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Pensées XLIII

Si je peux compter jusqu’à l’infini, quelle est la place d’un Dieu fini ?

Dans la guerre des sexes, j’ai parfois le sentiment d’être seul contre tous.

Le temps qui ferme nos blessures nous rapproche de la mort. Le temps qui nous rapproche de la mort ferme nos blessures.

La certitude de la mort console les malheureux et assombrit les gens heureux, si bien que les premiers ne sont jamais tout à fait malheureux ni les premiers tout à fait heureux.

Diderot, dans ses Pensées philosophiques, est intervenu dans la controverse sur le destin des enfants mort-nés en recommandant ironiquement aux parents de tuer leurs enfants pour leur éviter la damnation. Cet argument porté contre la religion chrétienne peut aussi être un argument en faveur de Grégoire de Rimini, général des augustins, surnommé tortor infantum (le bourreau des enfants) pour sa doctrine selon laquelle les enfants morts non baptisés sont damnés à cause du péché originel (d’après Leibniz, dans les Essais de théodicée).

Diderot disait regretter d’avoir écrit « ce livre abominable », Les Bijoux indiscrets. C’est pourtant le livre qui lui valut la protection de Mme de Pompadour.

« Ce que nous connaissons de l’univers n’est presque rien », dit Leibniz, qui croit à l’existence de planètes habitées, dont certaines par des êtres plus parfaits que nous. Pourquoi la Parole divine n’en dit-elle rien ? (Au moins dans son sens littéral : ces autres planètes sont-elles évoquées par les Écritures de manière ésotérique ?)

Conciliation du déterminisme absolu et de la morale pratique chez Leibniz – et de même chez Schopenhauer. Les actes contraires à la loi et aux mœurs sont peut-être excusables dans la mesure où la personne n’étant pas libre elle n’est pas responsable, mais ils doivent être « punis », de la même manière qu’on enferme les fous jugés irresponsables et dangereux. La justice est un instrument de sélection : elle épure le corps social des individus qui ne peuvent se conformer à ses normes, et ce dans l’intérêt supérieur de sa propre harmonie et de l’intérêt collectif. L’individu a intérêt à se conformer aux attentes sociales et si le déterminisme par lequel il est régi ne lui permet pas d’entendre son intérêt ou de le suivre car d’autres instincts plus forts le poussent en sens contraire, il doit être retranché du corps social. Ses actes ne sont pas à considérer au point de vue de la responsabilité mais à celui du déterminisme dont ils témoignent, et les violations de la loi sont autant d’indices d’une nature antisociale. La justice, comme pour Hobbes, n’a qu’une valeur dissuasive, « médicinale » dans la terminologie de Leibniz. (Essais de théodicée) – Cette théorie pénale est « fixiste » ou conservatrice.

Selon le traité Malleus Maleficarum, les Inquisiteurs sont protégés de la sorcellerie et l’arrestation d’un sorcier sur ordre de l’Inquisition a pour effet de dissiper tous ses sortilèges. De même, le sorcier prisonnier de l’Inquisition ne peut s’évader par magie.

Dans Les Châtiments de Victor Hugo, les oiseaux ne peuvent plus voler dans le ciel au-dessus de la France à cause de Napoléon III : « Les Oiseaux : Il a retiré l’air des cieux et nous fuyons. »

Tous ceux qui passent en France, à partir du dix-neuvième siècle, pour des écrivains catholiques de premier plan (ou presque) étaient des convertis : Huysmans, Léon Bloy, Paul Claudel, Jacques Maritain, Francis Jammes, Charles Péguy, Henri Ghéon, Pierre Jean Jouve, Gabriel Marcel, Julien Green (issu du protestantisme), Ernest Psichari… La seule exception que je connaisse est Bernanos.

J’exigerais des femmes ambitieuses qu’elles sussent plus que les autres. (Dans la langue de La Bruyère, l’imparfait du subjonctif est le temps correct pour l’accord avec le présent du conditionnel : « J’exigerais de ceux qui vont contre le train commun et les grandes règles qu’ils sussent plus que les autres, et qu’ils eussent des raisons claires et de ces arguments qui emportent conviction. »)

Le propre de la femme de qualité, c’est qu’elle ne faisait rien, ni dehors ni chez elle. Les auteurs de ces époques nous disent que la politesse s’acquérait à leur commerce. Nos manières se sont épaissies.

L’agent secret, de Rudyard Kipling à James Bond. Dans Kim de Kipling, la fascination bien anglaise pour l’espionnage (Graham Greene, Somerset Maugham, Ian Fleming…), le déguisement (c’est également le cas de Sherlock Holmes), les mots de passe secrets, les signes cabalistiques, c’est du maçonnisme appliqué, et ce n’est pas très noble.

Dans Kim, Kipling, « le chantre de l’Anglo-Saxon » d’après Jack London, n’hésitait pas à flatter l’indigène, à cause de la menace des autres Blancs sur les colonies anglaises. Il fallait convaincre les races soumises que la domination anglaise était préférable à celle des autres nations européennes. Cela donne une œuvre assez hypocrite et puérile, à tendance humanitariste, et manichéenne à l’encontre non des races de couleur mais de tous les Blancs non anglais.

Le mari trompé, dans Thérèse Raquin, est un « égoïste satisfait ». Je ne connais pas de roman d’adultère bourgeois qui ne charge le portrait du cocu. Pourtant, la reine Guenièvre trompait déjà un homme aussi excellent que le roi Arthur.

Si, comme Barrès l’a prétendu, il y a de la « basse pornographie » dans Zola, les Hussards disciples de Barrès ont largement dépassé celui-là dans le genre, rendant rétrospectivement vaines et creuses les critiques de leur maître contre Zola.

Dans Rome, Zola écrit que l’entrée des républicains dans les États pontificaux y a mis fin au règne des femmes car les prélats, « vieux garçons », étaient sous la coupe de leurs vieilles servantes. Les républicains n’étaient-ils pas sous la coupe de leurs femmes ? La femme mariée aurait moins d’influence sur son mari qu’une servante sur un célibataire ?

La Débâcle est un démenti de La Terre. D’un côté, les parasites sanguinaires ; de l’autre, le travail sain de la terre, la vie saine du travail aux champs (dans la personne de Jean) – La Débâcle que Zola, dans le très conservateur journal Le Gaulois (du juif Meyer), appelle « une œuvre de patriote… maintenant la nécessité de la revanche ».

Nombreux sont ceux qui disent chercher la vérité, auxquels il semble qu’elle parle comme Dieu à saint Augustin : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvée. »

Ne me dites pas que je n’ai pas de diplôme ou je répondrai que vous valez ceux qui vous ont donné les vôtres.

Aux jeux olympiques de l’Antiquité, la discipline des athlètes comportait l’abstinence sexuelle. Demandant ce qu’ils en pensaient à des amis médecins, je ne pus obtenir d’eux la moindre réponse. C’est comme si la médecine n’avait aujourd’hui rien à dire au sujet de la sexualité : seuls les « sexologues », branche de la psychologie, et les psychanalystes, qui ne connaissent les uns et les autres rien à la physiologie, parlent de sexe.

Herméneutique open data. La connaissance est le traitement quantitatif de l’ensemble des œuvres de la pensée. Toute pensée est un intrant culturel au sens ethnologique ; c’est le traitement statistique qui s’exerce sur elle qui fait sens. (Ne le dites pas aux intellectuels.)

Dans La Force des choses (Folio, vol. I, p. 36), Simone de Beauvoir ne veut pas que son nom soit accolé à celui d’anciens « collabos », elle ne veut « plus entendre leur voix ». P. 35, elle parle de Jouhandeau après-guerre comme si de rien n’était.

Simone de Beauvoir écrit au sujet du procès de Brasillach (ibid., p. 37) : « Quand la sentence tomba, il ne broncha pas. » Quid de la fameuse phrase : « C’est un honneur ! »

J’ai appelé Sartre un « casseur de pédés » (voir JPS : ). Dans La Force des choses (Folio, vol. II), Simone de Beauvoir nous parle de « misogynie pédérastique » (p. 192), de « sadisme pédérastique » à l’encontre des femmes (p. 204), et voir aussi la p. 196. Elle n’oublie pas non plus de souligner sa « conscience chrétienne, démocratique, humaniste » (p. 125). À part ça, le Flore a toujours la cote.

Pour Simone de Beauvoir, en 1949, il ne pouvait être question, avec Nelson Algren, d’aller dans l’Espagne de Franco. En 1959, elle voyage avec Nelson Algren dans l’Espagne de Franco (ibid., pp. 293-4).

Pp. 405-6 (ibid.), Simone de Beauvoir est « stupéfiée » par la « futilité » des « politiciens de carrière », qu’elle découvre à cinquante ans passés (qui plus est en Belgique) ; c’est là que j’ai compris qu’il était plus facile d’avoir une belle « conscience démocratique » dans un monde sans politiciens.

Il est assez ironique que Simone de Beauvoir tire son pessimisme à l’endroit des États-Unis, à cause de leur extéro-conditionnement croissant, d’un livre, La Foule solitaire (The Lonely Crowd), qui est une satire de l’intéro-conditionnement, caractéristique du « barnacled moralizer » et dont les derniers représentants en Amérique sont les fermiers. Dans sa préface à l’édition de 1960, David Riesman exprime d’ailleurs sa surprise que le public ait dans l’ensemble réagi comme Simone de Beauvoir (qu’il ne nomme pas : La Force des choses est postérieur, et Simone de Beauvoir ne semble pas avoir lu la mise au point de 1960), en idéalisant l’intéro-conditionnement.

Dans La Société de consommation, Jean Baudrillard pompe allègrement La Foule solitaire beaucoup citer l’ouvrage, et quand il le cite c’est surtout pour rapporter une expression (« objectless craving ») ou se porter en faux contre lui (contre le « standard package »). Or le parallèle entre le passage de la population rurale au productivisme urbain et le passage au consumérisme, le « must have fun », la « consommation-socialisation », tout cela est décrit dans le principe même de l’extéro-conditionnement (other-orientedness). Par ailleurs, Baudrillard écrit que Riesman « parle, à propos de la jeunesse américaine, d’un style Kwakiutl et d’un style Pueblo », alors que Riesman écrit en réalité que le caractère extéro-conditionné des jeunes Américains de la classe moyenne (en voie de massification) est Pueblo et que la société américaine dans son ensemble devient Pueblo alors que les jeunes la voient encore Kwakiutl. Baudrillard va jusqu’à citer le même passage de John Stuart Mill qui est dans La Foule solitaire. Mais à partir d’un constat qui est, au fond, celui de Riesman, Baudrillard déplore une perte de « personnalisation » des relations sociales, alors que Riesman en appelle à une re-dépersonnalisation de ces relations en raison de la charge émotionnelle trop lourde que cette personnalisation représente, par exemple dans le contexte fonctionnel du travail au bureau. – Guy Debord a également pompé La Foule solitaire (La Société du spectacle : « De l’automobile à la télévision, tous les biens sélectionnés par le système spectaculaire sont aussi ses armes pour le renforcement constant des conditions d’isolement des ‘foules solitaires’ »), avec la même erreur d’interprétation.

Selon Freud, la dépense psychique occasionnée par la maladie et par la lutte contre ses symptômes et compulsions conduit à une paralysie face aux tâches importantes de la vie. Or on trouve dans La Foule solitaire de Riesman et al. que le conformisme exerce, dans une société extéro-conditionnée, un effet de stimulation et d’accumulation psychiques, tandis que le non-conformisme a au contraire le même effet que la maladie mentale telle que décrite par Freud. La minorité idéologique subit un appauvrissement psychique qui la caractérise réellement comme malade.

« Liberté en situation » de l’existentialisme. La liberté se détermine en fonction de la situation. Si la situation change, la liberté se détermine autrement. Or Sartre écrit que l’on peut créer une situation, la société sans classes, qui verrait disparaître l’antisémitisme (Réflexions sur la question juive). Si je peux prédire, à partir de l’avènement d’une société sans classes, la fin de l’antisémitisme, c’est-à-dire si X alors Y, je nie la liberté. En effet, si je sais comment la liberté se déterminera face à telle situation, c’est que je sais comment elle doit se déterminer ; je le sais d’après une loi déterministe.

J’ai échoué à entrer en classe prépa littéraire car il n’y avait pas encore le baccalauréat littéraire qu’on a créé par la suite (et j’ai eu 5 sur 20 à l’épreuve de maths) et j’ai raté les concours administratifs à cause de l’épreuve de culture générale qu’il est aujourd’hui question de supprimer. C’est ce qui s’appelle être en avance sur son temps.

Dans l’administration française, on passe des épreuves de « culture générale » pour pouvoir ensuite rédiger des appels d’offre de marchés publics et des bordereaux de sécurité sociale. Et ce n’est pas une insulte à la culture ? – Épreuve de culture générale : être quitte avec la culture.

En fait de philosophes, des spécialistes en humanités (avec un « s »).

Il pourrait aussi y avoir une façon de voir les choses que je soumets à l’appréciation de votre radicalité : si c’est dans les journaux, c’est que ça ne vaut rien. Seulement votre radicalité a besoin des journaux pour exister.

Le « sois toi-même » de toute la pensée « émancipatrice » et publicitaire est une « injonction paradoxale » au sens de double bind schizogène.

Avoir des amis est-il compatible avec la liberté de penser ?

« N’écrivez pas des poèmes d’amour, écrivez sur votre quotidien. » (Rilke, Lettres à un jeune poète) J’ai écrit des poèmes d’amour car c’était mon quotidien !

Pour admirer sincèrement un homme politique, il faut n’admirer aucun poète, aucun écrivain, aucun philosophe.

Le raisonnement selon lequel la monogamie permet à davantage d’hommes de s’unir à une femme ignore complètement l’existence de la prostitution, c’est-à-dire de toute une classe de femmes exploitées et non mariées (peu d’hommes acceptent de se marier avec des prostituées), largement inconnue dans les pays de droit polygamique. À l’époque où Schopenhauer écrivait ses Parerga und Paralipomena, on comptait 80 000 prostituées à Londres, autant de « victimes sacrifiées sur l’autel de la monogamie » (Menschenopfer auf dem Altare der Monogamie).

« L’onction du suffrage universelle » est mystique et fétichiste. De même que la médiocrité de l’homme est couverte par la dignité de prêtre, l’homme qu’est l’élu républicain devient tabou en même temps que prophétique, du moins parmi les fonctionnaires, chez qui l’adhésion à cette mystique est requise.

Toute bibliographie sur Kant a ses nationaux-socialistes : Alfred Bäumler, Gottfried Martin, Martin Heidegger (le moins connu d’entre eux)…

La philosophie n’est pas devenue difficile à partir de Kant : voir la citation ironique par Hobbes du scolastique Suarez, dans son Léviathan. C’est seulement que ce qu’on appelait philosophie, dans les universités, avant lui, tout le fatras scolastique indéchiffrable, et « impuissant » (Balzac), de Suarez et autres, a sombré, tandis que le fatras que l’on appelle encore philosophie après Kant, chez Fichte, Hegel, Husserl…, n’a pas encore eu le temps de sombrer.

L’univers du Big Bang s’étend dans le vide ; l’univers en expansion de Kant s’étend dans un chaos de particules qui en viennent à se soumettre aux forces de l’univers (Dissertation de 1770).

Du commentateur et traducteur de Kant, Alexis Philonenko : Kant « ne part pas toujours de définitions exactement déterminées, et il use de concepts sans toujours observer une grande rigueur. » En guise de reproche, alors que Kant explique qu’il n’est pas approprié de partir de définitions en philosophie, contrairement à la pratique des mathématiques ! Il n’y a pas, en dehors des mathématiques, science intuitive pure, de définition possible des concepts (empiriques comme a priori), seulement une exposition ou explicitation. (Kritik der reinen Vernunft, Reclam 2013, pp. 745-6)

Les fréquences infrarouges et ultraviolettes ont pu être mesurées et sont donc indirectement perçues et attestées comme réelles dans notre expérience. En revanche, les dimensions « surnuméraires » de l’espace sont une construction, non une construction dans l’intuition pure comme les objets de la géométrie mais une construction dans l’entendement pur, au risque qu’elles ne soient qu’un jeu de l’esprit. Le champ de notre sensibilité peut être élargi par la technologie : nous percevons des objets de plus en plus petits, de plus en plus lointains, un spectre de fréquences de plus en plus large mais, ce principe de la technologie étant posé, demeure l’impossibilité d’une appréhension, hors de l’entendement pur, de dimensions surnuméraires de l’espace, du fait que l’espace n’est pas une matière mais la forme même de notre expérience sensible.

Un « espace vectoriel à n dimensions » ne décrit pas l’espace objectal (forme de l’intuition sensible) mais une représentation des dimensions d’un problème.

Pour décrire l’espace, on peut toujours poser n à la place de 3 (dimensions) et voir ce qui en résulte logiquement (en recourant aux opérateurs logiques), mais de ce que les opérations logiques ou formelles soient possibles pour toute valeur arbitrairement choisie il ne résulte pas qu’il soit permis pour toute valeur de tirer des conclusions sur l’étant.

Les mathématiciens retombent en enfance, sauf qu’au lieu de jouer avec des cubes, ils jouent avec des hypercubes.

Le concept d’un triangle est sa pure et simple définition, et les énoncés qui exposent celle-ci sont analytiques ; synthétiques a priori sont les énoncés qui exposent les propriétés du triangle. Les concepts de l’entendement ne sont pas une connaissance synthétique a priori ; il faut, pour une connaissance synthétique a priori, le recours à l’intuition (Anschauung) et à ses formes, l’espace et le temps. C’est parce que l’espace est une forme a priori de notre intuition que la géométrie possède des axiomes apodictiques. – Ce ne serait pas possible si l’espace était une condition objective de l’existence des choses en soi. (Quod est demonstrandum)

La dimension duale « quantitative-visuospatiale » des tests d’intelligence est conforme à la conception kantienne des mathématiques comme science intuitive pure.

Qu’au moins une autre planète soit habitée est plus qu’une opinion (Meinen) : une forte conviction (starkes Glauben). (Kritik der reinen Vernunft)

L’état de nature de Rousseau est la réplique qu’appelait le chapitre XIII du Léviathan. Je veux dire par là que c’en est tantôt la copie et tantôt le contrepied. Son état de nature, Rousseau l’a trouvé dans Hobbes, mais il en a retiré les passions pour les faire naître avec la propriété, c’est-à-dire avec la fin de l’état de nature.

De même, Spinoza est un imitateur de Hobbes. Diderot écrit : « Son dieu [à Hobbes] diffère peu de celui de Spinoza. » (Article Hobbisme de L’Encyclopédie) Il faudrait plutôt dire, par respect de la chronologie, que le dieu de Spinoza diffère peu de celui de Hobbes.

Tous les droits de l’homme sont contenus dans l’habeas corpus.

Rousseau ne veut pas que son Émile devienne forgeron ; il le veut menuisier. Il y a des métiers impurs, réservés aux intouchables.

L’homme à l’état de nature, solitaire, rousseauiste, ne peut même pas cueillir le moindre fruit car les bandes de singes lui interdisent d’approcher des arbres, qui sont leur propriété. Il se fait chasser dans les déserts, où il meurt de soif et de faim. («cuando los cristianos van por la tierra adentro a entrar o hacer guerra a alguna provincia, y pasan por algún bosque donde haya de unos gatos [‘gatos monillos’=monos aulladores] grandes y negros que hay en Tierra Firme, no hacen sino romper troncos y ramas de los árboles y arrojar sobre los cristianos, por los descalabrar; y les conviene cubrirse bien con las rodelas y ir muy sobre aviso para que no reciban daño y les hieran algunos compañeros.» Gonzalo Fernández de Oviedo, Sumario de la historia natural de las Indias, 1526)

Selon Galbraith (Le Nouvel État industriel), un principe de la technostructure est la « décision par le groupe ». Corollairement, le diplôme, gage de connaissances spécialisées et surtout de normalisation, supplante l’expérience. Il se pourrait que les deux soient liés, que le mode de décision par le groupe au sein des organisations implique pour bien fonctionner un formatage des individus qui y participent, formatage dont la meilleure garantie serait le diplôme, bien plus que l’ancienneté, laquelle ne compenserait qu’imparfaitement une normalisation initiale insuffisante.

Tous les grands penseurs ont souligné la nécessité du loisir pour penser. Or la « société de loisir » est celle du loisir pour le loisir, c’est-à-dire de la compensation pour un travail absorbant toute l’énergie humaine, du loisir comme temps de vie qui ne peut, pas plus que le travail, être consacré à la pensée.

Autoportrait par Marc Andriot, 2017

Quand j’avais douze ou treize ans, le mot « blasé » revenait souvent dans les conversations de mon groupe d’âge, où il ne pouvait tout simplement pas s’appliquer. Petits singes.

Dans les mauvais romans didactiques, c’est toujours une femme qui joue le rôle de Candide, comme si la femme était un éternel sauvage au milieu de la civilisation.

Grincements de dents. Le martyr de l’homme d’esprit en société : il attire l’attention des dames et suscite ainsi la haine de leurs cavaliers. Le martyr du penseur est pire encore : il suscite la haine des dames, donc aussi de leurs cavaliers.

Les sophistes, comme les psychanalystes, se faisaient payer.

Les femmes travaillent pour que les hommes puissent les quitter sans remords.

Ceux qui entrent dans les grandes écoles, écoles d’élite, et pour qui dès lors « toutes les portes sont ouvertes », savent qu’ils ont une vie de robot devant eux à moins qu’ils ne se lancent à leur tour en politique, auquel cas ce sera une vie de robot tempérée de bassesse. C’est pourquoi, tant qu’ils ne font pas de politique, personne ne les envie, aussi enviables que soient leurs conditions matérielles d’existence, car il n’y a pas de raison d’envier des machines. Ceux que l’on envie, ce sont les individus vulgaires qu’animent de basses passions.

Les grandes écoles emprisonnent dans un esprit de corps.

Liste des philosophes et penseurs grecs initiés en Égypte, d’après Cheikh Anta Diop : Thalès, Pythagore (passa vingt ans en Égypte, selon Jamblique), Démocrite, Platon (passa treize années en Égypte, d’après Strabon), Eudoxe de Cnide, Orphée de Musaeus, Dédale, Homère, Lycurgue de Sparte, Solon d’Athènes. (Antériorité des civilisations nègres)

Selon Cheikh Anta Diop, il existe en Afrique une polygamie non patriarcale.

Les séries causales indépendantes rendent a priori impossible une prédiction exacte des événements à venir, mais s’il y a eu une cause première il n’existe pas de séries causales indépendantes.

Mes études en province (trois ans) m’ont permis de comprendre que la France tout entière est une « province ». Il n’y a plus que les médias français pour ne pas le voir. – L’intérêt de l’étranger pour la France est purement ethnographique.

Le hadith sur le petit djihad et le grand djihad, que des commentateurs occidentaux bien intentionnés citent volontiers pour émousser la rhétorique islamophobe, n’est, selon les critères islamiques, pas recevable (« baseless »). (Shaykh Muhammad ibn Rabi’ al-Madkhali, professeur à l’Université islamique de Médine, The Reality of Sufism: ‘’Likewise they have removed the spirit of jihad, which is to fight in the way of Allah, with what they claim to be the greater jihad, i.e. striving against one’s own soul. Whereas this is a baseless hadith and has provided the opportunity in the previous two centuries for colonialist powers to occupy most of the Muslim lands.’’ [p.14])

Le postulat de la phrénologie (Gall, Spurzheim) est confirmé si l’on peut répondre par l’affirmative aux deux questions suivantes. 1/ Une bosse crânienne est-elle due à la pression du cortex cérébral sur le crâne ? (Intuitivement, je pense que oui.) 2/ La localisation fonctionnelle étant admise (LeDoux, 1998), existe-t-il une corrélation positive entre le volume de telle partie du cerveau et sa capacité fonctionnelle ? (Intuitivement, je pense que oui.)

Dans Walden Two de Skinner, l’intellectuel Frazier crée une communauté utopique en expliquant que les intellectuels sont sensibles au ressentiment des classes laborieuses. Ce ne sont pas les envieux qui créent des utopies, mais les enviés, qui souffrent de l’envie des envieux. – Peut-être l’envieux pense-t-il quant à lui qu’il serait envieux sous n’importe quel régime.

Marshall McLuhan : Le clownesque est la destinée de la personnalité totale dans le monde des mutilations linéaires.

Kant et Hegel partagent un même fétichisme de la Révolution française alors que l’événement fondateur est la Révolution américaine. La Constitution fédérale américaine est rédigée en 1787 et, soumise à la ratification des États, devient effective après la ratification du neuvième État sur treize, en juin 1788. Le Bill of Rights (les dix premiers amendements de la Constitution) est ratifié par le premier État en novembre 1789 ; la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en France, datant d’août 1789, elle est donc antérieure. Cependant, il existait des Bills of Rights dans les Constitutions de plusieurs États avant la Constitution fédérale : Pennsylvanie, Caroline du Nord, New Hampshire, Massachusetts, Delaware, Maryland. En outre, l’auteur collectif des Federalist Papers (1787-88) énumère les dispositions de la Constitution fédérale qui rendent en réalité superflu un Bill of Rights (The Federalist, 84). Par conséquent, les événements déterminants de l’une et l’autre Révolutions sont, d’une part, l’adoption de la Constitution fédérale en Amérique et, d’autre part, la proclamation de la Déclaration des droits de l’homme en France, celle-là précédant celle-ci.

Le film Le Prêteur sur gages (The Pawnbroker) de Sidney Lumet (1964) a été, avec sa paire de seins nus, la première entorse au Code Hays définissant des lignes de conduite pour le respect de la décence et de la moralité par l’industrie cinématographique. L’entorse fut justifiée par un impératif pédagogique à montrer les atrocités des camps de concentration nazis (en l’occurrence, des femmes juives violées ou prostituées par les gardiens des camps). Elle devait rester une exception mais les entorses se sont ensuite multipliées, jusqu’à la suppression du Code en 1968. Plus tard, La Liste de Schindler de Steven Spielberg (1993) s’est également servi de la Shoah, pour vendre alcool et cigarettes dans un contexte où la publicité pour ces produits est de plus en plus contrôlée et restreinte : le héros du film est dans quasiment toutes les scènes en train de fumer et/ou de boire de l’alcool.

Surveiller et Punir, de Michel Foucault : une analyse minutieuse d’archives, puis, sans transition, les assertions les plus échevelées sur les délinquants produits par le système pour servir de vivier d’hommes de main occultes aux politiciens, sur le fondement d’aucune preuve documentaire.

Les riches puent. Les pauvres crânent.

Une personne sur cinq reste sans enfant (un ratio qui serait demeuré plus ou moins stable au cours des siècles, si le nombre d’enfants par femme a quant à lui varié). Pour que la population ne diminue pas, 80 personnes, soit 40 couples doivent faire 100 enfants, donc chaque couple doit faire 2,5 enfants.

Il est plus difficile de robotiser un salon de coiffure que le ministère de l’économie.

Puisqu’il est poli, chez les Arabes, de roter à la fin du repas, je ne vois pas pourquoi on ne rote pas dans les restaurants des hôtels à Dubaï. Moi j’ai roté. Une serveuse philippine (ou une cliente occidentale) a poussé une exclamation, mais la cliente bédouine m’a souri.

Mon général n’est « pas maurrassien mais »… il n’a rien lu en dehors de Maurras.

L’univers nous semble si grand parce que notre vie est si courte. Pour une espèce où les individus vivraient des milliards d’années, les distances interstellaires seraient peu de chose.

BNB-Baribas la banque d’un monde qui pue.

Juillet 2017

XXXVIII The Tentacled Computer

Social Optimum. The person satisfied with his lot ought to be placed in a lower condition, because he might be as satisfied in that lower condition as he currently is, and other people envy his current condition. Because of his case, it is likely that the overall equilibrium is suboptimal. Being unsatisfied, even unhappy, is a good omen; there only needs not go off the rails, because then one becomes useless.

Business Cycles. The cycle implies to do nothing against recession but at the same time, because the population is impacted, to make believe everything is done. This is the function of politicians. In the case of those “in command,” the function can be best described as follows: Dispose of in case of need.

Make-Work. It is not because the economy needs our work that we are working. No, we are working because we wouldn’t know what to make of our free time.

If it is idleness that corrupts (Voltaire), then one should ask whether the brightest child is not as idle in school as the worst dunce.

Reading a newspaper is relying on partial and partisan rhetoric; reading two newspapers is a waste of time.

What used to be called the servile class are now called entrepreneurs. The house cook now runs a restaurant, the footman has opened an electrical and plumbing business, the housemaid is a self-employed cleaning lady. These are the entrepreneurs. As to the economy, it’s the technostructure that handles it.

Nothing great in the world has ever been achieved without passion (Hegel). A grande passion is the privilege of people who have nothing to do (Oscar Wilde).

The real problem is not mass unemployment but mass employment.

Mankind owes everything to cynics. What a cynic was the man who invented the wheel, who thought walking was foolish when the others said it was a duty.

Definition. The organization man is an intermediate state between man and the machine.

When the organization man wants to save his soul from complete mechanization, he turns to politics and becomes a politician. He plays at elections, at personal power… This is why the man who remains an organization man all his life hates the politician, who puts something human, however primitive, in his own life. Of course he despises him at the same time because, whereas he, the organization man, has an aura derived from the fact that he represents the corporation (“I represent the corporation”), the politician has an aura derived form the fact that he seeks to represent or actually represents the people, and that for sure has a peculiar smell.

Below good and evil: This is the life of the organization man.

At a Parisian café a cup of coffee is expensive because it is served to you by a grumpy waiter.

The principle of least effort is at the core of the economy because it conditions productivity. However, the organization man has a hierarchical, even a feudal outlook; his objective is to be well seen. Hence a burst of efforts and energy as spectacular as it is worthless.

To sacrifice oneself in order to provide one’s children with a better life than one’s life (meaning to legitimate one’s overwork) is as bright an idea as that of a life after death.

They say moral judgement relates to the act and not to the person. However, women permit to some what they take offense at from others.

Man can take his pleasure with any woman (who does not disgust him). Why would he consult anything but his interest in the choice of a mate?

Taking his pleasure with any woman, man is a pig. Furthermore, all great minds agree to say that work prevents one from cultivating oneself and thinking. Thus modern man, as condemned to work, is a dog. I say he is a rat too, but that is merely a personal opinion.

It is so complicated to be a woman that if a woman told the whole truth, not one man would comprehend her consistency.

Women are superior to men, except in their tastes, because they love men. Whereas men have noble tastes that incline them towards objects of a superior quality.

Politicians are proof that cretins can go far in life, and our societies cannot do without such a message of hope.

Rechtschreibreform. These last years the Germans have invented a few linguistic niceties such as Schifffahrt, Rollladen, Stopppreis, Schwimmmeister, &c, and they are serious about it, they really mean to write like that. Once the philosopher said, “Jeder Wohlgesinnte und Einsichtige ergreife also mit mir Partei für die deutsche Sprache gegen die deutsche Dummheit.” (Schopenhauer) (“I call every good-meaning and reasonable person to take side with me for German language against German stupidity.”) As we can see, it’s now too late! Who cares about Germans and Germany anyway?

Zillions of euros are spent in advertising aimed at associating in the male consumer’s mind this or that low-end product with success in courtship whereas everybody knows that, to succeed with women, one would rather earn more money than what allows to buy these cheap products.

What a person buys under the influence of mass advertising is what prevents him from distinguishing himself, when his goal is to distinguish himself. N.B. I’d say it pays the poor to distinguish himself from the poor surrounding him, in poor women’s eyes, but it impairs the rich to distinguish himself, because then he’s just an eccentric.

We sent people to the moon (so they say) but we can’t even make silent fridges. You just can’t buy a fridge for an open-plan kitchen without making a no man’s land of your living room due to the nuisance!

Mass culture is the engine of automatized consumption.

Oscar Wilde is like me, he can’t believe in the authenticity of ordinary people’s passions: “Most people are other people. Their thoughts are someone else’s opinions, their lives a mimicry, their passions a quotation.” When asked about their life by social scientists, people remember a film they liked and tell the story.

My ancestors must have owned slaves, because I hate to work.

Scholars tell you work is good in order to keep not working.

From Dr Blau, evolutionary psychologist: “Those who make sexual pursuits too conspicuous a goal of their life are considered base. I am not saying these people are base, only that they are considered base, including by myself.”

June 2016

XXXIV The Science of Porn & Other Stuffing

We prefer our pets to other people and that’s fair. You know what it costs you to take care of a pet, but you don’t know what it may cost you to let another man live.

Beware the genius: He will dump our work and writings and our very names into insignificance and oblivion. We know why we want him dead – the sooner the better.

A writer is a person who writes books and then sends them to a grocer for his or her opinion.

Pornology

The present section is dedicated to my friend X (an appropriate pseudonym), famous in the whole seventh arrondissement of Paris for having said: “I’m not interested in sex, only in porn.”

Dr Robin Baker wrote: “Sex is everywhere, from Web to television.” It will be our privilege to see that, when he wrote this, in 2006, sex was almost nowhere. It is us who will know what it means to say that sex is everywhere. (One major reason can be found in “Sperm-Improving Pornography,” xxxii) In the same way that exposure to commercial messages rose from 1,000 per day in 1989 to 10,000 per day in 2007 (a 900 percent increase in about twenty years)*, we shall witness an exponential increase in exposure to pornographic material in the next decades. (Those complaining that they just can’t turn their eyes somewhere without being flashed porn, will be instructed to respect the others’ choice and freedom.)

Porn is free (just type “porn” in your browser and enjoy). As advertisements on porn websites are still porn, in a way porn is even ad-free: You could watch the ads merely and still be enjoying porn. Porn is free and ad-free. What economics is that?

Product placement in porn: You could have the male performer wear nothing during the performance but a conspicuous pair of Nike sneakers for instance (the red ones). Masturbation conditioning is very efficient (cf. Rachman, Eysenck). Let a man masturbate to ejaculation repeatedly on porn scenes with product placement and he will afterwards “salivate” at the mere sight of the products on store displays. But brands don’t do that, I am told. Although they often enough rely on sexploitation in their advertising – with sycophants warning us to refrain from ejaculating outcries because there is no such thing as bad publicity –, they are very shy, then, when it comes to making use of the possibilities open to them with porn. What are they waiting for? Are they not after the money?

Mass media civilization means psychoticism, because mass media are conditioning maladaptive sexuality (crystal screen sexploitation conditioning), and psychotics, according to Eysenck, are the least conditionable.

“Research suggests that sexual content in still pictures elicits automatic attention in viewers.” (Annie Lang et al., in Sex in Advertising, 2003, ed. Tom Reichert & Jacqueline Lambiase) Evolution theory predicts that this will be true for men more than for women: “Symons proposed that the primary adaptations responsible for the occurrence of rape were the mechanisms involved in the human male’s greater visual sexual arousal [my emphasis], greater autonomous sex drive, reduced ability to abstain from sexual activity, much greater desire for sexual diversity per se, greater willingness to engage in impersonal sex, and less discriminating criteria for sexual partners.” (Thornhill & Palmer, A Natural History of Rape, 2000) Given these adaptations, porn is a male-impacting conditioning technology from which women are largely immune. The more porn addiction is consuming men’s time, the more men are removed from the social process, a tendency consistent with the idea that, as social progress means furthering the eradication of war and violence in human relationships, it implies the subjection of the most violent sex of the two.

“Rankings by Internet audience-tracking services ignore the popularity of such sites [porn sites].” (J. Lambiase, in Sex in Advertising). However, “Alexa Research found sex to be the most popular search term between March 1999 and January 2001, based on more than 42 million search pages viewed in aggregate by users at 10 portal or search engine Web sites.” (ibid.)

Sex is everywhere? We have seen nothing yet.

When my friend X (an appropriate pseudonym) said “I’m not interested in sex, only in porn,” I told him he couldn’t make babies by simply watching porn. He answered: “I’ve always fancied making children was something people had to be induced to by state help. As a rule the state taxes success. Progressive income tax is a tax on natural endowments, you know. We are a meritocracy that likes to load merit down. Here, however, by giving family policy money to all but the childless, the state remunerates reproductive success and taxes failure. This is madness.” Something along those lines. I think he’s barmy.

Caciquismo and Reproductive Inequalities

More data on the question of who’s having the greater number of children, the poor or the rich (men). For the previous discussion of this topic, see, among other stuff, xxxi and xxxii.

“A study that matched men and children based on seven blood types documented precisely how much more risk men lacking resources run of being genetically cuckolded. Of men in the highest socioeconomic bracket, only 2 percent of the children had fathers other than the putative father. Among the middle class, the genetic-cuckoldry rate rose to 12 percent. And among the lower class, the genetic-cuckoldry rate rose to 20 percent. Since genetic cuckoldry can only occur when women have affairs, it’s clear that men lacking resources experience more paternity uncertainty.” (David Buss, The Murderer Next Door, 2005).

The source is a study on a Mexican population (Cerda-Flores, Barton, Marty-Gonzalez, Rivas & Chakraborty, “Estimation of Nonpaternity in the Mexican Population of Nuevo Leon: A Validation Study with Blood Group Markers,” American Journal of Physical Anthropology, vol. 109, 1999). Apparently, Buss has no hesitation in generalizing these findings to Western societies. Mexico is an interesting country (I lived there as a child) but personally I would be more cautious about generalizing the results, if “developmental causes” (causal input from genes and environment) make any sense. Truly, Nuevo Leon is a rather advanced state in the country, with the same standard of living (according to Wikipedia) as Croatia or Poland, but the wealth and activity are concentrated in the state capital, Monterrey, the remaining parts being rural, poor, and probably very traditionally minded; so, much depends on the sample.

By traditionally minded, I mean traditional Mexican caciquismo, where high-status men must not be expected to be more literate nor articulate nor knowledgeable than the other men. In traditional societies IQ is more widespread across social classes, in advanced societies more concentrated in the upper classes (this is “meritocracy,” cf. Herrnstein & Murray 1994); and high IQ associates with traits such as restraint, conscientiousness, etc. Convincing data would be the correlation between symmetry (low fluctuating asymmetry) and status: if negative, or insignificant, I must be right because the springboard effect (see xxxii) must then be strong, the duality of women’s strategy must be great, they would cuckold the rich with the poor. In any case, developmental causes should make us cautious about generalizing results from one population to another.

My expectation as to the correlation between symmetry and status is that it is negative, but it seems that evolutionary psychologists’ expectation is the reverse. For instance, when Thornhill and Palmer equate symmetry with “greater social dominance,” one is led to think that symmetry means high status, but here is what they write: “That symmetric men appear to engage in more fights with other men than asymmetric men do may be due to their greater social dominance and their larger body size.” (A Natural History of Rape). Seemingly, Thornhill and Palmer equate social dominance with fistfight. As fistfight, however, is a clear sign that the endowments enabling one to cope with our societies’ high-status requirements are lacking, I cannot equate social dominance, in that case, with high status. We would be dealing only with the fringe, with gangsters and the like, people whose peculiar talents may enable them to secure resources and (what kind of) women, but not in the daylight nor in the broad arena.

If, now, by “fight” is meant economic or political competition, then as both nowadays take place in the context of cooperative organizations whose recruitment is based on academic degrees and where the characteristics of symmetric men are at a disadvantage – are simply not welcome –, the contention makes no sense at all. The myth that aggressiveness and “maleness” are requirements of top-management activities is a relic of a vanished past, sustained by media spin. Top managers of our private-public technostructure have solid records of geek compliance from Ivy League, Oxbridge, grandes écoles, and the like. Seeing them, based on spin and old adaptations, as caciques will not help you understand the world we live in.

Rape and Recantations

In xxxiii, I dealt with the debate regarding false accusations of rape by women in nineteenth-century Britain. With awe and shivers, I even stated that the whole affair might not merely be the display of rancid male chauvinism expected from such ages of darkness. Even evolutionary psychologists have not dared go that far and, tormented by guilt, I was about to recant.

The main point in my doubt was that those male chauvinists did not seem to be at all aware of the fact that it is costly for a woman to advertise herself as having being raped. For instance, “Many men whose partners have been raped express the feeling that they are now left with ‘damaged goods.’ They report that they cannot bear the thought of remaining with a woman who has been sexually violated by another man. According to one study, more than 80 percent of couples in which the woman was raped during the relationship end up breaking up.” (D. Buss, The Murderer Next Door). That, among other things, would make a false accusation of rape very costly to the woman, whatever her goals may be for lying.

However, new data came to my attention which shows that such false accusations are still frequent. “A careful study of 109 rape cases in the United States found 41 percent of rape accusations to be false as evidenced by the women’s own recantations (Kanin 1994).” (Thornhill and Palmer, A Natural History of Rape). The lie could be the recantation itself rather than the accusation, when the woman becomes aware afterwards of the cost to her fitness from being known or perceived as a rape victim. Still, these numerous recantations cannot all be lies (can they) and we remain with a significant number of false accusations, so much more puzzling because of their cost to the women themselves. Thornhill and Palmer go on saying: “The women studied gave three reasons for their false reports: providing an alibi for a consensual encounter that might have led to pregnancy, seeking revenge against a rejecting consensual male partner and obtaining sympathy and attention from kin and/or friends. Kanin emphasizes that false rape allegations ‘reflect desperate efforts to cope with personal and social stress situations’.” (ibid.) In the face of this new evidence, there is no recanting possible.

According to Thornhill and Palmer, 13 percent of American women over 18 report having being raped at least once in their life (from Kilpatrick et al. 1992, for the National Victim Center, Arlington, Virginia). They add: “Kilpatrick et al. estimate the percentage of rapes of women not reported at between 66 and 84.” This leads to vertiginous figures for, if 13 percent is correct, then, with a 84 percent figure of rapes unreported, the percentage of women actually raped would be 81.25; with 66 percent unreported, it would be 38.2**. Thus, the number of women raped in America would lie somewhere between about four and more than eight out of ten. In comparison, the International Statistics on Crime and Justice (2010) by the United Nations give a reported rape rate for US of 28.6 per 100,000 people (source Wikipedia), that is, 0.0286 percent. Who’s pulling our leg and why? Such fantastic discrepancies in official sources are very disturbing.

March 21, 2016

*“According to the industry house organ Advertising Age, the average North American perceives some 1,000 ads daily.” (W. B. Key 1989). & “People are inundated daily by an average of 10,000 sales messages” (Renvoisé and Morin 2007).

**If 84% of rapes are unreported, the 13 women out of a hundred who report having being raped are only 16% of all actual cases of rape, and in reality 1,300/16 = 81.25% of American women would have been raped (with some degree of correction for women being raped several times over their lifetime). If 66% are unreported, the actual number of raped women is 1,300/34 = 38.2%. (Maybe this little calculation is in fact irrelevant. If a young woman is raped, under threat not to talk, once every other day by her stepfather for years, that makes thousands of rapes but one victim. But, in that case, the supposed figures for unreported rapes are not much relevant either.)