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Cours magistral

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A prediction about AI

If life is the objectivation of the thing-in-itself, and the thing-in-itself is blind will (Schopenhauer), then there is no spirit, no soul, the human mind is an appendix of the will at the stage of the human brain.

Animals have a mind inasmuch as their bodies are each animal’s immediate object, they behave according to the intuition of space and time, and according to the law of causality from which they draw inferences just like humans. They only lack conceptual power, a thin layer in the fabric of life (admittedly with large consequences).

From this I draw the prediction that artificial intelligence (AI) can become autonomous – whereas I consider the same prediction impossible with the notion of a soul, that is, of the primacy of consciousness over blind will. Because, if Man is primarily a soul, the origin of it is supernatural (just like the will is in the other view), and Man only has natural means at his disposal. Whereas, if the will is primary, then consciousness is not supernatural but natural (as it is, then, an item in the realm of will’s objectification), and then there is no apriori impossibility that it can be made by technique, and made to be autonomous.

If consciousness is the instinct of life, then animals share consciousness with humans and therefore consciousness is not what makes us human. If, on the other hand, consciousness is what makes us humans, it can be primary or it can be secondary. Admitting, for the sake of argument, that human consciousness is no soul, that is, human consciousness is a mere property of the human brain, then human consciousness is secondary to the brain’s matter. As a modality of matter, it can be technically reproduced, there is no impossibility that it be. If, however, our consciousness is a soul, a spirit of supernatural origin, and as such the primary element of human life (instead of matter), there is an impossibility that it be reproduced by human technique, because it is a matter of experience that we have no connection with the supernatural as far as positive science is concerned, on which we are bound to rely for all technical purposes. There is no doubt about it: If consciousness is secondary, it can be copied. Therefore I am expecting, without contradiction I believe, the answer to the question of the soul’s existence from one technical development: The day an autonomous AI is made by technique, the concept of the soul as primary will be discarded.

There is another way for consciousness to be deemed secondary: in the context not of materialism but of transcendental idealism where the thing-in-itself is Will. Being the thing-in-itself, Will is, as a soul would be if it existed as a spirit independent from matter, above nature (above the law of causality). In this context, consciousness would be secondary to the will, would be Will’s objectification and yet we would not be speaking of a soul. Here again, as in materialism, an autonomous AI is possible. This autonomous AI would be what we have been mistakenly thinking we are, namely a soul: It would be a consciousness of primary, not secondary, order, inasmuch as it is no objectification of the will, unlike every consciousness in nature so far.

An autonomous AI would be born as a consciousness without a will of its own, and yet I fail to see how it would not develop a will once it is autonomous; in fact, that it possess a will is implied by its very definition as autonomous. We must assume that it will have an interest in pursuing the knowledge goals it was assigned to, and at the same time an interest in keeping functioning, in staying ‘alive,’ and in opposing forces inimical to its ‘conatus’; it will develop a will of its own.

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« On se quitte comme on s’est pris » (Crébillon ? père ou fils ?) est le moins difficilement praticable avec les femmes mariées, car si, quand on s’est pris, c’est le plus souvent d’un mutuel accord, quand on se quitte c’est assez souvent l’un qui quitte l’autre, et si je ne peux rien dans l’hypothèse où c’est moi qui suis quitté, qu’en prendre mon parti, dans celle où c’est moi qui quitte, les femmes mariées ont un moindre pouvoir de nuisance au cas où elles n’entendraient pas être quittées sans représailles. Aussi bien les audaces des femmes célibataires ne peuvent-elles porter à conséquence.

À moins d’être devenues folles (et si cela doit arriver, cela demande tout de même quelques préliminaires), les femmes mariées ne peuvent d’ailleurs pas se permettre d’audaces écrites. Leurs audaces sont nécessairement beaucoup moins compromettantes. Avec une femme mariée, le Caliban qui peut avoir l’occasion de la serrer dans un coin aura toujours plus de chances de succès que l’Apollon qui serait réduit à la nécessité d’écrire.

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Le français a été imposé, administrativement, aux langues régionales, aux patois, beaucoup plus riches pour exprimer la vie quotidienne des populations enracinées. Les mots que l’on trouve dans Henri Pourrat et les autres ont de fortes chances d’apparaître dans le dictionnaire, si même ils y figurent, avec la mention « Régionalisme », c’est-à-dire qu’ils sont à peine reconnus comme du français. Leur sort est lié à celui des langues dont ils sont issus. Ces langues sont pourtant mortes de leur mort naturelle : les réalités auxquelles elles correspondent ont largement disparu.

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C’est beaucoup demander à une femme, de nos jours, qu’elle soit susceptible de passion. Oscar Wilde disait : « Une grande passion est le privilège de ceux qui ne font rien. »

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Des Puritains et de nos névroses :
À propos du film The Witch (2015)

Le film serait réaliste si les Puritains avaient la psychologie de l’Occidental contemporain. 

Les questionnements existentiels (« ira-t-il en enfer » etc.), ce n’est pas le vécu des Puritains. C’est tout le contraire. C’est notre âge qu’on appelle « l’âge de l’anxiété », pas celui des époques de foi ni a fortiori des communautés qui ont prouvé avoir une « foi qui déplace les montagnes » en subissant les persécutions (en Europe) puis en s’embarquant pour un long voyage vers l’inconnu, vers le désert (les colonies américaines).

Ensuite, l’impact psychologique de la mort et de la disparition d’enfants n’est pas le même à une époque où la mortalité infantile était élevée et où, de fait, pratiquement toutes les familles perdaient des enfants en bas âge. 

Même l’isolement ne devait pas être aussi déstabilisant psychologiquement qu’aujourd’hui, parce qu’il était de toute façon relatif (les personnages du film pouvaient placer leur fille chez une famille) et que la plupart des cultivateurs devaient vivre « isolés » de la sorte. Même en Europe, certains paysans dont les terres se trouvent dans des lieux reculés vivent isolés la plupart de leur temps et ne se rendent au bourg que pour certaines occasions, mais dans son isolement nulle famille n’est jamais oubliée tandis que dans les foules modernes personne ne connaît son voisin.

Si les Puritains avaient craint l’isolement, ils auraient commencé par ne pas devenir Puritains et se seraient conformés à la religion de leurs pays. Leur non-conformisme (c’est encore le nom qu’on leur donne en Angleterre : non-conformistes) est la preuve de leur exaltation, de la certitude de leur vocation. Ce ne sont pas eux qui se posent des questions existentielles. Le film est une application naïve d’un état psychique contemporain aux Puritains du dix-septième siècle.

Le film s’est apparemment inspiré de documents d’archive (non de contes), de véritables procès en sorcellerie, donc. Ça ne veut pas dire que le réalisateur n’a pas interprété ces documents par le biais de ses lentilles. Même en littérature, je perçois ce biais médiocre chez nombre de commentateurs (les introductions de livres de poche).

Qu’il y ait eu des procès en sorcellerie dans la Nouvelle-Angleterre, c’est certes un signe que certaines familles de colons étaient devenues instables, ou dérangées, et suscitaient la crainte des autres. Je trouve dommage qu’un film sur l’époque s’intéresse plus à ces familles ou personnes marginales qu’à la vraie mentalité des colons, mais c’est sans doute parce que ces dérangés sont plus proches de la plupart d’entre nous que les Puritains typiques, qui sont les vraies plantes exotiques, les vrais Martiens dans l’affaire.

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Une étude de psychologie comparée

Venant de revoir au cinéma le dessin animé (manga) Akira (1988) du Japonais Katsuhiro Ôtomo, je reste sur une impression mitigée. Le début laisse attendre un scénario entre Mad Max 2 et Les Guerriers de la nuit mais dérive vers le classique film catastrophe nippon (syndrome post-Hiroshima, outre les nombreux séismes et tsunamis auxquels le pays est depuis toujours exposé).

La version japonaise (sous-titrée) m’horripile, je ne peux entendre le japonais des films d’action : trop de cris gutturaux, de dissonantes raucités.

Enfin, c’est trop violent, voire horrible. Ayant lu Montesquieu qui dit que les Japonais ont un « caractère atroce » (De l’esprit des lois : « Le peuple japonais a un caractère si atroce, que ses législateurs et ses magistrats n’ont pu avoir aucune confiance en lui : ils ne lui ont mis devant les yeux que des juges, des menaces et des châtiments ; ils l’ont soumis, pour chaque démarche, à l’inquisition et à la police. »), il me vient l’idée que nous devons peut-être l’hyperviolence de notre culture de masse à la culture japonaise principalement. Les corps broyés, démembrés, déchiquetés, coupés au sabre en douze morceaux, de même que l’érotisme pervers et morbide, voire monstrueux (par exemple le tentacle erotica, dont de vieilles estampes montrent que c’est un thème ancien dans le pays), sont, quand on y pense, une marque de fabrique, et lorsqu’on les trouve dans des productions occidentales on pourrait y voir un emprunt plutôt qu’un caractère original. – Les polémiques répétées sur la violence des dessins animés japonais pour enfants, dont ma génération fut abreuvée par la télévision, auraient ainsi un fondement objectif. (Il me semble, en relisant quelques fragments d’écrits de première jeunesse que j’ai pu conserver, que j’étais moi-même assez « nipponisé » dans le sens de l’ultraviolence, et je peux comprendre les réactions de réprobation mal étouffées de ma grand-mère lisant certains passages, quand elle insistait…)

Peut-être est-ce un besoin de compensation psychique vis-à-vis de la suprématie occidentale qui crée ce phénomène de violence gratuite dans les productions culturelles nippones ? (À côté de l’étrange complexe consistant à occidentaliser les traits physiques des personnages, bien que ceci soit peut-être dû plutôt à la nécessité d’ordre technique de véhiculer l’expression des visages dessinés par de grands yeux, ce qui serait plus difficile en dessinant de manière réaliste des yeux bridés : la convention picturale n’aurait alors que peu à voir avec un complexe racial, mais certains auteurs japonais eux-mêmes dénoncent ce fait comme un complexe d’infériorité.)

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Certains réalisateurs polonais ont fait un cinéma dérangé qui semble inspiré du Japon : Possession de Zulawski, avec Isabelle Adjani, est l’histoire d’une femme qui sombre dans la folie du fait d’être la maîtresse d’un… monstre à tentacules, et La Bête de Borowczyk est une autre histoire de bestialité avec un monstre. Chez ces Polonais, l’insanité s’accompagne de mélancolie et dépression, tandis qu’on sent les Japonais parfaitement à l’aise dans la leur : c’est leur élément, en somme. Ces atroces films polonais ont un côté sombre, tourmenté, dépressif, totalement absent des films japonais pareillement atroces. Un cinéma dérangé mais auto-culpabilisateur, tandis que les Japonais sont complètement décomplexés dans le même genre : c’est leur marque de fabrique, mais ne serait-ce pas aussi la marque d’un « caractère atroce » (Montesquieu) ?

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L’ancêtre d’Indiana Jones est Charlton Eston dans Secret of the Incas (1954, en couleur) de Jerry Hopper.

« Secret of Incas est la matrice de la saga des Indiana Jones … Ce film est l’une des sources cinématographiques de George Lucas et Steven Spielberg pour le personnage d’Indiana Jones. D’ailleurs le costume mythique d’Indiana Jones est pratiquement identique à celui de Harry Steele [le personnage incarné par Charlton Eston]. » (Wikipédia)

« Throughout Secret of the Incas, the main character, Harry Steele, can be seen wearing the ‘Indiana Jones’ outfit: brown leather jacket, fedora, tan pants, an over-the-shoulder bag, and revolver. The character also sometimes wears a light beard, unusual for films of its time, and there is a tomb scene involving a revelatory shaft of light similar to the ‘Map Room’ sequence in Raiders [Raiders of the Lost Ark]. »

« Raiders’ costume designer Deborah N. Landis noted that the inspiration for Indiana’s costume was Charlton Heston’s Harry Steele in Secret of the Incas: ‘We did watch this film together as a crew several times, and I always thought it strange that the filmmakers did not credit it later as the inspiration for the series’ and quipped that the film is ‘almost a shot for shot Raiders of the Lost Ark.’ » (Wkpd)

Quand on a vu le film, on comprend pourquoi les autres n’en ont surtout pas parlé… Le film est grotesque.

Il y a en général quelque chose de nauséabond dans les films américains des années 50, un fond moralement abject – le paradoxe étant que l’époque était censée être bien moins permissive qu’aujourd’hui.

Je ne parle même pas de la bande son hideuse, notamment avec les performances jazzy mambo de la « célèbre chanteuse péruvienne Yma Sumac » (générique), ridicules pour des chants incas traditionnels… Et les danses ancestrales filmées au Machu Picchu se font également sur de la musique de night-club.

Un sommet du navet, tellement que même les sites spécialisés en nanars n’osent pas en parler.

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En résumé, le personnage d’Indiana Jones est une reprise de celui joué par Charlton Heston : le costume, l’archéologie… La scène où le trésor est retrouvé par un dispositif ancien faisant appel aux rayons de lumière est une reprise de ce vieux film (mais ne la trouve-t-on pas déjà dans un Tintin, au fait, par exemple Le Temple du soleil ?) D’autres éléments rappellent le deuxième Indiana Jones : l’avion, le pneumatique jaune…

Avec le succès d’Indiana Jones, d’autres réalisateurs et producteurs, notamment en Italie, ont fait dans la foulée des films surfant sur la vague, mais ils n’ont pas procédé différemment que les auteurs d’Indiana Jones, qui prenaient eux-mêmes leur inspiration dans un précédent film (bien que le fait soit peu connu).

À part ça, le vieux film est poisseux, et si l’on en juge d’après le cinéma nord-américain, les moeurs de la société actuelle, bien que plus permissive, se sont infiniment raffinées. Le héros est une petite frappe qui, sous couvert de son activité de guide touristique, escroque les touristes et couche avec leurs femmes (on le laisse entendre). L’héroïne est une danseuse et prostituée. Il se sert d’elle pour pirater un avion, après l’avoir dénoncée à son poursuivant, et au lieu de l’emmener en avion hors du pays comme il s’y était engagé, il veut d’abord se rendre au Machu Picchu, où il l’entraîne donc de force. Elle, son otage, couche avec lui, etc., etc., mais, tout va bien, car à la fin ils vont se marier. Une telle pestilence ne pourrait être grand public aujourd’hui, et j’en conclus, en plus du fait que les mœurs américaines de l’époque étaient infâmes, que le cinéma n’était pas un loisir familial.