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Notes de science administrative et politique

Si une personne, pour telle ou telle raison, entend absolument connaître l’identité d’un internaute quand bien même celui-ci utiliserait un pseudonyme, il lui suffit de rémunérer les services d’un hacker ou autre, qui lui communiquera l’information qu’elle recherche. Le devoir de réserve du fonctionnaire français ne saurait lui imposer de parer les techniques d’espionnage les plus diverses, contre lesquelles un fonctionnaire ordinaire n’a d’ailleurs pas les moyens de se prémunir. Les personnes qui connaissent un fonctionnaire et peuvent par conséquent l’identifier à partir d’un compte internet à son nom sont tenues au même raisonnement : le cas particulier dont elles ressortissent n’infirme pas la règle générale, qui est que toute personne conjecturant une identité de personne sur la base d’éléments non probants et demandant une corroboration, n’est pas fondée à faire passer cette simple conjecture pour une preuve. En d’autres termes, que le nom du fonctionnaire apparaisse à la fois sur le site de son administration et, par exemple, sur un compte Twitter ne permet pas, sans plus, de savoir qu’il s’agit d’une seule et même personne. Ce fonctionnaire a respecté son devoir de réserve s’il a tu en toute circonstance la nature de ses activités professionnelles sur son compte Twitter.

Même si le fonctionnaire publie sa photo sur son compte Twitter, il faudrait pour que le précédent raisonnement soit contredit que sa photo soit également publiée sur le site de son administration. Autrement, le cas particulier des personnes connaissant personnellement ce fonctionnaire n’infirme pas la règle générale (mais plutôt « l’exception confirme la règle »). La comparaison de deux photos sur deux sites différents peut permettre à une personne ne connaissant pas le fonctionnaire de l’identifier de façon probante comme étant à la fois ce fonctionnaire et l’auteur du compte Twitter ; c’est la seule identification probante possible, le reste n’est que conjectures. Une photo parfaitement identifiable ne constitue pas, pour les gens qui ne connaissent pas le fonctionnaire, une preuve que l’auteur du compte Twitter est le fonctionnaire dont le nom figure sur le site de l’administration sans photo.

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Un homme d’État qui avait, dit-on, de l’esprit, Winston Churchill, a ainsi décrit la démocratie : « La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé. » J’y vois l’aveu lucide (et spirituel) que la démocratie n’est pas une forme parfaite, que ce régime a ses contradictions. Un régime imparfait ne saurait se placer au-dessus de la critique. Par sa nature même, la démocratie n’est pas au-dessus de la critique, car c’est la tyrannie qui est au-dessus de la critique, pas la liberté. Qu’il y ait en démocratie des critiques de la démocratie elle-même n’a donc rien de choquant. La pratique de l’Assemblée nationale en France confirme cette pensée : députés royalistes et bonapartistes sous la Troisième République, députés communistes, et même staliniens, pendant la Guerre froide…

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Quand, dans une situation de crise, la classe politique adopte une attitude systématiquement hostile envers la fonction publique, le dilemme du fonctionnaire, pris entre sa loyauté envers la classe politique et sa loyauté envers la fonction publique, devient aigu, par exemple si le nécessaire respect des critères maastrichtiens conduit la classe politique à une entreprise de destruction de la fonction publique, alors même que ce nécessaire respect appellerait tout autant une refonte en profondeur des modalités de notre démocratie politique, la refonte d’une classe politique pléthorique (un Français sur cent est un élu), compte tenu des aspirations de plus en plus grandes des citoyens à des formes plus directes de démocratie.

Le respect des critères maastrichtiens appelle une négociation des modalités pour parvenir à l’objectif fixé et un effort de la part de tous, car « l’État » ce n’est pas seulement la fonction publique, c’est la fonction publique et la classe politique (ou les organes de la démocratie politique). Les hauts fonctionnaires seraient bien placés pour faire entendre un tel point de vue, et ce en tant que hauts fonctionnaires plutôt qu’en passant par des campagnes électorales car ils rejoindraient alors la classe politique et en adopteraient, par un certain déterminisme des dynamiques sociales, les intérêts, c’est-à-dire qu’ils se mettraient à dire purement et simplement que les critères maastrichtiens appellent une refonte de l’État entendu sous le seul angle de la fonction publique. J’ai en tête l’exemple d’un général qui, après avoir vécu dans sa chair les contradictions que je viens de décrire (ayant démissionné après s’être entendu dire par un homme politique : « Un militaire, c’est comme un ministre : ça ferme sa gueule ou ça s’en va ») a décidé de se lancer en politique et tient désormais, sur Twitter, le discours selon lequel la France est contrôlée par une technocratie de fonctionnaires, et ce alors même qu’en tant que fonctionnaire il a pu se rendre compte peut-être mieux que quiconque de la considération avec laquelle l’expertise d’un fonctionnaire est accueillie par la classe politique quand elle ne plaît pas à cette dernière.

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Il arrive que des dictatures se dotent d’organes délibératifs, parfois même appelés des assemblées ; l’existence d’une assemblée ne suffit donc pas à elle seule à caractériser un pays libre doté d’institutions libres.

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Les obstacles que les députés eux-mêmes opposent à l’encadrement du débat parlementaire rendent depuis des décennies les dispositions des règlements des Chambres en la matière totalement inopérantes et les réformes successives et continuelles pour y pallier, absolument vaines. Certains adoptent le point de vue que de telles dispositions des règlements ne sont pas conformes à ce que doit être l’esprit des institutions démocratiques et se réjouissent par conséquent de leur non-application. Ce qui me conduit à demander comment le Royaume-Uni fait pour se croire un pays démocratique avec des procédures telles que la « guillotine » (guillotine ou closure), en vigueur depuis 1887, le « kangourou » (kangaroo motion), en vigueur depuis 1909, et d’autres, qui font dire à l’anglophile Maurice Duverger que le débat parlementaire en Grande-Bretagne est fortement encadré. – Certes, l’encadrement du débat parlementaire doit être plus simple dans un régime de bipartisme (le régime britannique) que dans un régime de multipartisme.

Alors que la communication des hommes politiques se fait désormais presque à 100 % dans les médias de masse, cette communication est soumise aux propres règles de ces médias, quand bien même ceux-ci, quelle que soit leur importance dans une société démocratique, n’ont pas la légitimité du suffrage universel, tandis que les règles que la représentation nationale se fixe elle-même, dans le règlement de l’Assemblée, la représentation nationale y oppose en permanence l’argument de l’atteinte à la démocratie. Quelle contradiction ! Cette facilité langagière lourde de conséquences passe complètement sous silence la nécessaire discipline que le débat parlementaire doit conserver pour ne pas bloquer le fonctionnement des institutions.

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Les dérogations aux libertés fondamentales ont pour principal effet de tirer la communauté citoyenne vers le bas, de l’entraver dans son émancipation et élévation. Le militaire qui n’a pas le droit de se syndiquer, et dont la femme doit s’exprimer le visage flouté à la télévision pour dénoncer les indignes conditions de travail de son conjoint dans le cadre du plan Vigipirate, des mois entiers à dormir dans un gymnase loin de sa famille, tire la citoyenneté vers le bas. Le fonctionnaire, avec son statut désuet de devoirs saugrenus, tire la citoyenneté vers le bas.

Les libertés élémentaires des travailleurs restent lettre morte du fait des dépendances objectives qu’ils subissent au quotidien sur le marché du travail. Que l’administration montre donc l’exemple en assurant concrètement les libertés de ses fonctionnaires, pour que les autres travailleurs puissent revendiquer à leur tour une protection identique.

L’administration doit montrer l’exemple. L’État protège-t-il vraiment la liberté d’expression du peuple, celle du travailleur dépendant d’un employeur ? Pourquoi, sur Twitter, en dehors des personnalités publiques, en dehors des porte-parole d’organisations, d’entreprises, d’institutions, de partis, et en dehors des plumes stipendiées, mercenaires, les utilisateurs sont-ils en grande majorité anonymes ? Quel est le sens de cet anonymat généralisé ? Pourquoi le peuple est-il réduit à l’anonymat ? Doit-on se satisfaire d’être passé du peuple réduit au silence au peuple réduit à l’anonymat ? Il est évident que la majorité de ces internautes anonymes entendent se prémunir des représailles de ceux dont ils dépendent pour gagner leur vie. Ce constat, plus de deux siècles après la proclamation des droits de l’homme et du citoyen, est désolant et décourageant.

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Dans notre État de droit, toute personne, en particulier toute personne mise en cause, est fondée à contester non seulement l’application des normes aux cas d’espèce mais aussi les normes elles-mêmes, soit devant les juridictions internationales de rang supérieur telles que la Cour européenne des droits de l’homme soit devant les juridictions nationales par le recours à une question prioritaire de constitutionnalité. Il est ainsi parfaitement établi qu’un fonctionnaire a le droit de se prononcer sur le caractère des obligations qui sont les siennes en tant qu’agent public. S’y conformer reste, en l’absence de jugement, une nécessité mais la contestation verbale, réfléchie des règles auxquelles une personne est soumise, non seulement n’implique pas en soi la violation de ces règles mais est la base même du pacte démocratique, qui reconnaît à tout citoyen, même fonctionnaire, le droit de s’exprimer sur les normes qui doivent s’appliquer dans la société.

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Les classes sociales ne se distinguent plus aussi nettement qu’autrefois par la ségrégation du langage. Des termes qualifiés autrefois d’argotiques dans le dictionnaire sont entrés dans le registre « familier », les termes autrefois « familiers » ne sont plus décrits en tant que tels et leur usage passe pour parfaitement acceptable dans le plus large éventail de registres.

La charge d’outrage d’un gros mot n’est souvent plus aussi lourde que par le passé. Les médias regorgent de vocabulaire vulgaire, nous en sommes tous imprégnés, la contrariété conduit à prononcer des gros mots même aux personnalités publiques. J’ai grandi en regardant, diffusés à une heure de grande audience tous les jours de la semaine, les célébrissimes Guignols de l’info, dont une des plus fameuses répliques à l’époque était « J’ai niqué Couilles Molles »…

Récemment, le mot « déconner » a été employé par le Président de la République lors d’une réunion publique. Le mot « déconner » vient de « con » et n’appartient pas au registre relevé. Si le propos a choqué, si d’aucuns ont parlé de « dérapage », d’« insulte », ce n’est pas sur la forme puisque, par exemple, l’un des hommes politiques à avoir réagi à ce propos de manière critique a dit au micro d’un journaliste : « Il y a un mépris de classe. Le Président de la République a en permanence ce mépris de classe. Ceux qui sont dans la difficulté n’ont pas toujours déconné, loin de là. » (N. Dupont-Aignan) Par conséquent, du point de vue de ce dernier, si le propos est critiquable, ce n’est pas en raison de l’emploi du mot « déconner », qu’il emploie lui-même sans s’excuser.

Voici un florilège d’expressions employées devant les caméras par le Président de la République au cours de sa carrière politique : « pognon de dingue », « se tailler un costard », « foutre le bordel », « c’est pas bibi », « c’est de la pipe » (qui semble être une euphémisation de « c’est du pipeau »), « raconter des craques »… (sans parler de l’expression «  [l’embarcation appelée kwassa-kwassa] amène du Comorien », qui semble peu respectueuse de l’humanité des personnes en question).

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Il est étonnant qu’un ancien législateur puisse être membre, et même président, du Conseil constitutionnel malgré la réforme ayant introduit les questions prioritaires de constitutionnalité (QPC), c’est-à-dire un contrôle de constitutionnalité sur les lois votées dans le passé. Si une loi qu’un membre du Conseil a contribué à faire adopter en tant que législateur est soumise au contrôle du Conseil, ce membre se trouve dans la position de juge et partie, si bien qu’il devrait se récuser pour tout texte présentant un tel cas de figure.

Si un membre quelconque du Conseil constitutionnel a voté une loi dont le Conseil est saisi par voie de QPC, ce membre doit se récuser en vertu du principe « nul ne peut être juge et partie » (Nemo judex in causa sua). Il faut que ce soit clair au cas où le constituant a omis d’envisager l’hypothèse lorsqu’il a constitutionnalisé les QPC.

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Je considère que le droit européen a consacré une forme de droit non écrit que je qualifierais de principe de subsidiarité de la liberté. Dès lors que « la liberté est la règle et l’interdiction l’exception » (formule du Conseil d’État français qui rappelle un principe fondamental de l’ordre juridique républicain), le citoyen européen doit pouvoir opposer au juge national la liberté que la loi nationale lui refuse si une loi d’un pays européen la reconnaît. Les citoyens européens sont tous égaux et ont droit aux mêmes libertés ; s’ils ne sont point égaux et n’ont pas droit aux mêmes libertés, ils ne partagent pas une même citoyenneté européenne. Principe de subsidiarité de la liberté, donc, parce que la législation nationale est subsidiaire s’il existe une législation moins restrictive dans l’Union. C’est une conséquence nécessaire des principes posés par les traités normatifs.

Par exemple, si les agents publics de tel ou tel pays de l’Union européenne bénéficient d’un régime d’obligations plus libéral que le régime français, le fonctionnaire français a le droit de se prévaloir du même régime que celui de ses concitoyens européens, c’est-à-dire de leur liberté, contre les atteintes de l’État français à son endroit. Comme indiqué, c’est une conséquence nécessaire de la citoyenneté européenne inscrite dans le traité de l’Union européenne, et l’on ne saurait la méconnaître sans affirmer par là-même que le traité est rempli de phrases creuses.

Ma conviction est que, dans ce domaine comme dans bien d’autres, la France est particulièrement répressive. Je rappelle que le dernier classement des démocraties de l’Economist Intelligence Unit pour l’année 2018 (Democracy Index, disponible en ligne), classe la France au vingt-neuvième rang, parmi la catégorie des « démocraties imparfaites » (flawed democracies). La France est derrière les pays suivants de l’Union européenne : Suède, Danemark, Irlande, Finlande, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Grande-Bretagne, Autriche, Malte, Espagne, Estonie, Portugal. C’est-à-dire que, sauf la Belgique, l’Italie, la Grèce et Chypre, la France est le moins démocratique des pays d’Europe occidentale (au sein de l’UE, mais la Norvège, l’Islande et la Suisse sont également devant).

Le même raisonnement peut être tenu à partir du Human Freedom Index (France : 32e rang en 2018) et du Press Freedom Index (France : 33e rang en 2018).

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« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (article 2 de la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État). En vertu de la loi, dès lors que l’État laïque ne reconnaît aucun culte, il ne distingue pas entre cultes majoritaires et minoritaires. Si une religion, parce que minoritaire, était légalement prémunie de la caricature, l’État laïque reconnaîtrait le même droit aux autres religions, même à une religion majoritaire. La problématique de la protection des minorités ne relève donc pas du même sujet, et il faut par conséquent faire une différence entre la critique de la religion et la critique de personnes appartenant à des minorités raciales ou sexuelles au nom de cette appartenance.

Outre l’absence de reconnaissance par la République de religions minoritaires et majoritaires, la critique de la religion est conditionnelle, la religion étant un ensemble de (croyances et) pratiques, tandis que la critique de la race est forcément inconditionnelle puisqu’un individu ne peut changer de race. Un individu ne doit pas être contraint de changer de religion contre sa volonté mais il ne peut demander, en vertu des principes qui viennent d’être énoncés, que sa religion soit prémunie par la loi de toute critique. Ce qui n’empêche pas que l’État laïque ne doit pas discriminer contre des individus en raison de leur religion, comme de leur race. Les deux principes (non-discrimination pour religion et libre critique de la religion) ne sont pas contradictoires et découlent en réalité tous deux de la liberté de culte.

En outre, il ne faudrait pas que des individus puissent se prévaloir de leur religion pour se prétendre au-dessus de la critique et couvrir par ce moyen d’éventuelles turpitudes. Or c’est ce qui se produirait si leur religion mettait par principe des individus, ou des idéologies, à couvert de la critique.

La laïcité est la liberté de culte et la liberté de ne pas avoir de religion. Elle est aussi la liberté de faire du prosélytisme : « Le prosélytisme est propre à chaque religion et ne saurait en soi être considéré comme fautif. » (Cour d’appel de Montpellier, 13 juin 2000) Il en découle nécessairement que la critique de la religion est libre, à défaut de quoi personne ne pourrait faire de prosélytisme (qui implique de mettre en avant une religion par rapport aux autres, de hiérarchiser les religions) ni ne pourrait se justifier de n’avoir aucune religion (car la justification de l’athée ou de l’agnostique passe nécessairement par une critique de la religion en général et/ou des religions en particulier).

Je remarque que la France ne passe pas, au niveau international, pour être particulièrement respectueuse de la liberté de culte, notamment du fait de sa lutte contre les dérives sectaires. On peut citer le cas de la scientologie et des Témoins de Jéhovah, pour lesquels les États-Unis ont exprimé des « préoccupations » (USCIRF, Commission des États-Unis pour la liberté religieuse internationale), ou encore celui des Brahma Kumaris, qui figurent parmi les sectes du rapport parlementaire de la MIVILUDES alors qu’ils ont une représentation à l’UNESCO, dont le siège est à Paris, sans parler de la loi française relative au voile islamique qui vient d’être « condamnée » (c’est un simple avis) par le Comité des droits de l’homme des Nations Unies. L’État français exerce donc une forme de critique de la religion à son niveau et il serait par conséquent incohérent qu’il la condamne chez les citoyens français.

P.S. Le terme de « critique » ici employé ne figure pas dans la loi, qui condamne les injures ou les incitations à la haine. Cependant, la frontière peut être extrêmement floue entre la critique et l’injure ou l’incitation, et il n’est pas sain que le juge soit établi en arbitre de ces questions, car c’est en faire un arbitre de la pensée, laquelle doit être libre. L’objet de cette section était de montrer que, même dans le cadre légal actuel, répressif pour la liberté d’opinion et d’expression, l’inclusion de la « religion » parmi les motifs aggravants dans les cas d’injure ou d’incitation est extrêmement problématique et, de fait, largement incohérent avec les autres pans de notre droit.

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Dans le domaine de la liberté d’opinion et d’expression, il est d’autant plus important que la liberté soit la règle et la restriction l’expression que la pensée est dialectique et que quelqu’un qui n’a pas examiné avec la même probité la thèse et l’antithèse d’une question ne peut dire avoir pensé, il en est resté aux opinions préconçues. Toutes restrictions en ce domaine interférant avec le processus de la pensée, elles doivent rester aussi exceptionnelles que possible. C’est là sans doute un truisme puisque le principe est consacré depuis longtemps, mais la pratique a malheureusement tendu à s’en écarter, avec la création d’un contentieux de masse.

Cette remarque relative au système judiciaire français est également valable pour des procédures disciplinaires envers des agents publics. Un devoir de dignité, par exemple, ne devrait pas être opposé à la pensée individuelle, qui, dans son cheminement dialectique, doit pouvoir « penser l’indigne », et un fonctionnaire ne peut renoncer, en tant qu’il reste un être humain, à la pensée. En outre, sans doute fatalement, les lois de restriction de la parole, si elles ont contribué à créer en la matière un contentieux de masse incompatible, en réalité, avec un ordre républicain (la liberté est-elle encore la règle quand il existe un contentieux de masse sur des restrictions à la liberté d’expression ?), n’atteignent pas leur objectif affiché, concernant la protection des minorités, puisque les études sur les discriminations à l’embauche ou les contrôles au faciès, par exemple, montrent que ceux-ci restent fréquents en France. L’approche des États-Unis d’Amérique en ces matières, totale liberté d’expression et « discrimination positive » (affirmative action à l’embauche et autres), est la seule voie véritablement démocratique.

Or ce pays a également une approche plus démocratique de la fonction publique. La question du devoir de réserve et de neutralité des agents publics se pose en effet aux États-Unis de manière différente, ou plutôt ne se pose pas, en raison du spoils system (système des dépouilles), qui fait qu’une majorité politique remplit elle-même, en puisant dans ses propres rangs, les postes de la haute fonction publique. Dès lors, la haute administration nord-américaine adhère par conviction à la politique conduite par la majorité politique. Le sociologue Max Weber a montré divers défauts de cette conception de l’État, qu’il décrit comme archaïque et vouée à être remplacée partout par le système qui constitue véritablement l’État moderne selon lui, à savoir une administration occupée par des fonctionnaires indépendants du pouvoir politique, techniciens neutres et impartiaux de la chose publique. Mais cette conception serait elle-même excessivement problématique, serait une violence à la nature humaine plus grande que les vieilles morales ascétiques, si elle aboutissait à concevoir la neutralité et l’impartialité comme imposant au fonctionnaire de n’avoir aucune opinion personnelle, ou d’avoir telle ou telle opinion. Impartial ne veut dire ni sans opinion ni centriste.

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Fonctionnaire international, Cornélius Castoriadis (1922-1997) fut économiste à l’OCDE, où il occupa à la fin de sa carrière un poste de directeur de département. En même temps révolutionnaire déclaré, théoricien de l’autogestion ouvrière, il écrivait sous pseudonyme ce que d’aucuns pourraient appeler des brûlots anticapitalistes, dont il ne révéla être l’auteur qu’après sa retraite (à cinquante ans), où il en publia une nouvelle édition sous son vrai nom. Le fait qu’il ait écrit ce qu’il a écrit entache-t-il la neutralité de ses travaux d’économiste senior pour l’OCDE ? Si la réponse est oui, l’anonymat était  lui-même une faute vis-à-vis de l’institution qui l’employait car la révélation ex-post de ses écrits jette de manière rétrospective le discrédit sur celle-ci. Si la réponse est non, l’anonymat n’était pas justifié. Ou bien l’anonymat était justifié seulement comme une défense face à de la malveillance toujours possible. Mais, dans un État de droit, la malveillance ne doit pas prévaloir sur le droit.

TW-13

May-June 2018. English/français.

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#DimitriosPagourtzis [17-years old Santa Fe highschool mass shooter] was wearing both an Iron cross and a Soviet star on his jacket. So far I had heard only of the Iron cross (under appellation “Nazi sign”). I wonder how come people noted the former but failed to see the latter.

[Dimitrios is said to have being stalking for some time his class mate Shana before he killed her during the mass shooting. His father said he was bullied by his class mates. Some (self-described feminists) who adhere to the version that he was a stalking male predator refuse to admit he could have been bullied. Here are my thoughts on the matter.]

Dimitrios Pagourtzis may have been a stalker AND been bullied. He may have reasoned that Shana’s rebuffs were due to his being bullied by other kids at school and resented her submitting to the group pressure that ostracized him. Shana wasn’t strong enough to help Dimitrios against the bullying when he was calling her for help, as his advances meant “If I can date this fine girl, they’ll leave me alone.” As she couldn’t help, she turned against him, shaming him before the whole class [one incident that occurred a few days before the shooting]. Turns out the kids bullied the wrong guy. And they did bully him, perhaps, not even because of Dimitrios’s behavior but because of his Greek name…

It is a known fact that bullying leads to many suicides among teens and yet hardly anything is done about it. School staff close their eyes. Sometimes it leads to mass shooting, as the sad story of Dimitrios Pagourtzis shows.

[And in reply to one bully] If Dimitrios has a right to a lawyer, I have the right to play the role of Dimitrios’s lawyer any time anywhere.

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Si l’antisémite n’existait pas, le Juif l’inventerait.

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L’ami de Khamzat Azimov [Français d’origine tchétchène responsable d’une attaque au couteau à Paris-Opéra] sera « lui aussi » jugé pour « assassinat et tentative d’assassinats en lien avec une entreprise terroriste » (Le Figaro) car on a trouvé une photo du drapeau de Daesh sur son ordinateur… Parodie de justice ! La France sur le chemin de la dictature policière et militaire. Connaître un assassin et télécharger de la propagande djihadiste n’a jamais été et ne sera jamais un « assassinat », sauf peut-être dans une dictature bien franchouillarde de chez nous à gerber.

« La France sur le chemin de la dictature policière et militaire ». Mais ne vous inquiétez pas : il y aura toujours des députés pour vous dire à la télé que la France est un pays libre. La place de député est trop bonne pour qu’on s’en passe, même en dictature. Ils ne servent déjà à rien.

Comme pour les politicards, un attentat=>une nouvelle loi sécuritaire, maintenant pour les flics, c’est un Tchétchène fait une attaque au couteau=>une ratonnade chez les Tchétchènes. Bravo, quelles méthodes !

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L’islam a le droit d’être politique et a le droit d’être prosélyte. Toute interférence de l’État laïque avec un processus de conversion pacifique du pays est illégale et anticonstitutionnelle. #MaryamPougetoux

« Le prosélytisme est propre à chaque religion et ne saurait en soi être considéré comme fautif. » (Cour d’appel de Montpellier, 13 juin 2000)

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Si un avocat des djihadistes a le droit de s’exprimer sur la place publique sans que cela passe pour de l’apologie du djihadisme, je ne vois même pas pourquoi un tel délit d’apologie existe. La France n’a aucun respect pour la liberté d’expression et d’opinion.

Si quelqu’un est contre la présence militaire nord-américaine en Afghanistan, ça le met de fait du côté des Talibans. Avec des lois de criminalisation d’apologie, il est tellement facile d’attaquer toute prise de position avec le seul argument judiciaire, d’intimider les gens, d’étouffer le débat.

Dans certains pays, les djihadistes combattent des dictatures : pourquoi défendrais-je des dictatures contre les djihadistes ? En Algérie en 1991, le Front islamique du salut (FIS) remporte 82 % des sièges au premier tour des élections législatives ; l’armée annule les élections. Cela ne vous rappelle rien ? #Pinochet

Les procès de djihadisme devraient être aussi les procès des gouvernements, y compris occidentaux, qui arment et financent les djihadistes un peu partout dans le monde. (Avec le lien suivant : Britain affectionally referred to terrorists in Libya as “rebels”. A year ago today one of these “rebels” carried out a suicide bombing in Manchester.)

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La jurisprudence des troubles à l’ordre public par le juge administratif est attentatoire et inadmissible : c’est comme ça que des manifestations sont interdites au bon vouloir des autorités. Que la police fasse son travail pour prévenir les troubles : point barre.

Avec #MaryamPougetoux, un esprit tordu pourrait considérer qu’il y a trouble à l’ordre public, vu tout le bataclan médiatique et autre ; on a déjà vu la jurisprudence servir à la répression des libertés pour moins que ça. Cette jurisprudence est une honte.

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Danemark : Le ramadan est incompatible avec le travail, selon la ministre de l’immigration et de l’intégration. (20 Minutes)

Si le ramadan est incompatible avec le travail, vive le ramadan !

Savez-vous pourquoi les entreprises délocalisent en Chine ? Parce que la semaine de travail légale y est de 44 heures et la durée réelle constatée par la FIDH entre 60 et 80 heures. C’est ça que vous voulez, travailleurs ?

C’est ça que vous voulez, travailleurs : faire de l’émulation aux Chinois en heures de travail parce que les patrons voyous et leurs politiciens vous font du chantage à la délocalisation ?

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Work hard, American workers, work hard! Yet with your average 40 hours a week you’re such lazy b*stards compared with China’s legal working week of 44h and real time average of 70h (according to FIDH)! You’ll have to work much harder than that or stop listening to CLOWNS!

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Germany: 89 far-right extremists and 24 Islamists identified within army since 2011. (ESISC)

But everything’s OK because the 89 far-right extremists are all generals and the 24 Islamists are all cooks.

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 Top 5 Most Inegalitarian Countries in the World (Gini coefficient, World Bank):

1 South Africa (63.4)
2 Namibia (61.3)
3 Haiti (60.8)
4 Botswana (60.5)
5 Suriname (57.6) (source)

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Top 5 Most Egalitarian Countries in the World (Gini coefficient, World Bank) :

1 Ukraine (25.5)
2 Iceland (25.6)
3 Slovenia (25.7)
4 Czech Republic (25.9)
5 Slovakia (26.1) (same source)

Rather interesting, that 4 of 5 of these are Slavic countries, yet Russia, the former “headquarters” of World Communism, is not on the “short list”.

We know what the transition has been in Russia [cf Oligarchs]. Today it is at Gini 37.7, which is more egalitarian than U.S. (41.0) and Communist China (42.2). (Cuba, North Korea not surveyed)

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Le directeur du journal Rivarol est fiché S [selon son propre témoignage]. Conclusion : Ce fichier S, c’est comme le cagibi (KGB ?) de l’oncle Maurice, pour trouver un truc, ça prend des plombes… Pas étonnant, après, qu’ils disent tout le temps : « On ne peut pas les surveiller tous. » Méthodes bidon.

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When a “Contributor at Jane’s Terrorism & Insurgency Centre” tweets about gang criminality, it makes it sound like all criminality is terrorism and insurgency… The consequence of which can only be that the military will become the first and foremost institution in our countries. While we don’t ask the army to fight our “war on crime,” with our “war on terrorism” this is exactly what we’re doing.

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Malay Islam / Islam malais

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FPI Aceh membuka pendaftaran bagi para calon mujahidin yang ingin berjihad membela muslim Rohingya (Serambi Indonesia)

Aug 2017: Front Pembela Islam (FPI) Aceh opens mujahidin enrollment list to fight in defence of Rohingya Muslims.

ii

Kegiatan ini juga untuk mengembalikan kepercayaan publik pada perempuan bercadar paska serangan teror bom di Surabaya. (tribunnews)

Bomb Takjil: “Break ramadan fast with bomb sweets.” Indonesian veiled women offer sweets for free with these words in order “to change public perception of veiled women in the aftermath of Surabaya bomb attacks” (May 2018) #ramadan

iii

Teroris bakal keop berhadapan dengan Koopssusgab TNI.

Terrorizing the terrorists? PR Poster from Indonesian Army: “Terrorists will scream with fright in front of #Koopssusgab (elite corps)” / « Les terroristes vont hurler de peur devant le Koopssusgab. » :O

Koopssusgab = Komando Operasi Khusus Gabungan (joint commando for special operations)

iv

Hijab bukanlah suatu penhalang untuk aku terus bernyanyi dan berkarya. (Indira Anjani on TRANS7)

Golden-voiced Indonesian Indira Anjani, finalist at #SunsilkHijabHunt2018: “Hijab is no hindrance to singing and doing things.” / « Le hijab n’empêche pas de chanter et de faire des choses. »

v

Peluk saya jika anda merasa aman dengan keberadaan saya. (MNC Newsroom)

“Embrace me if you feel safe with my presence.” Indonesian women with integral chador invite female passers-by to embrace them, to convey message that the veil isn’t radicalism.

vi

L’Indonésie élue membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU (anggota tidak tetap DK PBB) (à partir de janvier 2019) avec 4 priorités : 1 résolution du conflit palestinien 2 synergie des organisations régionales 3 promotion de l’islam modéré au niveau mondial 4 promotion d’un partenariat global. #BanggaIndonesia (Fier de l’Indonésie)

vii

I have found a theologian’s justification for the burqa, that is, the integral veil where not even the eyes can be seen.

Al Allamah Ar Ramli, ulama madzhab Syafi’i: “diharamkan melihat wanita yang bercadar yang hanya terlihat kedua matanya dan bola matanya. Karena betapa sering bola mata itu bagaikan belati.” (Quoted by Yulian Purnama here)

“It is haram to watch a covered woman whose eyes and pupils can be seen, because how very often those pupils are like daggers!”

viii

Seorang gadis Melayu berhijab berketurunan Malaysia dan Indonesia berusia 20 tahun telah memecahkan rekod dengan menjadi finalis Top 20 di Miss Universe New Zealand 2018. (toodia.my)

Une jeune femme voilée de 20 ans d’origine malaisienne et indonésienne bat des records en devenant finaliste (top 20) de Miss Universe New Zealand 2018. (son nom : Nurul Shamsul)

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Some news from the other country that moved her embassy to Jerusalem #Guatemala:

Guatemala needs to do more to stop the killings of indigenous activists (UNSR Vicki Tauli)

At the root of this violence is institutionalized racism and discrimination against Guatemala’s indigenous population (Washington Post)

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France: Constitutional Council validated a law that ordered the closure of a Muslim school in Toulouse. (ESISC)

A “law” that closes a school? Closure of a school is an administrative act! To write a law or an article of law to close one school is insane.

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Skilled police [in Berlin] took down the perp without killing him. See, it can be done!

Yes, only it’s above U.S. cops’ skills. Something wrong with their training, perhaps. And U.S. private security agents probably don’t even have a training at all, or just a smattering of it, although they’re entitled to the same use of lethal force!

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Avis à la population : trois ans après son installation à 300 000€, le ministère de l’intérieur français ne renouvelle pas le contrat de la société Deveryware pour son application SAIP (Système d’alerte et d’information à la population), qui n’a jamais marché.

La mise en place de l’application aurait coûté 300 000 euros (lien) mais cela n’inclut pas les frais de fonctionnement des trois ans de service de ce ratage.

La société Deveryware ne verra pas son contrat renouvelé parce que son application ne fonctionne pas. Il ne manquerait plus que ça ! Mais surtout n’allez pas faire un procès à une bonne start-up bien française pour non-respect du contrat, ce ne serait pas cool.

Bref, les types de cette boîte ont été payés trois ans à ne rien faire par le même État qui chicane à mort ses fonctionnaires.

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Top 5 countries with most road fatalities (per 100,000 inhabitants per year), WHO:

1 Thailand 36.2
2 Liberia 33.7
3 Democratic Republic of Congo 33.2
4 Tanzania 32.9
5 Central African Republic 32.4

More countries:

China 18.8

France 5.1; UK 2.9; Germany 4.3; Spain 3.7; Italy 6.1; Sweden 2.8; Norway 2; Ireland 4.1; Australia 5.4; US (worst result for a Western country) 10.6; Turkey 8.9; Japan 4.7; India 16.6 (source)

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Top 5 countries with least road fatalities (per 100,000 inhabitants per year), WHO (non-industrialized countries in brackets only)

(Federal States of Micronesia 1.9)
1 Norway 2
2 Switzerland 2.6
3 Sweden 2.7 4
UK 2.9
(Kiribati 2.9)
5 Netherlands 3.4 (same source)

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#Sartrouville Fermer des lieux de culte est indigne. Si un imam dit des choses contre la loi, qu’il se défende en justice, mais ne punissez pas les fidèles en les privant de lieu de culte.

Ce genre de punition collective, totalement inconstitutionnel et contraire aux traités européens, est de l’islamophobie d’Etat et doit être dénoncé devant les juridictions supranationales auxquelles la France est soumise. #CEDH (Cour européenne des droits de l’homme).

Comme les autorités, quand elles ferment des mosquées, ne se demandent pas, que je sache, si les fidèles ont un autre lieu de culte à une distance raisonnable, ces autorités sont ignobles, et de toute façon punissables devant la CEDH pour peines collectives.

Si la deuxième mosquée la plus proche, encore ouverte, est au-delà d’une « distance raisonnable », l’administration a sciemment créé un obstacle exorbitant à l’exercice du culte et doit être condamnée.

Qu’un imam doive passer en justice ne justifie nullement qu’une mosquée soit fermée. C’est l’imam qui a (peut-être) violé la loi, pas « un établissement », qui peut continuer à remplir sa fonction légale avec un autre imam, voire un simple fidèle. La fermeture est une peine collective illégale. Un établissement est fermé administrativement quand son activité est illégale ; l’activité d’une salle de prières est l’exercice du culte musulman, légal.

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Pourquoi un parti islamiste français n’existe-t-il pas et ne se présente-t-il pas systématiquement aux élections ? Ce serait tout à fait normal, si la France n’était pas un pays d’islamophobie étatique.

Si les Musulmans de France ne veulent pas se faire écraser par l’islamophobie d’État, ils n’ont pas vraiment le choix : il faut qu’ils créent un parti politique. Maintenant, quand on regarde qui serait le mieux placé pour le diriger, il est en prison dans des circonstances douteuses… #TariqRamadan

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L’extrême-droite néerlandaise est furieuse que des classes scolaires visitent des mosquées et apprennent comment on prie quand on est Musulman [vidéo à l’appui où l’on voit des enfants néerlandais apprendre les gestes de la salat, avec génuflexion et le reste]. Comme si ce n’était pas la meilleure façon de mieux connaître ses voisins ! Que le gouvernement français en prenne de la graine.

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Tatarstan is welcome in European Union with full membership any time if they feel repressed by autocratic ruling practises in Russia, and that applies also to Dagestan, Chechnya, Ingushetia &c. Turkey is our next member and things will change.

Albania, Kosovo, Bosnia, Chechnya, Tatarstan, you name it: Europeans all!

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[Seeing the dismantling of Sweden’s welfare state] You’ve now got the demonstration that compromizing with capitalism is unworkable on the long run. Everything it took Sweden so long to build up will be swept out in a couple of years like everywhere else in Europe (where all countries more or less made the same kinds of compromizes these last decades). Social-dem politicos and their cronies must be held accountable. You know what they’ve been after, all these years: the good positions, the honey pot. They’re marked.

Of course there was to be mass immigration: doubling or trebling the number of people, all scabs, in search of a job on the market, to dominate the workers.

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#MeToo. Language says it all:

As spoiled = spoilt,
raped = rapt (deeply delighted).

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The sovereign of Australia is the British monarch. Now when #PrinceHarry of Australia’s sovereign sports a Nazi swastika, he is NOT disciplined for this “abhorrent incident” like Australian soldiers when they do the same (2007: Australian soldiers flew Nazi swastika in Afghanistan. The swastika was removed and military personnel were disciplined, with authorities condemning the “abhorrent” incident. Skynews). Still good to be King!

Prince Harry the PRIVILEGED Nazi (He can wear a swastika without trouble while his subjects, Australian soldiers, are disciplined when they do the same.)

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Mad-Dog Democracy

Click to enlarge:

Source for the military (“active military”) personnel figures. Source for population figures is Google: Type population+name of country and you will get the latest available figure on top of page.

“Mad-dog democracy” Israel beats all countries on military personnel-to-population ratio except North Korea (4.6%) and Eritrea (3.8%).

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Nicely placed carrot in Mario Bava’s 5 bambole per la luna d’agosto (1970). All by chance, of course.