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Le plus libre est le seul qui le soit

La nation la plus libre du monde
(n’est pas la France et ne l’a jamais été)

« Nous vivons dans la nation la plus grande, la plus libre et la plus prospère du monde, et pourtant trop de nos concitoyens ne croient pas que leur vie ait un sens ou une valeur. »

Cette citation est tirée du livre de George W. Bush, A Charge to Keep (1999), ridiculement traduit en français (à moins qu’il ne s’agisse d’une intention malveillante de ridiculiser l’auteur) Avec l’aide de Dieu.

La première partie de la citation est tout ce qu’il y a de plus vrai : les États-Unis d’Amérique sont la nation la plus grande, la plus libre et la plus prospère du monde. Ce pays doit selon moi sa grandeur suprême à son éminente liberté, et principalement à son droit du Premier Amendement relatif à la liberté d’expression. C’est le seul pays qui ait tiré, et ce très tôt dans son histoire, les conséquences de cette liberté et ne lui oppose pas comme les autres démocraties, ou prétendues telles, de fallacieuses considérations d’ordre public qui ne visent en réalité qu’à protéger les classes dirigeantes de toute forme de véritable contestation.

Les magistrats américains méritent l’hommage du monde entier pour la constance avec laquelle ils défendent l’exception américaine du droit de la liberté d’expression, une exception qui devrait être la règle. Je ne connais pas de libre penseur qui ne soit d’accord avec cela. Je ne connais ici, dans mon pays, que de lâches mercenaires de la plume, qui feraient mieux de la poser une fois pour toutes puisqu’ils se contentent désormais le plus souvent de vitupérer contre des opinions que le juge est de toute façon chargé de réprimer, et il n’a pas besoin d’eux pour le faire ; en voilà qui ne risquent pas d’être contredits (vu, par ailleurs, qu’on parle de moins en moins français dans le monde et que ce déclin doit être vrai aux États-Unis également) ! Je ne discute pas avec ceux qui se réjouissent de voir des opinions condamnées par la justice et se félicitent de ce genre de lois ; je ne veux pas non plus les appeler mes amis, même quand nos convictions seraient les mêmes sur la plupart des sujets importants.

Par la sanctuarisation du Premier Amendement, les juges américains ont fait davantage pour l’émancipation de l’humanité que tous les politiciens des autres démocraties, ou prétendues telles, réunies, et sans doute des politiciens de leur propre nation, puisque cette sanctuarisation qui est leur œuvre s’oppose le plus souvent au vote des législatures des États, qui semblent souffrir autant que dans les autres pays d’une inextinguible soif de répression.

Ces derniers temps, comme une traînée de poudre, comme une épidémie foudroyante, vingt-sept États ont adopté des lois « anti-boycott », forçant leurs fonctionnaires à prêter serment de ne pas boycotter un certain État étranger qui le mérite pourtant compte tenu de son mépris du droit international et des droits de l’homme, l’État sioniste, ou refusant tous contrats publics aux entreprises soutenant un tel boycott. Trois de ces lois ont été déjà déclarées inconstitutionnelles, contraires au Premier Amendement, par le juge américain, et je ne doute pas que c’est le sort réservé aux vingt-quatre autres dans les plus brefs délais.

Également, aujourd’hui même [31 juillet 2019] une cour fédérale américaine vient de rejeter les poursuites à l’encontre de Wikileaks, indiquant que la publication de ces documents est protégée par le Premier Amendement, et ce malgré les infamantes accusations portées par les personnalités les plus influentes et de tous les bords contre cet homme, cet étranger (Julian Assange est citoyen australien), cet « espion » à la solde des forces du mal…

Aucune pression, aucune menace ne semble pouvoir atteindre ces juges incorruptibles animés par la conviction que le Premier Amendement de la Constitution américaine est le bien le plus précieux de l’humanité, et qu’en faire une coquille vide, comme est le droit de la liberté d’expression dans les autres pays, serait une régression vers la barbarie dont l’humanité pourrait ne jamais se relever.

L’énorme poids qui pèse sur leurs épaules ne les rend que plus admirables, que plus augustes et vénérables, le fait qu’ils soient seuls contre tous les autres pouvoirs : pouvoirs des nations étrangères, pour lesquels l’exception américaine sera toujours un affront, comme la vertu est un affront au vice, et pouvoirs constitutionnels des États-Unis eux-mêmes, en proie trop souvent aux convulsions de la démagogie.

The day the First Amendment is an empty shell will have ceased God to bless America. May He prevent such a day from ever happening. And God bless America.

(Pour une présentation plus juridique, voyez mon essai Droit comparé de la liberté d’expression x)

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« Un drogué, apparemment une loque, paraissant n’avoir rien appris (étant incapable de le dire), voit quand même les autres, fussent-ils savants ou grands personnages, comme des étriqués. » (Henri Michaux, Misérable Miracle)

C’est donc sans doute en ce qui concerne les savants et les grands personnages que le drogué est le plus lucide.

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« The Rasta’s motto is ‘Peace and Love’ – this is the manner in wich they greet each other. » (Leonard Barrett Sr, The Rastafarians, 1997)

This very motto being better known as the hippies’, who took it from anti-Vietnam war protest chants in the late sixties, it should be acknowledged that the rastafarians were already using it long before, as they have been an identified group in Jamaica, other Caribbean islands, and the States from the fourties/fifties onwards.

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« Imam [Wallace] Muhammad ‘pointed out that the Constitution of the United States is basically a Qur’anic document. Its principles were presented to the world over 1,400 years ago by the Prophet Muhammad (PBUH). » (Mattias Gardel, Louis Farrakhan and the Nation of Islam, 1996)

God bless America.

Louis Farrakhan and the Nation of Islam Source

ii

Dans la même veine, d’après le Français Christian Cherfils (1858-1926), disciple d’Auguste Comte converti à l’islam, dans son livre Bonaparte et l’Islam d’après les documents français et arabes (1913), le code civil de 1804 ou code Napoléon (qui reste le fondement du droit français à ce jour) serait inspiré de la Charia.

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« Les Croisés ont combattu quelque chose devant quoi il leur aurait mieux convenu de se prosterner dans la poussière – une culture face à laquelle notre dix-neuvième siècle lui-même paraît très indigent, très ‘en retard’. » (Nietzsche, L’Antéchrist) (Die Kreuzritter bekämpften später Etwas, vor dem sich in den Staub zu legen ihnen besser angestanden hätte, – eine Cultur, gegen die sich selbst unser neunzehntes Jahrhundert sehr arm, sehr ‘spät’ vorkommen dürfte.)

Un philosophe que les actuels paladins de la volonté de puissance ne peuvent, on le voit, rien tirer…

(N.B. La traduction française dont je me suis servi (GF Flammarion) écrit « à laquelle notre dix-neuvième lui-même pourrait paraître très indigent » pour « selbst unser neunzehntes Jahrhundert sehr arm, sehr ‘spät’ vorkommen dürfte », en raison de dürfte, mais ce dernier terme a clairement ici le sens emphatique de « à bon droit » plutôt que celui d’une atténuation comme le suggère la timide traduction française, atténuation qui ne peut d’ailleurs nullement se comprendre dans le contexte. C’est d’autant plus regrettable que « lui-même » (selbst) devient alors une forme de compliment, c’est-à-dire quelque chose « notre cher dix-neuvième lui-même pourrait, éventuellement, peut-être, à la rigueur (haussement d’épaules), selon certains (mais qui, au fait ?) paraître indigent », alors que l’expression « lui-même » n’est là que pour indiquer ce que les Occidentaux croient avoir fait de mieux à ce jour. Cette atténuation, cette euphémisation qui tend au contre-sens quasiment volontaire trahit la réticence intellectuelle du traducteur, employé de l’Éducation nationale, devant la pensée intransigeante du philosophe, et son peu de capacité à rendre un esprit fort, massif et franc. Le traducteur introduit de l’ambiguïté où il n’y en a pas et où même il ne peut y en avoir.)

D’autres – pas tout à fait du même acabit – ne pourront guère mieux servir à nos paladins :

« Quand l’Islamisme semble se désagréger au contact des doctrines étrangères, c’est qu’il travaille à se les assimiler, pour se renouveler. On peut prédire à coup sûr d’étranges réveils de la foi musulmane. » (Bernanos, Textes non rassemblés)

Bien vu.

« Quand le catholicisme ne devrait pas reconquérir son hégémonie d’autrefois, il ne serait pas démontré qu’une autre doctrine ne pût rallier les esprits et suggérer une unité de conscience toute nouvelle. Il y aurait l’Islam, si le positivisme n’existait pas. » (Charles Maurras, Quand les Français ne s’aimaient pas, 1916)

Ainsi, le père du « nationalisme intégral » dit que l’Islam pourrait servir à une nouvelle unité de conscience en France ! L’Islam le pourrait « si le positivisme n’existait pas ». Mais le positivisme existe-t-il ? Qui sait ce que c’est ?

Et cette autre alors, non mais c’est incroyable :

« On appelait la France le paradis des femmes, parce qu’elles y jouissaient d’une grande liberté, mais cette liberté même venait de la facilité avec laquelle on se détachait d’elles. Le Turc qui renferme sa femme prouve au moins par là qu’elle est nécessaire à son bonheur : l’homme à bonnes fortunes, tel que le dernier siècle nous en a fourni tant d’exemples, choisit les femmes pour victimes de sa vanité ; et cette vanité ne consiste pas seulement à les séduire, mais à les abandonner. » (Madame de Staël, De l’Allemagne)

Une femme qui préfère le Turc au séducteur français, la moutarde me monte au nez, bougre de bougre !

Et même en Suède :

« Nous avons beaucoup à apprendre d’eux [les Musulmans] : ils n’ont pas honte d’afficher leurs convictions, alors que nous, nous cachons les nôtres. » (Strindberg, Un livre bleu)

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« Nous voyons les grands esprits de tous les temps attacher le plus grand prix au loisir ; car, tant vaut l’homme, tant vaut le loisir. » (Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie)

Mais de petits hommes, politiciens souvent, nous rappellent sans cesse à la « valeur travail ». Alors même que la politique peut difficilement passer pour un « travail », sauf à considérer que discuter au comptoir après le travail, par exemple, est encore du travail.

En outre, on cherche à présent à nous faire passer les politiciens pour des experts. Mais où a-t-on vu que les experts devaient se faire élire au terme de campagnes électorales ?

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Pygmées néolithiques

« À la fin du siècle dernier, on a découvert au Schweizerbild [sic, lisez Schweizersbild], près de Schaffouse, en Suisse, les restes osseux d’hommes de taille minuscule, véritables pygmées de l’âge de la pierre récente. Kollmann, qui les a examinés, considère comme certain que leur nanisme ne peut être attribué à des causes pathologiques. ‘Il est possible, comme le suggère Nüesch, que la légende très répandue relative à l’existence passée de nains et de gnomes, qui hantaient, disait-on, des cavernes ou des retraites cachées dans les montagnes, pourrait être une réminiscence de ces pygmées néolithiques (James Geikie, géologue écossais).’ » (Bernard Heuvelmans, Sur la piste des bêtes ignorées, 1955)

&

« À l’examen des faits, les anthropologues ont acquis depuis de nombreuses années la certitude que les caractéristiques que l’on a toujours prêtées aux elfes proviennent de la mémoire collective plutôt que de l’imagination mythologique. C’est-à-dire que l’elfe, le troll, le gnome, le kobold, le leprechaun, le brownie, le lutin ou le fardadet de la tradition ne sont pas à proprement parler des démons nocturnes de la tradition aryenne mais une synthèse de ce personnage et d’une authentique race d’hommes nains ou pygmées que les Aryens chassèrent à une époque ou à une autre et qu’ils obligèrent à se réfugier dans des retraites souterraines … réduits au troglodytisme … Avec le temps, il est certain que de nombreux Aryens renégats passèrent dans leurs rangs – de la même façon qu’aujourd’hui les hommes adoptent le mode de vie indigène des contrées sauvages qu’ils habitent –, et qu’ils réussirent à inculquer leur répugnant système de culte de la fertilité à une catégorie d’Aryens décadents, donnant ainsi naissance au furtif culte des sorcières » (H.P. Lovecraft, Quelques origines du royaume des fées [Some Backgrounds of Fairyland], 1932)

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Polygamie féministe ?

« Les femmes nordiques n’ont commencé qu’au XVIIIe siècle à prendre le nom de famille de leur mari [elles portaient avant le nom de leur père : -dottir, « fille de », par exemple Jonsdottir]. À ce point de vue, l’héritage des Vikings s’est conservé en Scandinavie dans une large mesure ; aussi lorsqu’eut lieu l’émancipation de la femme au XXe siècle, les femmes nordiques avaient déjà sur les autres une avance considérable. » (Eric Oxenstierna, Les Vikings, 1956)

On voit cependant que les femmes nordiques portaient le nom de leur père et non de leur mère. Par ailleurs, la polygamie était connue des Vikings. Selon certains, elle était limitée aux cercles dynastiques :

« En Scandinavie, la polygamie était un privilège des maisons royales. » (Borges, Essai sur les anciennes littératures germaniques)

Mais selon Carolus Lundius (1638-1715), dans son livre en latin sur Zamolxis et les Gètes (1687), elle était répandue dans toute la population de Scandinavie, sauf en Suède :

« The Scandians, but not the Swedish, yet are not satisfied with one spouse, they being surrounded with many a wife, officially wedded, like in the past, too (see Tacit., De mor. Germ., chap.XVIII) more frequent in the villages than in towns; the Swedish were the single ones to be satisfied with one spouse. … Polygamy is still a habit, especially in villages. » (Traduction Honorius Crisan)

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« A Swede wants to be capable and industrious – and not only in the context of work, since the duktighet [ability, industry, sedulity] ideal encompasses the whole person. The situation is complicated by another notion, namely, that you are nothing by virtue of being an individual. … This cultural trait, called the ‘Law of Jante’ (Jantelagen), is also a significant component in Norwegian and Danish culture. Personal worth is gained not least as a reward for being duktig, industrious, hard-working, but one is admonished not to forget that ‘pride goes before a fall’. Such is the Scandinavian attitude. » (Åke Daun, Swedish Mentality [Svensk mentalitet], 1989)

I should think the ‘cultural trait’ here described is typical smalltown mentality no matter the country. This mentality will always be one of the causes that rush enterprising people into cities, or emigration when a country’s population is so small as to be pervaded by smalltown mentality. Scandinavians who migrated in great numbers to the United States knew of no Jantelag in their new surroundings and adopted as a matter of course the live-and-let-live, flaunt-it, individualistic mindset that has made America the first country in the world.

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Mystère de l’hymen

« Ambroise Paré, Du Laurens, Graaf, Pinæus, Dionis, Mauriceau, Palfyn et plusieurs autres anatomistes aussi fameux … soutiennent au contraire que la membrane de l’hymen n’est qu’une chimère, que cette partie n’est point naturelle aux filles, et ils s’étonnent de ce que les autres en ont parlé comme d’une chose réelle et constante. » (Buffon, Histoire naturelle)

Ces naturalistes éminents sont peut-être excusés par le fait que la membrane de l’hymen n’existe que chez la seule espèce humaine. À quoi s’ajoute que la biologie même la plus récente ne peut fournir aucune explication à l’évolution de cette partie chez notre espèce, et l’avoue. Autrement dit, il existe un mystère de l’hymen ; quand on l’aura percé, quelques corrections majeures sans doute s’ensuivront.

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« La transmission des caractères acquis est contraire aux dogmes actuels. Cependant elle seule peut rendre possible l’évolution » (Alexis Carrel, Jour après jour, 1956)

Je ne me prononce pas sur le fond, simplement Carrel semble justifié quand il parle ainsi de « dogmes », quand il dénonce le dogmatisme de la faculté. Or qui est à l’origine de ce dogmatisme ? Ce n’est certainement pas Darwin, bien que la faculté dise que le darwinisme a invalidé la transmission des caractères acquis théorisée par Cuvier. Ce n’est certainement pas Darwin lui-même puisque :

« Nous devons nous rappeler surtout que des modifications acquises, qui ont continuellement rendu des services dans le passé, ont dû probablement se fixer et devenir héréditaires. … La sélection naturelle a été l’agent principal, bien qu’elle ait été largement aidée par les effets héréditaires de l’habitude, et un peu par l’action directe des conditions ambiantes. » (Darwin, La descendance de l’homme et la sélection sexuelle)

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Il y a dans Un livre bleu de Strindberg un texte intitulé Les Lumières noires (Den svarta upplysningen) qui se conclut ainsi :

« La jeune France est christianisée par les païens, et le dernier apôtre du bon sens paysan [il est indiqué, en note des commentateurs, qu’il s’agit de Zola] se retrouve isolé, comme un vieil épouvantail, persuadé dans son aveuglement satanique d’être le seul homme éclairé au monde. Peut-on espérer que les Lumières noires prendront fin avec lui ? – Espérons-le ! » (Traduction des éditions de L’Herne)

Seulement voilà, le texte original de la dernière phrase est en réalité :

« Hoppas vi att upplysningen är slut med honom? – Ja, vi hoppas. »

C’est-à-dire qu’il n’est pas question, dans la conclusion de ce texte, des « Lumières noires » mais des Lumières. On comprend alors, en suédois, que les Lumières noires et les Lumières, la philosophie des Lumières, ne sont qu’un. Cela ne peut être compris dans la traduction française, fautive, infidèle, que j’ai reproduite, car elle ne parle, faussement, que des « Lumières noires » et non des « Lumières », ce qui fait que le titre reste obscur et n’est pas éclairé par la conclusion. Il s’agit, comme pour la traduction de L’Antéchrist de Nietzsche citée plus haut, d’une révolte du traducteur devant l’évidence. Le traducteur se refuse à suivre le penseur dans une détestation aussi franche et massive des Lumières et il la voile, y mêle sa pusillanimité, sa sournoiserie d’homme « éclairé », et ce faisant la rend impure.

XLI Florilège à charge

J’appelle l’attention des fonctionnaires – les hauts fonctionnaires mais aussi les bas fonctionnaires – de l’Éducation nationale sur ce florilège à charge afin qu’ils retirent sans attendre des programmes scolaires les auteurs cités.

Les citations sont classées dans l’ordre alphabétique du nom des auteurs, et non par thème, afin que même ceux qui ne seraient intéressés que par une seule sorte de préjugé parcourent l’ensemble du florilège et prennent ainsi conscience de l’infamie et de la stupidité d’une grande partie des écrivains et philosophes de l’Occident.

Les préjugés dont témoignent ces citations nauséabondes montrent que les « grands esprits » ne valent rien. La lecture de ces auteurs nuit au conditionnement et à l’ajustement social des jeunes. Une jeune personne passant du temps à les lire est nécessairement mal préparée à la vie dans une société plurielle et harmonieuse.

Toutes sortes de préjugés sont exprimés dans ce florilège, contre la démocratie, le métissage, les femmes, les gays et lesbiennes, les juifs, les noirs, les jaunes, les gens du voyage… Seuls ceux relatifs à l’islam ont été délibérément omis, pour des raisons de sécurité personnelle, mais je peux vous dire qu’ils sont également légion ; vous n’avez qu’à les chercher vous-mêmes.

Ce florilège vous est offert par Funky Pierrot.

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Le petit cri rauque et aigu qui paraît être le fond de la langue arabe (Marcel Aymé, Derrière chez Martin)

Remueur de tout, Napoléon imagina vers cette époque le Grand Sanhédrin : cette assemblée ne lui adjugea pas Jérusalem ; mais, de conséquence en conséquence, elle a fait tomber les finances du monde aux échoppes des Juifs, et produit par là dans l’économie nationale une fatale subversion. (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe)

À Wilna [pendant la retraite de Russie] on ne trouva que des juifs qui jetaient sous les pieds de l’ennemi les malades qu’ils avaient d’abord recueillis par avarice. (Ibid.)

Impuissante comme la mer à prévoir ses agitations, cette nation [la Chine], qui ne se sauve de la destruction que par sa plasticité, montre partout, – comme la nature, – un caractère antique et provisoire, délabré, hasardeux, lacunaire. … L’homme n’a point fait du sol une conquête suivie, un aménagement définitif et raisonné ; la multitude broute par l’herbe. (Paul Claudel, Connaissance de l’Est)

De peur de donner l’éveil sur ses projets, il tourna carrément à droite, enfila jusqu’au bout les arcades Bab-Azoun, où du fond de leurs noires boutiques des nuées de juifs algériens le regardaient passer, embusqués dans un coin comme des araignées. (Alphonse Daudet, Tartarin de Tarascon)

Dans un coin, sous une tente rapetassée de mille couleurs, un greffier maure, avec un grand livre et des lunettes. Ici, un groupe, des cris de rage : c’est un jeu de roulette, installé sur une mesure à blé, et des Kabyles qui s’éventrent autour… Là-bas, des trépignements, une joie, des rires : c’est un marchand juif avec sa mule, qu’on regarde se noyer dans le Chéliff… (Ibid.)

[Au casino] Plus loin, ce sont des tribus de juifs algériens, jouant en famille. Les hommes ont le costume oriental hideusement agrémenté de bas bleus et de casquettes de velours. Les femmes, bouffies et blafardes, se tiennent toutes raides dans leurs étroits plastrons d’or… Groupée autour des tables, tout la tribu piaille, se concerte, compte sur ses doigts et joue peu. De temps en temps seulement, après de longs conciliabules, un vieux patriarche à barbe de Père éternel se détache, et va risquer le douro familial… C’est alors, tant que la partie dure, un scintillement d’yeux hébraïques tournés vers la table, terribles yeux d’aimant noir qui font frétiller les pièces d’or sur le tapis et finissent par les attirer tout doucement comme par un fil. (Ibid.)

Les huit petites Péruviennes avec leur teint de safran, leurs traits en désordre, les rubans vifs de leurs toilettes tranchant sur les tons de lézard des modes anglaises, pauvres petits pays-chauds qu’on se figurait si bien grimaçant, gambadant à la cime des cocotiers et qui, plus encore que les autres victimes, faisaient peine à regarder dans cet état de mutisme et de congélation. (Alphonse Daudet, Tartarin sur les Alpes)

Velu, hirsute, criard, avec sa devise de « Fen dé brut !… faisons du bruit !… » le lieutenant de la milice était tellement du Midi qu’il en était nègre, et nègre pas seulement par la noirceur de la peau et les cheveux crépus, mais aussi par sa lâcheté, son désir de plaire, dansant toujours la bamboula du succès devant le plus fort. (Alphonse Daudet, Port-Tarascon)

Il y avait chez ces juives de Bordeaux une crasseuse rapacité, un amour de l’expédient, qui les faisait rester à la maison des journées entières couvertes de guenilles, en camisoles sur des jupes à volants, aux pieds des vieux souliers de bal, et c’est ainsi que Numa les trouvait le plus souvent, en train de jouer aux cartes et de s’injurier comme dans une voiture de saltimbanques. (Alphonse Daudet, Numa Roumestan)

Ces goûts abominables [l’homosexualité], d’où viennent-ils ? Partout d’une pauvreté d’organisation dans les jeunes gens, et de la corruption de la tête dans les vieillards. De l’attrait de la beauté dans Athènes, de la disette des femmes dans Rome, de la crainte de la vérole à Paris. (Diderot, Le Rêve de d’Alembert)

Il entra. C’était un homme de taille moyenne, aux cheveux, à la barbe et aux yeux noirs, avec quelque chose de youpin (Sheeny) s’agissant du nez. (Arthur Conan Doyle, Les Mémoires de Sherlock Holmes)

[Dans la bouche de Sherlock Holmes, pour dire que la personne est endettée] Il est entre les mains des Juifs. (Arthur Conan Doyle, Les Archives de Sherlock Holmes)

Malone vit ses entrées à Fleet Street bloquées par la rumeur de son indépendance. Sa place au sein de la rédaction fut prise par un jeune juif alcoolique qui se fit immédiatement accepter par une série d’articles hautement caustiques sur les phénomènes psychiques, émaillés d’assurances qu’il abordait le sujet dans un esprit parfaitement ouvert et impartial. (Arthur Conan Doyle, Au pays des brumes)

Quand elles arrivent dans nos villes [les femmes étrangères], avec leurs superbes bagages, les belles à peu près nues sous leur soie ou leur fourrure, les laides portant arrogamment leur laideur comme une beauté parce que c’est une laideur étrangère, c’en est fini, dans l’armée et dans l’art, de la paix des ménages. Car le goût de l’étranger agit plus puissant sur un homme que le goût du foyer. (Jean Giraudoux, Amphitryon 38)

Les Orientaux n’avaient pas leurs pareils pour imaginer des erreurs colossales, des produits du délire de cerveaux malades. (Knut Hamsun, Mystères)

Pour la femme, elle est telle que tous les sages le savaient déjà : pourvue de facultés infiniment médiocres, mais riche d’irresponsabilités, de vanité, de frivolité. Elle a beaucoup de l’enfant, sans rien de son innocence. (Knut Hamsun, Un vagabond joue en sourdine)

Il était ce qu’il avait l’air d’être, un sang-mêlé, sans empreinte forte, ce n’était pas un pur-sang, seulement un mélange, inauthentique, un peu de tout, habile en matières scolaires, mais hors d’état de faire de grandes choses. (Knut Hamsun, Mais la vie continue)

Nous trouvons dans la religion hindoue l’abandon à la sensualité la plus profonde, la plus grossière, même comme culte, et d’autre part la fuite dans l’abstraction la plus haute et la plus vide, par suite, dans la négation pure, le néant – le sublime qui consiste à renoncer à tout le concret. (Hegel, Leçons sur la philosophie de l’histoire : La Philosophie orientale)

La philosophie hindoue est une philosophie dont le fond est essentiellement puéril. Ses abstractions les plus sublimes s’achèvent immédiatement en images des plus matérielles, en comparaisons tirées de la vie ordinaire qui les confirment seules. (Ibid.)

La langue chinoise est si peu précise qu’elle n’a ni préposition, ni désignation des cas, des mots sont mis plutôt les uns à côté des autres. Les déterminations demeurent ainsi dans l’indétermination. (Ibid.)

Les corps privés réguliers, mais illicites, sont ceux dont les membres s’unissent en une seule personne qui les représente, sans aucune autorisation publique du tout. Ce sont les regroupements de mendiants, de voleurs et de gitans formés pour mieux organiser mendicité et vol. (Hobbes, Léviathan)

Les juifs triomphent, groupe avare / Et sans foi (Victor Hugo, Les Châtiments)

Tous sont contents, soudards, francs viveurs, gens dévote … / Grecs, juifs, quiconque a mis sa conscience en vente ; / Quiconque vole et ment cum privilegio (Ibid.)

Et si quelque bandit, corse, juif ou païen, / Vient nous aider avec le parjure à la bouche, / Le sabre aux dents, la torche au poing, sanglant, farouche, / Volant et massacrant, nous lui dirons : C’est bien ! (Ibid.)

Boursier qui tonds le peuple, usurier qui le triches, / Gais soupeurs de Chevet, ventrus, coquins et riches, / Amis de Fould le juif et de Maupas le grec, / Laissez le pauvre en pleurs sous la porte cochère ; / Engraissez-vous, vivez, et faites bonne chère… – / Mangez, moi je préfère, / Probité, ton pain sec. (Ibid.)

Au poëte qu’emporte l’âme, / Qui combat dans leur culte infâme / Les payens comme les hébreux, / Et qui, la tête la première, / Plonge, éperdu, dans la lumière, / À travers leur dieu ténébreux ! (Victor Hugo, L’Art d’être grand-père)

Ces vices contre nature (crimina carnis contra naturam) [l’homosexualité et la bestialité] que l’on qualifie aussi d’innommables, en tant que lésion faite à l’humanité en notre propre personne, aucune restriction ni aucune exception ne saurait les soustraire à une totale réprobation. (Kant, Métaphysique des mœurs)

Comment va-t-on s’y prendre pour punir des crimes qui ne permettent aucune riposte, soit parce que les peines seraient en soi impossibles soit parce qu’elles constitueraient elles-mêmes un crime punissable envers l’humanité en général, comme par exemple dans le cas de viol, dans celui de pédérastie ou de bestialité ? Les deux premiers devraient être punis de castration (ce qu’a subi un eunuque blanc ou noir au sérail), le dernier, d’expulsion à perpétuité de la société civile, car le criminel s’est lui-même rendu indigne de la société humaine. (Ibid.)

Les nègres d’Afrique n’ont par nature aucun sentiment qui s’élève au-dessus du puéril. M. Hume défie qui que ce soit de citer un seul exemple d’un nègre ayant montré du talent et affirme que parmi les centaines de milliers de Noirs que l’on transporte de leur pays dans d’autres, bien qu’un très grand nombre d’entre eux soient mis en liberté, il ne s’en est jamais trouvé un seul qui, soit en art, soit dans les sciences, ou en quelque autre louable qualité, ait joué un grand rôle, alors que parmi les Blancs il en est constamment qui, partis des derniers rangs du peuple, s’élèvent soudain et, grâce à des dons supérieurs, acquièrent de la considération dans le monde. … La religion fétichiste, largement répandue parmi eux, est peut-être une sorte d’idolâtrie qui s’enfonce aussi loin dans la puérilité qu’il semble possible à la nature humaine. … Les Noirs sont très vaniteux, mais à la manière nègre, et si bavards qu’il faut les disperser à coups de bâtons. (Kant, Observations sur le sentiment du beau et du sublime)

Ils ont quelque chose de sauvage en eux, qui fait qu’ils ne peuvent pas habiter longtemps sous le toit d’une maison, et qui les pousse à errer sur les routes. … Et si, par extraordinaire, un romanichel s’est civilisé assez pour travailler, tu ne le verras jamais rien exécuter de neuf : il ne fera que rapiécer et rafistoler des vieilleries. (Selma Lagerlöf, Le Monde des trolls)

Nous traversâmes cette Babel [Singapour] au soleil levant. Et puis ce fut une émotion, de retrouver là, à deux pas de l’immonde grouillement chinois, le calme d’une église française. (Pierre Loti, Pêcheur d’Islande)

Cette macaque de confiance [la négresse Kadidja] (Pierre Loti, Aziyadé)

…avec une intonation aiguë de négresse ou de macaque (Ibid.)

De ce fouillis de putréfaction matérielle et spirituelle, les blasphèmes d’une centaine de dialectes assaillent le ciel. … Des faces basanées, marquées par le péché, disparaissent des fenêtres quand des visiteurs s’aventurent jusque-là. La police désespère d’y ramener l’ordre, et essaye plutôt d’élever des barrières pour protéger le monde extérieur de la contagion. (Howard P. Lovecraft, Horreur à Red Hook)

Aux États-Unis, le nom d’« Empire invisible » évoque un groupe de nobles gentlemen sudistes, souvent calomniés, qui protégèrent leurs foyers des menées diaboliques des nègres et des aventuriers venus du Nord pendant les années d’anarchie qui suivirent la guerre de Sécession : le redoutable Ku-Klux-Klan. (Howard P. Lovecraft, Au rédacteur en chef de The All-Story Weekly, collection Bouquins, volume I)

Ne me dis plus [s’adresse à un Grec] ton frère, sinon je vais, moi [Celte], t’appeler ma sœur. (Martial, Épigrammes)

Malgré leur misère et l’espèce d’aversion qu’ils inspirent, les Bohémiens jouissent cependant d’une certaine considération parmi les gens peu éclairés, et ils en sont très vains. Ils se sentent une race supérieure pour l’intelligence et méprisent cordialement le peuple qui leur donne l’hospitalité. (Mérimée, Carmen)

Rosine est de cette branche [des Juifs] dont le type roux dominant est plus répugnant encore que tous les autres. Où les hommes ont la poitrine étroite et de longs cous de poulet avec des pommes d’Adam proéminentes. Tout chez eux semble couvert de taches de rousseur. Et ces hommes doivent souffrir pendant toute leur existence la torture lancinante de leurs désirs lubriques, contre lesquels ils mènent secrètement une guerre ininterrompue et vaine. (Gustav Meyrink, Le Golem)

C’est comme un nouvel État dans l’État : et celui qui est à la cour, à Paris, dans les provinces, qui voit agir des ministres, des magistrats, des prélats, s’il ne connaît les femmes qui les gouvernent, est comme un homme qui voit bien une machine qui joue, mais qui n’en connaît point les ressorts. (Montesquieu, Lettres persanes)

À l’Est, le style byzantin se mélangea avec les traditions des populations locales, en particulier avec la Perse de la période sassanide, et produisit d’Ispahan à Grenade toutes les œuvres que l’on nomme de manière erronée l’art arabe (car les Arabes n’ont jamais eu d’art). (William Morris, Essais)

L’homme qui ne se laisse pas élever, l’homme du mélange incohérent, le tchândâla (Nietzsche, Le Crépuscule des idoles)

La Révolution française, cette farce sinistre et inutile (Nietzsche, Par-delà le bien et le mal)

Les Anglo-Saxons parmi les spectateurs se détournèrent avec dégoût [du massacre des lapins enfermés dans l’enclos géant] mais le sang chaud, dégénéré des Portugais, Mexicains et demi-Espagnols bouillait d’excitation à ce massacre en masse. (Frank Norris, La Pieuvre)

Perfides ou sournoises. Il flairait la paille dans les poutrelles des lamentations et découvrait la vache en puissance dans la poupée la plus meutrie. (Raymond Queneau, Zazie dans le métro)

Va te faire voir par les crouilles. (Ibid.) + le fakir Crouïa Bey (Pierrot mon ami)

Renfermés, comme tous les peuples sémitiques, dans le cercle étroit du lyrisme et du prophétisme, les habitants de la péninsule arabique n’ont jamais eu la moindre idée de ce qui peut s’appeler science ou rationalisme. (Ernest Renan, Averroès et l’Averroïsme)

Jamais dans une monarchie l’opulence d’un particulier ne peut le mettre au-dessus du prince ; mais dans une république elle peut aisément le mettre au-dessus des lois. (Rousseau, Lettre à d’Alembert)

[Rousseau décrit sa conversion forcée au catholicisme, dans son jeune âge] Rien du faste catholique ne fut omis pour rendre la solennité plus édifiante pour le public, et plus humiliante pour moi. Il n’y eut que l’habit blanc, qui m’eût été fort utile, et qu’on ne me donna pas, comme au Maure, attendu que je n’avais pas l’honneur d’être Juif. (Rousseau, Les Confessions)

Le pays n’est pas indifférent à la culture des hommes ; ils ne sont tout ce qu’ils peuvent être que dans les climats tempérés. Dans les climats extrêmes le désavantage est visible. … Il paraît encore que l’organisation du cerveau est moins parfaite aux deux extrêmes. Les Nègres ni les Lapons n’ont pas le sens des Européens. Si je veux donc que mon élève puisse être habitant de la terre, je le prendrai dans une zone tempérée ; en France, par exemple, plutôt qu’ailleurs. (Rousseau, Émile ou de l’éducation)

Quand les femmes seront ce qu’elles doivent être, elles se borneront aux choses de leur compétence, et jugeront toujours bien ; mais depuis qu’elles se sont établies les arbitres de la littérature, depuis qu’elles se sont mises à juger les livres et à en faire à toute force, elles ne connaissent plus rien. Les auteurs qui consultent les savantes sur leurs ouvrages sont toujours sûrs d’être mal conseillés : les galants qui les consultent sur leur parure sont toujours ridiculement mis. (Ibid.)

Une femme bel esprit est le fléau de son mari, de ses enfants, de ses amis, de ses valets, de tout le monde. De la sublime élévation de son beau génie, elle dédaigne tous ses devoirs de femme, et commence toujours par se faire homme à la manière de mademoiselle de Lenclos. Au-dehors, elle est toujours ridicule et très justement critiquée, parce qu’on ne peut manquer de l’être aussitôt qu’on sort de son état et qu’on n’est point fait pour celui qu’on veut prendre. Toutes ces femmes à grands talents n’en imposent jamais qu’aux sots. (Ibid.)

Le système républicain est pour l’homme autant contre nature qu’il est défavorable à la vie intellectuelle supérieure, aux arts et aux sciences. (Schopenhauer, Éthique et Politique)

Je dois parfois m’effrayer lorsque, revenant de mes études orientalistes, je prends les écrits des esprits les plus remarquables des XVIe et XVIIe siècles, et que je vois à quel point ils sont paralysés par la pensée fondamentale des juifs et entravés de tous côtés. (Schopenhauer, Sur la religion)

…en Europe, ce continent si imprégné de fœtor judaicus [puanteur juive] que l’évidente et simple vérité : « L’animal est essentiellement la même chose que l’homme » est un paradoxe choquant. (Ibid.)

Nous trouvâmes Hildesheim à son bureau, un juif assez conforme au type du théâtre Adelphi, avec un nez comme un mouton, et un fez. (Bram Stocker, Dracula)

J’ai vu l’Orient, cet immense cadavre (Strindberg, L’Écrivain)

La femme devrait être contrainte d’aller chercher du travail au lieu de faire, comme maintenant, des pétition accompagnées de gémissements et de menaces, et en même temps il devrait lui être imposé de participer, avec ce qu’elle gagnerait, à son entretien et à celui des enfants. Ainsi le père de famille s’émanciperait-il de son esclavage. (Ibid.)

Poussée à l’extinction d’une race, puisqu’elle se sent un être dégénéré, en décomposition, elle se dissimule derrière des phrases sur l’existence vouée à un but supérieur, à l’humanité. (Strindberg, Le Plaidoyer d’un fou)

L’amour est un acte d’autofécondation du mâle, parce que c’est l’homme qui aime et qu’il est illusoire de croire qu’il est aimé de sa femme, son double, sa propre création. (Strindberg, Légendes)

Victime d’une croyance erronée (qui a saisi même des cerveaux plus forts) selon laquelle la femme, cette forme rabougrie de l’être humain, stade intermédiaire vers l’homme, le maître de la création, le créateur de la culture, serait égale à l’homme ou pourrait l’être, et se développerait en un effort déraisonnable qui la fait tomber. Déraisonnable parce qu’une forme rabougrie, régie par les lois de la reproduction, finit toujours par naître rabougrie et ne peut jamais atteindre celui qui a de l’avance, selon la formule : A (l’homme) et B (la femme) émanent du même point C ; A (l’homme) avec une vitesse de disons 100 et B (la femme) avec une vitesse de 60. Quand, demande-t-on, B rattrapera-t-il A ? – Réponse : Jamais ! ni à l’aide d’un enseignement égal, d’un droit de vote égal, de désarmement et de tempérance, aussi peu que deux lignes parallèles peuvent jamais se recouper l’une l’autre. (Strindberg, préface à Mademoiselle Julie)

En réalité, la femme n’était qu’une forme intermédiaire entre l’homme et l’enfant – ce qui ressortait de la gestation, pendant une des phases de laquelle le mâle était femelle tandis que, jamais, le contraire n’eut lieu. (Strindberg, Au bord de la vaste mer)

Comme le reste de son sexe stupide, elle était gouvernée par l’engouement et non par la raison. (William Thackeray, Barry  Lyndon)

Les Juifs, dans la suite des temps, se vantèrent d’être descendus d’Abraham, comme les Francs descendent d’Hector, et les Bretons de Tubal. Il est constant que la nation juive était une horde très moderne ; qu’elle ne s’établit vers la Phénicie que très tard ; qu’elle était entourée de peuples anciens ; qu’elle adopta leur langue ; qu’elle prit d’eux jusqu’au nom d’Israël, lequel est chaldéen, suivant le témoignage même du juif Flavius Josèphe. On sait qu’elle prit jusqu’aux noms des anges chez les Babyloniens ; qu’enfin elle n’appela Dieu du nom d’Éloï, ou Éloa, d’Adonaï, de Jehova ou Hias, que d’après les Phéniciens. (Voltaire, Dictionnaire philosophique)

Il n’y a point d’homme un peu instruit qui ne sache que le texte [de la Genèse] porte : « Au commencement, les dieux firent le ciel et la terre. » Cette leçon est d’ailleurs conforme à l’ancienne idée des Phéniciens, qui avaient imaginé que Dieu employa des dieux inférieurs pour débrouiller le chaos. (Ibid.)

Le jardin d’Éden est visiblement pris des jardins d’Éden à Saana, dans l’Arabie heureuse, fameuse dans toute l’antiquité. Les Hébreux, peuple très récent, étaient une horde arabe. Ils se faisaient honneur de ce qu’il y avait de plus beau dans le meilleur canton de l’Arabie. (Ibid.)

Tu [Job] n’étais point juif : on sait que le livre qui porte ton nom est plus ancien que le Pentateuque. Si les Hébreux, qui l’ont traduit de l’arabe, se sont servis du mot Jéhovah pour signifier Dieu, ils empruntèrent ce mot des Phéniciens et des Égyptiens. (Ibid.)

Au crédit du despote, on peut remarquer qu’en tant qu’individu il est susceptible d’avoir de la culture, tandis que le foule, étant un monstre, n’en a aucune. (Oscar Wilde, L’Âme de l’homme sous le socialisme)

Il y a trois sortes de despote : celui qui tyrannise les corps, celui qui tyrannise les âmes, et celui qui tyrannise à la fois les corps et les âmes. Le premier s’appelle le Prince, le deuxième s’appelle le Pape, le troisième s’appelle le Peuple. (Ibid.)

Il y avait là, en un groupe tumultueux, toute une juiverie malpropre, de grasses faces luisantes, des profils desséchés d’oiseaux voraces, une extraordinaire réunion de nez typiques, rapprochés les uns des autres, ainsi que sur une proie, s’acharnant au milieu de cris gutturaux, et comme près de se dévorer entre eux. (Zola, L’Argent)

En  remarquant que les morts, derrière ce vilain monde, n’avaient plus de souliers, les pieds nus et blêmes, il finit par comprendre que c’étaient là des rôdeurs qui suivaient les armées allemandes, des détrousseurs de cadavres, toute une basse juiverie de proie, venue à la suite de l’invasion. (Zola, La Débâcle)

Le Ghetto, récemment rasé, avait, depuis des siècles, imprégné le sol d’une telle pourriture humaine, que l’emplacement, demeuré nu, plein de bosses et de fondrières, exhalait toujours une infâme pestilence. On faisait bien de le laisser longtemps se sécher ainsi et se purifier au soleil. (Zola, Rome)

L’extrême-Orient immobile, la Chine et le Japon mystérieux, tout le pullulement menaçant de la race jaune (Ibid.)

Sans doute, avec l’espoir entêté du triomphe de sa race [juive], se consolant de l’échec de son premier calcul, se disait-il qu’une femme comme Eve était un bon dissolvant dans une famille chrétienne, dont l’action aiderait à faire tomber aux mains juives tout l’argent et toute la puissance. (Zola, Paris)

C’est le vieux rêve sémite de l’Évangile que balaie la claire raison latine, appuyée sur la science moderne. (Ibid.)

*

J’arrête là, car l’indignation qui me submerge est trop forte et m’étouffe, mais sachez que le sujet est loin d’être épuisé et que j’y reviendrai !

En attendant, vous pouvez voir ce que disent aussi

Jean-Paul Sartre sur les gays, ici et, tant qu’on y est, Simone de Beauvoir,

George Bernard Shaw sur les femmes, ici (anglais)

Friedrich Engels sur l’immigration, ici (anglais)

et prendre connaissance de cette longue citation d’Henry Miller (même les pornographes ne sont pas tous recommandables !) :

De même que la perspective est absente des œuvres des primitifs italiens, de même dans ce vieux petit quartier d’où l’on déracina mon enfance, on trouvait ces plans parallèles verticaux qui servaient de tréteaux à tous les événements et par lesquels, de strate en strate, tout se communiquait, comme par osmose. Les frontières étaient vivement tranchées, clairement définies, mais elles n’étaient pas infranchissables. En ce temps-là, j’étais un petit garçon et je vivais tout près de la limite qui séparait le côté nord du côté sud de la ville. Mon quartier tirait tout juste un peu vers le côté nord, à quelques pas d’une large avenue qui s’appelait North Second Street et qui était pour moi la vraie ligne frontière entre nord et sud. En réalité, la limite était Grand Street, qui menait au Ferry de Broadway, mais cette rue n’avait pour moi aucun sens, sauf qu’elle commençait déjà à être envahie par les Juifs. Non, la rue du mystère, la frontière entre deux mondes, c’était North Second Street. Je vivais donc entre deux frontières, l’une réelle, l’autre imaginaire – c’est ainsi que j’ai vécu toute ma vie. Il y avait aussi une petite rue, pas plus longue qu’un pâté de maisons, qui s’étendait entre Grand Street et North Second Street et qu’on appelait Fillmore Place. Cette petite rue s’ouvrait un peu obliquement, face à la maison que possédait mon grand-père et où nous vivions. C’était la rue la plus enchanteresse que j’aie jamais vue de ma vie. Rue idéale – pour petits garçons, pour amoureux, maniaques, ivrognes, escrocs, débauchés, bandits, astronomes, musiciens, poètes, tailleurs, cordonniers, politiciens. En fait, on ne pouvait trouver mieux dans le genre : elle contenait tous les spécimens de la race humaine, chacun formant un monde à soi seul et tous vivant harmonieusement et inharmonieusement, mais ensemble, formant une corporation solide, une spore humaine, un tissu serré qui ne pouvait se désintégrer que si la rue même venait à se disloquer.

Du moins c’est ce qu’il semblait. Jusqu’à ce que l’on eût ouvert au public le pont de Williamsburg ; alors arrivèrent les Juifs de Delancey Street, New York. Cette invasion entraîna la désintégration de notre petit monde, de la petite rue de Fillmore Place qui, comme le disait bien son nom, était la rue de la valeur, de la dignité, de la lumière, des surprises. Vinrent les Juifs, disais-je, et comme des mites il se mirent à dévorer l’étoffe de notre vie jusqu’à ce que plus rien ne restât, que cette présence miteuse qu’ils traînent avec eux partout où ils vont. Bientôt la rue se mit à puer, la vraie population émigra, les maisons commencèrent à se carier, les perrons eux-mêmes s’en allèrent en morceaux, comme les peintures. La rue prit l’air d’une bouche malpropre à laquelle manquent toutes ses dents de devant, décorée çà et là d’horribles racines charbonneuses et béantes, lèvres putrescentes, voûtes palatales en ruine. Les détritus s’amoncelèrent à hauteur de literies bouffies, de vermine, de cafards, de sang caillé. Le signe Kasher fit son apparition sur les vitrines et ce ne furent partout que volailles, cornichons flasques et aigres, énormes miches de pain. Ce fut un déluge de voitures d’enfants, dans les passages, sur les perrons, dans les petites cours, devant les boutiques. Et dans ce bouleversement, la langue anglaise fut elle aussi engloutie ; on n’entendit plus que le yiddish, plus que cette langue crachotante, suffocante, sifflante où Dieu et légumes avariés ont même son et même sens.

Nous fûmes des premiers à fuir devant l’invasion. Deux ou trois fois l’an je revenais dans ce vieux quartier, pour un baptême, la Noël, le Thanksgiving. À chaque visite, je trouvais que quelque chose que j’avais aimé et chéri, avait disparu. Un vrai cauchemar. De mal en pis. La maison où s’entêtaient à vivre les parents que je venais voir, ressemblait à une vieille forteresse en ruine ; il s’étaient réfugiés dans une aile de la forteresse, maintenant tant bien que mal une vie déserte, insulaire, et commençant eux-mêmes à prendre cet air de moutons traqués et humiliés. Ils allaient jusqu’à faire des distinctions entre leurs voisins juifs, trouvant certains d’entre eux très humains, très braves, propres, bons, sympathiques, charitables, etc., etc. Cela me fendait le coeur. J’aurais volontiers pris une mitrailleuse et fauché tout le quartier, indifféremment, Juifs et Gentils.

Henry Miller, Tropique du Capricorne

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