Aztequismos (Contribution à l’étude des croyances et pratiques au Mexique)

Les définitions qui suivent sont tirées du Diccionario general de americanismos de Francisco J. Santamaría (Editorial Pedro Robredo, Méjico, D. F., 1942, 3 t.), un ouvrage considérable qui fait encore référence, et dont l’impulsion, si je ne m’abuse, a été un certain dépit suscité par les erreurs du Dictionnaire de l’Académie royale espagnole, à maintes reprises dénoncées par l’auteur, s’agissant des vocables américains et de leur usage. Ce dictionnaire d’« américanismes » est un dictionnaire de l’espagnol tel qu’il se parle en Amérique.

Bien que l’auteur soit mexicain, son ouvrage n’est pas centré sur le Mexique, encore moins sur les mots d’origine nahuatl (aztèque). Ce n’est donc pas à un travail de spécialiste en nahuatl que j’ai recouru. Les termes qui suivent ne sont pas les mots aztèques eux-mêmes, mais des « aztéquismes », des mots espagnols d’origine nahuatl, tels qu’ils ont été « castillanisés » et sont encore utilisés par des locuteurs de langue espagnole, au Mexique et dans les autres pays d’Amérique centrale.

J’ai rassemblé, sans viser à l’exhaustivité, des termes qui me paraissent intéressants du point de vue des croyances et des pratiques. La plupart des aztéquismes du Santamaría ont trait à la faune et à la flore ; ceux-là, je les ai pour la plupart écartés car ils n’entraient pas directement dans mon sujet. Les plantes à usage médicinal pourraient certes y figurer mais leur profusion est telle (je le signale au passage) que mon modeste projet aurait pris des proportions tout autres ; c’est un sujet qui mériterait une étude particulière. Cependant, j’ai gardé quelques-uns de ces mots, quand ils me semblent éclairer de façon originale un aspect culturel, ou bien lorsqu’ils présentent un phénomène naturel rare.

Certaines définitions sont tronquées, je n’ai gardé que ce qui me semblait le plus essentiel, compte tenu des limites qu’impose le format d’un blogue. Ce n’est que par ce format que je pouvais rendre accessible au plus grand nombre une petite partie d’un ouvrage pionnier, qui n’a pas été mis en ligne à ce jour, et qui offrira aux lecteurs, tant de langue espagnole que de langue française, intéressés par la civilisation aztèque un compendium succinct du Santamaría concernant cette culture, dans ses aspects à la fois historiques et contemporains. Une culture que je me permettrai de qualifier, à bien des égards, d’hallucinante – et qui ne révélera sans doute jamais tous ses secrets, en raison de la destruction de la plus grande partie des sources écrites.

J’ai par ailleurs ajouté quelques termes en rapport à la religion des anciens Aztèques, tirés du dictionnaire espagnol-nahuatl en ligne Aulex et que je me suis efforcé, en tant que de besoin, de castillaniser. Ces mots figurent dans le glossaire suivis d’une astérisque (*).

Les citations littéraires sont le fruit de mes lectures.

AZTEQUISMOS

Aguaucle, Aguautle (m). Huevecillos que cierta clase de mosco, llamado axayacatl, deposita en gran cantidad en los juncales y las malezas de las aguas lacustres de la Mesa Central, en Méjico, y que entre los aztecas constituía un alimento típico e importante. 2 Preparado comestible que hacen los indios con estas larvas, secas al sol y fritas con huevos de gallinas. Los españoles le comparaban al caviar.

Les œufs d’un certain moustique appelé axayacatl, qu’il dépose en grandes quantités dans les jonchaies et la végétation des eaux lacustres du plateau central, au Mexique, et qui constituaient pour les Aztèques un aliment typique et important. 2 Préparation comestible que font les indiens avec ces larves, séchées au soleil et frites avec des œufs de poule. Les Espagnols la comparaient au caviar.

Ahuizote (m). En Méjico y Centro América, la nutria o perro de agua (Lutra felina), animal al que los aztecas atribuían consejas y supersticiones, suponiéndole de índole tan perversa que ha quedado como símbolo infausto. Tal vez pour esto se llamó así el rey Ahuizotl, octavo de la dinastía azteca, tristemente célebre pour sus crueldades. Séñalóse particularmente por la dedicación del templo mayor de Méjico, celebración en la cual dice la historia que mandó sacrificar cosa de cincuenta mil víctimas. 2 Sortilegio, mal augurio, brujería.

«Se les dijera que pesaba sobre Machojón el ahuizote del Cerro de los Sordos.» (aquí con el sentido de maldición) (Miguel Ángel Asturias, Hombres de maíz)

1 Au Mexique et en Amérique centrale, nom de la loutre, ou chien d’eau, animal au sujet duquel les Aztèques racontaient toutes sortes de fables, la supposant si mauvaise qu’elle est restée un signe néfaste. C’est peut-être pour cette raison que s’appelait Ahuizotl le huitième roi de la dynastie aztèque, tristement célèbre pour ses cruautés. Il se signala en particulier par l’inauguration du grand temple de Mexico, au cours de laquelle l’histoire dit qu’il fit sacrifier quelque cinquante mille victimes humaines. 2 Sortilège, mauvais augure, sorcellerie.

Atlateca (a & s). Nombre que se ha dado también en etnografía al azteca, considerándolo habitante de la antigua Atlatlán, que se supone estuvo en la Atlántida y fue punto de partida de la peregrinación inmemorial nahoa.

Nom qui a été donné, en ethnographie, aux Aztèques, habitants de l’ancienne Atlatlan, que l’on suppose être dans l’Atlantide et qui fut le point de départ de l’immémoriale pérégrination nahoa.

Axayacate (m). Mosca de los lagos de Méjico, de cuyos innumerables huevos, que pone en los juncos, se forman gruesas costras que los pescadores venden en el mercado de Méjico y pueblos de la Mesa Central, con el nombre de aguaucle y que es comestible.

Mouche (sic : il est dit plus haut que c’est un moustique, mais il s’agit sans doute ici d’une erreur typographique) des lacs du Mexique, dont les œufs innombrables, qu’elle dépose dans les joncs, forment d’épaisses galettes comestibles, que les pêcheurs vendent sur le marché de Mexico et dans les villages du plateau central. (Les Aztèques pratiquaient avec les taches formées par ces agrégations d’œufs une forme de divination, considérant que les plaques répandues à la surface des eaux dessinaient le visage de la déesse des eaux, dont les interprètes pouvaient ainsi connaître l’état d’esprit et savoir si elle était satisfaite ou irritée.)

Cacahuasúchil (m). (del azt. cacahuatl, cacao, y xochitl, flor) Planta bombácea llamada también flor de cacao o rosa de cacao, porque los aborígenes echan sus flores a una bebida de cacao, para perfumarla. Llámase también garrocho (Quararibea funebris).

(Des mots aztèques cacao et fleur) Plante bombacée également appelée fleur de cacao ou rose de cacao car les indigènes mêlent ses fleurs au chocolat à boire pour le parfumer.

Cacalosúchil, Tizasúchil (m). (Plumeria rubra) Aztequismo con el cual se designa une planta de flor blanca, amarillenta o rosada, muy olorosa, y que entre los antiguos aztecas era signo de nobleza.

Aztéquisme par lequel on désigne une plante à la fleur blanche, jaune pâle ou rose, très odorante, et qui était parmi les Aztèques signe de noblesse.

Calpul (m). (del azt. calpulli, arrabal) En Guatemala, reunión, conciliábulo. 2 en Honduras, montículo que señala los antiguos pueblos indios. En Tabasco estos montículos se llaman cuyes o cuyos, plural de cuy, cuyo.

(Du mot aztèque faubourg) 1 Au Guatemala, réunion, conciliabule. 2 Au Honduras, monticule signalant les anciens villages indiens. À Tabasco, ces monticules se nommes cuyes ou cuyos. (Voir le mot Cu)

Canacuate, Canaguate (m). Nombre histórico de una serpiente sumamente gruesa y larga hasta de diez metros, que existía en Méjico.

Nom historique d’un énorme serpent pouvant atteindre dix mètres de long, qui vivait au Mexique. (Cette définition ne manquera pas d’intéresser les cryptozoologues à la recherche des « bêtes ignorées ».)

Cazahuate (m). (de cuauhitl, árbol, y zahuatl, sarna) (Ipomoea murucoides) Árbol de varias especies, con jugo lechoso acerca del cual hay la preocupación popular, donde lleva este nombre, que causa la imbecilidad, bastando para ello beber el agua de cualquier corriente a cuyas orillas crece el árbol. Se le considera venenoso para los ganados. En algunas partes de la país se le usa para curar mordidas ponzoñosas.

(Des mots arbre et gale) Arbre de plusieurs espèces, à la sève laiteuse, au sujet de laquelle il existe parmi le vulgaire – d’où son nom – la crainte qu’elle cause l’imbécilité : il suffirait pour cela de boire à un cours d’eau sur la rive duquel pousse cet arbre. On considère également qu’elle est toxique pour le bétail. Dans quelques parties du pays, on l’utilise pour guérir les morsures venimeuses.

Cegua, Cigua (f). (de cihuatl, mujer) Especie de llorona, de cuerpo femenino con cara de caballo, según la representa la imaginación popular. Darío cantó a la cegua en uno de sus poemas inmortales.

«La noche ya se aleja seguida de sus ceguas y cadejos.» (Ernesto Cardenal, Vuelos de victoria) [Cadejo se encuentra en Americanismos I.]

(Du mot femme) Sorte de fantôme qui aurait, selon la croyance populaire, un corps de femme et une tête de cheval. Ruben Darío a chanté la cegua dans un de ses poèmes immortels.

Cencuate, Zincuate (m). (Pityophis deppei) Culebra que los cronistas describen en formas distintas y acerca de la cual el vulgo cree que mama la leche de las mujeres que están criando, mientras éstas duermen.

Couleuvre que les chroniqueurs décrivent de diverses manières et dont le vulgaire croit qu’il suce le lait des femmes à la mamelle lorsqu’elles dorment.

Ciguatlanca (f). Nombre que se da hoy todavía, en algunos pueblos de indios, a la mujer que va a pedir en matrimonio a una muchacha. Era antigua costumbre azteca.

Nom que l’on donne aujourd’hui encore, dans certains villages d’indiens, à la femme qui va demander une jeune fille en mariage (pour le compte d’un homme). C’était une ancienne coutume aztèque.

Clamacascozote (m). (Del azt. tlamascaqui, sacerdote, y zotl, suciedad de sangre) Aztequismo, que designa el cabellos de ángel (Calliandra grandiflora), porque sus largos pistilos rojos y enmadejados semejan remotamente la cabellera sucia de sangre de los antiguos sacerdotes aztecas.

(Des mots prêtre et taches de sang) Aztéquisme par lequel on désigne la plante « cheveux d’ange », parce que ses grands pistils rouges et embrouillés ressemblent peu ou prou à la chevelure couverte de sang des anciens prêtres aztèques.

Coapali, Cueipali (m). Nombre con el cual los naturales de ciertas regiones de Méjico, como la Teotihuacán, llaman en sus brujerías al gemelo nacido en segundo lugar, a quien suponen facultades para hacer mal con la mirada.

Nom que les habitants de certaines régions du Mexique, telles que Teotihuacan, donnent dans leur magie au jumeau né second, qu’ils croient posséder le mauvais œil.

Coatepantli* (m). Muro de serpientes (motivo arquitectónico).

Mur de serpents (motif architectural des monuments aztèques).

Cocoliscle, Cocoliste (m). En Méjico, cualquier enfermedad epidémica. Poco usado. 2 Por extensión, llegó a decirse del tifo, la epidemia que antes más azotaba a la capital principalmente y que hoy casi ha desaparecido.

1 Au Mexique, toute maladie épidémique. Peu usité dans ce sens. 2 Par extension, désigne le typhus, épidémie dont souffrait le plus le pays, notamment la capitale, et qui a aujourd’hui presque complètement disparu. (Voir Cintlatlahua)

Cocoscapacle (m). Nombre vulgar de una yerba que los aztecas usaban en el tratamiento de la sífilis, que era para ellos la enfermedad por excelencia.

Nom vulgaire d’une herbe que les Aztèques utilisaient pour traiter la syphilis, qui était chez eux la maladie par excellence.

Cochizpacle (m). Planta leguminosa, medicinal, que los aztecas usaban aplicándola a la nariz, a manera de anestésico o estupefaciente.

Plante légumineuse médicinale dont les Aztèques se servaient, par voie nasale, comme anesthésique ou stupéfiant.

Cochizquelite (m). (de cochiz, que duerme, quilitl, quelite) (Erythryna leptorrhyza) Planta leguminosa del especie del zompancle. Aplicando el jugo a la boca de los niños, se dice que les viene sueño, propiedad que le ha dado su nombre.

(Des mots dormir et légume) Plante légumineuse de la même espèce que le zompancle (autre aztéquisme), dont le suc, dit-on, fait dormir les enfants à qui l’on en donne, d’où le nom de cette plante.

Copal (m). (del azt. copali, resina) Resina producida por varios árboles (tal como el chilacuate o sea capulín, Styrax argenteus) que los antiguos mejicanos usaban para como incensio en sus templos.

«La claridad de la noche goteaba copal entre las cañas del rancho.» (Miguel Ángel Asturias, Hombres de maíz)

«Era la fogata florestal del trino: / de su antorcha brotό el color de los “Corteces” / y dieron luz los “Elequemes” y los “Ceibos”, / el “Guapinol”, el “Nance” y el “Copal”.» (Pablo Antonio Cuadra, El jaguar y la luna)

Résine produite par divers arbres et que les anciens Mexicains utilisaient comme encens dans leurs temples. (Voir aussi Teocote)

Cu (m). Adoratorio de los antiguos aztecas, generalmente en forma de montículo; quedan restos de muchos de ellos en diversas partes del país. (Ku es voz maya aztequizada. Los primitivos kues mayas fueron sitios destinados al culto, túmulos en forma piramidal, levantados sobre las tumbas de los muertos y en cuyas cimas establecían los adoratorios; de aquí vino que a los templos aztecas llamaran cues los españoles.)

«¡La entrada en la gran calzada! La laguna llena de palacios con terrazas y las torres y los grandes cúes blancos reflejados en el agua … Y arriba del cu Huichilobos con los ojos hechos de espejos, cubierto de pedrerías y ojo y aljófar y sangre, y todo el piso y las paredes bañadas de sangre.» (Ernesto Cardenal, El estrecho dudoso)

Lieu de culte des anciens Aztèques, généralement en forme de monticule ; il en existe de nombreux restes dans plusieurs parties du pays. Ku est un mot maya « aztéquisé ». Les « kues » mayas originels étaient destinés au culte, c’étaient des tumulus de forme pyramidale dressés sur la tombe des morts et au sommet desquels étaient établis des oratoires ; c’est pourquoi les Espagnols appelèrent « cues » les temples aztèques.

Cuascoto (m). (de cuate, gemelo, y cotoctic, defectuoso) En Costa Rica, hijo que nace después de un par de gemelos.

(Des mots jumeau et défectueux) Au Costa Rica, enfant né après une paire de jumeaux. (Le terme est à mettre en relation avec Coapali. Du reste, l’étymologie ne semble pas tout à fait correspondre à l’usage qui est ici donné de ce terme.)

Cueyamole (m). Cierto platillo típico de algunos lugares del interior, que consiste en un guiso especial de ranas, para paladares también especiales.

Plat typique de quelques lieux de l’intérieur du pays, qui consiste en un ragout spécial de grenouilles, pour des palais également spéciaux. (À l’attention toute particulière des Français, grands mangeurs de grenouilles.)

Chichicuilote (m). Avecilla zancuda de Méjico. Son grandes cazadoras de moscas estas avecillas, por lo cual las indias las cogen vivas y las venden en gran número, principalmente voceadas en las calles de Méjico, al precio de cinco o diez centavos; pero sólo tienen tres o cinco días de vida en cautividad, sin que se sepa a punto fijo por qué mueren. Chichicuilotera (f). La mujer que vende chichicuilotes.

Petit oiseau échassier du Mexique. Ces oiseaux sont de grands chasseurs de mouches, raison pour laquelle les indiennes les capturent vivants et les vendent en grand nombre, principalement à la criée dans les rues de Mexico, au prix de cinq ou dix centimes de peso ; mais ils ne vivent que de trois à cinq jours en captivité, sans que l’on sache au juste la raison pour laquelle ils meurent. (Certains oiseaux ne supportent pas d’être mis en cage et n’y survivent pas. C’est le cas du fameux quetzal, dont il est question plus loin, et dont Santamaría rapporte lui-même ce trait caractéristique.) Chichicuilotera : Vendeuse (indienne) de chichicuilotes.

Chichilama (f). En la tradición de ciertos indígenas, perra vieja que existe en el limbo, sitio donde van a parar los niños que mueren sin bautizo; el que mama de ella se va al infierno.

Selon les traditions de certains indiens, Chichilama est une vieille chienne vivant dans les limbes, où demeurent les enfants morts sans baptême ; s’ils tètent à sa mamelle, ils vont en enfer.

Chilocuil (m). (Bombix agavis) Gusano colorado de maguey, menos apetecido que el blanco o meocuil por las gentes que lo comen. Llámase también tecol.

Ver rouge du maguey, moins savoureux, selon les gens qui en mangent, que le ver blanc ou meocuil.

Chinampa (f). Terreno de poca extensión en las lagunas próximas a la ciudad de Méjico, donde se cultivan flores y verduras. Antiguamente estos huertos eran flotantes.

«La tarde con sus mágicos pinceles,/ derrochando tesoros imperiales,/ enjoya de amatistas los canales/ y alumbra las chinampas de claveles.» (Francisco Villaespesa, Tierra de encanto y maravilla: Tardes de Xochimilco XIII)

«Méjico es la ciudad de los cantares, Huerto rico de frutas y flores; Y en medio de la guerra y sus hazares, Y en medio de la peste y sus horrores, Se mece en sus chinampas seculares, Cantando ante su tumba sus amores En un cantar que abarca estos estremos: ‘Cantemos hoy; mañana moriremos.’» (José Zorrilla, El drama del alma, libro primero, LXXV)

Terrain de peu d’étendue des lagunes voisines de Mexico, où sont cultivées des fleurs et des légumes. Ces jardins étaient jadis flottants (les jardins flottants des Aztèques).

Chintlatlahua (f). Viuda negra, araña venenosa de Méjico cuya picadura produce a veces la muerte; muy usada, desde tiempo inmemorial, por los indígenas para curar el tifo, enfermedad epidémica del país que hoy casi ha desaparecido. Llámase tambien chinclagüilla, araña capulina.

Veuve noire, araignée venimeuse du Mexique dont la morsure peut être mortelle ; très employée par les indigènes, depuis des temps immémoriaux, pour guérir le typhus, maladie épidémique du pays qui a aujourd’hui presque complétement disparu.

Chípil (a&s). Dícese del niño enfermizo a cause de hallarse encinta la madre. Chipileza (f). La enfermedad que sufre el niño de teta a causa de la preñez de la madre.

Se dit de l’enfant qui tombe malade du fait que sa mère est de nouveau enceinte. Chipileza. Maladie de l’enfant encore à la tétée occasionnée par la gravidité de la mère.

Esapán* (m). (de esapan) Adoratorio de la sangre, lugar donde los sacerdotes practicaban el autosacrificio derramando su propia sangre.

Temple du sang, lieu où les prêtres aztèques pratiquaient l’auto-sacrifice en versant de leur propre sang.

Guacal (m). Caja a modo de jaula hecha de varas tejidas o de tablas delgadas, para trasportar a lomo, objetos quebradizos, o legumbres, frutas, animales, etc. Guacal del Corpus. Guacalito muy pequeño, con dulces, que venden en esta fiesta, para obsequiar a los niños y a las mujeres. Pedir el guacal. Pedir, los niños o los pobres, el día de Corpus, su guacalito de dulces, obsequio forzoso en esa fecha.

Boîte en forme de cage faite de baguettes tressées ou de minces planchettes pour transporter sur le dos des objets fragiles, ou bien des légumes, des fruits, des animaux, etc. Guacal du Corpus : Guacal de petite taille rempli de bonbons, vendu le jour de la Fête-Dieu pour offrir aux enfants et aux femmes. Demander le guacal : En parlant des enfants ou des pauvres, demander, le jour de la Fête-Dieu, son petit guacal de bonbons, cadeau obligé à cette date.

Guacolote (m) (de cuahuitl, árbol, y colotl, alacrán, por alusión a las espinas) (Caelsapinia crista) Bejuco leguminoso, muy espinoso, que produce unas almendras grises amarillentas, durísimas; muy usadas por los muchachos en sus juegos y por algunos aborígenes antillanos como amuleto o talismán.

(Des mots arbre et scorpion) Plante grimpante très épineuse – d’où son nom – qui produit des amandes gris jaune très dures, utilisées par les enfants dans leurs jeux et par quelques indiens des Antilles comme amulette ou talisman.

Güegüenches (m. pl). Nombre dado a los indios viejos que dirigen las danzas en los templos católicos, en las fiestas y romerías de pueblos y ranchos. Huehuenche (m). Personaje tradicional entre los indios de origen azteca, disfrazado con máscara y traje, que representa algún animal y que canta y baila la danza, haciendo restallar un látigo. Pueden verse aun hoy todavía estos bailes indígenas en pueblos del interior, en los aleros de la propia capital.

Nom donné aux vieux indiens qui dirigent les danses dans les églises catholiques durant les fêtes religieuses villageoises. Huehuenche. Personnage traditionnel parmi les indiens d’origine aztèque, portant masque et costume, représentant un animal, et qui chante et danse en faisant claquer un fouet.  De nos jours encore, on peut voir ces danses indigènes dans les villages de l’intérieur, aux environs mêmes de la capitale.

Güisilisio (m). En el centro y norte del país, pájaro que anuncia el aguanieve (la que cae de las nubes mezclada con nieve) con su canto.

Dans le centre et le nord du pays, oiseau dont le chant annonce la neige.

Huitzilera (f). Nombre que se da a la hormiga de miel, que muchas gentes comen hasta con voracidad, pour la substancia melosa que contiene en el abdomen.

Nom de la fourmi à miel, que beaucoup de gens mangent, et même avec voracité, en raison de la substance melliflue contenue dans son abdomen.

Jilosúchil (m). (Bombax mexicanum) Hermosa bombácea del centro y sur, llamada también pongolote. Los aztecas usaron mucho de la cáscara del palo en preparaciones medicinales contra úlceras, dolor de dientes y para endurecer las encías. Se dice también que est buen diurético. 2 Flor de esta planta, de hermosa corola de pétalos rosados y estambres purpurinos, con olor peculiar. Muy usada para perfumar les iglesias.

Belle plante bombacée du centre et du sud du pays. Les Aztèques employaient beaucoup l’écorce de son bois en préparations médicinales contre les ulcères, les douleurs de dents et pour renforcer les gencives. On dit aussi que c’est un bon diurétique. 2 Fleur de cette plante, ayant une belle corolle rose et des étamines pourpres, à l’odeur particulière. Très employée pour parfumer les églises.

Jiquilite (m). La yerba del añil, de que las mujeres aztecas se servían para teñirse el cabello.

L’herbe de l’indigo, dont les femmes aztèques se servaient pour teindre leurs cheveux.

Masacoate (m). Especie de boa cuya carne, tenida por gran afrodisíaco, los aztecas tomaban con fruición, para lo cual las criaban domésticas.

Espèce de boa dont la chair, considérée comme un puissant aphrodisiaque, était si appréciée des Aztèques qu’ils pratiquaient l’élevage de ce serpent.

Mecasúchil (m). (Piper amalago) Planta cuyo fruto los aztecas empleaban para perfumar el chocolate, como hoy emplean en Tabasco los pétalos de la flor del yoloxóchil o primavera.

Plante dont les Aztèques utilisaient le fruit pour parfumer le chocolat, de la même manière qu’on emploie aujourd’hui les pétales de la fleur du yoloxochil (autre aztéquisme) dans la province de Tabasco. (Voir aussi Cacahuasúchil)

Meocuil (m). Oruga que se cría en las pencas del maguey, y que, para los indios, es manjar delicioso. Llámase también gusano de maguey.

Chenille vivant sur les feuilles du maguey et qui est pour les indiens un mets délicieux. On l’appelle aussi ver de maguey.

Mesiote (m). La epidermis del maguey, usada como papel entre los aztecas, mediante cierta preparación. Usada hoy comúnmente para envolver en ella los gusanos de maguey, que en los mercados así se venden.

Épicarpe du maguey, utilisé comme papier par les Aztèques moyennant certaine préparation. Il est communément utilisé de nos jours pour envelopper les vers de maguey (meocuil) vendus comme nourriture sur les marchés.

Nagual, Nahual (m). Animal simbólico que representa el espíritu protector de una persona. 2 Brujo, hechicero que cambia de forma por encantamiento.

«Tras nahuales y brujas, el coyote aúlla feroz y lugubre corea tan monstruoso concierto el tecolote» (Manuel José Othón, en su soneto El poeta)

Animal symbolique représentant l’esprit protecteur d’une personne. 2 Sorcier, magicien pouvant changer de forme par enchantement.

Naguatatlo, Nahuatato (s). En tiempo de la conquista se llamó así el indio que, sabiendo azteca, hablaba también el castellano, y servía de intérprete.

Au temps de la Conquête, on appelait ainsi l’indien parlant l’aztèque qui connaissait aussi le castillan et servait d’interprète.

Ololiuque (m). (Ipomoea sidaefolia) Nombre que dan en Méjico a une planta cuya semilla continen un narcótico que emborracha y enloquece, produciendo efectos semejantes a los del peyote.

Nom donné au Mexique à une plante dont la graine contient un narcotique enivrant et provoquant le délire, à la manière du peyotl.

Omicauisli* (m). (omikauistli) Hueso musical, cráneo de percusión.

Os musical, crâne à percussion (chez les Aztèques).

Opacle (m). Yerba silvestre que se pone al pulque para estimular la fermentación y dar más fuerza a la bebida.

Herbe sylvestre que l’on ajoute au pulque pour en stimuler la fermentation et rendre la boisson plus forte.

Oquispacle (m). Planta medicinal que los aztecas usaban para estimular la ejaculación del semen y aun para facilitar el flujo femenino.

Plante médicinale qu’employaient les Aztèques pour stimuler l’éjaculation masculine ainsi que pour faciliter le flux féminin.

Papahua (m). Sacerdote de los antiguos aztecas, que llevaba el pelo enmarañado y largo.

Prêtre des anciens Aztèques, qui portait les cheveux longs et emmêlés (comme cela ressort de son nom même, qui comporte le mot désignant une chevelure emmêlée).

Papaquis (m). (del azt. papaquiliztli, gozo) En Jalisco, Zacatecas y otras partes del interior, juegos o diversiones del carnaval, en que principalmente se quiebran cascarones compuestos, pintados y con agasajos.

Dans les provinces de Jalisco, Zacatecas et autres parties de l’intérieur, divertissement de carnaval qui consiste principalement à se casser les uns sur les autres des œufs vidés de leur matière, peints et remplis de confettis.

Peyote (m). (peyotl) Planta cactácea en forma de corazón con propiedades alucinógenas y que se usa para hablar con los dioses (Aulex).

Plante cactacée en forme de cœur possédant des propriétés hallucinogènes et qui servait à communiquer avec les dieux.

Pilguanejo, a (s). (de pilhuan, pl. de pilli, hijo, y la des. desp. ejo) Históricamente, criado que estaba al servicio de clérigos o beatas. Data de la época colonial. 2 En lo antiguo, crianza de un convento, hijo adoptado por la corporación religiosa.

1 Historiquement, domestique au service de religieux ou de nonnes, à l’époque coloniale. 2 Anciennement, enfant d’un monastère, adopté par la congrégation.

Pipil (m). Lengua de los indios pipiles, que no es sino mejicano o azteca corrompido, de donde les vino el nombre, porque lo hablaban como niños.

«Toltecas que no pronunciamos la «tl», Ometepetl convertido en Ometepe, los llamados Pipiles («niños»), los que hablamos como niños, como el niño chiquito náhuatl que no puede decir todavía «Tlalnepantla», «tlapalería», o los de habla incorrecta, según los Académicos de la Lengua pre-cortesianos. » (Ernesto Cardenal, Los ovnis de oro: poema Quetzalcóatl)

«El Gran Sacerdote popil vestía una ropa larga y azul con una mitra de muchos colores y un báculo de Obispo.» (Ernesto Cardenal, El estrecho dudoso) [«Popil» parece ser una errata de imprenta, por «pipil».]

Langue des indiens pipils, qui n’est autre qu’une forme corrompue de l’aztèque, d’où leur vient leur nom, parce qu’ils parlaient l’aztèque comme des enfants.

Pípila (f). La hembra del guajolote. 2 fig. Mujer pública.

1 Femelle du guajolote (autre aztéquisme : dindon). 2 fig. Femme publique.

Quechol, Tlauquechol (m). (Platalea ajaja) Preciosa ave palmípeda, tantalídea, de hermoso color rosáceo, a veces encendido. Entre los aztecas era símbolo de los amantes, del matrimonio.

Magnifique oiseau palmipède d’une belle couleur rose, parfois rouge (appelé en français spatule rosée). C’était, chez les Aztèques, le symbole des amants, du mariage.

Quesaliste (m). Obsidiana mejicana a la cual los indios atribuyen ciertas propiedades curativas en las enfermedades renales.

Obsidienne du Mexique à laquelle les indiens attribuent des propriétés curatives contre les maladies rénales.

Quesalsoquiya (f). Cierta especie de esmeralda mejicana, de usos medicinales.

Une certaine espèce d’émeraude du Mexique, ayant un usage médicinal.

Quetzal (m). Fue ave sagrada entre los antiguos mejicanos, que daban a sus plumas el mismo valor de la esmeralda y que constituían el mejor tributo, como adorno del manto de los emperadores aztecas ; fue también ave mitológica como símbolo de la belleza en los dioses, y aun hoy sus plumas se usan a guisa de talismán y se atribuyen propiedades curativas secretas a su corazón.

«En la selva donde parece que nunca ha entrado el hombre, / dondo sólo penetran el tapir y el pizote-solo / y el quetzal todavía vestido como un maya: / allí hay una metrópolis.» (Ernesto Cardenal, Homenaje a los indios americanos)

Le quetzal était un oiseau sacré pour les anciens Mexicains, qui donnaient à ses plumes la même valeur qu’à l’émeraude ; elles constituaient le tribut suprême, en tant qu’ornement du manteau des empereurs aztèques. C’était également un oiseau mythologique, symbole de la beauté des dieux, et aujourd’hui encore ses plumes servent de talisman, et l’on attribue à son cœur des vertus curatives secrètes.

Quinames, Quinametzin (m. pl). Primitivos pobladores de Méjico, a los cuales se les ha llegado a considerar como legendarios en la etnografía y que tenían talla de gigantes. Ocuparon las riberas del Atoyac, en Puebla, principalmente.

Premiers habitants du Mexique, que l’ethnographie considère aujourd’hui comme légendaires, et qui avaient une taille de géants. Ils vivaient principalement sur les rives de l’Atoyac, dans la province de Puebla.

Tacalnagual (m). Cierto personaje brujo o hechichero, de la antigua gentilidad azteca, de que hablan los cronistas de la conquista.

Sorcier ou magicien des antiques superstitions aztèques, dont parlent les chroniqueurs de la Conquête.

Tacualispacle (m). (del azt. tlacuanhtiliztli, la erección del pene; patli, medicina) Planta que empleaban los aztecas como eficaz y activísimo afrodisíaco, para provocar el coito inmediato. Dícese también clacuatilispacle y clacualispacle.

(Des mots érection du pénis et médecine) Plante qu’employaient les Aztèques comme puissant aphrodisiaque, pour provoquer le coït immédiat.

Tapalcúa (f). Nombre que dan en Guatemala a una especie de culebra que dicen que tiene dos cabezas, y de la cual cuenta otras fantasías el cronista Fuentes y Guzmán.

Nom que l’on donne au Guatemala à une espèce de couleuvre qui aurait deux têtes et au sujet de laquelle le chroniqueur Fuentes y Guzman rapporte d’autres fables.

Tecihuero, a (m). Cierto individuo a quien entre los indios le suponen habilidad en prácticas mágicas para atraer o alejar las nubes de granizo, con lo cual hacen brujerías.

Individu auquel les indiens attribuent le pouvoir magique d’attirer ou d’éloigner les nuages de grêle.

Tecolio (m). Bebida embriagante que hacen en Tehuacán (Puebla), echándole al pulque gusanos de maguey, tostados y pulverizados.

Boisson enivrante qui se prépare à Tehuacan (Puebla) en ajoutant au pulque des vers de maguey grillés et pilés.

Tecotín (m). Palabra usada por los aztecas para expresar une danza sagrada que hacían en sus templos.

Danse sacrée pratiquée par les Aztèques dans leurs temples.

Techichi, Tlalchichi (m). (de tetl, piedra, y chichi, perro) Nombre que se daba en Méjico al perro mudo (Canis americanus), especie indígena que encontraron los españoles en las Antillas y en la América continental, como animal doméstico muy estimado; comestible apetecido entre los aztecas. Después de la conquista, los españoles hicieron tal consumo de la carne de este animal, que casi se extinguió; rarísimamente se ven algunos ejemplares en Méjico. 2 Elemento escultórico architectónico con forma de perro chihuahueño, que era colocado en las esquinas de los templos toltecas (Aulex). Chihuahua (m). Perro mudo, perro pelón o perro chihuahueño o de Chihuahua, variedad pequeña del Canis americanus.

« Sous un ciel étranger ils revivront sans doute / Et pour les bien conduire en leur suprême route / On va sacrifier un chien : // Le téchichi sacré, qui, dans les sombres mondes, / Les guidera sans peur des ténèbres profondes / Et des embûches des méchants… » (Auguste Génin, Poèmes aztèques, 1890, poème « Les funérailles de Tizoc »)

1 Nom donné au chien muet, espèce indigène de chien domestique, très estimée des indigènes, que les Espagnols trouvèrent dans les Antilles et sur le continent américain ; c’était une nourriture appréciée des Aztèques. Les Espagnols, après la Conquête, firent une telle consommation de la chair de cet animal qu’il a presque complètement disparu ; il est devenu très rare au Mexique. 2 Élément de sculpture architecturale en forme de chien, qui figure sur la façade des temples toltèques. Chihuahua : Chien muet, chien nu, chien de Chihuahua, variété de petite taille du Canis americanus. (Il semble que ce chien ait été, depuis les années quarante, sauvé du risque d’extinction, car c’est devenu une espèce appréciée et répandue.)

Temascal (m). Baño de los antiguos indios, en piezas cerradas y a vapor, que todavía se usa en muchas haciendas de campo.

Bains à vapeur des anciens indiens, en pierre et fermés, encore en usage dans de nombreuses haciendas de la campagne.

Tempilole (m). Piedrecilla que usaban como adorno los aztecas, colgada del labio inferior.

Petite pierre d’ornement, chez les Aztèques, qui pendait de la lèvre inférieure.

Tentel (m). Adorno de piedra preciosa o de obsidiana que los aztecas usaban debajo del labio inferior, horizontalmente, y al efecto se lo agujereaban. El tentel de los reyes era une esmeralda.

Ornement de pierre précieuse ou d’obsidienne que les Aztèques portaient à l’horizontal sous la lèvre inférieure et qui nécessitait de percer la peau. Le tentel des rois était une émeraude.

Teocali, Teucali (m). Templo de los antiguos mejicanos. La palabra se ha corrompido en teucali, forma que sólo la Academia ha acogido, pero que nadie usa.

« Tel était en ces temps le grand Téocalli / Consacré par les rois au divin Mexitli. » « Sur le Téocalli, dans les denses ténèbres, / Des mages effrayants veillent silencieux Cherchant à déchiffrer les célestes algèbres. » (Auguste Génin, Poèmes aztèques, 1890)

«Trágica Decena: / luto nacional; / hogueras de muertos, velones nocturnos… / La llama, que lame las sombras voraz, / como en un Teocali de Huitzilopochtli, / en la vieja Tenoxtitlán.» (Alfonso Camín, Xochitl y otros poemas)

Temple des anciens Mexicains. Le mot se trouve corrompu dans la forme teucali, que l’Académie espagnole est la seule à reconnaître et que personne n’utilise. (Un exemple parmi d’autres des reproches à l’Académie espagnole dont j’ai parlé en introduction.)

Teocomite, Tepenexcomite (m). La biznaga, que se conserva tradicionalmente en los ritos aztecas porque la espina de esta planta servía para sangrar en los sacrificios humanos.

Le cactus, important dans les rites aztèques, parce que ses épines servaient à saigner les corps lors des sacrifices.

Teocote (m). (teotl, dios, y ocotl, ocote, pino) Planta conífera, de raíz olorosa, que los aztecas quemaban como incensio; pero estando reservado su uso a la nobleza y para las ceremonias del culto religioso, de donde su nombre.

(Des mots dieu et pin) Plante conifère à la racine odorante que les Aztèques brûlaient comme encens ; son usage était réservé à la noblesse et pour les cérémonies du culte religieux, d’où son nom.

Teomel (m). (de teotl, dios, y metl, maguey) Las gentes del oficio, en la explotación del pulque, llaman así al maguey que da pulque fino, como el de los llanos de Apam.

(Des mots dieu et maguey) Les gens du métier, dans l’exploitation du pulque, appellent ainsi (maguey des dieux) le maguey qui produit un pulque particulièrement excellent, comme celui des plaines d’Apam.

Teopacle (m). (teotl, dios, patli, medicina) Unto sagrado que usaban los sacerdotes de los antiguos ritos aztecas, para embadurnarse el cuerpo, creyéndose así preservados de todo peligro exterior. Era una repugnante preparación, según Clavijero, de insectos venenosos reducidos a cenizas, hollín, diversas yerbas y aun ciertos asquesoros bichos vivos; todo machacado y revuelto.

(Des mots dieu et médecine) Onguent sacré des prêtres aztèques dont ils s’enduisaient le corps, se croyant ainsi prémunis contre tout danger extérieur. C’était, selon Clavijero, une répugnante préparation d’insectes venimeux réduits en cendre, de suie, d’herbes diverses, ainsi que de bestioles vivantes, le tout mélangé et pilé.

Teotl (m). En el antiguo imperio mejicano, el espirito supremo.

Dans l’ancien empire mexicain, l’esprit suprême. (La similitude pour ainsi dire parfaite avec le grec théos a été remarquée et a donné lieu à diverses spéculations.)

Tequio (m). (de tequitl, trabajo) Gravamen, tarea, faena, tributo, carga corporal que pesaba sobre los indios mejicanos, esclavizados por los españoles, y en favor de estos mismos. 2 En la región del sureste de Méjico, hasta antes de la revolución constitucionalista de 1913, servicio obligatorio que la mujer del peón de campo prestaba en las haciendas, en cuenta de la deuda del marido y por misérrimo salario.

1 Travail, tribut, charge corporelle qui pesait sur les indiens mexicains réduits en esclavage par les Espagnols pour le service de ces derniers. 2 Dans la région du sud-est du Mexique, jusqu’à la révolution constitutionnaliste de 1913, service obligatoire que rendait dans les haciendas la femme du péon en raison de la dette de son époux, pour un salaire infime.

Tetlacihue (m). Voz azteca con la cual se designa el hechicero, el brujo. Tlahuepoche (f). Bruja o hechicera.

Mot aztèque désignant un sorcier ou magicien. Tlahuepoche : sorcière ou magicienne.

Tlacamichi (m). (tlacatl, hombre, y michin, pescado) Cierto pescadillo de algunos lagos que tiene arriba de cada ojo una especie de piedra trasparente, y que en la cosmografía nahoa representa al hombre, que no pereció en el diluvio, sino que se trasformó en pez.

Petit poisson de quelques lacs qui possède au-dessus de chaque œil une sorte de pierre transparente, et qui, dans la cosmographie nahoa, représente l’homme, lequel n’a pas disparu pendant le déluge mais s’est transformé en poisson.

Tlacuilo (m). Nombre en las crónicas y relaciones antiguas mejicanas que se da a los individuos que entre los aztecas tenían por oficio hacer la escritura jeroglífica.

Nom donné, dans les anciennes chroniques et histoires mexicaines, aux individus qui, chez les Aztèques, pratiquaient l’écriture hiéroglyphique.

Tlalconete, Tlaconete (m). Cierto animalejo asqueroso y repugnante, especie de babosa, que vive en los lugares húmedos. Corre la conseja de que se introduce en la vagina de las mujeres y sólo puede extraérsele por coito ; de suerte que es temible para las vírgenes.

Certain animal d’aspect répugnant, espèce de limace vivant dans les lieux humides. On raconte qu’elle s’introduit dans le vagin des femmes, dont seul un coït peut l’extraire ; de sorte qu’elle est particulièrement redoutable aux vierges.

Tlaltel (m). Nombre que se da en Méjico a las isletas que se forman en los lagos interiores ; que abundaron principalmente en tiempos pasados en el lago de Texcoco, y algunas de las cuales apenas sobresalían unos cuantos centimetros fuera de la superficie de las aguas.

Nom donné au Mexique aux îlots qui se forment dans les lacs intérieurs, et qui abondaient particulièrement, aux temps passés, sur le lac de Texcoco (où fut édifiée la capitale Tenochtitlan). Certains de ces îlots ne dépassaient la surface des eaux que de quelques centimètres.

Tlamanacali* (m). Templo, construcción prehispánica donde se hicieron sacrificios humanos y se colocaban las ofrendas.

Temple, édifice préhispanique où avaient lieu les sacrifices humains et où étaient placées les offrandes. (Icpac Tlamanacali : la Grande Pyramide de Mexico).

Tlatel (m). Nombre usado por los historiadores antiguos de Méjico, para expresar un altozano; construcción cónica indígena y especialmente los túmulos, en arqueología.

Nom employé par les anciens historiens pour désigner un tertre ; édifice indigène de forme conique, et en particulier tumulus, en archéologie. (Voir aussi les mots Calpul et Cu)

Xaxtle (m). El sedimento que déjà el pulque en la vasija. Chicastle (m). Residuo del maís de que se hace el atole, o asientos, heces de esta bebida.

Dépôt laissé par le pulque dans la jarre. Le terme a la même étymologie que Chicastle : résidus du maïs utilisé pour faire l’atole (autre aztéquisme : boisson à base de maïs), ou bien lie de cette boisson.

Xoxalero (m). (Hibridismo con la des. esp. ero, era) Nombre que se da vulgarmente, sobre todo entre las clases indígenas, a cierto brujo o hechicero que hace mal con la vista.

Nom donné communément, surtout parmi les populations indigènes, à un certain sorcier ou magicien doué du mauvais œil.

Xumil, Jumil (m). Voz azteca con que se designa un insecto muy usado por los indígenas en su alimentación en ciertas regiones del interior. Huele a chinche; lo venden en los mercados, preparado con sal y limón, y asado en comal. Produce un buen aceite – aceite de xumiles –, empleado en la medicina vernácula para curar la tisis. Como alimento, este insecto provoca los deseos venéreos.

Mot aztèque par lequel on désigne un insecte très apprécié comme nourriture par les indigènes dans certaines régions de l’intérieur. Il a l’odeur de la punaise ; on le vend sur les marchés, préparé avec du sel et du citron, cuit sur le comal (autre aztéquisme : pierre pour préparer les tortillas). Il produit une huile employée en médecine vernaculaire pour guérir la phtisie. En tant qu’aliment, cet insecte provoque le désir charnel.

Zompantli, Tzompantli (m). Sitio especial que había en los templos aztecas en que se colocaban en filas los cráneos de las víctimas. Altar de cráneos (Aulex).

«Piedra de las cronologías … Los meses enflorados y agoreros en ella ensartan lunas de pálido tecali así como los cráneos hueros en el zompantli del teocali.» (Juan José Tablada, en su poema El ídolo en el atrio)

Site particulier des temples aztèques où l’on alignait les crânes des victimes. Autel de crânes.

Glossaire thaï (Contribution à l’étude des croyances et pratiques en Thaïlande)

En tant que poète, je suis attiré par les aspects de cultures étrangères, légendes, magie, sciences occultes, qui entrent, du point de vue rationaliste, dans la rubrique des superstitions. Eu égard à l’amour-propre, j’aurais cependant trop de scrupules à n’y voir qu’un passe-temps de collectionneur, qui accumule les micrologies ethnographiques comme d’autres, de manière moins pédante, rapportent de leurs excursions touristiques les productions de l’art local qu’ils sont vivement sollicités d’admirer à chacune de leurs étapes. Qui plus est, en tant que philosophe (ce n’est pas être présomptueux que de se dire philosophe, à savoir de prétendre, non pas d’avoir trouvé la sagesse, mais de la rechercher, car, selon l’étymologie, et non selon les titres, qui n’est pas philosophe ?), je suis toujours tenté de rejeter tout cela dans le domaine des fables puériles et je dissimule mal mon impatience pour les recherches du poète. Le poète irrite le philosophe, le philosophe paralyse le poète.

Fables puériles, car ne sommes-nous pas au temps de la Religion dans les limites de la simple raison? Les croyants méprisent ou affectent de mépriser les exorcismes et les divinations de leurs églises à des époques anciennes et révolues, ils sont les premiers à blâmer ces superstitions, qui seraient leur religion mal entendue et dévoyée. Le surnaturel a disparu ou est devenu abstrait, les rituels sont dépourvus de valeur intrinsèque, arbitraires, la loi morale s’est dégagée du pittoresque et règne dans l’air pur des finalités dernières de l’humanité. Le besoin de la raison, et ce sentiment de l’absurde dont parlait déjà Kant pour s’opposer aux conclusions du matérialisme, qui donnèrent l’impulsion à sa philosophie pratique, disposent notre temps et les temps à venir en faveur de l’avènement d’une religion universelle purement morale.

Or, si Kant propose le christianisme comme étant, à sa connaissance, la religion la plus appropriée pour, une fois dépouillée de son ritualisme, de son surnaturalisme dogmatique et de ses superstitions, servir de religion universelle ainsi entendue, il s’en faut de beaucoup que le bouddhisme puisse être sans plus de considération écarté du cercle des prétendants légitimes à ce titre. L’importance que ce dernier attache à la conscience individuelle, son indifférence relative aux rites et aux dogmes, sa tolérance sont bien connus de nous et le désignent naturellement à l’accomplissement d’un tel destin. Admettre cette possibilité reviendrait toutefois à considérer comme hasardés des pans entiers du criticisme kantien dans sa dimension pratique (par exemple quant au fait que le besoin de la raison évoqué plus haut implique le postulat d’un Être suprême créateur du monde).

Le présent glossaire a pour objet d’éclairer quelques aspects d’une culture nationale bouddhiste. Il apporte, concernant le bouddhisme, un démenti apparent au paragraphe précédent, mais il est parfois bon, avant de mobiliser l’ensemble de ses ressources intellectuelles dans la défense d’une cause, de ne rien négliger pour exposer tout ce qui peut sembler la desservir, car c’est l’indice d’une conviction loyale et sereine.

Mes principales sources sont le dictionnaire en ligne Longdo, qui réunit plusieurs lexiques sous un même moteur de recherche, le dictionnaire thaï-français de Praewpayom Booyapaluk, et le dictionnaire thaï-anglais-allemand de Josef Rohrer.

Il n’existe pas de transcription unique du thaï. Je recours ici à une transcription personnelle simplifiée, la plus phonétique possible (ainsi, “eu” se lira comme dans “feu” en français, etc.).

Glossaire

กระสือ. ผีชนิดหนึ่งที่ถือว่าเข้าสิงในตัวผู้หญิง ชอบกินของโสโครก, คู่กับกระหัง ซึ่งเข้าสิงในต้วผู้ชาย.
มักออกหากินกลางดืนและไปแต่หัวกับตับไตไส้พุง ส่วนร่างกายคงทิ้งไว้ที่บ้าน เวลาไปจะเห็นเป็นดวงไฟดวงโตมีแสงสีเขียวเรืองวามๆ.
Krasseu. Fantôme qui prend possession du corps d’une femme et aime à se repaître d’immondices. Elle fait la paire avec le krahang, qui prend le corps d’un homme. Le plus souvent, elle sort la nuit pour se nourrir, elle a alors l’aspect d’une tête volante d’où pendent les viscères ; les autres parties de son corps restent où elle réside. Elle a parfois l’apparence d’une grosse boule de feu de couleur verte.

สมิง. เสือที่เชื่อวา่เดิมเป็นคนที่มีวิชาอาคมแก่กล้าแล้วต่อมาสามารถจำแลงร่างเป็นเสือใด้ หรือเสือที่กินคนมากๆ เข้า เชื่อกันว่าวิญญาณคนตายเข้าสิง ต่อมา สามารถจำแลงร่างเป็นคนได้.
Saming. Tigre dont on pense qu’il a été un habile magicien ayant le pouvoir de se transformer en cet animal, ou bien : tigre ayant dévoré de nombreux humains dont les esprits viennent alors le hanter de sorte qu’il est capable de prendre apparence humaine.

ผีปอบ, ปอบ. ผีชนิดหนึ่งเชื่อกันว่าอยู่ในตัวคน กินตับไตไส้พุงจนหมด แล้ว ออกมาไปคนนั้นก็ตาย.
Pipop ou Pop. Fantôme qui entre dans le corps des gens pour leur dévorer les entrailles. Quand il ne lui reste rien à manger, il quitte le cadavre.

กองกอย. ผีชนิดหนึ่ง เชื่อกันว่ามีตีนเดียว ไม่มีสะบ้าหัวเข่า จึงต้องเดินเขย่งเกงกอย ชอบออกมาดูดเลือดที่ห้วแม่เท้าของคนที่นอนหลับพักแรมในป่า.
Kong-koï. Fantôme vampirique n’ayant qu’un pied et pas de rotule si bien qu’il doit marcher sur la pointe de son pied unique. Il a l’habitude de sucer le sang de ceux qui passent la nuit en forêt, par le gros orteil.

ฉมบ, ชมบ, ทมบ. ผีผู้หญิงที่ตายในป่า และสิงอยู่ในบริเวณที่ตาย มีรูปเห็นเป็นเงาๆ แต่ไม่ทำอันตรายใคร.
Chamop ou Tamop. Fantôme d’une femme morte en forêt et qui hante les environs du lieu de sa mort. Son apparence est floue, relativement indistincte. Elle n’attaque personne.

เวตาล. ผีจำพวกหนึ่ง ชอบสิงอยู่ในป่าช้า, นักปราชญ์ที่ไม่ได้ถ่ายวิชาให้ใครตายไปแล้ว เป็นผีชนิดนี้.
Wétann. Fantôme qui hante les cimetières. Les sages qui meurent sans avoir transmis leur savoir deviennent des fantômes de ce type. (Du sanskrit vetala)

ผีนางรำ. นางรำคืหญิงผู้แสดงการร่ายรำ.
Pi-nang-ram. Fantôme d’une danseuse traditionnelle thaïe.

โขมด. ชื่อผีชนิดหนึ่งเป็นผีป่า จะเห็นเป็นแสงเรืองวาวเวลากลางดืน.
Komott. Fantôme de la forêt qui apparaît sous l’aspect d’une vive lumière dans la nuit ; feu-follet.

เบื้อ. สัตว์ในนิยายเล่ากันว่ามีรูปร่างคล้ายคน แต่ไม่มีสะบ้าหัวเข่า พูดไม่ได้ มีคนเมือนลิง พบในป่าทางภาคอีสานของไทย.
Beu-a. Animal légendaire dont il est dit qu’il aurait une apparence semblable à celle d’un homme, à ceci près qu’il n’a pas de rotules et est couvert de poils comme un singe. Il ne parle pas. On le rencontre (sic) dans les forêts du nord-est de la Thaïlande.
(Les adeptes de la cryptozoologie ont-ils répertorié, et recherchent-ils, cette variété tropicale du Yéti ?)

แมววิเชียรมาศ.
Méo-wichian-matt. Le chat siamois est le “chat diamant et or”, l’or et le diamant étant désignés, qui plus est, par leurs noms poétiques et non par leurs noms courants. Un beau nom pour un bel animal.

เหล็กไหล. โลหะชนิดหนึ่งเชื่อกันว่าเอาไฟเทียนลนก็ไหลย้อยออกได้.
Lék-laï. Type de métal susceptible de fondre à la flamme d’une bougie.
La définition est un peu sommaire et pourrait désigner un vulgaire alliage de plomb. Il s’agit en fait d’un métal magique, dont les bonzes versés dans la pratique alchimique font des amulettes. Cette pratique est si répandue qu’un film est sorti, il n’y a pas longtemps, sur L’homme lék-laï, un super-héros tout ce qu’il y a de moderne qui bénéficie des pouvoirs de ce métal (titre anglais du film: Mercury Man).

หุ่นพยนต์. รูปที่ผู้ทรงวิทยาคมเอาวัตถุมาผูกขึ้นแล้วเสกเป่า ให้เป็นเหมือนรูปที่มีชีวิต.
Houn-payonn. Figure ou figurine à laquelle ont donné vie des incantations ; golem.

กระบี่กระบอง. ชอื่การเล่นชนิดหนึ่ง ต่อสู้กันด้วยกระบี่และกระบอง.
Krabi-krabong. Art martial traditionnel pratiqué avec des épées et des bâtons.

เกมสู์มังกรน้อยพ่นฟองบู่มๆ.
Mangkonn-noï-ponn-fong-boum-boum. Petits dragons soufflent des bulles boum boum (Bubble Bobble). (Pfff…)

กิ้งก่ายักษ์. ไดโนเสาร์
King-ka-yak. Ce mot, qui signifie littéralement “lézard géant” ou “dragon géant” (ou bien encore “dragon-yaksa”) et qui a été donné à un type de reptile existant, peut aussi servir à désigner les dinosaures. La langue islandaise recourt à un système comparable : risaeðla veut dire “lézard géant”. Il s’agit dans les deux cas, plutôt que de recourir au grec (“lézard terrible”), de créer le terme à partir du lexique national.
En thaï, on a procédé de cette manière à partir du sanskrit/pali pour toute une série d’inventions occidentales ; de même que “téléphone”, “microscope” etc. sont des mots communs aux langues européennes qui dérivent du grec, leurs équivalents dérivant du sanskrit/pali sont communs à plusieurs langues d’Asie du Sud-Est, le thaï, le khmer, sans doute d’autres. Cette méthode est tombée en désuétude à la fois en Europe et en Asie du Sud-Est. L’usage de l’anglais s’est banalisé, et le terme le plus courant aujourd’hui pour désigner en thaï un dinosaure, peut-être aussi en raison de l’autre sens de king-ka-yak signalé plus haut, est la pure et simple transcription du mot anglais : “daïnosao” ไดโนเสาร้.

รักยม. ของขลังอย่างหนึ่ง เป็นรูปตุ๊กตาเด็กเล็ก ๒ ตัว ทำด้วยไม้รักและไม้มะยม เชื่อว่าทำให้เกิดเมตตามหานิยม.
Rak-yom. Amulette ayant l’apparence d’un petit enfant à deux têtes, en bois d’arbre à laque et de groseillier à maquereau, et qui a le pouvoir de faire aimer celui qui la porte.
Je subodore un ou plusieurs jeux de mots dans l’affaire. Le nom de l’arbre à laque est maï-rak, c’est-à-dire “bois d’amour”. Le groseillier à maquereau se nomme maï-mayom. On trouve dans le nom de l’amulette, en plus de rak (amour), yom, qui peut signifier jumeau, d’où les deux têtes de la figurine. Il existe aussi un bois maï-yom.
Enfin, j’ai traduit le pouvoir de cette amulette en interprétant le texte d’après ce que je crois savoir de son usage (superstitieux) parmi la population, mais à vrai dire le texte est assez peu explicite et pourrait aussi vouloir dire que cette amulette aide celui qui la porte à pratiquer l’amour du prochain… [Novembre 2022. Cette seconde interprétation est en réalité la seule évidente pour la définition thaïe ici donnée, car le terme employé, เมตตา, metta, est un terme canonique du bouddhisme désignant l’amour bienveillant, la bonne entente, qui n’a rien à voir avec la passion.]

ลูกกรอก. ลูกคนหรือลูกสัตว์มีแมวเป็นต้นที่ตายตั้งแต่อยู่ในครรภ์หรือในท้อง มีร่างกายครบบริบูรณ์ แต่ขนาดเล็ก เชื่อกันว่าจะให้คุณแก่เจ้าของ หรือบางทีก็ใช้เป็นเครื่องรางของขลัง.
Louk-krok. Fœtus humain ou animal, notamment de chat, mort dans le ventre de sa mère. Le corps est complet mais de petite taille. On croit qu’il apporte des bénédictions à celui qui le possède et peut parfois servir d’amulette.

ปลัดขิก, ขิก. รูปจำลองอวัยวะเพศชาย มักทำด้วยไม้ ใช้เป็นเครื่องรางของขล้ง.
Palatt-kik ou Kik. Image de phallus en bois servant d’amulette.

ตะกรุด. เครื่องรางอย่างหนึ่ง ทำด้วยโลหะหรือใบลานเป็นต้น โดยปรกดีลงคาถาอาคม แล้วม้วนเป็นรู้ปกลมยาวและกลวง.
Takroutt. Amulette cylindrique en métal ou en parchemin inscrite de formules magiques.

ลูกอม. ลูกกลมๆ ทำด้วยของต่างๆ ใช้อมเป็นเครื่องราง.
Louk-om. Bille pouvant être composée de matériaux divers et qui, placée dans la bouche, sert d’amulette.
On donne aussi ce nom aux bonbons de forme ronde.

ฮวน. ๑ ป่าเถื่อน ๒ คำจีนในไทยเรียกหมายถึงคนไทย.
Huann. 1. Non civilisé. 2 Terme emprunté au chinois et servant à désigner les Thaïs (ce que je comprends comme étant un terme dont les Chinois de Thaïlande se servent pour désigner les Thaïs).
L’Occidental qui a l’idée d’apprendre le thaï ne doit pas s’attendre à ce que sa démarche suscite de l’intérêt en Thaïlande même. S’il prend des cours auprès d’une société privée à Bangkok, ses enseignants seront à coup sûr des Sino-Thaïs, et il s’entendra peut-être demander candidement, comme à moi-même, pourquoi il n’apprend pas plutôt le chinois. Les vendeurs de rue, chauffeurs de taxi et autres viennent pour la plupart de la campagne et n’ont pas comme langue maternelle le thaï, mais un dialecte lao, khmer, issan… S’il parle à des bonzes, ils l’inviteront à se plonger dans l’étude du pali, la langue sacrée du bouddhisme théravada, dans laquelle ils sont tous versés et qu’ils enseignent. Vous êtes prévenus.

อั้งยี่. สมาคมลับของชาวจีน.
Ang-yi. Société secrète chinoise.

ก๊ก. โยงใยของสมาคมลับ.
Kok. Réseau, connections d’une société secrète.
P. Boonyapaluk donne de ce mot les définitions suivantes: “association, bande, cabale, clan, clan chinois, clique”.

จ๊อย.
Tioï. Unité d’opium, valant 1,6 kilogramme (P. Boonyapaluk).

สาธุการ. ชื่อเพลงหน้าพาทย์ที่สำคัญยิ่ง ใช้บรรเลงในพิธีกรรมเมื่อบูชาหรืออัญเชิญพระรัตนตรัย เทพยดา สิ่งศักดิ์สิทธิ์ และใช้เพื่อแสดงกิริยาน้อมไหว้.
Satou-kann. Musique cérémonielle très importante jouée pour appeler la propitiation des Trois Joyaux (Bouddha-Dharma-Sangha), des divinités, des objets sacrés, exprimant une salutation polie et déférente.
On peut en écouter sur YouTube (copier/coller le mot thaï ci-dessus), et c’est plutôt rébarbatif. Mais comme dit Rousseau : « Les plus beaux chants, à notre gré, toucheront toujours médiocrement une oreille qui n’y sera point accoutumée ; c’est une langue dont il faut avoir le dictionnaire. » (Essai sur l’origine des langues)

เจโตปริยญาณ. รู้จักกำหนดใจผู้อื่น.
Tié-to-pariya-yann. Connaissance des pensées et intentions d’autrui.
Le témoignage d’un cas de lecture mentale de pensées par un bonze, d’origine occidentale, vivant en Thaïlande est donné par l’écrivain italien Arnaldo Fraccaroli dans son récit de voyage Il Budda di smeraldo (Mondadori 1935, p. 215). En l’occurrence, ce bonze put connaître mentalement et dire le nom de son interlocuteur dont il n’avait jamais entendu parler et qu’il voyait pour la première fois. Interrogé sur la manière dont cela pouvait être possible, il répondit que ce nom lui était venu à l’esprit spontanément, dans un éclair d’inspiration.

บุพเพนิวาสานุสติญาณ. ความรู้เป็นเครื่องระลึกได้ถึง ขันธ์ที่อาศัยอยู่ในก่อน, การระลึกชาติได้.
Bouppé-niwassa-noutsatiyann. Connaissance de ce que l’on a été et où l’on a vécu dans ses vies antérieures, connaissance de ses vies antérieures.
Ce qui se traduit parfois par rétrocognition.

บุพเพสันนิวาส. การเคยเป็นเนื้อคู่กัน, การเคยอยู่ร่วมกันในชาติก่อน.
Bouppé-sanniwatt. Le fait de s’être aimés dans une vie passée, le fait d’avoir été unis dans une vie antérieure.

อพพะ. ชื่อจำนวนนับอย่างสูง เท่ากับโกฏิยกกำลัง ๑๑.
Apapa. Nombre de valeur élevée, égal à dix millions à la puissance onze.

อักเษาหิณี. จำนวนนับอย่างสูง คือ ๑ มีศูนย์ตาม ๔๒ ตัว.
Aksaohini. Nombre élevé: un suivi de quarante-deux zéros.
Ce sont deux exemples des connaissances numériques héritées de l’antique culture sanskrite par les civilisations du bouddhisme théravada. Les nombres élevés permettaient notamment de computer la valeur des cycles du temps. D’après M. Eliade, la durée de vie de Brahma est de 311.000.000.000.000 d’années (veille et sommeil), ce qui est encore peu relativement à la valeur d’aksao-hini.

ชยกุญชร. ช้างสึก.
Chaï-koun-chonn. Éléphant de guerre.
Les éléphants de guerre nous sont connus par les récits de Quinte-Curce et d’autres sur les conquêtes d’Alexandre et ses batailles contre les armées de l’Inde. Ils sont un élément familier de l’histoire de l’Asie du Sud-Est.

โจมทัพ. ชื่อช้างศึกพวกหนึ่ง มีหน้าทีเข้าโจมตีข้าศึก.
Tiom-tap. Bataillon d’éléphants de guerre, dont la fonction était de charger contre l’ennemi.

ปรวด. หมอช้าง.
Prouatt. Médecin pour éléphants.

หมอเฒ่า. ผู้มีความรู้ทางคชศาสตร์ และเป็นหัวหน้าในการจับช้าง.
Mo-tao. Personne versée dans la connaissance des éléphants (un champ d’étude à part entière nommé kok-satt, คชศาสตร์) et experte dans le domaine de leur capture (pour domestication).
Il existe une littérature rituelle adressée aux éléphants ainsi capturés, par laquelle on s’excuse, dans des poèmes, de les éloigner de leur forêt natale, tout en dépeignant les avantages et les douceurs de la vie au milieu des hommes (les éléphants de guerre n’existent plus).

ช้างน้ำ. สัตว์ในนิยาย มีรูปร่างเหมือนช้าง มีงวงและงาคล้ายช้าง หางเป็นปลา.
Chang-nam. “Éléphant des eaux” : animal légendaire qui a le corps d’un éléphant, une trompe et des défenses comme celles de l’éléphant, et une queue de poisson.

รังควาน. ๑ ผีตายร้ายที่สิงอยู่ในกายคนใด้ ๒ ผีที่ประจำช้างป่า.
Rang-kwann. 1. Fantôme malfaisant qui peut entrer dans le corps des gens. 2 Esprit attaché à un éléphant sauvage (d’où, je pense, certaines connaissances occultes exigées, à l’origine, du mo-tao, voir supra, comme l’indique déjà son nom, qui comporte le terme หมอ “mo”, souvent traduit par “guérisseur” et qui s’emploie en général pour toute personne disposant de pouvoirs occultes : astrologues/mo-dou, exorcistes/mo-pi…).

Septembre 2013

Si vous êtes intéressé(e) par la Thaïlande, la langue et la culture thaïes, n’hésitez pas à visiter le site de l’Association culturelle franco-thaïe (ACFT), pour connaître ses activités.

Couverture du magazine Mè-Nak / แม่นาค

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Voir aussi le Glossaire de l’occulte malais

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