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Tw30 Descartes Re-Animator 2

Anthologie Twitter Mars-Mai 2020 FR-EN-ES

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L’eugénisme au temps du coronavirus

Dans un document interne que Mediapart s’est procuré, le centre hospitalier de Perpignan donne les consignes pour « trier » les patients à sauver en cas de saturation. « 4 catégories » : les « morts inévitables », « évitables », « acceptables », « inacceptables ». (Mediapart)

Vous avez dit « trier » ? Article 214-1 du code pénal : « Le fait de mettre en oeuvre une pratique eugénique tendant à l’organisation de la sélection des personnes est puni de trente ans de réclusion criminelle et de 7.500.000 euros d’amende. » La pandémie n’a pas suspendu l’application du code pénal et de son article 214-1 sur l’eugénisme. Les familles de victimes pourront porter plainte, et les peines sont sévères.

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From the @TheUBINewsHub: The $1,200 coronavirus checks, explained. (Scott Santens)

Pour les Français de l’âge paléolithique (2020), un peu d’anglais en cette période de confinement. Stimulus check : un chèque envoyé aux contribuables par le gouvernement américain. Allez, bonne semaine de 60 heures !

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L’offense au chef de l’État a été abrogée après la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme. C’était une inculpation qui ne laissait aucun moyen de défense à l’accusé. Abrogée en 2013 seulement : trop récent pour que certains aient eu le temps de s’adapter.

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La chloroquine c’est bon on peut en prendre maintenant ? Avec une prescription ? Qu’est-ce qui a changé depuis deux jours ? (gaccio b.)

Les demandes de gel vaseline à la chloroquine avaient explosé du fait d’une mystérieuse « présence thaumaturgescente »…

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« Fasciste, une injure [pénalement condamnable] ? Non. Et oui. » (titre d’un article de L’Opinion du 10 avril 2014)

Oui mais non mais oui : c’est comme ça pour tout ! Le seul critère : Tu es Gabriel Matzneff, pas de délit. Tu es un quidam (quoi, et pauvre en plus !), délit.

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La nuit des masques 2

(Série de tweets des 27-28 mars, quand on venait tout juste de se dire, en France, que les masques sanitaires ne servaient peut-être pas à rien, ce que je suggérais depuis quelque temps déjà, comme le savent les lecteurs de mon compte Twitter et de ce blog.)

Certains opposent une culture asiatique collectiviste-autoritaire favorisant le port du masque à une culture occidentale individualiste-libertaire faisant obstacle au port du masque. Or rien de plus faux. En temps ordinaire, à Taïwan, en Corée du Sud, au Japon, les gens sont libres de porter le masque ou non ; en France, il est interdit de se couvrir le visage dans l’espace public. La culture autoritaire est celle de la France, pas celle de l’Asie !

La loi d’interdiction du visage dans l’espace public de 2010 précise : « L’interdiction ne s’applique pas si [un masque] est justifié par des raisons de santé », mais le masque sanitaire était dit jusque là par les autorités françaises « ne servir à rien », peut-être parce que, s’il était reconnu pouvoir servir, cette loi est inapplicable. Ce n’est pas notre supposé individualisme qui a freiné l’usage de masques face au covid-19 mais au contraire une idéologie sécuritaire.

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Il y a deux deux lois : celle de 2018 pour prévenir les violences en manifestation (avec des peines lourdes) et la loi de 2010 qui instaure une interdiction générale de dissimulation du visage dans l’espace public (avec une peine d’amende). Cette dernière connaît certes une exception pour raisons de santé mais jusqu’à présent le masque n’était pas prescrit en France pour la grippe. Ainsi, rien dans la loi de 2010 ne justifie un traitement particulier pour le port de masques filtrants, même avec l’exception pour raison de santé compte tenu du fait qu’une raison de santé s’atteste par un justificatif (et si l’on est libre d’acheter des masques il faut la signature d’un médecin pour un justificatif en bonne et due forme). Les personnes qui portent le masque de façon préventive ne peuvent avoir aucune attestation puisqu’elles ne sont pas malades.

Je n’ai jamais entendu de touristes chinois [qui ont l’habitude de porter des masques filtrants] rapporter des problèmes avec les forces de l’ordre. Il faudrait être bien bête pour se plaindre d’un policier qui agit intelligemment.

Il y a sans doute des consignes internes à la police pour ne pas appliquer la loi sur la dissimulation du visage avec les touristes chinois et d’autres pays d’Asie. Mais une telle consigne, si elle existe, est parfaitement illégale (même si vous la trouvez de bon sens). La loi pose une interdiction générale de dissimulation du visage. Même quand une loi est stupide, un policier doit l’appliquer : c’est l’État de droit. Autoriser la police à décider à qui et comment elle applique la loi, c’est lui donner les pleins pouvoirs ; ce n’est pas l’État de droit.

À vous suivre, l’État de droit devrait donc verbaliser les travailleurs désamianteurs sur la voie publique ? Ainsi que les ouvriers du BTP masqués ?

Non car l’exception est prévue par la loi : « justifiée par des motifs professionnels ». L’entreprise peut attester qu’elle est autorisée à réaliser des travaux sur la voie publique, et, si les ouvriers ont besoin de porter des masques en la circonstance, cette dissimulation du visage fait partie des exceptions admises par la loi.

La pandémie démontre l’erreur de cette loi ; la chose à faire conformément à l’État de droit est d’abroger la loi, non de laisser la police choisir à qui et quand elle l’applique, car alors l’arbitraire policier se substitue à l’État de droit.

La loi de 2010 est une interdiction générale de dissimulation du visage dont les touristes chinois portant des masques n’ont aucune raison valable d’être exemptés. C’est peut-être en raison de corruption dans la police qu’ils ne sont pas verbalisés.

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Municipales : Faut-il imposer un casier judiciaire vierge aux élus ? Juridiquement, le texte voté en 2017 est en attente au Sénat et pourrait facilement être inscrit à l’ordre du jour. (Anticor)

À rejeter totalement en France, où la justice n’est pas pleinement indépendante et où le nombre de condamnations par la Cour européenne des droits de l’homme pour violations de la liberté d’expression (c’est-à-dire pour des créations de casier judiciaire illégitimes, abusives) est un des plus élevés du Conseil de l’Europe.

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Les médecins cubains face à la bureaucratie française

#Parodie Cernée par des médecins cubains en Italie et en Andorre, la France est obligée d’accepter des médecins cubains dans ses outre-mer.

[Le décret du 31 mars 2020 permet aux médecins étrangers de voir leurs titres reconnus selon une procédure simplifiée pour exercer dans les outre-mer français : la presse a commenté la mesure en disant que la France « acceptait » des médecins cubains, qui prêtent déjà main forte aux autorités sanitaires nationales de plusieurs pays, dont l’Italie et l’Andorre voisins, contre le covid-19. Au jour où je publie la présente anthologie, le 6 mai 2020, aucun médecin cubain n’est arrivé dans nos outre-mer malgré la procédure simplifiée.]

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Les formalités accomplies, plusieurs délégations de professionnels de la santé en provenance de La Havane seront intégrées dans les hôpitaux de nos territoires. (Martinique la 1ère, 3 avril 2020)

Il y a urgence sanitaire mais les formalités sont les formalités… La France plus bureaucratique que l’URSS !

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Descartes Re-Animator 2

Est illégal le fait d’exposer de véritables corps humains dépecés à des fins commerciales. Cass. 1ère civ., 16 septembre 2010, n°09-67.456 (Curiosités juridiques)

Je vois là un cas particulier de l’interdiction générale française très problématique de diffuser des images de victimes (au nom de je ne sais plus quel respect), qui donne à la police un monopole de la connaissance des corpus et locus delicti, dont elle ne peut qu’être portée à abuser.

Du reste, outre la question de l’exposition de momies, leur exhumation elle-même est de la pure et simple profanation de sépulture, l’article 225-17 CP ne prévoyant aucune exception pour les travaux archéologiques, tous passibles de la loi par conséquent. (Dans notre droit, une exception doit être écrite.)

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Dans l’affaire des corps donnés par les personnes de leur vivant à la science et laissés à l’abandon dans les locaux de l’Université Paris-Descartes, à même le sol, mangés par les rats, quand ils n’étaient pas vendus (!) (voyez mon Descartes Re-Animator ici), les familles des morts pourraient vouloir et demander la diffusion d’images, pour alerter sur ces faits choquants.

Mais ça reviendrait à la jurisprudence Erignac : pas de diffusion d’image des corps car atteinte à la dignité des défunts. Mais il dépendra si les corps sont clairement identifiables… Aussi voir si une publication au grand public ne serait pas perçue comme trop choquante.

C’est justement cette jurisprudence Erignac que je mets en cause. Dans cette jurisprudence, je suspecte que ce n’est pas tant l’humanité que la « préfectoralité » de la victime qui a été l’élément déterminant (inavoué), vu l’étatisme morbide des institutions françaises. Or nous continuons de voir des images de charnier.

Nos magistrats, contaminés par le parquet, sont solidaires de cet étatisme. J’ose affirmer qu’on ne sait pas ce qu’est un juge en France, que les juges chez nous se voient en fonctionnaires, un segment de la branche exécutive, plutôt qu’en branche judiciaire du pouvoir.

En outre, les images de charniers diffusées par exemple par l’éducation nationale rendent la remarque « voir si une publication au grand public ne serait pas perçue comme trop choquante » sans fondement. Même choquantes, des images de ce genre ne sont pas forcément interdites ; un contenu choquant peut même servir de matériel pédagogique. Quand l’État diffuse de telles images, il ne considère pas que c’est une atteinte à la dignité des personnes (en invoquant, j’imagine, le prétexte que ces personnes ne seraient pas identifiées ; or elles sont au moins identifiées collectivement).

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P.S. Les archives de Paris Descartes ont été « cambriolées » fin janvier. Sans doute un effacement opportun de preuves.

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Pourquoi certains se font-ils payer pour insulter les politiciens quand d’autres, qui le font gratuitement, passent en correctionnelle ?

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Assuming with Jainism that karma is some matter that clogs the soul, and being matter is ponderous, then at death the soul must be attracted toward the center of the earth by mere gravity, that is, must fall into the fire, whereas a soul without karma rises to the sky.

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Amis maliens, bonjour. L’article 12 de la Constitution du Mali dispose : « Toute personne persécutée en raison de ses convictions politiques ou religieuses, de son appartenance ethnique, peut bénéficier du droit d’asile en République du Mali. » Ma question est donc la suivante : Si un Français persécuté par l’État français pour ses écrits demande l’asile au Mali, le Mali peut-il garantir à ce réfugié que les autorités du pays ne céderont pas aux autorités françaises qui leur réclameraient le réfugié ?

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Aux abrutis qui écrivent anonymement à leur voisins soignants : est une violence avec préméditation le fait d’envoyer des écrits anonymes dans le but de menacer ou impressionner quelqu’un = 18 mois d’emprisonnement. Cass. crim., 13 juin 1991, n°90-84.103 (Curiosités juridiques)

De deux choses l’une, ou bien les soignants sont des héros et alors ils le sont parce qu’ils se mettent en danger et, ce danger étant la contamination au covid-19, ils deviennent dangereux ; alors la peur de leurs voisins n’étant pas irrationnelle, elle est excusable. Ou bien ce ne sont pas des héros.

Ensuite, mettre sur le même plan une menace de violence avec la violence elle-même est de la théologie : « Haïr en son cœur est la même chose que tuer » (leçon de Matthieu 5,22 d’après Kant, La religion dans les limites de la simple raison, Doctrine, IVe partie, 1e section, I). Il serait temps que la séparation de l’Église et de l’État prenne effet, 115 ans plus tard.

La bible précise aussi que tuer quelqu’un est mal, doit-on donc laisser les gens tuer pour bien séparer l’église et l’état ?

Quand on sépare l’État de l’Église qui s’appuie sur la Bible, il faut aussi séparer ce qui se trouve dans la Bible à titre spécifique de ce qui ne lui est pas spécifique car tout est dans tout et il ne s’agit pas de séparer l’État de tout. « Haïr en son cœur etc. » est spécifique.

b/

La peur peut être mauvaise conseillère mais il est un peu facile de traiter les gens d’abrutis alors qu’ils ont des raisons de craindre que les soignants, héroïques parce qu’exposés à la contamination, puissent les contaminer à leur tour en prenant le même ascenseur.

Je n’ai vu aucune menace dans les lettres que j’ai lues sur Twitter, et l’on peut par ailleurs se demander comment l’État, qui appelle à saluer, parce qu’ils risquent d’être contaminés, les soignants chaque soir depuis un balcon, ose les laisser prendre les transports en commun et rentrer chez eux comme si de rien n’était.

Vous n’avez pas vu non plus de menaces car vous précisez « menacer ou impressionner ». Mais que veut dire impressionner ? Ne puis-je chercher à impressionner quelqu’un par mes qualités ? Ça ne veut rien dire, c’est juste le travers de vouloir étendre la portée de toutes les lois répressives.

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C’est tellement beau, le progrès scientifique ! On se croirait revenus aux confinements des périodes de peste au Moyen Âge…

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Suède [4 avril] : 5.466 cas de covid-19, 282 morts, pas de confinement.

« The face of Sweden’s response has been Anders Tegnell, the state epidemiologist, who has held daily press conferences. Politicians have taken a back seat. » (stuff.co.nz)

Le gouvernement suédois fait d’un expert médical (the state épidemiologist) son unique porte-parole en cette période de pandémie. Cela n’est-il pas plus rationnel que de faire tourner en boucle des politiciens, en qui seuls leurs militants politiques ont encore confiance ? Où est le « state epidemiologist » français ? Qui est le porte-parole scientifique de notre gouvernement ? À quoi notre haute administration pléthorique sert-elle, si c’est pour se retrouver avec un organigramme de l’expertise publique vide ?

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Le prélèvement grippal de l’économie

Le bilan du covid-19 en France à ce jour (6 avril : 8.000 morts) n’est pas encore à hauteur du bilan annuel de la grippe saisonnière : « En France la grippe provoque environ 10.000 morts chaque hiver. » (Wkpd grippe)

Idem pour le bilan mondial :

–covid-19 à ce jour : 70.000 ;
–grippe saisonnière : « de 290.000 à 650.000 décès par an » (Wkpd)

Pourtant, le vaccin contre la grippe existe et c’est le succès du vaccin contre la grippe qui expliquerait qu’on ne confine pas les populations contre la grippe… Tout est très clair.

Ce chiffre de 10.000 morts de la grippe chaque année en France, on peut l’appeler le « prélèvement grippal de l’économie » sur la population. Car si on faisait un confinement chaque hiver contre la grippe, nous aurions seulement, disons, 200-300 morts. Mais l’économie serait suspendue. Notre société a donc fait le choix (on ne m’a d’ailleurs rien demandé, ni à vous, je présume) de sacrifier 10.000 –ou entre 9.500 et 10.000– individus tous les ans à l’économie plutôt que de confiner la population chaque hiver pendant la grippe.

Or, selon certains experts, le covid-19 peut devenir saisonnier. Quand on aura un vaccin, on ne confinera plus et, tous les ans, à la place, il y aura des campagnes de vaccination contre le covid-19 mais tout de même, disons, 20.000 morts par an. Soit, avec la grippe, 30.000 morts.

Mais trêve d’anticipation, il est évident que l’actuel prélèvement grippal de 10.000 porte sur des gens immunodéficients, les personnes âgées et les personnes souffrant déjà de certaines pathologies. À part ça, le code pénal interdit l’eugénisme (article 214-1) ! (Mais le code pénal est fait pour les pauvres.) J’accuse l’État français, en laissant mourir de grippe 10.000 personnes par an par absence de confinement, ces 10.000 étant par nécessité surtout des personnes âgées, de pratiquer « l’organisation de la sélection des personnes » (art. 214-1 CP eugénisme) dans un sacrifice macabre à l’économie.

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Renta básica universal

L’Espagne instaure le revenu universel pour contrer le confinement. Revenu universel qui devrait continuer après l’épidémie. (Nicolas Grégoire, écrivain)

Je pressens une entourloupe avec le revenu universel espagnol (ingreso mínimo vital, décrit par certains comme un revenu universel, renta básica, ce qu’il n’est du reste, et malheureusement, que de manière très approximative) s’ils le maintiennent au-delà de la pandémie : c’est que je ne pourrai pas en bénéficier, alors que je devrais pouvoir aller m’établir en Espagne. La citoyenneté européenne, pour les chiens ?

Si toute personne présente sur le territoire pouvait bénéficier du revenu universel, on ne parlerait pas d’appel d’air mais de cyclone… C’est pourquoi les auteurs précisent toujours que le RU est forcément réservé. (Une preuve que le RN est à l’ouest, c’est qu’il ne proposent pas le revenu universel depuis longtemps. Car toute la littérature sur le sujet souligne que la mesure n’est possible qu’avec la préférence nationale – ou, selon moi, européenne.)

Yo, ciudadano francés, quiero aprovechar del ingreso mínimo vital español como ciudadano europeo. Quiero irme de Francia para vivir en España de la renta básica española. Hagan las cosas bien por favor. Gracias por su atención.

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L’être frigide et le néant

Sartre ou #MeToo, il faut choisir car L’être et le néant 1e partie ch.1 II « Les conduites de mauvaise foi » peut se résumer ainsi : Est de mauvaise foi la femme qui n’a pas voulu voir qu’elle allait être violée (par l’homme qui lui disait à quel point il l’admire). Citation : « elle se réalise comme n’étant pas son propre corps et elle le contemple de haut comme un objet passif auquel des événements peuvent arriver, mais qui ne saurait ni les provoquer ni les éviter, parce que tous ses possibles sont hors de lui ». Un passage faisant immédiatement suite à une discussion très louche (quant au contenu) de la frigidité féminine : « Si la femme frigide distrait ainsi sa conscience du plaisir qu’elle éprouve, ce n’est point cyniquement et en accord avec elle-même : c’est pour se prouver qu’elle est frigide ».

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L’être et le néant : « Fuyant par le ‘non-être-ce-qu’on-est’ l’en-soi que je ne suis pas sur le mode d’être ce qu’on n’est pas, la mauvaise foi, qui se renie comme mauvaise foi, vise l’en-soi que je ne suis pas sur le mode du ‘n’être-pas-ce-qu’on-n’est-pas’.Et l’origine de ce risque, c’est que la conscience, à la fois et dans son être, est ce qu’elle n’est pas et n’est pas ce qu’elle est. À la lumière (sic !) de ces remarques, nous pouvons aborder à présent… »

Les ravages de l’heideggerianisme sur un psychisme fragile. (Je suis en train de préparer pour ce blog un billet sur L’être et le néant de Sartre. Le passage inexcusable qui précède n’est pas tout à fait représentatif de l’œuvre dans son ensemble.)

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« Condamné à être libre » (Sartre), un fou doit être tenu pour responsable de ses actes. (Nerd face)

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« Les révolutionnaires sont sérieux … Marx a posé le dogme premier du sérieux lorsqu’il a affirmé la priorité de l’objet sur le sujet et l’homme est sérieux quand il se prend pour un objet. » (Sartre, L’être et le néant, 1943 ; comment s’étonner que le PCF le traite de fasciste, après cela ?) [« Kanapa dans L’Existentialisme n’est pas un humanisme nous traitait sur un ton ordurier de fascistes et d’‘ennemis des hommes’. » (Simone de Beauvoir, La Force des choses)]

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Je ne sais pas si je vais être compris, mais le fascisme n’a pas inventé les atteintes aux libertés (ni n’en a le monopole).

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L’euthanasie au temps du coronavirus

La loi Leonetti de février 2016 a instauré un droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, afin de soulager les souffrances inutiles mais l’euthanasie reste interdite en France. (AFP)

Typique du droit français : se payer de mots. Une « sédation profonde et continue » jusqu’à la mort n’est pas de l’euthanasie. Donc empêcher une personne de se nourrir (en la maintenant sous sédatif), ce n’est pas la tuer. CQFD.

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#Parodie « Allez en dictature [ceux qui disent que la France est une dictature], allez en dictature, où ils pratiquent l’euthanasie alors qu’ils pourraient pratiquer la ‘sédation profonde et continue’ jusqu’à ce que mort s’ensuive ! »

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Coronavirus : La police à Mayotte débordée sur tous les fronts. (Mayotte la 1ère)

#Parodie L’Élysée annonce des mesures : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent. »

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L’interdiction (sauf rares exceptions « très contrôlées ») des statistiques ethniques en France n’a d’autre but que d’occulter les pratiques discriminatoires de l’État français. Les vraies démocraties publient des statistiques ethniques officielles.

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The US has struck again, robbing the Cayman Islands of ventilators and masks that were being shipped to the country according to Premier Alden McLaughlin. Barbados was the first Caribbean country to suffer this fate. Canada, Germany and France have all had the same complaint. (Dareece Polo, Tele SUR)

U.S. authorities are preventing some goods from leaving the country, although governments purchased that material from private businesses. So the U.S. has set up a non-stated policy of impeding trade. #WorldTradeOrganization

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Vous les avez élus, puis ils se sont fait acheter. #corruption

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According to the evidence, the activity of CCP China users on social media like Twitter is 100% Wumao i.e. polit prop. Real people from mainland China are allowed to use the state-controlled Weibo platform only.

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#Parodie Dix médecins cubains à Mexico. Le Pentagone affolé prépare les bombardiers nucléaires.

Ya están en México los médicos cubanos para apoyar emergencia por Covid-19. … Un total de 10 profesionales de la salud arribaron este lunes, con el propósito de apoyar a la Secretaría de Salud con recomendaciones y actualizaciones en materia de enfermedades respiratorias. » sinlinea.mx)

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L’être français, ou le néant

Si le racisme est un délit, traiter quelqu’un de raciste est un délit, comme l’accuser de vol ou de braquage (délit de diffamation). Par conséquent, si la parole raciste est condamnée par la loi, personne ne peut se défendre de la parole raciste sans passer par la justice, car se défendre par la parole en dénonçant une parole que l’on juge raciste, c’est s’exposer à des poursuites pour diffamation.

(Du reste, porter plainte est également susceptible, en fonction du jugement, de vous valoir des poursuites pour dénonciation calomnieuse.)

Toute prohibition légale de paroles (« contenus ») soustrait la discussion du sujet au débat de la place publique pour le transférer aux plaidoiries de tribunal. Car, je le répète, si un type de contenu est illégal, accuser quelqu’un de véhiculer ce type de contenu est illégal. – C’est illégal si ce n’est pas fondé, bien sûr (exceptio veritatis), mais c’est au seul juge d’en décider. Le temps qu’il se prononce, un avocat vous aura ruiné. Toute prohibition de la parole est une éviction classiste des pauvres du débat public.

Les personnes peuvent se faire représenter, il est vrai, par des associations (antiracistes etc.) subventionnées par l’administration (pouvoir exécutif), qui prennent en charge les frais de justice. Mais ces associations dépendent de l’exécutif, qui doit lui-même pouvoir être mis en cause dans le débat démocratique. Au final, puisque, en réalité, on ne peut dire ni même insinuer sans risque judiciaire, et donc sans frais financiers, que quelqu’un est raciste, sauf en passant par une association antiraciste subventionnée par l’administration, c’est l’exécutif qui contrôle le débat. Pitoyable caricature de démocratie.

En outre, si demain le juge décide – et, selon l’expression consacrée, il est souverain – que le contenu « les (ethnie x) sont séparatistes et terroristes » n’est pas du racisme, personne ne pourra contester ce jugement, ne pourra contester cette « vérité », sans d’inlassables poursuites en diffamation (et les vexations policières qui vont avec). Il y faudra une loi qui dise le contraire de ce qu’a dit le juge.

Mais allez demander à un politicien français de comprendre les institutions, le droit, au-delà de « Le racisme est mal » : ce sont eux qui ont voté ces atroces lois d’esclavage intellectuel, avec un filet de bave à la commissure. (La preuve : vous êtes anonymes sur les réseaux sociaux.) Que des politiciens ignares se soient érigés en arbitres des choses de l’esprit les place au-dessous du clergé d’Ancien Régime (qui, eux au moins, étaient docteurs en théologie).

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Il n’y a pas de discussion possible entre un Américain relevant du Premier Amendement de sa Constitution et un Français relevant de la sienne, car le premier est libre de ses propos et l’autre ne l’est pas. Le World Wide Web aggrave l’enfermement psychique de ce peuple.

On peut appeler cela de la paperasse corticale : le cortex bureaucratisé du Français est englué dans des liasses poisseuses de législation anti-haineuse et anti-diffamatoire et, dès qu’il ouvre la bouche, il croit parler à la police ou à des juges à son procès. Cela lui donne un air bouffon.

Le seul moyen psychologique accessible au Français pour recouvrer à ses propres yeux sa dignité conchiée est d’assumer l’asservissement comme sa propre demande, une expression de sa liberté. Ce qui l’oblige cependant à nier que des pays libres puissent exister, donc à s’enfermer. C’est pourquoi le Français, bien que sa culture, parce qu’il est intrinsèquement vide, évidé par son asservissement légal, lui vienne aujourd’hui entièrement des États-Unis, n’a jamais vu les États-Unis. Car voir la liberté anéantirait sa posture.

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Spoiler : Bientôt la France sera le dernier pays développé à maintenir l’interdiction du cannabis. Les irréductibles etc… (ou « Les irréductibles et c… »)

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Une distance de deux mètres entre personnes, ce n’est pas de la distanciation sociale mais de la distanciation physique. La distanciation sociale, c’est que, même côte à côte, un bourgeois et un prolétaire sont dans deux mondes différents.

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All across America… Endless lines of cars at food banks … people line up for miles to get essentials from food banks.

Given the tenets of Capitalism, wouldn’t one be justified to speak of “dole-out mentality” seeing these images? Don’t these tenets expect that people, instead of lining in cars at food banks, ought to sell their cars and buy a bike and food with the money? I had no idea the aim of food banks was to allow people to keep their cars. Concept: Food banks as subsidies to the car industry.

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Les Américains ont-ils une mentalité d’assistés ? Au lieu de revendre leur voiture et d’acheter un scooter, ils font la queue dans leur voiture pour de la nourriture gratuite.

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Le néofascisme selon la bureaucratie soviétique : les groupes Kiss et AC/DC ainsi que Julio Iglesias (entre autres.)

From ‘True Colors of Communism’ (Click to enlarge)

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When the Martian core was active (ablaze), and it must have been active at some juncture, given the presence today of polar ice caps there inevitably was liquid water –from underground springs– on the planet in spite of icy exterior temperatures.

Two factors must favor faster life-thriving in the periphery of a circumstellar habitable zone (CHZ) (i.e. on Mars rather than the Earth): 1/ greater environmental pressure & 2/ lesser microparasitic load (which is an expenditure load on metabolism).

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‘Hegel wrote so abominably that I cannot understand him’’ (William James, Some Problems of Philosophy)

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“Do not give him the gift of infamy.” PM Trudeau asks for media to not name or show photos of the gunman in the Nova Scotia Shooting [aka Gabriel Wortman].

Is there a Canadian law prohibiting to show photos? If not, why would Canadian citizens pay attention to the gentleman PM? Isn’t Canada a rule-of-law country? Providing there’s a law, the gentleman reminds Canadians of the law. Fine. But if no law exists, there’s nothing he can do but have a law passed in Parliament; meanwhile the gentleman is unwarranted to tell Canadians what to do, as he is not the law. To be more precise, in my book when a member of the executive (like the head of the executive) tells citizens to not do what the law allows them to do, this is a ground for impeachment.

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Thank you, Justin Trudeau, for asking the media to refrain from posting and publishing the shooter’s name and photograph. There’s no need to give him the gift of infamy. (Darren Fisher, MP for Dartmouth-Cole Harbour)

Is there a Canadian law forbidding media (social media, you mean?) to post photos of the shooter? If not, is it the role of an MP to congratulate the executive for giving oral commands to the citizenry outside the law? The executive calls it ‘giving him the gift of infamy’; that’s its own interpretation, but the reasons for publishing photos may be many, and as long as it is not forbidden it is up to citizens to do as they see fit. #RuleOfLaw

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J’ai un dictionnaire français-touareg en 2 volumes. Les Touaregs, comme on sait, sont assez présents dans plusieurs pays d’Afrique francophone. Ce dictionnaire est une œuvre de l’Allemand Karl-Gottfried Prasse et a été publié à Copenhague (2003). C’est, semble-t-il, l’ouvrage de référence en la matière actuellement. Je ne sais quelles conclusions en tirer.

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Cette photo [d’un homme en uniforme portant un turban] montre un policier australien. Vous ne verrez pas une telle photo de la police en France, pays où il y a pourtant des Sikhs. L’un de ces pays est un pays libre : saurez-vous dire lequel ?

Un pays de tolérance où les gardiens de la tolérance (le Parlement, le Conseil d’État…) ne peuvent supporter de voir une personne avec un turban sur la tête…

Les raisons de sécurité pour justifier l’interdiction du turban sikh sont un pur prétexte. Comme si les démocraties qui autorisaient le turban souffraient d’une plus grande insécurité de ce fait ! La farce a assez duré.

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À l’attention des fous de la GAV : « Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique, d’ordonner ou d’accomplir arbitrairement un acte attentatoire à la liberté individuelle est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100.000 euros d’amende. » (art. 432-4 code pénal)

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Pour régler les problèmes systémiques, les petits actes de consommateurs ne suffisent pas. Il faut changer les lois. Et pour changer les lois il faut voter. Si personne ne vous convient, lancez-vous ! (SuperCitoyenne)

On ne peut pas se lancer tout seul : il faut avoir avec soi les services juridiques et les avocats d’un parti politique subventionné pour pouvoir ouvrir la bouche dans ce pays. Pour les autres, c’est l’anonymat sur les réseaux sociaux point barre.

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The world is on lockdown. So where are all the carbon emissions coming from? (grist.org)

Figures don’t add up. If “transportation makes up a little over 20%” of emissions (28% in U.S.), assuming all other sources keep going, lockdown should imply an emissions decrease of about 20%, not the 5.5% allegedly measured, and certainly not a spread of 14.5. No lockdown here.

Assuming other sources (utilities and industry) remain at the same level (instead of increasing their emissions during lockdown, of which the article says nothing), transportation at 72.5% of its normal emissions sounds odd†, like transportation emissions come not from cars…

†(The more so as industry emissions must have decreased too, even though utilities emissions might have increased a bit due to people staying at home.)

Traffic in my city is way under 72.5% of usual traffic (in fact it has almost stopped for weeks now), so if there’s any correlation between city traffic and transportation emissions the latter’s level cannot be at 72.5% of the pre-lockdown level.

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« La longévité est plus élevée qu’au moment où on a fixé l’âge de la retraite, donc il faut maintenant allonger la durée de cotisation. » Il n’y a que la longévité qui a augmenté – et pas la richesse ? Je croyais qu’en travaillant on créait des richesses. Si c’est vrai qu’il est nécessaire d’allonger la durée de cotisation parce qu’on vit plus vieux, alors le travail, dans notre modèle, ne crée pas de richesses, car si le travail créait des richesses nous ne perdrions pas notre niveau de vie en payant des retraites plus longues.

Journal onirique 7

Période mars-avril 2020. (Suite de mon journal onirique de confinement.)

Les initiales des prénoms ont été randomisées par des jets de dés.

« le coefficient métaphysique du citron » (Jean-Paul Sartre, L’être et le néant)

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Une amie est dans la neige jusqu’au cou, c’est-à-dire que la neige doit avoir environ 1,60 mètre de profondeur à l’endroit où elle se tient. Or elle se tient au bord d’un dénivelé abrupt, où la neige recouvre un trou de 5 à 10 mètres bien qu’en surface rien n’y paraisse : comme la surface de la mer est égale à elle-même quelle que soit la profondeur qu’elle couvre, la couche de neige est étale aussi loin que porte le regard. Nous connaissons toutefois la présence de ce trou et savons que notre amie tomberait dedans si elle avançait ne serait-ce que d’un pas. Les autres membres du groupe considèrent donc que l’endroit est dangereux, mais je ne partage pas leur point de vue et, pour montrer qu’il n’existe aucun danger, je saute dans la neige à l’emplacement du trou.

M’enfonçant dans la neige, qui résiste à peine, je ne suis soudain plus aussi sûr de moi, car ce qui m’apparaît au contraire de plus en plus clairement tandis que je m’enfonce, c’est que je vais tomber jusqu’au fond du trou et qu’une fois au fond je n’aurai aucun moyen de remonter à la surface car la neige n’offre aucune prise tout en n’opposant pas la moindre force à la gravitation : je vais donc mourir étouffé sous la neige, qui se referme sur le tunnel que je creuse en m’enfonçant.

Je me réveille donc pour ne pas me voir mourir. En écrivant ces lignes, je comprends que cette folie m’avait paru sans danger parce que j’imaginais que je pourrais nager dans la neige comme dans l’eau et donc remonter à la surface en nageant.

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Fanric the London Charismatic : c’est le nom de scène d’un artiste dont le spectacle consiste à faire monter sur scène des personnes du public pour les étrangler. Certains meurent, et, parmi ceux auxquels il laisse la vie, quelques-uns perdent la parole à tout jamais.

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Pour me rendre à un concert en plein air dans une région de France qui m’est entièrement inconnue, je loue une chambre d’hôtel dans un village de cette contrée reculée. Avant d’aller au concert, je dîne au restaurant de l’hôtel. Au moment de payer les 12,40 de l’addition, je ne trouve dans mon portefeuille que des billets de monnaies étrangères. Je prends un temps fou à chercher des euros (car j’ai bien cru en voir au moment où j’ouvrais mon portefeuille), tout en maugréant contre la paperasse inutile que j’ai accumulée. La serveuse qui attend est d’une extrême patience, mais ma recherche est vaine. J’avise N. qui se trouve dans le même hôtel et le prie de me prêter de l’argent, ce qu’il accepte ; il me donne 13 euros, incluant un pourboire, et j’obtiens également de lui un billet de 50 pour la soirée.

Je paye la serveuse et lui demande de bien vouloir m’appeler un taxi car le concert doit avoir lieu dans un autre village ou dans la campagne avoisinante. Elle me répond qu’il n’y a pas de taxi et que je vais devoir m’y rendre à pied. Devant l’effet de cette complication inattendue, elle me dit qu’elle veut bien m’accompagner au concert. J’accepte de grand cœur.

Nous sortons. C’est le soir et le village est très animé, beaucoup de monde est assis aux terrasses des cafés et l’on entend de la musique un peu partout. Nous sommes comme deux amoureux qui se promènent au milieu d’une fête villageoise et, ainsi transformés, nous décidons au bout d’un moment de retourner à ma chambre. Or ce n’est pas gagné car la demoiselle se métamorphose aussitôt en petit insecte noir que je ne dois pas perdre de vue et qu’il me faut même guider, comme un chien de berger guide des moutons, car l’insecte a tendance à aller de droite et de gauche plutôt que tout droit vers l’hôtel. Qui plus est, je dois éviter que l’insecte se fasse piétiner par la foule. J’y parviens plutôt bien jusqu’au moment où l’insecte entre dans une boutique de souvenirs, ouverte cette nuit-là, et où deux vieilles tenancières menacent de l’écraser. Je suis obligé de m’opposer à leurs tentatives, passant à leurs yeux pour un fou furieux, tout en cherchant à faire sortir l’insecte de la boutique tandis que les deux vieilles s’en prennent à moi. Dans cette situation confuse et dangereuse, l’insecte déploie ses ailes et s’envole ; on dirait à présent un cousin noir ayant sur le ventre une lumière comme de luciole. Je parviens à l’engager de nouveau dans la rue, où il rétracte ses ailes et reprend son chemin au sol sous sa précédente apparence d’insecte rampant.

Nous arrivons devant l’hôtel, où la porte de ma chambre se trouve directement sur la rue, et croyant voir l’insecte, de plus en plus minuscule, se glisser sous la porte, j’ouvre et referme aussitôt celle-ci après être à mon tour entré. Toutefois, dans la chambre, je ne vois pas l’insecte, et mes recherches ne donnent rien. Réalisant que j’ai perdu sa trace, je reste apathique, jusqu’à ce qu’on frappe à la porte : c’est elle, à nouveau sous forme humaine. Elle est triste que je ne sois pas allé la trouver dans sa chambre ; tout en lui présentant des excuses, je lui fais remarquer que nous avions convenu d’aller dans la mienne.

Je me retrouve étendu sur elle, à savoir, sur son dos nu, et pour me donner des forces (comme si je n’avais pas déjà dîné) je commence par manger – dans cette position – un gros hamburger rustique garni de frites. (Les frites sont dans le hamburger lui-même, comme dans les excellents kebabs-baguettes que prépare dans la réalité, qui dépasse parfois la fiction, la boulangère d’origine maghrébine de mon quartier.) Soit parce que j’ai une faim de loup, soit pour en finir au plus vite, je dévore le burger dans la plus grande précipitation, faisant tomber des frites un peu partout, en particulier sur les cheveux blonds et les épaules de la demoiselle, qui cherche par conséquent à me modérer : « Vas-y doucement ! »

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En utilisant une gazinière de cuisine, je remarque un dysfonctionnement : quand je ferme le gaz d’une certaine plaque avec le bouton tournant, cela allume en même temps le gaz d’une autre plaque, que je suis alors obligé de fermer à son tour. Jusque-là rien de bien grave. Seulement, la fois suivante le problème est plus aigu : quand je ferme le gaz de la même plaque, le gaz de l’autre s’allume et le bouton pour fermer le gaz de celle-ci est à présent lui-même situé dans les flammes du gaz, donc inaccessible à la main. Je demande son aide à S. Avec un sécateur, il coupe un fil gainé qui dépasse de la gazinière de quelques centimètres, réduisant sa taille. Cela suffit à couper le gaz, mais la gazinière nécessite de toute façon une réparation et je vais être obligé de faire venir un technicien. L’ampleur des travaux à venir (c’est mon ressenti dans le rêve mais il n’est pas guère différent de ce que serait mon ressenti réel devant une situation de ce genre) m’accable.

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Les autorités saisissent l’occasion d’une invasion extraterrestre supposée (supposée car les aliens se cacheraient parmi nous) pour suspendre indéfiniment les libertés publiques. Qui plus est, les moindre amendes policières et judiciaires sont désormais assorties de privation complète de tous les droits. C’est ce que j’apprends chez le buraliste, la patronne parlant avec un client d’un décret gouvernemental d’application immédiate venant d’être pris. Au lieu de faire l’achat pour lequel je venais, je ressors discrètement, en espérant que personne ne m’a remarqué. Parce que je viens d’être condamné à une amende, je n’ai d’autre choix que d’entrer en clandestinité.

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Un certain compte Twitter anonyme annonce et suit tous les déplacements, officiels et privés, du président de la République française, avec un grand nombre d’informations et de détails concernant notamment les itinéraires. Je suis un des nombreux abonnés de ce compte, ce qui me cause une inquiétude permanente parce que, selon la rumeur et même des déclarations plus ou moins officielles du côté français, il s’agit d’un compte russe, alimenté par des hackers à la solde du pouvoir russe et cherchant à déstabiliser la France ; plus précisément, il s’agirait d’une conspiration visant à permettre, par les informations publiées, à tout individu mécontent et déterminé d’assassiner le président français. Il est donc à craindre que les autorités françaises cherchent à s’en prendre aux abonnés de ce compte.

Un jour, tandis que le compte Twitter suit en direct un bain de foule du président, il annonce que ce dernier vient de quitter avec son épouse le trajet officiel et que, ce faisant, il est sorti du dispositif de protection prévu, n’étant plus suivi que par deux gardes du corps. Le compte indique l’endroit précis où cela se passe et invite ceux de ses abonnés qui habitent le quartier à se rendre sur place sans tarder, avant que le président ne regagne le trajet officiel. Comme j’habite à deux pas, je sors ; quand j’arrive à l’endroit indiqué, le président a repris le parcours officiel et se trouve donc de nouveau placé sous protection maximale.

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Scènes de la vie de l’écrivain espagnol Miguel de Unamuno.

Un Unamuno vieillissant écrit dans son journal qu’il a refusé pour la première fois une invitation sexuelle. Cette scène entache mon estime pour l’écrivain et, au-delà, pour l’ensemble des hommes de lettres, qui profiteraient de leur succès et notoriété pour s’accorder toutes les gratifications de la chair. Non, je le confesse, sans une pointe d’envie, j’y vois une trahison de la vie de l’esprit qu’ils sont censés mener, et leur activité m’apparaît soudain comme une simple fraude. Mais passons.

Unamuno se rend ensuite à son club de boursicoteurs, où il sait devoir trouver un nouveau voisin à lui, un certain Sprandel, auquel il souhaite parler d’un mur mitoyen qui, faute d’entente, pourrait valoir un procès à Don Miguel, ce qu’il souhaite éviter. Voyant que Sprandel, déjà sur place et que Don Miguel identifie dès son entrée au club, ne se mêle à aucun des groupes de boursicoteurs présents, se contentant de donner des ordres d’achat et de vente solitairement depuis son banc, et visiblement sans beaucoup d’entrain, Unamuno se dit : « Voilà un homme à mon goût. » Il le salue et aborde sans tarder le sujet du mur mitoyen mais se fait rembarrer ; le nouveau voisin entend aller jusqu’aux extrémités.

Tandis que Don Miguel rumine cette déconvenue dans un coin du club, un inconnu se présente à lui. Cet homme, le père de l’une de ses étudiantes, tient à la main une copie d’examen de sa fille annotée par le professeur Unamuno ; le père objecte au contenu de ces annotations, qu’il trouve insultantes. Il semblerait en effet que le professeur y ait exprimé son goût (déplacé) pour la jeune femme. Loin de chercher à s’expliquer, encore moins à s’excuser, Don Miguel déclare simplement être prêt à se battre en duel avec le père de l’étudiante. L’autre n’insiste pas et se retire, tout en affirmant qu’il ne laisserait pas insulter sa fille plus longtemps, ce qui signifie sans doute qu’il l’empêchera désormais de suivre les cours du célèbre professeur.

(Je suis désolé, pour les admirateurs d’Unamuno, qu’il incarne le personnage central de ce rêve à charge contre les célébrités littéraires. Le seul livre, je l’avoue, que j’ai lu de lui, En torno al casticismo, m’a paru excellent.)

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La police est désormais assurée par des drones d’aspect sphérique, armés et équipés d’ordinateurs et de vocalisateurs, les rach-ID. À mon réveil, je développe l’acronyme : « robot d’approche en communauté habitée – identification détaillée ». L’identification de personnes par le drone est dite détaillée car le drone possède un logiciel de reconnaissance faciale ainsi que toutes les bases de données utiles. Il peut procéder à l’arrestation de personnes grâce à son équipement : Taser, fléchettes somnifères (comme celles qu’utilisent les zoologues pour endormir des animaux sauvages), filet… En cas de fuite en véhicule, il peut se cramponner sur le toit et indiquer sa localisation à une brigade d’intervention qui prendra le relais ; s’il se fait détacher du véhicule, voire détruire, il peut libérer sur la carrosserie un gaz, un gel ou une peinture qui prend en charge cette fonction d’émission et géolocalisation, c’est-à-dire qui possède des propriétés électroniques.

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Comme il m’est arrivé de le rêver déjà plusieurs fois, je me retrouve la bouche pleine de rognures d’ongle (a priori mes propres rognures d’ongle, bien qu’il y ait beaucoup plus de rognures que mes doigts n’en peuvent fournir), et je suis donc obligé de les cracher. Or cracher ne permet pas de me débarrasser de toutes les rognures, certaines restant collées au palais, sur la langue, etc.

Je ne me ronge pas les ongles dans la réalité ni ne me les suis jamais rongés, une pratique qui passe pour un symptôme d’anxiété. Les rognures que je mâche en rêve ne sont en rien différentes de celles que je « récolte » – pour les mettre à la poubelle – quand je me coupe les ongles au coupe-ongles.

« C’est dans l’angoisse que l’homme prend conscience de sa liberté ou, si l’on préfère, l’angoisse est le mode d’être de la liberté comme conscience d’être, c’est dans l’angoisse que la liberté est dans son être en question pour elle-même. » (Sartre, L’être et le néant)

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Je me rends chez une amie récente dont je ne sais rien encore mais avec qui j’espère beaucoup devenir plus intime. Elle habite, depuis la mort de son père, qui fut un politicien connu, le manoir d’un oncle musicien avec ce dernier. Ce jour-là, l’oncle musicien, à qui je suis présenté, vient de composer une curieuse chanson qui se joue sur les deux cordes les plus aiguës de la guitare et dans la partie la plus aiguë du manche, et qui n’est pas sans un certain charme irréel, envoûtant. Il l’a composée pour sa jeune nièce, car j’apprends seulement maintenant (tant je suis ignorant de la culture pop de mon époque) qu’elle est une personnalité réputée du monde de la chanson, connue en particulier pour son titre Le Grand Zaddok, qu’elle chante en portant une sorte de casque antique et une robe blanche qui lui donnent l’apparence d’une prêtresse barbare. Or je découvre que ce titre est bel et bien une référence cryptique à un culte ancien, secret et criminel dont elle est la dernière grande prêtresse en date, ce que, naturellement, le grand public ignore. De nombreux députés sont membres de ce culte.

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Au terme d’une soirée, je cherche à rentrer en banlieue à vélo. Sur le chemin, je suis abordé par une bande de jeunes noirs aux intentions clairement malveillantes. Leur groupe me contraint à rouler à la vitesse où ils marchent, et l’un d’eux en particulier est chargé de me faire réagir à ses questions agressives de la manière plus ou moins offensante qui les « contraindra » à m’attaquer et dépouiller. Or je ne me dépars pas de ma civilité coutumière, tout en faisant preuve d’une froide fermeté. Le porte-parole – appelons-le comme cela – cherche à mettre la main sur le guidon de mon vélo mais je l’en empêche en la lui saisissant, si bien, vu qu’il ne me la retire pas, que nous nous tenons à présent la main comme deux amis. Les autres peuvent penser, dans le clair-obscur de la nuit urbaine, qu’il tient le vélo. Je sens sa disposition d’esprit changer envers moi. Il continue son interrogatoire absurde mais de façon moins agressive. Puis il dit à ses camarades : « Il n’a rien sur lui », ce qui n’est pas vrai puisque mon portefeuille est dans la poche intérieure de mon blouson ; je comprends qu’il cherche à les faire renoncer et deviens optimiste quant à l’issue de la rencontre. Au croisement suivant, le groupe bifurque sans un mot, me laissant aller mon chemin. Le porte-parole, dont la mine était au début férocement menaçante, m’adresse un franc sourire enfantin.

Poursuivant mon chemin, je découvre que la rue que je pensais emprunter est barrée, ce qui rend un détour inévitable. Or ce détour est susceptible de me faire croiser à nouveau la bande qui vient de me lâcher et je ne m’attends pas à un heureux dénouement au cas où ils me reverraient, bien au contraire. Je rebrousse donc chemin et me retrouve à mon point de départ.

Lors de ma deuxième tentative, je tourne en rond, n’ayant plus une idée claire du trajet, et me retrouve encore une fois à l’endroit d’où je suis parti.

Je retente une troisième fois. L’aube paraît. Dans une certaine rue fameuse où les noctambules sont encore en nombre considérable et où je dois par conséquent mettre le pied à terre, les habitants sont à présent sortis de leurs lits et se livrent à une tradition locale : depuis leurs fenêtres et balcons de part et d’autre de la rue, ils versent des seaux d’eau sur la tête des passants. Je reçois une, puis deux, puis trois fois de l’eau sur la tête : c’est chaque fois un filet d’eau plutôt qu’un seau plein, cela fait partie de leur jeu. Car j’ai été repéré et pris pour cible en particulier. Quelqu’un me lance, depuis son balcon : « Tu es sorti sans ta cagoule ? », sous-entendu : une cagoule m’aurait été bien utile dans la présente situation. Les voisins, ainsi que les passants, éclatent de rire. Je maugrée à part moi mais suffisamment fort pour être entendu : « Ils m’en auront fait voir, les connards. » (Ce qui décrit d’ailleurs plus l’ensemble de ma nuit que le seul présent épisode.) Cette réaction, alors que dans la tradition qui s’exprime ici tout le monde est censé garder sa bonne humeur, jette un froid et j’avance sans plus recevoir d’eau sur la tête. Mais alors que j’arrive enfin au bout de la rue, j’en prends un plein seau.

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Au retour du printemps, j’observe les bambous sur mon balcon. Je vois une coccinelle qui va et vient dans le vide : elle se sert en fait de fils d’araignée invisibles. Elle avance parfois sur le fil et parfois sous le fil, c’est-à-dire suspendue à lui par toutes ses pattes, sans paraître être aucunement gênée par cette dernière position. Je cherche l’araignée tisseuse de cette toile invisible et la trouve sur le terreau. C’est une araignée noire ayant sur elle quatre ou cinq minuscules araignées grises, ses petits. Quand elle s’aperçoit que je l’observe, elle s’enfonce horizontalement, comme une voiture qui se gare en marche arrière, sous quelques mousses pour couvrir la partie postérieure de son corps où se tiennent les araigneaux et, n’ayant plus que la partie antérieure et la tête découvertes, se tient prête à la défense.

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Un professeur ressemblant à un ranger du bush australien nous explique, lors d’une session en plein air, que les Anglais ne sauraient être tenus pour responsables des violences commises contre le peuple maori en Nouvelle-Zélande car ces violences se seraient produites au cours d’une phase, inévitable dans les rencontres entre peuples, où « seules parlent les armes ». Il affirme que ce schéma ne fut surmonté qu’avec l’apparition historique d’un certain type d’homme, et que ce type d’homme va nous apparaître à présent sous la forme du premier individu qui se présentera à notre droite. Nous regardons et n’avons pas longtemps à attendre avant de voir marcher vers nous un cow-boy américain qui s’avère, une fois qu’il est arrivé suffisamment près de nous pour que nous le reconnaissions, n’être autre que John Wayne. Il y a donc dans la lutte des cow-boys et des Indiens au Far-West un caractère singulier – lequel m’échappe en tant que tel – qui ferait de ces violences l’augure d’une nouvelle ère de l’humanité.

Je me lève et, faisant mine de saluer John Wayne, lui retire son pistolet du holster pour l’en menacer. Ce geste me semble nécessaire pour que le nouvel homme s’accomplisse. John Wayne prétend avancer pour me reprendre son pistolet mais je lui montre que je suis sérieux en libérant le cran de sûreté. Or je vois à présent qu’il possède un second pistolet à la ceinture et pourrait donc, comme dans les westerns, le dégainer et me tirer dessus plus vite que je ne pourrais moi-même faire feu avec une arme déjà braquée sur lui, mais il ne paraît pas oser le faire. Il pourrait également me provoquer en duel.

Sur ce, pris d’un besoin pressant, je dois me rendre aux toilettes à reculons, gardant John Wayne devant le pistolet et lui demandant de me suivre. Une fois dans les toilettes, je lui dis, tout en urinant – et pour lui parler, alors qu’il est resté de l’autre côté de la porte fermée, je dois me tenir perpendiculairement à la cuvette et non face à elle – de ne pas chercher à faire le malin, sinon je lui tire dessus à travers la porte. Je me réveille alors pour me rendre aux toilettes.

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Aux États-Unis, je découvre l’existence d’un programme fédéral secret, validé secrètement par la Cour suprême, d’euthanasie pour les seules personnes de race noire.

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Le président des États-Unis possède un droit de cuissage sur chaque tournage de film X réalisé sur le territoire américain, c’est-à-dire qu’il peut prendre du bon temps sans payer avec n’importe laquelle des actrices de son choix embauchées sur le tournage.

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Je demande à une amie des nouvelles de T., une amie commune. Elle m’apprend que T. est allée vivre dans un archipel tout près de la côte nord de l’Australie, un archipel qui, à ma grande surprise, est encore à ce jour une possession ultramarine du Portugal. La seule chose que je sache du nord de l’Australie étant qu’il possède un climat tropical, contrairement au reste du pays plus tempéré, je lui demande si T. ne souffre pas trop du climat. Elle me répond d’une manière évasive, qui confirme cependant mon intuition car elle évoque des possibilités d’excursion au Japon : il existe en effet un train reliant l’Australie au Japon en passant par ces îles. Dans ma représentation, ce train est aérien, sur un pont au-dessus de l’océan. Je lui demande ensuite pourquoi T. est allée vivre là-bas et elle me rappelle l’attachement de longue date de T. à l’outre-mer.

Je me transporte alors à Tahiti, où, dans ce rêve, vit mon ami M. avec ses frères et ses parents. Je le trouve sur son domaine et, avec lui, un grand nombre de ses proches et amis, dont plusieurs ne me sont pas connus. Parmi les gens que je salue sans les connaître, il en est dont j’apprends qu’il est chanteur d’un groupe de rock engagé pour une grande fête que donne M. ce jour-là, à laquelle je suis un peu en avance. Une foule immense ne tarde pas en effet à affluer, et le groupe de musiciens se met à jouer sur une plateforme au sommet d’une structure métallique de quelque 30 mètres de haut, sous un ciel bleu turquoise. À un moment, le chanteur se jette dans le vide ; il est reçu par un filet un peu en-dessous, mais continue de tomber dans un deuxième filet encore un peu en-dessous, et ainsi de suite jusqu’à une balançoire (une escarpolette) en bas de la structure. En fait, c’est une femme qui est reçue par l’escarpolette, une belle femme en tenue de carnaval brésilien et qui se balance face au public. Je lui fais directement face, assis sur un confortable fauteuil en cuir (alors que nous sommes à l’extérieur), la nuit est tombée entre-temps, pendant la chute du chanteur, et la femme sur l’escarpolette me sourit en se balançant. Les gens autour de moi, dont M., sont assis par terre. Je réalise que la femme doit sauter dans le public afin de mettre un terme à la longue chute depuis la plateforme, et les sourires qu’elle m’adresse laissent entendre que c’est moi qui dois la recevoir. Je fais celui qui ne comprend pas, me tourne vers M. pour gagner du temps, lui demandant le sens de cette cérémonie, et entre-temps la femme saute un peu à côté de nous, dans les bras de quelqu’un d’autre. Le concert continue. J’ai le sentiment d’avoir fait faux bond à ceux qui attendaient quelque chose de moi, mais M. est à ce sujet d’une louable discrétion. Je m’étonne également d’occuper un fauteuil alors que lui-même, chez lui, est assis par terre, ou parfois sur le bras gauche du fauteuil que j’occupe, et cela me confirme dans l’idée qu’il est entendu que je doive jouer un rôle central, qui me reste inconnu et que je ne peux que conjecturer, dans ces réjouissances.

Quelques instants plus tard, la belle inconnue reparaît devant nous et, avisant celui qui l’a reçue dans ses bras et est ensuite retourné s’assoir, à gauche derrière moi, l’injurie, des larmes aux yeux, se plaignant de ce que ce n’était pas à lui de la recevoir dans ses bras. Alors je me dresse du fauteuil et la soulève, puis, comme si je m’étais dédoublé, je me vois disparaître avec ce beau fardeau derrière une plaque de tôle ondulée servant à délimiter la « salle » de concert du reste du terrain.

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En Angleterre, une civilisation ancienne inconnue jusqu’à ce jour vient d’être découverte. Dans la religion de cette civilisation, les morts, ou leurs âmes, occupent une goutte d’huile. (Je vois des gouttes d’huile en suspension dans lesquelles se trouvent des personnes assises en lotus.) Quand on allumait une certaine sorte de lampe à huile, fonctionnant avec un goutte-à-goutte, sur des autels consacrés, les âmes des morts « parfumaient » le monde.