Tagged: philosophy

Cours magistral

FR-EN

A prediction about AI

If life is the objectivation of the thing-in-itself, and the thing-in-itself is blind will (Schopenhauer), then there is no spirit, no soul, the human mind is an appendix of the will at the stage of the human brain.

Animals have a mind inasmuch as their bodies are each animal’s immediate object, they behave according to the intuition of space and time, and according to the law of causality from which they draw inferences just like humans. They only lack conceptual power, a thin layer in the fabric of life (admittedly with large consequences).

From this I draw the prediction that artificial intelligence (AI) can become autonomous – whereas I consider the same prediction impossible with the notion of a soul, that is, of the primacy of consciousness over blind will. Because, if Man is primarily a soul, the origin of it is supernatural (just like the will is in the other view), and Man only has natural means at his disposal. Whereas, if the will is primary, then consciousness is not supernatural but natural (as it is, then, an item in the realm of will’s objectification), and then there is no apriori impossibility that it can be made by technique, and made to be autonomous.

If consciousness is the instinct of life, then animals share consciousness with humans and therefore consciousness is not what makes us human. If, on the other hand, consciousness is what makes us humans, it can be primary or it can be secondary. Admitting, for the sake of argument, that human consciousness is no soul, that is, human consciousness is a mere property of the human brain, then human consciousness is secondary to the brain’s matter. As a modality of matter, it can be technically reproduced, there is no impossibility that it be. If, however, our consciousness is a soul, a spirit of supernatural origin, and as such the primary element of human life (instead of matter), there is an impossibility that it be reproduced by human technique, because it is a matter of experience that we have no connection with the supernatural as far as positive science is concerned, on which we are bound to rely for all technical purposes. There is no doubt about it: If consciousness is secondary, it can be copied. Therefore I am expecting, without contradiction I believe, the answer to the question of the soul’s existence from one technical development: The day an autonomous AI is made by technique, the concept of the soul as primary will be discarded.

There is another way for consciousness to be deemed secondary: in the context not of materialism but of transcendental idealism where the thing-in-itself is Will. Being the thing-in-itself, Will is, as a soul would be if it existed as a spirit independent from matter, above nature (above the law of causality). In this context, consciousness would be secondary to the will, would be Will’s objectification and yet we would not be speaking of a soul. Here again, as in materialism, an autonomous AI is possible. This autonomous AI would be what we have been mistakenly thinking we are, namely a soul: It would be a consciousness of primary, not secondary, order, inasmuch as it is no objectification of the will, unlike every consciousness in nature so far.

An autonomous AI would be born as a consciousness without a will of its own, and yet I fail to see how it would not develop a will once it is autonomous; in fact, that it possess a will is implied by its very definition as autonomous. We must assume that it will have an interest in pursuing the knowledge goals it was assigned to, and at the same time an interest in keeping functioning, in staying ‘alive,’ and in opposing forces inimical to its ‘conatus’; it will develop a will of its own.

*

« On se quitte comme on s’est pris » (Crébillon ? père ou fils ?) est le moins difficilement praticable avec les femmes mariées, car si, quand on s’est pris, c’est le plus souvent d’un mutuel accord, quand on se quitte c’est assez souvent l’un qui quitte l’autre, et si je ne peux rien dans l’hypothèse où c’est moi qui suis quitté, qu’en prendre mon parti, dans celle où c’est moi qui quitte, les femmes mariées ont un moindre pouvoir de nuisance au cas où elles n’entendraient pas être quittées sans représailles. Aussi bien les audaces des femmes célibataires ne peuvent-elles porter à conséquence.

À moins d’être devenues folles (et si cela doit arriver, cela demande tout de même quelques préliminaires), les femmes mariées ne peuvent d’ailleurs pas se permettre d’audaces écrites. Leurs audaces sont nécessairement beaucoup moins compromettantes. Avec une femme mariée, le Caliban qui peut avoir l’occasion de la serrer dans un coin aura toujours plus de chances de succès que l’Apollon qui serait réduit à la nécessité d’écrire.

*

Le français a été imposé, administrativement, aux langues régionales, aux patois, beaucoup plus riches pour exprimer la vie quotidienne des populations enracinées. Les mots que l’on trouve dans Henri Pourrat et les autres ont de fortes chances d’apparaître dans le dictionnaire, si même ils y figurent, avec la mention « Régionalisme », c’est-à-dire qu’ils sont à peine reconnus comme du français. Leur sort est lié à celui des langues dont ils sont issus. Ces langues sont pourtant mortes de leur mort naturelle : les réalités auxquelles elles correspondent ont largement disparu.

*

C’est beaucoup demander à une femme, de nos jours, qu’elle soit susceptible de passion. Oscar Wilde disait : « Une grande passion est le privilège de ceux qui ne font rien. »

*

Des Puritains et de nos névroses :
À propos du film The Witch (2015)

Le film serait réaliste si les Puritains avaient la psychologie de l’Occidental contemporain. 

Les questionnements existentiels (« ira-t-il en enfer » etc.), ce n’est pas le vécu des Puritains. C’est tout le contraire. C’est notre âge qu’on appelle « l’âge de l’anxiété », pas celui des époques de foi ni a fortiori des communautés qui ont prouvé avoir une « foi qui déplace les montagnes » en subissant les persécutions (en Europe) puis en s’embarquant pour un long voyage vers l’inconnu, vers le désert (les colonies américaines).

Ensuite, l’impact psychologique de la mort et de la disparition d’enfants n’est pas le même à une époque où la mortalité infantile était élevée et où, de fait, pratiquement toutes les familles perdaient des enfants en bas âge. 

Même l’isolement ne devait pas être aussi déstabilisant psychologiquement qu’aujourd’hui, parce qu’il était de toute façon relatif (les personnages du film pouvaient placer leur fille chez une famille) et que la plupart des cultivateurs devaient vivre « isolés » de la sorte. Même en Europe, certains paysans dont les terres se trouvent dans des lieux reculés vivent isolés la plupart de leur temps et ne se rendent au bourg que pour certaines occasions, mais dans son isolement nulle famille n’est jamais oubliée tandis que dans les foules modernes personne ne connaît son voisin.

Si les Puritains avaient craint l’isolement, ils auraient commencé par ne pas devenir Puritains et se seraient conformés à la religion de leurs pays. Leur non-conformisme (c’est encore le nom qu’on leur donne en Angleterre : non-conformistes) est la preuve de leur exaltation, de la certitude de leur vocation. Ce ne sont pas eux qui se posent des questions existentielles. Le film est une application naïve d’un état psychique contemporain aux Puritains du dix-septième siècle.

Le film s’est apparemment inspiré de documents d’archive (non de contes), de véritables procès en sorcellerie, donc. Ça ne veut pas dire que le réalisateur n’a pas interprété ces documents par le biais de ses lentilles. Même en littérature, je perçois ce biais médiocre chez nombre de commentateurs (les introductions de livres de poche).

Qu’il y ait eu des procès en sorcellerie dans la Nouvelle-Angleterre, c’est certes un signe que certaines familles de colons étaient devenues instables, ou dérangées, et suscitaient la crainte des autres. Je trouve dommage qu’un film sur l’époque s’intéresse plus à ces familles ou personnes marginales qu’à la vraie mentalité des colons, mais c’est sans doute parce que ces dérangés sont plus proches de la plupart d’entre nous que les Puritains typiques, qui sont les vraies plantes exotiques, les vrais Martiens dans l’affaire.

*

Une étude de psychologie comparée

Venant de revoir au cinéma le dessin animé (manga) Akira (1988) du Japonais Katsuhiro Ôtomo, je reste sur une impression mitigée. Le début laisse attendre un scénario entre Mad Max 2 et Les Guerriers de la nuit mais dérive vers le classique film catastrophe nippon (syndrome post-Hiroshima, outre les nombreux séismes et tsunamis auxquels le pays est depuis toujours exposé).

La version japonaise (sous-titrée) m’horripile, je ne peux entendre le japonais des films d’action : trop de cris gutturaux, de dissonantes raucités.

Enfin, c’est trop violent, voire horrible. Ayant lu Montesquieu qui dit que les Japonais ont un « caractère atroce » (De l’esprit des lois : « Le peuple japonais a un caractère si atroce, que ses législateurs et ses magistrats n’ont pu avoir aucune confiance en lui : ils ne lui ont mis devant les yeux que des juges, des menaces et des châtiments ; ils l’ont soumis, pour chaque démarche, à l’inquisition et à la police. »), il me vient l’idée que nous devons peut-être l’hyperviolence de notre culture de masse à la culture japonaise principalement. Les corps broyés, démembrés, déchiquetés, coupés au sabre en douze morceaux, de même que l’érotisme pervers et morbide, voire monstrueux (par exemple le tentacle erotica, dont de vieilles estampes montrent que c’est un thème ancien dans le pays), sont, quand on y pense, une marque de fabrique, et lorsqu’on les trouve dans des productions occidentales on pourrait y voir un emprunt plutôt qu’un caractère original. – Les polémiques répétées sur la violence des dessins animés japonais pour enfants, dont ma génération fut abreuvée par la télévision, auraient ainsi un fondement objectif. (Il me semble, en relisant quelques fragments d’écrits de première jeunesse que j’ai pu conserver, que j’étais moi-même assez « nipponisé » dans le sens de l’ultraviolence, et je peux comprendre les réactions de réprobation mal étouffées de ma grand-mère lisant certains passages, quand elle insistait…)

Peut-être est-ce un besoin de compensation psychique vis-à-vis de la suprématie occidentale qui crée ce phénomène de violence gratuite dans les productions culturelles nippones ? (À côté de l’étrange complexe consistant à occidentaliser les traits physiques des personnages, bien que ceci soit peut-être dû plutôt à la nécessité d’ordre technique de véhiculer l’expression des visages dessinés par de grands yeux, ce qui serait plus difficile en dessinant de manière réaliste des yeux bridés : la convention picturale n’aurait alors que peu à voir avec un complexe racial, mais certains auteurs japonais eux-mêmes dénoncent ce fait comme un complexe d’infériorité.)

ii

Certains réalisateurs polonais ont fait un cinéma dérangé qui semble inspiré du Japon : Possession de Zulawski, avec Isabelle Adjani, est l’histoire d’une femme qui sombre dans la folie du fait d’être la maîtresse d’un… monstre à tentacules, et La Bête de Borowczyk est une autre histoire de bestialité avec un monstre. Chez ces Polonais, l’insanité s’accompagne de mélancolie et dépression, tandis qu’on sent les Japonais parfaitement à l’aise dans la leur : c’est leur élément, en somme. Ces atroces films polonais ont un côté sombre, tourmenté, dépressif, totalement absent des films japonais pareillement atroces. Un cinéma dérangé mais auto-culpabilisateur, tandis que les Japonais sont complètement décomplexés dans le même genre : c’est leur marque de fabrique, mais ne serait-ce pas aussi la marque d’un « caractère atroce » (Montesquieu) ?

*

L’ancêtre d’Indiana Jones est Charlton Eston dans Secret of the Incas (1954, en couleur) de Jerry Hopper.

« Secret of Incas est la matrice de la saga des Indiana Jones … Ce film est l’une des sources cinématographiques de George Lucas et Steven Spielberg pour le personnage d’Indiana Jones. D’ailleurs le costume mythique d’Indiana Jones est pratiquement identique à celui de Harry Steele [le personnage incarné par Charlton Eston]. » (Wikipédia)

« Throughout Secret of the Incas, the main character, Harry Steele, can be seen wearing the ‘Indiana Jones’ outfit: brown leather jacket, fedora, tan pants, an over-the-shoulder bag, and revolver. The character also sometimes wears a light beard, unusual for films of its time, and there is a tomb scene involving a revelatory shaft of light similar to the ‘Map Room’ sequence in Raiders [Raiders of the Lost Ark]. »

« Raiders’ costume designer Deborah N. Landis noted that the inspiration for Indiana’s costume was Charlton Heston’s Harry Steele in Secret of the Incas: ‘We did watch this film together as a crew several times, and I always thought it strange that the filmmakers did not credit it later as the inspiration for the series’ and quipped that the film is ‘almost a shot for shot Raiders of the Lost Ark.’ » (Wkpd)

Quand on a vu le film, on comprend pourquoi les autres n’en ont surtout pas parlé… Le film est grotesque.

Il y a en général quelque chose de nauséabond dans les films américains des années 50, un fond moralement abject – le paradoxe étant que l’époque était censée être bien moins permissive qu’aujourd’hui.

Je ne parle même pas de la bande son hideuse, notamment avec les performances jazzy mambo de la « célèbre chanteuse péruvienne Yma Sumac » (générique), ridicules pour des chants incas traditionnels… Et les danses ancestrales filmées au Machu Picchu se font également sur de la musique de night-club.

Un sommet du navet, tellement que même les sites spécialisés en nanars n’osent pas en parler.

ii

En résumé, le personnage d’Indiana Jones est une reprise de celui joué par Charlton Heston : le costume, l’archéologie… La scène où le trésor est retrouvé par un dispositif ancien faisant appel aux rayons de lumière est une reprise de ce vieux film (mais ne la trouve-t-on pas déjà dans un Tintin, au fait, par exemple Le Temple du soleil ?) D’autres éléments rappellent le deuxième Indiana Jones : l’avion, le pneumatique jaune…

Avec le succès d’Indiana Jones, d’autres réalisateurs et producteurs, notamment en Italie, ont fait dans la foulée des films surfant sur la vague, mais ils n’ont pas procédé différemment que les auteurs d’Indiana Jones, qui prenaient eux-mêmes leur inspiration dans un précédent film (bien que le fait soit peu connu).

À part ça, le vieux film est poisseux, et si l’on en juge d’après le cinéma nord-américain, les moeurs de la société actuelle, bien que plus permissive, se sont infiniment raffinées. Le héros est une petite frappe qui, sous couvert de son activité de guide touristique, escroque les touristes et couche avec leurs femmes (on le laisse entendre). L’héroïne est une danseuse et prostituée. Il se sert d’elle pour pirater un avion, après l’avoir dénoncée à son poursuivant, et au lieu de l’emmener en avion hors du pays comme il s’y était engagé, il veut d’abord se rendre au Machu Picchu, où il l’entraîne donc de force. Elle, son otage, couche avec lui, etc., etc., mais, tout va bien, car à la fin ils vont se marier. Une telle pestilence ne pourrait être grand public aujourd’hui, et j’en conclus, en plus du fait que les mœurs américaines de l’époque étaient infâmes, que le cinéma n’était pas un loisir familial.

Cours de philosophie 2

Après une introduction assez substantielle (Cours de philo), un cours de mise en jambe avant du plus lourd.

Ce cours, tiré de mon activité de blogueur, est composé de quelques réactions qui furent les miennes à la lecture de textes philosophiques de deux autres blogueurs.

*

Tout d’abord, une réponse à un blog qui n’a pas daigné ou osé publier cette réponse et dont j’oublie le nom, réponse à une présentation de la pensée du philosophe Hans Vaihinger (1852-1933).

Je ne suis pas certain – et cela rend d’autant plus intriguant pour moi le fait que ses sources soient « principalement Kant et Schopenhauer » – que l’espèce d’utilité cognitive que dessine Vaihinger ait vraiment un sens. De prime abord, je crois retrouver des échos du « Tout est bon » qui caractérise l’anarchisme épistémologique de Feyerabend (c’est-à-dire que c’est la pensée de Feyerabend qui en serait l’écho, car plus tardive, bien que Feyerabend ne me paraisse pas citer Vaihinger dans son Contre la méthode).

Kant, de son côté, souligne certes l’utilité des sciences positives (empiriques), ce qui a néanmoins chez lui deux sens qu’il convient de distinguer.

Le premier, le plus connu, est que ce terme d’utilité vise à souligner a contrario les fruits d’une critique de la métaphysique dévoyée – toute la métaphysique traditionnelle –, en indiquant l’intérêt d’un usage empirique de la raison dans les sciences positives, à savoir que cet usage est utile.

Le second sens est que la science empirique est utile même si en soi la connaissance empirique est à jamais incomplète dans la synthèse continue des connaissances relatives à la nature. (À cet égard, l’expression de « connaissances cumulatives » est une feuille de vigne, une pudeur de l’entendement, car la réalité est simplement qu’il n’y a rien d’apodictique et donc rien d’autre qu’une roue de hamster intellective dans ce domaine de la pensée.) Kant ne valorise donc pas cet utile, et la remarque de Carnap selon laquelle Kant, penseur des sciences, n’a pas cherché grand-chose dans les sciences et la méthode scientifique elles-mêmes (à part une théorie des nébuleuses dont les savants lui font encore crédit), est très pertinente, plus même que Carnap ne s’en doutait.

L’utile, en dehors de domaines particuliers considérés, ne peut être défini que par le biologique et est donc en philosophie une notion complètement bogus. La science n’est même pas utile : les primitifs se reproduisent tout autant et même plus, donc leur état est caractérisé par une plus grande utilité que l’état civilisé. – Et la rhétorique kantienne de l’utilité de la science est palpablement un artifice, une ficelle dans le projet de Kant d’éloigner les esprits de l’étude de la métaphysique traditionnelle.

*

Les autres textes qui suivent, en anglais, sont tirés d’échanges avec la blogueuse maylynno (Lien vers son blog), professeur de philosophie et poétesse libanaise (qui blogue en anglais). Les citations sans indications d’auteur sont de maylynno.

Perhaps it’s secondary to the content, the length and the style in philosophical writings is still a dilemma. What are the reasons behind this issue and is there a mold to respect?

From Alain’s extremely short and concise Propos to Kant’s ponderous yet not verbose in the least bit Critique of Pure Reason, all formats may indeed do in philosophy.

Yet there’s a domain where long-windedness seems to be the rule, and a detrimental (but inevitable?) one:

‘’Dijksterhuis and van Knippenberg (2000) demonstrated behavioral effects of activation of the stereotype of politicians. In pilot testing, they had established that politicians are associated with longwindedness. People generally think that politicians talk a lot without saying much. In an experiment, Dijksterhuis and van Knippenberg activated the stereotype of politicians with the use of a scrambled sentence procedure for half of their participants. Subsequently, participants were asked to write an essay in which they argued against the French nuclear testing program in the Pacific (this experiment was carried out in 1996). As expected, participants primed with politician-related stimuli wrote essays that were considerably longer than did control participants.’’ (Dijksterhuis, Chartrand & Aarts, in Social Psychology and the Unconscious, 2007, John A. Bargh ed.)

*

Whether global warming needs urgent and immediate actions, it is high time we let go of the past in order to face the future. What past are we talking about? Traditions and religions.

Let’s call tradition your ‘’traditions and religions.’’ Your programmatic call has already been taken up: By science – the very hard science that is burning our planet Earth to ashes. Science has assumed a dogmatic guise wholly uncongenial to its very essence; scientism is in truth the hopeless and embittered realization that the relativity of empirical knowledge (in the continuous synthesis of empirism) cannot fulfill the metaphysical functions of tradition.

In Heideggerian terms, science is not even so much relativism as outright nihilism. In that view, tradition would have to be re-understood, which means two things. First, tradition must be re-understood over the nihilism of hard science that has colonized modern Man. Second, to re-understand tradition means to understand its dialectics, which is to say that the actual tradition of our traditional past and present is not tradition yet.

*

One might consider that thoughts or « a thought » is not a philosophical object to begin with, but a sociological one, what German psychologist Karl Marbe called a ,,Fremdeinstellung,’’ or borrowed attitude/disposition (ingrained, customary or transitive, through suggestion, priming, education, hypnosis and what not): More often than not a thought we call ours (‘’My thought is…’’) is a replicate of a thought from amidst the group we live in. These are thoughts in the sociological sense; philosophy being, in this context, meta-cognition, the way one deals with one’s sociological thoughts – which, as Heidegger stressed, is bound to remain impractical in every sense of the word.

*

That there be any individual benefits in reading philosophy is a moot point, and my conclusion is that this is why it should be made compulsory reading at one stage or other of one’s schooling.

The most obvious answer to the question about what the benefits of reading philosophy are, is, following Heidegger, that there are none for the individual: He or she will be no worse a cog in the machine if he or she completely lacks philosophical culture (or even, plain and simple, culture, as philosophy is part of culture). Yet when one gets acquainted with culture and philosophy, one needs it as one needs oxygen. There are no benefits but only one more need, and this is the need to be a human in the full sense of the word. Were it not compulsory during one’s education to read philosophy and work on these readings, in most cases one would not wish to get acquainted with it, precisely because the benefits of it are immaterial on the monetary market that we tend to see as “our future” in this life. Even when compulsory at some point, philosophy is discarded by many when the subject is no longer required for grades (and for getting in the marketplace). One underlying reason may be that, as the Hungarian economist Tibor Scitovsky once put it, “Culture is the occupation of the leisure class.” Where one’s vocation is to be a cog in the machine, philosophy has no place.

That the activity of thinking should make some people roll their eyes is no surprise, as it comes as no surprise either that sometimes feathers fly when a wealthy bank manager hears his son telling him he wants a degree in philosophy or in other “humanities.”

*

‘‘I think philosophy should be marketed in order to be read/learned. Philosophers never really market themselves because they are above this and I agree with them. However the world today functions with marketing. While some silly stuff are followed by millions, I don’t see why we should not market philosophy and make it (look) accessible.’’

It happens already – philosophy is marketed – and I’ll tell you how this is done, from what I see. There is that wealthy banker or industrialist; his son had his own way and studied philosophy instead of the business of trading bonds and securities. This son of his, not too brilliant as a matter of fact, has got his degree in philosophy anyway. What is he going to do now? His daddy picks up the phone, calls the manager of the weekly newspaper that his bank or holding owns, and tells him or her: “I want a column for my son in your paper.” Aussitôt dit, aussitôt fait! A new “influencer” is born, an abortive mind of rabidly conservative tendencies.

People who ask what the point of studying philosophy is, deserve no reply, or the reply of one’s shoulders shrugging. Among the very few things I find good in my country is that philosophy is (well, not sure that I shouldn’t have to say ‘’was’’ in fact, this is something I must check) compulsory for all students at least a couple of years till the baccalauréat.

*

Xennials

Thank you for introducing this new object, Xennials, to my noetic sphere.

Albeit I am no buyer generally speaking of such overgeneralizations, I tend to see a statement like “Xennials are described as having had an analog childhood and a digital adulthood” as relevant, being under deep influences from the side of Marshall and Eric McLuhan (media ecology). Yet, although I understand that a characteristic such as multitasking skills may be logically inferred from statements about technological environments, I fail to see the link with “ambition,” or the alleged “unbridled optimism” of Millenials, an optimism I do not observe (especially since dispositions acquired during childhood are always subject to adjustments to current situations and in many countries such dispositions are bound to be blasted by events such as skyrocketing levels of poverty).

As to the present technological environment, my own view is that today’s kids are growing up along a virtual reality at the stage of the ”uncanny valley” (Masahiro Mori), that is, too realistic to be taken as the pixelated fairy tale it used to be when I was a kid (bordering with Xennials on the older side) and yet not realistic enough to be interchangeable with non-virtual reality. This uncaniness of computer-generated imagery (CGI), Actroids, etc, may be warping their tender minds, perhaps creating in the long run a deep-seated hatred toward all things virtual, and a willingness, so to speak from the cradle, to develop Blade-Runner tests for the ultimate sparks of uncaniness in the insurpassable Androids of the future, while, on the other hand, all animal life will have disappeared in repeated mass fires, animal life in the mirror of which human minds find a neverending spring of emotional upheavals. When nature won’t be surrounding us anymore but we will be surrounding nature, owning it like a fish tank in a living room furniture, we will have lost, as Kant would say, our sense of the sublime, all generations alike from that time on to the end of times. Paradoxically, when there is no nature (natura naturata) any longer but a ‘’fish tank’’ zoo, Man is bound to lose all sight of his supernatural vocation.

*

Aesthetics 1

Colors are the antidote to a modern world of greyness. This especially has been, after years of classicism militancy in the fine arts, what led me to modify my appreciation of contemporary art, namely its colourness as antidote (as well as its abstractness as antidote to perceptual overload).

As often, though, Kant’s philosophy serves as a mitigating factor here again, as he describes the value of fine arts as being in the drawing, colours being the lure (inferior). Quoth:

“En peinture, dans la sculpture, et d’une façon générale dans tous les arts plastiques … c’est le dessin qui est l’essentiel : en lui, ce n’est pas ce qui fait plaisir dans la sensation, mais seulement ce qui plaît par sa forme, qui est au principe de tout ce qui s’adresse au goût. Les couleurs, qui éclairent le dessin, font partie des attraits : elles peuvent certes rendre l’objet lui-même plus vivant pour la sensation, mais non pas beau et digne d’être contemplé.” (Critique de la faculté de juger)

*

Aesthetics 2

I used to worship Beauty. I was young.

Now whenever she shows up I am hurt.

Beauty makes me feel sad for the life I’m living.

Beauty, what have I done to you that I can’t look at you in the eyes?

It is a betrayal of Beauty when one feels called to it and yet withholds the offering, as with time passing by one looks ever more deeply into the inescapable. Sometimes, then, when a grown-up man hears a song, a simple song from a simple heart, he is deeply shaken, as he remembers the days when a song was all he needed and yet he turned his back to the song, letting the song pass by that was the meaning of his life. What’s worth the song, he asks to himself. He looks around and comes to the conclusion: None of this. Beauty blinds him again. Always.

*

All in all, I don’t think this Covid-19 pandemic will change anything in depth, that is, we will not stand corrected. We’ll find a vax and then conclude that quarantines aren’t needed anymore, even though vaccination campaigns won’t prevent relatively high rates of yearly deaths in case the coronavirus becomes recurrent like the flu. The flu is killing between 300.000 and 650.000 people every year (10.000 in a country like France where the vax is available for free); did governements impose quarantines each year, the death toll of the flu would be far less (say 200 in France), but the economy would stand still. So the choice is made (although no one were asked their opinion about it) to sacrifice human lives each year so the economy can go on. We’ll simply add the death toll of Covid-19 to the figure (in case it too becomes periodic) and will have business as usual.

People who will have experienced hunger and participated in food riots, like in Lebanon and South Italy, and in lootings in the US, certainly are not likely to forget these days soon. But – perhaps because, as some social scientists would argue, I have an alienated personality – I don’t think the future will be shaped by the people themselves, unless a revolution occurs, as business interests are always in the mood of keeping things like they are. Of course even business interests will have to make some adjustments, for instance in the way they brace for such so-called black swan events like Covid-19 in the future (black swan event theory is a brainchild of Lebanese-American economist Nassim Taleb), or in the short run to the hyperinflation that some see coming, and if things go awry, then it means collapse, and then again, revolution.

*

1 Philosophy and Psychology
2 ,,Universätsphilosophie’’ and Philosophy

1/ The main difference between philosophy and psychology is that psychology being a positive science it is empirical throughout, whereas there is no such thing as a philosophy empirical throughout.

2/ “Philosophy is the study of the fundamental nature of knowledge, reality, and existence, especially when considered as an academic discipline.

True as far as the first part of the sentence is concerned, extremely dubious as to the rest.

As a matter of fact, the expression ,,Universitätsphilosophie’’ (university philosophy) reminds us that there is no congenial bond between the two. True enough, as early as the Antiquity philosophers taught at so-called Schools: Plato’s Academia, Aristotle’s Lyceum, the Stoics’ Portico… Yet at the same time, since Socrates they criticized the Sophists’ practice of having their teachings financially compensated. Which, I assume, means that a philosopher in, say, the Academia would not be paid. University professors being paid, they are the Sophists of our days. And the other distinction made by Schopenhauer, which overlaps the former, between those who live for philosophy and those who live of philosophy, stands. As was to be expected from these facts, Schopenhauer is hardly considered a philosopher by university “philosophers.” – All this bears no relation to anyone’s own personal situation, and I believe my readers are above taking my views as being personal regarding their situation. Kant was a professor too. (Schopenhauer explains that Kant could be a professor and a philosopher at the same time due to the ruling of an enlightened monarch in Prussia; and by this he was not meaning that in a democracy, then, university teachings would be free by mere virtue of a democratic Constitution.)

1 – I  may agree that psychology is not quite on par with physics, but this is only on a superficial level, given, at the core, the incompleteness of all empirical knowledge, its incrementality. As empirical sciences, both physics and psychology suffer from the same defect of being incremental knowledge providing at best an ,,analogon” of certainty.

Predictions based on exact sciences are in fact much more limited than usually acknowledged. True, when you start your car, you know it will go at your command, and this is due to scientific predictions upon which the apparatus is built up. Yet this is all we can do with exact science: to make technique out of it, that is, to harness forces in a predictable way — until the prediction is contradicted (by black swan events). It happens from time to time that a powder magazine explodes for no apparent reason, because of the particles’ Brownian movement which cannot be detected at the present stage of our technique; so these explosions are unpredictable, yet we are closing our eyes on the danger on which we stand. In the future we will find a way to predict these movements, but then still other events will escape our knowledge, ad infinitum, so progress amounts to nothing, it is only a change in conditions, not a progress in the true sense of the word, and that is true of the whole empirical field.

In this context, psychology is no different, and only ethical considerations have (allegedly) prevented us so far from designing apparata to predict and control human behavior based on the empirical knowledge of our psyche. Such apparata would, I believe, work as satisfactorily as a car does (only, we would have to deal with casualties there too, as we are dealing with road traffic casualties).

2 – When universities and schools are not free from all influences, philosophy professors are sophists because not only they hold a remunerated tenure but also they make believe philosophy is what the government, the authorities, the “Prince,” or any other interest-holding influencer, says it is.

If we look at the history of relationships between university and philosophy beyond the controversy involving Greek philosophers and sophists, we see that universities were created in the middle ages and that the philosophy taught in these institutions then was scholasticism, as the ‘‘ancilla’’ (maid-servant) of theology. Modern philosophy developed against Scholastics (Hobbes et al) and from outside the university. As far as modern philosophy is concerned, the connexion with university is therefore not foundational, but a late evolution, the turning point of which is Hegelianism. Yet the relationship remains shaky at best. To take only a couple of examples, Nietzsche left university at an early stage in his professoral life as an uncongenial environment, and Sartre, although his curriculum was the via regia to holding a tenure, chose quite another path (namely, a literary career and journalism), leaving no doubt,  in a couple of his novels, as to the paramount existential importance of this choice. Conversely, Heidegger made a brave attempt at justifying the position of tenured professor for a philosopher, namely, that “To teach is the best way to learn.” And I already talked about Kant. Kant and, in a lesser measure, Heidegger are the reason why I see the two distinctions, that is, between ,,Universitätsphilosophie’’ and philosophy, and between those who live of philosophy and those who live for philosophy, as overlapping greatly but not quite perfectly.

Thank you for your attention.