Journal onirique 18

Ces rêves datent de janvier-mars 2021 (I) et mai-juin 2021 (II). Le journal a donc été complètement interrompu quelque deux mois. Pendant un temps il me fut impossible de me souvenir de mes rêves. Puis, quand la faculté de mémorisation me revint, je n’étais plus motivé pour continuer ce journal, comme si j’interprétais la période d’amnésie comme en marquant la fin naturelle.

Le PDF de l’intégralité du journal 1-17 est disponible dans l’Index/Table of Contents du blog.

Comme pour les entrées précédentes, les initiales des prénoms des personnes connues de moi ont été rendues aléatoires par jet de dés en ligne.

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Des rêves ! toujours des rêves ! et plus l’âme est ambitieuse et délicate, plus les rêves l’éloignent du possible. (Baudelaire)

I

Train de banlieue. Alors que le train est presque à l’arrêt dans une gare (une gare découverte comme le sont les gares de banlieue), il se produit un incident : une personne a tenté d’ouvrir violemment une porte du train depuis le quai alors que le train n’était pas encore complètement à l’arrêt. Cette personne est une adolescente, membre d’un gang de jeunes femmes qui occupe le quai et compte entrer en masse dans le train.

L’incident, et peut-être aussi l’invasion prévisible du train par une bande de « loubardes » si le train s’arrête, décident le conducteur à renoncer à marquer l’arrêt à cette gare, et le train reprend de la vitesse. Les filles courent le long du quai à côté du train en lançant des insultes au conducteur. Alors que le train s’éloigne, il me vient à l’idée que ces jeunes femmes cherchaient peut-être à fuir un danger, comme une bande d’hommes.

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Alors que je suis dans la rue une belle femme blonde aux cheveux bouclés en attendant un moment propice pour l’aborder (ce qui n’est pas, je le précise, dans mes habitudes), la poignée de mon porte-documents se casse : le cuir de l’une des extrémités de la poignée s’est rompu et la poignée ne tient plus à la boucle de cette extrémité. Je n’ai donc d’autre choix que de porter l’attaché-case sous le bras, ce qui est très incommode en même temps que, me semble-t-il, ridicule, et j’arrête de suivre la femme.

J’entre dans un centre de conférences pour assister à une rencontre qui doit se tenir en salle 514. Dans le couloir, je vois que les salles sont numérotées 500 et suivantes, je suis donc au bon endroit. Mais je ne parviens pas à trouver le numéro 514. Au bout de plusieurs allées et venues dans le couloir en vain, je décide de suivre un jeune homme – un étudiant à l’allure de punk – en supposant qu’il se rend à la même conférence. Il entre dans une salle dont l’existence m’avait complètement échappé et qui porte bien le numéro 514. Je l’y suis et découvre, perplexe, qu’il n’y a presque aucune chaise dans la salle.

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Je fais faux bond à mon éditeur pour sa petite fête annuelle à R… Cette année, il a décidé de la filmer et de diffuser le live sur internet, si bien que je peux la suivre depuis chez moi. Le live commence très avant la fête proprement dite puisque je tombe sur le petit déjeuner de mon éditeur, sans sa femme mais avec ses petits-enfants, que les parents de ces derniers leur ont visiblement laissés pour les vacances. Si je m’étais rendu cette année à la fête, parce que, venant en train, j’arrive toujours en avance des autres, pour être embarqué à la gare, je me serais donc retrouvé dans cette cuisine avec les mioches qui mangent leurs tartines en faisant des pitreries. J’aurais senti le poids de ma solitude…

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O. (♂) et moi regardons une vidéo filmée par les Américains sur la Lune. C’est une vieille vidéo en noir et blanc dans laquelle sont filmés à distance les astronautes présents sur le sol lunaire – à distance comme si les astronautes étaient dans une vallée et le caméraman sur une colline en hauteur. Je constate plusieurs événements étranges et inexpliqués. Une souris traverse le champ de la caméra mais au loin elle aussi, ce qui veut dire que c’est une souris géante, de la taille d’un dinosaure. Puis nous voyons des sortes de papillons dans le ciel lunaire, qui ne font à leur tour que passer un bref instant. Enfin, on voit furtivement un homme en uniforme entrer dans le champ de la caméra et en ressortir aussitôt, juste devant celle-ci, et son uniforme est un uniforme soviétique. Je dis à O. que ces anomalies, dès lors qu’elles ont été passées sous silence par la NASA, indiquent que la vidéo est un faux, n’a pas été filmée sur la Lune, que c’est une mise en scène.

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Devant moi se dresse une tour de verre viridescent avec oriels et balcons. Pour m’y rendre, je peux emprunter l’une de plusieurs allées parallèles entre lesquelles se trouvent des bassins au bord desquels des gens sont assis. M’avançant sur l’une de ces allées, je constate que les bassins sont en réalité des piscines, où des gens se baignent. Ce constat à peine fait, je vois dans l’une des piscines un homme en costume noir viser dans ma direction avec un pistolet. Une femme se trouvant là, je l’emporte avec moi de propos délibéré dans le plongeon que je fais dans la piscine du côté opposé de l’allée, pour éviter le tir et la protéger, elle, d’une balle perdue. Quand nous sortons la tête de l’eau, j’explique mon geste à la femme, que je continue de tenir du bras par la taille tant que le danger n’est pas entièrement écarté. L’homme a tiré ; son pistolet n’est pas chargé de balles mais d’un fil dont la fonction m’échappe. La femme m’explique qu’il n’y avait pas de danger, qu’il s’agit seulement d’une épreuve d’athlétisme. Comme je lui demande des explications, non sans un peu de honte pour mon geste bien qu’elle ne semble pas mal prendre la chose, elle répond que c’est une des épreuves du dodécathlon.

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Je suis réfugié au Luxembourg parce que j’ai pris en France le parti du président de Bolivie Evo Morales forcé de quitter ses fonctions et son pays par un putsch militaire. Avec d’autres réfugiés politiques, nous sommes conviés à une cérémonie officielle dans un grand palais des congrès où de nombreux enfants des écoles entonnent un chant en français faisant partie du programme de la cérémonie. Le refrain de ce chant politique est : « Quel monde pourri ! » Les meilleurs élèves sont ceux qui chantent ces paroles avec le plus de fausse conviction – fausse conviction car, étant donné leur âge, ils ne peuvent savoir d’expérience que ce monde est pourri, surtout pas les meilleurs élèves, issus des milieux les plus favorisés.

[Hélas, trop d’enfants de par le monde sont soumis à des cruautés, et si j’avais eu leur sort à l’esprit dans ce rêve, je n’aurais pas rêvé ces réflexions que je viens d’écrire.]

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La fille de Viktor Ioutchenko, le dirigeant ukrainien, est en fait la fille de Donald Trump.

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Lors d’une soirée, je prends le micro pour chanter une chanson : « Je suis chanteur de charme, mais ce qui fait ma différence avec les autres chanteurs de charme, c’est que j’écris moi-même mes chansons. »

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Les femmes d’expatriés ne travaillent pas. Pour passer le temps, elles s’invitent avec leurs enfants les unes chez les autres à la moindre occasion. À chaque fois, les enfants invités doivent apporter des cadeaux aux enfants de la maison et la fréquence de ces occasions est telle que, pour les moins importantes d’entre elles, les mères se contentent de mettre une pâtisserie sous papier cadeau.

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Dans l’Ouest américain, nous sommes trois pionniers qui regagnons notre campement. Nous débouchons au pied d’un promontoire qu’il nous faut longer pour parvenir à destination. Alors que nous lui faisons encore face, nous voyons apparaître au sommet une immense troupe d’Indiens. Nous nous mettons à courir (nous ne sommes pas à cheval et les Indiens non plus) vers notre camp. La troupe d’Indiens dévale le promontoire à notre poursuite et les flèches fusent autour de nous. Par miracle, nous parvenons tous les trois indemnes au camp, où la nouvelle de cette énorme congrégation d’Indiens hostiles suscite la consternation, car il est certain qu’ils entendent attaquer et détruire le camp d’un moment à l’autre. On discute de ce qu’il convient de faire. Je dis qu’il faut se battre et résister jusqu’à la mort, mais je comprends vite que c’est ce que souhaitent éviter les membres les plus influents de notre communauté. On finit par se mettre d’accord sur le fait qu’il faut donner le droit de vote aux Indiens pour les pacifier. Quelques toits de charpente de maisons en bois (car c’est en fait plus qu’un simple camp, une véritable bourgade qui se construit) sont alors transformés en baffles (ne me demandez pas comment) et le pianiste s’assied à son piano : ce sont les préparatifs pour recevoir les dignitaires indiens à une soirée électorale.

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L’inscription runique géante de vingt mètres de long et plusieurs mètres de haut sur une falaise en Amérique du Nord est un faux avéré. C’est la découverte de l’inauthenticité de cette inscription qui a jeté le doute, ensuite, sur la pierre de Kensington.

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Au moment où V. et moi allons sortir de chez lui, nous voyons voleter une mouchule. C’est une sorte de petite mouche dont le corps est une braise incandescente. Une mouchule chez soi, c’est le risque, si elle se pose sur une matière inflammable, comme de la moquette, d’un incendie. Nous nous employons donc à la tuer avant de sortir. Comme son vol est peu rapide, je parviens à plusieurs reprises à claquer mes mains sur elle, comme quand on tue un moustique, mais cela ne fait rien à la mouchule, dont le corps résiste à ces chocs. (Par ailleurs, le choc est trop rapide pour que je ressente distinctement la brûlure de la braise.) Changeant de tactique, je parviens à l’écraser de la main sur le parquet, mais quand, ne laissant que le pouce sur elle, je vois que la mouchule est toujours aussi vivace, je comprends qu’il est vain de chercher à la tuer par ce genre de moyens et je demande à V. d’apporter un bocal dans lequel nous enfermerons l’insecte, pour peu que je parvienne à l’y faire entrer. Et je lui dis de se presser, de crainte que la braise ne finisse par me brûler le doigt. Une fois qu’elle sera dans le bocal bien fermé, nous pourrons sortir tranquilles.

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Une grande partie des provinces françaises ont été vidées de leurs habitants. Dans une de ces régions redevenues sauvages, une famille d’Afrikaners ayant quitté l’Afrique du Sud est devenue propriétaire d’une immense étendue de terres. Le fils de la famille nous invite, un ami et moi, à passer la nuit dans leur ferme. Ce jour-là doit avoir lieu une fête sur la propriété, avec d’autres Afrikaners établis dans la région.

La fête réunit beaucoup de monde, tous Afrikaners du type hollandais blond. Bien que cette homogénéité produise indéniablement une forte impression esthétique, elle complique singulièrement l’intégration à cette fête, dans laquelle je me contente de déambuler en spectateur. L’une des filles de la famille se fait remarquer par quelques frasques, comme quand elle se hisse nue sur une poutre de la grange qui sert de salle de danse. Quand elle redescend, je vois qu’elle n’est en fait qu’à demie nue car elle porte un pantalon, mais si transparent qu’il se remarque à peine, et l’on voit d’ailleurs les poils dorés de son ctéïs.

Quand la fête est terminée, vers une heure du matin, nous couchons, mon ami et moi, dans la chambre du fils de la famille, où des matelas ont été installés pour nous. C’est alors que nous entendons une conversation animée dans une pièce voisine. Une jeune femme s’est introduite dans la maison et prétend avertir les propriétaires qu’ils hébergent chez eux deux délinquants échappés du pénitencier. Et c’est vrai. Le fils de la famille, avec qui nous avons fait connaissance ces derniers jours, ne le sait pas mais l’ami et moi sommes deux fugitifs. Le père de famille ne veut pas croire l’intruse et lui demande de partir.

Le lendemain, quelques membres de la famille nous accompagnent un bout de chemin alors que nous nous séparons d’eux. Nous avisons au loin un chain gang de prisonniers affectés à des travaux de cantonnier. Nous craignons d’être reconnus par les gardiens, et alors que nous cherchons un prétexte pour rebrousser chemin ou quitter la route, une mutinerie éclate parmi les prisonniers. Nous profitons de la confusion pour nous carapater dans les bois.

II

Taos l’irréductible est un nom antique du chaos. L’irréductibilité s’entend au sens mathématique : de même que certaines fractions ne peuvent être exprimées que par un entier arrondi, de même l’ordre dans le monde est une forme arrondie dont l’existence ne supprime pas le chaos.

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Dark Vador est une allusion à Salvador, le Sauveur en espagnol, c’est-à-dire le Christ. La Guerre des étoiles est une métaphore cryptée de la résistance des peuples païens à l’expansion du christianisme, un exemple de plus de l’antichristianisme viscéral d’Hollywood.

[N.B. Le nom du personnage dans l’anglais original est Darth Vader et c’est en français seulement qu’il s’appelle Dark Vador.]

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Tandis que je mange un sandwich sur un banc, dans un hall sombre et délabré en Inde, j’entends deux Indiens, les seules autres personnes présentes, discuter, l’un disant à l’autre quelque chose qui me laisse entendre qu’il va me chercher noise. Il s’approche et s’assied près de moi, sur mon sac à dos posé sur le banc. C’est fait en manière d’affront. Quand il se relève, m’attendant à des violences de sa part, je le menace d’un couteau : un laguiole. Il me saisit aussitôt le poignet et cherche à faire entrer la lame dans ma poitrine. Au cours de la lutte qui s’ensuit, je finis par le poignarder et il meurt.

Je quitte les lieux sans chercher à prévenir la police car je pense qu’elle ne me croira pas – qu’elle ne croira pas un étranger après qu’il a tué un Indien. Je dévale alors des escaliers tout aussi sombres et délabrés que le hall, sur plusieurs étages. Dans ces escaliers pas mal d’Indiens font la causette et j’en bouscule quelques-uns dans ma précipitation. Même quand je passe à côté d’eux sans les toucher, ils expriment du mécontentement et je sens que tous pensent de moi, en me voyant ainsi courir : « Typical white jerk. »

Quand je sors enfin dans la rue, mon espoir est de trouver un taxi rapidement pour quitter le quartier avant qu’il soit bouclé par la police, car si la police boucle le quartier avant que j’en sois sorti, elle m’arrêtera parce que je suis un étranger (et de plus mon laguiole est resté planté dans le cadavre, ce qui me désigne comme l’assassin). Je marche un moment sur le trottoir (je ne cours plus pour ne pas attirer l’attention) puis, en traversant la rue, je vois un autobus foncer sur moi ; un Indien traversant en même temps, je m’agrippe instinctivement à lui. L’autobus pile devant nous. Le piéton auquel je me suis agrippé, qui n’a quant à lui manifesté de l’inquiétude à aucun moment, rit de ma peur : j’aurais dû savoir qu’il n’y a pas de code de la route en Inde et que traverser la rue où roule un bus est un moyen de l’arrêter pour y monter. Ce qu’il fait. D’autres Indiens, des passants qui ont vu la scène, rient également. On meurt beaucoup écrasé par des véhicules en Inde mais on continue de traverser la rue et de rouler sans respecter aucune règle ni faire attention à quoi que ce soit.

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Si vous voulons tous être riches, la pauvreté est un défaut de faculté.

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J’entends une chanson dont le refrain est : « Oun galout, oun galout, oun galout frout ! » L’interprète est une jeune chanteuse d’un pays d’Europe de l’Est, chantant dans sa langue slave, et le refrain veut dire : « Une galoche, une galoche, une galoche française », ce qui est la même chose qu’un French kiss en anglais, à savoir ce qu’on appelle vulgairement chez nous « rouler des galoches ».

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Dans le métro, les écrans publicitaires servent aussi à diffuser des informations sur le fascisme. Ces informations sont discrètement à la gloire du fascisme. Le but est de réduire le nombre d’actes de délinquance dans le métro. Je note l’idée sur un ticket, ce qui n’est pas évident faute d’espace pour écrire.

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Un jeune homme et une jeune femme épris l’un de l’autre souhaitent se marier mais la jeune femme prend subitement du poids et doit donc être soumise à une certaine épreuve. Dans la réalité, elle suivrait un régime ; ici, on m’explique ce qu’est cette épreuve mais je ne le comprends pas bien. Il s’agit de manger. Je demande s’il s’agit de manger puis de se faire vomir (comme les anorexiques). On me répond que non. Mais alors comment perdre du poids s’il s’agit de manger ? On me dit qu’il faut convertir la nourriture en gaz pour que, en l’expulsant sous forme de gaz, on perde du poids.

La jeune femme se soumet donc à cette épreuve et semble n’y pas trop mal réussir. Elle se dit contente de la subir car c’est par sa faute que le mariage a été compromis. Mais il faut encore savoir si cela marche, si son aimé va vouloir d’elle à nouveau. Il faut, quand ils sont mis en présence l’un de l’autre, qu’un signe descende et se pose. Cela n’arrive pas, chacun s’en rend compte.

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Je dîne avec O. (♀) dans un restaurant chic. Nous commandons la même chose, une sorte de soufflé qui grésille quand le serveur verse une sauce dessus. Puis le serveur incise avec un couteau la surface du soufflé, qui crève et répand son contenu au fond de l’assiette creuse. On peut alors manger. Parmi les ingrédients il y a des morceaux de saucisse, comme dans un rougail ; O. trouve la saucisse délicieuse mais selon moi la saucisse n’a pas de goût et j’ai le sentiment qu’on m’a servi une saucisse de soja car je trouve aussi sa couleur suspecte. J’appelle une serveuse, qui finit par m’apporte un bout de saucisse de viande qu’elle me demande de goûter : le goût est le même, j’ai donc fait tout un cirque pour rien.

Au dessert, la serveuse vient nous montrer un plateau de gâteaux divers parmi lesquels nous pouvons choisir. O. ne prend pas de dessert et quant à moi je choisis une part de gâteau au chocolat. Les parts, volumineuses, sont déjà coupées, mais au lieu de me servir tout de suite la part choisie, la serveuse remporte le plateau puis m’apporte une assiette avec quelques miettes de chocolat esthétiquement présentées en zigzag et dont je ne fais qu’une bouchée. Ils ont simplement prélevé une fine pellicule de chocolat sur la part et l’ont servie – la fine pellicule – de cette manière.

Quand O., enfin, me dit que c’est mon tour de payer, alors que je croyais qu’elle m’invitait, je ne parviens plus à cacher mon irritation. Je me lève sans attendre que la serveuse ait effectué le paiement avec ma carte sur son appareil. La serveuse me dit que l’appareil fonctionne mal, que cela peut prendre un peu de temps, et m’invite donc à me rasseoir. Quand je finis par me rasseoir, aussitôt la machine a fini son opération et la serveuse me tend le ticket.

O. et moi sortons dans un dédale de rues sombres.  Je lui demande au bout de quelques instants si elle a son porte-monnaie avec elle, car j’ai vu sur la table en partant un porte-monnaie couleur chamois. Elle regarde dans son sac et me dit, consternée, qu’elle ne l’a pas. Je lui explique alors qu’elle l’a laissé au restaurant et lui demande d’y retourner tandis que je l’attends. Elle repart. Je ne lui ai pas proposé d’y retourner avec elle car je suis fâché de la façon dont la soirée s’est passée, mais, dans ces rues sombres et vu son âge (près de quatre-vingts ans), je crains d’avoir commis une imprudence et m’en veux.

Pourtant, plus tôt dans la journée, c’est elle qui nous avait conduits, B. et moi, en avion particulier. L’atterrissage, parmi des vignes, avait été un tantinet cahotant mais dans l’ensemble tout s’était bien passé. Je m’étais fait la réflexion, vu son âge, qu’il n’était peut-être pas prudent qu’elle continue à piloter – mais aussi, ne sachant pas piloter moi-même, que c’était ma faute si elle continuait de prendre les commandes plutôt que de me les laisser.

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Un jeune prêtre portugais devient impliqué dans l’opposition au dictateur Salazar en fréquentant une pastelaria tenue par une veuve dont la fille a des activités politiques clandestines. En même temps naît entre le prêtre et la jeune femme un amour qui n’ose se déclarer.

Un jour, les deux sont arrêtés par des supplétifs de la police politique dans une maison isolée à la campagne où devait se tenir une réunion secrète entre plusieurs personnalités de l’opposition. Les supplétifs armés laissent en fait planer le doute sur leur véritable fonction et, la nuit tombée, leur chef dit au prêtre qu’il peut partir, en lui indiquant un chemin qui, dit-il, le mènera à bon port. Le prêtre demande où mène ce chemin. « Au village le plus proche », répond l’autre. On peut croire que le prêtre n’a pas compris qu’il sera tué dehors. Il sort dans la nuit mais, au lieu de suivre le chemin indiqué, s’en écarte. Depuis la maison on allume une lumière extérieure : si le prêtre avait été naïf, il aurait cru qu’on lui éclaire le chemin mais il s’agissait en fait de l’éclairer, lui, pour lui tirer dessus. Or il n’apparaît pas dans la lumière.

Le prêtre se met à courir à travers la campagne, en se doutant que ses ennemis vont lancer d’important moyens de chasse. Il court ainsi toute la nuit et encore au petit matin, franchissant des palissades, dévalant des talus en pente raide, sautant même depuis une hauteur dans des frondaisons d’arbres avant d’en descendre et de poursuivre sa course… Il arrive au matin dans une petite ville où, pour ne pas s’y trouver piégé comme un rat, il décide de prendre un autocar et de quitter la région, voire le pays. La jeune femme le retrouve à la gare routière, et ils quittent la ville en autocar.

Elle explique que c’est lui que les supplétifs voulaient et qu’ils l’ont laissée seule quand ils se sont mis en chasse. Le prêtre lui demande de partir avec lui, c’est une manière de lui déclarer sa flamme. Mais, malgré leur amour réciproque, elle descend à la prochaine ville et lui dit adieu.

La suite de son voyage conduit le prêtre en France, où il découvre depuis l’autocar les mœurs européennes de l’époque en traversant une ville côtière où, sur des plages entre les églises et la mer, des femmes se font prendre en photo les seins nus.

[Bien que la dictature portugaise s’appuyât sur le clergé en tant qu’élément traditionnel de la société, il existait une opposition ecclésiastique au régime. Du reste, dans ces dictatures anticommunistes qui se réclamaient volontiers de l’Église, les autorités n’hésitaient pas à traiter son clergé comme leurs autres opposants, s’il sortait des clous, comme le savent ceux qui connaissent l’histoire de l’archevêque Romero du Salvador, assassiné en pleine messe dans un pays où les soutiens du régime militaire circulaient des tracts « Sea un patriota, mate a un cura » (Sois un patriote, tue un curé).]

Law 15: One Repeal to Freedom

Hate Crime

“Adding extra penalties to a crime based upon the offender’s motive or prejudicial statements is an unconstitutional abridgement of free expression. … Proponents of hate crime laws have attempted to compare the need for hate crime laws with the need for laws against discrimination. On the other hand, some have noted that civil rights laws target discriminatory behavior, not the prejudice behind the behavior.” (Encyclopedia of American Law)

I owe the reader a precision. The first sentence has been cut to express my full endorsement of the idea and this is not the current state of the law. The original sentence is “Critics of hate crime statutes argue that adding extra penalties to a crime etc.”

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One Repeal to Freedom: Terminating the Civil Rights Acts

The most conspicuous, when the Acts are repealed, is that nothing will be changed. The fair employment section has not desegregated the workplace and the fair housing act has not desegregated neighborhoods–as far as those for whom these acts were allegedly passed, the Negroes, are concerned. Critical race theory is correct: civil rights legislation is rubbish and the liberals’ record a piece of trash.

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The Threat of Standing Armies

(Completes The People in Arms in Law 14.)

The second amendment has three functions: (1) To defend against a tyrannical government

Assuming a tyrannical government is what Scalia calls “public violence” in the phrase “(protecting oneself against) both public and private violence,” and that to defend against it is to defend against its army, can it be done by the militias as known from the statutes?

The National Guard is “under the dual control of the state governments and the federal government”: If one of the two controllers is the tyrannical government, the National Guard cannot act as a defense against it unless it splits from the tyrannical controller. If the two controllers are together, the National Guard can do nothing.

State Defense forces are under state control. They cannot defend against a tyrannical government if the state in question supports said government or is the tyrannical government.

These are not militias but integral parts of the governments that the Constitution suspects of possible public violence and tyranny, and therefore the legislative acts are best described as maneuvers to empty out a major constitutional object.

ii

Why did the Founders fear standing armies? Standing armies are made of the scum of society (Montesquieu already said so, why would it be different today?), so in the final analysis what you’ve got is a scum bureaucracy and a political lobby of the scum, which is gathered in a mass and thus can develop a scum class consciousness (contrary to tertiary sector workers, completely atomized). Add police to this brutish organized element and, besides big business (Delaware Inc. [see below]), you’ve got the most prominent political lobby in the state.

The Republican Party is their mouthpiece now (them plus small business. What blue collars? The jobs are outsourced in China), which platforms therefore ask both for small government and large armed forces: a banana republic. So much so that, seeing this farce, some true conservatives have been forced to flee to a third party, the Libertarians, even though, as I wrote elsewhere (Law 10), a two-party system is better than a multi-party system. The Republican Party’s platforms vindicate both small government and large armed forces. Small business, bosses and employees alike, the former due to their opposition to red tape, the later out of resentment against functionaries’ entitlement, calls for small government. The praetorians call for large armies. The Democratic Party’s platforms are dictated by the technostructure, which is compounded of big business and state bureaucracy.

iii

When this or that politician emphatically declaims that the army is the most desegregated institution in the states, it’s a bloody sarcasm on racial minorities. More desegregated is only… prisons. What is it they gloat over?

In my opinion, professional soldiers should never be called veterans. It must be reserved to drafted civilians. The figures of military outsourcing in the U.S. (Titan Corporation etc.) are now staggering and these companies’ employees most probably never get called veterans.

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Delaware Inc.

Biden has spent his career making it difficult to wipe out debt via bankruptcy. Biden is from Credit Card Company-run Delaware. (Patrick Howley, journalist)

Oh, Biden is from Delaware… Recently I read this on Delaware: “Most American corporations are incorporated in Delaware and … most Delaware cases of corporation law are done in front of professional judges [Delaware Court of Chancery, an equity court], not jury laymen.” (De Geest, American Law: A Comparative Primer, 2020)

I apologize for putting Howley’s “credit card company run-Delaware” description in its true light, which is that it’s not even half the picture, since “[m]ost American corporations are incorporated in Delaware and … most Delaware cases of corporation law are done in front of professional judges, not jury laymen.”

Delaware is the incorporation state of “most American corporations” so they can avoid litigation via popular juries. Therefore, the item Howley lays down from Biden’s record (making it difficult to wipe out debt via bankruptcy) must have a more accurate reason, which is, in my opinion, that Delaware is the state of big corporation interests, and it’s small business owners who need accommodating bankruptcy laws. Big corporations, on the other hand, have an interest in holding small business by the throat.

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The Mexican Flag As Gown

North Carolina student denied diploma after wearing Mexican flag over graduation gown.

Here’s the story.

“Livestreamed video footage from the ceremony shows the principal ask him to take the flag off. After an unsuccessful attempt to take it off, he was handed his diploma holder, which the other students also received. But after walking across the stage, he was denied his actual diploma.”

“This incident is not about the Mexican flag,” the school said, adding they “strongly support [their] students’ expression of their heritage.” But “school dress code allows decoration only on graduation cap.”

Then, “In a statement to ABC News on Sunday, … High School said that Lopez’s diploma has been available for pick up since Friday and that an apology has never been requested, expected or required.”

With title “North Carolina student denied diploma after wearing Mexican flag over graduation gown,” the author of the paper seemingly intends to make of this story a civil liberties issue, whereas it is a dress code issue, and when you read till the end, of course the student’s got his diploma: he can pick it up at the school and the school has not even asked for an apology for the decoration day’s dress code breach.

ii

The facts: E. Lopez wore the flag of Mexico over his graduation gown at decoration day. The principal who was to hand the diploma asked him to remove the flag because it was a breach of the school’s dress code for decoration day, upon which demand Lopez tried to comply but had difficulty removing the flag, so the principal handed the diploma nevertheless, finding Lopez’s wish to comply compliant enough. However, someone else from the school staff, after he had walked across the stage, thought differently and took the diploma back. This caused some outrage and a small demonstration took place in the next days. The school explained that the sanction had nothing to do with the flag but with a breach of dress code, that the diploma was available at the school for Lopez to pick it up, and that the school was not asking him an apology. The sanction was therefore simply that his diploma was withheld a few days by school officials, which seems quite fair and the school could have asked for an apology in the bargain without making a disproportionate demand, I find.

A paper was released (attached to a video from decoration day) with title “North Carolina student denied diploma after wearing Mexican flag over graduation gown.”

I wonder whether the word “denied” is not misleading and I would really like to know how other readers interpreted it. The diploma was retained a few days, does it justify the use of the word “denied”? On the other hand, Lopez did not get his diploma that day so he was denied the diploma that day, sure; still, he was not denied the diploma more than a few days…

The first thing that came to my mind when reading the headline (I’m not an American citizen and for a moment I overlooked the narrower meaning of the word diploma in English) is that E. Lopez was denied his degree, that is, the school authorities canceled his studies because of his wearing a foreign flag on his gown at decoration day, as if they had found it a seditious act. We all know the issue with flags is sensitive, Republicans tried to make burning or otherwise defiling the Stars and Stripes a criminal offense (the Supreme Court found it unconstitutional, so they tried to amend the Constitution, no less), so for a moment I thought school authorities had reacted in a hugely disproportionate way (the Supreme Court grants school authorities extensive prerogatives so why not?). I had been reading about Mexico’s President Vicente Fox urging, in his times, Mexican migrants to keep Mexico’s interest at heart when they vote in the U.S., so perhaps the climate in the school was marred by ethnic tensions and the authorities would have seized the opportunity and used the power that is bestowed upon them to make an example, treating the case as sedition and canceling the kid’s study years in a snap.

After I cooled down I knew it was only about the paper document, but still to “deny” Lopez this document, like forever, would have been disproportionate.

Then I found out the document was only withheld a few daysand I think it is all set (and the school could even have asked for an apology in my opinion). I said this was a mere dress code issue and not a civil liberties issue but this is not accurate: a dress code issue may well be a civil liberties issue, as is known since Tinker v. Des Moines Independent Community School District (1969): “The First Amendment, as applied through the Fourteenth, did not permit a public school to punish a student for wearing a black armband as an anti-war protest, absent any evidence that the rule was necessary to avoid substantial interference with school discipline or the rights of others.”

The school authorities may have been quite lenient with Lopez because they had this Supreme Court’s decision in mind and not only because of possible diplomatic consequences or out of political correctness.

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“Not liberty, but Dominion”

« (President John Quincy Adams) continued, America “goes not abroad in search of enemies to destroy.” If America embarked upon such a course she would “involve herself beyond the power of extrication, in all the wars of interest and intrigue, of individual avarice, envy, and ambition, which assume the colors and usurp the standard of freedom.” In prophetic words, Adams added, “The fundamental maxims of her policy would insensibly change from liberty to force … She might become the dictatress of the world. She would be no longer the ruler of her own spirit.” Adams summed up America’s achievement in these words: “(Her) glory is not dominion, but liberty.” » (Claes G. Ryn, America the Virtuous, 2003)

“Not dominion, but liberty,” President Quincy Adams said. Now it seems that Americans are going to have “not liberty, but Dominion,” i.e., Dominion Voting Systems.

The very word Dominion should be abhorrent to Americans, for two reasons. 1/ In this major presidential speech from 1821 (the “not dominion, but liberty” speech) President Adams was reaffirming the tradition, set up by Washington in his farewell address, of avoiding entanglement in international relations, of avoiding it for the very sake of America’s greatness. 2/ Pursuant to the same ideal, America advocated nations’ right of self-determination in a time when the British and other European countries had world empires with dominions, allegedly “self-governing” colonies. That is to say, the word dominion runs into the idea of self-determination.

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The Faceless Against Hate

Justin Trudeau: Freedom of expression isn’t “freedom to hate.”

That’s the true state of Canadian law, where faceless bureaucrats (of whom Trudeau is but the mouthpiece) decide what is hate and what is not, and what citizens, writers, intellectuals, journalists are allowed to say.

That a few states be added to the territory over which the Union is sovereign, is long overdue. If the U.S. does not consider it seriously or keeps accepting such a sham, such a parody of democracy at its border, then the Union will not be able to maintain its freedoms for long because its sense of freedom will be eroded by the deceptive idea that a country can be mocking and trampling liberties as Canada does and still be a legitimate model of Western democracy.

Before the internet people had no idea, but I fear the internet is not going to make Canadians ask for the same freedoms as their neighbor but rather that American faceless bureaucrats will press Congress and courts to curtail American freedoms, legitimized by the Canadian example. I fear the internet is not going to make Canadians ask for the same freedoms as their neighbor, precisely because their system is locked up. People do not decide what subjects are open to debate, Canadians are not allowed to ask “freedom to hate,” that would be, as the faceless bureaucrats construe it, to stand against the state, that would be sedition.

You might say Trudeau is the face of the “faceless,” after all. As much as a conservative prime minister would. They are called faceless no matter who is “in charge” because, in a locked-up system, the people cannot look at bureaucracy as in a mirror. Their dictates are promises made to lobbies behind closed doors; and while they hardly ever show up on political platforms, yet repressive laws are piling up.

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Flag Desecration Amendments Galore

Whereas in most countries flag desecration is a criminal offense punishable with prison, the U.S. Supreme Court struck down a statute prohibiting burning and otherwise defiling the Stars and Stripes.

Therefore, since Texas v. Johnson, 1989, in order to make it a criminal offense like elsewhere U.S. lawmakers need a constitutional amendment.

« There have been several proposed Flag Desecration Amendments to the Constitution of the United States that would allow Congress to enact laws to prohibit flag desecration:

Douglas Applegate (Ohio) in 1991
Spencer Bachus (Alabama) in 2013
Steve Daines (Montana) in 2019
Robert Dornan (California) in 1991
Bill Emerson (Missouri) in 1991, 1993, 1995
Randy Cunningham (California) in 1999, 2001, 2003,
Jo Ann Emerson (Missouri) in 1997, 1999, 2001, 2003, 2005, 2007, 2009, 2011, 2013
John P. Hammerschmidt (Arkansas), 1991
Orrin Hatch (Utah) in 1995, 1998, 1999, 2001, 2003, 2005, 2011, 2013
Andrew Jacobs Jr. (Indiana) in 1995
Joseph M. McDade (Pennsylvania) in 1989, 1995, 1996
Clarence E. Miller (Ohio) in 1991
John Murtha (Pennsylvania) in 2007
Ron Paul (Texas) in 1997, but he opposed any federal prohibition of flag desecration, including his own Flag Desecration Amendment which he proposed only as a protest against proposals by his Congressional colleagues, such as Emerson and Solomon, to ban flag desecration through ordinary legislation instead of by Constitutional Amendment.
Gerald B. H. Solomon (New York) in 1991, 1993, 1995, 1997
Floyd Spence (South Carolina) in 1991
David Vitter (Louisiana) in 2009 »

(Wikipedia: Flag Desecration)

To think that lawmakers are so obstinate, they must have plenty of time to waste. But this is no surprise; as I always say, it takes independent judges tenured for life to defend free speech, whereas elected officials are always against free speech.