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La presse du Malawi parle de mes traductions poétiques

Mes traductions de poésie du Malawi ont été remarquées dans la presse du pays. Le Daily Times a en effet publié le 6 février 2020 un article de cinq colonnes, Four Malawian poems translated into French (Quatre poèmes malawiens traduits en français) par Sam Banda, sur la parution dans le numéro 177 de la revue Florilège, à la section Poètes sans frontières, de deux pages reprenant quatre traductions de mon blog. C’est le poète Beaton Galafa qui a appelé leur attention sur cette publication. Cet article donne la parole à la fois à Beaton et à l’un des poètes traduits, Ndongolera Mwangupili, avec lequel je n’avais aucun contact et qui est actuellement, dit l’article, vice-président de l’Union des auteurs universitaires et scientifiques du Malawi (Malawi Union of Academic and Non-Fiction Authors).

Le Daily Times est à la fois le plus ancien journal du Malawi, fondé en 1895 selon la page Wikipédia qui lui est consacrée, et celui qui passe pour le principal organe de presse du pays (« Malawi’s flagship newspaper » selon le Nyassa Times, un autre journal malawien).

The Daily Times, Malawi, Feb 6, 2020: Four Malawian poems translated into French

Voici le texte de l’article (suivi d’une traduction française par mes soins) :

Four Malawian poems by four Malawian writers have featured in a French literary magazine Florilege for December 2019.

The four poems are from renowned writers Willie Zingani, Zangaphee, Felix Munthali and Ndongolera Mwangupili, who is the Vice President of the Malawi Union of Academic and Non-Fiction Authors (Muana).

The poems were written in English but have been translated in French.

The four poems are “Silent Speech” by the late Zangaphee Joshua Chizeze, “Neo-colonialism” by Felix Mnthali, “Genesis” by Mwangupili and “African Mfiti Flight No 1” by Zingani.

“It’s exciting to have your work in such a magazine and more so translated in another language. Having one work in one language limits readership. Actually, that is the context and the targeted audience,” Mwangupili said yesterday.

He further said that having the poems translated into another language meant that the work was universal and that it speaks to more than the targeted audience.

“This spreads Malawian literature to spheres unthought of. As writers, we really have to sell our works beyond our borders and languages, in so doing we are telling the history of our country beyond our borders,” Mwangupili said.

He said that the four poems also appear in different poetry anthologies published originally in English.

“All of them also appear in The Time Traveller of Maravi: New Poetry from Malawi. The publishers of the magazine simply got them from their English versions and translated them into French. In so doing making available Malawian poetry to a French readership,” Mwangupili said.

Nthanda Review Editor and writer, Beaton Galafa, said Wednesday, said it was good for the country to have its writers featured in such a magazine.

Florilege is a literary magazine, a quarterly, it publishes poetry and other literary articles from France and around the world. I first came into contact with one of the magazine’s contributors (the one who did the translations) after I emailed him about an article I was doing online,” Galafa said.

He said the review contains a brief background about Malawi in which towards the end he (the contributor) mentions their encounter and the article Galafa did for the online journal, Nthanda Review before bringing in the poetry.

“He translated the works of the four writers. The author is Florent Boucharel and blogs at http://www.florentboucharel.com,” Galafa said.

Florilege was founded in 1974 in Paris, France.

Some of the country’s writers have also managed to feature in other international magazines and journals and they include Benedicto Wokoma-atani Malunga, whose works have featured in Ufahamu Journal in United States of America.

Sam Banda

https://times.mw/four-malawian-poems-translated-into-french/

Traduction française :

Quatre poèmes de quatre poètes du Malawi sont parus dans la revue littéraire française Florilège en décembre 2019.

Ce sont des textes des écrivains de renom Willie Zingani, Zangaphee, Felix Mnthali et Ndongolera Mwangupili, l’actuel vice-président de l’Union des auteurs académiques et scientifiques du Malawi.

Les poèmes ont été écrits en anglais et traduits en français.

Ces quatre poèmes sont Silent Speech [traduit Discours silencieux] de feu Zangaphee Joshua Chizeze, Neo-colonialism [Néocolonialisme] de Felix Mnthali, Genesis [La Genèse] de Mwangupili et African Mfiti Flight No. 1 [Le Vol Sorcière d’Afrique N° 1] de Zingani.

« C’est enthousiasmant de voir son travail publié dans un tel magazine, de surcroît traduit dans une autre langue. Quand votre travail ne paraît que dans une langue, cela limite l’audience. C’est en fait le contexte et l’audience visée », a déclaré hier Mwangupili.

Il ajoute que la traduction de poèmes dans une autre langue signifie qu’ils sont universels et peuvent trouver une résonance au-delà de l’audience visée.

« Cela permet de diffuser la littérature malawienne dans des sphères que l’on n’imaginait pas. En tant qu’écrivains, il faut vraiment que nous fassions connaître notre travail au-delà de nos frontières et de nos langues ; de cette manière, nous racontons l’histoire de notre pays au-delà de ses frontières », explique Mwangupili.

Il a indiqué que les quatre poèmes ont paru dans différentes anthologies poétiques en anglais.

« Ils ont notamment été réunis dans l’anthologie The Time Traveller of  Maravi: New Poetry from Malawi (Le Voyageur dans le temps venu de Maravi : Nouvelle poésie du Malawi). Les éditeurs du magazine les ont y trouvés dans leur version anglaise et les ont traduits en français, rendant ce faisant accessible de la poésie du Malawi aux lecteurs français. »

L’écrivain et éditeur de Nthanda Review, Beaton Galafa, a indiqué ce mercredi qu’il était bon pour le pays que ses écrivains soient publiés dans un tel magazine.

« Florilège est un magazine littéraire trimestriel qui publie de la poésie et des articles littéraires de France et d’autres pays du monde. Je suis entré en contact avec l’un des collaborateurs du magazine (l’auteur des traductions) après lui avoir envoyé un e-mail au sujet d’un article en ligne que j’écrivais, » explique Galafa.

Il a indiqué que, dans ce numéro du magazine, les traductions sont précédées d’une courte introduction sur le Malawi, à la fin de laquelle le traducteur mentionne leurs échanges et l’article de Galafa pour le journal en ligne Nthanda Review.

« C’est la même personne qui a traduit les quatre poètes. Il s’agit de Florent Boucharel, qui anime le blog http://www.florentboucharel.com », dit Galafa.

Florilège a été créé en 1974 à Paris, France.

D’autres écrivains du pays sont déjà parus dans des magazines et journaux hors des frontières, à l’instar de Benedicto Wokoma-atani Malunga, dont plusieurs œuvres ont été publiées dans le journal Ufahamu aux États-Unis.

Sam Banda

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Florilège 177, Décembre 2019 (Couverture: Bruno Logan)

La revue Florilège est animée par le poète Stephen Blanchard. C’est lui qui m’a proposé d’alimenter une rubrique Poètes sans frontières dans la revue, avec des traductions poétiques.

Mes premières traductions ont paru dans le numéro 171, en juin 2018, avec de la poésie du Zimbabwe. Puis, ont suivi de la poésie révolutionnaire d’Angola, de la poésie révolutionnaire nicaraguayenne, de la poésie des FARC de Colombie, de la poésie amérindienne du Nord-Ouest du Mexique et d’Arizona (depuis des versions espagnoles), de la poésie anti-impérialiste du Panama, de la poésie du Malawi, et le numéro 178, à paraître bientôt, comportera des traductions de poésie tzantique (avant-gardiste) d’Équateur.

Mes traductions de poésie du Malawi peuvent être lues sur ce blog, ici.

Abu Dhabi is the new normal

Tiré de mes carnets de voyage, 31 août-4 septembre 2018.

Sheikh Zayed, Etihad Museum

Etihad Towers viewed from Emirates Palace’s terrace

Entrance gate to the Presidential Palace (the Palace being a few miles away behind its entrance gate)

31 août

J’arrive le soir à Abu Dhabi. Mon hôtel : Khalidiya Palace, un cinq étoiles qui figure dans mon guide (Abu Dhabi en quelques jours édité par lonely planet, septembre 2015), acheté à l’aéroport, dans la catégorie des hôtels à « prix moyens »… Un cinq étoiles dans les prix moyens. Concept.

Note : l’été étant particulièrement chaud dans le Golfe, c’est pour le tourisme une période creuse, pendant laquelle les meilleurs hôtels cassent leurs prix et proposent par conséquent des formules intéressantes à portée de toutes les bourses. Le prix que j’ai payé pour cette chambre était donc clairement mieux que « moyen » pour un cinq étoiles selon les standards européens.

Le Khalidiya Palace est également – l’agence de voyage responsable de la réservation a simplement omis de me le préciser – un « hôtel sec » (dry hotel), c’est-à-dire qu’il ne possède pas de licence pour servir de l’alcool. Ça tombe bien, je ne suis pas porté sur l’alcool, mais quid du touriste occidental moyen ? Ne serait-il pas en droit d’attaquer son agence de voyage à cause du minibar si obstinément « sec » de sa chambre d’hôtel ?

Le balcon ne donne malheureusement pas sur la baie, comme je l’espérais, et n’est pas non plus franchement en hauteur (5e étage). La nuit, j’ai la surprise de constater qu’un chantier de construction est en cours à côté de l’hôtel et que les travaux se poursuivent la nuit. Les machines, quand elles avancent ou reculent, par mesure de sécurité émettent une sorte de bruit de sirène qui m’oblige, vers minuit et demi, constatant que le chantier n’arrêtait pas, à utiliser mes bouchons d’oreille. Je les enlève au petit matin, lors d’un semi-réveil, et constate ensuite, vers sept heures, que les sirènes ont repris. Le chantier se poursuit durant tout mon séjour ; je m’y habitue, la fatigue des excursions aidant, dès la deuxième nuit. Je constate une nuit qu’à une heure et demi du matin, les travaux, avec les bruits de sirène, ne sont pas encore interrompus. Pour autant que je puisse en juger, il semble donc que les travaux de construction durent 24/24 avec des pauses. Ne doutez pas une seule seconde que c’est ce qui attend les travailleurs en France (si ce n’est pas déjà le cas) !

1er septembre

Big Bus, ligne rouge. Abu Dhabi est une ville dans le désert, jaillie du désert. C’est un des lieux qui consomment le plus d’eau au monde ; la majeure partie de cette eau est de l’eau de mer dessalée.

Louvre Abu Dhabi. Choses vues : Stale in the name of Tutankhamun 1327 BCE (note : une figure de profil parfait s’y trouve au milieu des figures de « trois-quart » coutumières de l’art égyptien, ce qui montre que les Égyptiens savaient dessiner un profil quand ils le voulaient, contrairement à ce que certains ont pu dire) ; Mughal mail armor ; Kandinsky, Composition IX ; Ai Weiwei, Fountain of Light.

2 septembre

Big Bus, ligne verte. Yas Island, l’île fantôme (et il faut voir la publicité qu’ils en font dans le guide !). Mall désert. Warner Bros World désert. Toboggans et autres équipements du Waterworld tout poussiéreux, presque ensablés (pourtant, ô surprise, c’est ouvert : quelques marmots barbotent dans un coin). Les montagnes russes du Ferrari World (« les plus rapides du monde ») vides. Parkings vides, abords vides, terrasses de restaurant vides. Pas une âme qui vive à part les sempiternels travailleurs venus du sous-continent indien, éparpillés ici et là sur des bouts de chantier. Mais l’indice véritablement révélateur, dans ce pays de pétrole et de voitures, c’est qu’il n’y a pas de circulation !

Le petit groupe de touristes, cinq ou six personnes, sur le parking géant et désert du Warner Bros World, contemplant notre bus, le seul mouvement dans le champ de vision, la seule attraction en quelque sorte, avec la supplique silencieuse dans le regard « Emmenez-nous loin d’ici ! »

Au moins est-on très loin de l’overtourism… Pourtant, un parc d’attraction géant et vide, et à plus forte raison un ensemble de parcs d’attraction géants et vides, fait une impression sinistre.

Je souris mais peut-être que, dans quelques années, les rares touristes dépités qui descendent du bus auront la gloire des pionniers ! (Note : à mon retour, j’ai fait une recherche sur internet et les attractions de l’île de Yas sont déjà vieilles de presque dix ans. Il ne reste donc pour les sauver du naufrage en plein désert que l’hypothèse de la période creuse, même si les touristes ne manquaient pas sur les autres sites d’Abu Dhabi, comme le Louvre…)

Visite de la grande mosquée Cheikh Zayed ET de sa bibliothèque – bibliothèque qui n’est clairement pas à visiter : pourquoi le guide lonely planet dit-il de la visiter, déjà ? Pour la vue, et la bibliothèque est censée être au quatrième étage. Elle est au troisième étage et la vue ne m’a fait aucun effet.

Emirates Palace. It’s Rule-Britannia f*ck.

Je n’ai pas payé les 100 dirhams pour la visite annoncés dans le guide : personne ne me les a demandés. Je n’ai pas non plus testé le camel burger, vu l’ambiance, dont un ensemble de musique de chambre pour aider à la digestion. Dans le guide sur Dubaï (lors de mon voyage en 2016), le hamburger au steak de chameau semblait être servi dans un restaurant bien plus modeste.

Je mange donc au restaurant Kamoon de mon hôtel. Le riz est en pyramide ou en tumulus sur le filet de poisson, avec deux sauces à part dans des petits pots. C’est désespérément sec tant que tout n’est pas bien mélangé, au grand étonnement des clients britanniques de la table voisine, pour faire une bonne mélasse de risotto. Quel désastre pour l’art culinaire dans le monde que ce soient les Anglais qui aient créé le dernier empire mondial en date ! Pour faire de la haute cuisine, les anciens colonisés croient devoir imiter les Anglais !

Télé arabe. La moustache Hitler se porte encore ! (photo : sitcom sur Al-Emarat)

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Interview de Mahmoud, ou Mohammed, Hassan, « poète (شاعر) et critique (ناقد) », au JT de la chaîne saoudienne Al-Arabiya. Je me fais la réflexion que je n’ai jamais vu de poète interviewé au 20 heures à la télé française ; l’Occident a-t-il quelque chose contre la poésie ? (Note : Le poète Stephen Blanchard, à qui j’en parle à mon retour, me dit qu’il a déjà vu plusieurs fois Tahar Ben Jelloun au 20 heures. Encore un Arabe !)

3 Septembre

Centre de recherche et d’études Cheikh Zayed. Salle ADCO (Abu Dhabi Company for Onshore Oil Operations) : « 1950 drills begin. 1960 first commercial oil discovery. » Pourquoi si longtemps ?

Etihad Museum. Art contemporain, entrée gratuite. Une galerie sur les deux est fermée. Il ne m’est donc donné à voir qu’une petite douzaine d’œuvres, dont trois portraits conservateurs du Cheikh Zayed. (Le portrait que j’ai placé en exergue de ces notes me semble quant à lui se distinguer.)

Heritage Village. Quelle beauté ! et pas un seul chinetoque ! C’est mon impression au moment où je venais d’entrer. Puis les cars de Chinois sont arrivés…

4 Septembre

Retour à Paris avec Etihad Airways. En sur-réservation encore une fois : c’est la deuxième fois que cela m’arrive, après un vol Air France pour Varsovie en mai 2017, soit, en tout et pour tout, deux fois en six vols, un vol sur trois.

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Annexes

French drench trench wrench Mensch Übermensch monkey wrench.

Work is no life.

Help your body with your mind.

Sheikh Zayed is the new normal. Pavlov is the normal old and new. (Remark: ‘Is the new normal’ is a phrase now used in magazines leitmotiv-like. Will soon disappear but for the time being the likelihood that one reads it in any given headline is quite high.)

Abu Dhabi Communist Party? ‘Political parties are banned’ (Wkpd: Politics in the UAE) & kafala system applies.

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Photos

Signalétique de la Grande Mosquée Cheikh Zayed, 2 : « Entrée pour les personnes très déterminées (people of determination) »

The new term was launched in April 2017 by HH Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, vice president of the UAE and ruler of Dubai, as part of his national strategy for empowering people with disabilities.

“Disability is in fact the inability to make progress and achievements. The achievements that people of determination have made in various spheres over the past years are proof that determination and strong will can do the impossible and encourage people to counter challenges and difficult circumstances while firmly achieving their goals,” Sheikh Mohammed said.

http://whatson.ae/dubai/2018/01/people-of-determination-sign/

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Signalétique de la Grande Mosquée Cheikh Zayed, 2

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Signalétique du Marina Mall : « Ne pas s’embrasser ni témoigner d’affection dans la galerie commerciale »

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Signalétique du Marina Mall, 2 : « Attention, les vêtements longs peuvent être happés par les escaliers mécaniques »

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Au centre de recherche Cheikh Zayed : « Plus grand timbre postal du monde, avec le logo de la ‘Mère des nations’ ». Totalement inutile. J’adore.

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Pour ceux d’entre vous intéressés par la culture des pays du Golfe, il y a aussi mes carnets de voyage à Dubaï, From Dubai to the Planet Mars (x), ainsi qu’à Doha au Qatar, Doha Dreamland (x), en anglais, ou bien encore mon court essai Saudi Arabia, Leisure Nation (x), en français malgré son titre, et mon mémoire Genèse de la monarchie islamique d’Arabie Saoudite : Ibn Saoud et la doctrine unitarienne (x).