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XLII Les Manuscrits du baron de Saxy-Beaulieu

À ceux de mes lecteurs à qui le nom de Saxy-Beaulieu est devenu familier depuis que j’ai publié la lettre de mon lointain parent, le seigneur de Saxy-Beaulieu, au sujet des relations séculaires entre Celtes et Saxons (en anglais, ici), j’ai le regret d’annoncer que ce dernier est décédé de mort naturelle dans le manoir familial la semaine dernière.

Son fidèle serviteur William m’a envoyé des feuillets réunis et portant mon nom, qui m’étaient destinés ; il s’agit de manuscrits de mon parent, qu’il a souhaité me transmettre afin, je pense, que je les publie sur ce blog, dont il avait connaissance et qu’il m’a dit apprécier. Bien qu’il écrivît en dialecte saxon, il traduisit certains de ces textes afin que la postérité en prît connaissance sans avoir à passer par les services de linguistes devenus, selon lui, fort rares dans cette spécialité. Je publie ici ce qu’il a traduit en français, une langue pour laquelle il gardait une certaine affection depuis sa jeunesse et de multiples séjours sur la Côte d’Azur.

***

Quel rapport entre le Dieu du Proslogion, d’Anselme de Canterbury :

« Et certes l’Être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, ne peut être dans la seule intelligence ; même, en effet, s’il est dans la seule intelligence, on peut imaginer un être comme lui qui existe aussi dans la réalité et qui est donc plus grand que lui. Si donc il était dans la seule intelligence, l’être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé serait tel que quelque chose de plus grand pût être pensé… »

et le Dieu de la Bible :

« Ils virent le Dieu d’Israël de leurs propres yeux. Il se tenait sur un ouvrage qui semblait de saphir. » (Ex. 24:10)

« Aaron doit revêtir ce vêtement lorsqu’il officie dans la tente. Lorsqu’il entrera dans la tente pour rejoindre le Seigneur, ainsi que lorsqu’il en sortira, les clochettes de son vêtement tinteront. Ainsi, il ne lui arrivera rien. » (Ex. 28:35)

Autrement dit, si Dieu n’entend pas les clochettes, le risque est qu’il se sente menacé et tue les intrus.

« Ceci est une règle imprescriptible pour Aaron et tous ceux qui lui succèdent : ils doivent, avant d’entrer dans la tente pour leurs travaux, se laver les mains et les pieds. » (Ex. 30:21)

Par où l’on voit que Dieu craint les microbes.

« Les tables de la loi étaient le propre ouvrage de Dieu. C’est l’écriture de la propre main de Dieu qui était gravée sur les tables. » (Ex. 32:16)

« Je ne vous accompagnerai pas Moi-même jusque-là. Ce peuple n’en fait qu’à sa tête. Et si Je vous accompagnais, Je sens que Je vous exterminerais en cours de route. » (Ex. 33:3)

Quel rapport ? Mystère…

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« Les ennemis de la Sophia étaient les Archontes, qui résidaient dans le Mysterium qu’ils avaient créé, ce qui signifie qu’ils étaient les monstres du monde primordial, adonnés à leur démoniaque entreprise de confusion, et les gardiens aux portes des Éons. La Sophia parvint à les rejeter dans l’Abîme. Son ennemi invétéré était l’Archonte du Chaos, Yaldabaoth, moitié flammes et moitié ténèbres. » [J’ignore d’où provient cette citation.]

Celui qui s’engage dans la voie de la gnose entre aussitôt dans le labyrinthe de l’Ennemi. Alors qu’il pénètre plus avant dans la cour du souverain infernal, la hiérarchie des diables qu’il rencontre s’élève par degrés, si bien que, loin de devenir plus tranquille, il subit des attaques toujours plus violentes, qui l’anéantiraient complètement s’il ne se fortifiait en même temps.

La puissance d’un démon se mesure entre autres au nombre d’esprits que celui-ci est capable de posséder simultanément. Et l’individu supérieur qui ne trahit point son principe (le « bon-homme », Guthman ou Guzman) doit tôt ou tard considérer tous les individus qui sont moins avancés que lui au plan spirituel comme des instruments dont se sert le démon pour lui nuire.

Car, comme il est dit que celui qui aura une pollution nocturne sera impur tout le jour suivant et n’approchera point du Tabernacle, et que si c’est un soldat, il passera le jour hors du camp (Deut. 23:9-10), il faut entendre par là que la pollution expose l’individu à la possession démoniaque.

L’impureté du chrétien souillé, quand elle ne fait plus l’objet de prescriptions particulières en termes d’exercice de l’activité ordinaire, est cause que cette activité s’en trouve gravement perturbée, voire foncièrement compromise, et qu’il eût mieux valu pour lui qu’il « quitte le camp » pour un certain temps plutôt que d’y rester, car alors il ne fait rien de bon malgré toute sa bonne volonté. C’est ainsi que, voyant David absent, « Saül ne dit rien ce jour-là ; car, pensa-t-il, c’est par hasard, il n’est pas pur, certainement il n’est pas pur. » (Sam. 20:26)

Or imaginons qu’un individu traverse une foule tandis que le démon dans les quartiers duquel il a pénétré à ce stade de son progrès le guette, il est clair que son ennemi dispose dans cette foule d’une grande quantité de véhicules et d’instruments, dans lesquels il pourra pénétrer et par l’intermédiaire desquels il pourra exercer sa cruauté : tant il est vrai qu’il ne peut se trouver dans cet amalgame qu’une majorité de personnes souillées, et même un grand nombre d‘autres adonnées aux turpitudes de manière habituelle. Et vous voudriez qu’il fût indifférent de traverser une foule !

*

La Recette de l’or

J’ai en ma possession la formule permettant de transformer le plomb en or. L’écrivain mondialement connu August Strindberg, en plus de comprendre et d’écrire un grand nombre de langues (ce qui n’était pas rare à son époque, dans une certaine classe de gens), étudiait et pratiquait avec passion la chimie. Il s’adonnait notamment à des recherches sur la transformation du plomb en or, à laquelle il est parvenu. Il a légué le résultat à la postérité en consignant la méthode dans sa correspondance. Il en fit même l’annonce dans un grand journal parisien (car il vivait à Paris à cette époque), sans susciter apparemment autre chose qu’un silence gêné.

Or il est évident qu’aucun chimiste de profession ne lit la correspondance de Strindberg et qu’aucun professeur de littérature – ces gens ont trop tendance à considérer que les écrivains qu’ils étudient sont eux-mêmes du type des professeurs spécialisés –, s’il tombe sur cette formule ne s’en préoccupera le moins du monde. La découverte de Strindberg est ainsi restée méconnue jusqu’à moi.

[J’ignore, à ce jour, si mon parent a fait usage de cette formule et s’il a pu avoir confirmation de la véracité de l’étonnante assertion de l’écrivain suédois. Dans la mesure où il a cru bon de traduire ce fragment, je me perds en conjectures sur la profondeur de sa conviction – ou de son illusion. J’ai toujours pensé qu’il vivait des revenus de sa propriété mais certains papiers examinés depuis sa mort laissent penser que ces revenus étaient en réalité des plus médiocres… Quoi qu’il en soit, à ceux qui seront en mesure d’en juger, je livre ici les passages de la correspondance de Strindberg recueillis par mon parent ; il s’agit ni plus ni moins de la recette pour créer de l’or, selon Strindberg.]

J’ai découvert que pendant dix ans j’ai fait de l’or mais que je l’ai jeté car il s’est présenté noir comme de la suie et marron comme du tabac à priser. Mais je ne suis pas en état de me démener car personne ne se laissera convaincre. Voici une recette que tu pourras utiliser après ma mort.

Recette

Sulfate de fer (vitriol vert), nitrate de cuivre,  nitrate d’argent : solutions extrêmement diluées

(De préférence au chaud avec un papier au fond de la cornue)

Peut être varié infiniment par un solvant et un réactif.

C’est là le secret : de sorte que l’on peut faire tous les métaux à partir de leurs propres solvants et réactifs. Mais l’or, on doit le faire à partir d’un sel de cuivre et d’un sel d’argent que l’on précipite avec du sulfate de fer et de l’acide oxalique, ou avec du tartrate d’ammonium, ou avec du chlorure d’étain ou avec du sulfate de protoxyde de mercure.

L’argent doré que tu as vu se fait ainsi : on laisse nager des feuilles d’argent dans une solution diluée de CuSo4 + FeSo4 + NaSo2 ; et puis on chauffe. Griller dans du borax, dissoudre dans de l’eau, on verra alors le liquide bleu aux reflets bruns qui est la caractéristique d’une solution d’or. » (Lettre du 6 juillet 1906 à Harriet Bosse)

&

C’est un fait que j’ai fabriqué de l’or et que j’ai écrit là-dessus, que j’ai analysé, etc. et que je peux le prouver, mais la production en grand ne m’intéresse pas ; j’aimerais cependant que vous le croyiez.

Expérience : prenez un corps qui se développe sans faute de l’oxalate de fer, fait de vitriol de fer bleu-vert sans tache jaune ; de l’eau distillée, encore de l’oxalate neuf et de l’acide citrique ou acétique (quelques gouttes). Versez le tout dans une assiette creuse blanche (une demie) et posez-la devant vous en pleine lumière du jour.

Prenez maintenant le flacon d’ammoniac et promenez-le lentement au-dessus de la surface du liquide, qui coagule et se couvre de plaques graisseuses.

Agitez l’assiette de manière à briser les plaques. Revenez avec l’ammoniaque. Laissez reposer ! Agitez ! revenez avec l’ammoniaque !

Quand les plaques graisseuses prennent des reflets jaunâtres et se présentent en plus grande densité, écumez-le et posez-le sur des bandes de papier, de préférence du papier parcheminé ou du papier à lettres opalin et laissez sécher sans feu ni soleil. Ceci est de l’or, mais si finement réparti que l’acide azotique ou chlorhydrique le dissout.

Remarquez bien : l’or battu en feuilles se dissout sous l’effet de l’acide azotique ou chlorhydrique et il n’y a pas là de preuve a contrario.

Quand les bandes de papier ont séché, mettez-les dans une boîte de porcelaine et passez dessus du mercure ; agitez. L’or s’amalgame avec le mercure. Le fer ne le fait pas ! Nota Bene !

Versez finalement le mercure dans un tout petit flacon et vous verrez l’or joliment jaune, qui ne s’amalgame cependant pas encore. Mais versez dans le flacon quelques gouttes d’une solution d’alun, de salpêtre et de sel de cuisine. Agitez ! Vous verrez l’or perdre sa couleur jaune, s’amalgamer et disparaître dans le mercure.

Si on distille le mercure dans une cornue, l’or reste au fond, mais ce n’est toujours pas de l’or, ce peut être une poudre noire ou brune. On la laisse fondre dans une cuillerée de borax (et de salpêtre ?)

Pourquoi est-ce de l’or ? Une autre fois ! mais faites bien attention : le Ferrocyanure jaune avec des sels d’or donne du bleu de Prusse, aussi bien qu’avec des sels de fer ! Et la réaction ferrugineuse prouve seulement qu’il y a du fer, ce sont on ne doute pas, mais l’or y est aussi.

(Une autre méthode : dans un baquet on met de la couperose verte, un peu de couperose de cuivre, du chlorhydrate d’ammoniaque. On y verse un peu d’ammoniaque et on remplit aussitôt le baquet d’eau. Si on le fait le soir, on ramasse un bel or le lendemain matin, de préférence dehors.)

En photographie, on voit souvent du chlorure d’argent violet « noirci par la lumière ». Cet Ag2Cl me semble être de l’oxyde d’or = Au2O3H3

Ag2Cl = 247

Au2O3H3 = 247

Expérience : Chauffez le chlorure d’argent violet à 100°. Il doit maintenant prendre une teinte châtain et être de l’Au2O3H3 = de l’oxyde d’or. Dissolvez cette matière châtain dans un mélange d’acide sulfurique et d’acide azotique. Délayez ensuite avec de l’eau pure et l’or se déposera métallique, visible. Mais il peut aussi se déposer sous la forme d’une poudre noire ou brune. (À fondre avec le borax !)

« Étrange coïncidence : »

La couperouse verte précipite de l’or de ses sels !

L’acide oxalique précipite de l’or de ses sels !

L’acide acétique précipite de l’or de ses sels !

Comment le photographe a-t-il eu l’idée de les réunir ?

Voyez-vous : il transmue l’argent en or. Et quand le nitrate d’argent devient violet à la lumière, il devient de l’or.

Expérience : prenez une solution d’oxyde d’argent traité à l’acide tartrique et faites précipiter avec du fer passé à l’acide tartrique. Dans le livre on dit qu’il se dépose un argent jaune. Faites cette expérience et remettez l’argent jaune à un orfèvre et demandez-lui seulement : – Combien de carats, cet or ? Mais ne lui dites rien du procédé par lequel vous l’avez obtenu ! Faites-le !

Des objets en ivoire deviennent joliment dorés si on s’en sert pour repêcher les plaques d’or ; de même la porcelaine mate et le biscuit. (Lettre du 6 juillet 1896 à M. Torsten Hedlund)

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Strindberg n’eut jamais que des paroles de mépris pour les théosophes à la Blavatsky, qui exercèrent toutes sortes de pressions sur lui pour qu’il rejoignît leur mouvement et en vinrent même, dit-il, à le persécuter.

Quand Strindberg parle des « théosophes », il se réfère à des auteurs plus anciens que Blavatsky, et en particulier à Swedenborg. Ces auteurs n’ont rien à voir avec la société qui a pris ce nom.

La Chaîne de la Théosophie

De 1704 à 1707, Konrad Dippel de Frankenstein vécut à Berlin, où il pratiqua l’alchimie, cherchant à transmuter le plomb en or.

Il est celui qui introduisit le terme ou le concept de « Lumières » (aufgeklärt) dans la littérature :

Es suchten nemlich die aufgeklärte und erleuchtete Gemüther/ durch die Bibel das Recht der Natur zu verjagen/ und wenn ihnen den dieser Schein-heilige Anschlag gelungen wäre/ so würden sie sich bemühen/ die Bibel/ durch ihre Erleuchtungen ebenmäßig zu vertreiben/ damit sie/ wenn solche Mittel denen Menschen aus den Händen gedrehet wären/ sich eines Dominats desto sicherer über Selbige anmassen könten.

L’huile éthérique qui porte son nom (Dippels Tieröl) était selon ses dires Elixir vitae, c’est-à-dire un remède universel. Elle fut utilisée contre les vers et pour le traitement de l’épilepsie. Il découvrit avec Johann Diesbach la formule du bleu de Prusse, le premier pigment synthétique.

En tant qu’alchimiste, il était convaincu de la possibilité de transférer les âmes d’un corps à l’autre et pratiqua diverses expériences à cet effet sur des cadavres. Il conduisit également des expériences avec des explosifs.

De 1716 à 1718, Swedenborg publia une revue scientifique, le Daedalus Hyperboreus, recensant notamment les découvertes et inventions scientifiques et mécaniques de son époque. Il y décrit une précoce et étonnante machine volante.

En 1735, il publia le court texte De Infinito, dans lequel il discute les modalités des relations entre le limité et l’infini. Il déclare que l’âme a un substrat dans la substance matérielle. Dans son ouvrage ultérieur Regnum animale, il cherche à expliquer l’âme du point de vue anatomique.

Swedenborg, qui fut proche de Dippel, continua de le fréquenter, après la mort de celui-ci, dans le monde des esprits.

Plus tard, Strindberg, qui se déclara disciple de Swedenborg, parvint à transmuter le plomb en or, ce dont il témoigne dans sa correspondance.

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Contribution à l’étude des relations entre paganisme, judaïsme et christianisme
à l’aube de ce dernier

Certains admirateurs de l’Empire romain font valoir les mérites du paganisme ancien et de son système politique en opposition à la fois au judaïsme et au christianisme ou, si vous voulez, au judéo-christianisme, dans un sens peu conforme à la réalité historique.

Voyons tout d’abord ce qu’était la relation entre le premier César et les juifs, avant l’apparition du christianisme. Dans les Vies des douze Césars de Suétone, on peut lire ce passage décrivant les funérailles de Jules César :

« Une foule d’étrangers prirent part à ce deuil public, et s’approchèrent tour à tour du bûcher, en manifestant leur douleur, chacun à la manière de son pays. On remarqua surtout les Juifs, lesquels veillèrent même, plusieurs nuits de suite, auprès de ses cendres. »

Une note ajoute : « César leur avait accordé (aux juifs) divers privilèges. » Il leur permit de rebâtir les murailles de Jérusalem. Mais, plutôt que de les paraphraser, voici ce que disent les édits de Jules César en faveur des juifs :

Nous Caïus César, Empereur, dictateur, consul pour la cinquième fois, ordonnons tant par des considérations d’honneur, de vertu et d’amitié, que pour le bien et l’avantage du Sénat et du peuple romain ordonnons :

que Hyrcan, fils d’Alexandre, et ses enfants seront Grands-Prêtres et souverains sacrificateurs de Jérusalem et de la nation juive ;

qu’on diminuera des impôts aux juifs dans la seconde année de leurs revenus et qu’ils seront exempts de toutes impositions ;

que les habitants de la ville de Jérusalem paieront tous les ans un tribut dont la ville de Joppé sera exempte, mais qu’ils ne paieront rien la septième année sabbatique, parce qu’ils ne sèment point et ne recueillent point les fruits des arbres ;

qu’ils paieront dans Sidon de deux ans en deux ans un tribut qui consiste au quart des semences, ainsi que les dîmes à Hyrcan et à enfants comme l’ont payé vos prédécesseurs.

&

Nous Caïus César informons les magistrats des Parianiens que des juifs de diverses provinces sont venus nous voir à Délos pour se plaindre de la défense que vous leur avez faite de vivre selon leurs lois et de faire des sacrifices, ce qui est une rigueur contre nos amis et alliés que nous ne pouvons souffrir, puisqu’on leur permet même dans Rome de pratiquer ces coutumes. Même si par ce même édit nous interdisons de faire des rassemblements publics dans Rome, nous exceptons les juifs de cette interdiction.

En outre, César négocia un traité de confédération avec l’État des juifs. L’empereur étant mort subitement au cours de ces tractations, le traité fut présenté au Sénat par Antoine et Dolabella pour ratification. Le Sénat confirma cette proposition et l’érigea en traité d’alliance et de confédération. Jules César et le Sénat concevaient ainsi l’Empire romain comme une confédération avec l’Etat hébreu (ce qui n’est pas sans rappeler d’une certaine manière les actuelles relations, depuis des décennies, entre les États-Unis d’Amérique, première puissance mondiale, et l’État d’Israël, même s’il n’est pas encore question d’une confédération de jure entre les deux).

En matière religieuse, l’Empire romain faisait une différence entre le légal (religio licita) et l’illégal (religio illicita) : le judaïsme était une religio licita, le christianisme fut une religio illicita punie des arènes et du supplice des bêtes sauvages.

Contrairement à une idée répandue, notamment depuis Gibbons, qui prétend que le christianisme recrutait presque exclusivement dans le prolétariat et qu’il en reçut l’empreinte, le patriciat romain occupe une place de choix parmi les premiers saints et martyrs de l’Église chrétienne. Ces vieilles familles romaines, ou ce qu’il en restait, avaient sans doute mesuré la décadence de cet empire adonné à tous les cultes zoophiliaques de l’Orient empoisonné, de Caligula à Héliogabale en passant par Néron, autre grand ami des juifs, dont la cour en comptait un grand nombre, toujours selon Suétone. Le patriciat romain a donné beaucoup de son sang pour la foi chrétienne. (Peut-être est-ce d’ailleurs surtout une affaire de femmes, de matrones romaines voyant dans le christianisme un mouvement susceptible de les libérer de l’état d’esclavage dans lequel elles étaient maintenues : à creuser.)

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Une église hiérarchique et centralisée comme l’Église catholique ne peut fonctionner sans Saint-Office, c’est-à-dire sans l’Inquisition.

C’est le Saint-Office qui a révélé l’existence des « prêtres judaïsants », c’est-à-dire des juifs convertis et devenus prêtres qui corrompaient le culte de l’intérieur et vouaient ainsi les fidèles à la damnation éternelle en raison des erreurs hérétiques dans lesquelles ceux-ci étaient induits. Le Saint-Office, après enquête, livrait ces prêtres au bras séculier qui les conduisait au bûcher. Certains s’enfuyaient à Constantinople, chez les Turcs.

De même, le P. Pierre Damien avait dénoncé, dans Le Livre de Gomorrhe, le complot des pédérastes au sein de l’Église au douzième siècle : les prêtres pervers confessaient eux-mêmes leurs diacres sodomites et la cabale se répandit jusqu’aux plus hautes sphères ecclésiastiques, allant jusqu’à falsifier les documents canoniques relatifs à la sodomie dans un sens hérétique.

[Je présenterai ultérieurement le film mexicain Satánico pandemonium – La Sexorcista (1975) de Gilberto Martínez Solares afin de discuter le thème de l’hypocrisie ou de la fausseté, et de ses conséquences, dans le contexte de la direction spirituelle.]

Ingeborg, A Viking Girl on the Blue Lagoon

Please support my film project Ingeborg, A Viking Girl on the Blue Lagoon, based on the research conducted by Dr Jacques de Mahieu, director of the Institute of Human Sciences in Buenos Aires (Instituto de Ciencia del Hombre de Buenos Aires).

According to Jacques de Mahieu (1915-1990), the Vikings went as far as the Pacific Islands. As a matter of fact, after they had helped develop a few civilizations in South America (or while they were doing so), they took their drakkars again and sailed to the Pacific. There they left traces of their presence too, in solar myths associated with white gods similar to those of the precolombian peoples, in the fair skin of the aristocracy among the islanders, and in the red hat worn by tribal chiefs, like in Peru, in memory of the red or fair hair of the Vikings. Norwegian explorer Thor Heyerdahl confirmed such data, yet considered white migrations to Pacific islands to be even more ancient. (As explained below, Mahieu himseld was aware of earlier migrations to America.)

My aim with this film is to shed light on these events by depicting the life of Vikings in the Pacific (hence the Blue Lagoon of the title). Viewers will be told the story of a young Viking girl, called Ingeborg, on the far-away islands. Let us follow her steps on the blue lagoon’s sand.

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Ô Ingeborg, let me sing my song for you…

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Remember that Greenland under the Vikings was a full-fledged colony replete with men, women and children. Vikings took their women with them when they had a purpose of colonization, as the Goths had already done before them. Of course, when it was raids that were organized, for looting, they did not take women with them in such occasions.

When, after a few reconnoitering travels from Greenland and/or Vinland (their colony on the North-American continents), navigating along the coastline, they decided that those lands on the South would provide good settlements, they brought women with them.

The story of Quetzacoatl, the blond-bearded ‘god’ of the Aztecs, tells us something about it. Quetzacoatl was a Viking whose real name was, according to De Mahieu, Ullman*. During one of his trips further to the South, some Vikings, led by the ‘god’ Tezcatlipoca, rebelled against him. With loyal followers, he then left the rebels and the country altogether.

Whether it is these men or others from the same people who later travelled from America to the Pacific islands, I assume they took their women with them, and thus a little girl called Ingeborg might well have treaded with her soft, tender feet the warm sand of the atolls, her long sunny hair shaded by the palms of the blue lagoon, as early as 12-13th A.D.

* Ulmén : (arauc. ghulmen) m. Chile Entre los indios araucanos, hombre rico, que por serlo es respetado e influyente. (Definition of ulmén from a Spanish-American dictionary: “Among Araucan Indians, a wealthy man, as such respected and influential.”) I don’t know if Jacques de Mahieu knew this term, which looks almost identical with the name Ullman he says was the name of the historical Viking behind Quetzacoatl. According to Aztec myths, Quetzacoatl possessed great wordly riches. Given the likeness, here we could have the same linguistic phenomenon as reflected in such Spanish expressions as ser un Cortés (to be a Cortes) or ser un Don Juan (to be a Don Juan); that would be, proper, “to be an Ullman,” whether that Ullman is the one from Mexico or another Viking explorer and settler.

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When the Conquistador Francisco de Orellana made his expedition on the Amazon river, he once met with the Amazons, women from an all-woman tribe. The missionary priest of the expedition, Gaspar de Carvajal, who chronicled the events, described these women as tall and white-skinned. The Indians that the Spaniards made prisoners told them these women were living on their own and that they used to get spouses from other tribes, formerly from another White tribe, now disappeared, and currently with Indians. Orellana then named the river after these women.

It should be noted that stories about women living on their own and/or training in fighting are few in history besides this chronicle. Herodotes mentions a similar tribe among the Scythians (those whom Herodotes called Scythians were later called Goths, whereas the Huns were later called Scythians, which can be confusing; if we follow classical traditions about Scythians, i.e. ancient authors such as Jornandes, Herodotes’s Scythians are the same as Goths). Likewise, Icelandic sagas deal with a few characters of so-called Virgins of the Shield, or Shieldmaidens (Skjaldmær), female warriors.

The Indians told the Spaniards that the Amazons lived in stone houses, unlike any other Indian tribe in the region. The other White people of Amazonia (those Whites who used to be in contact with the Amazons but disappeared before the period of the Conquest) were also fairly developped, with roads and stone buildings, according to the Indians**.

In academia it has long been thought, in spite of pervasive local legends about “lost cities,” that no such developped culture was possible in the region, especially since the soils would not be fertile. Two lines of arguments have undermined this position. 1/ Along the river, the soil is extremely fertile; it is called terra preta (black soil) in Portuguese and is the most fertile in the world. It results from human intervention, that is, manure. 2/ Recently, American archaeologist Dr Michael Heckenberger found remnants of stone buildings in the area of terra preta, which would confirm the oral tradition about Amazons living in stone houses. From the records, no Indian tribe known today in the region has ever developped such a culture.

** Iara, senhora das águas: “Iara ou Uiara (do tupi ‘y-îara ‘senhora das águas’) ou Mãe-d’água, segundo o folclore brasileiro, é uma sereia. Não se sabe se ela é morena, loira ou ruiva, mas tem olhos verdes e costuma banhar-se nos rios, cantando uma melodia irresistível. Os homens que a vêem não conseguem resistir a seus desejos e pulam nas águas e ela então os leva para o fundo; quase nunca voltam vivos e depois os comem. Os que voltam ficam loucos e apenas uma benzedeira ou algum ritual realizado por um pajé consegue curá-los. Os índios têm tanto medo da Iara que procuram evitar os lagos ao entardecer. Iara antes de ser sereia era uma índia guerreira, a melhor de sua tribo.” (Wikipedia; my emphasis twice) This description of Amazonian Tupi goddess Iara as a green-eyed (i.e. depigmented-eyed) mermaid who previously was member of a female-warrior tribe tallies with Orellana’s white Amazons.

Furthermore, the identification of Amazon women with goddess Iara is ascertained by the legend about the talismans known as muiraquita: “O Muiraquitã era um amuleto sagrado e mágico que as Icamiabas [my emphasis] presenteavam os homens que anualmente vinham fecunda-las. Dizem que possuem propriedades terapêuticas e grande fortuna trás a todo aquele que possuir um desses singulares amuletos. Quanto ao significado esotérico de Muiraquitã, devemos decompor seu nome em vocábulos, para compreender sua simbologia feminina: Mura = mar, água, Yara – senhora, deusa, Kitã = flor. Podemos então interpretá-lo como ‘A deusa que floriu das águas’.” Icamiabas is a native name for the Amazons; they are believed to be the ones who distributed among the tribes of the region those magic talismans which name is said to mean ‘the goddess that came out of the waters,” which is precisely what is said above about Iara the green-eyed warrior goddess.

muiraquita

Muiraquita

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Jacques de Mahieu’s research on precolombian America went further into the past than the Vikings’ time. He writes that the American civilization of the Olmecs is a creation of white immigrants, who became the ruling class over the population of Indios. The cultural achievements and the rests of the white population of the Olmec and early Tiahuanacu culture were the base for the early Maya culture.

Later the Vikings founded a new realm at Tiahuanacu, that became the centre of civilization in America with about 100,000-150,000 inhabitants. Later they founded the Inca empire. Here the state was based on a caste-system divided between the ‘sons of the sun’ (white kings and nobles) and the aboriginal Indio population.

In Peru, the Spaniards reported several times meeting whites, especially in the upper caste of the Incas, where women were described as blonde and fair-skinned, reminding them of ‘Castillan beauties.’ For some reason historians tend to dismiss these accounts by the Conquistadores as deceptive.

The Inquisition in America destroyed almost all documents from precolombian civilizations. Jacques de Mahieu, and several others, also said that Templars sailed to America when their order was destroyed in Europe. The Templars were an order of noblemen originally founded by Norman knights. They seem to have practiced a Gnostic form of Christianity. It is said that Cathars joined their ranks after the Crusade that annihilated their community as such.

Templars’ ranks being filled with Norman gentry, descendants of King Rollo and the Vikings, these men, according to De Mahieu, knew about America, as their relatives from across the Atlantic had made several trips between the two continents, informing Norman rulers of America’s existence and leaving them navigation maps. De Mahieu wrote about maps that he had found in the town of Rouen, Normandy. With the help of such maps, Templars would have been able to sail to America in order to escape persecution from the Church.

When the Spaniards came, and with them the Inquisition, the Church would destroy all traces of Templar presence in America. The Gnostic teachings that the Church attempted to erase by smothering Cathars and Templars, in the same way the Church pursued them in the Visigothic kingdom of Septimania (Languedoc), burning practically all extant texts in Gothic language, were caught in its tentacles as far as precolombian America!

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I have in my library an abridged version, in French translation, of the General History of the Things of New Spain (Historia general de las cosas de Nueva España, 1569) by Fray Bernardino de Sahagun, Spanish missionary in Mexico, knowledgeable in nahual and all things Indian. His book was written before the prohibition by Emperor Felipe II, in 1577, imposed on all research about American Indians’ customs.

In a chapter called “Evangelization before the Conquista,” Sahagun describes various items hinting at a knowledge of the Catholic faith by Indians. He opines and writes that the Indians had been converted to the Christian faith in a remote past but, as they were no more Christians at the time of the Conquista, they must have forgotten most of what had been carried to them by some long-dead missionaries.

Among traces of white prehispanic presence in America, Sahagun names the following. Although there were no plants or cereals, such as wheat, nor animals, such as cows, of European origin in America (a fact with which Jacques de Mahieu disagrees: according to the latter, Canis ingae, for instance, a species of dog that was living as domestic animal by some Indian peoples at the time of the Conquista, was brought there by the Vikings), there existed similar cultural elements, such as:

1/ Paintings found in Oaxaca depicting something that is very much alike the Crucifixion of Jesus Christ;

2/ Devotion practices like oral confession and water baptism;

3/ The missionaries met in different places (Campuche, Potochan) Indians who knew several stories from the Scriptures pretty well.

These were, according to Sahagun, remnants of remote Christian evangelization in America. On the other hand, some customs and myths that he describes remind one of Scandinavian lore. Vide, for instance, the following descriptions (my translation):

“All the brave and soldiers who die on the battlefield are transported to the palace of the Sun. In the morning, at sunrise, they take on their armors and march toward the Sun with clamors and loud noise. Then they march before Him while simulating battles for their pleasure.” Which looks like the Walhalla of Scandinavian warriors (but perhaps all warriors around the world have similarly rowdy afterlife abodes).

& “(At the end of times or rather at the end of the present cycle) The sun will not rise and from the outer space will come down the monstrous, horrifying Tzitzimes to devour men and women.” Which reminds one of the Ragnarok (and its monstrous dragon Nidhogg).

Finally, Sahagun describes what we already said above, that Quetzacoatl, leader of the Toltecs of Tula (Thule?), was opposed by some of his men, here described as necromancers, chief among whom was Tezcatlipoca, god of putrefaction, and that he left his people, yet saying he would come back. Whence came the fact that first the Spaniards were welcome by the Aztecs as returning gods.

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Vikigen Quetzacoatl (The Viking Quetzacoatl), watercolor by Ossian Elgström, 1931
(serving as cover illustration for a 1991 collection of ethnographic studies)

This work shows that the idea of Vikings having played an influential role in precolombian America was already in circulation at an early date.

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Tezcatlipoca the Necromancer

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With regard to the Pacific islands, the following early anthropological observations about local populations by famous explorers Bougainvillier and Cook may corroborate Mahieu and Heyerdahl’s writings, if the formers’ reports did not trigger the latter’s research in that particular direction to begin with:

Le peuple de Taiti est composé de deux races d’hommes très différentes … [Pour les uns] Rien ne distingue leurs traits de ceux des Européens; et s’ils étaient vêtus, s’ils vivaient moins à l’air et au grand soleil, ils seraient aussi blancs que nous. … La seconde race est d’une taille médiocre, a les cheveux crépus et durs comme du crin et ses traits diffèrent peu de ceux des mulâtres.” (Voyage autour du monde) My translation: “Taiti’s people is composed of two very different races. … [As to the first] Nothing in their traits differs from those of Europeans, and had their custom been to wear clothes rather than to live outdoors under the sun, they would be as white as we are. … The second race is of shorter size, their hair is frizzy and stiff as horsehair, and their traits hardly different from those of mulattos.”

As to Captain Cook, here is how he describes chief Waheatua (I translate from the French version I have in my library): “He had a pretty fair complexion and his hair was smooth and light brown, reddish at the tip.” (Il avait un teint assez blanc, et les cheveux lisses d’un brun léger, rougeâtres à la pointe.)

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Albert Brenet, Arrivée de Bougainville à Tahiti

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The research of Jacques de Mahieu has been carried on by Prof. Vicente Pistilli, who founded in Asuncion the Instituto Paraguayo de Ciencia del Hombre on the model of Mahieu’s Buenos Aires institute. Here is a short biography, from Pistilli’s book La Cronología de Ulrich Schmidel, Instituto Paraguayo de Ciencia del Hombre, 1980:

El autor señor don Vicente Pistili S. nació en Asunción el 27 de Febrero de 1933. Graduóse de Bachiller en Ciencias y Letras del Colegio Nacional de la Capital en el año 1951. Obtuvo los siguientes títulos universitarios : Topógrafo (1954), Licenciado en Matemática (1955), Ingeniero Civil (1958), Malariólogo y Sanitarista (1962), Licenciado en Filosofía (1965), Licenciado en Teología (1967). (…) El Profesor Ingeniero Don Vicente Pistilli S. ha colaborado con la Educación Paraguaya, siendo el primer docente a Tiempo Completo en Matemática del Colegio Nacional de la Capital. (…)

Cuando en 1972, el Profesor Doctor Don Jacques de Mahieu publicó la comunicación cientifica “Las Inscripciones Rúnicas Precolombinas del Paraguay” [my emphasis], el profesor Pistilli comprendió en toda su magnitud la importancia que tenía el descubrimiento arqueológico del notable investigador francés, quien abría una vía nueva para la investigación de nuestro pasado precolombino. Así fué como, conjuntamente con un grupo de intelectuales paraguayos, crearon el Instituto Paraguayo de Ciencia del Hombre, asociación civil de carácter científico. (…)

Pistilli ha dirigido equipos nacionales de investigacion arqueológica, con resultados positivos en todas ellas, relevándose inscripciones rúnicas, dibujos nórdicos, bosques sagrados, caminos precolombinos y monolitos tallados. Además ha realizado importantes investigaciones lingüísticas, las cuales confirman la influencia nórdica precolombina en el Paraguay.

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