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Poésie maorie contemporaine

Mes traductions de poésie aborigène d’Australie (ici) étant le billet le plus visité de ce blog, bien plus que la poésie d’Amérique latine ou d’Afrique, voyons si la poésie maorie de Nouvelle-Zélande rencontre un succès comparable.

Les poèmes suivants, traduits de l’anglais, sont tirés de l’anthologie The Moon on My Tongue: An Anthology of Māori Poetry in English (Arc Publications, UK, 2017) (La lune sur ma langue : une anthologie de poésie maorie anglophone), qui est elle-même une sélection de poèmes réalisée à partir d’une autre anthologie publiée antérieurement, Puna Wai Kōrero: An Antholy of Māori Poetry in English (Auckland University Press, 2014), éditée par Reina Whaitiri et Robert Sullivan.

Le maori est, à côté de l’anglais, langue officielle en Nouvelle-Zélande depuis 1987. Le nombre de locuteurs en est relativement faible puisqu’il ne représente que 3,7 % de la population du pays, alors que les Maoris sont 15 % de la population (chiffres Wkpd), ce qui témoigne d’une relative déculturation. Les locuteurs de maori sont tous bilingues maori et anglais. La littérature écrite en langue maorie reste rare.

Dans la poésie maorie contemporaine en langue anglaise, l’usage de mots maoris est fréquent (l’anthologie comporte un glossaire abondant). Comme le fait remarquer Ben Styles, auteur de la préface à l’anthologie The moon on My Tongue, ces mots maoris n’apparaissent pas en italique dans les poèmes. J’ai parfois choisi de garder les mots maoris, même si la tendance sans doute naturelle en anglais de Nouvelle-Zélande à employer des mots maoris pour évoquer des réalités culturelles maories, a fortiori dans un contexte de revendication identitaire, ne justifie pas forcément de laisser ces mots tels quels pour un lecteur français a priori moins intéressé par le véhicule de la culture, la langue, que par la culture elle-même et ses manifestations concrètes ; aussi, quelques autres fois, j’ai jugé préférable de traduire le terme en français à partir du glossaire, pour faciliter la lecture. De même, si le choix de ne pas employer en anglais d’italique pour les mots maoris a un sens dans le contexte d’une culture « dominée » qui cherche à imprégner le véhicule « dominant » en gommant le caractère d’apport étranger que souligne l’italique, cela aurait bien moins de sens dans une traduction française, tout en rendant la lecture plus difficile (car l’italique permet au lecteur d’identifier immédiatement des notions susceptibles de lui être moins familières).

Les poètes ici traduits sont Hiria Anderson (un poème), Hilary Baxter (2), Jacq (Jacqueline) Carter (2), Rangi Faith (1), Keri Hulme (1), Phil Kawana (1), Hinewirangi Kohu (1), Paula Morris (2), Tru Paraha (1), Apirana Taylor (1), Haare Williams (1) et Vernice Wineera (2).

Tout comme dans l’anthologie elle-même, les femmes sont particulièrement bien représentées puisque, sur ces douze poètes, seulement quatre sont des hommes, à savoir (dans la mesure où leurs prénoms ne sont pas toujours facilement imputables à un sexe ou à l’autre, pour un lecteur français) : Rangi Faith, Phil Kawana, Apirana Taylor et Haare Williams.

Langue fourchue (Forked Tongue) par Hiria Anderson

Tu me regardas dans les yeux
sans un tressaillement de ton front plissé
ni un pli de ta bouche souriante aux lèvres fines
et en remuant les mains tu dis :
« Même si nous contrôlons les voies maritimes
cela ne vous empêche pas de prier ‘votre’ dieu de la mer »
et tu t’attendais à ce que je sourie, puis tu dis :
« Nous serons de meilleurs gardiens car nous avons de l’argent »
et tu t’attendais à ce que je me sente mieux, puis tu dis :
« Ce n’est pas seulement ‘nous’ qui polluons les eaux mais tout le monde »
et tu t’attendais à ce que je sois d’accord avec ça, puis tu dis :
« Bien sûr que vous ‘pourrez’ manger les fruits de mer après que nous aurons nettoyé le système d’assainissement »
et tu t’attendais à ce que mon fils mange, puis tu dis :
« Tout le monde profitera de cette vente, ils ont besoin de notre sable »
et tu t’attendais à ce que j’y croie.
Mais je n’y croirai jamais !

*

Réminiscence (Reminiscence) par Hilary Baxter

Je me souviens enfant
mon père me portait
bien haut
sur ses épaules ou sur sa tête
j’avais tellement chaud
dans la salopette rouge en tricot
mon père portait
sa vieille gabardine

Il courait à travers
les bois de Karori
moi au-dessus en position instable
traversant chemins berges
ruisseaux perdus
de feuilles brunes humides

Puis remontant
l’allée de gravier
donnant sur la route ancienne
je ne trouvais plus que
mon trône d’arbres
regardait de haut le monde

autour de moi attendant que je grandisse

*

Octobre 1972 (October 1972) par Hilary Baxter

Ma joie est une joie tribale
ma solitude forte solitude
et ma tristesse
ce sont des allées de fleurs
qui mènent à la rivière
où va et vient le taniwha génie des eaux

et les chouettes appelaient
un père aux pieds nus
mon père
disciple du Christ maori

J’entends un vieil homme chanter
il a les cheveux dans la lumière du soleil

*

Nos ancêtres sont toujours là (Our tūpuna remain) par Jacq Carter

Note. Le terme Pākehā qui revient à plusieurs reprises dans le poème désigne, en langue maorie, le Néo-Zélandais blanc, d’origine anglo-saxonne.

Rien de tel qu’un palmier nīkau solitaire
au milieu d’une rizière
propriété de quelque Pākehā
pour vous donner honte

Entourée de montagnes
qui vous rappellent
que jadis cette rizière
partageait le même tapu, la même sacralité

C’est un peu comme le cimetière
au milieu de cette réserve
qui fut jadis un village
avant qu’un Pākehā y mette le feu

Alors vous êtes prévenus :

il faudra plus
qu’un
changement de nom
des arbres abattus
des maisons incendiées

pour nous faire oublier

que nos ancêtres sont toujours là.

*

En comparaison, il n’y a pas de quoi se plaindre (Comparatively speaking, there is no struggle) par Jacq Carter

Quand des gens comme toi me disent

que les choses ne vont pas mal aussi mal ici
qu’ailleurs

je me dis que tu n’as pas été

dans la région du Waikato1
ou parmi mon peuple

il y a quelque deux siècles
ni chaque jour depuis lors

vivant sur une terre
qui n’est plus la tienne
pêchant en des eaux
qui ne sont plus pures

ni à chaque réunion
de chaque place de village
ravivant les paroles
mana Māori motuhake2

comme le font toutes
les places de village du pays.

Tu sembles croire que les choses
ici vont mieux
parce que tu ne nous vois pas mourir
ou combattre ouvertement

comme si tout ça
c’était du passé.

J’ai tendance à penser

qu’un des pires effets de
la colonisation

c’est quand les gens ne luttent plus
car ils n’en voient pas la raison
et pensent que

tout va bien
en comparaison.

Alors combien de Maoris
as-tu convaincus aujourd’hui
que nous autres « Mahrees »
devrions nous considérer chanceux
et que les choses auraient pu être pires
comme elles l’ont été pour les « Abos » ?3

1 Waikato : région du nord de la Nouvelle-Zélande.

2 mana Māori motuhake : selon le glossaire annexé à l’anthologie : «separate Māori identity; autonomy» (séparatisme maori ; autonomie)

3 Mahrees et Abos : Le premier terme semble faire référence à une prononciation défectueuse par les « Pakeha » du nom des Maoris, et le terme « Abo » est en anglais une appellation des Aborigènes d’Australie considérée comme péjorative. Ainsi, la poétesse, en empruntant son langage insultant, souligne l’hypocrisie du colonisateur.

*

Nous perdons notre mana (Losing our mana) par Rangi Faith

Note. Le mana est une notion familière aux étudiants en anthropologie, qui la trouvent dans de nombreuses études consacrées aux peuples premiers, que ce soit chez Marcel Mauss, Claude Lévi-Strauss, Roger Caillois, Mircea Eliade… Le Grand Robert en donne la définition suivante : « Puissance surnaturelle impersonnelle et principe d’action, dans certaines religions (d’abord en parlant des Mélanésiens). »

Il fut un temps où le pied
glissait sur elles
dès que l’on entrait
depuis la berge
dans l’eau sombre,

à présent on dit
qu’aucune anguille n’a été
prise
depuis les trois dernières funérailles

et les frères
en aval de la rivière
sortent la nuit
et coupent les filets –

ils y sont contraints
il n’y a plus de kai4
dans la rivière,
nous perdons notre mana.

4 kai : nourriture (glossaire).

*

Fins et commencements (Ends and Beginnings) par Keri Hulme

D’où viens-je ?
Je ne demande pas le pourquoi de mon existence
quand tombe la nuit :
je fabrique des paniers de lin vert
pour garder les anguilles sanglantes au ventre d’argent
comme le faisaient mes ancêtres :
une lame en coquille de moule
est un outil de choix
pour découper des lanières
la mienne luit de ses taches

D’où viens-je ?
Je ne demande pas le pourquoi de mon existence
quand naît le jour :
je tamise un sable noir
comme le faisaient les mineurs,
empruntant leurs anciens passages d’espérance
grenat, titane, fer et or…
le visage grave et brun de ma pelle
montre un froid sourire d’acier.

Née de l’autre côté de la colline
fille de la mer-femme,
qui peut dire d’où je viens ?

*

Scènes de logement social (Scenes from a council tenancy) par Phil Kawana

L’Homme qui tousse se fracture la lumière
tamise à travers le treillis de la fenêtre
cliquetis de clés d’appartement et de poumons
sac de course plein de néants
chacun un capillaire rompu duquel
le sang dépité
se libère
pour monter à la surface

L’automne finissant est une plaisanterie du soleil caché
les collines se dressent à l’ouest moites, froides
une ombre lentement répand une ombre
les murs nus suppurent, le dos au jour tumescent
les fils du tramway tendent leur gaze
sur les banlieues d’esclaves pour dettes
aspire la méthamphétamine et les anxiétés
enfonce bien le manuscrit au fond de ta poche

Il y a des emballages de fast-food
des sacs de supermarché pour sniffer
et des haillons, dans la cage d’escalier
taguée qui sent la pisse
passe en baissant les yeux
tu ne sais pas quels yeux tu croises
ni ceux que tu n’oses croiser, ici
dans cet autre royaume

Les murs sont beige institutionnel
un air de dire « du calme, tu vas rester ici un moment »
chuchoté aux oreilles inquiètes
sols en vinyle polis
lambeaux de revêtement pendouillant des portes
ventilations hors service depuis des années
des années comme une intraveineuse, s’égouttant, distillant,
diluées par leur chute, leur moment passé.

Dans les couloirs, la lumière électrique
ne s’éteint jamais.

Entre les palissades des blocs de béton
un garçon des Samoa, trop jeune pour aller à l’école
trop grand pour rester au lit quand brille le soleil
chante des chants de chorale, des génériques de télé
des spots publicitaires et des mots sans queue ni tête, juste pour entendre
les notes sautiller et se pourchasser
l’une l’autre comme des poissons arc-en-ciel
par-delà mur et fenêtre dans le ciel bleu Pacifique.

C’est bon quand le soleil peut séparer
les silhouettes de la colline et du chez soi
quand il sèche les chemins vérolés et les torchons comme neufs
qui obstruent le quartier sur les rangs de cordes à linge
un peloton en vêtements blancs, gardant les manières d’antan
vieillards aux yeux gris, à la peau couleur de whisky et fatigués
traînés le long du patio par des chaises de cuisine
fuyant les ombres chasseresses

Il y a toujours des ombres ici ; elles passent
comme l’odeur de cannabis
près de l’ascenseur, comme l’émanation
des suintements du local à poubelles
sur lequel tout l’immeuble repose
le vide-ordures proute et les poubelles clappent
dans une joie symphonique, atone
écho d’une obscurité qui s’inhale

Et derrière les rideaux des fenêtres
plus haut où des aperçus
d’une autre vie peuvent encore être saisis
l’oligarchie de l’architecture et de la géographie
a relâché sa pression colonisatrice, mais
les empreintes restent, le panorama intérieur
conçu de l’extérieur et donnant seulement sur
des gens étalés comme des épingles.

Dans les couloirs, la lumière électrique
ne s’éteint jamais.

*

Pain grillé (Fried bread) par Hinewirangi Kohu

Pākehā /Femme blanche :
images subversives dans ma tête.
Je veux être une Pākehā.
Je veux être une femme blanche.
Ce serait sans douleur – aucune souffrance,
seulement de la dureté – aussi net
que l’inox.

Je cache ma laideur maorie
–…je fais une overdose de parfum Judith Arden,
…..me sépare des miens
–…nie l’essence maorie

haine du sol en terre de notre whare (maison),
du stigmate des poux,
haine des sandwichs au pain grillé
qui durcissent avec la mélasse,
j’échange mes repas de pain grillé
pour des clubs-sandwichs raffinés
et je bois dans une bouteille en plastique,
haine de la mauvaise articulation de la langue maorie,
j’essaie désespérément de parler comme une Pākehā.

Mon dieu, comme j’ai envie d’être blanche – une Pākehā.
Je serai,
Je serai,
Je serai la meilleure

Pākehā bronzée, brune, aux yeux bruns du monde !

*

Grand-mère anglaise (English Grandmother) par Paula Morris

Tu viens en bateau, la valise pleine
de savon et de chocolat. Nous sommes en 1970. Tu
ne sais pas trop ce qu’on peut acheter ici, ni à quel degré
de civilisation nous sommes parvenus.

Pour moi tu as apporté une belle poupée aux cheveux auburn.
Elle est si différente et surprenante que je l’appelle
Alison, un nom que je connais à peine et qui ne me plaît pas vraiment.
À Noël tu nous offres une balançoire.

Tu es assise sur une chaise de table à dossier rigide
– jamais sur le sol comme notre vraie grand-mère, celle
qui nous appelle ses mokopuna (petits-enfants). Tu dis que s’asseoir
par terre pour lire le journal c’est de la paresse.

Ma sœur est anglaise et à toi, mais nous te sommes étrangers
mon frère et moi. Tu souris peu.
Je suis une étrange petite fille basanée. Je parle peu.
Il refuse de te faire la bise.

Aujourd’hui, je pense que nous pourrions nous aimer l’une l’autre. Comme toi,
je noie ma nourriture sous le poivre, et je festonne
la maison à Noël. J’aime rester debout
en mangeant mon petit déjeuner et en lisant le journal.

Au bout d’un an tu retournes en Angleterre, déçue,
soulagée. Nous avons une nouvelle table pour la salle à manger – ronde et
blanche – avec des chaises qui se balancent. Ne te balance pas,
dit ma mère. Elle est toujours ta fille.

*

(Where) par Paula Morris

D’où êtes-vous, demandé-je au garçon de café.
Il vient du Brésil, de Pologne, de Florence.
Parfois il vient du Mexique, et je
dis alors : comme la petite amie de mon neveu.

À Auckland le chauffeur de taxi qui vit à
Henderson est Afghan. Ils sont
quarante ici, me dit-il. Ils aiment bien, même
s’ils doivent faire leur pain eux-mêmes.

À New-York le chauffeur de taxi est Pakistanais.
Il me demande d’où je suis, et veut parler
cricket. Son rêve, dit-il, est de vivre
avec son frère à Bradford.

À Auckland le dentiste est Brésilien. À
Sheffield le propriétaire du café vient d’Auckland.
À Londres le garçon qui nous sert vient de Glasgow.
À Glasgow le garçon qui nous sert vient de Melbourne, comme

mon docteur à Iowa City, le spécialiste du nez,
qui se penche au-dessus de moi sur la table d’opération.
D’où êtes-vous, me demande-t-il.
Je lui réponds que je suis d’Auckland. Excellent, dit-il.

Parfois à Auckland le chauffeur de taxi est
d’Auckland. Il n’est de nulle part ailleurs
que d’Auckland. Mon rêve, lui dis-je,
est de revoir le tramway.

*

Connaissant parfaitement tout ce qui est sur terre (Knowing entirely everything on earth that is) par Tru Paraha

Au poète Aï (To the poet Ai)

Alors, mon cœur d’argilite

frappé par le marteau
s’ouvrit en deux
formant deux herminettes de pierre

aux noms sacrés.
Libres, de ce
canyon déchiqueté s’envolèrent

des aigles et un faucon sauvage ;
des tempêtes de sable ;
des léviathans ; un papillon

venu de quelque archaïque
forteresse.
Esclave de ma vocation

Je parlementai avec les dieux
pour une vie, indiciblement
sensuelle, dévoilai

mon anarchie nue en
offrandes d’or et de printemps,
banquetai dans la solitude.

Connaissant parfaitement
tout ce qui est sur terre,
je tends les graines interrogatrices
d’un front plissé.

Laisse-moi étonner,
stupéfier
–d’abord, comme femme,

puis entre dans ma splendide
réserve de félicité.
Demande-moi n’importe quoi, demande-moi.

Je suis pure,
parfaite, ignorance.
Je sais moins que rien.

*

Pensées et souvenirs d’une ancienne (Feelings and memories of a kuia) par Apirana Taylor

Les Maoris d’aujourd’hui
ne sont plus des Maoris
Je ne sais pas ce qu’ils sont

Je me souviens des gens d’autrefois
ils étaient polis
et aimaient parler
ils allaient d’un pas tranquille
mais ce qui était à faire était fait

Aujourd’hui mon petit-fils est toujours pressé
mais on dirait qu’il ne fait jamais rien
ils ne m’adressent presque pas la parole
et n’ont pas l’air heureux

Dans mon enfance
nous avions de grands jardins
et tous les enfants y travaillaient
les anciens
faisaient des plaisanteries
ils préparaient un grand repas le matin
nous étions très heureux

Parfois
nous allions au lac
ramassions des fougères
et les liions en gerbes
avec des fibres d’akeake
puis nous jetions les fougères
dans l’eau

Après les en avoir retirées
nous les secouions
et de nombreux poissons
en tombaient

Dans la forêt
il y avait quantité
de pigeons gras et succulents
la rivière
abondait en anguilles
notre repas nageait devant nous
il suffisait
de tendre la main

La forêt
a été abattue
la rivière barrée
le lac pollué

Plus le Pākehā est proche
et plus il nous rend la vie
difficile

Puis ce fut la guerre
de nombreux Maoris
qui auraient été de grands leaders
pour notre peuple
ont été tués
et pourquoi donc

Pour que nous vivions sur des parcelles de dix ares5
alors que nous avions autrefois
plus de terre
que je n’en pouvais mesurer des yeux

Pour que nous mangions
des hamburgers
alors que nous avions autrefois
de la nourriture fraîche

Pour qu’au bout du compte nous soyons
abandonnés
malheureux
sans savoir pourquoi.

5 parcelles de dix ares : traduction de quarter acre sections. Ces parcelles, avec pavillon, ont longtemps représenté la norme idéale de la propriété (suburbaine) en Australie et Nouvelle-Zélande (voir Wkpd « Quarter Acre »). Elles font partie de ce qu’il est convenu d’appeler le New Zealand dream (ou Kiwi dream). Entre parenthèses, des études montrent que ce système de pavillon avec jardin serait plus favorable à la fertilité et donc à la démographie que le logement en appartement : cf Wkpd « New Zealand Dream ».

*

Koha par Haare Williams

Notre
Nounou Waï
chantait
aux arbres du jardin
donnant un nom
à chacun

Nous ne savions pas trop
pourquoi
« Les arbres donnent tout
pour les arbres
ne pas donner c’est
mourir

Tu ne donnes presque rien
quand tu donnes
des choses
donner de soi-même
comme les arbres
ça c’est donner
apprenez d’eux

La Terre
pour Mère
et le Ciel
pour Père
il n’est rien
qu’ils ne partagent ! »

L’année
où Nounou Waï est partie,
les arbres se mirent à vieillir
et moururent,
nous ne savions pas trop
pourquoi.

*

Chanté depuis Kapiti (Song from Kapiti) par Vernice Wineera

Il est des gens
qui survivent
par la promesse du soleil.
Tels sont les habitants
de la côte de Paekākāriki,
dans leurs habitations nichées contre
la falaise d’argile crénelée
face à la fureur hivernale
de l’immense océan.
Je regarde un oiseau de mer solitaire
immobile comme un morceau de bois
sur un rocher battu des vents,
les plumes ébouriffées
par le vent froid du sud
soufflant depuis l’Antarctique.
Les éparses herbes toetoe
ploient sous le vent
et traînent leurs frondes emplumées
sur la grise plage farouche.
Elles plongent des doigts glacés
dans mon cœur.
Je suis cet oiseau
transi par le vent du sud,
aux ailes de bois
dans l’air froid salé.
Je suis l’enfant des Ngāti Toa6,
cherchant ma place
dans une société de métropole.
Je suis celle qui apprend à chanter
les chants doux-amers de l’âme d’un peuple.
Je suis l’oiseau solitaire
vivant dans les limbes de la nostalgie,
combattant le monde hivernal,
survivant
grâce à la promesse ténue
d’un été qui s’annonce.

6 Ngāti Toa : nom d’un clan maori.

*

Wellington, vers 1950 (Wellington, circa 1950) par Vernice Wineera

Le vent était toujours là.
Vent du sud, soufflant de l’Antarctique,
qui montrait ses dents pour arracher les vêtements,
les cheveux, la peau, la chair même des côtes,
et ensuite te léchait les os
de sa langue infiniment froide.
Et parfois vent du septentrion,
non moins cruel, grondant le long des gorges
au nord du village, tranchant d’un coup de griffes les branches
des eucalyptus, les toitures
des maisons de bois, fragiles, le moindre clou
grinçant pendant l’assaut.
Alors nous craignions de sortir
chercher du bois, les charbons
achetés pour quelques shillings bien gardés dans la bourse.
Quelqu’un le devait pourtant,
et je me soustrayais à la coulpe de te regarder
engoncée dans ton mince manteau
dans le vent sauvage, ton insuffisante écharpe
battant l’air autour de tes cheveux gris,
la hache tenue en l’air
quand tu luttais pour la laisser choir
contre les bûches humides
sur le billot.
Alors je sortais, au-devant
du claquement de la porte à minuterie
dans le jour animal,
le monde entier en contorsions,
les serpents dans les arbres,
les chiens hurlant au ciel,
les piquets de la palissade se balançant possédés
par quelque chose de terrible, d’invisible.
Les pièces vides de la maison,
moites de leur vue sur la mer grise
et le ciel sombre, devenaient alors
la seule matrice de chaleur restante
pour une jeune femme de quinze ans perdue
dans la tempête, une évanescente année de grand-mère
seule compagne.

Les études océaniennes dans les régimes fascistes : une bibliographie

Les études océaniennes, Ozeanistik en allemand, concernent l’Océanie. Elles se sont développées relativement tôt en Allemagne du fait de possessions coloniales dans le Pacifique, à savoir la partie nord-est de la Papouasie ainsi que les îles de l’archipel Bismarck (Deutsch-Neuguinea), les îles Samoa, les îles Marshall, Nauru et, jusqu’en 1899 (et une cession par traité à l’Angleterre, sauf Bougainville et Buka) la partie nord de l’archipel des îles Salomon. La littérature allemande de l’époque donne volontiers à cette région le nom de Südsee, mer du Sud, indiquant le sud de l’océan Pacifique.

Ces colonies, ainsi que les autres colonies allemandes d’Afrique, furent retirées à l’Allemagne à la fin de la Première Guerre mondiale. Cette perte créa dans certains milieux un vif sentiment de frustration qui devint progressivement revendicatif, en particulier sous le Troisième Reich, avec notamment la création du Reichskolonialbund, Ligue coloniale du Reich, un organe chapeautant les associations militantes de la « question coloniale ».

La présence allemande en Océanie avait lancé dans le pays un courant d’étude de cette région du monde, courant dans lequel la présente bibliographie montre que les missions chrétiennes ont joué un rôle non négligeable, c’est-à-dire jusques et y compris sous le Troisième Reich.

L’« océanistique » peut toutefois recouvrer des profils académiques très différents, entre, par exemple, l’angliciste spécialisé dans les dominions britanniques (dont ceux d’Océanie et en particulier les colonies majeures qu’étaient l’Australie et la Nouvelle-Zélande) et l’ethnologue étudiant les mœurs et coutumes des Papous ou d’autres ethnies océaniennes.

Je renvoie le lecteur à l’introduction à ma bibliographie sur l’islamologie dans les régimes fascistes (ici) pour une présentation de la méthode. J’ai laissé de côté les travaux de pure géographie, géologie et autres sciences de la nature, ainsi que la plupart des ouvrages généraux où l’Océanie n’occupe qu’un chapitre, par exemple les ouvrages sur l’empire britannique (sauf, éventuellement, les parties dédiées d’ouvrages encyclopédiques, rédigés par des auteurs différents et spécialisés), et les ouvrages d’ethnographie plus théoriques ou philosophiques qui traitent un sujet de manière transversale à plusieurs cultures, sauf si une culture océanienne est mentionnée dans le titre, indiquant un gros plan sur l’Océanie.

*

Le drapeau du Reichskolonialbund (RKB) (1933-43) a cela de commun avec le drapeau de l’État de Papouasie-Nouvelle Guinée qu’ils représentent tous deux la constellation de la Croix du Sud (par des étoiles à quatre branches dans un cas et à cinq branches dans l’autre). La Croix du Sud figure sur plusieurs autres drapeaux, dont le drapeau australien (où elle est représentée par des étoiles à sept branches). Ce dernier a été créé en 1901-02 et adopté sous sa forme définitive en 1934. À noter que le drapeau de la Deutsch-Ostafrikanische Gesellschaft (DOG) (Compagnie de l’Afrique orientale allemande), créée en 1884, représentait déjà la Croix du Sud, sur fond rouge. Le drapeau du RKB est en fait celui de la DOG avec une croix gammée en plus.

*

Troisième Reich allemand

ASMIS Rudolf, Das Ende eines Paradieses. Wandel und Werden in der Südsee, 1942 (La fin d’un paradis : transformations et devenir en Océanie)

Consul général à Sydney 1932-39 puis haut commissaire pour les associations coloniales (Reichskommissar für Kolonialgesellchaften).

BECKER Otto Eugen Hasso, Königin der Südsee. Eine Biographie Neu-Seelands, 1940 (La reine de la mer du Sud : une biographie de la Nouvelle-Zélande)

BERGER Arthur, Neuseeland, 1934 (Nouvelle-Zélande) ; Wunderwelt der Südsee, 1939 (Le monde merveilleux d’Océanie)

BERNATZIK Hugo Adolf, Südsee. Neuguinea/Bali Expedition 1932/33, 1934 (Mer du Sud : l’expédition de 1932-33 à Bali et en Nouvelle-Guinée)

Ethnologue autrichien (mais l’ouvrage précité, de 1934, a été publié à Leipzig). Passe pour le fondateur de l’ethnologie appliquée (angewandte Völkerkunde). Nsdap.

BERTRAM Hans, Flug in die Hölle. Bericht von der „Bertram-Atlantis-Expedition“, 1933 (Vol en enfer : récit de l’expédition Bertram-Atlantis) [raconte sa survie dans un désert inhabité du nord-ouest de l’Australie après le crash de son avion lors d’un vol entre le Timor et Darwin, en Australie]

Aviateur, écrivain, réalisateur. SA.

BÖHME Hans Heinrich, Der Ahnenkult in Mikronesien, 1937 Diss. (Le culte des ancêtres en Micronésie) ; Das Problem des Totemismus in Mikronesien, 1939 (Le problème du totémisme en Micronésie)

BURGGRAF Karl, Die Deutschen in den Hauptstädten von Australien. Ein Beitrag zur Chronik ihrer Vereine, Sydney 1934 (Les Allemands dans les grandes villes d’Australie : contribution à la chronologie de leurs associations) [Publié à Sydney, ce livre n’est pas à proprement parler une publication du Troisième Reich. Je le place néanmoins ici pour l’intérêt de son contenu et parce qu’il montre qu’il a existé une littérature de langue allemande en Australie.]

BURGMANN Arnold, Syntaktische Probleme im Polynesischen. Mit besonderer Berücksichtigung des Tonganischen, 1941 (Problèmes de syntaxe polynésienne : avec une attention particulière au tonga)

BUSCHAN Georg, Die Völker Asiens, Australiens und der Südseeinseln, 1935 (Les peuples d’Asie, d’Australie et des îles d’Océanie)

Médecin et ethnologue.

DEMPWOLFF Otto, Vergleichende Lautlehre des Austronesischen Wortschatzes, 3 vol., 1934, 1937 et 1938 (Prononciation comparée du vocabulaire austronésien) ; Grammatik der Jabêm-Sprache auf Neuguinea, 1939 (Grammaire de la langue yabem en Nouvelle-Guinée)

Linguiste et ethnologue, un des premiers à avoir travaillé sur la reconstruction de la langue austronésienne primitive. Auteur également d’une Introduction au malais (Einführung in die malaiische Sprache, 1941). Nsdap.

DINGLREITER Senta, So sah ich unsere Südsee, 1939 (Ce que j’ai vu en Océanie)

Femme de lettres. Nsdap.

EILERS Anneliese, Westkarolinen, 2 vol., 1935-6 (Les îles Carolines occidentales)

FABER Kurt, Unter Landstreichern und Schafscherern. Erlebnisse eines Deutschers in Australien, 1933 (Avec les vagabonds et les tondeurs de moutons : expériences d’un Allemand en Australie)

Écrivain voyageur. Nsdap.

FLIERL Johann, Zum Jubiläum der Lutherischen Mission in Neu-Guinea, 1936 (Pour le jubilé de la mission luthérienne en Nouvelle-Guinée) ; Als erster Missionar in Neuguinea, 1936 (Premier missionnaire en Nouvelle-Guinée)

Missionnaire luthérien.

FUCHS Hans, Heimkehr ins Dritte Reich. Die Weltreise des Kreuzers « Köln » zwischen zwei Epochen der deutschen Geschichte, 1934 (Retour vers le Troisième Reich : le tour du monde du croiseur « Cologne » entre deux époques de l’histoire allemande)

FÜRER-HAIMENDORF Christoph v., Ethnologie Asiens und der Südsee, 1937-38 (Ethnologie d’Asie et d’Océanie) avec Haeckel [?] ; avant 1938, Zur Urgeschichte Australiens, Mödling (Autriche) 1936 (Sur la préhistoire de l’Australie)

Ethnologue autrichien, surtout connu pour ses travaux sur les populations de l’Himalaya.

GEISLER Walter, Besiedlungsmöglichkeiten in Australien, 1943 (Les possibilités de colonisation en Australie)

Géographe. Nsdap et Reichskolonialbund.

HAHL Albert, Deutsch-Neuguinea, 1936 (La Nouvelle-Guinée allemande) ; Gouverneursjahre in Neuguinea, 1937 (Mes années de gouverneur en Nouvelle-Guinée)

Gouverneur de la Nouvelle-Guinée allemande de 1902 à 1914. Responsable de l’Océanie auprès du président du Reichskolonialbund Franz Ritter von Epp.

HAMBRUCH Paul, Polowat, Hok und Satowal. Halbband 2 von Inseln um Truk d’Agustin Krämer, 1935 ; Faluk, Aurepik, Faraulip, Sorol, Mogemog. Halbband 2 von Zentralkarolinen d’A. Krämer, 1938 [les deux posthumes]

HARRASSER Albert, Die Gesichtsmuskulatur eines Melanesiers in ihren Beziehungen zu Innervation und Gefäßverlauf, 1935 (La musculature faciale d’un Mélanésien dans ses relations à l’innvervation et à l’arbre vasculaire) ; Die Rechtsverletzung bei den australischen Eingeborenen. Ein Beitrag zur monographischen Darstellung des Strafrechts der australischen Primitiven, 1936 (Les violations du droit chez les Aborigènes d’Australie : contribution à une présentation de leur droit pénal)

Anthropologue, collaborateur de l’eugéniste et membre fondateur de la Société allemande d’hygiène raciale Ernst Rüdin à Munich.

HAUSER Heinrich, Australien. Der menschenscheue Kontinent, 1939 (L’Australie, un continent à peine peuplé)

Écrivain.

HELLING Victor, Als Erster quer durch Australien. Das Schicksal des deutschen Forschers Ludwig Leichhardt, 1941 (Le premier à avoir traversé l’Australie : histoire du chercheur allemand Ludwig Leichhardt)

HERMANN Eduard, Schallsignalsprachen in Melanesien und Afrika, 1943 (Les languages de signaux acoustiques en Mélanésie et en Afrique [Je ne sais pas à quoi cela correspond ; des recherches sur internet ne donnent que cette source pour un tel concept, dont E. Hermann est vraisemblablement le créateur])

Linguiste, surtout connu pour ses études comparatives des langues indoeuropéennes. Signataire de la profession de foi des professeurs allemands à Adolf Hitler, en novembre 1933.

HÖLTKER Georg, Die Gende in Zentralneuguinea. vom Leben und Denken eines Papua-Stammes im Bismarckgebirge, 1940 (Les Gende de Nouvelle-Guinée centrale : vie et pensée d’une tribu papoue des monts Bismarck) avec Heinrich Aufenanger ; Einiges űber Steinkeulenkőpfe und Steinbeile in Neuguinea. Tatsachen und Probleme in Ausschnitten und Perspektiven, 1940 (Observations sur les têtes de masse en pierre et les haches de pierre en Nouvelle-Guinée : faits et problèmes sous forme d’aperçus et perspectives) ; Zum Problem der Fadenspiele, speziell in Neuguinea, 1943 (Du problème des jeux de ficelle, en particulier en Nouvelle-Guinée) ; Etwas über das Reifealter bei melanesischen mädchen und die Fruchtbarkeit melanesischer Frauen in Neuguinea, 1944 (Observations sur la nubilité et la fertilité des femmes mélanésiennes en Nouvelle-Guinée)

Prêtre catholique, collaborateur de l’Institut ethnographique Anthropos fondé en Autriche par le père Wilhelm Schmidt.

HÜBNER Herbert, Die Musik im Bismarck-Archipel. Musikethnologische Studien zur Kulturkreislehre und Rassenforschung, 1938 (La musique dans l’archipel Bismarck : études éthnomusicologiques sur les cercles culturels et l’anthropologie raciale)

JOHANN Alfred E., pseudonyme d’Alfred Ernst Johann Wollschläger, Känguruhs, Kopra und Korallen. Fahrten und Erlebnisse in Australien und der Südsee, 1936 (Kangourous, coprah et coraux : voyages et choses vécues en Australie et Océanie)

Écrivain.

KAHLO Gerhard, Kleines vergleichendes malayo-polynesisches Wörterbuch, 1940 (Petit lexique comparé malayo-polynésien)

Linguiste et écrivain. Auteur d’un dictionnaire allemand-malais dans les années cinquante, d’un dictionnaire allemand-indonésien dans les années soixante.

KEYßER Christian, Zake, der Papuahäuptling, 1934 (Zake le chef papou) ; Der Prophet von Tobou, 1940 (Le prophète de Tobou) [romans ?]

Missionnaire luthérien. Nsdap et membre des Deutsche Christen.

KRÄMER Augustin, Inseln um Truk (Central-Karolinen Ost), 1935 (Les îles autour de Truk : l’est des îles Carolines centrales) ; Zentralkarolinen, 1937 (Les îles Carolines centrales)

Ethnologue.

KRICKEBERG Walter, Die große Völkerkunde Bd. 3. Australien, 1939 (Encyclopédie d’ethnologie, vol. 3 : L’Australie)

Ethnologue et américaniste, surtout connu pour ses travaux sur l’Amérique précolombienne.

LANGHOLF Paulus, Pitcairn, eine Insel des Friedens. Tatsachenbericht über die Geschichte der Insel von der Besiedlung durch die Meuterer der « Bounty » bis zur Gegenwart, 1937 (Pitcairn, une île de paix : récit factuel de l’histoire de l’île depuis sa colonisation par les révoltés du Bounty jusqu’à nos jours)

LEHMANN Heinz, Neuseeland (Nouvelle-Zélande), article relatif à ce pays dans le Jahrbuch der Weltpolitik 1944 édité par Franz Six

MÜHLMANN Wilhelm Emil, Staatsbildung und Amphiktyonien in Polynesien, 1938 (Constitution étatique et amphictyonies en Polynésie)

Sociologue et ethnologue. Nsdap.

NEVERMANN Hans, Südseekunst, 1933 (L’art océanien) ; St. Matthias-Gruppe, 1933 (Les îles Saint-Matthias [dans l’archipel Bismarck]) ; Masken und Geheimbünde in Melanesien, 1933 (Masques et sociétés secrètes en Mélanésie) ; Admiralitäts-Inseln, 1934 (Les îles de l’Amirauté) ; Südneuguinea und Südmelanesien, 1935 (Nouvelle-Guinée du sud et Mélanésie du sud) ; Bei Sumpfmenschen und Kopfjägern. Reisen durch die unerforschte Inselwelt und die Südküste von Niederländisch-Neuguinea, 1935 (Parmi les habitants des marais et les chasseurs de têtes : voyages dans les terres inconnues des îles et de la côte méridionale de Nouvelle-Guinée néerlandaise) ; Ralik-Ratak (Marshall-Inseln), 1938 (Les îles Marshall) avec Augustin Krämer ; Die indo-ozeanische Weberei, 1938 (Le tissage indo-océanien) ; Kulis und Kanaken. Forscherfahrten auf Neukaledonien und in den Neuen Hebriden, 1942 (Coolies et Kanaks : voyages de recherche en Nouvelle-Calédonie et dans les Nouvelles-Hébrides)

Ethnologue. Conservateur du département océanien du Musée ethnographique de Berlin.

NISSEN Heinrich, Die Maori und ihre Kultur. Ein Vergleich mit der Kultur der tropischen Polynesier auf landschaftskundlicher Grundlage, 1933 Diss. (Les Maoris et leur culture : comparaison avec la culture des Polynésiens des tropiques, sous l’aspect agraire)

NOWACK Wilhelm, Australien. Kontinent der Gegensätze, 1938 (L’Australie, continent des contraires)

OESAU Wanda, Die deutsche Südseefischerei auf Wale im 19. Jahrhundert, 1939 (L’industrie de la pêche à la baleine allemande en mer du Sud au 19e siècle)

PASSARGE Siegfried, Geographische Völkerkunde Bd. 3. Australien und die Südsee, 1934 (Géographie des peuples, vol. 3 : L’Australie et l’Océanie)

Géographe. Nsdap.

PFEFFER Karl Heinz, Die bürgerliche Gesellschaft in Australien, 1936 (La société civile en Australie) ; Die britischen Dominions, 1940 (Les dominions britanniques) ; Australien und Neuseeland, 1943 (Australie et Nouvelle-Zélande)

Nsdap.

PLISCHKE Hans, Der Anteil der Deutschen an der Entdeckung des Stillen Ozeans (16.-18. Jh.), 1936 (La contribution des Allemands à la découverte de l’océan Pacifique aux 16e-18e siècles) ; Ein Brustschmuck von Tonga-tabu und die Verarbeitung von Walknochen in Polynesien, 1939 (Un pectoral de Tongatapu et le travail des os de baleine en Polynésie)

Directeur de l’Institut ethnographique de Göttingen. Nsdap.

RIEDEL Otto, Der Kampf um Deutsch-Samoa. Erinnerungen eines Hamburger Kaufmannes, 1938 (La lutte pour les Samoa allemandes : souvenirs d’un marchand hambourgeois)

ROGNER Emil, Gesellschaft und Wirtschaft auf den Palau-Inseln, 1939 (Société et économie dans les Palaos) ; Pitcairn-Island. Ein Beitrag zur Lehre von der Entfaltung menschlischer Gesellungen, 1940 (L’île de Pitcairn : contribution à l’étude du développement des affiliations humaines)

ROSS Colin, Haha Whenua – das Land, das ich gesucht. Mit Kind und Kegel durch die Südsee, Leipzig 1933 (H.W. le pays que j’ai vu : avec toute la smala en Océanie)

Écrivain autrichien. Nsdap.

SCHAUER Konrad, Zauber der Südsee, 1942 (Merveilles de l’Océanie)

SCHELLONG Otto, Alte Dokumente aus der Südsee. Zur Geschichte der Gründung einer Kolonie. Erlebtes und Eingeborenenstudien, 1934 (Documents anciens d’Océanie : contribution à l’histoire de la fondation d’une colonie. Vécu et ethnologie)

Ethnologue et linguiste. Le « cap Schellong » en Nouvelle-Guinée porte son nom.

SCHNEIDER Horst, Die Einwanderung farbiger Rassen nach Australien, 1934 Diss. (L’immigration des races de couleur en Australie)

SCHNEIDER Otto, Studie über die empirischen Grundlagen des Zauberglaubens bei Primitiven. Eine grundsätzliche Untersuchung, durchgeführt an Einzelbeispielen des Raumüberwindungszaubers in Mikronesien und dargestellt unter Benutzung des Erzählungsgutes der Eingeborenen, 1937 (Étude des fondements empiriques des superstitions indigènes : à partir d’exemples tirés de la croyance au pouvoir de transcender les contraintes spatiales en Micronésie, et présentée à l’aide du folklore indigène)

SPERLING Irene, Beiträge zur Länderkunde von Niederländisch-Neuguinea. Das Hinterland von Merauke mit der Frederik-Hendrik-Insel und die Aroe-Inseln, 1936 (Contributions à la géographie de la Nouvelle-Guinée néerlandaise : l’hinterland de Merauke avec l’île de Frederik-Hendrik et l’île d’Aru)

SUCHAN-GALOW Erika, Die deutsche Wirtschaftstätigkeit in der Südsee vor der ersten Besitzergreifung 1884, 1940 (Les activités économiques de l’Allemagne en Océanie avant la prise de possession en 1884)

SCHWIND Martin, Australien (Australie), article relatif à ce pays dans le Jahrbuch der Weltpolitik 1944 édité par Franz Six

THIERFELDER M.V., Aus dem Land der Marindinesen, 1938 (Le pays des « Marindinesen » [des Papous de la partie néerlandaise]) [Brochure d’un discours prononcé par le dr. M.V. Thierfelder devant le Ortsgruppe Batavia du Nsdap, la cellule du parti national-socialiste à Batavia, capitale des Indes néerlandaises]

THURNWALD Hilde, Menschen der Südsee. Charaktere und Schicksale. Ermittelt bei einer Forschungsreise in Buin auf Bougainville, Salomo-Archipel, 1937 (Habitants d’Océanie : charactères et histoires, d’après un voyage de recherche à Bougainville, dans l’archipel des Salomon)

Épouse de l’anthropologue Richard Thurnwald.

TISCHNER Herbert, Die Verbreitung der Hausformen in Ozeanien, 1934 (La distribution des formes d’habitat en Océanie)

Missionnaire protestant.

VICEDOM Georg Friedrich, Ein neuentdecktes Papuavolk, 1936 (Un peuple papou récemment découvert) ; Die Mbowamb. Die Kultur der Hagenberg-Stämme im östlicher Zentral-Neuguinea, 3 vol., 1943 (Les « Mbowamb » : culture des tribus « Hagenberg » [de l’Hagenberg] à l’est de la Nouvelle-Guinée centrale) avec Herbert Tischner

Missionnaire protestant.

WENDLAND Wilhelm, Im Wunderland der Papua. Ein deutscher Kolonialarzt erlebt die Südsee, 1939 (Au pays merveilleux des Papous : choses vécues par un médecin allemand en Océanie) [une publication nationale-socialiste]

WESTPHAL-HELLBUSCH Sigrid, Einfluß der Jagd auf die Lebensformen der Australier, 1941 Diss. (L’influence de la chasse sur les modes de vie des Australiens)

WIERSBITZKY Kurt, Politische Geographie des Australasiatischen Mittelmeers, 1936 (Géographie politique de la mer australasiatique)

ZAHN Heinrich, Lehrbuch der Jabêmsprache (Deutsch-Neuguinea), 1940 (Manuel de langue yabem)

*

Italie fasciste

ALMAGIÁ Roberto, Gli oceani – L’Oceania, 1934 (Les océans – L’Océanie) [volume 8 de la Géographie universelle par R. Almagiá et Ferdinando Milone]

Géographe et historien. Juif, privé de chaire universitaire en raison des lois raciales de 1938, il fut employé par le pape Pie XII à la Bibliothèque apostolique vaticane.

BALANGIERO Battista, Australia e Ceylan. Studi e ricordi di tredici anni di missione, 1924 (Australie et Ceylan : études et souvenirs de treize années de mission)

BECCARI Odoardo, Nova Guinea, Selebes e Molucche. Diari di viaggio ordinati dal figlio Prof. Dott. Nello Beccari, 1927 posthume (Nouvelle-Guinée, Célèbes et Moluques : journaux de voyage d’O.B. arrangés par son fils, le Dr. Nello Beccari)

Botaniste de réputation internationale.

BERTAGNOLLI Lino, Oceania e Terre polari, 1934 (Océanie et Terres polaires [géographie et histoire])

BIANCHI Natale, Il capitano Cook alla ricerca del passaggio di Nord-Ovest, 1925 (Le capitaine Cook à la recherche du passage du nord-ouest)

CIPOLLA Arnaldo, Il mio viaggio in Oceania Australia Insulindia, 1928 (Mon voyage en Océanie, Australie, Insulinde)

Explorateur et écrivain.

DESCALZO Giovanni, La terra dei fossili viventi. Viaggio in Australia, 1938 (La terre des fossiles vivants : voyage en Australie)

Écrivain et poète.

FABIETTI Ettore, Nell’Australia inesplorata, 1931 (Dans l’Australie inexplorée)

Homme de lettres (polygraphe) et bibliothécaire, promoteur des bibliothèques populaires en Italie.

GALLINA Cesare, Monsignor Enrico Verjus, missionario del Sacro Cuore, primo apostolo della Nuova Guinea (Oceania), 1926 (Monseigneur E. Verjus, missionnaire du Sacré-Cœur, premier apôtre de la Nouvelle-Guinée)

MILONE Ferdinando, L’Australia e l’immigrazione italiana, 1933 (L’Australie et l’immigration italienne)

Géographe.

MISEROCCHI Manlio, Australia, continente minorenne, 1940 (L’Australie, jeune continent)

PASCALE Francesco, Fra gli Italiani in Australia, 1930 (Parmi les Italiens en Australie) [préfacé par Paolo Boselli, chef du gouvernement italien en 1916-17 puis adhérent au PNF]

Diplomate.

SERGI Giuseppe, La piú antica umanitá vivente. Ovvero la mirabile ricostruzione di un arcaico tronco umano i cui rami si distesero dall’Africa in Europa, Oceania, America, 1930 (La plus ancienne humanité vivante, ou la miraculeuse reconstruction d’un tronc archaïque de l’humanité s’étant répandu de l’Afrique en Europe, Océanie et Amérique)

Le nom le plus connu de l’anthropologie italienne.

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Sympathisants fascistes et collaborateurs

CAMPBELL Eric, The New Road, 1934 (La nouvelle voie)

Officier de l’armée australienne. Fondateur et dirigeant du mouvement fasciste, ou fascistoïde, The New Guard.

CLEARY Patrick Scott, Australia’s Debt to Irish Nation Builders, 1933 (La dette de l’Australie aux bâtisseurs de nation irlandais)

Journaliste australien. Éditeur de The Catholic Press. Favorable à Mussolini et pro-Franco.

FIELD Arthur Nelson, The Truth about New Zealand, 1939 (La vérité sur la Nouvelle-Zélande)

Auteur antisémite néo-zélandais, apprécié par les antisémites anglais Henry Hamilton Beamish et A.K. Chesterton. A publié une édition des Protocoles des Sages de Sion. Sous surveillance policière pendant la guerre.

GISBORNE Frederic Augustus Wingfield, Democracy on Trial, 1928 (Le procès de la démocratie)

Établi en Tasmanie, dont il promouvait la sécession d’avec le Commonwealth, idéologue défendant, selon ses propres termes, « a kind of Imperial Fascisti movement » (en référence à l’Imperial Fascist League anglaise).

HUGHES Randolph William, C.J.Brennan, 1934

Critique littéraire australien, antisémite, a écrit des articles favorables à Hitler.

HUGHES Wilfrid Kent, Slaves of the Samurai, 1946 (Esclaves du samouraï) [sur son expérience de prisonnier de guerre]

Homme politique australien, plusieurs fois ministre. En 1933, rédige une série d’articles expliquant « Why I have become a Fascist – without a shirt! »

MASEY Edward Cory de la Roche, Is it necessary? 1936 (Est-ce nécessaire ?) [dans lequel essai il critique la politique commerciale de l’Australie et préconise l’amitié avec le Japon]

Australia First.

PATTEN Jack, Aborigines Claim Citizens Rights! 1938 avec William Ferguson (Les Aborigènes demandent des droits civils !)

Président de l’Aborigines Progressive Association (APA), édite la publication Abo Call, financée par le mouvement Australia First (mouvement accusé d’intelligence avec l’ennemi pendant la guerre).

RUD MILLS Alexander, The First Guide Book to the Anglecyn Church of Odin, 1936 (Premier guide de l’Eglise « anglecyn » d’Odin)

Fondateur d’une religion païenne en Australie. Lié à l’Imperial Fascist League d’Arnold Leese en Angleterre. Australia First.

STEPHENSEN Percy Reginald, The Bushwackers: Sketches of Life in the Australian Outback, about 1929 (Les « bushwackers » : scènes du bush australien) ; The Foundations of Culture in Australia: An Essay Towards National Self Respect, 1936 (Les fondements de la culture en Australie : un essai pour le respect de soi national)

Rédacteur en chef du journal The Publicist du mouvement Australia First, dont les membres furent internés pendant la guerre pour intelligence avec l’ennemi.

WILSON William Hardy, Old Colonial Architecture in New South Wales and Tasmania, 1924 (L’architecture coloniale du New South Wales et de Tasmanie) ; pamphlet The Jewish Influx into Australia (La pénétration juive en Australie) dans The Publicist de P.R. Stephensen, 1939

Architecte et écrivain australien.

WINKLER P.E., Nederlandsch Nieuw-Guinea. Een nieuw stamland voor ons volk, 1936 (La Nouvelle-Guinée néerlandaise : une nouvelle nation pour notre race)

Néerlandais. Président de la Nationale Nieuw-Guinea-Vereeniging (Association nationale pour la Nouvelle-Guinée). Membre du Nationaal-Socialistische Beweging (NSB) d’Anton Mussert. Défendait l’idée d’une colonisation blanche de la Nouvelle-Guinée, s’opposant aux vues du gouvernement néerlandais, passif en la matière et considérant la chose relativement irréaliste compte tenu des conditions climatiques dans les tropiques. (Le même débat a eu lieu dans le Commonwealth britannique au sujet du nord, par opposition au sud, de l’Australie.)