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De D’Annunzio, du fascisme et de la Révolution mexicaine

I/ D’Annunzio et le fascisme
II/ D’Annunzio et la Révolution mexicaine

Gabriele D’Annunzio (Source: Encyclopédie Larousse en ligne)

*

I
D’Annunzio et le fascisme

D’aucuns, dont j’ignore s’ils écrivent aussi sous leur vrai nom†, affirment que, s’il fut un enthousiaste du fascisme à ses débuts, D’Annunzio (1863-1938), l’un des écrivains les plus lus de son temps, s’en distança par la suite, se rendant compte, d’après ces gens, de la nature foncièrement mauvaise de ce régime en le voyant pratiqué. Bref, il ne savait pas ce que cela donnerait, mais il le vit par la suite, comme nous le voyons tous aujourd’hui, « tous », c’est-à-dire ceux qui ne savent pas comment concilier publiquement leur goût pour l’œuvre de ce grand écrivain et poète avec la franche admission de son fascisme invétéré.

†(Il n’y a qu’à ouvrir la page Wikipédia en français sur D’Annunzio pour trouver cette fausseté. Cette page commence en effet ainsi : « Gabriele D’Annunzio, ou d’Annunzio, prince de Montenevoso, est un écrivain italien, né à Pescara le 12 mars 1863 et mort à Gardone Riviera le 1er mars 1938. Héros de la Première Guerre mondiale, il soutient le fascisme à ses débuts et s’en éloigne par la suite. »)

Or rien n’est plus faux que D’Annunzio prît ses distances avec le fascisme. S’il prit ses distances avec les affaires du pays, c’est en raison des infirmités de son grand âge. La preuve en est dans les lettres que le poète adressa peu avant sa mort à Mussolini, lettres qui réitèrent le soutien du poète au Duce et continuent d’exprimer l’enthousiasme des commencements.

Voici ce qu’il écrit à propos de la conquête d’Éthiopie (1936) :

Mon cher Compagnon, qui m’es plus cher que jamais.

Tu as sans nul doute senti combien je t’étais proche en ces journées marquées par ton héroïsme vrai, suprême et serein.

Tout ce qu’il y a de meilleur en mon art, tout ce qui aspire à la grandeur, se dressait en moi, du plus profond de mon être, dans l’espoir de sculpter ta haute figure quand toi seul, contre les intrigues des vieillards, la fausseté des hypocrites, les peurs des âmes épuisées, tu défendais ta patrie, ma patrie, l’Italie, l’Italie, l’Italie, seul et à visage découvert.

Elle te sied, la parole de Dante. Du sépulcre ardent, l’ombre de Farinata s’est levée. À visage découvert.

Je t’ai admiré et je t’admire en chacun de tes actes, en chacune de tes paroles. Tu t’es montré et te montres égal au destin que tu rends toi-même invaincu et immuable, tel une loi, tel un décret – ordre qui n’est point nouveau mais éternel.

Tu ne sais pas encore que j’ai commencé à traduire ton extraordinaire discours au peuple d’Irpino dans le latin des Commentaires avec un peu du mordant de Salluste.

Dans sa nudité, ce latin, mieux que la plus pénétrante analyse, révèle l’esprit de ton éloquence. Je voudrais qu’il fût imprimé en exergue à un volume de tes discours.

O Compagnon, ne va pas te salir en t’adressant au puant cloaque de Genève [la Société des Nations].

Sois inébranlable en comprimant ton hilarité, l’âme sereine.

Je t’embrasse. Et je te demande la faveur de mourir pour ta Cause qui est mienne et celle du Génie latin indomptable. Chargé d’ans, recru de solitude, je veux enfin mourir pour la neuve et antique Italie. Ma foi qui ne vacilla pas m’a fait mériter ce prix.

Et (1937) :

Mon cher et grand compagnon, toujours plus grand, il y a trop longtemps que nous ne nous rencontrons pas, ne nous voyons ni ne nous parlons. Dans cet intervalle a surgi dans ta vie le plus haut des événements. Après tant de batailles, tant de victoires, tant de volonté et de heurts, tu as vraiment accompli ce qui, dans l’histoire des grands hommes n’est presque jamais accompli. Tu as créé ton Mythe.

Je t’ai écrit naguère un mot dénué de sens : « N’oses-tu pas, sur ta lancée, chanter les Chants d’Outre-Mer ? »

Pardonne-moi ce mot. Ta cavalcade dévorante et conquérante est au-delà de toute entreprise d’Outre-Mer. Dans toute l’histoire des Conquistadores, jamais on n’en vit aucun – avec ses seuls moyens d’homme – créer son Mythe éternel comme toi.

« Inventeur de mythologies », c’est ainsi que me nommait hier l’obscur philologue Evelino Leonardi qui est bien de ce monde-ci. Un poète plus subtil de France m’appelle, lui, « sourcier de mythes » en alliant aux mythes la mystérieuse faculté de qui découvre les eaux souterraines.

Parmi tant d’insignes bienfaits, tu m’as donné celui de voir un homme vivant créer son Mythe immuable.

Dans sa course, ton cheval a dessiné l’extrême confin de ta Conquête africaine. Course infatigable – auprès d’elle celle de Mazeppa est un jeu d’enfants – course qui, à jamais, a tracé le contour de la Conquête nouvelle…

Pardonne-moi. Peut-être me permettras-tu d’écrire ce Prodige, armé de la plus acérée de mes plumes lyriques. Aujourd’hui je ne veux ni ne puis mêler le sacré au profane.

Je vais t’envoyer deux messagers de mon amour le plus profond : Gian Carlo Maroni et Leopoldo Barduzzi. Ils te parleront du Vittoriale [propriété de D’Annunzio], de la nécessité de le sauver, des moyens à adopter pour l’arracher aux griffes d’héritiers avides et cyniques et le rendre à sa sérénité monumentale.

Le Vittoriale est à toi.

C’est d’ici que partirent vers toi les premières grandes prophéties de ta grandeur et de ta gloire. D’ici partirent les premières paroles dignes de ton destin. N’oublie pas cette beauté, cette vérité, ce courage.

Cher Compagnon, toujours plus cher, je te recommande tout mon idéal et je t’embrasse, l’âme élargie comme celle, sous le soleil désert, du nouvel Empereur d’Éthiopie.

Dans cette lettre, D’Annunzio rappelle qu’il fut l’un des premiers « prophètes » de la grandeur de Mussolini et de son mouvement.

L’éditeur de la correspondance ajoute cette note : « Le ‘subtil poète de France’ est Jean Cocteau qui, en 1932, avait envoyé au Poète son Essai de critique indirecte avec la dédicace : ‘À Gabriele D’Annunzio, sourcier du mythe, chercheur d’or, mage astrologue, oracle, son ami J. C.’ » (p. 224)

Toujours sur le même sujet et, en particulier sur le Négus, le fameux Ras Tafari, qu’il caricature en « fantoche poilu perché au sommet de sa cloche plissée », D’Annunzio écrit également à Mussolini (1er mars 1936) :

(…) Qu’aujourd’hui chaque cartouche d’Italie vaille un homme mort.

Tout entière, l’Éthiopie au rude relief doit inexorablement devenir un haut plateau de la culture latine.

Sois loué, toi qui es parvenu à insuffler à notre race, trop longtemps inerte, la volonté de mener à bien cette tâche. Sois loué, toi qui mènes à leur terme tant de siècles exempts de gloire guerrière et les fais s’accomplir dans la splendeur de cet assaut et de cette conquête.

Aujourd’hui, pour toi, la nation va chercher son souffle au plus profond. Tout est vivant, tout respire. Tout possède ce don fatal. Je sais que désormais le destin même de cette nation puissante possède bronches et plèvre pour ce souffle.

Pourquoi l’allure de Sélassié m’inspire-t-elle une telle hilarité ? La barbe paraît l’encadrer comme un chromo de café de province.

C’est vrai ; j’ai toujours honoré et célébré la vertu du sang. Mais de quelle solennelle origine pourrait bien venir le sang de ce fantoche poilu perché au sommet de sa cloche plissée ? Il n’est pas de figure de rhétorique plus vide que ce manteau en forme de cône.

L’Éthiopie est romaine depuis des temps immémoriaux, comme la Gaule de César, comme la Dacie de Trajan, comme l’Afrique de Scipion.

Après des siècles d’expérience, la diplomatie a enfin acquis le vrai sens historique, celui qui est profond et que ne peut écarter nulle domination. Quelle imbécillité, plus ou moins antique, peut donc aller se confier au pouvoir universel d’un ministre novice, dont les architectes sont le coiffeur, le tailleur et le chapelier et qui, par hasard ou vice, se nomme M. Anthony Eden ?

Combien je m’amuse à ce théâtre de marionnettes grinçantes ! En vérité, dans leur rigidité, les pantalons britanniques ne le cèdent en rien à la cloche style Salomon du velu Hailé Sélassié.

Et lorsque l’Italie, sur la question éthiopienne, quitta la Société des Nations, D’Annunzio félicita immédiatement le Duce en ces termes (13 décembre 1937) :

Tu sais que depuis cinq ans environ j’attendais de toi, avec une inébranlable confiance, l’acte que tu viens d’accomplir. Beaucoup en ont été émerveillés jusqu’à l’ivresse, mais nul, comme moi, n’a été frappé au plus profond de son cœur par une sorte de révélation surnaturelle. C’est bien souvent que j’ai représenté ton mythe, dans sa pureté mystique, ce mythe qui a dessiné ton visage. Je t’ai décrit, t’en souvient-il ? – galopant sur les rives de l’Océan et montant des plages africaines aux hauteurs rocheuses d’Addis-Abeda. Mais ce que tu viens soudain de faire, cet acte immense – dépasse toute attente et tout autre autre prodige espéré. Tu as imposé ton jour à toutes les incertitudes du destin, tu as vaincu toutes les hésitations de l’homme. Tu n’as rien à redouter, tu n’as plus rien à redouter. Jamais victoire ne fut si pleine. Concède-moi l’orgueil de l’avoir prévue et annoncée. Ce soir, je me tais et t’embrasse comme je ne le fis jamais.

Source : Correspondance D’Annunzio-Mussolini, Ed. Buchet/Castel, 1974 (traduit de l’italien par Paul Jean Franceschini, avec la collaboration des professeurs Renzo De Felice et Emilio Mariano), dont le compilateur titre la dernière partie du recueil, celle des lettres écrites entre décembre 1934 et la mort de D’Annunzio en mars 1938, « Un podagre dévot du Duce ».

C’est en fasciste non repenti que D’Annunzio s’éteignit le 1er mars 1938, recevant des funérailles nationales du régime fasciste.

Qu’il se fût éloigné du fascisme est donc une fausseté. Qu’il s’opposât, en revanche, au rapprochement de l’Italie fasciste avec l’Allemagne nationale-socialiste, est certain. Après avoir lu les lettres ci-dessus, il convient de souligner que l’opposition à un tel rapprochement ne pouvait pas signifier pour D’Annunzio un alignement sur la Société des Nations (le « puant cloaque de Genève ») ou une alliance avec l’Angleterre (qui serait une « imbécillité »), c’est parfaitement clair. D’Annunzio préconisait donc une forme d’isolement européen pour le régime fasciste.

C’est là que l’intérêt du poète pour l’Amérique latine, dans le sens d’une alliance en faveur de la latinité, prend tout son sens.

D’Annunzio fit tout ce qu’il put pour saboter l’alliance entre l’Italie fasciste et le Troisième Reich, en raison de son irrédentisme et de sa germanophobie. L’irrédentisme italien était en effet dirigé contre un Empire largement perçu comme germanique – le Saint Empire germanique –, c’est-à-dire comme une machine germanique à broyer les peuples.

(Le jeune Hitler considérait quant à lui l’Empire des Habsbourg, l’Empire austro-hongrois, comme une machine à broyer le peuple allemand. Ces divergences d’appréciation tiennent sans doute, au-delà des œillères propres à chaque nationalisme, à une constitution despotique, au sens de Montesquieu, qui ne pouvait satisfaire personne. – Pour être tout à fait précis, Montesquieu ne décrivait pas les monarchies européennes de son temps comme despotiques mais comme modérées ; le despotisme ne se trouvait selon lui qu’en Orient. Or il n’est pas impossible que l’Empire multi-ethnique austro-hongrois ait parcouru en quelques décennies un chemin qui le rapprochait de la constitution despotique telle que décrite par Montesquieu pour l’Empire ottoman lui-même multi-ethnique ; ou bien la monarchie même « modérée » décrite par Montesquieu ne pouvait tout simplement plus, au vingtième siècle, répondre aux aspirations des peuples européens.)

On ne s’étonne pas de trouver des attaques contre D’Annunzio sous la plume d’auteurs völkisch. L’Autrichien Jörg Lanz von Liebenfels, fondateur de l’Ordo Novi Templi (ONT) et du mouvement ariosophique, lui consacre plusieurs passages de sa revue Ostara. Lanz reproche à D’Annunzio son irrédentisme, moins d’un point de vue nationaliste qu’impérialiste : l’irrédentisme est de ce point de vue une forme de division débilitante de peuples de culture. Durant l’occupation irrédentiste de Fiume par D’Annunzio et les Arditi à la fin de la Première Guerre mondiale, D’Annunzio reçut d’ailleurs des encouragements tant de Gramsci que de Lénine, et son entourage lui conseilla de s’aligner purement et simplement sur le modèle de la jeune république des Soviets, ce qu’il refusa cependant. Lanz voit également en D’Annunzio un type racial inférieur. Il lui reproche l’usage lucratif et intéressé qu’il ferait de sa carrière littéraire. À cette occasion, Lanz dit que D’Annunzio est juif (un juif polonais dont le véritable nom serait Rappaport) ; il ne cite aucune source à l’appui d’une telle allégation et il est vraisemblable qu’il ne s’agît que d’un moyen facile de discréditer l’écrivain auprès d’un public antisémite.

Sans doute Lanz n’avait-t-il pas lu les œuvres de D’Annunzio ; s’il l’avait fait, il aurait trouvé d’autres arguments contre lui. Le roman Il Piacere, traduit en français sous le titre L’enfant de volupté (un titre précieux pour un original brut : « Le plaisir »), est l’histoire d’un homme qui cause involontairement la mort de sa maîtresse en criant pendant l’orgasme le nom de sa maîtresse précédente ; c’est le clou du roman.

Que D’Annunzio ne se soit jamais éloigné du fascisme est un fait établi. Qu’il s’en serait éloigné par la suite, en voyant le régime mussolinien devenir pendant la guerre un satellite du Troisième Reich, n’est pas impossible, mais ceci relève de l’histoire-fiction : « Si D’Annunzio avait vécu jusque-là… »

*

II
D’Annunzio et la Révolution mexicaine

a/ Le fascisme italo-américain
b/ D’Annunzio et le Mexique

a/ Le fascisme italo-américain

Un point commun de nombreux pays américains de l’entre-deux-guerres était la présence d’une population immigrée italienne, dans des proportions plus ou moins importantes. En 1927, les Italiens représentaient, en tenant compte également de leurs enfants nés en Amérique, 6 % de la population des États-Unis, 6 % également de celle du Brésil, entre 40 et 50 % en Argentine et Uruguay.

Avec Mussolini l’émigration italienne prit fin, notamment en raison des nouvelles opportunités économiques créées dans le pays par le régime fasciste. Cette renaissance italienne, le pays passant en quelques années du statut de « nation prolétaire » (Corradi) à celui de nouveau pays développé, ne manqua pas d’exercer sur les criollos (Blancs) italiens d’Amérique latine un intérêt croissant pour le fascisme. C’est ainsi que furent créées dans les communautés italiennes de différents pays américains des institutions typiquement fascistes, telles que les Fasci, organes militants, le Dopolavoro, organisations de loisir, la Befana fascista, caisse d’aide sociale, etc.

L’Italie de Mussolini noua des relations diplomatiques avec les États latino-américains, dont certains se montrèrent particulièrement intéressés par les idées nouvelles du fascisme, notamment le corporatisme économique1. Au plan culturel, le Duce insistait sur le concept de « latinité » pour étayer l’idée d’une communauté hispano-italique unissant l’Italie et l’Amérique latine. Dans ce cadre, le régime soulignait l’italianité de Christophe Colomb et d’Amerigo Vespucci, le « césarisme » de Simon Bolivar, et cherchait également à contrecarrer le pan-hispanisme des intellectuels espagnols liés au camp nationaliste durant la guerre civile d’Espagne, la latinité fasciste étant présentée par le régime italien comme un mouvement moderniste, l’hispanisme au contraire comme une idéologie réactionnaire.

Cette diplomatie active, aidée par les communautés italiennes nationales, fit que, lorsque l’Italie fut sanctionnée par la Société des Nations après son invasion de l’Éthiopie, certains pays latino-américains, l’Équateur, le Pérou, refusèrent d’appliquer ces sanctions, ce qui contribua à les faire lever.

Les choses commencèrent à changer avec la guerre et la pression des États-Unis sur les pays latino-américains. Ces pressions avaient en fait commencé dès avant la guerre, les États-Unis demandant à ses voisins de réduire les activités fascistes sur leurs territoires ; sans doute considéraient-ils ces activités comme une forme d’ingérence contraire à l’immuable Doctrine Monroe. Quand les hostilités furent déclarées, les pays d’Amérique latine rejoignirent les Alliés l’un après l’autre (l’Argentine au tout dernier moment et sans doute en vue de faciliter son projet d’exfiltration de personnalités allemandes et italiennes). C’est donc à un renversement de politique des pays latino-américains que donna lieu l’entrée en guerre des États-Unis.

(Dans certains cas, le renversement de tendance, de la part de dirigeants inspirés du fascisme, précéda l’entrée en guerre. Au Brésil, l’Estado Novo (État nouveau) de Gétulio Vargas, au pouvoir depuis 1930, fut édifié en 1937 sur des principes fascistes, notamment le corporatisme, et Vargas aurait même demandé à faire partie du Pacte Anti-Komintern, sans résultat ; mais dès 1938 il « lusophonisait » l’ensemble de la presse et de l’enseignement au Brésil, mettant un terme aux activités des organisations fascistes dans le pays.)

(Sources diverses, dont la principale : Fascisti in Sud America, a cura di Eugenia Scarzanella, Casa Editrice Le Lettere, Firenze, 2005)

b/ D’Annunzio et le Mexique

Contrairement à nombre d’autres pays d’Amérique latine, le Mexique comptait fort peu d’immigrés italiens. Qui plus est, le président Cárdenas, au pouvoir depuis 1935, donna au pays une orientation nettement anti-fasciste.

À côté des institutions fascistes italiennes qui se développèrent au Mexique sur le modèle des autres pays latino-américains, là comme ailleurs plusieurs mouvements autonomes philofascistes virent également le jour :

–les Chemises Dorées (Camisas Doradas), membres de l’Action Révolutionnaire Mexicaniste (Acciόn Revolucionaria Mexicanista, ACR), appuyées par l’ex-« Maximato » Elías Calles (prédécesseur de Cárdenas à la présidence du pays), responsables de deux tentatives de coup d’État contre Cárdenas, tentatives soutenues par l’Union nationale des vétérans de la Révolution (Uniόn Nacional de Veteranos de la Revoluciόn, UNVR), et dont le leader, le général Nicolás Rodríguez Carrasco, ancien compagnon d’armes de Pancho Villa (il donna à son mouvement le nom des troupes d’élite de Pancho Villa, los Dorados) fut déporté aux États-Unis ;

–un mouvement autour du général Saturnino Cedillo, acteur de la Révolution mexicaine, gouverneur de San Luis Potosí, également auteur d’une tentative de coup d’État en 1938 ;

–un autre mouvement autour du général Román Yocupicio Valenzuela, acteur de la Révolution mexicaine, gouverneur de l’État de Sonora, d’origine indigène2 ;

–l’Action populaire mexicaine (Acciόn Popular Méxicana) de l’écrivain Rubén Salazar Mallén ;

–le Mouvement nationaliste mexicain (Movimiento Nacionalista Mexicano) ;

–le Mouvement des étudiants nationalistes (Movimiento de los Estudiantes Nacionalistas) ;

–la revue Timόn de l’écrivain José Vasconcelos3, ancien ministre de la culture de 1921 à 1923 pendant la présidence d’Álvaro Obregόn, puis candidat d’opposition aux élections présidentielles en 1929, qui, refusant le résultat de l’élection en raison des fraudes électorales qu’il dénonça, tenta l’insurrection armée avant de s’exiler un temps aux États-Unis et en France ;

–l’Union nationale synarchiste (Uniόn Nacional Sinarchista) ;

–le Parti national de salut public (Partido Nacional de Salvaciόn Pública), fondé par plusieurs anciens généraux et colonels de la Révolution mexicaine (Bernardino Mena Brito, Francisco Coss, Adolfo Leόn Osorio, qui fut surnommé « le tribun de la Révolution »…) ; etc.

Tous ces mouvements et personnalités furent plus ou moins liés aux pouvoirs italien et allemand, y compris par des liens financiers. On voit que des acteurs de la Révolution mexicaine (Carrasco, Cedillo, Yocupicio…), désenchantés par le régime, le dénonçaient. L’un des griefs était notamment, sous la présidence de Cárdenas, que ce dernier trahissait l’« agrarisme » de la Révolution mexicaine pour des idées collectivistes d’origine marxiste.

C’est dans ce contexte que D’Annunzio assuma le haut patronage de la Société italo-mexicaine (Società Italo-Messicana) créée en 1923 par le régime fasciste. (Source : article Bajo el signo del Littorio: La comunidad italiana en México y el fascismo 1924-1941, par Franco Savarino)

Durant l’occupation de Fiume en 1919-1920, D’Annunzio avait ajouté aux thèmes irrédentistes (nationalistes) celui de la révolution anti-bourgeoise. C’est cette dernière tendance qui lui fit recevoir l’hommage de Gramsci et de Lénine, même si ces derniers fermaient alors les yeux sur la mystique nationaliste de D’Annunzio. D’autre part, ce mélange de révolution anti-bourgeoise et de nationalisme en conduit certains à parler, pour le coup de Fiume, de « première expérience fasciste » (avant la prise du pouvoir par Mussolini en 1922).

Le fait que D’Annunzio ait accepté le patronage de la Société italo-mexicaine semble indiquer (cela reste à démontrer) qu’il connaissait la culture et l’histoire du Mexique, et, que dans sa propre pensée révolutionnaire, il avait peut-être médité l’exemple de la Révolution mexicaine. De sorte que, si l’on admet que D’Annunzio eut une quelconque influence sur le développement intellectuel du fascisme (ce qui est le point de vue adopté par la page Wikipédia italienne sur lui : «Come figura politica lasciò un segno nella sua epoca ed è considerato un importante precursore nonché ispiratore del fascismo italiano.»), il se pourrait que la Révolution mexicaine ait joué un rôle dans le développement du fascisme par ce biais, compte tenu également du fait que nombre de vétérans de cette révolution devinrent par la suite sympathisants du fascisme.

*

1 La Constitution de style totalitaire, et notamment corporatiste, du Paraguay entre 1940 et 1967, adoptée sous la présidence du général Estigarribia et inspirée du fascisme italien, peut être considérée comme la Constitution fasciste la plus durable de l’histoire (si on laisse de côté les Constitutions de l’Estado Novo portugais et du franquisme espagnol, qui ne sont pas à proprement parler du fascisme pour certains).

2 Le général Yocupicio, gouverneur de l’État de Sonora de 1937 à 1939, semble être aujourd’hui encore une figure importante aux yeux des Indiens Seri, ou Conca’ac, comme en témoigne le récit suivant, qui parle d’une pacification des relations entre cette communauté indigène et les autorités de l’État mexicain pendant son gouvernorat.

Punta Chueca: Socaiix

En aquellos tiempos, cuando trabajaba como gobernador de la comunidad conca’ac el señor Chico Romero, acordό la paz entre conca’ac y mexicanos con el general Yocupicio, quien por medio del señor Chico Romero y su compañero Antonio Herrera, apoyό a la comunidad conca’ac; por eso el general es inolvidable para nosotros.

Una forma de terminar la guerra fue que los conca’ac mayores y menores comenzaran a estudiar para aprender a leer y escribir. Algunos de los que estudiaron fueron los que fundaron el pueblo en que vivimos y que se llama Punta Chueca.

El general Yocupicio, junto con el asesor del gobernador Luis Thompson y su hermano Roberto, apoyaron con muchas cosas y trabajos a la comunidad.

Los que iniciaron el pueblo se dedicaban a pescar caguama y pescado por el consumo familiar; vivían en Santa Rosa, después vinieron a Punta Chueca y Campo Ona. Así se quedaron trabajando hasta formar el pueblo; después vinieron gentes de otros lugares a quedarse en Punta Chueca, propiciando también la construcciόn de los primeros caminos que se hicieron, cortando mezquites, cactos y todo lo que encontraban a su paso.

En esos tiempos la pesca se hacía con dinamita o anzuelo y arpones de varilla, para los tiburones grandes. Algunos de los fundadores del pueblo aún viven, por ello podemos encontrar a hombres que perdieron dedos de la mano, al explotarles la dinamita antes de tiempo.

Así se formό la comunidad Punta Chueca, un pequeño poblado que ahora es conocido por artesanal, histόrico y pesquero, que naciό gracias al esfuerzo de las personas, sin apoyo del gobierno.

Estamos muy agradecidos con nuestros antepasados que fundaron esta comunidad, ahora sus descendientes vivimos felices y libres en nuestro territorio donde nacimos, crecimos y queremos morir.

Historias de los conca’ac, Consejo Nacional de Fomento Educativo Conafe, 2006, pp. 91-2

3 On a vu D’Annunzio, dans ses lettres, louer Mussolini pour les faits d’armes de l’Italie en Éthiopie. D’Annunzio exaltait – classiquement pour un nationaliste – la valeur guerrière dans le fascisme, au service de la gloire (ou de la gloriole ?) nationale.

Il n’est pas inintéressant d’observer qu’un autre intellectuel ici nommé, le Mexicain José Vasconcelos, adopte à ce sujet un point de vue diamétralement opposé, à savoir que l’esprit militaire du fascisme serait étranger à l’italianité, ce dit non point au discrédit de celle-ci mais plutôt de celui-là. Cela est dit cependant sur le mode hypothétique, à savoir, même si les Italiens ne possédaient pas l’esprit militaire, il faut admettre que toute culture supérieure « tend à dépasser le complexe belliciste » – complexe dont les lettres emphatiques de D’Annunzio à Mussolini sont au contraire une expression débridée.

Está hoy de moda hacer burla de los desplantes del dictador Mussolini, que no corresponden a la realidad de su naciόn, pero aun suponiendo que al italiano le falte lo que se llama espíritu militar, esto mismo es ya una recomendaciόn si se atiende a que toda cultura superior tiende a superar el complejo bélico, y si los italianos han conseguido esto último, con eso bastaría para colocarlos a la cabeza de la civilizaciόn; pero es un hecho, además, que en todos los όrdenes, desde la poesía del Dante a la bomba atόmica de Fermi, en dos mil años de historia, no hay un momento en que Italia no haya sobresalido a la par de los más adelantados, cuando no por encima de ellos, en ciencia y en arte, en política y en religiosidad.

José Vasconcelos, La flama. Los de arriba en la Revoluciόn. Historia y Tragedia, 4a ed. 1960, p. 324

*

Pour compléter cette lecture, on peut consulter également :

–sur Vasconcelos, mon billet Literatura latinoamericana comprometida… a la derecha (espagnol et anglais) (ici) ;

–une bibliographie d’ouvrages d’Amerikanistik publiés dans l’Italie fasciste (ainsi que dans le Troisième Reich) (ici).

Sign in for an AI prayers package (Tweet Anthology 5)

May-July 2017

Biology

1

Gorillas hum and sing while they eat to say, “do not disturb” (Scientific American)

Just try for yourself singing while you chew. Is that why gorillas are vanishing? Choking themselves to death too many a time?

2

If intelligence is a factor in reproductive success, we’d expect the sex where success variation is greater to be more intelligent, as intelligent individuals then reproduce comparatively more there. Yet, as you [Milord Matt Ridley] state that women are as intelligent as men [Ridley’s point is that women are as intelligent as men though in their own different way], it means the sex that doesn’t need intelligence as much is as intelligent as the sex who needs it more. Which doesn’t make sense, evolutionarily speaking.

Yet do not daughters inherit their fathers’ intelligence? Let’s be straight: the biggest cavemen breeded more but their daughters weren’t as big as their boys.

If women are as intelligent as men, then intelligence has not been a factor in reproductive success.

Now, regardless of whether both sexes are equally intelligent or not today, Trivers-Willard effect will give an advantage to men in the future, in case the concept of meritocracy is accurate. [According to Trivers-Willard effect, high-status people have more male than female offspring; and the concept of meritocracy means a correlation between high status and intelligence.]

3

How the recessive trait blondism can be preferred in women and not disappear unless it gives an advantage to men too, is beyond understanding.

4

You [Dr Randolph Nesse] wrote that chewing gum might be medically prescribed some day in order to prevent the weakening of our jaws due to processed food. But what’s wrong with weak jaws if we are going to eat processed food anyway? On the contrary, maintaining strong jaws where they are not needed puts one at a disadvantage: cf cave animals, troglomorphy.

5

True altruism seen in chimpanzees, giving clues to evolution of human cooperation (TVOL This View of Life)

Altruistic chimps will soon be a threat to mankind.

From David S. Wilson, one gets it clear that individual altruism is the way a group becomes dominant among other groups.This is the reason why the Ancients saw no moral value in altruism; they were seeking ataraxy. Depending on scale, altruism is called nepotism, parochialism, nationalism, racism… Theoretical world-scale altruism would be… free competition. [See Tweet Anthology 4: Darwinian Altruism here]

6

Already before Darwin wrote, Schopenhauer explained how Kant’s philosophy was compatible with evolutionism (then Lamarckism). (The passages from Schopenhauer I am thinking of are from Parerga und Paralipomena, 1851: (*) original German quotes at the end of this post. Compare The Origin of Species, 1859.) Darwinian “revolution” is more like: You’re correct, Lamarck, but rather things happen this way, not that way. To be sure scholars acknowledge evolutionist works before Darwin, yet for some reason they seem to think those were in the creationist mold.

*

Freemasonry historically has been banned in authoritarian governments. (@KSigMason, reacting to my tweets in Tweet Anthology 4 here)

Secret societies have no place in transparent societies.

So you’re against the right to assemble? You’re against the right to privacy?

I’m for public personalities disclosing their membership in any society they belong to.

Unpleasant suspicions necessarily arise from the existence of secret societies, as from any lack of transparency; trust is undermined. In societies that allow free speech and freedom of opinion, every association is free to pursue its aims, so secrecy is all the more suspicious. Secrecy then conceals unsound practices, such as eviction of merit, prevailed upon by occult connections.

That’s an assumption. Secrecy = privacy, and is necessary for a free society.

In secular states Freemasonry has outlived its mission. If it wants to continue existing as a religious community, that must be aboveboard.

Freemasonry is a fraternity not a religious community. It has not outlived its mission.

As to authoritarianism, Masons have been consistent supporters of authoritarian Maximato regime in Mexico. Calles, the Jefe Maximo, was awarded a Masonic medal, according to opponent Vasconcelos, whose friends were decimated by the Maximo’s thugs. Source: José Vasconcelos’s memoirs, La flama. Los de arriba en la Revolución. Historia y Tragedia (1959).

*

“By way of the saloon I had escaped from the narrowness of women’s influence.” (John Barleycorn, Jack London)

In the absence of saloons, enforcing the purdah is necessary to emancipate man from the pettycoat.

*

I block all accounts the tweets of which Twitter promotes on my timeline. Exhilarating. Try it.

*

Jerry Perenchio had a big vision & a bigger heart – he always gave back. (Arnold Schwarzenegger)

A billionaire always gives back. You give him the finger, he gives you hell.

*

They say there’s an “underclass” of “permanently unemployed” people not skilled enough for any job. Then they hire unskilled wetbacks.

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Artificial Intelligence

1

Sometimes AI tweeting bots can be naughty and impersonate you without your being asked:

People who were impersonated by anti-net neutrality spammers blast FCC (Federal Communications Commission)

Let’s make it clear, however, that MOST tweeting bots tweet in the name of people who gave their consent – to get more followers &c.

Do the people contracting such services have a veto on what the bots post in their name? I assume they can always delete the tweets –unless that’s considered a breach of contract– but do they allow each bot’s tweet ex ante on their timeline?

Deleting ex post a bot-generated tweet may be defined from start a breach of contract, in fact, as not a few of these tweets are advertising.

According to an informatician friend, for the time being many AI bots are people in the Indian subcontinent paid a mouthful of rice…

2

Program your tweeting bot to send your AI prayers to Tehran Attack’s and future attacks’ victims. Follow to know more.

Sign in for an AI prayers package! Each time Twitter buzzes with terror attacks, we tweet your prayers for you.

So you can keep playing golf! Don’t be like a silly politician. Enjoy the day and send your prayers.

Of course we hope our bots won’t tweet your prayers to yourself some day! LOL

3

When you’re dead your AI bot will keep tweeting. If you were dull enough, no one will see the difference. #Immortality

This at the date of today. If you die 30 years from now and you were dull, people will see a difference, as ALL your tweets will now be so brilliant.

4

Who’s afraid of the robo-journos?

Since The Associated Press adopted automation technology to write its earnings reports, “far fewer errors.” LOL

Automation. Step 1 robo-journos. Step 2 robo-politicos. #cooltech

5

Unilever has been hiring employees using brain games and artificial intelligence & it’s a huge success. (Nige Willson) (Article here)

US Supreme Court has declared IQ testing for recruitment unconstitutional. “Brain games” sounds very much like IQ testing, doesn’t it?

Let me qualify: “Employment testing is legal as long as a professionally-developed employment test is administered according to the test developer’s intended use.” Therefore: no general IQ testing, regardless of the fact that some say it’s the one best predictor of work productivity.

Now if you look at what Unilever gets from “HR service provider” Pymetrics (“AI screening”), it looks like general testing, does it not?

Is this outsourced AI screening through brain games professionally-developed (by branch) and developed for specific positions (by job)? No, neither one nor the other.

6

Bots have a really low # of followers, like 10, long number strings in their handle and joined relatively recently.

What the bots want you to believe…

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The right to resist tyranny does not exist where the right to carry guns exists not. As if there could be no tyranny because of the ballot! Disarmed people can’t have their vote respected in case of electoral fraud.

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Is nasal spray permissible [during Ramadan fast]? Sheikh Assim Alhakeem: If it contains a substance that would go down your throat, this breaks your fasting.

That seems to make swallowing rather than eating the object of Ramadan fasting. What about swallowing an object, like a marble, by accident, then?

I am walking down the street, a gnat enters my mouth and I swallow it by accident. Does it break the fast?

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COeds’ Valium FEllatios on FEstering undead #covfefe

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Do you support BDS [Boycott, Divestment and Sanctions]? Why don’t you boycott Israeli news media, then? Using Israeli media to fight Israel? Eating oranges from Israel will bring you vitamin C to fight Israel too!

BDS supporters don’t boycott Israeli media – as if that weren’t the first thing to boycott.

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Mexico knows of walls already! “Defendiéndose de los aztecas, los coras fabricaron unas trincheras de más de 9 kilómetros” (F. Santamaría, Diccionario de americanismos)

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Alien Covenant

The hero team’s uniform includes a Japanese WW2 cap hat. Reminder: 111,000 American casualties (dead or missing) in the Pacific war.

The exterminated civilization had Buddha statues. Read: Buddhism is irrelevant.

The evil android is a fan of Wagner, whose music is boycotted in Israel. So everything’s all right, baby!

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Vogue Arabia just made history by gracing us with Halima Aden, making her the first ever hijabi model on a Vogue cover!!!! Women of colour are rising. Women of modesty are rising. And will continue to flourish even in the westernised fashion world. Mark my words. (@plasticrouge)

Just when white people start realizing this kind of things is gross media sexploitation…

Just when white women start realizing there is no modesty in the fashion world…

To think there is anything modest about this cover, one must be seriously disturbed.

With his right hand the man’s directing a phallic object close to her mouth [a pocket mirror or makeup kit seen from the side]. Then there’s the phrase New Look: a well-known nudity magazine.

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In his penultimate album Michael Jackson sang the offensive phrase “jew me” (verb to jew) – then he was so ashamed of himself that he died.

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The next Thomas Edison lives in India’s slums? (101 East Al Jazeera)

“The next Edison”? The correct phrase is “the next Einstein.” Okay? Be careful.

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My read of the evidence is that more investment (time, money, effort, accountability) in education helps. (Erik Brynjolfsson)

Money investment may yield poorly. ‘International ratings on investment’ ratio shows that France is throwing her money away with good conscience.

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‘’It seems likely that when many first encounter the Black-White IQ gap, they think it environmental in origin because Blacks have faced horrific oppression and discrimination. The high Jewish IQ, however, immediately casts doubt on this intuition (as do copious data, which we have and will discuss) because Jewish people have also faced appalling discrimination throughout much of 18th, 19th, and 20th centuries (and well before, of course).’’ (Getting Voxed: Charles Murray, Ideology, and the Science of IQ, by by B Winegard and B Winegard with B Boutwell and TK Shackelford, published online, quillette.com, June 2, 2017 here)

Jews had a monopoly on money lending due to Christian interdict, whereas Blacks were slaves. Discrimination against the former did not include prohibition to acquire wealth, contrary to slavery in America – contrary to what was the lot of American slaves, and actually contrary to what was the lot of most European Christians under serfdom. So the environmental factor could well be cogent, once you look closely at what each “discrimination” entails.

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#ThingsThatLeaveBritainReeling [After terror attacks in UK British Twitter users reacted with this hashtag to a newspaper article that used the phrase ‘’Britain left reeling’’ or something like that.]

When French boys come for linguistic courses and find the girls so easy the English boys can’t imagine.

When a British couple honeymoons in France and the woman tries to see if she can spot her deflorator in crowds.

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Qatar for years positioned itself as a mediator of regional conflicts, now it is Qatar that is in need of mediation. (Kuwait & Oman may help) (Sultan Al-Qassemi)

The Clinton Foundation may help too. [See Tweet Anthology 1 here]

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How racist, anti-Chinese Berkeley students prevented Panda Express restaurant to open at their snobbish university:

Berkeley students decry proposed Panda Express (SFGate, March 2009, article here)

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Bumper cars in Saudi Arabia via @GulfStatesInst. To the vice squad: This is genital vibromassaging.

Saudi ban on women’s driving must extend to driving bumper cars.

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Contemporary History. December 2012. When the journalist said the NEWS that day was HER OWN RAPE. Tahrir Square gang rapes (Egypt).

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French small-business owners complain about Chinese businesses’ competition. Yet that’s free enterprise 101: Be a communautarist, you win.

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Trump’s best ally against terrorism gives him the finger:

Saudi Arabia footballers ignore minute’s silence for London attack victims (The Guardian)

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Saudi Arabia’s Vision 2030 aims at dismantling the greatest welfare state in the world; it will create a huge toil shock and thousands of terrorists. It overlooks the robots coming: Make it from oil rent to robot rent, don’t create a nasty toil shock. Vision 2030 wants to transform Saudis into Irish migrants to US: white slaves, downtrodden and fueled by loads of whiskey.

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What is dystopian to you is utopian to me. Rather robots ruling than those rich pigs and their politician minions.

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Retweet if you want to restore death penalty for corrupt politicians.

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Tired of Facebook? Try FaceBoko Haram.

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Buy ISIS in Chains’ latest album Chainsaw the Miscreants.

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Why ISIL rather than ISIS? Because Isis is also an Egyptian goddess and that creates noise for CIA bots’ searches.

Imagine the nightmare for CIA bots if Osama Bin Laden had been called David Smith or Pepito Garcia!

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Commuters (London Subway), by Robert Doisneau Jr. #LondonBridge #artphotography

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Burger King delivers in Britain. At the same time their French website says they don’t deliver here in France as their policy is to serve products in the best condition…

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The economy has grown enormously in the past 35 years, but not everyone has shared in the prosperity. (Erik Brynjolfsson)

Even if everyone shares, it’s enough that some share more than others to make growth an aggravating factor. Cf ultimatum game.

With growth, even if everyone is better off in absolute numbers, those who benefit less are worse off in relative terms.

In a competitive system, opportunities depend on the relative terms.

Here you have the ultimate cause of the ultimatum game – of people refusing a net gain, seen as detrimental (consciously: insulting) to them.

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Those who have read nothing are used to quoting Einstein.

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Hillary Clinton used black prison labor: “Some of the black prisoners worked in their [the Clintons’] kitchen.”

She doesn’t even need the wetbacks. Except for having them vote.

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The Invisible Poor. Today the city poor is born in the city, not in the countryside; he dwindles in city environment chameleon-wise.

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Given the taxes he pays a bachelor can’t afford to keep a mistress. For that, one must be a married man.

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Radical Muslims are fine people who are serious about preventing cuckoldry, whereas Westerners are somnambulists.

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Clones are not identical persons, yet they share the same genes. What do my genes have to do with me? Know thyself.

We need to clone more animals to study personality differences between individuals with identical sets of genes.

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Wow what a blast from the past! I subscribed to Minitel when I lived in Paris 30 years ago – long before the internet. (Steve Gye)

Oh yeah memories, 3615 code Ulla, poster ads for “Minitel rose” (pink=porn Minitel) in every street and corner of France!

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Remember how all the Hollywood stars used to stand up in public against apartheid South Africa? Silence in Hollywood re apartheid Israel…

Apartheid Boers used to say Israel was their model… Only they lacked Hollywood Boers, I guess.

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#MyAlienAbductionStory

Very embarrassing and even painful: no restroom in the saucer.

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By legalizing porn our legislators have given to entrepreneurs whom none of them would dare call honorable the opportunity to become our aristocracy.

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Bill Gates: Europe Will be Overwhelmed Unless it Stems Flow of Migrants. (Red Ice TV)

“Massive population growth in Africa will result in enormous migratory pressure on Europe.” Bill & Melinda Foundation

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Discrimination in Employment in Saudi Arabia (Saudi Gazette)

Don’t discriminate against robots for they’re the future.

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It’s summer, scholars have stopped tweeting.

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Once Dominant, the United States Finds Itself Isolated at G-20 (New York Times)

NYT mourns over USA’s dominance like funky jingos.

And yet Macron said he didn’t quite agree with Merkel’s de facto endorsement of Trump’s stand on climate. Le Parisien, 9 juillet 2017, I translate: “Personally I would have done no more than take note of American withdrawal.” Whereas Merkel agreed to mention America’s endeavor toward “cleaner use of fossil energies” = endorsement. Once dominant, the US stays dominant thanks to their Merkel stooge.

But wait, that makes perfect sense: Just look at coal’s share in German energy mix! US and Germany hand in hand to keep coal burning.

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Be warned. After years of anonymity on the Web you’ll find out there are no credentials on your real name nor on the real you.

July 2017

(*) ‘’Im Grunde jedoch sind alle jene Vorgänge, welche Kosmogonie und Geologie (als lange vor dem Dasein irgendeines erkennenden Wesens geschehn) vorauszusetzen uns nötigen, selbst nur eine Übersetzung in die Sprache unsers anschauenden Intellekts aus dem ihm nicht faßlichen Wesen an sich der Dinge. Denn ein Dasein an sich selbst haben jene Vorgänge nie gehabt, sowenig als die jetzt gegenwärtigen; sondern der Regressus an der Hand der Prinzipien a priori aller möglichen Erfahrung leitet, einigen empirischen Datis folgend, zu ihnen hin: er selbst aber ist nur die Verkettung einer Reihe bloßer Phänomene, die keine unbedingte Existenz haben.’’ (Paralipomena, Kapitel 6: Zur Philosophie und Wissenschaft der Natur § 85)

‘’Die allem Leben auf der Erde vorhergegangenen geologischen Vorgänge sind in gar keinem Bewußtsein dagewesen: nicht im eigenen, weil sie keines haben; nicht in einem fremden, weil keines dawar. Also hatten sie aus Mangel an jedem Subjekt gar kein objektives Dasein, d.h. sie waren überhaupt nicht, oder was bedeutet dann noch ihr Dagewesensein? –  Es ist im Grunde ein bloß hypothetisches: nämlich wenn zu jenen Urzeiten ein Bewußtsein dagewesen wäre, so würden in demselben solche Vorgänge sich dargestellt haben; dahin leitet uns der Regressus der Erscheinungen: also lag es im Wesen des Dinges an sich, sich in solchen Vorgängen darzustellen.’’ (Ibid. § 85 note F)

‘’Wir haben aber diese Steigerung uns zu denken nicht als in einer einzigen Linie, sondern in mehreren nebeneinander aufsteigenden. So z.B. ist einmal aus dem Ei eines Fisches ein Ophidier, ein andermal aus dieses seinem ein Saurier, zugleich aber aus dem eines andern Fisches ein Batrachier, dann aber aus dieses seinem ein Chelonier hervorgegangen, aus dem eines dritten eine Cetacee, etwan ein Delphin, später wieder hat eine Cetacee ein Phoka geboren und endlich einmal eine Phoka der Walroß; und vielleicht ist aus dem Ei der Ente das Schnabeltier und aus dem eines Straußen irgendein größeres Säugetier entstanden. Überhaupt muß der Vorgang in vielen Ländern der Erde zugleich und in gegenseitiger Unabhängigkeit stattgefunden haben, überall jedoch in sogleich bestimmten deutlichen Stufen, deren jede eine feste, bleibende Spezies gab, nicht aber in allmäligen verwischten Übergängen; also nicht nach Analogie eines von der untern Oktave bis zur obersten allmälig steigenden, folglich heulenden Tones, sondern nach der einer in bestimmten Absätzen aufsteigenden Tonleiter. Wir wollen es uns nicht verhehlen, daß wir danach die ersten Menschen uns zu denken hätten als in Asien vom Pongo (dessen Junges Orang-Utan heißt) und in Afrika vom Schimpanse[n] geboren, wiewol nicht als Affen, sondern sogleich als Menschen. Merkwürdig ist es, daß diesen Ursprung sogar ein Buddhaistischer Mythos lehrt, der zu finden ist in Isaac Jakob Schmidts >Forschungen über die Mongolen und Tibeter< (S. 210-214), wie auch in Klaproths >Fragments Bouddhiques< im >Nouveau Journal Asiatique< (1831, mars), desgleichen in Köppens >Die Lamaische Hierarchie< (S. 45).’’ (Ibid. § 91)

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