Category: Onomasticon

Le Cabinet des curiosités

Ce blogue est au fond un vaste cabinet de curiosités mais, comme je ne m’en étais pas aperçu jusque-là, je n’ai pas pensé à lui donner ce nom. Je le donne au présent lexique de mots rares désignant diverses curiosités, d’époques et de régions variées, pour le plaisir des curieux. Les définitions sont tirées du Grand Larousse du dix-neuvième siècle. Selon un usage constant de ce site, mes observations sont indiquées entre crochets.

s.m. substantif masculin ; s.f. substantif féminin ; adj. adjectif.

Abonde (s.f.) La principale des fées bienfaisantes, qui, suivant nos ancêtres, venaient la nuit dans les maisons et y apportaient toutes sortes de biens.

[Le nom comme l’idée ne sont pas sans rappeler la corne d’abondance.]

Afragar (s.m.) Nom donné au vert-de-gris par les anciens alchimistes. [L’origine arabe de ce mot est peu douteuse, de même que celle d’un grand nombre d’autres termes d’alchimie, tels que] Aabam ou Abartamen (s.m.) Plomb. Abarnahas (s.m.) Magnésie. Ahusal (s.m.) Soufre d’arsenic. Aludel (s.m.) Appareil utilisé dans les expériences de sublimation et se composant de vases de terre vernissée, emboîtés les uns dans les autres et surmontés d’un chapiteau destiné à recevoir le produit de l’opération. Athanor (s.m.) Sorte de fourneau dans lequel le charbon, tombant de lui-même à mesure qu’il se consumait, entretenait très longtemps un feu doux. L’athanor, qui ne servait que dans les longues opérations alchimiques, n’existe plus dans les laboratoires actuels. Avraric ou Azoch (s.m.) Mercure. Azinaban (s.m.) Nom que l’on donnait aux fèces séparées de la pierre philosophale. Bénibel (s.m.) Mercure hermétique. Brumazar (n. propre) Esprit des métaux, en alchimie. Duénech (s.m.) Matière de la pierre philosophale, quand elle est devenue très noire. Duzamé (s.m.) Pierre philosophale.

Alséides ou Alses (s.f.pl.) Mythol. gr. Nymphes des bocages et des sous-bois. // Êtres fantastiques habitant les bois. Anaraïdes (s.f.pl.) Nymphes ou génies des eaux qui, selon les Grecs, se tenaient près des fontaines. Anigrides (s.f.pl.) Nymphes qui habitaient les rives de l’Anigrus ; elles passaient pour guérir les blessures, et surtout les maladies de la peau.

Anansie (s.f.) Nom d’une grosse araignée adorée par les nègres de la Côte d’Or, qui lui attribuent la création de l’homme, et qui la révèrent comme une divinité particulière.

[Le nom est aujourd’hui orthographié Anansi ou Anansé, et il est passé aux Antilles sous la forme Nancy, avec, en anglais, l’expression nancy-story, définie par le dictionnaire Merriam-Webster comme « un conte merveilleux d’Afrique occidentale ou des Antilles ». Par exemple, dans le poème dialectal The Lesson de la poétesse grenadienne Merle Collins, « Is not/ No Nancy-Story/ Nuh/ Is a serious/ joke ».]

Angimacurien (s.m.) Membre d’une secte d’ascétiques indiens ; ils méditent jour et nuit, dans la position la plus incommode, et ne vivent que d’insectes, assaisonnés avec le suc de plantes amères ou fétides.

Anthropométallisme (s.m.) Sorte de magnétisme animal.

Anktériasme (s.m.) Antiq. Nom donné à une sorte d’anneau ou de bandage au moyen duquel, avant l’usage de la castration, on cherchait à conserver aux chanteurs leur voix, aux danseurs et même aux gladiateurs toute leur énergie, en rendant impossible l’énervement amené par certaines jouissances prématurées ; c’est ce que les Latins nommaient infibulatio.

Anthropomancie (s.f.) Divination basée sur l’inspection des entrailles d’un enfant ou d’un homme fraîchement égorgé. L’anthropomancie se pratiquait encore chez les Grecs du temps de la guerre de Troie.

Archimagie (s.f.) Partie de l’alchimie qui enseignait l’art de faire de l’or.

Arétalogue ou Arétologue (s.m.) Antiq. rom. Sorte de bouffon philosophe qui amusait les convives pendant le repas. [Ces bouffons remplissent aujourd’hui leur office à la télévision.]

Asellation (s.f.) Méd. Promenade sur un âne, prescrite comme moyen curatif.

Auropubescent (adj.) Hist. nat. Qui est garni de petits poils d’un jaune doré.

Avoutrie. Féod. (du lat. adulterium) Droit d’avoutrie, Droit en vertu duquel une personne, homme ou femme, convaincue d’adultère, était condamnée à courir toute nue par la ville où le crime avait été commis, ou à payer soixante sols au seigneur. Etat d’une personne adultère. Emplumement (s.m.) Anc. législ. Peine qui consistait à couvrir de plumes le corps ou une partie du corps du condamné, après l’avoir enduit d’une matière gluante. Encycl. L’emplumement paraît avoir été très-commun au moyen âge. Si l’on s’en rapporte aux lettres de rémission de l’année 1479, citées par Du Cange au mot adulterium, ce châtiment bizarre aurait été appliqué principalement aux adultères. [Châtiment plus connu de nous sous la forme pratiquée au Far-West, le tarring and feathering.] Paratilme (s.m). Antiq. gr. Epilation, peine infligée aux adultères, mais dont les riches pouvaient se racheter en payant une amende.

Baf (s.m.) (de l’angl. beef, bœuf) Métis ou jumart qu’on suppose provenir du taureau et de la jument. Le produit également supposé du cheval et de la vache s’appelle bif.

Baghe (s.m.) Anc. cout. Bagage d’un ladre ou lépreux (manteau, chapeau, besace, cliquette).

Barbole (s.f.). Antiq. Sorte de hache d’armes barbelée – c’est-à-dire pourvue de piquants qui s’opposaient au retrait de l’arme de la plaie –, très lourde et très meurtrière.

Buccomancie (s.f.) Art de connaître le passé, le présent et l’avenir d’une personne par l’inspection de l’intérieur de sa bouche. Cette science, créée par M. W. Rogers, est, selon lui, physiognomonique, physiologique et philosophique.

Cacangélique (s.m.) Nom d’une secte luthérienne qui se disait en rapport avec les anges.

Cache-Folie (s.m.) Coiffure adoptée par les femmes sous le Directoire, et qui formait un des éléments du costume de cette époque. Elle consistait en une perruque blonde à cheveux flottants. C’était la coiffure des merveilleuses.

Cacodémon (s.m.) Démonol. Mauvais génie qui, dans les croyances de l’antiquité et du moyen âge, s’attachait à chaque homme et cherchait à l’entraîner au mal.

Callipédie (s.f.) Physiol. Art de procréer de beaux enfants.

Cambion (s.m.) Démonol. Petit démon né du commerce d’un démon incube avec un démon succube. Encycl. Les auteurs qui ont traité de la démonologie, entre autres Delancre et Bodin, croient que les démons incubes peuvent s’unir aux démons succubes, et nomment cambions les enfants nés de ce commerce hideux. Ces enfants sont horribles et repoussants, ils sont plus pesants que les autres, et avalent des quantités énormes de nourriture sans jamais engraisser. Luther, qui prétend en avoir vu, dit qu’ils ne vivent que sept ans, qu’ils sont toujours tristes et moroses, et ne rient que lorsqu’il arrive un sinistre dans la maison qu’ils habitent. Un autre auteur rapporte qu’un mendiant excitait la pitié des passants en tenant un cambion sur ses genoux.

[Il convient de préciser ces explications en soulignant que, si l’on a pu voir des « cambions » au milieu des hommes, ce qui n’a rien d’évident, a priori, pour les rejetons d’êtres démoniaques, c’est qu’ils sont parfois substitués par leurs parents à des bébés enlevés par ces derniers, en conséquence de quoi les parents humains élèvent sans le savoir, du moins au début, un enfant surnaturel, en anglais un changeling, mot de même étymologie : Lat. cambio, changer, échanger. Pour le cambion en poésie, voir mon poème Le Baron Incube, dans le recueil Le Bougainvillier.]

Camois (s.m.) Mot qui servait à désigner les marques imprimées sur la peau par la cotte de mailles, et qu’un bain faisait disparaître : les camois des mailles.

Canabasserie (s.f.) Commerce du chanvre, dans le Lyonnais. Canabou (s.m.) Ancien nom du chanvre.

Caninage (s.m.) Féod. Droit en vertu duquel les tenanciers étaient obligés de nourrir les chiens de chasse du seigneur. // Droit dû au seigneur pour la permission qu’il accordait aux paysans d’avoir des chiens chez eux.

Caninana (s.m.) Erpét. Serpent d’Amérique qui s’attache à l’homme et le suit comme un chien.

[Mes recherches sur plusieurs pages Wikipédia n’ont pu confirmer cette caractéristique du caninana. Soit les hommes ont abandonné depuis longtemps cette sorte de domestication, soit elle n’a jamais existé et l’erreur provient peut-être d’une interprétation fautive du nom de ce serpent par laquelle les lexicographes auraient assigné à cani- le même sens qu’à canin.]

Capade (s.m.) Eunuque noir, chez les Maures. Capou-agassi (s.m.) Chef des eunuques blancs du sérail.

Carquet (s.m.) Place secrète entre le corset et la poitrine : cacher une lettre dans son carquet.

Catabolique (adj.) Se disait d’un démon qui emportait les hommes pour les briser en les jetant avec violence contre terre.

Cataste (s.f.) Antiq. lat. Sorte d’échafaudage sur lequel étaient exposés les esclaves mis en vente. // Instrument de torture, consistant en un lit de fer sur lequel on plaçait le patient, après y avoir allumé du feu.

Cébocéphale (s.m.) Tératol. Genre de monstre dont la tête ressemble à celle d’un singe.

Cédrie (s.f.) Antiq. Nom d’un mélange de bitume et d’une liqueur acide tirée du cèdre, l’un des trois ingrédients dont les Égyptiens se servaient pour embaumer les corps.

Céraunoscope (s.m.) Antiq. Prêtre qui observait les phénomènes de la foudre, pour en tirer des présages.

Cercose (s.f.) (du gr. kerkos, queue) Méd. Allongement du clitoris. Clitorisme (s.m.) Usage contre nature d’un clitoris qui a des dimensions exceptionnelles. // Maladie du clitoris. Tribade (s.f.) (gr. tribas, de tribo, je frotte) Femme dont le clitoris a pris un développement exagéré et qui abuse de son sexe.

Charadrius (s.m.) Antiq. Oiseau merveilleux auquel les magiciens attribuaient la vertu de guérir la jaunisse, rien qu’en regardant le malade. // Oiseau immonde, selon le Deutéronome.

Covin (s.m.) Anc. art milit. Char de guerre armé de faux, en usage chez les Bretons et les Belges. // Antiq. rom. Voiture de voyage à peu près semblable au char de guerre des Bretons.

Crierien (s.m.) Nom donné à des fantômes de naufragés qui sortent la nuit de l’Océan, pour demander la sépulture aux habitants des côtes de la Bretagne et de la Normandie.

Criomyxe (adj.) Pathol. Se dit de ceux dont le mucus nasal est abondant, comme chez le bélier. [L’adjectif s’applique à des personnes mais Larousse évoque le bélier pour rendre compte de l’étymologie : crio-.]

Cutambule (a.) Zool. Qui rampe sous la peau : vers cutambules. Cuticole (a.) Qui vit sous la peau : larves cuticoles.

Cyptonisme (s.m.) Antiq. Supplice qui consistait à placer le patient dans une cage de bois de moindre hauteur que sa taille, et dans laquelle il était obligé de tenir son corps courbé. Miechok (s.m.) (mié-chok) (Mot russe qui signifie littéralement le sac) Espèce de prison, de cachot voûté, dans lequel le prisonnier ne peut se tenir qu’accroupi. On cite des condamnés qui, au bout de deux ou trois ans de miechok, en sont sortis définitivement perclus ; mais le plus grand nombre n’en sortent pas quand la punition se prolonge aussi longtemps.

Dacnade (s.f.) Antiq. Nom donné par les Grecs à un oiseau, aujourd’hui inconnu, que les Egyptiens attachaient à la couronne de leurs convives, afin que ceux-ci, en butte aux coups de bec et aux cris incessants de l’oiseau, se tinssent éveillés pendant tout le repas.

Dam-Kane-Oualla (s.m.) Nom donné à certains pénitents ou fakirs indiens. Encycl. Les dam-kane-ouallas passent leur temps à compter leurs inspirations, cherchant à en réduire le nombre de plus en plus, jusqu’à ce qu’enfin la nature s’y refuse. Les Indous croient qu’ils trouvent ainsi le moyen de prolonger leur vie bien au-delà de son terme ordinaire. Ces misérables fanatiques s’habituent à une abstinence telle qu’une poignée de graines de maïs rôti leur suffit pour une journée. Ils finissent ainsi par rendre leur constitution presque semblable à celle des animaux à sang froid ; les transitions les plus brusques en température n’occasionnent jamais chez eux de congestion sur aucun organe. Ainsi que cela a lieu chez les reptiles, le froid ne fait que les engourdir et le soleil les ranime.

Daturea (s.m.) (da-tu-ré-a) Nom donné à des empoisonneurs indiens. Encycl. Les datureas ont emprunté leur nom à la substance vénéneuse qu’ils emploient le plus généralement pour l’exécution de leurs crimes. Ils sont répandus par centaines dans les trois présidences de l’Inde anglaise, Madras, Bombay et Calcutta. (…) Aucune organisation secrète ne relie entre elles ces bandes de malfaiteurs, composées chacune d’un petit nombre d’individus ; aussi les mesures préventives prises contre les datureas par le gouvernement anglais de l’Inde n’ont-elles pas eu le même succès que celles qu’on a prises contre les thugs.

Djala-Praleyam (s.m.) Déluge indou. L’ère indoue actuelle ou caly-yougam date du commencement de ce djala-praleyam.

Djefr-Kitabi (s.m.) Hist. ottom. Livre écrit en caractères magiques, qui contient les destinées des sultans ottomans et des souverains d’Égypte, et que l’on conserve soigneusement au sérail.

Drac (s.m.) Superst. Sorte de farfadet, de génie des eaux (en Provence).

Draconite (s.f.) Pierre de forme singulière, que Pline et quelques naturalistes anciens ont prétendu se trouver dans la tête du dragon.

Driff (s.f.) Pierre fabuleuse, composée de mousse formée sur des têtes de mort, de sel marin, de vitriol cuivreux empâté avec de la colle de poisson, ayant la propriété d’attirer le venin des plaies et de guérir toutes sortes de maladies, quand on la touchait seulement du bout de la langue. On l’appelait aussi pierre de Buttler et periapton salutis magneticum. Dris ou Driss (s.m.) Nom donné à un médicament analogue à la pierre de Buttler, par Van Helmont, qui lui attribuait la merveilleuse propriété de combattre et de guérir les maladies par une influence surnaturelle.

Drolle (s.m.) Démon familier qui prend soin de panser les chevaux et obéit à quiconque l’évoque et lui commande, d’après les démonologues.

Drude (s.f.) Mythol. germ. Être féminin qui tient à la fois de la nature des dieux et de celle des hommes ; on dit aussi drute. Encycl. Lorsque le christianisme eut été introduit en Allemagne, les croyances populaires en firent des êtres malfaisants, ayant des pattes d’oie ou de cygne. Pour conjurer leurs maléfices on place dans les maisons une pierre ramassée dans un ruisseau et arrondie par les eaux, percée en son milieu de manière naturelle. Cette pierre également toute-puissante contre les elfes est appelée Drudenfuß ou Elfenfuß.

[On aurait, dans les drudes, l’origine des reines pédauques, c’est-à-dire aux pattes d’oie, sculptées sur certains portails d’église. Ce trait, le pied d’oie, était également associé aux lépreux ainsi qu’à la race maudite (race paria) des cagots du sud de la France, dans les croyances populaires.]

Fantine (s.f.) Superst. Fée vaudoise, bonne et douce.

Furrole (s.f.) Météorol. Nom donné par les marins de la Manche et de la Bretagne aux exhalaisons enflammées qui sortent parfois de la terre ou se montrent à la surface de la mer.

Gabbare (s.m.) (lat. gabbarus, même sens) Momie égyptienne embaumée par les chrétiens du pays, aux premiers siècles de l’Eglise.

Galéanthropie (s.f.) Méd. Folie dans laquelle le malade se croit transformé en chat. [Le phénomène n’a pas connu le même succès que la lycanthropie, pas plus que la bousanthropie, ou transformation en bœuf — malgré Le Bousanthrope de Meulière — ni que la cynanthropie, ou transformation en chien.]

Galgal (s.m.) Archéol. Tumulus celtique composé de terre et de cailloux, et renfermant une crypte.

Garou (s.m.) Sorcier. N’est plus guère usité que dans loup-garou.

Gennade (s.f.) Jurisp. anc. Femme qui avait épousé un homme d’une condition inférieure à la sienne. [Cf. aussi, en ancien français, le mot angerin, qui désigne un « homme de basse extraction qui épouse une Damoiselle » (Glossaire de la langue romane)] Tchandala (s.m.) Nom qui s’applique spécialement, dans l’Inde, au soudra né d’un père soudra et d’une femme brahmane. (…) Il leur est ordonné de vivre hors de la ville, de prendre leur nourriture dans des vases brisés, de porter les habits des morts, de n’avoir d’autre propriété que les ânes et les chiens. Ils sont exclus de tout rapport avec les autres classes. Ils ne peuvent être employés que comme exécuteurs publics, ou emportent les cadavres de ceux qui meurent sans parents.

[Le terme se retrouve dans la philosophie de Nietzsche ; c’est cette dernière qui a inspiré à Strindberg sa nouvelle Tschandala.]

Gilgul-Hammetin ou Ghilgul-Hammetin (s.m.) Théol. Sorte de déplacement que devront subir les corps des juifs à l’arrivée du Messie, d’après certains rabbins, pour venir ressusciter en terre sainte.

Gnomide (s.f.) Femelle, femme du gnome. Elfine (s.f) Femme elfe.

Goguelin (s.m.) Esprit familier que les matelots disent fréquenter habituellement la cale et l’entre-pont.

Goor-Knat (s.m.) Nœud sacré, symbole d’initiation et signe de reconnaissance des thugs ou étrangleurs de l’Inde. Encycl. Chez les thugs, le goor-knat est un nœud d’une espèce particulière, que le turka, personnage le plus élevé dans la hiérarchie de ces misérables bandits, fait à l’un des coins du foulard qui doit servir à étrangler les victimes. Ordinairement, ce nœud enveloppe une pièce de monnaie. Quand un cheyla ou disciple aspire à passer étrangleur, il présente son foulard au turka, qui le lui rend après avoir fait le goor-knat. En recevant le foulard des mains du turka, le cheyla porte respectueusement à son front le goor-knat, qu’il ne pourra dénouer qu’après s’être tiré à son honneur d’une première expédition, c’est-à-dire après avoir étranglé un ou plusieurs malheureux voyageurs.

Gynécomaste (s.m.) Méd. Homme dont les mamelles sont très volumineuses.

Hagyrkur, c’est-à-dire Celui qui versifie facilement, Celui qui récite des vers, un des surnoms d’Odin dans la mythologie scandinave. Odin, en effet, parle toujours en vers, et est encore appelé pour cela Liodra Smidr, le forgeur de chants.

Hedjera (s.f.) Femme eunuque de l’Inde. Encycl. Se défiant sans doute des eunuques mâles, chez qui l’on trouve encore quelques restes de passion, les Indous ont poussé la jalousie jusqu’à préposer des femmes également mutilées à la garde du zinanah ou zénanah. On ne voit pas, du reste, que cet usage soit sorti de l’Indoustan. L’opération que l’on fait subir à ces femmes consiste probablement dans l’écrasement ou l’ablation des ovaires. Un voyageur raconte qu’un vieux brahme d’Indore lui avait assuré qu’on produisait l’atrophie des ovaires en les piquant avec des aiguilles insérées au préalable dans le fruit encore vert de l’arbre appelé bhelpoul. Ces hedjeras sont grandes, robustes, bien musclées et jouissent d’une bonne santé. Leur voix mâle, leur haute stature, leurs mouvements brusques, accompagnés de gestes expressifs, les font prendre, au premier abord, pour des hommes déguisés en femmes. Elles n’ont point de gorge ni de mamelon ; tout l’appareil génital est atrophié ; les poils manquent complètement, et les hanches sont aussi peu développées que chez l’homme ; enfin les hedjeras n’ont pas de flux menstruel. Beaucoup de ces femmes parcourent les villes et les villages, prédisant les jours fastes et néfastes, et pratiquant la circoncision chez les enfants.

Hircisme (s.m.) Odeur fétide qui s’exhale des aisselles de certaines personnes et qui rappelle l’odeur du bouc.

Jwidie (s.f.) Mythol. scand. Nom donné à des nymphes des bois qui prédisaient l’avenir.

Kaller (s.m.) Membre d’une caste de l’Inde, uniquement composée de voleurs.

Kos (s.m.) Anthropol. Nom donné à des Nogaïs [peuple mongoloïde de langue turque habitant principalement le Daguestan] du sexe masculin, qui deviennent semblables à de vieilles femmes. Encycl. (…) Lorsque les maladies les énervent ou que l’âge produit cet effet, leur peau se ride sur tout le corps. Le peu de poils qu’ils avaient à leur barbe tombe, et le malade prend tout l’air d’une femme ; il devient impuissant, et ses actions et ses sensations n’ont plus rien de masculin. Dans cet état, il est obligé de fuir la société des hommes ; il reste avec les femmes, s’habille en femme (…) Il est impossible de ne pas voir dans les kos des Tartares et des Turcs les énarées d’Hérodote et d’Hippocrate.

Kouli (s.m.) Membre d’une caste de brahmes de l’Inde. Encycl. Les koulis sont de véritables étalons humains pur sang, chargés spécialement d’ennoblir les familles. Ils peuvent, par une loi d’exception, consacrée par la religion et la crédulité publique, cohabiter, sans déroger, avec des filles vierges de castes inférieures. Ils courent donc les villes et les campagnes ; les parents de la jeune fille qui doit être favorisée des embrassements de cet époux de passage doivent faire au kouli un cadeau en argent ou en étoffes, d’après leur fortune ; ils lui lavent les pieds et boivent ensuite l’eau qui a servi à cette opération. Les mets les plus délicats lui sont offerts ; après quoi, il est amené vers la couche nuptiale où repose la vierge, couronnée de fleurs comme une victime que l’on conduirait au sacrifice. Du moment qu’elle a reçu les embrassements de ce demi-dieu, elle doit se confiner chez elle, n’avoir de rapports avec aucun autre homme et se considérer comme veuve ; s’il vient d’elle un enfant, il sera brahme.

Kyestéine (s.f.) Méd. Pellicule qui se forme sur l’urine des femmes enceintes, lorsqu’on la conserve pendant plusieurs jours.

[« Découverte » par le fameux Savonarole, elle servit aux « mireurs d’urine » à diagnostiquer la grossesse. Alors que les traités de médecine continuent de la mentionner vers le milieu du 19e siècle, et peut-être au-delà, le mot a complètement disparu du vocabulaire médical entre-temps…]

Langelotte (s.f.) Machine avec laquelle on triturait l’or qui entrait dans de certains médicaments.

Léechie (s.m.) (lé-chi) Nom donné en Russie au lutin des bois, esprit qui se plaît à jouer de mauvais tours.

Limoniade (s.f.) Mythol. gr. Nymphe des prairies.

Limousineux (s.m.) (rad. Limousin) Celui qui vole du plomb sur les toits.

Linga-Basswy (s.f.) Prêtresse de Siva. Enclyc. Les linga-basswys ou femmes du lingam sont des prêtresses indoues de la secte de Siva.

Liosalfar (les), génies ou alfes lumineux de la mythologie scandinave, opposés aux myrkalfar, génies ou alfes des ténèbres.

Mahouli (s.m.) Fakir eunuque de la secte de Krishna. Encycl. Les mahoulis font vœu de chasteté et se soumettent à l’opération d’une castration complète ; ils ont une voix féminine et sont imberbes ; mais leur mutilation ne les empêche pas d’ailleurs de devenir gras et grands et de jouir d’une bonne santé. Ils sont l’objet de la vénération publique des Indous, et n’ont d’autre profession que celle de promener leur hideuse et volontaire mutilation de village en village, où les habitants se disputent l’honneur de fournir à tous leurs besoins.

Métempsyque (s.m.) Hist. rel. Sectaire juif ou chrétien qui admettait la métempsychose.

Millegroux (s.m.) Espèce de loup-garou.

Myomancie (s.f.) Espèce de divination fondée sur le cri des souris, ou sur leur manière de manger.

Naïr, Naïre ou Naïram (s.m.) Nom donné aux membres d’une caste indoue. Encycl. C’est une caste noble et guerrière par excellence ; elle se prétend la plus ancienne du monde et conserve des traditions qui remontent au-delà du déluge. Le fait le plus saillant de leurs coutumes, fait unique au reste dans l’histoire de l’univers, c’est la polyandrie érigée en loi civile et religieuse. Toute femme naïre se doit d’avoir quatre maris, et celle qui essayerait de se soustraire à cette obligation serait vouée à tous les châtiments imaginables, en ce monde et dans l’autre. (…) Les femmes habitent des maisons isolées, munies d’autant de portes qu’elles ont de maris ; mais elles y demeurent seules, avec leurs enfants. Lorsqu’un de ses maris vient rendre visite à une femme naïre, il fait le tour de la maison et, arrivé devant la porte qui lui est réservée, il frappe de son sabre sur son bouclier. Lorsqu’on lui a ouvert, il laisse sous une espèce d’auvent un domestique qui garde ses armes, ce qui sert d’avertissement pour les autres maris, si quelqu’un d’entre eux venait en ce moment. Tous les huit jours, la maîtresse de la maison fait ouvrir les quatre portes, et reçoit tous ses maris, qui dînent ensemble chez elle et lui font la cour. (…) Le nom de père est inconnu à un enfant naïr ; il parle des maris de sa mère, de ses oncles, de ses frères, et jamais de son père. Et, de fait, nul ne sait de qui il est le fils. Les rois de Malabar choisissaient autrefois leurs gardes dans la caste des naïrs, caste essentiellement guerrière, et il est probable que cette bizarre polyandrie, qui laisse l’homme sans affection, sans héritier direct, sans famille, fut imaginée pour entretenir chez eux les vertus du soldat.

Nécyomancie (s.f.) Syn. de Nécromancie. // Art de deviner l’avenir par l’examen des os et des nerfs des morts, et par celui des cordes qui avaient servi au supplice des condamnés à mort.

Nyctographe (s.m.) Appareil à l’aide duquel on peut écrire de nuit, sans lumière, et, en général, sans voir les traits que l’on forme.

Nympholepsie (s.f.) Antiq. Sorte de délire dans lequel tombait, disait-on, tout homme qui avait vu une nymphe. // Mélancolie qui portait à rechercher la solitude des forêts. Nympholepte (s.m.) Qui est attaqué de nympholepsie. // Qui est allé recevoir l’inspiration des nymphes sphragitides [?].

[Le terme est d’usage plus courant en langue anglaise (nympholepsy), où il possède en effet un sens dérivé général, défini par l’American Heritage Dictionary comme “an emotional frenzy“. Le Collins English Dictionary indique un usage spécialisé en psychiatrie : “(Psychiatry) a state of violent emotion, esp when associated with a desire for something one cannot have“.]

Omphalomancie (s.f.) Art prétendu de reconnaître le nombre d’enfants que doit avoir une femme, en examinant le nombre de nœuds que présente le cordon ombilical de son premier-né.

Onochœritis (s.m.) Antiq. Monstre moitié âne et moitié cochon, que les païens considéraient comme le dieu des chrétiens. Ononychite (s.m.) Divinité aux pieds d’âne, que les païens croyaient être l’objet du culte des juifs et des chrétiens. Onocentaure (s.m.) Myth. gr. Monstre moitié homme et moitié âne, regardé comme un génie malfaisant par les anciens. // Ancien nom du gibbon. Onoscèle (s.f.) Myth. gr. Sorcière ayant un ou plusieurs pieds d’âne.

Orgiophante (s.m.) Antiq. gr. Grand prêtre qui présidait aux orgies et qui initiait aux mystères de Bacchus.

Panisque (s.m.) (rad. Pan) Mythol. Nom donné à des dieux champêtres qu’on croyait tout au plus de la taille des pygmées. Dwergar (s.m.) Mythol. scand. Demi-dieu pygmée dont la voix est l’écho des forêts. Duses (s.m.pl.) Mythol. celt. Génies malfaisants, analogues aux satyres et aux faunes, et auxquels les Gaulois rendaient un culte. Encycl. Un deuz, au Finistère, est un lutin (…) Dews, chez les Persans, désigne les génies malfaisants. (…) Les duses sont qualifiés de pilosi par Isidore de Séville, ressemblant de beaucoup aux satyres, dont ils avaient d’ailleurs la lubricité.

Pasmasnana (s.m.) Pratique religieuse en usage dans l’Inde, et qui consiste à se frotter le front avec de la cendre de bouse de vache. Encycl. On sait que, dans l’Inde, tout ce qui procède du corps de la vache a le privilège d’effacer les souillures. L’urine de la vache, et sa fiente, particulièrement, ont des vertus merveilleuses pour chasser les impuretés les plus abominables. Il n’est pas de crime, si noir soit-il, dont on ne se déterge la conscience en avalant quelques gouttes de l’immonde mixtion appelée pantcha-garia et composée des cinq substances suivantes : le lait, le caillé, le beurre liquide, l’urine et la fiente de vache.

Pégasides (s.f.pl.) Mythol. gr. Nom donné aux Muses, qui, comme Pégase, habitaient l’Hélicon et se servaient de ce cheval pour monture.

Phanségar (s.m.) Nom par lequel on désigne les membres d’une secte d’assassins dans les Indes : les thugs et les phanségars.

[De l’ourdou پهانسی گر, phansigar, étrangleur. Le poète Georges Fourest a utilisé le mot, dans l’alexandrin J’exterminai les phanségars de Bénarès.]

Pogoniase (s.f.) Physiol. Développement de la barbe chez la femme.

Quandros (s.m.) Pierre précieuse que l’on disait exister dans le cerveau du vautour, et à laquelle on attribuait la vertu d’augmenter la sécrétion du lait.

[C’est un bézoard, c’est-à-dire une pierre d’origine organique. Les bézoards réputés magiques existaient sous de nombreuses variétés : agropile, batrachite, crapaudine, kenne… La draconite citée plus haut a la particularité, non seulement d’être un bézoard magique, mais de provenir en outre d’un animal légendaire.]

Quirime (s.f.) (pron. kui-ri-me) Pierre à laquelle on prêtait autrefois des propriétés merveilleuses, notamment celle de faire dire sa pensée à un homme.

Rudbeckianisme (s.m.) Système ethnographique qui fait marcher du nord au sud toutes les migrations des peuples.

[D’après le savant suédois Olaus Rudbeck (1630-1702), qui affirme dans son ouvrage Atland eller Manheim (L’Atlantide ou le Berceau de l’humanité) (1675-1698) que l’Atlantide n’est autre que la Suède et que c’est le berceau de la civilisation des peuples anciens.]

Samozonki (s.f.) Amazone de la mythologie slave.

Sibylliste (s.m.) Hist. relig. Nom donné aux chrétiens qui prétendaient trouver dans les livres sibyllins des prédictions relatives à Jésus-Christ (IIe siècle).

Sindonite (s.m.) Hist. relig. Nom donné à certains religieux qui portent pour tout vêtement un linceul. Sindon (s.m.) (lat. sindo, gr. sindon, qu’on fait venir de sindos, indos, indien) Linceul dans lequel Jésus fut enseveli.

Skoptzi (s.m.) Nom donné à des fanatiques russes qui se donnent pour mission la destruction de la race humaine. Encycl. La base des croyances de la secte, c’est que l’homme est foncièrement mauvais, qu’il est l’ennemi de Dieu et qu’il faut détruire sa race, en l’empêchant de se reproduire. (…) Pour arriver à leur fin, les skoptzi font vœu de virginité perpétuelle et, pour être sûrs de garder leur vœu, se soumettent à la castration. (…) Des femmes aussi se font affilier et subissent l’ablation des ovaires.

Sottais (s.m.) Nom donné à des nains qui, d’après une croyance répandue dans les districts houillers de la Belgique, travaillent dans les mines en l’absence des ouvriers.

Spermatopé (adj.) Méd. Se dit des aliments qui passent pour augmenter la sécrétion du sperme.

Sylphirie (s.f.) Pays des sylphes et des sylphides.

Tapassa (s.m.) Pénitence que s’imposent les dévots indous. Encycl. (…) Une des principales et des plus indécentes de ces absurdités pratiques consiste à se suspendre aux organes de la génération un poids de plus en plus lourd, afin d’atrophier les muscles de cette partie du corps et éteindre jusque dans sa source toute velléité d’appétit sensuel. [Sanskrit तपस्या, tapasya, pénitence]

Thérarque (s.m.) Antiq. Celui qui commandait les soldats portés sur des éléphants. Zoarque (s.m.) Chef d’une troupe montée sur des éléphants.

Toxicophage (adj.) Qui mêle des poisons à sa nourriture : Peuple toxicophage. Encycl. Dans quelques contrées de la basse Autriche et de la Styrie, surtout dans les montagnes qui les séparent de la Hongrie, certaines parties de la population ont reçu le nom de toxicophages, à cause de l’habitude qu’elles ont, de temps immémorial, de manger de l’arsenic. Les paysans l’achètent, sous le nom de hédri, aux herboristes ambulants ou à des colporteurs. Les toxicophages ou mangeurs d’arsenic ont, dans cette dangereuse pratique, un double but, se donner un air de santé, une grande fraîcheur de teint et se procurer un certain degré d’embonpoint. (…) L’avantage sérieux que les montagnards retirent de l’emploi de l’arsenic, c’est de leur faciliter la respiration pendant la marche ascendante ; ils prennent un petit morceau d’arsenic qu’ils laissent fondre lentement dans la bouche. L’effet en est surprenant ; ils escaladent alors aisément des hauteurs qu’ils ne sauraient gravir qu’avec la plus grande peine sans le secours de l’arsenic.

[À comparer avec l’usage de la coca par les populations des Andes, en Amérique. Mes Americanismos contiennent plusieurs termes qui renvoient spécialement à cet usage. v. Llicta.]

Tribon (s.m.) Antiq. gr. Manteau grossier à l’usage des pauvres gens et des philosophes. // Casaque courte des Spartiates.

Trolde ou Troller, dans la mythologie scandinave, la même race de géants que les Thurses ou Thusses, ennemis des Ases. Lorsque le christianisme se fut répandu, on désigna sous ce nom des diablotins qui prennent la figure humaine. Historiquement, on a donné ce nom aux peuplades qu’Odin et ses compagnons dépossédèrent de leur territoire et firent reculer vers les régions polaires. [Le lecteur aura reconnu les trolls.]

Typtologie (s.m.) Mot employé par les partisans du spiritisme, pour désigner la communication des esprits au moyen de coups frappés.

[C’est un point important dans la doctrine de Swedenborg, qui a en particulier fortement marqué Strindberg, lequel, notamment dans Inferno, a écrit sur des phénomènes de cette nature. Sur Strindberg et le swedenborgisme, voir Strindberg : Un livre bleu. Voir aussi les caractéristiques du poltergeist ou esprit-frappeur.]

Glossaire de l’occulte malais (Contribution à l’étude des croyances et pratiques dans les pays de langue malaise)

Le malais (bahasa melayu) est la langue officielle de l’Indonésie, de la Malaisie, du sultanat de Brunei Darussalam, et l’une des langues officielles de Singapour. En raison de certaines variations de l’une à l’autre, on parle aussi d’indonésien (bahasa indonesia) et de malaisien (bahasa malaysia), il y a cependant intercompréhension entre les deux et le présent glossaire est constitué d’entrées tant en indonésien qu’en malaisien, et de leurs traductions. Il existe des populations de culture malaise dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est, notamment dans le sud de la Thaïlande et aux Philippines.

C’est l’alphabet latin (tulisan rumawi) qui est généralement utilisé à l’écrit. Toutefois, l’écriture arabe (tulisan jawi : توليسن جاوي) partage avec celui-ci un statut officiel au Brunei ; en dehors de ce cas, l’écriture arabe est surtout utilisée dans un contexte religieux, ou identitaire, comme parmi les populations malaises de Thaïlande (où la population est à 80 % de langue et de culture malaises).

De même que l’étude du thaï permet, notamment, d’acquérir des notions sur la civilisation sanskrite (et dans une moindre mesure sur la civilisation chinoise), l’étude du malais le permet pour la civilisation indo-sanskrite et pour la civilisation musulmane (dans une moindre mesure pour la civilisation chinoise également), civilisation musulmane dont la culture malaise constitue aujourd’hui une dimension importante.

L’islam malais présente des caractéristiques tout à fait intéressantes. Quand un Malais proclame : « Allah Maha Esa », Dieu est unique, il emprunte sa qualification de Dieu à la langue sanskrite (Maha Esa ou Mahaesa : le Grand Un), à laquelle cette notion d’unicité divine n’était pas étrangère, comme pourrait sembler déjà l’attester, sous quelques réserves, un tel mot, mahaesa. On trouve par ailleurs cette notion islamique centrale de tawhîd (توحيد), unicité de Dieu (cf. Kitâb al-Tawhîd [كتاب التوحيد] de Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhab), directement transposée en malais par le mot tauhid ou (Labrousse) tawid. La définition indonésienne de ce terme, keesaan Allah, unicité d’Allah, recourt de nouveau à la racine sanskrite esa (ke-esa-an). – Autre exemple, la traduction de l’enfer, dans le Coran, outre le terme jahanam emprunté à l’arabe (جهنم) (« géhenne » en français), utilise le mot neraka, un emprunt au sanskrit qui se retrouve également en thaï (narok : นรก) dans un contexte bouddhiste. Ainsi peut-on lire dans le Coran indonésien : « Pelilaralah dirimu dari Neraka » (préservez-vous du feu de l’enfer).

Dans mon exploration des croyances et pratiques ayant cours parmi ces populations, j’ai constitué dans un premier temps le glossaire suivant, relatif aux esprits, fantômes et autres êtres surnaturels qui hantent les nombreuses îles de l’archipel. Ce glossaire a donc essentiellement trait à certaines croyances. Il sera suivi (si – selon la formule consacrée – Dieu me prête vie) d’un autre glossaire qui présentera entre autres quelques pratiques et objets tels que la gemme de rosée, les cristaux de semence d’éléphant, la pierre mystique de Sulayman, permettant de contrer l’action de ces créatures, pour la plupart démoniaques.

Toutes les entrées du présent glossaire ne se rattachent pas à la culture malaise stricto sensu si l’on considère les cultures des peuples premiers de ces pays ou la culture balinaise (hindouiste), entre autres, comme extra-malaises.

Certaines entrées sont réunies ensemble à l’encontre du classement alphabétique en raison de leurs fortes similitudes et/ou connexions.

Dans plusieurs cas, j’ai combiné différentes sources pour parvenir à la définition ici présentée. Ces sources sont le dictionnaire indonésien-français de Pierre Labrousse, le dictionnaire indonésien-anglais Kamus Orisinil (en ligne), le grand dictionnaire de la langue indonésienne (Kamus Besar Bahasa Indonesia, KBBI, en ligne), le dictionnaire malaisien du Pusat Rujukan Perduratan Melayu (en ligne), ainsi que Wikipedia et divers textes internet, dont je remercie les auteurs. Quand j’ai pu le trouver, j’ai ajouté entre parenthèses l’équivalent jawi (écriture arabe). Mes observations sont entre crochets [].

GLOSSAIRE

Afrit, Ifrit (عفريت). Setan atau jin yang melakukan pekerjaan dengan daya dan cara keji. Jin (جين). (Wujud fisik) Jin dikatakan memiliki tanduk, berukuran kecil dalam kisah lain dikatakan kecil seperti lalat memiliki sayap. Menurut ajaran Islam, jin dapat melihat manusia, namun sebaliknya manusia tidak dapat melihat mereka dalam wujud aslinya. Jikalau ada manusia yang dapat melihat jin, maka jin yang dilihatnya itu adalah jin yang sedang menjelma dalam wujud makhluk yang dapat dilihat mata manusia biasa. (Klasifikasi dan sifat) Jin terdiri dari tiga kelompok, yaitu yang memiliki sayap dan terbang diudara, satu kelompok berbentuk ular dan satu kelompok nomaden. Ibnu Taimiyah yakin jin pada umumnya adalah « bodoh, tidak tulus, menindas, berbahaya dan licik, » jadi pemikiran seperti inilah yang menginterpretasikan Islam Salafi. Setan (سيتن), Syaitan (شيطان). Dalam Islam, hantu dikelompokkan sebagai setan dari golongan jin yang kerap mengganggu manusia. Jin dikenali sebagai mahkluk halus yang tinggal di dalam alam lain. Bagaimanapun, kumpulan jin ini bisa memasuki alam manusia. Ada sebagian jin yang membuat hubungan dengan manusia dan patuh terhadap manusia, dengan tujuan menyesatkan manusia seperti merusakkan akidah. Persahabatan ini dikenali sebagai saka. = Ijajil (اجاجيل).

Afrit, Ifrit. Diable ou démon (djinn) qui agit par ruse et ignoblement. [C’est la transcription pure et simple du mot arabe, le terme jawi entre parenthèses étant ce mot arabe lui-même, bien que le son rendu dans l’alphabet latin par une apostrophe (‘ifrit) n’existe pas en malais et que le mot se prononce, dans cette langue, ifrit comme je viens de l’écrire. Le mot est dans le Coran.] Djinn. (Apparence physique) Les djinns sont dits avoir des cornes et être de petite taille ; selon certains récits, ils ne seraient pas plus grands qu’une mouche. Ils possèdent des ailes. Dans la doctrine de l’islam, les djinns peuvent voir les hommes mais à l’inverse les hommes ne peuvent pas voir les djinns, à l’exception des cas où un djinn prend délibérément une forme pouvant être perçue par des yeux humains. (Classification et caractéristiques) Il existe trois sortes de djinns : ceux qui ont des ailes [On laisse entendre plus haut qu’ils en ont tous !] et peuvent voler, ceux qui ont la forme d’un serpent, et le groupe des djinns nomades [Une telle classification, que j’emprunte à une encyclopédie en ligne bien connue, laisse un peu à désirer : les deux premiers groupes de djinns se distinguent par l’apparence, le troisième, semble-t-il, par des mœurs.] Selon Ibn Taimiyah, les djinns sont « stupides, malhonnêtes, méchants, nuisibles et veules ». Diable. Les diables [du nom arabe de Satan] sont, dans l’islam, des esprits mauvais de la famille des djinns, qui tourmentent les hommes. En tant qu’esprits, les djinns et les diables vivent dans le monde de l’au-delà, mais peuvent pénétrer dans le monde des hommes. Certains entrent en relation avec des hommes et se font leurs serviteurs dans le but de les égarer et de détruire la foi. [Il convient de faire, pour la transcription en jawi de ce terme, la même remarque que pour celle d’ifrit : bien que le malais ne connaisse pas les consonnes emphatiques de la langue arabe, le mot est repris tel quel. En revanche, le jawi pour djinn se distingue de l’arabe (جن) en ce qu’il adopte une voyelle longue (جين).] Ijajil. [Ce dernier terme, synonyme de setan, provient de toute évidence, par l’arabe, du nom Azazel.]

Akuan (اکوان). Orang halus (hantu dsb) yang menjadi pelindung atau yang memasuki orang; hantu jamuan (yang menolong pawang). Harimau jadian. Harimau jadian atau juga dikenali sebagai harimau akuan dalam budaya Melayu dan orang asli, antaranya orang Semai, merujuk kepada sejenis ilmu yang membolehkan penuntutnya bertukar menjadi harimau apabila dikehendaki. Ia dikatakan dibantu oleh golongan jin atau syaitan, yang dipelihara bagi tujuan membantu tuannya mempertahankan diri dan juga bagi memudaratkan musuh.

Akuan. Être surnaturel qui fait office d’esprit protecteur ou prend possession des hommes ; hantu jamuan [esprit à qui l’on fait des offrandes de nourriture (ces offrandes ont pour nom jamuan) ?], qui protège un magicien. Harimau jadian. Le « tigre jadian », également connu sous le nom de « tigre akuan » dans la culture malaise et chez les autochtones de l’archipel, entre autres les Semaï, est une expression qui se réfère à une certaine science occulte permettant à celui qui la pratique de se transformer en tigre à sa volonté. Cette pratique fait intervenir des djinns ou diables, qui protègent le magicien qui s’est fait leur maître et l’aident à vaincre ses ennemis. [Voir également Hantu Beliau.]

Aru-Aru (ارو ٢). Hantu hutan, setan alas.

Aru-Aru. Fantôme de la forêt [sur lequel je n’ai pas plus de détails].

Bajang (باجڠ). Hantu yang berkuku panjang, yang menurut kepercayaan sebagian masyarakat, suka mengganggu anak-anak dan wanita hamil. / Bajang merupakan makhluk setan yang dipuja daripada mayat bayi yang mati semasa lahir. Ia merupakan setan jantan yang sering kali menjelma sebagai kucing. Bajang akan dikawal oleh pemiliknya dan akan disimpan di dalam tabung buluh. Bajang hanya dikeluarkan apabila pemiliknya hendak mengenakan musuhnya. Bajang yang dipelihara itu akan diberi makan telur dan juga susu. Sekiranya tidak dijaga dengan baik dan diberi makan, bajang yang kelaparan itu akan menyerang tuannya. Bajang biasanya perlu diwarisi, dan sekiranya tidak diturunkan kepada waris, tuannya akan menjadi bangkai bernyawa.

Bajang. Fantôme pourvu de longues griffes, qui tourmente les enfants et les femmes enceintes. / Le bajang est le fantôme d’un enfant mort-né de sexe masculin, qui prend souvent la forme d’un chat. Il peut être contrôlé et doit être alors enfermé dans un panier en bambou, dont il ne sort que lorsque son maître veut subjuguer des ennemis. Son maître doit le nourrir d’œufs et de lait, à défaut de quoi le bajang affamé l’attaquera. Un tel bajang serviteur doit être légué en héritage ; le maître qui omet cette formalité se condamne à devenir un mort-vivant.

Balung (بالوڠ), Balung Bidai. Kononnya hantu bidai merupakan semangat jahat yang tinggal dalam air. Hantu bidai mampu menyerupai tikar, dan akan menggulung dan melemaskan mangsa.

Balung Bidai. Le balung bidai est un esprit maléfique vivant dans l’eau. Il peut prendre la forme d’une natte de sol, cherchant à s’enrouler autour d’une victime pour la suffoquer.

Begu. Hantu hutan (batak).

Begu. Esprit de la forêt, dans les croyances des Bataks.

Blorong. Blorong adalah setan berwujud ular berkepala wanita. Tempatnya biasa dibebatuan, persawahan, atau tepi-tepi sungai yang rimbun, goa. Blorong bukan hanya nyi blorong itu saja tapi blorong adalah jenis setan.

Blorong. Il s’agit d’un démon ayant un corps de serpent et une tête de femme. Il vit d’ordinaire parmi les rochers, dans les rizières ou sur les berges des rivières, denses de végétation, ainsi que dans les cavernes. Il ne s’agit pas seulement du personnage légendaire Nyi Blorong [également connu sous le nom de Reine de la mer du Sud], mais bien d’une espèce de démon.

Buni, Bunian (بونين). Orang halus yang tinggal di hutan. / Orang bunian adalah sejenis makhluk halus dari wilayah Minangkabau, Sumatera Barat. Istilah orang bunian juga kadang-kadang dikaitkan dengan istilah dewa di Minangkabau, pengertian « dewa » dalam hal ini sedikit berbeda dengan pengertian dewa dalam ajaran Hindu maupun Buddha. « Dewa » dalam istilah Minangkabau berarti sebangsa makhluk halus yang tinggal di wilayah hutan, di rimba, di pinggir bukit, atau di dekat pekuburan. Biasanya bila hari menjelang matahari terbenam di pinggir bukit akan tercium aroma yang biasa dikenal dengan nama « masakan dewa ». Aroma tersebut mirip bau kentang goreng. « Dewa » dalam kepercayaan Minangkabau lebih diasosiasikan sebagai bergender perempuan, yang cantik rupawan, bukan laki-laki seperti persepsi yang umum di kepercayaan lain. Selain itu, masyarakat Minangkabau juga meyakini bahwa ada peristiwa orang hilang disembunikan dewa/orang bunian. Ada juga istilah « orang dipelihara dewa », yang saat bayi telah dilarikan oleh dewa.

Buni, Bunian. Être surnaturel vivant dans la forêt. / Les orang bunian sont une sorte d’esprits de la région de Minangkabau, Sumatra occidental. Le terme bunian est parfois associé à celui de déva, et dans ce cas on entend par « déva » autre chose que dans l’hindouisme et le bouddhisme. Dans le sens qui lui est donné à Minangkabau, « déva » désigne un genre d’êtres surnaturels qui vivent dans les bois ou les forêts, à flanc de collines, ou près des cimetières. D’ordinaire, le soir, quand le soleil disparaît derrière les collines, on respire un certain parfum que l’on appelle la cuisine des dévas, une odeur semblable à celle des pommes de terre frites. Les gens de Minangkabau croient aussi que des personnes peuvent être soustraites à la société des hommes par les dévas/orang bunian, d’où provient l’expression « une personne dont les dévas prennent soin » pour désigner celui ou celle qui a été enlevée par les dévas étant bébé.

Cengkedi (چڠکدي). Hantu (di hutan); pengaruh atau kuasa hantu.

Cengkedi. Esprit (de la forêt) ; influence ou pouvoir des esprits.

Cicir (چيچير). Cicir adalah sosok hantu kebun yang tidak tampak, tetapi akan mengikuti orang yang sedang berjalan sendirian. Hantu ini akan menampilkan kehadirannya dengan bentuk suara mirip suara belalang. Cicir berdiam di pepohonan yang lekatnya dekat rumah.

Cicir. Le cicir est un fantôme des jardins, invisible, qui suit les gens marchant seuls. Il manifeste sa présence par une voix qui ressemble au bruit que font les sauterelles. Il demeure dans les arbres proches de la maison, où, quand il s’y trouve, il reste silencieux.

Danyang. Hantu penjaga (rumah, pohon, dsb).

Danyang. Esprit protecteur (d’une maison, d’un arbre, etc.).

Demit (دميت), Dedemit (ددميت), Dedemitan. Makhluk halus yang jahat dan suka mengganggu manusia; roh jahat.

Demit, Dedemit, Dedemitan. Nom d’un esprit maléfique qui aime tourmenter les hommes. (Cf. Lelembut)

Gedembai (ݢدمباي). Sejenis hantu (barang siapa ditegurnya menjadi batu).

Gedembai. Nom d’un fantôme : ceux à qui il adresse la parole sont transformés en pierre.

Gelembai, Kelembai, Kelambai (کلامباي), Kulambai (کولمباي). Hantu seperti raksasa perempuan berambut merah ; api si gelembai, api kebakaran yang merembet-rembet. Si Gulambai. Sejenis hantu yang menyebabkan rumah terbakar.

Gelembai, Kelembai, Kelambai, Kulambai. Espèce de géante ou d’ogresse aux cheveux rouges ; feu du Gelembai, nom dont on appelle un incendie qui se propage rapidement. Si Gulambai (Gelembai). Sorte de fantôme qui provoque des incendies de maison.

Gelundung Peringis, Glundung Peringis. Setan yang tinggal kepalanya saja yang bulat berbentuk seukuran kepala manusia juga bisa terdapat dibuah kelapa dan tiba-tiba jatuh dan lalu menimbulkan suara seperti orang yang sedang tertawan.

Gelundung Peringis, Glundung Peringis. Nom d’un démon : tête ronde de la forme et de la taille d’une tête humaine, qui peut aussi entrer dans une noix de coco, tombant de son arbre et éclatant de rire. [Le Labrousse donne la définition suivante : « Nom d’un fantôme apparaissant sous la forme d’une tête qui roule en ricanant. » Il connaît également un jurig, qu’il définit comme suit : « Nom d’un fantôme : tête qui roule », sur lequel les informations sont plutôt rares.]

Genderuwo, Genderuwa. Hantu yang konon serupa manusia yang tinggi besar dan berbulu tebal. / Genderuwa adalah sejenis bangsa jin atau makhluk halus yang berwujud manusia mirip kera yang bertubuh besar dan kekar dengan warna kulit hitan kemerahan, tubuhnya ditutupi rambut lebat yang tumbuh di sekujur tubuh. Habitat hunian kegemarannya adalah batu berair, bangunan tua, pohon besar yang teduh atau sudut-sudut yang lembap sepi dan gelap. Menurut mitos, pusat domisili makhluk ini dipercaya berada di daerah hutan seperti Hutan Jati Cagar Alam Dalanya, kecamatan Slogohimo, sekitar 60 km di sebelah timur Wonogiri, dan di wilayah Lemah Putih, Purwosari, Girimulyo di Kulon Progo, sekitar 60 km ke barat Yogyakarta.

Genderuwo, Genderuwa. Créature ressemblant à un homme de taille élevée au corps couvert d’une épaisse fourrure. / Le genderuwa est une espèce de djinn ou d’esprit ayant une apparence anthropoïde, comme celle d’un singe, avec un corps grand et fort, une peau noire tirant sur le rouge, couverte de fourrure. La principale résidence de cette créature se trouverait dans les régions de forêt telles que celle de Hutan Jati Cagar Alam Dalanya, dans le district de Slogohimo (Java), à environ soixante kilomètres à l’est de Wonogiri, ou dans la région de Lemah Putih, Purwosari, Girimulyo, province de Kulon Progo, à environ soixante kilomètres à l’ouest de Yogyakarta.

Hantu Angin. Hantu yang dapat mengeramkan kapal.

Hantu Angin. (Fantôme du vent) Esprit capable de provoquer des naufrages.

Hantu Api, Hantu Suluh. Hantu yang biasa kelihatan pada malam hari berkejar-kejaran dengan suluhnya seperti orang menangkap ikan.

Hantu Api, Hantu Suluh. (Fantôme de feu, fantôme à la torche) Esprit que l’on voit ordinairement chasser ses proies la nuit à l’aide d’une torche ainsi que font les pêcheurs. [Cette description renvoie à des pratiques de pêche nocturne.]

Hantu Beliau. Harimau yang sakti.

Hantu Beliau. Tigre doué de pouvoirs magiques. [Voir également Harimau Jadian, à l’entrée Akuan. Ces tigres magiques ou tigres-garous ne sont pas sans rappeler les saming (สมิง) de Thaïlande ; voir à ce sujet mon Glossaire thaï.]

Hantu Golek. Hantu yang selalu berguling-guling di tanah.

Hantu Golek. (Fantôme qui roule) Fantôme qui passe son temps à rouler par terre. [Voir Kocong : Hantu Bungkus, sur la nature d’un tel mouvement.]

Hantu Kopek. Kononnya hantu kopek berbentuk seorang wanita yang tua yang suka menyorokkan kanak-kanak kecil yang suka bermain-main di luar rumah semasa waktu maghrib dan malam-malam, dengan cara menyembunyikan mereka di bawah kopek (buah dada) mereka.

Hantu Kopek. (Fantôme mamelu) Ce fantôme qui a l’apparence d’une vieille femme enlève les petits enfants qui jouent dehors à la tombée de la nuit, en les cachant sous ses seins pendants et flasques.

Hantu Pemburu. Hantu yang mempunya rupa anjing.

Hantu Pemburu. (Fantôme chasseur) Fantôme ayant l’apparence d’un chien.

Hantu Raya. Hantu piaraan untuk menjadi pengawal tuannya.

Hantu Raya. (Grand Fantôme) Fantôme domestique [d’un magicien] servant d’augure à son maître.

Hantu Runjung. Hantu yang mula-mula kelihatan kecil, lalu berubah menjadi besar.

Hantu Runjung. Fantôme qui paraît tout petit au début et se met à grandir. [Le terme runjung du nom de ce fantôme signifie ordinairement « de forme conique ».]

Haru-Haru. Hantu yang suka menculik orang dan membawanya ke tempat yang sukar dicapai.

Haru-Haru. Fantôme qui enlève les gens et les emporte en un lieu difficile d’accès.

Jajar (جاجر), Pejajaran (ڤجاجارن). Setan; hantu (dipakai juga sbg kata untuk memaki-maki). / Makhluk halus yang jahat (seringkali berbentuk harimau, buaya, dsb)

Jajar, Pejajaran. Diable ; fantôme (également employé comme terme d’injure). / Démon malfaisant (apparaissant souvent sous la forme d’un tigre, d’un crocodile, ou d’une autre espèce d’animal).

Jembalang (جمبالڠ). Hantu tanah yang konon kadang-kadang mewujudkan dirinya sebanding (sbg) lembu, susa, kerbau, dsb. Jembalang tanah. Jembalang tanah merujuk kepada semangat atau makhluk halus yang terdapat dikawasan hutan dara. Jembalang tanah dikatakan berasal daripada urin atau tali pusat bayi yang ditanam di kawasan hutan.

Jembalang. Esprit de la terre qui prend parfois la forme d’un bœuf, d’un cerf, d’un buffle, etc. Jembalang tanah. Nom d’un fantôme hantant la forêt vierge. On dit qu’il naîtrait de l’urine ou du cordon ombilical d’un bébé enterré dans la forêt.

Jenggala (جڠݢالا). Hutan rimba; hantu; hantu hutan.

Jenggala. Forêt vierge ; fantôme ; fantôme de la forêt. [C’est ce mot d’origine sanskrite qui a donné le mot « jungle ».]

Jenglot. Jenglot adalah figur berbentuk manusia yang berukuran kecil (sekitar 10-17 cm), berkulit gelap dengan tekstur kasar (seperti mumi), berwajah seperti tengkorak dan bertaring mencuat, serta memiliki rambut dan kuku yang panjang. Jenglot ditemukan di beberapa wilayah di nusantara, misalnya Jawa, Kalimantan, dan Bali. Jenglot dipercaya memiliki kekuatan mistis dan memakan darah manusia.

Jenglot. Le jenglot est une figurine de forme humaine et de petite taille (entre dix et dix-sept centimètres environ), à la peau noire et de texture rugueuse comme celle des momies, dont le visage ressemble à une tête de mort avec de longues canines sortant de la bouche. Les cheveux et les ongles sont longs. Il existe des jenglot dans plusieurs parties de l’archipel, comme à Java, Kalimantan [Bornéo] et Bali. On croit qu’ils possèdent des pouvoirs mystiques et se nourrissent de sang humain. [D’un point de vue sceptique, ces statuettes, dont on peut trouver des images sur internet, sont un remarquable travail de taxidermiste. La croyance selon laquelle il s’agirait de créatures vivantes, bien que, selon toute apparence, perpétuellement immobiles, est peut-être liée à certaines pratiques occultes appelées jelangkung, ou jailangkung, qui impliquent l’usage de poupées devant servir de support aux esprits que l’on invoque.]

Kemamang (کمامڠ), Kemangmang. Hantu yang konon berupa kepala orang yang menyala kemerah-merahan.

Kemamang, Kemangmang. Fantôme ayant l’apparence d’une tête humaine dans un halo de lumière rouge.

Kemang (کمڠ). Hantu yang dipercayai suka mengganggu bayi.

Kemang. Fantôme qui aime tourmenter les enfants au berceau.

Kocong (کوچوڠ), Pocong (ڤوچوڠ). Hantu yang menyerupai mayat terbungkus kafan. Hantu Bungkus. Hantu yang berupa mayat berbungkus. / Hantu bungkus akan bergerak dengan meloncat seperti hantu cina, atau bergolek.

Kocong, Pocong. Fantôme ayant l’apparence d’un mort enveloppé dans son suaire. Hantu Bungkus. (Fantôme au linceul) Fantôme enveloppé dans son linceul. Il se déplace par petits bonds, comme un fantôme chinois, ou bien en roulant par terre.

Kuntilanak. Hantu yang konon berkelamin perempuan, suka mengambil anak kecil atau mengganggu wanita yang bara saja melahirkan. / Kuntilanak (bahasa melayu: Pontianak atau Puntianak) adalah hantu yang dipercaya berasal dari perempuan hamil yang meninggal dunia atau wanita yang meninggal karena melahirkan dan anak tersebut belum sempat lahir. Mitos ini mirip dengan mitos hantu langsuir yang dikenal di Asie Tenggara, terutama di nusantara Indonesia. Umumnya, kuntilanak digambarkan sebagai wanita cantik berambut panjang dan berbaju panjang warna putih. Dalam cerita rakyat Melayu, sosok kuntilanak digambarkan dalam bentuk wanita cantik dengan punggung berlubang. Kuntilanak sewaktu muncul selalu diiringi harum bunga kemboja. Konon laki-laki yang tidak berhati-hati bisa dibunuh sesudah kuntilanak berubah wujud menjadi penghisap darah. Puntianak (ڤونتيانق), Pontianak. Hantu perempuan, yang suka mengambil anak kecil atau mengganggu orang melahirkan. Langsuir (لڠسوءير). Hantu perempuan yang berbulang punggungnya atau berupa burung elang malam. Sundal Bolong, Sundel Bolong. Hantu dsb berwujud perempuan cantik yang punggungnya bolong (berlubang). / Sundel bolong adalah mitos hantu dari nusantara yang umumnya digambarkan sebagai wanita cantik berambut panjang dan bergaun panjang warna putih yang bolong (« berlubang tembus ») di bagian punggung yang sedikit tertutup rambut panjangnya sehingga organ-organ tubuh bagian perut terlihat.

Kuntilanak. Fantôme féminin qui enlève les enfants en bas âge ou tourmente les femmes qui viennent d’accoucher. / La kuntilanak (pontianak ou puntianak en Malaisie) est le fantôme d’une femme morte alors qu’elle était enceinte ou bien décédée en couches avant que l’enfant ait eu le temps de naître. Ce mythe, semblable à celui de la langsuir, est connu dans toute l’Asie du Sud-Est. En général, la kuntilanak est représentée comme une belle femme aux longs cheveux portant une longue robe blanche. Elle a l’habitude de terroriser les gens des villages en représailles pour leurs injustices. Sa présence s’accompagne du parfum de la fleur de frangipanier. Elle peut tuer les hommes méchants en les vampirisant. Puntianak, Pontianak. Fantôme féminin qui enlève les petits enfants ou tourmente les femmes qui viennent d’accoucher. Langsuir. Fantôme ayant l’apparence d’une femme avec un trou dans le dos ou bien encore d’un certain oiseau de proie (de mœurs nocturnes). Sundal Bolong, Sundel Bolong. Fantôme ayant l’apparence d’une belle femme avec un trou dans le dos. / La sundel bolong est un personnage mythique de l’archipel, généralement représenté comme une belle femme aux cheveux longs portant une longue robe blanche, et qui a un trou dans le dos. Celui-ci, couvert par ses cheveux en partie seulement, laisse voir les organes et les viscères.]

Kurcaci (کورچاچي). Orang halus yang konon kecil-kecil. 2 (orang) yang suka mengganggu.

Kurcaci. Créature surnaturelle, de très petite taille. 2 Personne méchante.

Lawean (لاويان ). Sejenis hantu yang tidak berkepala.

Lawean. Sorte de fantôme décapité.

Leak. Hantu jadi-jadian, konon berupa binatang (kera, burung hantu, dsb) yang diciptakan seseorang dengan jalan memantrai diri. / Dalam mitologi Bali, leak adalah penyihir jahat. Leak hanya bisa dilihat di malam hari oleh para dukun pemburu leak. Di siang hari ia tampak seperti manusia biasa, sedangkan pada malam hari ia berada di kuburan untuk mencari organ-organ dalam tubuh manusia yang digunakannya untuk membuat ramuan sihir. Ramuan sihir itu dapat mengubah bentuk leak menjadi seekor harimau, kera, babi atau menjadi seperti Rangda. Bila perlu ia juga dapat mengambil organ dari orang hidup. Leak semacam setan yang menakutkan. Diceritakan juga bahwa leak dapat berupa kepala manusia sengan organ-organ yang masih menggantung di kepala tersebut. Leak dikatakan dapat terbang untuk mencari wanita hamil, untuk kemudian menghisap darah bayi yang masih di kandungan. Menurut kepercayaan orang Bali, leak adalah manusia biasa yang mempraktekkan sihir jahat dan membutuhkan darah embrio agar dapat hidup. Dikatakan juga bahwa leak dapat mengubah diri menjadi babi atau bola api, sedangkan bentuk leak yang sesungguhnya memiliki lidah yang panjang dan gigi yang tajam. Apabila seseorang menusuk leher leak dari bawah ke arah kepala pada saat kepalanya terpisah dari tubuhnya, maka leak tidak dapat bersatu kembali dengan tubuhnya. Jika kepala tersebut terpisah pada jangka waktu tertentu, maka leak akan mati. Kuyang. Hantu perempuan yang menurut kepercayaan orang Kalimantan Timur, pada malam hari kepala dan isi perutnya dapat terbang, mengisap darah orang hamil atau orang yang baru melahirkan. Penangalan, Penanggalan (ڤنڠݢلن). Hantu yang kononnya dapat terbang dan tali perutnya keluar berjela-jela. / Hantu Penanggalan atau juga dikenali sebagai hantu tengelong di negeri Kedah atau balan-balan di Sabah, merujuk kepada seseorang, biasanya wanita, yang menuntut ilmu hitam bagi sesuatu kepentingan. Mereka yang menuntut ilmu ini mampu menceraikan kepala dengan badan mereka dan kepala mereka mampu terbang dengan tali perut terurai-urai. Darah yang menitik dari tali perut mereka dipercayai berbisa dan akan menyebabkan kudis kepada mereka yang terkena.

Leak. Démon domestique ayant la forme d’un animal (singe, chouette, etc.), créé à l’aide de formules magiques. / Dans les mythes de Bali, le leak est un fantôme sorcier. Il ne peut être vu, la nuit, que par les magiciens chasseurs de leak. Dans la journée, il a l’apparence d’un homme ordinaire, mais quand le soir tombe il rôde dans les cimetières à la recherche d’organes, avec lesquels il prépare des potions magiques qui lui permettent entre autres de se transformer en tigre, singe, cochon, ou de prendre l’aspect de Rangda [la reine des leak, une sorte de déesse Kali balinaise]. Si nécessaire, il peut également prélever des organes sur les vivants. On raconte aussi qu’il peut avoir l’apparence d’une tête d’où pendent les organes, capable de voler, ce qu’il fait la nuit à la recherche de femmes enceintes pour boire le sang de l’enfant qui est dans leur ventre. Selon les Balinais, le leak est un homme qui pratique la magie noire et a besoin de sang d’embryon pour vivre. Il peut se transformer en cochon ou en boule de feu, tandis que, sous sa véritable apparence, il a une langue allongée et des dents tranchantes. Kuyang. Femme fantôme, dans les croyances des populations de Kalimantan [Bornéo] et du Timor, dont la tête, de laquelle pendent les entrailles, peut voler, et qui boit le sang des femmes enceintes ou venant d’accoucher. Penangalan, Penanggalan. Fantôme volant, avec les intestins apparents et pendants. / Le terme penanggalan, ou encore tengelong dans le Kedah, balan-balan dans le Sabah, désigne une personne, en général une femme, qui pratique une certaine forme de magie noire. Ceux qui possèdent cette connaissance peuvent détacher leur tête de leur corps : celle-ci est alors capable de voler dans les airs, avec les viscères qui pendent. Le sang qui en tombe est dit être un poison provoquant une gale affreuse chez ceux qui en sont touchés. [Ce fantôme particulièrement spectaculaire sous son aspect de tête volante existe également dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est ; c’est le cas en Thaïlande, où il est connu sous le nom de krasseu (กระสือ). Voir à ce sujet mon Glossaire thaï.]

Leluhur (للوهور). Leluhur adalah roh-roh atau hantu-hantu dari orang tua dan nenek moyang, yang terus menjaga keturunannya.

Leluhur. Les leluhur sont les mânes, esprits ou fantômes des ancêtres, qui continuent de veiller sur leur descendance.

Lelembut. Lelembut adalah hantu berupa roh orang lain yang sudah meninggal yang membantu dhanyang [danyang] dan dhemit [demit] dalam menjalankan tugas berat mereka. Lelembut akan menampakkan diri dalam kondisi marah atau baik.

Lelembut. Le lelembut est l’esprit d’un défunt qui peut servir de danyang [voir ce mot] ou de demit [voir ce mot ; il faut ici l’entendre au sens de démon domestique] pour les tâches pénibles. Il peut toutefois se montrer bien ou mal disposé.

Mambang (ممبڠ), Membang. Makhluk halus yang menurut kepercayaan sebagian orang membisanakan manusia (bermacam-macam warnanya, ada yang kuning, merah, hitam, dsb dan disebut juga menurut tempatnya) : mambang segara, mambang tali arus.

Mambang, Membang. Être surnaturel qui, selon certaines croyances, est un grand massacreur d’êtres humains. Il est de couleurs variées, jaune, rouge, noir, etc., et est nommé en fonction de son habitat : mambang des mers, mambang des cours d’eau… [Le Labrousse donne la définition suivante : « Fantôme à peau couleur de soleil couchant ». Selon d’autres, il s’agit d’une personnification du soleil couchant.]

Maru (مارو). Sejenis hantu yang suka mengganggu orang.

Maru. Sorte de fantôme tourmenteur des hommes.

Memedi (ممدي). (Jawa) Makhluk halus, hantu. Memedi Usus. Memedi usus adalah hantu berupa bentangan usus manusia yang akan melilit kaki orang yang sedang melintas di jalan. Ia biasanya melintang di jalan untuk menunggu mangsa. Orang yang kebetulan terlilit oleh Memedi usus, selain karena memang kakinya terlilit, terasa berat dan kesulitan berjalan atau berlari.

Memedi. Autre nom générique, à Java, pour les fantômes (en plus de hantu). Memedi Usus. (Fantôme-viscères) Fantôme ayant l’apparence d’un paquet d’intestins humains et qui a pour habitude d’enserrer les pieds de ceux qui passent à côté de lui. Il se place sur les chemins dans l’attente de victimes. La personne dont les pieds sont ainsi entravés éprouve les plus grandes difficultés à se déplacer.

Ngeang-ngeang, Ngiang-ngiang, Si ngiang-ngiang, Hantu Kangkung Ngeang-Ngeang. Hantu yang berasal dari nyawa janin manusia yang mati dalam perut ibunya ketika hendak lahir. Ngeang. Hantu ini biasanya cuma berbunyi anak bayi menangis, yang biasa terdengar di bawah pohon bambu, pohon besar dll. Hantu ini dipercaya berasal dari anak perzinaan yang digugurkan.

Ngeang-ngeang, Ngiang-ngiang, Si ngiang-ngiang, Hantu Kangkung Ngeang-Ngeang. Fantôme de fœtus humain mort dans le ventre de sa mère alors qu’il était sur le point de naître. Ngeang. Ce fantôme n’a d’autre voix que celle d’un bébé qui pleure. On l’entend le plus souvent sous certaines espèces d’arbres, en particulier le hêtre, ou dans les bambouseraies. On croit qu’il s’agit d’un enfant de l’adultère, qui a été assassiné [sous-entendu par ses parents].

Onom. Siluman.

Pelesit (ڤلسيت), Palasik. Hantu yang konon gemar sekali mengisap darah orang perempuan yang baru beranak dan darah anak yang baru lahir atau masih kecil sekali (kepercayaan lama); pelesit bangkai, hantu yang konon gemar sekali mengisap darah mayat anak-anak yang baru dikuburkan; pelesit hidung, hantu yang konon dapat mengirimban kepalanya saja ke rumah orang perempuan yang baru beranak untuk mengisap darah perempuan itu. / Pelesit (bahasa Minangkabau: Palasik) menurut cerita, legenda atau kepercayaan orang Minangkabau dan Melayu adalah sejenis makhluk gaib. Menurut kepercayaan Minangkabau pelesit bukanlah hantu tetapi manusia yang memiliki ilmu hitam tingkat tinggi. Pelesit sangat ditakuti oleh ibu-ibu di Minangkabau yang memiliki balita karena makanan pelesit adalah anak bayi, baik yang masih dalam kandungan ataupun yang sudah mati (dikubur), tergantung dari sejenis pelesit tersebut. Ilmu pelesit dipercayai sifatnya turun-temurun. Apabila orang tuanya adalah seorang pelesit maka anaknya pun akan jadi pelesit. Pada umumnya pelesit berkeja dengan melepaskan kepalanya. Ada yang badannya yang berjalan mencari makan dan ada pula yang kepalanya yang melayang-layang mencari makan.

Pelesit, Palasik. Fantôme dont on dit qu’il se nourrit du sang des femmes venant d’accoucher et des enfants qui viennent de naître ou sont encore en très bas âge ; palasik nécrophage, qui se repaît du sang de cadavres d’enfants à peine enterrés ; palasik à tête volante, qui peut envoyer sa tête dans les maisons où des femmes viennent d’accoucher, afin de les vampiriser. / Selon les croyances en vigueur à Minangkabau, cependant, il ne s’agit pas d’un fantôme mais d’un être humain versé dans les pratiques occultes. À Minangkabau, le pelesit est très craint des mères d’enfants en bas âge, car il fait sa nourriture de ceux-ci, de même que d’enfants encore dans le ventre de leur mère, ou d’enfants morts très tôt et qu’il va chercher dans la tombe, selon le genre de pelesit auquel on a affaire. L’« art » occulte du pelesit se transmet de père en fils ; celui qui est pelesit aura des enfants qui le deviendront. En général, le pelesit agit en détachant sa tête de son corps. Il y en a dont c’est le corps qui va chercher sa nourriture, d’autres dont c’est la tête, qui se met à voler en quête de proies. [Voir Leak et les autres termes associés]

Penjaga (ڤنجاݢا), Penunggu (ڤنوڠݢو). Hantu atau roh yang menunggu atau mendiami suatu tempat.

Penjaga, Penunggu. Fantôme ou esprit qui hante ou protège un lieu particulier. Ex. Penunggu Istana, le fantôme du palais (titre d’un film).

Polong (ڤولوڠ). Hantu atau roh yang suka mengganggu orang (menyebabkan penyakit dsb) 2 Penyakit saraf yang disebabkanoleh guna-guna.

Polong. 1 Fantôme ou apparition maléfique qui aime tourmenter les gens (par exemple en causant des maladies). 2 Maladie nerveuse provoquée par magie noire.

Puaka (ڤواک). Demit (hantu penunggu): puaka air, puaka tanah, puaka hutan, dsb. / Hantu puaka merujuk kepada sejenis makhluk halus kemungkinannya dari golongan jin/syaitan, yang dikatakan sering berkeliaran bersama-sama cuaca buruk.

Puaka. Demit [voir ce mot] (fantôme penunggu [voir ce mot à Penjaga]). / Ce mot désigne une sorte d’esprit, probablement de la famille des djinns, dont on dit qu’il erre surtout par mauvais temps.

Pukang-Pukang. Hantu yang hanya tampak kakinya saja.

Pukang-Pukang. Fantôme dont seuls les pieds sont visibles.

Sadin (سادين). Hantu air yang konon berkepala seperti anjing dan bercakar seperti buaya.

Sadin. Créature marine ayant une tête semblable à celle d’un chien et des griffes de crocodile.

Serindai (سرينداي). Hantu air yang konon suka mengganggu orang perempuan.

Serindai. Esprit de l’eau qui, croit-on, s’en prend aux femmes.

Siluman (سيلومن). Makhluk halus yang sering merampakkan diri sebagai manusia atau binatang. / Siluman adalah makhluk halus yang tinggal dalam komunitas dan menempati suatu tempat. Mereka melakukan aktivitas kehidupan sehari-hari layaknya manusia biasa. Siluman dapat berasal dari manusia biasa yang kemudian meninggalkan alam kasar atau setelah orang meninggal ruhnya masuk dalam masyarakat itu, atau memang sudah merupakan makhluk halus sejak awalnya. Pertemuan antara manusia dengan siluman seringkali menjadi bagian dari cerita-cerita misteri.

Siluman. Être surnaturel qui se montre le plus souvent sous forme humaine ou animale. / Les siluman sont des esprits vivant ensemble dans un lieu qui leur est propre. Ils remplissent les devoirs de leur vie quotidienne comme des hommes ordinaires. Ce peut être des hommes qui ont quitté le monde matériel ou sont entrés dans cette communauté après la mort, ou bien ce sont des esprits depuis le début. Les rencontres entre hommes et siluman sont le sujet de nombreuses histoires.

Suangi (سواڠي), Suanggi. 1 Hantu yang jahat. 2 Dukun yang bekerja dengan pertolongan orang halus.

Suangi, Suanggi. 1 Fantôme malfaisant. 2 Sorcier (guérisseur) qui agit avec l’assistance des esprits.

Tuyul, Toyol (تويول). Makhluk halus yang konon berupa bocah berkepala gundul, dapat diperintah oleh orang yang memeliharanya untuk mencuri uang dsb.

Tuyul, Toyol. Être surnaturel qui, croit-on, a l’apparence d’un jeune garçon au crâne chauve et peut être commandé, par la personne qui prend soin de lui, par exemple à voler de l’argent.

Wewe, Wewegombel, Kalong Wewe. Wewe gombel atau juga Nenek Gombel adalah sebuah istilah dalam tradisi Jawa yang berarti roh jahat atau hantu yang suka menculik anak-anak, tapi tidak mencelakainya. Konon anak yang diculik biasanya anak-anak yang ditelantarkan dan diabaikan oleh orang tuanya. Wewe Gombel biasanya akan menakut-nakuti orang tua si anak atas sikap dan perlakuannya kepada anaknya sampai mereka sadar. Bila mereka telah sadar, Wewe Gombel akan mengembalikan anaknya.

Wewe, Wewegombel, Kalong Wewe. Le nom de Wewe Gombel, ou encore Nenek Gombel, désigne, dans la tradition javanaise, un esprit ou fantôme qui enlève les enfants mais ne leur fait aucun mal. Les enfants qu’elle enlève sont en général des enfants négligés par leurs parents. Il cherche ainsi à effrayer ces derniers pour leur faire prendre conscience de leur comportement indigne. Quand ils en ont pris conscience, il leur rend leur enfant.

Glossaire n° 2 voir ici / Logat kedua di sini.