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Penses-tu que tu penses?

Those who make sexual pursuits too conspicuous a life goal are considered base. I’m not saying they are base, only that they are considered base, including by me.

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The very concept of meritocracy is abhorrent. You can’t expect somebody to accept his low status as being the result of his low merit as a humain being. Merit in meritocracy is world wisdom (Klugheit) and may go hand in hand with utter despicability as a person.

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Religion struggles against passions with passions. It will be superseded like everything passionate. Self-salvation is immaterial to selfless intelligence.

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Man is the animal that can’t take science seriously.

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Having being a child when personal computers and video gaming were in their infancy, makes the difference.

Vasarely (filtre Neo)

Penses-tu que tu penses ?

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La distinction faite dans les années trente par Ernst Robert Curtius entre Leistungswert allemande et Seinswert française ressemble fortement aux valeurs matérialistes et post-matérialistes de Ronald Inglehart dans les années soixante-dix. Il faut être un idiot d’Allemand pour faire l’éloge des Français.

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En Espagne, le SETSI est le secrétariat d’État aux télécommunications et à la société de l’information (Secretaria de Estado de Telecomunicaciones y para la Sociedad de la Información). Que fait-il pour organiser la fin du travail qui caractérise la société de l’information selon l’inventeur du concept, le Japonais Yoneji Masuda ?

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Un rapport de l’OCDE a mis en cause la politique de plein emploi (en raison de la courbe dite de Phillips censée montrer que le plein emploi est incompatible avec la stabilité des prix). Ainsi, ce rapport préconisait le chômage de masse comme instrument anti-inflationniste ! C’est tellement rassurant…

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Selon le systémisme, il existe des effets émergents et le tout est plus que la somme des parties. Les expériences de laboratoire, qui permettent de déterminer des causalités en sciences sociales à partir de corrélations, en éliminant méthodologiquement les tierces variables, appréhendent-elles autre chose que des parties au sein des systèmes ?

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Selon des études conduites à ce sujet, les publicitaires ne savent pas ce qu’est un message subliminal – alors que 62 % des Américains croient à l’existence de la publicité subliminale. On s’attendrait à ce que, visés par de telles suspicions, les publicitaires connaissent le sujet, mais non.

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Des gens que cela ne choque pas de travailler dans un palais de justice ont forcément la haine du progrès.
– Ce n’est qu’un mot, voyons !
– Oui, et qu’évoque le mot palais ?

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Avec notre législation sur les contenus haineux, nous sommes parvenus à créer un contentieux de masse sans victimes.

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Il est connu que nos codes juridiques comportent des incohérences fondamentales qu’il semble impossible de corriger sans modifications en profondeur de nos institutions et de notre société. Par exemple, la législation sur les accidents du travail s’oppose au principe selon lequel la réparation d’un dommage implique une faute ; de même, les conventions collectives s’opposent au principe selon lequel un contrat n’a d’effet que pour les parties contractantes, etc. Comment ces incohérences sont-elles à leur tour compatibles avec l’idée de sécurité juridique ? Il n’existe pas de sécurité juridique quand le droit dit en même temps une chose et son contraire.

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Les inégalités ethno-raciales enregistrées dans une société, avec stratification raciale en termes de richesse et d’éducation, sont une cause suffisante et purement sociale ou sociologique de racisme, puisque la pauvreté suscite une bonne part de délinquance attentatoire aux biens et aux personnes. (Les minorités qui s’en tirent mieux que les autres dans le partage des richesses, par exemple les Chinois, ne suscitent pas les mêmes réactions racistes.) Il n’est donc pas besoin de faire l’hypothèse d’un fondement biologique du racisme pour comprendre que le racisme peut avoir une base solide dans les inégalités sociales elles-mêmes. Dès lors, est voué à l’échec le message simpliste de la race comme « construit social », qui consiste de fait à dire aux groupes plus favorisés que leur état émotionnel vis-à-vis des groupes moins favorisés est irrationnel, alors que ces groupes racialement identifiables menacent objectivement leurs biens et leurs personnes vu que la délinquance est corrélée à la pauvreté.

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Tout comme les ouvriers français ont une espérance de vie inférieure aux cadres français, l’espérance de vie des Noirs américains est inférieure à celle des Blancs. Si les États-Unis avaient un système de retraite collectivisé comme le nôtre, les Noirs pauvres paieraient les retraites des Blancs riches. (Pour bien le comprendre, voyez mes « Mathématiques des retraites » x)

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Il existe un « droit » bureaucratique, en partie lié au dirigisme économique. Les administrations créent du droit par le biais de circulaires, instructions, etc, que les agents économiques ne peuvent, d’une part, ignorer ni, d’autre part, contester car ces « normes » ne sont pas opposables juridiquement.

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Le droit français est le dévoiement napoléonien, autoritaire et militariste, de la révolution française des droits de l’homme inspirée des Constitutions des États américains.

Par sa révolution de 1789, la France avait vocation à devenir un système de common law. La codification napoléonienne est revenue sur les réformes révolutionnaires qui allaient en ce sens pour ramener le droit français dans les ornières romanistes de la monarchie absolue.

Sachant que le droit romaniste sous sa forme napoléonienne est la forme qui a prévalu grosso modo dans l’ensemble de l’Europe continentale, il convient de distinguer en Occident (mais aussi dans les autres parties du monde où l’influence occidentale s’est exercée) deux formes de société : l’une appliquant la common law, l’autre le droit napoléonien. Or, les deux formes affirmant obéir, sous l’empire de la raison, aux mêmes principes suprêmes, à savoir le respect des droits de l’homme et l’émancipation de l’humanité, et l’une de ces formes, le droit continental, n’étant à cet égard que le dévoiement de l’autre, il s’ensuit que le droit romaniste napoléonien doit être démantelé complètement, et réduit au néant à tout jamais.

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Énorme : la règle de l’épuisement des voies de recours internes (pour saisir la Cour européenne des droits de l’homme) est interprétée comme signifiant que la juridiction internationale saisie après l’épuisement est « subsidiaire » ! Au contraire, malgré la lettre de ses statuts, la Cour EDH est clairement une juridiction suprême, et c’est bien ce qu’elle doit être.

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« Hannah Arendt a mis lumineusement en lumière… » (Danièle Lochak)

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Les immunités parlementaires protègent le représentant contre l’abus de la procédure judiciaire. C’est une suspicion de principe à l’égard du magistrat.

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Je ne suis pas obligé d’applaudir au procès de Socrate.

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Donner la plénitude des libertés (opinion, expression…) à des corporations seulement (journalistes, syndicalistes… dépendants d’une organisation) est de nature à favoriser les ententes et les pactes de corruption, pour ne pas dire de nature à les rendre tout bonnement possibles. Les premiers « chiens de garde » de la démocratie sont les citoyens eux-mêmes : le peuple. – En termes castoriadiens, la bureaucratie nie au peuple les libertés qu’elle proclame et ne défend que pour elle-même.

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La possibilité de poursuites judiciaires a un effet plus dissuasif sur la liberté d’expression dans un système romaniste, où le droit est régalien, que dans un système de common law, où le droit est contentieux.

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En 1937, un chirurgien et son patient sont jugés pour une opération de stérilisation effectuée après accord entre les deux. « L’intention de blesser existe dans cette résection des canaux, et cela suffit », déclare le juge. En quoi ce raisonnement obtus du juge est-il utile à la société ? La défense répond que la circoncision est également une « intention de blesser » et qu’elle est cependant admise. « Comparaison n’est pas raison », réplique le juge, qui voit dans la circoncision un « rite destiné à favoriser la fécondation » (!) tandis que la vasectomie est tout le contraire… Est-ce de porter une robe comme une femme qui le fait rêver de fécondité ? Mais surtout, quelle loi, quel article du code lui demande de favoriser la fécondité plutôt que le contraire ? Enfin, cette réponse est l’admission que, contrairement à ce que le juge a tout d’abord prétendu, l’intention de blesser ne suffit pas, puisqu’il y faut en outre l’absence d’un rite de fécondation… (Tiré de Le droit pénal, 1990, de Jean Larguier)

Sachant que nos concitoyens lisent et entendent ce genre d’histoires véridiques, il ne faut pas s’étonner que le plus innocent puisse manifester des signes de trouble et d’inquiétude devant un tribunal : cela ne provient pas forcément de la culpabilité de la personne, c’est peut-être plutôt qu’elle se doute de qui elle a affaire.

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Un juge, en France, a condamné le propriétaire d’une voiture volée pour l’accident provoqué par le voleur. Il faut s’attendre à tout.

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Je lis un précis sur le droit constitutionnel en vigueur à Singapour. Vu que l’auteur (le Singapourien Kevin YL Tan) ne fait pas remonter l’histoire du droit à Singapour au-delà de la colonisation britannique, il semble bien que les Anglais aient à juste titre déclaré le territoire, en y posant le pied, terra nullius, comme l’Australie !

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Marketing pédocentré : les gens demandent à leurs enfants pour qui voter : « Regarde la télé et dis-nous qui tu préfères. » Les politiciens le savent. Cela n’explique-t-il pas bien des choses ?

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L’idée que le scrutin proportionnel est plus juste que le scrutin majoritaire, idée que « pratiquement personne ne met en cause » (Robert Dahl), repose sur une illusion. C’est la même, dans l’esprit de Dahl, que celle qui voudrait qu’un régime multipartisan soit plus démocratique qu’un régime bipartisan. Qu’en est-il en réalité ? Tout d’abord, dans un régime multipartisan les partis qui entrent au Parlement n’appliquent pas leur programme électoral mais un pacte ou accord de coalition négocié immédiatement après les élections (par exemple, qu’est-ce que le PC allié au PS sinon un PS bis ?). Ensuite, il n’y a pas de différence fondamentale que le débat ait lieu entre une pluralité de partis plutôt qu’au sein de deux partis : la diversité des plateformes électorales dans un régime multipartisan est l’équivalent de la diversité des courants au sein des deux partis qui débouche sur deux plateformes électorales dans un régime bipartisan, dès lors que les deux partis fonctionnent démocratiquement, avec des primaires.

Ainsi, le régime bipartisan (où le scrutin proportionnel n’a pas vocation à exister), loin d’être moins juste, moins démocratique que le régime multipartisan (qui fonctionne naturellement avec le scrutin proportionnel, mais pas en France, régime que je qualifierais plus volontiers de bâtard que de mixte), est le seul véritablement démocratique, puisque c’est le seul qui, dans tous les cas, engage un parti élu sur sa plateforme électorale plutôt que sur un pacte de coalition indépendant du choix des électeurs. Dans un régime multipartisan, le seul cas où le choix des électeurs peut être véritablement respecté par le parti au pouvoir est quand celui-ci obtient, parmi les multiples partis se présentant aux élections, une majorité absolue, et c’est plutôt l’exception que la règle. Quand, au contraire, les élections n’opposent que deux partis, l’un obtient forcément la majorité absolue.

Le mépris de l’électeur va si loin dans les régimes multipartisans que, bien que les coalitions soient en réalité souvent déjà déterminées avant l’élection, ce qui se traduit par une répartition concertée entre plusieurs partis des circonscriptions où les uns et les autres présentent des candidats, chaque parti continue de défendre son propre programme plutôt qu’un accord de coalition qui déterminera véritablement la politique conduite au terme des élections.

Cette logique existe en France, régime multipartisan avec scrutin majoritaire. La disposition constitutionnelle selon laquelle « tout mandat impératif est nul » prend dès lors une coloration ironique puisque, de fait, sauf cas de majorité absolue d’un parti (plus de 50 % des voix à lui seul), le mandat impératif est impossible : un candidat ne peut appliquer le programme pour lequel il a été élu, il doit appliquer le pacte conclu par son groupe parlementaire avec les autres groupes pour dégager une majorité absolue des voix au Parlement, pacte conclu sur la base de négociations échappant au processus électoral. Ce que devraient donc dire aux électeurs les partis, dans les régimes multipartisans, c’est qu’ils soumettent à leur choix tout au plus des propositions à soumettre à la négociation entre partis représentés au Parlement en vue d’une coalition majoritaire – et non un programme à proprement parler. Ce serait de la plus élémentaire honnêteté intellectuelle ; et les électeurs comprendraient qu’un régime bipartisan est préférable.

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Je n’ai aucune idée de ce qui se trouve dans la tête du Français moyen.

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Si le travail était humain, le Loto n’existerait pas.

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Vivre et laisser vivre, c’est tellement difficile aux esclaves.

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Il n’y a pas de bonnes excuses sous de mauvaises lois.

(On ne peut pas s’excuser d’avoir enfreint une mauvaise loi et on ne peut pas non plus s’excuser d’avoir obéi à une loi, même mauvaise.)

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L’intelligence (Klugheit) n’empêche pas toujours d’être un sale c…

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Le psychanalyste refuse prétendument de tenir les pratiques des peuples premiers pour absurdes, car il leur trouve, dit-il, une explication psychologique. Comme si trouver une explication psychologique cachée à une coutume qui met en avant de tout autres motivations n’était pas la qualifier d’absurde par le fait même !

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Le wergeld synallagmatique est conforme à l’anarchie proudhonienne, fondée sur le droit contractuel. L’émergence de la conception du fait pénal comme trouble à l’ordre public est le moment totalitaire par excellence.

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La real property anglaise ne connaît pas les pleins pouvoirs de l’usus, fructus et abusus de la propriété romaniste, seulement un estate (real estate), un intérêt sur le bien. Ainsi la propriété n’est-elle pas forcément le vol, selon la célèbre formule de Proudhon dans Qu’est-ce que la propriété ?, qui est une critique de la conception romaniste. L’estate du droit anglais n’est pas le vol, jusqu’à preuve du contraire. – L’Angleterre est pourtant le pays de la révolution industrielle et de la grande misère du prolétariat.

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La doctrine Monroe est bien implantée dans la tête des Français.

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Marie-toi si tu veux manger de la purée.

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La justice américaine est cette justice qui a condamné pour fraude fiscale Al Capone, le plus grand criminel de son temps. – Il n’est pas démontré que les autres pays aient fait mieux.

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« Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, ce qui importe c’est de le transformer. » (Marx). Simpliste. Comme si les philosophes, en couchant leurs idées sur le papier, n’étaient pas convaincus du pouvoir révolutionnaire de la vérité qu’ils dévoilent au monde.

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Personne n’a besoin d’un traité de logique pour penser, s’il en est capable. Et s’il n’en est pas capable, un traité de logique ne peut pas l’aider.

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– Vous reprenez les arguments de l’extrême-droite.
– Si l’extrême-droite n’avait que de mauvais arguments, il y a longtemps qu’elle n’existerait plus.

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Rien ne peut racheter un homme d’esprit aux yeux des sots.

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Le malade droit.

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Avec leur bonheur, je serais malheureux.

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Il ne suffit pas d’être intelligent, quand les amis suffisent.

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Le bureaucrate est une personne qui se tient à l’écart du débat d’idées, car ses convictions sont inavouables.

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La laideur de tout ce que je traverse par contrainte…

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Toute personne qui n’est pas une personnalité publique est anonyme sur Twitter. Et vive la liberté d’expression.

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Lionel Jospin a été battu par Jean-Marie Le Pen aux élections après avoir parlé de « sentiment d’insécurité » (plutôt que d’une insécurité réelle), alors qu’en tant que socialiste il aurait dû savoir que le capitalisme crée l’insécurité.

Mais c’était un socialiste « gestionnaire », et donc il ne savait rien.

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Mierdas de todos colores.

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Les capitaux occidentaux se sont désinvestis des colonies au moment de la décolonisation car les investisseurs ne veulent pas prendre de risques (Frantz Fanon). Cf. « le capitaliste, celui qui prend des risques »…

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Rêve-contact 3

Nuit du 8 août 2018. Un ordinateur surpuissant, qui n’est désigné que par « Elle », répond à toutes les questions de l’humanité et doit, croit-on, faire son bonheur. J’ai un doute à ce sujet et cherche à l’exprimer : « Elle connaît tout puisqu’elle a toutes les données du monde en mémoire, qu’elle traite à l’aide de ses capacités colossales ; elle connaît tout sauf elle-même, elle ne se connaît pas, c’est-à-dire elle ne peut s’intégrer dans ses réponses. Ce qui conduira nécessairement à des erreurs. » Ce raisonnement ne me paraissant pas pleinement satisfaisant, je continue de chercher et parviens à : « Elle errera nécessairement à cause des contradictions qui sont dans le monde. »

(Voyez 1 et 2)