TW17 De l’acte V à l’acte XIII

ACTE V (suite)

Pourquoi un sucrier doré à l’image pour une allocution présidentielle ? J’aimerais comprendre. #macron20h

Suite à son allocution télévisée, Sophie Pedder de The Economist appelle Macron « l’homme au bureau en or » (the man with the golden desk). C’est ce qui s’appelle, en bon français, une ironie sanglante. « L’homme au bureau en or … et il essaie d’avoir l’air contrit. » (and he tries to look contrite) Si avec ça The Economist n’a pas brisé la jeunesse de Macron (cf. Jean-Michel Aphatie : « Les Gilets Jaunes ont brisé Emmanuel Macron, son élan, sa trajectoire, sa jeunesse »), aucun Gilet Jaune ne le pourra !

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ACTE VI

Emmanuel Macron réveillonne avec les soldats français de Barkhane au Tchad. (RT France)

La seule compagnie appréciée par le président : la Grande Muette.

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Tchad : un militaire de la force Barkhane s’effondre devant Macron après la Marseillaise. (RT France)

Comme pour les motards et les avions du 14 juillet, cela ressemble à du sabotage de cérémonie présidentielle… Quand c’est le soldat le plus près du président qui s’écroule au cours de la cérémonie, c’est tout de suite beaucoup plus spectaculaire à l’image. Parfois, le hasard peut aller contre un président de la République… Si le soldat en question ne se sentait pas dans son assiette avant son malaise, n’aurait-il pas mieux valu le placer derrière et loin du président plutôt que juste devant les caméras ? Quand on a affaire à la Grande Muette, il faut savoir comprendre le langage des signes.

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Police ou milice ? Comment savoir si ces « commandos » qui frappent un homme sont des policiers ? Ils cachent leurs visages et ne portent aucun insigne ou identifiant « Police ».

Voir sans réagir un homme se faire frapper à terre par des individus qui ne sont pas identifiés comme policiers par un insigne est de la non-assistance à personne en danger.

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Toulouse : Une femme tente de venir en aide à un manifestant qui vient de se faire lyncher par les CRS qui refusent de la laisser passer. Réponse d’un CRS : « Quand on veut faire la guerre, madame, on assume. »

Si les CRS, si le pouvoir parle de « guerre », les Gilets Jaunes ont le statut de « partie au conflit » protégé par les Conventions de Genève et le pouvoir doit accepter l’intervention de la Croix-Rouge internationale.

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Sans la liberté de se pâmer d’admiration, il n’est point d’éloge vraiment flatteur. (Beaumarcheur)

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Voyez les lois travail d’un Kurz en Autriche, d’un Orban en Hongrie. Les travailleurs votent pour cette droite dure pour laisser une société de « valeurs » à leurs enfants, et ils leur préparent une vie d’esclaves.

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ACTE VII

Brigitte et Emmanuel Macron ont ensuite pris la direction du Capon, sur les hauteurs de Saint-Tropez, où se situe la demeure de la réalisatrice Danièle Thompson. (Closer)

Le Capon, une enclave protégée où l’on trouve les demeures de B. Arnault, F. Pinault ou encore V. Bolloré. [Cette dernière information ne serait, finalement, pas exacte.]

Selon mes sources, la pointe du Capon, où se trouvent des villas de B. Arnault, Pinault, Bolloré, etc, est une presqu’île artificielle sur la commune de Saint-Tropez qui peut se détacher de la France et prendre la mer en cas de révolution Gilets Jaunes.

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Le 29.5.2018, le ministère des affaires étrangères français tweetait : « L’attachement de la France à la sécurité d’Israël est indéfectible. » [Je tiens la capture d’écran de ce tweet à disposition de qui le souhaite.] Comment un ministère peut-il déclarer un soutien indéfectible à un État étranger ? Un gouvernement ne peut être attaché indéfectiblement qu’au seul intérêt national ! Le gouvernement national ne peut recevoir des élections le mandat de soutenir indéfectiblement un État étranger. Le soutien d’un État à un État étranger ne peut être que conditionnel et jamais indéfectible dans la mesure où un État souverain est de fait libre de commettre des actes contraires à l’intérêt d’un autre État, ce que ce dernier sera alors obligé de constater sous peine de faillir à son intérêt national. C’est le fameux principe Pacta sunt servanda, une des premières choses que l’on apprend en droit international.

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Pierre Vanlerberghe estime que la situation en France légitimise les mesures de sécurité publique… (Le JDD)

Qu’est-ce que « légitimiser » ? Une combinaison de « légitimer » et « sodomiser » ?

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J.-F. Kahn sur LCI à propos des Gilets Jaunes : « Qu’ils arrêtent de dire qu’ils sont peuple, ce n’est pas vrai ! »

Par l’*** qui demandait aux Français de ne pas s’offusquer d’un « troussage de domestique », dans l’affaire DSK.

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How hard (from work hard) is hard enough for a capitalist? Our fathers have known 16 hours a day: Is that hard enough?

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Travailler dur pour l’avoir molle.

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#VoeuxMacron Si j’ai bien entendu, il n’a pas dit « foule haineuse » mais « foule laineuse ». Une périphrase intéressante pour moutons de Panurge, certainement…

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Question pour foule haineuse de Gilets Jaunes un soir de réveillon 2019 : combien doit coûter la nourriture qu’on y sert pour être à la hauteur d’une vaisselle à 500.000 € [coût du renouvellement de la vaisselle de l’Élysée selon Le Canard enchaîné] ?

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Président Macron va envoyer la #LettreDeMacron aux Français. Que chaque Français réponde avec une demande. Le Président dirige l’administration avec le Premier ministre, et « le silence gardé par l’administration sur une demande vaut accord » (délai : 2 mois). Bon courage à ses services.

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Décapitation symbolique

« Décapitation » de Macron à Angoulême : les trois organisateurs mis en examen (France 3 Régions)

Pour « outrage et incitation au crime » – mais aussi trois journalistes auditionnés par la police pour incitation au crime également. C’est complètement disproportionné. Le monde entier a vu la décapitation symbolique de Trump par Kathy Griffin, elle n’a donné lieu à aucune poursuite judiciaire. Les organisateurs d’Angoulême ont pensé que la France était, comme les États-Unis, un pays du monde libre. Ont-ils tort ? Les peuples peuvent se comparer et comparer leurs libertés grâce à internet, et les gens ne voient pas pourquoi certains pays du monde libre seraient plus libres que d’autres. Dans le monde libre, c’est la liberté du plus libre qui est la règle légitime.

Si la justice veut ignorer délibérément qu’elle se rend aujourd’hui dans un contexte mondialisé-connecté, en quoi se différencie-t-elle de Marine Le Pen ?

Au plan des lois nationales, le contexte même (Gilets Jaunes) exclut l’incitation au crime : comment ne pas voir que la mise en scène s’inscrit dans la revendication d’un règlement de crise par les voies constitutionnelles, dissolution, démission…?

« Je pense qu’il a besoin d’aide … À quand remonte la dernière fois qu’un acteur a assassiné un président ? » Johnny Depp, le 22 juin 2017. Trump n’apprécie pas et le fait savoir, mais c’est ainsi. Mais à Angoulême, c’est « code pénal », « outrage », « incitation au crime » ! Johnny Depp a certes créé l’émoi parmi les supporters de Trump, et peut-être un peu au-delà, et présenté de vagues excuses (en fait une impertinence de plus), mais l’important c’est qu’il n’y a pas l’ombre d’une robe noire lugubre dans le tableau. Ce serait en France sous ce gouvernement…

La robe noire est bien sûr toujours précédée du hallebardier. Ce dévoiement français de la pompe judiciaire pour paralyser la parole et in fine la pensée, notamment en ressortant les dispositions les plus poussiéreuses des « lois scélérates », est abject.

Si le parquet se met en mode automatique pour envoyer devant les tribunaux tout « outrage » qu’il détectera, ce sera une pression sur les juges du siège qui finiront par y céder, car elle risque de ne pas être dénoncée par des médias de plus en plus aux ordres.

Si l’on n’a pas le droit de décapiter un mannequin du président car c’est un « outrage » et une « incitation au crime », a-t-on le droit de le faire sauter en l’air sur un drap, ce qu’on infligeait au pied-tendre dans le Far-West ? (cf. Lucky Luke) [C’est aussi la tradition du paillassou niçois.] De quoi a-t-on le droit?

Si la décapitation d’un mannequin à la Kathy Griffin est outrage et incitation, ainsi que de faire sauter un pantin en l’air, tout sera outrage à part le cirage de chaussures. Je ne dis pas qu’entre ces mises en scène et la flagornerie il n’y a rien, mais la critique peut toujours passer pour un outrage pour des hommes de pouvoir susceptibles et violents. Qui veut le pouvoir sans accepter la critique et même la colère, veut la tyrannie !

Les lois scélérates l’étaient déjà à l’époque de leur adoption il y a plus de cent ans. Aujourd’hui elles sont devenues inqualifiables. Le dernier classement des démocraties, qui place la France au 29e rang (!), n’a pas eu vent de ces récentes décisions, songez-y.

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Le mot démagogie était dans la Grèce antique le mot désignant la démocratie dans la bouche des aristocrates. Rien n’a changé.

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Chevalier des temps modernes, la lumière des gyrophares fait scintiller ton armure. Prêt pour l’Acte 8 des Gilets Jaunes ce 5 janvier ?

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Gilets Jaunes. Emmanuel Macron représenté par un pantin dans un cercueil. Retour sur les violences du mouvement des gilets jaunes. (L’Info du vrai, Yves Calvi)

Des violences sur un pantin ? Vous lui avez conseillé de porter plainte, j’espère.

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La situation de LaREM, pseudo-parti sans implantation locale, doit lui faire apparaître avec une certitude absolue comme ingagnable une élection soudaine et donc empêche la mise en œuvre des mécanismes constitutionnels de sortie de crise, dissolution, etc. Constitution papier ! Dès lors que les voies constitutionnelles semblent exclues (car elles impliqueraient inévitablement passation de pouvoir pour le pseudo-parti LaREM), le pouvoir n’a d’autre choix, face à la contestation des Gilets Jaunes, que de s’y attaquer par une répression de plus en plus féroce des libertés.

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ACTE VIII

50.000 personnes ou même un million, ça n’est pas le « peuple ». (Jean Quatremer, journaliste)

Ni 50.000 ni même un million. Le peuple tient dans un bureau à côté d’un encrier en or.

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Au sujet de Christophe Dettinger [boxeur et boxeur de CRS], il me semble que si, comme le dit le procureur de Toulon, le commandant Andrieux est excusé par le « contexte », le même contexte excuse Dettinger.

Dans la vidéo où le commandant Didier Andrieux frappe le « délinquant » noir, un autre gendarme se précipite sur lui pour l’arrêter. Il faudrait interroger ce gendarme : pourquoi ce geste alors qu’Andrieux était si évidemment justifié par le contexte selon le procureur de Toulon ?

Le CRS qui, sur la vidéo, se précipite sur le commandant Andrieux pour mettre fin aux coups de poing de ce dernier dans la figure d’un manifestant noir, est prié de se présenter au rond-point le plus proche de sa caserne pour une audition libre… C’est pour rigoler ! Ce CRS est un héros, il peut se présenter au rond-point pour recevoir une médaille Gilets Jaunes.

(Le préfet a « cassé » la décision du procureur de Toulon concernant les actes de Didier Andrieux –à savoir ne rien faire– et c’est rassurant.)

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La cagnotte fait le buzz

Quand un membre du gouvernement dit que la cagnotte Leetchi en faveur de Christophe Dettinger est « une forme de complicité », cela revient à dire que payer une caution rend complice.

De plus, parler de complicité d’un crime dont Christophe Dettinger est jusqu’à son jugement présumé innocent, c’est du non-respect de présomption. Le procès peut révéler des éléments qu’aujourd’hui personne ne connaît.

La campagne contre la cagnotte en faveur de Dettinger méprise la présomption d’innocence et s’apparente à un lynchage, orchestré (ou à tout le moins soutenu) par le gouvernement. La pression de l’État pour clôturer la cagnotte Leetchi est illégale et, puisque le gouvernement consent (par bonté peut-être ?) à ce que Dettinger en bénéficie pour ses frais de justice et à hauteur de ces frais seulement, j’espère que cela inclut les frais du recours qu’il doit faire devant la justice administrative.

Ce n’est pas par bonté que le gouvernement laisse à Dettinger le bénéfice de la cagnotte pour sa défense ; c’est parce que Dettinger y a droit comme il avait le droit que la cagnotte se poursuivît jusqu’à son terme. De deux choses l’une, ou bien la cagnotte est illégale et alors Dettinger n’a le droit à rien, ou bien il a le droit à la moindre partie de la cagnotte et alors elle n’est pas illégale et la pression de l’État pour la clôturer est illégale. Dès lors que Dettinger perçoit la moindre partie de la cagnotte, les donateurs n’ont rien à se reprocher et les dénonciations-intimidations d’un membre du gouvernement contre ces honnêtes citoyens appellent des excuses en bonne et due forme.

Si la cagnotte est illégale, Leetchi est en cause. Si elle est légale, l’État est en cause pour la faire clôturer illégalement.

La ministre : « Je ne demande pas un tableur Excel avec les noms des donateurs de la cagnotte de Leetchi, ça ne me concerne en rien. La question que j’ai posée c’est : qui finance les casseurs ? Des puissances étrangères ? » Cette ministre voulait donc savoir si un État étranger souverain pouvait être poursuivi par le parquet français pour « complicité » de violences ? Elle cherchait « une forme de complicité » étatique aux uppercuts de Christophe Dettinger ? Cette nouvelle version ministérielle nullement crédible a au moins le mérite d’être l’aveu implicite que la première approche était répressive et arbitraire.

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Luc Ferry appelle à tirer sur les Gilets Jaunes deux ou trois semaines après qu’il a traité Macron de « gamin ». Il faut sans doute comprendre que, selon Ferry, Macron est un gamin pour ne pas savoir faire tirer sur la foule à balles réelles…

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La députée A.B. va saisir la justice pour des propos de La France Insoumise qui « a incité à la violence et s’est félicitée de l’insurrection ». (Télématin)

C’est de la répression d’opposition politique par le biais du statut dépendant du parquet, que LaREM veut exploiter jusqu’à la corde. J’en appelle aux solutions constitutionnelles responsables. S’il y a « insurrection », c’est l’article 16. Quand on parle d’insurrection, on ne va pas chercher le juge. C’est grotesque. Un juge anti-insurrection, ça n’existe pas. Quand on parle d’insurrection, on met en œuvre l’article 16 de la Constitution : les pleins pouvoirs du Président. Assumez.

Mais un président qui est passé en quelques mois de « tu m’appelles pas Manu » à, virtuellement, « tu m’appelles pas enc*lé » peut-il assumer l’article 16 ?

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Sodomie péri-anale (Affaire Théo)

Je soutiens la police mais pas la sodomie péri-anale. « Une expertise médicale conclut que Théo n’a pas été violé … la matraque n’a pas déchiré l’intestin en entrant par l’anus mais par la partie péri-anale » (Wkpd). La sodo péri-anale, c’est quand tu rates le trou du c** avec le bout de ta matraque.

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« Il y a des gens sincères porteurs d’inquiétudes et il y a des factieux. Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » Les entretiens (presque) imaginaires du porte-parole du gouvernement.

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La dépendance du pouvoir judiciaire en France

Dans les années soixante, Maurice Duverger écrivait qu’il n’y a pas en France indépendance du judiciaire et de l’exécutif. « Dans les pays anglo-saxons, le troisième pouvoir est confié à des organes absolument indépendants aussi bien des gouvernants que des gouvernés, de façon à réaliser une justice aussi exacte que possible. En France, malgré toutes les doctrines officielles, les tribunaux sont considérés en fait depuis Napoléon comme une branche particulière de l’Administration, et le pouvoir juridictionnel est, au point de vue politique, une partie spéciale du pouvoir exécutif. » (M. Duverger, Les régimes politiques, 1965) Une réforme de la justice a-t-elle démenti ses paroles entre-temps ? Non, et le classement au 29e rang des démocraties [Democracy Index 2018] est sans doute trop généreux pour ce pays.

Un élu français [Macron]: « RT [média russe] essaie de faire croire que nous sommes la Turquie ou l’Egypte. » (Le Canard enchaîné) On peut faire passer beaucoup de répression en se comparant à ces deux pays. Il suffit de dire : « Chez nous on peut critiquer l’islam. »

Censure de Twitter : la France devant la Russie ! La France se situe en deuxième position des pays pour les demandes de suppression de contenu, juste après la Turquie. Faut-il s’en inquiéter ? (Le Point, 2014)

On n’est pas la Turquie, qu’on vous dit ! Nous, c’est du bon flicage. Il est temps de garantir la pleine et réelle indépendance de la justice en France, notamment en supprimant la Chancellerie (sic) et le Garde des Sceaux (re-sic) qui portent de vieux noms énigmatiques pour effrayer les Français et les juges !

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De même que l’œuvre d’un intellectuel est entachée par le fait d’avoir été produite en régime totalitaire, est entachée, quand elle est apologétique et non critique, l’œuvre d’intellectuels d’une démocratie de 29e rang. Leur œuvre est saluée dans et par un régime répressif.

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My bill doesn’t punish any political activity. It protects the right of local & state governments that decide to no longer do business with those who boycott Israel. So boycotting Israel is a constitutional right, but boycotting those participating in BDS isn’t? (U.S. Senator Marco Rubio)

BDS is a grassroots citizen movement and it is as such that it is protected by the Constitution against incroachments by local, state, and federal authorities. With your bill you want to deal the death blow to U.S. institutions, turning them into an empty shell. Claiming that local, state, federal authorities have the same rights and freedoms as the citizenry is turning one’s back to American freedom, intent on allowing local, state, federal repression against individuals’ freedom.

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ACTE IX

Superbrain

Netiquette says: “Don’t use internet as a shield to do something you wouldn’t do during a real face-to-face conversation with your correspondent.” What correspondent? Do you imagine Plato explaining his Republic to a colleague by the coffee machine? Plato wouldn’t do that but he got to write his Republic. So real Netiquette is: Use internet as if you were writing the book of your life on a daily basis. Forget everybody, above all colleagues and all organization men of vertical hierarchies.

When you interact on internet it’s like the words, sentences, ideas that continually pop up in your mind, most of which you ignore, some of which you deal with – what psychologists call the ‘default mode network.’ Internet is your brain, what correspondent are they talking about? Your social media’s settings are the default mode’s settings of your brain. Instead of flashing on the cortical screen, default mode’s words, ideas, pictures pop up on the crystal screen. Yours is now a superbrain…

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ACTE X

Écoutez les vœux pour 2019 du Premier ministre de Malte. Le maltais (langue) ressemble, à l’oreille, à l’arabe car il vient de l’arabe : « L’origine de la langue est l’arabe sicilien. » (Wkpd). Malte a présidé l’UE en 2017.

Mais quel « Grand Remplacement » en Europe ? Le maltais est un dialecte arabe et les Bosniaques, les Albanais, les Kosovars [ainsi que le Caucase russe] sont largement musulmans. Les Arabes et les musulmans sont chez eux chez nous en Europe.

Les Arabes et les musulmans ont été chassés d’Europe ? Oui et alors ? Ils ont été chassés par des autocrates qui, après cela, ont été eux-mêmes chassés par les peuples d’Europe lors de révolutions populaires démocratiques. Les Arabes et les musulmans sont chez eux chez nous.

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Les gilets jaunes empêchent la CGT de faire une récupération politique : « Quelle honte ! C’est vous qui avez appelé à voter Macron » à l’élection présidentielle de 2017.

Les Gilets Jaunes qui s’opposent à la CGT, cela rappelle les analyses de Cornélius Castoriadis sur le nécessaire rejet de la « bureaucratie syndicale » et fait penser qu’on a peut-être là un mouvement véritablement révolutionnaire.

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L’interdiction de l’anonymat en ligne est la condition de la révolution. Tant que les gens pourront avoir une vie anonyme en ligne, ils supporteront tout ce à cause de quoi ils sont contraints de rester anonymes, c’est-à-dire leur exploitation.

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« Il y a un an, un événement tragique a secoué la ville : il s’agissait d’une grand-mère de 80 ans qui s’est faite agresser à son domicile. Et pardonnez-moi si je suis triviale, elle s’est faite sodomiser par un Algérien qui était en situation irrégulière, sous le coup d’une reconduite à la frontière et qui n’a jamais été reconduit à la frontière. » (Brigitte Barèges, maire de Montauban, lors d’une séance de Grand Débat)

Brigitte Barèges Productions et Le Grand Débat National Associés présentent

L’Algérien de Montauban

Ce mercredi dans les salles 😱

L’Algérien de Montauban, ils en parlent :

« Trivial à souhait » (Les Cahiers du cinéma)

« Toute la trivialité d’un fait divers » (Le Film, revue de la Cinémathèque française)

« Trivial et angoissant » (Mad Movies)

« Peut mieux faire » (Tabou X)

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Le trafic de drogue va bientôt entrer dans le PIB français. (Le Figaro)

Désormais la lutte contre le trafic de drogue va plomber la croissance française.

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ACTE XI

Prise de vue d’un lancer de grenades fumigènes à Rouen. Voir vidéo : le lanceur jette un projectile qui éclate en l’air et libère ses grenades, dont certaines ont l’air de partir un peu n’importe où, de même que les débris de la coque.

Sur la capture d’écran que j’ai faite, on voit un projectile (grenade ? fragment de coque ?) partir dans une direction complètement différente. Où va-t-il se perdre ?

Il est certain que Zineb Redouane, morte des suites d’un impact de « fragment de grenade lacrymogène » alors qu’elle fermait ses volets (pendant l’acte III), a été victime d’un fragment « perdu » dans les mêmes conditions que dans cette vidéo de Rouen. Dès lors que Zineb Redouane est morte d’un impact de fragment de grenade lacrymo, la mort doit bien être imputée aux forces de l’ordre, involontairement, car nous n’allons tout de même pas nous mettre à ne compter que les homicides volontaires des forces de l’ordre !

Les FDO en manifestation ne peuvent vouloir donner la mort, sauf 1/légitime défense ou 2/sur ordre. Donc, quand on parle des morts provoquées par les forces de l’ordre, c’est a priori involontaire (balle perdue, fragment de grenade perdu…). Le bilan est donc d’un mort par l’intervention des FDO. [Le président disait au même moment, depuis l’Égypte, que dans la crise des Gilets Jaunes aucun mort n’était à mettre au compte des FDO.]

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Les live-streams des médias traditionnels, y compris RT [en l’occurrence Ruptly], sont filmés côté forces de l’ordre tandis que les nouveaux médias sur PeriscopeTV filment côté GJ et c’est bien plus intéressant.

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On me dit que si c’est fluo et que ça bouge, il faut d’urgence appeler S.O.S. Fantômes. Il n’est peut-être pas trop tard.

[Dissolution dans le slime]

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Les portes de l’enfer se sont ouvertes. Face à l’invasion des démons de l’inframonde, le gouvernement doit agir : il est temps de tenir ses promesses électorales !

[Dissolution dans l’acide. Source photo : Hellraiser de Clive Barker]

L’infographie c’est un métier! lol

#Retrogaming 😉

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Apocalypse Gilets Jaunes Acte 4.269

Après des décennies à demander en vain une dissolution… ils l’ont finalement appelé! 😱 LE BLOB DES GILETS JAUNES ou la Dissolution par sucs gastriques extraterrestres hypercorrosifs.

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Depuis que je tweete les hashtags #GiletsJaunes et connexes type #acte11/#acteXI mes statistiques sont excellentes. Cela suscite forcément de la reconnaissance, c’est humain.

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Democracy Index 2018

Un ministre : « Y a pas beaucoup de pays où… En France on condamne les excès »

!!!

Au Democracy Index 2018, la France est au 29e rang, parmi les « démocraties imparfaites » (flawed democracies), derrière les pays de l’UE suivants : Suède, Danemark, Irlande, Finlande, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Grande-Bretagne, Autriche, Malte, Espagne, Estonie, Portugal. C’est-à-dire que, sauf la Belgique, l’Italie, la Grèce et Chypre, la France est le moins démocratique des pays d’Europe de l’Ouest (au sein de l’UE, mais la Norvège, l’Islande et la Suisse sont également devant).

Quand j’écris « !!! » ça ne signifie pas que ce que dit le ministre est faux, juste que c’est petit. C’est petit de se comparer à des pays sous-développés. Parmi les pays de sa catégorie économique, ses voisins, la France est particulièrement mauvaise. Petit mais surtout cela conforte les tendances répressives car en se congratulant de ne pas être une parfaite dictature on ne cherche pas à devenir une démocratie plus parfaite. Or je pense que la politique de ces derniers mois fait dégringoler la France dans le Democracy Index.

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Ce qui m’attriste dans la manifestation des Foulards Rouges, ce sont les femmes de ménage, nounous, concierges, leurs maris, tous les domestiques obligés de manifester à côté de leurs employeurs. J’ai peur de devenir une de ces femmes de ménage à cause de la politique du gouvernement.

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Le RIC le « hérisse » [citation du Premier ministre : « Le RIC me hérisse »] mais la politique sans RIC c’est comme le coup de la harissa quand tu reviens de vacances au Maroc avec ta femme, tu découvres qu’elle a le trou de balle en chou-fleur et elle te dit : « Si j’avais pas tant mangé de harissa… » Ouais, ouais…

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Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent.

Surtout ne vous gênez pas pour saisir le parquet contre moi ! (J’ai dit « du », ce n’est pas une faute d’orthographe.)

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‘Medical’ LSD (faugh)

The key neural mechanisms identified by scientists in an LSD trip may be instrumental in treating it for mental disorders like OCD and depression. Finally, psychedelics are being treated seriously for the potential that they can unlock. (Reza Ali)

For decades psychedelics have been treated very seriously by the military and believe it or not this is no good news. Same with institutional shrinks: You don’t want a Nurse Ratched for an LSD “treatment.”

LSD will cure depression only when not prescribed by some licensed shrink. To begin with, the very existence of licensed shrinks is ground enough for depression. Licensed shrinks’ one function is to flush damaged labor back into the production machine, keep its return at level. We’re talking about human life but the machine can’t see it that way, it has to see it as another kind of fuel and grease.

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Le kirpan sikh

Je trouve révoltant que les Sikhs en France ne puissent pas sortir avec leur poignard (kirpan), un de leurs cinq « k » prescrits par la religion.

“Sikhs are allowed to carry Kirpan (dagger) of reasonable length as per Indian Constitution’s Article 25.” The provision has served Indian authorities’ purpose to ban kirpans of all sizes except the ridiculously small ones, according to Sant Bhindranwale. Religious freedom: Kirpan’s size is none of the government’s business, neither in India nor in France nor anywhere else.

L’Assemblée nationale du Québec a le droit d’interdire le port du kirpan dans son enceinte en vertu de ses privilèges parlementaires. (La Presse, 19.2.2018)

Le Québec est une société de privilèges, donc d’Ancien Régime. Que les Québécois ne m’en veuillent pas : c’est juste que leur Assemblée nationale, avec ses « privilèges parlementaires », est, contrairement au Québec dans son ensemble, aussi rétrograde que la France toute entière, où le kirpan sikh = port d’arme illégal !

Les Sikhs sont la cinquième religion mondiale, près de 30 millions de personnes. Bronzés, d’accord, et la France veut rester recroquevillée sur elle-même, d’accord. Le législateur français crache sur Le Pen mais il devrait se regarder dans une glace : il crache sur son clone !

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Des députés LREM veulent forcer Twitter à recueillir une pièce d’identité à la création d’un compte.

Si ça passe, Twitter pourra savoir quels comptes appartiennent à la police nationale, donc la société privée Twitter connaîtra l’activité de la police française sur sa plateforme et pourra communiquer ces informations à qui bon lui semble.

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« Je vais faire attention aux petites phrases. Dans le système où nous vivons, cette franchise n’est peut-être plus possible. » Le président Macron découvre :
1 que le système qu’il représente a muselé la parole ; ou bien
2 qu’il ne peut exprimer ses idées avec franchise (car elles sont nauséabondes).

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ACTE XII

Le JEFTA [accord de libre-échange entre le Japon et l’Union européenne] est entré hier en vigueur mais nous allons voter en France une loi anti-casseurs qui veut envoyer les gens masqués en prison ! Le masque anti-particules doit au contraire se généraliser d’urgence ! J’ai toujours pensé, depuis mon voyage à Séoul et Tokyo il y a près de trente ans, que le masque anti-particules devait avoir du bon. J’attendais que ça prenne en France…

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Gilets Jaunes vs Baskets Dorées

Les baskets Vuitton à 750 euros de Brigitte Macron font le buzz sur le Net.

L’expression luxe insolent a un sens (même si c’est « un prêt »). Quand des élus de la République veulent vivre dans un luxe insolent, ils n’ont pas tout compris. De surcroît, l’excuse « c’est un prêt » est ridicule, même et surtout si c’est vrai. On sait très bien qu’un couple de banquier a de quoi se payer une paire de baskets Vuitton. Le problème, c’est d’afficher un luxe insolent quand on est un couple d’élu.

Après « c’est un prêt », on entend dans les troupes LaREM que c’est bien car « c’est made in France, c’est Vuitton ». Pathétique ignorance des réalités économiques et de la sous-traitance généralisée des compagnies multinationales, dont, bien sûr, LVMH : « Vuitton, une marque qui sous-traite en Chine et en Roumanie » (Mediapart, 2013).

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Subventions dans le désert

« Si être gilet jaune, c’est vouloir moins de parlementaires … moi aussi je suis gilet jaune. » « Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un … député ! » (dans les médias, ce qui est choquant aux yeux du président Macron)

Où est la cohérence ? Si c’est une faute dans les médias de donner le même statut à Jojo qu’à un député, en quoi moins de députés serait-il une bonne idée ? S’il n’est pas nécessaire que l’État paye autant de gens ayant un haut statut parce qu’ils se distingueraient de Jojo, pourquoi les distinguer de Jojo ?

Le nombre de parlementaires et d’élus en général est arbitraire et résulte de tripatouillages de carte électorale, de gerrymandering (de la lutte contre lequel Arnold Schwarzenegger a fait son cheval de bataille aux États-Unis). Selon que le découpage sera ceci ou cela, statut auras ou n’auras point, ô Jojo !

Disons, pour être tout à fait exact, que le nombre lui-même résulte d’une décision arbitraire, à partir de laquelle on peut arbitrairement découper les cartes électorales pour faire des circonscriptions sur mesure. Nous savons qu’une voix dans les territoires ruraux pèse plus lourd qu’une voix chez les citadins, car les circonscriptions rurales sont moins peuplées. Ce président et cette majorité sont président et majorité à la fois des riches et des gens de la campagne. Système hyper-conservateur, sans parler du Sénat qui aggrave encore la surreprésentation des déserts ruraux dans notre vie institutionnelle, comme si c’était au fin fond des cambrousses qu’était l’avenir de la France… Banlieues, réveillez-vous ! La France de la périphérie, ce sont les banlieues urbaines et périurbaines des travailleurs de la ville, les moins bien représentés par le découpage électoral.

Quand on fait un Grand Débat en province devant, disons, 300 maires, c’est à tout casser 40 maires de villes et leurs banlieues et tout le reste des maires de petites communes rurales sous perfusion de subventions publiques, complètement dépendantes car l’argent vient des villes. C’est un Grand Débat devant 20 % de maires représentant 80 % de la population et 80 % de maires représentant 20 % de la population. Et quand on dit « les maires sont OK », cela veut dire les 20 % de la population qu’on arrose de subventions pompées aux travailleurs des villes et des banlieues !

Il y a 36.000 communes en France, dont 20.000 ont moins de 500 habitants, 34.500 moins de 5.000 habitants. Seules 950 communes ont plus de 10.000 habitants. Chaque commune, quel que soit le nombre d’habitants, a un maire [et un conseil municipal]. « Les maires », c’est le monde des petites communes rurales, ce n’est pas la France !

La France, c’est 80 % de Français vivant en agglomération urbaine. « Les maires », c’est l’Ancien Régime : 80 % de petites communes rurales ! Le Grand Débat National, le Sénat, les circonscriptions législatives, tout cela, ce n’est pas la France. C’est là une forme particulièrement vicieuse de « classisme » et de racisme institutionnels, les campagnes servant de rempart contre l’accession à la parole politique du prolétariat urbain et des Français d’origine immigrée. Les déserts ruraux comme rempart de la bourgeoisie… il fallait y penser ! Déserts ruraux : pléthore d’élus. Grosses concentrations urbaines : déserts d’élus. Ce système n’est pas représentatif.

La France des maires, des sénateurs, des députés, la France des élus à l’écharpe tricolore, la France qui « participe » au Grand Débat, c’est une France de Peppone et Don Camillo, de déserts ruraux subventionnés, entre cent et mille ans en arrière.

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Clip de Didier Bourdon On peut plus rien dire : « Sûr qu’on est d’accord avec toi mais c’est pas nous qu’on fait la loi. » C’est pas nous, c’est personne ! La spirale a été enclenchée et ne s’arrêtera que dans la dictature Big Brother totale et sans masque.

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Dites-vous bien que le délit de blasphème existe déjà en droit français : ça s’appelle « incitation à la haine en raison de la religion ».

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Quand Pierre-Emmanuel Barré fait son one-man-show en salle, c’est en fait un Grand Débat National ?

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Gilets Jaunes Caracas

Tu sais si bien que tu es libre que tu tweetes toujours sous ton vrai nom. Toujours. Tout le monde. Tout le temps. Dans le pays des droits de l’homme où règne la plus totale liberté. Et quand parfois, mais c’est si rare, tu crées un compte sous pseudonyme, c’est seulement pour que Carrefour ou Auchan ne sache pas quelles publicités t’envoyer. En fait, tu es tellement libre que tu devrais avoir honte, car tu empêches le président Macron de résister pour toi aux manipulations mentales du dictateur Poutine sur ton cerveau ! « Donc, nous, on est des pitres. » La France est la cinquième colonne de la Russie fasciste contre Macron et vous allez le payer.

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« Je ne veux plus de l’anonymat sur les plateformes internet. » (Le président de la République)

Personne ne devrait avoir à être anonyme sur internet, or c’est la règle plutôt que l’exception, ce qui signifie que des honnêtes gens se sentent obligés de rester anonymes. Demandez-vous pourquoi.

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Le crépuscule des groupuscules

La « commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite » a organisé ses premières auditions. (La Croix)

Il n’y a pas de petit sujet, de sujéticule. Quand tu veux écraser une mouche, cet animalcule, tu peux utiliser soit une tapette à mouches soit, en France, une commission d’enquête parlementaire.

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Viol ou… corruption

« Le défaut de consentement ne suffit pas à caractériser le viol. Encore faut-il que le mis en cause ait eu conscience d’imposer un acte sexuel par violence, menace, contrainte ou surprise », explique le juge. (Huffington Post)

Le classement sans suite dans l’affaire Darmanin est dû, je crois, au-non établissement des faits selon le juge et non à la phrase sur le « défaut de consentement » et le viol [qui a fait couler beaucoup d’encre]. Sur cette phrase elle-même, si demander une faveur sexuelle en l’échange d’un service n’est pas un viol, c’est au moins de la corruption : « La corruption est un comportement pénalement répréhensible par lequel une personne (le corrompu) sollicite, agrée ou accepte un don, une offre ou une promesse, des présents ou des avantages quelconques en vue d’accomplir, de retarder ou d’omettre d’accomplir un acte entrant d’une façon directe ou indirecte dans le cadre de ses fonctions. »

Si des éléments de preuve sont apportés dans le sens de la (des) plaignante(s) contre le ministre Darmanin et que le grief de viol n’est cependant pas retenu, il y a tout de même un pacte de corruption (corruption passive), où le corrupteur (la plaignante) doit à mon avis être disculpé et la peine appliquée au seul corrompu.

Dès lors que le « corrupteur » demande au « corrompu », fonctionnaire, un service relatif à sa charge et que ce dernier sollicite pour cela quelque chose qui ne lui est pas dû à ce titre (comme une faveur sexuelle), c’est une forme de concussion, une prévarication.

[Dans son précis sur Les obligations des fonctionnaires, le Conseiller d’État Pierre Bandet explique que « (la concussion) se distingue de la corruption en ce que le particulier qui doit verser des sommes non dues est la victime du concussionnaire, tandis qu’en cas de corruption, le délit est commis tant par le corrupteur que par le corrompu ». Il existe à mon sens une autre différence entre la concussion et la corruption, c’est que le texte relatif à la première (article 432-10 du code pénal) ne fait explicitement état que d’argent, « une somme … une exonération ou franchise des droits, contributions, impôts ou taxes publics », tandis que le texte relatif à la corruption (article 432-11 CP) semble pouvoir être interprété de manière bien plus large, « des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques », liste dans laquelle on pourrait inclure des faveurs sexuelles, tandis que ce serait certainement une distorsion du texte dans le cas de la concussion, tel que l’article est rédigé. C’est pourquoi je suis parti sur la voie de la corruption et n’ai évoqué la concussion que pour remédier à la difficulté représentée par le fait que le délit de corruption incrimine tant le corrupteur que le corrompu. En tout état de cause, si demander et obtenir des faveurs sexuelles en échange d’un service n’est pas, de la part du fonctionnaire ou du dépositaire de l’autorité publique, un viol, comme l’a prétendu le juge en classant l’affaire en question, seul un problème rédactionnel s’oppose à inclure ce type de comportement parmi les « manquements aux obligations de probité » aux côtés de la concussion, de la corruption et d’autres.]

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Un gouvernement de coalition ne signifie pas un gouvernement d’extrême droite. Le parti de Salvini et le M5S de Di Maio sont une coalition. Quand en Allemagne on a une coalition droite-gauche, le parti de gauche ne devient pas un parti de droite ni le parti de droite un parti de gauche. Il est certain que cela peut être difficile à comprendre dans un pays qui a pratiqué pendant des décennies le « cordon sanitaire » contre le FN/RN, avec comme résultat que ce parti est maintenant aux portes du pouvoir et n’aura peut-être même pas besoin de coalition.

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À l’époque, un Yves Mourousi, un PPDA, une Christine Ockrent, c’était pour beaucoup de gens, presque tout le monde en fait, la personne par qui on découvrait les événements marquants. Il y avait donc de la révérence. Aujourd’hui, tout le monde sait tout avant l’heure du JT. Je ne pense pas minimiser le rôle de la presse à l’époque et je remarque que les deux, presse et TV, aujourd’hui « tombent » ensemble. Car ils se complétaient (en tant que cool media : cf. McLuhan) tandis qu’aujourd’hui internet les remplace.

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Je suis pour le cannabis « récréatif » et contre la prescription de cannabis « médical » : pas de Nurse Ratched, s’il vous plaît. D’ailleurs, je suis contre le terme de cannabis « récréatif ». On ne parle pas de cour de récréation (où rôdent les « pions »). Je suggère plutôt cannabis « philosophique ». Et d’abord un État laïque aurait dû autoriser le cannabis rituel pour les Rastafariens il y a longtemps : les Rastas sont discriminés. Aux États-Unis, le peyote est légalisé depuis longtemps pour la Native American Church (Amérindiens).

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Hallucinante fréquence à laquelle, dans les questions de réforme de l’État et des institutions, dans des livres savants, même récents, le caractère latin de la France et des Français est invoqué comme facteur explicatif et même prescriptif. Les auteurs ne voient-ils pas l’implication raciste ? Surtout, ne voient-ils pas que ce caractère latin, dont ils ne disent à peu près rien de concret, est comme le phlogistique de la vieille chimie ou comme la « vertu dormitive » de l’opium ? Un exemple en science politique : Maurice Duverger. En sciences du droit : Michèle-Laure Rassat.

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ACTE XIII

Audiences en chute libre : la diffusion du Grand Débat arrêtée (Valeurs actuelles)

Audience Macron Grand Débat « en chute libre ». S’il était bon dans cet exercice, comme certains l’ont dit, son audience n’eût-elle pas dû augmenter ? Les gens ont voulu voir, ils ont vu, ils ne sont pas revenus. Veni vidi cassos…

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J’ai suivi pour vous la danse du dragon chinois Gilet Jaune de l’Acte XIII. Une coutume que l’on retrouve aussi en Indonésie : c’est le barong, barong ket ou barong keket de Bali.

Ici le barong fait sa danse devant la foule en délire.

Là, belle prise de vue du barong keket sur les Champs-Élysées.

Là, le barong keket Gilet Jaune continue sa danse contre la reine des démons Rangda 👹 aux abords de l’Assemblée nationale, tandis que des manifestants l’accompagnent en frappant sur des palissades comme sur des tambours.

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The Gilets Jaunes Roleplay #ActeXIII/#Acte13 de la campagne Ruissellement-Dissolution présente FDO Force Des Orques

« Et maintenant dissolution par ruissellement d’acide »

[En travaillant sur le coup de l’inspiration à ce détournement de photo, j’ai malheureusement coupé l’image trop court et on ne voit pas le gilet jaune de la jeune femme brutalisée, gisant sur le trottoir à quelques pas de là comme une loque abandonnée, beau symbole mélancolique.]

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Un ministre sur BFM-TV : « Je ne vois pas les revendications des Gilets Jaunes. » Pour qu’un ministre ne soit pas aveugle, il faudrait qu’un gouvernement soit autre chose qu’une bureaucratie. « On ne peut pas réduire l’aliénation de 3 % par an. » (Castoriadis)

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N’essayez pas de faire passer la moindre suspicion envers le gouvernement, qui dirige des services secrets hors de tout contrôle démocratique, pour du « complotisme ». Et je dirai même : tant que tout n’est pas transparent dans l’exercice du pouvoir, le complotisme est justifié. Un gouvernement qui ne voudrait pas être transparent sur tout et qui voudrait en même temps réprimer tout ce qu’il appellera du complotisme est une tyrannie qui doit être renversée, balayée par le peuple.

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Qu’Antifa soient des « idiots utiles du système » est vrai principalement du point de vue révolutionnaire. L’antifascisme est « un piège utilisé par la bourgeoisie pour détourner les prolétaires de leur véritable lutte : la lutte de classe. » Wkpd article « bordiguisme » (Amadeo Bordiga)

Poésie amérindienne du Nord-Ouest du Mexique et d’Arizona

Complétant mes traductions depuis l’espagnol de poésie amérindienne trouvée dans l’anthologie de poésie primitive (Antología de poesía primitiva) d’Ernesto Cardenal (x), voici des textes tirés de Los testimonios de la llamarada: Cantos y poemas del Noroeste de México y de Arizona (Fondo estatal para la cultura y las artes de Sonora, 1997), une anthologie réunie par Alonso Vidal (Les témoignages de la flamme : Chants et poèmes du Nord-Ouest du Mexique et d’Arizona).

La poésie ici traduite en français est celle de certaines ethnies de cette région d’Amérique du Nord qui, bien que séparée par une frontière entre deux États-nations (et, demain, par un mur qui empêchera les mouvements traditionnels des Indiens de part et d’autre de la frontière, ce dont ils se plaignent amèrement dans l’indifférence), constitue une unité territoriale pour plusieurs de ces ethnies encore parfois semi-nomades.

Ces Amérindiens sont les Yuma, les Pápago, les Seri, les Pima, les Guarijío, les Yaqui, les Mayo, les Tarahumara et les Apaches.

J’ai retrouvé dans le présent recueil plusieurs poèmes de l’anthologie de Cardenal, dont certains que j’ai déjà traduits. Je note au passage qu’il arrive que l’un impute tel poème à telle ethnie et l’autre à telle autre. Par exemple, le poème apache que j’ai traduit dans Cardenal est ici un poème pápago. Un autre poème est pápago chez Vidal (p. 44 mi corazón se enciende) et pima chez Cardenal. Par ailleurs, chez Vidal, un même poème est à la fois seri (68-9) et yaqui (111-2) et un autre à la fois pima (91) et mayo (133). Il existe sans doute une certaine porosité entre ces groupes aux territoires voisins.

Enfin, là où Cardenal a présenté des poèmes apaches et, sous une rubrique différente, des poèmes chippewas, navajos, etc., Vidal explique que ces différents groupes appartiennent tous à la race apache. Mais Cardenal a dit lui-même qu’il faisait œuvre de poésie et non d’ethnologue.

2019 est l’année internationale des langues autochtones (Unesco) et c’est un honneur de contribuer, par mes traductions via l’espagnol, à faire connaître la poésie produite en Amérique dans plusieurs de ces langues autochtones, nahuatl (x, xx, xxx, xxxx), quechua (x, xx), shuar (x), guarani (x), langues d’Amérique du Nord, demain maya (poésie maya contemporaine : à suivre), que ce soit la littérature orale traditionnelle recueillie par les ethnologues ou la littérature contemporaine d’écrivains d’origine amérindienne et biculturels, la «oraliteratura», terme forgé par le Colombien Fredy Chikangana pour désigner la littérature écrite en langues autochtones qui s’enracine dans la littérature orale de ces langues et a pris son essor dans les années quatre-vingt-dix du vingtième siècle, donc tout récemment. «Lo oraliterario» a déjà produit une poésie digne d’éloges à laquelle je continuerai de rendre hommage en la donnant à lire sur ce blog au public francophone (via l’espagnol).

Dans l’anthologie de Vidal, quelques textes, peu nombreux, ont un nom d’auteur et font donc partie de cet univers oraliterario contemporain, mais je ne les ai pas retenus ici. À ce sujet, je tiens à dire de manière générale qu’il y a parfois des poèmes que je voudrais traduire mais où je dois renoncer en raison de difficultés de compréhension ou de traduction sur tel ou tel passage (je travaille sans l’aide de personne). Ainsi, quand je ne retiens pas des textes ou des auteurs dans les recueils sur lesquels je travaille, ce n’est pas forcément que ces textes ou ces auteurs me plaisent moins.

Les poèmes suivants sont, comme dans l’anthologie d’Ernesto Cardenal, des poèmes de littérature orale. Dans l’un d’eux, il est question de la télévision : c’est que la littérature orale peut être contemporaine, à côté même de l’« oralittérature » contemporaine. Je sais, c’est compliqué…

*

Yuma
(Basse-Californie)

Chansons pour la danse du cerf

La danse de la libellule

La libellule danse sur l’eau. Elle plonge sa queue dans l’eau, de haut en bas, dans le miroir de l’eau.

Chanson du coyote

Le coyote jappe et virevolte. Il remue la terre de ses pattes, fait de la poussière. Magie : la poussière et la terre se changent en arc-en-ciel et en étoiles.

Les paroles de l’oiseau cardinal

On demanda au cardinal de chanter. Il ne voulut pas provoquer d’incendies. Il parla seulement de sa liberté, de sa vie sans entraves au milieu des nuages et des vents. Il dit qu’une fois il rêva de certaines danses, mais ajouta que pour lui le rêve était la meilleure des danses.

*

Pápago
(Sonora)

À l’homme qui souhaite le bâton de commandement

Nul en ce monde n’a le droit de modifier le cours des rivières.

Un gouvernement est comme le froid ou la chaleur, chacun le ressent.

Le bâton de commandement que nous te donnons est une torche ; si tu le gardes trop longtemps, il te brûlera les mains.

Quand tu gouvernes les hommes, sache que comme le désert les hommes seront toujours là.

Si tu chasses, tue seulement ce qui est nécessaire à ta famille.

Quand tu voyages, rends-toi compte qu’il y a des sahuaros, grands cactus, et que la pitaya se confond avec la sinta.

Un homme éclairé sait que les mesquites ne donnent pas tous des fruits doux.

Tu es un homme qui sera au-dessus des hommes.

Ta maison n’aura pas de porte et le chemin ira en s’élargissant vers tes arbres.

Tu feras preuve de patience car tout le monde ici prendra l’eau de ta citerne.

Quand tu as le bâton de commandement, c’est toi que frappe le soleil.

*

Mes mains seront comme des rivières
dans tes cheveux.
Mes seins comme des oranges mûres.
Mon ventre un comal chaud pour ta virilité.
Mes jambes et mes bras seront comme des portes,
comme des escales pour tes tempêtes.
Mes cheveux comme du coton en branche.
Mon corps tout entier sera un hamac pour le tien,
et mon esprit ton amphore,
ta vallée.

*

Les saules blancs
et les blancs chardons
ont eux aussi le cœur bleu
comme la pulpe juteuse
du cactus.

*

Dans le sillon
au bord du champ,
le maïs pousse bien vert,
bien vert.
Je voyais les épis de maïs
ondoyer dans le vent
et me mis à siffler doucement de joie.

*

Le soir s’empourpre.
Au-dessus de moi la couleur se répand
dans toutes les directions.
Je surgis à tire-d’aile et lui adresse mon chant
quatre fois.

*

Seri
(Sonora)

Note. Le dictionnaire d’américanismes en trois volumes du Mexicain Francisco Santamaría (Diccionario de americanismos, México D.F., 1942), dont je me suis servi pour ma série linguistique d’« Americanismos », dit des Seri (Conca’ac, Kunkaak) des choses assez extraordinaires : « Ils forment une tribu sauvage qui a été peu étudiée. Par leurs caractères ethniques, leurs coutumes, leur langage, ils ne ressemblent à aucune autre tribu américaine. Ils sont regardés comme les hommes les plus sauvages du continent, absolument réfractaires à la civilisation. … Les Seris sont de très haute taille ; la taille moyenne est de 1,82 m pour les hommes et 1,72 m pour les femmes, de sorte qu’ils peuvent être considérés comme les individus les plus grands de l’espèce humaine. … Ils sont d’une force herculéenne et si rapides à la course que leur vitesse dépasse de beaucoup celle du cheval [!], de façon que c’est pour eux chose aisée que de poursuivre et de chasser les cerfs, sans armess d’aucune sorte, ainsi que les lièvres. … Ils ne cuisent pas leurs aliments ; ils aiment attraper les animaux vivants, cerfs, chevaux, pélicans, tortues, etc., et leur ouvrir le ventre et le col, buvant leur sang et mangeant leurs entrailles encore palpitantes. Ils conservent les carcasses des animaux plusieurs jours et continuent d’en manger même quand elles commencent à se décomposer. … On considère que les Seris ont réalisé un exemple notable d’eugénisme collectif (estirpicultura) parce qu’ils ne se mêlent à aucune autre race et qu’au moyen de la sélection ils se sont améliorés physiquement. Cette sélection est en partie naturelle, car le milieu dans lequel ils vivent est probablement l’un des plus inhospitaliers de la terre, impropre à la moindre culture, et où une race moins forte aurait il y a longtemps péri. Mais elle est aussi, pour partie, artificielle, car les Seris sacrifient les infirmes et abandonnent les vieillards. » (Le passage original peut être lu ici.)

Cinquante-cinq ans plus tard, Alonso Vidal confirme les particularités physiques des Seri mais relève une certaine dégénérescence du type (p. 53, ma traduction) : « Physiquement, les Seri diffèrent de tous les indigènes mésoaméricains par leur grande taille, leurs traits du visage très fins, le visage long, les pommettes saillantes, le nez droit et les lèvres minces. Le passage d’un mode de vie nomade à un mode de vie semi-sédentaire a eu pour conséquence, à la suite du changement des habitudes alimentaires ainsi que d’autres facteurs externes comme, malheureusement, la consommation d’alcool et de marijuana, que cette population a commencé à perdre ses caractères physiques distinctifs. »

Jeunes femmes Seri

Chanson de la mer

Le vent souffle et vient sur moi,
souffle de toutes parts,
souffle partout.

Le vent souffle et vient sur moi,
tourbillonne avec force.
Mes vagues emportent de grandes algues
jusqu’à la plage.

Le vent souffle et vient sur moi,
mes vagues jettent des coquillages
et des conques sur la plage.
Comme une dune de sable
conques et coquillages s’amoncellent.

Quand le vent ne souffle pas,
je ne pousse pas de vagues,
je suis calme et lisse.
La nuit, le vent souffle,
c’est seulement une brise légère.
La mer est calme.

Le jour, le vent souffle,
tourbillonne avec force,
alors la mer s’agite.

Au petit matin,
seule souffle une brise légère.
La mer est calme.

Au mitan du jour, la tortue de mer
flotte sur l’eau,
nage la tête hors de l’eau.
Mais encore, au mitan du jour,
le vent souffle,
tourbillonne avec force,
la tortue de mer replonge dans l’eau.

Pendant une semaine, le vent ne souffle pas,
la mer est calme.
Les baleines et les dauphins,
les tortues de mer et les poissons
sont contents,
ils flottent sur l’eau, flottent
la tête hors de l’eau.

*

Chanson pour guérir

Ndt. Les chants de guérison (cantos curativos) seri ont fait l’objet de diverses études musicologiques et ethnographiques.

Le ciel s’approche,
descend jusqu’au malade,
et toutes les forces
du firmament aident
à sa guérison
s’il parvient à se lever.
S’il ne se lève pas,
il meurt.

*

Chanson de la mort

Quel beau chemin
suit le défunt Seri,
qu’il a trouvé dans le ciel :
il est parti en dansant.

*

La lagune chante

Je donne à tous leur image comme un miroir,
je les dessine. Toutes les couleurs sont en moi
et tous ceux qui passent par ici,
je les reflète.

Quand la pluie tombe,
le fleuve ne cesse de gonfler, déborde,
les vipères virevoltent dans ses torrents.

Les souris et les tuzas
semblent perdues dans la mer.
La tuza pleure : caaa-caa,
quand elle se voit en pleine mer.

La mer saute comme un fleuve vers le nord,
déborde jusqu’aux dunes,
alors les poissons meurent calcinés par le soleil.

Le sable absorbe et engloutit les eaux
quand les baleines s’approchent du rivage.
Certaines sont de plusieurs couleurs, d’autres noires,
si nombreuses qu’on dirait des sardines.

La tortue de mer ne peut nager,
elle barbote dans la boue,
elle fait un essai,
la tête tendue
elle semble demander de l’aide,
coincée dans la flaque.

*

L’île

Regarde-moi danser,
je suis énorme et lourde
mais je peux danser.

Regarde les pans de ma robe
qui ondoient de-ci de-là,
de-ci de-là :
ce sont les vagues de la mer
sur mes plages.

*

Chanson de la grande montagne

Triste,
je suis triste
car la pluie n’est pas venue.

Tous mes arbres et mes herbes et mes fleurs
se meurent.

Je suis triste
car il ne pleut pas,
tellement triste.
Beaucoup de fleurs et d’herbes
et d’arbres meurent.

*

Chanson pour la danse du coyote

Le museau contre la terre,
le coyote chante sa chanson,
il tourne et tourne
quand il a faim,
il scrute le paysage,
danse, saute, crie.

Après avoir crié,
il ingurgite son chant et s’en rassasie ;
d’un coup il calme sa faim.

Quand le coyote a mangé,
il saute heureux et content,
il danse, il chante, il crie de joie.

Le coyote cherche, cherche
un lièvre quand il a faim ;
puis il saute, danse, crie, chante
parce qu’il a mangé un lièvre.

Parfois,
quand le coyote ne trouve pas de lièvre,
il erre sur la plage,
cherchant une caouanne morte,
il marche, marche, se fatigue,
va loin
mais ne trouve aucune caouanne morte.

Alors le coyote cherche des crabes
hors de leur trou. Il n’en trouve pas.
Ingénieux, il s’approche du tourbillon de sable de la grotte,
flaire mais tchak ! – par surprise – un crabe
lui referme sa pince sur le museau
et le coyote saute sans danser ni chanter
mais en criant et tournoyant sur le sable.

Le crabe s’accroche au museau
tandis que hurle le coyote
qui ne peut s’en débarrasser.

Le coyote erre sur la plage.
Au bord de la mer,
près de quelques rochers,
il trouve un poulpe et le mord
mais la pieuvre
lui jette ses bras autour de la tête.
Le coyote ne peut s’échapper.

Exténué, le coyote s’éloigne,
il va jusqu’aux montagnes
où frappe un soleil de plomb,
le soleil qui tue les tempêtes,
là-haut il rit.
Le coyote tombe à terre
et rêve qu’il se mange lui-même.

Le coyote chante à la couleuvre
mais celle-ci ne s’arrête pas,
elle fuit
et il ne parvient pas à l’attraper.

Il reste là, à chanter.

*

Chanson du vieux coyote

Au clair de lune
le coyote est joyeux.
Par un long hurlement il chante
à la lune en dansant.

Même ainsi
le pigeon peut, mieux que lui,
se trémousser, sauter, danser
au clair de lune.

Si le vieux coyote
sautait de manière semblable au vol
de l’oiseau,
il irait loin, dansant.

*

Pima
(Sonora)

Soif de lumière

Sous le mahonia jaune,
la fleur du cassier
fait mes seins lait et baume.

Je chanterai mon chant
de pétales parfumés
pour étancher ta soif de lumière,
petit faon.

*

Guarijío
(Sonora)

L’iguane

L’iguane vient en bondissant,
il bondit, bondit
entre les pierres
du ruisseau.

L’iguane vient en cabriolant,
il cabriole, cabriole
entre les maisons
des Guarijío.

*

Yaqui
(Sonora)

Les bois du cerf

Quel bonheur d’être cerf !

Joyeux, je vais par les collines,
trottant parmi tant de fleurs,
tant d’épines.

Et mes bois, blancs de lune,
se dressent au vent dans l’attente du soleil.

*

Le flamboyant [arbre] (Tabachín)

Nous vîmes cette fleur
alors que nous cherchions
une autre fleur.
C’est un arbre qui aime
la lumière du jour.
C’est un arbre
qui plaît
à la pluie solitaire.

*

Mon âne et moi

Buruta ne kabaeka
mechau nee siika
lauti ne weyeka
jiba ne mechau
ne yeebijnee.

Monté sur mon âne,
je vais à la lune,
lentement,
toujours vers la lune.

Neechi into buruta
televisonpo e nee
Bitnee.

Mon âne et moi,
tu ne nous verras pas
à la télé.

*

Mayo
(Sonora-Sinaloa)

Le colibri (La chuparrosa)

Le beau colibri
qui vole et frétille là-bas ;
il bat des ailes pour baiser la blancheur des fleurs
du romerillo, qui se sont ouvertes
près de la rivière.
Le beau colibri
qui veut baiser les fleurs blanches du romerillo.

Ndt. Le romerillo est une asclépiade.

*

Cocon de papillon

Suspendu à une branche,
le cocon blanc
dodeline au rythme du vent
dans le bois,
tandis que sur une autre branche
dodelinent les fleurs.

*

Fleur de garambullo

Ndt. Le garambullo est un cactus également connu en français sous le nom de chandelle bleue. Ses fleurs sont jaunes.

Petite fleur de garambullo,
jaune comme l’or,
tu te reflètes dans les yeux
de la fille que j’aime.
Petite fleur jaune
de garambullo.

*

Femmes d’hier

Nées avec leurs racines
attachées à la terre,
au cactus et au palo-verde,
elles grandirent parmi la rosée
de l’herbe et le parfum
du sanjuanico en fleur.

Leurs corps bronzés
se sont dressés, et folâtres
elles peignirent leurs noires chevelures
avec de jaunes peignes d’épines.

Comme des palmiers bercés par le vent,
leurs belles robes ondoyaient
et un dimanche de fête
la lune fit son nid sur leur ventre.

Femmes d’hier,
joie de pitayas
sur les sourires rouges,
brodant de midis leurs chemises
et tissant des arcs-en-ciel de laine pour leurs nids
avec l’odeur de l’atole de fruits de pitaya
qui restait des heures et la colombe
qui chantait nichée dans les branches.

*

Et Zenona ne pleura point

Zenona, quand je mourrai,
ne verse pas de larmes,
car je veux aller sans délai
au ciel et si tu pleures
tes larmes mouilleront
les ailes de ma petite colombe
quand elle sortira par ma bouche
et l’oiseau tombera
à terre.
Aussi, femme,
quand je mourrai ne pleure pas,
ne verse pas une larme.

Et Zenona ne pleura point.

*

Tarahumara
(Chihuahua)

L’ara [perroquet] (La guacamaya)

La pitaya est mûre,
il faut la cueillir.
Assez des bambous.
Je viens des terres
du sud manger
les fruits convoités,
les premiers.
Je viens de loin
pour les manger.
Tu veux m’en priver ?
Elles sont à moi,
je les mange
et jette la peau.
Quand je suis rassasié,
je m’en vais sans plus
en chantant.
Reste
où tu es,
petite pitaya,
tandis que je vole.
Je reviens,
je reviens
picoter
ton fruit mûr.

*

On entend

On entend
sur le tronc du sapin
la longue colonne
des fourmis noires.

Elles montent et descendent,
cherchent la sève sucrée
qui dégouline
de la blessure
laissée par la hache.

*

Chantons

Chantons tous ensemble, nous les braves,
nous les Tarahumara,
contre les riches chantons :
ils vont mourir, ils vont mourir !

Chantons avec plus de force,
avec colère entonnons le chant
contre les riches :
ils vont mourir, ils vont mourir !

*

Apaches
(Arizona)

Navajo

Le cheval bleu

Comme il hennit joyeusement !
Écoute comme hennit joyeusement
le cheval bleu du dieu Soleil !
Debout sur des peaux précieuses,
comme il hennit joyeusement !
Là-bas il se nourrit de pétales
de fleurs nouvelles :
comme il hennit joyeusement !
Là-bas il soulève une poussière
d’étoiles :
comme il hennit joyeusement !
Entièrement caché par la brume
de pollens sacrés :
comme il hennit joyeusement !
Là-bas sa postérité
se multiplie éternellement :
comme il hennit joyeusement !

*

Le voyage des jumeaux au soleil

Begochiddy, le dieu navajo de la création, un jour engagea deux jumeaux qui étaient à la chasse. Il leur dit qu’ils étaient les fils du soleil et qu’ils devaient rendre visite à leur père. Puis il leur donna un rayon de lumière et un arc-en-ciel pour entreprendre le long voyage jusqu’au firmament, et il leur dit de ne rapporter de tous les présents que leur offrirait leur père que l’armure de silex, les flèches d’éclair, la dague de pierre, des cyclones et des giboulées, et une baguette de feu magique. Sur le rayon de lumière et l’arc-en-ciel, les jumeaux traversèrent des précipices et des fleuves profonds, des montagnes aux sommets perdus dans les nuages. Ils passèrent l’Aurore, les Reflets du Crépuscule, le Coucher de Soleil et l’Obscurité, et parvinrent à la Demeure Turquoise habitée par l’esprit du soleil et d’autres êtres des cieux ainsi que leur messager, la Libellule. Pour s’assurer qu’ils étaient bien ses fils, le soleil soumit les jumeaux aux plus dures épreuves, les jetant sur des piques d’obsidienne, les ébouillantant avec de la vapeur et les livrant à la fureur des éléments et au froid glacial de la nuit. Reconnus par leur père après avoir triomphé de ces terribles tourments, les jumeaux retournèrent à la terre sur le rayon de lumière et l’arc-en-ciel, emportant les armes magiques avec lesquelles ils tuèrent les ennemis de l’homme.

*

Pinaleño

Désert

Ton silence
est le silence
du silence…

*

Mimbreño

Soir

Donne-moi la main
pour monter
sur le nuage
où un jour
je suis allé.

*

Gileño

Vent

Donne-moi ta voix,
celle que j’entends.
Mais donne-moi
aussi
ton silence.

*

Tonto

Pluie

Quand tu mourras,
la terre entière
mourra.
Parce que
tu la portes sur ton dos.

*

Pawnees

Les Pléiades

Regarde comme elles montent, comme elles montent
au-dessus de la ligne où le ciel se joint à la terre,
les Pléiades !
Ah ! dans leur ascension, elles viennent pour nous guider,
veiller sur nous, pour que nous soyons un :
Pléiades,
enseignez-nous à être avec vous réunis.