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Philosophie 6 : Le cas Rousseau et autres textes

Tout est intuitionné à vingt, vingt-cinq ans, c’est-à-dire que l’individu a acquis une fois pour toutes ses idées personnelles à cet âge : ce stock sert aux conceptualisation ultérieures, lesquelles n’apportent au fond rien de nouveau (hors des combinaisons des intuitions). Le travail de l’âge mûr consiste à faire siennes les évidences de la jeunesse, qui n’appartiennent pas à la jeunesse en tant que telle mais à l’individualité. C’est en revenant à ces évidences que véritablement l’intelligence s’éveille ; quand l’esprit tenait ce stock pour rien d’autre que les fantasmagories de l’immaturité, et se cherchait ailleurs des modèles, c’est là qu’il était bête, et s’il peut dire à quarante ans qu’il avait tout compris à vingt, sa voie est tracée. Tout se déduit des intuitions.

C’est la raison pour laquelle la créativité, pour durer, se reporte au temps de la vie qui est le temps de l’intuition, la jeunesse ; et même si l’on veut écrire sur ses expériences de l’âge mûr, il faut le faire comme si l’on avait vingt ans. Mais le mieux est de ne point parler du temps de la vie qui est celui de la conceptualisation, car ce n’est pas un temps dont il importe de parler vu que seul importe en lui la pensée et nullement ce qui se vit. Quand on a vécu, il reste à penser, mais on ne pense de manière originale et profonde qu’avec ce que l’on a vécu (un stock d’intuitions), et le temps de penser est, avant la mort, un temps mort pour l’intuition.

Les intuitions de la jeunesse, du premier âge forment une image du monde imperméable aux déformations ultérieures et avec laquelle le penseur, pour penser authentiquement, doit entrer en contact par-delà les couches d’endoctrinement intermédiaires, car c’est alors à partir de son propre fonds, de sa personnalité propre qu’il pense et non par emprunt.

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Nietzsche, vivant dans une petite chambre mal chauffée, n’avait pas tort de reprocher à Wagner, grand bourgeois entouré d’une famille nombreuse dans son manoir, de s’être mis à prêcher l’ascétisme. De ce point de vue il n’avait pas tort.

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Le cas Rousseau

(Suite de Montesquieu vs Ibn Khaldun)

Rousseau prend (en quelque sorte) le parti d’Ibn Khaldun face à Montesquieu, puisqu’il voit dans le maintien dans l’État de « troupes réglées », rétablies de son temps en Europe après une longue éclipse depuis l’empire romain (qu’elles ruinèrent), une cause de ruine :

« Devenus les ennemis des peuples, qu’ils s’étaient chargés de rendre heureux, les tyrans établirent des troupes réglées, en apparence pour contenir l’étranger, et en effet pour opprimer l’habitant. Pour former ces troupes, il fallut enlever à la terre des cultivateurs, dont le défaut diminua la quantité des denrées, et dont l’entretien introduisit des impôts qui en augmentèrent le prix. Ce premier désordre fit murmurer les peuples : il fallut pour les réprimer multiplier les troupes, et par conséquent la misère ; et plus le désespoir augmentait, plus on se voyait contraint de l’augmenter encore pour en prévenir les effets. » (Discours sur l’économie politique)

D’ailleurs, on peut voir en Rousseau le pendant occidental d’Ibn Khaldun, quand, dans son Projet de Constitution pour la Corse, il évoque le moyen d’efféminer les peuples au prétexte de les instruire, c’est-à-dire une voie de corruption et décadence dans le fait de rendre les peuples « raisonneurs » : « La plupart des usurpateurs ont employé l’un de ces deux moyens pour affermir leur puissance. Le premier d’appauvrir les peuples subjugués et de les rendre barbares, l’autre au contraire de les efféminer sous prétexte de les instruire et de les enrichir. » Voyez également son Discours sur les sciences et les arts.

De même, toujours dans son projet pour la Corse, Rousseau souligne l’inaptitude des habitants des villes à être de bons soldats et c’est pourquoi, compte tenu de la pestilence que sont les armées professionnelles, il envisage une société fondée sur l’agriculture car il ne peut compter pour la défense de l’État que sur une armée du peuple constituée en cas de danger et tirée de la paysannerie (« la culture de la terre forme des hommes patients et robustes … ceux qu’on tire des villes sont mutins et mous, ils ne peuvent supporter les fatigues de la guerre »).

Alors que Montesquieu répondait (en quelque sorte) à Ibn Khaldun que les nations riches, en finançant sur le trésor public des armées permanentes, professionnelles, prévenaient les funestes conséquences possibles de l’amollissement de leurs populations par le luxe, brisant ainsi le cycle supposé fatal du retour à la barbarie par le triomphe inévitable des barbares aguerris sur les sociétés corrompues par le luxe, Rousseau souligne l’autre ferment de corruption et de misère publique inhérent aux armées permanentes, dont les effet ne sont pas moins désastreux. Les remarques de Rousseau contribuent donc à maintenir intacte la loi sociologique énoncée par Ibn Khaldun : le maintien par les nations policées d’armées permanentes ne peut obvier à cette loi d’airain, contrairement à ce que pensait Montesquieu.

Tocqueville, au moins sur ce point, se rapproche de Rousseau, pour lequel il n’a guère de considération autrement : « Les Américains n’ont pas de voisins, par conséquent point de grandes guerres, de crise financière, de ravages ni de conquête à craindre ; ils n’ont besoin ni de gros impôts, ni d’armée nombreuse, ni de grands généraux ; ils n’ont presque rien à redouter d’un fléau plus terrible pour les républiques que tous ceux-là ensemble, la gloire militaire. » (De la démocratie en Amérique, I, II, IX) Les États-Unis d’Amérique sont aujourd’hui l’un des pays les plus militarisés du monde. Dans le même chapitre, Tocqueville développe l’idée que l’Amérique pourrait périr, en tant que système républicain, par ses grandes villes, à moins de développer une armée nationale suffisamment forte et indépendante pour les contenir : la raison en est que les grandes villes sont selon lui des foyers d’agitation démagogique. Or le remède qu’il préconise, une armée permanente, pour contenir le mouvement insurrectionnel des villes, est lui-même, à ses propres yeux, un danger manifeste. On pourrait penser que l’énorme armée américaine contemporaine a pour fonction première cette prévention indiquée par Tocqueville, son emploi récurrent lors d’émeutes urbaines en serait un signe, mais cela fait immanquablement penser aux mots de Rousseau cités plus haut sur l’armée permanente, « constituée en apparence pour contenir l’étranger, et en effet pour opprimer l’habitant ».

ii

Si Rousseau, vivant avec une épouse, était appelé « le solitaire », comment faut-il m’appeler, moi ?

iii

Selon Rousseau, dans son Essai sur l’origine des langues, l’inceste est naturel et fut la loi de l’humanité aux premiers temps – qui sont, je suppose, l’état de nature.

iv

« Voilà d’où vient que les peuples septentrionaux sont si robustes : ce n’est pas d’abord le climat qui les a rendus tels, mais il n’a souffert que ceux qui l’étaient, et il n’est pas étonnant que les enfants gardent la bonne constitution de leurs pères. » (Rousseau, Essai sur l’origine des langues)

Impressionnante intuition du mécanisme de la sélection naturelle. Le milieu ne rend pas l’individu plus fort, mais l’espèce ; les « épreuves » du climat taxent l’individu et paient l’espèce.

v

« Il est certain que les plus grands prodiges de vertu ont été produits par l’amour de la patrie : ce sentiment doux et vif qui joint la force de l’amour-propre à toute la beauté de la vertu, lui donne une énergie qui sans la défigurer, en fait la plus héroïque de toutes les passions. » (Rousseau, Discours sur l’économie politique)

On trouve la même idée chez Montesquieu : l’amour de la patrie est la vertu. Mais Descartes a dénoncé une certaine illusion propre aux études historiques, à laquelle Rousseau semble particulièrement sujet : portant aux nues les vertus des Anciens, telles qu’elles nous sont transmises par les livres, Rousseau opposerait une fantasmagorie (suivant l’idée de Descartes) à l’homme actuel, dégénéré.

Descartes : « [M]ême les histoires les plus fidèles, si elles ne changent ni n’augmentent la valeur des choses pour les rendre plus dignes d’être lues, au moins en omettent-elles presque toujours les plus basses et moins illustres circonstances : d’où vient que le reste ne paraît pas tel qu’il est, et que ceux qui règlent leurs mœurs par les exemples qu’ils en tirent, sont sujets à tomber dans les extravagances des paladins de nos romans, et à concevoir des desseins qui passent leurs forces. » (Discours de la méthode)

Rousseau loue les principes des anciens législateurs, et sa louange est une description exacte du fascisme moderne, que l’on pourrait croire inspiré par les lignes suivantes (si le fascisme ne prenait pas directement son inspiration à la source des anciens législateurs eux-mêmes) :

« Tous [les anciens Législateurs] cherchèrent des liens qui attachassent les Citoyens à la patrie et les uns aux autres, et ils les trouvèrent dans des usages particuliers, dans des cérémonies religieuses qui, par leur nature, étaient toujours exclusives et nationales (voyez la fin du Contrat social), dans des jeux qui tenaient beaucoup les citoyens rassemblés, dans des exercices qui augmentaient avec leur vigueur et leurs forces leur fierté et l’estime d’eux-mêmes, dans des spectacles qui, leur rappelant l’histoire de leurs ancêtres, leurs malheurs, leurs vertus, leurs victoires, intéressaient leurs cœurs, les enflammaient d’une vive émulation, et les attachaient fortement à cette patrie dont on ne cessait de les occuper. Ce sont les poésies d’Homère récitées aux Grecs solennellement assemblés, non dans des coffres, sur des planches et l’argent à la main, mais en plein air et en corps de nation, ce sont les tragédies d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide, représentées souvent devant eux, ce sont les prix dont, aux acclamations de toute la Grèce, on couronnait les vainqueurs de leurs jeux, qui les embrasant continuellement d’émulation et de gloire, portèrent leur courage et leurs vertus à ce degré d’énergie dont rien aujourd’hui ne nous donne d’idée, et qu’il n’appartient pas même aux modernes de croire. » (Considérations sur le gouvernement de Pologne)

vi

Le pays où fut inventé le parlementarisme moderne, l’Angleterre, est aussi le pays où le droit d’origine législative est secondaire par rapport à la common law, est « une dérogation à la common law » (et où le juge ne s’estime aucunement lié par l’intention du législateur, dont il ne s’enquiert point). Le Parlement y est au fond un simple organe budgétaire. L’erreur subséquente est de Rousseau et des Français.

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« Nos valeurs » : j’aimerais qu’ils en parlent moins et qu’ils les connaissent mieux.

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Les questions les plus graves sont confiées à des gens qui n’ont ni les moyens intellectuels ni le loisir de penser.

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La correctionnalisation du viol passe aux yeux des auteurs du petit livre sur Les jurés (PUF, 1980, p. 44n) pour une forme de laxisme, comparée à son défèrement aux assises, mais Jean Marquiset explique que la correctionnalisation – le traitement d’un crime en simple délit – peut au contraire servir à mieux punir. Nos auteurs commettent donc un contresens. Les apparences sont trompeuses.

« [L]e fœticide est réellement un homicide volontaire, quoique juridiquement on en ait fait par la loi du 17 mars 1923 un délit pour en assurer une meilleure répression par un tribunal que par le jury, toujours disposé en cette matière à une excessive indulgence. » « Il [l’infanticide] avait toujours été considéré comme un crime, jusqu’à la loi du 2 septembre 1941 qui l’avait transformé en une simple infraction correctionnelle pour qu’il fût, comme l’avortement, sanctionné par une sévère répression. » (Marquiset, Les droits naturels, 1976)

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L’interdiction de l’enregistrement des audiences est une règle « d’ordre public ». Elle est liée au « principe de l’oralité » et nos auteurs (Les jurés, 1980) se satisfont à bon compte de cette raison (cette excuse) absurde : quelqu’un qui parle n’a pas une expression moins orale parce qu’il est vu sur un écran de télé. Cf. McLuhan: both speech and TV are cool media.

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Haro sur le gouvernement des juges ? Un juge, parce qu’il est nommé et non élu, n’aurait pas la même légitimité démocratique qu’un ministre, nommé et non élu ? C’est cela, oui…

« L’extension du pouvoir judiciaire dans le monde politique doit donc être corrélative à l’extension du pouvoir électif. Si ces deux choses ne vont point ensemble, l’État finit par tomber en anarchie ou en servitude. » (Tocqueville, De la démocratie en Amérique I, I, V)

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Les procureurs « bénéficient très largement » de « l’indépendance de la magistrature », en conclusion de quelques paragraphes qui évoquent la « pratique institutionnelle » (Lemesle & Pansier, Le procureur de la République, 1998, p. 34), mais, c’est là le hic, la pratique peut être changée sans que cela soit contraire au principe de légalité, donc les procureurs ne sont pas indépendants.

Ces deux magistrats croient faire passer une pratique pour une garantie juridique, alors qu’un changement de pratique (une injonction de classement par tel garde des sceaux suivie d’une sanction en cas de refus du magistrat) ne serait en rien contraire au principe de légalité.

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« Il ne suffit pas, dans les tribunaux du royaume [d’Angleterre], qu’il y ait une preuve telle que les juges soient convaincus ; il faut encore que cette preuve soit formelle, c’est-à-dire légale : et la loi demande qu’il y ait deux témoins contre l’accusé » (Montesquieu, De l’esprit des lois)

Montesquieu réfute le système de l’intime conviction avant même qu’il ait remplacé chez nous celui des preuves légales ! Encore un travers de la France. (Voyez L’infâme conviction ici)

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Si la France avait gardé ses Huguenots, la Révolution française n’aurait pas eu lieu.

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Les Lumières françaises étaient une anglophilie militante (Montesquieu, Voltaire, Diderot…) et c’est donc trahir les Lumières que de parler de quoi que ce soit « à la française » quand c’est pour l’opposer aux Anglo-Saxons. Ce sont les Anglais qui nous ont appris la tolérance mais nous ne sommes que leurs singes. Chez nous un Sikh n’a pas le droit de porter son turban.

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La Manche est la frontière entre l’Europe et le continent asiatique.

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Le cas Søren Kierkegaard
(Complément à Autour de l’existentialisme de Kierkegaard x)

L’homme génial qui se reproduit ne reproduit pas son génie. Le génie ne se reproduit pas.

C’est cet homme, le génie, qui trouve un trésor dans la relation négative à la femme et le perd dans une relation positive, la vie commune.

« [A]-t-on jamais entendu dire qu’un homme soit devenu poète par sa femme ? Tant que l’homme ne s’est pas lié à elle, elle l’entraîne. C’est cette vérité qui se trouve à la base de l’illusion de la poésie et de la femme. » (Kierkegaard, Étapes sur le chemin de la vie)

ii

Ce n’est pas de réussir là où tout le monde a échoué qui est le plus admirable, mais d’échouer là où tout le monde a réussi.

« [J]e ne demande rien de mieux que d’être, à notre époque objective, reconnu pour le seul qui n’a pas réussi à être objectif. » (Kierkegaard, Post-scriptum aux Miettes philosophiques)

iii

C’est par un clergé jugé par Kierkegaard anti-chrétien que la pornographie a d’abord été légalisée dans le monde (Danemark 1969 : l’Église nationale danoise soutient le projet gouvernemental de légalisation de la pornographie).

iv
Célibat

Une simple remarque met à bas l’édifice des Propos sur le mariage par « Un époux » dans Étapes sur le chemin de la vie de Kierkegaard : l’homme chez qui l’inclination amoureuse, ce « don de Dieu », se déclare pour une femme mariée, ne peut l’épouser, et ce n’est pas faute d’être « assez bon » qu’il ne prend pas cette décision, mais il ne peut « se rendre digne de recevoir le don de Dieu ».

– Même un grand esprit n’est pas esprit seulement, pourquoi donc vouloir qu’il soit une exception en se soustrayant au mariage ? – Que se marie celui qui ne craint pas de dire à ses enfants : « Vous êtes nés et je vous souffre, comme je souffre votre mère, car l’esprit a besoin de repos et de délassement et par bonheur en vous engendrant et en vous éduquant je n’ai rien sacrifié de ma vocation. » Que se marie et enfante celui qui ne craint pas de dire cela.

v

La pensée de Kierkegaard serait « une première forme de l’existentialisme », mais comment une pensée profonde pourrait-elle être la première forme d’une pensée superficielle ? Si l’on tient à établir un lien entre les deux, il faut dire plutôt que l’existentialisme est une pâle copie de la pensée de Kierkegaard.

Søren Kierkegaard som café-gæst (Kierkegaard im Café) by Christian Olavius Zeuthen, 1843

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Quel mal ne fait-il pas à son œuvre, le poète qui gagne sa vie dans une boutique (au sens large) ! On ne peut tout simplement pas le lire, on se dit : « Comment n’est-il pas mort de chagrin, s’il était poète ? »

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Le clown survit au poète.

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La perversion aplanit tous les dilemmes.

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Socrate discourait le jour sur le thème « le corps est la prison de l’âme » avant de retourner chez lui partager la couche conjugale.

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La beauté de l’esprit n’est-elle pas encore plus passagère que celle du corps ? Ne cherchez pas à être aimée pour votre esprit.

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Est-il juste de partager également entre les membres d’une fratrie, alors que seul l’aîné connaît la souffrance d’être passé d’enfant unique à membre d’une fratrie ? Le droit d’aînesse lui compensait ce traumatisme.

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Vu que l’on appliquait la « question préalable » pour faire dénoncer les complices, un tel système devait conduire à de nombreuses dénonciations d’innocents, que l’on torturait à leur tour.

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Le droit à l’existence n’interdit pas le suicide.

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Il me suffit de lire Aristote pour savoir que je ne souhaite pas lire les scolastiques. La corruption intellectuelle du moyen âge européen ne vient pas des invasions barbares mais d’Aristote. Même remarque pour la philosophie médiévale islamique.

La vaine subtilité des scolastiques (Kant : Subtilität der Schulmethode) se trouve déjà chez leur Magister Aristote. Voyez Voltaire: « Aristote, qu’on a expliqué de mille façons, parce qu’il était inintelligible » (Lettres philosophiques).

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La notion de l’âme comme connaissance, à laquelle s’oppose Schopenhauer avec sa conception de la volonté aveugle, ne semble pas prédominer chez les Anciens : « tous les penseurs définissent l’âme … par trois caractères : le mouvement, la sensation, l’incorporéité » (Aristote, De l’âme). Ou encore, certains la confondent avec un élément ou une substance particulière : le feu (Démocrite), l’eau (Hippon), le sang (Critias ; cf. aussi l’Ancien Testament : Lévitique XVII-14 « Car l’âme de toute chair, c’est son sang »), l’air (Diogène)…

Certes, Aristote discute aussi quelques théories de l’âme comme intellection : Anaxagore, Platon…

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Kant, Vorlesungen über die philosophische Enzyklopädie : Un Pansophus est impossible, tant en philosophie qu’en mathématique (deux Vernunftwissenschaften) tandis qu’un Polyhistor est possible.

Mais Kant affirme aussi que la philosophie (métaphysique) a vocation à être clôturée, en aucun cas la mathématique. Or qu’un Pansophe ne soit pas possible semble indiquer que la philosophie est infinie comme la mathématique, sinon il faudrait dire qu’un Pansophe est impossible en mathématique mais non en philosophie. (Mais le critère d’un Pansophe et d’un Polyhistor est seulement, dans ces Vorlesungen, que leurs connaissances sont « sehr ausgebreitet », ce qui implique que l’impossibilité signifie que dans les sciences de la raison les connaissances ne sont pas telles, ne sont pas étendues.

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Cioran recherche la connaissance intuitive du génie selon Schopenhauer et cela le conduit au rejet de l’abstraction (par ex. Bréviaire des vaincus 104-5), décriée comme une négation du vouloir-vivre (donc à rejeter selon lui). Or la démarche de Cioran est viciée par l’abus de mots tels qu’infini, néant…, non intuitifs ; il est plus abstrait qu’il ne croit.

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Paraphrase. L’enfant reçoit de son père le caractère car c’est le principal, et le principal est reçu du sexus potior ; il reçoit son intellect de la mère car l’intellect est secondaire et le secondaire est hérité du sexus sequior (Le Monde comme volonté et comme représentation, c. XLIII). Une fratrie devrait donc être d’égale intelligence ? Non, et Schopenhauer l’explique par les conditions physiologiques du génie, qui nécessitent la fleur de l’âge des parents (ce qui signifie que les aînés sont favorisés à ce point de vue, pour les couples point trop précoces).

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Des « forces nouvelles » pour la logique…

La logique va chercher des « forces nouvelles » dans l’empirique. Car « les règles de la logique sont insuffisantes » (André Delachet, L’analyse mathématique). Or, s’il y a bien quelque chose qui ne peut combler une supposée insuffisance de la logique, c’est l’empirique. Car alors l’empirique ne serait pas lui-même soumis au raisonnement logique, n’obéirait pas à des lois, il n’y aurait pas de nature, le monde serait magique.

ii

Delachet affirme que le principe du tiers exclu n’a aucun sens. Il se sert pour cela de la puérile « parabole des géants subtils et cruels » de Ferdinand Gonseth (dans Les fondements des mathématiques, 1926) :

« Dans une île vivait une race de géants fort subtils et cruels. Parce qu’ils étaient cruels, ils mettaient à mort tout étranger qui abordait chez eux ; parce qu’ils étaient subtils, ils avaient imaginé de lui faire prononcer lui-même sa condamnation. Ils lui posaient une question, et si la réponse était vraie, ils l’immolaient à l’Idole de la Vérité ; si elle était fausse, ils l’immolaient à l’Idole du Mensonge. Or, il arriva qu’un jour ils posèrent à un étranger plus subtil qu’eux la question imprudente : quel sera votre sort ? L’étranger répondit : vous me sacrifierez à l’Idole du Mensonge etc. » (in Delachet)

La parabole est une ridicule resucée du « Je mens » séculaire, le privant de toute force puisqu’il fait porter le jugement sur un fait d’avenir : le fait énoncé ne peut se réaliser selon les conditions décrites, qui incluent l’énonciation de l’étranger, laquelle devient par cette inclusion un acte performatif en soi et cesse par conséquent d’être un simple énoncé. L’étranger se borne à rendre la peine impossible selon les conditions posées et n’affirme rien sur le vrai ou le faux de quoi que ce soit. La logique n’est pas un seul instant touchée par cette plaisanterie pas très subtile.

iii

a/

Quant à l’ensemble E des éléments e qui ne se contiennent pas eux-mêmes (dans la théorie du transfini), qu’est-ce qu’un ensemble ou un élément qui se contient lui-même ? La notion ne tient pas la route logiquement (elle viole le dipôle logique contenant-contenu), donc en tirer des conclusions contre la logique, parce qu’une notion contraire à la logique conduit à des résultats contraires à la logique, est puéril. En réalité, ces résultats contradictoires confirment la logique.

Je me souviens d’un étudiant en mathématiques qui chercha à me convaincre de la supériorité des mathématiques sur la philosophie en invoquant cet ensemble E : en s’affranchissant de la logique insuffisante à laquelle la philosophie restait attachée, les mathématiques prouvaient qu’elles plus avancées que la philosophie. On se motive comme on peut.

b/

« Cette conception [des nombres transfinis] aboutit à des difficultés logiques inextricables qui ne sont pas encore complètement aplanies. » (Delachet) Bon courage pour aplanir l’inextricable. En réalité, la phrase s’arrête à « inextricables », le reste est tout simplement ridicule. – Et c’est cette nouvelle conception qui est dite résoudre le paradoxe d’Achille et de la tortue !

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#MeToo « Sans oui, c’est non »

Victor Hugo, du Panthéon, n’est pas d’accord : « Toutes deux, montrant leurs épaules, / Pour dire oui prononcent non » (Pièce incluse dans le dossier des Chansons des rues et des bois, Poésie/Gallimard)

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« Hélas ! il avait des jours où tous les hommes agissant lui paraissaient les jouets de délires grotesques : il riait affreusement, longtemps. » (Rimbaud)

Ce sentiment de l’absurde n’avait jamais été exprimé si distinctement avant Une saison en enfer, et pourtant ne doit-il pas être éprouvé par tout esprit sensible au temps de l’adolescence, de toute éternité ? (Il s’émousse avec l’habitude de vivre avec.)

Law 15: One Repeal To Freedom

Hate Crime

“Adding extra penalties to a crime based upon the offender’s motive or prejudicial statements is an unconstitutional abridgement of free expression. … Proponents of hate crime laws have attempted to compare the need for hate crime laws with the need for laws against discrimination. On the other hand, some have noted that civil rights laws target discriminatory behavior, not the prejudice behind the behavior.” (Encyclopedia of American Law)

I owe the reader a precision. The first sentence has been cut to express my full endorsement of the idea and this is not the current state of the law. The original sentence is “Critics of hate crime statutes argue that adding extra penalties to a crime etc.”

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One Repeal To Freedom: Terminating the Civil Rights Acts

The most conspicuous, when the Acts are repealed, is that nothing will be changed. The fair employment section has not desegregated the workplace and the fair housing act has not desegregated neighborhoods–as far as those for whom these acts were allegedly passed, the Negroes, are concerned.

Civil rights are statutory protections against discrimination, enacted by legislative bodies to regulate activities in the private sector. … Civil liberties are the rights we have against the state, that is, against government.” (S. Kennedy & D. Schultz, American Public Service, 2011)

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The Threat of Standing Armies

(Completes The People in Arms in Law 14.)

The second amendment has three functions: (1) To defend against a tyrannical government

Assuming a tyrannical government is what Scalia calls “public violence” in the phrase (protecting oneself against) “both public and private violence,” and that to defend against it is to defend against its army, can it be done by the militias as known from the statutes?

The National Guard is “under the dual control of the state governments and the federal government”: If one of the two controlers is the tyrannical government, the National Guard cannot act as a defense against it unless it splits from the tyrannical controler. If the two controlers are together, the National Guard can do nothing.

State Defense forces are under state control. They cannot defend against a tyrannical government if the state in question supports said government or is the tyrannical government.

These are not militias but integral parts of the governments that the Constitution suspects of possible “public violence” and tyranny, and therefore the legislative acts are best described as maneuvers to empty out an important constitutional object.

ii

Why did the Founders fear standing armies? Standing armies are made of the scum of society (Montesquieu already said so, why would it be different today?) so in the final analysis what you’ve got is a scum bureaucracy and a political lobby of the scum, which is gathered in a mass and thus can develop a scum class consciousness (contrary to tertiary sector workers, completely atomized). Add police to this brutish illiterate organized element and, beside big business (Delaware Inc. [see below]), you’ve got the most prominent political lobby in the state.

The Republican Party is their mouthpiece now –them plus small business. What blue collars? The jobs are outsourced in China– which platforms therefore ask both for small government and large armed forces: a banana republic.

So much so that, seeing this farce, some true conservatives have been forced to flee to a third party, the Libertarians, even though, as I wrote elsewhere (Law 10), a two-party system is better than a multi-party system.

The Republican Party’s platforms vindicate both small government and large armed forces. Small business, bosses and employees alike, the former due to their opposition to red tape, the later out of resentment against functionaries’ entitlement, calls for small government. The praetorians call for large armies.

The Democratic Party’s platforms are dictated by the technostructure, which is compounded of big business and state bureaucracy.

iii

When this or that politician emphatically declamates that the army is the most desegregated institution in the states, it’s a bloody sarcasm on racial minorities. More desegregated is only… prisons. What is it they gloat over?

In my opinion professional soldiers should never be called veterans. It must be reserved to drafted civilians.

The figures of military outsourcing in the U.S. (Titan Corporation etc) are now staggering and these companies’ employees most probably never get called veterans no matter where they go.

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Delaware Inc.

Biden has spent his career making it difficult to wipe out debt via bankruptcy. Biden is from Credit Card Company-run Delaware. (Patrick Howley, journalist)

Oh Biden is from Delaware… Recently I read this on Delaware:

“Most American corporations are incorporated in Delaware and … most Delaware cases of corporation law are done in front of professional judges [Delaware Court of Chancery, an equity court], not jury laymen.” (De Geest, American Law: A Comparative Primer, 2020)

I apologize for putting Howley’s “credit cart company run-Delaware” description in its true light, which is that it’s not even half the picture, since “Most American corporations are incorporated in Delaware and … most Delaware cases of corporation law are done in front of professional judges, not jury laymen.”

Delaware is the incorporation state of “most American corporations” so they can avoid litigation via popular juries.

Therefore, the item he lays down from Biden’s record (making it difficult to wipe out debt via bankruptcy) must have a more accurate reason, which is, in my opinion, that Delaware is the state of big corporation interests and it’s small business owners who need accommodating bankruptcy laws. Big corporations have an interest in holding small business by the throat.

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The Mexican Flag As Gown

North Carolina student denied diploma after wearing Mexican flag over graduation gown.

Decoration Day (Source: The Yucatan Times)

Here’s the story.

“Livestreamed video footage from the ceremony shows the principal ask him to take the flag off. After an unsuccessful attempt to take it off, he was handed his diploma holder, which the other students also received. But after walking across the stage, he was denied his actual diploma.”

“This incident is not about the Mexican flag,” the school said, adding they “strongly support [their] students’ expression of their heritage.” But “school dress code allows decoration only on graduation cap.”

Then, “In a statement to ABC News on Sunday, … High School said that Lopez’s diploma has been available for pick up since Friday and that an apology has never been requested, expected or required.”

With title “North Carolina student denied diploma after wearing Mexican flag over graduation gown,” the author of the paper seemingly intends to make of this story a civil liberties issue, whereas it is a dress code issue, and when you read till the end, of course the student’s got his diploma: he can pick it up at the school and the school has not even asked for an apology for the decoration day’s dress code breach.

ii

The facts: E. Lopez wore the flag of Mexico over his graduation gown at decoration day. The principal who was to hand the diploma asked him to remove the flag because it was a breach of the school’s dress code for decoration day, upon which demand Lopez tried to comply but had difficulty removing the flag, so the principal handed the diploma nevertheless, finding Lopez’s wish to comply compliant enough. However, someone else from the school staff, after he had walked across the stage, thought differently and took the diploma back. This caused some outrage and a small demonstration took place in the next days. The school explained that the sanction had nothing to do with the flag but with a breach of dress code, that the diploma was available at the school for Lopez to pick it up, and that the school was not asking him an apology. The sanction was therefore simply that his diploma was withheld a few days by school officials, which seems quite fair and the school could have asked for an apology in the bargain without making a disproportionate demand, I find.

A paper was released (attached to a video from decoration day) with title “North Carolina student denied diploma after wearing Mexican flag over graduation gown.”

I wonder whether the word “denied” is not misleading and I would really like to know how other readers interpreted it. The diploma was retained a few days, does it justify the use of the word “denied”? On the other hand, Lopez did not get his diploma that day so he was denied the diploma that day, sure; still, he was not denied the diploma more than a few days…

The first thing that came to my mind when reading the headline (I’m not an American citizen and for a moment I overlooked the narrower meaning of the word diploma in English) is that E. Lopez was denied his degree, that is, the school authorities canceled his studies because of his wearing a foreign flag on his gown at decoration day, as if they had found it a seditious act. We all know the issue with flags is sensitive, Republicans tried to make burning or otherwise defiling the Stars and Stripes a criminal offense (the Supreme Court found it unconstitutional, so they tried to amend the Constitution, no less), so for a moment I thought school authorities had reacted in a hugely disproportionate way (the Supreme Court grants school authorities extensive prerogatives so why not?). I had been reading about Mexico’s President Vicente Fox urging, in his times, Mexican migrants to keep Mexico’s interest at heart when they vote in the U.S., so perhaps the climate in the school was marred by ethnic tensions and the authorities would have seized the opportunity and used the power that is bestowed upon them to make an example, treating the case as sedition and canceling the kid’s study years in a snap.

After I cooled down I knew it was only about the paper document, but still to “deny” Lopez this document, like forever, would have been disproportionate.

Then I found out the document was only withheld a few daysand I think it is all set (and the school could even have asked for an apology in my opinion). I said this was a mere dress code issue and not a civil liberties issue but this is not accurate: a dress code issue may well be a civil liberties issue, as is known since Tinker v. Des Moines Independent Community School District (1969): “The First Amendment, as applied through the Fourteenth, did not permit a public school to punish a student for wearing a black armband as an anti-war protest, absent any evidence that the rule was necessary to avoid substantial interference with school discipline or the rights of others.”

The school authorities may have been quite lenient with Lopez because they had this Supreme Court’s decision in mind and not only because of possible diplomatic consequences or out of political correctness.

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“Not liberty, but Dominion”

« (President John Quincy Adams) continued, America “goes not abroad in search of enemies to destroy.” If America embarked upon such a course she would “involve herself beyong the power of extrication, in all the wars of interest and intrigue, of individual avarice, envy, and ambition, which assume the colors and usurp the standard of freedom.” In prophetic words, Adams added, “The fundamental maxims of her policy would insensibly change from liberty to force … She might become the dictatress of the world. She would be no longer the ruler of her own spirit.” Adams summed up America’s achievement in these words: “(Her) glory is not dominion, but liberty.” » (Claes G. Ryn, America the Virtuous, 2003)

“Not dominion, but liberty,” President Quincy Adams said. Now it seems that Americans are going to have “not liberty, but Dominion” (Dominion Voting Systems).

The very word Dominion should be abhorrent to Americans for at least two reasons.

1/ In this major presidential speech from 1821 (the “not dominion, but liberty” speech) President Adams was reaffirming the tradition, set up by Washington in his farewell address, of avoiding entanglement in international relations, of avoiding it for the very sake of America’s greatness.

2/ Pursuant to the same ideal, America advocated nations’ right of self-determination in a time when the British and other European countries had world empires with dominions, allegedly “self-governing” colonies. That is to say the word dominion runs into the idea of self-determination.

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The Faceless Against Hate

Justin Trudeau: Freedom of expression isn’t “freedom to hate.”

That’s the true state of Canadian law, where faceless bureaucrats (of whom Trudeau is but the mouthpiece) decide what is hate and what is not, and what citizens, writers, intellectuals, journalists are allowed to say.

That a few states be added to the territory over which the Union is sovereign, is long overdue. If the U.S. does not consider it seriously or keeps accepting such a sham, such a parody of democracy at his border, then the Union will not be able to maintain its freedoms for long because its sense of freedom will be eroded by the deceptive idea that a country can be mocking and trampling liberties as Canada does and still be a legitimate model of Western democracy.

Before the internet people had no idea, but I fear the internet is not going to make Canadians ask for the same freedoms as their neighbor and rather that American faceless bureaucrats will press Congress and courts to curtail American freedoms, legitimized by the Canadian example.

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I fear the internet is not going to make Canadians ask for the same freedoms as their neighbor, precisely because their system is locked up. People do not decide what subjects are open to debate, Canadians are not allowed to ask “freedom to hate,” that would be, as the faceless bureaucrats construe it, to stand against the state, that would be sedition.

You might say Trudeau is the face of the “faceless,” after all. As much as a conservative prime minister would. They are called faceless no matter who is “in charge” because, in a lockep up system, the people cannot look at bureaucracy as in a mirror. Their dictates are promises made to lobbies behind closed doors, and while they hardly ever show up on political platforms, yet repressive laws are piling up.

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Flag Desecration Amendments Galore

Whereas in most countries flag desecration is a criminal offense punishable with prison, the U.S. Supreme Court struck down a statute prohibiting burning and otherwise defiling the Stars and Stripes.

Therefore, since Texas v. Johnson, 1989, in order to make it a criminal offense like elsewhere U.S. lawmakers need a constitutional amendment.

« There have been several proposed Flag Desecration Amendments to the Constitution of the United States that would allow Congress to enact laws to prohibit flag desecration:

Douglas Applegate (Ohio) in 1991
Spencer Bachus (Alabama) in 2013
Steve Daines (Montana) in 2019
Robert Dornan (California) in 1991
Bill Emerson (Missouri) in 1991, 1993, 1995
Randy Cunningham (California) in 1999, 2001, 2003,
Jo Ann Emerson (Missouri) in 1997, 1999, 2001, 2003, 2005, 2007, 2009, 2011, 2013
John P. Hammerschmidt (Arkansas), 1991
Orrin Hatch (Utah) in 1995, 1998, 1999, 2001, 2003, 2005, 2011, 2013
Andrew Jacobs Jr. (Indiana) in 1995
Joseph M. McDade (Pennsylvania) in 1989, 1995, 1996
Clarence E. Miller (Ohio) in 1991
John Murtha (Pennsylvania) in 2007
Ron Paul (Texas) in 1997, but he opposed any federal prohibition of flag desecration, including his own Flag Desecration Amendment which he proposed only as a protest against proposals by his Congressional colleagues, such as Emerson and Solomon, to ban flag desecration through ordinary legislation instead of by Constitutional Amendment.
Gerald B. H. Solomon (New York) in 1991, 1993, 1995, 1997
Floyd Spence (South Carolina) in 1991
David Vitter (Louisiana) in 2009 »

(Wikipedia: Flag Desecration)

To think that lawmakers are so obstinate, they must have plenty of time to waste. But this is no surprise; as I always say, it takes independent judges tenured for life to defend free speech, whereas elected officials are always against free speech.