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Journal onirique

La fondation de l’être est liée aux signes des dieux. Et en même temps la parole poétique n’est que l’interprétation de la « voix du peuple » (Stimme des Volkes). C’est de ce nom que Hölderlin appelle les légendes, les « dicts », dans lesquels un peuple fait mémoire de son appartenance à l’étant en son ensemble. Souvent cette voix se tait et s’exténue en soi-même. (Heidegger, Hölderlin et l’essence de la poésie / Hölderlin und das Wesen der Dichtung)

Il faut donc quelqu’un de plus haut, de plus proche du Sacré, et pourtant toujours encore différent de lui, un dieu, pour lancer dans l’âme du poète l’éclair qui enflamme. Ainsi le dieu prend sur lui Cela qui est « au-dessus » de lui, le Sacré, et, l’assemblant, il le porte à l’acuité et à la force de l’unique éclair grâce auquel il est « orienté » vers les hommes ; c’est ainsi qu’il en fait le don. (Heidegger, Comme au jour de fête / Wie wenn am Feiertage…)

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’y a pas de conviction qui soit enracinée en moi avec une plus grande certitude que celle-ci : Le contact psychique avec les habitants des autres planètes est un phénomène normal de la conscience humaine. (Helgi Pjeturss)

[Je commence par un rêve couché sur papier en anglais, bien que, de mémoire, je n’aie jamais rêvé qu’en français. L’anglais était la langue que j’utilisais alors à titre principal pour mes notes. Contrairement aux rêves suivants, celui-ci est présenté sous une forme moins narrative que didactique.]

Seeing sex acts sparks spite. When you look for intimacy to have sex with your girlfriend, when you look for a secluded place (not your own) where she and you will be alone and undisturbed, in fact you run the risk of making unwanted encounters.

You go to a lonely, isolated place with your girlfriend, but three bad guys find you there by chance, aggress you, beat you, humiliate you, rape the girl with impunity as there is no witness and no one to give a help. (Remember: You needed an isolated place.)

Probably, in the remote past gangs of men would form and take the opportunity of pairs having to isolate themselves to gang rape women. Cf. H.G. Wells about Japanese rapist gangs (in The Outlook for Homo Sapiens). Männerbünde. Hence a slasher film may not always put one in a self-protection mode, as supposed by evolutionary psychology (Kenrick & Griskevicius), but rather could put one in the mate-searching mode specific to ancestral Männerbund members…

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Je fais de l’auto-stop dans le village de Fibblwuggn, où je suis égaré (je cherche à retourner à la gare ferroviaire à l’extérieur du village), profitant de ce qu’un jeune routard est là et fait lui-même du stop, quelque peu désabusé par son insuccès. Les voitures nous ignorent délibérément, de même que les habitants du village.

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Un très vieil homme, qui dans sa jeunesse l’a connu, me parle de Kant. Il avait une maladie des nerfs qui lui faisait voir par moments en noir et blanc (il voyait la vie en gris). Il a par ailleurs inventé le moulin à poivre de table. Et : « Il était pauvre comme Job. Quel homme ! » À ces paroles, j’ai honte de moi.

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Après avoir subi des épreuves initiatiques de nature thériomachique, en particulier la morsure à la tête par un homme-chien, je suis devenu membre d’une société secrète sataniste et cannibale, comme mes parents, mes frères et ma sœur [qui n’apparaissent pas dans ce rêve sous les traits des membres de ma famille réelle]. Seule une autre sœur n’en fait pas partie et ignore l’existence de cette société secrète. Je finis par dire à la première, celle qui appartient à la secte, que je ne peux plus vivre ainsi. Cela se passe sur le pont d’un bateau dans l’archipel de Stockholm, par une belle journée de l’été scandinave ; ma sœur est d’ailleurs une grande et belle Suédoise blonde. Elle commence par ne pas vouloir m’écouter, puis nous nous étreignons en pleurant ; elle comprend. Ce sont des larmes d’adieu très émouvantes.

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Papi va mourir [mon grand-père était déjà décédé depuis plusieurs années quand je fis ce rêve]. Je le vois d’abord assis sur le banc de pierre dans le jardin de sa maison, avec mon père (son fils). Il me regarde. Puis nous déjeunons dans la salle à manger avec d’autres, mais Papi est maintenant un homoncule, une sorte de bébé, et comme je l’ai mal ajusté sur sa chaise il se renverse et tombe par terre. Sous cette forme il demande une grande attention et de grands soins, comme sous sa forme suivante, un chat maigre.

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Des enfants font les « vagabonds du rail » (cf. La route de Jack London sur son expérience de hobo) jour après jour pour se rendre à l’école et en revenir.

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Une discussion chez un écrivain au Caire. Entre les méandres du Nil se sont établies des communautés humaines d’origine commune n’ayant plus que très peu de relations entre elles du fait de leur séparation par le fleuve. C’est ainsi que la langue originale de ces communautés s’est perdue, remplacée par de multiples dialectes propres à chacune.

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Une créature du prince des ténèbres tue un homme en lui arrachant la tête. La tête est arrachée avec une sorte de croc ou de ventouse plantée dans le crâne de l’homme à terre. La tête arrachée entraîne avec elle l’ensemble des viscères (comme pour un krasseu thaï [voyez ici]), traînés au sol, sur un tapis de couleur claire où ils laissent une empreinte sanglante.

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Parfum Le Chômeur de la boutique Lady Laine (choix de pulls en laine). Belle boîte et beau flacon noirs et or de ce parfum.

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Je m’engage dans un cañon de glace que surplombent de part et d’autre des montagnes irisées par le soleil. Le corridor du cañon est en pente déclinante et, le sol étant lui-même glacé, je me laisse glisser, debout, en tâchant de garder mon équilibre. Plus je descends, plus les parois du cañon s’élèvent et l’intérieur du cañon s’assombrit. Au moment où F. me rejoint sur un skate-board, nous parvenons à l’entrée d’un tunnel, marquée par d’étranges mousses de couleur rouille.

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Un conducteur de train, tenant à me montrer une certaine particularité du réseau ferroviaire connue de lui, me conduit comme unique passager le long d’une voie traversant une forêt au bord d’un précipice. Au fond du précipice se trouve une zone résidentielle. La voie est si près du vide qu’elle ne peut plus être empruntée, m’explique le conducteur. À un moment, le train est même obligé de rouler en dehors des rails pour ne pas tomber dans le vide.

J’ai rendez-vous avec J. à une station de métro de Dubaï, ou d’une autre ville du Golfe, pour lui raconter la chose. En sortant de la station, je le trouve qui m’attend. Je scrute des yeux la skyline pour retrouver le chemin de retour à notre hôtel. L’architecture qui s’offre à mes yeux, sous un ciel lumineux, est futuriste et étincelante. C’est J. qui trouve les repères le premier et nous nous mettons en marche.

En chemin, alors que nous nous engageons sur la chaussée pour traverser une rue, une voiture déboule. Je recule et fais reculer J. pour retourner sur le trottoir mais la voiture, que nous avons forcée à ralentir, nous y suit et pile devant nous quand nous sommes dos au mur. La conductrice, une jeune femme occidentale, tient à nous réprimander pour nous être engagés sur la chaussée, mais je ne comprends rien à ses paroles. Elle repart. Un passant, occidental également, dans le genre hippie, entend lui aussi nous faire la leçon. Je cherche à nous excuser par la discussion prenante qui nous occupait, J. et moi, ainsi que par le fait que « ma courge raccourcit », ce qui veut dire sans doute que je me fais vieux.

Notes

1/ C’est comme si le train de la forêt m’avait déposé à la station de métro de la ville futuriste, comme si la station de métro était un arrêt régulier de cette ligne perdue.

2/ La skyline me surprend par ce que j’y découvre. Mes souvenirs de voyage, dans la vie éveillée, sont peu mobilisés par ce qui s’offre à mes yeux dans ce rêve (contrairement à la première partie du rêve, où la zone résidentielle au fond du précipice est bien connue de moi dans la réalité). Certaines tours d’une couleur brun sombre ont des formes improbables. Je prends grand plaisir à contempler cette skyline. Je comprends que nous ne sommes pas à l’époque, ni même à l’ère, où j’ai visité le Golfe mais dans un futur lointain.

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Une salle de classe (collège ou lycée). La professeure va et vient entre les tables. Sa jupe blanche laisse voir par transparence, dans la salle claire à la lumière du jour, ses sous-vêtements, ainsi que les mouvements de ses fesses et de ses muscles. Je me demande si les autres le voient aussi, et cette idée me rend jaloux. Lors d’un passage près de ma table, elle laisse discrètement tomber un bout de papier plié sur mon cahier. Je le lis à la dérobée : « Reste à la fin du cours. » C’est un rendez-vous ! Comme je n’ai pas l’habitude de m’attarder dans la salle de classe à la fin des cours, et qu’au contraire je sors toujours parmi les premiers, je réfléchis au moyen de rester le dernier cette fois-ci sans que cela paraisse suspect aux autres.

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En rentrant dans mon appartement à N., je découvre qu’une voisine l’occupe. C’est le gardien, dit-elle, qui lui a donné les clés. Deux autres voisins, ses amis, viennent lui rendre visite ; en me croisant dans un couloir, ils me saluent du nom de « Monsieur Pioch » (sans « e ») et se font la réflexion entre eux, dans mon dos, que j’ai tout de même un nom bizarre. À mon retour d’une course, la squatteuse me rend les clés. Je lui demande si elle n’en a plus besoin, si elle n’a plus besoin d’une chambre, et comme elle me répond que non, en descendant les escaliers vers son propre appartement, je lui lance : « Quel dommage ! » C’est mon côté galant.

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Une réunion d’amis chez une jeune ministre. Nous sommes plusieurs avec elle sur son lit, peu vêtus. Elle me laisse lui caresser les jambes. Au moment où je me lève du lit, F., qui jusque-là se tenait à côté, se jette brutalement sur elle : quand le calme est rétabli, on découvre qu’il lui a « clippé » (to clip, couper) un bout d’oreille avec un coupe-ongles.

À sa sortie de l’hôpital, nous nous retrouvons elle et moi de nouveau sur son lit, cette fois seuls tous les deux. Son oreille est coupée en deux par le milieu. Comme je témoigne de la surprise, elle me demande si c’est laid. Je lui réponds que c’est visible. Nous restons sur son lit. Je regarde par la fenêtre, puis la fenêtre elle-même. Derrière un voilage blanc, le carreau est couvert sur sa partie basse de dessins d’enfant, comme on en voit parfois aux vitres des écoles (mais ce sont plutôt des collages dans la réalité). La vue donne sur un austère quartier de vieux bâtiments officiels, ministériels. Je comprends qu’elle occupe cette chambre depuis toute petite et qu’elle a gardé ces dessins sur la fenêtre – ses propres dessins – pour avoir dans sa vie autre chose que la sinistre austérité d’une vie ministérielle.

En sortant, je suis arrêté, ainsi que d’autres passants, par un agent de police en raison de quelque cérémonie officielle dont on ne voit nulle trace. L’agent n’a pas d’uniforme, est mal rasé ; c’est un contractuel d’un nouveau genre. Les autres passants supportent mal d’être immobilisés, on demande au contractuel ce qu’il ferait si la foule s’en prenait à lui, la question étant posée sans doute parce qu’il n’a pas d’arme et que les gens le savent. Il s’enferme dans une guérite branlante, d’aspect vétuste, en expliquant qu’il y serait bien à l’abri. Quand il en ressort, la même question lui est posée de nouveau, sous une forme à peine différente, par un individu dont je perçois que l’intention, en posant cette question, est d’inciter à la violence contre le contractuel.

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P. et moi sommes en chasse d’une sorcière particulièrement pestilentielle. Pour la repérer, nous disposons d’un matériel spécial : il s’agit de prélever du bout des doigts dans un pot une goutte d’un produit semblable à du mercure et de la lâcher : si la gouttelette monte en l’air, la sorcière n’est pas dans les parages, si la gouttelette au contraire tombe, la sorcière n’est pas loin. Je répète l’opération plusieurs fois tandis que nous explorons un atelier désaffecté. Les gouttes montent au plafond – jusqu’à ce qu’une goutte tombe.

Plus tard, la nuit, nous devons nous remettre en chasse de la sorcière. Il nous tombe dessus une pluie torrentielle ; elle a été provoquée à dessein par la sorcière, c’est ce que je dis à P. que cette pluie décourage.

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Lors d’un banquet de militants, nous recevons un paquet expédié par notre branche espagnole. C’est, avec les salutations à l’occasion de l’événement que nous commémorons, une vidéo, que nous projetons immédiatement. Les images d’époque en noir et blanc rappellent que notre mouvement ouvrier-prolétarien s’est orienté vers le fascisme en Espagne, ce qu’illustrent les enregistrements de nos anciens dirigeants locaux, bardés de cartouchières comme des Mexicains, et certains slogans tels que « ¡Pópulo duro! » (Pueblo duro).

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À la caisse d’une supérette, quand vient mon tour dans la queue, les trois ou quatre personnes suivantes déposent leurs courses en même temps que moi sur le tapis roulant. Leurs produits passent donc en caisse avec les miens mais je fais bien attention à ne mettre que mes propres achats dans mon cabas. Fâché par leur inconduite, mais gardant le silence, j’éprouve tout de même aussi de la fierté d’être capable de bien distinguer mes produits des leurs, de ne commettre aucune erreur à ce sujet. Puis je me rends compte que je vais devoir payer pour leurs courses passées en caisse avec les miennes.

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Je reçois trois lettres des États-Unis, dont l’expéditeur est une inconnue. En ouvrant la première, je lis qu’elle me reproche l’utilisation sur mon blog d’une photo sans son consentement. La lettre est déjà ancienne car j’ai reçu cette partie de mon courrier (ces lettres et quelques autres) avec du retard. D’où les deux autres lettres de la même personne, forcément sur le même sujet. Je suppose que l’absence de réponse, due au retard de mon courrier, n’a pas contribué à la mettre dans de bonnes dispositions à mon égard. Sa lettre est en deux langues : anglais et français. Le français est à peine compréhensible et, fait curieux, l’anglais ne l’est pas moins. Il s’agit donc peut-être d’un robot et ces courriers ont été envoyés à des centaines de milliers de blogueurs pour leur extorquer de l’argent en misant sur une infraction banale à la législation sur les droits d’usage des photos. C’est ce que je me dis pour me rassurer.

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Peut-on tenir un psychothérapeute pour responsable des homicides commis par un patient ? L. affirme que c’est le psychothérapeute que la société doit condamner. Je réponds que cette solution juridique doit être d’emblée écartée.

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Je suis en immersion dans une famille afrikaner d’Afrique du Sud pour un séjour linguistique sur le point de s’achever. Les enfants de la famille sont un garçon et deux filles, à peu près de mon âge et très blonds. L’une des sœurs me demande de l’aider à naviguer sur internet car elle ne trouve pas la page anglophone du site officiel du Canada pour l’accueil d’étudiants étrangers ; elle se trouve sur la page en espagnol du site et je lui montre que c’est sur l’onglet Languages qu’il faut cliquer pour pouvoir choisir l’anglais. C’est ce que j’essaye de faire mais de nombreuses fenêtres ne cessent alors de s’ouvrir avec des vidéos pornos et je suis vite débordé, je n’arrive plus à les fermer. Je lui dis que son ordinateur est infesté de malwares, tout en essayant diverses manipulations pour ouvrir la page demandée ; manœuvres qui échouent les unes après les autres à cause des fenêtres ouvertes par les malwares. Quelques remarques échangées en aparté entre elle et sa sœur me font alors comprendre qu’elles ont eu vent de mon intérêt pour l’islam au cours de mes études, me suspectent d’être un islamiste et vont chercher à m’humilier.

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Vu une chose horrible. On croit d’abord à une grosse araignée noire, déjà effrayante telle quelle, mais ce n’est là que la partie antérieure d’un mille-pattes monstrueux. La créature se trouve sur le carreau extérieur de la fenêtre de ma chambre. Elle entre par la fenêtre ouverte, traverse la chambre en rampant au plafond, redescend au sol par le mur et va se cacher dans l’obscurité de la salle de bains, où je n’ose me rendre. À vrai dire, je n’ose même pas sortir de ma chambre, car je ne peux le faire sans passer devant la porte ouverte de la pièce où la créature s’est tapie. Dans la journée qui suit, le malaise de cette apparition cauchemardesque me revient par intermittence.

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Ce n’est pas un rêve que je crois vivre mais plutôt un film que je regarde, et dont je me dis que la trame est trop compliquée car j’oublie en cours de route des éléments et des personnages. C’est une sorte de roman filmé d’Agatha Christie, qui se passe entre une grande ville européenne (sans doute Londres) et le Raj anglais (l’Inde coloniale). Par la splendeur du décor, les scènes du Raj me conduisent, en plus de la fascination, à la réflexion amère que ce cinéma a placé la barre trop haut avec son idéal inaccessible (qui est peut-être la civilisation britannique ou, plus exactement, la civilisation de l’Empire britannique). Les premières images du Raj sont celles de l’héroïne quand elle arrive au manoir où elle doit faire sa vie, montrant son émerveillement (que l’on ne peut que partager) devant tant de luxe anglais et de luxuriance orientale. Mais le film a commencé dans la ville européenne. Je cherche à comprendre ce qui s’est passé – les circonstances du crime – mais il est surtout question d’un invité qui ne parle jamais et que l’on continue d’inviter malgré tout, un certain Sergio Volpi. Je suggère que c’est peut-être un espion italien, un espion de Mussolini, mais on me fait comprendre le caractère anachronique de mon hypothèse. Bref, après un coup de téléphone entre Londres et l’Inde, où l’héroïne apprend qu’une jeune femme qu’elle a croisée en arrivant en Inde a été retrouvée assassinée peu après, je comprends que l’intrigue est la suivante : un écrivain est soupçonné d’avoir fait assassiner Awa, la femme qu’il aime et qui est allée vivre en Inde, et c’est à moi qu’il revient de prouver son innocence car je sais qu’il est innocent.

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Bien qu’il y ait eu quelques doutes à ce sujet, le train s’arrête à la gare du village reculé qui est ma destination. Je viens assister à une cérémonie traditionnelle au cours de laquelle la population du village se réunit dans un amphithéâtre en gradins pour assister à une joute oratoire dont le personnage principal ressemble à un juge. Je me rends compte au bout d’un moment que j’ai un rôle à jouer dans cette cérémonie, après que les femmes assises derrière moi eurent décrit à l’assistance le caleçon qui dépasse de mon pantalon (ma chemise étant sortie du pantalon). On me revêt d’un grand châle censé faire de moi l’incarnation de telle vieille femme mythique de ces contrées et je me dois me rendre ainsi accoutré dans un sanctuaire, où je ne peux espérer parvenir qu’après avoir escaladé une falaise. Alors que je suis presque parvenu au sommet, un vieillard quasi valétudinaire engage la descente, ce qui me contraint, compte tenu de son grand âge, à redescendre pour attendre qu’il soit à son tour arrivé en bas de la falaise. Mais en raison de sa condition physique c’est avec beaucoup de peine qu’il descend et je me demande comment je pourrais l’aider. Le voyant finalement inerte et suspendu à peu de distance du sol, je le saisis à bras le corps pour le déposer à terre. Puis je reprends mon ascension. Malheureusement, elle est cette fois beaucoup plus difficile ; après bien des difficultés à trouver les bonnes prises, je parviens tout de même au sommet. Mais au lieu d’y trouver l’entrée du sanctuaire, je me retrouve sur un étroit piton glissant surplombant le pays, et pour éviter le vertige je me réveille.

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Lors d’une conférence, j’apprends que l’air est de nos jours si pollué que les nouveau-nés puent la pollution en naissant. (L’odeur de la pollution imprègne leur peau.)

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Conte africain. Trois petits enfants forgerons, l’un au four avec un soufflet, l’autre avec une calebasse qu’il brandit en l’air régulièrement, le troisième près du petit bois à brûler, chantent un chant magique. L’un après l’autre, chacun entonne un couplet. Puis le petit forgeron du tas de bois poursuit seul, sous son auvent, alternant des couplets à peine audibles avec des périodes de silence. Ensuite, l’un d’eux se rend auprès d’un homme alité à cause de la fièvre et lui prédit, s’il ne se conforme pas à certaines prescriptions, une mort ignominieuse en Europe, chez les Blancs. Puis il lui trace une croix noire sur la poitrine.

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Je suis l’inventeur d’un puissant aphrodisiaque. Il s’agit de mêler une poudre rouge à une poudre verte dans un flacon rempli d’un liquide transparent (qui n’est pas de l’eau mais une préparation spéciale). Deux femmes se trouvent là. Je dis à la plus jeune : « Conserve bien cette recette car elle te permettra de réaliser tous tes désirs sans effort, et cela n’a pas de prix. » À peine ai-je prononcé ces mots qu’une réflexion me vient, variation sur la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave : ce que je viens de promettre ne peut être une bonne chose. La réponse de la jeune femme montre d’ailleurs qu’elle n’est pas convaincue. Je la rabroue cependant et place la potion dans la lumière verte d’un réfrigérateur.

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Sur une plage de sable et de rochers, on me laisse apercevoir un monde sous-marin à explorer. Je plonge, équipé seulement de lunettes, mais ne parviens pas à ce monde entraperçu car je me trouve dans une boucle qui me reconduit à mon point de départ. D’ailleurs, dès que j’ai la tête sous l’eau, ce n’est plus la mer mais une piscine : une piscine en forme de boucle. Déçu, j’éprouve tout de même une certaine fierté d’avoir pu faire toute la boucle sous l’eau sans reprendre une seule fois mon souffle à la surface.

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Je fais partie d’une équipe dont la mission est de combattre et d’éliminer un super-vilain, sorte d’homme au masque de cire qui se couvrait auparavant le visage de bandelettes mais décida un jour d’y renoncer et de laisser apparent aux yeux de tous son visage hideux, tout en portant des lunettes noires et des costumes élégants avec chapeau de feutre. (Dans le générique du film, on voit le super-vilain ôter ses bandelettes et sourire sardoniquement à un homme épouvanté par la vision qui s’offre à lui.)

À deux, nous nous rendons dans une tour de bureaux où nous pensons pouvoir tomber sur ce super-vilain. Dans le lobby qui conduit au couloir où il est censé se trouver, un fonctionnaire demande au vigile un produit contre les brûlures d’estomac. Le vigile le lui donne et le fonctionnaire s’engouffre dans les toilettes. Le vigile est de mèche avec nous : nous l’avons soudoyé et c’est lui qui a administré au fonctionnaire un produit diarrhéique pour que nous ayons la voie libre. Nous nous engageons, mon équipier et moi, dans le couloir, qui s’avère extrêmement étroit, avec des portes de part et d’autre. Mon équipier en ouvre plusieurs à la suite. Soudain une porte vers le fond du couloir s’ouvre d’elle-même et il en sort une horrible tête volante semblable à une tête de gorgone ou à un beholder. C’est peut-être un avatar de notre ennemi. Pris au dépourvu, nous fuyons, non sans emporter une bassine pleine d’horribles vers dans un bouillon orange.

De retour à la maison, je décris ce que je rapporte comme un « bac à vers luisants » mais m’empresse d’en vider le contenu sur les parterres sablonneux du perron, d’où les vers, à présent des mille-pattes, se répandent dans toutes les directions. Je regrette à voix haute qu’il n’y ait pas de Roundup pour empêcher que cette vermine se multiplie. Opinant, une jeune femme de l’équipe dit qu’il est en effet dommage que l’agriculture soit par ici biologique.

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Avec une certaine démarche énergique, en balançant les bras, on peut se promener dans la rue en pyjama et avoir l’air cool, et même avoir l’air le plus cool : c’est ce dont je fais l’expérience dans ce rêve.

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Avec d’autres touristes, nous gravissons une pente de montagne enneigée par un jour de grand soleil. Puis, dans je ne sais quel édifice, nous montons des escaliers, au bout desquels il n’y a rien à faire que descendre un autre escalier, ce que nous faisons. Nous voyons une porte à un étage inférieur et y sonnons. Un Indien (d’Inde) nous ouvre et nous fait asseoir dans son salon. Un spectacle nous est donné. Une musicienne indienne en sari rouge joue de la cithare cul par-dessus tête, l’instrument étant posé derrière sa tête. Je devine qu’il s’agit d’une version épurée d’un art érotique traditionnel, un art des prostituées du Kama Sutra, qui jouaient de la cithare pendant qu’elles se faisaient prendre dans cette position acrobatique. À mon réveil, je me fais la réflexion que de cette manière la musicienne pouvait jouer de la cithare avec à la fois les mains et les pieds.

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La sorcière du Groenland

Lors d’une convention politique d’extrême droite, est exprimée l’idée que le libéralisme économique et politique est la meilleure façon de parfaire la ségrégation des Noirs. L’une des personnalités invitées à cette convention, bien qu’elle en soit absente, est une certaine Européenne établie au Groenland et qu’en raison de sa philosophie ésotériste et New Age les médias appellent une sorcière. Pour la discréditer est sortie une sex tape où elle se masturbe dans sa chambre. La conversation en vient à porter sur où passer sa retraite, et quelqu’un remarque qu’il est dommage que la couronne danoise soit la monnaie du Groenland car elle y rend le coût de la vie particulièrement élevé tandis que le cours des changes fait de l’Indonésie une destination très avantageuse pour les retraités occidentaux.

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Islande. Je fais partie d’une équipe internationale dont la mission est d’empêcher la propagation du communisme dans le pays. Des gens du cru nous parlent d’un village ou labyrinthe de squelettes humains laissé par les occupants après la guerre (occupants allemands plutôt qu’américains) au milieu d’une forêt. Je décide de m’y rendre. À l’approche du lieu, le guide devient hésitant ; il faut attendre un autre guide, une femme, pour que je puisse poursuivre. Le chemin passe à présent par un tunnel dont la paroi au-dessus de nos têtes est couverte de cristaux étincelants. La guide m’apprend qu’ici, à la mort des gens, on cristallise leurs restes – leurs cendres –, et que ce tunnel est donc un cimetière.

Exoparapsychologie

Le travail n’a jamais été la vocation de l’humanité : dans l’antiquité la valeur suprême est l’otium, le loisir, au moyen âge le travail est une malédiction, pour le mouvement des travailleurs c’est une aliénation, et de nos jours il n’existe que comme faux-semblant pour occuper une humanité vidée. Un travailleur aujourd’hui fait doublement pitié : non seulement parce que son travail est pénible et le plus souvent dénué d’intérêt, car parcellisé, mais aussi parce qu’il n’y a aucune raison pour que ce soit un homme qui l’accomplisse.

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Il ne manque au mari parfait que d’être l’amant de sa femme.

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La jeunesse est l’âge des admirations non feintes. Plus tard, il s’y mêle de l’envie, l’objet de notre admiration en même temps nous humilie et avec l’humiliation vient la haine, qui n’épargne pas même les morts.

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La doctrine kantienne annonce la fin du travail. Dans une société de pénurie, la division du travail ne permet pas à la religion de se passer de « l’humiliante distinction entre laïcs et clercs » (Kant), car de nombreux métiers, voire tous, relèvent purement et simplement de « l’auto-abrutissement » qui est un manquement au devoir envers soi-même (toujours Kant). Le libre usage de notre temps est nécessaire à notre finalité morale : le travail inutile, le travail faux-semblant, le travail répétitif, monotone, usant, parcellisé, moralement douteux (commerce), est contraire à notre finalité et est par conséquent un manquement à notre devoir. En outre, le travail de masse est l’organisation collective d’une violation de l’impératif catégorique « Ne traite point autrui comme moyen mais comme fin ».

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Compléments à Kantism & Astronomy (x)

1

L’infini est certes partout en mathématiques : entre 0 et 1 il existe une infinité de degrés. Mais dans l’expérience sensible une « valeur intensive » (Kant), ce que j’appelle une qualité empirique, ne peut être infinie [la démonstration a été apportée par Locke : voir Commentaires à Kantism & Astronomy]. La variabilité d’une qualité sensible peut être infinie, mais non son quantum : une qualité peut prendre une infinité de valeurs, même des valeurs sans représentation numérique (pi est un nombre fini dont je ne puis avoir une telle représentation) – toujours finies.

(L’expression « tend asymptotiquement vers l’infini » signifie que, dans une fonction asymptotique, la valeur d’une variable croît ou décroît indéfiniment avec le temps ou avec une autre variable.)

2

La théorie de la relativité est en contradiction avec la conception kantienne de l’espace et du temps en tant que formes a priori de notre intuition. Si l’espace et le temps sont les formes dans lesquelles notre sensibilité est affectée, il est absurde de dire, par exemple, que l’espace puisse être courbé, c’est-à-dire qu’il ait des propriétés à la manière des objets de l’expérience (la matière de notre intuition). Une absurdité (une dérogation aux conditions formelles de l’usage de notre pensée) étant admise, d’autres en découlent : valeurs infinies de propriétés empiriques…

3

Les géométries non euclidiennes, non intuitives, pourraient contredire Kant si elles ne se ramenaient pas, comme l’explique Poincaré, à la géométrie euclidienne. Ainsi, deux droites parallèles peuvent se croiser si l’on courbe l’espace (tiens, tiens… mais il s’agit ici de l’espace géométrique de l’intuition et non de l’espace physique de l’expérience).

4

On suppose un espace courbe pour expliquer l’orbite de Mercure. Il fallait que quelque chose fût courbé pour expliquer sa trajectoire, et comme on est dans le vide (n’est-ce pas ?) il n’y avait rien d’autre à courber que l’espace – ou l’espace-temps. Ce faisant, on imputait des propriétés physico-expérimentales (élasticité) à une pure forme de notre intuition.

5

L’univers du Big Bang s’étend dans le vide. L’univers en expansion de Kant s’étend dans un chaos de particules qui en viennent à se soumettre progressivement aux forces de l’univers.

6

En réponse aux critiques de « l’intuitionnisme » de Kant. 1°/ Kant admet sans ambiguïté, contre ceux qui la rejettent en se revendiquant justement de l’intuition, la notion d’infiniment petit. Par exemple, il cherche à définir le contact comme une distance infiniment petite. (En revanche, il dit explicitement [quelque part : à retrouver] qu’une vitesse infinie est possible et là je ne le suis plus.) 2°/ Il est l’auteur d’un essai sur les grandeurs négatives (Versuch den Begriff der negativen Größen in die Weltweisheit einzuführen, 1763), qu’il introduit « en philosophie » (selon le titre français de l’œuvre, Weltweisheit dans l’original) et défend en mathématiques contre ceux qui se revendiquaient, à tort, de l’intuition. Si l’on ramène l’arithmétique au comptage des oranges, il ne peut certes y avoir -3 oranges. Mais si quelqu’un parcourt une distance en faisant trois pas en avant et deux pas en arrière, on a la sommation : +3 -2 +3 -2…, et si son mouvement est de trois pas en arrière et deux pas en avant : -3 +2 -3 +2… Les valeurs négatives sont complètement intuitives.

7

Les fréquences infrarouges et ultraviolettes ont pu être mesurées et sont donc indirectement perçues et attestées comme réelles dans notre expérience. En revanche, les dimensions « surnuméraires » de l’espace sont une construction, non dans l’intuition pure comme les objets de la géométrie, mais dans l’entendement pur, avec cette conséquence qu’elles ne sont qu’un jeu de l’esprit, des concepts vides.

Le champ de notre sensibilité peut être étendu par la technologie : nous percevons des objets de plus en plus petits, d’autres de plus en plus éloignés, un spectre de fréquences de plus en plus large, mais, ce principe de la technologie étant posé, demeure une impossibilité quant à l’appréhension, hors de l’entendement pur, de dimensions surnuméraires de l’espace, du fait que l’espace n’est pas une matière, mais la forme même, de notre expérience sensible.

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Pour décrire l’espace, on peut toujours écrire n à la place de 3 (dimensions) et voir ce qui logiquement, en recourant aux opérateurs logiques, en résulte, mais il n’est pas pour autant permis, de ce que les opérations logiques ou formelles soient toujours possibles dans l’entendement pur, d’en tirer des conclusions sur l’étant. Une remarque que Kant a appliquée aux « preuves » de l’existence de Dieu avancées par la raison spéculative.

Un « espace vectoriel à n dimensions » ne décrit pas l’espace physique (forme de l’intuition sensible) mais une représentation des « dimensions d’un problème ».

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Le hasard étant ce qui n’est pas expliqué de manière causale, le modèle qui y recourt est inabouti, car tout dans la nature sensible se produit en vertu d’une cause, de par la règle a priori de notre entendement.

Mise au point. La statistique recourt à l’expression « lois du hasard » sans nier que les variations soient déterminées par des facteurs. L’intelligence artificielle parle de « voies non déterministes » (méthodes heuristiques) sans nier le déterminisme des phénomènes.

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Exoparapsychologie : Rêves-contacts (2)

Voyez (1)

Hypothèse. Les intelligences extraterrestres communiquent avec nous dans nos rêves (Nýall).

1

Nuit du 24 février 2010. Une race géante de monstres tentaculaires fait son apparition sur la terre. Ils détruisent tout ce que l’homme a produit, exterminent l’humanité dont ils se repaissent bien que cela ne leur soit pas une nourriture particulièrement appropriée. Ce qui caractérise ces monstres est leur gigantesque énergie vitale, et, bien qu’ils semblent dépourvus d’intelligence, l’homme ne peut rien contre eux. Ils sont une force brute dont l’instinct nous est totalement hostile. Certains parmi les derniers hommes tentent de mettre à profit les restes des programmes spatiaux de l’humanité pour émigrer vers d’autres planètes ; quelques vaisseaux sont lancés mais les difficultés de telles odyssées font qu’elles sont vouées à l’échec. Les derniers survivants décident de vivre sous terre, où ils sont appelés à muter.

2

Nuit du 15 décembre 2013. Étreignant la femme que j’aime, celle-ci m’avoue qu’elle est morte et revient d’outre-tombe pour moi. La révélation de sa mort m’attriste, puis je me fais la réflexion que, puisque sa présence me semble si réelle, nous pouvons continuer à vivre notre amour. Mais le prix en sera que je passerai aux yeux du monde pour un homme que la douleur a rendu fou. Je me réveille triste.

3

Nuit du 7 janvier 2016. Cette phrase : « The living obsess you, the dead will haunt you. »

Même nuit. Des insectes extraterrestres à la prodigieuse faculté de reproduction arrivent sur la terre. Leur piqûre rend les animaux et les hommes fous dangereux. Je suis le seul à le savoir.

4

Nuit du 7 février 2016. La falaise des hommes-crapauds poilus : les cavités en sont occupées selon la hiérarchie et la taille des individus varie en fonction de leur position sociale. Le mâle alpha, le roi des hommes-crapauds, est dix ou vingt fois plus gros que l’individu lambda et son corps remplit entièrement sa caverne, qu’il ne quitte jamais. Dans la foule au pied de la falaise, les hommes-crapauds sont mêlés à des lémuriens.

5

Nuit du 10 mars 2018. Un amphithéâtre dont tout le mur de droite, vu depuis les gradins, est vitré : l’amphithéâtre est une structure sous-marine. Un cours a lieu, l’amphithéâtre est plein. Un monstre marin gigantesque, dont les dimensions sont telles que la vitre, de proportions pourtant très considérables, ne permet pas de le voir entièrement, et qui est une sorte de pieuvre, attaque l’amphithéâtre. La structure est secouée tout le temps de l’attaque, la lumière s’est éteinte. Quand le monstre finalement renonce, j’interroge la jeune professeure dans un couloir : l’attaque n’a eu aucune conséquence si ce n’est sur le circuit électrique, ce qui a provoqué l’extinction des lumières. Je ne suis pas entièrement rassuré.

6

Nuit du 7 juin 2018. Débat sur le sexe de la monnaie des anges.

Même nuit. Un examen aux États-Unis. L’assesseur me demande, avant que l’examen commence, de dire un mot à mes voisins de classe, parce que je suis français. Je leur dis : « Hi, my fellow competitors, I hope you all win. » Puis l’assesseur élucubre philosophiquement sur son admiration pour l’expression française « Ah bon ».

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Kant. Des infractions universelles à un principe ne prouvent rien contre ce principe. Ce n’est pas parce que tout le monde mentirait que la fausseté serait pour autant une vertu.

C’est le privilège de chacun de pouvoir s’abstraire du sort de tous.

La morale est la seule science exacte avec les mathématiques pures.

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G

Le problème de l’employeur, quand il recrute un salarié, est de maximiser g(a+b+c+d), où g est le facteur de Spearman (intelligence générale) et a, b, c, d un ensemble de compétences requises pour exercer une fonction donnée. C’est un résultat de psychologie expérimentale tiré d’études sur la productivité. L’intérêt de l’employeur est donc de tester en priorité g. Cela se fait par des tests d’intelligence générale.

La Cour suprême américaine demande que les employeurs réalisent des évaluations spécifiques de compétences en phase avec les postes à pourvoir plutôt que des évaluations d’intelligence générale. Ainsi, l’employeur doit tester a, b, c, d pour telle fonction, e, f, h, i pour telle autre.

L’employeur français n’est pas soumis à une telle restriction et peut tester g, et ne tester que g, si bon lui semble.

L’employeur américain contourne d’ailleurs largement la jurisprudence de la Cour suprême en demandant des résultats SAT, LSAT, MCAT, GMAT… Il existe certes un coaching pour ces tests mais ses effets ne sont pas déterminants ; c’est par exemple le point de vue de Herrnstein & Murray, qui ajoutent : « Although not technically IQ tests, … [ces tests] have high g loadings. »

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En « s’émancipant », la femme a fermé son salon – plus le temps ! – et maintenant qu’elle est occupée à des choses aussi intéressantes que vendre du dentifrice ou construire des ronds-points, l’homme d’esprit, l’homme d’imagination n’a plus d’asile nulle part, il ne lui reste qu’à mourir dans la rue, avec les clochards, ou à vendre du dentifrice. La femme qui ne faisait rien pouvait s’intéresser à des choses inutiles, à ces choses qui ont fait que la civilisation est, ou était, autre chose qu’une fourmilière. Croire qu’un bureau de ministère peut remplacer une femme intelligente et libre de son temps, c’est faire grand cas d’une machine et peu du cœur humain.

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Nos cerveaux n’évolueront pas au point de rendre caduc le principe du tiers exclu.

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L’idée, chez Locke, qu’il est moral de connaître les limites de la raison humaine sera un fondement important de la pensée de Kant.

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L’interprétation de Copenhague relativement au principe d’incertitude de la physique quantique fait passer une impossibilité subjective pour une impossibilité objective.

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Il est parfaitement concevable que certaines personnes se sentent on ne peut plus libres dans un État totalitaire. Cela dépend des gens.

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Si vous avez des pensées obscènes, une femme peut les lire.

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Prague Castle. Spot the triangle with an eye inside (Masonic) at the top of one colored glass in St Vitus Cathedral.

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Prague. The hotel restaurant is due to open at 3:30pm. I go there at 4pm. No cook. The waitress tells me the cook usually arrives at 4:30pm.

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Station thermale Waters-Bonheur.

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Les anus de Ça Tourne.

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Village mondial et race cosmique. Global village. Raza cósmica. McLuhan et Vasconcelos déploient l’idée catholique viz. universelle.

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Los tiraniticos.

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Notre temps a un problème d’images sublimanales.

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Ils nous ont tués en vain.

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Se regarder le nombril n’est pas toujours méprisable, par exemple dans le cas de déformations physiques sévères.

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The Mismanagerial Revolution.