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Philosophie 12

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FR

I

L’axiome de la morale selon Voltaire, « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît », Nietzsche l’appelle une « niaiserie anglaise » (La volonté de puissance). Son interprétation en est particulièrement bizarre : l’axiome est analysé comme prudence par rapport aux conséquences, alors qu’il s’agit de reconnaître qu’autrui est un égal. Mais il ajoute ensuite que c’est la morale du troupeau : « nous sommes égaux, ce que tu me fais je te le fais » et le réfute par ceci que mon action ne peut être « rendue » par autrui. – Ma propre objection au fait de tenir cette maxime pour un axiome fondamental est une meilleure expression de l’idiosyncrasie recherchée par Nietzsche : suivant un tel axiome, les natures grossières ne peuvent jamais concevoir qu’elles aillent contre la morale, quand elles blessent une nature plus sensible.

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Kant : L’homme en soi est complètement étranger à la nature.

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L’histoire est contre-nature puisqu’elle est le domaine de la liberté.

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Le démon de Socrate le détournait de la politique – « sous peine de mort », disait-il. Pourtant, Socrate voulut être un taon – contre son démon.

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La condamnation de Socrate à son procès semble méritée car on trouve chez l’autre candidat au titre de père de la philosophie, Pythagore, un grand nombre de maximes sur le culte et les rites, complètement absents chez Socrate, qui nous apparaît en cela comme un pur philosophe, émancipé des conventions rituelles. Pythagore s’apparente davantage à Confucius, relativement aux chinoiseries du culte. Ainsi, ce que Nietzsche défend, en définitive, comme sain par rapport à la dégénérescence introduite par Socrate, c’est le ritualisme et le formalisme, et il importe peu, à vrai dire, que ce ritualisme ait pu prendre chez les Grecs des formes orgiastiques.

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Quand on pense à ce que devaient être les conditions de l’assistance publique au temps de Rousseau, on peut bien dire qu’il aurait été plus humain de sa part de tuer ses enfants lui-même.

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Dans sa Lettre sur la musique française, Rousseau a détruit l’art abstrait avant qu’il n’existe.

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Kierkegaard requiert une « exception justifiée » à l’état de mariage, mais le célibat n’a jamais rien eu d’exceptionnel même en dehors du monachisme : c’est une loi démographique.

II

« À qui s’adresse ce poème ? à l’actrice L. ? à la femme de ménage A. ? à la comtesse de B. ?… » Ce n’est pas de la critique, c’est du paparazzisme.

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La critique paparazzi : ne serait-elle pas, cette bassesse, typiquement française ? Les éditions de poche des classiques anglais, américains ne pataugent pas dans ce caniveau.

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La critique paparazzi fait de la littérature un journal intime. Elle voit l’homme et non l’art ; pour elle l’homme n’est pas porteur de l’Idée, c’est une caisse enregistreuse.

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La religion d’Hugo, c’est… l’épicurisme.

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Victor Hugo l’épicurien se fait l’écho de Socrate – « le corps est la prison de l’âme » – en écrivant sa propre épitaphe ainsi : « Passant, cette pierre te cache la ruine d’une prison. » Socrate ne serait-il pas un autre épicurien ?

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Baudelaire n’est qu’un épicurien : « Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or ! »

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L’épicurisme, morale d’esclaves : Kierkegaard.

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Victor Hugo a tout dit. Et malheureusement son contraire.

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Hugo a suivi Lamartine : de la mauvaise théologie en vers bien balancés.

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Hugo : « Solitaire, j’ai mes joies. J’assiste … Au viol, dans le ravin, De la grande pudeur sombre Par le grand amour divin. » À mettre en relation avec « Pour dire oui prononcent non ». Quand les meilleurs esprits d’une nation sont à ce niveau d’abaissement, c’est la race plutôt que l’époque.

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La religion comme consolation (par exemple chez Hugo) est l’erreur de la religion : l’épicurisme de la religion.

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Heine : un amuseur de cruches, dont Sissi.

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« … dans l’angle où se croisent des lignes de couleur » (Reverdy) : c’est pousser la formule cubiste un peu loin.

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En jetant mes écrits de jeunesse, poèmes et autres, j’ai par cet acte jeté toutes traces d’une activité de commentaire sur les lectures que j’avais alors, qui me permettraient de me replonger aujourd’hui au cœur de ces lectures. À une époque où je lisais beaucoup de bonnes choses, où je me cultivais, alors que j’ai lu depuis beaucoup de choses insignifiantes, de la documentation.

III

Les peuples esclaves se donnent des philosophies de la liberté comme l’existentialisme. Les Anglo-Saxons n’ont pas besoin d’une telle compensation psychologique : les institutions libres ne créent pas ce besoin.

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Le Français est fermé au monde car il a honte de sa servitude.

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« Ce n’est pas moi qui ai fait la loi », ce n’est pas moi et ce n’est même personne car tout le monde est pour la liberté, la main sur le cœur. Un gros joufflu arrive et me dit : « La loi protège la liberté ! » Il croit, parce qu’il ne parle pas anglais, que personne ne le parle, mais les États-Unis sont un pays libre, la France un pays de gros joufflus.

City of Houston v. Hill, U.S. Supreme Court, 1987, holding that “[t]he freedom of individuals verbally to oppose or challenge police action without thereby risking arrest is one of the principal characteristics by which we distinguish a free nation from a police state.”

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Comme on pense qu’il faut des poètes, ils trouvent quelques buses et disent : « Les poètes ! » Comme on pense qu’il faut des penseurs, ils trouvent quelques buses et disent : « Les penseurs ! » C’est ainsi qu’ils perpétuent leur inhumanité.

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Quand on lit des esprits plats, on a toujours quelque moyen de trouver l’un intelligent par rapport à l’autre ; mais, de fait, il n’y a d’intelligence nulle part dans ce qu’on lit.

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Il n’y a pas d’individus hors du temps libre.

(Cela peut sembler contredit par la situation du pays le plus individualiste, les États-Unis, qui ont inventé l’expression « 24/7 ». Or les théoriciens américains du capitalisme industriel naissant, un William Graham Sumner par exemple, présentaient le projet de l’entrepreneur capitaliste comme un moyen d’enrichissement rapide en vue d’une retraite précoce et de temps libre. L’idée, de bon sens – mais serons-nous compris ? –, est que les sacrifices personnels consentis pour s’enrichir ne sont pas une fin en soi.)

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Un « gouvernement des juges » n’est pas à craindre, au plan des principes, quand les juges sont élus.

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Ce que nous appelons l’inflation législative, et que nous avons renoncé à combattre en France, est ce que Tocqueville appelle l’instabilité législative. Si nous lui avions gardé son vrai nom, nous n’aurions pas cessé de la combattre.

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Pour comprendre la démocratie américaine, il faut être un véritable aristocrate : Tocqueville. Ce dernier a établi la supériorité indépassable de l’Amérique. Il faut creuser profond pour trouver en Amérique la contradiction avec les principes, mais en France il suffit de gratter, c’est différent.

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L’administration n’est pas l’État mais un État dans l’État.

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Il y a apparence que les hate speech laws des pays anglo-saxons autres que les États-Unis (Angleterre, Canada…) ne sont pas si funestes dans ces pays en raison du système accusatoire, de l’absence de parquet.

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La véritable leçon de l’affaire d’Outreau, c’est qu’elle était la copie exacte du McMartin Preschool case, du début à la fin.

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Si la loi peut ôter au droit de propriété des catégories de biens, il devient possible de concevoir une société reconnaissant un droit constitutionnel de propriété où les citoyens n’auraient aucune propriété. On peut donc défendre l’idée qu’il est inconstitutionnel d’ôter du droit de propriété des catégories de biens.

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L’administré est-il un homme ?

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Selon certains, le Brésil serait la seule exception parmi les pays de droit civiliste à appliquer un stare decisis (règle du précédent contraignant). C’est une exagération, le juge en droit civiliste peut très bien créer des normes contraignantes et répressives (« d’origine jurisprudentielle ») quand cela arrange le cartel politique de s’en défausser sur lui, par exemple le devoir des réserves des fonctionnaires en droit français.

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Le droit d’origine jurisprudentielle en France est (principalement) du droit administratif. Le juge administratif y est donc plus un juge de common law que le juge de l’ordre judiciaire. Or sa pratique est la même que celle du juge judiciaire : décision collégiale anonyme, ce qui est incompatible avec une pratique acceptable de stare decisis.

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Certains auteurs de droit insistent sur le formalisme des pays civilistes. En matière pénale, le formalisme n’est exigé que de la défense, et non de la police, du parquet, du jugement de condamnation.

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Comment la Cour suprême américaine ne voit-elle pas (National Association of Letter Carriers, 1973 « upholding the Hatch Act against First Amendment ») que la neutralité du service public n’est pas un gage de son efficacité mais le contraire ? Le gouvernement a besoin d’une administration loyale pour conduire son programme efficacement et non d’agents « neutres » en apparence qui le sabotent au nom soit d’idées politiques contraires soit d’intérêts corporatistes propres à une bureaucratie exogène à toute majorité politique (le Deep State) soit des deux.

Or, aux États-Unis, la jurisprudence est à double sens : la neutralité du service public protège aussi l’expression des fonctionnaires et des contractuels de l’administration. Pas en France !

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Il y a dans le système de la sécurité sociale une race de contributeurs nets. Les exploités. Car les « accidents de la vie » n’empêchent pas les lois statistiques, lesquelles permettent des prédictions dès la naissance.

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Un pays purgé de toute forme d’imagination, parce que ce sont les rêves qui sont la source de l’imagination et qu’on n’écoute pas ses rêves quand on croit qu’on y trouverait des névroses.

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Tout homme bien né éprouve du dégoût d’être né français. C’est là sans doute un paradoxe puisqu’être né français c’est, par définition, ne pas être bien né – sinon pourquoi un homme bien né en éprouverait-il du dégoût ? L’astrologie résout le paradoxe : on peut être bien né tout en étant né français, à condition d’être né sous une particulièrement bonne étoile.

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Le « despotisme oriental », notion fameuse depuis Montesquieu, décrit l’administration impériale institutrice des tribunaux mazalim en dehors des tribunaux de la sharia, cantonnés, déjà, au droit familial et aux héritages. – De fait, Montesquieu dit expressément que la religion, entendez l’islam, est le seul contre-pouvoir au despotisme oriental.

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Les Français sont une nation tellement romantique : « T’as d’beaux yeux, tu sais. »

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Les femmes qui font du vélo n’ont aucune pudeur.

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Marx est une moisissure hégélienne.

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Si c’est la liberté que n’aiment pas nos ennemis, je veux leur dire qu’ils n’ont aucune raison de ne pas nous aimer.

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Napoléon n’est pas ce que la Corse a fait de mieux.

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Qu’on m’explique comment les limitations légales au financement des partis politiques et des campagnes électorales ne sont pas une prime au socialisme ?

EN

From life to knowledge – but most take the opposite direction: from ‘knowledge,’ in the guise of academic treatises that they write, they acquire status, thus a life.

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As speech must be free, if you want no “administrative discrimination” and at the same time officials unhindered as to speech, make them take implicit-association tests (IATs). Another positive result would be to reduce the overplaying of antiracism in general, which garbles speech so much.

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When they say “education” –that the solution is to educate the people on this or that– rather than education they mean bureaucratic coercion.

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The phrase “liberal Enlightenment principles” is a misnomer. Enlightenment says nothing positive about the liberal agenda; in fact, Enlightenment philosophers were opposed to sodomy for instance (Kant, Diderot, both with express reasons). That they opposed a state-church nexus does not imply they did not hold morality church tenets as true or convenient. There exists enlightened antisodomy, believe it or not.

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The Stanford Prison Experiments (Zimbardo): I suggest the results show that Stanford students are scumbags.

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Human Tamagotchi.

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If this side is earth, what’s on the other side of dreams?

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John Milton: Truth shall prevail in the battle of ideas. ­­– What if truth were detrimental to minorities?

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To answer a question with a knife under one’s throat is a waiver of dignity.

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The difference between a written Constitution and a Rorschach test is original understanding.

Law 17: The American-Algerian War

English (I) and French (II).

For the title section you must scroll down to the French part of this post, sorry, but you can also google the phrase to know more about this little-known event (from 1815 AD).

I

Meet the Reactionaries

Texas is First US State to Adopt IHRA Definition of Antisemitism. (i24news June 16, 2021)

This comes after Amawi v. Pflugerville Independent School District (April 2019), “a case in Texas where the plaintiffs had all faced potential or real loss of employment with the State of Texas for being unwilling to sign contracts promising not to participate in boycott activities against Israel.”

The Texan District Court held that “content based laws…are presumptively unconstitutional” and that “viewpoint-based regulations impermissibly ‘license one side of a debate’ and ‘create the possibility that the [government] is seeking to handicap the expression of particular ideas.’ It further asserted that the law the State had relied on, HB 89, was unconstitutional under the First Amendment.” (Wikipedia)

Governor Greg Abbott couldn’t have “his” anti-BDS law stand the judicial test (it was eviscerated) so he “adopts” a new definition of antisemitism. So what? As far as legal value is concerned his adopted definition is nonexistent. He could have repainted the state capitol instead and that would have been exactly as relevant in terms of positive law (with the difference that it would be something useful as buildings need new paint once in a while). Any attempt to give a positive legal value to the definition will be a major infringement on First Amendment rights, just like his anti-BDS law.

ii

As far as the American Jewish Congress’s remarks on … [a social platform beside Twitter and Facebook] in a Newsweek opinion called We need to stop Marjorie Taylor Greene’s online extremism before it gets violent are concerned, the authors examine two solutions.

One –the second discussed by them– is transparency about online fundraising. Why not? Yet do the authors really believe that transparency would be of any use against what they claim is their concern, namely that online speech incite violence? I fail to see how this would work (to be sure I only read the first two paragraphs, which were screenshot, of their paper).

Before looking at their second proposal, let us remember that under the American Constitution even speech that incites violence is protected if it is not “directed to inciting or producing imminent lawless action and likely to incite or produce such action” (Brandenburg v. Ohio 1969). In my opinion that excludes all online speech to begin with, since then the people get the message through electronic devices, mostly sitting in a room with a computer, so the imminence criterion is lacking altogether (although with smartphones things could change in the future, if for instance we could see such a thing as a mob where individuals are both absorbed in their smartphones’ content and committing violence at the same time, which would be peculiar still).

The authors’ second proposal is to ban the platform. They write: “There are precedents in law where exceptions to the First Amendment regarding hate speech exist. ” I have no idea what precedents they have in mind (they do not name them here, if at all) but I know the current state of the law is Brandenburg v. Ohio, which does not support the idea of a ban. In fact there are no currently valid precedents at all. They would have to resort to the Espionage Act, as has been done with Julian Assange, but this is not even credible.

What they call for, then, is reviving precedents long fallen into disuse, in the spirit of the Sedition Act. I can see no other alternative. This is the most reactionary stuff I have read in a long time.

iii

As to the Anti Defamation League’s call to investigate … [same platform as above] “for possible criminal liability in Capitol attack,” it is preposterous. A platform cannot be held responsible for the content its users publish: this is SECTION 230 (as if people had not been talking at length about it recently!) (the section “provides immunity for website platforms from third-party content”: “No provider or user of an interactive computer service shall be treated as the publisher or speaker of any information provided by another information content provider”). So even if some people on … had posted content that was “directed to inciting or producing imminent lawless action and likely to incite or produce such action” (the Brandenburg v. Ohio requirement for prosecuting speech), which must be what ADL has in mind, with the “lawless action” being the Capitol attack, Section 230 prevents the Justice Department from even considering to investigate … The slightest step in that direction would be a civil liberties case against the state.

This being said besides the fact that platform content cannot even be fancied to be “directed to inciting or producing imminent lawless action and likely to incite or produce such action.” The Justice Department would have to prove that an internet post was likely to produce the Capitol attack by a crowd of people gathered on the spot. In any world with stable judicial rules of evidence this is not conceivable.

*

Coloradans Not Wanted

Many Companies Want Remote Workers—Except From Colorado. After a new state law that requires employers to disclose salaries for open positions, some are advertising jobs available anywhere in the U.S. but Colorado. (Wall Street Journal, June 17, 2021)

Companies must reveal salary information in job ads if Coloradans are eligible, so they now advertise their job positions in this way:

“This position may be done in NYC or Remote (but not in CO due to local CO job posting requirements” (DigitalOcean’s online post)

Yet seven states (unnamed in my source below) have laws that prohibit advertising discrimination based on “race, color, or creed”:

“Jews were denied welcome at hotels, resorts, public accommodations, and schools. In 1907 a hotel in Atlantic City, New Jersey, declined accommodations to an American Jewish woman. She complained to Louis Marshall, a lawyer and president of the American Jewish Committee. Marshall drafted a law that barred the printed advertising of discrimination in public accommodations on the basis of race, color, or creed. Enacted in 1913, this statute did not require hoteliers to rent rooms to all comers but prohibited the publication and dissemination of statements that advocated discriminatory exclusion. By 1930 seven states had adopted versions of the New York statute, making group rights a nascent category [nascent or rather stillborn] in First Amendment law.” (mtsu.edu First Amendment Encyclopedia: Group Libel [nonexistent])

This means in all other states you can advertise your business’s discriminatory choices legally. How common is this? And, in fact, why is this not more common? Is it ignorance of the law? Do people mistakenly believe they cannot make such advertisements?

ii

What about the constitutionality of these laws?

Here the author is quite obscure. She says: “Throughout the 1930s the laws remained untested in the courts. Marshall apparently preferred to field inquiries from resort owners about the legalities of their advertisements than to file lawsuits.”

In her first sentence “throughout the 1930s” seems to be saying that the laws were tested by courts but later, otherwise why limit the talk to the thirties? However the author says nothing about results of later constitutional challenges.

The second sentence seems to be saying, correct me if I’m wrong, that there never was any lawsuit based on one of these 7 (or 8, actually, the New York state law plus seven copycats, I’m not sure how to read “By 1930 seven states had adopted versions of the New York statute,” if that means 7 or 8 in total) and notwithstanding the fact there was not a single challenge in courts this man managed to have all such advertisements removed forever. Quite a feat indeed…

At that time commercial speech was not protected by the First Amendment, so constitutional challenges were bound to fail, the laws would have stood the test. This could explain why the hoteliers etc did not care to go to courts to defend their advertising and instead complied with the “inquiries” fielded by said lawyer. Today it is different: commercial speech is protected speech (at least it receives partial protection, not as broad as political speech but still) so, assuming these laws are still around (and this is more likely than the reverse, isn’t it?), challenging their constitutionality is more open-ended today.

*

American Child Labor

Conservatives would legalize child labor again if they could.

Child labor is legal in the U.S. at the date of this post.

“These regulations do not apply to agricultural labor because of outdated exemptions”: “Estimates by the Association of Farmworker Opportunity programs, based on figures gathered by the Department of Labor, suggest that there are approximately 500,000 child farmworkers in the United States. Many of these children start working as young as age 8, and 72-hour work weeks (more than 10 hours per day) are not uncommon. … Today’s farmworker children are largely migrant workers” (American Federation of Teachers, an affiliate of the AFL-CIO)

Besides, “Under the Fair Labor Standards Act (FLSA), workers under the age of 16 cannot work between 7 p.m. to 7 a.m., except during the summer. From June 1 to Labor Day, the prohibited hours are from 9 p.m. to 7 a.m. Once you’re 16, federal law no longer restricts what hours you can work.” Only the night shift is illegal for child workers.

ii

“Today’s farmworker children [estimated 500,000] are largely migrant workers.” Conservatives don’t have to legalize child labor again, they’ll keep crying about the border crisis while overworking Mexican children on their farms.

They legally work children below 14 in farms, family businesses, private homes for “minor chores,” newspaper delivery, and more sectors undisclosed in the sources I quoted.

A 14-year old is not a child according to U.S. labor law, while the International Labour Organization (ILO) has a 15-year old threshold.

While the federal minimum wage for adults is $7.25 per hour, for children it is $4.25 per hour. (See also prison inmates work, given the rates of inmates in the states: “By law, incarcerated workers do not have to be paid. Some states take this to heart. Alabama, Arkansas, Florida, Georgia, South Carolina, and Texas do not pay incarcerated workers for most regular jobs performed within the prison. Inmates in other states are not much better off, as most state prisoners earn between $0.12 and $0.40 per hour of work. Even if an inmate secures a higher-paying correctional industries job – which about 6% of people incarcerated in state prisons do – they still only earn between $0.33 and $1.41 per hour.” (Corporate Accountability Lab, Aug 2020)

American companies outsource a large part of their industrial activity to China where “About 7.74 percent of children between the ages of 10-15 are laborers.” (The Borgen Project, Aug 2019) American law prevents Americans from knowing the figures of American companies’ job outsourcing.

*

Erasure of History Forum

Who remembers the Anti-Masonic Party?

The Wikipedia page lists more than 40 Congress members, including earlier President of the United States John Quincy Adams (MA)†, 2 state governors, William Palmer (VT) and Joseph Ritner (PA), and a host of other officials such as lieutenant governors.

†John Quincy Adams belonged to the Anti-Masonic Party from 1830 to 1834, he was a member of the Congress’s House of Representatives from Massachusetts from 1831 to 1848, and President of the United States from 1825 to 1829.

II

Collectivisation : L’exemple de la santé

L’État français a un argument en béton pour rendre la vaccination contre le covid obligatoire : c’est que la sécurité sociale est collectivisée. En admettant (par hypothèse) que le vaccin est efficace, ce sont ceux qui refusent de se vacciner qui continueront de tomber malades. Ils représentent un coût pour le système collectivisé.

L’individu dont les dépenses de santé sont prises en charge par un régime collectivisé n’est pas libre de refuser un vaccin. La pandémie pourrait donc ouvrir le débat sur le démantèlement intégral de la sécurité sociale.

ii

Dans un État libéral, quand quelqu’un tombe malade, il n’attend rien de l’État. S’il est assuré, c’est auprès d’une compagnie privée, et s’il ne l’est pas (et n’a donc rien prélevé sur ses revenus entre deux dépenses de santé nécessitées par la situation), il a intérêt à avoir des économies ou bien il faut qu’il s’endette (comme quand il a acheté une voiture et un écran plasma).

Dès lors, on ne comprendrait pas qu’il y ait des obligations vaccinales dans un tel pays, les dépenses de santé étant privées. En effet, quand les dépenses de santé sont privées, les choix sont forcément individuels et on ne voit pas de quel droit l’État imposerait le vaccin puisque ceux qui le refusent en seront pour leurs seuls frais s’ils tombent malades tandis que ceux qui sont vaccinés sont immunisés par hypothèse. Si mon voisin est vacciné, il ne peut pas moralement me demander de l’être aussi puisqu’il ne risque plus rien et que mon refus n’emporte aucune conséquence pour lui.

L’obligation vaccinale est un pur produit de l’étatisation. Je souhaite que l’on reconsidère de manière très approfondie le principe même de la sécurité sociale au regard de cette collectivisation rampante.

(Je ne parle pas spécifiquement ici des vaccins anti-covid, dont certains dénoncent la supposée nocivité, mais de la question de l’obligation vaccinale en général, et ma conclusion est que, même en admettant que tous les vaccins sont toujours efficaces, l’obligation ne peut se justifier que dans des systèmes étatisés de sécurité sociale collectivisée.)

iii

Objection : Les caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) ne sont pas des organismes d’État.

Réponse : Les CPAM remplissent « une mission de service public définie par l’État, telle que par exemple les services d’immatriculation et d’affiliation. » Ce qui est défini par l’État est étatisé.

O. Le droit des contrats est défini par l’État. Donc, selon cette logique, les contrats entre personnes privées seraient étatisés?

R. Le droit des contrats repose aussi sur la coutume commerciale et la définition de mon interlocuteur (« le droit des contrats est défini par l’État ») est en soi de l’étatisme pur.

« Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) est déposé par le gouvernement au plus tard le 15 octobre à l’Assemblée nationale. » La question ici porte sur les raisons qui font qu’un régime « paritaire » a son centre opérationnel dans un texte de loi (la LFSS annuelle). La réponse ne peut être que la suivante : c’est parce que le régime est étatisé.

D’ailleurs, la Caisse nationale qui chapeaute les CPAM est un établissement public administratif (« définissant au niveau national la politique de l’assurance maladie en France »).

Mais je pourrais en réalité me passer d’introduire la moindre considération sur la LFSS. La comparaison de mon interlocuteur avec le droit des contrats est tout simplement fautive car ce droit a bien des origines tandis qu’une mission de service public est entièrement définie par l’État.

Que les CPAM aient une certaine latitude de gestion va de soi, de même qu’un particulier chasseur mandaté par la préfecture pour exterminer des renards et autres « nuisibles » (mission de service public) s’y prend comme bon lui semble (dans le cadre des lois). Cela ne change rien à la question.

*

Un délit réservé aux Arabes et aux Noirs

Le délit d’incitation à la consommation de stupéfiants continue d’être poursuivi et condamné en justice. Mais seulement pour les rappeurs (Mister You, affaire de Villeurbanne 2020, affaire de Grenoble 2020, etc).

On pensait que ça n’existait plus, au moins depuis le non-lieu dans les années 90 pour le groupe (blanc) Billy Ze Kick et les Gamins en Folie, dénoncé pour sa chanson Mangez-moi ! (2e place du Top 50, explicitement sur les champignons hallucinogènes : « la chanson du psylo »). Mais non.

Montrez-moi un seul Blanc puni de ce crime ! –

Inspiré par l’achat du recueil Déplacements Dégagements du grand poète Henri Michaux, dont la présentation se lit : « Ses livres, proches du surréalisme, et cependant tout à fait singuliers, sont des poèmes, des descriptions de mondes imaginaires, des inventaires de rêves, une exploration des infinis créés par les substances hallucinogènes » (Présentation anonyme, Collection L’Imaginaire/Gallimard).

Qui d’entre nous, marchant au crépuscule sur la Colline du Crack et ressentant la mélancolie de sa finitude humaine, peut dire qu’il n’a jamais rêvé d’explorer les infinis ?

ii

La référence à la Colline du Crack doit être comprise à la lumière des précédents billets, où j’en ai déjà parlé (Law 9 et suivantes, en anglais).

Alors que la justice condamne l’incitation à la consommation, condamne des artistes, devant le problème de la Colline du Crack à Stalingrad (Paris 19), les autorités ne trouvent rien de mieux que de distribuer des pipes à crack et de payer des chambres d’hôtel.

iii

Un interlocuteur me transmet un jugement de la Cour d’appel de Niort.

À supposer que ce Nicolas R., condamné pour avoir mis à la vente à Niort des tee-shirts Cannabis Legalize It (c’est-à-dire un message reprenant l’un des points du programme d’au moins un parti politique représenté à l’Assemblée nationale et dans divers exécutifs locaux, cette condamnation signifiant en réalité qu’il n’est pas permis de demander de changer la loi, car c’est le sens des mots Legalize It, or aucune loi ne peut comporter une clause prévoyant l’impossibilité de son abrogation et par conséquent le jugement doit être cassé car c’est de l’instrumentalisation politique de la justice), soit Blanc, mon interlocuteur apporterait un démenti au titre de cette section. – Je répondrais que c’est l’exception qui confirme la règle. (Il faudrait demander à l’expert judiciaire Gabriel Matzneff ce qu’il en pense. Mais Nicolas R. ayant en fait été relaxé en appel, mon titre reste sans démenti pour ce qui est des condamnations.)

Mon interlocuteur évoquant par la même occasion le climat actuel, il m’offre l’opportunité d’évoquer une certaine affaire, pour un autre abus de procédure, bien que ce climat soit précisément opposé à toute forme d’expression telle que celle que je vais à présent oser.

Il s’agit de la condamnation d’un rappeur noir, Maka, à 15 mois de prison pour apologie de terrorisme, pour une chanson appelée Samuel Paty.

Le journal La Marne du 27 nov. 2020 (x) indique que la chanson « cherche selon eux [selon les juges] à ‘surfer sur la vague pour faire du buzz’ ». Il est donc totalement incompréhensible que cette personne soit condamnée pour apologie de terrorisme, les juges faisant eux-mêmes remarquer que la finalité de la chanson est tout autre, à savoir « faire du buzz ». L’incohérence est redoutable.

iv

Or demander de légaliser le cannabis, ce qui est forcément légal comme je l’ai souligné et comme la Cour d’appel l’a reconnu (la condamnation en première instance reste très choquante, tout comme l’étaient les poursuites), est une façon indirecte de promouvoir sa consommation. Car il n’y a eu que l’Église nationale danoise pour promouvoir en 1969 la légalisation de la pornographie (premier pays au monde) au prétexte que c’est parce qu’elle était interdite qu’elle attirait les gens et que donc ceux qui étaient contre la pornographie devaient demander sa légalisation.

Ainsi, la promotion de la légalisation ne pouvant s’exclure d’une forme de promotion de la consommation, la loi est d’une abominable stupidité car elle interdit et autorise en même temps la même chose. À bas toutes ces lois.

*

Au temps des manifestations #GiletsJaunes, le gouvernement cherchait à lancer des débats sur qui est journaliste. Je propose la définition suivante, d’une imparable logique interne :

Est journaliste toute personne condamnée en droit de la presse.

*

Histoire d’un mariole

Je reproche à Victor Hugo d’avoir écrit Napoléon-le-Petit. Je veux dire ce titre qui, en appelant Napoléon III le petit, laisse entendre que Napoléon Ier était grand. Non.

Il est certain que vous n’avez jamais entendu parler des guerres américano-barbaresques. Elles furent au nombre de deux : la première de 1801 à 1805 et la seconde, également appelée guerre américano-algérienne, en 1815. Dans la première les États-Unis d’Amérique et la Suède et dans la seconde les États-Unis seuls combattirent les États barbaresques d’Afrique du Nord (nos futures ex-colonies).

Les États-Unis d’Amérique et la Suède luttaient ainsi contre la piraterie en Méditerranée pendant que l’autre fou, qui avait causé la perte de notre flotte à Aboukir (1798), courait dans tous les sens en Europe et cherchait à faire un « blocus continental » pour empêcher les navires anglais d’aborder sur le continent.

Les États-Unis d’Amérique (!) – et la Suède (!) – devaient lutter contre des pirates maghrébins en Méditerranée, la mer qui borde nos côtes (!), pendant que nous avions un EMPIRE.

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Si demain la France et les États-Unis se faisaient la guerre, je pense que l’on pourrait dire à l’avance en combien de minutes l’armée française serait anéantie. C’est pareil pour le droit. #FirstAmendment