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Quand l’oiseau hennissait 2: Poèmes publiés dans la revue du Bon Albert (2008-2013)

Pour en savoir plus sur L’oiseau hennissant : La revue du Bon Albert, lecteur, rends-toi sur Quand l’oiseau hennissait : Articles pour la revue du Bon Albert (2011-2016) (ici).

La revue du Bon Albert n’est pas à proprement parler une revue de poésie. Le Bon Albert a choisi lui-même certains poèmes pour les y publier en vue de donner envie à ses abonnés de lire mes recueils. C’est ainsi que huit poèmes ont paru dans ses pages au fur et à mesure de la parution desdits recueils, poèmes qui sont ici pour la première fois rassemblés.

Comme pour mes autres publications poétiques sur ce blog, je profite de l’entière liberté éditoriale qui m’est ici permise pour ajouter en fin de ce billet une annexe comportant la manière dont doivent être lus, c’est-à-dire prononcés certains mots (dits à diérèse) pour que les vers dans lesquels ils figurent soient justes. Ces règles de prosodie classique (alexandrins et autres) n’étant plus aujourd’hui vraiment connues du grand public, il est important de les rappeler.

*

L’oiseau hennissant n° 10, mars 2008 (deux poèmes)

Méditerranéenne enfant des heures claires,
Sur les rivages d’or par où monte le jour,
Que ta beauté s’épanche en célestes lumières ;
Italie, apprends donc à cette âme l’amour !

Parmi les souvenirs d’un temps plus héroïque
Où le génie altier au divin s’appliqua,
Donneras-tu de voir au poète pudique
Une larme briller dans l’œil de Francesca ?

Déesse du bonheur, que disent les présages ?
Le romantique au front tourmenté par l’ennui,
Dans le temple d’azur et de vignes sauvages
Trouvera-t-il enfin ton magnanime appui ?

Ô pur rayonnement de mystère et de joie,
Diadème du monde, écrin de volupté,
Qu’enseigné la mesure un cœur ample se voie,
Rome, soupir d’amour, miroir de vérité !

*

En répandant ses feux fuchsia par le ciel,
Comme autant de rubis d’une main épuisée,
L’alcyon revêtu d’or immatériel
Passe les monts lointains, et l’ombre est diffusée.

La lumière et la nuit se disputent l’instant ;
De palpitants rayons traversent la nuée,
Vestiges fugitifs dans l’espace flottant,
Tandis que la pénombre entame sa ruée.

Dans la lutte du jour et de l’obscurité,
Se fait une pâleur, couvrant de lassitude
Les choses, et le cœur triste en est attristé,
Sentant profondément sa morne solitude.

Des larmes, le soleil éteint, veulent jaillir,
Car le miroitement du monde au crépuscule
Exalte l’espérance et provoque un soupir ;
La beauté grandissante, en même temps recule.

Il fait noir. Le connu devient mystérieux.
L’apparence des lieux tout autour est celée,
Mais un voile se lève, et paraît à nos yeux
Le drame étincelant de la voûte étoilée.

*

L’oiseau hennissant n° 22, mars 2011 (un poème)

Bougainville

Bougainville ! héros, Argonaute poudré,
La dentelle en délire et la perruque au vent,
Grand comme un albatros sur le gaillard d’avant,
Tu circonscris des yeux l’horizon azuré.

Où porte ton regard s’élance le vaisseau !
Sur la mer sans limite et sous le ciel sans fond,
Ta cabine dorée et haute de plafond
Cache ton rêve fou, comme son nid l’oiseau.

En voyant sur les flots l’astre roux se coucher,
Tu dis : « En ce moment peut-être qu’à la cour
Le roi Louis de moi parle à la Pompadour,
Impassible, posant pour l’illustre Boucher. »

Et quand ton cœur, parfois, se lasse de grandeur,
Qu’il s’accorde un instant de repos mérité,
La houle t’apportant sa décibélité
Fait un froufroutement d’une rare splendeur.

Te voilà sur la plage, où tes souliers vernis
Foulent un sable d’or qui trouve son seigneur.
Ton sourire promet un avenir meilleur,
Une félicité d’où les maux sont bannis.

Aussi, les archipels, les lagons éblouis,
Par des chants, des gâteaux, des plumes de coucou,
Des coquilles, des fleurs qu’on dépose à ton cou,
S’empressent d’honorer l’envoyé de Louis.

La foule dénudée entoure Pernety,
Le Swedenborgien qui compte dans le ciel
Les mondes habités par décret éternel,
Égaré, semble-t-il, sur cette O-Taïti.

Ce poème figure également sur le site internet de l’association des Amis de Bougainville (x).

*

L’oiseau hennissant n° 24, octobre 2011 (deux poèmes)

Le Château de Ressouches

Avec douceur, le Lot murmure en ce verger,
Sous les bois en gradins des riantes collines,
Dans la clarté mêlant ses notes cristallines
À la brise estivale, aux flûtes de berger.

Les lauzes, que le temps ne peut endommager,
Au ciel lozérien comme des tourmalines
Brillent de mille éclats de plumes hyalines.
Les tours vous salueront par leur essor léger.

Si de maintes splendeurs cette bastide est pleine,
Le plus bel ornement en est la châtelaine ;
Son ancêtre† a chanté des yeux comme les siens.

Roturier, que ne suis-je un abbé sous son aile
Pour jouir, en ce lieu retenu, de tous biens
Qui ne nous privent pas de la joie éternelle !

Son ancêtre Alphonse de Lamartine

*

Primo Amore

Car nous avions quinze ans et nul autre parti,
Nous nous aimions d’amour, goûtant des gelati.

Naples m’a vu pleurer par ta faute, et dans Rome,
J’ai su que je voudrais pour toi seule être un homme.

Louons Madame B., professeur de latin,
Qui nous permit de croire au bonheur, au destin.

Le petit troupeau blond sous sa docte houlette
A-t-il su notre joie innocente et complète ?

Nous vîmes, par un jour à tout jamais béni,
Capri. Depuis ce jour, ça n’a jamais fini.

Je revois les chemins sur la mer qui se dore ;
Cinq lustres vont passer, je crois t’aimer encore.

Quand le vent souleva ta robe à tes genoux,
Tu me vis devenir grave, car c’était doux.

Quand ta bouche en riant dit une phrase tendre,
En riant je pleurai du bonheur de l’entendre.

Et quand tu te serras contre mon bras tremblant,
Je crus que me fondrait cet abandon brûlant.

Car nous avions quinze ans sous le ciel d’Italie,
Nous connûmes l’amour et la mélancolie.

*

L’oiseau hennissant n° 27, juin 2012 (un poème)

Katmandou-sur-Aubrac

Mêmes plateaux à fleur de nuages, même onde
Cristalline des lacs, et mêmes vents mordants,
Nous pouvons au pays trouver des occidents
À refleurir, ailleurs qu’à l’autre bout du monde !

Mais foin de la cité riche et crasseuse, immonde,
Foin des clinquants cafés où les mots évidents
Font que votre voisin grince aussitôt des dents !
L’esprit pourrit le cœur que la grâce n’émonde.

C’est pourquoi j’ai connu, là-bas, haut sur l’Aubrac
– Je me cherchais un froc, dépouillé de mon frac –
Le Bon Albert fuyant les foules illettrées.

Car nous sentions, renés de quelque Vishnapur,
Qu’il n’est point de savoir loin des vaches sacrées
Et que le Dieu suprême entre en nous par l’air pur !

*

L’oiseau hennissant n° 28, octobre 2012 (un poème)

Les Momies de Palerme

Certaines sont debout contre le mur glacé,
Fantômes, n’ayant plus qu’une ombre squelettique
En bure misérable ou riche dalmatique ;
D’autres, dans les enfeus, scrutent le temps passé.

L’impénétrable chœur, macabre et compassé,
Vers le trône céleste en un muet cantique
Exhale les secrets d’une occulte mystique,
Que ne déchiffre point qui n’a pas trépassé.

Par les baumes, la myrrhe aux parfums de glycine
Faite suave aux sens, la crypte capucine,
Abri pyramidal, tinte avec le clocher.

Le pèlerin remonte et découvre que tombe
Des vitraux un rayon couleur fleur de pêcher
Sur la pierre de lune où s’enchâsse la tombe.

Ce poème a également été publié dans la revue Florilège n° 167 de juin 2017.

*

L’oiseau hennissant n° 32, octobre 2013 (un poème)

Souviens-toi du printemps de nos quatorze années.
Des lilas embaumaient le parc luxuriant,
Aux enfants amoureux tellement attrayant
Par ses bosquets profonds, ses vasques surannées.

D’être ensemble si bien deux âmes étonnées,
Souviens-toi, couverts d’ombre au clair-obscur brillant,
Nous vîmes dans nos yeux des pleurs, en souriant,
Partageant vœux secrets, promesses devinées.

En ce jour du printemps, tous les jardins de fleurs
Firent à notre amour don de mille couleurs
Afin que nous sachions quelle grâce est la vie.

Aujourd’hui me voilà sur ces lieux retourné,
Seul, séparé de toi par la route suivie.
Pardon pour le baiser que je n’ai pas donné !

*

Annexe
Diérèses (par ordre d’apparition)

Di-a-dème

Explication : le mot « diadème », s’il est prononcé selon l’habitude, se dira « dia-dèm », donc deux syllabes, or le « dia » doit se lire « di-a », deux syllabes et non une : c’est ce qu’on appelle une diérèse. L’« e » final est lui-même prononcé car le mot est suivi de « du », commençant par une consonne : « di-a-dè-me-du » (5 syllabes). L’« e » final de « monde » n’est quant à lui pas compté, car le mot qui le suit, « écrin », commence par une voyelle, donc l’« e » final de « monde » s’élide, comme on dit.

C’est seulement en suivant ces règles d’élocution que le vers est un alexandrin : « Di-a-dè-me-du-mond(e)-é-crin-de-vo-lup-té », douze syllabes (avec césure à l’hémistiche, mais c’est une autre histoire).

De nos jours, certains poètes qui continuent de versifier selon des règles ont renoncé aux diérèses : ils écriront un alexandrin dans lequel le « dia » du mot « diadème », par exemple, ne compte qu’une syllabe (au lieu de deux comme indiqué précédemment). Ce choix vise à rapprocher la lecture du vers, quand le lecteur ne connaît pas les règles de la prosodie, de ce qu’elle doit être ; cependant, ce même lecteur, dont l’ignorance est d’ailleurs pleinement excusée, ne connaît pas non plus les règles relatives à l’élision et quelques autres, et la plupart des vers continueront donc d’être lus « faux » par lui malgré cette adaptation des règles classiques relatives aux diérèses. (Il lira par exemple « écrin d’volupté », ce qui rend le vers faux.)

J’ai quant à moi décidé pour cette raison de m’en tenir aux règles telles qu’elles sont appliquées par nos grands poètes versificateurs dans leurs œuvres immortelles. Ceux qui savent lire ces poètes, c’est-à-dire ceux qui savent compter de manière juste les syllabes des vers pour ne point les lire « faux », connaissent les règles.

Ces règles ont leurs exceptions, le « dia » de « diable », par exemple, est une exception à la diérèse d’« ia » : on ne compte qu’un syllabe (c’est une synérèse).

Sans entrer dans un exposé de ces règles, avec leurs exceptions (il existe sur le marché des petits traités de prosodie très abordables), je me borne dans cette annexe à relever les diérèses inhabituelles dans la prononciation courante mais qui doivent être respectées. Si, dans un des poèmes ci-dessus se trouvait par exemple le mot « diable », celui-ci n’apparaîtrait donc pas dans la présente annexe, car son « dia » doit être lu selon l’habitude, comme une syllabe et non deux.

Je poursuis.

Fu-schi-a (3 syllabes)

Al-cy-on

Im-ma-té-ri-el

Mys-té-ri-eux

Lou-is

Swe-den-bor-gi-en

Lo-zé-ri-en

Hy-a-lines

Jou-ir

Su-ave

Lu-xu-ri-ant

(Ce mot me donne l’opportunité de souligner que la prononciation habituelle n’est pas toujours cohérente. Le mot « riant », dans « en riant » par exemple, se prononce deux syllabes, tandis que nous ne prononçons plus le « riant » de « luxuriant » qu’une seule syllabe. Ici, il faut lire lu-xu-ri-ant.)

Sonnets des conquistadores

Les cinq sonnets sont tirés, pour les deux premiers et le quatrième, de mon recueil Le Bougainvillier (2011) et, pour les deux autres, de mon recueil Opales arlequines (2012), où ils ont paru sous une forme un peu différente que je pense avoir améliorée ici. Les deux recueils ont été publiés aux Éditions du Bon Albert.

Les sonnets sont suivis de quelques notes ainsi que, pour permettre au lecteur non familier avec les règles de l’écriture versifiée de pratiquer la scansion de l’alexandrin et d’éprouver ainsi pleinement la régularité de la construction prosodique, d’indications sur la manière de prononcer certains mots quand ils s’écartent de la prononciation ordinaire (diérèse). Pour de plus amples détails sur « Comment lire un alexandrin », voir ma note à ce sujet ici.

Codex Tudela (aztèque)

*

Les Conquérants

Vers la cité lacustre aux blanches pyramides
Dont l’image frémit au loin tel un brandon,
Des soldats castillans le sinueux cordon
Meut sa reptation par les gouffres humides.

Seigneurs ambitieux, roturiers intrépides,
Portant à leurs baisers la Vierge du pardon,
Qui tenant le mousquet, qui le grand espadon,
Chacun lève les yeux aux horizons livides.

Rutilants de sueur et couverts d’armement,
Grondent les destriers, dont le hennissement
Frappe les mécréants d’une terreur sacrée.

La gueule des canons prête à vomir l’enfer,
Le civilisateur par la croix, par le fer,
Cortez ! serre les doigts de Malinche enfiévrée.

*

El Dorado

Parmi l’écroulement des lourdes frondaisons,
La brume s’amoncelle en loques sur le fleuve
Où glisse le serpent, où le fauve s’abreuve ;
Sur la rive des fleurs diffusent leurs poisons.

Ce qui croît dans la nuit de tant d’exhalaisons
Sous l’eau disparaîtra : que seulement il pleuve
Et que, hors de son lit, le méandre se meuve,
Il engloutit le fruit charnu des floraisons.

L’air semble traversé de tremblements hectiques ;
Grouillant, décomposé, saturé de moustiques,
Ce désert inconnu souffle un miasme lépreux.

La fièvre illuminant leurs faces incolores,
Conquérants de l’enfer dans ce puits ténébreux,
Rêvent d’El Dorado les preux conquistadores.

*

Tonatiuh

De Pèdre Alvarado l’éclatante blondeur,
Telle que le dieu blanc en fit la prophétie,
Lui confère sur tous pleine suprématie,
Dont il reçut le nom de Soleil, ou Splendeur.

Lançant sur les païens sa fanatique ardeur
Au sommet qu’une odeur âcre, horrible, rancie
D’organes calcinés, de sang humain vicie,
Il gravit les degrés du temple de hideur.

Et la troupe assaillie au milieu de la rampe,
Par en bas – à leur suite on se bouscule, on rampe –
Par en haut – comme un sac ouvert répand ses grains –

Suspendue aux gradins étrangle sa victime ;
Par indistincts paquets, les combattants étreints
Plongent de toutes parts, en hurlant, dans l’abîme…

*

Balboa l’explorateur

Au travers de la jongle épaisse et ténébreuse,
Où règne tout le jour une nuit de tombeau
Qui ne tempère point la chaleur de fourneau,
Dans les palmes Nuñez un passage se creuse.

Le tonnerre grondant roule sa plainte affreuse,
Menaçant de verser des cataractes d’eau,
De noyer, d’emporter la troupe et son fardeau
Dans des fleuves géants de glu cadavéreuse.

Les lacis sont hantés de fantômes criards.
Parfois, croyant se perdre en d’étranges brouillards,
Le convoi démolit des toiles d’araignée.

Singe ailé, dans le soir volète en frétillant
Le vampire chafouin quêtant une saignée,
Et le jaguar le suit de son œil scintillant.

*

Los Desollados (Les Écorchés)

« …la fleur des Cavaliers, portant
Le pennon de Castille écartelé d’Autriche…
»
(José-Maria de Hérédia, Les Conquérants de l’or)

Conquérant fondateur de Grenade et Bruxelles
Dans l’isthme américain, sylve du colibri,
Du quetzal chatoyant et du saïmiri,
Don Fernand de Cordoue embusque ses nacelles.

La salade d’acier jette des étincelles,
La brigandine flambe, au blanc damas fleuri ;
De l’adversaire monte un sombre et vaste cri,
Et les Impériaux restent droits sur leurs selles.

Le dieu Xipe Totec conseilla ses dévots :
Pour inspirer l’horreur à ces hommes nouveaux,
Chacun a revêtu la peau d’une victime.

Les écorcheurs, drapés dans ces hideux chagrins,
Vont au sanglant carnage, à leur campagne ultime
Tels que des morts vomis d’infernaux souterrains.

*

Les Conquérants

rep-ta-ti-on (quatre syllabes du fait de la diérèse sur « -tion » : ti-on)

am-bi-ti-eux (4)

Tonatiuh

Pèdre Alvarado : Pedro de Alvarado, conquistador du Mexique aux côtés de Cortez. Les Aztèques l’affublèrent du nom du soleil, Tonatiuh, qu’ils représentaient la langue tirée car assoiffé de sang (cette explication du surnom d’Alvarado est due à l’écrivain mexicain Homero Aridjis).

Balboa l’explorateur

Nuñez : Vasco Núñez de Balboa, qui traversa le premier l’isthme du Panama jusqu’à l’océan Pacifique. La monnaie du Panama, le balboa, est nommée d’après lui.

Los Desollados

sa-ï-mi-ri (4 syllabes) (également appelé singe-écureuil ou sapajou)

Le titre du sonnet et le poème lui-même renvoient à l’entrée Desollados dans le Diccionario de Americanismos (1942) du Mexicain Santamaría : « Les Espagnols donnèrent ce nom aux Indiens Maribios du Nicaragua parce que, pour effrayer les conquistadores, ceux-ci massacrèrent de nombreux Indiens, les écorchèrent et se couvrirent de leurs peaux, plaçant en première ligne dans les combats ceux qui étaient ainsi revêtus. » (Los españoles llamaron así a los maribios que vivían en Nicaragua, porque para espantar a los conquistadores, mataron a muchos indios, los desollaron y se vistieron con sus pellejos, colocando en primera linea para pelear a los que iban revestidos de ese modo.) À noter que l’écorchement des victimes de sacrifices humains et le port de leurs peaux par les prêtres étaient courants dans la religion aztèque, en honneur du dieu Xipe Totec nommé dans le poème.

Don Fernand de Cordoue : Francisco Hernández de Córdoba, qui fonda les premières villes coloniales d’Amérique centrale, dont Granada (Grenade) et Bruselas (Bruxelles), cette dernière rappelant ce qu’était l’empire espagnol en Europe à cette époque, tout comme la citation du poème de Hérédia. La monnaie du Nicaragua, le cordoba, est nommée d’après Fernand de Cordoue.

La salade est un casque fermé et la brigandine une armure (le damas renvoie à la technique du damasquinage, c’est-à-dire d’ornementation du métal par alliage, une technique reçue par les Espagnols des Maures d’Andalousie).