Extraits du dernier volume du Bloc-notes de François Mauriac (1885-1970), volume 5, couvrant les années 1968, 1969 et 1970 jusqu’à la mort de l’écrivain le 1er septembre 1970. Nous citons la version parue dans la collection Points Essais, avec présentation et notes de Jean Touzot, de 1993. L’édition la plus récente date de 2020.
Les extraits ci-dessous concernent la politique internationale de la France, sous de Gaulle puis Pompidou, au Proche-Orient. Nous citons en tant que de besoin les notes de bas de page dues à Jean Touzot (ci-dessous JT), en italiques ; nos rares commentaires sont entre crochets [ ].
*
2 février 1968
Ce qui s’est passé en France chez certains Français, au lendemain de la guerre des Six Jours, c’est que ce qui était à leurs propres yeux un mauvais sentiment refoulé, dominé, jamais tout à fait vaincu, a trouvé sa justification. Ces lettres furieuses d’amis juifs, ces injures à de Gaulle nous mettaient le nez sur une évidence qui, certes, n’excuse à aucun degré l’antisémitisme, mais qui en donne l’une des clés avouables. Enfants, nous nous gargarisions d’un vers de Bornier : « Tout homme a deux pays : le sien et puis la France ! » Tout juif a deux pays : le sien, d’abord. C’était ce que nous étions tentés d’accorder à l’adversaire et qu’une part de nous-mêmes avait toujours cru ; et la preuve, c’est cette loi de numerus clausus qui n’existe plus en droit, mais qui continue de jouer chez beaucoup : « Vous avez vu dans Le Figaro de ce matin, me disait l’autre jour cet ami alarmé, il y a cinq cent mille juifs en France, ils ont doublé depuis la guerre. Déjà ils envahissent tout… » Je me moquai de lui, mais quelque chose répondait en moi à sa peur, quelque chose dont à dix-huit ans j’avais cru pourtant extirper la dernière racine.
*
11 janvier 1969
Au vrai, la seule menace grave ne saurait venir pour lui [de Gaulle] que d’Israël même en tant qu’il constitue une puissance universelle. Déjà elle se manifeste à Washington avec violence : «… Chaque matin le courrier déverse sur le bureau de notre ambassadeur, M. Charles Lucet, un torrent de manifestes violents émanant de différentes associations juives américaines ou de simples particuliers. Presque toutes ces missives ne se bornent pas à formuler un blâme. Elles expriment une menace précise qui vise la diffusion des produits français aux États-Unis… » (Le Figaro).
Note de JT. La décision de l’embargo [sur la livraison d’armes à Israël, embargo décidé par le général de Gaule], fort impopulaire, suscite un tollé, même au sein de l’UDR. Une phrase du général au Conseil des ministres, telle que le secrétaire d’État à l’information la rapporte : « Il est remarquable, et il a été remarqué, que les influences israéliennes se font sentir dans les milieux proches de l’information », augmente encore le mécontentement de l’opinion. [L’embargo avait commencé en 1967 avec la guerre des Six Jours et fut étendu aux vedettes (voyez l’affaire des vedettes de Cherbourg ci-dessous) après le raid israélien sur l’aéroport de Beyrouth en décembre 1968.]
*
24 février 1969
Je déjeunais l’autre jour avec un confrère et ami, gaulliste fervent, qui me confiait son angoisse devant la puissance des ennemis que la politique de De Gaulle lui suscite : « Il s’est mis une affaire Dreyfus sur les bras ! » Mais tel est le risque de passer pour antisémite, selon cet ami, que les vérités les plus évidentes doivent être tues. Quant à l’inimitié de l’Angleterre, elle a éclaté depuis ce déjeuner, avec une virulence dont personne n’a dû être moins étonné que mon ami, si ce n’est de Gaulle lui-même, car s’il a mesuré ce que nous devons et ce que lui-même doit à Londres, lui seul sait ce qu’il y a subi.
Note JT. La France avait refusé de participer, le 14 février, à Londres, à la réunion du Conseil permanent de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) sur la situation au Proche-Orient. Le 21 février on révèle à Londres la teneur d’un entretien secret qu’aurait eu le général de Gaulle, le 4, avec l’ambassadeur de Grande-Bretagne. De Gaulle aurait souhaité des discussions politiques bilatérales et secrètes pour préparer l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE. Londres n’entendait pas négocier à l’écart des cinq autres partenaires de l’UEO. [Cette note n’est pas des plus claires : on voit mal la relation entre la situation entre le Moyen-Orient et l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE que cette note fourre ensemble, sans guère d’explications, alors que le texte de Mauriac semble en parler comme de deux points indépendants l’un de l’autre.]
*
Novembre 1969 (p. 272) [La date n’est pas indiquée : JT indique que la date du 6 novembre portée dans l’édition originale est fautive. De Gaulle n’est plus chef de l’État depuis avril 1969, à la suite de l’échec du référendum sur la régionalisation ; son successeur est Georges Pompidou.]
Ce que personne n’ose rappeler, tant on a peur d’être accusé d’antisémitisme, c’est qu’il y eut une autre cause du triomphe des « non » au référendum : ce fut la politique du Général à l’égard d’Israël. Je regrette de ne pas avoir gardé certaines lettres où des amis juifs, fervents gaullistes, devenaient d’un seul coup des adversaires implacables.
Note JT. Le manuscrit d’un bloc-notes postérieur, revenant sur ce fait, cite le propos du banquier Edmond de Rothschild : « J’ai toujours été gaulliste, mais maintenant il faut que le Général s’en aille. »
*
31 décembre 1969 [L’affaire des vedettes de Cherbourg]
Note JT sur ladite affaire : Cinq vedettes destinées à Israël, placées sous embargo [voir supra], avaient quitté le port dans la nuit de Noël et gagné Haïfa le 31.
Ne passez pas vite sur la question écrite par M. Lecanuet qu’il adresse au ministre d’État chargé de la Défense nationale. Jamais homme politique n’a eu besoin de moins de mots pour se livrer tout entier et être vu nu du haut jusques en bas. M. Lecanuet demande donc à M. Debré si le gouvernement français « prenant conscience du ridicule qui l’atteint dans l’affaire des vedettes parties de Cherbourg n’entend pas tirer les conséquences logiques de la leçon qui lui est infligée en mettant fin à la politique d’embargo à l’encontre d’Israël… »
Au moment où j’écris, l’enquête est en cours, le gouvernement s’informe ; il n’a pas dit un mot ni fait un geste qui puisse prêter au ridicule. En revanche, c’est vous, dont la haine reste sur sa faim et qui êtes comme un enfant trépignant incapable de se retenir. Ce ridicule, cette humiliation infligée à la France, vous faites semblant de les tenir déjà, vous en mourez d’avance de plaisir et vous dites vous-même de haut au gouvernement ce qu’il lui reste à faire : abaisser la France devant Israël, détruire notre politique au Proche-Orient… On frémit de penser que l’homme qui parle ici nous avons pu croire, il n’y a pas si longtemps, qu’il était à deux doigts de devenir le ministre des Affaires étrangères de M. Poher.
Je n’en pense pas moins que, si l’enquête le révélait, s’il y avait eu des contacts, à quelque échelon que ce soit, du côté français, avec les services secrets israéliens, ce serait plus qu’une faute grave, ce serait un crime.
« Le parti de l’étranger », c’est une accusation dont on a usé et abusé en France pour disqualifier l’adversaire. Il n’empêche que ce parti a toujours existé chez nous : durant tout l’Ancien Régime, où des restes d’esprit féodal maintenaient des liens particuliers qui ne paraissaient nullement criminels, les reines de France étaient ou italienne, ou espagnole, ou autrichienne. Louis XVI et Marie-Antoinette ont payé pour tous une trahison qui n’en était pas une à leurs yeux : la France, c’était le roi, et il ne pouvait se trahir lui-même.
*
1er janvier 1970 [Les vedettes de Cherbourg : suite]
Dans l’affaire des vedettes, les sanctions frappent haut : deux généraux en font les frais. (Note JT : La décision est prise au Conseil des ministres du 31 décembre. Le 1er janvier la France demande le rappel de l’amiral Limon, conseiller à l’ambassade d’Israël depuis 1962.) Mais ce qui importerait à mes yeux serait de savoir s’il y a eu négligence ou inattention dans le service, ou si la connivence de ces chefs avec Israël est prouvée ; s’agit-il d’un coup monté entre les responsables français et une puissance étrangère tendant à saboter la politique de la France dans le Proche-Orient ?
*
Fin février 1970 (p. 313) [Le « voyage tumultueux » du président Pompidou aux États-Unis]
La question n’était pas de savoir s’il [Georges Pompidou] mérite ou non la sympathie, ce qui dépend des inclinations de chacun, mais s’il était vraiment l’homme capable, comme je l’ai toujours dit et cru, de prendre la suite de De Gaulle, c’est-à-dire de continuer le gaullisme. La preuve est faite aujourd’hui : au retour de ce voyage tumultueux aux États-Unis, il éclate aux regards que Pompidou est l’homme des situations difficiles, et que la France, sous son règne, demeure au niveau où le général de Gaulle l’avait laissée.
Note JT sur « ce voyage tumultueux ». Il avait duré du 23 février au 2 mars. La fourniture d’armes à la Libye et la réaffirmation devant le Congrès des États-Unis, le 25, que la France considérait Israël comme l’agresseur dans le conflit de 1967 avaient été très mal accueillies. Le 28, à Chicago, les représentants des communautés juives conspuèrent le président Pompidou, à cause de sa politique au Moyen-Orient.
*
Début mars 1970 (pp. 314-315) [Le voyage tumultueux : suite 1]
Une seule patrie, uniquement aimée, c’est notre sort commun. Mais il y a ceux qui ont deux patries dont les politiques étrangères sont divergentes – ce qui crée pour ces citoyens-là des problèmes que je formule sans prétendre les résoudre ni même les aborder et en me gardant de tout commentaire : le seul fait de poser la question me rendant suspect du pire.
Note JT. Mauriac vise la communauté juive de France, ce qui risque de le faire taxer d’antisémitisme. À noter que Le Monde des 15 et 16 mars a publié sur le sujet un article d’André Fontaine, intitulé : « L’ombre de l’affaire Dreyfus ».
Georges Pompidou revient de son voyage tumultueux en ayant, grâce au président Nixon, renforcé l’amitié franco-américaine ; mais il n’en a pas moins sauvegardé la politique méditerranéenne qui est celle de la France que de Gaulle lui a léguée. Après cela, je m’étonne que l’on s’interroge pour savoir si ce voyage a été un succès ou non. Il l’a été avec éclat.
Note JT à « grâce au président Nixon ». En se substituant à son vice-président, le 2 mars, à la dernière minute pour assister au banquet offert en l’honneur de Georges Pompidou, Nixon avait voulu effacer les marques d’hostilité essuyées, pendant son voyage, par le président français.
*
13 mars 1970 [Le voyage tumultueux : suite 2]
Un seul regret au cours de cette interview télévisée du président de la République [Pompidou], c’est que, d’un commun accord sans doute, le problème juif n’ait pas été abordé à la lumière des manifestations de Chicago [voyez supra]. Si le président de la République lui-même se dérobe, c’est que cette crainte d’être suspect d’antisémitisme qui cloue toutes les bouches trahit un malaise profond. Il faudrait le dominer enfin et que chacun puisse s’interroger librement.
*
Début avril 1970 (p. 334)
La droite et la gauche conjuguées ne furent pourtant pas de force à l’abattre [de Gaulle]. Il a fallu que la défense de la politique française traditionnelle dans le Proche-Orient lui apporte ce surcroît d’adversaires qui ont fait pencher la balance enfin.
*
11 mai 1970
Quelqu’un m’écrit : « Vous parlez souvent d’Emmaüs, de la place qu’occupe dans votre vie cette rencontre des deux disciples avec le Seigneur ressuscité ; mais savez-vous qu’Emmaüs n’existe plus et que pour des raisons militaires les Israéliens l’ont rasée ? » Sans doute le village détruit n’était pas celui de la rencontre adorable. Mais enfin il y avait un village qui s’appelait Emmaüs et qui, si j’en crois mon correspondant, n’existe plus.
[Dans l’édition du Point que nous utilisons, les guillemets sont ouverts mais ne sont pas refermés ; c’est nous qui les refermons dans la citation, selon ce qui nous semble le plus cohérent, compte tenu du membre de phrase « si j’en crois mon correspondant », qui semble indiquer que cette dernière partie n’est plus la citation par Mauriac de son correspondant.]
*
Fin mai 1970 (pp. 360-361)
Chez le même Grasset, un revenant, Bernard Frank, que je croyais mort depuis longtemps, car il ne nous avait pas accoutumés au silence, et qui donne tout à coup Un siècle débordé où je le retrouve : ce bavard inspiré est toujours là. Il tire sur moi à boulets rouges, m’accusant à propos de je ne sais quoi d’antisémitisme. Qu’a-t-il dû penser s’il a lu dans le dernier bloc-notes ce que j’écrivais d’Emmaüs et de ce village bien-aimé, si j’en crois mon correspondant, effacé de la carte ?
Il ne s’agit pas ici d’antisémitisme ni de philosémitisme. Même s’il n’existait plus en face d’Israël un seul Arabe, la Terre sainte demeurerait la Terre sainte pour la meilleure partie de l’humanité, le lieu de l’histoire dont « les juifs » comme les désigne expressément le Quatrième Évangile, sont les héros comme s’ils n’avaient pas eu d’autre rôle au monde que d’avoir accompli l’Écriture. Non qu’ils aient été condamnés d’avance à les accomplir, mais les Écritures ont été ce qu’elles ont été parce que les juifs ont été ce qu’ils ont été.
L’Association internationale des Académies de la langue espagnole (Asociaciόn de Academias de la Lengua Española, ASALE) a mis en ligne, en 2013, son dictionnaire d’américanismes.
Nous en profitons pour compléter notre glossaire. Le dictionnaire de l’ASALE ne connaît pas toutes les entrées du dictionnaire de Francisco J. Santamaría (3 vol., 1942) dont nous nous sommes servis, et avec ses descriptions dans l’ensemble sommaires il est relativement dépourvu de bien des éléments qui rendent le Santamaría particulièrement intéressant aux plans ethnographique et culturel. Pour un nom d’animal, par exemple, le dictionnaire de l’ASALE fournira le nom scientifique de manière mieux établie ainsi qu’une description anatomique en deux lignes, tandis que Santamaría apporte assez souvent des éléments relatifs à l’éthologie de l’animal, voire à ses interactions avec les hommes, ce qui constitue une lecture extrêmement intéressante du point de vue des milieux, en particulier du milieu humain, caractéristiques des différentes régions d’Amérique latine. De ce point de vue, le dictionnaire de Santamaría est une véritable encyclopédie et il ne nous paraît pas que ce travail remarquable, malgré quelques erreurs et insuffisances ponctuelles, ait été surpassé à ce jour. Il est vrai que, le milieu humain s’étant de plus en plus détaché de tout rapport direct avec la nature en raison de l’urbanisation croissante des sociétés, bien des éléments apportés par Santamaría ne sont tout simplement plus des objets d’expérience vécue pour une grande partie des populations d’aujourd’hui.
On peut relever à cet égard que, parmi les américanismes de notre glossaire sur ce site complétés dans le présent billet avec l’apport du dictionnaire de l’ASALE, ce dernier précise, le cas échéant, qu’un terme est d’emploi « rural » (par l’abrégé rur.). Nous contestons cette approche et n’avons pas reproduit cette mention dans les définitions ci-dessous. D’une part, il nous paraît que la définition est le plus souvent suffisante en elle-même pour que le lecteur comprenne que les milieux urbains ont peu de rapport avec la réalité en question. Il est néanmoins évident que les gens des villes peuvent aussi décrire les campagnes environnantes et donc se servir des mêmes termes, tout comme les gens de la campagne peuvent parler du métro alors qu’il n’y en a pas à la campagne. En Amérique latine, celles des populations amérindiennes qui ont préservé leurs particularismes tant culturels qu’ethniques continuent en majorité de vivre à l’écart des villes (parfois dans des conditions ayant à peine évolué depuis les temps de la Conquête espagnole, car telle est leur philosophie), et il est donc certain que les américanismes, qui sont souvent des mots tirés des langues indigènes, abondent dans ces zones, où l’usage des langues indigènes s’est maintenu plus vigoureusement. D’autre part, l’étiquette « rural » accolé à un lexème a quelque chose de troublant ; ce genre d’étiquettes, dans les dictionnaires, indique en général un domaine spécialisé (médecine, métallurgie…), mais il n’existe pas une spécialisation qui serait la ruralité par rapport à un domaine général qui serait le mode de vie urbain. Cela n’a guère de sens et prête par conséquent le flanc à la critique, relativement à une forme de distanciation, marquée en même temps que voilée. De ce point de vue, les formules qu’on trouve parfois dans le Santamaría, telles que « le vulgaire », ne sont pas aussi choquantes, en raison de l’intérêt dont l’encyclopédiste témoigne pour des réalités qu’il décrit souvent, nous l’avons dit, avec une admirable minutie.
Il n’empêche que le dictionnaire de l’ASALE permet dans certains cas quelques compléments utiles aux définitions de notre glossaire. Sur certains termes relatifs aux mythologies amérindiennes, le Santamaría est parfois vague, ce qui tient sans doute au positivisme académique dont l’époque était fortement marquée (tout comme Larousse ne pouvait s’empêcher de témoigner son mépris pour les superstitions populaires qu’il décrivait pour son dictionnaire ; mais ce mépris positiviste est moins flagrant chez Santamaría que chez Larousse, parce que le Mexicain continuait de revendiquer en face de l’ancienne métropole, l’Espagne, une forme d’indépendance culturelle et que la mise en valeur des cultures indigènes se prêtait à cette revendication). Pour certains mots, l’ajout est une simple variante orthographique possible, ce qui reste pertinent dans la mesure où il y a des chances que cette variante soit plus conforme à l’usage actuel.
Nous classons ci-dessous les termes non par ordre alphabétique général mais dans l’ordre où ils ont paru dans les différents billets de blog qui constituent notre glossaire. Le lecteur est prié de se reporter aux pages correspondantes (en cliquant sur les liens) pour connaître la définition originale et la comparer avec l’apport fait ici à partir du dictionnaire de l’Association des Académies de la langue espagnole. Il convient de préciser que les aztéquismes ont dans un premier temps été distingués par une liste spécifique, mais qu’ils ont ensuite, à partir de Americanismos III, été fondus avec les autres (nous procéderons à une refonte rationalisée de la structure du glossaire en cas de publication papier). La dernière section, « Abya Yala Occulta », se rapporte au lexique relatif à « l’occulte », c’est-à-dire aux croyances surnaturelles, que nous avons tiré du glossaire général en y ajoutant des termes qui ne se trouvaient pas dans les entrées précédentes.
Ahuizote. Agüizote. Mx. p.u. Persona que tiene poderes para hacer llover. Ho. p.u. Persona que adivina o predice el futuro. (Agüizote).
(Mexique ; peu usité) Personne possédant le pouvoir de faire pleuvoir. (Au Honduras ; peu usité) Personne capable de prédire l’avenir.
Cacalosúchil. Cacalichuche: Se utiliza en la medicina tradicional.
S’emploie en médecine traditionnelle. [En revanche, le dictionnaire de l’ASALE ne dit rien d’un usage culinaire de cette plante, contrairement au Santamaría.]
Calpul. Gu. En comunidades indígenas, persona importante por su autoridad o sabiduría.
(Au Guatemala) Dans les communautés indigènes, personne importante pour son autorité ou son savoir.
Cegua. En la tradición popular, figura legendaria que vaga en las noches por caminos solitarios y se presenta a los hombres como una hermosa mujer que, de repente, cambia su rostro por el de un caballo.
Dans les traditions populaires, figure légendaire qui marche la nuit sur des chemins isolés et se présente aux gens sous l’apparence d’une belle femme dont tout à coup la tête se change en celle d’un cheval. [Description plus précise que celle de Santamaría.]
Copal. Ho. Recipiente de barro, a modo de incensario, para quemar resina de copal.
(Au Honduras) Récipient de terre cuite servant d’encensoir pour brûler la résine de copal. [Par extension du sens original, donc.]
Chilocuil. Se consumen tostados, o machacados para hacer con ellos una salsa de tomate.
Ils se consomment [ces vers] frits ou bien réduits en poudre pour faire de la sauce tomate.
(Au Mexique ; sens figuré) Prostituée. [On rappelle que le sens premier est celui, entomologique, de veuve noire.]
Chípil. Mx. 1 Referido a un niño, que está molesto por hallarse embarazada la mujer que lo cría. 2 Referido a un niño, que siente malestar en los dientes. 3 adj. Referido a persona, melindrosa.
(Au Mexique) 1 Décrit l’enfant qui se trouve mal en raison du fait la femme que qui l’allaite est enceinte. [Cette définition précise celle de Santamaría, plus suggestive, que d’aucuns comprenaient sans doute telle quelle mais qui, pour ce qui nous concerne, a nécessité celle, dans le même Santamaría, de chipilanza, où il est question de la gravidité de la mère allaitante, qui est la cause des maux du nourrisson allaité.] 2 Décrit l’enfant qui a mal aux dents. 3 (Personne) sensible.
Jilosúchil. Chicocuchi.
Masacoate. Mazacuata.
Ololiuque. Ololiuqui, Ixtabentún, Xtabentún.
Papaquis. Papaqui: Mx. Música bulliciosa y alegre que suena en algunas celebraciones del carnaval.
(Au Mexique) Musique animée et joyeuse que l’on joue dans certaines célébrations de carnaval. [Plutôt que cette festivité, le carnaval lui-même, selon cette définition.]
Peyote. Mx. Bebida alucinógena elaborada de la cocción en agua de la raíz y el tallo secos del peyote. Ni. Pequeña cantidad de cocaína.
(Au Mexique) Boisson hallucinogène élaborée à partir de la décoction de la racine et de la tige séchées du peyotl dans l’eau. [Cette définition est sous-entendue dans le Santamaría.] (Au Nicaragua) Petite quantité de cocaïne. [Le nom du séculaire psychotrope sert ainsi à nommer une forme de drogue plus récente (et dépourvue du moindre usage rituel).]
Pilguanejo. ES, Ni. p.u. Niño harapiento.
(Au Nicaragua et El Salvador; peu usité) Enfant en guenilles.
Pipil. Ho, ES, Ni. Relativo a El Salvador.
(Au Honduras, El Salvador et Nicaragua) Relatif à El Salvador. [Le pays est donc désigné par le nom d’une ethnie amérindienne.]
Tapalcúa. Tapaculo: Gu. Lombriz que, según la creencia popular, se puede introducir en el ano de una persona cuando defeca.
Tapaculo [littéralement, « bouche-cul » du verbe boucher, fermer et du nom cul]. (Au Guatemala) Ver de terre qui, selon la croyance populaire, peut s’introduire dans l’anus d’une personne lorsque celle-ci défèque. [Deux observations. 1/ Ladite « croyance populaire » est, selon Santamaría, imputable au chroniqueur Fuentes y Guzmán (1643-1700), dont la chronique évoquait d’ailleurs non pas un ver mais un serpent. 2/ Le mot tapalcúa est censé être un aztéquisme et ne saurait donc dériver du tapaculo ou « bouche-cul » ici donné comme synonyme ; c’est bien plutôt ce dernier qui doit dériver de l’aztéquisme, en s’appuyant peut-être sur la sonorité proche d’un mot-valise espagnol conforme au sens concret de ladite croyance.]
Temascal. Ec. Baño de vapor que se toma en un temascal, y que constituye cierta especie de rito.
(En Équateur) Bain de vapeur que l’on prend dans un temascal et qui constitue une espèce de rite.
Abora/ Gozque. Co. Perro que es mezcla de razas. Calungo. Co. Referido a animal, especialmente a un cerdo o a un perro, flaco o desnutrido. Pa. Referido a animal, que no tiene pelo.
(En Colombie) Chien issu d’un mélange de races. Calungo. (En Colombie) Se dit d’un animal, en particulier un porc ou un chien, maigre, mal nourri. (Au Panama) Se dit d’un animal qui n’a pas de poils [alors, sans doute, qu’il devrait en avoir]. [Pour ces deux définitions, le sens original donné par Santamaría est complètement occulté ou bien oublié ; Santamaría fournit en quelque sorte l’étymologie de termes dont l’usage actuel ne retient plus qu’un dérivé plus ou moins lointain.]
Abosadura. Cu. Enfrentamiento de un gallo de pelea con otro sin dejar que se toquen, para excitarlos antes de la pelea.
(À Cuba) Moment d’un combat de coqs où l’on ne laisse pas les adversaires se toucher, afin de les exciter avant la lutte véritable. [Les deux définitions diffèrent.]
Achachilla est inconnu du dictionnaire de l’ASALE, qui a cependant : Achachila. En la cultura aimara, 1 hombre de edad avanzada que tiene autoridad por su experiencia 2 antepasado, progenie mítica del ser humano 3 deidad tutelar de las montañas o de una determinada región.
Dans la culture aymara, 1 homme d’âge avancé faisant autorité en raison de son expérience 2 ancêtre, ascendance mythique de l’humanité 3 déité tutélaire des montagnes ou d’une région déterminée.
Cadejo. Gu, Ho, ES, Ni, Pa. Animal mítico mesoamericano, con apariencia de perro lanudo y ojos como tizones, que arrastra una cadena y asusta a borrachos u hombres trasnochadores.
En Amérique centrale, animal mythique à l’apparence de chien laineux ayant les yeux comme des braises, qui traîne une chaîne et effraye les ivrognes ou les noctambules.
Callana. Ch. p.u. Mancha oscura en la zona del cóccix que tienen los descendientes de indígenas americanos al nacer y que al crecer desaparece. Pedurría. Ho. Mancha azulada o de color café que tienen la mayoría de los niños mestizos al nacer en la nalga, en la cintura o en la espalda, a la altura del riñón.
(Au Chili ; peu usité) Tache sombre dans la zone du coccyx que présentent les descendants d’indigènes américains à la naissance et qui disparaît avec la croissance. Pedurría. (Au Honduras) Tache bleuâtre ou couleur café que présentent la majorité des enfants métissés à la naissance, sur les fesses, l’aine ou le dos au niveau des reins. [Il s’agit en fait dans les deux cas de la même chose, comme nous l’avons montré dans le billet « Americanismos (Complément) », à savoir la tache mongolique, dont la fréquence varie grandement chez les ethnies noires (de 50 à 75 %) et surtout chez les ethnies jaunes amérindiennes (de 17 à 80 %), tandis qu’elle est fréquente chez les ethnies jaunes d’Asie. Nous n’avons en revanche pas trouvé dans la littérature scientifique de traces distinctives à cet égard pour les enfants issus de croisements ; certains métis doivent évidemment avoir hérité de la tache mongolique si un ou plusieurs de leurs ascendants l’avaient eux-mêmes.]
Camahueto. En la mitología chilote, especie de ternero con un cuerno en la frente.
Dans les légendes de l’île de Chiloé, espèce de veau ayant une corne sur le front. [Les deux définitions diffèrent, si elles se rapportent toutes les deux au même contexte culturel mapuche.]
Cipe. Ho, Ni. Referido a un niño, encanijado durante la lactancia por embarazo de la madre.
En parlant d’un enfant : devenu malingre au cours de l’allaitement à cause de la gravidité de la mère. [Aucune des définitions données par l’ASALE sous ce terme ne correspond à la nôtre. Cependant, la présente a le même sens exactement qu’un autre terme de notre glossaire, chípil (Aztequismos I), et en dérive sans doute (chípil–cipe).]
Colocolo. Ch. gato del pajonal.
(Au Chili) Chat des pampas.
Chinchintor. Chinchintora: Gu, Ho, ES. Serpiente muy agresiva, similar al tamagás, que se mantiene en ramas y copas de los árboles. (Colubridae; Coluber jaculatrix). Gu, Ho. metáf. Persona muy enojada.
(Au Guatemala, Honduras et El Salvador) Serpent très agressif, similaire au tamagás, qui vit dans la cime des arbres. Au sens figuré (Guatemala et Honduras), personne très énervée. [Il ne s’agit donc pas du tout d’une espèce de serpent volant, dont nous avions déjà fait remarquer que ces espèces ne vivent qu’en Asie du Sud-Est. L’habitat arboricole du présent serpent peut toutefois laisser penser que l’animal se déplace d’arbre en arbre, en se laissant tomber ou glisser, et ce mouvement pourrait correspondre à ce que décrit Santamaría. Par ailleurs, il existe une croyance populaire selon laquelle le serpent en question possède dans le corps un bézoard magique, une pierre bleue qui conférerait des pouvoirs surnaturels.]
Chulpa / Tola. Ec. Montículo funerario de la época precolombina que señalaba el lugar donde se hallaban enterrados restos humanos y ciertos objetos, como adornos, utensilios domésticos diversos y armas.
(En Équateur) Tumulus funéraire de l’époque précolombienne qui indiquait le lieu où se trouvaient enterrés des restes humains ainsi que certains objets tels que des ornements, divers ustensiles domestiques et des armes.
Imbunche. En la tradición popular mapuche, brujo o ser maléfico, deforme y contrahecho, que lleva la cara vuelta hacia la espalda y anda sobre una pierna por tener la otra pegada a la nuca y que roba a los niños para convertirlos en imbunches.
Selon la tradition populaire mapuche, sorcier ou être maléfique, difforme et contrefait, dont la tête est tournée de façon qu’elle regarde dans le dos, qui marche sur une seule jambe, l’autre étant attachée à la nuque, et qui kidnappe les enfants afin de les transformer en créatures comme lui. [La jambe attachée au corps rappelle le vuta de notre glossaire (Americanismos I), une créature légendaire également d’origine mapuche. L’ASALE ne connaît pas le vuta et le Santamaría est quant à lui peu spécifique au sujet de l’imbunche ; il se pourrait que les deux soient une seule et même chose. Signalons que nous avons traduit « cara torcida » (torcido : tordu ou de travers) par « visage déformé » alors qu’il s’agit d’une allusion à la tête tournée à 180° (« cara vuelta hacia la espalda »), ce qui ne se laissait pas facilement deviner à partir de la définition sommaire de Santamaría, dont il n’est pas certain qu’il se faisait une image très exacte du monstre. La tête tournée à 180° rappelle quant à elle le trauco selon Santamaría : voyez ci-dessous.]
Mabuya. Maboya, Maboiá. PR. Fantasma nocturno que, según las creencias indígenas, buscaba a las mujeres para cohabitar con ellas, que se defendían con amuletos.
(À Puerto Rico) Fantôme nocturne qui, selon les croyances indigènes, recherchait les femmes pour avoir avec elles des rapports sexuels, et dont elles se défendaient avec des amulettes.
Madremonte. Co. Fantasma con figura de mujer que, según la creencia popular, habita los bosques y ejerce una influencia negativa sobre los fenómenos naturales.
(En Colombie) Fantôme ayant l’apparence d’une femme et qui, selon la croyance populaire, habite les forêts et exerce une influence négative sur les phénomènes naturels.
Maqueche. Rien sous cette forme, mais Maquech : Mx. Escarabajo sin alas que se lleva vivo sobre la ropa, atado con una cadena, como si fuera un broche o prendedor de adorno.
(Au Mexique) Scarabée sans ailes qui se porte vivant sur les vêtements, attaché avec une chaînette, comme si c’était une broche ou une barrette ornementale. [Les deux définitions diffèrent quelque peu : on a ici le fait, très singulier en soi, que l’insecte est porté vivant, tandis qu’on a chez Santamaría le fait qu’il s’agit non pas d’un ornement mais d’une amulette, ce qui ne veut d’ailleurs pas dire que l’insecte ne pourrait pas servir vivant d’amulette, tandis qu’il pourrait, semble-t-il, tout aussi bien servir mort d’ornement. / On trouve sur internet la définition suivante, précisant la localisation géographique de cet usage ainsi que l’insecte : « Makech. Bijou d’insectes vivants du Yucatán, plus particulièrement une broche fabriquée à partir d’un coléoptère du genre Zopheridae, l’espèce Zopherus chilensis. »]
Maqueches de la Smithsonian Institution. Le scarabée est serti de pierres pour servir de bijou. La continuation de cet usage, en tant qu’il s’agit d’un bijou vivant, est dénoncée par les associations de protection des animaux.
Ñáñigo. 1 RD, PR. obsol. Persona de raza negra cuya forma de hablar resulta incomprensible. Cu. Miembro de la sociedad Abakuá, de origen africano, formada exclusivamente por hombres.
1 (En République dominicaine et à Puerto Rico ; désuet) Personne de race noire font la façon de parler est incompréhensible. 2 (À Cuba) Membre de la société Abakua, d’origine africaine, formée exclusivement par des hommes.
Pampaco. Bo, Ar. Colmena de la guanota; guanota, abeja. Talnete. 1 Ho, ES, Ni. Abeja que fabrica su panal bajo tierra, pero no en termiteros; miel de talnete. 2 Gu, Ni. Abeja que anida en el suelo, a cierta profundidad, y que produce una miel con propiedades medicinales.
(En Bolivie et Argentine) Ruche de l’abeille guanota ; ladite abeille. Talnete. 1 (Au Honduras, El Salvador et Nicaragua) Abeille qui produit son miel sous la terre, mais non dans des termitières ; miel de cette abeille. 2 (Au Guatemala et Nicaragua) Abeille qui vit dans le sol, à une certaine profondeur, et produit un miel aux vertus médicinales.
Salamanca. Bo, Ur, Ar, Ch. Cueva natural que hay en algunos cerros. Ar. En la tradición popular, salamandra con poderes maléficos que habita en las cuevas.
(Dans le Cône Sud) Grotte naturelle que l’on trouve dans certaines montagnes. (En Argentine) Dans la tradition populaire, salamandre aux pouvoirs maléfiques vivant dans les cavernes. [Il est bien question de cavernes chez Santamaría mais non de salamandres.]
Trauco. En la mitología popular de Chiloé, ser dotado de un poder cautivador, que atrae a las mujeres vírgenes y las deshonra.
Dans la mythologie populaire de Chiloé, être doué d’un pouvoir d’attraction, qui séduit les femmes et les déshonore.
Ulpada. Ullpada: Ar. Alimento preparado con harina tostada, agua fría y azúcar, que suele tomarse como refresco.
(En Argentine) Aliment préparé avec de la farine grillée, de l’eau froide et du sucre, et que l’on boit comme rafraîchissement. [D’un côté, donc, une boisson rafraîchissante et, de l’autre, un remède (cataplasme ?) à base d’excrément…]
(À Cuba) Chose fallacieuse, apparence trompeuse. [Le « faux cul » vestimentaire (qui s’appelait, entre parenthèses, « cul de Paris » en allemand) a disparu de la définition de l’ASALE, laquelle ne garde plus que l’usage actuel qui en dérive par voie de généralisation.]
Candileja. Aparición fantástica en figura de mujer, que con un candil en la mano persigue por las noches a los malhechores, según la leyenda.
Apparition fantastique en forme de femme qui, la nuit, une lanterne à la main, hante les malfaiteurs, selon la légende. [L’élément relatif au caractère de malfaiteurs des personnes hantées n’apparaît pas dans le Santamaría.]
Chiro. Ec. En la tradición popular, monstruo que rapta mujeres y se las lleva a los montes.
(En Équateur) Dans la tradition populaire, monstre qui enlève les femmes pour les emmener dans la forêt. [Définition plus spécifique quant aux pratiques de cette créature.]
Llicta / Acullico. 1 Pe, Bo, Ar. Pequeña bola hecha con hojas de coca, a veces mezcladas con cenizas de quinua o cal y papa hervida, que se masca para extraer un jugo de efecto estimulante. 2 Ar. Protuberancia que se forma en la parte externa del carrillo por mascar coca.
1 (Au Pérou, en Bolivie et Argentine) Petite boule faite de feuilles de coca, parfois mélangées à de la cendre de quinoa ou de la chaux avec de la pomme de terre bouillie, que les gens mâchent pour en extraire un jus aux effets stimulants. [Pour couper la faim, selon Santamaría.] 2 (En Argentine) Protubérance qui se forme sur la partie externe de la joue à force de mâcher de la coca.
Ñachi. Ñache. Ch. Guiso preparado con sangre cruda y coagulada de animal y hierbas, aliñada con condimentos picantes y sal; se sirve en trozos.
(Au Chili) Plat à base de sang animal cru et coagulé relevé avec des herbes, du sel et des condiments piquants ; il se mange en morceaux. [Paraît similaire, y compris pour ce qui est d’être mangé « en morceaux » (en trozos), au biltong des Afrikaners d’Afrique australe.]
Ojagua/ Viracocha. Pe. Persona de raza blanca. Bo. Se usa para dirigirse de forma respetuosa a un hombre.
(Au Pérou) Personne de race blanche. (En Bolivie) Terme d’appellation respectueuse envers un homme. [On rappelle que Viracocha était le nom du dieu suprême des Incas.]
Tulivieja. Personaje mítico mesoamericano en forma de bella mujer que atrae a los hombres por la noche para luego espantarlos con su cara de calavera.
Créature mythique d’Amérique centrale ayant l’apparence d’une belle femme qui attire les hommes la nuit pour ensuite les épouvanter avec sa face de squelette.
Ucumar n’est pas connu de l’ASALE mais Ucumari : 1 Pe, Bo, Ch. Oso de anteojos. 2 Ar. En la tradición popular andina, ser fantástico que es hijo de una joven y un oso y presenta el cuerpo cubierto de pelo.
1 (Au Pérou, Chili et Bolivie) Nom de l’ours à lunettes. 2 (En Argentine) Selon la tradition populaire andine, être fantastique né d’une femme et d’un ours et qui a le corps couvert de poils.
Uturunco. Otoronco. Ar. En la creencia popular, personaje con figura de tigre feroz bicéfalo.
(En Argentine) Selon la croyance populaire, créature féroce ayant la forme d’un jaguar à deux têtes.
Ijillo. Lejillo, Hijillo, Hijío, Ijío. 1 Ho, ES. Emanación que se desprende de los cadáveres de las personas. 2 Ho. En la medicina tradicional de los campesinos, enfermedad que contraen algunas personas de salud débil, durante un velatorio, por los vapores que despide el cuerpo del difunto. 3 ES. Inflamación de los ganglios.
1 (En Amérique centrale, et particulièrement au Honduras) Émanation que dégage le cadavre d’une personne. 2 (Au Honduras) Selon la médecine traditionnelle pratiquée dans les campagnes, maladie que contractent certaines personnes de faible constitution pendant une veille mortuaire en raison des vapeurs dégagées par le corps du mort. [La définition du Santamaría paraît fautive quand elle parle de « mourant » (moribundo) plutôt que de cadavre, car le tabou relatif aux cadavres est quelque chose de répandu de par le monde (et je ne trouve nulle part le mot moribundo au sens de mort plutôt que de mourant). Santamaría parle en outre du dommage causé aux plantes par les personnes ayant été en contact avec un « mourant » (où il faut sans doute entendre un mort) ; il n’est pas du tout impossible que le concept recouvre l’ensemble de ces faits : la personne malade par émanation d’un cadavre peut également être supposée dangereuse pour les organismes végétaux qu’elle touche, selon ces croyances.] 3 (En Amérique centrale) Inflammation des ganglions.
Nenepile. Nenepil. Mx. 1 Intestino delgado guisado de res o de otros animales. 2 Guiso a base de chanfaina, nana y buche porcinos.
(Au Mexique) 1 Intestin grêle de bœuf ou d’autres animaux en préparation culinaire. 2 Plat à base de poumon, matrice et mamelle de truie.
Petacoate. Note personnelle : L’expression française « nœud de vipères » dérive des mœurs sexuelles de certains serpents décrites par le présent aztéquisme.
Achiqué. Pe. Mujer que, según la creencia popular, tiene pacto con el diablo y, por ello, poderes extraordinarios.
(Au Pérou) Femme qui, selon la croyance populaire, a conclu un pacte avec le diable et pour cette raison possède des pouvoirs extraordinaires.
Amarú n’est pas connu de l’ASALE mais Amaru : Var. Amaro. Pe. Divinidad mitológica indígena en forma de serpiente.
(Au Pérou) Divinité mythologique indigène en forme de serpent. [Il semble peu pertinent d’indiquer que ce vocable ne s’emploie qu’au Pérou, alors que, d’origine aymara, il doit avoir la même extension que cette langue, qui s’étend au-delà des frontières du seul Pérou ; il n’est que de voir la popularité du personnage de Tupac-Amaru pour comprendre que le terme est connu dans tout la cordillière des Andes.]
Bilongo. En las religiones afrocubanas, maleficio, hechizo.
Dans les religions afrocubaines, maléfice, sortilège.
Camile. Pe. Curandero de algunos pueblos que utiliza hierbas y amuletos para sanar.
(Au Pérou) Guérisseur de certains villages, qui utilise des herbes (on disait en français, dans le temps, des « simples ») et des amulettes pour soigner les gens.
Charada. Cu. Sistema de signos en el que se asocia un significado con un número, del uno al cien, y que sustenta un juego de lotería.
(À Cuba) Système de signes dans lequel des significations sont associées à des numéros de 1 à 100, et qui est employé dans un jeu de loterie.
Chichiliano. Mx. p.u. Referido a persona, que tiene el pelo rojizo.
(Au Mexique ; peu usité) Se dit d’une personne aux cheveux roux.
Chitra. Pa. Jején.
[« Chitra » est donc, au Panama selon l’ASALE, et dans toute l’Amérique centrale pour Santamaría, un nom vernaculaire du phlébotome (jején), diptère proche du moustique.]
Itacayo. Ho. Personaje mítico que, según la creencia popular, tiene forma de mono, camina con los pies hacia atrás, rapta mujeres, se alimenta de frutas silvestres y ceniza de las cocinas y vive en las montañas.
(Au Honduras) Personnage mythique qui, selon la croyance populaire, a la forme d’un singe les pieds tournés en sens contraire, enlève les femmes, se nourrit de fruits sylvestres et de la cendre des cuisines, et vit dans les montagnes. [Également appelé sisimite, dont la femelle est la sisimita. Variantes : zizimite, sisimico. Ce nom semble dériver de celui des déités aztèques tzitzimime, démons qui doivent envahir la terre à la fin des temps.]
Luisόn, Lobisόn. Py, Ar. En la creencia popular, séptimo hijo varón consecutivo de una familia, que en las noches de luna llena se transforma en lobo o en un animal monstruoso.
(Au Paraguay et en Argentine) Selon les croyances populaires, septième enfant consécutif d’une famille, qui, les nuits de pleine lune, se transforme en loup ou en animal monstrueux.
Mohán. Co. Personaje de la mitología indígena que habita en los ríos acechando a niños, lavanderas y pescadores nocturnos.
(En Colombie) Personnage de la mythologie indigène qui vit dans les rivières, guettant les enfants, les lavandières et les pêcheurs, la nuit.
Pombero. Py, Ar. En la creencia popular, duende que puede ser amigo o enemigo del hombre según la conducta de este.
(Au Paraguay et en Argentine) Dans les croyances populaires, sorte de lutin qui peut être ami ou ennemi de l’homme en fonction de la conduite de celui-ci.
Pusana. Ve. Brebaje de efectos afrodisíacos, preparado por los indígenas del Estado Bolívar.
Boisson aux effets aphrodisiaques, préparé par les indigènes de l’État de Bolívar au Venezuela. [L’ASALE est plus précis quant à la localisation géographique de l’usage de ce breuvage.]
Taya. Pe. Amuleto de piedra, diente, uña o tubérculo usado para pescar.
(Au Pérou) Amulette de pierre, dent, griffe ou tubercule utilisée pour pêcher.
Yori. Mx. Entre los indígenas yaquis, persona que no es de su raza.
(Au Mexique) Chez les indiens yaquis, désigne une personne qui n’est pas de leur race. [Pour Santamaría, désigne un Blanc.]
Atarra. L’ASALE écrit Atarrá. CR 1 Arragre; panal. 2 Cabellera crespa, abundante y, por lo general, descuidada.
(Au Costa Rica) 1 Nom de l’abeille autrement connue en Amérique sous le nom d’arragre (de l’espèce Trigona) ; nom également donné à ses rayons caractéristiques. 2 Chevelure bouclée abondante et généralement non peignée. [Nous relevons ici le sens n° 2 car le Dictionnaire de l’Académie royale espagnole (DRAE) connaît également l’abeille atarrá et la décrit de la manière suivante, quelque peu étrange : « Avispa negra que tiene la característica de enredarse en el pelo », c’est-à-dire « Abeille noire qui a la particularité de se prendre dans les cheveux [des gens] ». Cette définition mêle l’abeille de la définition 1 de l’ASALE et les cheveux de la définition 2, en une seule et même définition que nous disons étrange parce qu’on a du mal à voir pourquoi tel type d’abeille se prendrait dans les cheveux des gens plus que les autres. Ou bien une telle particularité de cette abeille a conduit, au Costa Rica, à donner son nom à certains types de chevelures, ou bien l’Académie espagnole extrapole plusieurs choses dans sa définition de l’abeille.]
Capiango. Ar. 1 Tigre, jaguar. 2 Hombre al que la creencia popular atribuye la facultad de convertirse en jaguar.
(En Argentine) 1 Jaguar. 2 Homme à qui les croyances populaires attribuent la faculté de se transformer en jaguar.
Chalchihuite. 1 Mx, Gu, Ho. Jade o jadeíta. 2 Mx. Cualquier piedra preciosa. 3 Gu, ES. Collar de pequeños adornos que llevan los indígenas. 4 Gu, ES. Baratija.
1 (Au Mexique, Guatemala et Honduras) Jade ou jadéite. [Santamaría décrit certes la pierre mais ne va pas jusqu’à dire de quelle variété il s’agit. À noter que la jadéite est l’une des variétés du jade.] 2 (Mexique) Toute pierre précieuse. 3 (Amérique centrale, en particulier au Guatemala) Collier de breloques porté par les indigènes ; et, par extension, petit objet de peu de valeur.
Llampo. Pe. Arena que contiene oro.
(Au Pérou) Sable contenant de l’or.
Lliclla. Var. Llijlla.
Pinto. Mx. Enfermedad de la piel provocada por un herpes que produce manchas en la cara y en el cuerpo de color blanco, café o morado.
(Au Mexique) Maladie de la peau provoquée par un herpès produisant des taches sur le visage et le corps, de couleur blanche, café ou violette. [Ajoute quelques détails sur les manifestations de la maladie.]
Tunjo. Co. 1 Figura antropomorfa, de la época precolombina, que representa a alguna divinidad chibcha. 2 Colgante con esta forma.
(En Colombie) 1 Figurine anthropomorphe, de l’époque précolombienne, représentant l’une des divinités chibcha. 2 Pendentif ayant cette forme.
Lampalagua. Ch. Criatura fabulosa en forma de serpiente o de lagarto que traga y engulle todo lo que encuentra a su paso.
(Au Chili) Créature légendaire en forme de serpent ou de lézard qui avale, engloutit tout sur son passage.
Ñandutí. Encaje muy fino y delicado que imita el tejido de una telaraña.
Dentelle très fine et délicate imitant la structure d’une toile d’araignée.
Ñandutí du Paraguay (par Artemanos). Ce modèle montre assez bien qu’une toile d’araignée peut être la source d’inspiration. Il en existe de plus élaborés et en fils de couleur.
Tereré. Bebida preparada con yerba mate y agua fría, que en algunos lugares se mezcla con hierbas medicinales.
Boisson préparée avec de l’herbe maté et de l’eau froide, que, dans certaines localités, on mélange avec des herbes médicinales.
Apu. Pe. 1 Espíritu tutelar de una comunidad. 2 Tratamiento respetuoso que se da al líder de una comunidad indígena.
(Au Pérou) 1 Esprit tutélaire d’une communauté. 2 Appellation respectueuse adressée au chef d’une communauté indigène.
Ciguapa. RD. 1 Personaje fantástico con forma de bella mujer de larga y espesa cabellera, con los pies al revés, que vive en el fondo de los lagos y ríos. 2 Fantasma en forma de mujer vieja.
(En République dominicaine) 1 Personnage fantastique ayant l’apparence d’une belle femme à la longue chevelure épaisse, les pieds à l’envers (talons devant, orteils derrière), vivant au fond des lacs et des rivières. 2 Fantôme ayant l’apparence d’une vieille femme. [Notre citation, dans le glossaire, tirée d’un roman de Gérard d’Houville se passant à Cuba montre que le terme et le mythe ne sont pas cantonnés à la seule République dominicaine.]
Chac Mool. Chacmool.
Chaneque. Mx. Ser fantástico con aspecto de niño.
(Au Mexique) Être fantastique ayant l’apparence d’un enfant.
Chuzalongo. Ec. En la tradición mítica popular, enano de pene enorme que ataca en el campo a las mujeres.
Selon la tradition mythique populaire, nain au pénis énorme qui attaque les femmes dans les champs.
Jarjacha. Pe. Criatura fabulosa mitad ser humano mitad llama que, según la creencia popular, es fruto de una relación incestuosa.
(Au Pérou) Créature fantastique mi-homme mi-lama qui, selon les croyances populaires, est le fruit d’une relation incestueuse. [Dans notre glossaire, il est dit plutôt qu’il s’agit d’une personne qui a commis l’inceste et qui, après sa mort et en manière de punition, a été transformée en cette créature. Nous ne savons plus quelle source en ligne nous avons utilisée mais une nouvelle recherche sur internet confirme, par les sources qui se présentent, cette interprétation plutôt que celle du dictionnaire de l’ASALE, où « fruto de una relación incestuosa » semble vouloir dire qu’il s’agit d’une créature née à la suite de l’inceste de ses géniteurs.]
Pishtaco. Pe. Delincuente de la serranía que se dedica a asaltar y asolar las aldeas de la zona o a los viajeros, a los que degüella.
(Au Pérou) Malfaiteur des montagnes qui attaque et ravage les villages de la région ou les voyageurs, qu’il égorge.
Valichú n’est pas connu de l’ASALE tandis que l’est la var. Gualicho. Ec, Bo, Ar, Ur. 1 Hechizo, particularmente el que se realiza con fines amorosos. 2 Objeto que se utiliza para realizar este hechizo; amuleto o talismán. 3 Diablo, príncipe de los ángeles rebelados.
(Dans le Cône Sud) 1 Sortilège, principalement quand il sert à des fins amoureuses. 2 Objet utilisé pour réaliser ce sortilège ; amulette ou talisman. 3 Diable, prince des anges rebelles.