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TW23 Fumus persecutionis de Luna Parquet

Anthologie Twitter septembre 2019 FR-EN

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Scander « Homo-folie, ça suffit ! » à proximité de stands LGBT que l’on vient de saccager ne constitue pas une injure à caractère homophobe. 🤔 (Curiosités juridiques)

Votre étonnement vient peut-être de ce que vous croyez que l’article 33 de la loi de 1881 interdit de s’opposer (pacifiquement, donc le saccage du stand reste a priori répréhensible) à l’action politique d’un mouvement, fût-il établi pour défendre les points de vue d’une minorité protégée.

Que les auteurs des propos soient « des étudiants catholiques » [selon l’article de presse joint au tweet] n’entraîne pas non plus une présomption d’homophobie. Même si cette présomption tombait sous le sens, elle ne pourrait être admise, sinon la religion catholique devrait être interdite pour illégalité de son objet.

Mais même une présomption irréfragable d’homophobie n’impliquerait pas ipso facto que les propos sont illicites. Ce n’est pas l’homophobie en tant que telle qui est condamnée par la loi de 1881 mais certains propos homophobes : l’injure (article 33) et l’incitation à la haine (article 24).

[Je perçois pleinement la contradiction des deux arguments précédents, l’un parlant d’illégalité de l’homophobie, l’autre expliquant que l’homophobie n’est pas illégale. C’est que ce point mériterait une clarification du juge ou du législateur, expliquant sans ambiguïté que l’homophobie (pas plus que le racisme, l’antisémitisme, etc) n’est pas en soi illégale. Même si c’est ce qui résulte des textes à l’évidence, il est hautement probable que nous attendrons une telle clarification encore longtemps.]

L’article 33 mettant dans le même sac race, orientation sexuelle et religion, et d’aucuns prétendant que l’on peut critiquer une religion sans que ce soit une injure, on peut, par le même raisonnement, critiquer une race ou l’homosexualité sans que ce soit une injure.

Comme cela s’applique également à l’incitation [provocation] à la haine, il faut croire que l’on peut critiquer (selon le dictionnaire, « émettre un jugement négatif sur ») un groupe de personnes « à raison de sa race, de son ethnie, de sa nationalité etc » sans que ce soit une incitation à la haine envers ce groupe de personnes.

J’avoue que tout cela reste très mystérieux et peu compréhensible, et c’est dommage dans le pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. » (Article 11)

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« Le chef cuisinier qui présente ses plats de sorte que les morilles représentent des testicules et l’asperge une verge commet une faute grave. » Cour d’appel d’Aix-en-Provence, 24 avril 2015 (Curiosités juridiques)

Preuve que la justice française connaît le subliminal.

La police aussi : tableau « VOYOU » (rien d’autre sur le tableau que ce mot en noir sur fond blanc) dans un bureau où se tiennent des auditions… Le subliminal, dans ce tableau, c’est que c’est censé être un élément décoratif dans un bureau, alors que c’est un moyen de pression psychologique.

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Cette publicité [ci-dessous] est-elle une faute grave de l’employé ou bien une technique bien rodée ? « Le cadeau préféré des mamans » ne ressemble-t-il pas fortement à des morilles et une asperge ?

Justice pour le chef cuisinier : il n’a fait qu’obéir aux ordres !

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« En raison de sa trop grande fantaisie, le prénom ‘Ravi’ est contraire à l’intérêt de l’enfant qui doit prévaloir sur le souci d’originalité des parents. » Cass., Civ. 1ère, 5 juin 1993 (Curiosités juridiques)

« Ravi signifie ‘soleil’ en sanskrit. Ravi est le dieu hindou du soleil, parfois assimilé à Surya. Un Ravi célèbre est le musicien Ravi Shankar » (qui joua à Woodstock). [Ce passage est ma traduction d’une page du site behindthename.com.] Un petit défaut de culture chez les juges ?

J’ai connu une Clytemnestre en vrai (de mon âge, la quarantaine aujourd’hui). Ce prénom d’origine grecque antique me semble d’une plus grande « fantaisie » que Ravi d’origine sanskrite et nom d’un musicien contemporain de renommée internationale. Les juges ont imposé dans cette décision leurs modèles culturels.

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Police : le « business » de l’outrage à agents. Les contrôles de police se passent souvent dans un climat de tension et les outrages à agents peuvent fuser rapidement. Les policiers peuvent ensuite porter plainte, car c’est un délit. Sauf qu’un business autour de ce délit est actuellement dénoncé par des avocats. (francetvinfo.fr)

Quel beau pays…

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Justice Clarence Thomas called for the Supreme Court to reconsider New York Times v. Sullivan, the landmark First Amendment ruling that makes it hard for public officials to prevail in libel suits. (NYT Politics)

Le juge Clarence Thomas de la Cour suprême américaine demande de reconsidérer la jurisprudence NYT v. Sullivan qui rend difficile (quasi impossible) à une personne dépositaire de l’autorité publique de gagner un procès en diffamation.

That would be the end of American Exceptionalism and Manifest Destiny.

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Acte 44

Lien vidéo x (Acte 44 des Gilets Jaunes à Rouen)

Le canon à eau tiré dans les jambes fait tomber un homme (cela ne m’étonnerait pas que ce soit sur la tête) et projette son corps sur 5-7 mètres, où il percute une seconde personne, qui tombe à son tour (avant de se relever). Le premier reste à terre.

C’est sûr que s’il avance pour se placer pile-poil dans le jet, il va se rendre compte que ce n’est pas un brumisateur. C’est aussi c** que de ramasser une grenade pour la relancer. (E. Franc)

On voit parfaitement sur la vidéo qu’il essaye d’éviter les jets.

Non : on le voit qui veut y aller… avec son pote qui le retient…Et puis son pote arrête de vouloir le retenir… Et plaf le chien… (E. Franc)

Il y a deux jets et il avance pour éviter celui qui touche le bras de la personne qui le tient par le sac à dos. La personne le lâche, non pas qu’elle l’ait voulu, contrairement à ce que vous affirmez, mais parce que le jet d’eau lui frappe le bras. Leur groupe est violemment coupé en deux et le choc propulse le premier en avant plus qu’il ne l’aurait voulu, juste sous le second jet.

Chacun voit ce qu’il veut voir. Bref, ce c** n’avait pas à braver les forces de l’ordre, on ne va pas pleurer non plus. (E. Franc)

Il n’y a qu’une chose à voir sur cette vidéo et c’est ce que j’ai décrit. Le jet touchant le bras et coupant le binôme est à 0:02. « Et puis son pote arrête de vouloir le retenir » est la plus évidente de vos multiples erreurs (en quelques lignes). « Arrêter de vouloir » implique que la personne avait le choix, mais la force du jet ne le permettait pas.

C’est curieux ce besoin de vouloir expliquer aux gens ce qu’ils doivent voir sur une vidéo… Et vous laissiez chacun regarder et se faire sa propre opinion plutôt que de vouloir imposer la vôtre ? (E. Franc)

Vouloir imposer une opinion, c’est exactement ce que vous faites en tweetant. Commencez par appliquer vous-même votre propre principe, en vous taisant, et peut-être que je le suivrai. 😂

Blague à part, votre remarque est aussi pertinente que de dire à un électeur qu’il cherche à imposer son candidat préféré en votant. Vous manquez de culture civique. C’est vouloir imposer ses opinions par la force qui est répréhensible.

Comme si, en commentant une vidéo, j’imposais mon opinion par la force. Avec vos conseils, Twitter peut mettre la clé sous la porte. Censeur.

Si mon point de vue s’imposait, ce ne serait pas par la force ou la contrainte. « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. » (Article 11 DDHC)

On découvre avec cette vidéo que le canon à eau peut être une arme dangereuse. Cela vaut la peine d’être dit. L’usage d’une arme dangereuse engage la responsabilité des forces de l’ordre sans faute à prouver.

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Hong Kong Protests

According to the 1985 Joint Declaration on the transfer of sovereignty, Hong Kong is due to be fully integrated in mainland Chinese one-party regime in 2047 (28 years from today). How could the people of Hong Kong submit willingly?

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‘‘In accordance with the ‘One country, two systems’ principle agreed between the United Kingdom and the People’s Republic of China, the socialist system of the People’s Republic of China would not be practised in the Hong Kong Special Administrative Region (HKSAR), and Hong Kong’s previous capitalist system and its way of life would remain unchanged for a period of 50 years. This would have left Hong Kong unchanged until 2047.’’ (Wkpd page Handover of Hong Kong)

Why write “would have left” rather than “would leave”? The Declaration says that Chinese Socialism will fully apply in Hong Kong after 50 years (1997-2047), which no doubt means, for the PRC, full socio-political ‘normalization’ of Hong Kong (the end of One Country Two Systems).

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I have a bad feeling about 2047…

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Francisation du vocabulaire : Qui voudrait devenir champion de « planche à roulettes » ? #Skateboard

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Lapsus. Après avoir dit que la justice était indépendante, la garde des sceaux dit : « Ça je le dis à mes procureurs, euh, aux procureurs ». Brillant. (Antoine Léaument, Communication numérique La France Insoumise)

« Mes procureurs » est juridiquement correct. C’est bien ça, le problème, et pas tellement qu’un ministre ne sache pas comment faire pour que ça ne se voie pas.

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Edward Snowden : « Cela doit nous alarmer quand toutes les démocraties occidentales commencent à dire qu’on a tellement peur du terrorisme, de ceci, de cela, qu’on va commencer à détruire nos propres droits. » (France Inter)

Les États-Unis ont beaucoup plus à perdre que nous. En termes de droits. La bonne nouvelle, donc, c’est que les Français ne vont pas perdre grand-chose.

P.S. Snowden parle ici des libertés fondamentales, je pense, pas des droits sociaux. Ces droits sociaux, les Français vont les perdre, oui, mais c’est une autre histoire.

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#ThrowbackThursday Harvard Summer School 2004. Touching John Harvard’s shoe.

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E. Borne réagit à la relaxe de deux militants écologistes [qui avaient décroché en mairie des portraits du Président de la République] : « Les comportements inciviques ne méritent pas d’être encouragés par des décisions de ce type. » (Télématin)

L’article 434-25 code pénal punit de six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende « le fait de chercher à jeter le discrédit publiquement sur un acte ou une décision juridictionnelle » mais il faut que le discrédit soit « de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice ou à son indépendance ». Il me semble que la clause restrictive signifie que la personne cherchant à discréditer une décision juridictionnelle doive être assez influente pour pouvoir porter atteinte à l’autorité ou à l’indépendance de la justice. Un membre du pouvoir exécutif, par exemple.

Il n’est pas très sain que des membres du pouvoir exécutif commentent des décisions de l’autorité judiciaire. Cela ne peut que nuire à l’indépendance de celle-ci. En outre, les magistrats n’ont a priori pas de droit de réponse en raison de leurs obligations statutaires.

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Citizen Four

Le lanceur d’alerte [Edward Snowden], qui a révélé l’espionnage massif et mondial conduit par les services américains, sort un livre et demande l’asile à la France. La ministre de la justice, qui se dit favorable à une telle mesure, a été recadrée. (Mediapart)

En ne démissionnant pas du gouvernement, la ministre de la justice montre au contraire qu’elle n’est pas favorable à la demande d’asile.

Compte tenu du principe de solidarité gouvernementale, tout propos individuel d’un ministre qui n’est pas avalisé par le collectif gouvernemental ne doit jamais être porté au crédit de ce ministre, s’il ne démissionne pas.

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La demande d’asile de Snowden doit passer par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), dit le gouvernement [article du Canard enchaîné du 18 septembre « Snowden Ding Dong »], mais comment imaginer que l’office, sous tutelle du ministère de l’intérieur, décide d’accueillir une personnalité comme Snowden sans demander leur avis aux plus hautes autorités du pays ? Se défausser de cette manière, faire croire que c’est le préposé en bas de l’échelle qui décide des relations internationales du pays, alors que ces actes sont des « actes de gouvernement », à l’abri de tout contrôle juridictionnel, c’est inimaginable.

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Est justifiée l’hospitalisation sous contrainte de celui qui « évoque ses dons métaphysiques à l’audience, ses relations avec un comité galactique, sa vision du Christ dans son corps astral et ses échanges mails avec Obama et Mandela. » Cour d’appel d’Angers, 24 avril 2015 (Curiosités juridiques)

La cour ne peut pourtant pas démontrer que cette personne n’a pas de dons métaphysiques, ni n’a de relations avec un comité galactique, ni ne voit le Christ en corps astral. Et cette personne a peut-être reçu des réponses des staffs d’Obama et Mandela à ses e-mails.

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De l’impôt

« Une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. » (Article 13 DDHC)

Je ne suis pas sûr de comprendre par quel raisonnement on passe de cet article à l’impôt progressif.

Une « contribution également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés » veut dire que les riches payent plus que les pauvres du fait que tous payent un pourcentage égal. Si le pourcentage de prélèvement n’est pas égal (est « progressif »), la contribution ne peut être dite « également répartie ».

L’article 13 DDHC a ainsi été écrit pour empêcher que les lois budgétaires fixent des montants d’impôt forfaitaires, car une même somme payée par tous signifie une contribution relativement supérieure des pauvres (un plus grand pourcentage de leurs revenus est consacré à la contribution commune). Inversement, l’impôt progressif enfreint la clause d’égalité de l’article 13 en déterminant une plus grande contribution relative des hauts revenus à l’impôt. C’est peut-être légitime mais en contradiction prima facie avec la Déclaration des droits de l’homme.

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Dire au premier adjoint au maire : « Qu’est-ce qu’il veut le nain ? Si tu veux des sous, je connais des gens qui sont prêt à payer pour sodomiser un nain ! » est un outrage à personne chargée d’une mission de service public. Cass, crim, 14 mai 2013 (Curiosités juridiques)

L’outrage est une insulte aggravée en fonction du destinataire de l’insulte. Si le destinataire a du pouvoir, l’insulte est aggravée, est un outrage. Cela semble peut-être normal à des Français mais les États-Unis ne connaissent pas cette mentalité féodale.

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Brigitte Macron réclame près de 40.000 euros à Closer après les révélations du magazine people sur son opération de chirurgie esthétique cet été. … Le dossier sera plaidé devant le TGI de Nanterre. (Un journaliste du Point, et non le compte Twitter du journal lui-même)

Le point de droit est le suivant. Une personne publique (qui fait parler d’elle dans les journaux ou passe à la télé tous les jours) peut-elle à bon droit faire passer une opération de chirurgie esthétique, qui aura forcément un impact sur sa communication publique, pour une affaire purement privée ?

Après les saillies du Président brésilien Bolsonaro et de plusieurs de ses ministres, des militants LREM ont répondu en défendant le physique de la Première dame. Puisqu’ils ont fait de son physique, en répondant à ce niveau, un élément de discussion politique, une opération de chirurgie esthétique n’est pas une affaire purement privée.

Des militants LREM ont en effet répondu à Bolsonaro et al. : « Si, la Première dame est belle ! » Ils continueront demain à nous dire « Regardez comme elle est belle », comme une sorte d’argument. Et le public n’aurait pas le droit de savoir que, dans cette beauté, il y a de la chirurgie esthétique ?

L’argument fondé sur ces échanges est peut-être mince si ce sont seulement des militants de base qui ont adopté une telle défense (car on pourrait alléguer alors que les cadres du parti ne sont pas responsables de la communication des militants de base). Reste que les motivations d’une opération de chirurgie esthétique, dans le cas d’une personnalité médiatique, ont jusqu’à preuve du contraire un lien avec sa communication publique. En raison du lien entre chirurgie esthétique et communication, si Closer était condamné, cela signifierait que la Première dame est la seule à décider de ce qui peut être communiqué concernant son rôle de Première dame, c’est-à-dire qu’elle exercerait un contrôle absolu de cette communication publique, et ce serait contraire au droit à l’information et aux exigences du débat démocratique (Cour européenne des droits de l’homme).

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Anticor avait relancé l’affaire Ferrand : son vice-président est visé par une enquête administrative. (francetvinfo)

« Il est reproché à Éric Alt d’avoir signé la constitution de partie civile. Or Alt était à la fois le plaignant mais également le collègue [je souligne] du juge qui instruisait l’affaire Ferrand. En effet, Éric Alt est magistrat au tribunal de grande instance de Paris. » Coupable d’être collègue, c’est nouveau ?

Les responsables de l’enquête semblent croire à l’existence d’une présomption d’implication dans une affaire du fait qu’elle a été traitée par un autre magistrat du même TGI. Comme s’il existait un principe de « solidarité tribunicienne » comparable à la solidarité ministérielle…

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Sur un plateau de télé, question d’une journaliste à un député : « Le peuple a-t-il toujours raison ? »

Pour limiter le pouvoir absolu du peuple, pourquoi ne pas constitutionnaliser un pouvoir dictatorial, avec séparation des pouvoirs ? Le dictateur ferait la loi et le peuple la ratifierait par acclamation.

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Luna Parquet

La question de l’indépendance du parquet ne se pose plus : le procureur français n’est pas une autorité judiciaire indépendante, selon la Cour européenne des droits de l’homme, qui a condamné deux fois la France, en 2008 et 2010.

Il est indigne que la France n’ait pas réformé son système judiciaire pour tenir compte de ces condamnations. (Elle a quand même dû abandonner, en 2009, une réforme Sarkozy qui prévoyait de supprimer les juges d’instruction pour confier toutes les enquêtes pénales aux procureurs !)

La loi sur « l’indépendance du parquet » votée en 2013 ne répond pas aux observations de la Cour européenne des droits de l’homme sur le parquet français ; c’est une réformette qui n’a pas changé la situation, une réponse cosmétique. Le parquet n’est toujours pas indépendant. Dans l’arrêt Thiam c/ France (octobre 2018), la Cour rappelle sa position selon laquelle le parquet français n’est pas une autorité judiciaire indépendante. Elle précise toutefois que la France n’est pas tenue de considérer son parquet comme une autorité judiciaire !

Deux remarques sur Thiam c/ France : 1/ La Cour ne considère pas que la loi de 2013 « sur l’indépendance du parquet » doive la conduire à réviser sa jurisprudence selon laquelle le parquet français n’est pas une autorité judiciaire indépendant ; et 2/ sauf pour le contrôle de la privation de liberté, le parquet a le droit d’être ce qu’il est, à savoir un pur service administratif.

Le problème, c’est que les magistrats français passent au cours de leur carrière du parquet au siège et vice-versa. Comme si les qualités pour être un juge indépendant étaient les mêmes que celles pour être un agent administratif soumis au principe hiérarchique ! Contamination.

Conclusion : Quand on t’a bercé avec l’État de droit et que tu te plonges dans l’étude du système français, c’est comme découvrir que ton conjoint est un tueur en série cannibale… L’horreur.

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Quand un député dit : « Nous pensons que le garde des sceaux ne doit pas être un simple observateur de la justice », il pense donc que le garde des sceaux doit en être un acteur ! Mais comment un ministre peut-il être acteur de la justice dans un État de droit où le pouvoir judiciaire est indépendant ?

Dans un État de droit, la « politique pénale » du gouvernement ne peut s’exercer que par la loi (dont l’exécutif a l’initiative en France [comme partout ailleurs]) et le pouvoir réglementaire général. Tout le reste est en violation de la séparation des pouvoirs (article 16 DDHC).

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Fumus persecutionis : Stop Lawfare

Le contexte de la phrase de Jean-Luc Mélenchon « La République c’est moi » est le suivant : « Je suis parlementaire … La République c’est moi, c’est moi qui suis parlementaire. » Rien à redire, c’est constitutionnellement correct. « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants » (article 3 de la Constitution).

Un député est pleinement légitime à dire qu’il est la République (« La République c’est moi ») en tant que représentant du peuple qui exerce par son biais la souveraineté nationale.

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La vidéo de Quotidien sur la perquisition au siège de La France Insoumise [qui a valu à Jean-Luc Mélenchon et à plusieurs autres députés et cadres du parti un procès pour rébellion et autres choses] montre au début les policiers empêcher les députés LFI de monter à l’étage. Puis tout le monde monte à l’étage. Si la police avait ordre que personne ne monte, pourquoi les gens montent-ils finalement ? Si la police avait respecté cet ordre, il n’y aurait pas eu de problèmes. Et si la police n’avait pas ordre d’empêcher les députés LFI de monter à l’étage, pourquoi leur avoir dit qu’ils n’avaient pas le droit de monter, avant de les laisser monter ?

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Si les réformes de l’immunité parlementaire l’ont réduite à la peau de chagrin, elles n’ont pas vidé le principe du fumus persecutionis qui en est le fondement : la nécessité de protéger l’opposition parlementaire des abus de procédure judiciaire. D’où le hashtag #StopLawfare.

Le procès doit donc porter sur la perquisition elle-même, dans la mesure où toute la conduite de Jean-Luc Mélenchon ce jour-là est dictée par un fumus persecutionis, un soupçon de lawfare, de persécution à l’encontre de représentants du peuple (par détournement et abus de la procédure judiciaire via le parquet). Si le lawfare est avéré, la relaxe s’impose.

En l’occurrence, et Mélenchon l’explique ce jour-là même (c’est dans la vidéo), le traitement subi par LFI avec ces perquisitions signale une rupture d’égalité qui demande à être expliquée, car il pèse sur elle un fort fumus persecutionis (soupçon d’abus de procédure).

Une enquête sur les circonstances dans lesquelles le parquet (qui n’est pas indépendant de l’exécutif selon la Cour européenne des droits de l’homme) a décidé ces perquisitions chez un parti d’opposition est nécessaire.

La rupture d’égalité qui est un fumus persecutionis dans le cas des perquisitions chez La France Insoumise est illustrée par ce rappel du Canard enchaîné (du 18 septembre 2019) : « Surtout quand d’autres politiques – Bayrou pour ne pas le citer – suspectés eux aussi d’avoir fait travailler des assistants parlementaires pour leur parti n’ont pas exactement eu droit au même traitement. » L’opposition n’a pas droit au même traitement mais il n’y a pas abus de procédure du pouvoir en place contre l’opposition ?

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La vice-procureure demande à JL Mélenchon ce qu’elle devra dire à un simple justiciable si une personne publique refuse de se soumettre à l’autorité judiciaire. (Vincent Michelon, journaliste LCI)

La vice-procureure devra dire à ce simple justiciable que le parquet français « n’est pas une autorité judiciaire indépendante » selon la Cour européenne des droits de l’homme. Refuser de se soumettre au parquet n’est donc pas refuser de se soumettre à l’autorité judiciaire. 🤷‍♂️ #StopLawfare

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À Nantes, 48 heures de garde à vue pour un homard de carnaval en papier mâché. Le procureur voulait poursuivre pour « association de malfaiteurs », le juge n’a pas suivi. (via Mediapart)

Le juge n’a pas donné suite à des poursuites pour association de malfaiteurs du fait d’un homard en carton mais il n’a pas le pouvoir de sanctionner l’abus de procédure que constitue une demande si évidemment dénuée de tout fondement ! #StopLawfare

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Charybde ou Scylla, je pose ça là [sous un tweet du journal Fakir] : « Un député, même s’il sort des champs ou de l’usine, aura bientôt des opinions de député, car c’est un métier d’être député. Au travail de persuader, on prend bien vite une idée étrange des difficultés, des moyens et des solutions. C’est exactement devenir bourgeois … le métier de député change tout l’homme, et fort promptement. Adieu ouvrier, adieu paysan ! » Alain, Propos du 10 janvier 1931.

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Acte 45

Le nassage de touristes sur les Champs-Élysées a-t-il pour but de permettre de fouiller des sacs de touristes ne parlant pas français après leurs emplettes dans les boutiques de luxe ?

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Alors que la gare Saint-Lazare est bouclée par les flics, une photographe se fait confisquer son casque de protection. Alors qu’elle le réclame, elle se fait taper et gazer. (Vidooshan V.) [avec vidéo]

Le dialogue (presque) imaginaire : « Qu’est-ce qu’y a, la blonde ? Pourquoi tu veux ton casque ? Tu es plus belle sans. Allez, tiens, un peu de gaz dans la figure : c’est bon pour la peau ! »

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Dans un tweet, la préfecture de police appelle les Champs-Élysées, selon le poncif, « la plus belle avenue du monde » (qu’elle a sécurisée). Et quand le Français s’envoie des fleurs, non, il n’est pas ridicule. (C’est quand les autres font la même chose que c’est ridicule.)

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« Homophobie dans les stades : En fait-on trop? » (Bandeau CNews)

Si vous pensez que la fédération de football en fait trop, alors la loi expression de la volonté générale je ne vous raconte même pas…

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No Deal

Quand, pour la Cour EDH, le parquet français, bien qu’il ne soit « pas une autorité judiciaire indépendante », a le droit d’exister (avec les énormes pouvoirs judiciaires qu’il possède !), je ne m’étonne pas que les Anglais aient deux fois [voire trois fois] menacé de quitter le Conseil de l’Europe.

Notez bien : Avec le Brexit, les Anglais vont quitter l’Union européenne mais ils quitteront peut-être aussi le Conseil de l’Europe. Et ils le feront parce que leurs libertés sont incompatibles avec le droit continental autoritaire et indécrottable !

Ils le feront donc pour la même raison que le Brexit. Et c’est pourquoi un No Deal ne peut être un obstacle au Brexit : parce que le sujet est une divergence de conception juridique, donc de conception de la liberté, et non d’abord le sujet économique.

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What’s Wrong With U.S. Whistleblowers Legislation

Government employees are only protected by the First Amendment when they are speaking as private citizens. If their speech is part of their official job duties, then they can be fired or disciplined for it (Garcetti v. Ceballos, 2006).

“Government employees who are performing whistleblowing functions are not protected by the First Amendment, since reporting misconduct is often part of an employee’s official duties.” (freedomforuminstitute.org)

It results from the preceding that a (civil servant) whistleblower who performs whistleblowing, because public reporting would entail overwhelming retaliation, is not protected by the First Amendment, nor is the employee who reports publicly, as he then acts as an official employee.

Thus, no civil servant who reports misconduct is protected by the First Amendment.

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Happy Slapping dans ta face, Gilet Jaune !

5 mois de prison avec sursis pour une vidéo de manif. (dijoncter.info)

Un manifestant [Gilet Jaune] condamné en vertu de la loi « anti-slapping » de 2007, qui rend complice des violences physiques toute personne qui filme et diffuse ces violences sans être journaliste. À l’époque il s’agissait de lutter contre les agressions filmées « pour rire » par les agresseurs. (Guillaume Champeau)

Je pensais que les juges étaient censés tenir compte de l’intention du législateur. Si l’exposé de la loi et les débats législatifs montrent que la loi est destinée à ce que vous dites, cette condamnation n’est-elle pas un détournement de l’intention du législateur par le juge ?

Une loi est déposée avec un exposé des motifs, que le ministre rappelle oralement au commencement des débats. C’est sur la foi de cet exposé que les parlementaires débattent et votent. Aucun parlementaire n’a donc, par la loi anti-slapping, voté une loi permettant la présente condamnation.

Ou bien, les parlementaires ont voté une telle loi à leur insu, c’est-à-dire à l’insu de leur plein gré, l’exposé des motifs et le débat ne les ayant pas suffisamment éclairés, et cela doit dès lors être imputé à un subterfuge du gouvernement (ex ante) ou de l’autorité judiciaire (sous l’influence du parquet) (ex post). Un subterfuge par lequel on rendrait suspect a priori le fait de filmer l’action des forces de l’ordre lors d’opérations d’encadrement de manifestation.

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Nous avons vu légion de scènes d’intimidation physique par des policiers pour faire cesser les actions de vidéo de manifestant.e.s. Voici désormais l’utilisation du droit pénal. (juriste-lundimatin)

Je pense que, dans le cas d’espèce, le juge a écarté le contexte de manifestation pour ne retenir que l’assaut d’une caserne. Des Gilets Jaunes auraient assailli une caserne en se filmant : c’est du « happy slapping ». Un raisonnement comme ça.

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Privilèges à vie

Les anciens Premiers ministres conserveront voiture et chauffeur à vie. (Capital Magazine) [Un titre qui, pour beaucoup de gens qui ne savaient pas que les anciens Premiers ministres conservent voiture et chauffeur à vie depuis bien longtemps, signifiait que cet avantage venait d’être créé.]

En gros titre, « Les anciens Premiers ministres conserveront voiture et chauffeur à vie », on peut comprendre qu’ils ne les conservaient pas jusqu’à présent. C’était ce que j’avais compris et j’allais vraiment m’énerver. Vous l’avez fait exprès, @MagazineCapital ?

Beaucoup de gens, en fait presque tous, ne lisent pas les articles dont ils ont lu le titre. Il faut donc interroger Capital. C’est peut-être un acte de malveillance envers notre cher Président !

Car ce gros titre de Capital enflamme la Toile, en faisant passer une positive mesurette de suppression de quelques avantages pour une création de nouveaux avantages.

Or le Premier ministre « avait indiqué en février vouloir faire en sorte que les moyens qu’on attribue aux anciens Premiers ministres ne soient pas accordés à vie, mais pendant dix ans » (Le Parisien). Mais la voiture et le chauffeur finalement restent à vie, contrairement à l’annonce de février : ça aussi, ça énerve les gens.

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Le ministère de l’Intérieur contraint de reconnaître le LBD comme « arme de guerre » (Capital, avril 2019)

Si le ministère reconnaît que le LBD est une arme de guerre, c’est forcément une « arme dangereuse » selon notre jurisprudence administrative. L’usage d’une arme dangereuse engage la responsabilité des forces de l’ordre pour les blessures commises avec ces armes « sans faute » des forces de l’ordre à prouver. Cette jurisprudence concerne « les tiers » aux opérations. Il serait curieux (et malsain) qu’en cas de manifestation tous les manifestants soient exclus a priori du statut de « tiers à une opération », pour refuser d’appliquer la responsabilité sans faute aux cas de blessures par LBD, si les blessures ont été occasionnées lors d’une opération d’encadrement de manifestation.

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First Amendment & the New Agora

Isn’t it strange that “The First Amendment does not impact the ability of private citizens and organizations to punish or limit speech” (freedomforuminstitute.org), thus allows Twitter, as a private company, to suppress speech according to its own rules, and at the same time “a judge ruled that President Trump could not block people from following him on Twitter. It was the most prominent in a series of rulings finding that access to public figures on social media is a constitutional right’’ [as] ‘’public officials use these accounts to conduct official business or make announcements” &, as a commentator puts it, “social media is where so much of our public discourse is happening these days” (governing.com, Sorry Politicians, You Can’t Block Critics on Twitter, Sep 2018).

Twitter private company has the First Amendment power to decide what speech is allowed on its platform “where so much of our public discourse is happening these days.” That objectively makes it a bigger (potential) censor than any government of bygone ages. As a matter of fact, platforms like Twitter, but especially Twitter, are becoming the Agora (public forum) of the IT age. On these privately owned platforms, public officials and constituents alike obey the discretionary rules of the private owner.

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Cocorico le Barbare

Concernant la plainte contre Mélenchon pour son « policiers barbares », dans les articles du code pénal sur l’injure ou la provocation à la haine « envers un groupe de personnes à raison de », je trouve beaucoup de choses, race, nationalité, religion, sexe, orientation sexuelle…, mais pas « à raison de leur corporation ».

ii

A défaut de lire la réponse à la question essentielle, j’ai compté les lignes de votre article [LCI] sur mon écran : 47 lignes et pas de réponse à la question essentielle : Quelle infraction Mélenchon a-t-il commise pour justifier une plainte?

Diffamation. (ixtebe64)

La réponse est non. Dans l’article 32 de la loi de 1881, relatif à la diffamation, il est question de diffamation envers les particuliers ou « envers un groupe de personnes à raison de » : ethnie, nation, race, religion, sexe, orientation sexuelle, identité de genre, handicap. Tout sauf « à raison de leur corporation ». [Exactement comme pour l’injure et la provocation à la haine, donc : voyez supra.)

Et même si la diffamation était retenue, Mélenchon « a en sa possession des éléments lui permettant de s’exprimer comme il l’a fait ». Ces éléments sont publics.

On peut aussi raisonner par l’absurde : Que peut-on critiquer si tout propos critique est passible de poursuites pénales ? Rien. Ça ne vous dérange pas ? Cette plainte ne débouchera sur rien mais elle instille un climat qui conduit à l’étouffement de la parole.

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C’est parce que le mort était mort que son assassin l’a tué

Est caractérisé de tentative d’homicide volontaire le fait d’essayer de tuer une personne qui en réalité est déjà morte mais que l’auteur croit encore en vie. Cass, crim, 16 janvier 1986 (Curiosités juridiques)

Il ne peut y avoir de tentative d’homicide car il ne peut y avoir d’homicide. La tentative implique plus qu’une intention. Ici, c’est l’intention que le juge condamne, pas une tentative. Or le souhait ou l’intention de tuer quelqu’un n’est pas condamnable en soi.

À l’intention subjective doit correspondre une situation objective, pour pouvoir parler de tentative. Si, sur la foi de certaines superstitions, je plante des aiguilles dans une poupée pour tuer un homme, il n’y a pas tentative d’homicide volontaire.

Dès lors, la seule infraction qu’a commise cette personne est l’atteinte à l’intégrité d’un cadavre (article 225-17 du code pénal). Mais il est important de noter que cette atteinte est involontaire.

ii

Si j’ai bien compris, le texte s’applique dans le cas où, par exemple, quelqu’un poignarde un mort en pensant qu’il était vivant. Il y a bien une tentative d’homicide, qui aurait sûrement réussi si la victime n’était pas déjà morte. Dans le cas de la poupée vaudoue, que la victime soit vivante ou morte, il ne s’agit pas d’une tentative « réelle ». En revanche, je me demande si on peut poursuivre quelqu’un pour l’intention… (T. Boudawa)

La tentative avec la poupée est réelle pour celui qui l’accomplit. Et la tentative n’est pas plus réelle pour celui qui poignarde un mort.

(Pour l’anecdote – mais ce n’est sans doute pas déplacé dans un fil de « curiosités juridiques » –, le Concile de Tolède de 694 a interdit les missae pro morte inimicorum (messes pour la mort des ennemis) comme superstitieuses et vindicatives.) [Voyez mon Macri Hierolexicon]

iii

Mais ici le juge utilise les termes « le fait d’essayer », donc si l’on s’en tient compte de cela on peut dire qu’il condamne bel et bien la tentative et non l’intention. Car dans l’intention il n’y a aucune action et par conséquent aucune infraction… (L’anticonformiste)

Une intention avec action mais sans possibilité matérielle objective de réalisation n’est pas une tentative, et c’est pourquoi le juge ne condamne pas comme tentatives d’homicide les rites de sorcellerie par exemple.

Le juge a condamné comme tentative d’homicide des coups à un cadavre car, alors qu’il méprise celui qui tente de réaliser ses intentions homicides par magie, il voit de la dangerosité chez l’autre. Or condamner des « états dangereux » est une philosophie totalitaire du droit. [Comme le savent les étudiants en ces matières.]

iv

« qui aurait sûrement réussi si la victime n’était pas déjà morte » (cf ii)

Imaginons que l’individu entre dans le salon, trouve son ennemi mortel assis dans un fauteuil, croit qu’il dort (il est mort), il y a un couteau sur la table à côté, la haine accumulée depuis des années remonte, il le poignarde. S’il l’avait vu bouger, il aurait simplement refermé la porte. Dans ce cas, c’est parce que le mort était mort que son assassin l’a tué.

Car il est plus facile d’assassiner un mort qu’un vivant, et le moindre signe de vie aurait sans doute empêché la haine de se transformer en intention criminelle. Le cadavre était trop tentant.

Dès lors, on ne peut même pas déduire avec certitude le risque que pose aux vivants celui qui a tué un mort. Tout ce qu’on sait de cette personne, c’est qu’elle est capable de tuer un mort. Or notre société est la société des vivants et c’est la société des vivants que protège le droit.

1/ Il est vrai que votre raisonnement se tient. Mais je ne parviens pas à écarter l’idée que l’auteur de l’acte croit sa victime vivante… Mais dans ce cas en effet la distinction doit être à effectuer quant aux motivations de l’auteur, entre une “simple” haine ou un crime calculé.

2/ Mais cela contrevient quelque peu au principe d’indifférence des mobiles, si l’on effectue une distinction lors de la qualification entre deux actes non prémédité, l’un étant passionnel et l’autre de sang froid. (Briac de V.)

Réponse à 1. Je le crois aussi [réponse à « Mais dans ce cas en effet la distinction doit être à effectuer quant aux motivations de l’auteur, entre une ‘simple’ haine ou un crime calculé »]  (j’ai par ailleurs dans mes écrits [mes écrits non publiés] une réfutation de l’excuse de la poche vide [cf le prof. Guillaume Beaussonie, qui cite au titre des « infractions impossibles » : « tirer sur une victime déjà morte ; tenter de faire avorter une femme qui n’est pas enceinte ; voler une poche vide »]). Le crime calculé semble déduit par beaucoup (ici) du jugement, ce qui donne indirectement du poids à mon raisonnement.

[En réalité, même la préméditation ne ruine pas cette ligne de raisonnement (il n’a pas échappé au lecteur que mon argumentation repose sur deux lignes de raisonnement), car le crime peut, tout en ayant été prémédité, avoir été favorisé par l’état cadavérique au-delà de ce qu’il aurait été permis à l’accusé d’espérer s’il avait eu affaire à une personne vivante.]

Rép. à 2. Il faudrait déterminer à quel degré l’état cadavérique a permis à l’accusé de surmonter ses inhibitions. Même si l’accusé avait renversé des chaises sur le chemin vers sa victime, celle-ci ne se serait pas réveillée (et pour cause), et il aurait cru que la chance lui sourit.

v

La poche vide, je considère que ce n’est pas la même chose : [ce que j’appelle] la situation objective ne manque pas, simplement le pickpocket a choisi la mauvaise poche, ou le mauvais jour (la personne est sortir sans argent ce jour-là). Le mort, lui, ne peut être tué ni aujourd’hui ni demain ni d’aucune manière.

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Lubrizol
(Incendie d’une usine classée Seveso à Rouen)

Et si tu mets un masque anti-pollution pour sortir, tu es coupable de « dissimulation du visage dans l’espace public » (loi N°2010-1192).

Les images des médias sur Lubrizol montrent des gens dans la rue avec des masques antipollution. Arrêtez, c’est insupportable ces violations de la loi !

On me dit que des dérogations sont possibles si « la tenue est justifiée par des raisons de santé ». Dans ce cas, prouvez l’effet du masque antipollution sur la santé ! Il n’y a aucune preuve scientifique, donc vos excuses vous pouvez vous les garder !

ii

Rouen: pour la maire de Canteleu, « il faut que la solidarité nationale s’exprime ». (BFMTV) Réaction d’un twittos : Non, il faut que les pollueurs PAIENT !!!

La solidarité nationale paye bien pour les accidents du travail-maladies professionnelles…

Les travailleurs payent pour les cotisations AT-MP « à la charge des employeurs » et c’est constaté par le rapport constant 2/3:1/3 entre revenus du capital et revenus du travail sur les 150 dernières années (Thomas Piketty). Les AT-MP sont une fonction statistique du niveau d’activité et sont donc de la seule responsabilité des patrons. Facialement, les cotisations sont à la charge de l’employeur, mais réellement le travailleur, ou la « solidarité nationale », paye.

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A Florida library once only allowed teens with parental permission to check out The Autobiography of Malcolm X, because of its “anti-white racism.” (ACLU=American Civil Liberties Union)

Was it a privately-run library? If it was, shouldn’t the rule be applied to its private management: “The First Amendment does not impact the ability of private citizens and organizations to limit speech”?

Another question: Does ACLU see its role as that of a pressure group pressing private organizations to promote, or at least to avoid limiting access to some kind of speech, or does it also question the constitutionality of that First Amendment interpretation according to which private organization can limit speech? (The principle that private organizations can limit speech is not the letter of the First Amendment, and results from precedent.)

According to E.U. law, the private management would, unless I’m mistaken, abide by the public regulations. But E.U. law makes no difference between public and private organizations as to prohibited speech. In the E.U., private organizations cannot limit speech any more than public organizations; that would be discrimination based on speech*. Yet the difference with U.S. is also that E.U. law prohibits a much larger range of speech. So a private org would not be allowed either, any more than a public one, to give access to such prohibited speech.

*[I am probably overoptimistic regarding the existence of what I here call speech-based discrimination in the E.U.]

I link to a Center for Digital Education’s paper called “Privately-Run Libraries Expand Throughout U.S.” (2015) and the question is whether these privately-run libraries are public or private organizations re First Amendment law. “A Maryland company that runs public libraries faces opposition as it seeks to add the 24 libraries in California’s Kern County to its portfolio of 82 in six states.” That company might invoke the principle that ‘’the First Amendment does not impact the ability of private organizations to limit speech” and thus would be fully justified by U.S. law to limit access to such books as the Autobiography of Malcolm X.

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Depuis 1994, en France, les prisonniers peuvent voter.

Les personnes détenues peuvent voter par procuration ou demander une permission de sortir.

Cependant, bon nombre d’entre elles sont exclues de cette deuxième option car elles n’y sont pas éligibles. Par ailleurs, la demande de permission de sortir peut toujours être refusée, et ce à quelques jours du scrutin, empêchant celle qui n’a pas prévu de procuration de voter.

Si les personnes détenues n’ont plus d’attache dans leur commune d’origine, elles doivent s’inscrire sur les listes électorales de la commune du lieu d’implantation de la prison. Et pour la procuration trouver un mandataire inscrit dans la même commune.

(Observatoire international des prisons, section française, août 2017)

Depuis 1994 😂 😭

XXXVII The Evolutionary Roots of the Clash of Civilizations 2

This is a sequel to xxxvi.

Suicide For Sex

The essay on the evolutionary dimensions of civilizations (xxxvi) started by recalling the hot discussion on the relationship between Islam and the West. Regarding this relationship, evolutionary psychology book Why Beautiful People Have More Daughters (2007) by Alan S. Miller and Satoshi Kanazawa attempts to provide an explanation of Muslim suicide bombings that I wish to discuss presently.

According to Miller and Kanazawa, suicide bombers are 1/ always Muslims, because 2/ Muslim societies are polygynous, which means that some men remain without mates throughout their lives, and 3/ Islam promises virgin mates to the martyrs in the afterlife, which is bound to be appealing to men without mates.

1/ “While suicide missions are not always religiously motivated, when religion is involved, it is always Islam.” (p. 165).

The emphasis on the word “always” is the authors’; they seem to be confident there is no exception. Yet, the statement is incorrect. Even if we dismiss WW2 Japanese kamikazes as a religious phenomenon, although the Japanese government of the time was implementing a policy of State Shintoism that emphasized the divine descent of the Emperor of Japan and thus infused patriotism with a sense of the divine, so much so that one of the first moves made by the Americans after Japanese surrender was to demand that the Emperor publicly declares to his people he was no god, we find “militant” suicides in other religions too.

Albeit the following examples, from Christianity, Hinduism, and Buddhism, are not strictly speaking suicide missions, that is, acts aimed at provoking casualties to an enemy while sacrificing one’s own life in the very act (of which I see no other historical example beside Japanese kamikazes and Muslim Jihadists), those other suicides are similarly intended to promote the cause and interests of a religion in a confrontational context, and nothing in the evolutionary interpretation of suicide missions by Miller and Kanazawa explains per se why the suicide takes the form of a military mission rather than of something else. The promise of haur uljanati, the houris of paradise, is actually made to all male believers and not specifically to human bombs.

Martyrs are well-known characters of the earlier times of Christianity, especially the Roman times, and the suicide-like indifference to death displayed by these people during their ordeals became propaganda for the nascent religion, which certainly contributed to its success. That these martyrs did not die with weapon in hand while Muslim martyrs die with weapon in hand or rather being themselves the weapon (human bombs) is not to account for by polygyny and/or by the promise of houris but rather by the warrior ethics contained in the Quran and Islamic tradition.

This being said, Muslims can also be martyrs in the Christian sense, that is, allowing enemies of the faith to take their lives without resistance rather than in the act of fighting. Some hadiths tell how idolaters used to submit Muslims to the test trying to force them to pay homage to idols, which is against the will of Allah, and that the Muslims who, being firm believers, refused were put to the sword. This is the same as the Biblical (Catholic and Orthodox) story of the Maccabees.

Fundamentally, contemporary suicide missions are only a variant of such past acts of martyrdom. Knowing that allegiance to one’s God will be, with more or less certitude, cause of one’s death at the hands of God’s enemies and accepting it, is a form of suicide that the history of several or all religions can attest. Again, that this allegiance takes the form of a suicide commando mission rather than more passive or acquiescent forms of suicide is accounted for by the warrior ethics that is present in the Quran and Muhammad’s exemple, whereas it is absent from the Gospels and the life of Jesus.

In Hinduism, the jauhar was a form of collective suicide sanctioned by Brahmans; it was especially frequent among Rajputs during their wars with Muslim conquerors. When all chances of victory had vanished, the women first took their own lives, slaughtering their children on the occasion, and the men then went to fight to death on their last battlefield. The custom insured that no prisoner was taken by the enemy. We find a similar episode in the siege of Masada during the first Jewish-Roman war (73-74 AD): According to classical accounts, the besieged Jews eventually committed mass suicide rather than surrendering to the Romans.

Finally, there is the practice of self-immolation in Buddhism, of which recent history provides a few examples, the best-known being the self-immolation through fire by the Vietnamese monk Thich Quang Duc in 1963, in protest against the religious policy of the American-supported South-Vietnamese government. The legend says the monk’s heart did not burn and is now kept as a holy relic in the vaults of the Vietnamese National Bank.

So, although suicide missions as such are only found in current Muslim Jihadism and WW2 Japanese kamikazes (who could well have been performing a religious act), the will to sacrifice one’s life for one’s faith is a feature common to the history of many and perhaps all religions.

2/ “Across all societies, polygyny increases violent crimes, such as murder and rape, even after controlling for such obvious factors like economic development, economic inequality, population density, the level of democracy [“obvious factor”?], and world regions. (…) The first unique feature of Islam, which partially contributes to the prevalence of suicide bombings among its followers, is polygyny, which makes young men violent everywhere.” (p. 166)

The reason polygyny increases violent crime is that it exacerbates male competition for females. As the sex ratio is roughly 50-50, by allowing some men to mate with several women to the exclusion of competitors, polygyny forces some other men to remain without mates.

Miller and Kanazawa go on: “However, polygyny by itself, while it increases violence, is not sufficient to cause suicide bombings. Societies in sub-Saharan Africa and the Caribbean are much more polygynous than the Muslim nations in the Middle East and Northern Africa (…) Accordingly, nations in these regions have very high levels of violence, and sub-Saharan Africa suffers from a long history of continuous civil wars, but not suicide bombings. So polygyny itself is not a sufficient cause of suicide bombings.” (p. 166).

The authors are not dealing with institutional polygyny but with what I call (see xxxvi) cryptic polygyny, that is, the practice of polygyny no matter what legal arrangements regarding matrimonial bonds are. Among the most polygynous nations in the world, as they appear listed in note 31, p. 210, we find, for instance, Antigua and Barbuda, Bahamas, Barbados, Haiti (all these with the “maximum polygyny score of 3.000”). These are countries which populations are largely Christian and where the institutional form of pair-bonding is monogamous marriage and institutional polygamy is outlawed and criminalized. So bear in mind that, although the authors do not make it explicit, it is not institutional polygyny that is at stake. Other forms of polygynous practice, that is, cryptic polygyny is not in the least “unique” to Muslim countries; as Miller and Kanazawa write, “All Humans Societies Are Polygynous” (subtitle p. 91).

The violence alleged to be caused by polygyny relates to a “polygyny score” that has nothing to do with institutions and legal systems. Were we to examine these polygyny scores by country, we might find that Muslim countries do not stand particularly high. Among the twenty most polygynous countries listed page 210, I find the following to be predominantly or significantly Muslim: Morocco, Nigeria, Niger, Chad (53%). That makes four countries out of twenty.

Besides, Miller and Kanazawa overlook the fact that a good deal of Jihadists do not come from Muslim countries at all. Some of them come from Muslim communities in Western countries; many of these communities have been secularized in the course of acculturation, and the Jihadists had to undergo a sort of reconversion process from a materialist, secularized lifestyle to radicalism. Some others are even autochthonous converts from these Western countries with no previous family or any other links with Islamic traditions. The number of foreign fighters combatting today in the ranks of Daesh would be about 30,000.

Before conversion or radicalization, these people had the same access to women as other men, that is, in an evolutionary perspective, the same access as other men at the same status level. (Given that a lot of Jihadists had a delinquent career, it may even be argued that their access to mates was in fact greater than that of other men from the same city parts, thanks to the fast money such careers allow.) If the number of people from Western countries willing to resort to terrorist violence is great, then, following Miller and Kanazawa’s idea, polygyny in Western countries – by which more men are prevented from mating – must be high. By stressing polygyny as a factor in violence in general and in terrorism in particular, the authors, again, are not saying that institutional polygyny is the cause.

Institutional polygyny might in fact contribute to reduce the prevalence of actual polygyny in a society. The idea has been broached in xxxvi using the concept of reproductive climate along A.S. Amin’s lines. Institutional polygyny is a long-term institution that promotes men’s commitment to their mates and children. So is institutional monogamy, albeit the data (current divorce rates in the West, polygyny scores in Christian Caribbean and African countries) seems to indicate it fails to curb short-term strategies in some regions.

3/ “The other key ingredient is the promise of seventy-two virgins waiting in heaven for any martyr in Islam. This creates a strong motive for any young Muslim men who are excluded from reproductive opportunities on earth to get to heaven as martyrs.” (p. 166).

There is no denying that such a belief can serve as motivation. Even more than the warrior ethics I have invoked in (1/), belief in houris is doctrinal. Hence, whereas polygyny as such is not associated uniquely to Islam (see 2/), the belief in question clearly is, because you cannot rewrite the Quran, can you? Yet, houris, unless I’m mistaken, are no privilege of the martyrs but are promised to all believers, so the reason some Muslims choose death and others acquire sex slaves as war spoils, as allowed, I am told, by Daesh, remains to be explained. Suicide missions suggest that obedience is extreme in these movements, but so it is in any fanatical group.

Religions promising afterlife describe it as everlasting bliss, and although this bliss does not always explicitly entail incarnated virgins available for sexual acts, it can be appealing enough to induce the sacrifice of one’s life for one’s belief.

As far as Hinduism and Buddhism are concerned, the varied existing heavenly abodes where souls may spend some time during the course of their transmigrations are described in picturesque details, some of them being quite erotic, a fact that suggests the existence of a similar motivation in these religions. The way Apsaras, or celestial dancers, for instance, are depicted in ancient art is unmistakable (picture: Curvaceous Apsaras from the well-known Khajuraho temple). They are spouses of the celestial musicians Gandharvas, and it is possible to reincarnate as a Gandharva or as any other minor deity.

apsaras_khajuraho

Not only these heavenly abodes entail sexual representations, but the very idea of reincarnation may serve sexual motivations. A Buddhist might be willing to commit a suicide attack in order to be reincarnated as a playboy; what would prevent him, as a playboy, from mating with 72 virgins or more? For the time being, Buddhist clerics do not promise next life in the incarnation of a womanizer in exchange of a suicide mission, although they could do so, inside the very frame of their creed, and the reason why it is only Muslim clerics who promise afterlife sexual gratifications as a reward to suicide attacks is not explained by our authors here.

Buddhists are not known to play this card, although some believers certainly aspire to a more gratifying sexual life after their next birth, as some are wearing so-called charm amulets to improve their sex life in the present already. In Thailand these amulets often depict the legendary character Kun Paen in the company of multiple nude women; other charm amulets represent women in acts of bestiality, some others are in the shape of a penis, at times anthropomorphized (penis man). Thai monks routinely bless such talismans.

As to the idea that Jihadists, on the Iraqi theater of operations, kill more Iraqis than they kill Americans because they are “unconsciously trying to eliminate as many of their male sexual rivals (fellow Iraqi men) as possible,” it is far-fetched. As stated above, Daesh counts some 30,000 foreign fighters, for whom Iraqis are no more fellow men than Americans, and that would be half of Daesh’s army. A simpler explanation is that it is more difficult to kill an American than an Iraqi in Iraq – not only because of numbers, but also because American soldiers are certainly better trained and better equipped, and they probably station their Iraqi allies on the most “strategic” positions.

All these elements suggest that Miller and Kanazawa’s explanation is somewhat shallow.

Jihad vs Panda Express

Panda_Express

As explained in xxxvi, Jihad is not parochialism but globalism. I define it “Islam as globalism.” If you want to give Barber a better example of parochialism, I suggest you name France to him. He could have titled his book “La France vs McWorld” or “La France vs Jihad,” and that for sure would have been a better illustration of the opposition he makes between parochialism and globalism. Need I expatiate?

Islam is a global power. Some people deny the existence of “Panislamism,” arguing Islam’s diversity. They do not seem to notice the current movement toward homogenization at work throughout the Muslim world, albeit they know the movement’s name as they appropriately call it Wahhabism or Salafism or fundamentalism.

Islam is a global power. They’ve got human bombs. They’ve got petrodollars and sovereign funds. They’ve got migrant communities throughout the Western world and beyond. They’ve got sympathy among scholars and intellectuals round the world. About this last point, let me tell you the story of Professor Subramanian Swamy from Harvard Summer School.

Prof. Subramanian Swamy taught Quantitative Methods in Economics and Business at Harvard Summer School from 2001 to 2011. As an economist he wrote papers together with Nobel Prize Paul Samuelson. He is also involved in Indian politics and was India’s minister of commerce and industry from 1990 to 1991. He was president of the Janata Party from 1990 to 2013, until the party merged on with the Bharatiya Janata Party (BJP). The party is labelled Hindu nationalist.

After the 2011 Jihadist bombings in Mumbai, Swamy wrote an article in an Indian paper that was deemed Islamophobic by a few readers. After a campaign of denigration, he was dismissed from Harvard Summer School, in America, the same year. It turns out I took his class in Summer 2004. I did not know his credentials at the time and I can testify that, as a professor, he never talked about these issues, so I would never have guessed the truth about him had I not discovered it by chance years later on the Web. I disapprove of his dismissal.

Swamy and other Indian politicians are for example accused, including in the West, of demonizing Mughal rule. There is one funny argument in the views of those who defend the Mughals as tolerant rulers. They say Mughals promoted intercommunity marriages, but Hindus claim these marriages amounted to sequestering Hindu women, their war booty, inside Muslim harems. If the latter are correct, then Mughals’ defenders would be praising as enlightened tolerance and benevolent wisdom the age-old practice of all ruthless conquerors throughout history.

Here is how Swamy envisions India’s relationship with the country having the largest Muslim population in the world, namely Indonesia: “Over 90 per cent of the economic world powers’ commercial sea-traffic passes through the narrow (90 miles) Malacca Strait. If we can develop naval power to the point where we can police this strait, it will give India enormous power and leverage to influence international events. This has diplomatic implications. It is obvious, for example, that we cannot control the Malacca strait without the active cooperation of Indonesia. However through proper diplomatic moves we can obtain Indonesia’s cooperation and forge a strategic relationship with that country because we have long historical links with these islands through our cultural links of the past.” (Hindus Under Siege: The Way Out, 2007, p. 97).

Swamy is perhaps overconfident, because Indonesia, albeit often advertised as a model of tolerant Islam (Islam warna-warni, or “multicolored Islam,” as the phrase goes), is undergoing the same process of homogenization through radicalization at work round the Muslim world. One example will suffice to buttress this contention.

The following passage deals with the current situation in Thailand’s three southernmost provinces, whose population is prominently Muslim (>80%), in an otherwise overwhelmingly Buddhist country (92%). “As of September 10, 2008, there were forty-one beheadings according to the Bangkok Post. Terrorism experts argue that the style of many of these southern Thai beheadings is influenced by Muslim militant actions in the Middle East. However, there is more evidence to suggest that Thais are being trained in Indonesia or that the expertise comes from Indonesian-trained Thais who have stronger regional and local connections than countries in the Middle East. According to the Thai newspaper Isrā, in one instance a Thai ustaz (Islamic teacher) who teaches Islam in Yala Province had trained as a commando and studied Islam in Aceh, Indonesia. Among the Thai ustaz’s commando training were techniques for beheading people.” (M.K. Jerryson, Buddhist Fury: Religion and Violence in Southern Thailand, 2011, p. 92).

What is striking in this piece of information, besides the gruesome facts and the trial for incompetence the author is making against “terrorism experts,” is that Thai Jihadists do not train in Malaysia but in Indonesia, although (i) Malaysia is the closest neighboring Muslim country, (ii) whose policy is more Islam-oriented than Indonesia’s. It seems Jihadists find a safer shelter and/or better logistic support in Indonesia, which hints at the latter truly being the soft underbelly of the region with respect to fundamentalist plans, in spite of the showcase of Muslim tolerance. Indonesia is a poor country, ranking 100th as to GDP per capita (at purchasing power parity) (10,517 INT$), compared to 44th for Malaysia (25,639 INT$) (World Bank 2014). In 2002 Indonesian government allowed Aceh province to enforce Sharia law and is now under pressure from other provinces to extend this policy. To summarize, it is in tolerant Indonesia that Thai (Patani) Jihadists learn beheading techniques.

Savanna Park Virtual

As my friend X says, “A life among people who fancy themselves in the savanna is not worth living.” He means that people live in a virtual savanna; they believe in the reality of an environment of evolutionary adaptedness (EEA) that is no more. To discuss the present point, let us return to Why Beautiful People Have More Daughters by Miller and Kanazawa.

“Since the advent of agriculture about ten thousand years ago and the birth of human civilization which followed, humans have not had a stable environment against which natural selection can operate.” (p. 26). This is why intelligence, that is, as the same Kanazawa defines it in his book The Intelligence Paradox (2012) (discussed in xxxv), the capacity to deal with “novel and nonrecurrent adaptive problems,” has become important in human societies: Human civilization, our man-made environment is unstable and requires dealing with novel problems on a much more frequent basis, almost on a daily basis. Yet, our instincts often stand in the way and prevent us (the less intelligent of us) from dealing adequately with our current environment. For instance, abusing one’s mate is an instinctually adequate behavior to intimidate her into complying and shying away from close contacts with other men that would jeopardize the man’s position; yet, this behavior is criminal and may result in incarceration, ruining entirely the position that the man intended to secure (p. 24).

Therefore, intelligence can be construed as a non-emotional path to knowledge, because our emotions have been shaped in the stable environment of the ancestral savanna in order to make us behave in the ways adaptive to that environment. In spite of some scholarly attempts to discard the dichotomy reason-emotion, no matter how you take it emotions are in the way when you try to solve an equation. This is why for all abstract problems machines will do a better job than humans in the future.

Machines would already have replaced human toil and work if humans were not intent on preventing this evolution as much as they can, out of emotions designed in the vanished savanna. In 1941 already, James Burnham contended: “Using the inventions and methods available would, it is correctly understood, smash up the capitalist venture. ‘Technological unemployment’ is present in recent capitalism; but it is hardly anything compared to what technological unemployment would be if capitalism made use of its available technology.” (The Managerial Revolution). Given the pronounced tendencies toward crime attested by the current, already massive, permanently unemployed “underclass,” decision-makers are doing their best to have low-productivity industries and services subsidized in exchange of the latter maintaining the highest possible figures of human toil, which, from the advent of division of labor through the assembly line and bureaucratic procedure in organizations on, has become unbearably monotonous and machinelike.

It would be unbearable too, in the service sector, to interact as customers with humans playing the role of machines if that would not satisfy some inner savagery and cruelty keen on seeing other people degraded and at one’s mercy – a savanna emotion. The usual person, placed in such a situation as a waiter or shopkeeper, talks back to customers, whereas machines are always well-behaved. Do not bring savanna apes to confrontation when you can have these functional operations processed by machines.

The managerial revolution that has taken place and is the real engine of our affluence has nothing to do with old-days capitalism. Entrepreneurs are gone or they stand in the way. For aught I know, the entrepreneur today is the cleaning lady I pay. The engine of economy is elsewhere, amidst organizations contracting with the state, organizations offered foreign contracts through diplomats’ bargaining, oligopolistic markets, contractors entirely dependent on organizations, organizations that are shareholders, organizations filled with interchangeable organization men whose personal value is nil as measured by their departure or removal or passing away having no effect whatsoever on the company’s market value… The human factor there is the problem – what can make the machine go awry some day or the other. So-called experts sustain the myths of capitalism, but that is spin.

Spin is the word for politics too. The spoils system is over, ended by the Civil Service Reform (USA) and the “rise of the technician bureaucracy” (Aufstieg des fachgeschulten Beamtentums) (Max Weber). Recalling the so-called “Monicagate” in their light-hearted fashion, Miller and Kanazawa explain that other politicians (men) have affairs too. Do they? “It would be a Darwinian puzzle if they did not.” (p. 144). I suggest another “Darwinian puzzle”: Why does not “the most powerful man in the world” (p. 143), as some journalists, and a few light-hearted scholars, like to call the president of the United States, have the largest harem on earth? It looks like the most powerful man is a nice and decent functionary who’s doing as he’s told. He’s there for the cameras, making believe, by his presence, in the savanna tribe. This is monkey dance. Entertainment for the savanna brain.

The profound meaning of democracy, as most high civil servants do not come and go with elections (which is spoils system) but serve any elected person and apply, each in his or her sphere of competence, any program that comes out of the ballot box, is either that bureaucrats, because they put themselves at the service of others’ ideas, live an ignoble life (construing living for one’s ideas as noble), or that ideas don’t matter in the least and our societies follow an inevitable course.

When the once most powerful man in the world named Bill was faced with impeachment proceedings for his whoopees in the White House and his lies, he said please not to make him waste his time, ‘cause he’s got a job to do. May I ask who appointed him to the job? It’s no job at all. At most we’ll have to call it an office, and one is not appointed there by competent persons for one’s competence but by the people as a good monkey dancer or a good person, depending on how you see things.

Do journalists investigate politicians’ private lives or not? If they do, do our authors mean that most affairs escape these investigators’ attention? Well, well… Why not assume that journalists are good investigators, when this assumption, precisely, is made about them in other fields? Because the scarcity of affairs would be a Darwinian puzzle…

May 2016