La dernière ombre d’arbre : La poétesse Oda Schaefer

Oda Schaefer (1900-1988) est une poétesse majeure de l’après-guerre en Allemagne de l’Ouest, bien qu’elle restât largement à l’écart des tendances dominantes de la Génération de 47 et des cercles liés à cette mouvance. Elle était l’épouse de l’écrivain Horst Lange (1904-1971) et perdit son fils, porté disparu sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale.

Par ses deux parents issue de vieilles familles allemandes des Pays baltes et comptant parmi ses ancêtres du côté paternel les peintres Von Kügelgen, à l’instar de Gerhard von Kügelgen (1772-1820) dont sont célèbres des portraits de Schiller, de Goethe et des familles princières de Prusse et de Russie, elle était la fille de l’écrivain Eberhard Kraus (1857-1918) que ses tendances conservatrices poussèrent au suicide au moment de la défaite allemande de 1918. Le nom Schaefer vient de son premier époux, l’illustrateur Albert Schaefer-Ast.

Un film, Poll par Christopher Kraus, est sorti en 2010 et s’inspire d’une œuvre autobiographique d’Oda Schaefer.

Pour les présentes traductions, nous avons utilisé deux livres : Der grüne Ton, sorti en 1973 cher R. Piper & Co. Verlag, et qui comporte une partie d’inédits et une partie anthologique de vers plus anciens, ainsi qu’une anthologie à proprement parler, Wiederkehr, parue en 1985 dans la même maison d’édition. Les deux livres comportent un nombre important de poèmes en commun, sans doute parce qu’ils sont tous deux sortis chez le même éditeur. Les anthologies ne permettent pas de se faire une idée précise des dates de parution des poèmes car ceux-ci, chose courante dans l’édition allemande, sont classés en fonction de thèmes plutôt que d’après leur date de parution en recueil.

Oda Schaefer a suivi une trajectoire commune à de nombreux poètes européens du vingtième siècle, avec à ses débuts une poésie classique, versifiée, puis de la poésie libre. L’auteur de la postface à l’anthologie de 1985, Walter Fritzsche, responsable du choix des poèmes, écrit, à cette date donc, « Aujourd’hui que beaucoup de jeunes poètes se remettent à rimer… » (« Heute, da viele junge Dichter wieder reimen… »), ce qui nous paraît digne d’être relevé : c’est la première fois que nous entendons parler d’une résurgence récente de la versification classique. Nous ignorons si le phénomène a été remarqué par d’autres…

Portrait photographique d’Oda Schaefer par Titus Horst.

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La note verte
(Der grüne Ton, 1973)

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Ndt. Il s’agit d’une note de musique. La polysémie du terme français ne permettrait pas de garder un tel titre de recueil, en raison de l’ambiguïté qu’elle entraîne, pour une publication dans notre langue, mais il n’est pas nécessaire de considérer cela pour le présent billet, une simple note du traducteur suffisant à dissiper tout malentendu possible.

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Insomnie (Schlaflos)

Toujours d’entends des pas
dans ma chambre la nuit ;
au milieu de l’obscurité,
ils s’arrêtent.

Ils se mettent à briller,
verts en leur immortalité :
apparitions des profondes, humides
oubliettes du temps,

ombres flottant transparentes,
sans plus de chair ni d’os ;
c’est l’avidité de cette vie impure
qui les amène.

L’un montre à tous
les plaies béantes de sa tête ;
il gisait dans les orties
entouré de feuilles.

Un autre, aux joues creuses,
mourut de faim près des corbeaux,
desséché dans son rêve, un désir
de départ rapide.

Soldat gris, non oublié
qui m’as offert ton existence,
je mesure ton sacrifice
trempé de sang.

Et toi, la malade pâle,
autrefois florissante, rouge comme une rose,
à la persécution et mort
de ta vieille race tu as succombé.

Le cinquième, sur des coussins épais,
aux traits exsangues,
fut brutalement tiré dans les ténèbres
et vit la lumière.

Le visage des heures muettes
est sévère, équitable et blême,
chacun montre ses blessures,
la marque de sa mort.

Ils vacillent dans le vent de l’aube
et disparaissent lentement,
me laissant la fatigue de chercher
ce qu’ils ont voulu dire.

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Limmatquai

Ndt. Le Limmatquai est une rue de Zurich, longeant la rivière Limmat qui lui donne son nom, « quai de la Limmat ».

Quand je le souhaite,
tu renais à la vie,
homme mort
il y a longtemps
et que je connus à peine –

nous nous retrouvons
transportés à cette minute
qui descendait à l’horizon
gravée dans le verre opaque
d’un soir de brume
sur le Limmatquai.
Le globe du lampadaire
pendait parmi les branches
de l’arbre noir de laque,
lune d’octobre
entourée par l’anneau
d’un halo de sept couleurs.

Ce fut, cette seule minute,
une poignée de secondes comblées
où nous nous regardâmes et
fûmes précipités
dans le puits des pupilles
où l’image se forme
sur la couche sensible à la lumière
du souvenir.

Et je te ramène au jour de nouveau,
vieille photographie
figée dans la pose du questionnement,
brunie par le temps.
Je te ramène au jour de nouveau
quand je veux revoir le passé,
vers ce moment de fascination
non vécu, seulement senti,
qui flotte encore
avec le brouillard du Limmatquai.

Une femme vit un homme
dans la rue illuminée de flaques.

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La dernière ombre d’arbre (Letzter Baumschatten)

Ces ombres qui rêvent
sont d’un vert d’aquarium sur du roux ;
la lumière filtre comme de l’eau dans la mousse
parmi les calmes
et vieux châtaigniers.

Ils endurent l’air saturé de mort,
portent l’humidité du soir,
le silence est pesant
de voix qui résonnent au loin.
Les châtaigniers, caryatides de l’invisible,
demain déjà sans feuilles,
bras vides tendus
après-demain. –
Alors c’est l’hiver
et la neige est lourde à porter.

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Dryade (Dryade)

Je ne veux rien d’autre qu’avec beaucoup de branches
t’enlacer et de toute l’épaisseur
des forêts sombres t’envelopper,
t’étouffer, me pencher sur toi
et te voler le moindre grain de lumière,
ô douce et forte vie.

Alors, plongée dans le sommeil, tu dois
sortir à nouveau de cette inconscience,
je desserre doucement les lianes
et souffle sur tes joues,
jusqu’à ce que tes yeux fermés voient :
la clarté dorée revient

et je me disperse comme les froides,
les blanches brises sur le mur,
dans la folle confusion de feuilles où
tu rêvais, emperlée par l’étuve
de la nuit obscure et de la peine accablante,
comme perdue sans retour…

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L’ensorcelée (Die Verzauberte)

Comme le corps vert de la libellule,
l’œil du crapaud sur elle,
ainsi je flotte sur les ondes
de la source murmurante
qui coule de ton Moi obscur.

M’entends-tu ?
Me vois-tu ?
Ah, je suis invisible
dans le duvet blanc de l’araignée,
dans le fil embrouillé de l’herbe,
sous l’aubépine et la fougère.

Tout ce qui murmure et mousse,
tout ce qui frissonne et tremble,
c’est moi qui rêve solitaire
et dont la vie est une échappée à tire-d’aile.

Dans les roseaux, dans les joncs,
un oiseau chante ma chanson,
une robe de cygne est prête
pour ma fuite.

Cherche-moi !
Trouve-moi !
Jusqu’à ce que je te revienne,
légère comme une plume,
tout est calme et vide,
ce qui me ressemble encore.

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Contre l’obscurité du monde (Gegen die Dunkelheit der Welt)

Qui a le courage d’emmener les autres
de l’autre côté du fleuve noir
dans l’incertain de la brume,
de chercher les égarés
parmi les innombrables troncs identiques
égarant les plus sains.

Qui a le courage de soigner le lépreux,
de baiser le chancre du mendiant
ou les cicatrices de l’homme
que le lance-grenade au visage a frappé.

Qui a le courage, en voyant le corps difforme,
de réprimer son effroi qui est comme un loup
dévorant le meilleur de l’homme,
de reconnaître la lumière dans les yeux du nouveau-né,
de l’enfant né sans mains
et de vouloir le protéger
contre sa propre panique meurtrière
et d’accepter, une vie entière,
qu’il veuille respirer comme nous.

Qui a le courage de rester auprès des obscurs
que tous évitent,
quand les êtres de lumière là-haut, tout là-haut
séduisent les foules faibles.

Qui a le courage de l’amour qui dure !

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La mariée (Die Braut)

J’étais autrefois l’herbe qui se balance au vent,
l’herbe qui succombe au vent humblement,
au vent ! ô écoute comme il chante cruel
le long des prés odoreux et gémissants.

Entends-moi trembler dans sa puissance,
mes racines se détachent de la terre,
dans les airs, dans les airs je vole,
convoitée, enlevée, à en perdre l’esprit.

Je ne sens, je n’éprouve que le vent, lui seul,
il me berce dans ses bras, herbe endormie ;
comme sa poitrine est douce, et sombre sa chanson,
quand tombant, la nuit, il m’entraîne dans sa chute…

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Merle en hiver (Amsel im Winter)

Douce gorge, verte et vagabonde,
solitaire dans les grises profondeurs du brouillard,
aile blessée tourbillonnant frénétiquement
comme une chauve-souris devant le jour et la rosée,

dans l’obscurité croissent les moisissures pâles,
la peau de l’humidité se colore de noir,
tandis que tu chantes le ciel clair,
l’odeur des peupliers, la résine dorée.

Le vent brise les veinures des feuilles
et la pluie tombe sur l’herbe morte –
tintant sur des lèvres invisibles,
une flûte traverse le voile blême

et se dissipe dans un rêve crépusculaire et la moiteur,
trop tôt, comme la note des joncs ;
ô merle, lance ta complainte jusqu’au retour
de la nouvelle année† au trône bleu.

La nouvelle année : Nouvelle année non pas calendaire, commençant le 1er janvier, en hiver, mais année des saisons qui commence avec le retour du printemps.

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Été (Sommer)

Les cheveux blonds de l’été, par le vol
du vent affectueusement emportés,
frémissent comme la feuillée dans les vertes profondeurs
quand d’une source fraîche qui le portait
un souffle monte, non encore touché,
tel que des nymphes claires dormant sans rêves –

souffle d’une bouche invisible
qui toujours s’exhale et jamais ne repose
tant que les jours bleus colorent les fleurs
et que les nuits obscurcissent la terre
aux chaudes averses odorantes,
et que les fièvres d’un jour meurent dans la brise.

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La métamorphosée (Die Verwandelte)

En terre un jour je veux reposer,
dans la terre noire, mouillée :
que les bouleaux se bercent,
branches entrecroisées, au-dessus de mon corps,

que de ma poitrine naissent des taurillons,
de mon ventre de l’herbe,
que mes lèvres baisées souvent
nourrissent la mousse silencieuse.

De mes mains ouvertes se presseront
des jasmins que je cueillis
et dans les buissons les merles en leurs transports
chanteront encore mon dernier sourire ;

les larmes versées brûleront toujours,
là où poussent les orties ;
ainsi ne pourra-t-on plus me distinguer
de ma verdure transformée.

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Réapparition
(Wiederkehr, 1985)

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Séduction et imploration (Verführung und Beschwörung)

Jamais tu ne dormiras aussi profondément
que dans la sombre demeure de terre ;
ceux qui sont parvenus à ces profondeurs
se reposent de la douleur et des larmes,
jamais tu ne dormiras aussi profondément !

Tu t’enfonceras toujours plus profond,
vers où nul buisson d’épines,
nulle grise luminosité de pluie
ne sépare amèrement la nuit du jour,
tu t’enfonceras toujours plus profond !

À la fin tu rêveras dans le noir
de toi déjà connu,
car la chandelle sans feu
ne brillera pas dans ta main,
à la fin tu rêveras dans le noir !

Et ton sommeil durera toujours,
merveilleusement, sans que rien l’alimente,
tu dormiras, tandis que ton affliction
insensible et trouble roulera au caniveau,
et ton sommeil durera toujours.

Tu souris d’un sourire d’os et me tire vers les profondeurs,
ô retire tes mains desséchantes de moi !
Enivrée de nerprun, je m’enfonce lourdement
dans les chambres obscures grouillantes d’insectes et de vers.

Tu flûtes ta chanson sur l’os ensorceleur ;
capiteux, étouffant, ton blême chalumeau m’appelle.
Les chaînes, les cuirasses tombent brisées,
les assuétudes de fer, les années de plomb.

Ne me séduis pas avec la paix sans douleur !
Dans la clarté de la lune vole mon cheval ailé ;
ce n’est pas un lit pour le rêve aimable
que la caisse de sapin fermée à coups de marteau.

Ô fais silence, importune, sous le tumulus !
C’est trop tôt, comme le chant de l’alouette en mars,
qu’au sommeil tu convoques l’aile fatiguée –
par des flots de sang écarlate le cœur se défend.

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Mondsee

Ndt. Le Mondsee passe pour l’un des plus beaux lacs d’Autriche. Le titre peut à la rigueur ne pas être le toponyme en question ; rien ne l’indique dans le poème lui-même, et il pourrait donc s’agir d’un « lac de lune » dans le sens de tout lac reflétant la lune, n’était, sans doute, que ce nom ne peut manquer d’évoquer le Mondsee pour un germanophone.

Comme une dernière, lourde larme,
le clair de lune roule silencieux
sur le lac, vers le rivage
où endormis les cygnes noirs
couverts d’ombres épaisses et profondes,
ensevelis, reposent, après les envolées
parmi les joncs de mortes anses.

Et dans le ruissellement sourd de la rame
s’évase continûment un cercle
qui, obscur dans la pâleur verte,
se dissipe ainsi qu’un rêve et que portent
les basses des crapauds – ici soupire ta bouche,
ô vaste nuit étoilée, comme si sonnaient
les cloches de toutes les profondeurs de l’eau.

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Les enfants (Die Kinder)

Ils ont pris leur haleine pure aux sources des forêts,
leur pas léger au pied de l’animal des bois,
volatiles comme la fumée blanche des nuages
se sont formées les frontières de leur image.

Les jours bleus et les sombres nuits étoilées
ont coloré la neuve lumière de leurs regards,
délicates comme l’herbe et les entrelacs de la mousse
flottaient les minces chevelures autour de leurs visages.

Mais le temps toucha ces papillons,
un rude vent brisa leur vol,
et leur éclat était mortel, comme toute chose
sous le ciel qui les portait.

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Reflet dans l’eau (Spiegelbild im Wasser)

Ce pâle nénuphar en bas
ressemble à mon visage,
autour les algues répandues
tressent des cheveux verts.

Qu’étrangement fleurit cette blancheur
détachée toute de la chair,
tremblant quand la chaude
brise la dénude.

Alors un frisson passant
sur l’eau la fait tressauter,
une ondée tombe de la nue,
le jour est altéré.

Comme une anémone
s’effeuille mon visage,
la couronne s’est évanouie,
la lumière, soufflée.

*

Pictogrammes (Bilderschrift)

Sous l’écorce du pin
l’insecte a creusé ses galeries :
labyrinthe, hiéroglyphes, méandres,
lignes du destin
tracées par le topographe.

Sont-ce des figures,
plates, de parois de grotte,
des hommes armés de lances et un aurochs,
une fourche et un serpent,
un mystère préhistorique,
un tabou contre la peur ?

La mousse, tendre pellicule, s’effrite,
algues vert-de-gris de l’air.
Le bois est à nu
dans la clarté, la lumière,
coloré d’orange et jaune
et, là où la moisissure
fleurit avec l’humidité,
de verdâtres fantômes de phosphore.

Sous l’écorce du pin
en silence le destin s’est formé
comme une écriture pictographique.
À présent apparaît le plan
que suivait l’arbre
depuis le commencement,
comme le dernier visage
sur les traits d’un mort.

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Trace d’amour (Liebeszeichen)

Un peu de cendre seulement
de ta cigarette
ce jour-là,
quand les tilleuls
et le jasmin
se pressaient
dans la douce profusion
de leurs parfums.

Un peu de cendre seulement
de ta cigarette
je l’ai trouvée aujourd’hui
une petite tache grise
sur une page
d’Anna Karénine,
et je te revois,
le livre sur les genoux,
la tête penchée,
lecteur
qui oubliait ce monde
pour la malheureuse
qui se jeta devant un train,
non, sous le deuxième wagon,
le premier déjà passé,
et qu’ensuite Vronski trouva
intacte
dans sa beauté.

Droit 43 État civil biologique et état civil déclaratif : Conséquences juridiques

Juillet-Septembre 2024 FR-EN

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État civil biologique et état civil déclaratif :
Conséquences juridiques

Un État ne peut forcer une personne à renoncer à son opinion sur le sexe d’autrui, c’est-à-dire ne peut traduire son revirement de politique et admission de changements de sexe à l’état civil en criminalisant l’opposition à cette politique. L’État qui pratique cette criminalisation ne reconnaît pas la liberté d’opinion : or les États signataires de la Convention européenne des droits de l’homme s’engagent à reconnaître et respecter cette liberté.

Ce que prétend une telle persécution, c’est forcer les citoyens à renoncer à leur opinion sur le sexe comme donné biologique. Parce que l’État a procédé à un revirement de politique et accepte maintenant de changer l’état civil des personnes (même mineures au sens de la législation) en fonction de leurs déclarations, il prétend que, tout comme l’état civil « biologique » n’était pas une décision contestable, ce nouvel état civil « déclaratif » doit tout aussi légitimement être garanti contre les remises en cause. Or, puisque ce nouvel état civil est à présent le résultat d’une opinion, il n’est justement plus garanti comme acte d’autorité publique mais est ouvert à la libre critique des opinions divergentes en vertu de la liberté d’opinion. Nul n’est contraint de tirer les mêmes conséquences que l’État d’un état civil déclaratif.

Dès lors que l’État renonce à ce que l’état civil d’une personne soit déterminé par son sexe biologique constaté à la naissance, la déclaration d’état civil à la naissance n’a plus la moindre justification. L’État a de fait renoncé à établir un état civil des personnes en fonction du sexe sans déclaration à ce sujet des intéressés. Or, puisque cette caractéristique est à présent laissée par l’État à la libre appréciation des individus, il est évident aussi que la mention du sexe à l’état civil n’est pas une propriété personnelle reconnue et garantie par l’État mais une simple opinion, soumise en tant que telle à la critique des opinions divergentes.

Dans le cas du professeur Enoch Burke en Irlande, celui-ci a été incarcéré pour avoir contesté son exclusion de l’école où il enseignait, en continuant de s’y présenter physiquement. Ce moyen de protestation n’était sans doute pas le plus indiqué mais la question n’en est pas moins posée de la légalité de l’exclusion d’Enoch Burke compte tenu des principes rappelés ci-dessus. S’il s’agit d’une école publique, l’État doit bien sûr respecter ses propres principes, à savoir que le nouvel état civil déclaratif ne peut lier personne de manière contraignante. Dans le cas de contestation par un professeur sur le sexe déclaré par l’élève, c’est bien plutôt à l’élève de changer de classe ou d’établissement. Si c’est une école privée, il n’est pas non plus possible à un contrat passé entre l’établissement et le professeur de faire renoncer ce dernier à un droit fondamental, à savoir, ici, celui d’avoir une opinion sur ce qu’est le sexe d’une personne.

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Embrassades en politique

Les amendements de l’opposition sont rarement retenus, et cela n’arrive que s’ils sont techniques. On voit donc, avec les images d’embrassades émues entre la présidente réélue de la Commission européenne Von der Leyen et la députée européenne LFI M. Aubry si fière de son travail d’amendements non votés au Parlement européen, qu’être « productif » en amendements, comme l’intéressée, a surtout pour résultat de faire de députés de l’opposition des collègues et amis des gens dont ils dénoncent la politique. L’effusion que montrent ces images d’embrassades et de sourires radieux est très au-delà du simple « respect républicain » invoqué par l’intéressée pour se justifier après la diffusion desdites images ; c’est un épanchement qui montre une connivence, une joie d’être ensemble ; quiconque voit ces images sans être au courant de qui sont les personnes en question pensera que ce sont de bonnes amies. C’est une faute monumentale. Ces politiciens de carrière se respectent plus les uns les autres qu’ils ne respectent leurs électeurs. Ces embrassades délirantes de joie glacent le sang de l’électeur qui croit envoyer des programmes, des idées dans les institutions représentatives.

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Du vote au Parlement de ministres démissionnaires

Sur le vote des ministres démissionnaires à l’Assemblée nationale pour l’élection du président de cette chambre, en juillet, c’est le Conseil constitutionnel qui est responsable de l’usine à gaz et de l’arbitraire. Le Conseil constitutionnel a été saisi en 1986 de la question et s’est déclaré incompétent pour ne pas imposer au Parlement son interprétation de la Constitution, au nom de l’indépendance des assemblées parlementaires. Or le Conseil constitutionnel est l’interprète ultime de la Constitution et si son interprétation s’impose à l’exécutif elle s’impose aussi au législatif, de même que quand le Parlement vote des mesures inconstitutionnelles le Conseil les censure. L’indépendance des assemblées est vis-à-vis de l’exécutif et des tribunaux (immunités parlementaires) et non vis-à-vis du contrôle constitutionnel.

En 1986, le Conseil avait seulement à dire si le vote de ministres démissionnaires est permis ou non à l’Assemblée. En refusant de répondre, il a potentiellement créé une crise politique majeure à chaque renouvellement. C’est ce qui s’appelle ne pas savoir pourquoi l’on est payé, même s’ils appellent cela, quant à eux, « l’indépendance des assemblées ». Comme si les assemblées étaient indépendantes de la Constitution ! En bref, c’était une décision grotesque de ces clowns qu’on appelle « les sages ».

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Un journaliste de chaîne privée n’est pas un fonctionnaire ayant un devoir de neutralité. Comme tout salarié, il a un devoir de loyauté envers son employeur privé, sous peine de licenciement. Quand un employeur est un sioniste enragé, ses employés auront sur ces questions la même position que leur employeur dans leur travail. Il appartient donc aux gens d’arrêter de consommer du média sioniste, non aux salariés d’être « neutres » comme des fonctionnaires alors qu’un contrat de droit privé prévoit au contraire une loyauté envers les positions du patron sioniste. Cependant, les conventions passées par les médias privés avec l’État prévoient des obligations de pluralisme qui alignent le travail journalistique sur une neutralité du même type que celle de la fonction publique : il faut donc dénoncer des manquements à ces conventions, et cela seul, car il n’existe en dehors de ces textes contractuels de droit public entre un média et l’État aucun principe qui ferait des journalistes salariés des fonctionnaires.

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Cérémonie officielle insultante et prétendue laïcité

La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de 2024 à Paris comportait une parodie insultante de la Cène.

Plan : (i) Le principe de laïcité ; (ii) Des excuses ; (iii) Mais aussi du déni.

(i)
Le principe de laïcité

Ce n’est pas une question de liberté d’expression : c’est la question d’un État supposé laïc qui insulte une religion, car cette cérémonie est une cérémonie officielle. La liberté n’est pas pour l’État : ce n’est pas pour que l’État soit libre que les gens se sont battus. Même en supposant que si ce spectacle avait eu un caractère privé la justice française n’aurait pu la condamner pour de la haine envers un groupe de personnes à raison de la religion, l’État est sorti de sa neutralité laïque en détournant par une cérémonie officielle le sens d’un fait religieux. C’est un manquement à un principe fondamental et si notre régime ne permet pas de faire condamner ce manquement en justice, c’est que l’État français ne connaît pas le principe de laïcité et trompe les Français.

Les médias français nous assurent que l’extrême droite veut gâcher la fête. Or nul besoin d’être d’extrême droite pour voir que l’État français a manqué à son devoir fondamental de laïcité et neutralité dans une cérémonie officielle, en détournant l’imagerie religieuse des confessions chrétiennes. Un avocat dit vouloir saisir la justice : il sera intéressant de suivre la procédure pour savoir par quel moyen l’État pourrait être condamné pour une violation manifeste d’un principe fondamental dont il nous rebat par ailleurs les oreilles. Ne pas insulter une religion serait un bon commencement pour un État laïc… L’État français s’est essuyé le derrière avec sa Constitution.

Même s’il existait un droit au blasphème (ce que l’on entend maintes fois répété par des ignorants et qui est juridiquement faux, comme nous l’avons montré à l’aide des textes : voyez nos Cours de science du droit I-II), il ne s’applique pas à l’État qui a une obligation de neutralité et de respect de la laïcité, obligation enfreinte quand dans une cérémonie officielle l’État détourne l’imagerie religieuse de telle ou telle confession.

« Il y a une liberté de l’artiste. » Dans un État laïc, une cérémonie officielle ne doit pas insulter une religion. Quand ce principe fondamental n’est pas respecté, ou bien l’État est condamné pour le manquement, par une juridiction compétente, ou bien cet État est un régime arbitraire puisque, alors qu’il prétend garantir la laïcité, en réalité il attaque une religion sans conséquence judiciaire. L’État arbitraire qui se cache derrière la liberté de l’artiste pour insulter une religion, c’est abject.

(ii)
Des excuses

« Les excuses du Comité olympique ».

L’État français doit lui aussi présenter des excuses puisqu’il est coresponsable de cette cérémonie officielle. Par ailleurs, il doit être sanctionné pour le manquement à ses obligations de neutralité et de respect de la laïcité.

(iii)
Mais aussi du déni

La chaîne publique France 2 a parlé de « mise en Cène légendaire ». Le déni, dans le cas présent, est une bien piètre défense. La référence a été immédiatement perçue par toutes les personnes non dépourvues de culture et l’on ne saurait prétendre que, parce qu’il existe une partie de la population qui n’a pas la moindre idée de ce qu’est la Cène ou qui est Léonard de Vinci, le détournement et l’insulte ne sont pas caractérisés. Le tollé vient d’apprendre aux organisateurs de cette cérémonie officielle, au cas où leur déni serait de bonne foi car ils appartiendraient à la catégorie des gens les moins cultivés de la population, qu’ils viennent de commettre une faute par ignorance et négligence. Ils se rappelaient vaguement un tableau mais croyaient aussi que c’était une publicité pour une marque de chips : il n’en reste pas moins que l’État a manqué à ses devoirs et obligations et que si la justice administrative de ce pays est une justice elle doit le condamner à la suite des saisines dont nous entendons dire qu’elles se préparent.

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« Laïcité », c’est le nom que donnent les islamophobes à leur islamophobie depuis que la loi condamne l’islamophobie.

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Thiaroye

Tirailleurs « morts pour la France » à Thiaroye en 1944. (France 24)

C’est du négationnisme. On n’est pas « mort pour la France » quand on est mort victime de la France. Ces six tirailleurs, mais aussi les autres victimes du camp de Thiaroye, ont été exterminés par la France. Cette reconnaissance du statut de mort pour la France est une façon de ne pas présenter d’excuses officielles. Nous les avons massacrés, donc ils sont morts pour nous ! La France s’enfonce dans l’indignité.

Ces six tirailleurs (pourquoi seulement six alors qu’on en dénombre des dizaines ?) ne peuvent pas être dits morts pour la France puisqu’ils ont été massacrés par la France. Si la France considère aujourd’hui que c’était une faute, il faut qu’elle présente des excuses officielles. Ce négationnisme est une bassesse. La France veut faire croire que des gens qu’elle a massacrés sont morts pour elle ! Qu’ils sont morts à son service quand elle les criblait de balles parce qu’ils demandaient leur dû financier à la fin de la guerre, après la guerre dans laquelle ils avaient servi ! Le fait qu’elle les ait massacrés signifie qu’elle ne les reconnaissait plus comme étant à son service, au service de la France. Mort pour la France voulant dire « compensation » (à savoir, selon le code des pensions militaires : sépulture perpétuelle dans un cimetière militaire aux frais de l’État, inscription sur un monument aux morts communal, gratuité des droits de mutation par décès, pension de veuve de guerre le cas échéant, reconnaissance des enfants comme pupilles de la Nation), ici la compensation doit être double ou triple parce que ces tirailleurs ne sont pas morts en servant la France, tués par l’ennemi au front, mais massacrés traîtreusement dans leur camp par les autorités qu’ils servaient.

Si ces tirailleurs sont morts pour la France, alors c’est que ceux qui ont donné l’ordre de les tuer ne représentaient pas la France, et la reconnaissance de la mort pour la France des uns implique nécessairement une condamnation, même posthume, par exemple la dégradation nationale, pour les autres, leurs assassins.

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Digital Services Act (DSA) européen
et loi de 1881 sur la liberté de la presse

Les principes du DSA (Digital Services Act) européen sont contraires à ceux de la loi française de 1881. En effet, ce règlement rétablit une censure administrative. La loi de 1881 n’existe donc plus, en raison du principe de primauté du droit européen, dans sa dimension la plus fondamentale qui était censée nous distinguer des anciens régimes, monarchie et Second Empire. Mais le pouvoir français entend faire comme si rien n’avait changé, après avoir activement soutenu le DSA qui balaie un principe majeur d’une des lois fondatrices du régime républicain en France.

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EN

Political Asylum

Big Shock For Sheikh Hasina From UK; This Is London’s ‘Reply’ To Ex-Bangladesh PM’s Asylum Appeal [namely, refusal]. (Times of India)

A state cannot refuse to grant asylum unless the application is unwarranted. In the present case the application is clearly justified, especially seeing the storming of the deposed PM’s house by a crowd of angry people. UK authorities seem to believe the right to asylum leaves them with a discretionary power to cherry-pick people, regardless of the people’s objective situation in their country. This is not how it works: There can be no right to asylum without a state duty to accommodate asylum seekers. If the refusal here is UK’s last answer, it means British authorities deny the existence of a right to asylum in international relationships.

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Designed Asymmetries of Hate Speech Laws

As long as one supports hate speech laws, that is, criminalization of speech based on content, their proffering the f-word (f for fascist) will elicit a mere shrug of the shoulders. Such laws have an obvious chilling effect on criticism of Israel and Zionism. This is where their effect is maximal. To be sure there are no such laws in the US and yet criticizing Zionism comes at a risk there too, by other mechanisms. However, this is an international question: In the US the Zionist lobby must fund its repressive campaigns against criticism, whereas in Europe, where there are hate speech and other such laws, Zionists only have to give the police a call. By supporting and promoting hate speech laws, the delusional Left gives Zionism a wonderful repression tool. All critics in Europe must defend themselves from possible criminal suits. At least in the US it costs the Zionist lobby some dollars to gag people; in Europe it gags people and earns money in the bargain through civil damages.

If you think the hate speech laws that you promote chill Islamophobia as much as criticism of Israel, think again.

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UK Riots

That people be charged for “anti-Muslim rhetoric” is nothing to be surprised of, as UK has had hate speech laws for decades and these laws aim at defending groups based on race, ethnicity, nationality, sexual orientation, but also religion, from so-called group libel. If Britons disagree with this, this is not against law enforcement, namely the government, police, and courts, that they should complain, but against the legislation itself: namely, they should call for its repeal.

However, that a court allege, besides, “anti-establishment rhetoric” is strange and worrying, as one doesn’t see how such rhetoric could lie in the purview of hate speech laws. Three possibilities: 1) UK law against speech is much more comprehensive than its neighbors’ similar laws and includes anti-establishment rhetoric in the prosecutable hate speech category. This is unlikely. 2) The media report is not accurate, and the court did not mention anti-establishment rhetoric, which is not a legal category as far as hate speech is concerned. 3) This court is blatantly incompetent.

(ii)

Hate speech laws have been in British legislation for centuries. “Free speech” British-wise since Blackstone means one’s speech won’t be subjected to prior censorship but the author of illicit speech will be prosecuted. This is what was supposed to be a progress. Therefore, what might be new, if anything is new here, is that internet content is censored by the administration, not that people are punished by courts for their speech.

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Trump’s plan: Deport anyone [any foreign resident, that is, as American citizens cannot be deported legally] who “wants to eliminate Israel.”

This trashy rhetoric is already policy in France, where foreigners are subject to deportation for speech that is allowed by national law. That is, foreigners do not have the same speech rights as nationals although freedom of speech is a fundamental human right according to the European Convention on human rights ratified by France.

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Of “Values” and the Law

“Islam must adapt to Swedish values or leave.” (Swedish Deputy Prime Minister Ebba Busch)

Such speech is discriminatory according to the European Convention on Human Rights ratified by Sweden. Legal migrants do not come uninvited by the host countries, and they cannot be told to comply with a different set of rules than the natives as far as fundamental rights are concerned. Their only obligation is to comply with the law, because all are equal before the law. To imply they would have to comply with more than that, namely, to adapt to values while they already abide by the law, is discriminatory. And if adapting to values means that migrants should abide by the law, it goes without saying and this speech is offensive.

A statesperson cannot ask for more than abiding by the law because their mandate is either legislative (lawmaking) or executive (execution and enforcement of the law). Besides, one fails to see how a law-abiding individual can be found at fault re a state that is based on the rule of law. The spirit of the law, as some would call it (the letter and the spirit), is either the law itself, and in this case one either abides by it or not, or it is something alien to the law and therefore outside a statesman’s mandate.

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On Collective Punishment in the USA:
Kinship Punishment Against the Right To Bear Arms

Charging the mass shooter Colt Gray’s father, Colin Gray, for “involuntary manslaughter” because he gifted his son a gun, is legal insanity. If gifting a gun to a minor is legal, the father did nothing illegal. If it is not legal, the father committed this crime, not manslaughter. Gifting a gun to a minor is obviously legal in the state of Georgia because Colin Gray is not charged with gifting his minor kid a gun but for involuntary manslaughter after the kid shot people; one of the most absurd and unprincipled charges one has ever heard of.

Prosecution says Colin Gray had been warned about threats made by his son. What about that? Many more threats occur than shootings. Obviously, the father didn’t take the threats more seriously than the authorities themselves, which did not charge the kid for threats, therefore didn’t think it was a serious matter. At most the father is civilly liable for neglect, just like the authorities (except that the law conveniently gives the latter qualified immunity), not criminally guilty of manslaughter. It is a fundamental principle of civilized countries that collective punishment does not obtain. If a father is guilty of his son’s shooting, then the gun dealer is guilty too, and so on. One probable cause for arresting the father would have been that investigators had hints that he knew his son would shoot people with the gun, for example if he had gifted the gun on the proviso that his son shot people, but we hear nothing about this; it is only known that the father bought the gun despite “warnings” by authorities, but what warnings were these since the authorities did not act according to serious threats and failed to charge the kid for making these threats?

Threats are crimes. Courts’ decisions limit these laws’ purview to “true threats” (Watts v. United States, Scotus, 1969), that is, when authorities don’t prosecute threats, they admit they can’t stand a trial for true threats. Absent a trial for threats against Colt Gray, the authorities can make no claim to have warned his father. The alleged warning is a mere figment of I don’t know whose imagination. In a free country with a Second Amendment protecting the right to bear arms, one simply does not have to heed to a police warning against buying guns to one’s kid when/if the law allows one to do it. Even as the warning was followed by a shooting, the father committed no crime, at least not the crime of “involuntary manslaughter” for the demise of these people. Absolutely not. He cannot be found guilty of this without miscarriage of justice.

I am told the police warned the father about threats of which they did not keep evidence. That settles the matter. There is no record of threats, no record of the father having heard of or remembering them, no record of anything and certainly not of criminal manslaughter by the father. The father can only be guilty of a crime if he intentionally assisted in committing the actual crime. The alleged criminal being the son, even a reckless disregard of the consequences of buying a gun, if proven, can only be civilly liable recklessness, not a criminal liable offence, because it took an intentional shooter to slay people and the mens rea (intention) of this crime lies with the son alone. Therefore, one’s pointing to allowing an “unstable” minor to get a gun has nothing to do with a crime (everything that is not forbidden is allowed) and only, at most, with a civil tort. As a public prosecutor cannot charge with civil torts and only with crimes, the “involuntary manslaughter” charge is criminal and hence gravely misguided.

A man can’t be charged with a crime if he has not committed or participated in it, and both commission and participation require an element of mens rea (intention) that is obviously absent here: No one claims the father bought his son a gun so that the kid shoot people. Therefore, criminal guilt of the father must be discarded. There only remains the possibility for victims to raise the issue of tort liability for reckless behavior but that is an altogether different issue that has nothing to do with criminal charges. Such a prosecution is in blatant disregard of principles, the latest attempt by opponents to the Second Amendment to stifle the right to bear arms.

To make parents guilty of their kids’ crimes is called collective punishment and doesn’t obtain. In such cases, parents can only be held liable for civil torts. The intervention of a prosecutor for criminal charges where no mens rea is claimed, as such criminal charges already lie with the kid, is out of place and abhorrent to well-established principles. The father cannot be criminally charged for “involuntary manslaughter,” this is out of the question in a civilization of the rule of law. Relatives should ask for damages in a civil trial. A prosecutor does not protect single victims as much as the society as a whole, and a criminal court pronounces penalties, not damages. When these penalties are financial, they don’t accrue to the victims but to the state. Many trials have both civil and criminal sides but as far as Colin Gray is concerned, prosecution and a prosecutor are out of place.

While some forms of extremely reckless behavior may be treated as crimes, such as throwing stones randomly and one stone hits a person on the head, in the present case the existence of a mens rea on the kid’s part locates the crime on the kid’s person, and it is not possible to charge the father with “involuntary manslaughter” for making a gift with the same intentions as all other people who are making such gifts every day without dire consequences. Acts with dire consequences but no harmful intent are at most torts, not crimes, when the consequences are the direct result of an existing crime committed by someone else.

Colin Gray would have been complicit in the murders according to the district attorney (DA) if the latter said that the father bought his son Colt a gun so that Colt shoot people; this is being complicit. However, the DA is not saying this. The DA says the father bought his son a gun knowing he was unstable, and the DA alleges police warnings about threats made by his son. If the police had a record for threats, they should have charged the kid with threats, because threats are a crime. Absent charges for threats, the father was not compelled to heed a warning because ultimately one’s right is what the law says, not what police officer x tells you. Absent actual criminal proceedings against Colt for threats, the warning was as much as nonexistent: As the authorities didn’t draw consequences from threats, namely prosecution, why would the father have? Therefore, he bought his son a gun and the two went hunting together. The DA wants to reinstate long-vanished kinship punishment, forbidden by international law.

(ii)

Some are trying hard to disarm the people. No well-established principle will detain them, they’d rather steamroll principles before the bemused eyes of a law-blind population. Here they’re claiming that it is criminal for this father to have ignored a police warning about his kid, a warning not to buy a gun, while the law says Colin Gray had a right to buy the gun. Do you understand? It is criminal to ignore the police when they instruct you to give up your protected rights!

If you think there are more shootings in the US than in Mexico or Brazil where gun laws are stringent, think again. Wikipedia: “Mexico has restrictive laws regarding gun possession”; “In Brazil it is generally illegal to carry a gun outside a residence”. Those who oppose your rights only focus on shootings on this side of the border. When you lose your rights, you will be living secluded in your homes while heavily armed gangs and cartels roam the streets.

The father’s criminal trial for involuntary manslaughter is a political trial by the opponents of the right to bear arms. A few words on the Second Amendment, then. The Second Amendment prevents anyone from claiming that a standing army has made militias irrelevant. The Founding Fathers would not admit it, because they knew that a standing army is an instrument of tyranny; and not only that but also that a standing army would be an instrument of tyranny even under their own Constitution absent an all-inclusive right to bear arms.

What we’re seeing is kinship punishment in its blatantest, most disgusting form. “International law posits that no person may be punished for acts that he or she did not commit. It ensures that the collective punishment of a group of persons for a crime committed by an individual is forbidden…This is one of the fundamental guarantees established by the Geneva Conventions and their protocols. This guarantee is applicable not only to protected persons but to all individuals, no matter what their status, or to what category of persons they belong…” (Wkpd: Collective Punishment) The principle of individual responsibility opposes the notion that a father is criminally liable for the crimes of his son, even a minor. However, there probably are some statutes in Georgia allowing for tort action against parents for some form or other of neglect, and allowing victims to ask civil damages, but we don’t hear about this here and now. We only hear of the eager violation of the principle of individual responsibility by unhinged authorities in what is a political trial to curb the right to bear arms.

There is the possibility to ask civil damages to parents for the trouble made by their minor kids, but to criminally charge two people for the same crime, the shooter and his father, is something different called collective punishment, forbidden by the international law of civilized nations. They’re not saying the father is an accomplice; instead, they’re claiming that he’s guilty of involuntary manslaughter while his kid is guilty of voluntary murder, as if the father ever crossed the victims’ way. Some people will stop at nothing to curb the right to bear arms.

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The Inconsistency of Statutory Rape Legislation

Current legislation in France says a sexual relationship between a 14-year-old boy and a thirty, forty something woman is statutory rape, but the legislation back in the days when such a relationship allegedly occurred between the current President of France and his wife, I don’t know.

I have an issue with the legislation. According to French law, statutory rape is limited to cases where one is a minor (say 14) and the other an adult, or the age difference between the two is more than 5 years. So, if both are minors and about the same age, everything is fine: These kids can have group sex parties together. But if one of them, with the sexual experience she has legally acquired by having sex parties since she has been 13, has sex with a 19-year-old virgin boy because she wants to teach him sex, the 19-year-old is a rapist. Go figure.

As designed, the law deprives itself of reasonable ground. One simply cannot assume that kids are victims of older people without further inquiry, because the law allows for practices among kids that may grant them the experience, knowledgeability, and confidence to act as sexual predators or seducers. At the same time, the law demands that authorities make illegitimate assumptions and punish accordingly the older person without further inquiry. As it is obvious, given the circumstances created or allowed by the law itself, that every case in strict justice requires an investigation of the conduct of the kid, who may be more sexually knowledgeable than the person five years older than him or her, we cannot talk of “statutory” rape.