business,” don’t be silly.)

……………Case 109 Eva Air SEX

Case 109

Case 109

109-2

109-2

109-3

109-3

Eva Air is a Taiwanese airline company. The hostess has just served the passenger his meal and invites him to enjoy it with a gesture of her hand. Her other hand is concealed by copy; given how that other hand is positioned, one may think she holds something in it, for otherwise the hand would not be, as it is, somewhat lifted in the air but rather down along her body, but as she probably needed both her hands to carry the trail, and besides one sees no object whatever, coffee pot or anything like that, some parts of which would be sticking out of the concealing copy insert, in fact both hands are empty. Consequently, the concealed hand is making the same gesture as the visible hand, and what the hostess is inviting the customer to enjoy is not his meal but herself: she opens her arms to him and his embrace. This is a first subliminal effect.

Then there is a subliminal effect with the visible hand too. As you can see, a glass of wine placed between the hand and the photograph (and viewer) creates by refraction an optical illusion on the hostess’ visible hand. Through the glass, part of her forefinger is seen bigger as it is. Your brain, by experience, normally corrects such illusions and in fact, looking quickly at the picture you will not even notice (in the sense of paying attention to) the altered proportions. I beg you pay attention to these and consider carefully the object you now see. I have outlined the subliminal embed (picture 109-3) but I did a poor job with the computer mouse and am convinced that you can see the penis better on the “blank” picture (109-2). The glass swells the finger’s phalange into the shape of a penis glans, to which the other phalanges provide the shaft. The knuckle bone at the finger’s root looks like a testicle. This is a second subliminal effect.

…………….Case 110 Harvard Business Review’s Online Exclusive SEX

Case 110

Case 110

This is an ad for HBR’s online newsletter, dubbed “insider newsletter.” The logo above the copy shows a stylized torso with what seems to be a magic wand – represented as a stick radiating several, multidirectional beams. The object mixes magic and technology, since in the context of modern communication it could be seen as an electric antenna, and the beams as electric or radio waves.

It mixes more than just that. The stick is held in the middle of the torso, not at its margin. If you extend it in imagination, it reaches the groin. The stick is actually a huge erect penis, and it is giving off a massive ejaculate, in several spurts. The spurts are multidirectional because of a vigorous handshake applied to the penis.

……………Case 111 Wharton University of Pennsylvania’s Executive SEX Education

Case 111

Case 111

Copy: “Transformation. ‘The moment I knew there were no limitations to what I could achieve’.” In brackets, so we know the utterer of these memorable words is the model. The guy’s transformation is rendered by graphic means by the somewhat fuzzy contours of several of his parts, such as his hair and shirt; the fuzziness does not result from my hand trembling while taking the picture, it is in the original. The guy is transforming before our very eyes, and the background, above his head, is no background at all but a thermic, misty halo emanating from his body as a result of energetic processes at the heart of his transformation.

If we believe the copy, this uncanny mutation will enable the lad to overcome all limitations. Now what, according to you, are the obvious limitations of this guy? He does seem to lack neither intelligence nor the qualities inherent to a friendly, easygoing person. On the other hand, he clearly is a geek. I mean, try to imagine a better representation of a hopeless geek… You cannot. The limitations of our buddy here are sexual.

Executive education is often aimed at people with scientific and engineering training who want to make more money and achieve higher status in the organization world to which they are bound, by opening executive positions to them. As trainees in sciences and engineering, they demonstrated intelligence and a capacity for long studies and hard work. Now it is time to make men of such spineless clowns, and this is what executive education is for. As a consequence, the present ad is a mere copycat of Jerry Lewis’s film The Nutty Professor (1963), whose French title, Docteur Jerry et Mister Love, makes obvious the parodic reference of the film to Stevenson’s famous story about a man’s transforming personality – in the original it is the transformation of a respectable notable into a perverse brute, and in the parody the transformation of a geek into a lady killer. Higher status is the main tool for overcoming males’ sexual limitations, and key to higher status is executive education.

…………….Case 112 Wells Fargo SEX

Case 112

Case 112

112-2

112-2

The erotic content of the ad is hardly mistakable. The woman is sexually aroused. I have drawn two straight lines (picture 106-2) to show the tilting of her head. She is about to kiss the man or is inviting him by her attitude to kiss her. Her eyes are half-closed: these are “bedroom eyes” (seductive eyes). Her lips are puckered up. We see a perfectly triangular, dark area on her trousers at the level of genitals as if the fabric were wet with moisture of arousal.

The man seems rather indifferent, which means: This has happened to him so many times. Every business trip, the lucky guy.

Complement. Among the many preposterous distortions of reality in films of mass consumption, the female character taking sexual initiative is one of the best jokes – even better than female warriors, another recent staple of these products which is such bad taste and so much absurdity, knowing that a man’s slap sends a woman flying ten meters away (I don’t know this from experience, but I don’t need experience to know that it is so). We owe the ubiquitous initiative-taking woman of the movies to the following consideration. The hero being the man, he must be rewarded – with sex (if he is not rewarded with sex, he is a failure, not a hero). But as a hero, his behavior ought not to evidence the vulgar commonalities of his sex, that is, urgent interest in sexual acts, lechery, womanizing, and prostitutes-seeking. The only way for the film maker to solve that dilemma is to introduce on a systematic basis an initiative-taking female character who rewards the hero with her love and body, toward the middle of the film, while he is fully absorbed in his mission and quest.

……………Case 113 Harvard Business School of SEX and Drugs

Case 113

Case 113

113-2

113-2

Copy: “Where experienced executives become exceptional leaders.” Ex-perienced, ex-ecutives, ex-ceptional: sex, sex, sex.

The black man on the right has a penis embedded on his shirt (picture 113-2).

With his bony finger he points toward the penis of the other black man, showing it to the white guy on the left: “You see that penis?” The penis must be erect, as the guy looks to the girl and gestures toward her as if to grab her. With her left arm, the girl is giving hint of a defensive move, as if to avoid the latter’s assault; this is just a reflex, she perhaps is a little scared by the dimensions of his penis but fundamentally she thinks it is okay to be inseminated by him. (Curiously, the skin color of each of her arms is not the same, the left one being tanned –or hairy!–, the right one being not, as if the former arm were another person’s intending to grab her wrist from under the table. Possibly she is going to be gang-raped.)

There is a fifth person on the left, another guy, of whom we only see the hands and shirtsleeves. He holds his pen as a junkie holds a syringe for a shot, with his thumb on top of the piston.

The ad, thus, is about all that is needed to make of “experienced executives” tolerable members of the society.

……………Complements

Job outsourcing by multinationals: Everybody knows… but nobody knows who.

As a Comment to Subliminals XIV (here), I wrote: “I will see if I can find multinationals’ job figures by country. Then we will know which countries would be most impacted by automation. We may call Nike an American company but I believe they employ more Chinese than Americans. If this is true, they may contribute a higher share to Chinese economic growth than to American growth and, on the other hand, the automation of Nike factories would impact Chinese work more than American work. [In the mean time I have been looking for Nike job figures by country and did not find them. Hard task, it seems. Probably with some reason…]”

The reason is, I now know, that companies are not compelled to divulge their job figures country by country. That, again, probably with some reason.

“U.S. Rep. Gary Peters (D-MI) introduced a bill that would require publicly-traded corporations to disclose the number of employees they have in the United States and overseas. Under current law, companies must disclose their total number of employees in annual Securities and Exchange Commission filings. Peters’ bill, titled the Outsourcing Accountability Act, wouldn’t create a new regulation, but rather change the existing rule so companies would have to break down their employment figures by nation and state.” (2012) (source)

The bill was voted down.

“Data from the U.S. Department of Commerce showed that ‘U.S. multinational corporations, the big brand-name companies that employ a fifth of all American workers… cut their work forces in the U.S. by 2.9 million during the 2000s while increasing employment overseas by 2.4 million’.” (source)

You bet companies don’t want to break down their job figures! That bill is key. When the American people realize and actually see (with figures) that their favorite brands employ 100 or 1.000 or 10.000 times more Chinese than Americans, they will start questioning their approach to consumption, I believe.

Add fiscal outsourcing, which is done by most big companies, as admitted by The Economist, and what I said about American multinationals contributing more to foreign growth than to American growth is wholly warranted: “The volume of money moving through such havens [i.e. “the most tax- and regulation-efficient jurisdictions”] on the way to their final destination has risen sharply since 2000 and currently makes up about 30% of all FDI [foreign direct investment].” (TE, Sep 17th-23rd 2016)

When I say “nobody knows who (does),” whereas all multinationals do, this simply means that people ought to get the figures presented to them in tables ranking the companies from highest to lowest outsourcing figures. Support Outsourcing Accountability Act.

The Winner Takes All

Wikileaks reveals: “Qatar giving Bill Clinton $1m for 5 minute meeting.” That is some $3.333 per second of presence. At this rate, Bill Clinton earns the same as 2,361,480 average Americans (Mean personal income $44,510, US Census Bureau).

If you take median income ($30,240), he earns as much as 3,475,842 or about 3.5 million average Americans.

Full-time minimum wage in US is $15,080. Bill Clinton earns the same as 6,970,125 or about 7 million American workers at the minimum wage.

The poverty line in US is $11,770. At his Qatari rates, Bill Clinton earns as much as 8,930,287 or about 9 million Americans at the poverty line.

If you know the mean/median income of the 46.7 million Americans below the poverty line (Census Bureau figures’ for 2014), then you can find how many millions of American paupers Bill Clinton is worth.

October 2016