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Philosophie 13 : Kierkegaard contre la science de la bêtise

Autour de Kierkegaard

Tout ce qui est « idéalisme allemand » dans Kierkegaard est sans élévation, laborieux et controuvé.

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L’amoureux « puise dans cet état la conscience de sa liberté ». (Kierkegaard, Ou bien… ou bien…, Le journal du séducteur, Introduction)

Je crois que l’amoureux pense à tout autre chose qu’à sa liberté et qu’au mieux celle-ci n’occupe guère plus sa conscience qu’à l’ordinaire. À moins, évidemment, que des forces ne s’opposent à son amour, auquel cas il cherche à le faire prévaloir contre elles et c’est alors une affirmation de liberté. Mais en l’absence d’obstacles je ne vois rien qui dans l’amour rende plus saillante la conscience de la liberté.

Ainsi ne vois-je guère un amoureux s’exclamer, dans l’exaltation de son sentiment : « Je suis libre ! oui, libre ! Ah ! » Si celui qu’on entendrait prononcer de telles paroles nous expliquait alors qu’il le doit à son amour, on se demanderait quel amoureux c’est là, que son amour ramène à sa liberté, comme si c’était l’important ici.

Dès lors que l’amoureux est, au fond, prêt à supporter toutes les contraintes imaginables du moment qu’elles n’empêchent pas la pleine réalisation de son amour, devenu pour lui la seule chose qui compte, en réalité la liberté est le cadet de ses soucis dans l’hypothèse générale. Bien au contraire, il veut se mettre au service de l’aimée, à laquelle sa plus grande joie serait de sacrifier sa liberté. Certes, on peut toujours dire que l’amoureux choisit ce sacrifice et que c’est en faisant ce choix qu’il éprouve la plus complète liberté : oui, on peut le dire, de manière abstraite, mais du moins ne peut-on le lui dire, à lui, car il se sentirait insulté.

Ce serait en effet ironiser sur son sacrifice, si l’on n’y voulait voir qu’une affirmation de liberté, un rapport de soi à sa propre conscience avant d’être le pur don de soi qu’implique ce sacrifice. S’il faut que je sois ton esclave pour trouver, par là-même, ma liberté, qu’avant cet acte je ne connais point, dont je n’ai qu’une vague, qu’une imparfaite notion, eh bien soit ! j’accepte de te faire, en devenant ton esclave, le moyen pour moi de m’assurer de ma liberté. Ce discours, à voix haute, serait absurde ; le seul discours possible est au contraire que je veux être ton esclave car la liberté ne vaut pas ton amour et ce que l’on attend d’un amoureux est qu’il sacrifie sa liberté. Celui qui parle de liberté n’a pas aimé. Celui qui ne s’est pas tenu un discours semblable, dans une totale candeur, non plus. Aussi ce passage me rend-il douteux l’amour de Kierkegaard pour Régine Olsen…

iii

Dans les Miettes philosophiques, « Dieu n’est pas un nom, mais un concept, et c’est peut-être pour cela que son essentia involvit existentiam » ?!

1/ Dieu n’est pas un concept (de l’entendement) mais une Idée (de la raison). 2/ Un concept de l’entendement n’implique nullement l’existence, qui ne s’avère que dans l’intuition. 3/ « Peut-être » !

iv

Si la tentation du mal n’est pas un vain mot, il arrive nécessairement que la conscience religieuse, inégalement partagée, crée des gardiens de la moralité parmi ceux chez qui cette conscience est plus aiguë. Ils deviennent des aînés, des « pères » pour ceux qui ne peuvent percevoir aussi clairement les dangers de la tentation. Un Kierkegaard, avec ses chevaliers incognito de la foi, « chevaliers de l’intériorité », un Jaspers, ne savent pas de quoi ils parlent : ils sont les purs et simples porte-parole d’une conscience collective irréligieuse.

v

L’impératif subjectif de Kierkegaard ne diffère pas du primat de la raison pratique chez Kant.

vi

Un journaliste, rédacteur en chef d’une revue de psychologie, vient de publier un ouvrage intitulé Psychologie de la connerie.

Que m’inspire une telle science de la bêtise ? (Je préfère laisser à cette éminente personnalité invitée des médias le langage vulgaire qu’elle semble affectionner – entre autres parce que je suis loin d’être sûr que les robots censeurs d’internet ne sont pas plus sévères.) Je pense à ce qu’a dit Kierkegaard sur les scientifiques objectifs et « la pointe » : dans le discours de ce scientifique, il y a le monde entier sauf la pointe sur laquelle ce monde repose, le scientifique lui-même. Si je lisais son livre, je sais d’avance que j’y trouverais des interprétations de l’actualité ou de l’histoire qui le feront passer pour un imbécile à mes yeux de même qu’aux yeux de bien d’autres, y compris de savants tout aussi diplômés que lui. Pour Kierkegaard, cette attitude scientifique est le summum de l’imbécillité.

Le scientifique est un cas d’existence ratée. Un esprit entièrement consacré au monde objectif est la proie des fantômes. Nous n’avons affaire dans l’existence qu’au subjectif, dont nous recevons le monde ou ce qui passe pour le monde, et par conséquent notre seule véritable passion, à son paroxysme, est le salut de notre âme. La connaissance objective fait l’impasse sur l’éthique, qui n’existe pas pour elle.

Du point de vue de la science, et même de la Science, avec un grand « s », il n’y a rien de plus imbécile que l’éthique. La société a besoin de règles mais, si on peut les enfreindre dans son intérêt bien compris sans crainte de représailles, et qu’on ne le fait pas, alors on est un imbécile.

vii

Peut-on croire au progrès quand on voit ce que fut l’art et quand on voit ce qu’il est ?

On ne peut y croire que si le sentiment esthétique doit être passé par pertes et profits, comme un « stade » à dépasser : Kierkegaard (mais aussi Hegel).

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Dans Victor Hugo comme dans Schopenhauer, on trouve des arguments contre la lecture. Hugo parle ainsi de « submersion ». Autant il paraît évident que Hugo a peu lu, autant l’affirmation est plus difficile à comprendre de la part de Schopenhauer, qui a visiblement beaucoup lu.

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Boileau se réclame beaucoup du public (contre ses détracteurs) mais le public peut bien avoir été ébloui, plus que par ses vers, par la faveur du roi. C’est vraisemblablement au goût du roi qu’il faut imputer la faveur du public pour Boileau de son vivant ; et s’il avait vécu en régime républicain, il faut croire qu’il aurait au mieux rencontré, de son vivant, un succès d’estime chez quelques connaisseurs (ce qui n’est déjà pas si mal).

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Dans une chronologie du poète Adonis :

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« Lit Char et Michaux. » Beaucoup de Char et peu de Michaux.

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« Il n’est guère prisé par les pouvoirs en place [dans les pays arabes]. » Comme si c’était une recommandation. En France, le « pouvoir en place » prise un Matzneff (qui recevait jusqu’à il y a peu une pension d’État) : est-ce une recommandation ? La seule question, c’est de savoir si Adonis est prisé du public, et connaissant le goût exquis des Arabes pour la poésie, il me paraît que non.

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Si la bonne poésie peut être ennuyeuse, alors la poésie de Reverdy n’est pas mauvaise. – Il essaye de sortir de la légèreté française.

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Le monde de la culture

L’histoire de Minou Drouet, au sujet de qui l’on a parlé de « Mozart assassiné », est bien triste. Ses parents, en rendant publics ses écrits, croyaient bien faire. Il y avait chez cet enfant quelque chose de prodigieux, sans doute quintessencié par sa quasi-cécité dans les premières années de sa vie et puis l’opération qui, à l’âge de six ans, lui permit de recouvrer la vue. L’attitude de certains noms de la culture, dont Cocteau (« tous les enfants sont poètes, sauf Minou Drouet »), fut inhumaine.

C’est comme pour le chanteur Jordy. Passant sur scène devant je ne sais plus quel public choisi, il se fit siffler. Ils ont sifflé un gamin de cinq ans.

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Les Mozart assassinés, oui. Sauf que Mozart, lui, n’a pas été assassiné. L’enfant prodige n’a pas suscité un tel ressentiment, un tel fiel qu’il fallait qu’il meure, on l’a laissé grandir et il a eu droit aux honneurs jusqu’à la fin de sa vie (certes assez prématurée).

Depuis lors, il semble que ce soit trop demander aux gens de culture, le respect le plus élémentaire de l’humanité.

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Cocteau ignorait peut-être, car Wikipédia n’existait pas, ce que nous savons de Minou Drouet, à savoir la quasi-cécité de ses premières années, mais s’il le savait je veux cracher sur sa tombe.

Il paraît tellement évident que la vue donnée à ce petit être qui avait intériorisé dans son esprit en formation une vie coupée du monde, à moitié végétative, a dû paraître un miracle inouï et que c’était de nature à libérer en elle des forces incroyables. Qui plus est, elle gardait de ses années de quasi-cécité l’acuité acoustique propre aux aveugles et malvoyants et sa nouvelle capacité visuelle devait nécessairement se combiner avec cela pour former une facilité musicale prodigieuse, ce que Minou Drouet possédait également. Il faut être borné comme un poète décadent pour ne pas comprendre ces choses (si – encore une fois – il savait).

Minou Drouet (source : franceculture.fr)

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Le monde de l’art

Vous me demandez ce que je pense de l’art dégénéré… pardon : contemporain. C’est une question piège et je ne sais ce que vous visez en particulier, tout en pensant que vous auriez tort de tout mettre dans le même sac. Il existe cependant un phénomène de spéculation sur le marché de l’art : comme le prix est de toute façon déconnecté de la valeur d’usage, nous avons là le lieu idéal-typique de la spéculation, mais j’irai plus loin : c’est vrai de toute la culture. Il suffit de créer des engouements, des phénomènes de masse par la publicité (selon le principe « j’aime ce que tout le monde aime car ‘tout le monde’ ne peut pas se tromper ») pour créer des bulles et spéculer. J’ai bien ri en apprenant qu’une banque néerlandaise avait littéralement fait faillite en spéculant sur le marché de l’art contemporain. Elle était de toute évidence dans la partie manipulée alors que seuls les manipulateurs peuvent gagner, à savoir, ceux qui ont un levier dans les médias.

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La peinture n’est dans l’art contemporain que la partie congrue. C’est multisupport : de grandes salles avec des objets éparpillés au sol, des rideaux de douche qui pendouillent et des bruitages dissonants dans les coins. C’est souvent immersif, conceptuel, gratuit (sauf le billet d’entrée), dans l’ensemble peu convaincant, mais aussi parfois ingénieux, anarchisant, antibourgeois (ni plus ni moins révolutionnaire que Brassens, qui vendait des disques).

Si vous me disiez : « Oui mais ces antibourgeois sont subventionnés (par l’État bourgeois) », je vous répondrais : Qu’est-ce qui n’est pas subventionné en France ? Je pense être le seul à demander la séparation de la culture et de l’État (voyez mon essai Rimbaud négrier ici).

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Un cas de régression esthétique objective

Un article de Télérama de 2013 confirme mon point de vue sur un problème du cinéma. L’article emploie le même terme « stroboscopique » dont je me suis servi (c’est donc plutôt moi, venant après, qui employait alors ce même terme) dans une critique du remake de Robocop par le Brésilien José Padilha, sorti en 2014 (quelque trente ans après le film de Paul Verhoeven, de 1987) : le phénomène shaky cam propre « au début du 21e siècle » :

« Tremblements incontrôlés, gros plans disgracieux, montage stroboscopique : depuis le début du XXIe siècle, les scènes d’action souffrent d’un mal terrible et sont devenues salement illisibles. Penchons-nous sur cette curieuse maladie qui donne la tremblote et voyons si elle est incurable… » (Shaky cam : Le cancer des scènes d’action est-il incurable ? 14 octobre 2013)

Avec ce phénomène plus les images de synthèse perdues dans l’uncanny valley (phénomène dont j’ai amplement parlé sur ce blog, voyez en particulier « La ‘vallée inquiétante’ [Masahiro Mori] » ici [La transparence et le silence]), le cinéma passe par une période qui correspond de fait à une régression au niveau des sensations pour ceux qui ont connu le cinéma antérieur.

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Le Français : ce n’est guère difficile de prendre les choses de très haut, de la hauteur du ciel, quand on est une baudruche.

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Je lis : « La doctrine hégélienne qui concilie dans son sein tous les courants issus de l’idéalisme kantien… » (Pierre Mesnard). Non : ce qu’on appelle l’idéalisme allemand n’est pas kantien et n’en est issu que comme un contre-pied.

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Rappel à moi-même : je dois traduire le passage de la dialectique du maître et de l’esclave dans la Phénoménologie de Hegel et publier cette traduction en regard d’un exemple d’exégèse courante. Pour éclairer le public.

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Ce n’est pas parce qu’un État est laïque qu’il a le droit de parler de la foi comme d’une affaire privée, qu’il peut obliger les gens à considérer leur foi comme une affaire privée, car les religions sont des communautés et, dans ces communautés, dont l’État laïque n’a pas à se mêler, la foi n’est nullement une affaire privée. Ceux qui, au nom de l’État laïque, affirment que la religion est une affaire privée, parce qu’elle n’est pas une affaire d’État, ont une vue fausse de la religion, ainsi qu’une vue fausse et répugnante de l’État où c’est ce dernier seulement qui est le collectif, face aux individus.

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L’Occident est avancé – mais bas.

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« Montaigne, c’est l’homme devenu parfaitement indépendant et qui ne veut plus rien réaliser dans le monde » (Jaspers). Du moment qu’il était maire de Bordeaux…

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Je suis riche parce que mes grands-parents, qui ne l’étaient pas, ne possédaient pas tous ces objets que je possède. – Dans ce cas, tout le monde est riche.

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En aidant les insurgés américains, Louis XVI a plus fait pour la liberté que tous les révolutionnaires français réunis.

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Coups et Dignité

Si condamner une personne à recevoir des coups est dégradant, que faut-il penser des coups de matraque assénés à des personnes non jugées ?

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« Pays-Bas : Heurts entre la police et des manifestants à Amsterdam. »

Quand un magistrat condamne une personne jugée coupable à des coups de baguette (je pense que vous voyez de quoi je parle), c’est barbare, mais quand la police matraque à l’aveugle et fait attaquer ses chiens, c’est civilisé ?

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Pour éviter le retour des heures sombres, il faut supprimer toute opposition.

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Philosophie du droit : Note sur la guerre civile en Algérie

Le Front islamique du salut (FIS) aurait dû entrer au gouvernement puisqu’il avait été élu démocratiquement. L’armée et le gouvernement algériens sont les seuls responsables de la guerre civile.

Dès lors que les élections étaient confisquées par l’armée, le parti légal qui fut ainsi spolié n’avait plus de possibilité démocratique d’exprimer son point de vue dans la société. Sa violence est alors, aux termes du droit international, insurrectionnelle, ce qui veut dire légitime.

Toutes les violences commises dans ce contexte insurrectionnel ne seraient pas reconnues comme légitimes : les assassinats ciblés d’intellectuels ne sont sans doute pas couverts dans ce cadre, mais de fait la paternité de plusieurs de ces assassinats est incertaine. Simplement, c’est l’armée et le gouvernement algériens qui sont responsables de la guerre civile en droit.

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Quelle est la valeur de la langue française ?

« Un symbole de la force de la clarté latine. »

Prenons cette expression pour examiner les mérites de la langue française : « un … de la … de la … ». Pas plus de trois compléments du nom à la suite, disait Flaubert, mais deux n’est-ce pas déjà trop ? Relisez cette expression, elle est lourde.

En allemand, nous pourrions écrire (je ne dis pas que ce serait de l’allemand bien tourné, mais c’est un exemple) : Ein Symbol der Lateinklarheit Macht. On a plusieurs façons d’introduire un complément du nom. En quoi le français, qui n’en a qu’une, est-il supérieur ?

Pour parler des mérites d’une langue, il faut la comparer à d’autres langues. Or, si l’on compare le français et les autres langues vulgaires avec le latin et le grec, beaucoup d’auteurs classiques considèrent qu’il n’y a pas photo. C’est le premier point. Le second, c’est que je ne trouve pas d’éléments de comparaison des langues vulgaires entre elles chez ceux qui défendent la langue française sur la base de prétendus mérites intrinsèques, et leurs affirmations sont par conséquent gratuites.

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« C’est un de mes vos recueils préférés. »

« Un de mes vos » ?! Cela se dit en allemand –Ein mir liebster ihrer Bänden, quelque chose comme ça– grâce aux déclinaisons. Comme en latin. Donc, si le latin est supérieur au français, alors l’allemand est supérieur au français puisque l’allemand se situe entre le français et le latin.

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On peut considérer qu’il n’y a que des jugements esthétiques sur une langue et que les jugements soi-disant rationnels-objectifs sur les mérites relatifs des unes et des autres sont erronés. Je dis que la phrase avec « un … de la … de la … » est lourde, mais ce ressenti n’est pas non plus démontré. En réalité, je trouve que c’est plutôt chantant. Mais si ce n’est pas lourd, alors je ne vois pas non plus pourquoi ce serait une faute de multiplier les « de la » et autres successifs, comme veut nous l’imposer Flaubert. Je pense qu’il a dit une bêtise : ou bien deux c’est déjà trop ou bien ce n’est jamais trop.

Philosophie 12

Français (FR)-English (EN)

FR

I

L’axiome de la morale selon Voltaire, « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît », Nietzsche l’appelle une « niaiserie anglaise » (La volonté de puissance). Son interprétation en est particulièrement bizarre : l’axiome est analysé comme prudence par rapport aux conséquences, alors qu’il s’agit de reconnaître qu’autrui est un égal. Mais il ajoute ensuite que c’est la morale du troupeau : « nous sommes égaux, ce que tu me fais je te le fais » et le réfute par ceci que mon action ne peut être « rendue » par autrui. – Ma propre objection au fait de tenir cette maxime pour un axiome fondamental est une meilleure expression de l’idiosyncrasie recherchée par Nietzsche : suivant un tel axiome, les natures grossières ne peuvent jamais concevoir qu’elles aillent contre la morale, quand elles blessent une nature plus sensible.

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Kant : L’homme en soi est complètement étranger à la nature.

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L’histoire est contre-nature puisqu’elle est le domaine de la liberté.

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Le démon de Socrate le détournait de la politique – « sous peine de mort », disait-il. Pourtant, Socrate voulut être un taon – contre son démon.

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La condamnation de Socrate à son procès semble méritée car on trouve chez l’autre candidat au titre de père de la philosophie, Pythagore, un grand nombre de maximes sur le culte et les rites, complètement absents chez Socrate, qui nous apparaît en cela comme un pur philosophe, émancipé des conventions rituelles. Pythagore s’apparente davantage à Confucius, relativement aux chinoiseries du culte. Ainsi, ce que Nietzsche défend, en définitive, comme sain par rapport à la dégénérescence introduite par Socrate, c’est le ritualisme et le formalisme, et il importe peu, à vrai dire, que ce ritualisme ait pu prendre chez les Grecs des formes orgiastiques.

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Quand on pense à ce que devaient être les conditions de l’assistance publique au temps de Rousseau, on peut bien dire qu’il aurait été plus humain de sa part de tuer ses enfants lui-même.

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Dans sa Lettre sur la musique française, Rousseau a détruit l’art abstrait avant qu’il n’existe.

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Kierkegaard requiert une « exception justifiée » à l’état de mariage, mais le célibat n’a jamais rien eu d’exceptionnel même en dehors du monachisme : c’est une loi démographique.

II

« À qui s’adresse ce poème ? à l’actrice L. ? à la femme de ménage A. ? à la comtesse de B. ?… » Ce n’est pas de la critique, c’est du paparazzisme.

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La critique paparazzi : ne serait-elle pas, cette bassesse, typiquement française ? Les éditions de poche des classiques anglais, américains ne pataugent pas dans ce caniveau.

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La critique paparazzi fait de la littérature un journal intime. Elle voit l’homme et non l’art ; pour elle l’homme n’est pas porteur de l’Idée, c’est une caisse enregistreuse.

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La religion d’Hugo, c’est… l’épicurisme.

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Victor Hugo l’épicurien se fait l’écho de Socrate – « le corps est la prison de l’âme » – en écrivant sa propre épitaphe ainsi : « Passant, cette pierre te cache la ruine d’une prison. » Socrate ne serait-il pas un autre épicurien ?

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Baudelaire n’est qu’un épicurien : « Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or ! »

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L’épicurisme, morale d’esclaves : Kierkegaard.

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Victor Hugo a tout dit. Et malheureusement son contraire.

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Hugo a suivi Lamartine : de la mauvaise théologie en vers bien balancés.

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Hugo : « Solitaire, j’ai mes joies. J’assiste … Au viol, dans le ravin, De la grande pudeur sombre Par le grand amour divin. » À mettre en relation avec « Pour dire oui prononcent non ». Quand les meilleurs esprits d’une nation sont à ce niveau d’abaissement, c’est la race plutôt que l’époque.

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La religion comme consolation (par exemple chez Hugo) est l’erreur de la religion : l’épicurisme de la religion.

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Heine : un amuseur de cruches, dont Sissi.

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« … dans l’angle où se croisent des lignes de couleur » (Reverdy) : c’est pousser la formule cubiste un peu loin.

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En jetant mes écrits de jeunesse, poèmes et autres, j’ai par cet acte jeté toutes traces d’une activité de commentaire sur les lectures que j’avais alors, qui me permettraient de me replonger aujourd’hui au cœur de ces lectures. À une époque où je lisais beaucoup de bonnes choses, où je me cultivais, alors que j’ai lu depuis beaucoup de choses insignifiantes, de la documentation.

III

Les peuples esclaves se donnent des philosophies de la liberté comme l’existentialisme. Les Anglo-Saxons n’ont pas besoin d’une telle compensation psychologique : les institutions libres ne créent pas ce besoin.

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Le Français est fermé au monde car il a honte de sa servitude.

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« Ce n’est pas moi qui ai fait la loi », ce n’est pas moi et ce n’est même personne car tout le monde est pour la liberté, la main sur le cœur. Un gros joufflu arrive et me dit : « La loi protège la liberté ! » Il croit, parce qu’il ne parle pas anglais, que personne ne le parle, mais les États-Unis sont un pays libre, la France un pays de gros joufflus.

City of Houston v. Hill, U.S. Supreme Court, 1987, holding that “[t]he freedom of individuals verbally to oppose or challenge police action without thereby risking arrest is one of the principal characteristics by which we distinguish a free nation from a police state.”

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Comme on pense qu’il faut des poètes, ils trouvent quelques buses et disent : « Les poètes ! » Comme on pense qu’il faut des penseurs, ils trouvent quelques buses et disent : « Les penseurs ! » C’est ainsi qu’ils perpétuent leur inhumanité.

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Quand on lit des esprits plats, on a toujours quelque moyen de trouver l’un intelligent par rapport à l’autre ; mais, de fait, il n’y a d’intelligence nulle part dans ce qu’on lit.

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Il n’y a pas d’individus hors du temps libre.

(Cela peut sembler contredit par la situation du pays le plus individualiste, les États-Unis, qui ont inventé l’expression « 24/7 ». Or les théoriciens américains du capitalisme industriel naissant, un William Graham Sumner par exemple, présentaient le projet de l’entrepreneur capitaliste comme un moyen d’enrichissement rapide en vue d’une retraite précoce et de temps libre. L’idée, de bon sens – mais serons-nous compris ? –, est que les sacrifices personnels consentis pour s’enrichir ne sont pas une fin en soi.)

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Un « gouvernement des juges » n’est pas à craindre, au plan des principes, quand les juges sont élus.

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Ce que nous appelons l’inflation législative, et que nous avons renoncé à combattre en France, est ce que Tocqueville appelle l’instabilité législative. Si nous lui avions gardé son vrai nom, nous n’aurions pas cessé de la combattre.

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Pour comprendre la démocratie américaine, il faut être un véritable aristocrate : Tocqueville. Ce dernier a établi la supériorité indépassable de l’Amérique. Il faut creuser profond pour trouver en Amérique la contradiction avec les principes, mais en France il suffit de gratter, c’est différent.

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L’administration n’est pas l’État mais un État dans l’État.

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Il y a apparence que les hate speech laws des pays anglo-saxons autres que les États-Unis (Angleterre, Canada…) ne sont pas si funestes dans ces pays en raison du système accusatoire, de l’absence de parquet.

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La véritable leçon de l’affaire d’Outreau, c’est qu’elle était la copie exacte du McMartin Preschool case, du début à la fin.

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Si la loi peut ôter au droit de propriété des catégories de biens, il devient possible de concevoir une société reconnaissant un droit constitutionnel de propriété où les citoyens n’auraient aucune propriété. On peut donc défendre l’idée qu’il est inconstitutionnel d’ôter du droit de propriété des catégories de biens.

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L’administré est-il un homme ?

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Selon certains, le Brésil serait la seule exception parmi les pays de droit civiliste à appliquer un stare decisis (règle du précédent contraignant). C’est une exagération, le juge en droit civiliste peut très bien créer des normes contraignantes et répressives (« d’origine jurisprudentielle ») quand cela arrange le cartel politique de s’en défausser sur lui, par exemple le devoir des réserves des fonctionnaires en droit français.

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Le droit d’origine jurisprudentielle en France est (principalement) du droit administratif. Le juge administratif y est donc plus un juge de common law que le juge de l’ordre judiciaire. Or sa pratique est la même que celle du juge judiciaire : décision collégiale anonyme, ce qui est incompatible avec une pratique acceptable de stare decisis.

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Certains auteurs de droit insistent sur le formalisme des pays civilistes. En matière pénale, le formalisme n’est exigé que de la défense, et non de la police, du parquet, du jugement de condamnation.

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Comment la Cour suprême américaine ne voit-elle pas (National Association of Letter Carriers, 1973 « upholding the Hatch Act against First Amendment ») que la neutralité du service public n’est pas un gage de son efficacité mais le contraire ? Le gouvernement a besoin d’une administration loyale pour conduire son programme efficacement et non d’agents « neutres » en apparence qui le sabotent au nom soit d’idées politiques contraires soit d’intérêts corporatistes propres à une bureaucratie exogène à toute majorité politique (le Deep State) soit des deux.

Or, aux États-Unis, la jurisprudence est à double sens : la neutralité du service public protège aussi l’expression des fonctionnaires et des contractuels de l’administration. Pas en France !

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Il y a dans le système de la sécurité sociale une race de contributeurs nets. Les exploités. Car les « accidents de la vie » n’empêchent pas les lois statistiques, lesquelles permettent des prédictions dès la naissance.

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Un pays purgé de toute forme d’imagination, parce que ce sont les rêves qui sont la source de l’imagination et qu’on n’écoute pas ses rêves quand on croit qu’on y trouverait des névroses.

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Tout homme bien né éprouve du dégoût d’être né français. C’est là sans doute un paradoxe puisqu’être né français c’est, par définition, ne pas être bien né – sinon pourquoi un homme bien né en éprouverait-il du dégoût ? L’astrologie résout le paradoxe : on peut être bien né tout en étant né français, à condition d’être né sous une particulièrement bonne étoile.

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Le « despotisme oriental », notion fameuse depuis Montesquieu, décrit l’administration impériale institutrice des tribunaux mazalim en dehors des tribunaux de la sharia, cantonnés, déjà, au droit familial et aux héritages. – De fait, Montesquieu dit expressément que la religion, entendez l’islam, est le seul contre-pouvoir au despotisme oriental.

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Les Français sont une nation tellement romantique : « T’as d’beaux yeux, tu sais. »

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Les femmes qui font du vélo n’ont aucune pudeur.

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Marx est une moisissure hégélienne.

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Si c’est la liberté que n’aiment pas nos ennemis, je veux leur dire qu’ils n’ont aucune raison de ne pas nous aimer.

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Napoléon n’est pas ce que la Corse a fait de mieux.

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Qu’on m’explique comment les limitations légales au financement des partis politiques et des campagnes électorales ne sont pas une prime au socialisme ?

EN

From life to knowledge – but most take the opposite direction: from ‘knowledge,’ in the guise of academic treatises that they write, they acquire status, thus a life.

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As speech must be free, if you want no “administrative discrimination” and at the same time officials unhindered as to speech, make them take implicit-association tests (IATs). Another positive result would be to reduce the overplaying of antiracism in general, which garbles speech so much.

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When they say “education” –that the solution is to educate the people on this or that– rather than education they mean bureaucratic coercion.

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The phrase “liberal Enlightenment principles” is a misnomer. Enlightenment says nothing positive about the liberal agenda; in fact, Enlightenment philosophers were opposed to sodomy for instance (Kant, Diderot, both with express reasons). That they opposed a state-church nexus does not imply they did not hold morality church tenets as true or convenient. There exists enlightened antisodomy, believe it or not.

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The Stanford Prison Experiments (Zimbardo): I suggest the results show that Stanford students are scumbags.

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Human Tamagotchi.

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If this side is earth, what’s on the other side of dreams?

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John Milton: Truth shall prevail in the battle of ideas. ­­– What if truth were detrimental to minorities?

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To answer a question with a knife under one’s throat is a waiver of dignity.

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The difference between a written Constitution and a Rorschach test is original understanding.