Tagged: poème

Un de mes poèmes illustré par Marc Andriot

Marc Andriot, illustrateur et poète dont on peut lire un choix de poèmes accompagnés de dessins sur ce blog, ici, m’a fait l’amitié d’illustrer mon sonnet Le Labyrinthe, tiré du recueil Le Bougainvillier. Je ne résiste pas au plaisir de publier le résultat.

*

LE LABYRINTHE

De ses longs corridors nul n’est sorti vivant ;
Une âme tourmentée éleva cette enceinte,
Les ombres suscitant l’effroi du Labyrinthe
Dans les songes portés au chevet du savant.

Dans sa tombe perdu, faire un pas en avant,
Avec peut-être au bout de ce boyau la crainte
De contempler cela né d’une horrible étreinte,
Sa course autour de soi des brumes soulevant.

Tel est le sort fatal de la victime offerte !
L’antre du Minotaure ensevelit sa perte,
D’un peuple terrassé la malédiction.

Mais Thésée, étranger à si vain sacrifice,
Ravissant à son père Ariane complice,
Précipite au néant cette institution.

 

Dessin de Marc Andriot pour Le Labyrinthe (cliquez pour agrandir)

*

Note. Les diérèses du texte sont les suivantes : ma-lé-dic-ti-on, A-ri-ane, ins-ti-tu-ti-on.

*

Le dessin de Marc pouvant par ailleurs servir de poster anti-corrida, j’en profite pour souligner que je suis un ferme opposant à cette pratique (comme ceux qui suivent mon blog le savent déjà).

Un de mes poèmes illustré par Cécile Cayla Boucharel

Le poème Tous les jours de ma vie…, qui date de 2003, est tiré du recueil Les Pégasides (Éditions du Bon Albert, 2011).

Cécile Cayla Boucharel en a fait en 2017 cinq dessins, qui devaient servir à illustrer la partition d’une composition musicale (avec musique, texte et dessins) par un ami compositeur, projet qui a dû entre-temps s’interrompre.

En attendant d’écouter peut-être un jour le poème mis en musique, le voici avec les illustrations de Cécile, que je remercie fraternellement.

*

Tous les jours de ma vie,
Philis, je t’aimerai.
La colline gravie,
Là-bas, je t’attendrai,

Regardant les nuages
Où ton visage rit,
Rêvant à des rivages
Où l’azur nous sourit,

À cette île déserte
Où nous serons heureux,
Près d’une grotte ouverte
Sur des jardins ombreux,

Où les oiseaux pépient
– Quel adorable chant ! –
Dans les rameaux épient
Les rayons du couchant.

En nos âmes tendues
Aux célestes miroirs,
Comètes éperdues,
S’embrasent nos espoirs.

Nuée iridescente,
La nuit, brillant d’amour,
Entame sa descente
Sur les cendres du jour.

Écoute une seconde
Ce battement si fort ;
Nous sommes seuls au monde,
Dans cette île qui dort.

Car de bonheur suivie
Vient la foi, je prierai.
Tous les jours de ma vie,
Philis, je t’aimerai.