Tagged: Freud

LV The Island of Dr Bentham

Quelques passages bibliques cités par Swedenborg dans ses Arcana Cœlestia, en l’occurrence dans le cahier relatif à 1 Mos. 1-3 (édition suédoise, qui n’est pas l’édition originale en latin). Mon objet n’est pas de rendre compte ici de l’interprétation ésotérique que Swedenborg donne de ces passages ; je me borne à demander à mon lecteur si de tels passages, tellement bizarres, peuvent admettre autre chose qu’une interprétation ésotérique (quand bien même on l’appellerait symbolique ou allégorique) pour quelqu’un qui croit à la sainteté des Écritures.

Pour montrer, peut-être, la perplexité des traducteurs devant ces passages, je donne pour chacun deux traductions françaises, celle de la Bible de Jérusalem (BJ) (catholique) et celle de Louis Segond (LS) (suisse protestante), comme je l’ai déjà fait en d’autres occasions, ici (voyez en commentaires) et ici.

Isaïe 46:11

« J’appelle depuis l’Orient un rapace, d’un pays lointain l’homme que j’ai prédestiné. » BJ

« C’est moi qui appelle de l’orient un oiseau de proie, D’une terre lointaine un homme pour accomplir mes desseins. » LS

Pourquoi cet homme prédestiné est-il appelé rapace ou oiseau de proie ?

Osée 2:20

« Je conclurai pour eux une alliance, en ce jour-là, avec les bêtes des champs, avec les oiseaux du ciel et les reptiles du sol » BJ

« En ce jour-là, je traiterai pour eux une alliance avec les bêtes des champs, les oiseaux du ciel et les reptiles de la terre » LS

Admettons que ce passage soit à prendre littéralement : qui a dit que les animaux n’avaient pas d’âme, puisque Dieu conclut une alliance avec eux ? Sinon, de quoi ces animaux sont-ils la métaphore ?

Job 5:23

« Car tu feras alliance avec les pierres des champs » BJ

« Tu auras un pacte avec les pierres des champs » LS

Isaïe 43:20

« Les bêtes sauvages m’honoreront » BJ

« Les bêtes des champs me glorifieront » LS

Isaïe 43:7 (c’est Dieu qui parle)

« Tous ceux qui se réclament de mon nom » (BJ)

« Tous ceux qui s’appellent de mon nom » (LS)

Ici, BJ interprète le sens littéral pour écrire quelque chose de compréhensible. LS garde le sens littéral et n’est guère compréhensible tel quel. (Le texte suédois est conforme à la traduction de LS : « Envhar, som är kallad med mitt Namn… ».)

Ézéchiel 31:18

« Pourtant tu fus précipité avec les arbres d’Eden vers le pays souterrain, au milieu des incirconcis » BJ

« Tu sera précipité avec les arbres d’Éden Dans les profondeurs de la terre, Tu seras couché au milieu des incirconcis » LS

Pourquoi cette punition des arbres d’Eden, qui l’ont méritée au même titre que les incirconcis ?

(Notez au passage la différence de temps entre les deux traductions : dans un cas un souvenir, dans l’autre une menace.)

Vasarely (Beaubourg 2019)

*

Louis XVI : « On ne gouverne pas un pays contre l’esprit dominant. »

Bien vu.

*

« Si le soleil est caché par les nuages, il ne change pas de place pour autant, ni ne perd sa merveilleuse splendeur. » (Miguel de Molinos, Guide spirituel, 1675)

La même image, la même belle pensée se retrouve, identique, sous la plume de Gandhi.

*

« Jésus-Christ n’a pas voulu choisir des gens savants et habiles pour la prédication de l’Évangile et pour la conversion du monde, mais seulement de pauvres pêcheurs et des gens simples et grossiers, qui n’eussent aucune science. » (R. P. Rodriguez, Pratique de la perfection chrétienne, 1615)

Il choisit des « pauvres pêcheurs » qui furent capables d’écrire des évangiles en grec, qui ne devait pas être leur langue maternelle.

Or puisque les apôtres sont les auteurs des évangiles, ils étaient savants : c’est la conclusion de Daniel-Rops, dans L’Église des apôtres, ouvrage qui a reçu l’imprimatur de l’Église.

En résumé, pour l’Église, les apôtres étaient de pauvres pêcheurs savants…

D’ailleurs, elle ne sait plus si les quatre apôtres sont les auteurs des évangiles qui portent leurs noms.

*

« Il haïssait cette franc-maçonnerie de pissotières » (Sartre, L’âge de raison)

Cette même « franc-maçonnerie » est appelée, toujours par Sartre, « la franc-maçonnerie des pauvres », dans Le sursis.

*

« Je viens de lire sur le transparent d’un journal anglais : Ruhr Coal peace hope. Mettez l’ordre inverse, propre au français ; vous auriez : espoir pacifique charbonnier ruhrien. Eh bien ! non, non et non ! le français pense : espoir de pacification dans les mines de la Ruhr. Votre emploi d’épithètes juxtaposées ne tend à rien de moins qu’à supprimer l’analyse rationnelle des idées ! … Les constructions agglomérées et madréporiques répugnent au génie analytique et dissociateur (pour ainsi parler) de notre langage. » (Jacques Boulenger et André Thérive, Les soirées du Grammaire-Club, 1924)

Voyez le début d’analyse que je fais de l’anglais comme « langue topologique » chez Arnold Gehlen (ici) : chez ce dernier, ce n’est pas un défaut.

La traduction « espoir de pacification dans les mines de la Ruhr » laisse d’ailleurs coal de côté, et il faudrait en fait, pour rendre fidèlement la construction « madréporique » anglaise, écrire, en suivant le modèle indiqué : espoir de pacification dans les mines de charbon de la Ruhr, autrement dit, traduire quatre mots par onze, ce qui est presque trois fois plus long !

Le principe d’économie n’est pas mauvais en soi. Je me rappelle combien j’étais frappé, dans le métro de Boston, Massachusetts, de voir que les traductions espagnoles des consignes en anglais (car le bilinguisme tendait alors à se généraliser dans cette ville) étaient beaucoup plus longues que l’original ; et je me faisais la réflexion qu’une telle apparence n’était pas de nature à rendre l’espagnol attrayant. Pourquoi un anglophone voudrait-il apprendre une langue s’il perçoit, dans le métro, qu’elle nécessite une bien plus grande prolixité pour parvenir au même résultat, la consigne étant forcément la même dans l’une et l’autre langues ?

Or, en examinant ces consignes, je constatai que le traducteur espagnol en disait d’une certaine façon plus que l’original, par exemple en parlant de « poignée de porte » là où l’original anglais se contente d’indiquer la « poignée », et tout le reste à l’avenant. Cette minutie sans doute bien intentionnée ne peut que rendre l’espagnol peu attrayant pour ceux qui ne le parlent pas, ne peut que conforter les anglophones dans le sentiment intime de la supériorité de leur langue, comparée à une langue en apparence si prolixe. Ces traductions donnent le sentiment que l’espagnol est une langue qui fait perdre son temps à celui qui la parle, car il pourrait dire, et par conséquent penser deux fois plus de choses dans la journée en parlant anglais.

Je soumets cette réflexion aux traducteurs de profession, surtout pour ces messages fonctionnels ou commerciaux comme on en trouve dans le métro : rendez votre langue économique !

D’ailleurs, Boulenger et Thérive donnent, dans leur roman, le nom très madréporique de Grammaire-Club à leur société d’amis de la langue française, et non celui de Club de Grammaire ou Club des Grammairiens. Et club est un mot anglais.

*

« Les fous ont toujours été et seront toujours le plus grand nombre. » (Diderot, Entretien d’un philosophe avec la Maréchale de…)

Peut-on être démocrate avec une telle conviction ?

*

« René Leibovitz … joua au piano de la musique dodécaphonique ; je n’y compris rien ; mais elle avait été interdite par les nazis. » (Simone de Beauvoir, La force des choses)

*

« On dit que plusieurs sages-femmes prétendent, en pétrissant la tête des enfants nouveau-nés, lui donner une forme plus convenable, et on le souffre ! » (Rousseau, Émile)

Les déformations crâniennes pratiquées par les Huns, les Incas, et d’autres, poursuivaient-elles un objectif physiognomonique, à savoir le développement des facultés intellectuelles dans une certaine direction ?

*

« Les enfants sont si longtemps rampants et faibles, que la mère et eux se passeraient difficilement de l’attachement du père, et des soins qui en sont l’effet. » &

« L’homme est sociable par sa nature, ou du moins fait pour le devenir. » (Rousseau, Émile)

Que l’on songe au prodige de subtilité dans l’idée que l’homme est par nature fait pour devenir sociable, plutôt que sociable par nature. Rousseau ne pouvait tout simplement pas ne pas ajouter « ou du moins fait pour le devenir », sans jeter à terre son état de nature et son Contrat social. Je voudrais toutefois que les penseurs qui discutent de son contrat social et de son état de nature, gardent présents à l’esprit les deux citations ci-dessus.

*

« La liberté n’est dans aucune forme de gouvernement. » (Rousseau, Émile)

Une pensée de l’auteur du Contrat social.

*

Die Träume für bloßes Gedankenspiel, bloße Phantasiebilder ausgeben zu wollen zeugt von Mangel an Besinnung oder an Redlichkeit. … Diesem Satze vom Grunde als den ausnahmslosen Prinzip der Abhängigkeit und Bedingtheit aller irgend für uns vorhandenen Gegenstände müssen nun auch die Träume hinsichtlich ihres Eintritts irgendwie unterworfen sein: allein auf welche Weise sie ihm unterliegen, ist sehr schwer auszumachen. (Schopenhauer, Versuch über das Geistersehn und was damit zusammenhängt)

L’influence de Schopenhauer sur Freud est plus ou moins connue des biographes de ce dernier. La citation ci-dessus contient en germe la théorie freudienne des rêves, dans la mesure où l’on y trouve l’expression d’une pertinence du contenu des rêves autrement que dans le contexte irrationnel de l’oniromancie de la plus haute antiquité.

En examinant ensuite les propositions de l’oniromancie antique, qu’il décrit comme fondée sur une clé d’interprétation en quelque sorte universelle du symbolisme des rêves, indépendante des individus, Schopenhauer s’en écarte en affirmant que l’interprétation est à produire à partir de la biographie individuelle, ce qui est purement et simplement une première expression, à ma connaissance, du postulat de la théorie psychanalytique des rêves :

Allein diese [Oniromantik des Artemidoros u.a.] fügt die Voraussetzung hinzu, daß die Vorgänge im Traum eine feststehende, ein für allemal geltende Bedeutung hätten, über welche sich daher ein Lexicon machen ließe. Solches ist aber nicht der Fall: vielmehr ist die Allegorie dem jedesmaligen Objekt und Subjekt des dem allegorischen Traume zum Grunde liegenden theorematischen Traumes eigens und individuell angepaßt. (Ibid.)

Sur cette base, Freud se mit à chercher de quelle manière les événements de la vie individuelle se traduisent en symboles oniriques.

*

Die Batrachier führen vor unsern Augen ein Fischleben, ehe sie ihre eigene, vollkommenere Gestalt annehmen, und nach einer jetzt ziemlich allgemein anerkannten Bemerkung durchgeht ebenso jeder Fötus sukzessive die Formen der unter seiner Spezies stehenden Klassen, bis er zur eigenen gelangt. Warum sollte nun nicht jede neue und höhere Art dadurch entstanden sein, daß diese Steigerung der Fötusform einmal noch über die Form der ihn tragenden Mutter um eine Stufe hinausgegangen ist? (Schopenhauer, Parerga und Paralipomena)

C’est  la « loi biogénétique » du darwinien Haeckel : l’ontogenèse récapitule la phylogenèse.

Les textes de Parerga et Paralipomena ont été publiés en 1851, L’origine des espèces de Darwin en 1859, et la loi biogénétique de Haeckel a été rendue publique en 1866 !

Il est également significatif que « la remarque selon laquelle le développement de chaque fœtus adopte successivement les formes des classes existantes de son espèce jusqu’à parvenir à la sienne propre », la loi biogénétique, donc, soit appelée par Schopenhauer « une observation à présent reconnue de façon assez générale ».

Même s’il peut paraître un peu vague, ce passage de Schopenhauer ne permet pas de douter qu’il s’agit d’évolution des espèces : les différentes « classes » d’espèces sont pensées comme inscrites dans un processus temporel d’évolution, de l’ancien et « inférieur » au nouveau et « supérieur » (« jede neue und höhere Art »).

Que l’évolution soit linéaire de cette façon, le darwinisme a montré, bien que de nombreux darwiniens aient maintenu cette façon de voir, que c’était vrai en tendance, sous l’effet de la sélection naturelle, mais que les circonstances pouvaient tout aussi bien conduire à des « régressions », et qu’il convenait au fond d’abandonner un vocabulaire à connotation hiérarchique en ces matières, car des « régressions » sont adaptatives.

Je renvoie le lecteur à mon « Schopenhauer père de Darwin » (x). L’histoire de la théorie de l’évolution a été falsifiée par de pseudo-intellectuels chauvinistes. Le darwinisme est apparu dans un milieu scientifique saturé d’observations et d’hypothèses relatives à l’évolution des espèces, dont l’espèce humaine ; il a contribué à unifier l’ensemble de ces observations et hypothèses dans une théorie générale cohérente, mais il n’est guère permis de dire que ce fut une révolution dans les esprits, car de nombreux autres esprits que Darwin cherchaient ce que ce dernier a finalement trouvé.

*

« Être sujet aux lois, c’est être sujet de l’État, c’est-à-dire du représentant souverain, c’est-à-dire de soi-même : ce qui n’est pas de la sujétion, mais de la liberté. » (Hobbes, Léviathan)

Cette définition de la loi et de l’autonomie du citoyen soumis aux lois sera reprise par Rousseau, puis par Kant.

*

Selon Hobbes, l’âme en tant que substance incorporelle n’est pas une notion chrétienne mais païenne.

« Que l’âme de l’homme soit, dans sa propre nature, éternelle, et une créature vivante indépendante du corps, ou que n’importe quel homme soit immortel, autrement que par la résurrection du dernier jour, c’est une doctrine qu’on ne trouve pas dans l’Écriture. » (Hobbes, Léviathan)

« Dans l’Écriture, l’âme signifie toujours ou bien la vie ou bien la créature vivante … Dieu créa les baleines, et omnem animam viventem [etc] … Si, en s’appuyant sur ces passages, le mot âme signifie une substance incorporelle, qui existe indépendamment du corps, on pourrait aussi bien déduire la même chose de n’importe quelle créature vivante » (Ibid.)

« Les humains … étaient en général possédés, avant la venue de notre Sauveur, par suite de la contagion de la démonologie des Grecs, par cette opinion selon laquelle les âmes des humains sont des substances distinctes de leurs corps. » (Ibid.)

*

En lieu et place de philosophie, Hobbes affirme que les théologiens scolastiques pratiquent l’aristotélité (cf. Léviathan). Schopenhauer a fait le même constat avec les philosophes d’université, qui pratiquent la Hegelei.

Schopenhauer reste à ce jour le mal-aimé des études philosophiques universitaires. Son âme peut se consoler en pensant à l’influence que son œuvre a exercée sur des écrivains et penseurs de la plus haute importance. (Puisque j’ai parlé plus haut de son influence sur Freud, qu’il me soit permis de préciser que Freud n’est pas inclus selon moi parmi ces penseurs de la plus haute importance.)

*

« Un arbre isolé dans la campagne pousse de travers, il étend largement ses branches ; en revanche, un arbre qui se dresse en pleine forêt pousse droit parce que les arbres voisins lui résistent, il cherche l’air et le soleil au-dessus de lui. » (Kant, Propos de pédagogie)

(On le trouve également dans les manuscrits non publiés de Kant (Nachlaß 1499) : ,,Bäume nötigen sich einander, gerade zu wachsen.’’)

Image que l’on retrouve à l’identique, sans le nom de Kant, dans Citadelle de Saint-Exupéry :

« Mais les arbres que j’ai vus jaillir le plus droit ne sont point ceux qui poussent libres. Car ceux-là ne se pressent point de grandir, flânent dans leur ascension et montent tout tordus. Tandis que celui-là de la forêt vierge, pressé d’ennemis qui lui volent sa part de soleil, escalade le ciel d’un jet vertical, avec l’urgence d’un appel. »

*

« Le sexe masculin, quoique le plus fort, n’a pas fait la loi à son avantage, en établissant les ménages isolés et le mariage permanent qui en est une suite. » (Charles Fourier)

Aussi ne l’a-t-il établi que parce que les femmes ont mis à ce prix la jouissance sexuelle (Schopenhauer).

Les théories féministes, si l’on veut, qui prétendent que les ménages isolés, monogames et plus ou moins indissolubles seraient une caractéristique patriarcale, sont loin du compte ; c’est un théoricien de la liberté sexuelle, Fourier, qui le dit.

Selon des études plus récentes, le ratio des sexes dans une société donnée (qui fluctue autour de 1:1) détermine le degré de promiscuité : plus les femmes sont nombreuses, plus la promiscuité est grande car, l’homme étant alors relativement rare, ce sont ses exigences qui font loi.

En quoi le mariage, avant notre supposée émancipation des femmes (plutôt que des hommes), était défavorable au mari, le même Fourier l’a amplement démontré :

« Les dogmes religieux, plus sévères que dans l’antiquité, interdisent au mari certaines précautions que dicte la prudence : Interdictio semen effusendi extra vas debitum (Interdiction de répandre la semence en dehors du vase vaginal). La femme l’exige par masque de piété ; son vrai motif est de légitimer les œuvres d’un amant. » &

« Cocu de par la loi est celui dont la femme fait un enfant de contrebande évidente, comme un mulâtre, quarteron ou octavon. La tricherie est incontestable ; mais les formes ont été observées, et la loi adjuge au mari cet enfant … Selon le beau principe : Is pater est quem nuptiae demonstrant (N’est père que celui dont le mariage a prouvé qu’il l’est). »

Et voilà un exemple de ce que ça donne, quand un de ces grands esprits dont j’ai parlé plus haut a lu Schopenhauer, comme l’écrivain et poète Thomas Hardy : « It appears that ordinary men take wives because possession is not possible without marriage, and that ordinary women accept husbands because marriage is not possible without possession; with totally different aims the method is the same on both sides. » (Hardy, Far from the madding crowd)

*

So long as visible or audible pain turns you sick, so long as your own pains drives you, so long as pain underlies your propositions about sin, so long, I tell you, you are an animal, thinking a little less obscurely what an animal feels. &

This store men and women set on pleasure and pain, Prendick, is the mark of the beast upon them, the mark of the beast from which they came. (H.G. Wells, The Island of Dr Moreau)

So much for Bentham and other ‘Utilitarians’ (from the mad scientist who’s a genius in his own right).

*

Modern torturers in Chile break down prisoners by putting them in cells where everything –walls, furniture, ustensils, window covers– is painted white. (Marshall McLuhan & Bruce Power, The Global Village, 1989)

Un peu comme nos hôpitaux publics, en somme. On n’est pourtant pas censés s’y faire torturer (les opérations se passent sous anesthésie). S’agit-il de dissuader d’y entrer, une opération plus ou moins inconsciente de maîtrise des coûts ?

*

Psychoanalysts are fascinating as a special sort of clowns. They have the same attraction as circus freaks, or of distorting mirrors. They evoke the court dwarves of gone ages, whose charm, if one may say, lied in their making themselves funny either by endorsing something elevated or by finding it defective in some way or other.

*

Everyone wants to be a star, who cares about privacy?

*

L’ordre moral a, dit-on, été explosé par les nécessités de la consommation de masse, qui doit saborder parcimonie, frugalité, tempérance, mais la répression des pulsions sexuelles implique bien d’autres ressorts que la pénurie de biens matériels, pour qu’elle ait disparu avec cette pénurie.

*

Selon John C. Lilly, l’intelligence à l’état solide (solid state intelligence, SSI), c’est-à-dire l’intelligence artificielle devenue autonome, doit détruire l’humanité, à composante principalement aqueuse (water-based), car les conditions environnementales de sa survie impliquent la suppression de l’air humide, de l’eau.

Ce n’est pas sans angoisse qu’il décrit un tel scénario, et qu’il cherche les moyens de le prévenir, mais il ne démontre pas que notre instinct de survie s’étend à la survie de l’espèce humaine en tant que telle. En réalité, c’est ce qu’il est impossible de démontrer : l’instinct de survie est un instinct exclusiviste. Mes gènes veulent prédominer contre d’autres gènes au sein de l’espèce, ils ne savent pas ce qu’est une menace d’extinction de l’espèce.

Si je raisonne sur une telle extinction, je ne raisonne déjà plus au niveau génétique, et la justice implique donc de peser le pour et le contre entre la SSI et nous sur un plan autre que génétique.

*

Les gens mentent. Ils donnent aux marketeurs les réponses qui, leur semble-t-il, les font paraître intelligents et distingués. Ils mentent sur leurs préférences, leurs habitudes (nient avoir emprunté de l’argent, mentent sur ce qu’ils lisent), leurs motivations… C’est pourquoi les marketeurs ont dû mettre au point des approches qui ne reposent plus seulement sur des questionnaires adressés à des échantillons de consommateurs. Avis aux chercheurs français en sciences sociales.

*

Les lois de la nature nous apportent, dit Berkeley, la régularité et la prévisibilité qui rendent nos activités possibles. Mais c’est bien par ces mêmes lois que se produit un jour la catastrophe naturelle inattendue qui prend tout le monde de court, comme si personne ne connaissait les lois de la nature. Elles ne sont donc pas une preuve de sagesse ou de bonté divine, elles ne nous donnent qu’une sécurité trompeuse. Toute notre science est un bluff.

*

C’est une curieuse conception de considérer que le droit à l’anonymat est une composante critique du débat public, alors que c’est la preuve que les individus ne sont pas libres de s’exprimer.

Je défends en effet l’idée que nul ne doit être inquiété pour ses paroles.

*

C’est quand même dégueulasse : sous la monarchie, les femmes n’avaient pas le droit de vote.

*

Plus on va haut, plus l’air est raréfié et plus il est difficile de se maintenir longtemps à la même altitude : « travail inégal ».

*

Freedom-free zone.

*

No freedom from freedom for the enemies of freedom from freedom.

*

C’est sa mère qui l’a marié. Peut-être même qu’elle lui tenait la main lors de sa nuit de noces.

*

Dans l’édition de Matérialisme et empiriocriticisme, par Lénine, qui se trouve dans ma bibliothèque, dans l’index Engels a le droit, j’ai compté, à dix-sept lignes de références, tandis que Marx a le droit à treize. On parle de marxisme parce que c’est plus simple qu’« engelsisme ».

*

When all is said and done, poetry wins.

Subliminal XIII: The Merguez Undergloss (I Can’t Stand It)

In Subliminal XII (here) (Complements), I pictured myself as a man engaged in a lonely struggle attempting to expose subliminal practices in advertising. The truth is that it is far from being the case, as a brief search on YouTube can convince anyone that the topic is very hot. Scores of videos, viewed by hundreds of thousands, even millions of people, just do the same as I do. Yet the advertising industry and media carry on their business unconcerned.

To be sure, many of these videos seem to circulate chiefly in certain networks preoccupied with the power of an agency they call the Illuminati. I understand that these Illuminati would be some organization inside the freemasonry, the top managers of the whole business, so to speak, apparently having (according to some) direct communication with Satan, which plans they intend to fulfill on this earth. Subliminal techniques, in this peculiar view, would serve Illuminati’s goal of world domination.

That some die-hard Christians, faced with the secularization of our societies and cultures (perhaps a sham, this secularization, in fact), are apt to explain things in terms of spiteful, inimical agencies – and the Devil himself – is not a big surprise. That they are, on the other hand, if not the only ones, at least the most active and successful (counting the number of viewers of their videos) in exposing subliminal techniques, and thus in contributing to the knowing of our times, in short that they proved to be the spearhead of the movement toward the truth, even if it be in that field only, must be a little shocking for a die-hard Secularist.

One is compelled to acknowledge that advertisers are like conjurers. If you knew the conjurer’s tricks, you wouldn’t go to his show. Likewise, if you knew how advertising worked, then advertising would fail to achieve its goal, which is to influence behavior. That such is its goal is somewhat concealed by our society, its laws and law courts’ calling it “commercial information” notwithstanding the fact that such “information” is always aiming at the consumer’s purchase in the interest of the “informant.” Given this goal – suggestion –, advertising must remain undiscussed and unexamined if it ought to be efficient. Democracy has proved often enough over time that it can accommodate to complete lack of transparency in many matters; yet, on the plane of principles, both concepts – democracy and opacity – undermine each other, so how one reconciles the status of advertising with our national constitutions is a problem that so far has remained unresolved.

…………….Case 96 Boodles SEX

Cases 96 & 97 are taken from Vanity Fair n° 672, August 2016 (English edition: “Vanity Fair is published by the Condé Nast Publications Ltd., Vogue House, Hanover Square, London,” p. 26).

Case 96

Case 96

The above picture shows a woman’s face looking at the viewer. Albeit the model’s chin seems to rest on her left hand, not a single flesh fold, which the pressure of the palm on the fatty parts of the chin would make one expect, can be seen. Evidently, the picture is a montage. Perhaps the hand is not even the same person’s.

Now, if you take a closer look at the area where the hand is supposed to be in contact with the chin, the feeling arising is actually that of distance rather than contact. It seems that the graphic designer made no effort at all to create an illusion of contact, and that he wanted to tell us a quite different story than that of a chin resting on a hand, which a quick glance at the advert first suggests Gestalt-wise.

The model wears a cream-colored jersey. The fabric’s fold on the shoulder is extremely peculiar; I can’t figure out how the jersey could become so folded, unless it has been very poorly cut… or the fold designed to that effect for the ad. So let’s take a closer look at this fold. I have outlined nothing in the picture because I think the effect is obvious. The hand, seemingly used to support the model’s chin, is in fact clenching an object that protrudes from it, on its right, and is suggested by a double fabric fold. This object is no other than a penis. It is a still flaccid or half flaccid penis curving downward, and the hand masturbates it, making it bob to and fro because of its not being quite stiff yet.

Furthermore, the two folds delineating the penis can be connected to a third one further on the left, the resulting compound making a stylized vulva.

…………….Case 98 Creed SEX

Case 97

Case 97

97 - 2

97 – 2

97 - 3

97 – 3

The above picture 1 is taken from a two-page ad for the new Creed woman perfume Aventus For Her, of which it is the first page, showing only the “classic” Aventus perfume for men. We see the perfume bottle salient on a marble-like whitish background and some greenery probably representing the fragrances involved and which I identify as blackcurrants, mint and licorice. The licorice stick is leaning against the bottle top. Its tip is reminiscent of a penis, which I have outlined in red.

The curvature is suggestive and, although the stalk somewhat tapers toward the tip, the glans neatly partitions from the shaft thanks to a visible ridge. The texture of the stick provides veins on the shaft (I outlined one) as well as finer creases around the frenulum (a few being outlined).

I suggest this penis-like object is in fact a clitoris. Just above the point where the meatus would be, lies a dark area given to construe as the shadow of one of the mint leaves. The whole display of shadows looks rather messy and not quite according to the laws of optics. This particular shadow here delineates a pool, that is, an ejaculate pool. Its smoky aspect could also represent some sprayed substance, a cloud of fine moisture particles emanated from the clitoris due to arousal. In short, the arrangement suggests to you the effect that Aventus perfume will have on women: it will arouse them and make them wet and receptive and consenting to any sexual proposition.

…………….Case 98 L’Oréal SEX

Cases 98-102 are taken from the American magazine Glamour, August 2016.

Case 98

Case 98

98 - 2

98 – 2

98 - 3

98 – 3

The present ad for L’Oréal “Infallible Pro-Glow” is endorsed by Ethiopian model and actress Liya Kebede, whose name appears on the bottom left of the upper picture, for those, like me, who did not know who the model is. Not that the name was known to me either, but I was made aware in that way that she was a celebrity. Mentioning the name might betray that the celebrity in question is not so famous, after all – or does it mean that it was thought she would be impossible to recognize in the ad due to massive airbrushing of the picture?

I don’t know what the apparatus on the left of the upper picture is; it looks like some hairdresser’s or gymnastics equipment. On another plane, it looks like a human skull looking at the model, with the chrome parts drawing the jaws and mouth.

The model is looking at the viewer. Among the intricate patterns of the left ear (the model’s right ear) a fellatio has been embedded, which I have outlined in white. Next to the model’s temple appears a penis – shaft, glans and meatus visible. Its impressive size can be measured by comparing it with the human face drawn beside it, the mouth of which being entirely concealed by the glans. The performer of the fellatio must be currently licking the shaft.

…………….Case 99 Johnson & Johnson’s Aveeno SEX

Case 99

Case 99

99 - 2

99 – 2

Another case of celebrity endorsement, this time for Johnson & Johnson’s Aveeno daily scrub and daily moisturizer (to be used together). (For theoretical considerations on celebrity endorsement, see Case 39 here.)

Contrary to Case 98 with actress Liya Kebede, the celebrity here is not named. She’s the American actress Jennifer Aniston, as a quick internet research taught me. I guess she’s more expensive a model than her colleague Liya, whose name has to appear on the ads.

At the bottom right of the ad, a string bean (French bean) is leaning against the moisturizer bottle. Two beans are out of their pod. The whole thing is a naïve (I mean the pictorial genre) representation of an erect penis. I don’t need to outline anything; it’s as plain as the nose on your face. The pointed tip may hint, if you like, at a condom.

…………….Case 100 Chanel Eau Tendre SEX

Case 100

Case 100

On this picture there is wind, but looking carefully you will find that it is impossible to tell from which direction the wind blows. If you look at the cap of the perfume bottle, blown away from it, and at the model’s dress, the wind blows from behind her back. If, on the other hand, you look at the model’s hair and shawl, the wind blows from left to right. The apparent inconsistency, likely to be missed on conscious level by many viewers anyway, may suggest a maelstrom of sensations; surely this is something of the sort the creators will tell you if you ask them what they were meaning with such multidirectional winds.

Yet there may be something else than just that. Salvador Dali has devoted a whole book to Jean-François Millet’s painting L’Angélus (below): The Tragic Myth of Millet’s Angelus (in the original French Le Mythe tragique de l’Angélus de Millet), in which he explains among other things that the man’s hat is concealing an erection. Dali shows a cartoon in which a naked character can be seen in the same position as the man in the painting, holding a hat at the level of his genitals; when the character takes his hands off the hat because he needs them at once for another use, the hat does not fall and instead stays in the same position, so the reader understands it is maintained by the character’s erect penis. Dali tells us that this subliminal erection (I don’t remember if he actually uses the word “subliminal”), together with the woman’s attitude, which he describes as mantis-like, was what spooked him as a child after he first saw this painting.

In the advert here, the same technique may have been used (intentionally here, whether Millet’s effect was intentional or not). The dress would look as if it were blown forward by a powerful wind but, as the shawl and hair a few centimeters higher are blown in the opposite direction, it would not be wind but instead a powerful erection that elevates the dress in such a manner. The ad would thus appeal to women’s penis envy (Freud) by subliminally depicting a woman with a huge penis capable of mighty erections.

millet-angelus

…………….Case 101 Unilever’s Dove SEX

Case 101

Case 101

Another case of celebrity endorsement (see Cases 98 & 99). The personality endorsing the product is, I suppose, the woman seen in the ad, and her name the one given under the quoted words, namely, Simona Di Dio. I searched for this name on the Web and found that no single Simona Di Dio can be deemed a celebrity but a few of them, if any, because I found one dancer (a belly dancer, actually), one poetess, one lawyer… As the ads talks of perspiration, I suppose our Simona here is the dancer. So much for celebrity endorsement.

They were right anyway not to use a better-known personality for their ad, because they intended to have her tell a lie. The quote reads: “I didn’t know an antiperspirant could make my underarms softer and smoother.” Let’s ponder for a moment over how things happened. Did Simona, one day, buy Dove Advanced Care and became aware after using it that her underarms had become softer and smoother so she wanted to advertise the fact to the whole world and reached out to Unilever to that effect, or was Simona (if she exists at all) called by the advertising agency to appear in an ad under words alleged to be hers for cash payment? Well? I needn’t answer, need I?

In a way, the process is the same with all celebrity endorsements. The glitterati do not care a dime about the product they advertise (as long as it does not injure their image), they only care about the money they get from being associated with it. In most cases, however, it’s not so direct; if it’s an actor, for instance, who’s paid, he will play a little sketch in a TV spot or pose for a picture. Here, it is the celebrity’s own words that are supposedly quoted, and the name has the same function as a signature.

Moreover, the copy reads as follows: “Dove Advanced Care goes way beyond protection. 9 out of 10 women agreed that it made their underarms soft and smooth.” Can Unilever prove it? Can they show the questionnaire, the answers given to it, the research protocols? Can they explain how the survey was carried out? Perhaps they can – why not? – but the material is their propriety and they won’t disclose it. Only justice could compel them to disclose their proprietary material, but on what ground? Figures without sources, it’s what advertising is all about. No deadly sin, you may argue; but not commendable either. Far from commendable, in fact.

…………….Case 102 Chevrolet Malibu Suicide

Case 102

Case 102

Where does “a complete 180 on the ordinary” (copy) drive you? According to this ad, it may well lead you to the brink of an abyss.

Albeit “Drive Safely” is written on the license plate (in red letters), the Chevrolet Malibu stands on some perilous edge. If you look at the visible front wheel, you see a diagonal line running behind it in a slightly upward straight direction. Even though the white wall on the right of the car continues further toward the front, this line, beyond which nothing is to be seen (below the wheel and car) but a black space, a different space from that on which the car is now standing, seems to indicate the end of the parking lot, or whatever that place is. The parking lot opens on a mountain scenery under bright sky. The feeling conveyed is that of height, the parking lot looks as if it were accessed through an opening in a mountain slope, and the line the car is about to cross if it advances just a little farther is the edge of a chasm. By escaping the ordinary, the advertisers thus seem to mean indulging one’s suicidal tendencies.

That advertising would appeal to some Thanatos urges (death wish) in man comes as no surprise. That a car is a fitting object to make appeals of this kind goes without saying, given the death toll our societies are paying to their road networks. – Appealing to (and exacerbating) aggressiveness when selling cars, as the ad in Case 88 does (here), may be regarded as criminal, by the way, bearing this death toll in mind, because those who use their cars and see driving as an outlet to their aggressiveness are likely to provoke more accidents. If research proves this intuitive view wrong, and the counterintuitive view that these people have less accidents right, then I’d be glad to be informed of it.

…………….Complements

Several ads in Glamour magazine are copyrighted (you can see the copyright symbol on Case 99’s picture, for instance). This is something I have found frequently in magazines’ American editions but much more infrequently, or even not at all, in other countries’ editions at my disposal. For instance, I do not find a single copyrighted ad in the Vanity Fair August issue, English edition, from which Cases 96 & 97 above are taken.

Does it betray a pettifogging spirit in American business law? Be that as it may, it looks like I’m infringing on legal rights by using copyrighted material (like in Case 99). All I can say for my defense is, please go back to Subliminal Junk XII (here), Complements, and to Eric McLuhan’s quote. It explains why, when writing The Mechanical Bride and Culture Is Our Business, Marshall McLuhan did not ask for permission before using several advertisements in these books, because his publisher found it was not necessary. If it was unnecessary in Canada only, or whatever the publisher’s country was (Marshall McLuhan being a Canadian, I assume his publisher was in Canada, but whatever the country is, it is only one country in any case), then the books still would have had to require permissions for sales outside that country, in other legal contexts, that is – a point on which Eric McLuhan does not say a word, which in turn leads me to assume, provisionally, that permission is unnecessary worldwide, no matter how strange that sounds (but remember we’re dealing with multinational companies on the one hand, internet on the other hand, and that nation states look a little irrelevant in this context).

Yet it is astonishing that, in one and the same issue, some ads are copyrighted and others are not. Some companies copyright their ads and some don’t. I have no idea what is to be inferred from the practice, or its absence, but, still, here are the companies that copyright their ads and those that don’t in the Glamour issue for August 2016:

Copyright: Maybelline LLC (4 ads), Levi Strauss & Co., Estée Lauder Inc. (2 ads), CliniqueLaboratoires LLC, L’Oréal USA Inc. (10 ads), Garnier LLC (7 ads), Johnson & Johnson Consumer Inc. (3 ads), Allergan (2 ads), Jockey International Inc., Unilever (2 ads), Kao USA Inc., Procter & Gamble (4 ads), Mondelez International Group, Simple (2 ads), Merck Sharp & Dohme B.V., Del Monte Foods Inc., GEICO, Otsuka America Pharmaceutical Inc., Kraft (2 ads, p. 121, p. 133), Bayer, Condé Nast (p. 135).

No Copyright: Nordstrom, Condé Nast (pp. 6-7), Essie, Unilever (3 ads), Sunglass Hut, Buffalo David Bitton, AG Jeans, Chanel, Current/Elliot, Forever21, Paula’s Choice, Covergirl BeautyU, Arm & Hammer, Ogxbeauty, Kraft (p. 115), It’s A Ten Haircare, Chevrolet, Epicurious, Wet Brush, Hair Recipes.

Though the un-copyrighted ads tend to be for minor brands, this is not always the case (Chanel, Chevrolet). Some companies or groups even have some of their ads copyrighted and others not, in the same issue (Condé Nast, Unilever, Kraft).

August 2016