Tagged: Pactum turpe

Law 22: Pacta turpia are not speech

PDF (includes the main entry and the 3 Dec 2021 ‘comments’ below that continue it) (March 11, 2022):

I

It is my understanding that many people, perhaps most or even all people, in America and the world at large have the notion that pornography is legal in the United States. (Pornography today is above all filmed and/or photographed pornography with real performers.)

The opinion may have arisen quite naturally from a host of conspicuous facts, such as that performers in those productions are invited on TV and radio shows, have books written under their names, and engage in various other activities derived from their pornography performer status.

Yet, as far as filmed or photographed pornography is concerned, it is illegal in all states except Nevada, to the best of my knowledge and understanding of American law.

Indeed, this seems to be the necessary corollary of two sets of positive law.

First, prostitution is illegal in all states except Nevada.

Second, the U.S. Supreme Court has ruled that child pornography is not protected by the First Amendment because its content, namely “sexual exploitation of children,” is illegal: New York v. Ferber, 1982.

The Court talks of a “compelling interest” in preventing the sexual exploitation of children. Clearly all that is a crime is so defined –a crime– by law because there is a compelling interest in preventing it.

Therefore, filmed pornography cannot be a constitutionally protected right where its content, namely prostitution, is illegal, that is, in all states except Nevada. As a consequence, any statute dealing with obscenity is valid against filmed pornography even without looking for the outcome of a pruriency test adopted by the U.S. Supreme Court when dealing with obscene contents (so-called Miller test). This kind of test, when applicable, is limited to writings, drawings, computer-generated imagery, even the most realistic, and such like.

I believe all states have the statutes. Even if they might be reluctant to enforce them under the notion that they should apply some kind of test and are not quite sure of the result, I deem as sufficiently demonstrated that no test is to apply with filmed pornography: By virtue of Ferber, filmed pornography is a prima facie breach of the law in all states where prostitution is illegal, because it is nothing but filmed prostitution.

Even if there existed no such local or state laws at all, I wonder what prevents federal authorities from prosecuting filmed pornography under the federal law on obscenity, for a cause of action seems obvious anywhere pornography is made of illegal prostitution. In other words, the authorities do not have to prove that filmed pornography is obscene even when they enforce an obscenity statute.

All this may be rather intricate but I believe it is because judges and legislators have missed one fundamental principle, which may be encapsulated in few words:

PACTA TURPIA ARE NOT SPEECH.

Acknowledgement of the principle would have prevented muddling of the discussion by those who make out pacta turpia (plural of pactum turpe or meretricious contract) as works of imagination and art. While the jurisprudence on obscenity has focused on the words of poets or would-be poets, it consistently ignored that the bulk of obscene material has become filmed prostitution with real people and that the issue therefore is quite remote from the potentially damaging effects of imagination.

II

Is the reasoning applicable to sex tapes, two or more people who would agree to film a sexual intercourse and distribute the video without compensation, for the fun of it? At least there is no pactum, no covenant, no contract in that case? There would be no financial covenant but a covenant still. Be that as it may, the authorities have ample evidence, from the buzz those people make and to which I already alluded, that they are sex workers, prostitutes, and they can act accordingly, against the performers and above all against their pimps.

That would be relevant given the fact with which I began this short essay, namely that most people think staged pornography is legal, although the average person may well be cognizant of the fact that prostitution is not legal while realizing at the same time that both are the same.

Pensées V

La plupart des sociologues font de la science comme les journalistes font de l’information : avec force protestations d’objectivité. Certains n’ont même produit autre chose qu’une longue profession de foi à la gloire de l’objectivité scientifique ; quand on cherche ce qu’ils ont bien pu dire avec tant d’objectivité, on ne trouve rien – ou alors un pamphlet.

Le sens de la causalité dans la conversion hystérique. Selon la psychanalyse, l’hystérique inscrit dans son corps la métaphore langagière. Par exemple, « me voilà obligée d’avaler ça » se traduit, hystériquement, par « une aura hystérique dans la gorge ». Il faut se demander si la métaphore (« avaler ça ») n’est pas née de phénomènes physiologiques réellement éprouvés dans le cadre des interactions humaines. Il est possible que les métaphores de ce genre, nombreuses, renvoient à une communication beaucoup plus somatisée, par le biais de la suggestibilité, que ce que notre savoir en dit, que ces métaphores décrivent au fond des relations de suggestion, des phénomènes que la superstition décrivait sous le nom de « mauvais œil » et autres. (Voir ici ma traduction du texte « Les Procès de sorcières » de Strindberg.)

Qui lit de la littérature, en dehors des écoliers ? Je veux dire, qui a le temps de lire de la littérature ? Avant la révolution bourgeoise, les nobles avaient le temps. Après la révolution bourgeoise, les femmes avaient le temps : la littérature était écrite pour elles. Mais aujourd’hui ? Les gens qui savent lire n’ont ordinairement pas le temps de lire. Aujourd’hui, on écrit des romans pour les vieillards.

Le problème du mysticisme, c’est qu’il peut conduire loin dans le monde : une situation fatale au penseur.

Je crois comprendre que ceux qui dénoncent le puritanisme sexuel du passé sont en même temps convaincus que l’aventurisme sexuel est beaucoup moins répandu de nos jours.

Castes. L’insistance sur la pureté dans le système des castes tient sans doute au fait que l’invasion aryenne depuis le Caucase (vers 1 500 avant J.-C.) fit passer l’envahisseur d’un milieu sec à un milieu plus humide, où les bactéries prolifèrent plus rapidement. La barrière raciale devait avoir un caractère hygiénique, visant à prévenir les contagions. Le sud de l’Inde, plus humide, est aussi plus rigoureux dans l’exclusivisme des castes que le nord : on n’y accepte jamais d’eau ou d’aliments des mains d’un membre d’une caste inférieure. Les Indiens d’Amérique ont été décimés par les maladies de l’homme blanc, contre lesquelles ils n’avaient pas de  défenses immunitaires. Un tel risque a nécessairement toujours existé dans le cas de grandes invasions depuis des milieux différents.

Si Schopenhauer a raison sur le mariage, notre ère féministe est celle qui a réalisé la débâcle des femmes, l’anéantissement de tous leurs plans, le complet écrasement du principe féminin – par l’action d’œstrotypes/hormotypes asexués.

Il est impropre d’appeler féminisme le mouvement tendant à gommer les différences sexuelles, et il est erroné de penser que la nature s’oppose à un tel mouvement. Des hormotypes à peine distincts sexuellement peuvent parfaitement se fixer dans une population (devenir le type normal) ; c’est tout à fait concevable, c’est même sans doute ce vers quoi nous tendons, pour le plus grand bien « moral » de l’humanité – si l’on peut encore parler en termes moraux d’une espèce qui a évolué au point d’extinction des passions, en particulier amoristiques.

Le prestataire en marketing politique travaille à « extravertir » son client en vue de lui faire remporter une élection, le client étant en règle générale un bureaucrate introverti ou, pour parler péjorativement, un crâne d’œuf, homme ou femme. Il s’agit de rendre crédibles des hormotypes asexués en tant qu’incarnations de valeurs sexuelles prestigieuses aux yeux d’un électorat primitif. Ensuite, la victoire aux élections représente un véritable shoot hormonal (on connaît les relations des interactions sociales avec la balance hormonale), en l’occurrence un shoot à la testostérone (y compris pour les femmes : la « battante », dans tous les milieux, est saturée en testostérone, ce qui va de pair avec un grand appétit sexuel et me fait penser que la battante est aussi la femme facile). En d’autres termes, le crâne d’œuf, homme ou femme, acquiert véritablement, avec la victoire aux élections et l’exercice du pouvoir, les qualités sexuelles qui lui faisaient défaut, et sans doute aussi les notions primitives qui vont avec.

Dans la mesure où l’on vote pour des idées, pourquoi élit-on des hommes ? Il suffirait que le programme soit appliqué par l’administration, neutre et impartiale par définition. Dans tous les cas, l’élu ne se substitue pas à l’administration. Ce n’est pas un métier (M. Weber parlait des élus comme de « nebenberufliche Politiker »). Il est temps que l’homme politique, et même que l’homme d’État, disparaissent : il n’est plus permis au pouvoir de s’incarner.

Un hommage bureaucratique. Contrairement à ce que prédisent les théoriciens des organisations, esprits chagrins, c’était un directeur irremplaçable. Comme tous nos directeurs.

Les dividendes aujourd’hui demandés par les « actionnaires », si décriés, ne reviennent pas tant à des personnes physiques qu’à des organisations (fonds de pension et autres) gérées par une technostructure et pour lesquelles ces dividendes s’intègrent dans une comptabilité planifiée. Le management lui-même s’automatise, pour devenir plus rationnel et plus stable (par définition, une organisation est un algorithme : une routine) ; la présence d’hommes ne devrait bientôt plus y être requise, pas plus qu’elle ne l’est sur une chaîne de montage robotisée. Je prévois une contraction toujours plus importante des postes d’encadrement (qui ne soient pas du make-work ou du make-believe).

Je prévois également la fin des emplois de caissiers et caissières, à cause des innombrables fois où ma politesse n’a pas été payée de retour. Ou alors il faut se préparer à répondre à des questions du type : « La baguette, avec ou sans le sourire ? » – à tant le sourire.

Sur le Peter Pan de J. M. Barrie. Les temps ont changé ; le Neverland a disparu, et c’est notre propre monde qui est devenu la contrée du make-believe.

Une réflexion kantienne sur le baiser de cinéma (Métaphysique des mœurs). Autrui ne doit pas être considéré comme un moyen pour mes fins, ni aucun de ses organes car l’individu est un tout. Ceci est au fondement de l’illégitimité de tout pactum turpe. Or la différence entre le baiser de cinéma et la prostitution n’est qu’une différence de degré et non de nature : il s’agit d’individus monnayant l’usage de leurs organes en tant que ceux-ci sont érogènes (nonobstant que la finalité se veuille artistique dans un cas). Dans un esprit de conciliation, si l’on reconnaît à cette forme d’expression, le cinéma, le droit de représenter la passion amoureuse, il importe de ne tolérer qu’une seule forme de représentation corporelle de cette passion, celle de l’embrassement, avec ou, de préférence, sans baiser, et immobile. Cette représentation conventionnelle est la seule qui soit respectueuse de la dignité humaine dans les acteurs qui se prêtent à de tels rôles. Cette analyse n’a d’ailleurs rien d’original, et l’embrassement immobile a été la règle au théâtre et au cinéma par le passé.

La publicité commerciale est trop souvent une insulte à la disposition morale de l’humanité, et en même temps trop omniprésente dans la société, pour ne pas conclure en défaveur du système qui prétend requérir une telle situation.

Avril 2014