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Journal onirique 20

Pour rester près de vous malgré moi, malgré ma vie, j’ai vécu toute mes nuits dans les songes et, le jour, je me suis à peine réveillé pour subir une vie où je n’étais plus. (Armand Robin)

Période : juillet-septembre 2021

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Un enfant se suspend à la tête d’un éléphanteau, serrant dans ses mains les plis de la peau épaisse. En levant un peu la tête, l’éléphanteau, parce qu’il aime les enfants, soulève l’enfant de terre et l’embrasse de ses deux trompes (en effet il a deux trompes). L’enfant et l’éléphanteau restent ainsi embrassés.

Hélas, c’est quand ils vont disparaître que nous découvrons la tendresse des éléphants !

Eléphanteau Playmobil

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Nous sommes invités à venir boire des tisanes de cannabis. Quand tout le monde est servi, notre hôtesse sort sur le pas de sa porte et souffle dans une conque retentissante. Comme la conque est en résine de cannabis, je fais remarquer que son timbre, sa sonorité ne peuvent manquer d’être identifiés par la police au cas où elle l’entendrait. Cela ne semble émouvoir personne.

Plus tard, la fille de notre hôtesse me dit (c’est une jeune femme) : « Allons faire pipi ensemble », mais je lui réponds que je l’ai déjà fait.

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Les Yonis d’Estrémadure

Quel est le mystère de la province espagnole d’Estrémadure ? Alors que tous les lieux « paumés » (c’est le mot qui me vient dans le rêve) attirent des touristes, l’Estrémadure n’attire personne – ce dont je ne sais rien en réalité mais, si c’est une région touristique, les médias n’en parlent pas. Ce doit donc être un lieu maudit, pensé-je en occultiste.

On m’apprend l’existence de pratiques magiques propres à cette région, pratiques qui sont l’apanage d’une classe de sorciers locaux, les Yonis. Ceux-ci fabriquent pour les paysans du cru des objets dont chaque famille est censée posséder un exemplaire chez soi. On m’en montre un. Il s’agit d’une planchette de bois, verticale, possédant une « tête » semi-articulée que l’on peut descendre et monter le long de la planchette, ce qui produit par je ne sais quel mécanisme un son inattendu, remarquablement strident, comme si un groupe de mouettes, de corneilles ou d’autres grands oiseaux se mettaient à crier tous ensemble. Cependant, avec le temps, l’usure, la poussière ou tout autre forme d’encroûtement, le son s’altère « vers le grave » et les propriétaires de ces objets cherchent alors à s’en débarrasser. Ainsi peut-on en acheter pour deux pesos. Cherche-t-on par cette information à faire venir des touristes en Estrémadure ?

Ce rêve me fait prendre conscience de la singularité du nom Estrémadure (Extremadura en espagnol) : « extrêmement dure ». Or on sait que le yoni est en sanskrit le pendant du lingam, qui pense yoni pense lingam. C’est ainsi que m’est apparue la particularité. Et il existe un mystère de l’Estrémadure pour moi depuis que j’appris en classe d’espagnol, il y a des années, la mélancolique chanson Ya se van los pastores a Extremadura (ya se queda la sierra triste y oscura…, seules paroles dont je me souvienne et que je me surprends des années plus tard à fredonner encore de temps à autre, paroles qu’il faut ponctuer par « chic, chic, chic »). Aujourd’hui, je crois comprendre que la sierra est triste parce que l’extrême-dure est loin.

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Dans un État rural du sud des États-Unis, un shérif arrête sa voiture dans une station-service et demande au jeune employé qui se trouve là s’il a vu des fonctionnaires fédéraux dans les parages. Le pompiste répond que non. Le shérif explique alors que le gouvernement fédéral vient d’envoyer des fonctionnaires pour faire la leçon aux habitants de la région et que lui, shérif, cherche à éviter ces fouille-merde.

Il demande au pompiste de lui apporter « le sac de merde, car il vaut mieux que les fédéraux ne voient pas ça ». Le pompiste lui rapporte un sac poubelle en plastique rempli d’excréments. C’est le système d’égouts local, la merde est collectée dans un sac poubelle commun et régulièrement jetée avec le sac dans le bayou. Il ne faut pas que les fonctionnaires fédéraux l’apprennent ; le shérif va donc lui-même jeter le sac.

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Un informaticien, cheveux longs, lunettes, quelques poils follets cherchant à passer pour une barbe n’était que le système pileux n’est pas assez abondant, arrive au bureau. Suspendu près de la porte d’entrée se trouve, à l’intérieur, un nid de mésanges avec la mère et, le bec grand ouvert, ses oisillons. L’informaticien lève le bras pour que la mère puisse picorer dans la barre chocolatée Lion qu’il tient à la main et distribuer des morceaux aux oisillons. Son supérieur hiérarchique passe en trombe et l’informaticien poursuit son chemin, écœuré parce que l’excitation du supérieur a fait tomber le nid.

Approchant de son carré de travail (l’espace est découpé en « bureaux » individuels séparés par de minces cloisons), il trouve son bureau occupé par un inconnu : un jeune homme dans le même genre que lui, cheveux longs, lunettes, imberbe, plutôt blond alors qu’il est, lui, châtain. Il reste interdit. La collègue du carré d’en face, de l’autre côté du couloir, lui lance : « Je trouvais bizarre que ce ne soit pas toi ce matin. » Tandis que notre informaticien reste interdit, d’autres collègues profitent de la remarque de la jeune femme pour s’attrouper et demander au nouveau venu qui il est. Ce dernier, souhaitant montrer qu’il est à sa place, prend un ordinateur portable et demande aux gens de le suivre dans une salle de réunion pour une démonstration.

Dans la salle de réunion, le nouveau venu, debout, tapote sur son clavier d’ordinateur puis éteint les lumières. Dans la pénombre, on voit une femme se redresser sur un lit mortuaire et poser le pied à terre. Nue et portant des talons aiguilles, elle se met à danser lascivement, comme dans un show érotique. Le nouveau venu fait remarquer la perfection de l’hologramme : « Du jamais vu », assure-t-il.

Puis il tapote de nouveau sur son clavier et une voiture démarre dans un parking attenant à la salle de réunion et la prolongeant ; ainsi est-il capable de démarrer des voitures depuis son ordinateur.

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Je travaille avec des cheminots dans un tunnel ferroviaire. Nous devons corriger une « asymétrie linéaire », l’adjectif « linéaire » s’appliquant à la ligne de chemin de fer, et pour cela couper des tronçons de ligne. Un cheminot lance une sonde – un plomb au bout d’un fil – loin en avant sur la voie et nous devons découper le tronçon sur la distance du jet. Quand un tronçon est découpé, nous l’enroulons sur lui-même comme si c’était une pâte de bitume, et le tronçon enroulé nous passons au suivant en lançant de nouveau la sonde.

À la sortie du tunnel, nous montons sur une plateforme en hauteur depuis laquelle nous surplombons la voie. J’observe aussi un bureau sans toit où un ex-ministre prend connaissance de plans d’ingénieur en exprimant sa satisfaction, au plus grand plaisir des ingénieurs. Dans le bureau d’à côté, des salariés sont assis autour d’une grande table. Ils ne portent pas de masque sanitaire et l’une des collègues, au bout de la table, annonce qu’un nouveau cluster va se déclarer car elle a le covid-19 mais refuse de rester chez elle pour ne pas faire faux bond à ses collègues ni manquer à ses devoirs professionnels.

Sur ce, W. descend de la plateforme où nous sommes pour déposer sous les pieds des femmes présentes dans le bureau des carrés de mousse jaune pâle afin qu’elles soient plus à l’aise : elles peuvent ainsi retirer leurs chaussures et poser les pieds sur les carrés de mousse tout en travaillant.

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La Lune trouée

L’humanité est inquiète car l’apparence de la Lune a subitement changé : elle a maintenant des trous, certains la traversant de part en part. Cette transformation imprévue ébranle de nombreuses certitudes. Si ce n’est pas à cause de poches de gaz explosif à l’intérieur de la Lune, c’est forcément dû, dit-on, à l’intervention d’extraterrestres qui nous sont encore cachés ; s’ils peuvent agir de la sorte sur notre satellite, ils pourraient également agir sur la Terre.

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Dans le judaïsme, un lolilot est un cahier de jeune fille, le plus souvent un journal intime, inséré dans un livre sacré. Par exemple : « L’exemplaire de la Torah appartenant à la famille X et que l’on croyait perdu vient d’être retrouvé avec un lolilot de la benjamine entre deux pages. »

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Je suis dans un film d’horreur où Freddy Krueger doit se manifester mais seulement à la fin. La vie des gens s’altère à cause de leurs cauchemars, pas encore suffisamment pour que Freddy apparaisse. Sur un grand boulevard, un homme mûr reçoit des propositions sexuelles de deux lycéennes sans doute mineures. Il les suit mais est transformé en vieux papier journal traîné par le vent dans la rue.

J’entre dans un cinéma que je connais dans la réalité, une salle d’art et d’essai. À cause du confinement, les prix d’entrée sont devenus exorbitants pour certains films : 250 euros pour tel et tel film ensemble, un autre film à 120 euros… La gérante me conseille donc des films en fonction de mon budget.

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À la campagne où je passe des vacances, je vois, entre deux aires de blé sur pied séparées par un chemin, un lézard géant, plus grand qu’un dragon de Komodo, de couleur noire et tacheté de rouge, blanc et or, traverser le chemin, passant rapidement d’une aire à l’autre.

Lorsque j’en informe le propriétaire du gîte, il me demande dans quelle chambre je dors et cela veut dire que je n’ai pas à m’inquiéter puisque je dors dans une chambre. Or, en raison de la chaleur, je ne dors justement pas dans ma chambre mais sur les blés : je tends un drap sur les blés en pied qui sont suffisamment compacts pour que l’on puisse dormir dessus. Je dors donc à la surface des profondeurs où vit ce lézard géant.

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Lors d’un match olympique de ping-pong entre la Chine et le Japon, le joueur chinois perd la balle de match quand son adversaire japonais renvoie une balle, smatchée, contre l’objectif d’une caméra de télé, où elle rebondit pour revenir sur la table. Les règles prévoient dans ce cas que c’est comme si la balle avait touché le filet avant de rebondir sur la table et qu’il faut donc continuer de jouer le point. Les caméras de télévision qui filment le match font ainsi partie intégrante du terrain de jeu, au même titre que la table elle-même. Déstabilisé, le joueur chinois perd le point après encore quelques échanges, puis perd le match.

Dans le rêve, je regarde ce match à la télévision et je vois donc, comme les autres téléspectateurs, la balle frapper la caméra comme si elle venait me frapper.

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Contre l’avis de tous, j’insiste pour regarder à la télévision un certain film de guerre et je prévaux. Les autres regardent le film avec moi. Nous voyons d’abord des soldats anglais en uniforme rouge de la guerre anglo-zouloue mais au moment de l’action les soldats anglais, toujours en Afrique, portent des chemisettes et des shorts beiges ainsi que le casque anglais en forme de soucoupe des deux guerres mondiales ; c’est donc plutôt une bataille opposant les Anglais à l’Afrika Korps. Sur un terrain quasi désertique, les soldats, que nous voyons de dos, sont assis le cul au sol et reculent dans cette position. L’un d’eux, dans la même position mais armé d’une mitrailleuse lourde, enclenche celle-ci. La décharge continue de projectiles le pousse à reculons par la seule force de l’arme, si bien que, contrairement aux autres, il n’a besoin d’aucun effort pour reculer. Cinq ou six missiles ennemis fusent dans le ciel, avec de longues traînées majestueuses, dans notre direction (car nous autres spectateurs sommes, je le rappelle, juste dans le dos des soldats anglais). On ne discerne pas encore si l’un de ces missiles est susceptible de tomber sur nous. Il faut attendre un peu pour le savoir. La scène s’arrête là.

Nous sommes à présent dans une ville du sud de l’Europe, où nos soldats anglais, en tenue de civils – pantalons et polos de couleurs variées – se trouvent en permission. Ils continuent de marcher, comme au régiment, à la cadence imposée par le chef, mais la gestuelle martiale a disparu, ou plutôt elle est comme caricaturée dans une chorégraphie dont la tonalité homo-érotique ne peut échapper à personne. Au moment où ils font une pause, l’un des soldats passe sa cigarette au chef (les deux sont jeunes et beaux comme on dit que des mannequins de mode sont beaux) : du dos de la main tenant la cigarette, il caresse la joue du chef de haut en bas puis effleure le col et la poitrine jusqu’à rencontrer la main, qui prend la cigarette. C’est la dernière bouffée, que le chef aspire avant de jeter le mégot au sol. Tout ce rituel homo-érotique pour une seule bouffée… Cela porte mon embarras, en pleine ascension pendant la chorégraphie, à son comble, car à présent les autres vont penser que c’est en raison de son contenu homo-érotique que j’insistais pour voir ce film, mais je m’apprête à leur dire que je n’en savais rien.

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Je découvre par moi-même comment sauter en skateboard, comment faire un « ollie », ce que dans la réalité je n’ai jamais su, il y a trente ans lorsque j’achetai une planche. C’était d’ailleurs moins une planche qu’une bûche, vu son poids, et je ne comprends même pas que l’on ait pu vendre cela sous le nom de skateboard, mais c’est un fait, tout comme le fait que j’achetai cette bûche, car elle avait de jolis dessins : autrement dit, le skateboard était fini pour moi avant même d’avoir commencé.

La technique, qui m’avait échappé jusque-là car elle est contre-intuitive, consiste à pousser d’abord la planche vers le sol avec le pied qui se trouve devant, ce que je décris en espagnol à je ne sais qui par les mots « pujar para subir » (pousser pour monter). À mon interlocuteur j’explique que, bien contre-intuitif, c’est en fait, quand on y pense, très logique. Ayant compris la technique, j’exécute des ollies, plus ou moins réussis, l’un après l’autre. – En réalité, la poussée vers le sol est à la fois intuitive et logique, mais avec le pied qui se trouve à l’arrière de la planche.

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Une expédition scientifique découvre un animal antédiluvien, qu’elle rapporte avec elle en Europe. Il s’agit d’un animal ayant la taille et l’apparence d’un chat domestique mais qui se rattache aux dinosaures disparus. D’ailleurs, dans la cage au fond couvert de paille où l’animal est gardé, il pond un œuf. Grand comme un œuf de poule, c’est un œuf en or massif avec des bras et des jambes, qui court de-ci de-là comme un véritable petit animal exubérant. La mère ne semble cependant pas comprendre qu’il s’agit de son œuf car elle saute sur lui comme un chat sur une souris, le laissant repartir puis sautant à nouveau dessus, tout à ce jeu cruel que font subir les chats aux animaux plus petits, rongeurs ou lézards. L’œuf étant en or massif, nous ne craignons pas grand-chose pour lui, mais nous craignons que l’animal antédiluvien ne s’abîme les dents.

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Un fonctionnaire mal noté de ses supérieurs a fabriqué pendant son temps libre une boîte de conserve de fruits en sirop, avec l’étiquette portant toutes les mentions légales. Bien que ce passe-temps n’ait que peu d’intérêt, je fais semblant d’admirer et relève aussi que, s’il souhaite se reconvertir dans les affaires, il vient de se former à la mise en boîte et à l’étiquetage. Une particularité de son produit est, alors que les fruits en boîte ou en bocal sont normalement d’une seule essence de fruit, ou bien en salade de fruits, qu’ici la boîte contient à la fois des pêches et des litchis.

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Cela commence comme une biographie de Rabindranath Tagore. Une fois célèbre, alors qu’il part pour un voyage en Europe, c’est moi qui prends le bateau à sa place. Il s’agit d’un petit bateau à moteur guère approprié pour une longue traversée de la mer mais je ne me laisse pas décourager par cette pensée. Après avoir lancé le bateau, je m’allonge, la tête sur un coussin. Dans cette position confortable, je vois au loin d’immenses navires qui sont comme des monuments sur la mer. La pensée qu’avec certains d’entre eux nous nous allons nous croiser et que, si je me trouve sur leur chemin, ils détruiront ma coque de noix, m’effleure à peine. Mon bateau se conduit tout seul et je me fie à lui. Je salue les passagers d’un grand voilier à ma droite, dont une touriste en maillot de bain tombée sous mon charme au premier regard et mélancolique de me voir passer.

Enfin apparaissent au loin des massifs montagneux, indiquant que je ne suis pas sur la mer mais sur un grand lac. À l’approche du rivage, un afflux de barques avec des pèlerins à bord m’entoure ; cela signifie que nous abordons à un rivage sacré, avec des temples de grande réputation. Pour faire bonne tenue parmi cette foule dévote, je me mets à réciter des mantras de mon invention, en me disant qu’il existe tellement de langues en Inde qu’aucun de ceux qui m’entendra ne saura que j’invente des paroles et que tous croiront que je prie dans une langue indienne inconnue d’eux. Mes mantras sont la répétition de trois mots inventés auxquels j’ajoute un quatrième mot qui est le seul à changer chaque fois, et cette psalmodie étonnante me paraît presque authentique à moi-même. Pour le quatrième mot j’utilise entre autres des noms et des termes reconnaissables par tous, comme « dharma », afin de rendre l’illusion plus parfaite.

C’est entouré, crois-je, du respect de ces humbles gens pour mon apparente dévotion que j’aborde au rivage et pénètre dans un temple. Curieusement, les murs sont en préfabriqué, couleur saumon. Il ne se trouve pas non plus de statues ni le moindre ornement, à part des graffitis sur les murs en préfabriqué. Il y a quelques religieux, dont certains concertent des séductions illicites de visiteuses, ce qui me froisse ; l’un parle même d’éteindre la lumière pour qu’ils puissent enlever des femmes dans le noir.

Je comprends que les graffitis, en diverses langues, sont laissés par les visiteurs, l’un écrivant que ce monde est fumée, un autre que le refroidissement climatique (sic) annonce la fin du monde. Je décide de laisser quelques paroles à mon tour. Alors que je suis en train d’écrire, un Indien en longue chemise blanche lit à voix haute : « ablution, ablation » et trouve cela remarquable. Or, au moment où il me félicite, je n’ai encore écrit qu’« ablution, » – il a donc lu dans mes pensées. Après qu’il a continué son chemin, je termine mon graffiti.

Cherchant ensuite la sortie, je trouve l’entrée principale, par où je ne suis pas entré. Elle comporte une affiche expliquant la nature du lieu : ce n’est pas un temple mais un centre d’information de l’UNESCO sur le tabagisme.

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Le rêve décrit la vie d’un village attardé dans le passé. Après je ne sais quel accident ou maladie, un homme de ce village a été réduit à l’état de tête. Habitués à son existence, sa famille et les autres villageois prennent certes soin de lui sans rien demander en retour – car quel service pourrait rendre un homme réduit à n’être qu’une tête ? – mais montrent peu de compassion pour son état. Quand il fait chambre avec d’autres, dans un cageot aménagé, posé sur un meuble, les gens se moquent de lui, disent : « À défaut de le faire, tu regardes ! » et ils éclatent de rire. D’ailleurs, la femme, dans la chambre, croit qu’il regarde et ne tolère bientôt plus sa présence. Dehors, où parfois on l’emmène pour qu’il voie du monde, car il reste un homme curieux qui n’aime pas s’ennuyer, on a voulu le placer sur l’épaule de quelqu’un, mais cette personne semble alors avoir deux têtes et les gens ne tolèrent pas cela non plus. On a également essayé de lui faire des béquilles, avec deux échelles, afin qu’il se déplace tout seul, mais c’était impraticable car il aurait fallu qu’il ait des bras pour pouvoir s’en servir. Alors il ne restait que Népoménus, un homme à tout faire, qui fut chargé de garder et de sortir l’homme-tête.

Intéressé par cette histoire extraordinaire, je me rends dans ce village afin d’y rencontrer Népoménus et l’homme-tête. Je trouve Népoménus sur le pas de sa porte alors qu’il rentre de voyage. Je l’avais prévenu de mon arrivée mais sans lui dire la véritable raison de ma visite ; il ne sait donc pas que je connais l’existence de l’homme-tête. Je le suis dans les escaliers qui conduisent à sa chambre. Là, il se débarrasse de quelques affaires sur une table encombrée de livres et de papiers, puis ouvre la fenêtre et place hâtivement un objet sur le rebord, si hâtivement que l’objet tombe de l’autre côté, hors de ma vue, et je n’ai pas eu le temps de bien le voir. Je suppose qu’il s’agit de l’homme-tête, que Népoménus place sur le rebord de la fenêtre pour que ce dernier puisse regarder ce qui se passe au-dehors, se distraire du va-et-vient villageois. Je suis tout de même étonné que Népoménus l’ait sorti d’une besace : ce n’était pas l’idée que je me faisais de la tâche de sortir l’homme-tête car je ne vois pas quel plaisir il peut prendre à sortir enfermé dans un sac.

Je demande à Népoménus ce qu’est l’objet qu’il a voulu mettre sur le bord de la fenêtre. Il passe la main par l’ouverture et ramasse, sans doute sur un balconnet, une tête qu’il pose la face contre la table. Je n’en vois pas le visage, seulement des cheveux blonds et bouclés, mais la tête paraît sans vie. « On m’a demandé de rapporter ça du Pakistan », me dit Népoménus. Ce n’est donc pas l’homme-tête, seulement une tête, la tête d’un mort en parfait état de conservation. La question qui me taraude alors est comment une tête aussi blonde peut être du Pakistan. Il me revient à la mémoire des récits concernant une tribu montagnarde de là-bas où le blondisme ne serait pas rare.

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Je me rends dans une librairie dans l’intention d’acheter trois livres de poésie, qui sont les Lusiades de Camões dans une traduction en alexandrins du dix-neuvième siècle, des traductions de poésie allemande par Gérard de Nerval et des vers de Léon-Paul Fargue. Les livres que je cherche sont classés par ordre alphabétique sur un présentoir tournant. En faisant tourner le présentoir, j’oublie le livre que je cherche en premier. Me vient alors à l’esprit un autre des trois livres et je me mets à chercher celui-là, mais j’oublie aussitôt quel est cet autre livre que je cherche à la place. Un autre des trois livres me vient alors à l’esprit, et ainsi de suite : j’oublie toujours, au moment où je le cherche, lequel des trois livres je suis en train de chercher.

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Les nids en spirale

U. me demande de l’accompagner le long de la rivière car elle veut me montrer que les oiseaux nés au printemps ont grandi et sont en train de nidifier pour la saison des amours. Nous parvenons sur un bras de la rivière où le lit est peu profond et où se trouve une colonie de colverts, surtout des femelles, en petits groupes. Dans le groupe de quatre femelles que je me mets à regarder plus attentivement, chaque femelle plonge la tête dans l’eau à tour de rôle. U. m’explique qu’elles sont en train de creuser au fond de la rivière un nid en spirale. (Comme elles sont plusieurs femelles à conduire ces travaux, on peut penser que ces nids sont partagés.)

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Dans une salle de classe, la professeure nous montre une photo de président de la République et demande ce qu’il manque sur cette photo. Je lève la main et réponds : « De la nudité », ce qui suscite des murmures en divers points de la classe et je comprends que ma réponse est peu appréciée des autres élèves, surtout ceux de sexe féminin. Les réponses se poursuivent, tournant toutes autour du thème du chapeau, ce qui me fait vaguement comprendre ma bourde ; je reprends donc la parole pour indiquer à la professeure que je croyais le jeu plus ouvert. Elle me rabroue en me reprochant de n’avoir pas écouté les consignes. Au temps pour moi ! Je pense alors à la réponse « tricorne » mais, n’étant pas sûr, garde le silence.

À la fin du cours, la professeure nous demande de nous rendre au stand monté par une équipe médicale extérieure, où nous recevrons chacun une information individuelle sur l’IVG. Hors de la classe, nous nous agglutinons donc devant une table où un médecin nous informe que nous allons être appelés par notre nom. C’est alors mon nom qu’il appelle.

Je me présente et le médecin m’invite à le suivre, avec son assistante, dans une autre pièce. Il s’assoit à une table où se trouve un appareil électronique dans de la bakélite noire et me demande de m’assoir en face de lui. Pendant les préparatifs, l’assistante me demande ce que vais faire ce soir. Je réponds que j’ai rendez-vous avec M. B. (un professeur d’origine vietnamienne que j’ai connu dans la réalité lorsque j’étais étudiant à Nanterre) avec des membres de ma famille vivant en région parisienne. Je trouve cette question plutôt inattendue, dans le contexte, mais me demande tout de même si je ne devrais pas à mon tour m’enquérir de ce qu’eux-mêmes font ce soir, par politesse.

Le médecin, que j’ai peut-être croisé au lycée de Sèvres il y a des années (je garde cette question pour plus tard), me passe un casque d’écoute et dit que nous pouvons à présent passer aux ultrasons. Je demande quel est le rapport avec l’IVG ; c’est l’assistante qui répond, noyant le poisson. J’ai le casque sur les oreilles et reçois dans l’une d’elles le choc d’un son perçant ; le médecin a simplement testé le fonctionnement de l’appareil et du casque mais je trouve tout de même que c’est une agression sadique. Il s’agit de tester mon ouïe aux ultrasons mais je crains qu’on ne cherche à me faire passer pour fou, que ce test ne soit en fait un test psychiatrique. Le test a commencé, trois collaborateurs, des femmes, de l’équipe médicale nous ont rejoints : leur fonction est de jouer une saynète en notre présence, pour qu’il y ait du bruit et que le test soit ainsi plus concluant. J’entends parler les actrices dans la pièce mais aucun ultrason dans le casque.

Au bout d’un moment, je redemande le rapport de ce test avec l’IVG (par laquelle, d’ailleurs, je ne suis pas, en tant qu’individu de sexe masculin, directement concerné au point d’avoir à recevoir une information individuelle), l’une des actrices, en tenue d’infirmière, dit : « Il est temps que celui-là fasse le plongeon » et, se plaçant derrière moi, pousse la chaise sur laquelle je suis assis et qui s’avère être un fauteuil roulant. Elle me promène ainsi, comme un malade, dans les couloirs pendant un moment puis me pousse vers un mur où je dois me heurter ; je comprends que c’est ce qu’elle appelle « faire le plongeon » mais, comme elle ne va pas très vite, il me suffit de lever le pied pour qu’en touchant le mur avec j’arrête le fauteuil sans me faire trop de mal. Elle me reconduit alors dans la salle aux ultrasons, où le test peut se poursuivre. Ce n’était qu’un avertissement.

Thai Mysteries / ความลึกลับไทย

กาฬาวก. ชื่อช้างตระกูล ๑ ใน ๑๐ ตระกูล กายสีดํา ช้าง ๑๐ ตระกูล คือ ๑. กาฬาวกหัตถี สีดํา ๒. คังไคยหัตถี สีเหมือนสีน้ำไหล ๓. ปัณฑรหัตถี สีขาวดังเขาไกรลาส ๔. ตามพหัตถี สีทองแดง ๕. ปิงคลหัตถี สีทองอ่อนดั่งสีตาแมว ๖. คันธหัตถี สีไม้กฤษณา มีกลิ่นตัวหอม ๗. มงคลหัตถี สีนิลอัญชัน มีกิริยาท่าทางเดินงดงาม ๘. เหมหัตถี สีเหลืองดั่งทอง ๙. อุโบสถหัตถีสีทองคํา ๑๐. ฉัททันตหัตถี กายสีขาวบริสุทธิ์ดั่งสีเงินยวง แต่ปากและเท้าสีแดง. / “ช้าง ๑๐ หมู่” หรือ ช้าง ๑๐ ตระกูล ในคัมภีร์ไตรภูมิโลกวินิจฉัย ได้แก่ กาฬาวกหัตถี (ช้างดำ) คังไคยหัตถี (ช้างที่เกิดแถบแม่น้ำคงคา) ปัณฑรหัตถี (ช้างเผือก) ตัมพหัตถี (ช้างแดง) ปิงคลหัตถี (ช้างเหลือง) คันธหัตถี (ช้างที่มีกลิ่นหอม) มงคลหัตถี(ช้างที่เดินงาม) เหมหัตถี (ช้างสีเหลืองดั่งทอง) อุโบสถหัตถี (ช้างสีทอง) และ ฉัททันตหัตถี (พญาช้าง). Galawaga. One of the ten families of elephants, namely: 1 Galawaga-Hati (black elephant); 2 Dangkai-Hati (colour like that of running water); 3 Pantara-Hati (silver white); 4 Tamop-Hati (copper); 5 Pingkon-Hati (pale gold, like a cat’s eye); 6 Kanta-Hati (colour of eaglewood, and the elephant emanates a sweet fragrance); 7 Mongkon-Hati (colour of blue pea vine, and its motions are graceful); 8 Hem-Hati (yellow like gold); 9 Ubosot-Hati (golden); 10 Chattan-Hati (pure white like smolten silver, but mouth and feet are red). / Other definition: The ten families of elephants in the Triphum [cosmology scriptures] are: 1 black elephant; 2 elephant born in the Ganges; 3 albino elephant; 4 red elephant; 5 yellow elephant; 6 fragrant elephant; 7 graciously moving elephant; 8 gold-yellow elephant; 9 golden elephant; 10 king of elephants. [As one can see, the two lists are only partially concurring. Furthermore, the first list does not mention any legendary aspect in these elephant families, as if they were applying to real world elephants. Although the colours ascribed to some of these elephants may seem rather odd, the system could well serve to distinguish different skin nuances of elephants from the real world. The second source, however, indicates that these elephants are mythical.]

กิงบุรุษ. สัตว์ชนิดหนึ่งในนิยาย ตัวเป็นม้า หัวเป็นคน แต่ตามคติไทยว่า เป็นอมนุษย์พวกหนึ่งอยู่ในป่าหิมพานต์ ท่อนล่าง เป็นนก ท่อนบนเป็นคน. Kingburut. A legendary animal having the body of a horse and a human face. In Thai folklore, however, it is a creature with the lower half being of a bird, the upper half of a man, and living in Himmapan forest [the forest surrounding Mount Meru, which is, in Hindu mythology, the sacred mountain at the centre of the universe]. กินนร. อมนุษย์ในนิยาย มี ๒ ชนิด ชนิดหนึ่งเป็นครึ่งคนครึ่งนก ท่อนบนเป็นคน ท่อนล่างเป็นนก อีกชนิดหนึ่งมีรูปร่างเหมือนคน เมื่อจะไปไหนมาไหน ก็ใส่ปีกใส่หางบินไป. Kinnon. A legendary creature of which two different species exist, one being half-bird and half-human (upper part human, lower part bird-like), the other having a man-like appearance and a flying motion with wings and tail. กินรี. กินนรเพศหญิง. Kinari. A female kinnon. [According to some other definitions than those given here, kinnon is the generic name, kinari the female, and kingburut the male.]

แก้วสารพัดนึก. แก้วที่เชื่อกันว่า ถ้าผู้ใดมีอยู่แล้ว นึกอะไรได้อย่างใจ. Keow-Sanpat-Neuk. “Wish crystal,” a magic crystal enabling its owner to realize his or her wishes.

ขษีณาศรพ. ผู้สิ้นกิเลสแล้ว หมายถึง พระอรหันต์ (สก. สิ้นไป + กิเลส). Ka-Si-Nasop. A person beyond desire, i.e. an arahant (awakened), a Buddhist saint. (from Sanskrit: beyond desire).

คันธกุฎี. กุฎีที่มีกลิ่นหอม หมายถึง หมู่กุฎีที่สร้างขึ้นเป็นพิเศษสำหรับเป็นที่ประทับของพระพุทธเจ้าที่เชตวัน ตัวคันธกุฎีได้สร้างแยกไว้ต่างหาก ส่วนสิ่งก่อสร้างอื่นที่เห็นเด่นชัดเรียกว่า บริเวณคันธกุฎี. Kantakuti. “Perfumed cell”; the cell that was built as a residence for the Buddha in Jetavana (India).

ครุฑี. ครุฑตัวเมีย. Krutee. A female garuda. (The garuda is the legendary birdlike creature that serves as heraldic emblem of Thailand.)

ฉัทันต์. ๑ ชื่อช้างตระกูล ๑ ใน ๑๐ ตระกูลเรียกว่า ฉัททันตหัตถี กายสีขาวบริสุทธิ์ดั่งสีเงินยวง แต่ปากและเท้าสีแดง. ๒ ชื่อสระใหญ่สระ ๑ ในสระทั้ง ๗ ในป่าหิมพานต์. Chattan. 1 One of the ten families of elephants (see Galawaga). 2 A large pond among the seven ponds of Himmapan forest.

ฉัพพรรณรังสี. รัศมี ๖ ประการ คือ ๑ สีนีละ (สีเขียวเหมือนดอกอัญชัน คือสีน้ำเงินนั่นเอง) ๒ สีปีตะ (สีเหลืองเหมือนหรดาลทอง) ๓ สีโรหิตะ (สีแดงเหมือนแสงตะวันอ่อน) ๔ สีโอทาตะ (สีขาวเงินยวง) ๕ สีมัญเชฏฐะ (สีแสดเหมือนหงอนไก่) ๖ สีประภัสสร (สีเลื่อมพรายเหมือนแก้วผลึก). คือสีที่แผ่ออกจากพระวรกายขององค์สมเด็จพระสัมมาสัมพุทธเจ้า. ธงฉัพพรรณรังสี. ธงศาสนาพุทธ. Chappana-Rangsi. A light of six colours, namely: blue like the flower of the aloes (butterfly pea, blue pea vine), yellow like golden realgar, red like a setting sun, white like a silver plate, orange (“swan’s leg”) like the flower of the Chinese burr or like a chicken comb, and shiny like a crystal. This is the halo emanating from Buddha’s body. Tong-Chappana-Rangsi. “The Six-Colors Beam Flag”: the Buddhist religion’s flag.

ชินาลัย. ที่อยู่ของพระพุทธเจ้า. Chinalay. Abode of the Buddha.

ตบะ. “ความเพียรเครื่องเผาผลาญกิเลส” คือ พิธีข่มกิเลสโดยทรมานตัว. ข้อปฏิบัติ ของพระพุทธศาสนา หมายถึงการทำความเพียรเพื่อกำจัดกิเลสออกจากจิต การรักษาศีล การทำสมาธิ การรักษาธุดงค์ ฯลฯ เป็นตบะทั้งสิ้นความอดทนอย่า. Tapa. “Penance”, i.e. the suppression of desire through physical mortification. In Buddhist religion, it means the evacuation of desire from the mind through the practice of religious precepts, meditation, patience, tudong [taking the road as a form of merit-making and other monk practices], etc.

ทองพระขุน. ขุนเพ็ด, ปลัดขิก,อ้ายขิก. รูปอวัยวะอันเป็นองค์กำเนิดของชาย, รูปของลับของชาย. Tong-Pra-Kun, or Kun-Pet, or Palat-Kik, or Ay-Kik. A carved figure of the masculine genitals [serving as amulet].

ทัณฑิมา. ชื่อนกในพวกสัตว์หิมพานต์ รูปเป็นครุฑถือกระบอง. / ชื่อนกในนิยาย หัวเป็นนกตัวเป็นครุฑ ถือไม้เท้าอยู่ในป่าหิมพานต์. Tantima. A bird in Himmapan forest having the appearance of a garuda holding a club. Other definition: A legendary bird in Himmapan having a birdlike head and the body of a garuda, and holding a staff.

ทางใน. การหยั่งรู้ด้วยพลังจิต โดยปริยายหมายถึงการนึกเดาเอาเอง. Tang-Nai. “The Inner Way,” the foreseeing of things to come through mental exertion; in the figurative sense it means a correct guess.

ทานพ, ทานา. ภูตจำพวกหนึ่ง ซึ่งกล่าวว่าเป็นแทตย์หรืออสูร เป็นศัตรูต่อพวก เทวดา กล่าวว่าเป็นลูกของนางทนุ และพระกัศยป มีจำนวน ๔๐ บ้าง ๑๐๐ บ้าง. Tanop, or Tana. A kind of demons, daityas or asuras, enemies of the devas; they are said to be the offspring of Mother Nang Tanu and Father Pra Katsayop, and number either 40 or 100.

โทหฬะ. ๑ ความปรารถนาของหญิงตั้งครรภ์ ๒ ความแพ้ท้อง. Tohala. 1 Desires of a pregnant woman. 2 Morning sickness (in pregnancy).

ธไนศวรรย์. อิสรภาพเหนือทรัพย์. Tanaisawan. Freedom from riches.

บังสุกุล. เรียกผ้าที่พระภิกษุชักจากศพ หรือที่ทอดไว้หน้าศพ. Bangsukun. The garment worn by a monk, taken from a corpse over which it was laid.

ปลุกผี. นั่งบริกรรมคาถาจนกระทั่งผีลุกขึ้นมาหรือปรากฏกาย เพื่อใช้ให้ไปทําประโยชน์ตามที่ตนปรารถนา หรือเพื่อลนเอานํ้ามันจากคางผีตายทั้งกลม ที่เรียกกันว่า น้ำมันพราย สำหรับดีดให้หญิงหลงรัก. Pluk-Pi. “Call the Ghost,” to recite incantations until a ghost materializes, in order to make it act according to one’s wishes; to collect a certain oil from the ghost of a woman who died giving birth, used to make women fall in love.

ปลุกพระ. บริกรรมคาถาเสกพระเครื่องเพื่อให้เกิดความขลัง. Pluk-Pra. “Call the Blessed,” to recite incantations upon an amulet in order to activate its magic.

ไปศาจี. ๑ ภาษาของผี. ๒ เป็นชื่อภาษาหนึ่งในอินเดีย. Paisatjee. 1 The language of ghosts. 2 A certain language in India.

ผีดิบ. ๑ ศพที่ยังไม่ได้เผา. ๒ ผีที่ยังไม่ได้เผา. Pi-Dip. 1 An uncremated body. 2 Ghost of an uncremated body; undead.

พระผอม, หลวงพ่อผอม. พระพุทธเจ้ารูปปางบำเพ็ญทุกรกิริา. Pra-Pom, or Luang-Po-Pom. Emaciated Buddha, a Buddha image showing the Buddha practising self-mortification.

พระรอด. ชื่อพระเครื่องชนิดหนึ่งของลําพูน. Pra-Rot. An amulet of a kind from the province of Lamphun. [This is the only case I know of a geographical origin for a type of amulet.]

พิสมร. เครื่องรางชนิดหนึ่งรูปสามเหลี่ยมหรือสี่เหลี่ยม ร้อยสาย สำหรับป้องกันอันตราย ม้วนร้อยสลับกับตะกรุด. Pitsamon. An amulet in triangle or square form, made of thread, and used to ward off danger. Can be strung together with takrut. [For a definition of the takrut, and of other amulets, see also my Thai-French Glossaire here]

พุทธังกูร. หน่อพระพุทธเจ้า คือผู้ที่จะได้เป็นพระพุทธเจ้าในภายภาคหน้า. Puttankun. A Buddha child, i.e. a person who will be Buddha in the future.

พุทธันดร. เวลาระหว่างพระพุทธเจ้าองค์หนึ่งกับอีกองค์หนึ่งบังเกิดขึ้น. Puttangon. The time span between one living Buddha and the birth of the next.

มรณภาพ. ความตาย, ตาย (ใช้แก่พระสงฆ์). ex. ชาวพุทธมีความเชื่อว่าพระสงฆ์ที่มรณภาพทั้งผ้าเหลือง จะไปเกิดเป็นพระภูมิเจ้าที่. Moranapap. To die, or death (used for monks). Ex. Buddhists believe that monks who die in their yellow robes will be born as guardian spirits (pra-pum).

มหาธาตุ. พระอัฐิธาตุของพระพุทธเจ้า พระบรมธาตุ หรือ พระบรมสารีริกธาตุ ก็เรียก . เรียกพระสถูปเจดีย์หรือพระปรางค์ที่บรรจุพระบรมธาตุ ว่า มหาธาตุ. Mahatat. A relic of the Buddha. Shrines or pagodas that enclose such relics are called relics temples (wat-mahatat).

มหาอุจ. ดาวพระเคราะห์ที่ทรงคุณสูงเด่น ทําให้เจ้าดวงชะตามีความเจริญรุ่งเรือง. Mahaoot. A planet that confers eminent benefits and makes one’s fate successful.

เมรุพระบุพโพ. เมรุขนาดน้อย สำหรับถวายพระเพลิงพระบุพโพ (น้ำเหลือง) ส่วนใหญ่จะทำที่วัดมหาธาตุ ฯลฯ (ศัพท์พระราชพิธี) Meru-Bup-Po. A small size crematory that serves to cremate the lymph (“yellow water”), mostly used in relics temples (royal ceremonies vocabulary).

ระลึกชาติ. ระลึกถึงความเป็นไปในชาติก่อน. Raleuk-Chat. “Life-Recall,” to remember former lives.

ลองของ. ทดลองดูว่าเครื่องรางของขลังนั้นจะขลังจริงหรือไม่. Long-Kong. To test whether the power of an amulet is effective or not.

วนัปติ. ไม้ใหญ่, พญาไม้, ผีเจ้าป่า. Wanapa. A big tree. A banyan tree, lit. “king of trees.” A spirit of the forest.

ศรภ, ศรภะ. สัตว์ในนิยาย ถือกันว่า มี ๘ เท้า มีแรงมากกว่าช้างและสิงโต. Sarapa. A legendary animal believed to have eight feet and more strength than the elephant and the lion.

สมผุส, สัมผุส. การคำนวณหาองศาทางโหราศาสตร์เกี่ยวกับโลกและดาวพระเคราะห์เล็งร่วมกัน. Somput, or Samput. Astrological computation (evaluating conjunctions between the earth and other planets). [Monks practice it.]

สมพงศ์. การร่วมวงศ์หรือตระกูลกัน (โหร) วิธีคํานวณว่าหญิงชายที่จะเป็นคู่ครองกันมีชะตาต้องกันหรือไม่. / คำนวณวัน เดือน ปีเกิดคู่หญิงชายว่าจะอยู่กินเป็นสุขหรือไม่. Sompong. An astrological practice intended to determine whether a man and woman who are to marry have concurring fates or not. / An astrological examination of the birth dates of future spouses in order to determine whether their home life will be happy or not. [Monk practice it.]

สะลาบ. ผิวของพิมพ์หล่อพระที่แตกออกเป็นกาบเล็ก ๆ เมื่อความร้อนลดลงกะทันหัน. Salap. Small peels that burst out from the mold of an amulet when heat decreases abruptly.

สาลิกา. ชื่อเครื่องรางชนิดหนึ่ง เป็นตะกรุดดอกเล็กๆ อมไว้ในปาก ว่ามีสรรพคุณทำให้คนรัก. Salika. An kind of amulet, which is a takrut of very small size kept in the mouth and believed to make people fall in love with the owner.

สินี. นางผู้มีเนื้อขาว, นางงาม. Sini. A white-skinned woman, a beautiful woman. [The word “fair” in English conveys same both meanings.]

สุธาสินี. ผู้กินอาหารทิพย์ คือ เทวดา. สุธา. น้ำทิพย์, น้ำอมฤต, อาหารทิพย์. Sutasini. One that eats preternatural viands, i.e. a deva. From Suta. Preternatural water, amrit water, ambrosia.

เสกเป่า. Sek-Pao. “Blow the magic,” to consecrate something by breathing on it after pronouncing a religious formula.

โสสานิกะ. ๑ ผ้าทิ้งไว้ที่ป่าช้า. ๒ ผู้อยู่ในป่าช้า. Sosanika. 1 A garment left in a cemetery. 2 A person living in a cemetery [For example I found ภิกษุโสสานิกะ, a monk].

หงส์. นกในนิยายถือว่าเป็นนกในตระกูลสูง มีเสียงไพเราะ เป็นพาหนะของพระพรหม. Hong. A legendary bird of noble lineage, his cry is melodious, and he serves as a vehicle to Brahma. [Has given his name to the swan in Thai language.]

หวอด. ฟองน้ำที่ปลาบางชนิดพ่นไว้สำหรับเก็บไข่. Wot. A nest of clustering bubbles that some species of fishes build by blowing in order to keep their eggs inside. [Known as fish foam.]

แหนง. พิธีทางไสยศาสตร์อย่างหนึ่งที่ทำให้ผู้หญิงไม่ได้แต่งงานตลอดไป. Neng. A black magic ceremony intended to prevent a woman from ever marrying.

เหรา. สัตว์ในนิยายมีรูปครึ่งนาคครึ่งมังกร. Hera. A legendary animal, half-naga half-dragon. [The naga is the famous legendary snake of South Asian lore.]

อนงค์. ผู้ไม่มีตัวตน เป็นชื่อกามเทพ เทวดาองค์นี้ถือธนูและศรทำด้วยดอกไม้. Anong. “Incorporeal being,” a name of Kam-Tep, the Love God, represented with a bow and arrows made of flowers.

อนันตริยกรรม. กรรมที่ให้ผลไม่เว้นระยะ คือ กรรมที่เป็นบาปหนักที่สุด มี ๕ อย่าง คือ ๑. ฆ่าบิดา ๒. ฆ่ามารดา ๓. ฆ่าพระอรหันต์ ๔. ทําให้พระกายพระพุทธเจ้าห้อเลือด ๕. ทําให้สงฆ์แตกแยกกัน. Anantriyakam. The five greatest sins, i.e. 1 to kill one’s father; 2 to kill one’s mother; 3 to kill a saint (arahant); 4 to bruise a Buddha’s body [not a common one, I guess]; 5 to make a monk break its vows.

อภิญญา. ความรู้อย่างสูง, ความรู้ยิ่งในพระพุทธศาสนามี ๖ อย่าง คือ ๑. อิทธิวิธิ แสดงฤทธิ์ได้ ๒. ทิพโสต หูทิพย์ ๓. เจโตปริยญาณ รู้จักกำหนดใจผู้อื่น ๔. ปุพเพนิวาสานุสติญาณ ระลึกชาติได้ ๕. ทิพจักขุ ตาทิพย์ ๖. อาสวักขยญาณ รู้จักทำอาสวะใ. Apinya. “The Highest Forms of Wisdom,” in the Buddhist religion there are six: 1 ability to perform magic deeds; 2 clairaudience; 3 detecting others’ intentions; 4 recalling former lives; 5 second sight or clairvoyance; 6 overcoming desire.

อรหัน. ๑ ชื่อสัตว์ในนิยาย มี ๒ เท้า มีปีกคล้ายนก หัวคล้ายหัวคน. ๒ ผู้วิเศษ. Orahan. 1 A legendary animal having two feet, and wings, and a man-like face. 2 A wizard.

อัมพุชินี. สระบัว,หนองบัว. Ampuchini. A lotus pond.

โอปปาติกะ. ผู้เกิดผุดขึ้นโดยไม่ต้องอาศัยพ่อแม่ อาศัยอดีตกรรมได้แก่เทวดา พรหม สัตว์นรก เปรต อสุรกาย อุปปาติกะ ก็เรียก. Oppatika. Creatures born without the intervention of parents, and having no past karma; a name applied to devas, Brahma, hell beasts, evil spirits, and asuras. [Included in the devas are garudas and nagas, of which only some kinds, however, are born oppatika.]

Sources: Mainly Sanook and Longdo online dictionaries. The English transcription of Thai words is my doing, as well as the English translation of definitions. My personal comments are to be found inside the symbols [].

November 2014

This is a supplement to the Thai-French Glossaire here.