Category: poésie

Je ne pouvais passer un jour sans Valérie : Poème

Je ne pouvais passer un jour sans Valérie.
Ce qui me fascinait le plus : sa connerie.

Je ne voulais plus vivre ici-bas, sans Ninon.
Et dire qu’elle avait un faciès de guenon.

On m’a vu bien souvent soupirer pour Simone.
Vraiment, que j’étais c*** : qu’est-ce qu’elle était c***.

Chaque nuit, je rêvais aux yeux de Conchita.
Haute et maigre, on eût dit une chipolata.

Si j’avais su comment séduire Bérengère,
Dont charmaient les salons ses mœurs de harengère.

Je voulus épouser la grande et blonde Alix.
C’était, avec un casque, un Vercingétorix.

Quand je repense, après notre brouille, à Gudule,
Je me souviens surtout d’une énorme pustule.

Comme nous riions, avec mon Ysabeau,
Dont la voix ressemblait à celle d’un corbeau.

Quelle folie, aimer, quand c’est avec Marine,
Qui refoule du bec, schlingue de la narine.

Mais qui remplacera demain Félicité,
Son aérophagie et son obésité ?

Et qui remplacera l’accorte Nathalie,
Prodige souverain de microcéphalie ?

Vous souvient-il combien je prisais Fiona,
Dont le prénom finit par la grâce d’un a ?

J’ai cru que me perdrait l’amour de Marianne,
Qui parlait peu, c’est vrai, mais riait comme un âne.

Je ne sais que penser, la grosse Magali
Faillit me subjuguer avec son patchouli.

Vous dirai-je à présent combien j’aimais Françoise,
Dont le nez recouvrait les dents, long d’une toise ?

Je n’ai jamais caché ma passion pour Maud,
Qui ne parlait qu’anglais et seulement « My Gawd ».

Je devins vraiment fou d’amour pour Roseline,
Dont n’aurait point rougi la race chevaline.

La peste soit du faux outré chez Larissa,
Qui pour son prurigo blâme la harissa.

Je suis très fatigué des plaintes de Monique,
Si chiante et si plate, ainsi que la Belgique.

Que vouliez-vous qu’il fît, avec une Gladys ?
Rendez-vous à moins cinq, « À la prochaine » à dix.

Un jour on me parla des grands charmes de Berthe.
Relevant son mouchoir, j’en vis la flore verte.

Picaresque, elle crut qu’on s’enfuirait, Carmen.
Mais Quevedo m’a dit ce que vaut son hymen.

Je l’aurais emmenée au paradis, Florence.
Mais entre elle et le marbre aucune différence.

Je suis toujours ému quand je revois Agnès.
Elle a pris un peu d’âge et gardé son herpès.

En aurais-tu voulu ? je t’aurais donné, Rose,
Ma vie ; au moins des sous pour soigner ta cirrhose.

Elle m’aimait beaucoup et je l’adorais, Fleur.
Qu’aurais-je fait, eût-elle appris le mot « coiffeur » ?

Je l’aimais à mourir, la tendre Madeleine,
Pensant qu’un bon docteur purgerait son haleine.

Qui pourra remplacer la raffinée Astrid,
Qui marchait en canard, si ce n’est pas Ingrid ?

Qui me consolera de la perte d’Alice
Dont l’odeur, au début, était un vrai supplice ?

Et de la perte aussi, plus tard, de Barbara,
Qui buvait comme un trou, qui me consolera ?

J’oubliais de parler de la douce Gertrude,
Fumant comme un pompier, et la voix si peu rude.

Je ne peux évoquer sans tendresse Shirley,
Maniant le stylo plus mal que le balai.

Je fus trop peu de temps avec Éléonore
Et ne sais si sa taille enfin s’améliore.

Comment vivrai-je donc loin de Conception,
Qui de me tourmenter avait la passion ?

Je voulais dire un mot au sujet de Raymonde,
Mais non, pardonnez-moi car elle est trop immonde.

Que dire de loyal au sujet de Fatou ?
Je fus son compagnon et je plains son toutou.

Ce qu’il fallait, pour plaire aux beaux yeux de Paulette,
C’était travailler dur, allonger la galette.

Enfin, je ne sais pas vous mais moi, pour Elif,
J’ai fini de vouloir être compréhensif.

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À suivre…

Seulement un boxeur : Poésie de Marc Andriot

Un grand moment : Marc vient de publier le recueil de poésie Sous le Paradis (Association poétique Luna Rossa, 2022), dont il m’a demandé la préface. La couverture du recueil (ci-dessous) est de Marc. Voici un lien de présentation du recueil, avec la couverture et le quatrième de couverture ainsi que les contacts pour commander l’ouvrage :

https://association-poetique-luna-rossa.jimdosite.com/publications/

SousLeParadis.jpg(1)

florentboucharel's avatarflorent boucharel rAd-Free

Marc Andriot est un poète et illustrateur dont les textes et dessins sont régulièrement publiés dans la revue Florilège (entre autres). Il a participé à plusieurs expositions à Paris et en région parisienne, et apparaît dans l’Anthologie des meilleurs poèmes du Prix Arthur Rimbaud 2020. Il est en train de terminer un roman graphique.

Mon amitié avec Marc est ancienne puisque nous avons grandi à Chaville, dans les Hauts-de-Seine, où, adolescent, il se faisait remarquer, non seulement par sa grande taille de beau ténébreux dégingandé mais aussi et surtout par un esprit original et caustique. En dehors des quatre cents coups dont nous gardons le souvenir, avec lui et d’autres, Marc et moi partagions un même goût pour la littérature et les comics et cherchions déjà tous les deux à créer une œuvre, qui, dans son cas, est aussi une œuvre graphique.

C’est avec beaucoup d’émotion que, de…

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