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Louxor : Le Film

À peine avais-je publié sur mon blog il y a deux jours le manuscrit envoyé par mon ami X. (voir mon précédent post) que je recevais par voie postale express, hier, un colis de la part de mon ami Y., perdu de vue lui aussi depuis plusieurs années et qui me demandait à son tour de publier ses écrits.

Las ! appelant aussitôt son ex-femme pour qu’elle me donne un numéro où joindre Y., celle-ci m’apprit qu’il s’était suicidé hier, et ce lors d’une conversation par webcam avec elle, donc devant ses yeux, ce dont elle est extrêmement traumatisée.

Compte tenu de ces circonstances, et de mon amitié ancienne avec Y., je ne peux me dérober à sa requête. Voici donc ses textes, avec la lettre qu’il m’adressa.

Mais je vous en supplie, mes amis, trouvez un autre moyen de faire connaître vos écrits que mon blog, surtout si vous entendez mettre fin à vos jours ! Vous pouvez créer vos propres blogs sans frais (à condition d’accepter de la publicité au milieu de vos textes) ou vous pouvez publier sur des forums en ligne, qui ont souvent une audience bien supérieure à celle d’un blog individuel. Et je ne passerai plus à mes propres yeux et sans doute à ceux d’autrui pour quelqu’un qui favorise les entreprises suicidaires ! Merci de votre compréhension.

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Salut, l’ami !

En voyant, lors d’une de mes régulières visites sur ton blog tellement intéressant, que tu as publié des textes de ce bon vieux X. (paix à son âme), il m’est venu une idée : te faire la même demande. C’est le seul moyen pour moi de toucher une audience considérable et un public informé, cultivé.

Je te le demande au nom de notre amitié ancienne et je suis sûr aussi que tu reconnaîtras l’intérêt que présentent ces textes. J’ai réuni ces ébauches sous le titre LOUXOR : Le Film, qui en est la pièce centrale. Il s’agit de géopolitique de l’islam, sujet ô combien d’actualité !

Le film en question est resté et restera à l’état de projet. C’est dommage. J’ai eu quelque espoir de le voir concrétiser avec l’élection en Égypte du Président Morsi, mais le coup d’État a mis fin à mes illusions. Les quelques contacts que j’avais pris à ce sujet ne m’ont plus donné de nouvelles (je sais qu’au moins l’un d’eux a été assassiné et qu’un autre croupit en prison).

D’avance merci, mon cher ami, et bonne continuation.

Ton dévoué,

Y.

P.S. Inutile de faire connaître mon nom.

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Apologie de l’Émirat islamique d’Afghanistan (1996-2001)

Les Talibans sont des héros. Les Talibans ont pacifié l’Afghanistan en proie aux luttes factieuses après le départ des chars soviétiques. Les Talibans ont éliminé le blaireau Massoud, ce Bob Marley des montagnes à la botte de l’Occident pro-sioniste. Les Talibans ont appliqué la charia en Afghanistan de sorte que, par exemple, la production d’opium avait été quasiment éradiquée. Le régime des Talibans a été renversé mais ils continuent de contrôler certaines provinces du pays et sont le fer de lance de la lutte armée contre les troupes d’occupation pro-sionistes.

Les Talibans sont la hantise d’un Occident dégénéré, qui apporte en Afghanistan la démonstration de son impuissance.

La presse rapporte aujourd’hui le cas de femmes brûlées vives, évoquant par exemple un homme « tombé dans l’héroïne et dans l’alcool » coupable d’un tel acte. Ceci aurait été impensable sous les Talibans. L’homme aurait été flagellé ou pendu pour son intoxication avant de pouvoir s’en prendre à qui que ce soit. Le problème de ces femmes n’est pas l’application du droit musulman mais le chaos importé par les armées pro-sionistes : production de drogue remontée en pleine puissance (l’Afghanistan est de nouveau le principal producteur international de pavot) et importation d’alcool pour créer la confusion parmi les populations locales. (Nov. 2006)

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Les accords politiques n’impliquent pas nécessairement une proximité idéologique. Le Troisième Reich a eu l’idée de rétablir le califat pour les Musulmans, en donnant le titre de calife au roi Ibn Séoud. Nous pouvons reprendre la même idée, avec l’accord suivant : nous aidons l’islam à reconstituer un califat, en contrepartie de quoi le califat rapatrie la majeure partie, voire la totalité, des populations islamiques aujourd’hui présentes sur le sol européen. C’est un accord de bon sens.

L’islam a surtout besoin aujourd’hui de se faire respecter sur ses propres terres. Les gouvernements à la botte des États-Unis doivent être renversés et des autorités islamiques instituées dans tous les pays de tradition musulmane. Ces nouveaux pouvoirs en place se préoccuperont davantage du peuple, qui n’éprouvera plus le besoin d’émigrer. De même, les aspects revendicatifs de l’islam n’auront plus de raison de s’exporter.

Si, après cela, ils veulent, comme certains le pensent, nous envahir, nous conquérir, nous saurons nous défendre. Ce sera : Que le meilleur gagne. Mais les Musulmans n’ont pas de fantasme de conversion universelle. Ce qui se passe actuellement, et qui les met à raison en colère, c’est que la souveraineté des États et des peuples arabes, en particulier, n’est pas respectée par les États-Unis, à cause des sionistes. Aidons-les à retrouver leur souveraineté et ils nous aideront à retrouver la nôtre. (Nov. 2006)

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LOUXOR : Le Film

Ne vous demandez pas ce que le djihad peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le djihad. (Kennedji)

Vous vous souvenez des attaques contre des touristes sur le site de Louxor, en Égypte, en 1997, au cours desquelles trente-six Occidentaux trouvèrent la mort, principalement des Suisses (paix à leur âme). Je voudrais réaliser un film, une super-production, sur l’histoire des attentats. Ce serait grandiose, du Cecil B. DeMille à la gloire des moudjahidines.

D’abord, on verrait la vie de quelques-uns des moudjahidines au Caire, ville tentaculaire et délabrée dirigée par un gouvernement corrompu à la solde des États-Unis et d’Israël. Leur grand et noble cœur s’afflige de l’état dans lequel se trouve leur pays à cause des élites occidentalisées qui méprisent le peuple. Ils deviennent de plus en plus dégoûtés et fanatiques, rejoignent des groupes militants et commencent à s’entraîner pour une opération d’envergure.

Ensuite, on voit les touristes débarquer en Égypte. Dans le film, ce sont beaucoup d’Américains et d’Israéliens. Ils veulent des prostituées, demandent de préférence, pour cela, des Égyptiennes de moins de douze ans. Ils se bourrent la gueule devant les autochtones. Il y a parmi eux deux agents du Mossad homosexuels, qui viennent pour dégrader la situation politique un peu plus dans le pays, ainsi qu’un producteur de films pornographiques de nationalité israélienne, par ailleurs membre de la mafia dite « russe ».

Puis vient le jour de leur visite au site archéologique et touristique de Louxor. La scène doit durer au moins une demi-heure, avec chasse à l’homme (des moudjahidines contre les touristes puis des soldats égyptiens rappliqués sur les lieux contre les moudjahidines) et action pure (avec highjacking d’autocars de tourisme, ce qui est pleinement fidèle à la réalité). La scène pourrait être vraiment captivante. Les attaquants s’emparèrent de bus de tourisme et il s’ensuivit une véritable course-poursuite avec la police et des jeeps de l’armée, peut-être même des blindés, pendant que ça canardait dans tous les sens, parmi les ruines monumentales des pharaons. À la fin, ce sont les bons qui gagnent, avec quelques martyrs. Mission accomplie.

Le film s’appellerait LOUXOR. (Jan. 2007)

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Voici un document qui montre que mes personnages ne sont pas une invention et une diffamation mais que je les tire de la triste réalité. Il s’agit du démantèlement en l’an 2000 au Brésil d’un réseau de prostitution enfantine pour touristes israéliens, réseau organisé par le consul israélien à Rio de Janeiro, lequel s’est enfui en Israël avant que la police puisse l’interroger :

I have on my desk at the moment a news item from Brazil. It is dated July 5 –that’s just 10 days ago– and was reported by Reuters news agency. It is about a child prostitution ring operated in Brazil by Israeli diplomats in order to satisfy the sexual appetites of Israeli tourists. I’ll bet you haven’t seen anything about this on whichever network television news program you watch. The head of the child prostitution ring is Arie Scher, Israel’s consul in Rio de Janeiro, The ring recruited girls as young as nine years old and organized sex parties with the children for Israeli tourists. One of the child prostitutes was questioned by Brazilian police and led them to the home of a Hebrew language teacher in Rio, Georges Schteinberg, where police seized photographs of hundreds of naked children and videos taken at sex parties with the children. Viewing the videos, police officials recognized the swimming pool and deck of the Israeli consul, Arie Scher, which was the scene of many of the sex parties.

Arie Scher was immediately whisked out of Brazil by the Israeli government before the Brazilian police could question him.

(Overthrow.com)

iii

Sinon, j’ai un autre projet, Ta-Marbuta le petit chameau, mais ce n’est pas le même genre… (Avril 2009)

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Un bas-du-front islamophobe poste en ligne une vidéo de Talibans châtiant une femme sur la voie publique, avec le commentaire : « Âmes sensibles s’abstenir (de regarder) ». Je ne crois pas que frapper nonchalamment les mollets d’une femme avec une sorte d’élastique, une lanière (mettons que ce soit, au pire, un nerf de bœuf) appelle un tel commentaire. Serions-nous devenus aussi sensibles à la douleur ?

Il y a deux courants chez nos immigrés : d’un côté, le rap et la délinquance, de l’autre, l’islam. Je fais très clairement la différence. L’islam est un allié non seulement contre les élites occidentales corrompues mais aussi contre les immigrés de la première catégorie. Je souhaite donner aux imams davantage de pouvoir dans les cités, quasiment toute latitude pour couper la main des voleurs, flageller ceux qui écoutent du rap et exécuter les violeurs et assassins. C’est aussi simple que ça.

Quelqu’un comme Maurice Dantec fait quant à lui l’amalgame. D’abord, il vous dit qu’il déteste le rap et cette culture bestiale d’origine américaine, puis ensuite il fustige les religieux musulmans, qui fomenteraient selon lui cette même culture… Quel paradoxe ! Si c’est vrai, je demande qu’on m’en apporte la preuve ou au moins des indices.

Je n’ai aucune sympathie pour les immigrés qui ont adopté et importé le rap américain chez nous. Par contre, l’imam de banlieue qui s’élève contre la corruption de l’Occident, que voulez-vous que je lui dise ? Je pense exactement la même chose que lui. (Mars 2007)

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Gloire à Mahmoud Ahmadinejad, vainqueur incontesté des élections avec 60 % des voix. Quelle belle journée !

Après tant d’articles et de reportages de la presse française, comme de la presse de tous les régimes pro-sionistes, qui a pris comme d’habitude ses rêves pour la réalité et se voyait déjà dans le meilleur des mondes sionistes, la voix du peuple a parlé et le programme d’indépendance nucléaire de ce fier pays peut se poursuivre en toute tranquillité.

Même si les médias continuent de prendre leurs rêves pour la réalité. Ils sont en train de nous dire, à présent, que la jeunesse iranienne pleure. Je ris avec la jeunesse iranienne !

C’est comme avec Berlusconi : avant les élections, les journaux français nous le disaient fini en raison de ses « frasques », de la demande en divorce de sa femme, de « papounet », etc., mais il n’en finit pas de laminer la gauche, aux élections européennes comme aux élections locales qui ont immédiatement suivi.

À force de prendre leurs rêves sionistes pour la réalité, un jour on finira par ne plus les prendre au sérieux, ma parole !

NEJAD FOR EVER!

(Juin 2009)

ii

Sarko-Nagy-Bokza, gouverneur pro-sioniste de la province France, a condamné la fraude électorale en Iran et, pour les médias pro-sionistes, l’élection de Nejad le Grand ne peut qu’être truquée. Ces vaines attaques, qui ne s’appuient sur rien, sont le pathétique témoignage de leur rage imbécile.

À présent, des foules de jeunes Iraniens manipulés sont dans la rue. Les manipulateurs ont les poches pleines de dollars. Ces jeunes travaillés au porno sur le dark net parlent de « dictature » parce qu’ils ne comprennent pas que les masses laborieuses et paysannes détestent ces racailles occidentalisées qui ne représentent qu’une minorité de la population (tout au plus 37 %) mais se croient permis de contester le résultat d’élections libres, poussés à la violence par des agents provocateurs et leurs bas instincts.

Cette minorité qui constitue l’onaniste petite bourgeoisie des centres urbains dégénérés et golémisés par les pervers sionistes est le porte-drapeau des médias mondialisés.

Si ces soixante-huitards basanés s’excitent autant, c’est qu’ils sont persuadés que les Occidentaux les soutiennent, vautrés derrière leurs écrans de télévision…

Le parfum de romantisme que lesdits médias puants veulent vaporiser sur ces éructations violentes de machines auto-érotiques s’accommode mal des remugles d’égouts qui sont le lait et le miel de ces contestataires avariés.

J’adresse mes félicitations au Président Ahmadinejad pour sa victoire.

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J’ignore quel danger représente l’islam, et je crois que la plupart des gens confondent « danger » et « nuisance ». Si nous avions une immigration massive de Croates, ces personnes parleraient d’un « danger » croate, parce que l’immigration de travail apporte au pays d’accueil une vile populace corvéable à merci qui cumule toutes les tares de sa race, quelle que soit celle-ci. Il ne s’agit pourtant que d’une nuisance. (Octobre 2009)

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Saïda Savitri (1942) affirme que les textes grecs de l’Antiquité ont été connus en Occident à la Renaissance seulement. Je suis perplexe. Les commentateurs arabes de la philosophie grecque, et leurs traductions, étaient connues en Occident depuis le Moyen Âge. Averroès (Ibn Rochd), par exemple, était très lu des clercs, au point qu’on parle d’un courant de pensée averroïste dans l’Europe chrétienne. Ce qui caractérise la Renaissance, c’est la lecture des textes grecs originaux, par le canal des Grecs byzantins (notamment des émigrés après la prise de Byzance par les Turcs en 1476). La Renaissance correspond donc en réalité au reflux de l’influence arabo-musulmane dans l’Europe intellectuelle, par l’accès direct aux sources grecques originales.

Du reste, je ne fais pas partie de ceux qui considèrent la Renaissance comme une ère de progrès intellectuel. Cette période se caractérise surtout par les progrès d’un scepticisme matérialiste.

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Je relève actuellement deux groupes numériquement significatifs d’adeptes du national-socialisme sur Facebook. L’un, NAZI, a été créé par un Indonésien et compte près de 700 membres. L’autre, Mein Führer, a été créé par un Turc et compte un peu plus de 1 100 membres.

La caractéristique de ces deux groupes est que les Blancs ne sont pas la majorité des membres. On y trouve un peu de tout, dont des femmes voilées, d’ailleurs un nombre considérable de Musulmans dans les deux cas et ce n’est pas étonnant vu la nationalité des créateurs de ces groupes. (Jan. 2010)

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Dubaïgate : Les Assassins assument

Les Mossadiens ne s’embarrassent pas de broutilles telles que la dignité d’États amis. Qu’ils trafiquent de faux passeports à la nationalité de ces alliés et assassinent un homme pour raison d’État grâce à ces passeports frauduleux, quoi de plus bénin ?

Et pourquoi, s’il vous plaît, prendraient-ils la moindre précaution ? « Il est peu probable que l’enquête aille très loin, Londres, Dublin et Paris ayant annoncé hier que les passeports britanniques, irlandais et français étaient des faux. » (Le Figaro, 17.02.2010)

Les assassins étaient on ne peut plus contents d’eux. « La presse israélienne, qui publiait hier en une les photos des onze suspects, ne prenait que des précautions ironiques pour ne pas attribuer l’opération au Mossad. » (ibid.)

Cependant, au milieu des réjouissances, on apprend que les ambassadeurs israéliens sont convoqués par leurs homologues, dans les pays concernés par les usurpations d’identité. Les sionistes ont dû être les premiers surpris. Le ton a donc changé ; la presse, hier « ironique », devient venimeuse.

« Le Jerusalem Post (…) donne le ton : ‘Il y a de bonnes raisons de penser que certains représentants de l’intelligentsia et des médias en Grande-Bretagne se seraient livrés aux mêmes critiques si, dans l’hôtel (dubaïote), s’était trouvé Oussama Ben Laden ou Adolf Eichmann.’ » (Figaro 20-21.02) Des nazis !

Mais pas de quoi s’affoler non plus. Un M. Tzvi Stauber, ancien ambassadeur à Londres, met les points sur les tzvi : « S’il s’avère que le Mossad a réalisé cette opération, les Britanniques gèleront, au pire, les relations entre le MI 6 et le Mossad, mais cela ne devrait pas aller beaucoup plus loin et ce boycott ne durera pas. La vie continuera. Après tout, ce sont les Britanniques qui ont inventé le métier d’espion. » (ibid.) Et le métier d’assassin ?

Pour conclure, le Jerusalem Post à nouveau : « Ceux qui dénoncent le Mossad ne comprennent pas que, parfois, la fin justifie les moyens. » (ibid.)

Quelle belle mentalité. Et c’est un État ami, ça ? (Février 2010)

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« Washington à la conquête du ‘9-3’ »

Les Yankees craignent de voir nos banlieues se transformer en centres de formation pour kamikazes. Ils essaient de contrer la radicalisation islamique de ces quartiers en attirant les jeunes vers leur modèle+, car ils savent que les kamikazes viseront avant tout le centre névralgique de l’Occident, les États-Unis, et pas cette petite périphérie qui s’appelle la France gaulliste.

La tactique employée ne peut que renforcer partout en Occident un multiculturalisme amorphe qui est la clé de voûte du modèle américain.

D’ailleurs, ils se mettent le doigt dans l’œil. Les kamikazes arrêtés ces derniers temps (le Pakistanais de Times Square, le Nigérian de je ne sais plus quel vol aérien, etc.) font partie de ces jeunes formés aux U.S. pour s’y voir révéler les bienfaits de la civilisation yankee. Il faut donc s’attendre à entendre parler demain de kamikazes issus des « quartiers » français et qui paraissaient tellement bien intégrés chez leurs chaperons yankees… (Juin 2010)

+Apparemment, la télé (99 % de productions américaines) ne suffit plus.

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Le Président de Bosnie de 1990 à 1996, Alija Izetbegovic, Musulman, était un ancien membre recruteur de la SS-Handschar et avait fait trois ans de prison à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Quand il est devenu Président, il a créé au sein de l’armée bosniaque une division d’élite qu’il a nommée Handschar.

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Si le « panislamisme » était une réalité, l’islam, qui est la première religion du monde, dominerait le monde, mais ceux qui, parmi les nationalistes européens, raisonnent en ces termes et brandissent cette vaine menace passent sous silence les différences et les différends qui traversent l’islam et le fragilisent, les antagonismes de sectes et de races, entre sunnisme, chiisme, ismaélisme, Arabes, Persans, Turcs, Malais, Noirs…, qui rendent une action commune au sein de ce supposé bloc « panislamiste » hyper-problématique. La langue commune la plus employée pour les échanges au sein de ce bloc n’est du reste même pas l’arabe, langue du Coran, mais l’anglais.

La mondialisation, notamment la croissance exponentielle du nombre des pèlerins de La Mecque du fait de la massification des vols aériens, est peut-être susceptible à long terme de créer des liens à dynamique centripète dans le monde musulman et de développer une conscience panislamiste universelle, mais une telle tendance est à ce jour imperceptible géopolitiquement parlant.

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La déportation par Staline de peuples entiers (Tatars de Crimée, Tchétchènes et Ingouches, Kalmouks…) est ainsi présentée par l’Agence France Presse (AFP) : « La raison de leur déportation a été que certains (peuples) étaient prêts à collaborer avec l’occupant (nazi) et d’autres étaient soupçonnés des mêmes intentions. Une thèse rejetée par les historiens occidentaux et les experts russes indépendants. »

Que cette mauvaise source donne des noms : qui sont ces « historiens occidentaux » et ces « experts russes indépendants » qui nient les intentions de collaboration des Musulmans du Caucase avec les puissances de l’Axe ?

D’ailleurs, quelle différence entre « être prêt à collaborer » et « avoir l’intention de collaborer », qui est la seule distinction faite par cette dépêche ? Ça n’a aucun sens !

Or il ne s’agit pas d’intentions de collaborer mais de collaboration effective. Les noms des organisations impliquées de part et d’autre ainsi que les opérations menées sont connus.

Les cadres traditionnels, religieux et politiques, de ces peuples du Caucase, persécutés par le stalinisme, ont collaboré. Ces peuples ont été déportés à ce titre.

L’AFP raconte des sornettes et le manuel d’histoire qui ne parlerait que d’« intentions » de collaborer, aussi, comme si les tribunaux d’épuration auto-proclamés, officiels ou secrets, n’avaient pas de quoi épurer, pour le travail de mémoire, jusqu’à la fin des temps. (Septembre 2010)

Poésie des Talibans

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Tu triomphes des superpuissances de chaque siècle. (Hamidpur, 2008)

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Amis de la poésie, si vous vous connectez à internet depuis la France, sachez que c’est peut-être la dernière fois que vous voyez mon blog et que, quand vous chercherez à le lire plus tard, vous verrez peut-être s’afficher à la place un message d’avertissement du ministère français de l’intérieur qui vous fera comprendre que ce que vous essayez de faire est mal.

Car, avec ces traductions de poèmes des Talibans d’Afghanistan choisis dans l’anthologie Poetry of the Taliban (Hurst & Co, Londres, 2011) compilée et présentée par Alex Strick van Linschoten et Felix Kuehn, je sais, car les compilateurs de l’anthologie le disent en introduction, que je publie sur mon blog des textes tirés du site internet des Talibans. Or, dans le cadre de ce travail de traduction, je me suis vu à plusieurs reprises refuser l’accès au site des Talibans, avec à la place un message du ministère de l’intérieur. D’autres fois, j’ai pu, dans les mêmes conditions que d’habitude, y accéder, et je renonce à chercher à comprendre pourquoi, si la raison n’est pas que cette tentative de censure à tout prix de la part des autorités françaises est ridicule et vouée à l’échec. Je renonce à comprendre et je note seulement qu’alors que les États-Unis sont en guerre contre les Talibans, ils les laissent s’exprimer sur l’internet américain (les Talibans ont plusieurs sites, comptes Twitter et autres, ce qui a fait polémique un moment, mais seulement un moment, et ces sites fonctionnent bel et bien aujourd’hui, j’ai pu lire des tweets, et ce sont les liens que comportent certains de ces tweets qui sont parfois bloqués pour un internaute français par le ministère français, et d’autres fois non), tandis que la France, qui s’est désengagée d’Afghanistan en 2012, continue à vouloir les censurer – avec le succès que j’ai dit, à moins qu’elle ne censure délibérément que certaines choses parmi la littérature des Talibans et d’autres non, ce qui me rassurerait pour les présentes traductions (mais je ne crois pas non plus, malheureusement, que les services de censure concernés aient une finesse suffisante pour distinguer entre différentes sortes d’écrits talibanesques).

Pourquoi ne pas suivre l’exemple de notre allié américain ? Cette répression est sans doute dans l’ADN politique français. Il y a quelques années, un certain prédicateur musulman français s’est attiré les foudres des médias puis des pouvoirs publics (dans cet ordre-là, je pense, c’est-à-dire des médias et, en conséquence, des pouvoirs publics) pour avoir menacé les croyants de sa foi d’être transformés en porcs s’ils écoutaient de la musique profane. J’avoue ne pas comprendre le tollé. Il y a longtemps que Juifs et Chrétiens interprètent les nombreuses fariboles de leurs livres de manière allégorique, avec une douzaine de sens allégoriques possibles pour chaque faribole, et, en comparaison, pour ceux qui aiment les contes de fées il faut bien reconnaître que le Coran est aride comme un code juridique. Je ne vois donc pas pourquoi nos pouvoirs publics se sont sentis obligés d’interpréter de manière littérale ce propos particulier du prédicateur. Et si, au fond, ce propos se résume à demander d’arrêter d’écouter la musique de dégénérés qui passe à la radio, la question est de savoir s’il est permis en France à une quelconque autorité morale de dire une telle chose. Apparemment non, mais je ne vois pas au nom de quoi. L’État n’est pas censé être un VRP au service de l’industrie du disque, a fortiori quand c’est au détriment de la liberté d’expression.

Enfin, si l’on me dit que la censure est justifiée en France en raison d’une population musulmane numériquement plus importante qu’aux États-Unis, et que la population musulmane est plus susceptible d’être radicalisée – en l’occurrence par de la poésie –, je demande si l’on va interdire aux Musulmans de France d’apprendre l’anglais, ce qui serait le seul moyen de rendre cette censure un tant soit peu efficace. Car si j’ai pu commander l’anthologie Poetry of the Taliban sur amazon.fr, n’importe quel autre Français, Chrétien ou ce que vous voulez, le peut tout aussi facilement, sans avoir à passer par le Dark Net.

Venons-en à ces traductions. J’ai traduit en français les traductions anglaises de l’original pachtou, langue que je connais pas. Traduire d’après une traduction n’est pas des plus satisfaisants, disons-le d’emblée, et c’est une première dans les travaux pour mon blog, mais c’est une pratique qui est relativement courante dans l’édition française, pour les textes écrits dans des langues rares, et même moins rares (le japonais, par exemple), qui sont traduits en français par l’intermédiaire de l’anglais.

Disons d’emblée également que ces traductions anglaises ne me semblent pas très bonnes. La biographie sommaire des deux traducteurs, Mirwaïs Rahmany et Hamid Stanikzaï, indique que l’anglais n’est pas leur langue maternelle. Or il est de bonne pratique de faire traduire des textes d’une langue quelconque dans une langue maternelle du traducteur. Quel que soit le mérite de ces traductions du pachtou vers l’anglais, certaines tournures anglaises me semblent peu correctes, et je constate par ailleurs une certaine prudence, caractéristique de celui qui s’exprime dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle, et qui consiste en l’occurrence ici à coller de manière excessive au texte original, au détriment d’un style vigoureux et précis en anglais. Dans l’ensemble également, et par voie de conséquence, l’anglais de ces traductions n’est ni très littéraire ni très poétique, et je note que la biographie sommaire des traducteurs indique que, parmi leurs activités, il leur arrive certes de traduire, mais plutôt dans les domaines juridiques et administratifs.

Ces quelques défauts sont de nature à servir mon dessein car, étant plus ou moins assuré que les traducteurs ont collé au texte original, si, d’un côté, je me heurte à certains flottements du sens (qui m’ont obligé à laisser des textes de côté), d’un autre côté cette caractéristique des traductions de Rahmany et Stanikzaï est de nature à minimiser l’effet « téléphone arabe » d’écart grandissant par rapport au contenu original, implicite dans le passage du pachtou à l’anglais puis au français.

Un mot sur les poèmes. Les auteurs de l’anthologie ont collecté ces textes, pour ceux publiés pendant le régime des Talibans (1996-2001), dans diverses publications écrites ou des enregistrements, et, comme je l’ai dit, sur le ou les sites internet des Talibans, après la chute de leur régime. Un grand nombre de poèmes n’ont pas d’auteur identifié ; parfois le poème est anonyme, parfois seul le prénom de l’auteur est connu, parfois, peut-être, l’auteur signe d’un pseudonyme.

Tous les poèmes sont écrits dans diverses formes de la poésie pachtoune classique.

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Compagnon de tranchée (Trench Friend) par Bismillah Sahar (2000)

Que ma vie et mes biens soient sacrifiés pour toi, compagnon,
Ô mon compagnon de tranchée.
Que le sang de mon cœur soit sacrifié pour toi, compagnon,
Ô mon compagnon de tranchée.

Que je sois sacrifié pour toi – que je sois sacrifié pour ta foi,
Toi qui es à mes côtés dans la tranchée, et en qui ma confiance est devenue plus forte,
Ô mon compagnon de tranchée.

Tu attaques les tanks – tu avances fièrement,
Sans craindre l’artillerie ni les tanks de l’ennemi,
Ô mon compagnon de tranchée.

Sur les tempêtes de notre temps – sur les déluges de notre temps,
Qu’altièrement tu méprises, puisses-tu prévaloir, fort comme les montagnes,
Ô mon compagnon de tranchée.

Au sein des flammes – au sein des tempêtes,
Qui sont ton élément, tu gardes l’esprit du papillon et de la mer,
Ô mon compagnon de tranchée.

Dans le rugissement des tremblements de terre – dans le rugissement des tempêtes,
Les échos de ta gloire se répandent de tous côtés,
Ô mon compagnon de tranchée.

Ô mon compagnon courageux – mon compagnon de l’aube,
Puisses ton turban ne jamais tomber, ô mon compagnon coiffé du turban,
Ô mon compagnon de tranchée.

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Je louerai ta vie (I will be commending your history) par Mohammad Zaman Mozamil

Ô héros de Spin Boldak, je suis fier de tes exploits,
Ô Martyr Hafez Abdul Rahim, je louerai ta vie.

Tu étais, en résistant à l’ennemi, comme la houle dans la tempête,
Sur lui tu lançais ton cri de guerre de tous côtés,
Ô mon compagnon, j’irai te trouver au Jour du jugement.
Ô Martyr Hafez Abdul Rahim, je louerai ta vie.

L’histoire brillait sur ton front,
Chaque province a été témoin de ton héroïsme et de ta valeur.
Ton souvenir reste avec moi, et je pleure.
Ô Martyr Hafez Abdul Rahim, je louerai ta vie.

Tu as tout donné par amour,
Ton zèle a rendu ton nom célèbre parmi les Afghans.
J’ai hérité de ta tranchée, je me retrousse les manches.
Ô Martyr Hafez Abdul Rahim, je louerai ta vie.

Tes attaques portaient contre l’ennemi arrogant,
Toutes les émotions de ton âme servaient ta pure motivation.
Je te vengerai, l’ennemi sera vaincu.
Ô Martyr Hafez Abdul Rahim, je louerai ta vie.

Louée soit ta dignité, loué sois-tu pour avoir atteint ton but,
Tu as revêtu le linceul couleur de sang et t’es sacrifié pour le juste amour.
Moi, Mozamil, je pleure dans ton sanctuaire.
Ô Martyr Hafez Abdul Rahim, je louerai ta vie.

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Je veux me sacrifier pour toi, ô mon pays (May I be sacrificed for you, my homeland) par Habibi

Je veux me sacrifier, me sacrifier pour tes hautes, hautes montagnes,
Pour ton sein couvert de fleurs et de pins.

Je veux me sacrifier pour toi, ô mon pays, dont chaque région est une beauté,
Chaque pierre un rubis, chaque buisson un remède.
Chacun de tes villages est une tranchée, et chacun de tes fils se sacrifie pour toi,
Chacune de tes montagnes et collines est une calamité pour tes ennemis.

Je veux me sacrifier pour tes déserts de poussière et tes vertes vallées,
Pour ton sein couvert de fleurs et de pins.

Je veux me sacrifier, me sacrifier pour toi ; je sacrifierai ma vie et mes biens pour toi,
Je te donnerai le sang de mon corps pour te rendre éclat et santé.

Je tuerai tous les ennemis de ta religion et de ta prospérité,
Je ferai de toi, petit à petit, le saint collier de l’Asie.

Je veux me sacrifier, me sacrifier pour tes ardentes tranchées,
Pour ton sein couvert de fleurs et de pins.

Je veux me sacrifier, me sacrifier pour Helmand, ta poitrine,
Pour tes montagnes, Uruzgan, tes tranchées semblables à Kandahar,
Pour les tranchées de Zabol et les champs de bataille exaltés de Ghazni,
Pour Gurbat, Gurbat Wardak, Maïdan et Lowgar.

Je veux me sacrifier, me sacrifier pour tes fils magnanimes,
Pour ton sein couvert de fleurs et de pins.

Je veux me sacrifier, me sacrifier pour toi alors que mon berceau, Kunar, est vivant,
Tes fils de Paktika et Farah sont des héros,
Tes gens de Nangarhar Laghman sont couronnés de succès,
Tu as formé des fils fameux.

Je veux me sacrifier, me sacrifier pour tes ruines stériles,
Pour ton sein couvert de fleurs et de pins.

Je veux me sacrifier, me sacrifier pour le Hindu Kush et Mahipar,
Pour Shamshad, Shah-i Kot, Spin Ghar et Tur Ghar.
Ô mon pays criblé de fossés, de tranchées !
Ton corps est Maïwand, Maïwand, l’aimée d’Habibi.

Je veux me sacrifier, me sacrifier pour tes plaies brûlées,
Pour ton sein couvert de fleurs et de pins.

*

Liberté (Freedom) par Abdul Shukur Reshaad (2007)

Qu’importe à Majnoun de vivre quand Leïla est morte ?
Qu’importe un corps creux et vide quand le cœur est mort ?
Le cœur est une lampe à l’intérieur d’une structure de glaise ;
Puisse cette lampe ne point cesser de répandre sa lumière.
Quand l’oiseau est sorti de sa cage, la cage mérite d’être brisée ;
Quand le cœur est mort, la poitrine évidée doit le suivre.
La permanence d’une chose vivante est impossible ;
Quand le cœur meurt, le corps doit mourir et mourra.
La liberté est le cœur à l’intérieur du corps de chaque nation ;
Sans elle, tant la nation que l’éternité meurent.

*

Prière (Prayer) par Shirinzoy (2008)

Ô possesseur de la beauté et des beautés,
Je t’adresse une requête,
Je lève mes deux mains vers toi.

Je prie humblement,
Je veux être préservé de la disgrâce,
Je veux ce monde de ta main.

Mais tu sais bien, ô Dieu,
Que pour les petits, petits dieux de cette terre,
Dire la vérité est considéré comme un péché.

Alors dis-moi ce que je dois faire :
Que dois-je faire avec cette bouche que tu m’as donnée ?
Dois-je me couper la langue ou casser ma bouche ?

Lequel des deux ?
Dois-je utiliser les pierres ou la serpe ?
J’ai peur de devenir feu et de brûler.

Le monde est devenu un enfer pour moi.
Où dois-je aller, où dois-je acheter une maison ?
Que dois-je endurer, ô mon Seigneur ?

Quel surcroît de peine dois-je porter dans mon cœur ?
Tu es patient, tu les attends,
Si tu me donnes pouvoir et si je prends le contrôle,

Tu verras, en un instant,
Je tirerai vengeance de l’ennemi de l’humanité ;
Une flamme est dans mon cœur, et je brûle.

Je brûle à chaque instant
Parmi les gens du feu.
Je brûle sans avoir commis de faute.

Ô mon Dieu ! Ces gens ont le pouvoir.
Ils veulent manger de la chair humaine, ô mon Dieu !
Ces baleines ont ouvert leurs gueules.

Ils mangent des hommes à cause de leur foi ;
Puissé-je être sacrifié pour toi, mon Dieu.
Accomplis ce mien désir, ô mon Dieu.

Dans ta générosité,
Sauve les bons croyants de la gueule des dragons ;
Envoie la foudre sur ces derniers.

Ou bien fais tomber le ciel sur eux.
Humilie ces hommes qui sont comme des loups ;
Humilie ces chiens dans des peaux d’homme.

Répands des roses sur le monde,
Émousse les épines pour qu’elles ne blessent point,
Donne des couleurs au monde, avec des roses.

Fais ce monde agréable et beau,
Qu’un zest le transforme en paradis.
Donne des couleurs au monde, avec l’amour.

Loin vers l’ouest, l’est, le nord et le sud,
Je veux un monde d’amour, d’amour ;
Ma gorge est saturée par l’âcre poudre des fusils.

Fais le monde aussi doux que le sucre,
Contre les ténèbres et l’obscurité
Transforme ce monde en lumière par ta générosité.

Domine les ténèbres et apporte la lumière,
Fais descendre les étoiles du ciel parmi nous,
Envoie-nous des papillons.

Jette le choléra sur ces gens,
Leur présence m’est une torture de chaque instant :
Mon Dieu, cette souffrance ne me quitte jamais.

En ce monde insensé,
La folie a fermé ses crocs sur mon cou ;
Dans le passé c’était ce qu’il fallait attendre d’une bête sauvage,

Mais aujourd’hui les hommes mordent les hommes :
Ils ne sont pas contents de leur dignité d’homme.
Par ingratitude, ils mordent le ciel.

Leur pouvoir leur a fait oublier ton pouvoir.
Le riche mord le pauvre ;
Montre-leur ton pouvoir.

Montre les feux de l’enfer
Aux scorpions de ce monde ;
Montre-leur la demeure des dragons.

Tu as tant de pouvoir,
Plus qu’un homme
Ne peut imaginer.

Ils ne peuvent le trouver bien qu’ils le cherchent.

Tu as répandu la terre comme un tapis,
Tu as élevé les cieux sans l’aide de colonnes,
Tu n’as aucun défaut.

Le monde entier n’est qu’un moustique pour toi ;
Aussi bien, si tu le veux,
Tous les Nemrod se montreront circonspects.

Mais tu ne veux pas et tu leur donnes des opportunités,
Tout ce qu’ils veulent, tu le leur donnes ;
Tu leur donnes tout le confort du paradis.

Tu leur donnes toutes choses en ce monde ;
Donner et prendre est en ton pouvoir, ô Dieu :
Ne t’irrite point de mes paroles.

Tu m’as donné cette langue
Avec laquelle à présent je demande : qu’est-ce que tout cela, Dieu ?
Certains sont tellement riches,

Tandis que d’autres ne peuvent même pas avoir un linceul.
Certains nagent dans des piscines de vin,
Tandis que d’autres boivent de l’eau comme si c’était le sang de leur cœur.

Certaines lampes peuvent fonctionner avec de l’eau,
Tandis que d’autres ne peuvent s’allumer avec de l’huile et doivent être jetées.
Mon Dieu, ne t’irrite point contre moi, je te demande pardon.

Tu sais ce que tu fais, mais la raison pour laquelle je pleure, c’est que
Tes ennemis sont couverts de bienfaits.
Combien de temps puis-je être fier de ma faim ?

Je ne parle pas de moi, Dieu ;
[I don’t count being selfish in humans.] [??]
Les problèmes du monde sont

La responsabilité qui pèse sur mes épaules, ô Dieu.
Accomplis ce mien désir, ô Dieu,
Mon Dieu compatissant et miséricordieux :

Ces différences entre les hommes,
Par lesquelles l’un est sur la terre et l’autre est dans le ciel,
Retire-les par ton pouvoir ou bien

Prends ma conscience, mes sentiments.
Moi, Shirinzoy, je te le demande, ô Dieu,
Le Dieu de toutes beautés :

Je lève les deux mains vers toi,
Je prie humblement.

*

Condoléances de Karzaï et Bush (Condolences of Karzai and Bush), anonyme (2008)

Ndt. Si j’ai traduit cette satire, je souligne cependant que, du moins d’après ce que je peux en juger par la traduction anglaise, elle n’est pas d’une parfaite cohérence interne (« à présent que tu es parti… », puis « avant que tu partes… »).

Karzaï :
Salut à toi, mon seigneur Bush ;
À présent que tu es parti, avec qui me laisses-tu ?

Bush :
Mon esclave, mon cher Karzaï !
Ne sois pas inquiet ; je te confie à Obama.

Karzaï :
Ces paroles me rendent heureux.
Dis-moi, combien de temps resterai-je ici ?

Bush :
Karzaï ! Attends un an ;
Ne viens pas avant que j’envoie quelqu’un d’autre.

Karzaï :
La vie est dure sans toi, mon chéri ;
Je partage ton chagrin ; je viens à toi.

Bush :
Quant à la mort, nous mourrons tous deux ;
Hélas, l’un après l’autre.

Karzaï :
Donne-moi ta main avant de partir ;
Tourne ton visage tandis que tu disparais.

Bush :
Le chagrin s’empare de moi et me submerge ;
Mon amour ! Prends soin de toi et je prendrai soin de moi.

Karzaï :
Les montagnes nous séparent ;
Adresse tes salutations à la lune diaphane et je ferai de même.

*

Je dis à Bush ! (I tell this to Bush !) par Ezatullah Zawab (2008)

Bush ! Ne t’excite pas et écoute ces quelques mots.

Entends mes paroles douces-amères !
Tu n’es pas Dieu et la lumière de Dieu n’est pas non plus discernable sur ton visage.
Ma montagne Shamshad ressemble à un petit mont Sinaï.
Il n’existe pas de Pharaon aujourd’hui, mais tu as voulu te faire Pharaon.
Tout homme en ce monde te semble à présent un ennemi
Avec le sang de qui tu veux étancher de nouveau ta soif.
Un poignard sanglant apparaît dans ta main de nouveau.

Bush ! ne t’excite pas et écoute ces quelques mots.

Tu es de nouveau monté sur le toit ; qui observes-tu ?
Quel village vas-tu bombarder avec de rouges missiles ?
Tous ceux que tu as tués saisiront ton col.
Comment peux-tu nier leur mort ?

Bush ! ne t’excite pas et écoute ces quelques mots.

Tu assassines de nouveau les jeunes hommes en Irak pour faire pleurer leurs fiancées,
Puisses-tu être assassiné pour que tes enfants te pleurent,
Puisses ta mère, ta sœur et ta grand-mère te pleurer,
Tu as consacré ta vie au massacre d’innocents.
Tu es venu ici et à donné notre bien aux étrangers,
Qui sait pourquoi tu as fait cela ?
Quelle sorte d’amitié as-tu nouée avec nous ?
Nous sommes Afghans, mais tu as donné notre terre aux étrangers.
Tu frappes les montagnes, envoie des bombes contre elles,
Tu déracines leurs pins et donne la neige de leurs sommets aux étrangers.

Bush ! ne t’excite pas et écoute ces quelques mots.

Tu es devenu complètement fou, tu cherches la vie parmi les tombes.
Venu de la belle cité de lumières,
Tu cherches ta vie sur nos murs calcinés.
Tu abuses et profites des pauvres,
Tu cherches ta vie dans leurs cœurs pour une poignée de dollars.

Bush ! ne t’excite pas et écoute ces quelques mots.

*

L’Armée des Croisés (Crusader Army) par Barialaï Mujahed (2008)

C’est l’armée des Croisés, ils ne distinguent pas le mihrab du minbar ;
Ils sont sortis des ténèbres et ne connaissent pas la lumière.
C’est un dragon à la gueule béante, avide de chair humaine ;
C’est un fleuve de sang et nous ne distinguons plus les montagnes des vallées.
Ce sont des bêtes sauvages sorties de la forêt ;
Ils ne connaissent d’autre art que celui de la guerre.
Parmi les flammes de la poudre à canon et la fumée des bombes,
Parmi les pluies de balles en tous lieux, on ne connaît plus sa droite et sa gauche.
Les flammes tombent sur eux, tombent sur eux, ô tonnerre du ciel !
Le moudjahid dévoué ne connaît pas la mort.
La lampe éclaire le sang sur le chemin de l’indépendance ;
Un croyant ne connaît d’autre calice que celui du martyre.
Nous parviendrons à la côte dans le bateau du djihad.
Tu es Musulman et ne connais d’autre armée que les ghazis1 ;
Puisses-tu, Barialaï, être un héros chevauchant le fier coursier.
Un moudjahid ne reconnaît d’autre chef [que Dieu].

1 ghazis : un autre mot pour moudjahidine.

*

Poème (Poem) par Najibullah Akrami (2008)

Qui suis-je ? Que fais-je ?
Comment suis-je arrivé là ?
Il n’y a ni foyer ni amour pour moi ;
Je n’ai pas de maison, pas de patrie.
Il n’y a pas un lieu pour moi en ce monde ;
Ils ne me laissent aucun répit,
Coups de feu, odeur de poudre,
Pluies de balle ;
Où dois-je aller ?
Il n’y a pas un lieu pour moi en ce monde.
De mon père et de mon grand-père
J’ai reçu une petite maison,
Où je fus heureux,
Où ma bien-aimée et moi avons vécu.
Nous avons connu de beaux jours ;
Nous étions tout l’un pour l’autre.
Mais soudain quelqu’un est venu ;
Je lui donnai l’hospitalité, deux jours,
Mais quand ces deux jours furent passés,
L’invité était devenu l’hôte.
Il me dit : « Tu es venu aujourd’hui ;
Prends garde à ne pas revenir demain. »

*

Les Héros de l’islam (Islam’s Heroes) par Hanif (2008)

Personne, après reçu le coup d’épée d’un Afghan sur la tête,
N’a jamais pu quitter le champ de bataille.
L’épée de l’Afghan est un signe clair pour le monde entier,
Et les rouges infidèles ont fui son pays.
C’est la terre de l’islam, elle possède des héros aguerris ;
C’est pourquoi ils auraient vaincu l’ennemi sur n’importe quel terrain.
Ce pays a élevé et formé des héros de la religion,
Chacun d’eux fut placé par sa mère dans le berceau du zèle.
L’ensemble du monde musulman est fier de ses moudjahidine
Qui ont couvert de honte le nom du communisme,
Ont effacé du monde le système de Lénine ;
Ils ont été dispersés de telle façon que l’univers tout entier rit d’eux.
Apprenez l’histoire que chaque Afghan peut dire sienne :
Les Anglais sont un bon exemple de ceux qui furent expulsés.
Les Afghans savent se sacrifier pour leur honneur ;
Ils ont fait une révolution ; les traîtres tremblent.
Les nations sont stupéfiées par les Afghans,
Qui ont vaincu un pouvoir comme Bush.
Les fils afghans n’ont pas d’équivalent, ô Ahmad Yar !
Inutile de les complimenter, ils sont victorieux partout.

*

Maison blanche (White House) par Ahmadi (2009)

Puisses-tu brûler dans les flammes, Maison blanche ;
Puisses-tu prendre feu, être réduite en cendres, Maison blanche !

Tu parais si blanche mais de noires abominations sont dans ton ventre ;
Puisses-tu n’être plus qu’un tas de décombres, Maison blanche !

Les assassins des peuples opprimés vivent en ton sein ;
Puisse leur sang te peindre en rouge, Maison blanche !

Tu es depuis longtemps le centre de la cruauté et de la barbarie ;
Puisses-tu t’écrouler sur tes fondations, maintenant, Maison blanche !

Tu as privé de leur foi ceux qui aiment l’Occident ;
Puisses-tu devenir la cible de ceux qui aiment l’islam, Maison blanche !

Qu’Allah t’abatte comme il l’a fait avec Bush ;
Que le chagrin d’Obama hante tes murs, Maison blanche !

*

Je vis dans les flammes (I live in flames) par Abdul Basir Watanyar (2008)

Je vis dans les épines, comme une fleur ;
Comme un papillon, je vis dans les flammes.
Si quelqu’un t’interroge à mon sujet,
Dis-lui que je suis un Afghan vivant dans les vallées.
Je n’aime pas vivre dans les palais des autres ;
Je suis fils d’Afghans ; je vis dans une tente.
Quand je vois les plaies de mon pays,
Je soupire et je crie.
J’aimerai toujours mon pays ;
Qu’est-il arrivé aux Afghans ? Je vis dans mes pensées.
L’ennemi est venu et il est devenu notre maître.
Mon pays a été détruit ; je vis au milieu des ruines.
Mon pays pleure,
C’est pourquoi je vis dans la peine.
Qui sèchera mes larmes ?
Je suis Kaboul, vivant dans les flammes.
La lumière a quitté ma patrie,
Je tombe en morceaux, je vis dans les ténèbres.
Je suis Watanyar, en deuil de mon pays,
Je veille toutes les nuits jusqu’à l’aube.

*

Ababil (Ababeel) par Rafiq (2008)

Ndt. Ababil est le nom des oiseaux qui, dans le Coran (CV, 3), repoussèrent d’Arabie l’armée du roi abyssin Abraha.

L’automne est venu plutôt que le printemps, ô mon pays,
Un vent brûlant et des torrents de flamme ont fondu sur toi.
Tes floraisons de désirs se sont fanées,
Des tempêtes de cruauté et de puissance se sont abattues sur toi de toutes parts.
Tu étais lasse, épuisée par la pauvreté,
Le prédateur à la gueule béante et rouge est venu t’attaquer.
Tu as vu la cruauté des gens du coin et des étrangers,
Guerres, tensions, meurtres, tueries sont tombées sur toi.
Ce monde est devenu un enfer pour toi ; tu brûles en lui,
Tu n’es pas encore mort, d’autres balles cherchent à te cribler.
Tu as fait de beaucoup de tes fils des messagers du paradis,
Satan, le tendeur de pièges, est venu de loin à toi.
Ils t’ont rôti comme un kebab sur la braise une fois de plus,
Le pantin de Satan est venu à toi avec un nom afghan.
Ils ont fait venir l’armée de nouveau, ils ne sont pas rassasiés,
Le grand convoi, les Nemrod de ce temps sont venus à toi.
L’armée d’Abraha, avec l’arrogance de l’Occident,
Une colonne de tanks et d’éléphants, est venue à toi.
Tes vrais fils ne te donneront pas un paradis de main d’homme ;
Leader des moudjahidine, un compagnon afghan est venu à toi.

*

Le Temps des dollars (The Time of the Dollars) par Zahid ul-Rahman Mukhlis (2007)

Ndt. Les aléas de la traduction donnent à ce poème l’apparence d’une parodie du Temps des cerises, ou bien celle d’un hommage à cette chanson écrite par le Communard Jean Baptiste Clément, pourquoi pas ? Une autre traduction pourrait être « l’époque du dollar » et c’est celle que j’ai retenue dans le corps du texte, mais je laisse ce titre évocateur, à l’attention de celui ou celle qui voudrait mettre le présent poème talibanesque en musique sur l’air du Temps des cerises. Le poète fait allusion à la situation de son pays, où les affidés afghans des États-Unis, payés en dollars, s’enrichissent comme des profiteurs de guerre.

Je suis étonné par cette époque du dollar ;
Dans la pauvreté, j’ai perdu mes amis.
Ailleurs aussi les Musulmans sont couverts de leur sang ;
Le monde est devenu une prison pour Musulmans.
Las ! Quelles gens ont hérité de moi ?
Quelle vie ! c’est une mauvaise plaisanterie.
Le pauvre est insulté par le riche ;
Être pauvre est une raison suffisante pour se voir mépriser.
Mukhlis dit, pour l’avenir de ce doux pays,
Mon sang fait le vœu d’aimer.

*

Vie londonienne (London Life) par Sa’eed (2008)

Il y a des nuages et de la pluie, mais ça n’a aucun caractère.
Ici la vie a peu de joie ou de bonheur.
Ses bazars et magasins regorgent de marchandises,
Tout cela n’a aucune valeur.
La vie, ici, est tellement perdue dans les individus
Qu’entre frère et frère, et père et fils, il ne se trouve aucune affection.
C’est la patrie de gens dont je ne puis parler ;
Ils se tolèrent les uns les autres, mais il n’y a pas d’amour.
N’attends aucun bonheur de vivre
Chez celui qui n’a pas de chaleur en son cœur.
Ces gens sont tellement emportés par la vie
Qu’ils ne trouvent pas un moment pour une affection humaine.
Leurs esprits sont excellents, leurs corps sont excellents et leur technologie est fantastique,
Mais il n’y a aucun mouvement d’amour dans le sang de leur cœur.
Cette vie agitée, sur les épaules de la technologie,
Ne leur donne aucune joie.
On trouve de nombreux parcs avec des fleurs colorées,
Mais elles n’ont pas la fraîcheur du narcisse.
Ils vont et viennent dans des costumes et autres habits bien repassés et propres,
Mais ils ne sont ni propres ni purs à l’intérieur.
Jour et nuit ils ne cessent de chercher avec qui ils doivent se battre ;
Ils n’ont pas d’autres compétences.
Leur savoir est si grand qu’ils peuvent pomper le pétrole au fond des océans,
Mais même ce savoir ne leur donne pas bonne réputation.
Je vois leur fautes et leurs vertus de mes propres yeux, mais que puis-je dire ?
Ô Sa’eed, mon cœur n’a pas la patience d’endurer cela.

*

Humanité (Humanity) par Samiullah Khalid Sahak (2008)

Tout a quitté ce monde,
Redevenu vide.
Animal humain.
Humanité animalité.
Tout a quitté ce monde,
Je ne vois plus rien,
Sauf mon imagination.

L’humanité est perdu.
L’afghanité est perdue.
Notre honneur zélé s’est perdu.

Ils ne nous acceptent pas comme des êtres humains,
Ils ne nous acceptent même pas comme des animaux.
Comme ils disent,
L’homme a deux dimensions,
L’humanité et l’animalité ;
Nous sommes en dehors des deux.

Nous ne sommes pas des animaux,
Je le dis avec conviction.
Mais
Nous avons oublié l’humanité,
Et je ne sais pas quand elle reviendra.
Veuille Allah nous l’accorder
Et nous parer de ce joyau,
Le joyau de l’humanité,
Car à présent c’est seulement notre imagination.