Poésie maya contemporaine du Guatemala

Ce qu’il est convenu d’appeler, au Guatemala et dans les pays voisins, le « mouvement maya » a pris son essor à la fin de la guerre civile guatémaltèque (1960-1996) et en partie comme une réponse à ce qui a été caractérisé comme un « holocauste maya » : « La guerre civile récemment terminée au Guatemala a été conçue comme un ‘holocauste maya’. La majorité des plus de 200.000 personnes qui moururent dans le conflit armé et du million de personnes déplacées étaient indigènes. » (La recién finalizada guerra civil en Guatemala ha sido concebida como un ‘holocausto maya’. La mayoría de las más de 200.000 personas que perecieron en el conflicto armado y el poco más de un millón de desplazados fueron indígenas.) (Extrait de la préface à l’anthologie ici utilisée : voir les références infra).

Le rapport de la Commission nationale pour l’éclaircissement des faits historiques relatifs à la guerre civile (Comisión para el Esclarecimiento Histórico) parle de 83 % de Mayas parmi les victimes (Wkpd). L’enrôlement forcé de paysans indigènes par l’armée nationale guatémaltèque, sur le modèle des « hameaux stratégiques » créés par l’armée U.S. au Vietnam dans leur stratégie contre-insurrectionnelle, joua un rôle important dans ce résultat. Notamment, la résistance des communautés mayas à cette stratégie entraîna, même dans les cas où ces communautés n’étaient ni de près ni de loin affiliées à la guérilla, des massacres de masse contre ces populations civiles par l’armée.

À la suite de ces événements tragiques, les survivants ressentirent le besoin de réaffirmer leur culture, et les jeunes intellectuels issus de la communauté maya s’en firent l’écho en utilisant le maya dans leurs travaux littéraires. En d’autres termes, le traumatisme récent de la guerre civile donna une impulsion particulièrement forte au mouvement pour que le maya prît sa part dans le courant d’« oralittérature », c’est-à-dire de littérature écrite par des écrivains indigènes le plus souvent dans les langues indigènes de la littérature orale (par ailleurs toujours vivante dans ces communautés), courant qui s’est développé à partir de ces années-là dans différents pays d’Amérique latine. (Sur le concept d’oralittérature, voyez la présentation de mes traductions de Poésie amérindienne du Nord-Ouest du Mexique et d’Arizona ici.)

Les poèmes ici traduits sont tirés de l’anthologie Uk’u’x kaj, uk’u’x ulew: Antología de poesía maya guatemalteca contemporánea (Cœur du ciel, cœur de la terre : Anthologie de poésie maya guatémaltèque contemporaine) (Instituto Internacional de Literatura Iberoamericana, Universidad de Pittsburgh, 2010), réunie et présentée par Emilio del Valle Escalante.

Les poèmes recueillis dans cette anthologie sont ceux de poètes mayas. Certains poèmes ont été écrits en espagnol, d’autres en maya et sont accompagnés de leur traduction espagnole dont je me suis servi pour ce travail. Sur les vingt-trois poèmes ici présentés, onze ont été écrits en maya. Dans le choix qui suit, à côté du titre du poème en français figure entre parenthèses le titre original ou le titre original et sa traduction espagnole, ce qui permet au lecteur de savoir si l’original est maya ou espagnol.

Les poètes traduits sont Luis de Lión (pseudonyme de José Luis de León Díaz, pionnier de la littérature maya au Guatemala, membre dirigeant du Parti guatémaltèque du travail [Partido Guatemalteco del Trabajo], parti qui s’unit aux autres forces de la guérilla pendant la guerre civile ; Luis de Lión, né en 1939, fut enlevé en 1984 par un escadron de la mort et porté disparu jusqu’en 1999, date à laquelle un examen des archives militaires montra qu’il fut assassiné l’année de son enlèvement) (quatre poèmes), Víctor Montejo, exilé aux États-Unis depuis 1982 (deux poèmes), Pablo García (3), Santos Alfredo García Domingo (1), Adela Delgado Pop (3), Daniel Caño (5), Rosa Chávez (1), Pedro Chavajay García (1) et Sabino Esteban Francisco (2). Ce dernier, né en 1981, a grandi dans une CPR, une « communauté de population en résistance » (Comunidad de Población en Resistencia) ; les CPR étaient des communautés mayas qui abandonnèrent leurs localités traditionnelles pendant la guerre civile pour fuir les massacres et vécurent d’une précaire économie de subsistance cachées dans les forêts, ne réapparaissant au grand jour que dans les années 1990.

Le lecteur trouvera mes autres traductions de poésie guatémaltèque à « Poésie révolutionnaire du Guatemala » (x).

Volcán de Agua

*

Poème pour mon enfant (Poema para mi niño) par Luis de Lión (José Luis de León Díaz)

sous cette peau
il y a la peau douce d’un enfant
qui dort seulement,
qui porte une charge,
qui marche même en rêve :
ses pieds sont deux fruits sans gousse,
son fardeau est un volcan,
son chemin est de pierre.

et cet enfant,
comme il y a des années de cela,
dès que le jour se lève
quitte son lit
et sort avec sa mère.

en bas il y a son hameau
avec ses rues comme des serpents,
ses maisons comme des poules,
son église, grande et blanche,
comme un lapin dans l’herbe.

en haut
il y a sa propriété privée,
……son morceau de volcan,
avec quelques pêches pleines de miel pareilles à
des moineaux,
avec quelques chérimoles suspendues comme des ruches vertes,
avec sa terre à demi stérile
comme une mère à la veille de la ménopause.

cet enfant est un guerrier,
il tient dans ses mains
une fronde et une machette
pour triompher de la nature et chasser les animaux des bois,
cet enfant est un poète,
il a dans sa bouche
des centaines de mots pour nommer les choses :
le pin : pin ;
le chêne : chêne ;
le ravin : résonateur de marimba ;
les oiseaux : avions ;
les insectes : paons, petites vaches, etc.
cet enfant est un esclave,
il porte sur le front
la trace de corde du faix
comme une marque à bétail.

quand il gravit le volcan, c’est une fourmi.
tachée par le bleu et le vert.

en dessous de son hameau il y a la vallée,
grande et plane comme un lac,
et au milieu la ville,
blanche comme un bateau,
avec ses rues droites,
ses hautes églises,
ses cloches qui secouent le verre du ciel
quand elles sonnent,
avec son vieux parfum de violette entre les pages d’un livre,
avec sa bouche édentée de matrone qui attend.
l’enfant la regarde,
monte,
transpire,
trotte derrière l’ombre de sa mère.

l’enfant et la mère arrivent à leur bout de terre,
l’enfant et la mère le fertilisent de leur sueur et de leur espérance,
lui grimpe aux arbres
et se déplace entre les branches comme un écureuil,
il cueille les fruits
et elle les collecte.

plus tard,
les deux descendront, laissant le volcan derrière eux,
mais cette fois ce sera en direction de la ville,
ils parcourront la route à pied
de nouveau, écrasés, pliés sous le poids
du fardeau,
en suant comme des bœufs ;
sur le marché, en plein soleil, ils continueront de suer ;
et ils retourneront au hameau en suant.
parfois,
lui n’ira pas
et attendra sa mère dans un coin
puis se précipitera à sa rencontre
en sautant comme un ballon joyeux.

c’est une partie de l’histoire de cet enfant
qui un jour cessera de l’être
et d’être un paysan
qui soufflait à grand bruit
quand il posait sa charge dans la cour de sa maison
et se redressait digne comme un arbre.

cependant,
malgré le temps et l’apprentissage d’un autre métier,
en lui,
au plus intime de son être,
cet enfant va toujours avec lui.

*

Comme quand j’étais un enfant flâneur (Como cuando era un niño sin oficio) par Luis de Lión

Comme quand j’étais un enfant flâneur,
je me couchai sur l’herbe pour regarder le ciel
mais aucun ange, pas le moindre n’allait par ses chemins.
Ne me dis pas que tu étais cette hirondelle qui battait des ailes sur le toit de la maison.
Ou ce papillon qui se posa sur le géranium et but la dernière goutte de rosée ?

Ma petite,
de quelle taille sont tes yeux ? tes pupilles ont-elles grandi ?
quelles cloches entends-tu ? ressemblent-elles aux cloches de San Juan ?
Je t’imagine enfonçant tes pieds de petit puma dans la neige.
Ou bien te baignes-tu sous un feu-follet ?

Tu sais quoi ?
La grenade a pris la couleur qu’un potier lui donnerait
et dans ta chambre est née une violette.
Le ciel ? C’est toujours le même pleurnichard que quand tu es partie,
mais les milpas sont mères à présent.
Oui,
le toit de la maison est toujours un aéroport d’oiseaux et
l’œillet suit avec ses fleurs les filles qui passent dans la rue.
La Marie, je sais que son ventre germera bientôt.

Mon petit écureuil,
as-tu rêvé de nous ?
te souviens-tu de la table et de sa permanente exposition d’arômes ?
de la fenêtre et de sa vitre faite d’infini, qui donne sur
le bois de peupliers et la montagne ?
te souviens-tu des montagnes et de leurs pantalons et blouses de chlorophylle ?
des arbres et de leurs fruits comme peints par un enfant ?
des oiseaux et de leurs costumes de printemps, de leurs flûtes d’argile ?
te souviens-tu des villages, de leurs ruelles et placettes de poupée ?
des villes ? les villes, lampes des vallées !

Ah, j’allais oublier que le volcan d’Agua te salue bien et
que notre village a demandé de tes nouvelles.

Mon enfant,
ma petite camarade,
je voudrais t’envoyer nos matins et nos crépuscules enveloppés
dans une feuille de maïs,
nos rivières et nos lacs dessinés dans une goutte d’eau
et tout un marché avec son artisanat, ses fleurs, ses fruits,
et ses femmes et ses hommes dans le cristal d’un grain de sucre.

Mais tu sais bien que je ne peux même pas t’envoyer ce poème.
Ce poème plein de lumière est pour le compost.
Pour moi et pour personne.
Tu le sais bien, ma future patrie.

*

Quand tu reviendras (Cuando volvás) par Luis de Lión

Quand tu reviendras,
je t’attendrai avec un panier pour recevoir ta joie.
Avec ces crayons de couleur je peindrai tes paysages.
Mon amour,
si c’est l’hiver,
mes mains auront gardé la chaleur de l’été.

Mais si cela n’arrive pas,
tu sais quel sont mes devoirs.
Sûrement je serai sorti, ponctuel, pour accomplir l’un d’eux,
un devoir long de jours, de mois.
Il se peut aussi qu’on doive mourir et cela peut durer des années.

Et s’il ne suffit pas d’être mort,
il faudra se convertir en poussière et cela peut durer des siècles.
Et tu sais que l’on ne peut revenir,
que cela fait partie de la plus ancienne discipline.
Autrement
nous ne pourrons accomplir correctement notre fonction d’accoucheurs.

Ainsi donc,
pas de larmes.
Tu sais qu’ici la pluie est abondante, alors pourquoi
gonfler davantage la terre ?
Profite plutôt de son humidité, laboure-là en profondeur,
sèmes-y toutes les graines que tu portes et attends, concentrée.
Il se peut que tu perçoives ma respiration dans une de leurs germinations.

*

Le poème des héros (El poema de los héroes) par Luis de Lión

Ndt. Le poème fait le tour de plusieurs personnages de la récente culture enfantine occidentale, d’origine essentiellement nord-américaine, dont la plupart n’ont pas besoin d’être présentés. Le Fantôme est le personnage de comics The Phantom, pas tout à fait aussi connu que les autres, me semble-t-il. Quant à Kaliman, c’est un super-héros mexicain créé dans les années 1960 sur le modèle de ses grands frères gringos (Kaliman el hombre increíble). Le poète oppose à ces créations la mythologie maya du Popol-Vuh. Hunapú et Ixbalanqué sont deux jumeaux qui descendirent dans l’inframonde, Xibalbá, combattre les dieux maléfiques pour semer le maïs qui donna naissance à l’humanité.

Avant que Superman l’homme d’acier
ne volât dans le ciel comme un aigle
et que Batman et Robin, la paire,
ne se déguisassent en chauves-souris ;
avant que le premier Fantôme
habitât la Grotte du Crâne
et que Tarzan lançât son premier cri
et triomphât de son premier lion dans la forêt ;
avant que le simplet Dingo et le sagace Mickey
eussent capturé le délinquant Pat Hibulaire
et que l’Oncle Picsou épargnât son premier centime,
privant de repas un petit enfant ;
avant que Bugs Bunny
volât sa première carotte à Elmer
et que le Renard de la fable
trompât perfidement le Corbeau ;
avant que Lone Ranger
eût cessé de vivre comme les hommes
et que Kaliman l’homme incroyable
cherchât à se rendre crédible ;
avant eux tous et bien d’autres,
il y eut deux enfants, Hunapú et Ixbalanqué,
qui dans Xibalbá vainquirent la Mort,
deux enfants dont les aventures ne passent pas
à la télé ni à la radio ni ne se lisent dans les journaux,
encore moins dans les magazines de bande dessinée,
mais qui sont bien plus grands et bien plus certains
que Superman et tous ses frères ;
il y eut deux enfants dont nous devons, tous les enfants,
connaître les grandes aventures…

*

L’interrogatoire des ancêtres (Interrogatorio de los ancestros) par Víctor Montejo

Que me fait mal le silence
de mes ancêtres
qui sont devenus muets
leurs traces se perdant peu à peu
comme le vent
lointain des étoiles
incompréhensibles.

Leurs voix s’éteignent
comme le feu
que l’on cache la nuit
mais qui ensuite
est éteint par la pluie ;
et de même leurs pas
se sont presque effacés
comme d’obscures
pages de vieux codex.

Nous leurs descendants,
endormis,
les étrangers
nous ont tellement trompés
qu’ils sont devenus experts en l’art
de tout mélanger
et d’embrouiller pleins d’étonnement
nos histoires.

Et nous ne pouvons rire
ni nous résigner
car c’est nous,
les indigènes,
qu’ils défigurent,
car, enfin,
quelle sera notre réponse
à nos ancêtres
quand avec des éclairs et le tonnerre
ils reviendront
nous demander le feu
qu’ils nous laissèrent
dans le cratère du grand volcan ?

Ils diront :
« Que viennent à nous nos fils
avec le livre sacré
que nous les avons chargé
de garder et d’interpréter. »

« Ô pères ! », répondrons-nous,
« les livres sacrés
ont tous été brûlés
quand les Kaxhlanes, les étrangers
venus de l’Orient
par la mer
nous dépouillèrent de nos richesses ;
nos livres alors
furent brûlés
par ces moines maudits
aussi voleurs
que les conquistadores. »

Et ils répondront :
« Tristes fils endormis,
notre déshonneur.
N’avez-vous pas appris
à vaincre la nuit noire
comme les jaguars,
embrasant ensemble
vos fagots de pin ? »
« Nous l’avons tenté,
ô pères sages et grands !
Mais les traîtres
comme toujours n’ont pas manqué. »

« Tristes fils humiliés
et abandonnés.
Pourquoi n’avez-vous point réitéré
notre histoire
et la roue des katuns1
gravée sur les stèles
devant les temples ? »
« Ô pères sages et grands !
nos stèles
aussi ont été déplacées,
dispersées dans les musées
du monde. »

« Tristes fils endormis,
vous les abusés.
Pourquoi avez-vous cédé à l’encan
nos connaissances,
les sciences écrites
sur ces pierres indéchiffrables
aux yeux étrangers ? »
« Ô pères sages et grands !
nos stèles
ont été arrachées à la terre
et non vendues.
Encore une fois ces voleurs… »

« Tristes fils endormis,
vous les dépossédés.
Que sont devenus les livres
du culte annuel
aux symboles peints
qu’à toute heure
interprétaient les Ahb’eh2 ? »
« Ô père sages et grands,
les étrangers ont également emporté
nos codex
de l’autre côté de la mer, là-bas. »

Et ils diront :
« Tristes fils geignards
et giflés,
pourquoi les livres sacrés
sont-ils en d’autres mains, comme des ornements ?
Prétendent-ils lire leur contenu
et interpréter
nos messages occultes ? »
« Ô pères sages et grands,
personne ne peut plus, comme vous, les lire aujourd’hui.
Les connaissances du passé
se sont peu à peu
évanouies. »

« Et vous, fils,
pouvez-vous extraire
les enseignements cycliques
qui se cachent
dans nos hiéroglyphes ? »
« Non, pères !
nos peuples ont été réduits au silence
et de plus
nous vivons trop loin
de ces centres
où jadis
comme un prodige
vous érigeâtes les murs de nos grands temples
et de nos cités. »

« Alors qui
peut lire les signes
et les chemins brillants
des astres
et le Chemin du froid3
qui serpente
dans l’azur du ciel ? »
« Ô pères sages et grands,
quelques mayanistes
affirment avoir la clé
pour les lire,
et qu’ils sont les seuls à pouvoir interpréter un jour
les mystères cachés. »

Ils riront
à gorge déployée
quand ils entendront
leurs fils se lamenter ainsi,
car il faudra beaucoup de temps pour lire
et non seulement imaginer
les histoires écrites
dans la pierre taillée.

Alors les ancêtres
appelleront de nouveau leurs fils
et leur diront avec orgueil :
« Triste fils humiliés
et dépouillés,
vous devez aviver
avec beaucoup de bois
la petite flamme esseulée
luisant encore
sur le copal odorant
de l’encensoir
qui s’offre toujours à nous
dans le cœur de la colline, près de la mer.

Vous serez
à nouveau nos vassaux,
les fils illustres
qui dans les katuns à venir
ne seront plus humiliés.
Mais il vous reste encore
à vaincre la nuit noire.
Allumez vos brassées de pin
tous ensemble, tous les peuples,
et que vos pas à l’unisson
rompent aujourd’hui
le sceau de l’avenir. »

1 Roue des katuns : La roue des katuns est un monument d’astrologie maya, une figuration circulaire du calendrier. Le katun maya est une période d’environ vingt années.

2 Ahb’eh : Selon le glossaire en fin d’anthologie réalisé par E. del Valle Escalante, il s’agit de l’interprète des livres sacrés chez les Mayas.

3 Chemin du froid : Selon le glossaire en fin d’anthologie, c’est un des chemins qui conduit à l’inframonde Xibalbá, en l’occurrence à la région de l’inframonde connue sous le nom de Maison du froid. Montejo le situe, avec les étoiles, « dans l’azur du ciel » et je ne sais si c’est conforme au mythe.

*

Les Mayas s’en vont (Los mayas se van) par Víctor Montejo

Les Mayas sont un grand mystère
dira un jour, dans un futur plus ou moins lointain,
quelque archéologue encore inconnu
quand dans un cimetière à l’écart
parmi la centaine d’autres aujourd’hui clandestins
au Guatemala, au Salvador,
en Amérique latine,
il trouvera à l’intérieur d’une seule et même fosse
des dizaines ou centaines de cadavres,
les uns sans bras, d’autres sans jambes,
et de nombreux autres décapités.
Alors le chercheur expliquera
qu’il s’agit de victimes sacrificielles
pour apaiser la colère des dieux.
À nouveau on doutera
de la nature des Mayas
et il s’en trouvera même qui affirmeront
que ces Mayas étaient cannibales
comme leurs ancêtres
parce qu’ils mangeaient leurs victimes
ou parce que le rituel sanglant exigeait
de démembrer les malheureux
avant de les enfouir tous ensemble
dans une fosse commune.
L’hypothèse sera crue, bien sûr,
si ces graves mayanistes
ne prennent pas note dans leurs carnets
que ces morts innombrables
sont le résultat des grands massacres
commis par les Kaibiles surentraînés
et les commandos Atlacatl4
usurpant et profanant cyniquement
les noms de deux caciques héroïques
qui contre les avides envahisseurs
mal-nommés conquistadores
luttèrent avec ténacité, corps à corps
et non avec des fusils israéliens
ni des M16 de gringos
mais avec des armes nationalistes :
leur sang, leurs flèches,
et leur lutte corps à corps
pour repousser les envahisseurs.
Ainsi dira l’archéologue de l’avenir
qui à présent mesure seulement des crânes ancestraux
et se réjouit d’ouvrir une tombe de plus,
tandis que le même jour,
quelque part
tout près de lui, et tous les jours,
on ouvre des centaines de tombes
de paysans pauvres, indigènes
tombés sur les hiéroglyphes.
Cela n’a pas d’importance, diront certains,
Le temps ne manquera pas
pour continuer de fouiller, de creuser
et de forger des théories
sur pourquoi les Mayas ont disparu
et où sont allés les « Indiens »
avec leurs dieux, leurs costumes bigarrés
et le pesant bagage
de leur savoir millénaire.

4 Kaibiles et Commandos Atlacatl : Selon le glossaire en fin d’anthologie, ce sont les noms d’unités de l’armée guatémaltèque (Wkpd ne connaît cependant de « bataillon Atlacatl » que pour l’armée salvadorienne) spécialisées dans la contre-insurrection (lutte contre la guérilla) et nommées d’après deux caciques indiens du XVIe siècle (ce qui, fait remarquer le poète, est du cynisme compte tenu des massacres d’indigènes dont elles furent responsables).

*

Nous chuchotons (Kuj jasjatik, Cuchicheamos) par Pablo García

Dans la tritureuse d’os de l’enfer
Jun Kame et Wuqub’ Kame6 nous rôtissent
…………………………..nous grillent
…………………………..nous pulvérisent
tandis que nous pleurons
………………..gémissons
………………..et chuchotons.

Pourquoi nos tendres visages sont-ils devenus des vieillards ridés ?

Pourquoi nous sommes-nous enfermés endormis dans la sépulture ?

Pourquoi nous sommes-nous convertis en âmes mortes ?

Pourquoi l’ambition des choses
et des charognes tridimensionnelles
nous a-t-elle changés en roseaux pourris ?

Pourquoi n’avons-nous pas travaillé avec le feu cosmique
de Jun Ajpu et Ixb’alamkej7
pour devenir une perpétuelle racine de lumière ?

Pourquoi ne ressuscitons-nous pas de l’enfer
pour retourner à nos pères et mères Étoile
…………………………………….Sirius
…………………………………….Soleil
…………………………………….et Lune Blanche ?

6 Jun Kame et Wuqub’ Kame : Deux divinités de l’enfer.

7 Jun Ajpu et Ixb’alamkej : Dans une graphie différente, ce sont les héros Hunapú et Ixbalanqué que nous avons déjà rencontrés dans « Le poème des héros » supra.)

*

Animal rationnel (Chomanel Awaj, Animal racional) par Pablo García

Sans plus de sagesse solaire
pour nous tout était réjouissance et prospérité
quand nous marchons dans l’obscurité de la Lune Noire
nous logeons un animal rationnel, penseur
entre les quatre piliers et soutiens de nos cœurs.

Aujourd’hui, là maintenant
l’animal rationnel, penseur
consomme le feu de notre essence
et transforme
en pierres ponces desséchées nos têtes
en vermisseaux ridés nos organismes
et en pantins acides nos personnalités.

Aujourd’hui, là maintenant
nous ne sommes plus que térébenthine sèche d’animal rationnel
empilés devant Jun Kame et Wuqub’ Kame
nous brûlons
et flambons en enfer.

Aujourd’hui, là maintenant
nous ne sommes que suie sèche d’animal rationnel
nous souillons Jun Ajpu et Ixb’alamkej
nous noircissons la fleur de l’étoile de la vie
avant de nous pulvériser
………………et de nous endurcir
dans le nombril du feu infernal.

*

Canne à sucre pourrie (Q’uma’r aj, Caña podrida) par Pablo García

Notre regard reflète un ciel enfumé
et un cœur nu sans tournesols
parce que nous avons été convertis en cannes à sucre pourries de l’enfer.

Nous avons perdu nos poissons et sapins de sagesse solaire
et nous suspendons des nœuds pourris d’animal rationnel
dans nos essences et organismes :
nœud d’arrogance, de croûtes sur nos yeux
nœud de colère, de luttes dans nos estomacs
nœud de larmes, de gémissements dans nos gorges
nœud de désir, d’appétit dans nos entrailles
nœud d’avarice, d’envie dans nos cœurs
nœud de connaissance, d’inquiétude dans nos cerveaux
nœud de gloutonnerie, de saoulerie dans nos intestins
et nœud de veine variqueuse dans nos genoux.

À présent
nous ressemblons à de maigres plaies
…………………………………………recroquevillées
…………………………………………et débiles
de même nous ressemblons à des plaies grasses
…………………………………………………nous purulons
…………………………………………………nous empestons
…………………………………………………et nous hurlons
par nos nœuds pourris.

À présent
avec la puanteur asphyxiante de nos nœuds pourris
nous engraissons Jun Kame Wuqub’ Kame
nous endormons Jun Ajpu Ixb’alamkej
et nous calcinons l’air
…………………………………………….l’eau
…………………………………………….la terre
…………………………………………….et le feu.

*

Hiver attendu (Nhab’il echmab’ilxa, Invierno esperado) par Santos Alfredo García Domingo

La pluie reviendra caresser ton visage
Ô terre martyre et stérile !
Elle viendra par ses gouttes d’eau
étancher ta soif et tu seras
la mère reconnaissante de toujours.

Les fleuves et les mers se réveilleront
de leur rêve éternel de liberté
et la rage assassine de l’homme
perdra sa force un jour.

Les peuples crieront dans leur joie
un hymne de grâce et d’harmonie
quand ils porteront les fruits de ton sein
à la chaleur de leur foyer,
feu du foyer béni.

*

Notre seigneur Obsidienne (K’awá Tijax) par Adela Delgado Pop

Aujourd’hui, par une chaude
et somnolente soirée,
K’awá Tijax a brisé
ce sentiment
que chérissait mon cœur.

Obsidienne à double tranchant
coupant à la racine ce sentiment malsain,
cette plaie toujours ouverte
que j’avais crue être le bonheur.

Médecine ancestrale
et définitive
arrachant à la racine
la pourriture occulte
que je craignais de toucher.

Mes os se brisèrent
avec mon cœur
et mon âme s’emplit
d’obsidiennes coupantes, cruelles
qui la saignent sans pitié.

Mes jambes pouvaient à peine
me porter,
je serrai les dents et courus.
Ah, l’amère médecine
pour me guérir de toi !

*

J’aime (Me gusta) par Adela Delgado Pop

J’aime la nuit
parce qu’elle
apporte le son du silence
que l’on ne peut écouter en plein jour
à cause de tant de bruit stupide.

J’aime l’obscurité
parce qu’elle me montre
les choses comme elles sont et
non comme mon imagination
voudrait les voir.

J’aime l’aube
parce qu’elle a coutume d’être froide
et cohérente
même si le jour doit être
une canicule d’enfer.

J’aime la lune
parce qu’elle teint tout d’argent,
comme si tout était
également précieux,
également superflu.

J’aime la nuit
car elle est intemporelle
parce que c’est l’heure des âmes
et des autres formes de vie
Nezahualcoyotl

J’aime la mort
car elle est définitive
parce que
c’est l’unique partage des eaux
que j’ai appris à respecter.

*

Nous (Nosotras) par Adela Delgado Pop

Nous qui supportons la violence
à fleur de peau
car ainsi le voulut
le dieu blanc.

Nous qui pleurons par devers nous
en serrant les dents
car ainsi le veulent
ses maudits héritiers.

Nous qui crions d’angoisse
dans l’obscurité
parce que nous barrent tous les chemins
ces infâmes gendarmes.

Nous sommes aussi celles qui rient
sans demander la permission
et chantent des berceuses
aux siècles.

Nous sommes aussi celles qui sèment
des fleurs dans le désert
et font mettre bas des épis de maïs
à la terre aride.

Nous sommes aussi celles qui aiment
en liberté
et dansent joyeuses à la pleine lune
car nous sommes la vie.

*

Paradis acheté (Manb’il xewb’al kamichej, Paraíso comprado) par Daniel Caño

Nos anciens racontent
qu’à l’époque coloniale
quand un latifundiste
était enfin fatigué
de voler tant de terres
et d’exploiter les Mayas,
il faisait de pieuses donations
non aux Mayas
mais aux moines pansus
afin que ceux-ci
disent des messes pour son âme
quand il serait mort.

Quand je serai mort
je n’aurai rien à donner,
j’espère seulement ne pas me retrouver
en enfer
avec tous ces connards.

*

Oraison sauvage (Stxaj no’ anima, Oración salvaje) par Daniel Caño

Son oraison favorite
était de gravir les montagnes,
qui lui révélaient
un sens profond de la vie.

Il contemplait l’herbe, les fleurs,
les arbres, les pierres, les fourmis,
les abeilles, les papillons, les oiseaux
et tout ce qui l’entourait
avec une passion indéchiffrable.

Cela fascinait mon grand-père
d’écouter la voix de l’air,
le chant des oiseaux et des grillons
et les milliers de sons
que seule la nourrice nature
pouvait lui offrir.

Il était silence dans le silence,
voix entre les voix,
air dans l’air,
nuage entre les nuages,
lumière entre les lumières et les ombres.

Il est clair que tout cela lui donnait
une plus grande tranquillité d’esprit
qu’entrer dans une somptueuse église.

C’est pourquoi ils l’appelaient « sauvage ».

*

Sensibilité perdue (Kamnaq el sk’ununihal, Sensibilidad perdida) par Daniel Caño

Un enfant parle avec son chat et son chien,
il parle avec les papillons, les abeilles,
les plantes et les fleurs,
il parle avec la lune et les étoiles.

Quand il devient grand,
tout cela lui semble ridicule.

Je m’interroge :
où, quand et comment
a-t-il perdu cette sensibilité ?

*

Les enseignements de ma grand-mère (Skuyb’anil hinchikay, Les enseñanzas de mi abuela) par Daniel Caño

Maïs rouge :
……………bon pour ton sang.
Maïs noir :
……………bon pour tes cheveux.
Maïs blanc :
……………bon pour tes os, tes dents et tes ongles.
Maïs jaune :
……………bon pour ta peau.
Et maïs tacheté :
……………bon pour discerner les conneries
……………qu’ils te fourrent dans le crâne
……………à l’école.

*

Seulement en enfer (Asannej b’ay xol infierno, Sólo en el infierno) par Daniel Caño

Ils viennent nous chasser de notre village
armés de fusils et de bombes,
affirmant que la terre
que nous habitons depuis des milliers d’années
ne nous appartient pas.

Et quand nous émigrons à la ville
ils ne nous acceptent pas.
Il n’y a ni terre ni travail pour nous.

Où pourrons-nous vivre en paix ?
Peut-être en enfer seulement.

*

Ut’z Baby par Rosa Chávez

Ndt. Ce poème, écrit en espagnol, est intéressant entre autres pour le mélange qu’il fait de mots mayas et anglais, comme le montre le titre, Ut’z Baby, avec le mot maya ut’z, bon (Good Baby). Tout comme on parle de spanglish (ou espanglish), l’équivalent de notre franglais, il semble inévitable que les locuteurs mayas éduqués et travaillant à la ville, confrontés à la culture de masse mondialisée d’origine nord-américaine, développent ce que l’on pourrait appeler un « mayanglish » ou « mayaspanglish », notamment dans la capitale « Guatemala city » (plutôt que Guatemala ciudad, voir la fin du poème).

Kaxlan, au vers 2, désigne une personne non maya (on l’a déjà rencontré dans « L’Interrogatoire des ancêtres », avec la graphie Kaxhlan : les Kaxhlanes), et nojim (vers 9) veut dire « doucement ».

Ci-dessous je donne d’abord la version originale, avant ma traduction.

Ut’z baby
así kaxlan
el amor en medio de la locura
aunque el mundo diga
que todo es frontera
lágrima rota
mala vida y mala muerte
besame en la calle más amarga
nojim baby nojim
besame en la calle más amarga
veamos juntos el atardecer
en Guatemala city

Ut’z baby
comme ça kaxlan
l’amour au milieu de la folie
même si le monde dit
que tout est frontière
larme brisée
mauvaise vie et mauvaise mort
embrasse-moi dans la rue tellement amère
nojim baby nojim
embrasse-moi dans la rue tellement amère
regardons ensemble la nuit tomber
sur Guatemala city.

*

Poème de Pedro Chavajay García

1 rue

peut te conduire

2 rues

peuvent t’égarer

3 rues et tu oublies ton nom

Si tu ne trouves pas
les rues
inventes-en une au hasard

Le chemin
sera ton cadavre

*

Le cadeau de la pluie (Ssab’ejal Nab’, Regalo de la lluvia) par Sabino Esteban Francisco

Le vent
peigne les arbres

les oiseaux
chantent l’invitation

et quand le tonnerre
annonce la fête
les nuages arrivent
– vêtus d’eau –
avec notre cadeau de pluie.

*

Pleine lune (Xajaw, Luna llena) par Sabino Esteban Francisco

Il y a des nuits
où la lune a
la rondeur
d’une tortilla
de maïs jaune.

– Odorante
et chaude –

comme sur
un comal de terre cuite.

TW17 De l’acte V à l’acte XIII

ACTE V (suite)

Pourquoi un sucrier doré à l’image pour une allocution présidentielle ? J’aimerais comprendre. #macron20h

Suite à son allocution télévisée, Sophie Pedder de The Economist appelle Macron « l’homme au bureau en or » (the man with the golden desk). C’est ce qui s’appelle, en bon français, une ironie sanglante. « L’homme au bureau en or … et il essaie d’avoir l’air contrit. » (and he tries to look contrite) Si avec ça The Economist n’a pas brisé la jeunesse de Macron (cf. Jean-Michel Aphatie : « Les Gilets Jaunes ont brisé Emmanuel Macron, son élan, sa trajectoire, sa jeunesse »), aucun Gilet Jaune ne le pourra !

*

ACTE VI

Emmanuel Macron réveillonne avec les soldats français de Barkhane au Tchad. (RT France)

La seule compagnie appréciée par le président : la Grande Muette.

*

Tchad : un militaire de la force Barkhane s’effondre devant Macron après la Marseillaise. (RT France)

Comme pour les motards et les avions du 14 juillet, cela ressemble à du sabotage de cérémonie présidentielle… Quand c’est le soldat le plus près du président qui s’écroule au cours de la cérémonie, c’est tout de suite beaucoup plus spectaculaire à l’image. Parfois, le hasard peut aller contre un président de la République… Si le soldat en question ne se sentait pas dans son assiette avant son malaise, n’aurait-il pas mieux valu le placer derrière et loin du président plutôt que juste devant les caméras ? Quand on a affaire à la Grande Muette, il faut savoir comprendre le langage des signes.

*

Police ou milice ? Comment savoir si ces « commandos » qui frappent un homme sont des policiers ? Ils cachent leurs visages et ne portent aucun insigne ou identifiant « Police ».

Voir sans réagir un homme se faire frapper à terre par des individus qui ne sont pas identifiés comme policiers par un insigne est de la non-assistance à personne en danger.

*

Toulouse : Une femme tente de venir en aide à un manifestant qui vient de se faire lyncher par les CRS qui refusent de la laisser passer. Réponse d’un CRS : « Quand on veut faire la guerre, madame, on assume. »

Si les CRS, si le pouvoir parle de « guerre », les Gilets Jaunes ont le statut de « partie au conflit » protégé par les Conventions de Genève et le pouvoir doit accepter l’intervention de la Croix-Rouge internationale.

*

Sans la liberté de se pâmer d’admiration, il n’est point d’éloge vraiment flatteur. (Beaumarcheur)

*

Voyez les lois travail d’un Kurz en Autriche, d’un Orban en Hongrie. Les travailleurs votent pour cette droite dure pour laisser une société de « valeurs » à leurs enfants, et ils leur préparent une vie d’esclaves.

*

ACTE VII

Brigitte et Emmanuel Macron ont ensuite pris la direction du Capon, sur les hauteurs de Saint-Tropez, où se situe la demeure de la réalisatrice Danièle Thompson. (Closer)

Le Capon, une enclave protégée où l’on trouve les demeures de B. Arnault, F. Pinault ou encore V. Bolloré. [Cette dernière information ne serait, finalement, pas exacte.]

Selon mes sources, la pointe du Capon, où se trouvent des villas de B. Arnault, Pinault, Bolloré, etc, est une presqu’île artificielle sur la commune de Saint-Tropez qui peut se détacher de la France et prendre la mer en cas de révolution Gilets Jaunes.

*

Le 29.5.2018, le ministère des affaires étrangères français tweetait : « L’attachement de la France à la sécurité d’Israël est indéfectible. » [Je tiens la capture d’écran de ce tweet à disposition de qui le souhaite.] Comment un ministère peut-il déclarer un soutien indéfectible à un État étranger ? Un gouvernement ne peut être attaché indéfectiblement qu’au seul intérêt national ! Le gouvernement national ne peut recevoir des élections le mandat de soutenir indéfectiblement un État étranger. Le soutien d’un État à un État étranger ne peut être que conditionnel et jamais indéfectible dans la mesure où un État souverain est de fait libre de commettre des actes contraires à l’intérêt d’un autre État, ce que ce dernier sera alors obligé de constater sous peine de faillir à son intérêt national. C’est le fameux principe Pacta sunt servanda, une des premières choses que l’on apprend en droit international.

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Pierre Vanlerberghe estime que la situation en France légitimise les mesures de sécurité publique… (Le JDD)

Qu’est-ce que « légitimiser » ? Une combinaison de « légitimer » et « sodomiser » ?

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J.-F. Kahn sur LCI à propos des Gilets Jaunes : « Qu’ils arrêtent de dire qu’ils sont peuple, ce n’est pas vrai ! »

Par l’*** qui demandait aux Français de ne pas s’offusquer d’un « troussage de domestique », dans l’affaire DSK.

*

How hard (from work hard) is hard enough for a capitalist? Our fathers have known 16 hours a day: Is that hard enough?

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Travailler dur pour l’avoir molle.

*

#VoeuxMacron Si j’ai bien entendu, il n’a pas dit « foule haineuse » mais « foule laineuse ». Une périphrase intéressante pour moutons de Panurge, certainement…

*

Question pour foule haineuse de Gilets Jaunes un soir de réveillon 2019 : combien doit coûter la nourriture qu’on y sert pour être à la hauteur d’une vaisselle à 500.000 € [coût du renouvellement de la vaisselle de l’Élysée selon Le Canard enchaîné] ?

*

Président Macron va envoyer la #LettreDeMacron aux Français. Que chaque Français réponde avec une demande. Le Président dirige l’administration avec le Premier ministre, et « le silence gardé par l’administration sur une demande vaut accord » (délai : 2 mois). Bon courage à ses services.

*

Décapitation symbolique

« Décapitation » de Macron à Angoulême : les trois organisateurs mis en examen (France 3 Régions)

Pour « outrage et incitation au crime » – mais aussi trois journalistes auditionnés par la police pour incitation au crime également. C’est complètement disproportionné. Le monde entier a vu la décapitation symbolique de Trump par Kathy Griffin, elle n’a donné lieu à aucune poursuite judiciaire. Les organisateurs d’Angoulême ont pensé que la France était, comme les États-Unis, un pays du monde libre. Ont-ils tort ? Les peuples peuvent se comparer et comparer leurs libertés grâce à internet, et les gens ne voient pas pourquoi certains pays du monde libre seraient plus libres que d’autres. Dans le monde libre, c’est la liberté du plus libre qui est la règle légitime.

Si la justice veut ignorer délibérément qu’elle se rend aujourd’hui dans un contexte mondialisé-connecté, en quoi se différencie-t-elle de Marine Le Pen ?

Au plan des lois nationales, le contexte même (Gilets Jaunes) exclut l’incitation au crime : comment ne pas voir que la mise en scène s’inscrit dans la revendication d’un règlement de crise par les voies constitutionnelles, dissolution, démission…?

« Je pense qu’il a besoin d’aide … À quand remonte la dernière fois qu’un acteur a assassiné un président ? » Johnny Depp, le 22 juin 2017. Trump n’apprécie pas et le fait savoir, mais c’est ainsi. Mais à Angoulême, c’est « code pénal », « outrage », « incitation au crime » ! Johnny Depp a certes créé l’émoi parmi les supporters de Trump, et peut-être un peu au-delà, et présenté de vagues excuses (en fait une impertinence de plus), mais l’important c’est qu’il n’y a pas l’ombre d’une robe noire lugubre dans le tableau. Ce serait en France sous ce gouvernement…

La robe noire est bien sûr toujours précédée du hallebardier. Ce dévoiement français de la pompe judiciaire pour paralyser la parole et in fine la pensée, notamment en ressortant les dispositions les plus poussiéreuses des « lois scélérates », est abject.

Si le parquet se met en mode automatique pour envoyer devant les tribunaux tout « outrage » qu’il détectera, ce sera une pression sur les juges du siège qui finiront par y céder, car elle risque de ne pas être dénoncée par des médias de plus en plus aux ordres.

Si l’on n’a pas le droit de décapiter un mannequin du président car c’est un « outrage » et une « incitation au crime », a-t-on le droit de le faire sauter en l’air sur un drap, ce qu’on infligeait au pied-tendre dans le Far-West ? (cf. Lucky Luke) [C’est aussi la tradition du paillassou niçois.] De quoi a-t-on le droit?

Si la décapitation d’un mannequin à la Kathy Griffin est outrage et incitation, ainsi que de faire sauter un pantin en l’air, tout sera outrage à part le cirage de chaussures. Je ne dis pas qu’entre ces mises en scène et la flagornerie il n’y a rien, mais la critique peut toujours passer pour un outrage pour des hommes de pouvoir susceptibles et violents. Qui veut le pouvoir sans accepter la critique et même la colère, veut la tyrannie !

Les lois scélérates l’étaient déjà à l’époque de leur adoption il y a plus de cent ans. Aujourd’hui elles sont devenues inqualifiables. Le dernier classement des démocraties, qui place la France au 29e rang (!), n’a pas eu vent de ces récentes décisions, songez-y.

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Le mot démagogie était dans la Grèce antique le mot désignant la démocratie dans la bouche des aristocrates. Rien n’a changé.

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Chevalier des temps modernes, la lumière des gyrophares fait scintiller ton armure. Prêt pour l’Acte 8 des Gilets Jaunes ce 5 janvier ?

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Gilets Jaunes. Emmanuel Macron représenté par un pantin dans un cercueil. Retour sur les violences du mouvement des gilets jaunes. (L’Info du vrai, Yves Calvi)

Des violences sur un pantin ? Vous lui avez conseillé de porter plainte, j’espère.

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La situation de LaREM, pseudo-parti sans implantation locale, doit lui faire apparaître avec une certitude absolue comme ingagnable une élection soudaine et donc empêche la mise en œuvre des mécanismes constitutionnels de sortie de crise, dissolution, etc. Constitution papier ! Dès lors que les voies constitutionnelles semblent exclues (car elles impliqueraient inévitablement passation de pouvoir pour le pseudo-parti LaREM), le pouvoir n’a d’autre choix, face à la contestation des Gilets Jaunes, que de s’y attaquer par une répression de plus en plus féroce des libertés.

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ACTE VIII

50.000 personnes ou même un million, ça n’est pas le « peuple ». (Jean Quatremer, journaliste)

Ni 50.000 ni même un million. Le peuple tient dans un bureau à côté d’un encrier en or.

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Au sujet de Christophe Dettinger [boxeur et boxeur de CRS], il me semble que si, comme le dit le procureur de Toulon, le commandant Andrieux est excusé par le « contexte », le même contexte excuse Dettinger.

Dans la vidéo où le commandant Didier Andrieux frappe le « délinquant » noir, un autre gendarme se précipite sur lui pour l’arrêter. Il faudrait interroger ce gendarme : pourquoi ce geste alors qu’Andrieux était si évidemment justifié par le contexte selon le procureur de Toulon ?

Le CRS qui, sur la vidéo, se précipite sur le commandant Andrieux pour mettre fin aux coups de poing de ce dernier dans la figure d’un manifestant noir, est prié de se présenter au rond-point le plus proche de sa caserne pour une audition libre… C’est pour rigoler ! Ce CRS est un héros, il peut se présenter au rond-point pour recevoir une médaille Gilets Jaunes.

(Le préfet a « cassé » la décision du procureur de Toulon concernant les actes de Didier Andrieux –à savoir ne rien faire– et c’est rassurant.)

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La cagnotte fait le buzz

Quand un membre du gouvernement dit que la cagnotte Leetchi en faveur de Christophe Dettinger est « une forme de complicité », cela revient à dire que payer une caution rend complice.

De plus, parler de complicité d’un crime dont Christophe Dettinger est jusqu’à son jugement présumé innocent, c’est du non-respect de présomption. Le procès peut révéler des éléments qu’aujourd’hui personne ne connaît.

La campagne contre la cagnotte en faveur de Dettinger méprise la présomption d’innocence et s’apparente à un lynchage, orchestré (ou à tout le moins soutenu) par le gouvernement. La pression de l’État pour clôturer la cagnotte Leetchi est illégale et, puisque le gouvernement consent (par bonté peut-être ?) à ce que Dettinger en bénéficie pour ses frais de justice et à hauteur de ces frais seulement, j’espère que cela inclut les frais du recours qu’il doit faire devant la justice administrative.

Ce n’est pas par bonté que le gouvernement laisse à Dettinger le bénéfice de la cagnotte pour sa défense ; c’est parce que Dettinger y a droit comme il avait le droit que la cagnotte se poursuivît jusqu’à son terme. De deux choses l’une, ou bien la cagnotte est illégale et alors Dettinger n’a le droit à rien, ou bien il a le droit à la moindre partie de la cagnotte et alors elle n’est pas illégale et la pression de l’État pour la clôturer est illégale. Dès lors que Dettinger perçoit la moindre partie de la cagnotte, les donateurs n’ont rien à se reprocher et les dénonciations-intimidations d’un membre du gouvernement contre ces honnêtes citoyens appellent des excuses en bonne et due forme.

Si la cagnotte est illégale, Leetchi est en cause. Si elle est légale, l’État est en cause pour la faire clôturer illégalement.

La ministre : « Je ne demande pas un tableur Excel avec les noms des donateurs de la cagnotte de Leetchi, ça ne me concerne en rien. La question que j’ai posée c’est : qui finance les casseurs ? Des puissances étrangères ? » Cette ministre voulait donc savoir si un État étranger souverain pouvait être poursuivi par le parquet français pour « complicité » de violences ? Elle cherchait « une forme de complicité » étatique aux uppercuts de Christophe Dettinger ? Cette nouvelle version ministérielle nullement crédible a au moins le mérite d’être l’aveu implicite que la première approche était répressive et arbitraire.

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Luc Ferry appelle à tirer sur les Gilets Jaunes deux ou trois semaines après qu’il a traité Macron de « gamin ». Il faut sans doute comprendre que, selon Ferry, Macron est un gamin pour ne pas savoir faire tirer sur la foule à balles réelles…

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La députée A.B. va saisir la justice pour des propos de La France Insoumise qui « a incité à la violence et s’est félicitée de l’insurrection ». (Télématin)

C’est de la répression d’opposition politique par le biais du statut dépendant du parquet, que LaREM veut exploiter jusqu’à la corde. J’en appelle aux solutions constitutionnelles responsables. S’il y a « insurrection », c’est l’article 16. Quand on parle d’insurrection, on ne va pas chercher le juge. C’est grotesque. Un juge anti-insurrection, ça n’existe pas. Quand on parle d’insurrection, on met en œuvre l’article 16 de la Constitution : les pleins pouvoirs du Président. Assumez.

Mais un président qui est passé en quelques mois de « tu m’appelles pas Manu » à, virtuellement, « tu m’appelles pas enc*lé » peut-il assumer l’article 16 ?

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Sodomie péri-anale (Affaire Théo)

Je soutiens la police mais pas la sodomie péri-anale. « Une expertise médicale conclut que Théo n’a pas été violé … la matraque n’a pas déchiré l’intestin en entrant par l’anus mais par la partie péri-anale » (Wkpd). La sodo péri-anale, c’est quand tu rates le trou du c** avec le bout de ta matraque.

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« Il y a des gens sincères porteurs d’inquiétudes et il y a des factieux. Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » Les entretiens (presque) imaginaires du porte-parole du gouvernement.

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La dépendance du pouvoir judiciaire en France

Dans les années soixante, Maurice Duverger écrivait qu’il n’y a pas en France indépendance du judiciaire et de l’exécutif. « Dans les pays anglo-saxons, le troisième pouvoir est confié à des organes absolument indépendants aussi bien des gouvernants que des gouvernés, de façon à réaliser une justice aussi exacte que possible. En France, malgré toutes les doctrines officielles, les tribunaux sont considérés en fait depuis Napoléon comme une branche particulière de l’Administration, et le pouvoir juridictionnel est, au point de vue politique, une partie spéciale du pouvoir exécutif. » (M. Duverger, Les régimes politiques, 1965) Une réforme de la justice a-t-elle démenti ses paroles entre-temps ? Non, et le classement au 29e rang des démocraties [Democracy Index 2018] est sans doute trop généreux pour ce pays.

Un élu français [Macron]: « RT [média russe] essaie de faire croire que nous sommes la Turquie ou l’Egypte. » (Le Canard enchaîné) On peut faire passer beaucoup de répression en se comparant à ces deux pays. Il suffit de dire : « Chez nous on peut critiquer l’islam. »

Censure de Twitter : la France devant la Russie ! La France se situe en deuxième position des pays pour les demandes de suppression de contenu, juste après la Turquie. Faut-il s’en inquiéter ? (Le Point, 2014)

On n’est pas la Turquie, qu’on vous dit ! Nous, c’est du bon flicage. Il est temps de garantir la pleine et réelle indépendance de la justice en France, notamment en supprimant la Chancellerie (sic) et le Garde des Sceaux (re-sic) qui portent de vieux noms énigmatiques pour effrayer les Français et les juges !

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De même que l’œuvre d’un intellectuel est entachée par le fait d’avoir été produite en régime totalitaire, est entachée, quand elle est apologétique et non critique, l’œuvre d’intellectuels d’une démocratie de 29e rang. Leur œuvre est saluée dans et par un régime répressif.

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My bill doesn’t punish any political activity. It protects the right of local & state governments that decide to no longer do business with those who boycott Israel. So boycotting Israel is a constitutional right, but boycotting those participating in BDS isn’t? (U.S. Senator Marco Rubio)

BDS is a grassroots citizen movement and it is as such that it is protected by the Constitution against incroachments by local, state, and federal authorities. With your bill you want to deal the death blow to U.S. institutions, turning them into an empty shell. Claiming that local, state, federal authorities have the same rights and freedoms as the citizenry is turning one’s back to American freedom, intent on allowing local, state, federal repression against individuals’ freedom.

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ACTE IX

Superbrain

Netiquette says: “Don’t use internet as a shield to do something you wouldn’t do during a real face-to-face conversation with your correspondent.” What correspondent? Do you imagine Plato explaining his Republic to a colleague by the coffee machine? Plato wouldn’t do that but he got to write his Republic. So real Netiquette is: Use internet as if you were writing the book of your life on a daily basis. Forget everybody, above all colleagues and all organization men of vertical hierarchies.

When you interact on internet it’s like the words, sentences, ideas that continually pop up in your mind, most of which you ignore, some of which you deal with – what psychologists call the ‘default mode network.’ Internet is your brain, what correspondent are they talking about? Your social media’s settings are the default mode’s settings of your brain. Instead of flashing on the cortical screen, default mode’s words, ideas, pictures pop up on the crystal screen. Yours is now a superbrain…

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ACTE X

Écoutez les vœux pour 2019 du Premier ministre de Malte. Le maltais (langue) ressemble, à l’oreille, à l’arabe car il vient de l’arabe : « L’origine de la langue est l’arabe sicilien. » (Wkpd). Malte a présidé l’UE en 2017.

Mais quel « Grand Remplacement » en Europe ? Le maltais est un dialecte arabe et les Bosniaques, les Albanais, les Kosovars [ainsi que le Caucase russe] sont largement musulmans. Les Arabes et les musulmans sont chez eux chez nous en Europe.

Les Arabes et les musulmans ont été chassés d’Europe ? Oui et alors ? Ils ont été chassés par des autocrates qui, après cela, ont été eux-mêmes chassés par les peuples d’Europe lors de révolutions populaires démocratiques. Les Arabes et les musulmans sont chez eux chez nous.

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Les gilets jaunes empêchent la CGT de faire une récupération politique : « Quelle honte ! C’est vous qui avez appelé à voter Macron » à l’élection présidentielle de 2017.

Les Gilets Jaunes qui s’opposent à la CGT, cela rappelle les analyses de Cornélius Castoriadis sur le nécessaire rejet de la « bureaucratie syndicale » et fait penser qu’on a peut-être là un mouvement véritablement révolutionnaire.

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L’interdiction de l’anonymat en ligne est la condition de la révolution. Tant que les gens pourront avoir une vie anonyme en ligne, ils supporteront tout ce à cause de quoi ils sont contraints de rester anonymes, c’est-à-dire leur exploitation.

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« Il y a un an, un événement tragique a secoué la ville : il s’agissait d’une grand-mère de 80 ans qui s’est faite agresser à son domicile. Et pardonnez-moi si je suis triviale, elle s’est faite sodomiser par un Algérien qui était en situation irrégulière, sous le coup d’une reconduite à la frontière et qui n’a jamais été reconduit à la frontière. » (Brigitte Barèges, maire de Montauban, lors d’une séance de Grand Débat)

Brigitte Barèges Productions et Le Grand Débat National Associés présentent

L’Algérien de Montauban

Ce mercredi dans les salles 😱

L’Algérien de Montauban, ils en parlent :

« Trivial à souhait » (Les Cahiers du cinéma)

« Toute la trivialité d’un fait divers » (Le Film, revue de la Cinémathèque française)

« Trivial et angoissant » (Mad Movies)

« Peut mieux faire » (Tabou X)

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Le trafic de drogue va bientôt entrer dans le PIB français. (Le Figaro)

Désormais la lutte contre le trafic de drogue va plomber la croissance française.

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ACTE XI

Prise de vue d’un lancer de grenades fumigènes à Rouen. Voir vidéo : le lanceur jette un projectile qui éclate en l’air et libère ses grenades, dont certaines ont l’air de partir un peu n’importe où, de même que les débris de la coque.

Sur la capture d’écran que j’ai faite, on voit un projectile (grenade ? fragment de coque ?) partir dans une direction complètement différente. Où va-t-il se perdre ?

Il est certain que Zineb Redouane, morte des suites d’un impact de « fragment de grenade lacrymogène » alors qu’elle fermait ses volets (pendant l’acte III), a été victime d’un fragment « perdu » dans les mêmes conditions que dans cette vidéo de Rouen. Dès lors que Zineb Redouane est morte d’un impact de fragment de grenade lacrymo, la mort doit bien être imputée aux forces de l’ordre, involontairement, car nous n’allons tout de même pas nous mettre à ne compter que les homicides volontaires des forces de l’ordre !

Les FDO en manifestation ne peuvent vouloir donner la mort, sauf 1/légitime défense ou 2/sur ordre. Donc, quand on parle des morts provoquées par les forces de l’ordre, c’est a priori involontaire (balle perdue, fragment de grenade perdu…). Le bilan est donc d’un mort par l’intervention des FDO. [Le président disait au même moment, depuis l’Égypte, que dans la crise des Gilets Jaunes aucun mort n’était à mettre au compte des FDO.]

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Les live-streams des médias traditionnels, y compris RT [en l’occurrence Ruptly], sont filmés côté forces de l’ordre tandis que les nouveaux médias sur PeriscopeTV filment côté GJ et c’est bien plus intéressant.

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On me dit que si c’est fluo et que ça bouge, il faut d’urgence appeler S.O.S. Fantômes. Il n’est peut-être pas trop tard.

[Dissolution dans le slime]

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Les portes de l’enfer se sont ouvertes. Face à l’invasion des démons de l’inframonde, le gouvernement doit agir : il est temps de tenir ses promesses électorales !

[Dissolution dans l’acide. Source photo : Hellraiser de Clive Barker]

L’infographie c’est un métier! lol

#Retrogaming 😉

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Apocalypse Gilets Jaunes Acte 4.269

Après des décennies à demander en vain une dissolution… ils l’ont finalement appelé! 😱 LE BLOB DES GILETS JAUNES ou la Dissolution par sucs gastriques extraterrestres hypercorrosifs.

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Depuis que je tweete les hashtags #GiletsJaunes et connexes type #acte11/#acteXI mes statistiques sont excellentes. Cela suscite forcément de la reconnaissance, c’est humain.

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Democracy Index 2018

Un ministre : « Y a pas beaucoup de pays où… En France on condamne les excès »

!!!

Au Democracy Index 2018, la France est au 29e rang, parmi les « démocraties imparfaites » (flawed democracies), derrière les pays de l’UE suivants : Suède, Danemark, Irlande, Finlande, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Grande-Bretagne, Autriche, Malte, Espagne, Estonie, Portugal. C’est-à-dire que, sauf la Belgique, l’Italie, la Grèce et Chypre, la France est le moins démocratique des pays d’Europe de l’Ouest (au sein de l’UE, mais la Norvège, l’Islande et la Suisse sont également devant).

Quand j’écris « !!! » ça ne signifie pas que ce que dit le ministre est faux, juste que c’est petit. C’est petit de se comparer à des pays sous-développés. Parmi les pays de sa catégorie économique, ses voisins, la France est particulièrement mauvaise. Petit mais surtout cela conforte les tendances répressives car en se congratulant de ne pas être une parfaite dictature on ne cherche pas à devenir une démocratie plus parfaite. Or je pense que la politique de ces derniers mois fait dégringoler la France dans le Democracy Index.

*

Ce qui m’attriste dans la manifestation des Foulards Rouges, ce sont les femmes de ménage, nounous, concierges, leurs maris, tous les domestiques obligés de manifester à côté de leurs employeurs. J’ai peur de devenir une de ces femmes de ménage à cause de la politique du gouvernement.

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Le RIC le « hérisse » [citation du Premier ministre : « Le RIC me hérisse »] mais la politique sans RIC c’est comme le coup de la harissa quand tu reviens de vacances au Maroc avec ta femme, tu découvres qu’elle a le trou de balle en chou-fleur et elle te dit : « Si j’avais pas tant mangé de harissa… » Ouais, ouais…

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Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent.

Surtout ne vous gênez pas pour saisir le parquet contre moi ! (J’ai dit « du », ce n’est pas une faute d’orthographe.)

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‘Medical’ LSD (faugh)

The key neural mechanisms identified by scientists in an LSD trip may be instrumental in treating it for mental disorders like OCD and depression. Finally, psychedelics are being treated seriously for the potential that they can unlock. (Reza Ali)

For decades psychedelics have been treated very seriously by the military and believe it or not this is no good news. Same with institutional shrinks: You don’t want a Nurse Ratched for an LSD “treatment.”

LSD will cure depression only when not prescribed by some licensed shrink. To begin with, the very existence of licensed shrinks is ground enough for depression. Licensed shrinks’ one function is to flush damaged labor back into the production machine, keep its return at level. We’re talking about human life but the machine can’t see it that way, it has to see it as another kind of fuel and grease.

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Le kirpan sikh

Je trouve révoltant que les Sikhs en France ne puissent pas sortir avec leur poignard (kirpan), un de leurs cinq « k » prescrits par la religion.

“Sikhs are allowed to carry Kirpan (dagger) of reasonable length as per Indian Constitution’s Article 25.” The provision has served Indian authorities’ purpose to ban kirpans of all sizes except the ridiculously small ones, according to Sant Bhindranwale. Religious freedom: Kirpan’s size is none of the government’s business, neither in India nor in France nor anywhere else.

L’Assemblée nationale du Québec a le droit d’interdire le port du kirpan dans son enceinte en vertu de ses privilèges parlementaires. (La Presse, 19.2.2018)

Le Québec est une société de privilèges, donc d’Ancien Régime. Que les Québécois ne m’en veuillent pas : c’est juste que leur Assemblée nationale, avec ses « privilèges parlementaires », est, contrairement au Québec dans son ensemble, aussi rétrograde que la France toute entière, où le kirpan sikh = port d’arme illégal !

Les Sikhs sont la cinquième religion mondiale, près de 30 millions de personnes. Bronzés, d’accord, et la France veut rester recroquevillée sur elle-même, d’accord. Le législateur français crache sur Le Pen mais il devrait se regarder dans une glace : il crache sur son clone !

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Des députés LREM veulent forcer Twitter à recueillir une pièce d’identité à la création d’un compte.

Si ça passe, Twitter pourra savoir quels comptes appartiennent à la police nationale, donc la société privée Twitter connaîtra l’activité de la police française sur sa plateforme et pourra communiquer ces informations à qui bon lui semble.

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« Je vais faire attention aux petites phrases. Dans le système où nous vivons, cette franchise n’est peut-être plus possible. » Le président Macron découvre :
1 que le système qu’il représente a muselé la parole ; ou bien
2 qu’il ne peut exprimer ses idées avec franchise (car elles sont nauséabondes).

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ACTE XII

Le JEFTA [accord de libre-échange entre le Japon et l’Union européenne] est entré hier en vigueur mais nous allons voter en France une loi anti-casseurs qui veut envoyer les gens masqués en prison ! Le masque anti-particules doit au contraire se généraliser d’urgence ! J’ai toujours pensé, depuis mon voyage à Séoul et Tokyo il y a près de trente ans, que le masque anti-particules devait avoir du bon. J’attendais que ça prenne en France…

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Gilets Jaunes vs Baskets Dorées

Les baskets Vuitton à 750 euros de Brigitte Macron font le buzz sur le Net.

L’expression luxe insolent a un sens (même si c’est « un prêt »). Quand des élus de la République veulent vivre dans un luxe insolent, ils n’ont pas tout compris. De surcroît, l’excuse « c’est un prêt » est ridicule, même et surtout si c’est vrai. On sait très bien qu’un couple de banquier a de quoi se payer une paire de baskets Vuitton. Le problème, c’est d’afficher un luxe insolent quand on est un couple d’élu.

Après « c’est un prêt », on entend dans les troupes LaREM que c’est bien car « c’est made in France, c’est Vuitton ». Pathétique ignorance des réalités économiques et de la sous-traitance généralisée des compagnies multinationales, dont, bien sûr, LVMH : « Vuitton, une marque qui sous-traite en Chine et en Roumanie » (Mediapart, 2013).

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Subventions dans le désert

« Si être gilet jaune, c’est vouloir moins de parlementaires … moi aussi je suis gilet jaune. » « Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un … député ! » (dans les médias, ce qui est choquant aux yeux du président Macron)

Où est la cohérence ? Si c’est une faute dans les médias de donner le même statut à Jojo qu’à un député, en quoi moins de députés serait-il une bonne idée ? S’il n’est pas nécessaire que l’État paye autant de gens ayant un haut statut parce qu’ils se distingueraient de Jojo, pourquoi les distinguer de Jojo ?

Le nombre de parlementaires et d’élus en général est arbitraire et résulte de tripatouillages de carte électorale, de gerrymandering (de la lutte contre lequel Arnold Schwarzenegger a fait son cheval de bataille aux États-Unis). Selon que le découpage sera ceci ou cela, statut auras ou n’auras point, ô Jojo !

Disons, pour être tout à fait exact, que le nombre lui-même résulte d’une décision arbitraire, à partir de laquelle on peut arbitrairement découper les cartes électorales pour faire des circonscriptions sur mesure. Nous savons qu’une voix dans les territoires ruraux pèse plus lourd qu’une voix chez les citadins, car les circonscriptions rurales sont moins peuplées. Ce président et cette majorité sont président et majorité à la fois des riches et des gens de la campagne. Système hyper-conservateur, sans parler du Sénat qui aggrave encore la surreprésentation des déserts ruraux dans notre vie institutionnelle, comme si c’était au fin fond des cambrousses qu’était l’avenir de la France… Banlieues, réveillez-vous ! La France de la périphérie, ce sont les banlieues urbaines et périurbaines des travailleurs de la ville, les moins bien représentés par le découpage électoral.

Quand on fait un Grand Débat en province devant, disons, 300 maires, c’est à tout casser 40 maires de villes et leurs banlieues et tout le reste des maires de petites communes rurales sous perfusion de subventions publiques, complètement dépendantes car l’argent vient des villes. C’est un Grand Débat devant 20 % de maires représentant 80 % de la population et 80 % de maires représentant 20 % de la population. Et quand on dit « les maires sont OK », cela veut dire les 20 % de la population qu’on arrose de subventions pompées aux travailleurs des villes et des banlieues !

Il y a 36.000 communes en France, dont 20.000 ont moins de 500 habitants, 34.500 moins de 5.000 habitants. Seules 950 communes ont plus de 10.000 habitants. Chaque commune, quel que soit le nombre d’habitants, a un maire [et un conseil municipal]. « Les maires », c’est le monde des petites communes rurales, ce n’est pas la France !

La France, c’est 80 % de Français vivant en agglomération urbaine. « Les maires », c’est l’Ancien Régime : 80 % de petites communes rurales ! Le Grand Débat National, le Sénat, les circonscriptions législatives, tout cela, ce n’est pas la France. C’est là une forme particulièrement vicieuse de « classisme » et de racisme institutionnels, les campagnes servant de rempart contre l’accession à la parole politique du prolétariat urbain et des Français d’origine immigrée. Les déserts ruraux comme rempart de la bourgeoisie… il fallait y penser ! Déserts ruraux : pléthore d’élus. Grosses concentrations urbaines : déserts d’élus. Ce système n’est pas représentatif.

La France des maires, des sénateurs, des députés, la France des élus à l’écharpe tricolore, la France qui « participe » au Grand Débat, c’est une France de Peppone et Don Camillo, de déserts ruraux subventionnés, entre cent et mille ans en arrière.

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Clip de Didier Bourdon On peut plus rien dire : « Sûr qu’on est d’accord avec toi mais c’est pas nous qu’on fait la loi. » C’est pas nous, c’est personne ! La spirale a été enclenchée et ne s’arrêtera que dans la dictature Big Brother totale et sans masque.

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Dites-vous bien que le délit de blasphème existe déjà en droit français : ça s’appelle « incitation à la haine en raison de la religion ».

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Quand Pierre-Emmanuel Barré fait son one-man-show en salle, c’est en fait un Grand Débat National ?

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Gilets Jaunes Caracas

Tu sais si bien que tu es libre que tu tweetes toujours sous ton vrai nom. Toujours. Tout le monde. Tout le temps. Dans le pays des droits de l’homme où règne la plus totale liberté. Et quand parfois, mais c’est si rare, tu crées un compte sous pseudonyme, c’est seulement pour que Carrefour ou Auchan ne sache pas quelles publicités t’envoyer. En fait, tu es tellement libre que tu devrais avoir honte, car tu empêches le président Macron de résister pour toi aux manipulations mentales du dictateur Poutine sur ton cerveau ! « Donc, nous, on est des pitres. » La France est la cinquième colonne de la Russie fasciste contre Macron et vous allez le payer.

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« Je ne veux plus de l’anonymat sur les plateformes internet. » (Le président de la République)

Personne ne devrait avoir à être anonyme sur internet, or c’est la règle plutôt que l’exception, ce qui signifie que des honnêtes gens se sentent obligés de rester anonymes. Demandez-vous pourquoi.

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Le crépuscule des groupuscules

La « commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite » a organisé ses premières auditions. (La Croix)

Il n’y a pas de petit sujet, de sujéticule. Quand tu veux écraser une mouche, cet animalcule, tu peux utiliser soit une tapette à mouches soit, en France, une commission d’enquête parlementaire.

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Viol ou… corruption

« Le défaut de consentement ne suffit pas à caractériser le viol. Encore faut-il que le mis en cause ait eu conscience d’imposer un acte sexuel par violence, menace, contrainte ou surprise », explique le juge. (Huffington Post)

Le classement sans suite dans l’affaire Darmanin est dû, je crois, au-non établissement des faits selon le juge et non à la phrase sur le « défaut de consentement » et le viol [qui a fait couler beaucoup d’encre]. Sur cette phrase elle-même, si demander une faveur sexuelle en l’échange d’un service n’est pas un viol, c’est au moins de la corruption : « La corruption est un comportement pénalement répréhensible par lequel une personne (le corrompu) sollicite, agrée ou accepte un don, une offre ou une promesse, des présents ou des avantages quelconques en vue d’accomplir, de retarder ou d’omettre d’accomplir un acte entrant d’une façon directe ou indirecte dans le cadre de ses fonctions. »

Si des éléments de preuve sont apportés dans le sens de la (des) plaignante(s) contre le ministre Darmanin et que le grief de viol n’est cependant pas retenu, il y a tout de même un pacte de corruption (corruption passive), où le corrupteur (la plaignante) doit à mon avis être disculpé et la peine appliquée au seul corrompu.

Dès lors que le « corrupteur » demande au « corrompu », fonctionnaire, un service relatif à sa charge et que ce dernier sollicite pour cela quelque chose qui ne lui est pas dû à ce titre (comme une faveur sexuelle), c’est une forme de concussion, une prévarication.

[Dans son précis sur Les obligations des fonctionnaires, le Conseiller d’État Pierre Bandet explique que « (la concussion) se distingue de la corruption en ce que le particulier qui doit verser des sommes non dues est la victime du concussionnaire, tandis qu’en cas de corruption, le délit est commis tant par le corrupteur que par le corrompu ». Il existe à mon sens une autre différence entre la concussion et la corruption, c’est que le texte relatif à la première (article 432-10 du code pénal) ne fait explicitement état que d’argent, « une somme … une exonération ou franchise des droits, contributions, impôts ou taxes publics », tandis que le texte relatif à la corruption (article 432-11 CP) semble pouvoir être interprété de manière bien plus large, « des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques », liste dans laquelle on pourrait inclure des faveurs sexuelles, tandis que ce serait certainement une distorsion du texte dans le cas de la concussion, tel que l’article est rédigé. C’est pourquoi je suis parti sur la voie de la corruption et n’ai évoqué la concussion que pour remédier à la difficulté représentée par le fait que le délit de corruption incrimine tant le corrupteur que le corrompu. En tout état de cause, si demander et obtenir des faveurs sexuelles en échange d’un service n’est pas, de la part du fonctionnaire ou du dépositaire de l’autorité publique, un viol, comme l’a prétendu le juge en classant l’affaire en question, seul un problème rédactionnel s’oppose à inclure ce type de comportement parmi les « manquements aux obligations de probité » aux côtés de la concussion, de la corruption et d’autres.]

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Un gouvernement de coalition ne signifie pas un gouvernement d’extrême droite. Le parti de Salvini et le M5S de Di Maio sont une coalition. Quand en Allemagne on a une coalition droite-gauche, le parti de gauche ne devient pas un parti de droite ni le parti de droite un parti de gauche. Il est certain que cela peut être difficile à comprendre dans un pays qui a pratiqué pendant des décennies le « cordon sanitaire » contre le FN/RN, avec comme résultat que ce parti est maintenant aux portes du pouvoir et n’aura peut-être même pas besoin de coalition.

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À l’époque, un Yves Mourousi, un PPDA, une Christine Ockrent, c’était pour beaucoup de gens, presque tout le monde en fait, la personne par qui on découvrait les événements marquants. Il y avait donc de la révérence. Aujourd’hui, tout le monde sait tout avant l’heure du JT. Je ne pense pas minimiser le rôle de la presse à l’époque et je remarque que les deux, presse et TV, aujourd’hui « tombent » ensemble. Car ils se complétaient (en tant que cool media : cf. McLuhan) tandis qu’aujourd’hui internet les remplace.

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Je suis pour le cannabis « récréatif » et contre la prescription de cannabis « médical » : pas de Nurse Ratched, s’il vous plaît. D’ailleurs, je suis contre le terme de cannabis « récréatif ». On ne parle pas de cour de récréation (où rôdent les « pions »). Je suggère plutôt cannabis « philosophique ». Et d’abord un État laïque aurait dû autoriser le cannabis rituel pour les Rastafariens il y a longtemps : les Rastas sont discriminés. Aux États-Unis, le peyote est légalisé depuis longtemps pour la Native American Church (Amérindiens).

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Hallucinante fréquence à laquelle, dans les questions de réforme de l’État et des institutions, dans des livres savants, même récents, le caractère latin de la France et des Français est invoqué comme facteur explicatif et même prescriptif. Les auteurs ne voient-ils pas l’implication raciste ? Surtout, ne voient-ils pas que ce caractère latin, dont ils ne disent à peu près rien de concret, est comme le phlogistique de la vieille chimie ou comme la « vertu dormitive » de l’opium ? Un exemple en science politique : Maurice Duverger. En sciences du droit : Michèle-Laure Rassat.

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ACTE XIII

Audiences en chute libre : la diffusion du Grand Débat arrêtée (Valeurs actuelles)

Audience Macron Grand Débat « en chute libre ». S’il était bon dans cet exercice, comme certains l’ont dit, son audience n’eût-elle pas dû augmenter ? Les gens ont voulu voir, ils ont vu, ils ne sont pas revenus. Veni vidi cassos

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J’ai suivi pour vous la danse du dragon chinois Gilet Jaune de l’Acte XIII. Une coutume que l’on retrouve aussi en Indonésie : c’est le barong, barong ket ou barong keket de Bali.

Ici le barong fait sa danse devant la foule en délire.

, belle prise de vue du barong keket sur les Champs-Élysées.

, le barong keket Gilet Jaune continue sa danse contre la reine des démons Rangda 👹 aux abords de l’Assemblée nationale, tandis que des manifestants l’accompagnent en frappant sur des palissades comme sur des tambours.

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The Gilets Jaunes Roleplay #ActeXIII/#Acte13 de la campagne Ruissellement-Dissolution présente FDO Force Des Orques

« Et maintenant dissolution par ruissellement d’acide »

[En travaillant sur le coup de l’inspiration à ce détournement de photo, j’ai malheureusement coupé l’image trop court et on ne voit pas le gilet jaune de la jeune femme brutalisée, gisant sur le trottoir à quelques pas de là comme une loque abandonnée, beau symbole mélancolique.]

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Un ministre sur BFM-TV : « Je ne vois pas les revendications des Gilets Jaunes. » Pour qu’un ministre ne soit pas aveugle, il faudrait qu’un gouvernement soit autre chose qu’une bureaucratie. « On ne peut pas réduire l’aliénation de 3 % par an. » (Castoriadis)

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N’essayez pas de faire passer la moindre suspicion envers le gouvernement, qui dirige des services secrets hors de tout contrôle démocratique, pour du « complotisme ». Et je dirai même : tant que tout n’est pas transparent dans l’exercice du pouvoir, le complotisme est justifié. Un gouvernement qui ne voudrait pas être transparent sur tout et qui voudrait en même temps réprimer tout ce qu’il appellera du complotisme est une tyrannie qui doit être renversée, balayée par le peuple.

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Qu’Antifa soient des « idiots utiles du système » est vrai principalement du point de vue révolutionnaire. L’antifascisme est « un piège utilisé par la bourgeoisie pour détourner les prolétaires de leur véritable lutte : la lutte de classe. » Wkpd article « bordiguisme » (Amadeo Bordiga)