Documents. L’Ariosophie de Jörg Lanz von Liebenfels : Un aperçu
Le présent billet appartient à la série Documents de ce blog à la fois parce qu’il comporte des textes que nous nous sommes borné à traduire et que, pour le reste, il s’agit du pur et simple compte rendu de la pensée d’un auteur, même quand nous apportons, à partir d’autres lectures, des éléments pouvant corroborer tel ou tel propos. Si nous n’avons pas écrit « selon Lanz von Liebenfels » à chacune de nos phrases, c’est pour d’évidentes raisons de lisibilité.
En l’occurrence, notre propre philosophie est celle exposée dans le livre Apologie de l’épistémologie kantienne (x) et, plus particulièrement, concernant les questions anthropologiques ici traitées, dans notre essai Vraie Science et Pseudo-pensée (x). Notre point de vue est que la pensée raciale ne peut nullement se voir opposer une fin de non-recevoir en tant que « pseudo-science » et que c’est bien plutôt la science elle-même qui est en question : à la manière dont Hegel, dans sa Phénoménologie, s’oppose longuement à la physiognomonie de Gall et Lavater (dont Lanz von Liebenfels fait d’ailleurs usage) non comme pseudo-science mais comme science, et à la manière dont Heidegger développe une phénoménologie du Dasein, de l’existence humaine selon laquelle cette dernière ne se laisse appréhender par la moindre anthropologie ou science de l’homme.
À l’occasion de la mise en ligne sur notre page Academia (ici) de notre traduction française de 2008 de la Théozoologie (1905) de Jörg Lanz von Liebenfels, nous publions un aperçu de la pensée de cet auteur tiré d’écrits de 2011 qui devaient servir à un vague projet de livre pour accompagner la traduction, projet qui ne vit jamais le jour.
L’Autrichien Jörg Lanz von Liebenfels (1874-1954) est l’un des auteurs völkisch les plus originaux et prolifiques de son temps. Moine cistercien de 1893 à 1899, il fonda en 1900 un Ordre du Nouveau Temple, Ordo Novi Templi (ONT), qui végéta, semble-t-il, jusqu’en 1907 et l’acquisition du château de Werfenstein en Haute-Autriche, dont Lanz fit le premier prieuré de son Ordre. À la fin de l’empire austro-hongrois, en 1918, Lanz s’établit en Hongrie où il fonda un deuxième prieuré à Szent Balázs, qu’il nomma Marienkamp, et où il collabora à partir de 1920 à des organes de presse soutenant le régime de l’amiral Miklós Horthy. Ses écrits furent interdits sous le Troisième Reich comme tous ceux de la mouvance völkisch occultiste, sans qu’il y ait lieu de discuter ici si c’est pour exactement les mêmes raisons.
Nos sources pour l’essai qui suit ne sont autres que les textes de Lanz, à savoir, principalement, en dehors de la Théozoologie (1905) que nous avons traduite, la revue Ostara. Briefbücherei der Blonden und Männerrechtler (Ostara : Journal pour les blonds et défenseurs des droits virils) publiée de 1905 à 1917, et la série Bibliomystikon oder die Geheimbibel der Eingeweihten (La Bible ésotérique des initiés), de 1930 à 1935, développant livre par livre l’interprétation ariosophique de la Bible présentée dès les premiers écrits de Lanz. (Dans le sous-titre du journal Ostara, le terme Briefbücherei, littéralement bibliothèque de lettres ou collection de lettres, n’est guère courant et semble même être le seul cas d’un tel emploi. Lanz donne à ces brochures ou fascicules le nom de lettres sans doute en référence aux épîtres apostoliques du Nouveau Testament ; du reste, il s’agissait bien de lettres envoyées à ses amis et soutiens.)
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I/ Théozoologie (Bibliomystikon)
(i) Les six thèses de l’ariosophie
(ii) La Bible en tant que document anthropologique : « Idoles » et « Démons »
II/ Anthropologie raciale (Ostara, Bücherei der Blonden)
(i) L’Aryen dolichocéphale blond
(ii) Dépigmentation ; Indice céphalique
III/ Anthropologie sexuelle (Ostara, Bücherei der Männerrechtler)
(i) Ariosophie et Lebensreform (réforme de la vie) : Callipédie
(ii) La femme et l’Occident
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I/ Théozoologie
(Bibliomystikon)
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(i)
Les six thèses de l’ariosophie
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Tirées de Geisteswissenschaftlichen Schriften Nr. 35, Manserie Szt. Balázs, Hongrie, 1930 (il s’agit d’un écrit relativement tardif, postérieur de plus de dix ans au journal Ostara), et traduites de l’allemand.
Première thèse. Tout ce qui vit vient de Dieu, d’en haut, du spirituel et de l’âme, et ne procède pas du corporel et du matériel mais inversement : Dieu, ainsi que des âmes et des esprits intelligents, ont créé la matière et les organismes. Les organismes sont dans la même relation à Dieu et ces esprits qu’un appareil de radio-réception avec un émetteur central et une pluralité de relais.
Deuxième thèse. L’antique religion aryenne, la religion la plus ancienne, ainsi que les mythes et légendes qui en découlent ne sont pas des spéculations littéraires ou mythologiques mais les documents d’une philosophie théozoologique et paléoanthropologique. En un mot, c’est la préhistoire de l’humanité.
Troisième thèse. Les types préhumains les plus anciens (ondins, simiens, nains, géants et griffons ailés) se sont conservés en petit nombre jusque dans les temps historiques.
Quatrième thèse. Ces êtres archaïques firent dans les temps historiques, principalement dans des lieux de culte, l’objet d’un élevage soit à des fins d’orgie soit comme oracles magiques, et furent croisés par accouplement avec des humains et des bêtes. Que de tels croisements puissent être fertiles, c’est ce que montrent les récentes expériences de croisement entre loups, renards et chiens, et même entre chiens-loups, chats angoras et ovins. Ma théorie du croisement, pour expliquer l’apparition d’espèces nouvelles, se trouve ainsi confirmée par les plus récentes expériences d’élevage.
Cinquième thèse. Parmi ces êtres préhumains archaïques, en particulier parmi ceux des espèces ailées, certains étaient de véritables stations d’émission et réception électriques, et étaient ainsi quasiment tout-puissants, doués d’ubiquité, omniscients et immortels, pouvaient se matérialiser et dématérialiser à volonté. Ils étaient vénérés comme des « dieux » ou demi-dieux et sont de fait les créateurs de toutes les formes de minéraux, plantes et animaux.
Sixième thèse. Ces créatures que j’appelle des Elektrozoa et qui sont les « Anges », « Muses », « Nornes », « Valkyries », « Grâces », « Griffons » etc. des écrits anciens, sont ceux qui ont enseigné le savoir, la religion, la culture primordiaux. Naturellement, ce sont aussi les créateurs de la langue originelle unique, et la méthode que j’emploie dans le présent dictionnaire pratique, comparatif et étymologique (Schlüsselwörterbuch zur Esoterik des Altertums und Mittelalters) est fondée scientifiquement. Les langues gotique et lithuanienne, ainsi que les dialectes sémites originels, de même que l’ancien égyptien et les langues iro-celtiques sont, d’après mes recherches, les plus proches de cette première langue.
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(ii)
La Bible en tant que document anthropologique :
« Idoles » et « Démons »
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Nous donnons ici quelques passages de la Bible cités dans la Théozoologie de 1905, dans trois traductions : (a) la Vulgate latine (Nova Vulgata), (b) la traduction française de la Bible de Jérusalem, catholique, et (c) la traduction française de la Bible suisse protestante de Louis Segond. Un commentaire succinct de ces passages et de leurs traductions quant au sens réel, ésotérique, de la Bible suit.
Lev. XVII, 7
Nequaquam ultra immolabunt hostias suas daemonibus, cum quibus fornicati sunt.
Ils n’offriront plus leurs sacrifices à ces satyres à la suite desquels ils se prostituaient.
Ils n’offriront plus leurs sacrifices aux boucs, avec lesquels ils se prostituent.
Is. II, 18-19
Et idola penitus conterentur. Et introibunt in speculas petrarum et in voragines terrae
Les faux dieux, en masse, disparaîtront. Pour eux, ils iront dans les cavernes des rochers
Toutes les idoles disparaîtront. On entrera dans les cavernes des rochers
Is. XXXIV, 14
Et occurrent hyaenae thoibus, et pilosus clamat ad amicum suum
Les chats sauvages rencontreront les hyènes, le satyre appellera le satyre.
Les animaux du désert y rencontreront les chiens sauvages, et les boucs s’y appelleront les uns les autres.
Ezec. XXIII, 37
Cum idolis suis fornicatae sunt
Elles ont commis l’adultère avec leurs ordures
Elles ont commis adultère avec leurs idoles
Ezec. XXIII, 49
Et peccata idolorum vestrorum portabitis
Vous porterez le poids des péchés commis avec vos ordures
Vous porterez les péchés de vos idoles
De plus amples citations se trouvent dans nos commentaires à la traduction de la Théozoologie. À la lecture de ces seuls passages, on voit que le lecteur ordinaire de la Bible est très dépendant de la traduction pour sa compréhension des Écritures, et qu’en réalité il n’en a qu’une appréhension vague s’il ne cherche pas à savoir ce que peuvent être ces « satyres » qui sont pour les autres des « boucs », et ces « ordures » là où un autre a sous le yeux le mot « idoles ». Les obscurités du texte ou de la traduction sont imputées à un style poétique qu’il ne servirait à rien de tenter de pénétrer, et c’est ainsi que les croyants des diverses confessions chrétiennes croient débrouiller le sens des Écritures et s’y appuyer pour conduire leur existence ici-bas.
Le fait que des « idoles » se cachent dans les cavernes des rochers (Is. II, 18-19) passe ainsi pour du style poétique. Cependant, cela a paru tellement extraordinaire aux deux traducteurs français cités ici qu’ils ont préféré envelopper leur texte d’un voile opaque. Ainsi, alors que le texte latin ne laisse aucune ambiguïté quant au fait que ce sont les idoles elles-mêmes qui s’enfuiront dans les cavernes, L. Segond écrit « On entrera », sans que l’on puisse savoir de qui il s’agit, et pour sa part la Bible de Jérusalem ajoute un « Pour eux » purement explétif qui, en alambiquant la phrase, ôte toute clarté au passage : on peut croire que ce « Pour eux » signifie que le sujet n’est plus les « idoles ».
C’est pour la même raison, choqué par cette anthropomorphisation trop absolue des « idoles », que le traducteur de la Bible de Jérusalem parle d’« ordures ». Le texte latin dit pourtant bien que les Hébreux forniquent avec leurs idoles et que les idoles commettent des péchés.
Enfin, il est également question dans le texte latin de prostitution aux démons (Lev. XVII, 7), ce qui est traduit tantôt par « satyres » et tantôt par « boucs ». La Bible de Jérusalem ne veut d’ailleurs pas garder le sens littéral (cum quibus, c’est-à-dire « avec lesquels » ils se prostituent), mais elle écrit l’expression vague « à la suite desquels ils se prostituent ». On sait que ce passage et d’autres ont pourtant servi aux Inquisiteurs du moyen âge à dresser des actes d’accusation contre les sorcières, coupables selon ces accusateurs de commerce charnel réel avec le démon. Les démons lubriques et violeurs, les incubes, tirent leur nom du latin incubones, qui désigne les « satyres » de l’Antiquité gréco-latine. Aujourd’hui, l’Inquisition n’existe plus, et ces expressions de fornication ou de prostitution avec les idoles et les démons seraient à prendre au seul sens poétique et métaphorique, comme des figures de style. Dans ce cas, que ne prennent les croyants les anges aussi au sens métaphorique ? En réalité, ces idoles, ces démons renvoient, de même que les anges, à la quatrième thèse de l’ariosophie (supra), c’est-à-dire à des créatures existantes, dont maints passages de la Bible, un document anthropologique selon Lanz von Liebenfels, décrivent les actions et les mœurs. Et c’est justement l’objet de la « théozoologie » que d’établir un tableau scientifique de ces créatures.
À cet égard, livrons-nous à un examen succinct du terme latin pilosus (Is. XXXIV, 14). Le mot signifie « couvert de poils ». Il est traduit, dans ce passage de la Bible, tantôt par « bouc », tantôt par « satyre ». Voici ce que dit le glossaire latin de Du Cange à cet égard : « Isidorus : Pilosi, qui Graece Panitae, Latine incubi appellantur (…) Eucherius Lugdunensis : Pilosi, in Esaia, daemonum genera. Nonnulli etiam hos doctissimorum incubones, vel satyros, aut quosdam silvestres homines intelligendos putaverunt. Mammotrectus : Pilosi, monstra sunt ad similitudinem hominum, quorum forma ab humana effigie incipit, sed bestiali in extremitate terminatur, vel sunt daemones incubones, vel satyri, vel homines silvestres. » Le pilosus est un satyre, un incube, mi-homme mi-bête, un « homme sylvestre », homme des forêts, ainsi nommé parce que son corps est couvert de poils ; c’est un homme-singe, Äffling, c’est l’udumu des Assyro-Babyloniens (cf. infra). C’est, dans la Bible, un démon et une idole, un démon car il fait partie de ces races que Dieu a demandé aux Hébreux de passer au fil de l’épée, une idole car il était vénéré dans des cultes orgiaques, contribuant par la fornication à la dégradation du type aryen ou ario-héroïque (homo ario-heroicus).
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II/ Anthropologie raciale
(Ostara, Briefbücherei der Blonden)
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(i)
L’Aryen dolicocéphale blond
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L’homme des origines est l’Aryen. C’est une création des dieux. Le type aryen pur est le plus ancien, les autres races du genre homo sont issues de croisements avec des espèces anthropoïdes : udumi, ou anthropoïdes simiens adamiques, baziati, ou nains, paguti, ondins ou tritons (amphibies), issuri, anthropoïdes ailés, selon l’onomastique des documents assyro-babyloniens examinés dans la Théozoologie. La multiplication des croisements entre espèces ont donné naissance aux hominidés aujourd’hui disparus en tant que tels (homo neanderthalensis etc.) ainsi qu’aux singes de la faune historique.
Le type aryen est nettement défini et toute variation est la conséquence d’un croisement. Ce type se définit notamment par la dépigmentation des cheveux (blonds) et des yeux (bleus ou gris), la dolichocéphalie (angle facial et indice crânien compris entre telle et telle valeur numérique : vide infra), des indices numériques spécifiques de la taille, des mains, des pieds, des bras, des jambes, du tronc, etc., et de leurs rapports entre eux : rapport du tronc aux bras, du tronc aux jambes, etc.
Ces caractéristiques ne sont pas arbitraires et traduisent au contraire une efficience du rendement métabolique. Ainsi, la pigmentation de la peau a pour corollaire un travail d’élimination des toxines par la surface du corps au détriment du fonctionnement des organes internes, moins sollicités et donc moins robustes. Ce travail d’évacuation par la peau est d’autant plus poussé que la peau est plus pigmentée, d’où l’odeur caractéristique des peaux pigmentées1. Le corollaire psychologique de ces variations de pigmentation se trouve dans la plus ou moins grande intériorité psychique : les types les plus pigmentés subissent un appauvrissement de la vie intérieure, laquelle fait fond sur le métabolisme des organes internes.
De même, l’importance de la dolichocéphalie est liée aux résultats de la physiognomonie (Gall, Lavater et al.). La forme du cerveau est différente dans un crâne dolichocéphale et dans un crâne brachycéphale. Or, les différentes facultés intellectuelles étant localisées dans les différentes parties de la masse cérébrale, il en résulte que leur répartition selon les individus dépend de la valeur de l’indice crânien. La personnalité la plus riche et la plus équilibrée est associée à la dolichocéphalie : les facultés cognitives et psychiques supérieures, telles que la faculté de pensée abstraite, sont en effet localisées dans ces parties de l’encéphale qui sont à leur plus haut développement dans la boîte crânienne dolichocéphale.
Enfin, parmi les autres traits de l’efficience du type aryen, on peut citer la courbure de la colonne vertébrale. La station debout caractéristique de l’homme nécessite une certaine courbure de la colonne pour amortir les chocs de la marche, ainsi qu’un ressort mécanique. Une colonne vertébrale rectiligne donne une démarche de marionnette, caractéristique de certains types. Le caractère rectiligne de la colonne vertébrale est le résultat d’un croisement qui, dans les cas extrêmes, empêche la station debout : ce sont les actuels singes de la faune historique.
Lanz von Liebenfels conçut une échelle anthropologique permettant de définir la variation d’un individu par rapport au type racial pur. De son vivant, l’examen anthropologique devait donner un résultat d’au moins 70 % (100 % étant le type aryen originel pur) pour qu’une personne puisse être reçue membre de l’ONT.
De même, Lanz préconisait un ordre social dans lequel les fonctions de direction et d’encadrement seraient confiées, non plus comme dans des pays tels que l’Allemagne et la France à la suite d’une procédure de concours toute scolaire, dont la nature même, en insistant sur les capacités de mémorisation et d’imitation, est au détriment des Aryens, mais par des concours où l’examen anthropologique jouerait un rôle de premier plan. De même, l’assistance sociale devrait selon lui se fonder sur un tel examen.
Le type aryen est selon Lanz en voie d’extinction. Le dogme égalitariste moderne est en réalité une arme contre lui. Mis en contact, à l’école égalitariste, avec les multiples produits de croisement des sociétés européennes, l’enfant aryen peine à développer pleinement ses talents, quand il ne dégénère pas purement et simplement par l’exemple.
1 Cette odeur caractéristique a un nom dans le castillan parlé en Amérique, catinga, dont le Diccionario de Americanismos de F. J. Santamaría donne la définition suivante (1942) : « catinga (f) : (voz guaraní) 1. en Bol. y Arg., olor sofocante y desagradable que despiden naturalmente algunos animales 2. olor intenso de la traspiración de los negros. » On trouve également le mot grajo : « grajo (m) : 1. sobaquina, catinga, mal olor de los negros 2. (Eugenia tuberculata) planta cubana de olor semejante al de los negros. » Ce dernier terme a donné l’adjectif grajiento : « en Antillas, que huele mal. Dícese de persona, del negro principalmente. Lo mismo en el Perú. » (Catinga : « En Bolivie et en Argentine, odeur suffocante, désagréable que dégagent naturellement certains animaux. 2 Forte odeur de la transpiration des Noirs. » Grajo : « Odeur d’aisselles ou mauvaise odeur des Noirs. 2 En Colombie, scarabée noir dégageant une odeur nauséabonde et qui vit dans les maisons. 3 Plante de Cuba dont l’odeur est semblable à celle des Noirs. » Grajiento : « Aux Antilles, cet adjectif signifie puant et s’applique à des personnes, en particulier de race noire. Même sens au Pérou. »)
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(ii)
Dépigmentation ; Indice céphalique
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Dépigmentation
D’aucuns affirment que nous n’avons pas une idée exacte de l’apparence physique des Aryens originels. C’est une erreur, selon Lanz. Nous savons au contraire que les Aryens étaient blonds aux yeux bleus, pour la simple raison qu’ils doivent être par définition parfaitement dépigmentés. S’ils ne l’étaient pas, les anciens ou les actuels Nordiques blonds aux yeux bleus seraient racialement plus purs. Or il n’y a pas à cet égard évolution mais involution. L’Aryen actuel ne peut être plus aryen que l’Aryen des origines ; dans la plupart des cas, il a au contraire dans son patrimoine génétique du sang non aryen. L’Aryen est le dépigmenté parfait (à ceci près que l’albinisme que l’on rencontre parfois, et qui est une pathologie, n’est pas viable).
La pigmentation, c’est-à-dire la production par le métabolisme de mélanine, associée à quelques autres molécules pour les yeux et les cheveux2, a cette conséquence sur le psychisme que la régulation, thermique et autres, de l’organisme a lieu directement à l’interface avec le monde extérieur3. En sorte que la vie de l’individu elle-même se situe à cette interface, à cette surface : la vie de l’esprit est superficielle. L’individu dépigmenté présente quant à lui une activité des organes internes beaucoup plus importante, qui compense cette faible activité des surfaces : il est l’homme intériorisé par excellence. Il peut développer des capacités mentales spécifiques, incluant les phénomènes paranormaux considérés de nos jours avec le plus grand scepticisme, et pour cause.
2 La couleur de la peau, des yeux et des cheveux fournit un indice certain de la quantité de production de mélanine par l’organisme, une quantité qui peut être exprimée sous forme numérique, par exemple sur une échelle de 0 à 100.
3 D’où la forte production de sueur (et d’odeur corporelle) – régulation thermique – par les peaux pigmentées.
Indice crânien (IC) et angle facial
Nous savons également que l’Aryen des origines est dolichocéphale (IC<75 ; IC = 100.l/L [l largeur, L longueur]). Les travaux archéologiques qui ont amené à considérer l’histoire de l’Aryen établissent la prépondérance, voire la présence exclusive de crânes dolichocéphales dans les sépultures des classes sociales supérieures des civilisations de l’Antiquité.
Il existe une corrélation directe entre l’indice crânien, ou indice céphalique, et les facultés intellectuelles, dans la mesure où le crâne dolichocéphale représente une forme différenciée et fonctionnelle par rapport à la forme intégrale du crâne simien, par exemple.
Il est également possible de recourir à la notion d’angle facial, formé par l’écartement des deux lignes partant de l’épine nasale supérieure et se dirigeant l’une horizontalement en arrière, l’autre en haut, de manière à toucher la partie la plus avancée du front. « L’angle facial est d’autant plus aigu que le front est plus fuyant, et que le type observé appartient à une race moins intelligente ; il devient plus ouvert à mesure qu’on s’élève du quadrupède au singe, du singe à l’homme, de l’homme noir à l’homme blanc. » (Larousse du XIXe siècle, article sur Petrus Camper, anatomiste hollandais à l’origine de la notion)
Réfutations
Il n’est pas permis de considérer, comme le généticien Othmar von Verschuer, que le patrimoine génétique se distingue en « traits physiques » et « traits psychologiques » distincts de telle façon qu’une personne d’un type racial physique donné puisse montrer les dispositions mentales d’une autre race. En réalité, les dispositions mentales sont conditionnées par les valeurs numériques de l’anatomie individuelle. L’examen des indices céphalique et facial complété par des examens physiognomoniques de la surface du crâne correspondant aux différentes parties du cerveau où sont localisées les aptitudes, est de nature à révéler l’intégralité de la personnalité innée d’un individu et par là-même les modalités selon lesquelles cet individu interagira avec les différents environnements dans lesquels il sera conduit à évoluer.
Ce point fondamental se heurte à l’idéologie contemporaine qui, en tant que pensée métaphysique et dogmatique, s’oppose à la connaissance de l’homme. Cette impossibilité psychologique, pour le type qui pullule dans nos universités, de considérer ces données scientifiques est d’autant plus remarquable que les préhistoriens ne peuvent s’en passer dans leurs travaux. Il en va ainsi pour déterminer l’espèce de tel squelette de préhominien. Exemple : « Cette empreinte montre que la structure de l’avant du cerveau, siège des pensées abstraites, est plus évoluée et plus complexe que chez les australopithèques. » (Article du Figaro « Un petit ancêtre de l’homme doué de la tête et des mains », septembre 2011) La recherche paléoanthropologique s’appuie sur les indices anatomiques et, spécifiquement, céphaliques pour tirer des conclusions : c’est la preuve de la validité scientifique de ces indices et il y a d’autant moins de raison de vouloir limiter leur validité aux préhominiens et de refuser de l’étendre aux races humaines que, dans la conception darwinienne en vigueur, les uns sont les ancêtres des autres.
[Ajout 2025. Parler, sur la foi d’examens crâniens, de pensée abstraite plus évoluée d’un hominidé à l’autre, en admettant la théorie de l’évolution issue de Darwin selon laquelle il n’existe pas de différence ontologique entre l’homme et le singe, ne permet pas en cohérence de nier la portée de l’examen crânien des races humaines actuelles au plan de la faculté de pensée abstraite. C’est tout simplement une erreur de raisonnement. Par conséquent, ou bien l’ontologie du scientisme est vraie et cet examen crânien doit être passé à Lanz, ou bien cette ontologie est fausse et l’homme ne descend pas du singe, puisque s’il en descend il n’y a pas de différence ontologique de l’homme au singe, seulement une différence dans une histoire naturelle de l’évolution qui ne permet pas d’appliquer diverses formes d’examen s’agissant d’un organe comme le cerveau, commun aux deux.]
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III/ Anthropologie sexuelle
(Ostara, Briefbücherei der Männerrechtler)
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(i)
Ariosophie et Lebensreform (réforme de la vie) : Callipédie
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Le numéro 66 de la revue Ostara traite de la culture aryenne de la nudité, opposée à l’exploitation de l’obscénité. Il défend l’idée que c’est la répression de la première qui permet en définitive la seconde.
Ces considérations, à l’opposé des conceptions bourgeoises et conservatrices de l’époque, s’inscrivent dans le mouvement culturel de la Lebensreform. Ce mouvement repoussait les normes de la société industrialisée. D’un point de vue ariosophique, les conditions de l’industrialisation et du développement technologique et économique, en ce qu’elles sont pour une large part, tout en reposant sur l’exploitation du génie d’invention aryen, conduites par des caractères raciaux non aryens, est nuisible à l’épanouissement de l’homme blond. Le milieu de la métropole « tchandalisée »4 est aussi malsain pour ce dernier, physiquement, qu’un marais paludique, avec la corruption morale qu’elle induit de surcroît.
Ce mouvement de Lebensreform, dont l’une des figures proéminentes fut le peintre allemand Karl-Wilhelm Diefenbach, membre de l’ONT, a été le premier de divers mouvements de retour à une vie plus respectueuse de la nature, y compris des hippies américains, avant que ces derniers ne sombrent dans les stupéfiants, voie sans issue.
Le retour à des valeurs naturelles implique pour l’Aryen un retour à sa culture – foncièrement eugéniciste – de la nudité et de la beauté, et donc au « combat contre la pudibonderie tchandalique ».
Culture raciale et culture de la nudité dans le combat contre la pudibonderie (Muckertum) tchandalique
La pudibonderie est fondamentalement une entreprise commerciale qui entend exploiter la sexualité de façon monopolistique. En un mot, elle est le trust sexuel des tartuffes et des abâtardis ! Ces bourreaux pudibonds poussent chaque année des milliers d’hommes à se tirer une balle dans la tête, des milliers de jeunes filles à se jeter dans les rivières, chaque année ils acculent au poison des milliers d’individus, brisent de douleur et de chagrin des milliers de cœurs et remplissent les asiles d’aliénés, tout cela à cause d’une chimère qu’ils appellent « immoralité » et qui n’est en réalité de leur part qu’un vil ressentiment, d’essence commerciale ou érotique. Ils chassent du râtelier les esprits débonnaires dépourvus de malice, c’est-à-dire le plus souvent les individus de race supérieure, pour s’y faire une plus grande place. Ces hypocrites n’ont cure de ce que, pour posséder davantage, il leur faille passer sur des tas de cadavres. Ils se sentent bien dans leur peau de Tchandalas cannibales, et la police veille à ce qu’ils ne soient pas dérangés dans leurs plaisirs. Nous ne sortons donc pas de là : l’immoralité et la pudibonderie, comme tous les maux, sont le résultat du tchandalisme. Le Tchandala est un hypocrite et un pandore né, le pandore des mœurs.
Éthique et esthétique de la nudité
Rien n’excite davantage la haine de la pudibonderie tchandalique que la nudité et la beauté. Sa cruauté satanique et simiesque est déchaînée contre elles ; la nudité, la beauté, jusqu’au sens de la propreté passent pour « immoraux » ! Même parmi les personnes éclairées et tolérantes, il n’est pas rare de rencontrer les opinions les plus fausses sur la nudité et sa signification morale.
Une des qualités les plus remarquables de la nudité est sa vertu éducative. De même que la culture hypocrite des Tchandalas est une culture de l’immoralité et de la laideur, la culture aryenne de la nudité est celle de la moralité et de la beauté. Pour la jeunesse, il n’existe pas d’instrument éducatif plus indiqué et plus sûr que la culture de la nudité. L’éducation des antiques Aryens, visant à une formation harmonieuse du corps et de l’esprit, faisait largement appel à la nudité, comme en témoigne le nom même des instituts grecs d’éducation de la jeunesse, les gymnases. « Gymnase » signifie littéralement : institut de nudité. Tout le contraire de nos écoles contemporaines, qui sont les fondations de la pudibonderie et dans lesquelles les enseignants et les élèves de race noble sont pareillement foulés aux pieds !
Lorsque Tacite évoque le vêtement des anciens Germains, qui doivent être considérés comme représentatifs de toutes les autres nations de la race des héros, il affirme que ce peuple vit nu ou à moitié nu. Ils avaient pour tout vêtement de belles et précieuses fourrures ou chemises de lin. Même les femmes portaient des robes sans manches qui ne couvraient que partiellement la poitrine. Et pourtant (en réalité, de ce fait), ce peuple était d’une chasteté irréprochable. « Les bonnes mœurs ont chez eux une plus grande force que les bonnes lois partout ailleurs. » Quelle parole profonde et juste ! Aucun règlement de police, aucune loi de moralité, aussi sévères et brutaux soient-ils, ne peuvent rendre un peuple ou un État foncièrement moral et chaste quand les hommes ne sont pas, par leur nature même, c’est-à-dire par leur race, des hommes vertueux, dont la décence et la mesure sont inscrites dans le corps et l’âme.
La culture de l’habit et des tailleurs est une culture de trafiquants, et elle est fondamentalement antisociale car elle aggrave les différences de classe entre riches et pauvres. Le vêtement classe. C’est pourquoi les femmes gaspillent des fortunes en vêtements et alimentent une industrie du luxe si socialement nuisible. Une femme en singe une autre, et ces singeries s’appellent la mode. La mode féminine actuelle n’est rien d’autre que le fait délibéré de recouvrir les caractères sexuels secondaires de la femme – en même temps que les caractères primaires –, de draper dans des tissus l’immoralité, la frivolité et l’hypocrisie afin que les passions masculines soient enflammées mais jamais – sans bakchich – satisfaites. Cette torture d’hommes, qui produit chaque année des hécatombes par la neurasthénie, les maladies mentales et la perversité, va de soi selon la police des mœurs. Cette dernière laisse se montrer nus « athlètes » et autres culturistes, elle laisse ouverts les rings abrutissants parce que les imprésarios sont des étrangers et que cela plaît aux « dames de la haute société ». Voilà comment, point par point, se répète la chute de l’empire romain sur son déclin.
Plus une époque est entichée de mode, plus elle est pudibonde, tchandalisée, malade, dépravée. La nudité innocente et pure est le plus sûr critère de la moralité et de la santé d’une époque. Celui qui cherche à dissimuler son corps cherche également à dissimuler ses pensées. L’habit est le symbole du mensonge, de l’imposture et de la pruderie. Aussi nu et découvert qu’était leur corps, le tempérament des antiques Aryens était nu, innocent, naïf, sans dissimulation. À son époque déjà, Tacite le reconnut. La vanité vestimentaire s’accroît toujours en même temps que la dépravation.
La culture de la nudité mène contre la pudibonderie et pour la vraie beauté, pour les plus hauts idéaux esthétiques, un combat sans merci. Que s’étonne-t-on qu’en ces temps tchandalesques, qui ne possèdent pour toute morale que des critères vestimentaires, naissent autant d’individus hideux ! Étonnons-nous plutôt que les femmes n’accouchent pas d’enfants binoclards, en blouse et caleçons de bain conformes aux arrêtés de police.
(…)
Enfin, la nudité de l’individu laid et racialement inférieur est également un repoussoir excellent pour ses vertus pédagogiques, dont l’hygiène raciale des antiques Aryens usait avec prédilection.
Ostara-Heft n° 66 (Extrait)
4 Les termes Tchandala, tchandalisés, etc. sont empruntés à la philosophie de Nietzsche, qui est le premier à avoir recouru à ce concept de la culture indienne des castes et l’a popularisé dans la langue allemande. Le Tchandala est, dans sa culture d’origine, le plus banni des hors-castes en ce qu’il est le produit d’une femme de la caste des Brahmanes la plus haute avec un Sudra, un homme de la caste la plus basse. C’est pour Lanz l’expression du chaos racial.
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(ii)
La femme et l’Occident
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Le titre complet de la revue Ostara est Ostara. Briefbücherei der Blonden und Männerrechtler. Le terme Männerrechtler est un néologisme forgé par Lanz en opposition et réaction au mot lui-même récent à l’époque de Frauenrechtler, c’est-à-dire celui ou celle qui défend les droits des femmes. Le Männerrechtler est celui qui défend les droits des hommes, du sexe masculin.
Le fait que le terme apparaisse dans le titre même de l’organe de communication le plus connu de l’ONT indique l’importance de cette question dans la pensée de Lanz. L’ariosophie ne se conçoit pas sans cette dimension, aussi fondamentale que le racialisme, et sans la nécessité de rétablir la prééminence juridique et sociale de l’homme. Une société qui perd de vue les « droits des hommes » pour ne se consacrer qu’aux « droits des femmes » est vouée à sa perte.
a/ Voile intégral
Dans l’histoire de l’Occident, l’émancipation des femmes est un épisode qui, bien que le dernier en date et l’état actuel de notre culture, ne peut se targuer que d’une fort brève existence de quelques dizaines d’années, ce qui fait bien peu – n’était l’effet d’optique dû à la proximité – après plusieurs millénaires de minorité légale. On trouverait même difficilement un exemple plus pur de minorité légale (la femme a le statut d’un mineur, c’est-à-dire qu’elle mène une existence sociale sous la tutelle de son père puis de son époux) que dans l’antiquité grecque et romaine. Une conception reprise par les Pères de l’Église : outre les Écritures, tous les auteurs grecs et latins sont mobilisés par eux pour légitimer la minorité légale des femmes en civilisation chrétienne. Enfin, le code civil de Napoléon est un autre exemple classique de ce statut de minorité pour le sexe féminin. Autrement dit, il s’agit d’une donnée de l’Occident, dont la disparition archi-récente n’est, à preuve du contraire, qu’un événement fortuit, certes singulier mais nullement caractéristique. Il est à préciser que cette conception va en Occident de pair avec une grande sévérité pour les actes de brutalité envers les femmes et qu’elle est liée à l’esprit chevaleresque.
Si l’on veut parler du voile islamique, de ce voile cachant le visage de la femme et qui serait si étranger à nos traditions, nous nous bornerons à citer le très classique Dictionnaire des antiquités romaines et grecques d’A. Rich, traduction française de M. Chéruel de l’Académie impériale de Paris (1864), à l’article Caliptra (qui n’est autre que le mot grec pour « voile ») : « Caliptra ou Calyptra. Voile porté en public par les jeunes femmes de la Grèce et de l’Italie, et destiné à dérober leurs traits aux regards des étrangers (cit. Festus, Homère, Sophocle). Il était tout à fait semblable à celui dont se servent les femmes turques. On le plaçait sur le haut de la tête et on s’en entourait la figure de manière à la cacher entièrement, excepté la partie supérieure du nez et des yeux (cit. Euripide). On laissait tomber ce voile sur les épaules jusqu’au milieu du corps (…) Un voile de cette sorte était aussi porté par les jeunes mariées en Grèce (cit. Eschyle), et c’est avec ce même costume que paraissent encore à Rome, à la fête de l’Annonciation, les jeunes femmes qui reçoivent une dot de l’État. »
Au moyen âge, ensuite, les coiffures féminines, hennins et autres, étaient confectionnées de façon à comporter ou à pouvoir recevoir un voile, lequel était abaissé ou relevé selon les circonstances, à savoir qu’il était porté en public, hors de la maison de l’époux. La littérature médiévale en comporte maints témoignages. Par exemple : « Une demoiselle descendit devant le palais, accompagnée d’un chevalier tout vieux et tout chenu. En entrant dans la salle, elle laissa tomber son voile, et l’on vit une pucelle d’une grande beauté » (Galehaut, sire des îles lointaines, Les Romans de la Table Ronde par Jacques Boulenger, 1923). Boulenger n’écrit pas « le voile qu’elle portait » mais « son voile », car c’était un élément imprescriptible de la toilette des femmes de condition. Ces voiles permettaient à celles qui les portaient de voir au travers sans que leurs traits fussent distincts.
Au cours des siècles, cet accessoire, si tant est que l’on puisse désigner ainsi un élément que les mœurs ne permettaient pas d’omettre, a évolué. En plusieurs endroits, il fut remplacé par le loup, ce masque qui couvre la partie supérieure du visage et qui permet de voir à travers deux ouvertures ménagées au niveau des yeux. Le loup n’est plus aujourd’hui qu’un accessoire de carnaval. Les dames le portaient sur le visage ou en face-à-main.
Il est fort possible que cette époque un tant soit peu corrompue que fut le dix-huitième siècle et qui s’est achevée en France par la Révolution, ait vu un recul de l’usage du voile ou du loup. En matière de condition de la femme, il y eut, avec le code civil, ce que l’on pourrait appeler une réaction napoléonienne.
Le dix-neuvième siècle a consacré l’usage de la voilette, étymologiquement « petit voile », qui se fixait au chapeau. Jusqu’à la Première Guerre mondiale et encore au-delà, une femme de condition ne sortait pas sans voilette. Si le dictionnaire Robert définit celle-ci comme un « petit voile transparent », il ajoute une citation de Maupassant qui montre qu’elle n’était nullement transparente dans les deux sens : « Elle avait relevé sa voilette et Morin, ravi, murmura : Bigre, la belle personne ! » Morin ne pouvait distinguer clairement les traits de cette femme tant qu’elle n’avait pas relevé sa voilette.
b/ Gynécée
Au long article « femme » du Larousse du dix-neuvième siècle, on peut lire la chose suivante sur les femmes de l’antiquité grecque et romaine :
« Dans les petites cités grecques, où toutes les affaires publiques et privées se débattaient devant le peuple assemblé, le citoyen passait sa vie sur la place publique. Si l’homme vivait toujours au dehors de sa maison, la femme, au contraire, ne pouvait en sortir. Tristement reléguée dans son gynécée, où les plus proches parents avaient seuls le droit de pénétrer, elles ne pouvaient se laisser voir au dehors que dans des cas rares et déterminés par la loi. »
« Les matrones [romaines] sortaient toujours accompagnées ; au dehors, leur figure était soigneusement voilée. Une longue stole leur descendait jusque sur les talons, et un large manteau, les enveloppant, ne laissait pas voir leur taille. Une troupe de gardiens, nous apprend Valère Maxime, les entourait et empêchait la foule d’approcher d’elles. Presque toutes, au temps d’Auguste, portaient encore des voiles et se conformaient ainsi à la vieille loi qui défendait aux Romaines de sortir le visage découvert. »
On voit que la réclusion au gynécée et le voile au dehors dont elle est le corollaire ne concernent que les femmes mariées (c’est le sens du mot « matrone »), c’est-à-dire, en réalité, les femmes qui doivent assurer une descendance à l’homme. Il faut relever, puisque nous avons parlé du code civil napoléonien, que celui-ci reconnaît en droit une égalité civile entre hommes et femmes (art. 8), mais que cette égalité cesse dans le mariage, la femme mariée acquérant un statut d’incapacité, qui cesse si elle devient veuve. Il est inutile de souligner ce qu’une telle conception a de dangereux pour l’institution du mariage.
L’obligation de la réclusion et de son corollaire, le voile, n’a pas à s’étendre au-delà des femmes qui sont épouses et mères, et même au-delà des épouses des « citoyens », c’est-à-dire des hommes qui comptent dans la vie de la cité. Si l’islam impose le voile à toutes les femmes en âge d’être mariées, c’est en raison à la fois de son égalitarisme religieux et du fait qu’il ne conçoit pas d’autre état pour la femme que celui du mariage (la seule alternative possible, le célibat, est un accident).
Tel n’était pas le cas des sociétés grecques et romaines (ni même des sociétés occidentales ultérieures), comme en témoigne ce propos de Démosthène : « Nous avons des hétaïres pour la volupté de l’âme, des pallaques pour la satisfaction des sens, des femmes légitimes pour nous donner des enfants de notre sang et garder nos maisons. » C’est quelque chose qui se retrouve dans la doctrine ariosophique telle que la conçoit Lanz von Liebenfels5. Les hétaïres et les pallaques correspondent aux courtisanes et aux prostituées modernes, les premières cultivant des talents artistiques de musiciennes, danseuses, comédiennes, les secondes se bornant au commerce charnel. Pour Lanz, il serait dangereux de vouloir supprimer la courtisanerie car les femmes perverses, dès lors qu’il ne leur est laissé d’autre choix que le mariage, ne peuvent que ruiner cette institution et ruiner les familles en altérant par leur adultère, en adultérant le sang des meilleures lignées.
Ces institutions historiques témoignent de l’effort de l’Aryen pour préserver son capital génétique au contact des populations assujetties par la conquête. Il n’y a pas trace de tels efforts chez les populations aryennes vivant en vase clos, comme ce fut relativement le cas pour les anciens Germains, où de telles garanties n’ont pas lieu d’exister et où les relations entre les sexes sont différentes et caractérisées par un véritable culte chevaleresque de la femme (qui ne cesse pourtant pas de voir en elle un être naturellement moins doué à de nombreux égards et qu’il convient de protéger comme un enfant).
5 Le rhéteur Démosthène est en fait, selon Lanz, un représentant de la décadence grecque, dont le type physico-racial correspond à l’universitaire contemporain, parangon d’une intellectualité pervertie. Le propos cité ne fait cependant que décrire une situation déjà ancienne à son époque et qui a sa logique dans une perspective ariosophique.
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Ces propos sur le voile peuvent sembler contradictoires avec ce qui précède au sujet de la culture de la nudité. À cela il convient de répondre de la manière suivante.
Le nudisme concerne principalement la jeunesse : « Pour la jeunesse, il n’existe pas d’instrument éducatif plus indiqué et plus sûr que la culture de la nudité » (Ostara n° 66 supra). Associée à une éducation à la beauté aryenne (callipédie), la culture de la nudité doit être pratiquée de manière quotidienne parmi les adolescents et les jeunes adultes, en particulier au cours de leurs exercices physiques. Il ne convient sans doute pas que garçons et filles pratiquent ensemble les mêmes sports, car les différences physiques ne le permettent guère de manière satisfaisante, mais, outre le fait que certaines activités peuvent être pratiquées en commun, telles que certains échauffements, la gymnastique, la randonnée, etc., les activités séparées peuvent avoir lieu dans des gymnases communs, qui permettent aux uns et aux autres de considérer leur nudité réciproquement. Il ne s’agit là rien d’autre que de la mise en pratique de l’éducation à la beauté qui doit être dispensée à la jeunesse.
D’autre part, en parlant du voile dans notre histoire, l’idée n’est pas tant de proposer de le rétablir que de signaler à l’attention des uns et des autres les moyens par lesquels l’Aryen a cherché à préserver son capital génétique dans les sociétés multiraciales qu’il dominait. Dès lors que l’objectif de l’ariosophie contemporaine est de permettre aux Aryens de vivre entre eux, selon leurs besoins spécifiques en vue de leur plein épanouissement, et de faire en sorte que les tâches jusqu’alors réservées (tant qu’était respecté un ordre traditionnel aryen) aux populations soumises ont vocation à être assurées à l’avenir par des machines, y compris des machines organiques (cf. Théozoologie) dans un État social-eugéniste, la stratégie du voile n’apparaît plus aussi fondamentale.
Il ne faut pas attendre de la femme qu’elle développe les mêmes qualités rationnelles et intellectuelles que l’homme, pour la simple raison que son anatomie et la structure de son cerveau, avec prédominance relative du cervelet, siège des émotions et des sentiments, ne le permettent pas. L’homme profond, intellectuellement puissant, est absolument seul du point de vue de sa relation à la femme : elle ne peut tout simplement pas le comprendre. La seule chose qu’elle puisse faire et qui doit lui être demandée, c’est de témoigner du respect pour ce mystère en présence duquel elle se trouve. La « femme libre », la femme émancipée, a toujours été et sera toujours l’ennemie de la culture, par sa prédilection pour les hommes inférieurs. Lanz va jusqu’à dire que la femme a orienté la sélection génétique de ces deux mille dernières années ad grandiora genitalia, sur la foi de la statuaire grecque antique, qui présente les formes les plus excellentes du corps masculin.
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ANNEXE
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Il n’est pas sans intérêt d’examiner les erreurs commises au sujet de l’ariosophie par un auteur qui en a traité, le Français Jean Mabire, dans son livre Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens (1978).
Cet auteur nuit par ses jugements péremptoires et erronés, qui sont autant de balourdises, à la connaissance de la pensée dont il s’agit. Or Mabire est le premier à reconnaître son ignorance : « L’introuvable collection de cette revue [Ostara] fera rêver quelques générations d’occultistes et de pamphlétaires. » Il avoue ainsi, cela semble indéniable, ne pas avoir lu une seule ligne des cahiers Ostara ; et il faut également se rendre à l’évidence qu’il n’a pas lu une seule ligne d’un quelconque ouvrage de Lanz. À preuve ce qu’il dit de la Théozoologie : « un volumineux ouvrage de 3.500 pages », alors qu’elle n’en compte qu’une centaine. Il confond avec le Bibliomystikon en quinze volumes, puisqu’il affirme que la Théozoologie « comprendra une quinzaine de livraisons ». En bref, Mabire ne connaît pas le moins du monde le corpus du sujet qu’il traite.
Aussi n’est-il pas étonnant que son texte soit un tissu d’inexactitudes et d’âneries. Par exemple, « Dans cet étrange bestiaire métaphysique, deux races se disputent le monde : les ‘sombres’, qui descendent des singes, et les ‘clairs’, qui remontent à l’Hyperborée. » Un tel schématisme n’appartient pas à la pensée de Lanz, qu’il ne fait que caricaturer. Prétendre ou croire que Lanz ignorerait l’existence de la pluralité des races humaines est une sottise. En revanche, il est clair que Lanz en distingue une de toutes les autres, mais il ne la qualifie pas de l’appellation primaire « les clairs ». Qu’on dise tant qu’on veut que cela n’est ni plus ni moins ce que nous avons exposé plus haut sur les conséquences de la pigmentation, on ne peut prétendre que cette présentation de Mabire soit sérieuse.
Il poursuit : « Il importait assez peu que Lanz se donnât tant de mal pour nous prouver que le premier homme était un authentique Germain », en ajoutant immédiatement : « Adam n’est pas plus allemand que Dieu n’est français ! » Ou comment se faire passer pour une intelligence en donnant autrui pour sot. Lanz n’a pas évidemment cherché à prouver qu’Adam était allemand ; en présentant les choses en termes aussi absurdes, l’auteur fait preuve d’une grande légèreté.
Il est en revanche plus étonnant de lire sous sa plume : « Malgré ses outrances polémiques et ses prophéties hasardeuses, la revue Ostara reste une étape capitale dans la redécouverte de l’esprit de Thulé », un esprit de Thulé que Mabire prétend servir, à sa manière. Une fois compris que Mabire ne connaît rien à l’ariosophie, on peut en effet s’étonner qu’il lui impute une quelconque importance dans la redécouverte de cet esprit. C’est d’autant plus étonnant que dans ces quelques pages les injures pleuvent : « ce défroqué au persistant délire hallucinatoire », « hantise maniaque », « un charlatan, qui n’avait quitté le christianisme que pour inventer une nouvelle révélation fantasmagorique ». Injures faciles qui ne s’appuient, encore une fois, sur aucune connaissance précise. Toujours est-il que cette « étape capitale » est bien mise à mal, quelques lignes plus loin : « En tout cas, les fidèles de ce pseudo Ordre du Nouveau Temple tomberont à jamais dans les oubliettes d’où ne les tireront que quelques publicistes en mal de sensationnel. »
Dans son livre, Mabire s’attache à grandir la personne de Rudolf von Sebottendorf, comme il s’attache à grandir celle d’Ernst Röhm dans un autre ouvrage consacré à ce dernier, Röhm, l’homme qui inventa Hitler (sic). Cette tendance à vouloir grandir des figures historiques somme toute mineures au détriment d’acteurs de bien de plus de poids objectif en dit long sur la psychologie de l’auteur. Il est indéniable, d’une part, que l’œuvre intellectuelle de Lanz est sans commune mesure avec celle de Sebottendorf, ne serait-ce qu’au seul plan des connaissances mobilisées, qui sont dans le rapport de l’encyclopédie au traité de vulgarisation, et, d’autre part, qu’Ernst Röhm est un personnage historique de second plan.
Quelques lignes à peine après avoir écrit que les fidèles de l’ONT sont dans les oubliettes de l’histoire, ne voilà-t-il pas que notre Mabire affirme que « parmi les fidèles de l’ONT on comptait d’indéniables chercheurs de vérité et des hommes de valeur, comme lord Kitchener, si l’on doit en croire les spécialistes des sociétés secrètes de ces époques ». Suivent les noms de plusieurs autres personnalités connues. Il ne se rend même pas compte qu’il se contredit d’un paragraphe à l’autre.
Quant à Lord Kitchener, le maréchal britannique, ministre des armées pendant la Première Guerre mondiale, ce ne sont pas d’abord les « spécialistes des sociétés secrètes » qui le placent parmi les « fidèles de l’ONT », mais Lanz lui-même, à plusieurs reprises dans Ostara. Aucun élément documentaire n’est venu corroborer jusqu’à présent cette affirmation. Il est avéré que Kitchener parlait l’allemand, à la suite de ses années d’éducation en Suisse, et qu’il aurait donc pu lire la revue ; c’est tout ce qu’on peut dire à ce sujet.
Les inexactitudes de Mabire ne s’arrêtent d’ailleurs pas à l’ariosophie. Dans un autre chapitre de son livre, il affirme par exemple que le prêtre catholique Bernhard Stempfle, éditeur du journal antisémite Miesbacher Anzeiger, relecteur de Mein Kampf avant sa publication et plus tard homme de liaison d’Adolf Hitler avec le Vatican, était un « moine barnabite », alors qu’il appartenait à l’ordre de saint Jérôme.

Nous ajoutons quelques citations de l’auteur, dans le texte original, en guise de complément documentaire à notre présentation. Les citations qui suivent sont tirées du journal Ostara, dont Lanz von Liebenfels était l’unique rédacteur. Dans la troisième édition de 1929, les « cahiers » (Hefte) des éditions précédentes ont été rassemblés en vingt « volumes » (Bände) thématiques réunissant chacun plusieurs cahiers. Nous présentons le présent choix de citations sous quelques rubriques pertinentes. Les numéros du volume et de la page sont indiqués.
ANTHROPOLOGIE
a/ Métabolisme
Unter der Einwirkung der Kälte zieht sich die äußere Haut zusammen und wird blutleer, indem alles Blut in die inneren Organe zurückströmt, wo es vor der Abkühlung geschützt ist. Das Blut, als der eigentliche Lebenssaft, wird daher in den kühlen Klimaten mehr zu innerer Arbeit in den Gehirnen, den Lungen und Nieren gedrängt. … Ist nämlich die Außentemperatur eine hohe, so nimmt der Blutgehalt der Haut zu, die Drüsen der Haut werden dadurch zu lebhafterer Tätigkeit angeregt und sondern die ihnen eigentümliche Flüssigkeit, den Schweiß ab. Das Leben der nichtasischen [asisch: des dieux Ases] Rassen spielt sich sozusagen mehr an der Oberfläche des Körpers ab, sie sind die oberflächlichen Menschen, die grobsinnlichen Menschen, die Menschen des rohen Tastgefühls, sie sind hohle, daher aufnahmsfähige, passive und rezeptive Menschen. (Bd. I, S. 51)
C. [Carl] Röse (Beiträge zur europäischen Rassenkunde, 1906) bemerkt scharfsinnig, daß die helle Komplexion, weiße Haut, blaue Augen, blonde Haare nicht ein zufälliges Ausschmückungsstück der Natur, sondern der Ausdruck einer besonders günstigen Ökonomie in den Vorgängen des organischen Stoffwechsels ist. Bei Heranzüchtung dieser Rasse hat das Zurücktreten des Pigmentes dem Ausbau des Gehirnes gedient und während bei den farbigen Rassen der starke Pigmentgehalt einen intensiven Stoffverbrauch verursacht, kommt er bei der hellen Rasse dem Gehirn- und Nervenleben zugute. (I, 55)
b/ Différentiation sexuelle
M. [Moritz] Hoernes („Urania“, 28. Heft, 1908 Wien) … „Schon Darwin fand aus den Abmessungen zahlreicher Körperteile bei verschiedenen Rassen und an beiden Geschlechtern, daß die Männer viel stärker differenziert seien als die Frauen, und schloß daraus, daß die Männer es gewesen, welche hauptsächlich modifiziert wurden, seitdem die verschiedenen Rassen von ihrem gemeinsamen Urstamm auseinandergingen.“ Es bestätigt demnach auch die Anthropometrie unsere Ansicht, daß der Mann das Prinzip der Hinaufzüchtung und das Weib das Prinzip der Hinabzüchtung (resp. des Rückfalls in den primitiven Zustand) darstellt. (II, 16)
Die neueren Biologen nennen die in der höheren Tierwelt fast überall zutage tretenden Erscheinung, daß die Männchen in ihren Körperformen einen höherentwickelten Arttypus darstellen und wieder auf die männliche Nachkommenschaft übertragen, die „männliche Präponderanz“. (IV, 3)
c/ Parties génitales
Es ist dies [enorm große Genitalien] offenbar ein typisches tierisches Merkmal, das die Alten bereits instinktiv als solches erkannt haben, da sie ihre Heldengestalten durchaus mit parva pudenda [Membrum virile (in statu non erecto) brevius quam scrotum] darstellten, den Faunen und Satyren aber magnas carnes [Membrum (in statu non erecto) longius quam scrotum] zuwiesen. (I, 76-7)
An die schönen antiken Skulpturen, die fast durchwegs keine Menschen der mediterranen Rasse, die heute Griechenland und Italien bevölkert, sondern Menschen der nordischen blonden Rasse darstellen, bemerken wir, daß die männlichen Geschlechtsteile auffallend klein, wenigstens relativ kleiner sind als bei der Mehrzahl der heutigen Männer. Das Weib hat also schon während der letzten 2000 Jahre in der Richtung ad grandiora genitalia Auslese getroffen. (VI, 7)
Zikel (Mädchenkrankheiten, 1912) hat die für die Sexualpraxis ungeheuer wichtige Entdeckung gemacht, oder wenigstens zuerst ausgesprochen, daß die Vaginalschleimhaut der Blondinnen weitaus empfindlicher ist, als die der Dunklen. Diese hinwiederum haben größere und weniger empfindliche und weiter rückwärts sitzende Scheiden (weswegen bei den meistern dunklen Rassen der concubitus a retro more bestiæ gebräuchlicher ist und die Weiber größere Clitoris haben), wodurch das Mittelfleisch kürzer wird. (VI, 57)
d/ Télégonie
„Ganz anders wird die Sachlage, wenn artfremde Individuen gekreuzt werden. Es ist anzunehmen, daß dann eine Reihe von Molekülarkomplexen nicht zur Vereinigung und Entwicklung kommen; namentlich werden diese dann, wenn sie vom männlichen Individuum dem weiblichen Organismus zugeführt werden, von letzterem aufgenommen und gelegentlich weiter verwendet.“ (Dr. Max Meyer, Wie entstehen Krebsleiden? 1912) Dies ist eben nach Max Meyer die durchaus plausible Grundursache der sogenannten „physiologischen Imprägnation“ des Weibes durch den männlichen Samen, so daß die ehelichen Kinder eines Weibes die physischen und psychischen Eigenschaften unehelicher oder außerehelicher Liebhaber haben können. Das läßt sich nun so erklären, daß aus den Zellen des Embryos sich Molekülkomplexe loslösen, in den Kreislauf geraten und sich in Zellen der Mutter, jedenfalls in den Geschlechtszellen, ablagern, von wo aus sie unter Umständen bei dem Aufbau eines Embryos (oder wenn sie in anderen Körperteilen eingelagert versprengt vorkommen an dem Aufbau von Neubildungen und Geschwülsten) Verwendung finden. (IV, 30-1)
Das männliche Sperma ruft im Blute des Weibes sofort nach der Konzeption eine chemische Veränderung hervor. Das Blut des Weibes wird dem Blute des Schwängernden chemisch verwandt. Deswegen erwacht beim Weib die tiefere Liebe erst post coitum und vergißt es vor allem den deflorator selten. (VII, 10)
e/ Phylogenèse
Franke macht die bedeutsame Bemerkung, daß einzig und allein einige Vögel imstande sind, artikuliert und menschenähnlich zu sprechen. Er leitet diese Erscheinung darauf zurück, daß allein Menschen und Vögel einen nach vorwärts gerichteten Kopf haben. Artikulierte Sprache scheint also mit aufgerichtetem Rumpf in Zusammenhang zu stehen. Das ist ein wichtiges Argument für meine Hypothese der Entwicklung des tertiären Vormenschen aus geflügelten Sekundärwesen, den biblischen „Engeln“. (IX, 36)
Auch der Münchener Hochschullehrer Edgar Dacqué hat meine anthropozooische Theorie von der Abstammung der Menschen bereits akzeptiert und behauptet, daß der Mensch nicht vom Urassen abstamme, sondern der Affe von einer Ur-Menschenart. Denn der Ahne des Menschen erscheint bereits lange vor der Eiszeit als Zeitgenosse verschiedener Saurier, der Drachen, der Lintwürmer und Seeschlangen. Auch Prof. Westenhöfer von der Berliner Charité, und van Bergh [sic: Berg] (Affenmensch oder [sic : und] Menschenaffe) u.v.a., die sich mit diesem Thema beschäftigen, kommen zu demselben Resultat wie ich. (XIX, 20)
PROPHYLAXIE RACIALE
So ist es z.B. in den meisten Gebieten des Deutschen Reiches nur wenig bekannt, daß die Frauen wochenlang nach der Geburt Bauchbinden tragen und viel auf dem Rücken liegend ausgestreckt ruhen sollen, damit die vorgetriebenen Eingeweide (und auch die Bauchdecke) wieder in ihre schöne natürliche Lage zurückkehren. Eine Frau im Beruf hat nicht Zeit, sich in dieser Weise zu pflegen und deswegen sehen wir in Deutschland soviele abschreckend häßliche Frauengestalten mit entstellenden Hängebäuchen. Diese Hängebäuche erschweren einem Mann cum membro longitudinis normalis, die Beiwohnung. (Bd. II, S. 42-3)
Nun aber wirkt das Säugen in ganz wunderbarer (und offenbar zu wenig bekannter) Weise nicht nur im allgemeinen verschönernd auf die Gesichtsfarbe und Körperform der Frau, sondern auch und zwar ganz besonders auf die weiblichen Geschlechtsorgane ein. Denn diese werden durch das Säugen zusammengezogen und kehren schneller und vollständiger in ihre normale Lage zurück. (II, 43)
Geistige Arbeiter sollen stets auf Kinderzeugung verzichten und womöglich gleichalterige oder ältere Frauen heiraten. Denn das große allgewaltige Naturgesetz der Erhaltung jeder Kraftleitung duldet nicht, daß ein Mensch zu gleicher Zeit geistig und körperlich schöpferisch arbeite. Er verliert entweder die geistige oder körperliche Zeugungskraft, meist beides, und die gezeugten Kinder sind von Geburt aus lebensschwach (rhachitisch, skrofulos, geistesgestört). (II, 47)
Wenn wir in einem heroischen Zeitalter leben würden, dann würde ich antworten: Zeugt soviel Kinder als ihr könnt. Nachdem aber unsere Zeit ganz unter dem Einfluß der Mischlinge steht, und vor allem die blonde Rasse völlig verarmt ist, rate ich: Zeugt wenige, aber treffliche Kinder, ernährt und erzieht sie aber um so besser! … Denn sie [die heroische Rasse] hat nicht die Verpflichtung, sich in übermäßiger Kindererzeugung gesundheitlich und wirtschaftlich zu erschöpfen, um den Tschandalen brauchbare Arbeitssklaven zu liefern. (VI, 58)
Ein Wett-Kinderzeugen wäre auch ganz aussichtslos, weil die Mongolen allein zwei Drittel der heutigen Menschheit ausmachen. … Malthus ist Sieger auf allen Linien! (VIII, 33)
Die Kindermachererei (Prolesmacherei) ist ein Kennzeichen des Tschandalismus und Niederrassentums. Deswegen heißt der unfreie Unadelige: „Proletarier“. (IX, 54)
HISTOIRE
a/ Les races archaïques
Nicht die in den Gewässern enthaltenen Stoffe sind die causa prima et efficiens [du crétinisme, corrélé avec certains profils géologiques], sondern der altertümliche Charakter dieser Gegenden, und die in ihnen erhaltene altertümliche Rasse, mit ihrem altertümlichen Formen erzeugenden Od, das gleichsam als Miasma die ganze Gegend infiziert. Der verständige Ortsnamenforscher kann allein schon aus den Ortsnamen und Heiligen der Kirchen und Kapellen diese Gegenden im voraus bestimmen. Alle Zusammensetzungen mit „Scheuch-“, „Schratt-“, „Phol-“, „Bug-“, „Wachs-“ usw. deuten auf das Vorhandensein derartiger primitiver und archaistischer (altertümlicher) Menschenarten hin. (IV, 27)
b/ La race ario-héroïque dans l’histoire
Alle Staaten der Welt, auch die des Orients und Amerikas, sind von sogenannten „Gefolgschaften“, dem alljährlich zur Frühlings(Oster)-Zeit ausziehenden „Ver sacrum“ (dem „Weihefrühling“ der jungen Krieger!) gegründet worden, und die Königs- und Adelsgeschlechter aller Völker der Welt führen ihre Abstammung auf diese gottähnliche Rasse von Heroen zurück. Alle Philosophien und Religionen der Welt wurzeln in der Entwicklung, Pflege und Vervollkommnung dieser Rasse, in der sich die Gottheit am vollkommensten manifestiert! (I, 5-6)
Die Bezeichnung „blaues Blut“ für Adel stammt aus Spanien. Nach der Vertreibung der Mauren aus Spanien zählte man nur diejenigen zum Adel, die sich durch ihre blau durch die weiße Haut schimmernden Blutadern als Abkömmlinge der hellhäutigen, blauäugigen und blondhaarigen Goten zu erkennen gaben. (III, 27).
[Documents attestant l’existence historique du jus primæ noctis :] „Oeffnung von Hirslanden und Stadelhosen“ im Kanton Zürich von 1538; Lagebuch des schwäbischen Klosters Adelberg vom Jahre 1496 (VII, 27)
Der Arier ist der Führer der Menschheit und der Gote der Führer der Arier. (XI, 70)
Die Zwerge gruben als Sklaven (und Slawen) das Metall aus der Erde und schmolzen es. Die osteuropäischen Länder sind die Urheimat der Metalltechnik und die Goten das erste große Metallvolk. Vitus ist daher auch sogar ein der gotischen Hauptgottheiten geworden und der Name geht auf den Gott Vaihts oder Wiso zurück. Demnach nannte sich der eine Zweig der Goten Wisigoten (nicht Westgoten). Gerade dieser Gotenstamm war im Besitze des höchsten ariosophischen Weistums. Die vielen Ortschaftsnamen, die mit Wis-, Wit- oder Weiß- zusammengesetzt sind, hängen mit dem Gotengott Wiso oder Wido zusammen. Dasselbe gilt von allen St. Vitus- (oder St. Veit-)Orten. Immer zeigen sie Metallkultur und (wisi) gotische Siedlung und Stätten höchsten Weistums an. Meist sind sie auch Orakelstätten. (XI, 91-2)
RELIGION
Ebenso spricht der Umstand, daß in allen arischen Religionen der Sonnengott eine wichtige Rolle spielt, dafür, daß die Urheimat der arischen Völker in Norden liegen müsse. Denn aus dem Nordländer is die Sonne ein gütiger und segenspendender Gott, während sie durch ihre Glut dem Sudländer mehr zum Verderben als zum Heile gereicht. (IX, 26)
Odhin versteht selbst die Vogelsprache und nimmt bisweilen die Gestalt einer geflügelten Schlange an. (XI, 10) [Cf. Quetzalcoatl]
Ich kann nur bestätigen, daß in diesem Jesuitenorden und den ihm nachgebildeten modernen Männer-Kongregationen von 50 Prozent der Ordensmitglieder die sexuelle Enthaltsamkeit von frühester Jugend an aufs strengste und mit fanatischer Begeisterung, allerdings nur von Angehörigen der heroischen Rasse, geübt wird. Diese Männer sind infolge der unfreiwilligen Pollutionen längstens bis zum 36. Lebensjahr impotent. Man wird jetzt auch begreifen, warum Ignatius v. Loyola die Ausweihung zum Priester erst nach dem 36. Lebensjahr gestattet. Absolute Keuschheit macht den Mann ebenso zeugungsfähig wie Ausschweifung. (VII, 6-7)
[Il est étrange de parler du devoir de chasteté – « continence parfaite et perpétuelle » selon le droit canonique – comme s’il ne s’appliquait qu’à la congrégation des jésuites, alors qu’il s’agit d’un devoir pour l’ensemble des clercs et religieux catholiques. En outre, mentionner cette application « depuis le plus jeune âge » (von frühester Jugend) n’a, semble-t-il, guère de sens : pour chacun, la soumission à ce devoir dépend des particularités de la vocation, qui peut être plus ou moins précoce. Quant à la mention de l’âge de 36 ans pour la survenue « au plus tard » (längstens) de l’impuissance sexuelle, elle est tout aussi fantaisiste puisque, même en admettant que la continence parfaite conduise au bout d’un certain temps à l’impuissance, et de surcroît que ce laps de temps soit à peu près le même pour tous, encore une fois cela dépend du point de départ, et celui-ci est-il connu ? Il s’agit pour Lanz de donner une clé de compréhension des statuts de la congrégation, qui ne permettent pas, selon lui, l’ordination à la prêtrise avant 36 ans ; l’explication en serait donc que les individus ordonnés sont forcément impuissants à cet âge, mais ou bien quelque chose nous échappe pour comprendre la cohérence du propos (par exemple s’il existe un âge limite pour entrer dans l’ordre et y suivre une formation en vue d’une ordination) ou bien c’est une élucubration.
L’autre partie du contenu de ce passage est l’affirmation selon laquelle la moitié seulement des membres de l’ordre respectent strictement, « fanatiquement », leur vœu. Si la continence parfaite et perpétuelle des clercs et religieux n’est pas mieux respectée que, si l’on en juge d’après la littérature, la continence partielle des laïcs catholiques (fidélité conjugale), les fondements même de l’organisation ecclésiastique sont atteints. Le renvoi de l’état clérical est contre cela une sanction possible, même si le sacrement d’ordination à la prêtrise est ineffaçable dans la doctrine catholique. Dans un pays bouddhiste comme la Thaïlande, encore au dix-neuvième siècle, les bonzes convaincus d’adultère étaient, selon le témoignage du père Pallegoix, condamnés par les autorités étatiques aux travaux forcés à vie : l’État lui-même intervenait pour garantir le respect du canon applicable aux moines, l’adultère était condamné moins sévèrement pour les laïcs. En Europe, le « privilège du for » s’est toujours opposé à l’intervention de la justice d’État dans le cas des ecclésiastiques, même en cas de violation des lois de l’État.]
Der blonde Mensch der heroischen Rasse ist der Idealist von Natur, nur er konnte der Schöpfer der idealsten Religion, des Christentums, sein, nur er allein ist heute der Erhalter und Bekenner dieses erhabenen Glaubens. … Heldentum und Märtyrertum ist der eigentliche Lebensberuf des Ariers. (XI, 15)
Nous complétons les précédentes citations tirées du journal Ostara par d’autres tirées de quelques volumes du Bibliomystikon.
Band III: Theozoikon
Übrigens spielen die inneren Sekretdrüsen eine wichtige, noch nicht ganz erforschte, geheimnisvolle Rolle. Die Änderungen ihrer Funktionen bewirken Änderung des Rassetypus. Die Vormenschen beherrschten aber die Funktionen der Sekret-Drüse und nutzten sie zur Mutation der Rassen und Arten aus, und zwar ganz bewußt. (23)
Ich gehe sogar soweit, daß ich die Elektrozoa für die Alchimisten halte, die aus dem in Massen vorhandenen Steinmaterial der Erde durch Transmutation die Metalle machten, daß also Metallvorkommen stets auch das ehemalige Vorhandensein von Elektrozoa an diesen betreffenden Orten kundgeben. Sie selbst scheinen besonders Gold und Silber in ihrem Körper in kolloidaler Form aufgespeichert zu haben, so daß Vorkommen an Gold und Silber darauf schließen ließe, daß dieses Gold und Silber Relikte von den Körpern der Elektrozoa seien. (46-7)
Daß diese prähistorischen Drachenwesen auch eine materielle Kultur entwickeln haben können, das beweist die Tatsache, daß es unter ihnen Arten gab, die nicht nur zweibeinig waren, sondern die auch menschenähnliche Hände besaßen. Man hat die versteinerten Handformen dieses Urweltwesens im Sandstein des Steinbruch am Heßberg bei Hildburghausen 1833 gefunden und das Wesen, von dem man bisher nichts sicheres weiß, Chirotherium, d.i. Handtier genannt. (96)
Band IV-1: Introduktion in die ariosophische Esoterik des Alten und Neuen Testaments
Die für uns Arier und Germanen wichtigste Bibelübersetzung, die gotische Übersetzung des Ulfilas ist bezeichnenderweise sogar älter als die lateinische des Hieronymus (Vulgata) und stammt aus dem 4. Jahrhundert nach Chr. (51)
IV-2: Der ariosophisch-esoterische Gott und Genesis I und II
Auf Grund dieser Erwägung [l’écriture égyptienne non vocalisée, et les lettres l et r confondues] kann Re oder Er auch Le oder El gelesen und ausgesprochen werden und der in den ägyptischen Inschriften am häufigsten vorkommende Sonnengott Re wäre also mit dem semitischen El identisch. (40) [Voyez préc. comment. IX, 26.]
…daß Wihs oder Wig ein alter germanischer, besonders gotischer Gott war. Es ist dies Wihs, der Stammgott der Wisi-Goten, die später fälschlich Westgoten genannt wurden, ebenso wie die „Ostgoten“ nicht die „östlichen“ Goten, sondern die „Ostrogoten“ sind, die Goten, die die Ostara als Stammgöttin verehrten. (78-9) [Voyez préc. comment., XI, 91-2.]
IV-3: Die Erzväter der Menschheit: Genesis III-L
Tempeltürme und Pyramiden waren eben die Behausung der als Götter verehrten Dämonozoa. Dort wurden sie gehegt, gepflegt, gezüchtet und mißbraucht. (154)
Im allgemeinen sehen die Biblisten in den Theraphijm die Hausgötzen, die bei den Römern penates hießen. Daß sie Buhlschratte waren, besagt ihr Name, der von „penis“ kommt. Es waren also makrophallische Zwerge. (197)
IX-2: Leiden und Sterben des elektrotheonischen Logos
Mit der Ausschaltung der Geschlechtsdrüsen wird das Leben des Einzelindividuums unbegrenzt verlängert werden können … Die Energie, die sich jetzt in der Zeugung homoeopathisch auf ungezählte, durch 1000 Jahre sich oft inkarnierende und exkarnierende Individuen verteilt, wird im Uranuszeitalter in einem 1000 Jahre lebenden Individuum akkumuliert bleiben. Luc XX, 36: Denn da die Uraniden nicht mehr zeugen werden, brauchen sie auch nicht mehr zu sterben, und sie werden dann sowohl nach ihren Wesen als auch nach ihrem Geschlechtsleben und ihrer Lebensdauer den Engeln gleichen und „Gottmenschen“ oder, wie die Bibel sagt, „Menschen der Auferstehung“ und „Wiedergeburt“ sein (æquales enim angelis sunt et filii sunt Die, cum sint filii resurrectionis). (154-5)
X-1: Wiedergeburt und Auferstehung des elektrotheonischen Logos im Uranusmenschen
Joh. VIII, 48: Da wurden die Juden zornig und sagten: Haben wir nicht Recht, daß Du ein Samariter (also ein Arier) bist und ein Dämonium hast. (28)
[Dans ces pages sur l’évangile de Jean, Lanz discute divers passages pour en tirer des conclusions sur les origines ethniques de Jésus. Le passage cité est, nous semble-t-il, décisif quant à la position des Juifs de l’époque relativement à cette question, à savoir le fait qu’ils niaient que Jésus fût juif. En français (traduction de Louis Segond) : « Les Juifs lui répondirent : N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? » Or les Samaritains sont décrits dans II Rois comme des étrangers : « Le roi d’Assyrie fit venir des gens de Babylone, de Cutha, d’Avva, de Hamath et de Sepharvaïm, et les établit dans les villes de Samarie à la place des enfants d’Israël. Ils prirent possession de Samarie, et ils habitèrent dans ses villes. » (XVII, 24) On chercha à convertir ces populations étrangères au Dieu d’Israël, avec le résultat suivant : « Ainsi ils craignaient l’Éternel, et ils servaient en même temps leurs dieux d’après la coutume des nations d’où on les avait transportés. Ils suivent encore aujourd’hui leurs premiers usages : ils ne craignent point l’Éternel, et ils ne se conforment ni à leurs lois et à leurs ordonnances, ni à la loi et aux commandements prescrits par l’Éternel aux enfants de Jacob » (XVII, 33-34). « Ces nations craignaient l’Éternel et servaient leurs images ; et leurs enfants et les enfants font jusqu’à ce jour ce que leurs pères ont fait » (XVII, 41). Voilà décrits par l’Ancien Testament ceux dont les Juifs, dans l’évangile de Jean, donnent le nom à Jésus. Or le Nouveau Testament, au même évangile, confirme le caractère étranger des Samaritains vis-à-vis des Juifs : « La femme samaritaine lui dit : Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? – Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains. » (IV, 9) Juifs et Samaritains ne se mêlent pas. Et Jésus, Galiléen né à Bethléhem en Judée, est appelé Juif par une Samaritaine, Samaritain par des Juifs. Lanz cite d’autres passages, tels que Jean VII, 52 : « Ils lui répondirent : Es-tu aussi Galiléen ? Examine, et tu verras que de la Galilée il ne sort point de prophète. » S’il ne sort point de prophète de Galilée, une supposition peut être en effet que c’est parce que ces populations ne sont pas considérées comme juives de plein droit ; cependant, en l’état, ce verset n’est stricto sensu que la négation que Jésus pût être prophète, non la négation qu’il fût juif. S. Paul serait d’origine galiléenne, dit plus loin Lanz, d’après s. Jérôme. Sur la question des origines de Jésus, Lanz cite également Jean VIII, 37 et suivantes (« Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. ») et d’autres.
Des passages cités ici, à commencer par le second livre des Rois, l’image qui ressort est celle de populations d’origines diverses, Juifs, Samaritains, Galiléens, qui, toutes plus ou moins d’accord pour honorer le Dieu d’Israël, fût-ce en conservant en même temps leurs pratiques anciennes, vivaient séparées, et que ce n’est que par un culte commun à toutes au Dieu d’Israël que des observateurs extérieurs tels que les Romains purent parler de nation.
« On chercha à convertir ces populations étrangères au Dieu d’Israël. » C’est ce qui ressort du même passage de II Rois : « Lorsqu’ils [les étrangers envoyés par le roi assyrien s’établir en Samarie] commencèrent à y habiter, ils ne craignaient pas l’Éternel, et l’Éternel envoya contre eux des lions qui les tuaient. On dit au roi d’Assyrie : Les nations que tu as transportées et établies dans les villes de Samarie ne connaissent pas la manière de servir le dieu du pays, et il a envoyé contre elles des lions qui les font mourir, parce qu’elles ne connaissent pas la manière de servir le dieu du pays. Le roi d’Assyrie donna cet ordre : Faites-y aller l’un des prêtres que vous avez emmenés là en captivité ; qu’il y parte pour s’y établir et qu’il leur enseigne la manière de servir le dieu du pays. » (XVII, 25-27) Les étrangers établis en Samarie furent la proie des lions tant qu’on ne leur enseigna pas à servir le « dieu du pays ». Les étrangers se conformèrent donc à une sorte de culte extérieur, dans l’idée qu’il y avait en effet un « dieu du pays » dont le culte s’imposait dans le lieu de leur nouvelle résidence, mais ce culte tout extérieur ne les fondit pas dans la population autochtone pour autant, ni aux yeux de cette population autochtone ni aux leurs, et ce jusqu’au temps des Romains et de Jésus. Seul un nouvel arrivant comme le conquérant romain pouvait penser sous une même idée nationale ces groupes disparates, aidé en cela par un culte nominal commun au « dieu du pays », qui passa pour le dieu d’une nation, que les Romains appelèrent la nation juive en dépit des distinctions anciennes que continuaient de faire ces groupes eux-mêmes.
On peut lire à cette lumière le passage déjà cité de l’évangile de s. Jean : « Si vous étiez les fils d’Abraham… » Juste auparavant, Jésus avait dit aux Juifs : « Je sais que vous êtes la postérité d’Abraham » (VIII, 37), et encore un peu avant : « Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut » (VIII, 23). Sur cette terre, les « Juifs » selon les Romains étaient un ensemble de populations de diverses origines, dont les Juifs au sens autoethnonymique était la plus ancienne, celle qui avait établi le culte du « dieu du pays » et qui se décrivait comme la postérité d’Abraham. C’est ce que montre cet échange entre Jésus et les Juifs auxquels il s’adresse : « Vous [pas « nous »] êtes la postérité d’Abraham » mais moi, Jésus, « je suis d’en haut ». C’est là la révolution sociale de Jésus, dans le contexte historique de l’époque : comme ces différentes populations avaient toutes adopté le « dieu du pays », bien que n’étant pas toutes de la postérité d’Abraham en raison de vagues d’afflux étrangers, il fallait en quelque sorte donner corps à l’idée du conquérant romain devant ces peuples, selon laquelle, puisqu’il y avait là un dieu du pays, il s’agissait d’une nation, alors que les Juifs au sens autoethnonymique continuaient de ne définir la nation qu’à travers la notion de postérité d’Abraham.]