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Poésie maya contemporaine du Guatemala

Ce qu’il est convenu d’appeler, au Guatemala et dans les pays voisins, le « mouvement maya » a pris son essor à la fin de la guerre civile guatémaltèque (1960-1996) et en partie comme une réponse à ce qui a été caractérisé comme un « holocauste maya » :

« La guerre civile récemment terminée au Guatemala a été conçue comme un ‘holocauste maya’. La majorité des plus de 200 000 personnes qui moururent dans le conflit armé et du million de personnes déplacées étaient indigènes. » (La recién finalizada guerra civil en Guatemala ha sido concebida como un ‘holocausto maya’.  La mayoría de las más de 200.000 personas que perecieron en el conflicto armado y el poco más de un millón de desplazados fueron indígenas.) (Extrait de la préface à l’anthologie ici utilisée : voir les références trois paragraphes infra).

Le rapport de la Commission nationale pour l’éclaircissement des faits historiques relatifs à la guerre civile (Comisión para el Esclarecimiento Histórico) parle de 83 % de Mayas parmi les victimes (Wkpd). L’enrôlement forcé de paysans indigènes par l’armée nationale guatémaltèque sur le modèle des « hameaux stratégiques » créés par l’armée U.S. au Vietnam dans leur stratégie contre-insurrectionnelle joua un rôle important dans ce résultat. Notamment, la résistance des communautés mayas à cette stratégie, même dans les cas où ces communautés n’étaient ni de près ni de loin affiliées à la guérilla, entraîna des massacres de masse contre ces populations civiles par l’armée.

À la suite de ces événements tragiques, les survivants ressentirent le besoin de réaffirmer leur culture, et les jeunes intellectuels issus de la communauté maya s’en firent l’écho en utilisant le maya dans leurs travaux littéraires. En d’autres termes, le traumatisme récent de la guerre civile donna une impulsion particulièrement forte au mouvement pour que le maya prenne sa part au courant d’« oralittérature », de littérature écrite par des écrivains indigènes le plus souvent dans les langues indigènes de la littérature orale (par ailleurs toujours vivante dans ces communautés), courant qui s’est développé à partir de ces années-là dans différents pays d’Amérique latine. (Sur le concept d’oralittérature, voir la présentation mes traductions de Poésie amérindienne du Nord-Ouest du Mexique et d’Arizona ici.)

Les poèmes ici traduits sont tirés de l’anthologie Uk’u’x kaj, uk’u’x ulew: Antología de poesía maya guatemalteca contemporánea (Cœur du ciel, cœur de la terre : Anthologie de poésie maya guatémaltèque contemporaine) (Instituto Internacional de Literatura Iberoamericana, Universidad de Pittsburgh, 2010), compilée et présentée par Emilio del Valle Escalante.

Les poèmes recueillis dans cette anthologie sont ceux de poètes mayas. Certains poèmes ont été écrits en espagnol, d’autres en maya et sont accompagnés de leur traduction espagnole dont je me suis servi pour ce travail. Sur les vingt-trois poèmes ici présentés, onze ont été écrits en maya. Dans le choix qui suit, à côté du titre du poème en français figure entre parenthèses le titre original ou le titre original et sa traduction espagnole, ce qui permet au lecteur de savoir si l’original est maya ou espagnol.

Les poètes traduits sont Luis de Lión (pseudonyme de José Luis de León Díaz, pionnier de la littérature maya au Guatemala, membre dirigeant du Parti guatémaltèque du travail [Partido Guatemalteco del Trabajo], parti qui s’unit aux autres forces de la guérilla pendant la guerre civile ; Luis de Lión fut enlevé en 1984 par un escadron de la mort et porté disparu jusqu’en 1999, date à laquelle un examen des archives militaires a montré qu’il fut assassiné l’année de son enlèvement) (quatre poèmes), Víctor Montejo, exilé aux États-Unis depuis 1982 (deux poèmes), María Elena Nij Nij (1), Pablo García (3), Santos Alfredo García Domingo (1), Adela Delgado Pop (3), Daniel Caño (5), Rosa Chávez (1), Pedro Chavajay García (1) et Sabino Esteban Francisco (2). Ce dernier, né en 1981, a grandi dans une CPR, une « communauté de population en résistance » (Comunidad de Población en Resistencia) ; les CPR étaient des communautés mayas qui abandonnèrent leurs localités traditionnelles pendant la guerre civile pour fuir les massacres et vécurent, cachées dans les forêts, d’une précaire économie de subsistance, ne réapparaissant au grand jour que dans les années 1990.

Le lecteur trouvera mes autres traductions de poésie du Guatemala à « Poésie révolutionnaire du Guatemala » (x).

Volcán de Agua

*

Poème pour mon enfant (Poema para mi niño) par Luis de Lión (José Luis de León Díaz)

sous cette peau
il y a la peau douce d’un enfant
qui dort seulement,
qui porte une charge,
qui marche même en rêve :
ses pieds sont deux fruits sans gousse,
son fardeau est un volcan,
son chemin est de pierre.

et cet enfant,
comme il y a des années de cela,
dès que le jour se lève,
quitte son lit
et sort avec sa mère.

en bas il y a son hameau
avec ses rues comme des serpents,
ses maisons comme des poules,
son église, grande et blanche,
comme un lapin dans l’herbe.

en haut
il y a sa propriété privée,
……son morceau de volcan,
avec quelques pêches pleines de miel pareilles à
des moineaux,
avec quelques chérimoles suspendues comme des ruches vertes,
avec sa terre à demi stérile
comme une mère à la veille de la ménopause.

cet enfant est un guerrier,
il tient dans ses mains
une fronde et une machette
pour triompher de la nature et chasser les animaux des bois,
cet enfant est un poète,
il a dans sa bouche
des centaines de mots pour nommer les choses :
le pin : pin ;
le chêne : chêne ;
le ravin : résonateur de marimba ;
les oiseaux : avions ;
les insectes : paons, petites vaches, etc.
cet enfant est un esclave,
il porte sur le front
la trace de corde du faix
comme une marque à bétail.

quand il gravit le volcan, c’est une fourmi.
tachée par le bleu et le vert.

en dessous de son hameau il y a la vallée,
grande et plane comme un lac,
et au milieu la ville,
blanche comme un bateau,
avec ses rues droites,
ses hautes églises,
ses cloches qui secouent le verre du ciel
quand elles sonnent,
avec son vieux parfum de violette entre les pages d’un livre,
avec sa bouche édentée de patronne qui attend.
l’enfant la regarde,
monte,
transpire,
trotte derrière l’ombre de sa mère.

l’enfant et la mère arrivent à leur bout de terre,
l’enfant et la mère le fertilisent de leur sueur et de leur espérance,
lui grimpe aux arbres
et se déplace entre les branches comme un écureuil,
il cueille les fruits
et elle les collecte.

plus tard,
les deux descendront laissant le volcan derrière eux,
mais cette fois ce sera en direction de la ville,
ils parcourront la route à pied,
de nouveau, écrasés, pliés sous le poids
du fardeau,
en suant comme des bœufs ;
sur le marché, en plein soleil, ils continueront de suer ;
et ils retourneront au hameau en suant.
parfois,
lui n’ira pas
et attendra sa mère dans un coin
puis se précipitera à sa rencontre
en sautant comme un ballon joyeux.

c’est une partie de l’histoire de cet enfant
qui un jour cessera de l’être
et d’être un paysan
qui soufflait à grand bruit
quand il posait sa charge dans la cour de sa maison
et se redressait digne comme un arbre.

cependant,
malgré le temps et l’apprentissage d’un autre métier,
en lui,
au plus intime de son être,
cet enfant va toujours avec lui.

*

Comme quand j’étais un enfant flâneur (Como cuando era un niño sin oficio) par Luis de Lión

Comme quand j’étais un enfant flâneur,
je me couchai sur l’herbe pour regarder le ciel
mais aucun ange, pas le moindre n’allait par ses chemins.
Ne me dis pas que tu étais cette hirondelle qui battait des ailes sur le toit de la maison.
Ou ce papillon qui se posa sur le géranium et but la dernière goutte de rosée ?

Ma petite,
de quelle taille sont tes yeux ? tes pupilles ont-elles grandi ?
quelles cloches entends-tu ? ressemblent-elles aux cloches de San Juan ?
Je t’imagine enfonçant tes pieds de petit puma dans la neige.
Ou bien te baignes-tu sous un feu-follet ?

Tu sais quoi ?
La grenade a pris la couleur que lui donnerait un potier
et dans ta chambre est née une violette.
Le ciel ? C’est toujours le même pleurnichard que quand tu es partie,
mais les milpas sont mères à présent.
Oui,
le toit de la maison est toujours un aéroport d’oiseaux et
l’œillet suit avec ses fleurs les filles qui passent dans la rue.
La Marie, je sais que son ventre germera bientôt.

Mon petit écureuil,
as-tu rêvé de nous ?
te souviens-tu de la table et de sa permanente exposition d’arômes ?
de la fenêtre et de sa vitre faite d’infini, qui donne sur
le bois de peupliers et la montagne ?
te souviens-tu des montagnes et de leurs pantalons et blouses de chlorophylle ?
des arbres et de leurs fruits comme peints par un enfant ?
des oiseaux et de leurs costumes de printemps, leurs flûtes d’argile ?
te souviens-tu des villages, de leurs ruelles et placettes de poupée ?
des villes ? les villes, lampes des vallées !

Ah, j’allais oublier que le volcan d’Agua te salue bien et
que notre village a demandé de tes nouvelles.

Mon enfant,
ma petite camarade,
je voudrais t’envoyer nos matins et nos crépuscules enveloppés
dans une feuille de maïs,
nos rivières et nos lacs dessinés dans une goutte d’eau
et tout un marché avec son artisanat, ses fleurs, ses fruits
et ses femmes et ses hommes dans le cristal d’un grain de sucre.

Mais tu sais bien que je ne peux même pas t’envoyer ce poème.
Ce poème plein de lumière est pour le compost.
Pour moi et pour personne.
Tu le sais, ma future patrie.

*

Quand tu reviendras (Cuando volvás) par Luis de Lión

Quand tu reviendras,
Je t’attendrai avec un panier pour recevoir ta joie.
Avec ces crayons de couleur je peindrai tes paysages.
Mon amour,
si c’est l’hiver,
mes mains auront gardé la chaleur de l’été.

Mais si cela n’arrive pas,
tu sais quel sont mes devoirs.
Sûrement je serai sorti, ponctuel, pour accomplir l’un d’eux,
un devoir long de jours, de mois.
Il se peut aussi qu’on doive mourir et cela peut durer des années.

Et s’il ne suffit pas d’être mort,
il faudra se convertir en poussière et cela peut durer des siècles.
Et tu sais que l’on ne peut revenir,
que cela fait partie de la plus ancienne discipline.
Autrement
nous ne pourrons accomplir correctement notre fonction d’accoucheurs.

Ainsi donc,
pas de larmes.
Tu sais qu’ici la pluie est abondante, alors pourquoi
gonfler davantage la terre ?
Profite plutôt de son humidité, laboure-là en profondeur,
sèmes-y toutes les graines que tu portes et attends, concentrée.
Il se peut que tu perçoives ma respiration dans une de leurs germinations.

*

Le poème des héros (El poema de los héroes) par Luis de Lión

Note. Le poème fait le tour de plusieurs personnages de la récente culture enfantine occidentale, d’origine essentiellement nord-américaine, dont la plupart n’ont pas besoin d’être présentés. Le Fantôme est le personnage de comics The Phantom, pas tout à fait aussi connu que les autres, me semble-t-il. Quant à Kaliman, c’est un super-héros mexicain créé dans les années 1960 sur le modèle de ses grands frères gringos (Kaliman el hombre increíble). Le poète oppose à ces créations la mythologie maya du Popol-Vuh. Hunapú et Ixbalanqué sont deux jumeaux qui descendirent dans l’inframonde, Xibalbá, combattre les dieux maléfiques pour semer le maïs qui donna naissance à l’humanité.

Avant que Superman l’homme d’acier
vole dans le ciel comme un aigle
et que Batman et Robin, la paire,
se déguisent en chauves-souris ;
avant que le premier Fantôme
habite la Grotte du Crâne
et que Tarzan lance son premier cri
et triomphe de son premier lion dans la forêt ;
avant que le simplet Dingo et le sagace Mickey
capturent le délinquant Pat Hibulaire
et que l’Oncle Picsou épargne son premier centime,
privant un petit enfant de repas ;
avant que Bugs Bunny
vole sa première carotte à Elmer
et que le Renard de la fable
trompe perfidement le Corbeau ;
avant que Lone Ranger
cesse de vivre comme les hommes
et que Kaliman l’homme incroyable
cherche à paraître crédible ;
avant eux tous et bien d’autres,
il y eut deux enfants, Hunapú et Ixbalanqué
qui dans Xibalbá vainquirent la Mort,
deux enfants dont les aventures ne passent pas
à la télé ni à la radio ni ne se lisent dans les journaux,
encore moins dans les magazines de bande dessinée,
mais qui sont bien plus grands et bien plus certains
que Superman et tous ses frères ;
il y eut deux enfants dont nous devons, tous les enfants,
connaître les grandes aventures…

*

L’interrogatoire des ancêtres (Interrogatorio de los ancestros) par Víctor Montejo

Que me fait mal le silence
de mes ancêtres
qui sont devenus muets
leurs traces se perdant peu à peu
comme le vent
lointain des étoiles
incompréhensibles.

Leurs voix s’éteignent
comme le feu
que l’on cache la nuit
mais qui ensuite
est éteint par la pluie ;
et ainsi leurs pas
se sont presque entièrement effacés
comme d’obscures
pages de vieux codex.

Nous leurs descendants,
endormis,
les étrangers
nous ont tellement trompés
qu’ils sont devenus experts en l’art
de tout mélanger
et d’embrouiller pleins d’étonnement
nos histoires.

Et nous ne pouvons rire,
ni nous résigner,
car c’est nous,
les indigènes,
qu’ils défigurent
car, enfin,
quelle sera notre réponse
aux ancêtres
quand avec éclairs et tonnerre
ils reviendront
nous demander le feu
qu’ils nous laissèrent
dans le cratère du grand volcan ?

Ils diront :
« Que viennent à nous tous les fils
avec le livre sacré
que nous les avons chargé
de garder et d’interpréter. »

« Ô pères ! », répondrons-nous,
« les livres sacrés
ont tous été brûlés
quand les Kaxhlanes, les étrangers
venus de l’Orient
par la mer
nous dépouillèrent de nos richesses ;
nos livres alors
furent brûlés
par ces moines maudits
aussi voleurs
que les conquistadores. »

Et ils répondront :
« Tristes fils endormis,
notre déshonneur.
N’avez-vous pas appris
à vaincre la nuit noire
comme les jaguars,
embrasant ensemble
vos fagots de pin ?
« Nous l’avons tenté,
ô pères sages et grands !
Mais les traîtres
comme toujours n’ont pas manqué. »

« Tristes fils humiliés
et abandonnés,
Pourquoi n’avez-vous point réitéré
notre histoire
et la roue des katuns1
gravée sur les stèles
devant les temples ? »
« Ô pères sages et grands !
nos stèles
aussi ont été déplacées,
dispersées dans les musées
du monde. »

Tristes fils endormis,
vous les abusés.
Pourquoi avez-vous cédé à l’encan
nos connaissances,
les sciences écrites
sur ces pierres indéchiffrables
aux yeux étrangers ? »
« Ô pères sages et grands !
nos stèles
ont été arrachées à la terre
et non vendues.
Encore une fois ces voleurs… »

« Tristes fils endormis,
vous les dépossédés.
Que sont devenus les livres
du culte annuel
aux symboles peints
qu’à toute heure
interprétaient les Ahb’eh2 ?

« Ô père sages et grands,
les étrangers ont également emporté
nos codex
de l’autre côté de la mer, là-bas. »

Et ils diront :
« Tristes fils geignards
et giflés,
pourquoi les livres sacrés
sont-ils en d’autres mains, comme des ornements ?
Prétendent-ils lire leur contenu
et interpréter
nos messages occultes ?
« Ô pères sages et grands,
personne ne peut, comme vous, les lire aujourd’hui.
Les connaissances du passé
se sont petit à petit
évanouies. »

« Et vous, fils,
pouvez-vous extraire
les enseignements cycliques
qui se cachent
dans nos hiéroglyphes ?
« Non, pères !
nos peuples ont été réduits au silence
et de plus
nous vivons trop loin
de ces centres
où jadis
comme un prodige
vous érigeâtes les murs de nos grands temples
et de nos cités. »

« Alors qui
peut lire les signes
et les chemins brillants
des astres
et le « Chemin du Froid »3
qui serpente
dans l’azur du ciel ?
« Ô pères sages et grands,
quelques mayanistes
affirment avoir la clé
pour les lire,
et qu’ils sont les seuls à pouvoir interpréter un jour
les mystères cachés. »

Ils riront
à gorge déployée
quand ils entendront
leurs fils se lamenter ainsi,
car il faudra beaucoup de temps pour lire
et non seulement imaginer
les histoires écrites
dans la pierre taillée.

Alors les ancêtres
appelleront de nouveau leurs fils
et leur diront avec orgueil :
« Triste fils humiliés
et dépouillés,
vous devez aviver
avec beaucoup de bois
la petite flamme esseulée
luisant encore
sur le copal odorant
de l’encensoir
qui s’offre toujours à nous
dans le cœur de la colline, près de la mer.

Vous serez
à nouveau nos vassaux,
les fils illustres
qui dans les katuns à venir
ne seront plus humiliés.
Mais il vous reste encore
à vaincre la nuit noire.
Allumez vos brassées de pin
tous ensemble, tous les peuples,
et que vos pas à l’unisson
rompent aujourd’hui
le sceau de l’avenir. »

1 Roue des katuns : La roue des katuns est un monument d’astrologie maya, une figuration circulaire du calendrier. Le katun maya est une période d’environ vingt années.

2 Ahb’eh : Selon le glossaire en fin d’anthologie réalisé par E. del Valle Escalante, il s’agit de l’interprète des livres sacrés chez les Mayas.

3 « Chemin du froid » : Selon le glossaire en fin d’anthologie, c’est un des chemins qui conduit à l’inframonde Xibalbá, en l’occurrence à la région de l’inframonde connue sous le nom de « Maison du froid ». Montejo le situe, avec les étoiles, « dans l’azur du ciel » et je ne sais pas si c’est conforme au mythe.

*

Les Mayas s’en vont (Los mayas se van) par Víctor Montejo

Les Mayas sont un grand mystère
dira un jour, dans un futur plus ou moins lointain,
quelque archéologue encore inconnu
quand, dans un cimetière à l’écart
parmi la centaine d’autres aujourd’hui clandestins
au Guatemala, au Salvador,
en Amérique latine,
il trouvera à l’intérieur d’une seule et même fosse
des dizaines ou centaines de cadavres,
les uns sans bras, les autres sans jambes,
et de nombreux autres décapités.
Alors le chercheur expliquera
qu’il s’agit de victimes sacrificielles
pour apaiser la colère des dieux.
À nouveau on doutera
de la nature des Mayas
et il y en aura même qui affirmeront
que ces Mayas étaient cannibales
comme leurs ancêtres
parce qu’ils mangeaient leurs victimes
ou parce que le rituel sanglant exigeait
de démembrer les malheureux
avant de les enfouir tous ensemble
dans une fosse commune.
L’hypothèse sera crue, bien sûr,
si ces graves mayanistes
ne prennent pas note dans leurs carnets
que ces morts innombrables
sont le résultat des grands massacres
commis par les Kaibiles surentraînés
et les commandos Atlacatl4
usant et profanant cyniquement
les noms de deux caciques héroïques
qui contre les avides envahisseurs
mal-nommés conquistadores
luttèrent avec ténacité, corps à corps
et non avec fusils israéliens
ni M16 de gringos
mais avec des armes nationalistes :
leur sang, leurs flèches,
et leur lutte corps à corps
pour repousser les envahisseurs.
Ainsi dira l’archéologue de l’avenir
qui à présent mesure seulement des crânes ancestraux
et se réjouit d’ouvrir une tombe de plus,
tandis que le même jour,
quelque part,
tout près de lui, et tous les jours
on ouvre des centaines de tombes
de paysans pauvres, indigènes
tombés sur les hiéroglyphes.
Cela n’a pas d’importance, diront certains,
Le temps ne manquera pas
pour continuer de fouiner, de creuser
et de forger des théories
sur pourquoi les Mayas ont disparu
et où sont allés les « Indiens »
avec leurs dieux, leurs costumes bigarrés
et le pesant bagage
de leur savoir millénaire.

4 Kaibiles et Commandos Atlacatl : Selon le glossaire en fin d’anthologie, ce sont les noms d’unités de l’armée guatémaltèque (Wkpd ne connaît cependant de « bataillon Atlacatl » que pour l’armée salvadorienne) spécialisées dans la contre-insurrection (lutte contre la guérilla) et nommées d’après deux caciques indiens du XVIe siècle (ce qui, fait remarquer le poète, est du cynisme compte tenu des massacres d’indigènes dont elles furent responsables).

*

Je vins à la ville (Me vine a la ciudad) par María Elena Nij Nij

Je vins à la ville chercher du travail,
je quittai mon hameau et fus pleine de tristesse,
et pour me trouver il m’en coûta beaucoup de travail,
j’avais apporté bien des illusions et des rêves.

Je perçus une grande obscurité, sans chaleur de village,
sans chaleur de famille, sans rire de village,
sanglotant toute les nuits dans ma chambrette
sur la cour, chambre de planche et de tôle ;
la niche du chien était plus digne.

Je me sentis comme si j’étais entrée dans un tunnel,
je vis la ville comme un long tunnel,
sans voix de marimba, sans voix d’oiseaux,
sans air à respirer, seulement soupirs et soupirs,
sans voir les nuages et le ciel bleu, seulement la fumée noire, seulement l’asphalte,
seulement le béton,
sans vol de papillons, seulement le vol et le bruit des avions, je sentis
une énorme lamentation,
sans pierres, sans rivières, sans arbres, seulement des édifices,
et je dus supporter de nombreux sacrifices,
sans voir la lune, sans voir le scintillement des étoiles,
seulement des lumières artificielles qui scintillent comme les étoiles.

J’ai tellement de peine d’avoir quitté mon hameau,
j’ai quitté mes chemins et j’ai quitté mes joies,
j’abandonnai mes jeux d’enfant,
ma poupée de feuilles de maïs, mes babioles en terre cuite,
mes paniers de canne tissée, mon petit bol en terre cuite,
ma poupée de chiffon, que maman m’avait faite,
les excursions avec papa,
le délicieux miel de canne que papa portait dans sa gourde,
les mangues sucrées que papa portait dans sa musette,
les cirouelles exquises que maman portait dans son panier,
les délicieuses goyaves, la pomme rose et le doux greffon,
ma balançoire de corde que je laissai suspendue à l’arbre,
mes rêves qui ne se sont pas éveillés,
je reviendrai les embrasser,
je reviendrai les embrasser.

J’arrivai à la ville inconnue,
la ville dite supérieure5,
pleine de lumières et d’imagination,
pleine de mensonge et d’ignorance.
Ils se moquaient, riaient parce que je ne parlais pas espagnol,
dans mon hameau, non, nous ne parlons qu’une seule langue,
ces gens ne comprenaient pas que j’avais ma propre langue,
ne comprenaient pas que c’est dans le ventre de ma mère que j’ai appris ma langue.
Dans les rues, au marché, on m’appelait Maria, la fille, l’Indienne,
ces gens ne comprenaient pas que ce pays n’est pas l’Inde.
Pour le simple fait de porter les habits
que j’avais apportés de mon village,
ils ne savaient pas que sous les habits se cache la cicatrice laissée par le bourreau,
ne savaient pas que sous les habits se cache une histoire millénaire,
qui conforte mon esprit intensément,
ne savaient pas que sous les habits
se cache le courage.

Dans mon cheminement je rencontrai des patrons qui
me séquestraient avec une pitance insuffisante,
m’obligeaient à aller à la messe le dimanche,
sans respect pour mes propres croyances,
le curé, Miguel Murcia, fut complice de l’injustice.

Mes parents m’ont permis de comprendre
que Dieu n’a pas besoin de maison,
que Dieu est présent en tout lieu et à tout moment,
que Dieu peut être loué et remercié où l’on veut,
que Dieu ne veut pas d’une maison somptueuse,
c’est pourquoi son fils est né dans une étable et dans une crèche.

Autour d’églises luxueuses pleurent une foule d’enfants mal nourris,
une foule d’enfants avides d’un toit digne,
pourquoi faire étalage de luxueuses églises
quand tant d’enfants vivent au bord du précipice,
pourquoi faire étalage de luxueuses églises
quand tant d’enfants vivent dans des taudis aux toits de nylon,
pourquoi faire étalage de luxueuses églises
quand tant d’enfants vivent dans des taudis aux toits en carton,
pourquoi faire étalage de luxueuses églises
quand tant d’enfants agonisent dans l’extrême pauvreté,
pourquoi faire étalage de luxueuses églises
quand il n’y a pas d’écoles ni d’hôpitaux, et une foule d’enfants meurent
le cœur brisé en mille morceaux,
des enfants à demi nus,
pourquoi faire étalage de luxueuses églises !

5 La ville dite supérieure : J’avoue ne pas savoir comment traduire «la llamada ciudad superada», littéralement « la ville dite dépassée » ou la « dénommée ville dépassée ». Si ce n’est pas une coquille ou une erreur, quelque chose m’échappe. Si la ville est « dépassée » par des flux migratoires trop importants en provenance des campagnes, par exemple, ce n’est pas très cohérent dans le contexte. Une source internet évoque le concept de dépassement de la ville chez l’architecte et urbaniste français Paul Virilio et il faudrait donc voir si, ce qui est douteux, le concept a pris au Guatemala une ampleur telle qu’il pourrait se trouver évoqué de manière elliptique dans un poème (dont j’ignore d’ailleurs la date). J’ai donc traduit de la façon qui m’a semblé la plus cohérente.

*

Nous chuchotons (Kuj jasjatik, Cuchicheamos) par Pablo García

Dans la tritureuse d’os de l’enfer
Jun Kame et Wuqub’ Kame6 nous rôtissent
…………………………..nous grillent
…………………………..nous pulvérisent
tandis que nous pleurons
………………..gémissons
………………..et chuchotons.

Pourquoi nos tendres visages sont-ils devenus des vieillards ridés ?

Pourquoi nous sommes-nous enfermés endormis dans la sépulture ?

Pourquoi nous sommes-nous convertis en âmes mortes ?

Pourquoi l’ambition des choses
et des charognes tridimensionnelles
nous a-t-elle convertis en roseaux pourris ?

Pourquoi n’avons-nous pas travaillé avec le feu cosmique
de Jun Ajpu et Ixb’alamkej7
pour devenir une perpétuelle racine de lumière ?

Pourquoi ne ressuscitons-nous pas de l’enfer
pour retourner à nos pères et mères Étoile
…………………………………….Sirius
…………………………………….Soleil
…………………………………….et Lune Blanche ?

6 Jun Kame et Wuqub’ Kame : Deux divinités de l’enfer.

7 Jun Ajpu et Ixb’alamkej : Dans une graphie différente, ce sont les héros Hunapú et Ixbalanqué que nous avons déjà rencontrés dans « Le poème des héros » supra.)

*

Animal rationnel (Chomanel Awaj, Animal racional) par Pablo García

Sans plus de sagesse solaire
pour nous tout était réjouissance et prospérité
quand nous marchons dans l’obscurité de la Lune Noire
nous logeons un animal rationnel, penseur
entre les quatre piliers et soutiens de nos cœurs.

Aujourd’hui, là maintenant
l’animal rationnel, penseur
consomme le feu de notre essence
et transforme
en pierres ponces desséchées nos têtes
en vermisseaux ridés nos organismes
et en pantins acides nos personnalités.

Aujourd’hui, là maintenant
nous ne sommes plus que térébenthine sèche d’animal rationnel
empilés devant Jun Kame et Wuqub’ Kame
nous brûlons
et flambons en enfer.

Aujourd’hui, là maintenant
nous ne sommes que suie sèche d’animal rationnel
nous souillons Jun Ajpu et Ixb’alamkej
nous noircissons la fleur de l’étoile de la vie
avant de nous pulvériser
………………et de nous endurcir
dans le nombril du feu infernal.

*

Canne à sucre pourrie (Q’uma’r aj, Caña podrida) par Pablo García

Notre regard reflète un ciel enfumé
et un cœur nu sans tournesols
parce que nous avons été convertis en cannes à sucre pourries de l’enfer.

Nous avons perdu nos poissons et sapins de sagesse solaire
et nous suspendons des nœuds pourris d’animal rationnel
dans nos essences et organismes :
nœud d’arrogance, de croûtes sur nos yeux
nœud de colère, de luttes dans nos estomacs
nœud de larmes, de gémissements dans nos gorges
nœud de désir, d’appétence dans nos entrailles
nœud d’avarice, d’envie dans nos cœurs
nœud de connaissance, d’inquiétude dans nos cerveaux
nœud de gloutonnerie, de saoulerie dans nos intestins
et nœud de veine variqueuse dans nos genoux.

À présent,
nous ressemblons à des plaies maigres
…………………………………………recroquevillées
…………………………………………et débiles
de même nous ressemblons à des plaies grasses
…………………………………………………nous dégoulinons
…………………………………………………nous empestons
…………………………………………………et nous hurlons
par nos nœuds pourris.

À présent,
avec la puanteur asphyxiante de nos nœuds pourris
nous engraissons Jun Kame Wuqub’ Kame
nous endormons Jun Ajpu Ixb’alamkej
et nous calcinons l’air
…………………………………………….l’eau
…………………………………………….la terre
…………………………………………….et le feu.

*

L’hiver attendu (Nhab’il echmab’ilxa, Invierno esperado) par Santos Alfredo García Domingo

La pluie reviendra caresser ton visage
Ô terre martyre et stérile !
Elle viendra par ses gouttes d’eau
Étancher ta soif et tu seras
la mère reconnaissante de toujours.

Les fleuves et les mers se réveilleront
de leur rêve éternel de liberté
et la rage assassine de l’homme
perdra sa force, un jour.

Les peuples crieront dans leur joie
un hymne de grâce et d’harmonie
quand ils porteront les fruits de ton sein
à la chaleur de leur foyer,
feu du foyer béni.

*

Notre seigneur Obsidienne (K’awá Tijax) par Adela Delgado Pop

Aujourd’hui, par une chaude
et somnolente soirée,
K’awá Tijax a brisé
ce sentiment
que chérissait mon cœur.

Obsidienne à double tranchant
coupant à la racine le sentiment malsain,
la plaie toujours ouverte
que je croyais être le bonheur.

Médecine ancestrale
qui guérit définitivement,
arrachant à la racine
la pourriture occulte
que je craignais de toucher.

Mes os se brisèrent
avec mon cœur
et mon âme s’emplit
d’obsidiennes coupantes, cruelles
qui la saignent sans pitié.

Mes jambes purent à peine
m’éloigner,
je serrai les dents et courus.
Ah, l’amère médecine
pour me guérir de toi !

*

J’aime (Me gusta) par Adela Delgado Pop

J’aime la nuit
parce qu’elle
apporte le son du silence
que l’on ne peut écouter en plein jour
à cause de tant de bruit stupide.

J’aime l’obscurité
parce qu’elle me montre
les choses comme elles sont et
non comme mon imagination
voudrait les voir.

J’aime l’aube
parce qu’elle a coutume d’être froide
et cohérente
même si le jour doit être
infernalement caniculaire.

J’aime la lune
parce qu’elle teint tout d’argent,
comme si tout était
également précieux
et également superflu.

J’aime la nuit
car intemporelle
parce que c’est l’heure des âmes
et des autres formes de vie
Nezahoalcoyotl

J’aime la mort
car définitive
parce que
c’est l’unique partage des eaux
que j’ai appris à respecter.

*

Nous (Nosotras) par Adela Delgado Pop

Nous qui supportons la violence
à fleur de peau
car ainsi le voulut
le dieu blanc.

Nous qui pleurons par devers nous
en serrant les dents
car ainsi le veulent
ses maudits héritiers.

Nous qui crions d’angoisse
dans l’obscurité
parce que nous barrent tous les chemins
ces infâmes gendarmes.

Nous sommes aussi celles qui rient
sans demander la permission
et chantent des berceuses
aux siècles.

Nous sommes aussi celles qui sèment
des fleurs dans le désert
et font mettre bas des épis de maïs
à la terre aride.

Nous sommes aussi celles qui aiment
en liberté
et dansent joyeuses à la pleine lune
car nous sommes la vie.

*

Paradis acheté (Manb’il xewb’al kamichej, Paraíso comprado) par Daniel Caño

Nos anciens racontent
qu’à l’époque coloniale
quand un latifundiste
était enfin fatigué
de voler tant de terres
et d’exploiter les Mayas,
il faisait de pieuses donations
non aux Mayas
mais aux moines pansus,
afin que ceux-ci
disent des messes pour son âme
quand il serait mort.

Quand je serai mort
je n’aurai rien à donner,
j’espère seulement ne pas me retrouver
en enfer
avec tous ces connards.

*

Oraison sauvage (Stxaj no’ anima, Oración salvaje) par Daniel Caño

Son oraison favorite
était de gravir les montagnes,
qui lui révélaient
un sens profond de la vie.

Il contemplait l’herbe, les fleurs,
les arbres, les pierres, les fourmis,
les abeilles, les papillons, les oiseaux
et tout ce qui l’entourait
avec une passion indéchiffrable.

Cela fascinait le grand-père
d’écouter la voix de l’air,
le chant des oiseaux et des grillons
et les milliers de sons
que seule la nourrice nature
pouvait lui offrir.

Il était silence parmi le silence,
des voix entre les voix,
air dans l’air,
nuage entre les nuages,
lumière entre les lumières et les ombres.

Il est clair que tout cela lui donnait
une plus grande tranquillité d’esprit
qu’entrer dans une église somptueuse.

C’est pourquoi ils l’appelaient « sauvage ».

*

Sensibilité perdue (Kamnaq el sk’ununihal, Sensibilidad perdida) par Daniel Caño

Un enfant parle avec son chat et son chien,
il parle avec les papillons, les abeilles,
les plantes et les fleurs,
il parle avec la lune et les étoiles.

Quand il devient grand,
tout cela lui semble ridicule.

Je m’interroge :
Où, quand et comment
a-t-il perdu cette sensibilité ?

*

Les enseignements de ma grand-mère (Skuyb’anil hinchikay, Les enseñanzas de mi abuela) par Daniel Caño

Maïs rouge :
……………Bon pour ton sang.
Maïs noir :
……………Bon pour tes cheveux.
Maïs blanc :
……………Bon pour tes os, tes dents et tes ongles.
Maïs jaune :
……………Bon pour ta peau.
Et maïs tacheté :
……………Bon pour discerner les conneries
……………qu’ils te fourrent dans le crâne
……………à l’école.

*

Seulement en enfer (Asannej b’ay xol infierno, Sólo en el infierno) par Daniel Caño

Ils viennent au village nous chasser
armés de fusils et de bombes,
affirmant que la terre
que nous habitons depuis des milliers d’années
ne nous appartient pas.

Et quand nous émigrons à la ville
ils ne nous acceptent pas.
Il n’y a ni terre ni travail pour nous.

Où pourrons-nous vivre en paix ?
Peut-être seulement en enfer.

*

Ut’z Baby par Rosa Chávez

Note. Ce poème, écrit en espagnol, est intéressant entre autres pour le mélange qu’il fait de mots mayas et anglais, comme le montre le titre, Ut’z Baby, avec le mot maya ut’z, bon (Good Baby). Tout comme on parle de spanglish (ou espanglish), l’équivalent de notre franglais, il semble inévitable que les locuteurs mayas éduqués et travaillant à la ville, confrontés à la culture de masse mondialisée d’origine nord-américaine, développent ce que l’on pourrait appeler un « mayanglish » ou « mayaspanglish », notamment dans la capitale « Guatemala city » (plutôt que Guatemala ciudad, voir la fin du poème).

Kaxlan, au vers 2, désigne une personne non maya (on l’a déjà rencontré dans « L’Interrogatoire des ancêtres », avec la graphie Kaxhlan : les Kaxhlanes), et nojim (vers 9) veut dire « doucement ».

Ci-dessous je donne d’abord la version originale, avant ma traduction.

Ut’z baby
así kaxlan
el amor en medio de la locura
aunque el mundo diga
que todo es frontera
lágrima rota
mala vida y mala muerte
besame en la calle más amarga
nojim baby nojim
besame en la calle más amarga
veamos juntos el atardecer
en Guatemala city

Ut’z baby
comme ça kaxlan
l’amour au milieu de la folie
même si le monde dit
que tout est frontière
larme brisée
mauvaise vie et mauvaise mort
embrasse-moi dans la rue tellement amère
nojim baby nojim
embrasse-moi dans la rue tellement amère
regardons ensemble la nuit tomber
sur Guatemala city.

*

Poème de Pedro Chavajay García

1 rue

Peut te conduire

2 rues

Peuvent t’égarer

3 rues et tu oublies ton nom

Si tu ne trouves pas
les rues
Inventes-en une au hasard

Le chemin
Sera ton cadavre

*

Le cadeau de la pluie (Ssab’ejal Nab’, Regalo de la lluvia) par Sabino Esteban Francisco

Le vent
peigne les arbres

les oiseaux
chantent l’invitation

et quand le tonnerre
annonce la fête
les nuages arrivent
–vêtus d’eau–
avec notre cadeau de pluie.

*

Pleine lune (Xajaw, Luna llena) par Sabino Esteban Francisco

Il y a des nuits
où la lune prend
la rondeur
d’une tortilla
de maïs jaune.

–Odorante
et chaude–

comme si elle était
sur un comal de terre cuite.

L’Amerikanistik dans les régimes fascistes : une bibliographie

Une bibliographie sur les mêmes bases méthodologiques que précédemment (voir la présentation ici), plutôt large du fait qu’elle couvre à la fois l’Amerikanistik (les études américaines) relative à l’Amérique latine et l’Altamerikanistik, c’est-à-dire l’étude des civilisations et cultures précolombiennes. J’y inclus l’étude des Indiens d’Amérique du Nord et du Groenland, et j’en écarte les traités consacrés aux seules sciences naturelles (à l’exception de la science naturelle de l’homme, à savoir l’anthropologie, y compris raciale).

Une observation sur la troisième partie « Sympathisants fascistes et collaborateurs » : elle n’inclut pas les personnalités d’Espagne, du Portugal et d’Amérique latine, car cela nécessiterait une bibliographie à part entière.

Motif en forme de svastika d’un mola (tissu) des Indiens Kuna de l’archipel de San Blas au Panama. A droite, drapeau en usage dans l’archipel de San Blas depuis l’autonomie de 1925 jusqu’à nos jours. Le svastika est un symbole utilisé par de nombreuses ethnies amérindiennes.

*

Troisième Reich allemand

BACKEBERG Curt, Zur Geschichte der Kakteen im Verlauf der Entwicklung des amerikanischen Kontinentbildes, 1942 (De l’histoire des cactus au cours de la formation continentale de l’Amérique) ; Stachlige Wildnis. 80 000 km durch die Urwelt Amerikas, 1942 (Déserts d’épines : 80 000 kilomètres à travers les mondes premiers d’Amérique)

Botaniste, une autorité mondiale en matière de cactus. L’ouvrage de 1942 est inclus dans la présente bibliographie, malgré mon choix de tenir à l’écart les traités de pures sciences naturelles, car je suppose que cet ouvrage traite aussi de géographie humaine.

BECKDORF Max, Das Flußmeer. Forscherarbeit im Regenwald, 1939 (Le fleuve-mer : travaux de recherche dans la forêt tropicale)

BÖTTGER Rudolf, Mittelchile als Wirtschaftsraum, 1939 Diss. (Le Chili central en tant qu’espace économique)

BRÜCKNER Pola, Eine Frau ging in der Urwald. Shicksal eines Amazonas-Expedition, 1939 (Une femme dans la forêt vierge : destin d’une expédition en Amazonie)

Épouse du « Kulturfilmpionier » August Brückner, mort en 1929 pendant l’expédition décrite dans le livre précité, tiré du film documentaire qu’elle avait réalisé, Urwaldsymphonie (1931) (Symphonie de la jungle), sous le nom de Pola Bauer-Adamara.

CLAASSEN Oswald, Die Ahnen des Mondes. Eine indianische Edda, 1933 (Les ancêtres de la lune : une Edda amérindienne) [sur les Mayas et l’Atlantide]

CORTI Egon Caesar, Die Tragödie eines Kaisers, 1933 (La tragédie d’un empereur [Maximilien Ier du Mexique])

Écrivain autrichien. (Le livre précité, une biographie de Maximilien de Habsbourg, a été publié à Leipzig.) Nsdap.

CREDNER Wilhelm, Probleme der Landnutzung auf den Großen Antillen, 1940 (Problèmes d’exploitation des sols dans les grandes Antilles)

Géographe (géographie économique).

DIETRICH Wolfram, Simon Bolivar und die latein-amerikanischen Unabhängigkeitskriege, 1934 (Simon Bolivar et les guerres d’indépendance latino-américaines)

DITTRICH Arnost, Die Korrelation der Maya-Chronologie, 1936 (La corrélation de la chronologie maya) ; Der Planet Venus und seine Behandlung im Dresdner Maya-Kodex, 1937 (La planète Vénus et son traitement dans le codex maya de Dresde) ; Die Finsternistafel des Dresdner Maya-Kodex, 1939 (La table des éclipses du code maya de Dresde)

Astronome tchèque. Les textes précités ont été écrits en allemand et publiés à Berlin.

ENDREß Siegfried, Blumenau: Werden und Wesen einer deutschbrasilianischen Landschaft, 1938 (Blumenau [dans l’État de Santa Catarina] : être et devenir d’une contrée germano-brésilienne)

FAUPEL Wilhelm, Ibero-America y Alemania, Berlin 1933 (L’Amérique ibérique et l’Allemagne)

Général, instructeur militaire en Argentine et au Pérou. Directeur de l’Institut ibéro-américain (Iberoamerikanisches Institut) à Berlin.

FEDERMANN Arnold, Deutsche Konquistadoren in Südamerika, 1938 (Conquistadores allemands en Amérique du Sud)

FRANK Josef Maria, Reise durch Quetzalcoatl’s Land. Über Cuba nach Mexiko, 1937 (Voyage au pays de Quetzalcoatl : De Cuba au Mexique) ; Mexiko ist anders. Eine Reise ins Land der Azteken, 1938 (Le Mexique est autre : un voyage au pays des Aztèques)

FRIEDERICI Georg, Der Charakter der Entdeckung und Eroberung Amerikas durch die Europäer, 3 vol., 1925-36 (Les caractéristiques de la découverte et de la conquête de l’Amérique par les Européens)

Ethnologue et historien.

FROHBERG Wolfgang Otto, Brasilianisch-Portugiesisch, 1938 (La langue portugaise du Brésil) ; Spanisch in Verbindung mit Amerikanisch-Spanisch, 1940 (L’espagnol en relation avec l’espagnol américain) ; Der gewandte Latein-Amerikaner, 1940 (L’américain-latin appliqué)

FUCHS Hans, Eine Insel im La Plata, 1941 (Une île sur le rio de La Plata)

Récit, par un des protagonistes, des aventures de l’équipage du Graf Spee en Argentine et Uruguay. Livre à l’index en ex-Allemagne de l’Est.

GERDTS-RUPP Elisabeth, Magische Vorstellungen und Bräuche der Araukaner im Spiegel spanischer Quellen seit der Conquista, 1937 (Représentations et coutumes des Araucans dans les sources espagnoles depuis la Conquista)

Anthropologue.

GERLING Walter, Die wirtschaftsgeographische Entwicklung der Insel Kuba, unter besonderer Berücksichtigung der Zuckerwirtschaft und des Problems Kapitalismus und Landschaft, 1935 Diss. (Le développement économique de l’île de Cuba, en particulier sous l’angle de l’économie du sucre et du problème du capitalisme et de la terre) ; Wirtschaftsentwicklung und Landschaftswandel auf den westindischen Inseln Jamaika, Haiti und Puerto Rico, 1938 (Développement économique et évolution agraire dans les îles de Jamaïque, Haïti et Porto Rico aux Antilles)

GICKLHORN Josef, Vom ärztlichen Wirken des sudetendeutschen Naturforschers Thaddäus Haenke (1761-1817) in Südamerika. Notizen zur Geschichte der Blattern-Schutzimpfung und der Tollwut-Bekämpfung, 1939 (De l’activité médicale du chercheur allemand des Sudètes T. Haenke en Amérique du Sud : notices sur l’histoire de la vaccination contre la variole et l’éradication de la rage) ; Zur geschichtlichen und kulturpolitischen Wertung des Wirkens von Thaddäus Haenke in und für Südamerika, 1941 (Sur l’évaluation historique et culturelle-politique de l’action de T. Haenke en Amérique du Sud et pour l’Amérique du Sud) ; Thaddäus Haenkes Rolle in der Geschichte des Chile-Salpeters und der Chile-Salpeterindustrie. Ein Beitrag zur Haenke-Forschung, 1940 (Le rôle de T. Haenke dans l’histoire du salpêtre et des salpêtrières industrielles du Chili) ; Haenkes Denkschrift über die freie Schiffahrt am Madera und Amazonas als erster Plan zur wirtschaftlichen Erschliessung der Montañas der Anden, 1941 (Le mémoire de Haenke relatif à la croisière sur le rio Madera et l’Amazone : premier programme de développement économique des montagnes andines) ; Im Kampf um den Amazonenstrom. Das Forscherschicksal des P. Samuel Fritz, 1943 (Combat pour le fleuve Amazone : le destin du Père Samuel Fritz en tant que scientifique) avec Renée Gicklhorn ; Deutsche Arbeit bei der bergmännischen Erschliessung der Vicekönigreiche Peru und La Plata vor Alexander von Humboldt, 1943 (L’activité allemande dans l’exploitation minière des vice-royautés du Pérou et de La Plata avant A. von Humboldt)

GIEMSA Gustav, Eine Studienreise nach Espirito Santo. Volksbiologische Untersuchung einer deutschstämmigen Bevölkerung in Mittelbrasilien als Beitrag zum Akklimatisationsproblem, 1939 (Une expédition scientifique à Espirito Santo : étude ethno-biologique d’une population d’ascendance allemande dans le Brésil central, en tant que contribution au problème de l’acclimatation) avec Ernst Nauck

Chimiste. Signataire de la profession de foi des professeurs à Adolf Hitler, en novembre 1933.

GRIX Arthur Ernst, Erlebnis Mexiko. Jagd auf Bild und Romantik, 1940 (Expérience Mexique : chasse aux images et au romantisme)

GROTE Hugo, Im Kamp und Urwald Südbrasiliens. Ein Skizzenbuch zur Siedlungs- und Deutschtumskunde, 1936 (Campements et forêt vierges du Brésil méridional : esquisse sur les questions de colonisation et germanité)

GUSINDE Martin, Die Feuerland-Indianer, 3 vol., 1931, 1937 et 1939 (Les Indiens de la Terre de Feu) ; Der Peyote-Kult, 1939 (Le culte du peyote)

Prêtre catholique et ethnologue.

HAECKEL Josef, Das Männerhaus im nördlichen Kalifornien, 1940 (La maison commune en Californie du nord)

HAGEN Hermann, Nord- und Mittelamerika – Die Arktis in Natur, Kultur und Wirtschaft, 1933 (Amérique du nord et Amérique centrale – Nature, culture et économie de l’Arctique) avec Bruno Dietrich, Franz Termer et Ernst Sorge

Géographe. Directeur de l’Institut ibéro-américain à Berlin après la Seconde Guerre mondiale.

HAHN-HISSINK Karin, Die Maske als Fassadenschmuck altyukatekischer Steinbauwerke, 1933 (Les masques en tant qu’ornements des façades des monuments en pierre de l’ancien Yucatan) ; Masken als Fassadenschmuck. Untersucht an alten Bauten der Halbinsel Yukatan, 1934 (Masques en tant qu’ornements de façade : étude des anciens monuments de la presqu’île du Yucatan) ; Die allgemeine Amerikaabteilung des Völkermuseums, Francfort a.M. 1939 (Le département d’études américaines du Musée d’ethnologie de Francfort)

Ethnologue.

HANSTEIN Otfried v., Kaiser Maximilian von Mexiko. Des Habsburgers Glück und Ende, 1935 (L’empereur Maximilien du Mexique : Ascension et déclin d’un Habsbourg)

Écrivain. Nommé membre d’honneur de l’académie des sciences de Coïmbra, au Portugal, en 1927 et correspondant de l’Université de Bahia, au Brésil, en 1933.

HEICHEN Walter, Cortez, der Eroberer, 1941 (Cortez le conquérant)

HELFRITZ Hans, Mexiko früher und heute, 1939 (Le Mexique hier et aujourd’hui) ; Im Quellgebiet des Amazonas, 1942 (Aux sources de l’Amazone)

Explorateur, musicologue et compositeur.

HELL Heinz, Starker als die Wildnis. Deutsche Siedler in Südamerika, 1938 (Plus forts que les espaces sauvages : les colons allemands en Amérique du Sud)

HOFFMANN-HARNISCH Wolfgang, Brasilien. Bildnis eines tropischen Großreiches, 1938 (Brésil : images d’un empire tropical) ; Wunderland Brasilien. Eine Fahrt mit Auto, Bahn und Flugzeug, 1938 (Merveilleux Brésil : un voyage en auto et en avion)

HOPP Werner, Zum Vater der Ströme. 30 Jahre am Amazonas und den Kordillerenstaaten, 1944 (Jusqu’au père des fleuves : trente ans en Amazonie et dans les États de la Cordillière)

HUNSCHE Karl-Heinrich, Der brasilianische Integralismus: Geschichte und Wesen der faschistischen Bewegung Brasiliens, 1938 (L’intégralisme brésilien : histoire et caractéristiques du mouvement fasciste du Brésil)

JACOB Ernst Gerhard, Das portugiesiche Kolonialreich, 1940 (L’empire colonial portugais)

JUNGE Max, Durch Urwald und Pampa. Fahrten und Abenteuer in Patagonien, 1937 (À travers forêts vierges et pampas : voyages et aventures en Patagonie) ; Papagaien und Eisberge. Meine Erlebnisse in den patagonischen Kordilleren, 1938 (Perroquets et icebergs : choses vécues dans les cordillières de Patagonie)

KAHLE Maria, Deutsche Heimat in Brasilien, 1937 (Foyer allemand au Brésil) ; Umweg über Brasilien, 1941 (Un détour par le Brésil) ; Die Schule im Urwald, 1942 (L’école dans la jungle)

Femme de lettres. Nsdap.

KEIPER Wilhelm, Das Deutschtum in Argentinien während des Weltkrieges 1914-1918, 1942 (Les Allemands d’Argentine pendant la Première Guerre mondiale)

KIENZL Florian, Bolivar. Ruhm und Freiheit Südamerikas, 1935 (Bolivar : gloire et liberté de l’Amérique du Sud) ; San Martin. Argentiniens großer Befreier und Staatengründer in Südamerika, 1937 (San Martin : le grand libérateur et homme d’État de l’Argentine) ; Kaiser von Brasilien. Herrschaft und Sturz Pedros I. und Pedros II, 1942 (Empereurs du Brésil : règne et chute de Pierre Ier et Pierre II)

KIß Edmund, Das Sonnentor von Tihuanaku und Hörbigers Welteislehre, 1937 (La porte du soleil de Tiwanaku et la glaciologie cosmique d’Hörbiger)

Écrivain, membre de l’organisation de recherche SS-Ahnenerbe chargé, dans le cadre de cette dernière, de plusieurs expéditions archéologiques. [Pour plus d’informations, voir Sci Fi in the Third Reich ici]

KONETZKE Richard, Der spanische Weltreich. Grundlagen und Entstehung, 1943 (L’empire mondial de l’Espagne : fondements et naissance)

KÖNIGK Georg, Die Politik Brasiliens während des Weltkrieges und die Stellung des brasilianischen Deutschtums, 1935 (La politique du Brésil pendant la Première Guerre mondiale et la position des Allemands du Brésil)

KRICKEBERG Walter, Versunkene Kulturen, lebendige Völker. Inka, Maya und Azteken. Ein Farbbildwerk, 1943 (Cultures perdues, peuples vivants : Incas, Mayas et Aztèques) avec les photographies en couleur de Kurt Peter Karfeld

Américaniste. Directeur du Musée ethnologique de Berlin de 1939 à 1954.

KRIEG Hans, Yaguareté. Tierbilder aus Südamerika, 1933 (Images animalières d’Amérique du Sud) ; Chaco-Indianer. Ein Bilderatlas. Wissenschaftliche Ergebnisse der Deutschen Gran Chaco-Expedition, 1934 (Indiens du Chaco, un atlas en images. Résultats scientifiques de l’expédition allemande au Grand Chaco) ; Menschen, die ich in der Wildnis traf – Südamerika, 1935 (Les hommes que j’ai rencontrés dans les déserts d’Amérique du Sud)

KÜBLER Fritz, Deutsche in Bolivien, 1936 (Allemands en Bolivie)

KÜHN Franz, Bilder vom argentinischen Wirtschaftsleben in seinen regionalen Eigenarten, 1940 (Images de la vie économique argentine dans ses caractéristiques régionales) ; Das neue Argentinien. Eine wirtschaftsgeographische Analyse mit Betriebs- und Verbrauchskunde, 1941 (La nouvelle Argentine : une analyse géo-économique du point de vue de la science managériale et de la science du consommateur) ; Die La Plata-Staaten. Argentinien. Paraguay. Uruguay, 1943 (Les États de La Plata : Argentine, Paraguay, Uruguay)

KÜSEL Ernst-Günther, Die Kaffeehandelsorganisation in Zentralamerika und Kolumbien, 1939 (L’organisation du commerce du café en Amérique centrale et Colombie)

LANGENN Vendla v., Weiße Frau am Lagerfeuer. Erlebnisse und Geschichten aus Nordamerika, 1938 (Une femme blanche autour du feu de camp : expériences et histoires d’Amérique du Nord)

Femme de lettres. A vécu plusieurs années parmi les Indiens Hopi d’Arizona.

LEHMANN Walter, Aus den Pyramidenstädten in Alt-Mexiko, 1933 (Depuis les cités aux pyramides de l’ancien Mexique) ; Die Geschichte der Königreich von Colhuacan und Mexiko, 1938 (Histoire des royaumes de Culhuacan et Mexico)

Américaniste.

LUDENDORFF Hans, Über die Seiten 51 und 52 des Dresdener Kodex und über einige astronomische Inschriften der Maya, 1933 (Des pages 51 et 52 du codex de Dresde et de quelques inscriptions astronomiques des Mayas) ; Die astronomischen Inschriften am Yaxchilan, 1933 (Les inscriptions astronomiques de Yaxchilan) ; Weitere astronomische Inschriften der Maya, 1934 (D’autres inscriptions astronomiques des Mayas) ; Die astronomische Inschrift aus dem Tempel des Kreuzes in Palenque, 1935 (L’inscription astronomique du temple de la croix à Palenque) ; Zur astronomischen Deutung der Maya-Inschriften, 1936 (De l’interprétation astronomique des inscriptions mayas) ; Zur Deutung des Dresdener Maya-Codex, 1937 (De l’interprétation du code maya de Dresde) ; Astronomische Inschriften in Palenque, 1938 (Inscriptions astronomiques de Palenque) ; Astronomische Inschriften in Piedras Negras und Naranjo, 1940 (Inscriptions astronomiques de Piedras Negras et Naranjo) ; Die astronomischen Inschriften in Quiriguá, 1943 (Les inscriptions astronomiques de Quiriga)

Astronome. Frère du général Erich Ludendorff.

MAESER Rudolf, Zwischen See und Vulkan. Leben und Arbeit chiledeutscher Bauern, 1939 (Entre mer et volcan : vie et travaux des paysans allemands du Chili)

MAUNZ Theodor, Das Reich der spanischen Großmachtzeit, 1944 (L’empire du temps de la grandeur espagnole)

Juriste, historien et philosophe du droit. Nsdap, SA.

MERKATZ Hans-Joachim v., Mexiko. Britisch-Westindien. Kolumbien. Venezuela. Ekuador. Peru. Bolivien. Chile, articles relatifs à ces pays dans le Jahrbuch der Weltpolitik 1944 édité par Franz Six

MÜLLER Alfred, Die venezolanischen Llanos. Eine landschaftskundliche Studie. Gleichzeitig ein Beitrag zur Landeskunde von Venezuela, 1934 Diss. (Les Llanos du Venezuela : une étude géographique et en même temps une contribution à l’étude de la civilisation du Venezuela)

NEUMANN Sigfrid, Quer durch. Vom Hochland Boliviens zum Amazonas. Als Alpinist durch den Kontinent von Südamerika, 1934 (Traversée : des hauts plateaux de Bolivie jusqu’à l’Amazone, un alpiniste en Amérique du Sud)

NEUNTEUFEL Adolf, Yasi-Yateré. Acht Jahre Tierfang und Jagd im Urwald von Paraguay, 1941 (Huit ans de chasse dans les forêts du Paraguay)

NIEDERMAYER Franz, Ibero-Amerika. Räumliche Grundlagen und geschichtlicher Werdegang, Gegenwartslage und Zukunftsfragen, 1941 (L’Amérique ibérique : géographie, passé, présent et avenir)

PAUL Otto Ernst, Südamerika. Rohstoffkammer und Absatzkontinent, 1937 (L’Amérique du Sud : réserve de matières premières et débouché commercial)

PAWLIKOWSKI-CHOLEWA Alfred v., Heeresgeschichte des Völker Afrikas und Amerikas, 1943 [Das Reich der Inka, Die Chibcha, Brasilien, Indianer Nordamerikas] (Histoire des armées des peuples d’Afrique et d’Amérique)

PENCK Walther, Puna de Atacama. Bergfahrten und Jagden in der Cordillere von Südamerika, 1933 (La puna d’Atacama : exploration et chasse dans les cordillières d’Amérique du Sud) posthume

Géologue.

PFEIFER Gottfried, Die Vereinigten Staaten und Mexiko. Ein historischer Überblick, 1943 (Les États-Unis et le Mexique : un aperçu historique)

Géographe.

PFERDEKAMP Walter, Deutsche im frühen Mexiko, 1938 (Les Allemands dans le passé du Mexique) ; Mexiko, 1940 ; Die Seeleute am Yaquifluß, 1942 (Peuples de navigateurs sur le Rio Yaqui)

Secrétaire général de la société germano-mexicaine. Nsdap.

QUELLE Otto, Wilhelm von Humboldt und seine Beziehungen zur spanischen Kulturwelt, 1935 (W. von Humboldt et ses liens avec le monde culturel hispanique) ; Geschichte Amerikas außer Kanada Bd. 2. Geschichte von Iberoamerika, 1942 (Histoire des Amériques, sans le Canada. Histoire de l’Amérique ibérique) ; Uruguay. Argentinien, articles relatifs à ces pays dans le Jahrbuch der Weltpolitik 1944 édité par Franz Six

RANGNOW Rudolf, Tropenpracht und Urwaldnacht. Auf Tierfang am Amazonas, 1938 (Splendeur tropicale et nuits de forêt vierge : à la recherche d’animaux en Amazonie)

RECKEN Wilhelm, Silberstädte im Tropenwald. Aus der Kulturwelt der Maya, 1933 (Cités d’argent dans la forêt tropicale : le monde culturel des Mayas)

REISER Hans, Indios, 1941

Écrivain.

RITTER Hugo, Kampf um Öl in Mexiko, 1942 (Combat pour le pétrole au Mexique) [Les jeux d’influence au Mexique entre les blocs internationaux pour le pétrole]

RITTLINGER Herbert, Ich kam die reißenden Flüsse herab… Ganz allein zum Amazonas, 1938 (J’ai descendu les rapides… Seul jusqu’à l’Amazone)

Un pionnier du canoë-camping. Écrivain et photographe.

RÖSCH Adrian, Allerlei aus der Alta Verapaz. Bilder aus dem deutschen Leben in Guatemala 1868-1930, 1934 (Diverses choses sur l’Alta Verapaz : images de la vie allemande au Guatemala de 1868 à 1930)

ROSS Colin, Der Balkan Amerikas. Mit Kind und Kegel durch Mexiko zum Panamakanal, Leipzig 1937 (Les Balkans d’Amérique : avec toute la smala à travers le Mexique jusqu’au canal de Panama) ; Die „Westliche Hemisphäre“ als Programm und Phantom des amerikanischen Imperialismus, 1941 (L’« hémisphère occidental » comme programme et fantôme de l’impérialisme américain)

Écrivain autrichien. Nsdap.

SAMHABER Ernst, Südamerika. Gesicht, Geist, Geschichte, 1939 (Amérique du Sud : physionomie, culture, histoire) ; Spanisch-Südamerika, 1941 (L’Amérique du Sud hispanique)

SAPPER Karl, Geographie und Geschichte der indianischen Landwirtschaft, 1936 (Géographie et histoire de l’agriculture amérindienne) ; Die Verapaz im 16. und 17. Jahrhundert. Ein Beitrag zur historischen Geographie und Ethnographie des nordöstlichen Guatemala, 1936 (La Verapaz aux 16e et 17e siècles : contribution à la géographie et à l’ethnographie historiques du nord-ouest du Guatemala) ; Mittelamerika, 1937 (Amérique centrale)

Ethnologue et linguiste.

SCHECKER Friede, Glückliche Savannen. Kolumbianische Reisen, 1942 (Savannes heureuses : voyages colombiens)

SCHILLING Elisabeth, Die „schwimmenden Gärten“ von Xochimilco. Eine einzigartige Form indianischer Landgewinnung und Bodenbebauung im Becken von Mexiko, 1938 (Les jardins flottants de Xochimilco : une forme spécifique amérindienne d’extension et du travail des sols dans le bassin de Mexico)

SCHMIDT Wilhelm, Ethnologia sul-americana : circulos culturaes e estratos culturaes na America do Sul, São Paulo & Leipzig, 1942 (Ethnologie sud-américaine : cercles culturels et strates culturelles en Amérique du Sud)

Père catholique et ethnologue réputé. Fondateur de l’Institut de recherche Anthropos à Mödling en Autriche.

SCHMIEDER Oskar, Länderkunde Mittelamerikas, Westindien, Mexico und Zentralamerika, 1934 (Civilisations d’Amérique centrale, des Antilles et du Mexique) ; Deutsche Ackerbausiedlungen im südamerikanischen Grasland, Pampa und Gran Chaco, 1938 (Colonisation agraire allemande dans les herbages, pampas et le Grand Chaco d’Amérique du Sud)

Géographe.

SCHNEIDER Alfred, Die Nationalindustrien Südamerikas. Entwicklung, Stand und importwirtschaftliche Bedeutung, 1935 (Les industries nationales d’Amérique du Sud : développement, situation et importance pour l’importation)

SCHÖNEMANN Friedrich, Die aggressive Wirtschaftspolitik der Vereinigten Staaten in Südamerika und die Stellung Deutschlands, 1939 (La politique économique agressive des États-Unis en Amérique du Sud et la position de l’Allemagne)

Américaniste (surtout Amérique du Nord). Nsdap.

SCHULZ-KAMPFHENKEL Otto, Rätsel der Urwaldhölle. Vorstoß in unerforschte Urwälder des Amazonenstromes, 1938 (Énigmes de l’enfer vert : expédition dans les forêts inexplorées le long du fleuve Amazone)

Géographe. Dirigea l’expédition allemande en Amazonie pour le KWI (Kaiser-Wilhelm-Institut) für Biologie, 1935-37, dont le livre précité offre le récit. Un film documentaire a également été tiré de l’expédition : Rätsel der Urwaldhölle, 1938. SS.

SCHULTZE-JENA Leonhard, Indiana I. Leben, Glaube und Sprache der Quiché von Guatemala, 1933 (Vie, croyances et language des Quiché du Guatemala) ; Indiana II. Mythen in der Muttersprache der Pipil von Izalco in El Salvador, 1935 (Mythes dans la langue originelle des Pipil d’Izalco au Salvador) ; Indiana III. Bei den Azteken, Mixteken und Tlapaneken der Sierra Madre del Sur von Mexiko, 1938 (Parmi les Aztèques, Mixtèques et Tlapanèques de la Sierra Madre du sud du Mexique) ; Popol Vuh. Das Heilige Buch der Quiché-Indianer von Guatemala, 1944 (Popol Vuh, le livre sacré des Indiens Quiché du Guatemala)

Zoologue et anthroplogue.

SCHWARZENBERG Adolf « Addo », Unser Deutschtum in Südamerika, 1935 (Germanité en Amérique du Sud)

Führer du Deutsche Jugendbund Chile (DJC). Livre à l’index en ex-Allemagne de l’Est.

SCHWAUß Maria, Tropenspiegel. Tagebuch einer deutschen Frau in Guatemala, 1940 (Miroir des tropiques : journal d’une femme allemande au Guatemala) ; Im Banne der Vulkane. Frauenschicksale aus den amerikanischen Tropen, 1942 (Sous l’influence des volcans : destins de femmes dans les tropiques d’Amérique)

Femme de lettres. Nsdap. Surtout connue pour son Lateinamerikanisches Sprachgut (Vocabulaire latino-américain) en deux volumes publié après-guerre.

SENGLER Rolf, Das Auslanddeutschtum in Ibero-Amerika und der Weimarer Staat. Dargestellt vornehmlich an Hand seiner Presse, 1934 (Les Allemands de l’étranger en Amérique ibérique et l’État de Weimar, une présentation à partir de leurs organes de presse)

SNETHLAGE Emil Heinrich, Atikoy. Meine Erlebnisse bei den Indianern des Guaporé, 1937 (Ce que j’ai vécu parmi les Indiens du Guaporé) ; Musikinstrumente der Indianer des Guaporégebietes, 1939 (Instruments de musique des Indiens du Guaporé)

STEINERT Walther, Die Wirkung des Landschaftszwanges auf die materielle Kultur der Eskimo, 1935 Diss. (Les effets de la contrainte environnementale sur la culture matérielle des Eskimos)

STÖLTING Inge, Eine Frau fliegt mit. Von einem 44 000 km Flug über Urwald, Wüste, Kordillere, 1939 (Une femme à bord de l’avion : un vol de 44 000 kilomètres au dessus des forêts, déserts et cordillières)

SÜDEKUM Hubert, Deutsche suchen das Goldland. Die Geschichte der Welserzüge in Venezuela, 1938 (Allemands chercheurs d’or : histoire de l’expédition des Welser au Venezuela)

TERMER Franz, Die Bedeutung deutscher Kultur und deutscher Arbeit in Brasilien, 1933 (La signification de la culture allemande et du travail allemand au Brésil) ; Deutsche und nordamerikanische Auslandsforschung in den ibero-amerikanischen Ländern, 1936 (Les études allemandes et nord-américaines dans les pays ibéro-américains) ; Zur Geographie der Republik Guatemala, 1936 (De la géographie de la République du Guatemala) ; Die Kunst der Maya-Völker in Mittelamerika, 1937 (L’art des peuples mayas en Amérique centrale) ; Durch Urwälder und Sümpfe Mittelamerikas. Der fünfte Bericht des Hernán Cortés an Kaiser Karl V, 1941 (À travers les forêts et marécages d’Amérique centrale : le 5e récit d’Hernan Cortez à l’empereur Charles Quint, traduit de l’espagnol et commenté par F.T.)

Géographe et américaniste. Directeur du Musée ethnographique de Hambourg de 1935 à 1962.

TRIMBORN Hermann, Der Ehebruch in den Hochkulturen Amerikas, 1935 (Le divorce dans les civilisations précolombiennes d’Amérique) ; Quellen zur Kulturgeschichte des präkolumbischen Amerika, 1936 (Sources pour l’histoire culturelle de l’Amérique précolombienne) ; Beiträge zur Kenntnis der Besitzergreifung Amerikas und zur Entwicklung der altamerikanischen Landwirtschaft durch die Indianer, 1938 (Contributions à l’histoire du peuplement d’Amérique et du développement de l’économie agraire des Amérindiens) ; Dämonen und Zauber im Inkareich (Démons et magie dans le royaume inca, texte de Francisco de Avila, traduit du quechua et présenté par H.T.), 1939 ; Das spanische Kolonialreich, 1941 (L’empire colonial espagnol)

Américaniste.

UBBELOEDE-DOERING Heinrich, Altperuanische Kunst, 1936 (L’art précolombien du Pérou) ; Auf den Königsstraßen der Inka. Reisen und Forschungen in Peru, 1941 (Sur les routes royales des Incas : voyages et recherches au Pérou)

UHLE Max, Las antiguas civilizaciones del Perú frente a la arqueología e historia del continente americano, 1935 (Les anciennes civilisations du Pérou devant l’archéologie et l’histoire du continent américain)

Passe pour « le père de l’archéologie en Amérique du Sud ». Après son retour d’Amérique en 1933, occupa une chaire à l’Institut ibéro-américain de Berlin.

VEGESACK Siegfried von, Unter fremden Sternen. Eine Reise nach Südamerika, 1938 (Sous des étoiles étrangères : un voyage en Amérique latine)

Écrivain.

VOSSLER Karl, Die « zehnte Muse von Mexiko ». Juana Inés de la Cruz, ihr Leben, ihre Dichtung, ihre Psyche, 1934 (La « dixième muse du Mexique » : Sœur Juana Inès de la Cruz, sa vie, sa poésie, sa psyché) ; Inés de la Cruz. Die Welt im Traum, 1941 (traduction et commentaire de « Premier Rêve » d’Inès de la Cruz)

Philologue romaniste.

WEGNER Richard Nikolaus, Indianer-Rassen und vergangene Kulturen. Betrachtungen zur Volksentwicklung auf einer Forschungsreise durch Süd- und Mittelamerika, 1934 (Races amérindiennes et cultures disparues : considérations sur le développement des peuples, à l’occasion d’un voyage de recherche en Amérique du Sud et Amérique centrale) ; Die Chincha-Bulldogge. Eine ausgestorbene Hunderasse aus dem alten Peru, 1937 (Le bouledogue de Chincha : une race de chien éteinte de l’ancien Pérou) avec Max Hilzheimer

WILHELMY Herbert, Die deutschen Siedlungen in Mittelparaguay, 1941 (Les colonies allemandes du Paraguay central)

ZEDTWITZ Franz, Der Untergang des Sonnenreiches. Des Schicksal des alten Peru, 1939 (La chute de l’empire du soleil : destin de l’antique Pérou)

Écrivain.

*

Italie fasciste

ALMAGIÁ Roberto, I primi esploratori dell’America, 1937 (Les premiers explorateurs de l’Amérique) ; L’Impero Britannico in America. I. L’America Settentrionale. II. L’America Centrale e Meridionale, 1938 (L’empire britannique en Amérique. 1. Amérique du Nord 2. Amérique centrale et méridionale)

Géographe et historien. Juif, privé de chaire universitaire à la suite des lois raciales de 1938, il fut employé par le pape Pie XII à la Bibliothèque apostolique vaticane.

APPELIUS Mario, Le isole del raggio verde. Cuba, Giamaica, Haiti, Piccole Antille, 1929 (Les îles du rayon vert : Cuba, Jamaïque, Haïti, petites Antilles) ; L’aquila di Chapultepec, 1929 (L’Aigle de Chapultepec) ; Cile e Patagonia, 1930 (Chili et Patagonie) ; Le terre che tremano. Guatemala, Salvador, Honduras, Nicaragua, Costarica, Panama, 1933 (Les terres qui tremblent)

Écrivain. Fondateur et rédacteur en chef du journal Mattino d’Italia à Buenos Aires, 1930-33. Soutien public du Manifeste de la race (Manifesto della razza).

ARALDI Vinicio, Il Brasile sotto la presidenza di Getulio Vargas, 1939 (Le Brésil sous la présidence de Getulio Vargas)

BARTOLOTTI Domenico, Il Brasile meridionale, 1930 (Le Brésil méridional)

BAZZOCCHI Giuseppe, Vieccho Perù, 1933 (Ancien Pérou)

BERTACCHI Cosimo, America in generale ed America andina, 1932 (L’Amérique en général et l’Amérique andine)

BONTEMPELLI Massimo, Noi, gli Aria. Interpretazioni sudamericane, 1934 (Nous, les Arias : interprétations sud-américaines) ; Pezzi di mondo, 1935 (Fragments du monde)

Écrivain. Membre de l’Accademia d’Italia (institution fasciste).

CALLEGARI Guido Valeriano, Introduzione allo studio delle antichità americane, 1930 (Introduction à l’étude des antiquités américaines)

CANTALUPO Roberto, Brasile euro-americano, 1941 (Brésil euro-américain)

CERETI Carlo, Panamericanismo e diritto internazionale, 1939 (Panaméricanisme et droit international)

CIARLANTINI Franco, Viaggio in Argentina, 1929 (Voyage en Argentine)

Journaliste. Membre du Grand Conseil du fascisme.

CIPOLLA Arnaldo, Montezuma contro Cristo. Viaggio al Messico, 1927 (Moctezuma contre le Christ : voyage au Mexique) ; Nel Sud America. Dal Panama alle Ande degli Incas. Impressioni di viaggio in Venezuela, Colombia, Panama, Equatore, Perù, 1929 (En Amérique du Sud : du Panama aux Andes des Incas) ; Lungo il Cile luminoso, 1929 (Le long du Chili lumineux)

Explorateur et écrivain.

CORSELLI Rodolfo, La Guerra Americana della Triplice Alleanza contro il Paraguay, 1938 (La guerre américaine de la triple alliance contre le Paraguay)

D’ARPI Mario, Messico, 1924

DE AGOSTINI Alberto Maria, I miei viaggi nella Terra del Fuoco, 1928 (Mes voyages en Terre de Feu)

Père salésien.

DE ZUANI Ettore, Cieli del Sud. Periplo aereo del Sud America, 1939 (Cieux du Sud : périple aérien en Amérique méridionale)

DORIA Gino, Storia dell’America latina (Argentina e Brasile), 1937 (Histoire de l’Amérique latine : Argentine et Brésil)

FABIETTI Ettore, Cristoforo Colombo nella storia delle esplorazioni geografiche, 1933 (Christophe Colomb dans l’histoire des explorations géographiques)

Homme de lettres (polygraphe) et bibliothécaire, promoteur des bibliothèques populaires en Italie.

FEDERZONI Luigi, Parole fasciste al Sud-America, 1938 (Paroles fascistes à l’Amérique du Sud)

Écrivain. Signataire du Manifeste des intellectuels fascistes en 1925. Président du Sénat de 1929 à 1939.

FRACCAROLI Arnaldo, Buenos Aires, 1931 ; Pampa d’Argentina, 1931 ; Splendori e ombre del Paraguai, 1932 (Splendeurs et ombres du Paraguay)

Écrivain.

GAZZONI Arturo, Visioni del Perù, 1927 (Visions du Pérou)

GENNA Giuseppe E., Il Messico – I Seri e la loro costituzione scheletrica, 1943 (Mexique : les Séris et leur constitution squelettique) [Au sujet des Séris, voir, dans mes Americanismos 2, les éléments d’information rapportés à leur sujet par F. Santamaria en 1942, ici]

Anthropologue et démographe. Participa à l’expédition italo-mexicaine de 1933 pour l’étude des Indiens du Mexique, dirigée par Corrado Gini.

GINI Corrado, Premiers résultats d’une expédition italo-mexicaine parmi les populations indigènes et métisses du Mexique, Rome 1934

Ethnologue et démographe. Président de l’Institut des statistiques de 1926 à 1932. Le célèbre « coefficient de Gini » porte son nom.

GUARRERA Giuseppe, Il Brasile immensa realtà economica, 1929 (Le Brésil, immense réalité économique)

LUALDI Adriano, Viaggio musicale nel Sud-America, 1934 (Voyage musical en Amérique du Sud)

Compositeur et chef d’orchestre, « le plus ardent représentant de la poétique musicale du régime fasciste » (Wkpd.it). Également auteur, entre autres, d’un Viaggio musicale nell’URSS (Voyage musical en URSS), paru en 1933.

MALESANI Emilio, L’America meridionale in generale. Gli stati andini. Le Guiane. Il Paraguay. L’Argentina. L’Uruguay. Il Brasile, 1938 [volume de la Géographie universelle]

MANFRONI Camillo, Cristoforo Colombo. Cenni biografici. Il grande genovese e la modernissima critica, 1925 (Christophe Colomb, aperçus biographiques : le grand Génois et la critique contemporaine)

Historien, aux tendances nationalistes marquées. Sénateur 1929-35.

MANUELLI Ernesto, Panamericanismo economico, 1940 (Panaméricanisme économique)

MISEROCCHI Manlio, L’America Latina attraverso il mio oblò, 1925 (L’Amérique latine à travers mon hublot)

MOZZATI Mercurio, Francisco Pizarro e la conquista del Perù, 1928 (Pizarro et la conquête du Pérou) ; Fernando Cortés e la conquista del Messico, 1932 (Cortez et la conquête du Mexique)

NESBITT Ludovico, Orenoco, 1939 (Orénoque) posthume

Explorateur. Dans ce livre posthume, décrit ses activités de chercheur de gisements de pétrole au Venezuela.

NINNI Alessandro, Cile. Condizioni naturali ed economiche cenni storici e culturali, 1924 (Chili : conditions naturelles et économiques, aperçus historiques et culturels)

OBERTI Eugenio, Amerigo Vespucci alla scoperta del continente sud-americano, 1932 (Amerigo Vespucci à la découverte du continent sud-américain)

POR Odon, Il divenire panamericano, 1941 (Le devenir panaméricain)

PUCCINI Mario, In Argentina, 1938 (En Argentine) ; L’Argentina e gli argentini, 1939 (L’Argentine et les Argentins) ; Nel Brasile, 1940 (Au Brésil)

Écrivain et hispaniste.

QUARTARA Giorgio, Un viaggio nel Sud-America, 1939 (Un voyage en Amérique du Sud)

REVÈLLI BEAUMONT Paolo, Terre d’America e archivi d’Italia, 1926 (Terres d’Amérique et archives d’Italie) ; Cristoforo Colombo e la scuola cartografica genovese, 1937 (Christophie Colomb et l’école génoise de cartographie) ; America e Italia nel Rinascimento, 1940 (L’Amérique et l’Italie pendant la Renaissance) ; Colombo, 1941 (Colomb)

Géographe et historien.

ROCCA Enrico, Avventura sudamericana, 1926 (Aventure sud-américaine)

ROLLA Matilde, Disegno storico della letteratura argentina, 1932 (Esquisse historique de la littérature d’Argentine)

ROSA Enrico, Il martirio della Chiesa nel Messico, 1927 (Le martyre de l’Église au Mexique)

ROSSI DI MONTELERA Napoleone, Dalla Terra del Fuoco alla terra degli Incas, 1930 (De la Terre de Feu à la terre des Incas)

SAVI-LOPEZ Maria, Nei regni del sole. Antiche civiltà americane, 1926 (Aux royaumes du soleil : anciennes civilisations américaines) ; Città morte. Dal Messico all’Honduras, 1931 (Mortes cités : du Mexique au Honduras)

Femme de lettres.

SERGI Giuseppe, Gli Indigeni americani. Ricerche anthropologiche, 1928 (Les indigènes d’Amérique : recherches anthropologiques) ; La piú antica umanitá vivente. Ovvero la mirabile ricostruzione di un arcaico tronco umano i cui rami si distesero dall’Africa in Europa, Oceania, America, 1930 (La plus ancienne humanité vivante, ou la miraculeuse reconstruction d’un tronc archaïque de l’humanité s’étant répandu de l’Afrique en Europe, Océanie et Amérique)

Le nom le plus connu de l’anthropologie italienne.

TESTORE Celestino, I martiri gesuiti del Sud-America. BB. Rocco Gonzalez de Santa Cruz, Alfonso Rodriguez, Giovanni del Castillo della Compagnia di Gesù, 1934 (Les martyrs jésuites d’Amérique du Sud)

Père jésuite, auteur prolifique, y compris de romans.

VILLA Oreste, Nelle terre degli Incas, 1931 (Dans la terre des Incas) ; L’America Latina problema fascista, 1933 (L’Amérique latine, problème fasciste)

VILLARI Luigi, Le aggressioni degli Stati Uniti nell’America Latina, 1941 (Les agressions des États-Unis en Amérique latine)

VOLPE Gioacchino, A quattrocentoquarantasette anni dal viaggio di Colombo, 1939 (447 ans après le voyage de Colomb)

Géographe et historien. Signataire du Manifeste des intellectuels fascistes en 1925.

ZILIANI Luigi, Messico martire: storia della persecuzione, tiranni e complici, eroi e martiri di Cristo Re, 1930 (Le Mexique martyr : histoire de la persécution, des tyrans et complices, des héros et martyrs de Christ Roi) [sur la guerre des Cristeros]

Prêtre catholique.

*

Sympathisants fascistes et collaborateurs

AUER Väinö, The Finnish Expedition to Tierra del Fuego in 1928-1929, 1934 (L’expédition finlandaise en Terre de Feu de 1928-29)

Géologue finlandais. Un signataire du programme de l’organisation fasciste finlandaise Suomen Valtakunnan Liitto (SVL).

BELLAMY H.S. (Hans Schindler), Built before the flood: The problem of the Tiahuanaco ruins, 1943 (Construit avant le déluge : le problème des ruines de Tiwanaku)

Président de la British Hörbiger Society, devait participer à une expédition sur le site précolombien de Tiwanaku avec des fonds allemands mais le projet fut annulé à cause de la guerre.

CURRAN Edward Lodge, Rebel Mexico, 1935 (Mexique rebelle) [sur la guerre des Cristeros]

Prêtre catholique nord-américain, surnommé le « Father Coughlin of the East ». Fondateur du Committee for the Preservation of Americanism et membre exécutif de l’American Union for Nationalist Spain (pro-Franco).

ELGSTRÖM Ossian, Sagan om Kagsagsuk: eskimåernas folkhjälte, 1922 (La saga de Kagsagsuk, héros des Eskimos)

Ethnologue suédois (Lapponie, Groënland), écrivain (entre autres Chikagobohéme, 1924) et peintre. Membre du parti fasciste Svensk Opposition et du Riksföreningen Sverige-Tyskland, association d’amitié germano-suédoise à l’époque du Troisième Reich.

GLADTVET Alf Ottar, Blandt Syd-Amerikas urskogsindianere, 1922 (Parmi les Indiens des forêts vierges d’Amérique du Sud) [film documentaire]

Réalisateur norvégien. Sous le régime collaborationniste de Vidkun Quisling, il travailla essentiellement à la propagande pro-nazie du régime.

IMERSLUND Per, Das Land Noruega. Erlebnisse in Mexiko, 1936 (Le pays Noruega : choses vécues au Mexique)

Écrivain norvégien. Membre de la SS norvégienne, après avoir combattu dans la guerre civile espagnole du côté nationaliste. Collaborateur de la revue Ragnarok. Il fut impliqué dans une tentative d’assassinat du dirigeant collaborationniste Quisling, jugé par certains de ses opposants à droite comme trop compromis avec la bourgeoisie luthérienne traditionnelle.

KELLY John Eoghan, Pedro de Alvarado, Conquistador, 1932

Lobbyiste pour l’Espagne de Franco à Washington, DC. Emprisonné pendant la Seconde Guerre mondiale pour intelligence avec l’ennemi.

ROSEN Eric v., Ethnographical research work during the Swedish Chaco-Cordillera-expedition 1901-02, 1924 (Travaux de recherche ethnographique durant l’expédition suédoise au Chaco et dans la Cordillière des Andes en 1901-02). Pour des écrits un peu antérieurs à la période considérée dans cette bibliographie : The Chorotes Indians in the Bolivian Chaco, 1904 (Les Indiens Chorote du Chaco bolivien) ; Archaeological Researches on the Frontier of Argentina and Bolivia in 1901-02, 1904 (Recherches archéologiques à la frontière de l’Argentine et de la Bolivie en 1901-02) ; Bland indianer: forskningar och äventyr i Gran Chaco, 1921 (Parmi les Indiens : recherches et aventures dans le Grand Chaco) [en suédois]

Explorateur et ethnographe suédois. Beau-frère d’Hermann Goering par sa première femme, Carin von Kantzow. Il donna à l’armée blanche finlandaise le premier avion de cette dernière, ce qui fait qu’encore aujourd’hui l’aviation militaire de Finlande a pour emblème le blason de la famille von Rosen, à savoir un svastika. Un des fondateurs du Nationalsocialistiska Blocket en 1933.

SIEGFRIED André, En Amérique du Sud, 1932 ; Amérique latine, 1934 ; États-Unis, Canada, Mexique, 1936 ; Impressions du Brésil, 1937 ; L’Amérique ibérique, 1937 avec Jacques de Lauwe ; Qu’est-ce que l’Amérique ? 1938

Pionnier de la sociologie électorale et politique. Membre du Conseil national de Vichy et néanmoins élu à l’Académie française en 1945. Un beau parcours.

VAN GYBLAND OOSTERHOFF Horace Hugo Alexander, Indrukken van Suriname, 1929 (Impressions du Suriname)

Secrétaire de la faculté d’indologie à Utrecht. Un des piliers du Verbond voor Nationaal Herstel (Ligue pour la restauration nationale), fascistoïde (antiparlementaire).

VAN OFFEL Horace, La Passion mexicaine, 1932 [sur l’empereur Maximilien]

Écrivain belge francophone, surnommé « le Dumas belge » pour ses romans de cape et d’épée. Collaborateur au journal Le Soir pro-nazi.