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Penses-tu que tu penses?

Those who make sexual pursuits too conspicuous a life goal are considered base. I’m not saying they are base, only that they are considered base, including by me.

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The very concept of meritocracy is abhorrent. You can’t expect somebody to accept his low status as being the result of his low merit as a humain being. Merit in meritocracy is world wisdom (Klugheit) and may go hand in hand with utter despicability as a person.

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Religion struggles against passions with passions. It will be superseded like everything passionate. Self-salvation is immaterial to selfless intelligence.

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Man is the animal that can’t take science seriously.

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Having being a child when personal computers and video gaming were in their infancy, makes the difference.

Vasarely (filtre Neo)

Penses-tu que tu penses ?

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La distinction faite dans les années trente par Ernst Robert Curtius entre Leistungswert allemande et Seinswert française ressemble fortement aux valeurs matérialistes et post-matérialistes de Ronald Inglehart dans les années soixante-dix. Il faut être un idiot d’Allemand pour faire l’éloge des Français.

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En Espagne, le SETSI est le secrétariat d’État aux télécommunications et à la société de l’information (Secretaria de Estado de Telecomunicaciones y para la Sociedad de la Información). Que fait-il pour organiser la fin du travail qui caractérise la société de l’information selon l’inventeur du concept, le Japonais Yoneji Masuda ?

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Un rapport de l’OCDE a mis en cause la politique de plein emploi (en raison de la courbe dite de Phillips censée montrer que le plein emploi est incompatible avec la stabilité des prix). Ainsi, ce rapport préconisait le chômage de masse comme instrument anti-inflationniste ! C’est tellement rassurant…

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Selon le systémisme, il existe des effets émergents et le tout est plus que la somme des parties. Les expériences de laboratoire, qui permettent de déterminer des causalités en sciences sociales à partir de corrélations, en éliminant méthodologiquement les tierces variables, appréhendent-elles autre chose que des parties au sein des systèmes ?

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Selon des études conduites à ce sujet, les publicitaires ne savent pas ce qu’est un message subliminal – alors que 62 % des Américains croient à l’existence de la publicité subliminale. On s’attendrait à ce que, visés par de telles suspicions, les publicitaires connaissent le sujet, mais non.

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Des gens que cela ne choque pas de travailler dans un palais de justice ont forcément la haine du progrès.
– Ce n’est qu’un mot, voyons !
– Oui, et qu’évoque le mot palais ?

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Avec notre législation sur les contenus haineux, nous sommes parvenus à créer un contentieux de masse sans victimes.

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Il est connu que nos codes juridiques comportent des incohérences fondamentales qu’il semble impossible de corriger sans modifications en profondeur de nos institutions et de notre société. Par exemple, la législation sur les accidents du travail s’oppose au principe selon lequel la réparation d’un dommage implique une faute ; de même, les conventions collectives s’opposent au principe selon lequel un contrat n’a d’effet que pour les parties contractantes, etc. Comment ces incohérences sont-elles à leur tour compatibles avec l’idée de sécurité juridique ? Il n’existe pas de sécurité juridique quand le droit dit en même temps une chose et son contraire.

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Les inégalités ethno-raciales enregistrées dans une société, avec stratification raciale en termes de richesse et d’éducation, sont une cause suffisante et purement sociale ou sociologique de racisme, puisque la pauvreté suscite une bonne part de délinquance attentatoire aux biens et aux personnes. (Les minorités qui s’en tirent mieux que les autres dans le partage des richesses, par exemple les Chinois, ne suscitent pas les mêmes réactions racistes.) Il n’est donc pas besoin de faire l’hypothèse d’un fondement biologique du racisme pour comprendre que le racisme peut avoir une base solide dans les inégalités sociales elles-mêmes. Dès lors, est voué à l’échec le message simpliste de la race comme « construit social », qui consiste de fait à dire aux groupes plus favorisés que leur état émotionnel vis-à-vis des groupes moins favorisés est irrationnel, alors que ces groupes racialement identifiables menacent objectivement leurs biens et leurs personnes vu que la délinquance est corrélée à la pauvreté.

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Tout comme les ouvriers français ont une espérance de vie inférieure aux cadres français, l’espérance de vie des Noirs américains est inférieure à celle des Blancs. Si les États-Unis avaient un système de retraite collectivisé comme le nôtre, les Noirs pauvres paieraient les retraites des Blancs riches. (Pour bien le comprendre, voyez mes « Mathématiques des retraites » x)

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Il existe un « droit » bureaucratique, en partie lié au dirigisme économique. Les administrations créent du droit par le biais de circulaires, instructions, etc, que les agents économiques ne peuvent, d’une part, ignorer ni, d’autre part, contester car ces « normes » ne sont pas opposables juridiquement.

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Le droit français est le dévoiement napoléonien, autoritaire et militariste, de la révolution française des droits de l’homme inspirée des Constitutions des États américains.

Par sa révolution de 1789, la France avait vocation à devenir un système de common law. La codification napoléonienne est revenue sur les réformes révolutionnaires qui allaient en ce sens pour ramener le droit français dans les ornières romanistes de la monarchie absolue.

Sachant que le droit romaniste sous sa forme napoléonienne est la forme qui a prévalu grosso modo dans l’ensemble de l’Europe continentale, il convient de distinguer en Occident (mais aussi dans les autres parties du monde où l’influence occidentale s’est exercée) deux formes de société : l’une appliquant la common law, l’autre le droit napoléonien. Or, les deux formes affirmant obéir, sous l’empire de la raison, aux mêmes principes suprêmes, à savoir le respect des droits de l’homme et l’émancipation de l’humanité, et l’une de ces formes, le droit continental, n’étant à cet égard que le dévoiement de l’autre, il s’ensuit que le droit romaniste napoléonien doit être démantelé complètement, et réduit au néant à tout jamais.

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Énorme : la règle de l’épuisement des voies de recours internes (pour saisir la Cour européenne des droits de l’homme) est interprétée comme signifiant que la juridiction internationale saisie après l’épuisement est « subsidiaire » ! Au contraire, malgré la lettre de ses statuts, la Cour EDH est clairement une juridiction suprême, et c’est bien ce qu’elle doit être.

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« Hannah Arendt a mis lumineusement en lumière… » (Danièle Lochak)

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Les immunités parlementaires protègent le représentant contre l’abus de la procédure judiciaire. C’est une suspicion de principe à l’égard du magistrat.

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Je ne suis pas obligé d’applaudir au procès de Socrate.

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Donner la plénitude des libertés (opinion, expression…) à des corporations seulement (journalistes, syndicalistes… dépendants d’une organisation) est de nature à favoriser les ententes et les pactes de corruption, pour ne pas dire de nature à les rendre tout bonnement possibles. Les premiers « chiens de garde » de la démocratie sont les citoyens eux-mêmes : le peuple. – En termes castoriadiens, la bureaucratie nie au peuple les libertés qu’elle proclame et ne défend que pour elle-même.

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La possibilité de poursuites judiciaires a un effet plus dissuasif sur la liberté d’expression dans un système romaniste, où le droit est régalien, que dans un système de common law, où le droit est contentieux.

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En 1937, un chirurgien et son patient sont jugés pour une opération de stérilisation effectuée après accord entre les deux. « L’intention de blesser existe dans cette résection des canaux, et cela suffit », déclare le juge. En quoi ce raisonnement obtus du juge est-il utile à la société ? La défense répond que la circoncision est également une « intention de blesser » et qu’elle est cependant admise. « Comparaison n’est pas raison », réplique le juge, qui voit dans la circoncision un « rite destiné à favoriser la fécondation » (!) tandis que la vasectomie est tout le contraire… Est-ce de porter une robe comme une femme qui le fait rêver de fécondité ? Mais surtout, quelle loi, quel article du code lui demande de favoriser la fécondité plutôt que le contraire ? Enfin, cette réponse est l’admission que, contrairement à ce que le juge a tout d’abord prétendu, l’intention de blesser ne suffit pas, puisqu’il y faut en outre l’absence d’un rite de fécondation… (Tiré de Le droit pénal, 1990, de Jean Larguier)

Sachant que nos concitoyens lisent et entendent ce genre d’histoires véridiques, il ne faut pas s’étonner que le plus innocent puisse manifester des signes de trouble et d’inquiétude devant un tribunal : cela ne provient pas forcément de la culpabilité de la personne, c’est peut-être plutôt qu’elle se doute de qui elle a affaire.

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Un juge, en France, a condamné le propriétaire d’une voiture volée pour l’accident provoqué par le voleur. Il faut s’attendre à tout.

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Je lis un précis sur le droit constitutionnel en vigueur à Singapour. Vu que l’auteur (le Singapourien Kevin YL Tan) ne fait pas remonter l’histoire du droit à Singapour au-delà de la colonisation britannique, il semble bien que les Anglais aient à juste titre déclaré le territoire, en y posant le pied, terra nullius, comme l’Australie !

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Marketing pédocentré : les gens demandent à leurs enfants pour qui voter : « Regarde la télé et dis-nous qui tu préfères. » Les politiciens le savent. Cela n’explique-t-il pas bien des choses ?

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L’idée que le scrutin proportionnel est plus juste que le scrutin majoritaire, idée que « pratiquement personne ne met en cause » (Robert Dahl), repose sur une illusion. C’est la même, dans l’esprit de Dahl, que celle qui voudrait qu’un régime multipartisan soit plus démocratique qu’un régime bipartisan. Qu’en est-il en réalité ? Tout d’abord, dans un régime multipartisan les partis qui entrent au Parlement n’appliquent pas leur programme électoral mais un pacte ou accord de coalition négocié immédiatement après les élections (par exemple, qu’est-ce que le PC allié au PS sinon un PS bis ?). Ensuite, il n’y a pas de différence fondamentale que le débat ait lieu entre une pluralité de partis plutôt qu’au sein de deux partis : la diversité des plateformes électorales dans un régime multipartisan est l’équivalent de la diversité des courants au sein des deux partis qui débouche sur deux plateformes électorales dans un régime bipartisan, dès lors que les deux partis fonctionnent démocratiquement, avec des primaires.

Ainsi, le régime bipartisan (où le scrutin proportionnel n’a pas vocation à exister), loin d’être moins juste, moins démocratique que le régime multipartisan (qui fonctionne naturellement avec le scrutin proportionnel, mais pas en France, régime que je qualifierais plus volontiers de bâtard que de mixte), est le seul véritablement démocratique, puisque c’est le seul qui, dans tous les cas, engage un parti élu sur sa plateforme électorale plutôt que sur un pacte de coalition indépendant du choix des électeurs. Dans un régime multipartisan, le seul cas où le choix des électeurs peut être véritablement respecté par le parti au pouvoir est quand celui-ci obtient, parmi les multiples partis se présentant aux élections, une majorité absolue, et c’est plutôt l’exception que la règle. Quand, au contraire, les élections n’opposent que deux partis, l’un obtient forcément la majorité absolue.

Le mépris de l’électeur va si loin dans les régimes multipartisans que, bien que les coalitions soient en réalité souvent déjà déterminées avant l’élection, ce qui se traduit par une répartition concertée entre plusieurs partis des circonscriptions où les uns et les autres présentent des candidats, chaque parti continue de défendre son propre programme plutôt qu’un accord de coalition qui déterminera véritablement la politique conduite au terme des élections.

Cette logique existe en France, régime multipartisan avec scrutin majoritaire. La disposition constitutionnelle selon laquelle « tout mandat impératif est nul » prend dès lors une coloration ironique puisque, de fait, sauf cas de majorité absolue d’un parti (plus de 50 % des voix à lui seul), le mandat impératif est impossible : un candidat ne peut appliquer le programme pour lequel il a été élu, il doit appliquer le pacte conclu par son groupe parlementaire avec les autres groupes pour dégager une majorité absolue des voix au Parlement, pacte conclu sur la base de négociations échappant au processus électoral. Ce que devraient donc dire aux électeurs les partis, dans les régimes multipartisans, c’est qu’ils soumettent à leur choix tout au plus des propositions à soumettre à la négociation entre partis représentés au Parlement en vue d’une coalition majoritaire – et non un programme à proprement parler. Ce serait de la plus élémentaire honnêteté intellectuelle ; et les électeurs comprendraient qu’un régime bipartisan est préférable.

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Je n’ai aucune idée de ce qui se trouve dans la tête du Français moyen.

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Si le travail était humain, le Loto n’existerait pas.

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Vivre et laisser vivre, c’est tellement difficile aux esclaves.

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Il n’y a pas de bonnes excuses sous de mauvaises lois.

(On ne peut pas s’excuser d’avoir enfreint une mauvaise loi et on ne peut pas non plus s’excuser d’avoir obéi à une loi, même mauvaise.)

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L’intelligence (Klugheit) n’empêche pas toujours d’être un sale c…

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Le psychanalyste refuse prétendument de tenir les pratiques des peuples premiers pour absurdes, car il leur trouve, dit-il, une explication psychologique. Comme si trouver une explication psychologique cachée à une coutume qui met en avant de tout autres motivations n’était pas la qualifier d’absurde par le fait même !

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Le wergeld synallagmatique est conforme à l’anarchie proudhonienne, fondée sur le droit contractuel. L’émergence de la conception du fait pénal comme trouble à l’ordre public est le moment totalitaire par excellence.

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La real property anglaise ne connaît pas les pleins pouvoirs de l’usus, fructus et abusus de la propriété romaniste, seulement un estate (real estate), un intérêt sur le bien. Ainsi la propriété n’est-elle pas forcément le vol, selon la célèbre formule de Proudhon dans Qu’est-ce que la propriété ?, qui est une critique de la conception romaniste. L’estate du droit anglais n’est pas le vol, jusqu’à preuve du contraire. – L’Angleterre est pourtant le pays de la révolution industrielle et de la grande misère du prolétariat.

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La doctrine Monroe est bien implantée dans la tête des Français.

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Marie-toi si tu veux manger de la purée.

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La justice américaine est cette justice qui a condamné pour fraude fiscale Al Capone, le plus grand criminel de son temps. – Il n’est pas démontré que les autres pays aient fait mieux.

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« Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, ce qui importe c’est de le transformer. » (Marx). Simpliste. Comme si les philosophes, en couchant leurs idées sur le papier, n’étaient pas convaincus du pouvoir révolutionnaire de la vérité qu’ils dévoilent au monde.

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Personne n’a besoin d’un traité de logique pour penser, s’il en est capable. Et s’il n’en est pas capable, un traité de logique ne peut pas l’aider.

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– Vous reprenez les arguments de l’extrême-droite.
– Si l’extrême-droite n’avait que de mauvais arguments, il y a longtemps qu’elle n’existerait plus.

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Rien ne peut racheter un homme d’esprit aux yeux des sots.

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Le malade droit.

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Avec leur bonheur, je serais malheureux.

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Il ne suffit pas d’être intelligent, quand les amis suffisent.

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Le bureaucrate est une personne qui se tient à l’écart du débat d’idées, car ses convictions sont inavouables.

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La laideur de tout ce que je traverse par contrainte…

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Toute personne qui n’est pas une personnalité publique est anonyme sur Twitter. Et vive la liberté d’expression.

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Lionel Jospin a été battu par Jean-Marie Le Pen aux élections après avoir parlé de « sentiment d’insécurité » (plutôt que d’une insécurité réelle), alors qu’en tant que socialiste il aurait dû savoir que le capitalisme crée l’insécurité.

Mais c’était un socialiste « gestionnaire », et donc il ne savait rien.

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Mierdas de todos colores.

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Les capitaux occidentaux se sont désinvestis des colonies au moment de la décolonisation car les investisseurs ne veulent pas prendre de risques (Frantz Fanon). Cf. « le capitaliste, celui qui prend des risques »…

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Rêve-contact 3

Nuit du 8 août 2018. Un ordinateur surpuissant, qui n’est désigné que par « Elle », répond à toutes les questions de l’humanité et doit, croit-on, faire son bonheur. J’ai un doute à ce sujet et cherche à l’exprimer : « Elle connaît tout puisqu’elle a toutes les données du monde en mémoire, qu’elle traite à l’aide de ses capacités colossales ; elle connaît tout sauf elle-même, elle ne se connaît pas, c’est-à-dire elle ne peut s’intégrer dans ses réponses. Ce qui conduira nécessairement à des erreurs. » Ce raisonnement ne me paraissant pas pleinement satisfaisant, je continue de chercher et parviens à : « Elle errera nécessairement à cause des contradictions qui sont dans le monde. »

(Voyez 1 et 2)

XVI

Les enfants sont les instruments de la vanité de leurs parents : leurs victimes.

Les enfants sont les victimes de la vanité de leurs parents, quand ils ne le sont pas de leur négligence, de leur bêtise ou de leur brutalité.

Les artistes subventionnés qui conçoivent leur art selon le goût de leurs mécènes bureaucratiques (de leurs bureaux mécènes !) sont ceux dont la vulgarité est appelée subversion par les exaltés critiques des journaux subventionnés.

Les goûts artistiques et littéraires de l’homme-travail… Non, mieux vaut ne pas en parler. Disons seulement que la note dominante en est, par force, la lascivité ; et comme l’homme-travail est le pilier de cette civilisation, la lascivité est devenue la marque de l’honorabilité. Au contraire, la culture de la jeunesse, notamment sa culture musicale, si elle présente parfois des exemples singulièrement malsains, est dans l’ensemble capable d’exprimer des émotions et des sentiments profonds, élevés, qui ont disparu chez l’homme-travail.

Quelle vie sociale pouvez-vous attendre de gens qui travaillent dans des bureaux du matin au soir ? Quelle vie sociale, quelle culture, quels goûts ? Quels sentiments humains, sinon les formes les plus basses de l’amour-propre et de la vanité, que l’on comble avec des rosettes offertes à l’ancienneté dans un brouillard de mesquines intrigues ? Et ce sont ces gens-là, dans le cas des bureaux administratifs français, qui, pour recruter leurs pairs et collègues, notent des copies de « culture générale ». Or j’affirme que cette épreuve de culture générale est en effet absolument nécessaire pour éviter à un homme d’entrer par erreur dans ces cavernes maudites, où sa présence ne peut être qu’une « erreur de casting ». Un homme peut ne pas être reconnu comme tel s’il a pris sur lui d’absorber une masse considérable de vulgaires connaissances pratiques, car cette folie est peut-être passagère et elle ne l’empêche pas, si elle prend fin suffisamment tôt, d’être un homme, tandis que jamais aucun homme ne passera pour autre chose que ce qu’il est en rendant une copie de « culture générale » aux troglodytes qui gardent les portes de ces abîmes puants. Qu’il ait existé (ce n’est plus le cas, et il faut s’en réjouir) des concours d’où cette épreuve indispensable fût absente, c’était une monstruosité. Qu’untel soit entré dans le gouffre, pour satisfaire la vanité d’un tyran domestique, c’est le châtiment par lequel il expie sa bassesse : celle d’avoir accepté les ordres d’un tyran, qui va jusqu’à remplir pour lui les dossiers de motivation et de personnalité accompagnant tout acte de candidature. La personnalité de ce furieux, oui, aurait fait l’affaire ! Untel ayant accepté cela, il expie sa bassesse : il manquait l’épreuve de « culture générale » pour déjouer les plans d’un forcené. Ô monstre froid dont le nom est administration, que n’as-tu su plus tôt faire preuve d’une irréprochable cohérence de monstre froid ! – Une histoire tristement banale : comptez les alcooliques.

C’est la crise. Les organisations ne ménagent plus leurs employés. La souffrance et la peur remplacent l’ennui.

Les classiques de la littérature se vendent salis par des quatrièmes de couverture insanes et de niaises introductions d’universitaires sans talent (qui feraient bien, pour leur réputation, de se contenter de traduire les citations latines et d’établir des chronologies). Pour avoir le texte sans cette crasse, il faut se tourner vers des éditions cinq à dix fois plus chères. Le prix de la culture ?

L’architecture contemporaine, volontiers bancale et déséquilibrée, est certainement très originale, en ce qu’elle veut que vous éprouviez du plaisir à contempler des bâtiments dont vous ne pouvez vous défaire de l’impression qu’ils vont vous tomber dessus.

« Ces murs nus appartenaient à la cellule claustrale du moyen âge où l’ascétisme de l’image et la vide du milieu poussaient l’imagination affamée à se dévorer elle-même, à évoquer des visions sombres ou lumineuses, uniquement pour sortir du néant qui l’emprisonnait. » (Strindberg) Le goût aseptisé de l’homme-organisation, pas plus que celui des pêcheurs arriérés décrits par l’écrivain suédois, n’est un raffinement. Le salon de l’homme-organisation est hospitalier en ce sens qu’on dirait une salle d’hôpital, incolore, vide, cadavéreuse. Son intérieur domestique est un lieu où, quoi qu’il s’y passe, on est sûr de s’ennuyer.

Le problème fondamental du design contemporain, c’est de savoir comment vendre du vide. Car il faut à l’homme-bureau un vide domestique qui ne jure pas avec son néant intérieur.

J’ai voulu faire poser du papier peint chez moi. Un papier peint décoratif, avec des motifs floraux. Il couvre seulement deux murs perpendiculaires, le troisième mur de la pièce étant occupé par une bibliothèque encastrée, le quatrième par les fenêtres. Sur deux murs, l’artisan n’a pas été capable de poser le papier de façon continue : les motifs subissent un affreux hiatus à l’angle des deux murs. – Un ratage rien moins que banal. L’école (comme je l’ai montré ici) a siphonné la classe des artisans de ses éléments de valeur. Demandez quelque chose d’un peu, de juste un tout petit peu délicat, et ce sera le fiasco. Contentez-vous plutôt de faire badigeonner vos murs à la chaux et considérez-vous heureux si, dans l’opération, on ne vous bousille pas vos cellules de moines. La vacuité, la stérilité des intérieurs contemporains vous choque ? C’est que vous ne comprenez pas qu’il faut faire de nécessité vertu.

La précédente réflexion n’est pas exactement une charge contre l’école. Je n’ai rien contre le fait que des enfants d’artisans deviennent fonctionnaires et passent leur vie dans des bureaux, pour satisfaire la vanité de leurs parents. D’ailleurs, même au temps où l’artisan pouvait encore être un maître de l’art, il n’y a pas lieu de supposer que l’inégalité des conditions, et l’infériorité de la sienne, lui fût des plus agréables. « Une des misères des gens riches est d’être trompés en tout. (…) Tout est mal fait chez eux, excepté ce qu’ils y font eux-mêmes ; et ils n’y font presque jamais rien. » (Rousseau) L’artisan socialement aigri est un bousilleur naturel, il applique à sa façon le très économiquement sain principe de moindre effort.

J’admire ces héros et héroïnes des romans d’antan, exerçant, pour l’édification des lecteurs, une charité sublime envers de parfaits étrangers, aux yeux de leurs serviteurs, lesquels, obéissant au doigt et à l’œil, sont attachés à leur fonction servile à tout moment du jour et de la nuit, et n’ont pas plus de liberté que le chien de la maison. Trop heureux, sans doute, de servir des maîtres si magnanimes.

Dans l’ensemble, on appelle morales les actions altruistes, celles dont l’objet n’est apparemment pas une gratification personnelle, mais un bienfait pour autrui ou la collectivité. Le fait qu’un tel objet puisse être recherché par l’homme, que celui-ci soit capable d’agir à rebours de ce que lui dicteraient les impératifs de sa nature égoïste, passe pour la marque indubitable d’un libre arbitre (La Profession de foi du vicaire savoyard, dans l’Émile de Rousseau). Or le règne animal présente une quantité de comportements altruistes de cette sorte, que les scientifiques recensent et étudient. Les comportements d’alerte face à un prédateur, si utiles pour le groupe menacé, mettent en danger la vie de l’individu qui joue ainsi le rôle de vigile, pour ne citer qu’un seul exemple. Est-ce à dire que les animaux possèdent un libre arbitre ? Et si le libre arbitre est l’apanage des êtres doués de raison, celle-ci étant la faculté qui leur permet de librement contrecarrer les mouvements de la nature, est-ce à dire que les animaux sont des êtres raisonnables au même titre que l’homme ?

Dans une société atomisée le communautarisme est une force. Une force d’inertie.

Le principe de moindre effort (je pense que je vais en surprendre beaucoup) est au fondement de l’économie. Car il conditionne la productivité. Or l’homme-organisation a une mentalité hiérarchique (voire féodale), et son principe à lui c’est de se faire bien voir. D’où une débauche d’efforts aussi spectaculaires qu’improductifs.

Ceux qui ont quelque culture littéraire savent que la « fortune » est un mot qui sert de contrepoint à l’expression « société élégante » (et que par cette dernière on n’entend pas seulement décrire des habitudes vestimentaires) : pour la société élégante, les bourgeois sont méprisables par leur défaut de goût, ce défaut étant inhérent à l’existence rapace de ceux qui doivent gagner de l’argent. C’est pourquoi il est permis de sourire de nos contemporains arbitres des élégances, besogneux gagneurs de sous.

Les vêtements de nos paysans d’antan, et notamment leurs atours des grandes occasions, œuvres de mains paysannes, témoignent d’un goût que notre présente société est loin d’égaler. La minutie, le sens du détail, l’imagination et l’application dont ils font montre nous rappellent que les activités agricoles conduites au rythme des saisons laissaient aux gens de la campagne, sur l’année, le temps libre qui leur permettait d’exprimer cette qualité humaine qu’est le goût, en dépit du défaut d’instruction et de la pénibilité du travail en lui-même.

Le stress est la mauvaise conscience d’une vie de travail. Comme le débauché que poursuit une petite voix intérieure, l’homme-travail souffre de l’indignité de son état. Les Jaïns de l’Inde considèrent le karma comme une matière qui entartre le corps subtil de l’homme ; ainsi, de même que le fumeur invétéré encrasse ses voies respiratoires de substances bitumineuses, et souffre, l’homme-travail englue son âme dans du mauvais karma et, par le stress et la dépression, il souffre. (Les femmes souffrent tout particulièrement : ce sont les principales responsables de l’explosion de la consommation de neuroleptiques et autres produits semi-stupéfiants.)

Le vice, s’il s’accompagne d’une mauvaise conscience, comme la vertu, en aucun cas, ne peuvent vivre en paix avec le monde. Seule la vanité satisfaite apporte la paix. C’est à tort qu’un jeune homme se fait la réflexion que la vertu lui permettra de se résigner à sa situation dans le monde. La vertu ne se résigne pas au monde : elle y renonce.

« Let us live to ourselves and our consciences, and leave the vain prejudices of the world to those who can be paid by them for the loss of all besides. » (Frances Burney)

Octobre 2014