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Un signal radio venu de l’espace

I/ Oui (20-22 décembre 2020)
II/ Mais non (23 décembre)

I/ Oui

Les lois de la physique, de la chimie, de la biologie sont supposées valables pour tout l’univers, aussi infini soit-il, c’est-à-dire pour tout l’univers physique, chimique et biologique. Si l’on n’admet pas ce postulat, on n’admet aucune de ces sciences comme pouvant être fondées sur des lois. Partant de là, le principe est : Mêmes causes, mêmes effets. Ce principe s’entend en général comme impliquant des variations somme toute peu spectaculaires entre différentes parties de l’univers, et les savants qui cherchent aujourd’hui de la vie sur d’autres planètes recherchent tout d’abord des planètes pouvant présenter des caractéristiques pas trop différentes de celles de la Terre, à savoir, premièrement, des planètes qui soient dans la « zone habitable » de leur étoile. Parce que ceux qui cherchent de la vie le font avec une certaine idée de ce qu’est la vie, en gros de « longues molécules à forte teneur en carbone » : aucune molécule de cette sorte ne pourrait se maintenir aux températures d’une étoile (en réponse à une personne imaginant que le soleil serait peut-être habité par une forme de vie dont nous ignorons tout), et ces molécules ne peuvent se maintenir théoriquement que dans un certain écart de températures et en présence d’autres conditions physiques qui définissent une zone habitable.

Le principe « mêmes causes, mêmes effets » peut selon d’autres, et notamment le Japonais Magoroh Mayurama, s’interpréter différemment, selon le principe « petites causes, grands effets » qui s’est dégagé plus récemment des travaux de physique sur les turbulences et la théorie du chaos : de petites différences dans les conditions initiales pourraient produire un spectre de phénomènes différents bien plus large.

S’agissant de la recherche de vie extraterrestre, le consensus scientifique est que la vie extraterrestre existe sur d’autres planètes et la question restant pendante est de savoir s’il existe de la vie intelligente. On définit cette vie intelligente comme une forme de vie qui, à un certain stade de son développement, serait capable d’émettre des ondes radio et/ou d’autres signaux d’activité, et il n’y a pas de consensus scientifique aujourd’hui sur ce point, non pas, cependant, parce que l’idée d’une vie intelligente extraterrestre serait trop étrange pour les scientifiques mais parce que l’on n’a encore détecté aucun signal de ce genre et que c’est difficile à expliquer vu le nombre d’étoiles et de planètes dans l’univers. On n’arrive pas à expliquer pourquoi, en gros, s’il existe de la vie extraterrestre intelligente, elle n’est pas déjà chez nous. C’est le paradoxe de Fermi (du nom du physicien italien Enrico Fermi).

ii

Loin que l’idée de vie extraterrestre intelligente paraisse étrange aux scientifiques, c’est plutôt l’absence de vie extraterrestre intelligente qui serait étrange et demanderait un travail d’explication, car selon le principe « mêmes causes, mêmes effets » il est certain, d’autres planètes avec les mêmes conditions que la Terre existant et quelques-unes ayant même déjà été identifiées, que le principe devrait conduire à l’existence d’une vie civilisée, émettant des ondes radio, comme la civilisation terrestre. Cependant, selon le principe « petites causes, grands effets », il se pourrait qu’une petite cause sur la Terre ait produit un grand effet qui ne se retrouve pas ailleurs : la vie intelligente. Mais cela reste tout de même moins probable que l’autre hypothèse, qui a pour elle les grands nombres de l’infinité de l’espace.

iii

D’autres conditions, d’autres principes, quelque part ailleurs dans l’univers, n’en seraient pas moins soumis aux mêmes limites théoriques.

iv

Que peut connaître l’homme au-delà de « la limite humaine » ? Rien. Donc, que chercher au-delà de la limite humaine ? Rien.

S’il y a des choses au-delà de cette limite, elles ne peuvent nous affecter, car ce qui peut nous affecter peut être connu de nous. Si cela ne peut pas nous affecter, cela nous est indifférent. Rien n’empêche d’imaginer des plans d’existence où nous n’avons aucune part et qui n’ont aucune part au nôtre, il n’en reste pas moins que, dans le domaine du connaissable, nous posons le réel comme soumis à des lois telles que nous les donne notre entendement.

« Connaître » au sens où un rat connaît l’humain dont il est le cobaye, par exemple. Notre limite peut impliquer qu’on ne comprenne pas une intelligence extraterrestre de beaucoup supérieure, mais si elle venait en contact avec nous, à moins qu’elle se cache, nous le saurions, et si elle nous traitait comme des rats de laboratoire nous le saurions aussi, nous le « connaîtrions », même si nous ne savions pas comment ils font tout ce qu’ils nous font ni comment ils s’appellent. L’humain n’est pas au-delà de la limite du rat en ce sens.

Une intelligence extraterrestre, si elle peut entrer en contact avec nous, doit avoir des caractéristiques formelles comparables à l’intelligence humaine, et connaître, car elle y est soumise elle aussi, les mêmes lois physiques, chimiques, biologiques que nous (quelle que soit la manière dont elle les exprime et quels que soient les faits qu’elle met en lumière plutôt que d’autres). Si elle est plus avancée que nous, elle a une connaissance plus approfondie de ces lois, si elle est moins avancée, une connaissance moins approfondie.

v

De prochaines découvertes remettront en question les échafaudages théoriques les mieux fondés mais le fait est que ces échafaudages, ces constructions ne sont même pas le principal : on dit que la lumière est « à la fois » ondulatoire et corpusculaire et c’est une contradiction prima facieon the face of it » : elle n’est même pas cachée), mais nous « touchons » quand même la loi qu’est censée représenter cette construction puisque nous en tirons quelques prédictions limitées mais correctes qui nous permettent de perfectionner notre technique.

Le consensus me semble être le suivant parmi ceux qui croient aux extraterrestres, c’est-à-dire au MIT et au Max-Planck-Institut : les extraterrestres intelligents devraient assez nous ressembler en termes d’intelligence. Indépendamment des particularités de la faune et de la flore des exoplanètes, et même de la physiologie des extraterrestres intelligents qui les habiteraient, le point de vue matérialiste qui s’impose à la science dans son domaine fait que la nature doit doter l’intelligence de certaines capacités générales selon un certain schéma : l’intelligence est un miroir et les miroirs, même de différentes matières, fonctionnent selon le même principe.

Je crois que l’on s’attend donc à des différences à peine plus marquées qu’entre les Espagnols et les Aztèques au moment de la Conquista. Les Aztèques faisaient partie des peuples avancés de l’époque mais il a suffi d’une poignée d’Espagnols avec des fusils et des chevaux pour qu’une civilisation disparaisse. Un petit delta technique a fait toute la différence. Nous sommes déjà tournés vers l’espace, donc à la veille, pouvons-nous croire, de voyager dans l’espace (peut-être même à la veille d’envoyer un homme sur la Lune), aussi une intelligence qui voyagerait déjà ne serait pas forcément beaucoup plus avancée, seulement un peu plus.

Il reste que l’absence de signal radio extraterrestre est paradoxale (on ne parle pas forcément de signaux intentionnels mais de signaux qu’une civilisation avancée doit produire par son activité) : c’est le paradoxe de Fermi. Or la presse nous a fait part de la découverte LA SEMAINE DERNIERE d’un signal radio extraterrestre, le premier depuis que nous avons des capteurs braqués vers le ciel, c’est-à-dire quand même plus d’un demi-siècle. Apparemment, jusqu’à présent nous savions que nous n’avions pas reçu de tel signal dans nos capteurs, et là nous saurions apparemment que c’est ce que nous attendions et que c’est donc, mesdames et messieurs, le premier signal d’intelligence extraterrestre consciemment capté par l’humanité.

Il faut évidemment attendre de voir si ce sera confirmé mais la nouvelle est plutôt inédite, et pour cause. Il y a tout de même des chances, car les gens sont un peu fébriles au MIT-Institut (Massachusetts Institute of Technology-Institute), que ce soit une fausse alerte, et qu’on a pris une éructation solaire pour la 5G martienne.

Sinon, dans le space opera, les U.S. viennent aussi de créer la première unité militaire au monde consacrée à l’espace : les Guardians. C’est officiel.

II/ Mais non

Alors je suis allé voir sur internet… Et ce message radio est bien un message radio mais « les astronomes savent que les planètes qui disposent d’un champ magnétique émettent naturellement des signaux radio » (Futura Sciences, « Le premier signal radio détecté provenant d’une exoplanète ? » 19/12/20) et « Il n’est pas question ici d’un message envoyé par une civilisation extraterrestre. Simplement de la preuve que cette exoplanète possède un champ magnétique. » (Même source)

Certes la présence d’un champ magnétique (et « même si les chercheurs ont déjà débusqué, au-delà de notre Système solaire, plus de 4.000 exoplanètes, ils n’avaient encore jamais pu capter la signature de leur champ magnétique ») est supposée favorable à l’apparition de la vie sur cette planète (en raison de la protection contre le bombardement de particules cosmiques), mais après avoir dit que les signaux radio seraient un signe d’intelligence extraterrestre, nous expliquer, une fois que l’on en a détecté un, que c’est seulement un phénomène naturel, est un peu fort de café.

Le paradoxe de Fermi est basé sur le fait que nous n’avons pas détecté d’ondes radio et que nous n’avons donc pas de traces de vie extraterrestre. (« Des civilisations plus avancées auraient dû apparaître parmi les systèmes planétaires plus âgés et laisser des traces visibles depuis la Terre, telles des ondes radio. » Wikipédia : Paradoxe de Fermi) Or si les ondes radio sont un simple phénomène naturel, nous devrions en recevoir des milliers par jour si nous n’étions pas encore à l’âge de pierre des préhominiens diplômés du Massachusetts Institute of Technology-Institut !

Enfin, ce n’est même pas le premier signal radio « naturel » détecté depuis une exoplanète, contrairement à ce que racontent Futura Sciences et les autres, si j’en crois Wikipédia : « Le 22 juillet 2019 est paru un article signé X annonçant la détermination, sur des bases observationnelles, de l’intensité du champ magnétique de quatre exoplanètes de type Jupiter chaud. Ces quatre planètes sont …. [sic !] Leurs champs magnétiques ont une intensité comprise entre 20 et 120 gauss, à comparer à 4,3 gauss pour Jupiter et un demi-gauss pour la Terre. » (Wkpd : Champ magnétique planétaire)

En tout cas, les Guardians, eux, existent.

ii

Quel fumiste, ce Fermi ! La réponse au paradoxe de Fermi, c’est qu’il n’y a pas de paradoxe de Fermi. Même si des civilisations extraterrestres existaient, elles ne laisseraient pas de traces visibles « telles que des ondes radio » depuis la Terre, vu que :

1/ nous n’avons pas la technologie pour différencier une onde de champ magnétique d’une onde d’émetteur radio, et surtout

2/ nous n’avons même pas la technologie appropriée pour capter des ondes radio depuis l’espace puisque, alors qu’il est évident qu’il existe un nombre prodigieux d’exoplanètes dans l’univers (ce que Fermi ne niait pas et c’est pourquoi il a cru pouvoir formuler son paradoxe, puisque si Fermi n’était pas d’accord avec la prémisse qui est le grand nombre, voire le nombre infini d’exoplanètes, il n’y aurait pas de paradoxe de Fermi), avec, dans ce nombre infini, un nombre infini d’exoplanètes avec champ magnétique, nous ne sommes pas capables de capter distinctement leurs ondes radio naturelles, vu que nous avons réalisé pour la première fois cet exploit il y a quelques jours seulement (ou en 2019 selon la page Wikipédia citée).

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Dans le même genre

« Voyage temporel dans le passé : théoriquement c’est possible et sans paradoxes. » (Aphadolie [blogueur])

« Si un voyage dans le temps était possible, les événements modifiés du passé se réajusteraient pour éviter toute incohérence, avancent des mathématiciens [dans la revue Classical and Quantum Gravity]. » (Courrier international, 28/9/2020)

Les mathématiciens qui voudraient donner un sens physique à la racine carrée de –1, ou même à la valeur négative –1 (au cas où je voudrais croire qu’il peut y avoir devant moi –1 orange), diraient des bêtises dans le même genre.

Le présent étant déterminé causalement par le passé, le présent ne détermine pas causalement le passé, une cause de soi ne peut exister dans une chaîne de causalité, c’est-à-dire dans la loi de causalité à laquelle notre entendement est soumis (lorsqu’il exige la validation de ses propositions).

Tout reste paradoxal dans le voyage dans le temps, en dépit des faibles exemples donnés dans l’article. Si je me déplace dans le temps jusqu’à hier, ne doit-il pas y avoir dans cet hier deux moi et cela n’est-il pas un paradoxe ? Plus je vais dans le passé, plus je me multiplie, c’est touchant.

Pour que je ne me multiplie pas autant de fois que je voyage dans le passé, il faut que je disparaisse du présent que je quitte et, non seulement cela, que je n’y aie même jamais été présent ; or j’y étais présent en vertu du passé, donc je ne peux le quitter pour un voyage dans le passé sans me multiplier autant de fois que je voyage dans le passé.

J’en appelle au sens critique contre les filmographies de science-fiction. Il y a quelques décennies tout le monde parlait de la « cybernétique » comme de quelque chose de révolutionnaire, tout devenait cybernétique (biologie cybernétique etc), les instituts de cybernétique poussaient comme des champignons. On mettait la loi de causalité au placard car on avait vu que les « boucles rétroactives » (feedback loops) sortaient de ce cadre intellectuel périmé. Tout cela a fait long feu, les savants qui ont participé à ce phénomène hystérique de masse se sont calmés ou sont redevenus sobres (le mot reste dans quelques expressions, comme cyberespace, un espace qui ne doit cependant rien à la cybernétique). Et je pose enfin la question : comment a-t-on pu imaginer mettre en question la loi de causalité à partir de l’expérience des missiles à tête chercheuse ? C’était ridicule et navrant.

10/10/2020

Exoparapsychologie: Rêve-contact 2

Le travail n’a jamais été la vocation de l’humanité : dans l’antiquité la valeur suprême est l’otium, le loisir, au moyen âge le travail est une malédiction, pour le mouvement des travailleurs c’est une aliénation, et de nos jours il n’existe que comme faux-semblant pour occuper une humanité vidée. Un travailleur aujourd’hui fait doublement pitié : non seulement parce que son travail est pénible et le plus souvent dénué d’intérêt, car parcellisé, mais aussi parce qu’il n’y a aucune raison pour que ce soit un homme qui l’accomplisse.

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Il ne manque au mari parfait que d’être l’amant de sa femme.

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La jeunesse est l’âge des admirations non feintes. Plus tard, il s’y mêle de l’envie, l’objet de notre admiration en même temps nous humilie et avec l’humiliation vient la haine, qui n’épargne pas même les morts.

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La doctrine kantienne annonce la fin du travail.

Dans une société de pénurie, la division du travail ne permet pas à la religion de se passer de « l’humiliante distinction entre laïcs et clercs » (Kant), car de nombreux métiers, voire tous, relèvent purement et simplement de « l’auto-abrutissement » qui est un manquement au devoir envers soi-même (toujours Kant). Le libre usage de notre temps est nécessaire à notre finalité morale : le travail inutile, le travail faux-semblant, le travail répétitif, monotone, usant, parcellisé, moralement douteux (commerce), est contraire à notre finalité et est par conséquent un manquement à notre devoir.

En outre, le travail de masse est l’organisation collective d’une violation de l’impératif catégorique « Ne traite point autrui comme moyen mais comme fin ».

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Compléments à Kantism & Astronomy (x)

1

L’infini est certes partout en mathématiques : entre 0 et 1 il existe une infinité de degrés. Mais dans l’expérience sensible une « valeur intensive » (Kant), ce que j’appelle une qualité empirique, ne peut être infinie [la démonstration a été apportée par Locke : voir Commentaires à Kantism & Astronomy]. La variabilité d’une qualité sensible peut être infinie, mais non son quantum : une qualité peut prendre une infinité de valeurs, même des valeurs sans représentation numérique (pi est un nombre fini dont je ne puis avoir une telle représentation) – toujours finies.

(L’expression « tend asymptotiquement vers l’infini » signifie que, dans une fonction asymptotique, la valeur d’une variable croît ou décroît indéfiniment avec le temps ou avec une autre variable.)

2

La théorie de la relativité est en contradiction avec la conception kantienne de l’espace et du temps en tant que formes a priori de notre intuition. Si l’espace et le temps sont les formes dans lesquelles notre sensibilité est affectée, il est absurde de dire, par exemple, que l’espace puisse être courbé, c’est-à-dire qu’il ait des propriétés à la manière des objets de l’expérience (la matière de notre intuition). Une absurdité (une dérogation aux conditions formelles de l’usage de notre pensée) étant admise, d’autres en découlent : valeurs infinies de propriétés empiriques…

3

Les géométries non euclidiennes, non intuitives, pourraient contredire Kant si elles ne se ramenaient pas, comme l’explique Poincaré, à la géométrie euclidienne. Ainsi, deux droites parallèles peuvent se croiser si l’on courbe l’espace (tiens, tiens… mais il s’agit ici de l’espace géométrique de l’intuition et non de l’espace physique de l’expérience).

4

On suppose un espace courbe pour expliquer l’orbite de Mercure. Il fallait que quelque chose fût courbé pour expliquer sa trajectoire, et comme on est dans le vide (n’est-ce pas ?) il n’y avait rien d’autre à courber que l’espace – ou l’espace-temps. Ce faisant, on imputait des propriétés physico-expérimentales (élasticité) à une pure forme de notre intuition.

5

L’univers du Big Bang s’étend dans le vide. L’univers en expansion de Kant s’étend dans un chaos de particules qui en viennent à se soumettre progressivement aux forces de l’univers.

6

En réponse aux critiques de « l’intuitionnisme » de Kant. 1°/ Kant admet sans ambiguïté, contre ceux qui la rejettent en se revendiquant justement de l’intuition, la notion d’infiniment petit. Par exemple, il cherche à définir le contact comme une distance infiniment petite. (En revanche, il dit explicitement [quelque part : à retrouver] qu’une vitesse infinie est possible et là je ne le suis plus.) 2°/ Il est l’auteur d’un essai sur les grandeurs négatives négatives (Versuch den Begriff der negativen Größen in die Weltweisheit einzuführen, 1763), qu’il introduit « en philosophie » (selon le titre français de l’œuvre, Weltweisheit dans l’original) et défend en mathématiques contre ceux qui se revendiquaient, à tort, de l’intuition. Si l’on ramène l’arithmétique au comptage des oranges, il ne peut certes y avoir -3 oranges. Mais si quelqu’un parcourt une distance en faisant trois pas en avant et deux pas en arrière, on a la sommation : +3 -2 +3 -2…, et si son mouvement est de trois pas en arrière et deux pas en avant : -3 +2 -3 +2… Les valeurs négatives sont complètement intuitives.

7

Les fréquences infrarouges et ultraviolettes ont pu être mesurées et sont donc indirectement perçues et attestées comme réelles dans notre expérience. En revanche, les dimensions « surnuméraires » de l’espace sont une construction, non dans l’intuition pure comme les objets de la géométrie, mais dans l’entendement pur, avec cette conséquence qu’elles ne sont qu’un jeu de l’esprit, des concepts vides.

Le champ de notre sensibilité peut être étendu par la technologie : nous percevons des objets de plus en plus petits, d’autres de plus en plus éloignés, un spectre de fréquences de plus en plus large, mais, ce principe de la technologie étant posé, demeure une impossibilité quant à l’appréhension, hors de l’entendement pur, de dimensions surnuméraires de l’espace, du fait que l’espace n’est pas une matière, mais la forme même, de notre expérience sensible.

8

Pour décrire l’espace, on peut toujours écrire n à la place de 3 (dimensions) et voir ce qui logiquement, en recourant aux opérateurs logiques, en résulte, mais il n’est pas pour autant permis, de ce que les opérations logiques ou formelles soient toujours possibles dans l’entendement pur, d’en tirer des conclusions sur l’étant. Une remarque que Kant a appliquée aux « preuves » de l’existence de Dieu avancées par la raison spéculative.

Un « espace vectoriel à n dimensions » ne décrit pas l’espace physique (forme de l’intuition sensible) mais une représentation des « dimensions d’un problème ».

*

Le hasard étant ce qui n’est pas expliqué de manière causale, le modèle qui y recourt est inabouti, car tout dans la nature sensible se produit en vertu d’une cause, de par la règle a priori de notre entendement.

Mise au point. La statistique recourt à l’expression « lois du hasard » sans nier que les variations soient déterminées par des facteurs. L’intelligence artificielle parle de « voies non déterministes » (méthodes heuristiques) sans nier le déterminisme des phénomènes.

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Rêves-contacts (2)

Voyez (1)

Hypothèse. Les intelligences extraterrestres communiquent avec nous dans nos rêves (Nýall).

1

Nuit du 24 février 2010. Une race géante de monstres tentaculaires fait son apparition sur la terre. Ils détruisent tout ce que l’homme a produit, exterminent l’humanité dont ils se repaissent bien que cela ne leur soit pas une nourriture particulièrement appropriée. Ce qui caractérise ces monstres est leur gigantesque énergie vitale, et, bien qu’ils semblent dépourvus d’intelligence, l’homme ne peut rien contre eux. Ils sont une force brute dont l’instinct nous est totalement hostile. Certains parmi les derniers hommes tentent de mettre à profit les restes des programmes spatiaux de l’humanité pour émigrer vers d’autres planètes ; quelques vaisseaux sont lancés mais les difficultés de telles odyssées font qu’elles sont vouées à l’échec. Les derniers survivants décident de vivre sous terre, où ils sont appelés à muter.

2

Nuit du 15 décembre 2013. Étreignant la femme que j’aime, celle-ci m’avoue qu’elle est morte et revient d’outre-tombe pour faire l’amour avec moi. La révélation de sa mort m’attriste, puis je me fais la réflexion que, puisque sa présence me semble si réelle, nous pouvons continuer à vivre notre amour. Mais le prix en sera que je passerai aux yeux du monde pour un homme que la douleur a rendu fou. Je me réveille triste.

3

Nuit du 7 janvier 2016. Cette phrase : « The living obsess you, the dead will haunt you. »

Même nuit. Des insectes extraterrestres à la prodigieuse faculté de reproduction arrivent sur la terre. Leur piqûre rend les animaux et les hommes fous dangereux. Je suis le seul à le savoir.

4

Nuit du 7 février 2016. La falaise des hommes-crapauds poilus : les cavités en sont occupées selon la hiérarchie et la taille des individus varie en fonction de leur position sociale. Le mâle alpha, le roi des hommes-crapauds, est dix ou vingt fois plus gros que l’individu lambda et son corps remplit entièrement sa caverne, qu’il ne quitte jamais. Dans la foule au pied de la falaise, les hommes-crapauds sont mêlés à des lémuriens.

5

Nuit du 10 mars 2018. Un amphithéâtre dont tout le mur de droite, vu depuis les gradins, est vitré : l’amphithéâtre est une structure sous-marine. Un cours a lieu, l’amphithéâtre est plein. Un monstre marin gigantesque, dont les dimensions sont telles que la vitre, de proportions pourtant très considérables, ne permet pas de le voir entièrement, et qui est une sorte de pieuvre, attaque l’amphithéâtre. La structure est secouée tout le temps de l’attaque, la lumière s’est éteinte. Quand le monstre finalement renonce, j’interroge la jeune professeure dans un couloir : l’attaque n’a eu aucune conséquence si ce n’est sur le circuit électrique, ce qui a provoqué l’extinction des lumières. Je ne suis pas entièrement rassuré.

6

Nuit du 7 juin 2018. Débat sur le sexe de la monnaie des anges.

Même nuit. Un examen aux États-Unis. L’assesseur me demande, avant que l’examen commence, de dire un mot à mes voisins de classe, parce que je suis Français. Je leur dis : « Hi, my fellow competitors, I hope you all win. » Puis l’assesseur élucubre philosophiquement sur son admiration pour l’expression française « Ah bon ».

*

Kant. Des infractions universelles à un principe ne prouvent rien contre ce principe. Ce n’est pas parce que tout le monde mentirait que la fausseté serait pour autant une vertu.

C’est le privilège de chacun de pouvoir s’abstraire du sort de tous.

La morale est la seule science exacte avec les mathématiques pures.

*

G

Le problème de l’employeur, quand il recrute un salarié, est de maximiser g(a+b+c+d), où g est le facteur de Spearman (intelligence générale) et a, b, c, d un ensemble de compétences requises pour exercer une fonction donnée. C’est un résultat de psychologie expérimentale tiré d’études sur la productivité.

L’intérêt de l’employeur est donc de tester en priorité g. Cela se fait par des tests d’intelligence générale.

La Cour suprême américaine demande que les employeurs réalisent des évaluations spécifiques de compétences en phase avec les postes à pourvoir plutôt que des évaluations d’intelligence générale. Ainsi, l’employeur doit tester a, b, c, d pour telle fonction, e, f, h, i pour telle autre.

L’employeur français n’est pas soumis à une telle restriction et peut tester g, et ne tester que g, si bon lui semble.

L’employeur américain contourne d’ailleurs largement la jurisprudence de la Cour suprême en demandant des résultats SAT, LSAT, MCAT, GMAT… Il existe certes un coaching pour ces tests mais ses effets ne sont pas déterminants ; c’est par exemple le point de vue de Herrnstein & Murray, qui ajoutent : « Although not technically IQ tests, … [ces tests] have high g loadings. »

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En « s’émancipant », la femme a fermé son salon – plus le temps ! – et maintenant qu’elle est occupée à des choses aussi intéressantes que vendre du dentifrice ou construire des ronds-points, l’homme d’esprit, l’homme d’imagination n’a plus d’asile nulle part, il ne lui reste qu’à crever dans la rue, avec les clochards, ou à vendre du dentifrice. La femme qui ne faisait rien pouvait s’intéresser à des choses inutiles, à ces choses qui ont fait que la civilisation est, ou était, autre chose qu’une fourmilière. Croire qu’un bureau de ministère peut remplacer une femme intelligente et libre de son temps, c’est faire grand cas d’une machine et peu du cœur humain.

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Nos cerveaux n’évolueront pas au point de rendre caduc le principe du tiers exclu.

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L’idée, chez Locke, qu’il est moral de connaître les limites de la raison humaine sera un fondement important de la pensée de Kant.

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L’interprétation de Copenhague relativement au principe d’incertitude de la physique quantique fait passer une impossibilité subjective pour une impossibilité objective.

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Il est parfaitement concevable que certaines personnes se sentent on ne peut plus libres dans un État totalitaire. Cela dépend des gens.

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Si vous avez des pensées obscènes, une femme peut les lire.

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Prague Castle. Spot the triangle with an eye inside (Masonic) at the top of one colored glass in St Vitus Cathedral.

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Prague. The hotel restaurant is due to open at 3:30pm. I go there at 4pm. No cook. The waitress tells me the cook usually arrives at 4:30pm.

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Station thermale Waters-Bonheur.

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Les anus de Ça Tourne.

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Village mondial et race cosmique. Global village. Raza cósmica. McLuhan et Vasconcelos déploient l’idée catholique viz. universelle.

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Los tiraniticos.

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Notre temps a un problème d’images sublimanales.

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Je t’attends dans la porcherie.

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Ils nous ont tués en vain.

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Se regarder le nombril n’est pas toujours méprisable, par exemple dans le cas de déformations physiques sévères.

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The Mismanagerial Revolution.

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Terrore nello Spazio (La planète des vampires), 1965, de Mario Bava, nouveau poster pour la version restaurée 2016