Tagged: bantuismos
Americanismos : Compléments via le Dictionnaire de l’Association des Académies de la langue espagnole
L’Association internationale des Académies de la langue espagnole (Asociaciόn de Academias de la Lengua Española, ASALE) a mis en ligne, en 2013, son dictionnaire d’américanismes.
Nous en profitons pour compléter notre glossaire. Le dictionnaire de l’ASALE ne connaît pas toutes les entrées du dictionnaire de Francisco J. Santamaría (3 vol., 1942) dont nous nous sommes servis, et avec ses descriptions dans l’ensemble sommaires il est relativement dépourvu de bien des éléments qui rendent le Santamaría particulièrement intéressant aux plans ethnographique et culturel. Pour un nom d’animal, par exemple, le dictionnaire de l’ASALE fournira le nom scientifique de manière mieux établie ainsi qu’une description anatomique en deux lignes, tandis que Santamaría apporte assez souvent des éléments relatifs à l’éthologie de l’animal, voire à ses interactions avec les hommes, ce qui constitue une lecture extrêmement intéressante du point de vue des milieux, en particulier du milieu humain, caractéristiques des différentes régions d’Amérique latine. De ce point de vue, le dictionnaire de Santamaría est une véritable encyclopédie et il ne nous paraît pas que ce travail remarquable, malgré quelques erreurs et insuffisances ponctuelles, ait été surpassé à ce jour. Il est vrai que, le milieu humain s’étant de plus en plus détaché de tout rapport direct avec la nature en raison de l’urbanisation croissante des sociétés, bien des éléments apportés par Santamaría ne sont tout simplement plus des objets d’expérience vécue pour une grande partie des populations d’aujourd’hui.
On peut relever à cet égard que, parmi les américanismes de notre glossaire sur ce site complétés dans le présent billet avec l’apport du dictionnaire de l’ASALE, ce dernier précise, le cas échéant, qu’un terme est d’emploi « rural » (par l’abrégé rur.). Nous contestons cette approche et n’avons pas reproduit cette mention dans les définitions ci-dessous. D’une part, il nous paraît que la définition est le plus souvent suffisante en elle-même pour que le lecteur comprenne que les milieux urbains ont peu de rapport avec la réalité en question. Il est néanmoins évident que les gens des villes peuvent aussi décrire les campagnes environnantes et donc se servir des mêmes termes, tout comme les gens de la campagne peuvent parler du métro alors qu’il n’y en a pas à la campagne. En Amérique latine, celles des populations amérindiennes qui ont préservé leurs particularismes tant culturels qu’ethniques continuent en majorité de vivre à l’écart des villes (parfois dans des conditions ayant à peine évolué depuis les temps de la Conquête espagnole, car telle est leur philosophie), et il est donc certain que les américanismes, qui sont souvent des mots tirés des langues indigènes, abondent dans ces zones, où l’usage des langues indigènes s’est maintenu plus vigoureusement. D’autre part, l’étiquette « rural » accolé à un lexème a quelque chose de troublant ; ce genre d’étiquettes, dans les dictionnaires, indique en général un domaine spécialisé (médecine, métallurgie…), mais il n’existe pas une spécialisation qui serait la ruralité par rapport à un domaine général qui serait le mode de vie urbain. Cela n’a guère de sens et prête par conséquent le flanc à la critique, relativement à une forme de distanciation, marquée en même temps que voilée. De ce point de vue, les formules qu’on trouve parfois dans le Santamaría, telles que « le vulgaire », ne sont pas aussi choquantes, en raison de l’intérêt dont l’encyclopédiste témoigne pour des réalités qu’il décrit souvent, nous l’avons dit, avec une admirable minutie.
Il n’empêche que le dictionnaire de l’ASALE permet dans certains cas quelques compléments utiles aux définitions de notre glossaire. Sur certains termes relatifs aux mythologies amérindiennes, le Santamaría est parfois vague, ce qui tient sans doute au positivisme académique dont l’époque était fortement marquée (tout comme Larousse ne pouvait s’empêcher de témoigner son mépris pour les superstitions populaires qu’il décrivait pour son dictionnaire ; mais ce mépris positiviste est moins flagrant chez Santamaría que chez Larousse, parce que le Mexicain continuait de revendiquer en face de l’ancienne métropole, l’Espagne, une forme d’indépendance culturelle et que la mise en valeur des cultures indigènes se prêtait à cette revendication). Pour certains mots, l’ajout est une simple variante orthographique possible, ce qui reste pertinent dans la mesure où il y a des chances que cette variante soit plus conforme à l’usage actuel.
Nous classons ci-dessous les termes non par ordre alphabétique général mais dans l’ordre où ils ont paru dans les différents billets de blog qui constituent notre glossaire. Le lecteur est prié de se reporter aux pages correspondantes (en cliquant sur les liens) pour connaître la définition originale et la comparer avec l’apport fait ici à partir du dictionnaire de l’Association des Académies de la langue espagnole. Il convient de préciser que les aztéquismes ont dans un premier temps été distingués par une liste spécifique, mais qu’ils ont ensuite, à partir de Americanismos III, été fondus avec les autres (nous procéderons à une refonte rationalisée de la structure du glossaire en cas de publication papier). La dernière section, « Abya Yala Occulta », se rapporte au lexique relatif à « l’occulte », c’est-à-dire aux croyances surnaturelles, que nous avons tiré du glossaire général en y ajoutant des termes qui ne se trouvaient pas dans les entrées précédentes.
*
Ahuizote. Agüizote. Mx. p.u. Persona que tiene poderes para hacer llover. Ho. p.u. Persona que adivina o predice el futuro. (Agüizote).
(Mexique ; peu usité) Personne possédant le pouvoir de faire pleuvoir. (Au Honduras ; peu usité) Personne capable de prédire l’avenir.
Cacalosúchil. Cacalichuche: Se utiliza en la medicina tradicional.
S’emploie en médecine traditionnelle. [En revanche, le dictionnaire de l’ASALE ne dit rien d’un usage culinaire de cette plante, contrairement au Santamaría.]
Calpul. Gu. En comunidades indígenas, persona importante por su autoridad o sabiduría.
(Au Guatemala) Dans les communautés indigènes, personne importante pour son autorité ou son savoir.
Cegua. En la tradición popular, figura legendaria que vaga en las noches por caminos solitarios y se presenta a los hombres como una hermosa mujer que, de repente, cambia su rostro por el de un caballo.
Dans les traditions populaires, figure légendaire qui marche la nuit sur des chemins isolés et se présente aux gens sous l’apparence d’une belle femme dont tout à coup la tête se change en celle d’un cheval. [Description plus précise que celle de Santamaría.]
Copal. Ho. Recipiente de barro, a modo de incensario, para quemar resina de copal.
(Au Honduras) Récipient de terre cuite servant d’encensoir pour brûler la résine de copal. [Par extension du sens original, donc.]
Chilocuil. Se consumen tostados, o machacados para hacer con ellos una salsa de tomate.
Ils se consomment [ces vers] frits ou bien réduits en poudre pour faire de la sauce tomate.
Chintlatlahua. Chintatlahua: Mx. metáf. Prostituta.
(Au Mexique ; sens figuré) Prostituée. [On rappelle que le sens premier est celui, entomologique, de veuve noire.]
Chípil. Mx. 1 Referido a un niño, que está molesto por hallarse embarazada la mujer que lo cría. 2 Referido a un niño, que siente malestar en los dientes. 3 adj. Referido a persona, melindrosa.
(Au Mexique) 1 Décrit l’enfant qui se trouve mal en raison du fait la femme que qui l’allaite est enceinte. [Cette définition précise celle de Santamaría, plus suggestive, que d’aucuns comprenaient sans doute telle quelle mais qui, pour ce qui nous concerne, a nécessité celle, dans le même Santamaría, de chipilanza, où il est question de la gravidité de la mère allaitante, qui est la cause des maux du nourrisson allaité.] 2 Décrit l’enfant qui a mal aux dents. 3 (Personne) sensible.
Jilosúchil. Chicocuchi.
Masacoate. Mazacuata.
Ololiuque. Ololiuqui, Ixtabentún, Xtabentún.
Papaquis. Papaqui: Mx. Música bulliciosa y alegre que suena en algunas celebraciones del carnaval.
(Au Mexique) Musique animée et joyeuse que l’on joue dans certaines célébrations de carnaval. [Plutôt que cette festivité, le carnaval lui-même, selon cette définition.]
Peyote. Mx. Bebida alucinógena elaborada de la cocción en agua de la raíz y el tallo secos del peyote. Ni. Pequeña cantidad de cocaína.
(Au Mexique) Boisson hallucinogène élaborée à partir de la décoction de la racine et de la tige séchées du peyotl dans l’eau. [Cette définition est sous-entendue dans le Santamaría.] (Au Nicaragua) Petite quantité de cocaïne. [Le nom du séculaire psychotrope sert ainsi à nommer une forme de drogue plus récente (et dépourvue du moindre usage rituel).]
Pilguanejo. ES, Ni. p.u. Niño harapiento.
(Au Nicaragua et El Salvador; peu usité) Enfant en guenilles.
Pipil. Ho, ES, Ni. Relativo a El Salvador.
(Au Honduras, El Salvador et Nicaragua) Relatif à El Salvador. [Le pays est donc désigné par le nom d’une ethnie amérindienne.]
Tapalcúa. Tapaculo: Gu. Lombriz que, según la creencia popular, se puede introducir en el ano de una persona cuando defeca.
Tapaculo [littéralement, « bouche-cul » du verbe boucher, fermer et du nom cul]. (Au Guatemala) Ver de terre qui, selon la croyance populaire, peut s’introduire dans l’anus d’une personne lorsque celle-ci défèque. [Deux observations. 1/ Ladite « croyance populaire » est, selon Santamaría, imputable au chroniqueur Fuentes y Guzmán (1643-1700), dont la chronique évoquait d’ailleurs non pas un ver mais un serpent. 2/ Le mot tapalcúa est censé être un aztéquisme et ne saurait donc dériver du tapaculo ou « bouche-cul » ici donné comme synonyme ; c’est bien plutôt ce dernier qui doit dériver de l’aztéquisme, en s’appuyant peut-être sur la sonorité proche d’un mot-valise espagnol conforme au sens concret de ladite croyance.]
Temascal. Ec. Baño de vapor que se toma en un temascal, y que constituye cierta especie de rito.
(En Équateur) Bain de vapeur que l’on prend dans un temascal et qui constitue une espèce de rite.
*
Abora / Gozque. Co. Perro que es mezcla de razas. Calungo. Co. Referido a animal, especialmente a un cerdo o a un perro, flaco o desnutrido. Pa. Referido a animal, que no tiene pelo.
(En Colombie) Chien issu d’un mélange de races. Calungo. (En Colombie) Se dit d’un animal, en particulier un porc ou un chien, maigre, mal nourri. (Au Panama) Se dit d’un animal qui n’a pas de poils [alors, sans doute, qu’il devrait en avoir]. [Pour ces deux définitions, le sens original donné par Santamaría est complètement occulté ou bien oublié ; Santamaría fournit en quelque sorte l’étymologie de termes dont l’usage actuel ne retient plus qu’un dérivé plus ou moins lointain.]
Abosadura. Cu. Enfrentamiento de un gallo de pelea con otro sin dejar que se toquen, para excitarlos antes de la pelea.
(À Cuba) Moment d’un combat de coqs où l’on ne laisse pas les adversaires se toucher, afin de les exciter avant la lutte véritable. [Les deux définitions diffèrent.]
Achachilla est inconnu du dictionnaire de l’ASALE, qui a cependant : Achachila. En la cultura aimara, 1 hombre de edad avanzada que tiene autoridad por su experiencia 2 antepasado, progenie mítica del ser humano 3 deidad tutelar de las montañas o de una determinada región.
Dans la culture aymara, 1 homme d’âge avancé faisant autorité en raison de son expérience 2 ancêtre, ascendance mythique de l’humanité 3 déité tutélaire des montagnes ou d’une région déterminée.
Cadejo. Gu, Ho, ES, Ni, Pa. Animal mítico mesoamericano, con apariencia de perro lanudo y ojos como tizones, que arrastra una cadena y asusta a borrachos u hombres trasnochadores.
En Amérique centrale, animal mythique à l’apparence de chien laineux ayant les yeux comme des braises, qui traîne une chaîne et effraye les ivrognes ou les noctambules.
Callana. Ch. p.u. Mancha oscura en la zona del cóccix que tienen los descendientes de indígenas americanos al nacer y que al crecer desaparece. Pedurría. Ho. Mancha azulada o de color café que tienen la mayoría de los niños mestizos al nacer en la nalga, en la cintura o en la espalda, a la altura del riñón.
(Au Chili ; peu usité) Tache sombre dans la zone du coccyx que présentent les descendants d’indigènes américains à la naissance et qui disparaît avec la croissance. Pedurría. (Au Honduras) Tache bleuâtre ou couleur café que présentent la majorité des enfants métissés à la naissance, sur les fesses, l’aine ou le dos au niveau des reins. [Il s’agit en fait dans les deux cas de la même chose, comme nous l’avons montré dans le billet « Americanismos (Complément) », à savoir la tache mongolique, dont la fréquence varie grandement chez les ethnies noires (de 50 à 75 %) et surtout chez les ethnies jaunes amérindiennes (de 17 à 80 %), tandis qu’elle est fréquente chez les ethnies jaunes d’Asie. Nous n’avons en revanche pas trouvé dans la littérature scientifique de traces distinctives à cet égard pour les enfants issus de croisements ; certains métis doivent évidemment avoir hérité de la tache mongolique si un ou plusieurs de leurs ascendants l’avaient eux-mêmes.]
Camahueto. En la mitología chilote, especie de ternero con un cuerno en la frente.
Dans les légendes de l’île de Chiloé, espèce de veau ayant une corne sur le front. [Les deux définitions diffèrent, si elles se rapportent toutes les deux au même contexte culturel mapuche.]
Cipe. Ho, Ni. Referido a un niño, encanijado durante la lactancia por embarazo de la madre.
En parlant d’un enfant : devenu malingre au cours de l’allaitement à cause de la gravidité de la mère. [Aucune des définitions données par l’ASALE sous ce terme ne correspond à la nôtre. Cependant, la présente a le même sens exactement qu’un autre terme de notre glossaire, chípil (Aztequismos I), et en dérive sans doute (chípil–cipe).]
Colocolo. Ch. gato del pajonal.
(Au Chili) Chat des pampas.
Chinchintor. Chinchintora: Gu, Ho, ES. Serpiente muy agresiva, similar al tamagás, que se mantiene en ramas y copas de los árboles. (Colubridae; Coluber jaculatrix). Gu, Ho. metáf. Persona muy enojada.
(Au Guatemala, Honduras et El Salvador) Serpent très agressif, similaire au tamagás, qui vit dans la cime des arbres. Au sens figuré (Guatemala et Honduras), personne très énervée. [Il ne s’agit donc pas du tout d’une espèce de serpent volant, dont nous avions déjà fait remarquer que ces espèces ne vivent qu’en Asie du Sud-Est. L’habitat arboricole du présent serpent peut toutefois laisser penser que l’animal se déplace d’arbre en arbre, en se laissant tomber ou glisser, et ce mouvement pourrait correspondre à ce que décrit Santamaría. Par ailleurs, il existe une croyance populaire selon laquelle le serpent en question possède dans le corps un bézoard magique, une pierre bleue qui conférerait des pouvoirs surnaturels.]
Chulpa / Tola. Ec. Montículo funerario de la época precolombina que señalaba el lugar donde se hallaban enterrados restos humanos y ciertos objetos, como adornos, utensilios domésticos diversos y armas.
(En Équateur) Tumulus funéraire de l’époque précolombienne qui indiquait le lieu où se trouvaient enterrés des restes humains ainsi que certains objets tels que des ornements, divers ustensiles domestiques et des armes.
Imbunche. En la tradición popular mapuche, brujo o ser maléfico, deforme y contrahecho, que lleva la cara vuelta hacia la espalda y anda sobre una pierna por tener la otra pegada a la nuca y que roba a los niños para convertirlos en imbunches.
Selon la tradition populaire mapuche, sorcier ou être maléfique, difforme et contrefait, dont la tête est tournée de façon qu’elle regarde dans le dos, qui marche sur une seule jambe, l’autre étant attachée à la nuque, et qui kidnappe les enfants afin de les transformer en créatures comme lui. [La jambe attachée au corps rappelle le vuta de notre glossaire (Americanismos I), une créature légendaire également d’origine mapuche. L’ASALE ne connaît pas le vuta et le Santamaría est quant à lui peu spécifique au sujet de l’imbunche ; il se pourrait que les deux soient une seule et même chose. Signalons que nous avons traduit « cara torcida » (torcido : tordu ou de travers) par « visage déformé » alors qu’il s’agit d’une allusion à la tête tournée à 180° (« cara vuelta hacia la espalda »), ce qui ne se laissait pas facilement deviner à partir de la définition sommaire de Santamaría, dont il n’est pas certain qu’il se faisait une image très exacte du monstre. La tête tournée à 180° rappelle quant à elle le trauco selon Santamaría : voyez ci-dessous.]
Mabuya. Maboya, Maboiá. PR. Fantasma nocturno que, según las creencias indígenas, buscaba a las mujeres para cohabitar con ellas, que se defendían con amuletos.
(À Puerto Rico) Fantôme nocturne qui, selon les croyances indigènes, recherchait les femmes pour avoir avec elles des rapports sexuels, et dont elles se défendaient avec des amulettes.
Madremonte. Co. Fantasma con figura de mujer que, según la creencia popular, habita los bosques y ejerce una influencia negativa sobre los fenómenos naturales.
(En Colombie) Fantôme ayant l’apparence d’une femme et qui, selon la croyance populaire, habite les forêts et exerce une influence négative sur les phénomènes naturels.
Maqueche. Rien sous cette forme, mais Maquech : Mx. Escarabajo sin alas que se lleva vivo sobre la ropa, atado con una cadena, como si fuera un broche o prendedor de adorno.
(Au Mexique) Scarabée sans ailes qui se porte vivant sur les vêtements, attaché avec une chaînette, comme si c’était une broche ou une barrette ornementale. [Les deux définitions diffèrent quelque peu : on a ici le fait, très singulier en soi, que l’insecte est porté vivant, tandis qu’on a chez Santamaría le fait qu’il s’agit non pas d’un ornement mais d’une amulette, ce qui ne veut d’ailleurs pas dire que l’insecte ne pourrait pas servir vivant d’amulette, tandis qu’il pourrait, semble-t-il, tout aussi bien servir mort d’ornement. / On trouve sur internet la définition suivante, précisant la localisation géographique de cet usage ainsi que l’insecte : « Makech. Bijou d’insectes vivants du Yucatán, plus particulièrement une broche fabriquée à partir d’un coléoptère du genre Zopheridae, l’espèce Zopherus chilensis. »]

Ñáñigo. 1 RD, PR. obsol. Persona de raza negra cuya forma de hablar resulta incomprensible. Cu. Miembro de la sociedad Abakuá, de origen africano, formada exclusivamente por hombres.
1 (En République dominicaine et à Puerto Rico ; désuet) Personne de race noire font la façon de parler est incompréhensible. 2 (À Cuba) Membre de la société Abakua, d’origine africaine, formée exclusivement par des hommes.
Pampaco. Bo, Ar. Colmena de la guanota; guanota, abeja. Talnete. 1 Ho, ES, Ni. Abeja que fabrica su panal bajo tierra, pero no en termiteros; miel de talnete. 2 Gu, Ni. Abeja que anida en el suelo, a cierta profundidad, y que produce una miel con propiedades medicinales.
(En Bolivie et Argentine) Ruche de l’abeille guanota ; ladite abeille. Talnete. 1 (Au Honduras, El Salvador et Nicaragua) Abeille qui produit son miel sous la terre, mais non dans des termitières ; miel de cette abeille. 2 (Au Guatemala et Nicaragua) Abeille qui vit dans le sol, à une certaine profondeur, et produit un miel aux vertus médicinales.
Salamanca. Bo, Ur, Ar, Ch. Cueva natural que hay en algunos cerros. Ar. En la tradición popular, salamandra con poderes maléficos que habita en las cuevas.
(Dans le Cône Sud) Grotte naturelle que l’on trouve dans certaines montagnes. (En Argentine) Dans la tradition populaire, salamandre aux pouvoirs maléfiques vivant dans les cavernes. [Il est bien question de cavernes chez Santamaría mais non de salamandres.]
Trauco. En la mitología popular de Chiloé, ser dotado de un poder cautivador, que atrae a las mujeres vírgenes y las deshonra.
Dans la mythologie populaire de Chiloé, être doué d’un pouvoir d’attraction, qui séduit les femmes et les déshonore.
Ulpada. Ullpada: Ar. Alimento preparado con harina tostada, agua fría y azúcar, que suele tomarse como refresco.
(En Argentine) Aliment préparé avec de la farine grillée, de l’eau froide et du sucre, et que l’on boit comme rafraîchissement. [D’un côté, donc, une boisson rafraîchissante et, de l’autre, un remède (cataplasme ?) à base d’excrément…]
*
Bullarengue. Cu. Cosa fingida.
(À Cuba) Chose fallacieuse, apparence trompeuse. [Le « faux cul » vestimentaire (qui s’appelait, entre parenthèses, « cul de Paris » en allemand) a disparu de la définition de l’ASALE, laquelle ne garde plus que l’usage actuel qui en dérive par voie de généralisation.]
Candileja. Aparición fantástica en figura de mujer, que con un candil en la mano persigue por las noches a los malhechores, según la leyenda.
Apparition fantastique en forme de femme qui, la nuit, une lanterne à la main, hante les malfaiteurs, selon la légende. [L’élément relatif au caractère de malfaiteurs des personnes hantées n’apparaît pas dans le Santamaría.]
Chiro. Ec. En la tradición popular, monstruo que rapta mujeres y se las lleva a los montes.
(En Équateur) Dans la tradition populaire, monstre qui enlève les femmes pour les emmener dans la forêt. [Définition plus spécifique quant aux pratiques de cette créature.]
Llicta / Acullico. 1 Pe, Bo, Ar. Pequeña bola hecha con hojas de coca, a veces mezcladas con cenizas de quinua o cal y papa hervida, que se masca para extraer un jugo de efecto estimulante. 2 Ar. Protuberancia que se forma en la parte externa del carrillo por mascar coca.
1 (Au Pérou, en Bolivie et Argentine) Petite boule faite de feuilles de coca, parfois mélangées à de la cendre de quinoa ou de la chaux avec de la pomme de terre bouillie, que les gens mâchent pour en extraire un jus aux effets stimulants. [Pour couper la faim, selon Santamaría.] 2 (En Argentine) Protubérance qui se forme sur la partie externe de la joue à force de mâcher de la coca.
Ñachi. Ñache. Ch. Guiso preparado con sangre cruda y coagulada de animal y hierbas, aliñada con condimentos picantes y sal; se sirve en trozos.
(Au Chili) Plat à base de sang animal cru et coagulé relevé avec des herbes, du sel et des condiments piquants ; il se mange en morceaux. [Paraît similaire, y compris pour ce qui est d’être mangé « en morceaux » (en trozos), au biltong des Afrikaners d’Afrique australe.]
Ojagua / Viracocha. Pe. Persona de raza blanca. Bo. Se usa para dirigirse de forma respetuosa a un hombre.
(Au Pérou) Personne de race blanche. (En Bolivie) Terme d’appellation respectueuse envers un homme. [On rappelle que Viracocha était le nom du dieu suprême des Incas.]
Tulivieja. Personaje mítico mesoamericano en forma de bella mujer que atrae a los hombres por la noche para luego espantarlos con su cara de calavera.
Créature mythique d’Amérique centrale ayant l’apparence d’une belle femme qui attire les hommes la nuit pour ensuite les épouvanter avec sa face de squelette.
Ucumar n’est pas connu de l’ASALE mais Ucumari : 1 Pe, Bo, Ch. Oso de anteojos. 2 Ar. En la tradición popular andina, ser fantástico que es hijo de una joven y un oso y presenta el cuerpo cubierto de pelo.
1 (Au Pérou, Chili et Bolivie) Nom de l’ours à lunettes. 2 (En Argentine) Selon la tradition populaire andine, être fantastique né d’une femme et d’un ours et qui a le corps couvert de poils.
Uturunco. Otoronco. Ar. En la creencia popular, personaje con figura de tigre feroz bicéfalo.
(En Argentine) Selon la croyance populaire, créature féroce ayant la forme d’un jaguar à deux têtes.
*
Escamol. Escamole.
Ijillo. Lejillo, Hijillo, Hijío, Ijío. 1 Ho, ES. Emanación que se desprende de los cadáveres de las personas. 2 Ho. En la medicina tradicional de los campesinos, enfermedad que contraen algunas personas de salud débil, durante un velatorio, por los vapores que despide el cuerpo del difunto. 3 ES. Inflamación de los ganglios.
1 (En Amérique centrale, et particulièrement au Honduras) Émanation que dégage le cadavre d’une personne. 2 (Au Honduras) Selon la médecine traditionnelle pratiquée dans les campagnes, maladie que contractent certaines personnes de faible constitution pendant une veille mortuaire en raison des vapeurs dégagées par le corps du mort. [La définition du Santamaría paraît fautive quand elle parle de « mourant » (moribundo) plutôt que de cadavre, car le tabou relatif aux cadavres est quelque chose de répandu de par le monde (et je ne trouve nulle part le mot moribundo au sens de mort plutôt que de mourant). Santamaría parle en outre du dommage causé aux plantes par les personnes ayant été en contact avec un « mourant » (où il faut sans doute entendre un mort) ; il n’est pas du tout impossible que le concept recouvre l’ensemble de ces faits : la personne malade par émanation d’un cadavre peut également être supposée dangereuse pour les organismes végétaux qu’elle touche, selon ces croyances.] 3 (En Amérique centrale) Inflammation des ganglions.
Nenepile. Nenepil. Mx. 1 Intestino delgado guisado de res o de otros animales. 2 Guiso a base de chanfaina, nana y buche porcinos.
(Au Mexique) 1 Intestin grêle de bœuf ou d’autres animaux en préparation culinaire. 2 Plat à base de poumon, matrice et mamelle de truie.
Petacoate. Note personnelle : L’expression française « nœud de vipères » dérive des mœurs sexuelles de certains serpents décrites par le présent aztéquisme.
*
Achiqué. Pe. Mujer que, según la creencia popular, tiene pacto con el diablo y, por ello, poderes extraordinarios.
(Au Pérou) Femme qui, selon la croyance populaire, a conclu un pacte avec le diable et pour cette raison possède des pouvoirs extraordinaires.
Amarú n’est pas connu de l’ASALE mais Amaru : Var. Amaro. Pe. Divinidad mitológica indígena en forma de serpiente.
(Au Pérou) Divinité mythologique indigène en forme de serpent. [Il semble peu pertinent d’indiquer que ce vocable ne s’emploie qu’au Pérou, alors que, d’origine aymara, il doit avoir la même extension que cette langue, qui s’étend au-delà des frontières du seul Pérou ; il n’est que de voir la popularité du personnage de Tupac-Amaru pour comprendre que le terme est connu dans tout la cordillière des Andes.]
Bilongo. En las religiones afrocubanas, maleficio, hechizo.
Dans les religions afrocubaines, maléfice, sortilège.
Camile. Pe. Curandero de algunos pueblos que utiliza hierbas y amuletos para sanar.
(Au Pérou) Guérisseur de certains villages, qui utilise des herbes (on disait en français, dans le temps, des « simples ») et des amulettes pour soigner les gens.
Charada. Cu. Sistema de signos en el que se asocia un significado con un número, del uno al cien, y que sustenta un juego de lotería.
(À Cuba) Système de signes dans lequel des significations sont associées à des numéros de 1 à 100, et qui est employé dans un jeu de loterie.
Chichiliano. Mx. p.u. Referido a persona, que tiene el pelo rojizo.
(Au Mexique ; peu usité) Se dit d’une personne aux cheveux roux.
Chitra. Pa. Jején.
[« Chitra » est donc, au Panama selon l’ASALE, et dans toute l’Amérique centrale pour Santamaría, un nom vernaculaire du phlébotome (jején), diptère proche du moustique.]
Itacayo. Ho. Personaje mítico que, según la creencia popular, tiene forma de mono, camina con los pies hacia atrás, rapta mujeres, se alimenta de frutas silvestres y ceniza de las cocinas y vive en las montañas.
(Au Honduras) Personnage mythique qui, selon la croyance populaire, a la forme d’un singe les pieds tournés en sens contraire, enlève les femmes, se nourrit de fruits sylvestres et de la cendre des cuisines, et vit dans les montagnes. [Également appelé sisimite, dont la femelle est la sisimita. Variantes : zizimite, sisimico. Ce nom semble dériver de celui des déités aztèques tzitzimime, démons qui doivent envahir la terre à la fin des temps.]
Luisόn, Lobisόn. Py, Ar. En la creencia popular, séptimo hijo varón consecutivo de una familia, que en las noches de luna llena se transforma en lobo o en un animal monstruoso.
(Au Paraguay et en Argentine) Selon les croyances populaires, septième enfant consécutif d’une famille, qui, les nuits de pleine lune, se transforme en loup ou en animal monstrueux.
Mohán. Co. Personaje de la mitología indígena que habita en los ríos acechando a niños, lavanderas y pescadores nocturnos.
(En Colombie) Personnage de la mythologie indigène qui vit dans les rivières, guettant les enfants, les lavandières et les pêcheurs, la nuit.
Pombero. Py, Ar. En la creencia popular, duende que puede ser amigo o enemigo del hombre según la conducta de este.
(Au Paraguay et en Argentine) Dans les croyances populaires, sorte de lutin qui peut être ami ou ennemi de l’homme en fonction de la conduite de celui-ci.
Pusana. Ve. Brebaje de efectos afrodisíacos, preparado por los indígenas del Estado Bolívar.
Boisson aux effets aphrodisiaques, préparé par les indigènes de l’État de Bolívar au Venezuela. [L’ASALE est plus précis quant à la localisation géographique de l’usage de ce breuvage.]
Taya. Pe. Amuleto de piedra, diente, uña o tubérculo usado para pescar.
(Au Pérou) Amulette de pierre, dent, griffe ou tubercule utilisée pour pêcher.
Yori. Mx. Entre los indígenas yaquis, persona que no es de su raza.
(Au Mexique) Chez les indiens yaquis, désigne une personne qui n’est pas de leur race. [Pour Santamaría, désigne un Blanc.]
*
Atarra. L’ASALE écrit Atarrá. CR 1 Arragre; panal. 2 Cabellera crespa, abundante y, por lo general, descuidada.
(Au Costa Rica) 1 Nom de l’abeille autrement connue en Amérique sous le nom d’arragre (de l’espèce Trigona) ; nom également donné à ses rayons caractéristiques. 2 Chevelure bouclée abondante et généralement non peignée. [Nous relevons ici le sens n° 2 car le Dictionnaire de l’Académie royale espagnole (DRAE) connaît également l’abeille atarrá et la décrit de la manière suivante, quelque peu étrange : « Avispa negra que tiene la característica de enredarse en el pelo », c’est-à-dire « Abeille noire qui a la particularité de se prendre dans les cheveux [des gens] ». Cette définition mêle l’abeille de la définition 1 de l’ASALE et les cheveux de la définition 2, en une seule et même définition que nous disons étrange parce qu’on a du mal à voir pourquoi tel type d’abeille se prendrait dans les cheveux des gens plus que les autres. Ou bien une telle particularité de cette abeille a conduit, au Costa Rica, à donner son nom à certains types de chevelures, ou bien l’Académie espagnole extrapole plusieurs choses dans sa définition de l’abeille.]
Capiango. Ar. 1 Tigre, jaguar. 2 Hombre al que la creencia popular atribuye la facultad de convertirse en jaguar.
(En Argentine) 1 Jaguar. 2 Homme à qui les croyances populaires attribuent la faculté de se transformer en jaguar.
Chalchihuite. 1 Mx, Gu, Ho. Jade o jadeíta. 2 Mx. Cualquier piedra preciosa. 3 Gu, ES. Collar de pequeños adornos que llevan los indígenas. 4 Gu, ES. Baratija.
1 (Au Mexique, Guatemala et Honduras) Jade ou jadéite. [Santamaría décrit certes la pierre mais ne va pas jusqu’à dire de quelle variété il s’agit. À noter que la jadéite est l’une des variétés du jade.] 2 (Mexique) Toute pierre précieuse. 3 (Amérique centrale, en particulier au Guatemala) Collier de breloques porté par les indigènes ; et, par extension, petit objet de peu de valeur.
Llampo. Pe. Arena que contiene oro.
(Au Pérou) Sable contenant de l’or.
Lliclla. Var. Llijlla.
Pinto. Mx. Enfermedad de la piel provocada por un herpes que produce manchas en la cara y en el cuerpo de color blanco, café o morado.
(Au Mexique) Maladie de la peau provoquée par un herpès produisant des taches sur le visage et le corps, de couleur blanche, café ou violette. [Ajoute quelques détails sur les manifestations de la maladie.]
Tunjo. Co. 1 Figura antropomorfa, de la época precolombina, que representa a alguna divinidad chibcha. 2 Colgante con esta forma.
(En Colombie) 1 Figurine anthropomorphe, de l’époque précolombienne, représentant l’une des divinités chibcha. 2 Pendentif ayant cette forme.
*
Lampalagua. Ch. Criatura fabulosa en forma de serpiente o de lagarto que traga y engulle todo lo que encuentra a su paso.
(Au Chili) Créature légendaire en forme de serpent ou de lézard qui avale, engloutit tout sur son passage.
Ñandutí. Encaje muy fino y delicado que imita el tejido de una telaraña.
Dentelle très fine et délicate imitant la structure d’une toile d’araignée.

Tereré. Bebida preparada con yerba mate y agua fría, que en algunos lugares se mezcla con hierbas medicinales.
Boisson préparée avec de l’herbe maté et de l’eau froide, que, dans certaines localités, on mélange avec des herbes médicinales.
*
Maranguango. Co. Bebida a la que se atribuye la virtud de causar maleficios o de cautivar o embelesar a quien la toma.
(En Colombie) Boisson à laquelle on attribue le pouvoir de causer des maléfices ou d’ensorceler celui qui la boit.
*
Apu. Pe. 1 Espíritu tutelar de una comunidad. 2 Tratamiento respetuoso que se da al líder de una comunidad indígena.
(Au Pérou) 1 Esprit tutélaire d’une communauté. 2 Appellation respectueuse adressée au chef d’une communauté indigène.
Ciguapa. RD. 1 Personaje fantástico con forma de bella mujer de larga y espesa cabellera, con los pies al revés, que vive en el fondo de los lagos y ríos. 2 Fantasma en forma de mujer vieja.
(En République dominicaine) 1 Personnage fantastique ayant l’apparence d’une belle femme à la longue chevelure épaisse, les pieds à l’envers (talons devant, orteils derrière), vivant au fond des lacs et des rivières. 2 Fantôme ayant l’apparence d’une vieille femme. [Notre citation, dans le glossaire, tirée d’un roman de Gérard d’Houville se passant à Cuba montre que le terme et le mythe ne sont pas cantonnés à la seule République dominicaine.]
Chac Mool. Chacmool.
Chaneque. Mx. Ser fantástico con aspecto de niño.
(Au Mexique) Être fantastique ayant l’apparence d’un enfant.
Chuzalongo. Ec. En la tradición mítica popular, enano de pene enorme que ataca en el campo a las mujeres.
Selon la tradition mythique populaire, nain au pénis énorme qui attaque les femmes dans les champs.
Jarjacha. Pe. Criatura fabulosa mitad ser humano mitad llama que, según la creencia popular, es fruto de una relación incestuosa.
(Au Pérou) Créature fantastique mi-homme mi-lama qui, selon les croyances populaires, est le fruit d’une relation incestueuse. [Dans notre glossaire, il est dit plutôt qu’il s’agit d’une personne qui a commis l’inceste et qui, après sa mort et en manière de punition, a été transformée en cette créature. Nous ne savons plus quelle source en ligne nous avons utilisée mais une nouvelle recherche sur internet confirme, par les sources qui se présentent, cette interprétation plutôt que celle du dictionnaire de l’ASALE, où « fruto de una relación incestuosa » semble vouloir dire qu’il s’agit d’une créature née à la suite de l’inceste de ses géniteurs.]
Pishtaco. Pe. Delincuente de la serranía que se dedica a asaltar y asolar las aldeas de la zona o a los viajeros, a los que degüella.
(Au Pérou) Malfaiteur des montagnes qui attaque et ravage les villages de la région ou les voyageurs, qu’il égorge.
Valichú n’est pas connu de l’ASALE tandis que l’est la var. Gualicho. Ec, Bo, Ar, Ur. 1 Hechizo, particularmente el que se realiza con fines amorosos. 2 Objeto que se utiliza para realizar este hechizo; amuleto o talismán. 3 Diablo, príncipe de los ángeles rebelados.
(Dans le Cône Sud) 1 Sortilège, principalement quand il sert à des fins amoureuses. 2 Objet utilisé pour réaliser ce sortilège ; amulette ou talisman. 3 Diable, prince des anges rebelles.
Americanismos 6: Bantuismos
Afin de compléter notre lexique d’Americanismos (I-V) (rendez vous en Table des matières, Onomasticon [x], pour consulter les travaux précédents), nous avons eu recours au Diccionario de bantuismos en el español de América (SIAL Ediciones/Casa de África, Madrid, 2013) de la chercheuse cubaine Gema Valdés Acosta. Nous avons recueilli dans ce dictionnaire de « bantouismes », c’est-à-dire de mots d’origine bantoue, un certain nombre de termes nous paraissant intéressants pour la connaissance de la culture latino-américaine. Les définitions ont été traduites en français.
Beaucoup de termes retenus ont un rapport avec la religion afrocubaine, en particulier avec le palo monte d’origine bantoue, tandis que l’autre religion afrocubaine majeure, la santería, est quant à elle d’origine yoruba. (Le vaudou haïtien quant à lui est originaire de l’ancien royaume du Dahomey, aujourd’hui Bénin –pays où a d’ailleurs été instituée une Journée nationale du Vodoun, le 10 janvier– et Togo, dont la capitale Lomé comporte un célèbre marché des féticheurs.)
Il est important de souligner d’emblée que les mots d’origine bantoue ne sont qu’une partie des mots d’origine africaine dans la langue espagnole d’Amérique. Un titre tel que Americanismos 6 : Bantuismos, peut d’ailleurs paraître équivoque dans la mesure où l’on semble ainsi donner aux mêmes mots une origine à la fois américaine et africaine ; or il s’agit de voir que ces bantouismes ont été introduits dans l’usage de la langue espagnole via les populations africaines d’Amérique, et que ce sont donc à proprement parler des américanismes d’origine africaine (et bantoue). C’est bien ainsi que l’entend Francisco Santamaría dont l’important Diccionario de americanismos est l’origine du présent travail.
Les américanismes d’origine bantoue déjà référencés sur ce blog sont : Bilongo (Americanismos III) et Calimba (II). Les autres africanismes, d’origine non bantoue, déjà référencés sont : Babul (Americanismos III), Baní (III), Calungo (I) (selon G. Valdés Acosta, l’étymologie de calungo est différente de celle du terme calunga ici repris, mais selon Santamaría le terme calungo est bien un africanisme, sans qu’il précise son origine exacte), Mandinga (III), Ñáñigo (I) (et tout le vocabulaire propre à cette société secrète afrocubaine), Yolof (III).
Sauf indication contraire, les présents américanismes sont propres à l’espagnol de Cuba ; dans la mesure où une grande partie de ce vocabulaire dérive du palo monte, dans le contexte duquel il est au premier chef employé, il est évident que ce même vocabulaire doit se retrouver dans toutes les communautés hispanophones de cette religion, en particulier dans l’ensemble des Caraïbes. Les principales exceptions à l’origine cubaine concernent la culture afrocolombienne.
Le Brésil étant un autre pays fortement marqué par le développement endogène d’une culture afroaméricaine, j’ai cherché si les termes retenus existaient en portugais (du Brésil). Les résultats de ces recherches dans le dictionnaire Michaelis en ligne ont été ajoutés aux définitions et traduites (ces définitions sont indiquées par la mention BR). Enfin, lorsque le terme est référencé par le Dictionnaire de l’Académie royale espagnole –et c’est à vrai dire l’exception plutôt que la règle–, j’ai de même ajouté cette définition et l’ai traduite (elles sont marquées par les initiales DLE, pour Diccionario de la lengua española).
Les principales abréviations sont : m. substantif masculin, f. substantif féminin, s. substantif, vt. verbe transitif, et Col. Colombie. Mes remarques sont entre crochets [ ].
En ce qui concerne l’étymologie des termes, que nous avons reprise chaque fois qu’elle nous semblait présenter un intérêt particulier, Valdés Acosta recourt principalement au Dictionnaire kikongo-français (1936) du missionnaire luthérien suédois Karl Laman (Karl Edvard Laman), et au Dictionnaire kikongo et kituba-français (1973) du père jésuite Pierre Swartenbroeckx. Ces deux références sont respectivement marquées dans le présent glossaire par les initiales KL et PS. (Le recours au français pour ces dictionnaires s’explique par la colonisation française et belge de la plus grande partie des régions d’Afrique peuplées par les Bantous.)
*
Ambilar (vt). Col. Técnica de pesquería consistente en deslumbrar con una tea (ambil) a los peces que duermen en la orilla.
Technique de pêche consistant à éblouir avec une torche (un ambil) les poissons qui dorment au bord de la rive.
Bombofinda (m). Elefante. KL bombokoto, bomboló, grandeza, de gran tamaño; mfinda, monte, bosque. Empacasa (m). relig. Elefante. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica mpakasa.)
Éléphant. L’étymologie en est : « grandeur », ou « de grande taille », et « forêt », servant, donc, à désigner le grand habitant des forêts du Congo. Empacasa. Éléphant (dans le contexte religieux du palo monte). (Les pratiquants cubains préfèrent la forme orthographique mpakasa.) [C’est-à-dire une forme moins castillanisée du mot. Cette remarque se répète pour nombre d’entrées de ce lexique mais ne sera pas traduite pour les entrées suivantes.]
Bularia (f). Col. Bruja joven que vuela.
Jeune sorcière capable de voler dans les airs.
Calunga (f). 1 Mar, océano ; Mama Calunga, nombre de una divinidad conga del mar. 2 Col. muñeca negra.
Mère, océan ; Mama Calunga, nom d’une divinité kongo de la mer. 2 Poupée de couleur noire.
Calunga (f) Entidade espiritual que, nos cultos e entre a população de origem banta, representa a força da natureza, especialmente o mar, a morte ou o inferno. 2 Qualquer uma das divindades secundárias dos cultos de origem banta que, nos cultos de umbanda popular, representa um dos elementos integrantes da linha de Iemanjá, associada ao mar e à água. 3 Imagem de uma dessas divindades. 4 Cada um dos bonecos usados no maracatu, representando Dom Henrique e Dona Clara e que são carregados pelas dançantes enquanto arrecadam dinheiro do público. (BR)
Entité spirituelle qui, dans les cultes et parmi les populations d’origine bantoue, représente la force de la nature, et notamment la mer, la mort ou l’enfer. 2 L’une ou l’autre des divinités secondaires des cultes d’origine bantoue, qui, dans les croyances populaires de l’umbanda [religion afrobrésilienne d’origine bantoue], appartiennent à la lignée de Iemanja [déesse des eaux et mère des dieux], associée à la mer et à l’eau. 3 Image d’une de ces divinités. 4 Chacune des poupées utilisées dans le Maracatu [certaine procession dansée de la religion afrobrésilienne], Don Henrique et Dona Clara, et portées par les danseurs quand ils font la quête auprès du public. [Il ne semble pas que ces figures soient toujours Don Henrique et Dona Clara, puisque par exemple la calunga de Recife sculptée en 1909 s’appelle Dona Joventina. Il se pourrait par ailleurs que cette forme d’expression culturelle afrobrésilienne se confonde avec d’autres, telles que les congadas –à titre de (mauvaise) traduction : « congolaiseries »–, qui mettent en scène des personnages plus ou moins légendaires du passé africain, comme le roi Cariongo (ou Henrique) et la reine Ginga (ou Clara ?) (dont le modèle est clairement Njinga o Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba, dans l’actuel Angola, de 1626 à 1663, qui donna du fil à retordre aux Portugais), personnages parfois incarnés également dans les maracatu (voyez Lubolo).]

Calunga Dona Joventina du Maracatu Nação Estrela Brilhante de Recife, ici exposée au Museum do Homem do Nordeste. Source: leiaja.com
Chamalongo (m). Nombre de una deidad conga. 2 Sistema adivinatorio del Palo Monte. 3 Cementerio. ([Entre las posibles etimologías] PS longo, rito de circuncisión o de iniciación en sectas secretas.)
Nom d’une divinité kongo. 2 Système de divination du palo monte. 3 Cimetière. Parmi les possible étymologies rapportées par G. Valdés Acosta : rite de circoncision ou d’initiation des sociétés secrètes.
Chimbumbe (m). Col. Diablo. 2 Ser mitológico local.
Diable. 2 Créture légendaire locale.
Empanda (f). Brujería muy mala. KL vanda mpandu, practicar la magia, la necromancia. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica mpanda.)
Sorcellerie hautement maléfique. Étym. Pratiquer la magie, la nécromancie.
Embanda (f). Guia espiritual ou assessor religioso da umbanda. (BR)
Guide spirituel ou diacre de l’umbanda. [Je place les deux termes ensemble en raison de leur similitude, qui pourrait indiquer une origine commune, bien que leurs sens, tout en relevant d’un contexte a priori commun, ne se confondent pas.]
Encuyo (m). Receptáculo o ‘prenda’ de pequeño tamaño con poderes mágicos usado en la religión Palo Monte. KL nkuyu, espíritu del muerto. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica nkuyo.)
Réceptacle de petite taille possédant des pouvoirs magiques et employé dans le palo monte. Étym. L’esprit d’un mort. [Voyez Enganga, le « chaudron », pour le « réceptacle » de plus grande taille qui représente le véritable instrument mystique du palo monte.]
Endimbo (m). relig. Mezcla que contiene jabón de lavar, dulce de guayaba y cenizas. Esta mezcla se aplica sobre el tambor mayor para dar mayor sonoridad. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ndimbo.)
Mélange de savon, compote de goyave et cendres que l’on applique sur le tambour principal des cérémonies du palo monte afin de lui conférer une plus grande sonorité.
Endongo (m). Brujo del sistema religioso del Palo Monte. KL ndongo, gran jefe. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ndongo.)
Sorcier dans le palo monte. Étym. grand chef.
Endoqui (m). Espíritu de persona fallecida. 2 Brujo. 3 Diablo, demonio, espíritu maligno. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ndoki.)
Esprit d’une personne défunte. 2 Sorcier. 3 Diable, démon, esprit maléfique.
Enfula (f). Pólvora, generalmente utilizada con fines mágicos. KL mfula, pólvora, polvos mágicos. (Los creyentes cubanos prefieren las formas ortográficas mfula y nfula.)
Poudre généralement utilisée à des fins magiques. Étym. Poudre, poussières magiques.
Enfumbi (m). Muerto. 2 Espíritu. 3 Médium en el sistema religioso del Palo Monte. (Los creyentes cubanos prefieren las formas ortográficas mfumbi y nfumbi.)
Un mort. 2 Esprit. 3 Médium dans le palo monte.
Vumbe (m). Morto ou o espírito de pessoa morta. Tirar a mão de vumbe, realizar cerimônia religiosa para que o espírito da felicidade se desprenda das coisas materiais e encontre seu caminho para o mundo espiritual. (BR)
Un mort ou l’esprit d’une personne morte. « Prendre la main du ~ », conduire une cérémonie religieuse pour que l’esprit de la félicité [?] se détache des choses matérielles et trouve son chemin vers le monde spirituel.
Enganga (f). Receptáculo donde se concentran las fuerzas mágicas de las creencias del Palo Monte, también llamada ‘caldero’ y ‘prenda’. Tata Enganga (m), persona de alta jerarquía que ejerce la religión palera. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica nganga.)
Réceptacle où sont concentrées les forces magiques dans les croyances du palo monte, également appelé « chaudron » ou « gage ». Tata Enganga, personnage haut placé dans la hiérarchie du palo monte.
Ganga (m). Sacerdote gentio no Congo. 2 Em Angola, feiticeiro que, segundo a crença local, é capaz de adivinhar e nomear o responsável por um assassinato. 3 Termo que, no Brasil, os escravos usavam como equivalente a senhor. (BR)
Prêtre païen du Congo. 2 En Angola, sorcier qui, selon les croyances locales, est capable de deviner et nommer le responsable d’un crime. 3 Terme que les esclaves du Brésil utilisaient comme un équivalent de « monsieur ».
Engombe (m). Ganado vacuno. 2 Médium de los espíritus en el sistema religiose del Palo Monte. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ngombe.) Engombo (m). Brujo adivino. 2 Médium de los espíritus en el sistema religioso del Palo Monte. (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica ngombo.)
Animal bovin. 2 Médium des esprits dans le palo monte. Engombo. Devin. 2 Médium des esprits dans le palo monte.
Enquisi (f). Brujería, generalmente sobre pequeña escultura humana; hechizo. 2 Suelo, tierra. Tata Enquisi, sacerdote del Palo Monte de menor jerarquía. KL nkisi, fetiche, sortilegio, encantamiento, fuerza mágica, delirio causado por brujería (kikóongo). (Los creyentes cubanos prefieren la forma ortográfica nkisi.)
Sorcellerie, en général pratiquée sur une statuette de forme humaine ; sortilège. 2 Sol, terre. Tata Enquisi, prêtre mineur dans le palo monte. Étym. Fétiche, sortilège, enchantement, force magique, délire causé par un sortilège (langue kikongo).
Ensembe (m). Paño que se utiliza para cargar en la espalda a los niños mientras la madre trabaja, cargador.
Bande d’étoffe servant à porter les enfants sur le dos pendant que la mère travaille.
Ensó (m). Casa. Muna ensó, pequeño cuarto donde se realizan las ofrendas ceremonias rituales en la religión Palo Monte, lit. ‘hacia la casa’. Ensó fua, cementerio, lit. ‘casa del muerto’. (Los creyentes cubanos prefieren las formas ortográficas nso y nzo.) Entoto (m). Tierra. 2 Cementerio.
Muna ensó, petite salle où sont pratiquées les offrandes, dans la religion du palo monte, littéralement « vers la maison ». Ensó fua, cimetière, litt. « maison du mort ». Entoto. Terre. 2 Cimetière.
Lombe (f). Mujer bonita. KL nlombé, marca de distinción de las mujeres del rey Nsundi.
Belle femme. Étym. Marque de distinction des femmes du roi Sundi. [Les Sundi sont un peuple bantou d’Afrique centrale.]
Lombanfula (m). Expresión religiosa de origen bantú que utiliza el agua en sus ritos, se diferencia del Palo Monte en que no tiene en su religión la enganga. Sus últimos creyentes se localizan en la región central de Cuba (Placetas, Sagua la Grande y Remedios). KL lomba, demandar, preguntar a un oráculo, interrogar; mfula, pólvora mágica.
Forme religieuse d’origine bantoue qui utilise l’eau dans ses rites et se différencie du palo monte en que sa religion ne possède pas d’enganga (voyez ce mot). Ses derniers fidèles se trouvent dans la région centrale de Cuba (Placetas, Sagua la Grande et Remedios). [Cette allusion aux « derniers fidèles » semble indiquer un déclin.]
Lubolo (m). Cuba, Arg., Ur. Denominación de grupe étnico de origen bantú. 2 Ur. Blancos pintados de negros en el carnaval de Montevideo.
Nom d’un groupe ethnique d’origine bantoue (Cuba, Argentine et Uruguay). 2 En Uruguay, nom donné à des Blancs peints en noir lors du carnaval de Montevideo.
DLE (adj.) Ur. Perteneciente o relativo a una agrupación de carnaval compuesta por personas de raza negra y por personas de raza blanca pintadas de negro, que actúan al compás de tamboriles. (m y f) Integrante de una agrupación lubola.
(adj.) Relatif à un ensemble carnavalesque composé par des personnes de race noire et par des personnes de race blanche peintes en noir, défilant au son de tambourins. (m/f) Membre d’un tel ensemble.
[Le fait de se peindre le visage en noir se retrouve également dans le maracatu cearense, de la province de Ceará au Brésil, où il a peut-être à voir avec le fait que les calungas (voyez ce mot) ou poupées tutélaires de ces processions, sont noires. Les Brésiliens insistent sur le fait que ce maquillage, le negrume, n’a pas les connotations du blackface (blackface minstrelsy) aux États-Unis.]
Lucancasi (m). Diablo. KL nkasi, crueldad; nluka, centro donde brotan las innombrables fuerzas de Dios en todas direcciones.
Diable. Étym. « Cruauté », et le centre d’où jaillissent les innombrables charismes de Dieu dans toutes les directions.
Macatú (m). Col. Danza dedicada a Calunga. KL maka, ver un espíritu, espectro, cosa maravillosa.
Danse dédiée à Calunga. Étym. Voir un esprit, un spectre ou une chose surnaturelle. [Cette danse semble donc liée à l’origine à des phénomènes visionnaires.]
Macuto (m). 1 relig. Pequeña bolsa con poderes mágicos. 2 Bolsa, bulto, paquete pesado.
Petite bourse aux pouvoirs magiques. 2 Bourse, ballot.
DLE (m). Mochila, especialmente la del soldado.
Sac, en particulier celui du soldat (havresac).
Macuta, Macuca (f). Antiga moeda de cobre que circulava entre os nativos de Angola. (BR)
Ancienne monnaie de cuivre en circulation chez les peuples natifs d’Angola. [J’ignore si l’étymologie est commune entre le terme espagnol et ce terme brasilo-portugais ressemblant. Je note toutefois une parenté conceptuelle entre la monnaie (le contenu) et une bourse (le contenant). L’existence d’une ancienne monnaie métallique, d’origine apparemment locale, en Afrique subsaharienne attire par ailleurs mon attention.]
Mambo (m). 1 Palabra, discurso ritual. 2 Canto o frase rítmica que en los ritos del Palo Monte se vincula a las transes. 3 Género bailable de mediados del siglo XX de origen cubano que contiene partes cantadas. (Valdés Bernal opina, siguiendo a Dalgish, que procede del vocablo yoruba mambo, ‘hablar’.)
Parole, discours rituel. 2 Chant ou phrase rythmique associée à la transe dans le palo monte. 3 Musique du milieu du vingtième siècle d’origine cubaine, avec des parties chantées ; danse accompagnée par cette musique. [Le mambo, comme genre musical et comme danse, est évidemment bien connu puisqu’il a été popularisé internationalement par des disques ainsi que des films de grande diffusion ; l’origine de son nom l’est beaucoup moins.]
Maranguango (m). Col. Mezcla de líquidos para un maleficio; veneno. KL malangua, lugar donde se guardan las botellas del malafo (vino de palma).
Mélange de liquides servant à un maléfice ; poison. Étym. Lieu où sont gardées les bouteilles de vin de palme.
Maso (m). Persona que tiene un santo o espíritu en su cabeza. PS mazowa, iniciación religiosa.
Personne possédant un saint ou un esprit dans la tête. Étym. Initiation religieuse. [Les religions autochtones d’Afrique subsaharienne ont une forte composante initiatique.]
Matari (f). Piedra. 2 Piedra con poderes mágicos de los rituales congos en Cuba.
Pierre. 2 Pierre dotée de pouvoirs magiques, dans les rituels kongo à Cuba.
Mayombe (m). Sacerdote con jerarquía y vastos conocimientos del sistema religioso Palo Monte. Palo Mayombe, variante del Palo Monte que trabaja el mal. 2 Tercer momento de consagración a Ensambi. 3 Denominación étnica de esclavos de origen bantú. KL mayombe, jefe supremo, príncipe, gobernador, título honorífico.
Grand prêtre, aux connaissances étendues, dans le palo monte. Palo mayombe, variante du palo monte dédiée à la magie noire. [La distinction ne semble pas toujours faite de cette manière entre le palo monte et le palo mayombe ; par exemple, la page Wikipédia française donne les deux appellations comme synonymes.] 2 Troisième moment de la consécration à Ensambi [Dieu]. 3 Nom ethnique d’esclaves d’origine bantoue. Étym. Chef suprême, prince, gouverneur, titre honorifique.
DLE (m). Culto afrocubano de origen bantú.
Culte afrocubain d’origine bantoue.
Mayumba (). Fetiche contra la locura. KL ma-yumba, enquisi que causa la tristeza, la locura.
Fétiche contre la folie. Étym. Fétiche cause de tristesse, de folie.
Quini-quini (m). Talla de madera con poderes mágicos. KL kiini, talla en forma humana de los espíritus, hecha para actos rituales. PS kini, talla de ídolo del espíritu de los muertos.
Statue de bois taillé dotée de pouvoirs magiques. Étym. (selon Laman) statue taillée en forme humaine représentant les esprits, sculptée en vue des actes rituels ; (selon Swartenbroeckx) idole de l’esprit des morts.
Quiñumba (m). Brujo; brujería. 2 Muerto; fantasma. 3 Cabeza; calavera. 4 Variante para hacer el mal en los sistemas religiosos de origen bantú en Cuba. KL quinyumba, espíritu, fantasma, malos espíritus, espíritu de un muerto.
Sorcier ; sorcellerie. 2 Un mort ; un fantôme. 3 Tête ; crâne. 4 Variante consacrée à la magie noire dans les systèmes religieux d’origine bantoue à Cuba. Étym. Esprit, fantôme, mauvais esprits, esprit d’un mort.
Quimbanda (m). Sacerdote do culto angola-congo, ao mesmo tempo com função de curandeiro. (f) Linha da umbanda, denominada popularmente umbanda de linha negra, por incluir em suas práticas o culto aos exus e supostos malefícios encomendados a pessoas, animais e objetos. 2 Por ext. o conjunto das práticas e rituais desse culto. (BR)
Quimbanda. (m) Prêtre du culte angolano-congolais, qui exerce en même temps une activité de guérisseur. (f) Branche de l’umbanda, dénommée populairement umbanda du versant noir en raison du fait qu’elle inclut dans ses pratiques le culte aux exu (intercesseurs) et de supposés maléfices envers personnes, animaux et objets. 2 Par extension, l’ensemble des pratiques et rituels de ce culte.
Yimbi (s). Iniciado en el sistema religioso de Palo Monte. KL nkimba, sociedad secreta, persona iniciada en sus misterios.
Personne initiée au système religieux du palo monte. Étym. Société secrète, personne initiée à ses mystères.
Yimbibula (f). Fiesta religiosa.
Fête religieuse.




