Category: Deutsch
XXV
Les gens mentent. Ils mentent sur leurs préférences, leurs habitudes, leurs motivations. Ils donnent aux personnes qui enquêtent auprès d’eux les réponses qui, leur semble-t-il, les feront paraître intelligents et distingués. En outre, les gens sont quasiment tous incapables de reconnaître les produits qu’ils consomment habituellement, avec une loyauté marquée pour telle ou telle marque, c’est-à-dire de reconnaître les produits qu’ils « préfèrent », quand on les soumet à des blind tests. C’est pourquoi les spécialistes du marketing ont dû renoncer à demander directement aux gens ce qu’ils achèteraient, et ont adopté l’analyse motivationnelle (motivational research), fondée sur les travaux de la psychologie, principalement les théories psychanalytiques de l’inconscient et les recherches behavioristes (cf. Vance Packard, 1957), parce que croire les gens sur parole conduit à des choix de production lourds de conséquences financières. Les gens mentent aussi dans les sondages d’opinion, et les sondeurs corrigent systématiquement les réponses données en ajustant les résultats en fonction des écarts systématiquement constatés par le passé. Et vous voudriez, braves sociologues, qu’ils vous disent la vérité sur leur vie sexuelle ? Tout ce qui n’est pas soumis à la sanction du marché peut exister indéfiniment en tant qu’illusion. Quand d’une connaissance exacte de la réalité dépend un intérêt privé (en l’occurrence, dans notre société, un intérêt corporatif), cette connaissance se fait jour, et, dans notre exemple, cela passe par le fait de ne plus croire les gens sur parole, de comprendre le ressort de leurs motivations par d’autres voies.
La fonction première du sexe est de faire vendre des marchandises. Il paraît que ça n’a pas toujours été le cas.
Chaque jour en France, davantage de vidéos pornos sont visionnées que de rapports sexuels consommés. C’est une évidence.
Un ouvrage majeur de l’histoire de la pensée au XXe siècle n’a pas, à ma connaissance, été traduit en français ; il s’agit de On Time, Work, and Leisure (1962) de l’Américain Sebastian De Grazia. L’une de ses observations est que, malgré les énormes gains de productivité enregistrés par les économies occidentales, les gens n’ont guère plus de loisir. Il distingue celui-ci du temps libre, qui est purement et simplement le temps restant décompté du temps de travail. Ce temps libre est en réalité en grande partie contraint. Si la semaine de travail a été réduite de trente et une heures entre 1850 et 1960, pour se fixer à cette date à trente-neuf heures, le temps de loisir à proprement parler, c’est-à-dire la partie non contrainte de ce temps dit libre, n’a que peu augmenté sur la même période, en raison de l’accroissement de la durée de trajet entre le domicile et le lieu de travail, des tâches domestiques (quand les deux conjoints travaillent, ces tâches domestiques se partagent entre les deux alors qu’auparavant celui des deux conjoints qui travaillait en était exempté), du travail secondaire (moonlighting), mais aussi de l’intensification du travail (taylorisation, spécialisation) et donc de l’augmentation du temps de récupération nécessaire. Cette dernière notion est fondamentale : une grande partie de notre temps libre est perdue pour des activités exigeant une implication personnelle active, c’est un temps qui, par nécessité physiologique, doit être consacré à la récupération, un état passif, typiquement les quelque deux heures dans la soirée qui restent en semaine à l’individu, et qui sont souvent passées devant la télévision, le seul emploi du temps libre d’une immense majorité de nos contemporains. Ce temps de récupération est d’autant plus important que le travail est intense et fragmentaire. Le temps véritablement libre, dans nos sociétés – et il n’est déjà pas si étendu qu’on le dit – n’est en grande partie rien d’autre qu’un temps de récréation. La personnalité, si elle existe, est anéantie. (Si le nombre d’années passées en retraite a été allongé, avec la durée de vie, cela n’a que peu d’incidence sur la structure du temps libre, en raison du phénomène de « détérioration mentale physiologique » lié à l’âge, qui tend à maintenir les personnes retraitées dans un état passif, récréatif de consommateurs somnambules, comme les « actifs » lors de leur nécessaire temps de récupération.) – De Grazia rappelle par ailleurs quelques données historiques plus anciennes, telles que les 115 jours fériés par an, en plus des cinquante-deux dimanches, soit 167 jours chômés annuels, dans le Moyen Âge chrétien, des jours fériés qui s’appliquaient à tous les travailleurs. Il rappelle également que les anciens Romains ne travaillaient pas, « being supported by the foreign tributes exacted by their government ». Plus près de nous, « When in the nineteenth century England led the world in trade and finance, London executives took 4-day weekends ». Les conséquences de cette différence entre les élites d’une époque à l’autre, sont manifestes, je pense, entre, d’un côté, une élite pouvant se consacrer à des activités non spécialisées, pendant son temps libre, et, de l’autre, une élite entièrement absorbée par ses fonctions spécialisées, sans loisir. – La course à la consommation, déclenchée, historiquement, par le « status panic » des classes moyennes, par cette compulsion de l’employé ou travailleur « intellectuel » à se distinguer du travailleur manuel, sans être de la classe possédante, compulsion qui le rend particulièrement sensible à l’influence de la publicité commerciale, a consacré un système de plus en plus aliénant pour l’individu. Au point que De Grazia affirme : « Opinion may be free, yet the laws conspire against a way of life. » (« Les opinions sont peut-être libres mais les lois conspirent contre un certain mode de vie. ») Ce mode de vie, c’est ce qu’il appelle le loisir. Et d’ajouter : « Are democracy and leisure compatible? The answer: No. »
Quand j’expliquais à des amis qu’une société libre peut se passer de classe politique (voir ici), l’un d’eux (qui tient à rester anonyme) me répondit la chose suivante : « Les hommes et les femmes politiques sont la preuve que des abrutis peuvent aller loin dans la vie, et notre société ne peut se passer d’un tel message d’espoir. »
Le professeur invite ses élèves ou étudiants à poser des questions. Celui qui pose une question que le professeur ne s’est jamais posée est perdu.
Selon Pierre Bourdieu, la plus haute ambition que puisse caresser un enfant d’ouvrier est de devenir enseignant. J’en infère, si c’est correct, que de nombreux enseignants sont enfants d’ouvriers, voire que le corps enseignant est en grande partie d’origine ouvrière. Selon Adorno et Frenkel-Brunswik, l’ouvrier est ordinairement élevé selon une mentalité autoritaire. Selon Inglehart (1976), les attitudes ne changent pas, ou changent peu, au cours de la vie ; ses recherches statistiques ont écarté un life-cycle effect dans la variation des valeurs et attitudes. – Conclusion : L’école fonctionne selon un mode autoritaire.
Le ventre bombé est une déformation caractéristique des femmes d’un certain âge après un ou plusieurs accouchements. Les suites d’un accouchement nécessitent normalement un repos prolongé, en position allongée, avec des bandes autour du ventre, pour remettre les entrailles en place, ce que les femmes ont aujourd’hui oublié. (On appelait cela être en couches, et la fin de cette période les relevailles). Or ce renflement du ventre rend la pénétration plus difficile, le membre masculin ne pouvant pénétrer aussi profondément. L’effet de cette déformation des femmes est encore aggravé par les bourrelets de l’homme, dus à une alimentation trop riche. De sorte que, si le membre masculin était d’une taille conforme aux parties génitales de la femme au début de la vie en couple, sa taille devient insuffisante après quelques années, à cause de ces déformations. Vous voyez le problème.
Rechtschreibreform. These last years the Germans have invented a few linguistic niceties, such as Schifffahrt, Rollladen, Stopppreis, Schwimmmeister, &c, and they are serious about it, they really mean to write like that. Once the philosopher said, « Jeder Wohlgesinnte und Einsichtige ergreife also mit mir Partei für die deutsche Sprache gegen die deutsche Dummheit. » (Schopenhauer) (« I call every good-meaning and reasonable person to take side with me for German language against German stupidity. ») As we can see, it’s now too late! Who cares about Germans and Germany anyway?
Février 2015
Lyrik
Weihefrühling
Frühlingswanderlust!
Der Norden, Eis und Feuer,
Kristallwasser des Regenbogens,
Wunderhammer, Zauberschwert,
Woraus die neuen Helden werden kommen,
Über des Frühlings blühenden Weiden.
*
Die gute Fee
Hör Du gute Fee
Laß mich nicht allein
Deine Schönheit möchte ich über der ganzen Welt loben
Gelobt sei die Schönheit und Reinheit
Gelobt die Treue und Stärke
Schick mir in der Nacht deine bunten Lichter
Im Tage gute Fee deine in Nebeln umherschwirrenden Schmetterlinge
Wie ich erst kaum an deine Schönheit glauben konnte
Obwohl die Welt, nun um eine würdige Umgebung deiner Schönheit zu geben
Wunderbarlich sein will
Und ich mich wohl im Stande fühle, tausende Wunder zu machen!
*
Alles
Du bist mir alles
Alles, was glücklich macht
Alles, was Freude gibt
Alles, was Liebe lehrt
Alles, was Anmut hat
Alles, was Anreiz ist
Du bist alles, was ich brauche
Luft und Wasser
Brot und Wein
Du bist mir – Du allein – alles. Alles!
*
Deine Haut ist rosafarbiger Schnee
Deine Haut eine Rose in dem Schnee
Deine Augen sind himmlische Zeichen für den Reisende in dem Schnee
Es schneit in meinem Herzen
O Dein Lächeln ist Regen von Rosen
Deine Augen Rosen in dem Regen
*
Nach dem Regen
Der Garten atmet
Frische Luft
Gekrönt mit sanften Perlen
– wieder Lust! –
Strahlen die Rosen
Ihrem Dunst
Augen Augen
Sind sie Träume?
Die Rose, die ich pflücken wollte:
Dein Lächeln
*
Spur des Lichts
Wie glücklich bin ich, Dein Bild anzuschauen
Wie prachtvoll das Leben Dein Lächeln hier im Herz
Könnte es schöner sein? Es könnte nicht.
Könnte ich glücklicher sein? Magst Du… Ich nicht.
Wie im Morgenrot fangen die Vögel an, voll frischen Glück zu singen
Von Deinem warmen Licht gefüllt öffnet sich mein Herz
Es kommt der Tag wieder
Im Licht Deiner Augen will ich herumbaden
Als schon der Frühling zurückkommt
Könnte es vorzüglicher sein?
Könnte es anders sein?
Zufall gibt es für die Verliebten nicht
Wieder in der Luft Vogel
Ohne Liebe ja ist das Leben Schacht
Wieder in dem Licht
Das Unendliche nun
Wie würde ich ohne Richtung mich nicht verlieren?
Schein also
Schein über dem Flug
Schein über dem Hoffnung Flug
Schein noch so wie ich verbrenne!
*
Es gibt nur Eine
Am Anfang war Sie
Sie kam und plötzlich alles war anders
Bevor Sie kam, herrschte die Finsternis
Die Herzen waren kalt, die Seelen traurig
Nur die Dämonen jubelten
Die Gespenster bewunderten ihre eigene Hässlichkeit im Todes Auge
Sie kam und es gab Licht
Sie ist die Seele der Liebe und die Liebe der Seele
In ihrer Liebe freuen sich die Herzen
In ihrer Seele gleichfalls
Du, der Sie kennst und ihre unüberwindliche Schönheit nicht erkennst, bist ein Feigling!
Du, der Sie ohne dich auf dem Grund zu stürzen, siehst, um verklärt da den Staub zu küssen, der den überschönen Fuß berührt hat, bist ein Hund!
Du, der Sie ohne das Feuer der Hölle für die Unreinheit deiner Gesinnung zu verspüren, anschaust, mußt du ja schon in dieser Jetztzeit die Hölle erleben!
Du aber, der Sie treu ohne an dir selbst zu denken, bedienst, gewinnst du den Himmel der Helden und Glücksseligen.
*
Himmelharfe
Das Licht suchend Deiner Augen
Wohin werde ich anfahren?
Ich höre Deine Stimme in Traum
Wie Himmelharfe
Du singst in Zauberlicht.
*
Blumenland
Komm mit mich nach das Blumenland
Welche ist die schönste aller Blumen
Wenn nicht Dein mir lächelndes Gesicht?
Deine Augen öffnen sich
Zwei stillen Seen
Voller Seele
Weidenland ist Dein Haar
Weidenland im Sommerwind
Wie eine Blume aufblüht
In die blaue Luft strömt seine Düfte aus
Du uns Schönheitsstrahlen ausschickt
Unter den Unechten war mein Leben schwer
Komm mit mich nach das Blumenland
Dort singen die Lüfte
Tanzen die Lichter
Der Blumenkönigin zu Ehren
*
Du bist das Licht, durch dem ich sehe
Du bist die Luft, durch die ich atme
Du bist das Leben meines Herzens
Du bist die Liebe meiner Seele
Schau nur den Spiegel des Wassers an
Um die Schönheit zu sehen
Lächle nur Deinem Wiederschein
Es wird das Glück Dir erscheinen
Wie das Wasser Dich enthält
Mögen meine Tränen Deine Seele spiegeln
Sodaß in der betrübten Abwesenheit immer
Meine Liebe doch zuwachse
*
Wie eine Statue thronst Du in meinem Herzen
Wie Kunstwerk aus der Frühzeit
Die Gottheit liebt in Dir
Die das Schicksal bestimmt,
Die alles durch Träumen steuert.
Du bist die Göttin des Schicksals
Wünschen Sie mir Glück, meine Göttin
Daß ich meine Treue nicht verliere,
Daß ich auf dem langen Wege nicht irre,
Daß ich Dir das Zauberfeuer bringe
In das Heiligtum der Schönheit und der Liebe.
Das – das allein! – meinte ich mit Oooooohhh
Glauben Sie mich, meine Göttin!
*
Ich:
Deine porzellanweiße Hand liegt auf Deinem Herz
und ich möchte weinen
Denn Du vielleicht nicht meine Wörter verstehst
Die Wörter meiner Tränen
Du:
Deine Wörter verstehe ich nicht vielleicht
Was Du meinst dennoch
ist mir völlig klar
Und ich fülle so mein Herz nun
Daß ich es so heftig brauche zu geben
Laß mir mein Herz, o Freund!
Ich:
Deine Schönheit mußt Du beklagen
Und auch daß ich Augen habe…
Daß die Herzen jene Sprache verstehen,
Die aus das Herz mit Tränen auskommt!
2007-2008
